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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Le volcan a projeté de la lave dans une zone résidentielle de la Grande Ile, à Hawaï. Les autorités ont déclaré l’état d’urgence.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ La députée LRM de la Nièvre, Perrine Goulet, avait émis cette proposition dans le cadre d’une commission d’enquête sur la sûreté de ces installations.
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Greenpeace porte plainte contre une députée qui a suggéré de « tirer » sur les intrus dans les centrales nucléaires

La députée LRM de la Nièvre, Perrine Goulet, avait émis cette proposition dans le cadre d’une commission d’enquête sur la sûreté de ces installations.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h36
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

L’intervention de la députée (LRM) de la première circonscription de la Nièvre, Perrine Goulet, le 22 mars, avait glacé le sang des militants de Greenpeace France. Membre de la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires qui auditionnait, ce jour-là, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, la parlementaire avait suggéré de « tirer » en cas d’intrusion dans une centrale nucléaire.
Alors que plusieurs de ses activistes se sont introduits, à l’automne 2017, dans l’enceinte deux centrales nucléaires afin, explique Greenpeace, de « démontrer l’extrême vulnérabilité des piscines d’entreposage de combustible usagé, hautement radioactif, face aux risques d’attaques extérieures », l’organisation écologiste a déposé, le 25 avril, une plainte avec constitution de parties civiles contre Mme Goulet pour « provocations à un crime et à un délit non suivis d’effet » au tribunal de grande instance de Paris.
Lors de l’audition du 22 mars, retransmise en directe sur le portail vidéo de l’Assemblée nationale, Gérard Collomb avait souligné que les ONG, et en particulier Greenpeace, prennent « la précaution d’afficher leur nom de loin sur les banderoles, ce qui, évidemment, ne suscite par le même type de réaction que si quelqu’un d’inconnu venait pénétrer » dans des sites sensibles. Députée LRM de la Somme et rapporteure de la commission, Barbara Pompili, avait alors objecté : « A ce moment-là, le bon petit terroriste va prendre la banderole Greenpeace », inspirant ainsi Mme Goulet.
« Tirer dans les jambes »
« Pourquoi nous ne ferions pas un peu comme aux Etats-Unis ? Avec une sécurisation par miradors et possibilité, effectivement, de ne pas se poser de questions, et quand il y a une intrusion, de tirer ?, avait interrogé cette dernière. Je pense qu’à un moment il va falloir ne plus distinguer, puisque c’est un délit de rentrer sur une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Long de 144 mètres et large de 30 mètres, l’« Akademik Lomonosov », projet du géant russe Rosatom, est destiné à produire de l’électricité et de la chaleur grâce à ses deux réacteurs de 35 mégawatts chacun.
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La première centrale nucléaire flottante du monde en route pour la Sibérie

Long de 144 mètres et large de 30 mètres, l’« Akademik Lomonosov », projet du géant russe Rosatom, est destiné à produire de l’électricité et de la chaleur grâce à ses deux réacteurs de 35 mégawatts chacun.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h57
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


L’Akademik Lomonosov est enfin prêt à prendre la mer. Avec deux ans de retard, ce monstre marin de 144 mètres de long et 30 mètres de large est la première centrale nucléaire flottante au monde, destinée à produire de l’électricité et de la chaleur grâce à ses deux réacteurs de 35 mégawatts chacun. Cette réalisation titanesque du géant nucléaire russe Rosatom a quitté Saint-Pétersbourg le 28 avril et doit être remorquée dans un premier temps jusqu’en Sibérie orientale, à Mourmansk, la centrale ne disposant pas de propulsion autonome.
Là, le combustible nucléaire y sera chargé pour un nouveau remorquage jusqu’à son port d’attache, à Pevek, à plus de 5 000 km au nord-est de Moscou. Le démarrage est prévu dans le courant de l’année 2019. « Une fois connectée au réseau, l’Akademik Lomonosov deviendra l’installation nucléaire la plus septentrionale du monde », se réjouit Rosatom.

Elle a vocation à se substituer à une centrale au charbon et à une centrale nucléaire construites dans la région dans les années 1960 et 1970. Son exploitation devrait durer au moins quarante ans.
Craintes des associations écologistes
Ses réacteurs nucléaires sont beaucoup moins puissants que ceux construits à terre, qui peuvent aller de 900 à 1 600 mégawatts. Mais cette centrale flottante peut produire l’électricité et la chaleur nécessaires à une ville de 100 000 habitants, explique le groupe russe. La plus grande partie de l’électricité produite devrait surtout servir à l’industrie, pour extraire et transformer des hydrocarbures.
« Cette centrale déplace le risque de catastrophe nucléaire dans les eaux fragiles de l’Arctique », dénonce Jan Haverkamp, un expert nucléaire de Greenpeace, dans un communiqué. L’association écologiste a réquisitionné un bateau qui escorte l’Akademik Lomonosov sur une partie de son trajet et s’inquiète des risques, notamment en cas de tsunami : « Avec son fond plat et son absence de système de propulsion, c’est comme si on jetait une centrale nucléaire sur une palette en bois pour dériver dans les eaux les plus difficiles du monde. »
Malgré les craintes des associations écologistes, Rosatom assure qu’elle respecte des normes de sécurité extrêmes, qui devraient lui permettre de faire face aux aléas climatiques de la région.
L’entreprise russe espère surtout que ce prototype sera le début d’une longue série, qui lui permettra de porter l’industrie nucléaire dans des zones où il est très coûteux de s’installer. D’autres projets du même type sont à l’étude en Chine – qui espère avoir une centrale flottante pour 2022 – ou aux Etats-Unis. En France, ce type d’option a été un temps envisagé, mais la filière nucléaire française a toujours été plutôt réticente à l’idée de se lancer dans des petits réacteurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Au moins 116 personnes sont mortes ces derniers jours dans le nord de l’Inde à cause des tempêtes de sable.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Courir, oui, mais « utile ». Le principe de cette activité venue du froid est simple : on fait bouger son corps tout en collectant les déchets au passage. Il fallait y penser.
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Le « plogging », ce jogging écocitoyen


                      Courir, oui, mais « utile ». Le principe de cette activité venue du froid est simple : on fait bouger son corps tout en collectant les déchets au passage. Il fallait y penser.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h10
    |

                            Nicolas Santolaria








                              

                        

La vie de journaliste recèle des joies insoupçonnables, comme celle qui consiste à se lever un samedi matin d’avril, par temps gris, pour aller ramasser des déchets en bord de Seine. A l’heure où je beurre habituellement mes tartines, j’ai rendez-vous dans un grand magasin de sport du 13e arrondissement de Paris, point de départ d’une sortie « plogging ».
Il fallait au moins un néologisme pour me tirer du lit. Contraction de plocka upp (« ramasser », en suédois) et de « jogging », ce terme désigne une activité en vogue où, tout en parcourant un lieu à petites foulées, on en profite pour le débarrasser de ses détritus. Si le mot résonne depuis peu dans les médias, cette pratique a émergé il y a déjà quelques années en France sous d’autres appellations, fruit de collectifs citoyens structurés par les réseaux sociaux. ­ « Ramasser en courant, c’est à la fois se faire du bien et faire une bonne action », souligne Fanny, « ploggueuse » de 30 ans, qui en est à sa deuxième sortie.
Un corps sain dans un décor sain : le running écolo transpire d’une indéniable dimension morale. Avant de partir en quête d’immondices, nous nous sommes vu remettre le paquetage du parfait ­ploggueur, soit un tee-shirt floqué du slogan « 1 run = 1 déchet », un sac à dos à cordons, des gants en caoutchouc et un grand sac-poubelle transparent. « Il y a une façon de ramasser. Il faut plier les genoux pour ne pas se blesser, ce qui permet aussi de se muscler les cuisses, enseigne Danielle Tramond, la jeune bénévole qui organise cette opération en partenariat avec l’association Run Eco Team. La dernière fois, on n’avait fait que du ramassage, et on avait un peu oublié la dimension running. Aujourd’hui, je vous demande de prendre du plaisir et de ne ramasser que ce qui se trouve sur votre chemin. »
Inefficacité de la répression
Comme pour toute pratique balbutiante, il convient d’en préciser les contours. Invité à ne pas collecter...




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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Après l’affaire du « cartel des endives », en 2012, le monde agricole était demandeur de davantage de sécurité juridique.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

L’Autorité de la concurrence clarifie les règles du jeu pour le secteur agricole

Après l’affaire du « cartel des endives », en 2012, le monde agricole était demandeur de davantage de sécurité juridique.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h25
    |

            Laurence Girard








                        



   


Dans le monde agricole, l’affaire du « cartel des endives » a marqué les esprits. En 2012, l’Autorité de la concurrence avait condamné dix organisations de producteurs à 3,6 millions d’euros d’amende pour entente sur les prix. Or, plus que jamais, les agriculteurs ont exprimé, lors des Etats généraux de l’alimentation (EGA), le besoin de sécuriser juridiquement leurs actions au regard du droit de la concurrence. D’autant qu’ils sont contraints de s’organiser face à des industriels puissants et à une distribution toujours plus concentrée. Saisie par Bercy, l’Autorité de la concurrence a rendu son avis, vendredi 4 mai.
Les Sages de la rue de l’Echelle ont tenté de clarifier les règles du jeu, en premier lieu pour les agriculteurs soucieux de se regrouper au sein d’organisations de producteurs (OP) ou d’associations d’organisations de producteurs (AOP). Une approche souvent nécessaire pour avoir du poids lors des négociations commerciales, sachant qu’en 2016, on dénombrait en France 472 000 exploitations agricoles, contre 17 600 entreprises agroalimentaires et 4 grandes centrales d’achat de la distribution. On compte aujourd’hui 650 OP, principalement dans le secteur du lait, des fruits et légumes et de la viande.

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                Négociations sur les prix : la filière laitière se reprend à espérer



L’Autorité de la concurrence estime que l’arrêt « endives » rendu par la Cour de justice européenne en novembre 2017 a éclairé le cadre juridique pour les OP et les AOP. Il dispose que les pratiques d’échanges d’informations stratégiques, de fixation de prix minimaux de vente ou de concertations sur les volumes au sein d’une OP ou d’une AOP échappent au droit de la concurrence si elles sont nécessaires pour atteindre les objectifs qu’elles se sont fixés. En revanche, les pratiques entre plusieurs OP ou AOP sont susceptibles de tomber sous le coup du droit des ententes. Le règlement « omnibus » bruxellois a, lui, introduit une dérogation au droit des ententes pour les OP et les AOP à condition qu’elles n’excluent pas la concurrence.
Dérogations spécifiques
L’Autorité de la concurrence a ensuite examiné le cas des organisations interprofessionnelles (OI) qui, outre les producteurs, incluent les industriels et les distributeurs. Elle affirme qu’elles peuvent diffuser des données statistiques passées à condition qu’elles soient anonymes et agrégées. Elles peuvent donc publier des données économiques générales, élaborer des contrats types, pousser des démarches qualitatives ou promouvoir les produits. Le règlement « omnibus » leur a également donné le droit d’établir des clauses types de répartition de la valeur entre les agriculteurs et leurs premiers acheteurs. Mais elles ne sont pas autorisées à réguler les volumes et à fixer des quotas.

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Les agriculteurs sont également de plus en plus souvent amenés à signer des contrats tripartites avec les industriels et la distribution. Des démarches qui prévoient volume de production et prix d’achat, adossés à un cahier des charges fixant les critères de la qualité de la production. Même si elle souligne l’intérêt de ces contrats, l’Autorité estime que les signataires doivent rester prudents lorsque leur part de marché atteint 30 %.
Enfin, il est rappelé dans l’avis que Bruxelles permet aux Etats membres, à la demande des producteurs et de leurs associations, d’adopter des règles contraignantes pour les fromages et le jambon bénéficiant d’une appellation d’origine contrôlée (AOC) et d’une indication géographique protégée (IGP) ainsi que dans le secteur vitivinicole. Ces dérogations spécifiques portent sur les volumes, et non sur les prix. L’Autorité propose d’étendre cette possibilité de régulation à tous les produits bénéficiant d’une AOC ou d’une IGP.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ La préfecture a dit non à ce projet d’un agriculteur qui avait « des antécédents défavorables à respecter des obligations réglementaires ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Le préfet de Saône-et-Loire rejette un projet de ferme aux 4 000 bovins

La préfecture a dit non à ce projet d’un agriculteur qui avait « des antécédents défavorables à respecter des obligations réglementaires ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 12h26
   





                        


Un projet de ferme, auquel s’opposaient notamment la Confédération paysanne et les riverains, qui aurait pu accueillir plus de 4 000 bovins à Digoin, en Saône-et-Loire, a été rejeté par le préfet, ont indiqué vendredi ses services. La demande de l’agriculteur « pour être autorisé à exploiter un élevage de 3 910 bovins destinés à l’exportation, 240 bovins à l’engraissement et 320 vaches allaitantes sur la commune de Digoin, est rejetée », selon l’arrêté daté de jeudi pris par le préfet de Saône-et-Loire.
Cette décision s’appuie sur l’avis défavorable du conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst), qui avait souligné des « antécédents très défavorables [de l’agriculteur] en matière de maîtrise des nuisances et de la capacité à respecter les obligations réglementaires applicables », précise l’arrêté.
Augmentation disproportionnée
L’avis du Coderst relevait aussi que le dossier avait « été établi moins dans un objectif de régularisation de sa situation que dans le but d’augmenter de manière manifestement disproportionnée [une] activité actuelle qui ne respecte déjà pas les dispositions réglementaires », a précisé la préfecture.
L’activité aurait consisté à « accueillir des bandes de jeunes bovins, pour mise en quarantaine sanitaire durant cinq semaines avant d’être exportés vers des centres d’engraissement en France ou à l’étranger », selon la demande d’autorisation, mentionnant les « pays du Maghreb (plus particulièrement Algérie, Maroc) et la Turquie ».
Des difficultés en matière de « respect du voisinage, de la sécurité et de la salubrité publiques » ou encore une distance trop faible de l’un des bâtiments avec le cours d’eau voisin ont aussi été soulignés par cet organisme.
Le projet avait d’abord reçu un avis favorable de la direction régionale de l’environnement de Bourgogne-Franche-Comté, avant que le commissaire enquêteur n’émette un avis contraire après une enquête publique d’un mois, qui a vu affluer les observations, dont une pétition de l’association Agir pour l’environnement qui a recueilli plus de 68 000 signatures.
L’exploitant dispose désormais d’un délai de deux mois pour contester la décision du préfet devant le tribunal administratif de Dijon.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Le champion français détenu par la famille Saadé devient le premier actionnaire de Ceva Logistics, un groupe imposant mais très déficitaire.
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La logistique, un nouveau grand pari pour le transporteur maritime CMA CGM

Le champion français détenu par la famille Saadé devient le premier actionnaire de Ceva Logistics, un groupe imposant mais très déficitaire.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 11h16
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Après les océans, CMA CGM veut sillonner la terre et les airs. Le champion français du transport maritime entame ce vendredi 4 mai une nouvelle vie, celle d’un groupe capable non seulement d’acheminer des marchandises de port en port sur ses immenses bateaux, mais aussi de les convoyer par camion, train ou avion d’un bout à l’autre de la planète. Bref, de profiter à plein de la mondialisation qui se poursuit.
Première étape : à l’occasion de l’entrée de Ceva Logistics vendredi à la Bourse de Zurich, CMA CGM a investi 379 millions de francs suisses (317 millions d’euros) pour obtenir à terme 25 % de cette entreprise, un des grands noms mondiaux de la logistique. Une fois toutes les autorisations obtenues, le groupe de la famille Saadé deviendra ainsi le premier actionnaire de Ceva, une société qui emploie 56 000 personnes et a réalisé un chiffre d’affaires de 7 milliards de dollars (5,8 milliards d’euros) en 2017.
Avec seulement un quart des actions et deux postes au conseil d’administration, CMA CGM ne pourra pas intégrer Ceva dans ses comptes ni se considérer comme maître à bord. Mais les Saadé auront voix au chapitre, d’autant que le reste du capital sera éclaté entre une myriade d’investisseurs, les anciens propriétaires – les financiers Apollo, Capital Research et Franklin Advisors – ne gardant provisoirement que 15 % à eux trois.
Des services logistiques et maritimes
En outre, les dirigeants de CMA CGM et de Ceva envisagent de nouer des coopérations commerciales, en créant, par exemple, une société commune qui pourrait proposer aux mêmes clients des services logistiques et maritimes. Si l’expérience est concluante, CMA CGM pourrait prendre, un jour, le contrôle complet de son nouvel associé. « Pour le moment, la question d’un rachat de Ceva n’a absolument pas été étudiée », tempère Xavier Urbain, le Français qui dirige l’entreprise suisse.
Cela fait des années qu’Apollo cherchait à se défaire de Ceva, un groupe que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Le volcan Kilauea a projeté de la lave dans une zone résidentielle de la Grande Ile, à Hawaï. Les autorités hawaïennes ont déclaré l’état d’urgence.
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Hawaï : des milliers d’habitants évacués après une éruption volcanique, l’état d’urgence déclaré

Le volcan Kilauea a projeté de la lave dans une zone résidentielle de la Grande Ile, à Hawaï. Les autorités hawaïennes ont déclaré l’état d’urgence.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 10h22
   





                        



   


L’éruption spectaculaire du volcan Kilauea, l’un des plus actifs au monde, a provoqué des coulées de lave rougeoyante jusque dans les zones d’habitation jeudi, poussant des milliers d’habitants d’Hawaï à fuir.
Le gouverneur, David Ige, a déclaré l’état d’urgence afin de pouvoir mobiliser tous les services et les fonds d’urgence de l’Etat liés aux catastrophes naturelles. Des « vapeurs et de la lave se sont échappées par une fissure dans la zone de Mohala Street », a écrit la défense civile locale sur son compte Facebook, un responsable local précisant qu’environ 10 000 personnes habitent la zone concernée par les évacuations. Sept cent soixante-dix bâtiments et 1 700 personnes sont sous le coup d’évacuations obligatoires, a déclaré Cindy McMillan, porte-parole du gouverneur.
L’agence américaine de géologie et sismologie, l’USGS, avertissait, sur son site consacré aux volcans, que « de nouvelles coulées de lave pourraient survenir sans qu’il soit possible de prédire » où elles se produiraient. Deux centres d’accueil ont pour l’instant été ouverts pour accueillir les évacués. Le gouverneur a appelé l’armée de réserve (National Guard) pour aider aux opérations de secours, a-t-il annoncé sur Twitter. « Préparez-vous maintenant pour que votre famille soit en sécurité », a enjoint le gouverneur aux résidents menacés d’évacuation.
Plus d’une cinquantaine d’éruptions
Des responsables de l’USGS, chargés de l’observatoire volcanologique d’Hawaï, surveillaient et évaluaient avec des moyens terrestres et aériens l’importance de l’éruption, qui s’est déclarée à 16 h 45, heure locale.
A 10 h 30, un tremblement de terre d’une magnitude 5, suivi de nombreuses répliques, au sud de la bouche éruptive de Puu Oo du volacan Kilauea, a déclenché des chutes de pierres et une potentielle rupture dans le cratère du volcan, selon USGS. Il est le plus important d’une centaine de séismes parfois mineurs, autour d’une magnitude 2, depuis lundi, usant les nerfs des résidents.
Le Kilauea est le volcan le plus actif et le plus étudié du monde. Depuis 2016, il est en constante activité, mais cet été, ses coulées de lave, à plus de 1 200 °C, sont entrées en contact avec la mer. En une centaine d’années, ce volcan a connu plus d’une cinquantaine d’éruptions qui, à chaque fois, agrandissent l’île.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Si le monde entier vivait comme les Français, les ressources naturelles que la planète peut renouveler en un an seraient consommées dès le 5 mai.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/05/2018
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La France creuse sa « dette écologique »

Si le monde entier vivait comme les Français, les ressources naturelles que la planète peut renouveler en un an seraient consommées dès le 5 mai.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 00h41
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 09h48
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


La France a commencé à réduire son déficit budgétaire, mais son déficit écologique, lui, continue de se creuser inexorablement. C’est l’alerte que lance le WWF dans un rapport publié vendredi 4 mai. A compter du samedi 5, les Français vivront en quelque sorte à crédit : si leur niveau de consommation était généralisé à la planète, l’ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an serait d’ores et déjà épuisé.
L’ONG a travaillé en collaboration avec le Global Footprint Network, un institut de recherche international qui, chaque année, calcule le « jour du dépassement » : celui à partir duquel l’empreinte écologique de l’humanité – émissions de carbone, utilisation de terres agricoles, de prairies, de forêts et de milieux aquatiques, ou encore artificialisation des sols – excède la biocapacité de la planète, c’est-à-dire sa capacité annuelle à absorber les gaz à effet de serre d’origine anthropique et à reconstituer ses réserves.

   


Sans doute cet indicateur présente-t-il des limites. Il donne en effet un poids prépondérant aux émissions carbonées (60 % de l’empreinte écologique) et ne prend pas en compte des facteurs tels que la perte de biodiversité, la pollution ou la pression sur la ressource en eau. Il n’en permet pas moins de mesurer, année après année et à paramètres constants, l’évolution de la situation. Et la tendance n’est pas bonne.
Alors que jusqu’au début des années 1970 l’humanité consommait moins de ressources que ce que pouvait lui procurer la nature, elle est ensuite devenue débitrice. Et le jour fatidique du dépassement est de plus en plus précoce : le 1er décembre en 1975, le 5 novembre en 1985, le 5 octobre en 1995, le 26 août en 2005, le 4 août en 2015, le 2 août en 2017, peut-être plus tôt encore cette année, pour laquelle le Global Footprint Network rendra son verdict cet été. Autrement dit, il faudrait désormais 1,7 planète pour subvenir aux besoins annuels des quelque 7,5 milliards d’humains.
Modèle de développement
Le WWF s’est penché, pour la première fois, sur le cas particulier de l’Hexagone. Il apparaît que, si le monde entier vivait comme les Français, la capacité des écosystèmes à se régénérer serait épuisée dès le 5 mai, en à peine plus de quatre mois. Il faudrait donc 2,9 planètes pour que les océans et les forêts stockent le CO2 relâché en un an par les activités humaines, et pour assurer l’alimentation en bétail et en poissons, ou l’approvisionnement en bois de la population mondiale.
Certes, l’empreinte écologique de la France est moindre, si on la rapporte à la biocapacité du territoire national, en métropole mais aussi dans les outre-mer. Avec ce calcul, les Français consomment 1,8 fois plus de ressources que ce que « leurs » milieux naturels sont en mesure de leur fournir. « Ce rapport ne met pas en avant une approche “nationaliste”, mais pointe un modèle de développement qui conduit à une aggravation de notre dette écologique », précise Pascal Canfin, directeur général du WWF-France.

   


Au reste, la France se classe dans le groupe de tête des pays les plus « prédateurs », loin derrière le Qatar (avec le train de vie qatari, le jour du dépassement planétaire serait le… 9 février), les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie, mais à peu près au même niveau que l’Allemagne et le Royaume-Uni, devant le Japon, la Grèce ou l’Italie. A titre de comparaison, avec le mode de vie du Vietnam, le jour du dépassement n’interviendrait que le 20 décembre !
Dans le détail, les émissions de carbone pèsent pour plus de moitié (56 %) dans l’empreinte écologique des Français, devant l’utilisation des terres agricoles pour l’alimentation humaine et animale (20 %), l’exploitation forestière (11 %), l’affectation des prairies à l’élevage du bétail (5 %), la pêche (4 %) et la couverture des sols par des infrastructures industrielles, des voies de transports ou des habitations (4 %). Globalement, le logement, les transports et l’alimentation sont à l’origine de plus des deux tiers de la pression exercée sur les milieux naturels, du fait notamment des émissions de gaz à effet de serre qu’ils génèrent.

   


Pour le WWF, ce constat est d’autant plus alarmant que l’Hexagone avait, sur la période 2008-2015, réduit de façon continue son empreinte écologique. Celle-ci est depuis repartie à la hausse, avec une augmentation de 5 % entre 2015 et 2018. Un mauvais résultat dû principalement à une poussée des émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs du bâtiment et des transports.

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                Gaz à effet de serre : la France sur la mauvaise pente



« Le paradoxe est que cette dégradation a commencé en 2015, l’année de l’adoption de l’accord de Paris sur le climat », commente Pascal Canfin. Au-delà d’explications conjoncturelles, telles que la baisse des cours du pétrole ayant favorisé un regain de consommation, l’ONG y voit la preuve que la politique nationale de transition écologique « n’est pas assez ambitieuse ».
« Pas de planète B »
« Si la planète était une entreprise, elle serait en faillite, ajoute son directeur général. Le dérèglement climatique, la disparition du vivant, la destruction des forêts primaires et la transformation des océans en soupe de plastique sont les signes de cette faillite écologique. »
L’ONG estime pourtant qu’il n’est pas trop tard pour redresser la barre. « Les technologies sont aujourd’hui disponibles, qu’il s’agisse des véhicules électriques, de l’habitat à basse consommation, des énergies renouvelables ou de l’alimentation biologique, souligne M. Canfin. C’est donc une question de volonté politique. Le président de la République a fait de la bonne gestion financière un élément-clé de son quinquennat. Il doit désormais mettre en place une stratégie de désendettement écologique. »
Et de prendre au mot Emmanuel Macron qui, le 25 avril, devant le Congrès américain, déclarait : « Il n’y a pas de planète B. » Autrement dit, pas d’autre choix que de vivre avec la finitude de notre Terre nourricière.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Ravagée par la crise dans les années 1980, la ville industrielle a retrouvé sa prospérité. Mais celle-ci ne profite pas à l’ensemble de la population.
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Pittsburgh, ville phénix de la « Rust Belt » américaine

Ravagée par la crise dans les années 1980, la ville industrielle a retrouvé sa prospérité. Mais celle-ci ne profite pas à l’ensemble de la population.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 13h06
    |

            Jessica Gourdon








                        



                                


                            

Le long de la rivière Monongahela, d’immenses hauts-fourneaux rouillés se dressent au milieu d’un terrain vague. De 1884 à 1982, cette usine de Pittsburgh (Pennsylvanie), qui a appartenu au milliardaire Andrew Carnegie et à l’US Steel, crachait jusqu’à 1 250 tonnes de fer par jour, et employait 15 000 ouvriers. Parmi eux, de nombreux Tchèques, Polonais ou Slovaques venus tenter leur chance en Amérique.
A l’époque, la « Steel City » des Appalaches (nord-est des Etats-Unis) était l’une des villes les plus prospères du pays. Aujourd’hui, la friche de cette usine accueille des visites guidées pour les touristes. Les hangars poussiéreux, encore jonchés de pièces industrielles, sont loués pour des tournages de film, des mariages, des concerts…
Pittsburgh, où la métallurgie faisait vivre jusqu’à 90 000 personnes avant l’effondrement du secteur, s’est métamorphosée. Après des années de crise – la ville a vu disparaître la moitié de sa population en trente ans –, elle ne perd plus d’habitants. Elle se positionne comme la reconversion la plus réussie de la « Rust Belt », la « ceinture de la rouille ». Son taux de chômage est de 4,3 %, contre 7,8 % à Detroit et 6 % à Cleveland, les cités voisines. Surtout, le revenu médian d’un foyer y atteint 42 000 dollars par an (environ 35 000 euros), quand il est de 31 000 dollars à Cleveland et de 26 000 dollars à Detroit ou à Flint.
Cette résurrection est liée aux technologies et aux sciences du vivant. Depuis dix ans, Pittsburgh séduit une nouvelle population de jeunes diplômés, chercheurs-entrepreneurs dans ces domaines, qui lui ont permis de retrouver une forme de prospérité. Ainsi, Uber y emploie 400 personnes dans son centre de recherche sur les véhicules autonomes, Facebook y a installé son équipe travaillant sur la réalité virtuelle, et Google y compte 500 ingénieurs… Amazon, de son côté, a inscrit la ville sur sa liste finale pour l’installation de son second siège – avec une promesse de 40 000 postes.

A...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ A Pittsburgh, en Pennsylvanie, ou à Youngstown (Ohio), les municipalités détruisent les maisons abandonnées, afin de rendre un maximum de terrains à la nature.
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Aux Etats-Unis, des villes tirent parti du déclin démographique

A Pittsburgh, en Pennsylvanie, ou à Youngstown (Ohio), les municipalités détruisent les maisons abandonnées, afin de rendre un maximum de terrains à la nature.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h53
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 13h08
    |

            Jessica Gourdon (Pittsburgh, Pennylvanie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Comment rendre attractive et fonctionnelle une ville qui a été conçue pour deux fois plus d’habitants ? Cette difficulté est au cœur de la gestion urbaine de nombreuses villes de la Rust Belt (« ceinture de rouille »). Pittsburgh (Pennsylvanie), qui a perdu plus de 300 000 résidents en trente ans, compte 29 000 maisons ou terrains inoccupés. Elle en fait peu à peu l’acquisition, pour y promouvoir de nouveaux usages : jardins potagers, réserves d’eau de pluie, fermes de panneaux solaires… Quant aux infrastructures vieillissantes – la ville compte plus de 400 ponts – et sur-dimensionnées, tout se décide au cas par cas. « Souvent, nous devons faire des choix : faut-il réparer cet escalier extérieur peu fréquenté ? Dépenser 2 millions de dollars pour rénover une route rendue inutilisable par un glissement de terrain, alors qu’elle n’est plus essentielle ? », s’interroge Grant Evin, responsable de la résilience à la mairie.

« Offrir une meilleure qualité de vie »
Youngstown, ancienne ville industrielle de l’Ohio, a adopté une posture plus radicale, qui lui a valu une médiatisation internationale. La ville, passée de 160 000 habitants en 1960 à 66 000 aujourd’hui, « a décidé d’accompagner le déclin de sa population, plutôt que de lutter contre », explique le chercheur Max Rousseau, qui étudie ces modèles urbains. En accord avec sa population, elle a renoncé à certains quartiers, ceux où l’immobilier s’était énormément déprécié et où la part de maisons vacantes atteignait jusqu’à 70 %. Elle y détruit toutes les maisons abandonnées, afin de rendre un maximum de terrains à la nature, pour de la reforestation ou de l’agriculture.
En revanche, dans les quartiers plus stables, elle rénove les maisons abandonnées, afin de recréer de l’attractivité et de la densité à cette échelle. « C’est ce que Youngstown appelle le “smart shrinkage” [rétrécissement intelligent], poursuit M. Rousseau. L’idée de ces politiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ La plupart des morts sont attribuées à des chutes d’arbres ou de murs ayant cédé sous la violence des vents, dont certains soufflaient jusqu’à 130 km/h.
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Inde : près de 150 morts dans des tempêtes de sable dans le nord du pays

La plupart des morts sont attribuées à des chutes d’arbres ou de murs ayant cédé sous la violence des vents, dont certains soufflaient jusqu’à 130 km/h.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 10h19
   





                        



   


Environ 150 personnes sont mortes ces derniers jours en Inde, victimes de tempêtes de sable parmi les plus meurtrières depuis plusieurs décennies. Le bilan pourrait être amené à s’alourdir alors que les secouristes s’affairent encore dans les décombres à la recherche de survivants.
Des vents soufflant jusqu’à 130 km/h ont causé 121 morts dans les Etats d’Uttar Pradesh et du Rajasthan, ont fait savoir les autorités de gestion des catastrophes de ces deux Etats. Le Pendjab, plus au nord, a pour sa part recensé deux victimes et le Madhya Pradesh, davantage au sud, deux morts également.
Le district d’Agra, dans l’Uttar Pradesh, où se situe le Taj Mahal, est la région la plus lourdement affectée, avec 43 décès répertoriés à ce stade. Le célèbre mausolée moghol est, lui, intact.
Dans un épisode météorologique distinct, la foudre a, par ailleurs, provoqué mercredi la mort de 21 personnes dans l’Etat méridional d’Andra Pradesh et au Telangana.
Chutes d’arbres et de murs
La plupart des morts sont attribuées à des chutes d’arbres ou de murs ayant cédé sous la violence des vents. En fin de journée mercredi, un voile blanc avait enveloppé la capitale, New Delhi, brouillant la visibilité avant de céder la place à de violents orages. Aucune mort n’a été signalée dans la mégapole.
« Attristé par les vies perdues en raison des tempêtes de sable dans plusieurs endroits d’Inde. Condoléances aux familles en deuil », ont tweeté les services du premier ministre, Narendra Modi.
Des tempêtes similaires surviennent chaque année en Inde, mais généralement sans causer des destructions d’une telle ampleur. celle-ci résulte de la conjonction d’une dépression, de températures inhabituellement hautes et d’humidité apportée par les vents. Ce type d’événement violent pourrait devenir de plus en plus fréquent avec le changement climatique, a rapporté la presse indienne.
Les habitants de la région restent sur leurs gardes alors que les prévisions météos annoncent d’éventuelles nouvelles tempêtes jusqu’à lundi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Une tendance qui devrait se poursuivre au cours des années à venir, avec l’essor inattendu du gaz de schiste.
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Les Etats-Unis franchissent un cap en devenant exportateurs nets de gaz

Une tendance qui devrait se poursuivre au cours des années à venir, avec l’essor inattendu du gaz de schiste.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h05
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            
Pour la première fois depuis 1957, les Etats-Unis sont devenus exportateurs nets de gaz. A la fin du mois de mars, l’Agence américaine de l’énergie (EIA) a confirmé que les volumes de gaz naturel exportés avaient dépassé les importations sur l’année 2017. La tendance va se poursuivre au cours des années à venir, avec l’essor inattendu du gaz de schiste.
Certes, les Etats-Unis s’étaient déjà hissés au rang de premier producteur mondial en 2010, devant la Russie. Mais à l’époque, l’idée qu’ils exportent massivement du gaz semblait saugrenue. Gros consommateurs, ils se préparaient à voir leurs importations progresser et avaient investi des millions de dollars pour construire des terminaux afin d’accueillir des méthaniers – ces gigantesques bateaux qui transportent du gaz naturel liquéfié (GNL) – le long des côtes américaines.
La frénésie du gaz de schiste a bouleversé la donne. Avec une production qui a augmenté de près de 50 % en dix ans, le pays se retrouve avec une production de gaz bien supérieure aux besoins nationaux.
Il a donc fallu investir de nouveau, pour bâtir des usines de liquéfaction de gaz et des terminaux, cette fois-ci pour exporter le gaz. Selon l’EIA, les capacités de liquéfaction devraient tripler d’ici à la fin de l’année 2019. La première usine, à Sabine Pass en Louisiane, a démarré son activité en 2016. Une deuxième, à Cove Point dans le Maryland, a exporté sa première cargaison en mars 2018. Et ce n’est pas tout : quatre usines sont en cours de construction.
Ce surplus de production a une forte incidence sur les prix du gaz aux Etats-Unis. Les consommateurs ont ainsi vu leur facture diminuer de près de 25 % en l’espace d’une décennie. Surtout, le gaz est devenu meilleur marché que le charbon pour produire de l’électricité.
Cette nouvelle donne a aussi des conséquences géopolitiques : en exportant leur gaz, les Etats-Unis peuvent espérer peser sur la dépendance russe de l’Europe en la matière. On a ainsi vu des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ La Commission européenne a annoncé, mercredi, de réduire de 5 % le budget de la politique agricole commune.
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La France agricole s’insurge contre les coupes dans le budget de la PAC

La Commission européenne a annoncé, mercredi, de réduire de 5 % le budget de la politique agricole commune.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 11h49
    |

            Laurence Girard








                        



   


Comme un coup de grêle sur un verger à maturité. La décision de la Commission européenne annoncée mercredi 2 mai de réduire de 5 % le budget de la politique agricole commune (PAC) après 2020 a jeté un froid glacial sur le monde agricole français.
« Des propositions inacceptables », a réagi le ministère de l’agriculture. « Une telle baisse, drastique, massive et aveugle est simplement inenvisageable », a souligné Stéphane Travert, le ministre, avant d’ajouter : « Elle comporte un risque sans précédent sur la viabilité des exploitations en impactant dangereusement les revenus des agriculteurs pour qui les aides directes constituent un filet de sécurité essentiel. La France ne pourra accepter aucune baisse du revenu direct des agriculteurs. »

        Lire aussi :
         

                Bruxelles veut réduire les aides directes aux agriculteurs



Désaccord
Les syndicats agricoles sont aussi montés au créneau. La FNSEA a jugé « la baisse drastique annoncée inacceptable ». Elle estime « le coût de rabot à 10 % en tenant compte de l’inflation ». Voire même à 15 % pour le premier pilier, celui des aides directes aux agriculteurs, en 2027. La FNSEA « en appelle solennellement au chef de l’Etat pour provoquer un sursaut de l’Union européenne ». Elle demande à Emmanuel Macron de trouver un accord avec la chancelière allemande Angela Merkel pour conforter la PAC. En ligne de mire, le conseil européen des chefs d’Etat qui doit se tenir les 25 et 26 mai.
Pour la Confédération paysanne, la première question à se poser, au-delà du budget, est celle des objectifs de la PAC. « La Commission entend-elle pérenniser la PAC actuelle, dont les règles d’éligibilité et de calculs discriminent les petites fermes et les fermes diversifiées, qui ne répond pas aux attentes des paysans et de la société, ou prévoit-elle un véritable changement de cap ? », s’interroge le syndicat. Quant à la Coordination rurale, si elle qualifie aussi les propositions de la Commission d’inacceptables, elle exprime son désaccord avec le gouvernement, coupable à ses yeux de ne pas dénoncer les dérives de la PAC.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ L’Anses considère qu’il faut intégrer la « dimension mentale » du ressenti de l’animal. Une recommandation fondée sur l’évolution des connaissances scientifiques.
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Souffrances, frustration, satisfaction : l’agence sanitaire française définit le bien-être animal

L’Anses considère qu’il faut intégrer la « dimension mentale » du ressenti de l’animal. Une recommandation fondée sur l’évolution des connaissances scientifiques.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 15h34
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



                                


                            

« Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. » Pour la première fois, une agence officielle française propose une définition de ce concept, qui s’applique aux bêtes d’élevage, de zoo, de cirque, de compagnie, de laboratoire, celles utilisées pour les loisirs (chasse, pêche, corridas...) ou à des fins d’enseignement. 
Mercredi 25 avril, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié un avis qui se veut en adéquation avec l’évolution des connaissances scientifiques sur les capacités cognitives et émotionnelles des animaux. Une telle définition était notamment attendue par des associations de défense des bêtes.
Ainsi, estime l’Anses, l’idée de bien-être nécessite de considérer comme centrale la « dimension mentale » du ressenti de l’animal dans son environnement. Cela passe notamment par la prise en compte de ce que ce dernier perçoit comme déplaisant – et qui est à l’origine de douleurs, de souffrances et de frustrations –, mais aussi par la mise en place de mesures favorisant l’expression de ses émotions positives, telles que le plaisir ou la satisfaction. Il faut aussi y associer une dimension temporelle : la notion de qualité de vie implique que l’animal soit satisfait « pendant toute sa vie », ce qui englobe « son passé, sa vision du futur mais aussi les conditions de sa mort ».
L’Anses ne pousse pas la logique jusqu’à remettre en question le principe de l’appropriation et de l’exploitation des animaux par les humains. L’agence se positionne plutôt du côté du « welfarisme », un courant qui prône l’amélioration des conditions de vie des bêtes sans interroger la finalité de leur « mise sous tutelle humaine ».
« Bouteille à la mer »
Brigitte Gothière, cofondatrice de l’association L214, qui lutte pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ L’annonce de ce renoncement intervient après la diffusion d’une vidéo par l’ONG PETA montrant des chèvres maltraitées en Afrique du Sud.
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Bien-être animal : Gap, Zara et H&M vont bannir la laine mohair d’ici à 2020

L’annonce de ce renoncement intervient après la diffusion d’une vidéo par l’ONG PETA montrant des chèvres maltraitées en Afrique du Sud.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 06h39
   





                        



   


Des groupes internationaux de l’habillement, dont Gap, Zara, H&M et Topshop, ont annoncé, mercredi 2 mai, avoir renoncé à se fournir en laine mohair, à la suite de la diffusion par l’ONG PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) d’une vidéo montrant des chèvres maltraitées, tournée, en Afrique du Sud.
L’organisation de défense du bien-être animal affirme que cette vidéo a été « réalisée par un témoin » et « contient des images tournées en janvier et février de cette année dans douze élevages différents » en Afrique du Sud, pays d’où provient plus de la moitié du mohair vendu dans le monde. Sur ces images, des chèvres angoras – dont la laine sert à faire des pulls, des écharpes ou des couvertures –, sont notamment traînées par les cornes et les pattes, soulevées par la queue et jetées au sol par les tondeurs. PETA a demandé l’ouverture d’une enquête aux autorités sud-africaines.
Des porte-parole des groupes H&M, Gap Inc. (Athleta, Banana Republic, Gap et Old Navy), Inditex (Zara, Pull & Bear, Massimo Dutti, Bershka, Stradivarius, Oysho, Zara home, Uterqüe) et Arcadia (Topshop, Topman, Burton Menswear, Dorothy Perkins, Evans, Miss Selfridge, Outfit Kids, Wallis), contactés par l’Agence France-presse (AFP), ont confirmé s’être engagés à bannir d’ici à 2020 la laine mohair.
« Aucun standard crédible »
Le groupe suédois H&M a toutefois précisé n’utiliser qu’une proportion infime de mohair dans ses collections (0,044 % des fibres utilisées), et pour son rival espagnol Inditex cette matière ne représente qu’« un petit nombre de produits ».
« Aucun standard crédible ne permet à ce jour une information transparente et contrôlable de la production de mohair », a affirmé un porte-parole de H&M à l’AFP, ajoutant que le groupe « continue ses recherches de fibres alternatives. »
« Inditex déplore les pratiques cruelles dans les fermes de mohair sud-africaines mises au jour par PETA », a déclaré le groupe espagnol, précisant toutefois n’avoir « en l’espèce pas de preuves de l’existence de faits semblables à ceux dénoncés par PETA dans les élevages auprès desquels s’approvisionnent [ses] fournisseurs. »
La question du bien-être animal a également conduit récemment une série de marques, telles que Gucci et Versace, à bannir la fourrure de leurs collections.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Alors que des négociations se déroulent à Bonn, l’ONG Oxfam publie, jeudi, un rapport sur « les vrais chiffres des financements ».
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Climat : les pays du Nord loin de leur promesse de mobiliser 100 milliards pour le Sud

Alors que des négociations se déroulent à Bonn, l’ONG Oxfam publie, jeudi, un rapport sur « les vrais chiffres des financements ».



Le Monde
 |    03.05.2018 à 01h19
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 11h33
    |

            Simon Roger (Bonn (Allemagne), envoyé spécial)








                        



   


A chaque nouvelle session de négociations sa trouvaille linguistique. Le terme était apparu lors de la conférence climat de novembre 2017 (COP23), il entre en force dans le vocabulaire de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la CCNUCC. Réunis à Bonn, en Allemagne, jusqu’au 10 mai, les délégués des 195 pays signataires de l’accord de Paris – destiné à contenir le réchauffement planétaire sous le seuil des 2 °C – devront dorénavant s’habituer au « dialogue Talanoa ».
L’expression forgée par les îles Fidji, qui supervisent les débats jusqu’en décembre, avant de passer le relais à la Pologne lors de la COP24, fait référence à l’approche polynésienne de la résolution des problèmes ; une manière « de partager nos histoires, dans un esprit d’empathie et de confiance », a tenté de résumer, mercredi 2 mai en séance plénière, l’ambassadeur fidjien Luke Daunivalu.
En attendant d’étrenner, dimanche 6 mai, ce nouveau format de discussion entre Etats et acteurs non étatiques, les quelque 4 000 accrédités du World Conference Center des bords du Rhin mettent à l’épreuve leur capacité d’écoute sur l’un des dossiers les plus crispants des négociations : les financements. Le rapport que publie, jeudi, l’ONG internationale Oxfam risque de faire chuter la cote de confiance que l’institution onusienne cherche à maintenir.
Intitulé « 2018 : les vrais chiffres des financements climat », le document passe en revue les données publiées par les pays bailleurs pour la période 2015-2016 et s’interroge sur le chemin qui reste à parcourir par les nations du Nord pour tenir leur engagement de mobiliser conjointement 100 milliards de dollars (83 milliards d’euros) par an, d’ici à 2020, en faveur des pays du Sud.
« Tendances préoccupantes »
Le rapport s’ouvre sur un chiffre qui devrait faire tousser quelques délégués siégeant à Bonn. Selon les estimations d’Oxfam, le montant total des financements climat publics déclarés par les bailleurs s’élève à 48 milliards de dollars par an. L’ONG pousse l’analyse plus loin et considère que seuls 16 à 21 milliards de dollars aident réellement les pays du Sud, puisqu’une grande partie des fonds engagés par le Nord financent des projets dont le climat n’est qu’un volet d’action.
Dans un précédent exercice de comptabilisation, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait estimé, en octobre 2016, que ces financements publics pourraient représenter 67 milliards de dollars en 2020, la part restante des 100 milliards étant comblée selon l’OCDE par des capitaux privés. Mais il s’agissait là d’une projection, basée sur les engagements annoncés par plusieurs pays riches en 2015, et pas d’une photographie à l’instant T.
En publiant cette synthèse en pleine session de travail de la CCNUCC, l’ONG veut mettre l’accent sur des « tendances très préoccupantes pour les pays et les populations les plus pauvres dans le monde », argumente Armelle Le Comte. La responsable climat et énergie d’Oxfam France s’inquiète notamment de la faible augmentation de l’aide publique accordée sous forme de subventions : entre 11 et 13 milliards de dollars en 2015-2016 (sur le total de 48 milliards), contre 10 milliards sur la période 2013-2014.
Elle déplore la part modique des sommes consacrées à l’adaptation au changement climatique, qui représentent seulement 20 % des financements publics, contre 19 % en 2013-2014 (les politiques d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre captent la majeure partie des fonds). Seuls 18 % des financements comptabilisés en 2015-2016 ont bénéficié aux quarante-huit pays les moins avancés (PMA), relève par ailleurs la responsable d’Oxfam.
Le rapport de l’ONG n’élude pas la disparité des informations transmises par les Etats, qui rend cet effort de chiffrage délicat. Tous les pays ne précisent pas la part bilatérale et multilatérale de leurs fonds publics, n’intègrent pas de la même manière les flux financiers privés et n’affichent pas les mêmes ratios entre les prêts et les dons. Les Etats-Unis, qui ne cachent pas leur hostilité à l’égard de l’accord de Paris, n’ont pas indiqué de leur côté les sommes dépensées en 2016.

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En fait, « il n’existe aucune définition des finances climat au sein de la CCNUCC, et cela ne changera pas, confie un fin connaisseur de la gouvernance climatique, le sujet est très compliqué techniquement et trop sensible politiquement ». Les négociateurs se veulent plus optimistes puisque l’accord de 2015 a ouvert la voie à deux groupes de travail : l’un sur les modalités de comptabilisation, l’autre sur la « prévisibilité » des financements des pays développés à destination de ceux du Sud.
Une occasion manquée
Ce deuxième point, qui avait paralysé les débats de la COP23, est pris très au sérieux à Bonn. « La prévisibilité est un enjeu crucial, analyse Lucile Dufour, du Réseau Action Climat. C’est ce qui doit permettre aux pays en développement de planifier leurs actions climatiques, c’est aussi une garantie de confiance entre le Nord et le Sud. » 
La question de la comptabilisation des financements relève du rule book, c’est-à-dire des règles de mise en œuvre de l’accord conclu fin 2015 à Paris, qui doivent être adoptées en décembre en Pologne à Katowice, ville hôte de la COP24. Ce mode d’emploi aborde de nombreux sujets, comme le contenu des contributions nationales pour réduire les émissions polluantes de chaque pays, les règles de transparence des informations communiquées par les parties ou encore les contours du bilan mondial auquel va s’astreindre la communauté internationale, tous les cinq ans, à partir de 2023.
Devant cette pile de dossiers qui s’amoncellent sur la table des négociations, le secrétariat de la CCNUCC envisage d’ajouter une session de travail supplémentaire, début septembre, à Bangkok. Cofacilitateur du groupe sur la comptabilisation des financements climat, l’ambassadeur malien Seyni Nafo esquisse un calendrier : « Nous avons beaucoup de notes informelles, il faut désormais préparer un texte clair pour Bangkok, qui rendra possibles les arbitrages au moment de la COP24. » 
D’autres étapes vont jalonner cette année. Les nations industrialisées sont invitées (sur une base volontaire) à transmettre d’ici à septembre à la Convention-cadre la feuille de route de leurs financements climat jusqu’en 2020. Un exercice auquel pourrait se plier la France.
Les pays du Nord vont ouvrir, fin 2018, le chantier de la recapitalisation du Fonds vert pour le climat, dont le premier cycle (2015-2018) arrive à échéance. Ils devront compter sans les Etats-Unis, Donald Trump ayant décidé de bloquer 2 milliards de dollars promis au fonds par son prédécesseur Barack Obama.

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La promesse des 100 milliards de dollars est elle aussi une occasion manquée, estime Seyni Nafo. « C’est un minimum qui n’existe pas aujourd’hui, commente le porte-parole du groupe Afrique au sein de la CCNUCC, et on a fait l’erreur d’annoncer des engagements avant de se mettre d’accord sur des règles ! » A l’horizon 2050, le coût du changement climatique pour les pays en développement devrait dépasser les 1 000 milliards de dollars par an, même avec une hausse de la température moyenne inférieure à 2 °C, avancent les experts d’Oxfam.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Pour tenter de contrer la sécheresse, l’Etat a décidé un moratoire sur l’abattage des arbres. Depuis, les familles pauvres sont contraintes d’utiliser du kérosène, néfaste pour la santé.
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Au Kenya, la protection des forêts fait grimper le prix du charbon de bois

Pour tenter de contrer la sécheresse, l’Etat a décidé un moratoire sur l’abattage des arbres. Depuis, les familles pauvres sont contraintes d’utiliser du kérosène, néfaste pour la santé.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 10h21
    |

                            Marion Douet (Nairobi, correspondance)








                        



                                


                            

Il y a quelques semaines encore, les sacs de charbon de bois s’entassaient du sol au plafond dans la boutique de Pius Mweu Kyule. Mais depuis un mois le combustible se fait rare dans sa petite échoppe ouverte sur la rue du bidonville de Kibera à Nairobi, la capitale du Kenya. « On en trouvait facilement auprès des grossistes dans tout le pays, toute l’année, mais maintenant il n’y a plus beaucoup de produit, ce charbon que vous voyez là j’ai dû l’importer du Soudan », relate avec amertume le revendeur en costume de mécanicien – combinaison bleu nuit et casquette assortie.
A l’origine de cette raréfaction du charbon de bois : une décision du gouvernement prise fin février. « J’ordonne aujourd’hui que l’on arrête de couper les arbres dans toutes les forêts gérées par l’Etat et par les communautés pour les trois mois à venir », a annoncé le vice-président William Ruto, précisant que cette période permettrait de refonder la politique nationale en la matière. Une décision que le n° 2 de l’Etat a justifié par l’urgence de protéger l’environnement : « Le mauvais usage de nos forêts ne peut plus continuer. La disponibilité de l’eau et la sécurité alimentaire dans le pays sont menacées. »
Et pour cause : environ 3,4 millions de Kényans sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire selon l’Unicef. Un fléau que l’exécutif, réélu en octobre dernier, a désigné comme l’un des quatre combats prioritaires de son mandat. L’eau manque dans de nombreux comtés, à commencer par la capitale qui ne parvient plus à étancher la soif de ses 4 millions d’habitants.
Plus que 7 % de couverture forestière
Autant de conséquences des vagues de sécheresse subies par le Kenya ces dernières années, notamment en 2016 et 2017. Parmi les responsables désignés de ce désastre climatique : la déforestation, souvent illégale, qui met à mal les écosystèmes. En raison de l’accroissement démographique, de l’extension des cultures, mais aussi de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Selon un bilan publié mercredi par l’Organisation mondiale de la santé, neuf habitants sur dix respirent quotidiennement un air trop chargé en particules fines
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La pollution de l’air tue 7 millions de personnes par an dans le monde, alerte l’OMS

Selon un bilan publié mercredi par l’Organisation mondiale de la santé, neuf habitants sur dix respirent quotidiennement un air trop chargé en particules fines



Le Monde
 |    02.05.2018 à 00h00
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 10h06
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


La pollution de l’air ne fait pas seulement tousser. Elle tue. En masse. Chaque année, 7 millions de personnes meurent dans le monde parce qu’elles respirent un air trop chargé en particules fines. Tel est le dernier bilan macabre publié mercredi 2 mai par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui sonne l’alerte. C’est davantage que les morts cumulés du sida (1,1 million), de la tuberculose (1,4 million), du diabète (1,6 million) et des accidents de la route (1,3 million).
Aussi, l’OMS reconnaît désormais la pollution de l’air comme un « facteur de risque majeur » des maladies non transmissibles considérées comme étant à l’origine de 70 % des décès dans le monde. Selon les estimations de l’institution onusienne, ce risque serait, chez les adultes, en cause dans 29 % des morts par cancer du poumon, 25 % par accident vasculaire cérébral (AVC), 24 % par infarctus et 43 % des maladies pulmonaires chroniques obstructives (broncho-pneumopathies, asthme…).
Et ce risque s’accroît. L’estimation globale de 7 millions de morts est en légère hausse. Le dernier bilan, de 2016, faisait état de 6,5 millions de décès. Cette augmentation s’explique par une explosion de la mortalité due à la pollution de l’air extérieur (4,2 millions contre 3 millions en 2016). Les décès imputables à la pollution de l’air intérieur, eux, régressent de 4,3 millions à 3,8 millions.
Les régions les plus affectées sont l’Asie du Sud-Est (dont l’Inde) et le Pacifique occidental (incluant la Chine) avec plus de 2 millions de décès chacune
Un autre chiffre, tout aussi impressionnant, donne la mesure du péril. Selon les dernières données compilées par l’OMS, neuf personnes sur dix (91 % de la population mondiale) sont exposées quotidiennement à un air contenant de « hauts niveaux de polluants ». L’organisation recommande la limite annuelle de 10 µg/m³ en particules fines PM2,5 (de diamètre inférieur à 2,5 micromètres).

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« A l’instar de New Delhi, Pékin, Shanghaï, Lima ou Mexico, de nombreuses mégalopoles du monde entier dépassent plus de cinq fois ce seuil, alerte Maria Neira, la directrice du département de santé publique de l’OMS. Cela représente un risque majeur pour la santé des populations. »
Ce risque est inégalement réparti. Les régions les plus affectées sont l’Asie du Sud-Est (dont l’Inde) et le Pacifique occidental (incluant la Chine), avec plus de 2 millions de décès chacune. L’Afrique totalise près de 1 million de victimes. Les pays de l’arc méditerranéen oriental concentrent autant de morts que l’ensemble du continent européen : environ 500 000. Les Amériques s’en sortent le moins mal, avec tout de même plus de 300 000 morts par an.
Dans ce panorama aussi alarmant que détaillé, l’OMS note que les premières victimes sont sans surprise les enfants. La pneumonie est la principale cause de mortalité chez les moins de 5 ans. L’institution insiste aussi sur la vulnérabilité des femmes qui, dans les pays en développement, cuisinent encore avec des équipements d’un autre âge, comme des fours à charbon.

   


Les efforts de la Chine
« La pollution de l’air menace chacun d’entre nous mais ce sont les plus pauvres et les plus marginalisés qui paient le plus lourd tribut, déclare le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Il est inacceptable que plus de 3 milliards de personnes – la plupart sont des femmes et des enfants – continuent à respirer des fumées mortelles tous les jours en utilisant des poêles et des combustibles polluants dans leurs maisons. » Pour le patron de l’organisation, « si nous ne prenons pas des mesures urgentes contre la pollution de l’air, nous ne parviendrons jamais à atteindre le développement durable ».

   


Les données compilées par l’OMS sont les plus complètes jamais publiées par l’institution sur la qualité de l’air. Elles se fondent sur les résultats des mesures effectuées dans plus de 4 300 villes de 108 pays, soit 1 000 villes de plus que lors du dernier bilan de 2016. Avec un « sérieux manque de données » pour le continent africain, où seuls 8 des 47 pays surveillent les niveaux de particules fines.
Malgré ce vaste tableau catastrophique, le directeur de l’OMS se félicite que « des leadeurs politiques, à tous les niveaux, et notamment des maires, commencent à prendre le sujet au sérieux et à agir ». L’organisation salue les efforts de la Chine – le gouvernement a décrété cet hiver la fin du chauffage au charbon – ou d’une ville comme Mexico qui, sur le modèle de Paris, a annoncé l’interdiction des véhicules diesel dans ses rues d’ici à 2025.

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En Europe, après dix ans d’avertissements sans frais, la Commission semble enfin décidée à mettre la pression sur les Etats qui ne respectent pas sa directive de 2008 sur la qualité de l’air et qui dépassent régulièrement les valeurs limites en PM10 (de diamètre inférieur à 10 µm) et dioxyde d’azote (NO2).
Prendre la mesure de l’urgence
Pour la première fois, le commissaire à l’environnement, Karmenu Vella, avait convoqué fin janvier les ministres de l’écologie de neuf pays (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Hongrie, Roumanie, République tchèque et Slovénie) pour les presser de prendre rapidement des mesures capables de mieux protéger leurs citoyens. Faute de réponses adéquates, Bruxelles devrait bientôt mettre sa menace à exécution en renvoyant certains de ses Etats cancres devant la Cour de justice de l’Union européenne. Maintes fois reportée, la sanction est attendue avant la fin mai.
Mais d’autres régions du monde n’ont pas encore pris la mesure de l’urgence. A commencer par l’Inde. Alors que New Delhi a encore connu en novembre 2017 des pics de pollution culminant à 1 000 µg/m³, le ministre de l’environnement continuait à nier la réalité de leurs effets sanitaires (plus de 1 million de morts par an à l’échelle du pays) et se contentait de réclamer des masques à l’OMS plutôt que de s’attaquer aux sources du problème, comme l’incinération des résidus agricoles.
Pour convaincre un maximum de pays de déclarer la guerre à ce « tueur invisible », l’OMS organisera à Genève, du 30 octobre au 1er novembre, la première conférence mondiale sur la pollution de l’air et la santé.



                            


                        

                        

