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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Né au Cameroun, élevé à la Courneuve (Seine-Saint-Denis), le chanteur sort son premier album.
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Dinos, rappeur mélancolique

Né au Cameroun, élevé à la Courneuve (Seine-Saint-Denis), le chanteur sort son premier album.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h15
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

Dinos donne rendez-vous en bas de la barre Robespierre, à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Un des derniers immeubles encore debout de la Cité des 4 000, ce grand ensemble qui, pendant longtemps, a fait honte à la France et a été progressivement réhabilité jusqu’à aujourd’hui. C’est ici que le rappeur, de son vrai nom Jules Jomby, a grandi dès son arrivée du Cameroun, à l’âge de 4 ans. C’est là aussi qu’il a tenu à réaliser la pochette de son premier album, Imany.
Assis sur un muret sous le hall balayé par le vent, le grand gaillard explique : « J’habitais en face, ça traînait un peu ici mais en fait tout a été détruit. Ils ont mis un coup de peinture pour le Grand Paris. C’est mieux en termes de qualité de vie mais sinon c’est du pareil au même : les clients viennent toujours acheter leurs drogues ici, les écoles sont toujours classées REP [réseau d’éducation prioritaire]… » Dans la cour de la maternelle voisine, les enfants jouent. La sonnerie de fin de récréation retentit. La complainte du rappeur s’arrêtera là. Blouson en cuir sur le dos, Dinos propose son aide à une dame qui peine à ouvrir la porte avec ses deux paquets d’eau minérale.

Ses raps n’ont rien à envier à la monotonie du top album, entre le Tant pis du roi de la pop urbaine Maître Gims, et le gangsta rap ­Mamacita de Ninho. Les dix-sept morceaux d’Imany redonnent foi en un rap français à la verve littéraire, dans la lignée d’Oxmo ­Puccino. On y trouve aussi la technicité du flow des rappeurs de X-Men, et une écriture fragmentaire qui rappelle les dialogues du cinéma de Quentin Tarantino. Le tout en gardant la fraîcheur de son époque, avec des compositions aérées comme « Beuh et Liqueurs » (en duo avec Joke, qui se fait désormais appeler Ateyaba), le très mélancolique « Les Pleurs du mal » ou le plus coloré « Havana & Malibu », futur tube de l’été.
« Helsinki » métaphore de la fin d’un amour
Dinos a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.
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Vivendi voit le contrôle de Telecom Italia lui échapper

Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h09
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


La campagne d’Italie s’est transformée en défaite en rase campagne pour Vincent Bolloré et Vivendi, dont il est premier actionnaire. Le groupe de médias français a perdu, vendredi 4 mai, la majorité au conseil d’administration de Telecom Italia (TIM), dont il possède 24 % du capital. A l’issue d’une assemblée générale exceptionnelle des actionnaires, le fonds spéculatif américain Elliott, avec 9 % du capital, a fait élire 10 des 15 administrateurs, l’emportant avec 49,84 % des voix contre 47,18 % en faveur de Vivendi.

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Choisis par Elliott, dix administrateurs italiens indépendants – parmi lesquels Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel – font leur entrée au conseil, tandis que Vivendi conserve cinq représentants. Ainsi, Amos Genish, qui est également le patron de TIM, et Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi continuent de siéger au conseil. En revanche, le groupe de médias a dû renoncer à d’autres candidats de poids, à commencer par Franco Bernabe , ex-administrateur délégué de TIM, Frédéric Crépin, secrétaire général de Vivendi, et Stéphane Roussel, le directeur général chargé des opérations, pour ne conserver que trois autres administrateurs indépendants.
Campagne de déstabilisation
« Elliott accueille positivement le pas effectué par Telecom Italia en matière de gouvernance », a expliqué le fonds, qui a basé toute sa campagne de déstabilisation de Vivendi sur le fait que le groupe de médias français favorisait davantage ses intérêts que ceux de l’ensemble des actionnaires. De son côté, Vivendi a averti qu’il s’assurerait que les administrateurs d’Elliott veillent au respect du plan stratégique conduit par Amos Genish et évitent « le démantèlement ».

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                En Italie, les méthodes de Vincent Bolloré vivement critiquées



Si Elliott dit « soutenir entièrement Amos Genish et son management, et être aligné sur son plan », des dissensions pourraient rapidement apparaître. Ainsi, le fonds a également appelé le nouveau conseil à réexaminer certaines orientations qu’il avait proposées, à commencer par « des alternatives stratégiques sur le Netco [le réseau télécoms fixe] ». Elliott souhaitait en effet s’en séparer afin de désendetter l’entreprise, tandis qu’Amos Genish voulait le garder, considérant qu’il s’agissait là d’un actif stratégique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A écouter cette semaine : Un concerto pour violon hybride, le concert anniversaire des 30 ans de l’ONJ, un vague à l’âme pop aérien …
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Sélection albums : John Adams, Orchestre National de Jazz, Cascadeur…

A écouter cette semaine : Un concerto pour violon hybride, le concert anniversaire des 30 ans de l’ONJ, un vague à l’âme pop aérien …



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h54
   





                        


John Adams Concerto pour violon Leila Josefowicz (violon), St. Louis Symphony, David Robertson (direction)

   


Un quart de siècle après sa conception (1993), le Concerto pour violon de John Adams apparaît toujours comme une œuvre majeure, non seulement du compositeur (cet Américain, né en 1947, qui va de l’avant sans penser « moderne ») mais aussi d’une époque vouée à l’hybridation des sources. D’essence bergienne, le premier mouvement procède d’un filage aussi sophistiqué dans son processus de métamorphose que naturel dans son abord immédiat. Frémissante et sombre, la Chaconne centrale finit dans un mirage extatique avec des sonorités presque vocales (synthétiseurs). Quant au dernier mouvement, il se propage telle une vague appelée à déborder du cadre tant formel (toccata) qu’esthétique (accents de folk et de jazz). Le tissage orchestre-soliste est de toute beauté : instinctive et rigoureuse, Leila Josefowicz y évolue comme une araignée dans sa toile. Pierre Gervasoni
1 CD Nonesuch.
Anton Bruckner Symphonie n° 7 en mi majeur, de Bruckner. Marche funèbre de Siegfried, extrait du Crépuscule des dieux, de Wagner. Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, Andris Nelsons (direction)

   


Enregistré en mars, ce concert donné par Andris Nelsons à la tête de l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, dont il vient de prendre les rênes, témoigne d’une incroyable osmose entre le jeune « Kapellmeister » et la prestigieuse phalange allemande qui fête cette année ses 275 ans. Avec Wagner et surtout Bruckner, Nelsons joue évidemment sur du velours tant l’ADN des musiciens allemands, créateurs de cette septième symphonie en 1884 sous la baguette fondatrice d’Arthur Nikisch, est resté vivace. Mais c’est bien le Letton qui sculpte ces formes aux contours juvéniles et raffinés, lui qui distille ce lyrisme sensuel et poignant, ces couleurs mouvantes, ces dynamiques puissantes, lui qui chante aussi, éperdument, et donne à la musique une éloquence profonde sans spectaculaire ni grandiloquence. Son Bruckner est à la fois poète, nocturne, visionnaire et lumineux. Délestée de la scène et du drame, la Marche funèbre de Siegfried avance telle une procession mystique qui parle de perte et de renoncement, une acception sans doute plus brucknérienne que wagnérienne. Marie-Aude Roux
1 CD Deutsche Grammophon/Universal
Orchestre national de jazz Concert anniversaire 30 ans

   


Le 2 septembre 2016, à La Cité de la musique de Paris, l’Orchestre national de jazz (ONJ) fêtait ses 30 ans d’existence lors d’un concert réunissant ses dix chefs, de François Jeanneau, premier nommé, en 1986, à Olivier Benoît, son actuel titulaire. Une composition par chef, issue du répertoire de l’ONJ qu’ils ont dirigé, un orchestre commun, celui d’Olivier Benoît (faire revenir chaque formation aurait été compliqué) qui, remarquablement, avec des arrangements adaptés et des solistes différents, retrouve les sons, les couleurs, l’identité de chaque formation. Enregistrée et filmée, cette soirée anniversaire résume une histoire toujours en mouvement. Un livret accompagne cette parution, avec témoignages des chefs, discographie et photographies de la soirée. Laquelle enthousiasme le plus par les interprétations d’A plus tard de Denis Badault, In Tempo de Laurent Cugny, Out Of de Didier Levallet, Valse de Franck Tortiller et Shipbuilding (musique de Clive Langer, paroles d’Elvis Costello), thème choisi par Daniel Yvinec, que chantait ce soir-là Yael Naim. Sylvain Siclier
1 CD et 1 DVD ONJ Records/L’Autre Distribution.
Jun miyake Lost Memory Theatre – Act3

   


Jun Miyake cultive l’hybridation et l’élève au rang de grand art. Cet album, comme ses précédents, foisonne de couleurs, d’ambiances, de suggestions et d’allusions. Il a l’excentricité du rêve. Les filtres de la raison n’y ont pas prise, tout se mélange, personnages, époques, sensations. Toujours très entouré d’amis bien attentionnés (Arto Lindsay, Vincent Segal, Vinicius Cantuaria, Lisa Papineau, Dhafer Youssef, Melvin Gibbs…), le multi-instrumentiste (piano, trompettes, samples, programmations) et compositeur japonais clôt sa trilogie consacrée à ce qui ressemblerait pour lui à un « théâtre de la mémoire perdue ». Piano et voix diaphanes, cordes romantiques, bribes de conversations, chœur bulgare, miroitements orientaux et sensualité brésilienne tissent la partition d’un savoureux voyage immersif dans un monde singulier. Patrick Labesse
1 CD Enja Yellow Bird/L’Autre Distribution.
Cascadeur Camera

   


Sous son casque blanc à étoile rouge de pilote de MiG ou derrière un masque de catcheur mexicain, le pianiste messin Alexandre Longo a façonné le personnage de Cascadeur, mystérieux rêveur dédaignant les courses à tombeau ouvert au profit de blues en apesanteur. Si les deux premiers albums, The Human Octopus (2011) et Ghost Surfer (2014), pouvaient séduire par la cohérence de leur univers et une façon de théâtraliser un vague à l’âme aérien, les chansons étaient souvent trop vaporeuses pour imprégner réellement. Dans Camera, son troisième opus, le troubadour interstellaire, lointain cousin du Bowie de Space Oddity, enrichit ses volutes d’un nombre impressionnant de mélodies et gimmick accrocheurs, donnant une très attrayante efficacité pop à son répertoire éthéré. Malgré un chant anglophone encore trop impersonnel et des grésillements maniérés, qui parcourent l’album comme s’il s’agissait d’un disque usé. Stéphane Davet
1 CD Mercury/Universal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Notre choix du soir. Rachid Bouchareb porte un regard intimiste sur le périple d’une femme à la recherche de sa fille partie en Syrie (sur Arte à 20 h 55).
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TV - « La Route d’Istanbul » : chemins de guerre

Notre choix du soir. Rachid Bouchareb porte un regard intimiste sur le périple d’une femme à la recherche de sa fille partie en Syrie (sur Arte à 20 h 55).



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h45
    |

            Véronique Cauhapé








                        


Téléfilm sur Arte à 20 h 55


La Route d'Istanbul | Un film de Rachid BOUCHAREB from 3B/Tessalit on Vimeo.

La maison isolée sur le bord du lac saisie en plongée panoramique, dès les premières minutes du film, ne laisse aucun doute sur la nature de ce qui va advenir : de cet endroit paisible, aux contours obscurs, va surgir l’effroi. Reste à attendre que l’histoire nous mène à ce point de basculement, au drame qu’annoncent la mise en scène, le décor et ses ombres.
L’histoire, justement, quelle est-elle ? Celle d’Elisabeth (Astrid Whettnall), infirmière à domicile, et de sa fille, Elodie (Pauline Burlet), 18 ans, qu’elle a élevée seule dans cet endroit de la campagne belge, loin de la ville et de ses tumultes. La relation entre les deux femmes ne laisse deviner aucun conflit. Il n’y en a d’ailleurs pas. Le jour où Elodie dit à sa mère qu’elle va passer le week-end chez une amie pour réviser, Elisabeth ne s’y oppose pas, se livre à quelques recommandations d’usage, par habitude, elle a confiance.
Elodie, pourtant, ne reviendra pas. Elisabeth apprend d’abord, par l’une de ses amies, que sa fille s’est rendue à Chypre, en compagnie d’un garçon. Puis, par la police, qu’elle s’est convertie à l’islam sous le nom d’Oum Sana, a pris un billet d’avion à destination d’une ville frontière turque… probablement pour rejoindre la Syrie.
« Solitude absolue »
C’est l’image, vue à la télévision, d’une mère qui avait essayé de passer en Syrie pour retrouver sa fille qui a donné à Rachid Bouchareb l’envie de faire ce film. Et qui, du même coup, en a déterminé le périmètre. La Route d’Istanbul ne déborde jamais du cadre de l’intime, de la quête de son personnage central, vaillant et déterminé, en proie aussi aux doutes, aux interrogations, à la culpabilité.
Petite soldate qui part en guerre tête baissée, sans crainte des militaires qui lui barrent la route à Rakka, en Syrie, ni reproches envers sa fille qu’elle ne reconnaît plus, cette femme ordinaire – et mère universelle – se charge progressivement d’une dimension héroïque. Filmée en plan large dans les paysages arides de la frontière turco-syrienne, sa fine silhouette qui avance sur les sentiers, tremblante comme un mirage, dit mieux que tout autre artifice son peu de poids dans le désastre qui l’entoure.

   


Ecrit – avant les attentats du 13 novembre 2015 – par Yasmina Khadra, Olivier Lorelle, Zoé Galeron et Rachid Bouchareb, le scénario, dégagé du superflu et de toute rhétorique explicative, tient le fil tendu.
Un fil sur lequel l’actrice belge Astrid Whettnall a su se tenir en équilibre, telle une funambule, l’esprit guidant le corps, et les sentiments l’action. L’émotion, dans La Route d’Istanbul, ne naît pas tant des mots que de la force physique dont fait preuve le personnage d’Elisabeth dans ce périple où, par la volonté du réalisateur, nous n’avons pas d’autre choix que de la suivre.
« Ce film parle seulement du chemin accompli par une femme prête à tout pour sauver sa fille et rétablir le contact avec elle, confie Rachid Bouchareb au magazine d’Arte. Il décrit aussi sa solitude absolue. » En nous rendant témoins, sans échappatoire, de cette solitude, le cinéaste finit par nous en faire les compagnons admiratifs et émus.
La Route d’Istanbul, de Rachid Bouchareb. Avec Astrid Whettnall, Pauline Burlet, Patricia Ide, Abel Jafri (Fr.-Bel.-Alg., 2016, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Quelques femmes mentalistes s’attaquent à ce milieu très masculin.
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édition abonné


Trop de mâles parmi les mages

Quelques femmes mentalistes s’attaquent à ce milieu très masculin.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h34
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Le magicien n’est pas une magicienne. Alors que l’illusionnisme et le men­talisme font grimper aux rideaux les spectateurs de tous bords, au cabaret, au théâtre et devant les écrans, les femmes restent en minorité dans ce milieu. « La magicienne est ­histo­riquement plus proche de la ­sorcière ou de la diseuse de bonne aventure », commente Thierry Collet, mentaliste et figure de la scène du spectacle ­vivant depuis le milieu des années 1990. « Elle est aussi devenue l’assistante-potiche et l’appât glamour du prestidigitateur ou encore celle que l’on enferme et coupe en deux. Mais heureusement, Harry Potter est arrivé, et avec lui Hermione Granger, une sorcière moderne, jolie, cultivée et intello ! »

Mille mercis Harry, la magicienne peut enfin sortir sa ­baguette de son cartable ! Mais le combat ne fait que commencer. Près de trois cents magiciens professionnels sont actuellement répertoriés à la Fédération française des artistes prestidigitateurs. Et seulement une petite vingtaine de femmes en tout et pour tout, selon Raphaël Navarro, metteur en scène, copilote avec Clément Debailleul, Yann Frisch, Valentine Losseau et Etienne Saglio du nouveau festival Magie nouvelle au Théâtre du Rond-Point, à Paris.
« Il y a tout de même de plus en plus de filles qui suivent la formation que je propose depuis 2006 au Centre national des arts du cirque à Châlons-en-Champagne, précise-t-il. Il n’y en avait qu’une il y a douze ans. Elles sont neuf sur un groupe de quinze cette année. C’est une profession où le stéréotype du genre reste très fort.Le modèle de l’assistante perdure dans les mentalités de la même manière que c’est le boulanger qui fait le pain et la boulangère qui encaisse ou que la sage-femme n’est pas un homme. »
Dans les boîtes à double fond
Difficile de faire voler en éclats le cliché de l’illusionniste servi au doigt et au clin d’œil par une petite main féminine faire-valoir. « Le stéréotype de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ L’ex leader de Supergrass sonde les archives de la Toile, à l’occasion de la sortie d’un troisième album solo ambitieux, « World’s Strongest Man ».
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La YouTubothèque de Gaz Coombes

L’ex leader de Supergrass sonde les archives de la Toile, à l’occasion de la sortie d’un troisième album solo ambitieux, « World’s Strongest Man ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h01
    |

            Franck Colombani








                        



   


La série « YouTubothèque » invite des artistes à choisir leurs œuvres favorites sur la plateforme de vidéos en ligne YouTube. Une carte blanche permettant de s’ouvrir à leurs différentes influences, qu’elles soient musicales, cinématographiques, littéraires, voire au-delà de la sphère culturelle.

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De l’ex Blur Damon Albarn aux frères Ghallagher d’Oasis, en passant par Gruff Rhys des Super Furry Animals, les figures de la vague britpop des années 1990 mènent remarquablement bien leur reconversion en solo. Même constat pour l’ex rocker de Supergrass, Gaz Coombes, dont la carrière en solitaire s’avère passionnante, même s’il ne bénéficie pas tout à fait du succès public de ses camarades. Sur son second album solo Matador (2015), le chanteur aux rouflaquettes s’était brillamment réinventé en multi instrumentiste, explorant une pop sophistiquée mâtinée d’electro, de kraut rock et même de hip hop façon DJ Shadow. Plus ambitieux que jamais, son troisième album, World’s Strongest Man (Hot Fruit), pourrait évoquer Radiohead, en moins cérébral. Car si ce musicien originaire d’Oxford s’est désormais éloigné des guitares électriques, il subsiste de son passé une volonté de ne pas trop se prendre au sérieux, à tourner en dérision certains clichés rock du mâle alpha. Pour preuve, l’album s’inspire de l’essai The Descent of Man du Britannique Grayson Perry, manifeste sur la masculinité aujourd’hui et ses conséquences destructrices sur l’homme. Avec World’s Strongest Man, Gaz Coombes signe son acte d’émancipation définitif.



1. Birotron B90 (music’s rarest instrument)

Gaz Coombes : Je suis tombé sur cette perle il y a quatre ou cinq ans alors que je cherchais à acheter un mellotron pour mon installation en direct. A partir du moment où j’ai regardé cette vidéo, l’idée du Birotron m’a fasciné, ce « grand père » de tous les mellotrons... C’était à l’origine un projet financé par Rick Wakeman (claviériste de Yes) qui n’a jamais vraiment dépassé le stade du prototype. J’adore les sons que cette chose produit, si sombres et si beaux. Un instrument très intrigant... Il faut absolument que je mette la main là-dessus!  
2. Captain Beefheart & Magic Band - Sure ’nuff ’n Yes I do

Un de mes morceaux préférés de Beefheart. L’extrait a été tourné sur une plage de Cannes, autour de 1967 je pense. J’adore la façon dont c’est filmé, il y a tellement d’énergie qui se dégage des angles de la caméra Super 8. Et la performance est si tenue. Cela devait être incroyable que de marcher sur la promenade à Cannes et d’assister à ce concert.
 3. Raising Arizona (Arizona Junior)

Je me souviens avoir regardé Arizona Junior de Joel Cohen pour la première fois quand j’étais adolescent. Il reste encore à ce jour dans le top dix de mes films préférés. Tout, du jeu d’acteur à la bande-son en passant par l’esthétique, est génial dans ce film. Et il y a tant de dialogues et de monologues devenus des classiques, comme dans la scène du dépanneur, ici présente.  4. Patti Smith - Horses (Old Grey Whistle Test 1976)

J’adore cet extrait tiré de l’émission britannique “Old Grey Whistle Test”, qui date de 1976. Patti Smith a une présence incroyable, j’ai toujours aimé ses paroles et sa voix. Je me souviens, quand j’étais dans Supergrass, je voulais sonner comme le groupe de Patti Smith, leur énergie était vraiment une inspiration pour nous. Horses demeure un de mes albums préférés.
5. Is this some kind of joke? - Big Train - BBC comedy

Pour ma génération, dans la période qui correspond à la fin de mon adolescence, “Big Train” fut une grande émission de télévision. Elle n’a pas du tout vieilli. J’ai toujours aimé cette détermination à vouloir mélanger la comédie avec le drame. C’est juste une troupe d’acteurs géniale qui fait des trucs stupides et surréalistes, c’est génial !
Gaz Coombes, World’s Strongest Man (Hot Fruit/ Caroline International)
En concert le 29 Mai à La Maroquinerie, Paris
http://www.gazcoombes.com/




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ L’historienne Christine Peltre a composé une anthologie richement illustrée de l’essor du tourisme pendant la période coloniale.
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Sélection livre d’art : Quand les « indigènes » d’Afrique du Nord étaient pittoresques

L’historienne Christine Peltre a composé une anthologie richement illustrée de l’essor du tourisme pendant la période coloniale.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h21
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


D’une part, les archives rassemblées par le collectionneur Pierre de Gigord : photographies, cartes postales, affiches, prospectus et dépliants, qui datent de la période coloniale en Afrique du Nord, de la conquête de l’Algérie (1830) à son indépendance (1962), en passant par les protectorats en Tunisie et au Maroc. D’autre part, une anthologie d’articles, romans, livres d’histoire et de géographie, mémoires et guides contemporains de ces images. Entre eux, l’art du montage de l’historienne Christine Peltre, spécialiste de l’orientalisme, qui fait apparaître une unité de ton : celle de la présence coloniale française, sereine, sûre d’elle, de son bon droit et de ses bienfaits. Les « indigènes » sont pittoresques et conformes aux stéréotypes. Deux fonctions principales pour les hommes : chameliers ou cavaliers de fantasia. Et deux pour les femmes : passantes voilées ou prostituées des « quartiers réservés ». Autre intérêt du livre, il montre comment s’organise le tourisme, avec ses thèmes préférés : le soleil, le Sahara et ses oasis, les vestiges de l’Afrique romaine, l’architecture musulmane à Kairouan et Tlemcen. Quelques phrases d’observateurs lucides – André Gide et Louis Bertrand – viennent, en contrepoint de la rhétorique officielle, suggérer que quelques-uns se sont assez vite doutés que l’histoire ne pouvait que mal finir.
Le Voyage en Afrique du Nord. Images et mirages d’un tourisme, de Christine Peltre, Bleu autour, 232 p., 28 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le Centre Pompidou à Paris consacre une rétrospective à ce réalisateur iranien résolument moderne, dont l’envergure égale celle d’Abbas Kiarostami.
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La course de fond d’Amir Naderi

Le Centre Pompidou à Paris consacre une rétrospective à ce réalisateur iranien résolument moderne, dont l’envergure égale celle d’Abbas Kiarostami.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h46
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h29
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

La rétrospective que le ­Centre Pompidou consacre jusqu’au 17 juin à Amir Naderi tombe à pic pour élargir notre connaissance du ­cinéma iranien et, plus précisément, du virage moderne qu’il connut à la fin des années 1960 et qu’on rapporte parfois un peu vite à la seule figure d’Abbas ­Kiarostami (1940-2016).
Né en 1945 à Abadan, port pétrolier du sud de l’Iran, Naderi se révèle un cinéaste d’une envergure tout aussi considérable, dont la filmographie est restée en France ­relativement méconnue, en ­dehors d’un chef-d’œuvre, Le Coureur (1985), bouleversant ­portrait d’une enfance à bout de souffle.
Dans ce film, un orphelin errant sillonne les bords du golfe Persique, admire les cargos mouillant dans la baie, rêve d’avions, se lance dans des courses effrénées avec des bandes d’autres petits ­vagabonds. Difficile de ne pas ­reconnaître là, à peine voilée, la biographie de Naderi, orphelin à 5 ans, telle qu’il l’évoque en présentation de la rétrospective :
« J’ai grandi à côté de ces docks, dans l’odeur du pétrole, et les ­bateaux que je voyais ont été ma première source d’inspiration. (…) On croisait ­souvent des marchands étrangers, des marins et des ouvriers du ­pétrole, dont je ­cirais les ­chaussures pour quelques pièces de ­monnaie, destinées à payer des tickets de ­cinéma ou à acheter des magazines avec des photos d’avion. »
En autodidacte, Naderi ­façonne très tôt son rapport à l’image par la pratique de la ­photographie, qui le conduira jusqu’à Téhéran, sur les plateaux de cinéma, où il exerce toutes sortes de métiers (critique, ­scénariste, assistant à la réalisation, etc.). Il tourne ses trois ­premiers films – Au revoir l’ami (1971), L’Impasse (1973) et Tangsir (1973) – dans le système ­cadenassé de la production traditionnelle, dont il ne ­tardera pas à s’évader. Il trouve ensuite refuge au sein de l’Institut pour le ­développement intellectuel des ­enfants...




                        

                        


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Le magicien Yann Frisch rebat les cartes

Le jeune magicien, clown, jongleur mais aussi conteur et poète, joue son nouveau spectacle, « Le Paradoxe de Georges », au Théâtre du Rond-Point à Paris.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h16
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 15h40
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Yann Frisch est là et bien là, devant vous, pendant plus de deux heures. Et pourtant, il semble apparaître et disparaître, s’échapper, se cacher et ressortir là où on ne l’attend pas, comme les cartes à jouer qu’il manie avec une virtuosité époustouflante dans son spectacle, Le Paradoxe de Georges. A 28 ans, et une petite poignée de spectacles, il est devenu un des chefs de file de ce que l’on appelle la « magie nouvelle », un mouvement qui, depuis quinze ans, dans la lignée du nouveau cirque, a fait entrer les arts de l’illusion dans le champ de la création contemporaine.
Il est magicien, donc, mais aussi clown, conteur, un peu jongleur, manipulateur d’objets. Il est étrange. Ses grands yeux bleus et rêveurs semblent ouverts sur d’autres réalités que celles communément admises. Son jeu de cartes, rapidement sorti de sa sacoche, semble un prolongement de son corps. Il est un inclassable absolu et brillant, comme il en apparaît depuis trente ans sur une planète des arts de la scène en pleine ébullition, à l’image de Johann Le Guillerm, qu’il admire, ou de son ami Sébastien Barrier, le « paroliculteur ».

Pour le dessous des cartes, c’est une autre paire de manches. Le garçon n’est pas très enclin à l’introspection, et à creuser plus que nécessaire les lignes de vie qui l’ont poussé à sortir des chemins tracés par son honorable famille de médecins du Mans, pour partir sur la route des saltimbanques. Il a commencé le jonglage et la magie à 10 ans, et il n’a pas arrêté. « Je n’ai jamais considéré ces activités comme un hobby. Très jeune, je me suis produit devant le public. A l’école, j’avais beaucoup de moments d’absence, je n’étais pas vraiment là. J’attendais la suite. »
La suite, ce sera l’école de cirque de Lyon, puis celle de Toulouse, le Lido. « Je crois que j’ai eu très vite l’intuition que la magie pouvait servir à montrer à quel point on se fait souvent de fausses idées sur ce qui paraît objectif, vrai....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le jeune prodige Yann Frisch présente son nouveau spectacle« Le Paradoxe de Georges » au Rond-Point à Paris du 2 au 30 mai.
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Carré d’as dans un camion-théâtre

Le jeune prodige Yann Frisch présente son nouveau spectacle« Le Paradoxe de Georges » au Rond-Point à Paris du 2 au 30 mai.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h06
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Bluffant ! C’est le mot qui est venu à la bouche de nombre de spectateurs, au soir de la première, mercredi 2 mai, au Théâtre du Rond-Point à Paris, du Paradoxe de Georges, le nouveau spectacle du jeune prodige Yann Frisch. Bluffant, oui, brillant, vertigineux, il l’est, ce Paradoxe, mais pas seulement : avec Frisch, la cartomagie devient un art théâtral, celui d’un conteur qui emmène sur les chemins de son art et de sa pratique, une des plus anciennes qui soient, et qui depuis toujours joue le rôle d’intercesseur entre le monde tangible et celui des esprits – ou de l’esprit.
Pour vivre le voyage, il faut entrer dans le camion-théâtre installé dans le jardin du Rond-Point : il a été conçu par le magicien pour pouvoir partir sur toutes les routes du monde, et accueillir une petite centaine de spectateurs. Quand on entre, Yann Frisch est déjà là, dans sa grotte magique, vêtu d’un costume bleu défraîchi qui serait celui d’un M. Loyal légèrement sur le retour.
Et très vite, en compagnie de spectateurs choisis au hasard et conviés sur le plateau, il attaque ses tours de cartes, ses jeux d’apparitions et de disparitions qui donnent le tournis, tant les cartes semblent voyager par une force proprement surnaturelle, se retrouvant dans une pochette de disque ou dans une chaussure, s’évanouissant à nouveau, ressurgissant dans le jeu, formant un carré d’as ou une suite de couleur.
Spectateurs hilares et déstabilisés
Cette virtuosité est évidemment jouissive, mais l’essentiel, pourtant, se joue ailleurs, dans Le Paradoxe de Georges : dans le rapport que Yann Frisch instaure avec les spectateurs – le garçon a aussi du talent pour le stand-up –, à la fois hypnotisés, hilares et déstabilisés. Et dans la pérégrination libre qu’il propose à travers sa discipline, art de divertissement par excellence qui, pourtant, ouvre des abîmes de doute sur le réel – ou ce qui s’est construit comme tel.
Yann Frisch nous emmène ainsi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Documentariste, écrivain, globe-trotter, musicien… Chris Marker, mort en 2012, a eu plusieurs vies, comme les chats, qu’il affectionnait tant. La Cinémathèque française consacre une grande exposition à son œuvre protéiforme.
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Toutes les vies de Chris Marker


                      Documentariste, écrivain, globe-trotter, musicien… Chris Marker, mort en 2012, a eu plusieurs vies, comme les chats, qu’il affectionnait tant. La Cinémathèque française consacre une grande exposition à son œuvre protéiforme.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h59
    |

                            Roxana Azimi








                              

                        

Chris Marker, auquel la Cinémathèque française rend hommage jusqu’au 29 juillet, n’était pas un habitué du festival de Cannes. La seule récompense qu’y a remportée le cinéaste, décédé en 2012 à l’âge de 91 ans, était le Prix de la critique internationale en 1963 pour le film Le Joli Mai. Mais Marker n’était pas vraiment chez lui à Cannes, tout simplement parce que le monde du cinéma a toujours été trop petit pour lui, qui était à la fois écrivain, éditeur, documentariste, globe-trotter, vidéaste, photographe, musicien, résistant, archiviste, geek passionné de nouveaux médias et de chats. Et qui a toujours été aussi secret que modeste.
Marker à la place de la Sorbonne
Pourtant, le cinéaste Alain Resnais le mettait sur un pied d’égalité avec Léonard de Vinci. Et le poète Henri Michaux exhortait à raser la Sorbonne pour y installer Marker à la place. Co-commissaire de l’exposition à la Cinémathèque, Christine Van Assche le compare même à un autre intellectuel à facettes, l’écrivain Michel Leiris. C’est dire son influence. Du réalisateur Terry Gilliam au street artist Thoma Vuille, alias Monsieur Chat, nombreux sont les créateurs qui le citent ou s’en réclament.

Lire aussi : Sur les pas de Chris Marker, explorateur du siècle
Lorsque les trois commissaires Christine Van Assche, Jean-Michel Frodon et Raymond Bellour commencent à débroussailler les archives léguées à la Cinémathèque après la mort de Chris Marker, ils n’en croient pas leurs yeux. Plus de 30 000 photos, 450 dossiers sur des thèmes divers, allant de Resnais à Obama, de l’informatique à l’Afrique. Sans compter une vingtaine de pseudonymes ! Car l’artiste aimait brouiller les pistes. Peu d’interviews, encore moins de portraits photographiques. Né Christian Bouche-Villeneuve, l’homme cultivait la discrétion. Au point qu’il change souvent de nom, d’abord pour publier, en 1941, La Revue française-Les Cahiers de...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Emmanuel Macron ne se rendra pas au prestigieux festival, préférant inviter à dîner à l’Elysée des personnalités du cinéma. Le président français perpétue ainsi une « tradition » d’évitement de cet événement trop connoté strass et paillettes.
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Les marches de Cannes, trop glissantes pour les chefs d’Etat


                      Emmanuel Macron ne se rendra pas au prestigieux festival, préférant inviter à dîner à l’Elysée des personnalités du cinéma. Le président français perpétue ainsi une « tradition » d’évitement de cet événement trop connoté strass et paillettes.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h54
    |

                            Laurent Telo








                              

                        

Dès son retour de voyage officiel aux États-Unis, sans doute afin de récupérer des gros câlins de Donald Trump et du décalage horaire, le président Macron s’est organisé une petite soirée cinoche à la maison, avec Brigitte. Le 26 avril, près de quinze jours avant l’ouverture du 71e Festival de Cannes, une grosse centaine de « personnalités » du cinéma, qu’elles exercent devant ou derrière la caméra, étaient invitées à l’Élysée pour partager un buffet dînatoire préparé par quelques meilleurs ouvriers de France – les tartelettes au citron sucrées sans sucre, notamment, ont fait sensation.
Balibar, Bellucci, Dujardin…
L’Élysée a poussé le chic de sa discrète et glamour opération de com’ jusqu’à n’inviter que quatre journalistes de la presse spécialisée, à ne faire fuiter que quelques noms d’invités prestigieux (les acteurs Jeanne Balibar, Monica Bellucci, Jean Dujardin, Guillaume Gallienne, le réalisateur Gérard Krawczyk, les producteurs Alain Terzian, Dominique Besnehard et Jérôme Seydoux…) et à ne diffuser aucune photo officielle des agapes. Fantasmes garantis. L’occasion, selon le service de presse de la présidence, de mettre « à l’honneur » le septième art, comme le président l’avait déjà fait avec le secteur de la mode, en mars, en marge de la Fashion Week parisienne.

L’occasion aussi pour l’hôte présidentiel de faire un discours de vingt minutes sur les enjeux du cinéma français – la lutte contre le piratage, le crédit d’impôt, le financement de la filière… – sans pour autant faire la moindre annonce. L’assurance de ne fâcher personne au risque de décevoir tout le monde. L’opportunité surtout pour le président de participer à la grande fête du cinéma français avant l’heure sans donner l’air de trop y toucher. De trouver une distance raisonnable, une hauteur de vue et une voie médiane entre l’indispensable utilité protocolaire de marquer son intérêt de chef d’État pour le cinéma français et, en même temps, le risque...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le temps du Festival, ces revues professionnelles américaines nées au début du XXe siècle délocalisent leur rédaction à Cannes, avec des éditions quotidiennes gratuites. Une démonstration de force pour ces titres qui reviennent de loin.
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« Variety » et « The Hollywood Reporter », deux vieilles américaines sur la Croisette 
                  
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Le Monde
 |
                  04.05.2018 à 14h53


Le temps du Festival, ces revues professionnelles américaines nées au début du XXe siècle délocalisent leur rédaction à Cannes, avec des éditions quotidiennes gratuites. Une démonstration de force pour ces titres qui reviennent de loin.

Par                             Maxime Robin





                     

Chaque année, Hollywood prend ses quartiers à Cannes. Le temps du Festival, stars, réalisateurs, producteurs se pressent sur le tapis rouge. Agents et distributeurs s’agitent en coulisses. Mais il est une autre présence, moins visible pour le grand public, qui marque l’importance de l’événement pour le temple du cinéma ­américain, celle des magazines Variety et The Hollywood Reporter.
Ces deux grands noms de la presse professionnelle américaine délocalisent une partie de leur rédaction sur la Croisette pour produire des éditions quotidiennes distribuées gratuitement à l’entrée des projections. Chacun a l’ambition d’être le meilleur guide du Festival. Le premier à révéler un deal conclu la veille, à publier la critique qui orientera les choix des distributeurs venus faire leur marché ou à raconter les échos les plus croustillants de la montée des marches.
Ils couvrent tout le spectre de l’industrie, cinématographique, avec un accent mis sur les rumeurs de castings – de vraies machines à clics pour leurs sites Internet.
D’autres magazines sont distribués à Cannes, mais Variety et The Hollywood Reporter font figure d’institutions. Ces deux frères ennemis sont presque aussi vieux que le cinéma – le premier, né en 1905 à New York, couvrait à l’origine le vaudeville et le théâtre de variétés, avant de déplacer son centre de gravité à Los Angeles en 1933, trois ans après la création du Reporter. Depuis l’âge d’or hollywoodien, on les surnomme les « trades » (pour trade papers, « publications professionnelles »). Ils couvrent tout le spectre de l’industrie, des passations de pouvoir à la tête des studios à l’annonce des films à venir, avec un accent mis sur les rumeurs de castings – de vraies machines à clics pour leurs sites Internet.
Depuis ­l’automne 2017, ils jouent aussi un rôle important dans la révélation d’affaires de harcèlement sexuel à Hollywood. Présents dans les plus grands festivals,...





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« Variety » et « The Hollywood Reporter », deux vieilles américaines sur la Croisette
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« Variety » et « The Hollywood Reporter », deux vieilles américaines sur la Croisette
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Et Cannes créa le tout-puissant Harvey Weinstein


                      En 1994, la Palme d’or est décernée à « Pulp Fiction », faisant de l’Américain un empereur de la production. Vingt-quatre ans plus tard, les agressions sexuelles dont il est accusé révèlent l’envers du décor.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h53
    |

                            Maroussia Dubreuil








                              

                        
Dans l’après-midi du lundi 23 mai 1994, Gilles Jacob, délégué général du Festival de Cannes, s’isole dans la villa de Mougins (1 800 mètres carrés avec piscine, practice de golf et roseraie), occupée par Clint Eastwood, président du jury. Dans la salle à manger, le sort de la 47e édition vient d’être scellé. « Assurez-vous que l’équipe du film soit présente ce soir », demande-t-il sans plus de précision au téléphone à Jean-Pierre Vincent, attaché de presse français de Pulp Fiction, qui s’empresse d’annoncer la nouvelle aux intéressés. Mais, sur la Croisette, le producteur délégué du film de Quentin Tarantino patiente difficilement. Harvey Weinstein fume cigarette sur cigarette, fait sauter le bouchon de ses tubes de Smarties et compose frénétiquement le numéro de Jean-Pierre Vincent : « Alors ? Alors ? Tu en conclus quoi ? », répète-t-il sans obtenir de réponse.
A 19 heures, la bande de Pulp Fiction s’installe à l’orchestre de l’auditorium Louis-Lumière du Palais des festivals. Un rang presque entier lui a été attribué. « Harvey Weinstein a tendance à venir avec le plus de gens possible pour occuper un maximum le tapis rouge », raconte Jean-Pierre Vincent. Jeanne Moreau ouvre la cérémonie de clôture. Les premiers prix défilent. Dans un murmure tonitruant, Weinstein se penche vers Tarantino : « Tu penses que tu vas avoir le prix du meilleur scénario ? » Mais c’est Michel Blanc qui monte sur scène pour Grosse fatigue. « On se dit que le film va sans doute avoir un prix global pour les acteurs, raconte Jean-Pierre Vincent, puisque Gilles Jacob a lourdement insisté sur leur présence. » Mais non. Passent les prix du jury et de la mise en scène. Les remous de Weinstein, qui comprend ce qui se passe, font tressauter son rang : « Tu as remporté la Palme, bordel ! » Tarantino se décompose. Depuis une semaine, il est convaincu que Trois couleurs : Rouge, de Krzysztof...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le producteur des « Anges de la téléréalité », dont la dixième saison est diffusée sur NRJ12, explique les raisons du succès de ce programme auprès des jeunes
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Jérémy Michalak : « La téléréalité se consomme comme une fiction »

Le producteur des « Anges de la téléréalité », dont la dixième saison est diffusée sur NRJ12, explique les raisons du succès de ce programme auprès des jeunes



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h41
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Il a repéré Nabilla et bien d’autres vedettes du petit écran. Depuis 2011, Jérémy Michalak produit « Les Anges de la téléréalité » pour NRJ12 et permet à cette petite chaîne de la TNT d’être leader sur les 15-24 ans tous les jours en fin d’après-midi (plus de 7 % en moyenne de part de marché sur cette cible). La dixième saison qui a commencé le 12 mars, cartonne et son concept, celui de réunir d’anciennes « gloires » de la téléréalité, continue de séduire un jeune public.
Comment expliquez-vous le succès de votre émission ?
Nous avons conçu « Les Anges » comme une « série réalité ». Nous avons été les premiers en France à emprunter les codes visuels et narratifs à la fiction pour les apposer sur un programme de flux. Je pense que dans cette vieille télé où tout n’est que recyclage de concepts, ce genre de programme est la dernière touche de modernité. Et elle plaît aux jeunes. Tout le monde a copié notre idée et notre méthode, c’est sans doute la rançon de la gloire. Aujourd’hui, les chaînes qui veulent attirer des jeunes et des ménagères se sont mises sur ce créneau et les gros producteurs s’installent sur ce territoire : Fremantle, Banijay, Lagardère, et même Arthur. Il n’y a jamais eu autant d’émission de ce genre à la télévision. Tous les grands spécialistes de la téléréalité, TF1 en tête, ont refusé « Les Anges » quand je leur avais proposé le concept. Il y a près de dix ans, personne n’y croyait ! NRJ12 a eu du flair.

Qu’est-ce qui a changé en dix saisons ?
La professionnalisation des candidats de la téléréalité aussi bien dans le business que dans la production.
C’est-à-dire ?
L’époque où les producteurs pensaient pouvoir « manipuler » les participants façon marionnettistes est révolue depuis longtemps. Les participants sont devenus des comédiens qui écrivent leurs propres histoires et scénarios. Ils savent très bien comment produire une séquence et exister dans ces émissions. Pour cela, la recette est toujours la même, il faut qu’ils proposent à l’image ce que nous allons retenir au montage : des relations amoureuses, de l’amitié, des règlements de compte… Bref, ce qui fait le sel de n’importe quel récit que l’on retrouve aussi bien dans Roméo et Juliette que dans « Secret story ». Mon rôle est donc d’écouter les propositions des candidats et de s’assurer de la cohérence de ce qu’ils font tout au long de l’aventure. En clair, je leur file une partition vierge, eux me proposent des notes, et moi, j’essaie de trouver la meilleure mélodie
Mais où se situe alors la part de réalité dans cette émission ?
Pour être honnête, dans ce genre de programme, on ne cherche plus la réalité mais de la crédibilité. Vous avez juste envie que les candidats jouent suffisamment bien pour y croire. Dans le fond, peu importe que ça soit vrai ou faux, la téléréalité se consomme comme une fiction. Et comme dans n’importe quelle série, quand un personnage n’apporte plus rien à l’histoire, il disparaît. Mais les téléspectateurs, non plus, ne sont pas dupes et la télé « réalité » n’a jamais aussi mal porté son nom. D’ailleurs, il y a toujours eu tellement de mise que ce terme finalement n’a aucun sens.

Quel est l’intérêt pour les candidats de participer à votre émission ?
Quand vous voulez devenir comédien, et que les cours de théâtre vous coûtent des milliers d’euros, la téléréalité peut vous ouvrir en grand les portes de l’industrie du divertissement, c’est formidable ! NRJ vient de confier à Aymeric Bonnery, un ancien candidat de « Secret story », la tranche 20 heures-23 heures, ce n’est pas rien. Qui n’a pas d’anciennes vedettes de téléréalité parmi ses chroniqueurs ? On les retrouve dans les émissions d’Arthur ou de Cyril Hanouna. Ces candidats savent que la téléréalité est un accélérateur fulgurant de notoriété. C’est un business lucratif accessible à tous et qui n’est pas réservé à une élite. Candidat de téléréalité, c’est devenu un vrai job qui ne demande pas un grand niveau d’étude, même s’il y a beaucoup de prétendants et peu d’élus. La notoriété de la télé les a rendus « bankable » et cette puissance se monétise sur leurs réseaux sociaux via Instagram ou Twitter. Si le Graal jusque-là était d’avoir quinze minutes de célébrité, en 2050, ça sera peut-être d’avoir son quart d’heure d’anonymat.
« La téléréalité, c’est la revanche du prolétariat. »
Réussir dans la téléréalité, c’est une revanche sociale pour vous ?
Sans doute. La plupart des participants viennent de milieux sociaux modestes. Fils de caissières, filles de femmes de ménage, ils gagnent aujourd’hui trois fois plus qu’un ministre. Ce ne sont plus des cas isolés. Si je peux emprunter le lexique marxiste, la téléréalité, c’est la revanche du prolétariat. D’autant qu’ils se sont emparés de leur outil de travail, qui n’est plus la machine, mais la production et la mise en scène de leur personnalité, de leur vie, de leur image, et de la notoriété qu’ils génèrent ! Certains travaillent à la chaîne en multipliant leurs participations à ces programmes, jonglant entre les diffuseurs, les producteurs et les contrats. Ce sont les stakhanovistes de la téléréalité, certains occupent l’antenne trois cents jours par an. Il n’y a pas un comédien qui travaille autant.
Combien sont-ils payés ?
Au minimum 250 euros par jour de tournage. Les plus connus peuvent toucher beaucoup plus. Ils travaillent cent jours dans l’année pour être au bord de la piscine. Ils gagnent bien leur vie.

   


Votre programme « Les Anges » peut-il continuer encore dix saisons ?
Je pense que l’émission pourrait être même diffusée de septembre à juin sans interruption. Nous sommes presque en fin de contrat et en pleine renégociation avec NRJ12. Vous savez, ce programme fait parti de ces rares marques comme « Touche pas à mon poste », « Quotidien » ou « Burger Quiz » qui pourrait tout aussi bien marcher sur une autre chaîne.
En dix saisons, en quoi l’image de la téléréalité a changé ?
Pour la jeune génération, il n’y a pas de honte à dire qu’on regarde ce genre de programme. Certes la téléréalité n’est pas d’une très grande vertu intellectuelle, mais on peut y voir un grand nombre de points positifs : c’est un business qui génère des centaines de millions d’euros, et autant d’emplois. Et ces programmes reflètent aussi la mixité du pays. Rares sont les émissions qui offrent un tel mélange ethnique et culturel à une heure de grande écoute.



                            


                        

                        


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La chaîne L’Equipe et l’ivresse du direct

Bien qu’elle ne possède pas les droits de retransmission de la prochaine Coupe du monde de foot en Russie (14 juin-15 juillet), la chaîne sportive va en offrir une copieuse couverture



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h54
    |

            Alain Constant








                        



   


De midi à une heure du matin, en direct et sans interruption. Alors que se profile la Coupe du monde de foot, organisée en Russie du 14 juin au 15 juillet, la chaîne L’Equipe qui, faut-il le rappeler, ne possède pas les droits de diffusion des rencontres (visibles sur TF1 et BeIN Sports), a décidé de lâcher les chevaux. Désormais bien installée dans le paysage audiovisuel français, la chaîne a fidélisé au fil des années un public grâce à ses talk-shows rythmés et astucieusement mis en scène. Alors que la concurrence sur ce créneau des débats sportifs est féroce (les chaînes spécialisées mais aussi CNews, BFMTV, bientôt LCI), la chaîne L’Equipe fait la course en tête des audiences de ces débriefes, parfois surjoués mais souvent amusants et instructifs.
Ce Mondial russe sera donc l’occasion de multiplier les débats sur une grille totalement bousculée pour l’occasion. A partir de midi, Messaoud Benterki animera « L’Equipe de Russie ». Au menu : les temps forts de la veille, les conférences de presse en direct, les analyses. A 16 heures, ce sera au tour de « L’Equipe d’Estelle » (Denis), avec une touche plus mode et détente. L’excellent Olivier Ménard prendra l’antenne à 22 heures pour « L’Equipe du soir ». La journée se terminera avec Thomas Hugues qui, à partir de minuit, analysera avec ses invités les aspects géopolitiques de la compétition. Outre ses habituels chroniqueurs (Guy Roux, Raymond Domenech, Johan Micoud, Vikash Dhorasoo), la chaîne a embauché trois nouvelles têtes : Paul Le Guen, Claude Le Roy et l’ancien gardien de l’AS Saint-Etienne et du PSG, Jérôme Alonzo.

   


L’équipe de France bénéficiera d’une couverture particulière. Une dizaine d’envoyés spéciaux couvriront toutes les aventures de la bande à Deschamps et lorsque les Bleus joueront à midi ou à 17 heures, la grille sera modifiée afin de diffuser à chaud les analyses. Autre nouveauté : les 36 rencontres du Mondial qui ne seront pas visibles en clair (diffusées en exclusivité sur BeIN) feront l’objet d’un traitement particulier avec une transposition de « La Grande Soirée » : exercice surréaliste consistant à commenter le match en studio sans que le téléspectateur puisse voir les images, mais en le faisant vivre de manière très vivante. Passé maître dans l’art de cet exercice, Yoann Riou se régale d’avance.

   


Avec 400 heures de direct, la chaîne L’Equipe s’offre donc une copieuse couverture du Mondial. En attendant une rentrée foot encore plus excitante puisque à partir de septembre 2018 (et jusqu’en 2022), la chaîne a acquis les droits de diffusion des matches de qualification à l’Euro 2020, à la Coupe du monde 2022 (pour la zone Europe). Sans oublier les rencontres de la Nation League, nouvelle compétition lancée par l’UEFA et les matches amicaux de toutes les sélections européennes. Avec, pour la première fois de son histoire, une cinquantaine de rencontres diffusées en direct chaque saison, la chaîne s’attend à booster ses audiences.



                            


                        

                        


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Emilie Lesbros et Barre Phillips, duo renversant de l’Europajazz Festival

La manifestation qui se tient ce week-end au Mans offre une programmation décomplexée.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 10h37
    |

                            Francis Marmande








                        


L’Europajazz Festival, qui a lieu au Mans et dans toute la région, file sur ses 40 ans. Voyons : ça nous renvoie à quoi : à 1980 ? 1980, première année vraiment hors queue de comète de Mai 68, Giscard et sa ministre Alice Saulnier-Seïté renversant la vapeur. Sacres de Reagan, Margaret Thatcher et Pinochet. Morts de Barthes, Sartre, Hitchcock et Tex Avery. Armand Meignan, 30 ans, et Jean-Marie Rivier, 24, fondent l’Europajazz Festival. Robert Jarry, communiste, premier magistrat de la ville, soutient. Un festival ne tombe jamais du ciel. Ou alors, c’est un centre commercial. Meignan et Rivier sont plus ou moins répétiteurs de lycée, passionnés, ils ont des idées. La première étant que le jazz ne saurait se réduire à une resucée des grands fondateurs états-uniens. Ni à un « deal » avec des tourneurs. Encore moins à l’obsession du chiffre, au dorlotage d’un public qu’il faudrait vacciner de force contre le « purisme » et l’« élitisme ». Jacques Thollot, Joe Mc Phee, Raymond Boni, Chris Mc Gregor, Portal et Texier, mais aussi des classiques, tous genres confondus, font la première édition.

        Lire aussi la critique :
         

          Barre Phillips et sa machine à rêver sont à Arles



Le plus curieux, c’est qu’un festival fondé en morale marche autant que les grands raouts paresseux, condamnés par des édiles exigeants à publier leur croissance à deux chiffres. Voilà pourquoi, par pur amour, l’Europa (d) jazz, dont une astuce typographique (« djazz ») désigne l’ironie politique, a fait de Barre Phillips son résident perpétuel.
65 concerts en un mois, une trentaine de communes, cette fête délirante condamne tout compte rendu à l’injustice du choix
Lequel invite qui il veut. Et, en la précieuse collégiale Saint-Pierre-la-Cour, square des Filles-Dieu, ça ne s’invente pas, un miracle – son, lumières, silences, pierres – se produit, chaque année, grâce à lui. Barre Phillips, né à San Francisco en 1934, carrière qui à elle seule fait dictionnaire, sourire d’ange, corps gracieux, sagesse philosophe, liberté souveraine, est une sorte de saint pratique.
Emilie Lesbros et Barre Phillips, la musique à fleur de peau
Emilie Lesbros, jeune Marseillaise résidant à New York, chanteuse lyrique punk, rockeuse au centre du collectif EMIR (Ensemble de musique improvisée en résidence), improvisatrice illimitée, partenaire de nombre de musiciens abonnés à l’Europajazz, est l’invitée 2018 de Barre. Elle a 33 ans. Depuis 2008, ils forment un duo renversant. No Man’s Zone, publié par le label nato, en témoigne. Le jeudi 3 mai, les voûtes de la collégiale frémissent de leur entente. Ce sont des stylistes de l’instant. Orfeo, Pelleas, Sheila Jordan et Cameron Brown, mille étincelles de chance, tout y passe, la musique à fleur de peau.
Voix et harmoniques en tresse rappellent ces violes-contrebasses dans lesquelles, au XVe siècle, on planquait un enfant pour qu’il doublât, à l’octave, l’archet de l’interprète. Quelques contrebassistes (Slam Stewart, Major Holley) savaient obtenir un effet similaire. Emilie siffle avec un goût exquis.

        Lire aussi le compte-rendu de l’édition 2017 :
         

          Final de virtuoses de l’archet à l’Europajazz au Mans



Emilie Lesbros et Barre Phillips n’ont pas froid aux yeux. Leur prestation condense l’esprit de l’Europajazz. C’est ici le cas de tous les concerts. Impavide dialectique du passé et de l’avenir, expérience du son, mise en valeur des lieux, programmation très décomplexée, chaque moment apportant, à l’envers de ce qui se dit partout, la preuve qu’il n’y a aucune raison de ne pas oser. Or, 65 concerts en un mois, une trentaine de communes, cette fête délirante condamne tout compte rendu à l’injustice du choix.
Ainsi, à la Fonderie, même jour, Vincent Courtois (violoncelle), Daniel Erdmann et Robin Fincker (sax ténors), créent, après Mediums ou Bandes originales (inspirés par le cinéma), « Jack » : un répertoire, outre l’instrumentation et les arrangements inédits, entièrement dicté par des nouvelles de Jack London. Formidable expérience : l’enthousiasme, l’énergie et la volonté de Vincent Courtois transmettent sans fléchir. Car cette musique se voit à l’œil nu.
Europajazz, jusqu’au 6 mai : Joëlle Léandre Solo, Pifarély, Sylvain Rifflet, Jowee Omicil (samedi 5), Le Swing Time (dimanche 6).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’académie suédoise est en crise depuis novembre à cause de la publication d’allégations de harcèlement sexuel à l’encontre de l’époux d’un membre de l’institution.
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Le prix Nobel de littérature en 2018 reporté d’un an

L’académie suédoise est en crise depuis novembre à cause de la publication d’allégations de harcèlement sexuel à l’encontre de l’époux d’un membre de l’institution.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 09h19
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 11h22
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Quand ils sont sortis de leur réunion hebdomadaire, jeudi soir, bras dessus, bras dessous, dans les rues du quartier de la vieille ville à Stockholm, les académiciens affichaient des mines réjouies. Les Suédois en ont donc conclu que le prix Nobel de littérature 2018, dont le sort était à l’ordre du jour de la rencontre, était sauvé. D’où la stupeur, vendredi matin, quand le communiqué de presse est tombé à 9 heures, annonçant que la récompense ne serait pas décernée cette année, mais reportée à l’année prochaine, et attribuée en même temps que le prix 2019. Les académiciens expliquent leur décision par la « crise de confiance » traversée par l’institution et leur insuffisance numéraire. Depuis les démissions en série et l’éviction de la secrétaire perpétuelle, Sara Danius, les sages ne sont plus que dix sur dix-huit. Ils évoquent aussi le travail de reconstruction à mener, après ces mois de troubles – un « travail sur le long terme et en profondeur », souligne Anders Olsson, secrétaire perpétuel par intérim.
Dix-huit femmes accusaient le mari d’une des académiciennes de viols et d’agressions sexuelles
Ce n’est pas la première fois que le prix Nobel de littérature n’est pas décerné. Depuis 1901, il a été annulé à sept reprises : en 1914, 1918, 1935 et pendant la seconde guerre mondiale. Il a également été reporté cinq fois.
Mais le contexte est bien différent cette année, puisque c’est la légitimité même de l’académie suédoise qui est en cause et sa gestion d’une crise historique, qui a débuté en novembre 2017, en plein mouvement #metoo. Dix-huit femmes accusaient le mari d’une des académiciennes de viols et d’agressions sexuelles. Un Français, Jean-Claude Arnault, 71 ans, directeur d’un lieu d’expositions culturelles dans la capitale du royaume. Un audit, mené par un cabinet d’avocats, a depuis révélé que l’académie lui versait de généreuses subventions. Le parquet financier a ouvert une enquête.

        Lire aussi le récit :
         

          L’Académie suédoise s’enfonce dans la crise



Réputation entachée
La décision d’annuler l’attribution du prix Nobel de littérature semble donc logique. D’abord, parce que le travail de préparation, mené au sein du comité Nobel, formé d’un petit groupe d’académiciens, aurait déjà dû être bien avancé, pour un prix traditionnellement décerné fin octobre. Ce n’était pas le cas, alors que plusieurs des membres du comité Nobel ont quitté leur fauteuil.
Maintenir la récompense présentait aussi des risques. Rien ne garantissait que le lauréat potentiel se déplace à Stockholm, pour venir y recevoir son prix des mains d’une institution à la réputation entachée. Il aurait même pu le refuser. Après l’esclandre causé par le chanteur Bob Dylan, lauréat 2016, aux abonnés absents lors de la cérémonie des Nobels, les académiciens ne pouvaient prendre ce risque.

        Lire aussi :
         

                Comprendre la crise qui secoue l’Académie suédoise



Le report du prix 2018, cependant, est loin de mettre un terme à la crise qui secoue l’académie. D’abord, parce qu’il va falloir trouver des remplaçants aux sages qui ont décidé de partir. Jeudi 3 mai, le roi, Carl XVI Gustaf, protecteur de l’institution, a annoncé une modification du règlement, permettant aux démissionnaires de partir définitivement. Jusqu’à présent, ils ne pouvaient être remplacés qu’après la mort, ce qui aurait conduit à une paralysie de l’institution. Or trouver des candidats ne sera pas aisé. Car de nombreux intellectuels et écrivains suédois ont pris parti pour un des deux camps qui s’opposent – majoritairement d’ailleurs pour les académiciens qui ont claqué la porte, protestant contre l’immobilisme de ceux qui sont restés, dont certains continuaient de nier la gravité de la crise, il y a quelques jours.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », note que la manifestation, qui s’ouvre sur deux polémiques, reste le lieu du débat et un rendez-vous incontournable de la planète cinéma.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/05/2018
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« Le Festival de Cannes défend l’auteur contre le producteur et le diffuseur. Vaille que vaille »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », note que la manifestation, qui s’ouvre sur deux polémiques, reste le lieu du débat et un rendez-vous incontournable de la planète cinéma.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 08h15
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Le Festival de Cannes ouvre dans quatre jours et il offre, en guise d’avant-première, deux sujets chauds. Un bon conflit à l’ancienne avec la bataille de droits autour d’un film sur Don Quichotte, et une brouille contemporaine, sur le boycottage de la manifestation par la plate-forme de vidéo Netflix.
Rien à voir ? Si. Ces deux affaires traduisent une certaine fébrilité du Festival, mais elles montrent aussi qu’il reste le lieu du débat et un rendez-vous incontournable de la planète cinéma. Surtout, dans les deux cas, Cannes défend l’auteur contre le producteur et le diffuseur. Vaille que vaille.

A ce jour, on ne sait toujours pas si le Festival sera autorisé à présenter en clôture, samedi 19 mai, L’Homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam.
A cause d’un conflit de propriété entre le cinéaste et le producteur Paulo Branco, qui a repris ce projet en 2016. Ce dernier a demandé à la justice d’interdire cette projection voulue par le cinéaste – décision attendue dans les jours prochains. Ce sera ensuite au Centre national du cinéma et de l’image animée d’autoriser, ou pas, la sortie en salles.
Le Festival rappelle qu’il ne s’est pas privé, dans le passé, de programmer des œuvres alors que le cinéaste était en conflit avec son producteur, ou de montrer des films dans une version différente de celle en salles – par exemple La Porte du paradis (1981), de Michael Cimino, ou Il était une fois en Amérique (1984), de Sergio Leone.
Décalage vertigineux
Les patrons du Festival, Thierry Frémaux et Pierre Lescure, sont si focalisés sur l’auteur qu’ils ont osé une comparaison pour le moins déplacée entre les ennuis de Gilliam et ceux de deux cinéastes sélectionnés cette année, le Russe Kirill Serebrennikov et l’Iranien Jafar Panahi, « assignés à résidence dans leurs pays ».
D’autres ont même qualifié Paulo Branco de censeur. Il serait le méchant producteur face au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ De « Jambon, Jambon » à « Biutiful » ou « No Country for Old Men », l’acteur espagnol de 49 ans aime incarner des personnages sombres. C’est encore le cas dans « Everybody Knows », d’Asghar Farhadi, projeté en ouverture du Festival de Cannes, en salle le 9 mai.
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Javier Bardem, la mort lui va si bien 
                  
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Le Monde
 |
                  04.05.2018 à 06h39


De « Jambon, Jambon » à « Biutiful » ou « No Country for Old Men », l’acteur espagnol de 49 ans aime incarner des personnages sombres. C’est encore le cas dans « Everybody Knows », d’Asghar Farhadi, projeté en ouverture du Festival de Cannes, en salle le 9 mai.

Par             Samuel Blumenfeld





                     

Un petit village en Espagne, une étendue de terre à perte de vue, où un homme fait prospérer des vignes, une image de bonheur terrestre… C’est ainsi qu’Asghar Farhadi avait présenté l’intrigue de son nouveau film, Everybody Knows – présenté en ouverture du Festival de Cannes, ce 8 mai –, à Javier Bardem. En discutant avec le metteur en scène iranien d’Une séparation (2011) et du Passé (2013), l’acteur avait été frappé par un souvenir de son interlocuteur sur l’Espagne, qu’il connaissait mal.
Il y a quinze ans, dans une petite ville du sud du pays, où Asghar Farhadi était en vacances, il avait vu des photos d’un enfant accrochées à un mur. On lui avait raconté que le garçon avait disparu et que sa famille le cherchait. Le réalisateur tenait là son histoire : celle d’une femme (Penélope Cruz) retournant dans son village natal et qui retrouve son ex-petit ami (Javier Bardem), sur fond de drame familial. Restait à trouver un paysage, en l’occurrence un vignoble adossé à un village quelque part en Espagne, que le réalisateur imaginait somptueux.
Bande annonce « Everybody Knows » d’Asghar Farhadi

Aux yeux de Javier Bardem, cette beauté trouve un sens différent. Sur cette lande, il devine des morts. Et, parmi eux, imagine les siens. En Espagne, jusqu’à la mort de Franco, se souvient l’acteur de 49 ans, les comédiens n’avaient pas le droit d’être enterrés dans les cimetières. Ils étaient traités d’hérétiques ou d’homosexuels, et devaient trouver leur sépulture ailleurs, dans un no man’s land ou une fosse commune.
Alors, quand Javier Bardem scrute un paysage, s’installe toujours en lui la même mélancolie. Derrière l’apparente splendeur des lieux, il perçoit toujours une tragédie difficile à raconter.
Le cinéma, une affaire de famille et d’héritage
Pour Bardem, être acteur est une affaire de famille. Il s’est marié avec une comédienne, Penélope Cruz, sa partenaire...





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