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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.
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Vivendi voit le contrôle de Telecom Italia lui échapper

Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h09
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


La campagne d’Italie s’est transformée en défaite en rase campagne pour Vincent Bolloré et Vivendi, dont il est premier actionnaire. Le groupe de médias français a perdu, vendredi 4 mai, la majorité au conseil d’administration de Telecom Italia (TIM), dont il possède 24 % du capital. A l’issue d’une assemblée générale exceptionnelle des actionnaires, le fonds spéculatif américain Elliott, avec 9 % du capital, a fait élire 10 des 15 administrateurs, l’emportant avec 49,84 % des voix contre 47,18 % en faveur de Vivendi.

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Choisis par Elliott, dix administrateurs italiens indépendants – parmi lesquels Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel – font leur entrée au conseil, tandis que Vivendi conserve cinq représentants. Ainsi, Amos Genish, qui est également le patron de TIM, et Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi continuent de siéger au conseil. En revanche, le groupe de médias a dû renoncer à d’autres candidats de poids, à commencer par Franco Bernabe , ex-administrateur délégué de TIM, Frédéric Crépin, secrétaire général de Vivendi, et Stéphane Roussel, le directeur général chargé des opérations, pour ne conserver que trois autres administrateurs indépendants.
Campagne de déstabilisation
« Elliott accueille positivement le pas effectué par Telecom Italia en matière de gouvernance », a expliqué le fonds, qui a basé toute sa campagne de déstabilisation de Vivendi sur le fait que le groupe de médias français favorisait davantage ses intérêts que ceux de l’ensemble des actionnaires. De son côté, Vivendi a averti qu’il s’assurerait que les administrateurs d’Elliott veillent au respect du plan stratégique conduit par Amos Genish et évitent « le démantèlement ».

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Si Elliott dit « soutenir entièrement Amos Genish et son management, et être aligné sur son plan », des dissensions pourraient rapidement apparaître. Ainsi, le fonds a également appelé le nouveau conseil à réexaminer certaines orientations qu’il avait proposées, à commencer par « des alternatives stratégiques sur le Netco [le réseau télécoms fixe] ». Elliott souhaitait en effet s’en séparer afin de désendetter l’entreprise, tandis qu’Amos Genish voulait le garder, considérant qu’il s’agissait là d’un actif stratégique.



                            


                        

                        


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Electricité : la rapporteuse publique du Conseil d’Etat pour l’annulation d’un tarif réglementé

Cette préconisation pourrait signifier la disparition future de ces tarifs appliqués à des millions de clients d’EDF.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 18h08
   





                        



   


La rapporteuse publique du Conseil d’Etat Emilie Bokdam-Tognetti a préconisé, vendredi 4 mai, l’annulation d’une décision fixant un tarif réglementé de vente d’électricité, qui pourrait signifier la disparition future de ces tarifs appliqués à des millions de clients d’EDF.
La haute juridiction administrative avait été saisie par le groupe Engie (ancien GDF Suez) et par l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode), qui regroupe des opérateurs alternatifs. Ils demandaient l’annulation d’une décision du 27 juillet 2017 par laquelle le gouvernement avait fixé le niveau des tarifs réglementés de vente (TRV) d’électricité.
« Si vous nous suivez, vous annulerez cette décision », a déclaré la rapporteuse publique en rendant ses conclusions. Le dispositif n’est « pas compatible » avec le droit européen, et « les requérants sont fondés à se prévaloir de cette incompatibilité », a estimé Mme Bokdam-Tognetti.

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Décision en délibéré
La décision a été mise en délibéré et devrait être rendue publique d’ici à quelques semaines. Les conclusions du rapporteur public sont généralement suivies. Si tel était effectivement le cas, cela mettrait en cause l’existence des tarifs réglementés de vente de l’électricité appliqués par EDF à plus de 27 millions de consommateurs en France.
« EDF rappelle que le Conseil d’Etat, après avoir délibéré, rendra sa décision dans le courant du mois de mai. EDF ne souhaite faire aucun commentaire supplémentaire à ce stade de la procédure », a fait savoir le groupe dans une déclaration.

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Le Conseil d’Etat avait déjà jugé l’an dernier que les tarifs réglementés du gaz, appliqués par Engie à des millions de foyers, étaient contraires au droit européen. Le gouvernement envisage leur fin progressive, avec leur extinction à l’horizon 2023 pour les particuliers. Cette disposition pourrait être contenue dans le projet de loi pour un plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (Pacte).

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Long de 144 mètres et large de 30 mètres, l’« Akademik Lomonosov », projet du géant russe Rosatom, est destiné à produire de l’électricité et de la chaleur grâce à ses deux réacteurs de 35 mégawatts chacun.
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La première centrale nucléaire flottante du monde en route pour la Sibérie

Long de 144 mètres et large de 30 mètres, l’« Akademik Lomonosov », projet du géant russe Rosatom, est destiné à produire de l’électricité et de la chaleur grâce à ses deux réacteurs de 35 mégawatts chacun.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h57
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


L’Akademik Lomonosov est enfin prêt à prendre la mer. Avec deux ans de retard, ce monstre marin de 144 mètres de long et 30 mètres de large est la première centrale nucléaire flottante au monde, destinée à produire de l’électricité et de la chaleur grâce à ses deux réacteurs de 35 mégawatts chacun. Cette réalisation titanesque du géant nucléaire russe Rosatom a quitté Saint-Pétersbourg le 28 avril et doit être remorquée dans un premier temps jusqu’en Sibérie orientale, à Mourmansk, la centrale ne disposant pas de propulsion autonome.
Là, le combustible nucléaire y sera chargé pour un nouveau remorquage jusqu’à son port d’attache, à Pevek, à plus de 5 000 km au nord-est de Moscou. Le démarrage est prévu dans le courant de l’année 2019. « Une fois connectée au réseau, l’Akademik Lomonosov deviendra l’installation nucléaire la plus septentrionale du monde », se réjouit Rosatom.

Elle a vocation à se substituer à une centrale au charbon et à une centrale nucléaire construites dans la région dans les années 1960 et 1970. Son exploitation devrait durer au moins quarante ans.
Craintes des associations écologistes
Ses réacteurs nucléaires sont beaucoup moins puissants que ceux construits à terre, qui peuvent aller de 900 à 1 600 mégawatts. Mais cette centrale flottante peut produire l’électricité et la chaleur nécessaires à une ville de 100 000 habitants, explique le groupe russe. La plus grande partie de l’électricité produite devrait surtout servir à l’industrie, pour extraire et transformer des hydrocarbures.
« Cette centrale déplace le risque de catastrophe nucléaire dans les eaux fragiles de l’Arctique », dénonce Jan Haverkamp, un expert nucléaire de Greenpeace, dans un communiqué. L’association écologiste a réquisitionné un bateau qui escorte l’Akademik Lomonosov sur une partie de son trajet et s’inquiète des risques, notamment en cas de tsunami : « Avec son fond plat et son absence de système de propulsion, c’est comme si on jetait une centrale nucléaire sur une palette en bois pour dériver dans les eaux les plus difficiles du monde. »
Malgré les craintes des associations écologistes, Rosatom assure qu’elle respecte des normes de sécurité extrêmes, qui devraient lui permettre de faire face aux aléas climatiques de la région.
L’entreprise russe espère surtout que ce prototype sera le début d’une longue série, qui lui permettra de porter l’industrie nucléaire dans des zones où il est très coûteux de s’installer. D’autres projets du même type sont à l’étude en Chine – qui espère avoir une centrale flottante pour 2022 – ou aux Etats-Unis. En France, ce type d’option a été un temps envisagé, mais la filière nucléaire française a toujours été plutôt réticente à l’idée de se lancer dans des petits réacteurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le groupe français reste l’actionnaire principal de l’opérateur mais se trouve en minorité au sein du conseil d’administration.
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Vivendi perd le contrôle de Telecom Italia

Le groupe français reste l’actionnaire principal de l’opérateur mais se trouve en minorité au sein du conseil d’administration.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h17
   





                        



   


Le groupe français Vivendi a essuyé un sérieux revers vendredi 4 mai en perdant le contrôle du conseil d’administration (CA) de Telecom Italia (Tim) au profit du fonds américain Elliott.
Parmi les actionnaires votants, 49,84 % se sont prononcés pour le fonds activiste et 47,18 % pour le groupe de Vincent Bolloré, principal actionnaire de Tim avec 23,94 % du capital. Elliott détiendra donc dix sièges sur les quinze du CA, et Vivendi cinq. Interrogé après le vote, le groupe français a dit être engagé sur le long terme dans l’opérateur et souligné qu’il veillerait à empêcher son éventuel « démantèlement ».
« Nous avons cinq sièges au conseil, nous sommes l’actionnaire principal. Nous continuerons à soutenir la stratégie [du directeur général] Amos Genish, qui a été votée à l’unanimité par le conseil, a déclaré le directeur de la communication de Vivendi, Simon Gillham. Nous serons très vigilants sur le fait qu’il n’y ait pas d’autre stratégie, de démantèlement ou autre. » Interrogé sur une éventuelle baisse de sa participation, il a déclaré : « Nous sommes un actionnaire à long terme. »

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La Caisse italienne des dépôts, favorable à Elliott
Lors de cette assemblée générale réunie à Rozzano, en banlieue de Milan (nord), 67,15 % du capital était représenté. Les influentes sociétés de conseil Glass Lewis, ISS et Frontis avaient recommandé de voter pour Elliott, qui détient quelque 9 % de Tim.
La Caisse italienne des dépôts – entrée en avril au capital dans le cadre de son soutien aux « infrastructures stratégiques nationales » et qui en possède désormais 4,78 % – s’est aussi rangée du côté du fonds activiste, une alliance qui peut sembler incongrue vu de l’étranger.
Mais le gouvernement italien a régulièrement condamné l’attitude de Vivendi, et les tensions ont été à plusieurs reprises extrêmement vives entre Rome et le groupe français, même si ce dernier a cherché à apaiser la situation ces derniers mois.
« Vivendi a été un très mauvais actionnaire », avait déclaré en avril le ministre du développement économique Carlo Calenda. « Je suis favorable aux investissements étrangers, mais cela ne veut pas dire rester inerte quand ils [veulent] détruire la valeur plutôt que la créer », avait-il à l’adresse du groupe français, qui s’est aussi mis à dos de l’autre côté de l’échiquier politique les Berlusconi, en raison d’un contentieux autour de Mediaset.
Incertitude sur le poste de directeur général
« Ce n’est pas une victoire conduite par le marché. La CDP contrôlée par le gouvernement a fait la différence en votant pour un fonds, au lieu d’un actionnaire industriel sur le long terme », a déploré Simon Gillham.
La plupart des petits actionnaires, Assogestioni, qui regroupe des fonds italiens, et le grand gestionnaire américain Blackrock ont également soutenu Elliott. Le fonds dénonçait la « mauvaise gestion » du groupe français et estimait nécessaire un CA « indépendant » pour « améliorer la gouvernance et la performance de Tim ».
Entrent au conseil ses dix candidats, des personnalités connues du monde italien des affaires, dont Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia et ex-directeur général de la télévision publique Rai, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel, qui sera le nouveau président de Tim.
L’incertitude demeure en revanche sur qui assumera le poste de directeur général, même si les déclarations de Vivendi laissent entendre qu’Amos Genish pourrait rester en poste. Elliott, qui avait soutenu l’élection au CA d’Amos Genish, désigné avec quasi 98 % des voix le 24 avril, a souhaité qu’il poursuive son mandat. Très apprécié des marchés, qui saluent l’amélioration des résultats de Tim ces derniers mois, M. Genish menait la liste remaniée de Vivendi et avait mis son poids dans la balance, en jugeant sa position « intenable » en cas d’échec de Vivendi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Huit mois après la reprise du sous-traitant automobile creusois, ils sont 97, sur les 157 ouvriers licenciés, à n’avoir aucune perspective d’emploi. Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, avait pourtant promis que « pas un seul salarié ne serait laissé sur le bord du chemin ».
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La dure vie d’après des anciens salariés de GM&S

Huit mois après la reprise du sous-traitant automobile creusois, ils sont 97, sur les 157 ouvriers licenciés, à n’avoir aucune perspective d’emploi. Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, avait pourtant promis que « pas un seul salarié ne serait laissé sur le bord du chemin ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h13
    |

            Charlotte Chabas (La Souterraine (Creuse), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les récompenses, ce n’était « pas son truc ». « Que des breloques », jugeait Jean-Yves Delage, 50 ans. Et puis, ça a commencé à « sentir le roussi » pour les 279 salariés de GM&S Industry, à La Souterraine (Creuse). Alors, il a fini par la demander, sa médaille du travail. Il y a dix jours, sous un soleil de plomb, son chef d’équipe, Bernard, lui a épinglé la petite plaque d’argent, rehaussée d’un ruban tricolore. Ou plutôt, son ex-chef d’équipe. Car, le 11 septembre 2017, M. Delage a reçu, comme 156 de ses collègues, sa lettre de licenciement.
Plus de sept mois après la reprise du sous-traitant automobile par l’emboutisseur GMD, ils étaient une trentaine de GM&S à être célébrés, ce matin-là. Il y avait même une « grand or » : Nadine Aucharles, 58 ans, licenciée après « quarante ans, onze mois et dix-huit jours » dans l’entreprise. « Forcément, il y a de l’amertume. On célèbre une carrière qu’on nous a volée », reprend Jean-Yves Delage, qui a passé dix-sept ans comme ­conducteur de ligne aux presses. « Mais ça fait toujours du bien de se retrouver entre nous », dit celui qui a fait 200 kilomètres pour rejoindre ses anciens collègues.
Ce grand brun aux lunettes fumées a mis sa maison en vente à l’été. C’est une famille de la région parisienne qui l’a achetée, après « une négociation rapide ». « Il fallait pas rêver. » En septembre, sa femme a obtenu une mutation en Charente. « On se disait que ça pouvait être l’occasion d’un nouveau départ, car les familles ont trinqué. » Et d’obtenir plus « d’opportunités professionnelles, aussi », reconnaît l’ancien ouvrier, qui garde en travers de la gorge la réplique d’Emmanuel Macron à l’intention des GM&S.

En déplacement en Corrèze, le président avait dit à « ceux qui foutent le bordel » qu’ils « feraient mieux » d’aller travailler à l’usine Constellium d’Ussel, à 140 kilomètres de La Souterraine....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Si les neuf prétendants ont vu leur candidature retenue, deux ont déjà renoncé à se présenter. Les 560 membres de l’assemblée générale du Medef voteront le 3 juillet.
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Medef : la campagne pour la succession de Pierre Gattaz est ouverte

Si les neuf prétendants ont vu leur candidature retenue, deux ont déjà renoncé à se présenter. Les 560 membres de l’assemblée générale du Medef voteront le 3 juillet.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h01
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h05
   





                        



   


La course à la présidence du Mouvement des entreprises de France (Medef) a été officiellement ouverte vendredi 4 mai avec la validation des candidatures pour succéder, à partir du 3 juillet, à Pierre Gattaz.
Les neuf candidats, qui avaient jusqu’à jeudi pour déposer leur candidature, ont tous réussi à obtenir leurs cinquante parrainages de membres de l’assemblée générale du Medef. Sans surprise, sachant que ces derniers sont autorisés à donner leur signature à plusieurs prétendants.
La course ne se disputera toutefois qu’entre sept personnes, Pierre Brajeux, patron du Medef des Hauts-de-Seine, et Fabrice Le Saché, fondateur d’Aera Group, ayant annoncé qu’ils se rallieraient au président du Medef d’Auvergne-Rhône-Alpes, Patrick Martin, une fois passée l’étape du comité statutaire.

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Une femme pour six hommes
Parmi les sept candidats ne figure qu’une seule femme, Dominique Carlac’h, ancienne spécialiste du 400 mètres, à la tête depuis vingt-cinq ans d’une société de conseil.
Geoffroy Roux de Bézieux, 55 ans, à la tête du groupe Notus Technologies et vice-président de l’organisation patronale chargé du pôle économie, se présente pour la deuxième fois à la présidence du mouvement. Il est l’un des favoris pour l’élection, avec Alexandre Saubot, ancien vice-président du Medef chargé du pôle social et patron du groupe industriel familial Haulotte.
Frédéric Motte, originaire du nord de la France, est lui aussi vice-président du Medef, chargé du pôle branches, mandats et territoires. Jean-Charles Simon est quant à lui un ancien directeur général du Medef et un ancien cadre de l’Association française des entreprises privées, qui regroupe les plus grands groupes français. Enfin, Olivier Klotz est le président du Medef en Alsace.
Election en juillet
Au-delà des thèmes qui font consensus, telle la sempiternelle baisse des cotisations pour les entreprises, les prétendants partagent pour beaucoup une volonté plus surprenante, celle de réduire, voire de mettre fin au paritarisme, principe de cogestion de certaines instances par les organisations syndicales et patronales.
Les candidats seront auditionnés le 28 mai par le comité exécutif, qui rendra son avis le 11 juin. La décision finale reviendra cependant à quelque 560 membres de l’assemblée générale du Medef, qui voteront le 3 juillet.
Le candidat qui obtient la majorité absolue est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable, à condition que les deux tiers des membres votants aient pris part au scrutin. Si aucun candidat ne l’obtient, un second tour est organisé.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Si le gouvernement voulait vraiment rendre vertueux le secteur des jeux de loterie, il pourrait laisser de nouveaux acteurs proposer la formule de l’épargne-loterie, plaide dans une tribune au « Monde » Florent Aubert, coordinateur de Students for Liberty France.
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Française des jeux : « Ne substituons pas un monopole privé à un monopole public »

Si le gouvernement voulait vraiment rendre vertueux le secteur des jeux de loterie, il pourrait laisser de nouveaux acteurs proposer la formule de l’épargne-loterie, plaide dans une tribune au « Monde » Florent Aubert, coordinateur de Students for Liberty France.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h22
    |

Florent Aubert (Coordinateur du mouvement de défense des idées libérales « Students for Liberty » en France)







                        



                                


                            

Tribune. Alors qu’il est actuellement question de privatiser – partiellement – la Française des jeux (FDJ), le gouvernement ne semble pas avoir l’intention de remettre en cause son monopole. Or, celui-ci s’exerce notamment au détriment des populations à faible revenu, les plus touchées par l’addiction au jeu.
L’Etat a un rôle ambigu dans le secteur des jeux d’argent : bénéficiaire direct du monopole, il est à la fois juge et partie. Il se targue de vouloir prévenir les risques liés à l’addiction, mais il bénéficie d’autant plus de ressources financières qu’il y a de joueurs.
Au total, entre prélèvements sur les mises des parieurs, impôts sur les sociétés et dividendes versés via sa participation dans la FDJ, l’Etat perçoit plus de 3 milliards d’euros chaque année. L’entreprise publique va jusqu’à puiser dans ses réserves pour continuer à verser de généreux dividendes même lorsqu’elle fait des pertes.

Plus dérangeant encore, un certain nombre de petits actionnaires (à hauteur de 23 %, l’Etat détenant 72 % de la FDJ et ses salariés 5 %), devenus propriétaires au gré de l’histoire mouvementée de l’entreprise publique, jouissent également de cette manne colossale. L’amiral Henri Lacaille, président d’une association d’anciens combattants, ne rappelait-il pas que la Française des jeux [offre] « le meilleur rendement sur la place de Paris, plus juteux que tout ce qu’on trouve ailleurs » ? N’est-il pas problématique qu’un petit groupe de particuliers (qui rapetisse d’année en année, les anciens combattants n’étant pas immortels…) profite des largesses immenses d’un monopole public au détriment des joueurs, qui ne peuvent se tourner vers aucun autre système moins pernicieux ?
Concept surprenant
Pourtant, il existe une voie que personne ne semble connaître en France, étant donné le silence général (délibéré ?) sur le sujet. En novembre 2017, le Texas est devenu le 26e Etat américain à autoriser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ La concertation avec les élus devrait commencer fin mai, avant une phase de consultation du public à partir de septembre.
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Le gouvernement lance une concertation publique sur l’aménagement de l’actuel aéroport de Nantes

La concertation avec les élus devrait commencer fin mai, avant une phase de consultation du public à partir de septembre.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h48
   





                        



   


La ministre des transports, Elisabeth Borne, a annoncé, vendredi 4 mai, une concertation publique à partir de septembre sur le réaménagement de l’aéroport de Nantes-Atlantique. L’objectif : réaménager ce dernier, situé au sud-ouest de la ville, pour pouvoir répondre « aux besoins du Grand Ouest », après l’abandon, il y a trois mois, du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes.
Nantes-Atlantique, qui a franchi à l’automne le cap des 5 millions de passagers annuels, devrait en effet en accueillir 9 millions à l’horizon de l’année 2040. Des besoins qui seront évalués lors d’une concertation avec les élus « à partir de la deuxième quinzaine de mai ». « Ensuite, on aura une phase de consultation du public sur le projet qui pourra démarrer à la rentrée » de septembre, a ajouté la ministre lors d’un point de presse en préfecture.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement ménage le suspense



Le rôle de Vinci en question
La ministre des transports recevait vendredi les représentants des collectivités des Pays de la Loire, dont les maires des communes voisines de l’aéroport, pour aborder les enjeux de la protection des populations et des mobilités du Grand Ouest. Elle doit ensuite rencontrer à Rennes les élus de Bretagne.
Une décision sur une éventuelle résiliation du contrat entre l’Etat et le groupe de BTP Vinci, concessionnaire de l’aéroport de Nantes et qui devait construire et exploiter celui de Notre-Dame-des-Landes, « sera annoncée le moment venu », a également dit la ministre.
« On cherche la meilleure forme juridique, la plus robuste, la plus respectueuse des intérêts de l’Etat », a-t-elle ajouté. En attendant les aménagements les plus importants, « le concessionnaire a des travaux à faire à court terme » pour mieux accueillir les passagers.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Eric Blanchet, directeur de Ladapt, estime que le gouvernement ne peut prôner « en même temps » une vision inclusive de la société et demander d’économiser les moyens financiers et humains dans le domaine de la santé.
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« Il faut donner les moyens de remplir leurs missions à ceux qui luttent contre toutes les formes d’exclusion »

Dans une tribune au « Monde », Eric Blanchet, directeur de Ladapt, estime que le gouvernement ne peut prôner « en même temps » une vision inclusive de la société et demander d’économiser les moyens financiers et humains dans le domaine de la santé.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
    |

Eric Blanchet (Directeur général de Ladapt, association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées.)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis le début de l’année, les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et des hôpitaux sont mobilisés pour protester contre leurs conditions de travail de plus en plus difficiles, qui engendrent une dégradation de la qualité de l’accueil et des soins dispensés. Le face-à-face tendu entre le président de la République et des soignants du CHU de Rouen, le 5 avril, symbolise l’incompréhension entre un personnel réclamant des moyens humains et financiers, et un gouvernement lui opposant une logique gestionnaire de réduction de la dette. Or c’est cette logique de la performance, à travers une gestion déconnectée des besoins sanitaires et sociaux, qui a conduit à une telle situation.
avec le changement climatique ou la crise des réfugiés, l’europe doit faire face à des enjeux qui ne se solderont pas avec de simples indicateurs financiers
Pour beaucoup de nos concitoyens, la notion de performance se résume à la réussite économique. En existant uniquement à travers une union économique et monétaire, l’Europe favorise cette perception limitée de la performance. Or, avec le changement climatique ou la crise des réfugiés, elle doit faire face à des enjeux qui ne se solderont pas avec de simples indicateurs financiers. C’est pourquoi toute performance devrait être évaluée au regard d’un projet commun de vivre ensemble.
Que signifie en effet « performance » pour une association d’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées, par rapport, par exemple, à un constructeur automobile ou une banque ? Il est évident que le critère quantitatif compte plus pour les seconds que pour la première, dont la performance dépend avant tout de la qualité des services rendus par ses acteurs pour améliorer les conditions de vie des personnes qu’elle aide. Dès lors, parler « des » performances, au pluriel et d’un point de vue collectif, apparaît comme un bon moyen de sortir du prisme restrictif...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, des acteurs de l’aide sociale, parmi lesquels Louis Gallois, Véronique Fayet et Laurent Desmard, regrettent que le gouvernement laisse les associations spectatrices de décisions prises en amont ou ailleurs.
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« Changer la société ne se décrète pas d’en haut, sans le public ­concerné et sans les corps intermédiaires »

Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, des acteurs de l’aide sociale, parmi lesquels Louis Gallois, Véronique Fayet et Laurent Desmard, regrettent que le gouvernement laisse les associations spectatrices de décisions prises en amont ou ailleurs.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 15h16
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Le secteur associatif a le sentiment de ne plus être reconnu comme un ­interlocuteur naturel du gouvernement dans l’élaboration des politiques publiques. Les phases de concertation sont réduites à leur plus simple expression, lorsqu’elles ne sont pas simplement supprimées. Elles portent au mieux sur la mise en œuvre des décisions, mais très rarement sur leur préparation et leurs impacts.
La diminution des aides personnalisées au logement (APL), la réduction drastique du nombre d’emplois aidés, l’intensification du contrôle des migrants, la réduction des crédits, le projet de loi logement… la liste est longue des ­sujets sur lesquels les associations n’ont pas été écoutées par les pouvoirs publics avant que soient prises des décisions majeures.
Le gouvernement se prive de l’expertise de ceux qui sont au plus près des populations concernées
C’est un signal négatif pour les associations, dont l’avis ne semble pas intéresser les pouvoirs publics. C’est aussi une perte d’efficacité car le gouvernement se prive de l’expertise de ceux qui sont au plus près des ­populations concernées. Les associations n’ont pas le monopole de la vérité, mais elles ont leur part de vérité. Changer la société ne se décrète pas d’en haut, sans le public ­concerné et sans les corps intermédiaires.
Dans le secteur de la lutte contre l’exclusion, un exemple illustre notre propos : la circulaire du 12 décembre 2017, qui impose la visite des services de l’Office français de l’immigration et de l’intégration et des préfectures dans les centres d’hébergement pour vérifier le statut juridique des ­migrants. Ce texte remet en cause plusieurs droits essentiels et se révèle d’une application pour le moins chaotique.
Les associations ont déposé un référé devant le conseil d’Etat. Celui-ci a rejeté la demande d’annulation de la circulaire mais en a fait une interprétation qui donne raison aux associations sur plusieurs points décisifs. Le Défenseur des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Deux députés français et allemand, Rüdiger Kruse et Franck Riester, proposent dans une tribune au « Monde » d’unifier le code des affaires des deux pays, afin d’incarner le projet européen dans une réalisation concrète et créatrice de richesses.
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« Rendre le droit européen des affaires plus lisible et accessible »

Deux députés français et allemand, Rüdiger Kruse et Franck Riester, proposent dans une tribune au « Monde » d’unifier le code des affaires des deux pays, afin d’incarner le projet européen dans une réalisation concrète et créatrice de richesses.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
    |

Rüdiger Kruse (Député (CDU) de Hambourg au Bundestag) et Franck Riester (Député (Agir) de Seine-et-Marne, coprésident du groupe « UDI, Agir et indé...







                        



                                


                            
Tribune. Tous les Européens convaincus en ont conscience, l’immobilisme n’est plus une option. Pour remettre l’Europe en capacité d’agir, il est nécessaire que la France et l’Allemagne se décident à définir un projet commun.
En matière économique, la réforme de la zone euro est un chantier que la France et l’Allemagne doivent envisager sur le long terme, en tenant compte des différences de points de vue portés par nos deux gouvernements. Le président Macron a présenté en septembre le projet d’une Europe refondée, doté notamment d’un ministre des finances et d’un budget de la zone euro. La grande coalition qui gouverne en Allemagne a formulé la promesse d’un « renouveau européen », centré sur des projets d’avenir, mais elle reste réticente à soutenir tout projet qui pourrait conduire à mettre les dettes en commun…
»
Construire un compromis impose peut-être de redéfinir les priorités. S’il est important de favoriser la coordination entre les politiques monétaires et budgétaires au sein de la zone euro, il est avant tout nécessaire de sortir d’une vision purement financière de l’Europe. La question de la répartition des richesses ne se pose qu’une fois la richesse créée, et la compétitivité de notre économie ne se laisse pas réduire à des transferts financiers. Nous croyons nécessaire de revenir à l’origine du projet européen, à cette époque où, comme l’exprimait Jean Monnet, des réalisations concrètes devaient créer des « solidarités de fait ».
L’ambition européenne reposait à l’origine sur la formation d’un espace économique unifié, permettant aux entreprises de produire et d’échanger plus facilement, pour favoriser la croissance et les investissements. Malgré des avancées remarquables, le marché unique est encore loin d’être achevé. Un entrepreneur qui veut créer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ La Ville a dévoilé, vendredi, les quatre équipes finalistes sélectionnées pour dessiner un nouvel accueil à la « dame de fer ».
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Comment Paris veut « magnifier » la tour Eiffel

La Ville a dévoilé, vendredi, les quatre équipes finalistes sélectionnées pour dessiner un nouvel accueil à la « dame de fer ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 14h24
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



   


Encombrés par les travaux de sécurisation du site – l’édification d’une clôture de verre pare-balles –, les abords de la tour Eiffel sont bien peu avenants en ce printemps. Avant même d’atteindre l’interminable file d’attente pour accéder aux ascenseurs, les visiteurs doivent déambuler entre les multiples palissades de chantier qui entourent les quatre pieds de la « dame de fer ». Et la circulation dans les rues alentours est plus que jamais congestionnée. On a du mal à imaginer qu’à la veille des Jeux olympiques, la tour brillera de ses meilleurs atours, dans un environnement agréable et apaisé.
C’est pourtant l’ambition de la Ville de Paris, qui en janvier lançait le projet « Grand site tour Eiffel : découvrir, approcher, visiter ». Vendredi 4 mai, les adjoints à la maire de Paris Jean-Louis Missika (urbanisme) et Jean-François Martins (tourisme) ont dévoilé les quatre équipes finalistes, sélectionnées pour dessiner ce projet de nouvel accueil.
Cela fait des années que la Ville et la Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE) réfléchissent à la façon de mieux accueillir les touristes qui viennent découvrir cet emblème de Paris et de la France. Mais cette fois, il ne s’agit pas de limiter la réflexion aux quatre piliers de la tour. Les équipes devront voir grand et élargir leur réflexion à ses alentours, à l’ensemble du périmètre entre le Trocadéro et l’Ecole militaire, le Musée du quai Branly et Bir-Hakeim.
La Ville n’attend pas une prouesse architecturale, à l’instar de la Pyramide du Louvre. « La prouesse architecturale est déjà là. Il ne s’agit pas de réinventer la tour Eiffel mais de la magnifier en la connectant avec son environnement, relève Jean-Louis Missika. Des études ont montré que la visite du monument ne se limite pas à sa dimension verticale, mais commence dès que le monument est aperçu, vu. » De fait, à la haute saison, quelque 120 000 personnes par jour disent venir visiter la tour Eiffel, or seules 20 000 à 30 000 y montent. La plupart se contentent ainsi de se balader en dessous, autour et de faire une photo souvenir.
Equipes internationales et pluridisciplinaires
Sur les quatre équipes retenues, deux sont pilotées par des architectes, l’agence britannique AL_A Amanda Levete Architects et la parisienne KOZ Architectes ; et deux par des paysagistes, l’agence londonienne Gustafson Porter + Bowman et la française TER. Mais toutes se sont attachées des compétences pluridisciplinaires et internationales. Les paysagistes de TER se sont entre autres associés à l’architecte-ingénieur italien Carlo Ratti, et ceux de Gustafson aux urbanistes de l’agence Sathy du Franco-Coréen Tae-hoon Yoon. L’agence britannique AL_A s’est elle attachée les compétences de deux architectes en chef des Monuments historiques français. Et KOZ est allée chercher le japonais Junya Ishigami, réputé pour son architecture épurée et respectueuse des sites.
« Au-delà de l’envergure internationale, ce qui a retenu notre attention, c’est l’approche fine de l’insertion paysagère et urbaine dont ces équipes ont pu témoigner à travers les références qu’elles ont mises en avant, c’est-à-dire la capacité à s’adapter à un environnement complexe, à en comprendre les usages tout en respectant le cadre patrimonial », souligne Jean François Mangin, chef du projet « Grand site tour Eiffel » à la Ville de Paris.
Nouvelles promenades
Les équipes devront bien sûr repenser l’accueil des visiteurs sur le parvis et jusqu’au pied de la tour, la gestion des files d’attentes afin de les rendre plus simples et le plus fluide possible tout en déployant services et commodités, points de repos, protection contre les intempéries… Mais au-delà, il s’agit de faire émerger, depuis tous les points d’accès, de nouvelles promenades parsemées de points d’accueils et d’information, d’aires de détente, de loisirs, de restaurations légères… Espaces boisés classés, le Champ-de-Mars et les jardins du Trocadéro ne sont pas constructibles, mais l’idée est de redonner vie – avec l’aval des Architectes des bâtiments de France – aux différents petits pavillons des années 30, aujourd’hui à l’abandon, qui jalonnent ces espaces, avec des petits commerces, des activités, éphémères, réversibles au gré des saisons…
« L’objectif est de singulariser la visite touristique, en captant l’attention de la personne dès qu’elle manifeste un intérêt pour la tour Eiffel sur Internet, et en proposant une offre permettant de redécouvrir toute la richesse historique et patrimoniale de ce grand site », explique Jean-François Mangin.
Ces promenades ne sauraient évidemment se concevoir sans rééquilibrage de l’espace au profit des piétons. Il s’agira aussi de repenser les flux et le trafic aux carrefours situés des deux côtés du pont d’Iéna, aujourd’hui tout dévolus à l’automobile, pour y accorder une vraie place aux piétons et mobilités douces. Voire, souffle un élu, d’imaginer une autre utilisation que la circulation automobile du tunnel situé sous le quai Branly à hauteur du pont. Certains vont jusqu’à rêver de voir émerger le plus grand des parcs parisiens, avec un pied de chaque côté de la Seine.
A tout le moins, « ce projet a pour dessein de redonner vie, une cohérence, une unité à ce site, aujourd’hui composé d’un haut lieu, la tour, et de non-lieux autour. Et cet ensemble ne doit pas avoir qu’une fonction contemplative : il s’agit aussi d’y faire revenir les Parisiens », relève Jean-François Martins, adjoint au tourisme. Pour la Ville, qui a prévu un budget de 40 millions hors taxe pour les travaux de ce réaménagement, un indicateur de réussite du projet ne serait pas tant l’accroissement du nombre de touristes venant voir la tour Eiffel, ce qui ne serait qu’un effet induit, mais la venue de Parisiens et d’habitants du Grand Paris.
L’équipe lauréate sera désignée en mai 2019 et le chantier devra être terminé à temps pour les Jeux olympiques de 2024.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ La nouvelle superproduction de Sony, unanimement saluée par la critique, a battu les records de ventes pour une exclusivité PlayStation 4.
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Jeu vidéo : succès fracassant pour « God of War »

La nouvelle superproduction de Sony, unanimement saluée par la critique, a battu les records de ventes pour une exclusivité PlayStation 4.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h25
    |

            William Audureau








                        



   


A aventure coup de poing, succès fracassant. Le dernier blockbuster en date de Sony, le jeu d’action et de combat God of War, s’est écoulé à plus de 3,1 millions d’exemplaires lors de son lancement, le 20 avril, et ce en seulement trois jours, a révélé le constructeur japonais jeudi 3 mars. Le jeu raconte l’épopée musclée du demi-dieu Kratos et de son fils Atreus dans les terres glaciales d’Asgaard.
La superproduction développée par Sony Santa Monica (Californie) bat le record du meilleur lancement pour un jeu édité par le constructeur japonais. A titre de comparaison, le jeu de survie en monde ouvert Horizon : Zero Dawn (2017) avait trouvé 2,6 millions d’acquéreurs en deux semaines, et le jeu d’aventure cinématographique Uncharted 4 : A Thief’s End (2016), 2,7 millions en sept jours. Elle profite également de l’accroissement du parc de PlayStation 4, passé de 35 millions de consoles au début de 2016 à 76 millions au 31 mars 2018.
Nouveau standard visuel
Les performances commerciales de God of War étaient d’autant plus guettées que cette série inaugurée en 2005 n’a jamais été la plus populaire de Sony, au contraire des Gran Turismo et des Uncharted. Mais ce quatrième épisode a bénéficié d’une attente particulière, huit années s’étant écoulées depuis l’opus précédent.
Il s’est également accompagné d’une réception critique digne de The Legend of Zelda : Breath of the Wild en 2017, avec de nombreuses notes maximales dans la presse spécialisée. Il émarge à 94/100 de note moyenne sur l’agrégateur Metacritic, à quelques points du monument de Nintendo (97/100).
S’il ne réinvente pas le genre du beat them all – type de jeux de combats dont l’histoire remonte aux années 1980 – God of War en perfectionne la recette, en offrant une qualité visuelle rarement atteinte, une mise en scène spectaculaire et une narration omniprésente.

        Lire notre test :
         

          « God of War », jeu d’action divin



« Je suis confiant quant au fait que God of War connaîtra le meilleur lancement d’une exclusivité sur PlayStation 4, avait pronostiqué l’analyste américain Mat Piscatella dès le 18 avril. Ma seule question est : jusqu’où peut aller un jeu qui soit narratif, et qui ne repose pas sur le modèle du jeu en tant que service ». Conçus pour divertir le joueur de manière quotidienne pendant des mois, ces derniers titres constituent désormais la principale recette à succès, au détriment des expériences solitaires avec un début et une fin, qui connaissent un déclin commercial. « Cela fait des années que je n’avais plus vu de jeu aussi bien noté, donc il deviendra un point de référence », ajoute Mat Piscatella.

        Lire nos explications :
         

          « Free to play », « games as a service »… Comprendre les modèles économiques du jeu vidéo



Déjà un mème sur Internet
Du côté des joueurs, God of War est déjà rentré dans la culture Internet grâce au mème « Boy » (« garçon ») – référence à la manière dont Kratos, héros musculeux et père rugueux, appelle systématiquement son fils Atreus dans la version originale. Un petit nom répété ad nauseam de sa voix caverneuse, et qui a donné lieu à de nombreux détournements amusés.

   


La personnalité bas du front du demi-dieu a également inspiré de nombreuses plaisanteries sur les réseaux sociaux, lesquelles évoquent les difficultés rencontrées par Atreus lorsqu’il tente de communiquer avec son père, bête de guerre, empêtré dans un premier degré littéral :
Atreus : Père, je suis gelé. Kratos : Bonjour, Gelé. Je suis Père.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Symétrique est l’adjectif qui résume aujourd’hui la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine. Une position d’attente estime Jean-Paul Betbeze dans sa chronique au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

« La Fed se donne du temps en attendant l’orage redouté par les marchés entre elle et Trump »

Symétrique est l’adjectif qui résume aujourd’hui la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine. Une position d’attente estime Jean-Paul Betbeze dans sa chronique au « Monde ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h00
    |

                            Jean-Paul Betbèze (Président de Betbeze Conseil)








                        



   


Symétrique : par deux fois, ce 2 mai, la Banque centrale américaine a utilisé cet adjectif dans son communiqué, pour qualifier son objectif d’inflation. Il est « symétrique à 2 % à moyen terme ». Pourquoi cette nouveauté ? Ou plutôt : pourquoi donc cette répétition ? Evidemment, ce n’est pas le hasard qui joue dans ce domaine, c’est évidemment l’économie et les objectifs de la Réserve fédérale américaine (Fed), mais au moins autant la politique, par les temps trumpiens qui sont les nôtres.

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L’économie américaine continue d’avancer, et le premier trimestre 2018, plus faible que le précédent, est jugé comme étant un ralentissement temporaire. Pour ce qui concerne l’objectif d’emploi, le communiqué note que les nouveaux emplois étaient forts « dans les mois récents » et le taux de chômage est resté bas. Donc nous y sommes, pour l’objectif d’emploi. Et pour l’autre objectif, celui de l’inflation, à la fois l’inflation d’ensemble et l’inflation hors nourriture et énergie (donc hors éléments volatiles), nous voilà « près de 2 % » dit la Fed. Donc nous y sommes aussi, pour l’inflation. Objectifs remplis de chômage et d’inflation : la Fed doit bel et bien monter ses taux lors de sa prochaine réunion, les 12 et 13 juin.
Rien d’automatique
« Symétrique » intervient alors, pour faire la différence avec la Banque Centrale Européenne (BCE) dont l’objectif est une inflation proche, « mais au-dessous de 2 % à moyen terme ». « Au-dessous », en zone euro, implique une certaine automaticité quand 2 % est franchi, « symétrique » peut se comprendre comme une bande +0,3, -0,3 % autour de ce 2 %. Donc il n’y a rien d’automatique à ce que la Fed continue à monter ses taux après les 12 et 13 juin, en supposant qu’elle le fasse ces deux jours-là, et surtout pas deux fois ensuite.
Ce « symétrique » lui permet donc de respirer, de voir comment réagissent les marchés, pour savoir si elle doit augmenter ses taux une fois encore, ou bien deux, cette année.
Ce « symétrique » lui permet donc de respirer, de voir comment réagissent les marchés, pour savoir si elle doit augmenter ses taux une fois encore, ou bien deux, cette année. Les marchés attendent trois hausses nouvelles, l’économie restant forte, et quatre serait la limite haute, conduisant les taux courts à 2,75 % en fin d’année. Ce « symétrique » permettrait en fait de garder les fed funds [taux d’intérêt pratiqués par la Fed], « pour un temps, au-dessous des niveaux qui devraient prévaloir à plus long terme ». Donc de ne pas faire trop monter les taux longs, de ne pas trop peser sur la Bourse et surtout de ne pas faire trop monter le dollar.

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Ce « symétrique » est donc, en fait, très politique. Il permet à la Fed de ne pas s’installer dans une logique automatique, qui la mettrait en opposition frontale avec la politique fiscale, budgétaire et des échanges que mène le Président Trump. Ce dernier vise en effet une croissance vers 3,5 %, avec une économie déjà au bord de la surchauffe.
Se protéger des tweets vengeurs du Président
En parlant de « symétrie », la Banque centrale américaine se donne ainsi du temps - ce qui est techniquement correct. Elle se protège de tweets vengeurs du Président - ce qui est sage. Elle n’inquiète pas encore les marchés qui vivraient mal cet orage qu’ils redoutent et attendent entre Fed et Trump – ce qui gentil pour eux ! Mais ceci ne pourra pas durer éternellement.
Le temps économique pousse partout à la hausse des taux, la Bourse exulte après les avantages fiscaux accordés par Donald Trump. Elle est quand même hypersensible, par exemple à l’indice Markit non manufacturier un peu moins favorable, qui inquiète et qui vient de sortir. La volatilité est partout revenue, économique et financière certes, mais surtout politique. Personne ne parle officiellement de Robert Muller [le procureur spécial qui enquête sur Donald Trump], mais tout le monde y pense. Le rapport entre économie financière et politique est, lui aussi, « symétrique », autrement dit : compliqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que la réforme de la négociation d’entreprise, qui prendra effet au plus tard le 1er janvier 2020 pour les entreprises d’au moins onze salariés, est encore imparfaite.
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« La réforme des institutions représentatives du personnel demeure inachevée »

Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que la réforme de la négociation d’entreprise, qui prendra effet au plus tard le 1er janvier 2020 pour les entreprises d’au moins onze salariés, est encore imparfaite.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h00
    |

                            Gilbert Cette (Professeur d’économie associé à l’université d’Aix-Marseille)








                        



                                


                            
Entreprises. Les ordonnances travail du 22 septembre 2017, auxquelles la loi de ratification publiée au Journal officiel du 31 mars 2018 a donné une force légale, ont profondément réformé les institutions représentatives du personnel (IRP). Il y est prévu que, le 1er janvier 2020 au plus tard, le comité social et économique (CSE) se substituera dans toutes les entreprises d’au moins onze salariés aux trois institutions que sont les délégués du personnel (DP), le comité d’entreprise (CE) et le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Cette réforme réduira des coûts procéduraux importants. La juxtaposition actuelle de trois institutions est un produit de l’histoire, les DP ayant été créés en 1936 au moment du Front populaire, le CE en 1945 à la Libération et le CHSCT en 1982 par la gauche victorieuse aux élections de mai et juin 1981. Elle est une particularité française, et rien n’a jusqu’ici montré que les travailleurs sont ainsi mieux protégés que dans d’autres pays, par exemple nordiques et scandinaves, où n’existe généralement qu’une seule institution.
Le nombre d’heures de délégation est d’environ 0,5 % des heures travaillées pour les entreprises de moins de 50 salariés, mais il atteint plus de 1,5 % de ces heures passé ce seuil
Le décret du 29 décembre 2017 a défini le nombre de titulaires et le nombre d’heures de délégations du CSE. Il s’agit d’un socle minimal réglementaire, qui dépend de la taille des entreprises et peut, bien évidemment, être augmenté par la voie conventionnelle, à travers des accords de branches et d’entreprises. Une publication de la direction générale du Trésor indique que ce socle, bien qu’abaissé dans les entreprises de moins de 300 salariés par la loi Rebsamen sur le dialogue social d’août 2015, peut susciter des interrogations (« 30 ans de modernisation du dialogue social en France », Trésor-Éco no 160, 20 janvier 2016).
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Il ne suffit pas de rêver transformer un secteur économique pour que cela se produise instantanément. Comme le rappelle Philippe Escande, éditorialiste au « Monde », l’industrie est affaire d’anticipation, d’organisation et de travail.
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Tesla et Vélib’ frappées par « la malédiction du court terme »

Il ne suffit pas de rêver transformer un secteur économique pour que cela se produise instantanément. Comme le rappelle Philippe Escande, éditorialiste au « Monde », l’industrie est affaire d’anticipation, d’organisation et de travail.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 14h04
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX, a une façon particulière de séduire la communauté financière. A un analyste qui lui demandait lors d’une conférence téléphonique, mercredi 2 mai, s’il allait devoir augmenter à nouveau son capital pour couvrir les difficultés de montée en cadence de son dernier modèle de voiture, il l’a coupé sèchement en lâchant « les questions stupides et ennuyeuses ne sont pas cool », avant d’aller répondre aux questions nettement moins agressives d’un Youtubeur. Durant 20 minutes, ce dernier a pu l’interroger sur ses projets dans la voiture autonome et les batteries. Enfin, de bonnes questions !

Comme tous les patrons, Elon Musk préfère qu’on lui parle du futur que du présent, de ses ambitions plutôt que de ses problèmes. C’est humain, et les deux sujets sont pertinents et intimement liés.
« L’intendance suivra »
La stratégie est destinée à se transformer en gestion quotidienne. Mais il est risqué de penser, comme on l’a prêté à De Gaulle : « Rétablissons la confiance, l’intendance suivra. » Bien plus tard, le général niera avoir prononcé une phrase aussi dangereuse. Car c’est bien souvent l’intendance qui fait gagner ou perdre des guerres.
Dans le cas d’Elon Musk, l’intendance ce sont à la fois les moyens industriels qu’il déploie et les milliards que lui procure la Bourse pour poursuivre son aventure. Il ne suffit pas de rêver transformer l’industrie automobile, passer de 50 000 voitures par an à 500 000 en terrassant les dinosaures qui la dominent actuellement, pour que cela se produise instantanément. L’industrie, comme son nom l’indique, est affaire d’anticipation, d’organisation et de travail.
Ce n’est pas pour rien que les deux « inventeurs » de l’industrie du XXe siècle, Henry Ford, le fondateur de Ford, et Alfred Sloan, le patron de General Motors, sont aussi les pionniers de l’organisation, du management et des techniques de production....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Après l’affaire du « cartel des endives », en 2012, le monde agricole était demandeur de davantage de sécurité juridique.
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L’Autorité de la concurrence clarifie les règles du jeu pour le secteur agricole

Après l’affaire du « cartel des endives », en 2012, le monde agricole était demandeur de davantage de sécurité juridique.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h25
    |

            Laurence Girard








                        



   


Dans le monde agricole, l’affaire du « cartel des endives » a marqué les esprits. En 2012, l’Autorité de la concurrence avait condamné dix organisations de producteurs à 3,6 millions d’euros d’amende pour entente sur les prix. Or, plus que jamais, les agriculteurs ont exprimé, lors des Etats généraux de l’alimentation (EGA), le besoin de sécuriser juridiquement leurs actions au regard du droit de la concurrence. D’autant qu’ils sont contraints de s’organiser face à des industriels puissants et à une distribution toujours plus concentrée. Saisie par Bercy, l’Autorité de la concurrence a rendu son avis, vendredi 4 mai.
Les Sages de la rue de l’Echelle ont tenté de clarifier les règles du jeu, en premier lieu pour les agriculteurs soucieux de se regrouper au sein d’organisations de producteurs (OP) ou d’associations d’organisations de producteurs (AOP). Une approche souvent nécessaire pour avoir du poids lors des négociations commerciales, sachant qu’en 2016, on dénombrait en France 472 000 exploitations agricoles, contre 17 600 entreprises agroalimentaires et 4 grandes centrales d’achat de la distribution. On compte aujourd’hui 650 OP, principalement dans le secteur du lait, des fruits et légumes et de la viande.

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L’Autorité de la concurrence estime que l’arrêt « endives » rendu par la Cour de justice européenne en novembre 2017 a éclairé le cadre juridique pour les OP et les AOP. Il dispose que les pratiques d’échanges d’informations stratégiques, de fixation de prix minimaux de vente ou de concertations sur les volumes au sein d’une OP ou d’une AOP échappent au droit de la concurrence si elles sont nécessaires pour atteindre les objectifs qu’elles se sont fixés. En revanche, les pratiques entre plusieurs OP ou AOP sont susceptibles de tomber sous le coup du droit des ententes. Le règlement « omnibus » bruxellois a, lui, introduit une dérogation au droit des ententes pour les OP et les AOP à condition qu’elles n’excluent pas la concurrence.
Dérogations spécifiques
L’Autorité de la concurrence a ensuite examiné le cas des organisations interprofessionnelles (OI) qui, outre les producteurs, incluent les industriels et les distributeurs. Elle affirme qu’elles peuvent diffuser des données statistiques passées à condition qu’elles soient anonymes et agrégées. Elles peuvent donc publier des données économiques générales, élaborer des contrats types, pousser des démarches qualitatives ou promouvoir les produits. Le règlement « omnibus » leur a également donné le droit d’établir des clauses types de répartition de la valeur entre les agriculteurs et leurs premiers acheteurs. Mais elles ne sont pas autorisées à réguler les volumes et à fixer des quotas.

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Les agriculteurs sont également de plus en plus souvent amenés à signer des contrats tripartites avec les industriels et la distribution. Des démarches qui prévoient volume de production et prix d’achat, adossés à un cahier des charges fixant les critères de la qualité de la production. Même si elle souligne l’intérêt de ces contrats, l’Autorité estime que les signataires doivent rester prudents lorsque leur part de marché atteint 30 %.
Enfin, il est rappelé dans l’avis que Bruxelles permet aux Etats membres, à la demande des producteurs et de leurs associations, d’adopter des règles contraignantes pour les fromages et le jambon bénéficiant d’une appellation d’origine contrôlée (AOC) et d’une indication géographique protégée (IGP) ainsi que dans le secteur vitivinicole. Ces dérogations spécifiques portent sur les volumes, et non sur les prix. L’Autorité propose d’étendre cette possibilité de régulation à tous les produits bénéficiant d’une AOC ou d’une IGP.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le projet de budget du nouveau ministre des finances est vécu comme une trahison à gauche.
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Le social-démocrate Olaf Scholz se pose en parfait héritier du conservateur Schäuble

Le projet de budget du nouveau ministre des finances est vécu comme une trahison à gauche.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 11h56
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

En apprenant que le ministère des finances leur échappait et qu’il serait confié aux sociaux-démocrates (SPD), les conservateurs (CDU-CSU) allemands en ont beaucoup voulu à Angela Merkel. C’était le 9 février, la chancelière venait de sceller un nouvel accord de coalition avec le SPD et, aux yeux de ses amis politiques, elle trahissait les siens. Selon eux, elle démontrait ainsi qu’elle était prête à tout pour rester au pouvoir, quitte à mettre en danger les finances de l’Allemagne en les confiant à un social-démocrate forcément moins rigoureux que ne l’avait été, pendant les huit années précédentes, le conservateur Wolfgang Schäuble.
Trois mois plus tard, leurs craintes n’ont plus lieu d’être. En présentant, mercredi 2 mai, son projet de loi budgétaire pour la période 2018-2022, le nouveau ministre des finances, Olaf Scholz (SPD), s’est posé en parfait héritier de M. Schäuble, promettant notamment que la dette publique passerait sous la barre des 60 % du PIB en 2019 (contre 97 % pour la France), avec comme objectif d’atteindre 53 % du PIB à la fin de la législature, en 2021.

Le souci de l’ancien maire de Hambourg d’apparaître comme un gestionnaire sérieux n’est pas une surprise. Depuis sa nomination au gouvernement, mi-mars, M. Scholz ne cesse de répéter qu’il respectera le « Schwarze Null » (« zéro noir »), le sacro-saint équilibre budgétaire cher à M. Schäuble. Plus surprenant, en revanche, est le programme d’investissements qu’il a annoncé : selon son projet de loi, les dépenses d’investissements devraient en effet passer de 34 milliards d’euros en 2017 à 37,9 milliards d’euros en 2019, avant de baisser pour finalement atteindre 33,5 milliards d’euros en 2022.
Une courbe en contradiction avec les promesses du SPD qui, pendant la campagne des législatives, avait au contraire promis une hausse continue des investissements de la part de l’Etat fédéral, sans manquer d’ailleurs d’instruire le procès de M. Schäuble, dépeint en père...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ A un an des élections européennes de mai 2019, Berlin se montre très réservé sur les propositions françaises de réforme de la zone euro et de « taxe Google ».
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L’Allemagne lâche-t-elle la France sur l’Europe ?

A un an des élections européennes de mai 2019, Berlin se montre très réservé sur les propositions françaises de réforme de la zone euro et de « taxe Google ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h11
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

La France est déçue par l’Allemagne. Dès son élection à la présidence de la République, en mai 2017, Emmanuel Macron a présenté des réformes ambitieuses pour l’Europe, incluant notamment une intégration poussée de la zone euro avec un super-ministre des finances, un budget et un parlement propres. Afin d’asseoir sa crédibilité, il a fait le pari de poursuivre la politique de normalisation des finances publiques entreprise par son prédécesseur, François Hollande, conscient qu’il s’agissait d’un préalable à toute négociation avec Berlin. Un an plus tard, ce pari est en passe d’être remporté.
Le 23 mai, Bruxelles devrait déclarer que la France sort enfin de la catégorie des pays européens en situation de « déséquilibres excessifs », avec des déficits publics pour 2017 et 2018 sous les 3 % du produit intérieur brut (PIB). Quant aux réformes au pas de charge engagées par M. Macron, elles correspondent exactement à ce que réclamaient les Allemands ces dernières années.
Mais à un an des élections européennes de mai 2019, Paris a le sentiment que Berlin n’est pas au rendez-vous. Les Français ont-ils trop misé sur l’arrivée du social-démocrate Olaf Scholz au ministère des finances ? S’il a pris soin de ne pas les balayer en public, l’ancien maire de Hambourg s’est montré plus que réservé à l’égard des propositions françaises lors de ses premières discussions avec ses collègues européens, fin avril, à Sofia (Bulgarie).

Ainsi, l’idée d’un « super-ministre » de la zone euro n’y a pas été évoquée, tant les Allemands y sont opposés. Très prudent sur la création d’un budget de la zone euro, M. Scholz n’est par ailleurs pas intervenu lors du débat sur la taxation des géants du numérique, un nouvel impôt proposé par la Commission européenne sur l’insistance de Paris. Cette « taxe Google » avait pourtant été soutenue par son prédécesseur, le conservateur Wolfgang Schäuble.
« Tout ministre des finances qu’il est,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Les pilotes de la compagnie néerlandaise jugent sévèrement le mouvement de leurs « amis français ».
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La lassitude de KLM face à la grève de son allié Air France

Les pilotes de la compagnie néerlandaise jugent sévèrement le mouvement de leurs « amis français ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 10h58
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        


Déplorer et « attendre que cela passe » : cette formule d’un cadre de KLM résume le sentiment au siège de la compagnie nationale aérienne, après le onzième jour de grève cher Air France, la grande alliée, celle qui avait lancé une OPA amicale sur la compagnie néerlandaise en 2004. « Et pendant ce temps, nous venons, nous, de conclure une nouvelle convention de travail avec 2 800 pilotes ! », ironise un autre. Il ajoute : « Le salaire annuel moyen d’un pilote néerlandais est de 175 000 euros, pour 201 000 à un Français, qui se croise peut-être les bras… »

        Lire aussi :
         

                Philippe Evain, le pilote en première ligne du mouvement de grève chez Air France



En 2014, le conflit social déclenché en France avait entraîné le départ du PDG, Camiel Eurlings accusé – entre autres raisons – de ne pas condamner fermement le mouvement des pilotes d’Air France. Des commentateurs décrivaient alors celle-ci comme « un boulet » à la cheville d’une KLM qui n’avait connu qu’une seule année de pertes dans son histoire.
En 2016, à l’occasion de nouvelles grèves en France des voix se faisaient entendre pour appeler les pouvoirs publics à racheter les parts de KLM. Aujourd’hui, la résignation paraît dominer à Amsterdam. « La grève du personnel d’Air France a déjà coûté quelque 300 millions d’euros, KLM subit aussi des dommages mais ne peut rien faire », écrit le magazine Elsevier dans sa dernière édition. L’hebdomadaire aligne les chiffres : la marge bénéficiaire est de 8,9 % chez KLM, 13,5 % chez Lufthansa, 3,7 % chez Air France.
Pieter Elbers, le président exécutif de KLM, se montre, lui, assez discret mais défend un accord qui a créé le quatrième transporteur mondial et garantit à sa compagnie la « masse critique », gage de la survie dans le secteur aérien. L’alliance avec Air France – le terme « fusion » a toujours été banni des discours officiels aux Pays-Bas – a sans doute engendré, à différents moments, un sentiment hostile mais les Néerlandais savent aussi analyser ses bienfaits. Après les trois premières années d’un processus mené en douceur – avec prise en compte des susceptibilités mutuelles et des différences culturelles entre les partenaires – le chiffre d’affaires avait bondi de 30 % et les bénéfices avaient triplé.
Un syndicaliste invite dès lors ses « amis français » à « se réveiller » : « S’ils ne visaient qu’à obtenir le départ du PDG, ils ne résoudront rien : il faudra lui trouver un successeur, définir une nouvelle stratégie… et le tout ne bénéficiera qu’à nos concurrents. »



                            


                        

                        

