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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Si le gouvernement voulait vraiment rendre vertueux le secteur des jeux de loterie, il pourrait laisser de nouveaux acteurs proposer la formule de l’épargne-loterie, plaide dans une tribune au « Monde » Florent Aubert, coordinateur de Students for Liberty France.
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Française des jeux : « Ne substituons pas un monopole privé à un monopole public »

Si le gouvernement voulait vraiment rendre vertueux le secteur des jeux de loterie, il pourrait laisser de nouveaux acteurs proposer la formule de l’épargne-loterie, plaide dans une tribune au « Monde » Florent Aubert, coordinateur de Students for Liberty France.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h22
    |

Florent Aubert (Coordinateur du mouvement de défense des idées libérales « Students for Liberty » en France)







                        



                                


                            

Tribune. Alors qu’il est actuellement question de privatiser – partiellement – la Française des jeux (FDJ), le gouvernement ne semble pas avoir l’intention de remettre en cause son monopole. Or, celui-ci s’exerce notamment au détriment des populations à faible revenu, les plus touchées par l’addiction au jeu.
L’Etat a un rôle ambigu dans le secteur des jeux d’argent : bénéficiaire direct du monopole, il est à la fois juge et partie. Il se targue de vouloir prévenir les risques liés à l’addiction, mais il bénéficie d’autant plus de ressources financières qu’il y a de joueurs.
Au total, entre prélèvements sur les mises des parieurs, impôts sur les sociétés et dividendes versés via sa participation dans la FDJ, l’Etat perçoit plus de 3 milliards d’euros chaque année. L’entreprise publique va jusqu’à puiser dans ses réserves pour continuer à verser de généreux dividendes même lorsqu’elle fait des pertes.

Plus dérangeant encore, un certain nombre de petits actionnaires (à hauteur de 23 %, l’Etat détenant 72 % de la FDJ et ses salariés 5 %), devenus propriétaires au gré de l’histoire mouvementée de l’entreprise publique, jouissent également de cette manne colossale. L’amiral Henri Lacaille, président d’une association d’anciens combattants, ne rappelait-il pas que la Française des jeux [offre] « le meilleur rendement sur la place de Paris, plus juteux que tout ce qu’on trouve ailleurs » ? N’est-il pas problématique qu’un petit groupe de particuliers (qui rapetisse d’année en année, les anciens combattants n’étant pas immortels…) profite des largesses immenses d’un monopole public au détriment des joueurs, qui ne peuvent se tourner vers aucun autre système moins pernicieux ?
Concept surprenant
Pourtant, il existe une voie que personne ne semble connaître en France, étant donné le silence général (délibéré ?) sur le sujet. En novembre 2017, le Texas est devenu le 26e Etat américain à autoriser...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Cette photo d’Hannah McKay fait partie d’une série réalisée par des photojournalistes de l’agence Reuters et récompensée, le 16 avril, par le prix Pulitzer.
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Comment cette photo d’une réfugiée rohingya nous éclaire-t-elle sur le drame birman ?

Cette photo d’Hannah McKay fait partie d’une série réalisée par des photojournalistes de l’agence Reuters et récompensée, le 16 avril, par le prix Pulitzer.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
    |

            Adrien Le Gal








                        



                                


                            

C’est d’abord une histoire de couleurs. Sur cette photographie, les réfugiés musulmans fuyant la Birmanie portent des vêtements uniformes, aux tons rouges et bordeaux, anonymes dans le drame de l’exode. Mais, comme un coup de projecteur sur une souffrance singulière, un voile jaune illumine l’une d’entre eux, tombée sur le bord du chemin, appelant à l’aide.
Techniquement, la composition est parfaite : la diagonale du chemin crée une ­dynamique de déséquilibre, comme si les exilés marchaient sur un fil tendu vers le haut. La jeune femme, elle, semble flotter sur la ligne qui coupe cette diagonale à angle droit, que les photographes appellent « ligne réciproque ». Figée dans cette position de supplique, elle évoque autant une sculpture de Camille Claudel qu’une peinture d’Ary Scheffer, maître du romantisme français.
La scène, d’une rare intensité, a pourtant failli échapper à la photographe britannique Hannah McKay, ce 2 novembre 2017, près de Cox’s Bazar, au Bangladesh. Elle a rejoint l’agence Reuters trois mois plus tôt, et c’est sa première mission à l’étranger :
« Je photographiais des ­réfugiés qui marchaient sur le chemin en portant leurs affaires, quand j’ai vu, dans un coin de mon œil, cette jeune femme allongée par terre, raconte-t-elle. J’ai d’abord cru qu’elle se cachait, alors je me suis approchée. Quand elle a levé son bras, j’ai réalisé qu’elle était complètement épuisée et qu’elle appelait à l’aide. » 
Elle fait partie d’un groupe de 5 000 réfugiés qui ont, la veille, traversé le Naf, grand fleuve marquant la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, pour fuir les persécutions de l’armée birmane. Retenus pendant vingt-quatre heures par les gardes-frontières bangladais, ils viennent d’obtenir l’autorisation de rejoindre un camp de réfugiés. La plupart sont exténués d’avoir tant attendu, avec si peu d’eau et de nourriture, dans une chaleur écrasante.
Pourquoi cette photo nous interpelle-t-elle ?...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Eric Blanchet, directeur de Ladapt, estime que le gouvernement ne peut prôner « en même temps » une vision inclusive de la société et demander d’économiser les moyens financiers et humains dans le domaine de la santé.
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« Il faut donner les moyens de remplir leurs missions à ceux qui luttent contre toutes les formes d’exclusion »

Dans une tribune au « Monde », Eric Blanchet, directeur de Ladapt, estime que le gouvernement ne peut prôner « en même temps » une vision inclusive de la société et demander d’économiser les moyens financiers et humains dans le domaine de la santé.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
    |

Eric Blanchet (Directeur général de Ladapt, association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées.)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis le début de l’année, les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et des hôpitaux sont mobilisés pour protester contre leurs conditions de travail de plus en plus difficiles, qui engendrent une dégradation de la qualité de l’accueil et des soins dispensés. Le face-à-face tendu entre le président de la République et des soignants du CHU de Rouen, le 5 avril, symbolise l’incompréhension entre un personnel réclamant des moyens humains et financiers, et un gouvernement lui opposant une logique gestionnaire de réduction de la dette. Or c’est cette logique de la performance, à travers une gestion déconnectée des besoins sanitaires et sociaux, qui a conduit à une telle situation.
avec le changement climatique ou la crise des réfugiés, l’europe doit faire face à des enjeux qui ne se solderont pas avec de simples indicateurs financiers
Pour beaucoup de nos concitoyens, la notion de performance se résume à la réussite économique. En existant uniquement à travers une union économique et monétaire, l’Europe favorise cette perception limitée de la performance. Or, avec le changement climatique ou la crise des réfugiés, elle doit faire face à des enjeux qui ne se solderont pas avec de simples indicateurs financiers. C’est pourquoi toute performance devrait être évaluée au regard d’un projet commun de vivre ensemble.
Que signifie en effet « performance » pour une association d’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées, par rapport, par exemple, à un constructeur automobile ou une banque ? Il est évident que le critère quantitatif compte plus pour les seconds que pour la première, dont la performance dépend avant tout de la qualité des services rendus par ses acteurs pour améliorer les conditions de vie des personnes qu’elle aide. Dès lors, parler « des » performances, au pluriel et d’un point de vue collectif, apparaît comme un bon moyen de sortir du prisme restrictif...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, des acteurs de l’aide sociale, parmi lesquels Louis Gallois, Véronique Fayet et Laurent Desmard, regrettent que le gouvernement laisse les associations spectatrices de décisions prises en amont ou ailleurs.
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« Changer la société ne se décrète pas d’en haut, sans le public ­concerné et sans les corps intermédiaires »

Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, des acteurs de l’aide sociale, parmi lesquels Louis Gallois, Véronique Fayet et Laurent Desmard, regrettent que le gouvernement laisse les associations spectatrices de décisions prises en amont ou ailleurs.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 15h16
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Le secteur associatif a le sentiment de ne plus être reconnu comme un ­interlocuteur naturel du gouvernement dans l’élaboration des politiques publiques. Les phases de concertation sont réduites à leur plus simple expression, lorsqu’elles ne sont pas simplement supprimées. Elles portent au mieux sur la mise en œuvre des décisions, mais très rarement sur leur préparation et leurs impacts.
La diminution des aides personnalisées au logement (APL), la réduction drastique du nombre d’emplois aidés, l’intensification du contrôle des migrants, la réduction des crédits, le projet de loi logement… la liste est longue des ­sujets sur lesquels les associations n’ont pas été écoutées par les pouvoirs publics avant que soient prises des décisions majeures.
Le gouvernement se prive de l’expertise de ceux qui sont au plus près des populations concernées
C’est un signal négatif pour les associations, dont l’avis ne semble pas intéresser les pouvoirs publics. C’est aussi une perte d’efficacité car le gouvernement se prive de l’expertise de ceux qui sont au plus près des ­populations concernées. Les associations n’ont pas le monopole de la vérité, mais elles ont leur part de vérité. Changer la société ne se décrète pas d’en haut, sans le public ­concerné et sans les corps intermédiaires.
Dans le secteur de la lutte contre l’exclusion, un exemple illustre notre propos : la circulaire du 12 décembre 2017, qui impose la visite des services de l’Office français de l’immigration et de l’intégration et des préfectures dans les centres d’hébergement pour vérifier le statut juridique des ­migrants. Ce texte remet en cause plusieurs droits essentiels et se révèle d’une application pour le moins chaotique.
Les associations ont déposé un référé devant le conseil d’Etat. Celui-ci a rejeté la demande d’annulation de la circulaire mais en a fait une interprétation qui donne raison aux associations sur plusieurs points décisifs. Le Défenseur des...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Deux députés français et allemand, Rüdiger Kruse et Franck Riester, proposent dans une tribune au « Monde » d’unifier le code des affaires des deux pays, afin d’incarner le projet européen dans une réalisation concrète et créatrice de richesses.
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« Rendre le droit européen des affaires plus lisible et accessible »

Deux députés français et allemand, Rüdiger Kruse et Franck Riester, proposent dans une tribune au « Monde » d’unifier le code des affaires des deux pays, afin d’incarner le projet européen dans une réalisation concrète et créatrice de richesses.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
    |

Rüdiger Kruse (Député (CDU) de Hambourg au Bundestag) et Franck Riester (Député (Agir) de Seine-et-Marne, coprésident du groupe « UDI, Agir et indé...







                        



                                


                            
Tribune. Tous les Européens convaincus en ont conscience, l’immobilisme n’est plus une option. Pour remettre l’Europe en capacité d’agir, il est nécessaire que la France et l’Allemagne se décident à définir un projet commun.
En matière économique, la réforme de la zone euro est un chantier que la France et l’Allemagne doivent envisager sur le long terme, en tenant compte des différences de points de vue portés par nos deux gouvernements. Le président Macron a présenté en septembre le projet d’une Europe refondée, doté notamment d’un ministre des finances et d’un budget de la zone euro. La grande coalition qui gouverne en Allemagne a formulé la promesse d’un « renouveau européen », centré sur des projets d’avenir, mais elle reste réticente à soutenir tout projet qui pourrait conduire à mettre les dettes en commun…
»
Construire un compromis impose peut-être de redéfinir les priorités. S’il est important de favoriser la coordination entre les politiques monétaires et budgétaires au sein de la zone euro, il est avant tout nécessaire de sortir d’une vision purement financière de l’Europe. La question de la répartition des richesses ne se pose qu’une fois la richesse créée, et la compétitivité de notre économie ne se laisse pas réduire à des transferts financiers. Nous croyons nécessaire de revenir à l’origine du projet européen, à cette époque où, comme l’exprimait Jean Monnet, des réalisations concrètes devaient créer des « solidarités de fait ».
L’ambition européenne reposait à l’origine sur la formation d’un espace économique unifié, permettant aux entreprises de produire et d’échanger plus facilement, pour favoriser la croissance et les investissements. Malgré des avancées remarquables, le marché unique est encore loin d’être achevé. Un entrepreneur qui veut créer...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que la réforme de la négociation d’entreprise, qui prendra effet au plus tard le 1er janvier 2020 pour les entreprises d’au moins onze salariés, est encore imparfaite.
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« La réforme des institutions représentatives du personnel demeure inachevée »

Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que la réforme de la négociation d’entreprise, qui prendra effet au plus tard le 1er janvier 2020 pour les entreprises d’au moins onze salariés, est encore imparfaite.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h00
    |

                            Gilbert Cette (Professeur d’économie associé à l’université d’Aix-Marseille)








                        



                                


                            
Entreprises. Les ordonnances travail du 22 septembre 2017, auxquelles la loi de ratification publiée au Journal officiel du 31 mars 2018 a donné une force légale, ont profondément réformé les institutions représentatives du personnel (IRP). Il y est prévu que, le 1er janvier 2020 au plus tard, le comité social et économique (CSE) se substituera dans toutes les entreprises d’au moins onze salariés aux trois institutions que sont les délégués du personnel (DP), le comité d’entreprise (CE) et le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Cette réforme réduira des coûts procéduraux importants. La juxtaposition actuelle de trois institutions est un produit de l’histoire, les DP ayant été créés en 1936 au moment du Front populaire, le CE en 1945 à la Libération et le CHSCT en 1982 par la gauche victorieuse aux élections de mai et juin 1981. Elle est une particularité française, et rien n’a jusqu’ici montré que les travailleurs sont ainsi mieux protégés que dans d’autres pays, par exemple nordiques et scandinaves, où n’existe généralement qu’une seule institution.
Le nombre d’heures de délégation est d’environ 0,5 % des heures travaillées pour les entreprises de moins de 50 salariés, mais il atteint plus de 1,5 % de ces heures passé ce seuil
Le décret du 29 décembre 2017 a défini le nombre de titulaires et le nombre d’heures de délégations du CSE. Il s’agit d’un socle minimal réglementaire, qui dépend de la taille des entreprises et peut, bien évidemment, être augmenté par la voie conventionnelle, à travers des accords de branches et d’entreprises. Une publication de la direction générale du Trésor indique que ce socle, bien qu’abaissé dans les entreprises de moins de 300 salariés par la loi Rebsamen sur le dialogue social d’août 2015, peut susciter des interrogations (« 30 ans de modernisation du dialogue social en France », Trésor-Éco no 160, 20 janvier 2016).
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. L’organisation séparatiste basque, qui sera officiellement dissoute vendredi, n’a rien obtenu en soixante ans de lutte et près de 830 morts.
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Dissolution de l’organisation basque ETA : la fin d’une lutte meurtrière et inutile

Editorial. L’organisation séparatiste basque, qui sera officiellement dissoute vendredi, n’a rien obtenu en soixante ans de lutte et près de 830 morts.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 14h46
   





                        



Editorial du « Monde ». Près de soixante ans et 829 morts après sa création, l’organisation séparatiste basque ETA a officialisé, jeudi 3 mai, sa dissolution, avec une mise en scène qui n’est guère parvenue à masquer sa défaite militaire et politique. C’est une bonne nouvelle pour l’Espagne et en particulier pour le Pays basque, mais une nouvelle qui arrive bien tard. Le pays et la région avaient en réalité déjà commencé à tourner la page lorsque l’organisation avait annoncé, le 20 octobre 2011, la fin d’une activité armée qu’elle n’était plus capable de mener. Au moment de son démantèlement officiel, les effectifs d’ETA n’atteignent même pas deux douzaines.

        Lire aussi :
         

                La dissolution d’ETA ne console pas ses victimes



Qu’a obtenu ETA, à l’issue de ces décennies de lutte meurtrière, qui vaut à près de 300 de ses combattants d’être aujourd’hui en prison ? Rien. Légitime sous le régime franquiste, qui voulait briser les identités régionales, interdisait leurs langues et persécutait leurs militants, le séparatisme basque s’est abîmé dans le terrorisme, mettant en danger la jeune démocratie espagnole et ensanglantant son propre territoire.
Lorsque le Pays basque s’est vu attribuer une très large autonomie, y compris fiscale, le romantisme de la résistance antifranquiste d’ETA a connu une dérive trop familière, celle des mouvements paramilitaires qui, privés du soutien populaire, se réfugient dans la tyrannie. Discrédités politiquement, affaiblis par l’interdiction, sur décision de justice, du parti indépendantiste Batasuna en 2003, les commandos d’ETA ne pouvaient plus faire face à l’appareil sécuritaire de plus en plus efficace de l’Etat espagnol, appuyé par la France.
Un épisode aussi douloureux de l’Histoire ne se raye pas, cependant, d’un trait de communiqué ni d’une conférence de presse bien orchestrée. Une mesure pourrait compléter cet épilogue de manière opportune : celle du transfèrement des détenus d’ETA, disséminés dans les prisons du pays, dans des établissements pénitentiaires du Pays basque, qui permettrait de les rapprocher de leurs familles.
Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, est-il capable de cette magnanimité ? Il peut, objectivement, se le permettre. Le Pays basque a retrouvé la paix et le sentiment indépendantiste y est à un niveau historiquement bas : 14 %. Les nationalistes modérés du PNV, le Parti nationaliste basque, n’envisagent pas de rupture avec l’Etat espagnol. Comparé à la Catalogne, « Euzkadi » est maintenant une oasis de sérénité.
Parallèle cruel avec la Catalogne
Le parallèle ente les deux enfants terribles de l’Espagne, le Pays basque et la Catalogne, qui sont aussi les plus riches, est cruel. Le régime basque d’autonomie a, certes, bénéficié de compétences que n’a pas la Catalogne, en premier lieu une autonomie fiscale qui remonte au XIXe siècle. Barcelone a fini par la revendiquer en pleine crise économique, en 2012 : on peut imaginer que si la Catalogne avait eu les mêmes compétences fiscales lorsqu’elle a accédé à l’autonomie à la fin des années 1970, l’escalade séparatiste aurait été évitée. Ce qui est viable pour le Pays basque, qui représente 6 % du produit intérieur brut espagnol, ne l’est cependant pas forcément pour la Catalogne, qui en constitue 19 %.
Mais une autre différence réside dans la stratégie du PNV. Pragmatique, il a su négocier avec M. Rajoy. Il a notamment obtenu en échange, dans le budget 2017, des investissements pour la région et un meilleur financement, et il négocie celui de 2018 dans la même optique. Pragmatisme et négociation : c’est exactement ce qui fait défaut aux dirigeants catalans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le cadeau de la Chine a heurté tant les écologistes à la mairie de Trèves que l’extrême droite. Mais aussi des groupes pour la mémoire des victimes du communisme.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Une statue de Marx offerte à sa ville natale fait polémique en Allemagne

Le cadeau de la Chine a heurté tant les écologistes à la mairie de Trèves que l’extrême droite. Mais aussi des groupes pour la mémoire des victimes du communisme.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 11h19
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Karl Marx est de retour dans sa ville natale, mais cela ne plaît pas à tout le monde. Deux cents ans jour pour jour après sa naissance, l’inauguration d’une statue du philosophe allemand dans le cœur historique de Trèves (Rhénanie-Palatinat), samedi 5 mai, suscite une vive controverse.
En réalité, l’affaire agite les esprits depuis déjà trois ans. A l’origine : une proposition de la République populaire de Chine, faite en 2015, d’offrir une statue de l’auteur du Capital à la ville où ce dernier vécut jusqu’à ses 17 ans. Fallait-il accepter ? La question fut mise à l’ordre du jour d’un conseil municipal, le 13 mars 2017. Après des débats enflammés, un vote fut organisé. Résultat : 42 voix pour, 7 contre, 4 abstentions. Le feu vert fut donc donné.
La décision a toutefois eu du mal à passer. Sur place, la coalition à la tête de Trèves, qui réunit les sociaux-démocrates, les conservateurs et la gauche radicale (Die Linke), s’est heurtée à une opposition hétéroclite mais déterminée. Pour les Verts, le problème n’était pas tant de célébrer Marx que d’accepter un présent de Pékin. « Celui qui reçoit un cadeau rend honneur à celui qui l’offre. Or, le Parti communiste chinois ne mérite pas d’être honoré », firent valoir les écologistes. Pour le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne, c’était l’idée même de rendre hommage à « un homme qui a rejeté la démocratie parlementaire » qui était insupportable.
Inciter le public à débattre
Mais le débat ne s’est pas limité à la cité de Trèves. Des centaines de kilomètres plus à l’est, dans cette partie de l’Allemagne jadis située de l’autre côté du rideau de fer, des associations défendant la mémoire des victimes du communisme ont exprimé leur colère. Près de trente ans après la chute du mur de Berlin, elles ont considéré comme une injure d’ériger un monument à celui dont la pensée servit de catéchisme à certains des pires dictateurs du XXe siècle.
Pour apaiser les esprits, Trèves a obtenu de la Chine que la statue qui sera finalement livrée soit un peu moins imposante que prévu : 5,50 m au lieu de 6,30 m, socle compris. Parallèlement, les dirigeants de la cité mosellane ont martelé que ce monument de bronze n’était pas un outil de propagande mais qu’il était là, au contraire, pour inciter le public à débattre de la pensée et de l’héritage de Karl Marx.
Trèves, qui accueille chaque année plus de 150 000 touristes chinois, pouvait-elle refuser un tel cadeau, au risque de se brouiller avec Pékin ? Sans doute pas. La polémique a surtout rappelé à quel point la mémoire de Marx reste ambivalente dans l’Allemagne d’aujourd’hui. Ambivalence que le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, a lui-même exprimée, jeudi, en déclarant prudemment, lors d’une table ronde organisée à Berlin pour le bicentenaire de la naissance du philosophe : « En tant qu’Allemands, nous ne devons ni surestimer Karl Marx ni le bannir de notre histoire. Nous ne devons ni avoir peur de lui ni lui ériger des statues dorées. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Pour le journaliste Gorka Landaburu, qui fut l’une des victimes de l’organisation terroriste basque, la dissolution de l’ETA vendredi n’est qu’une étape, la société reste dans l’attente d’un repentir.
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« Souffrance et douleur sont le seul bilan d’ETA  »

Pour le journaliste Gorka Landaburu, qui fut l’une des victimes de l’organisation terroriste basque, la dissolution de l’ETA vendredi n’est qu’une étape, la société reste dans l’attente d’un repentir.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 09h17
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 11h55
    |

            Sandrine Morel (Saint-Sébastien (Espagne, Pays basque), envoyée spéciale)








                        



                                


                            
L’organisation séparatiste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA) a annoncé, à Combo-les Bains, sa « dissolution-démobilisation » vendredi 4 mai. Le journaliste Gorka Landaburu, directeur de l’hebdomadaire Cambio 16, correspondant pour Radio France durant les années les plus sanglantes d’ETA, et victime d’un colis piégé en 2001, revient sur l’histoire du « plus vieux groupe terroriste d’Europe ».
ETA a annoncé sa dissolution. Quelle importance revêt cette décision ?
La date la plus importante est celle de l’adieu aux armes, le 20 octobre 2011. Le 4 mai 2018 n’est qu’une mise en scène pathétique de la fin de 60 ans de terreur, avec l’appui de médiateurs internationaux et prétendus artisans de la paix. Elle n’a pour objectif que d’attirer l’attention. Plus personne ne s’intéresse à ETA, ni au Pays basque, ni à Madrid. D’ailleurs, à Cambo-les-Bains [Pyrénées-Atlantiques], ni le gouvernement basque (nationaliste) ni le gouvernement espagnol, n’ont envoyé de représentants.

Tout cela vient trop tard. Il était temps que la plus vieille organisation terroriste d’Europe ferme ses persiennes. ETA est passée d’un mouvement romantique et antifranquiste dans les années 1960, à un groupe terroriste pur et dur à partir des années 1970, assassinant plus de 800 personnes et blessant plus de 2 000 autres. On ne va pas faire la fiesta. Qu’ils fassent leurs adieux le plus discrètement possible, sans folklore, et avec humilité ! Bienvenue tout de même à cette dissolution.
Qu’attend aujourd’hui la société basque et espagnole d’ETA ?
Une autocritique sincère. Ce sera difficile, car ce serait renier son passé. Mais c’est nécessaire, non seulement de la part d’ETA, mais aussi de la gauche abertzale (patriote) de l’indépendantisme radical. Le soutien politique du parti Herri Batasuna a été fondamental : sans lui, ETA aurait disparu depuis longtemps. Il est important de reconnaître...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Pour la chercheuse Juliette Dross, responsable du concours Fleurs d’éloquence de la Sorbonne, l’oral et la rhétorique dépassent les cadres universitaire et professionnel et développent formation intellectuelle et sens critique.
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« La formation à l’art oratoire relève d’un objectif proprement citoyen »

Pour la chercheuse Juliette Dross, responsable du concours Fleurs d’éloquence de la Sorbonne, l’oral et la rhétorique dépassent les cadres universitaire et professionnel et développent formation intellectuelle et sens critique.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 09h37
    |

Juliette Dross (Maîtresse de conférences en langue et littérature latines)







                        



                                


                            

Tribune. L’océan est-il pacifique ? Une autre fin du monde est-elle possible ?… Non, ce n’est pas de course en solitaire ou d’apocalypse qu’il sera question dans cette tribune, mais… d’éloquence. Ces questions ont été posées mercredi 2 mai aux finalistes du concours d’éloquence de la Sorbonne, dans un auditorium de la Bibliothèque nationale de France plein à craquer. Alors, quel sens donner à ces débats oratoires, dont l’enjeu majeur est de savoir convaincre le jury et le public sur n’importe quel ­sujet, fût-il futile ?
Depuis une dizaine d’années, les ­concours d’éloquence connaissent un fort engouement dans les universités et les grandes écoles, bien au-delà des ­facultés de droit et des Instituts d’études politiques. Si les étudiants les plébiscitent, c’est parce qu’ils sont conscients de l’importance de la maîtrise de la parole pour leur cursus universitaire mais aussi pour leur future vie professionnelle.

Les concours d’éloquence et les formations qui les accompagnent viennent pallier un manque : l’enseignement de l’oral et de la rhétorique reste à la marge dans un système scolaire et universitaire français essentiellement tourné vers l’écrit. Le ­récent débat sur la réforme du baccalauréat et l’introduction d’un grand oral ­témoigne bien de l’étrangeté que représente l’oral en France. L’exercice roi du cursus français est la sacro-sainte ­dissertation, dans laquelle il s’agit moins de convaincre, au sens plein du terme, que d’argumenter. Or, ce n’est pas parce que l’on sait argumenter que l’on sait ­convaincre : les Anciens l’avaient déjà parfaitement compris.
La rhétorique, en effet, n’est pas une discipline neuve, tant s’en faut : elle fut théo­risée et abondamment pratiquée dans ­l’Antiquité gréco-romaine, qui nous a ­légué des notions fondatrices et encore éminemment opérationnelles. C’est à Aristote que l’on doit d’avoir distingué trois moyens de persuasion : l’un de ces moyens – mais l’un seulement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », note que la manifestation, qui s’ouvre sur deux polémiques, reste le lieu du débat et un rendez-vous incontournable de la planète cinéma.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/05/2018
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« Le Festival de Cannes défend l’auteur contre le producteur et le diffuseur. Vaille que vaille »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », note que la manifestation, qui s’ouvre sur deux polémiques, reste le lieu du débat et un rendez-vous incontournable de la planète cinéma.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 08h15
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Le Festival de Cannes ouvre dans quatre jours et il offre, en guise d’avant-première, deux sujets chauds. Un bon conflit à l’ancienne avec la bataille de droits autour d’un film sur Don Quichotte, et une brouille contemporaine, sur le boycottage de la manifestation par la plate-forme de vidéo Netflix.
Rien à voir ? Si. Ces deux affaires traduisent une certaine fébrilité du Festival, mais elles montrent aussi qu’il reste le lieu du débat et un rendez-vous incontournable de la planète cinéma. Surtout, dans les deux cas, Cannes défend l’auteur contre le producteur et le diffuseur. Vaille que vaille.

A ce jour, on ne sait toujours pas si le Festival sera autorisé à présenter en clôture, samedi 19 mai, L’Homme qui tua Don Quichotte, de Terry Gilliam.
A cause d’un conflit de propriété entre le cinéaste et le producteur Paulo Branco, qui a repris ce projet en 2016. Ce dernier a demandé à la justice d’interdire cette projection voulue par le cinéaste – décision attendue dans les jours prochains. Ce sera ensuite au Centre national du cinéma et de l’image animée d’autoriser, ou pas, la sortie en salles.
Le Festival rappelle qu’il ne s’est pas privé, dans le passé, de programmer des œuvres alors que le cinéaste était en conflit avec son producteur, ou de montrer des films dans une version différente de celle en salles – par exemple La Porte du paradis (1981), de Michael Cimino, ou Il était une fois en Amérique (1984), de Sergio Leone.
Décalage vertigineux
Les patrons du Festival, Thierry Frémaux et Pierre Lescure, sont si focalisés sur l’auteur qu’ils ont osé une comparaison pour le moins déplacée entre les ennuis de Gilliam et ceux de deux cinéastes sélectionnés cette année, le Russe Kirill Serebrennikov et l’Iranien Jafar Panahi, « assignés à résidence dans leurs pays ».
D’autres ont même qualifié Paulo Branco de censeur. Il serait le méchant producteur face au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Ecrans, emploi du temps surchargé, peur de l’insécurité… tout retient la nouvelle génération à l’intérieur. Un constat inquiétant, tant jouer dans la nature est essentiel au développement humain.
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On a coupé les enfants de la nature

Ecrans, emploi du temps surchargé, peur de l’insécurité… tout retient la nouvelle génération à l’intérieur. Un constat inquiétant, tant jouer dans la nature est essentiel au développement humain.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 09h48
    |

            Moina Fauchier-Delavigne








                        



                                


                            

Un matin d’été, dans un centre de vacances de Montreuil (Hautes-Alpes), non loin de Grenoble, ­Caroline Guy entame un atelier de relaxation dans la nature avec un petit groupe de filles de 11 ans. Pour ­commencer, elle leur demande de se déchausser dans l’herbe. La réaction est unanime : « Quoi ? Pieds nus dans l’herbe ? Ça va pas la tête ! C’est dégoûtant. Il y a des bêtes… » Impossible. Inimaginable. Une seule ose ­finalement tenter l’expérience.
« Elle n’avait jamais marché pieds nus dans l’herbe et a trouvé ça génial, ­raconte Caroline Guy, trois ans plus tard. Dans un monde normal, on ­découvre ça dès qu’on commence à marcher, vers 1 an. » L’expérience a tant marqué cette éducatrice autodidacte que, après un passage dans des écoles classiques, elle a décidé d’ouvrir à la rentrée prochaine une école dans la forêt, dans le sud de la France, avec pour ­modèle les skovbornehaven ­danois, des maternelles où les enfants passent la majeure partie de la journée dehors.
Y a-t-il beaucoup d’enfants qui n’ont jamais touché de l’herbe ? Cela semble en passe de ­ devenir la norme. Aujourd’hui, quatre enfants sur dix (de 3 à 10 ans) ne jouent jamais dehors pendant la semaine, selon un rapport publié en 2015 par l’Institut de veille sanitaire (INVS). Et les petits Franciliens sortent encore moins. « Le jeu en plein air a été éliminé de l’emploi du temps des enfants », résume Julie Delalande, anthropologue de l’enfance.
Les chances de s’émerveiller
En l’espace d’une génération, ils sont rentrés dans les maisons. Dans son ouvrage Last Child in the Woods (« Dernier enfant dans les bois », Algonquin Books, 2005, non traduit), le journaliste américain Richard Louv cite deux études. Selon l’une, issue du Manhattan College, à New York, si 71 % des mères jouaient dehors chaque jour quand elles étaient petites, seuls 26 % de leurs propres enfants en font autant. Soit quasiment trois fois moins. Selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Trente ans après les morts d’Ouvéa, et à l’approche du ­référendum du 4 novembre sur l’accès à la pleine souveraineté de ce territoire, il n’est pas sûr que la construction d’un « destin commun » ait totalement abouti.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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« Décolonisation et construction d’une nation “arc-en-ciel” semblent hypothétiques en Nouvelle-Calédonie »

Trente ans après les morts d’Ouvéa, et à l’approche du ­référendum du 4 novembre sur l’accès à la pleine souveraineté de ce territoire, il n’est pas sûr que la construction d’un « destin commun » ait totalement abouti.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 17h33
    |

                            Michel Naepels (Anthropologue)








                        



                                


                            

Résonances. La violence politique ouvre des temporalités hantées, des souvenirs douloureux, des géographies bouleversées, des traumatismes transmis silencieusement par-delà les générations. Un accord de paix ne met jamais tout à fait fin à la guerre. Quand une plaie se referme-t-elle ? Et à quelles conditions ?
Après la guerre de Bosnie, les accords de Dayton, en 1995, n’ont certainement pas suffi à tourner la page de l’épuration ethnique, à effacer le siège de Sarajevo, les massacres de Prijedor, de Srebrenica et d’ailleurs. Pire, ratifiant dans l’organisation de l’Etat l’ethnicisation du corps ­politique désirée par les nationalistes, ils ont ouvert une crise permanente dans la citoyenneté bosnienne. ­Vingt-trois ans plus tard, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie vient de terminer ses procès, avec la condamnation de Ratko Mladic. Mais il reste beaucoup de silence, de tristesse, et le sentiment de l’abandon par l’Union européenne. La lutte contre l’oubli, pour la ­réconciliation, pour la démocratie est loin d’être achevée.
Rares sont les pays qui ont pleinement affronté la violence politique. La Commission vérité et réconciliation sud-africaine a certainement été un modèle : des mois d’audiences retransmises à la télévision, fondées sur la révélation franche et complète des crimes politiques commis, pour construire la « nation arc-en-ciel ». La situation est loin d’être parfaite, les traumatismes ­individuels n’ont pas été réparés, les injustices héritées de la colonisation et de l’apartheid n’ont pas disparu. Et le parti au pouvoir, l’ANC, n’a pas toujours su incarner la vision politique et la promesse qu’incarnait Nelson Mandela. Mais les torts ont été reconnus.
Une Nouvelle-Calédonie « arc-en-ciel » ?
C’est une autre nation que la Nouvelle-Calédonie est amenée à construire. Il y a trente ans, la mort de quatre gendarmes, le 22 avril 1988, et de dix-neuf Kanak indépendantistes à Ouvéa, preneurs d’otages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le juriste Philippe Sands se rend à Istanbul vendredi pour rencontrer, en prison, le journaliste Ahmet Altan, condamné à perpétuité. Il lui rend ici un hommage très politique.
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Lettre à un « cher ami absent » : Ahmet Altan, journaliste emprisonné en Turquie

Le juriste Philippe Sands se rend à Istanbul vendredi pour rencontrer, en prison, le journaliste Ahmet Altan, condamné à perpétuité. Il lui rend ici un hommage très politique.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 09h09
    |

Philippe Sands (Professeur de droit à University College London et président de English PEN)







                        



                                


                            

[Accusé d’avoir participé au coup d’Etat manqué contre le président Erdogan en juillet 2016, le journaliste et écrivain turc Ahmet Altan a été condamné le 16 février à la réclusion à perpétuité, provoquant un vaste mouvement d’indignation international. Le juriste Philippe Sands, auteur de l’essai Retour à Lemberg, devrait, le 4 mai, être le premier étranger à pouvoir lui rendre visite.]
Tribune. Mon cher ami, j’espère que tu me permettras de t’adresser quelques mots en ton absence.
Pour commencer, laisse-moi te dire le plaisir que j’éprouve à être de retour dans « ta » ville. Istanbul est un lieu qui ne me rappelle que des bons souvenirs. Nous en avions discuté.
Je comprends absolument que ta situation personnelle actuelle ne te permet pas de m’y accueillir. Je te pardonne, même si cela fait un certain temps qu’on ne s’est pas vus. Te souviens-tu de cette visite à Londres, en août 2015 ? Nous étions assis ensemble dans un jardin ensoleillé. Tu admirais la pelouse, ma pelouse, et cela m’a réjoui. Je t’ai parlé de mon voisin, le juge qui a signé le mandat d’arrêt contre le sénateur Pinochet, en 1998.
Tu as souri quand je t’ai dit qu’il ne savait pas vraiment qui était Pinochet – « la Justice est aveugle », m’avait dit le juge. Tu dévorais les détails, et aussi l’idée même qu’il existe une justice indépendante, ou bien qu’on puisse demander des comptes à un puissant déchu. Nous avons parlé du monde, de ton nouveau livre, du mien. Nous avons ri, mangé, nous sommes inquiétés. Nous avons fait toutes ces choses ensemble. Quelques mois plus tard, je retournais dans ta ville merveilleuse.
Et puis tu as été enlevé. On m’a dit que c’était à cause des mots que tu as prononcés en place publique, ce qui les rendait pires encore. On m’a dit que ces mots parlaient de mains qui se glissent dans un sac. Ces paroles étaient nuisibles, a-t-on dit. Nous savons, toi et moi, chacun à notre façon,...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-15">
<filnamedate="20180504"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180504"><AAMMJJHH="2018050419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Auteur de l’ouvrage « Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? », le philosophe Jean-Claude Monod décrypte la politique et la posture du président de la République.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Emmanuel Macron, entre autorité présidentielle et autoritarisme

Auteur de l’ouvrage « Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? », le philosophe Jean-Claude Monod décrypte la politique et la posture du président de la République.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 06h38
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Spécialiste de philosophie allemande et de philosophie politique, Jean-Claude Monod a publié en 2012 un ouvrage intitulé Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? (Seuil), réédité en poche en 2017 avec une postface inédite (Points). Un an après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, il revient sur sa manière de gouverner et d’incarner le pouvoir.
On se demandait si François Hollande arriverait à s’imposer à la tête de l’Etat un an après son investiture. La question ne se pose pas, à la même échéance, pour Emmanuel Macron… En revanche, tout en endossant la fonction d’un chef de l’Etat de la Ve République, ne donne-t-il pas parfois le sentiment de surjouer le rôle ?
Emmanuel Macron s’est en partie construit en opposition à la figure du « président normal » incarnée par François Hollande. Conscient des attentes majoritaires du pays, celles d’un chef plus affirmé, il a théorisé la métaphore jupitérienne et l’a appliquée de manière relativement efficace, me semble-t-il.
La Ve République a été pensée pour le général de Gaulle, dont la légitimité historique et le charisme personnel étaient vraiment exceptionnels. Emmanuel Macron cherche donc à habiter cette fonction, en retrouvant de la solennité et de la distance.
Il recherche aussi la rareté, cette fois plutôt par contraste avec Nicolas Sarkozy qui saturait l’espace public. C’est une idée que l’on trouve déjà chez certains dirigeants en Grèce ancienne. Périclès ménageait ses apparitions, il rendait sa parole rare pour qu’elle reste frappante. Une certaine économie de la parole et de la présence est un élément assez classique de prestige. Evidemment, le risque est que toute cette attitude bien pensée ne se retourne contre Emmanuel Macron, que le ridicule ne l’emporte ou qu’il s’avère trop ­ « petit » pour la fonction.
Mais le pari de sa présidence est bien de coller à un certain esprit de la Ve République...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans « Les Jeunes Gens », Mathieu Larnaudie s’est intéressé à la génération ambitieuse de la promotion Senghor de l’ENA, celle d’Emmanuel Macron.
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Les jeunes pousses de la promotion « Macron »

Dans « Les Jeunes Gens », Mathieu Larnaudie s’est intéressé à la génération ambitieuse de la promotion Senghor de l’ENA, celle d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h08
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
On sent que leur heure est venue. Sous les présidences de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, ces têtes bien faites aux grandes ambitions ont fini leur croissance dans les cabinets ministériels ou les entreprises, tels des semis plantés sous serre à l’approche du printemps – un peu en retrait, loin du jardin principal. Mais depuis la victoire surprise à la présidentielle d’un des leurs, Emmanuel Macron, ces jeunes pousses de la promotion Senghor (2002-2004) éclosent en pleine lumière. Et se font remarquer, donnant l’impression qu’elles sont prêtes : la prise de la quarantaine.
On a beaucoup écrit et glosé sur la promotion Voltaire (1978-1980) de l’Ecole nationale d’administration (ENA), celle de M. Hollande, Dominique de Villepin et Ségolène Royal. Voici que c’est au tour de « la Senghor » d’être l’objet de toutes les attentions. Elle s’est rappelée à nous récemment, lorsque ­Sibyle Veil – qui y appartient, tout comme son mari Sébastien, petit-fils de Simone Veil – a été désignée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour prendre la présidence de Radio France. Et dans la crise qui secoue la SNCF, est apparu un autre « Senghor », Mathias Vicherat, qui occupe le poste de directeur général adjoint de l’entreprise ferroviaire publique, et qui fut, en 2006, témoin de mariage du couple Veil.


Ces figures traversent le nouveau livre de Mathieu Larnaudie intitulé Les Jeunes Gens (Grasset, 208 pages, 18 euros). Né en 1977, comme la plupart d’entre eux – l’année du punk et du « no future », marquée par la sortie de l’album des Sex Pistols, Never Mind the ­Bollocks –, il s’est intéressé à leur destin dès 2013. « Au moment où j’ai enquêté, ils étaient vingt dans le gouvernement, c’est ce qui a attiré mon regard », explique-t-il au Monde. Il en fait d’abord un article pour la version française de Vanity Fair, avant d’en tirer cet ouvrage qui raconte la fabrique d’une élite à travers 134 élèves...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Frédéric Létoffé et Gilles de Laâge, coprésidents du Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques (GMH), dressent un panorama alarmant de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur.
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Métiers du patrimoine : « La transmission intergénérationnelle n’est plus assurée »

Dans une tribune au « Monde », Frédéric Létoffé et Gilles de Laâge, coprésidents du Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques (GMH), dressent un panorama alarmant de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 09h38
    |

Gilles de Laâge et Frédéric Létoffé (Coprésidents du Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques (GMH)







                        



                                


                            
Tribune. Etablissements de formation désertés, entreprises en quête de salariés, savoir-faire en voie de disparition… Tel est l’état actuel du recrutement des entreprises spécialisées dans la restauration des monuments historiques. Un constat saisissant et sinistre qui laisse pantois. Alors que notre patrimoine connaît un engouement sans précédent auprès des Français, comment ces techniques traditionnelles, reconnues et admirées, peuvent-elles connaître un destin aussi funeste ?
Une fois les derniers détenteurs des savoir-faire à la retraite, resterons-nous orphelins de notre propre patrimoine ?
Depuis une quarantaine d’années, nous creusons notre propre tombe. L’apprentissage est considéré comme la voie de l’échec et reste profondément dévalorisé. Le patrimoine subit la même discrimination. Aujourd’hui considérés comme des « technicités non courantes », ces savoir-faire traditionnels deviennent marginaux au milieu d’un secteur de plus en plus industrialisé où règne la préfabrication et l’assemblage…
On ne trouve plus de ferronniers, de couvreurs, ni de plâtriers. Ces métiers, alliant haute technicité opérationnelle et connaissance théorique fondamentale, souffrent et parfois même disparaissent, faute de successeur. La transmission intergénérationnelle n’est plus assurée. Une fois les derniers détenteurs des savoir-faire à la retraite, resterons-nous orphelins de notre propre patrimoine ? Et quelle identité laisserons-nous aux jeunes générations ?
Du travail « à la pelle »
Malgré les vitrines audiovisuelles et autres événements citoyens comme les journées européennes du patrimoine, les centres de formation peinent à remplir leurs classes et à honorer les contrats d’apprentissage. La principale problématique des quelque deux cent dix entreprises du GMH (Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques) est d’intégrer des jeunes bien formés, sensibilisés aux besoins du marché et aux contraintes économiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le rite du remplissage de la déclaration de revenu est traumatisant pour certains contribuables. Il prend une dimension particulière avant la mise en place du prélèvement à la source en 2019.
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Stress fiscal

Le rite du remplissage de la déclaration de revenu est traumatisant pour certains contribuables. Il prend une dimension particulière avant la mise en place du prélèvement à la source en 2019.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

            Joël Morio








                        



   


Editorial. Avec le printemps, les allergiques aux pollens ont le nez qui coule et les personnes atteintes de « phobie administrative » s’affolent. Tandis que les feuilles verdissent sur les arbres, d’autres remplissent les boîtes aux lettres. Les déclarations de revenus pour 2017 ont désormais été envoyées à plus de 25 millions de contribuables, alors que 12,8 millions ont opté pour ne plus les recevoir par voie postale.

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                Déclaration de revenus mode d’emploi



Papier ou numérique, la déclaration provoque toujours un stress chez beaucoup de Français. Pour preuve, en 2017, au moment où il fallait la remplir, 5,3 millions d’usagers ont été accueillis dans les centres des finances publiques, tandis que 4,1 millions d’appels étaient traités et 2,1 millions de courriels adressés aux services fiscaux. Même préremplie par l’administration, la déclaration de revenus demande – au minimum – une vérification. Et si 21,4 millions contribuables n’étaient pas imposables en 2017, tous porteront cette année un soin particulier pour la remplir.
Et l’IFI aussi
D’abord, les plus fortunés devront garder à l’esprit qu’il faut aussi mentionner son patrimoine immobilier dans le cadre de la mise en place de l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI). Cela concerne prioritairement ceux qui étaient assujettis au défunt impôt sur la fortune (ISF). Cependant, la flambée de l’immobilier dans certaines régions et la non-déductibilité de certains crédits souscrits pour financer l’acquisition d’un bien pourraient placer dans le champ d’action de l’IFI quelques contribuables qui n’étaient pas concernés par l’ISF.

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                Déclaration de revenus 2017 : les choix de dernière minute qui peuvent alléger l’imposition



Pour le plus grand nombre, la déclaration des revenus de 2017 aura des conséquences en 2018, bien sûr, mais aussi en 2019, voire en 2020. Elle déterminera le taux de prélèvement qui sera appliqué sur la fiche de paye – et les pensions – dès le 1er janvier 2019. Sur Internet, une fois sa déclaration remplie, le contribuable pourra découvrir ce fameux taux et, à partir de la mi-juillet, et sous certaines conditions, l’adapter à sa situation personnelle. Il s’agit, par exemple, pour un couple, d’individualiser ce taux en fonction des salaires de chacun.

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                La taxe foncière sur des sables mouvants



Malheureusement, toutes les incertitudes ne seront pas pour autant dissipées. Le risque de se voir appliquer un taux ne prenant pas en compte sa situation personnelle subsistera. Le taux d’imposition réel ne dépend pas uniquement des revenus perçus. Il intègre la situation familiale, les crédits d’impôt auxquels le contribuable à droit (lorsqu’il emploie une aide à domicile par exemple), les niches fiscales dont il bénéficie… La liste est (très) longue. La plupart des cas ont été anticipés, rassure Bercy. Cependant, beaucoup trop de zones d’ombre perdurent. De quoi alimenter le stress fiscal, et pas seulement au printemps.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Selon l’assureur Bertrand Hartemann, dans une tribune au « Monde », la généralisation du paiement numérique sur les plates-formes privées offre à l’Etat un outil de surveillance accrue de la population.
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« La “fintech” chinoise, un “fait social total” qui est tout sauf neutre »

Selon l’assureur Bertrand Hartemann, dans une tribune au « Monde », la généralisation du paiement numérique sur les plates-formes privées offre à l’Etat un outil de surveillance accrue de la population.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

Bertrand Hartemann (Directeur marketing d’Allianz Chine)







                        



                                


                            
Tribune. Forte d’un marché de 730 millions d’internautes, la Chine s’impose comme le centre névralgique de la finance numérique, la fintech. Les géants des nouvelles technologies plongent leurs racines au plus profond des pratiques quotidiennes de la société de consommation chinoise. Baidu, Alibaba et Tencent ont su développer des écosystèmes complets combinant services d’usage quotidien et offre financière. Le succès est d’autant plus fort que la classe moyenne chinoise a été délaissée par un système bancaire principalement tourné vers le financement de l’appareil industriel. Mais cet essor de la fintech a également sa part d’ombre.
Résiliente au « big bang » de la crise financière de 2008, la Chine abrite aujourd’hui plusieurs des plus grandes banques du monde
Le succès de la fintech chinoise réside dans la conjonction d’une société avide de nouvelles technologies, d’un système bancaire sous-développé et d’un environnement réglementaire souple. Résiliente au « big bang » de la crise financière de 2008, la Chine abrite aujourd’hui plusieurs des plus grandes banques du monde.
Mais sous la tutelle du gouvernement, le système bancaire s’est principalement structuré autour du financement des entreprises publiques et des collectivités locales. Près des deux tiers des prêts leur sont destinés. Les petites entreprises et la classe moyenne subissent au contraire un rationnement du crédit et une faible rémunération des dépôts.
Vide comblé
Les géants du numérique ont naturellement comblé le vide en répondant à l’ensemble des besoins, financiers et non financiers, de la classe moyenne chinoise. Le smartphone est devenu compagnon de tous les instants du consommateur chinois. Il sert à socialiser, s’informer, commander un repas, prendre un taxi, payer en magasin ou encore effectuer des transferts d’argent au profit d’un autre utilisateur…
En chine, l’argent liquide et les cartes bancaires sont presque devenus un anachronisme
Scanner...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Héloïse Berkowitz et Antoine Souchaud, deux chercheurs ayant étudié l’histoire de la création du secteur du prêt participatif, expliquent dans une tribune au « Monde » comment le monopole bancaire a été contourné.
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« Crowdlending » : « Le déverrouillage d’un système établi de longue date »

Héloïse Berkowitz et Antoine Souchaud, deux chercheurs ayant étudié l’histoire de la création du secteur du prêt participatif, expliquent dans une tribune au « Monde » comment le monopole bancaire a été contourné.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

Héloïse Berkowitz (Chercheuse CNRS à Toulouse School of Management Research) et Antoine Souchaud (Chercheur au Labex Régulation Financière à ESCP E...







                        



                                


                            
Tribune. Jusqu’au début des années 2010, seules les banques avaient le droit d’octroyer des prêts assortis d’intérêts. Les individus et les entreprises n’étaient pas autorisés à soutenir des projets ou d’autres entreprises. La législation interdisait le crédit entre pairs. Mais ce monopole des prêts attribué aux seules banques a été fragilisé en 2014 puis plus fortement encore en 2016 par deux ordonnances successives.
Bien souvent, ces petits prêts sans garanties classiques donnent accès par lasuite à un apport bancaire complémentaire
Des plates-formes Internet permettent désormais aux PME d’obtenir des prêts sans caution grâce à la mutualisation de fonds fournis par une multitude d’entreprises et de particuliers, qui prêtent chacun des sommes limitées (en moyenne 200 euros par individu contributeur), en fonction de critères moins homogènes que ceux des banques. Bien souvent, ces petits prêts sans garanties classiques donnent d’ailleurs accès par la suite à un apport bancaire complémentaire.
Comment ce déverrouillage d’un système établi de longue date a-t-il été rendu possible ? C’est ce que nous avons voulu comprendre, en consacrant nos recherches à l’analyse de la stratégie du pionnier du financement participatif (crowdlending), fondateur de l’une des premières plates-formes de ce secteur (« Stratégies de conquête d’un nouvel espace de marché : la structuration du crowdlending », Gérer et comprendre, nº 131, mars 2018).
Faille juridique
Une stratégie originale, combinant action individuelle et mobilisation d’un collectif composé de futurs concurrents potentiels et de représentants de la société civile. Une stratégie que d’autres acteurs économiques pourraient transposer pour ouvrir des marchés monopolisés de la même manière par certaines corporations.
Tout d’abord, c’est grâce à une faille juridique que le pionnier du crowdlending a réussi à démarrer son activité en 2013, dans le cadre de la réglementation...




                        

                        

