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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Dans une « déclaration finale », datée du 3 mai, Euskadi ta Askatasuna (ETA) a annoncé sa dissolution. Retour en cartes sur les enjeux de cette annonce.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/05/04/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ La députée LRM de la Nièvre, Perrine Goulet, avait émis cette proposition dans le cadre d’une commission d’enquête sur la sûreté de ces installations.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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Greenpeace porte plainte contre une députée qui a suggéré de « tirer » sur les intrus dans les centrales nucléaires

La députée LRM de la Nièvre, Perrine Goulet, avait émis cette proposition dans le cadre d’une commission d’enquête sur la sûreté de ces installations.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h36
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

L’intervention de la députée (LRM) de la première circonscription de la Nièvre, Perrine Goulet, le 22 mars, avait glacé le sang des militants de Greenpeace France. Membre de la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires qui auditionnait, ce jour-là, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, la parlementaire avait suggéré de « tirer » en cas d’intrusion dans une centrale nucléaire.
Alors que plusieurs de ses activistes se sont introduits, à l’automne 2017, dans l’enceinte deux centrales nucléaires afin, explique Greenpeace, de « démontrer l’extrême vulnérabilité des piscines d’entreposage de combustible usagé, hautement radioactif, face aux risques d’attaques extérieures », l’organisation écologiste a déposé, le 25 avril, une plainte avec constitution de parties civiles contre Mme Goulet pour « provocations à un crime et à un délit non suivis d’effet » au tribunal de grande instance de Paris.
Lors de l’audition du 22 mars, retransmise en directe sur le portail vidéo de l’Assemblée nationale, Gérard Collomb avait souligné que les ONG, et en particulier Greenpeace, prennent « la précaution d’afficher leur nom de loin sur les banderoles, ce qui, évidemment, ne suscite par le même type de réaction que si quelqu’un d’inconnu venait pénétrer » dans des sites sensibles. Députée LRM de la Somme et rapporteure de la commission, Barbara Pompili, avait alors objecté : « A ce moment-là, le bon petit terroriste va prendre la banderole Greenpeace », inspirant ainsi Mme Goulet.
« Tirer dans les jambes »
« Pourquoi nous ne ferions pas un peu comme aux Etats-Unis ? Avec une sécurisation par miradors et possibilité, effectivement, de ne pas se poser de questions, et quand il y a une intrusion, de tirer ?, avait interrogé cette dernière. Je pense qu’à un moment il va falloir ne plus distinguer, puisque c’est un délit de rentrer sur une...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Si le gouvernement voulait vraiment rendre vertueux le secteur des jeux de loterie, il pourrait laisser de nouveaux acteurs proposer la formule de l’épargne-loterie, plaide dans une tribune au « Monde » Florent Aubert, coordinateur de Students for Liberty France.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Française des jeux : « Ne substituons pas un monopole privé à un monopole public »

Si le gouvernement voulait vraiment rendre vertueux le secteur des jeux de loterie, il pourrait laisser de nouveaux acteurs proposer la formule de l’épargne-loterie, plaide dans une tribune au « Monde » Florent Aubert, coordinateur de Students for Liberty France.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h22
    |

Florent Aubert (Coordinateur du mouvement de défense des idées libérales « Students for Liberty » en France)







                        



                                


                            

Tribune. Alors qu’il est actuellement question de privatiser – partiellement – la Française des jeux (FDJ), le gouvernement ne semble pas avoir l’intention de remettre en cause son monopole. Or, celui-ci s’exerce notamment au détriment des populations à faible revenu, les plus touchées par l’addiction au jeu.
L’Etat a un rôle ambigu dans le secteur des jeux d’argent : bénéficiaire direct du monopole, il est à la fois juge et partie. Il se targue de vouloir prévenir les risques liés à l’addiction, mais il bénéficie d’autant plus de ressources financières qu’il y a de joueurs.
Au total, entre prélèvements sur les mises des parieurs, impôts sur les sociétés et dividendes versés via sa participation dans la FDJ, l’Etat perçoit plus de 3 milliards d’euros chaque année. L’entreprise publique va jusqu’à puiser dans ses réserves pour continuer à verser de généreux dividendes même lorsqu’elle fait des pertes.

Plus dérangeant encore, un certain nombre de petits actionnaires (à hauteur de 23 %, l’Etat détenant 72 % de la FDJ et ses salariés 5 %), devenus propriétaires au gré de l’histoire mouvementée de l’entreprise publique, jouissent également de cette manne colossale. L’amiral Henri Lacaille, président d’une association d’anciens combattants, ne rappelait-il pas que la Française des jeux [offre] « le meilleur rendement sur la place de Paris, plus juteux que tout ce qu’on trouve ailleurs » ? N’est-il pas problématique qu’un petit groupe de particuliers (qui rapetisse d’année en année, les anciens combattants n’étant pas immortels…) profite des largesses immenses d’un monopole public au détriment des joueurs, qui ne peuvent se tourner vers aucun autre système moins pernicieux ?
Concept surprenant
Pourtant, il existe une voie que personne ne semble connaître en France, étant donné le silence général (délibéré ?) sur le sujet. En novembre 2017, le Texas est devenu le 26e Etat américain à autoriser...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Deux articles, datés du 6 mai et du 11 mai 1988, relataient l’attaque d’une gendarmerie à Fayaoué, la prise d’otages et l’assaut de la grotte de Gossanah par les forces de l’ordre.
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La prise d’otages d’Ouvéa : le récit que « Le Monde » en avait fait en 1988

Deux articles, datés du 6 mai et du 11 mai 1988, relataient l’attaque d’une gendarmerie à Fayaoué, la prise d’otages et l’assaut de la grotte de Gossanah par les forces de l’ordre.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h27
   





                        



                                


                            
Le président de la République, Emmanuel Macron, est arrivé jeudi 3 mai en Nouvelle-Calédonie, il y restera trois jours. L’un des temps forts de son séjour sera sa visite à Ouvéa, samedi 5 mai, date anniversaire de l’assaut par l’armée et la gendarmerie de la grotte de Gossanah, en 1988. Au cours de cette attaque, dix-neuf militants indépendantistes, qui retenaient des gendarmes en otages, trouvèrent la mort. C’est la première fois qu’un chef de l’Etat se rend sur place.

En 1988, « Le Monde » avait fait le récit ces événements. Voici notamment deux articles, datés du 6 mai et du 11 mai 1988, qui relataient l’attaque d’une gendarmerie à Fayaoué, la prise d’otages et l’assaut de la grotte de Gossanah par les forces de l’ordre.
22 avril : attaque de la gendarmerie
Des militants indépendantistes kanaks prennent en otage une trentaine de gendarmes. Quatre d’entre eux sont tués.
Après le service de Dieu, le Père François-Xavier de Viviès, curé d’Ouvéa, cultive une passion peu ordinaire : capter les messages radio de la gendarmerie. Lieutenant en Algérie avant d’entrer dans les ordres, il a conservé le goût des transmissions. Alors, pour briser cette torpeur tropicale qui parfois engourdit son presbytère, il branche son petit récepteur radio sur la fréquence de la gendarmerie.
Le matin du vendredi 22 avril, le Père de Viviès avait placé son transistor en « veille ». Subitement, l’appareil crachote : « 2-97, 2-97, nous sommes occupés… ». Le Père tend l’oreille. Puis une réponse enchaîne, de Nouméa : « 97, répondez, 97, répondez… ». Ensuite, plus rien. Un grésillement qui s’éternise. La brigade de gendarmerie de Fayaoué ne répond plus à l’appel. Intrigué, le curé enfourche sa mobylette et parcourt les vingt kilomètres qui séparent le presbytère de Saint-Joseph du centre administratif de Fayaoué. Lorsqu’il franchit le portail de la brigade de gendarmerie, il n’en croit pas...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Eric Blanchet, directeur de Ladapt, estime que le gouvernement ne peut prôner « en même temps » une vision inclusive de la société et demander d’économiser les moyens financiers et humains dans le domaine de la santé.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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« Il faut donner les moyens de remplir leurs missions à ceux qui luttent contre toutes les formes d’exclusion »

Dans une tribune au « Monde », Eric Blanchet, directeur de Ladapt, estime que le gouvernement ne peut prôner « en même temps » une vision inclusive de la société et demander d’économiser les moyens financiers et humains dans le domaine de la santé.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
    |

Eric Blanchet (Directeur général de Ladapt, association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées.)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis le début de l’année, les personnels des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et des hôpitaux sont mobilisés pour protester contre leurs conditions de travail de plus en plus difficiles, qui engendrent une dégradation de la qualité de l’accueil et des soins dispensés. Le face-à-face tendu entre le président de la République et des soignants du CHU de Rouen, le 5 avril, symbolise l’incompréhension entre un personnel réclamant des moyens humains et financiers, et un gouvernement lui opposant une logique gestionnaire de réduction de la dette. Or c’est cette logique de la performance, à travers une gestion déconnectée des besoins sanitaires et sociaux, qui a conduit à une telle situation.
avec le changement climatique ou la crise des réfugiés, l’europe doit faire face à des enjeux qui ne se solderont pas avec de simples indicateurs financiers
Pour beaucoup de nos concitoyens, la notion de performance se résume à la réussite économique. En existant uniquement à travers une union économique et monétaire, l’Europe favorise cette perception limitée de la performance. Or, avec le changement climatique ou la crise des réfugiés, elle doit faire face à des enjeux qui ne se solderont pas avec de simples indicateurs financiers. C’est pourquoi toute performance devrait être évaluée au regard d’un projet commun de vivre ensemble.
Que signifie en effet « performance » pour une association d’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées, par rapport, par exemple, à un constructeur automobile ou une banque ? Il est évident que le critère quantitatif compte plus pour les seconds que pour la première, dont la performance dépend avant tout de la qualité des services rendus par ses acteurs pour améliorer les conditions de vie des personnes qu’elle aide. Dès lors, parler « des » performances, au pluriel et d’un point de vue collectif, apparaît comme un bon moyen de sortir du prisme restrictif...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Le secrétaire général de la Ligue, Mohamed Abdelkarim Al-Issa, estime que les minorités musulmanes dans les pays occidentaux doivent se plier aux lois en vigueur.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Ligue islamique mondiale : « Nous luttons contre les ultrarigoristes et les extrémistes »

Le secrétaire général de la Ligue, Mohamed Abdelkarim Al-Issa, estime que les minorités musulmanes dans les pays occidentaux doivent se plier aux lois en vigueur.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h41
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            

Ancien ministre de la justice saoudien, le cheikh Mohamed Abdelkarim Al-Issa a été nommé en août 2016 à la tête de la Ligue islamique mondiale, l’un des bastions du wahhabisme, le courant ultrarigoriste de l’islam qui a rang de religion d’Etat en Arabie saoudite. Cette structure panislamique, qui fonctionne comme le bras religieux de la diplomatie saoudienne, est accusée par ses détracteurs de « wahhabiser » les communautés musulmanes d’Afrique et d’Asie. L’arrivée de ce réformiste, notamment partisan de la conduite automobile des femmes, a provoqué des remous au sein de l’institution.
Votre arrivée à la tête de la Ligue islamique mondiale a été vue comme une nouvelle ligne de cette organisation. A-t-elle été rendue possible par le changement de roi à la tête du royaume saoudien ?
Les institutions religieuses ne doivent ni servir des individus ni véhiculer des slogans politiques. Nous voulons lutter contre la haine et l’extrémisme en toute neutralité, impartialité et sagesse. Notre mission est la sensibilisation et la dissémination du vrai message de l’islam dans le monde, qui est un message de paix, d’amour et de respect. Nous portons le point de vue du musulman modéré. Nous ne voulons pas imposer nos convictions religieuses et politiques à l’autre. Nous voulons lutter contre les mouvances qui ont instrumentalisé l’islam et aussi contre l’islamophobie, qui a beaucoup servi à des mouvements terroristes comme Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] à recruter des adeptes.
La lutte contre l’extrémisme n’était pas menée de la meilleure manière qui soit. Il ne suffit pas de dire que l’on est contre, il faut agir. Daech fait du terrorisme à bas coût : un seul acte terroriste peut émouvoir le monde entier sans que cela coûte un euro. Internet lui a permis d’entrer dans chaque pays sans visa et d’y diffuser son message sans autorisation. De nombreux contenus extrémistes ont été envoyés par Daech sur les...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Le 14 mai 1988, le journal publiait un article intitulé « Sept questions et un mystère sur l’affaire d’Ouvéa ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Affaire d’Ouvéa : ce que « Le Monde » révélait sur la prise d’otages et l’assaut en mai 1988

Le 14 mai 1988, le journal publiait un article intitulé « Sept questions et un mystère sur l’affaire d’Ouvéa ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 14h24
   





                        



                                


                            
Le président de la République, Emmanuel Macron, est arrivé jeudi 3 mai en Nouvelle-Calédonie, il y restera trois jours. L’un des temps forts de son séjour sera sa visite à Ouvéa, samedi 5 mai, date anniversaire de l’assaut de la grotte de Gossanah par l’armée et la gendarmerie, en 1988. Au cours de cette attaque, dix-neuf militants indépendantistes, qui retenaient des gendarmes en otages, trouvèrent la mort. C’est la première fois qu’un chef de l’Etat se rend sur place.

En mai 1988, Le Monde avait fait le récit de ces événements. Dans un article intitulé « Sept questions et un mystère sur l’affaire d’Ouvéa », le journal avait notamment analysé la version officielle de l’assaut de la grotte, montrant qu’elle ne coïncidait « pas avec les faits ». Voici l’article publié le 14 mai 1988.
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Sept questions et un mystère sur l’affaire d’Ouvéa
Réclamée par SOS-Racisme et par la Ligue des droits de l’homme, la désignation d’une commission d’enquête sur l’assaut d’Ouvéa s’appuie sur un constat de bon sens : il y a trop d’imprécisions, sinon de contradictions, dans les différentes versions officielles rendant compte de l’assaut. La polémique sur les morts des deux chefs du commando indépendantiste – le « politique », Alphonse Dianou, et le « militaire », Wenceslas Lavelloi – et d’un des « porteurs de thé », chargés de ravitailler les otages et leurs gardiens, Waina Amossa, leur a donné une dimension nouvelle, autrement accusatrice.
Mais bien d’autres faits sèment le doute sur la cohérence des versions officielles : des détails, plus ou moins importants, se révèlent aujourd’hui mensongers ; des versions différentes de moments capitaux circulent entre l’Elysée et les autorités militaires, voire même au sein du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale. Il y a ainsi, au moins, sept points litigieux.
L’attaque de la gendarmerie de Fayaoué. Organisée...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Le préfet de police de Paris veut mobiliser 2 000 policiers et gendarmes samedi pour la manifestation imaginée par François Ruffin.
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Après les débordements du 1er-Mai, important dispositif policier prévu pour la « fête à Macron »

Le préfet de police de Paris veut mobiliser 2 000 policiers et gendarmes samedi pour la manifestation imaginée par François Ruffin.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 12h18
    |

            Julia Pascual








                        


Pris dans une polémique au lendemain du 1er mai qui a vu un groupe de 1 200 black blocs contester la légitimité du cortège officiel et commettre des dégradations matérielles sur son passage, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, est tourné vers l’organisation du maintien de l’ordre du rendez-vous d’après.
Avant la « fête à Macron », qu’organisent samedi 5 mai à Paris entre la place de l’Opéra et Bastille, François Ruffin, député La France insoumise de la Somme, l’intellectuel et figure de la gauche radicale Frédéric Lordon et plusieurs acteurs associatifs, le préfet de police entend faire en sorte que celle-ci « se passe dans de bonnes conditions ». Plusieurs dizaines de milliers de personnes pourraient participer à la manifestation. « J’ai échangé personnellement avec M. Ruffin ce matin, nous avons le même objectif », a expliqué vendredi M. Delpuech au Monde.
Au Conseil de Paris, jeudi, le préfet a été interrogé par des élus sur la sécurisation du 1er-Mai. Il a notamment rappelé que l’organisation de contrôles et fouilles systématiques en amont de la manifestation est, juridiquement, impossible. Il promet cependant plus de contrôles.
Mauvais procès
Alors même que le bilan matériel et humain (4 blessés légers) a été très limité eu égard au nombre inédit de black blocs, des élus de gauche et de droite ont reproché au préfet l’insuffisance, selon eux, des forces de l’ordre et le trop long délai d’intervention lors des premières dégradations. Un mauvais procès selon des spécialistes du maintien de l’ordre.

        Lire aussi :
         

                Maintien de l’ordre : ce que révèle le 1er-Mai



« Pour intervenir, il faut avoir un rapport de force numérique imparable et rassembler les effectifs disséminés sur un périmètre très long prend du temps », défend auprès du Monde un membre de l’encadrement CRS. En outre, explique cette même source, une intervention sur le pont d’Austerlitz, depuis lequel a émergé le black bloc, était impossible car trop risquée. « Ce qu’on peut dire, c’est que les événements récents ont démontré combien le choix du tracé peut avoir une incidence », analyse Jérémie Dumont, du Syndicat des commissaires de la police nationale.
Mercredi, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a promis « encore plus de forces de l’ordre » lors des prochaines manifestations. Le préfet annonce 2 000 policiers et gendarmes samedi contre 1 500 le 1er mai. Le risque de violences est difficile à mesurer. Selon une source policière, les services de renseignement tableraient, comme lors du 1er mai, sur « 1 000 à 1 500 » fauteurs de troubles.
Une estimation haute qui permettrait aux services d’« ouvrir le parapluie » en cas de débordements, suppute un cadre de la police. « Bien malin qui peut savoir ce que le black bloc concocte », dit-il. « Nous n’avons pas observé des messages sur les réseaux sociaux appelant à faire vivre une journée en enfer, comme avant le 1er-Mai », fait remarquer M. Delpuech. 
« Quel qu’ait été le bilan de la manifestation du 1er-Mai, on a pris un plomb, affirme une autre source policière. L’extrême gauche a fait une démonstration de force. C’est une génération qui monte et c’est une culture qu’on a perdue dans la police. »

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                Poussée de fièvre entre Macron et Mélenchon






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ L’avocat, qui ne cesse de réclamer la suppression de l’école, a nuancé ses propos devant les auditeurs de justice.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

A l’ENM, l’étonnant rétropédalage de Me Dupond-Moretti

L’avocat, qui ne cesse de réclamer la suppression de l’école, a nuancé ses propos devant les auditeurs de justice.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 15h01
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        


Il n’était pas forcément le bienvenu devant plus de 300 auditeurs de justice qui s’apprêtent à prendre en septembre leur premier poste de magistrat. Eric Dupond-Moretti, l’avocat redouté par nombre de juges et de procureurs, était à Bordeaux jeudi 3 mai pour défendre la suppression de l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) qu’il réclame dans les médias et violemment encore dans son dernier livre (Le Dictionnaire de ma vie, Kero, mars 2018). Olivier Leurent, directeur de l’ENM, l’avait invité dans une lettre ouverte en septembre à venir débattre et juger sur place l’école qu’il estime « incapable de former les futurs magistrats tant sur le plan professionnel que sur le plan humain. »
Le ténor du barreau a écarquillé les yeux devant le nombre de ces futurs magistrats qui se sont levés lorsqu’un des leurs a demandé à ceux qui ont exercé la profession d’avocat avant d’entrer à l’ENM de se signaler. M. Dupond-Moretti, selon qui le seul fait d’avoir été avocat avant de devenir magistrat permettrait d’avoir des juges dotés « d’humanité », leur a demandé s’ils ne se sentaient pas un « plus ». Une élève a répondu avoir davantage appris en deux semaines à l’ENM qu’en un an à l’école du barreau.
« Votre méthode est caricaturale et excessive »
« Les avocats connaissent l’échec et donc l’humilité », a-t-il plaidé avant de déplorer d’avoir rencontré « tant de juges qui prennent comme une atteinte personnelle le fait de faire un recours contre leur décision ». Sa principale critique à l’égard de l’ENM est de développer « l’entre soi » et créer « une alchimie entre le juge et procureur dont l’avocat est exclu ». Il souhaiterait un juge du siège à équidistance entre le parquet et la défense.
Dans son plaidoyer pour l’école, M. Leurent a pris des airs d’avocat enragé de la partie civile. « Votre méthode est caricaturale et excessive » a-t-il lancé. Citant le livre de M. Dupont-Moretti où est écrit que les magistrats sont « encastés [à l’ENM] dans un moule dont ils ne sortiront jamais », le directeur de l’école lui a reproché l’usage de « termes gratuits pour salir une profession » au point que le célèbre avocat a fini par s’excuser d’avoir utilisé le mot « caste ».
Il avait d’emblée prévenu au sujet de l’école : « Vous l’avez compris, suppression est un grand mot, je ne veux rien supprimer du tout. » Un étonnant rétropédalage pour ce fort en gueule qui ne semblait tout d’un coup plus assumer totalement ses écrits. Le problème est que les plaidoiries (et les confessions) s’envolent, les écrits restent. Plus grave encore est le constat, partagé par tous lors de ces deux heures trente de débat, de « comportements inadmissibles » de certains magistrats en exercice qui ne sont pas sanctionnés. Les dysfonctionnements de la justice ne viennent peut-être pas de son école.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ L’Ecole nationale de la magistrature cherche des leviers pour accroître la mixité sociale et de genre.
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Le recrutement de magistrats peine à se diversifier

L’Ecole nationale de la magistrature cherche des leviers pour accroître la mixité sociale et de genre.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 11h32
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
La population des juges doit-elle ressembler à la population qu’ils jugent ? La question ne se poserait sans doute pas si l’Ecole nationale de la magistrature (ENM) n’était pas confrontée à la difficulté à diversifier les profils de ses élèves. Affirmer que la magistrature ne recrute que parmi les « jeunes femmes de bonnes familles » serait sans doute caricatural. Mais les chiffres révèlent que depuis une quinzaine d’années, 75 % des nouveaux magistrats qui entrent en fonctions sont des femmes, et quelque 60 % sont issus de familles de catégories socioprofessionnelles supérieures. Sans doute ne peut-on pas demander à l’ENM, unique porte d’entrée à la magistrature, de gommer seule les inégalités sociales que ni l’éducation nationale ni l’enseignement supérieur ne parviennent à corriger.

Le problème est suffisamment préoccupant pour que Nicole Belloubet, la garde des sceaux, ait chargé le 17 avril le Conseil national du droit (un aréopage de hauts magistrats, avocats, universitaires, etc.) d’une mission pour identifier les leviers susceptibles d’assurer une mixité de genre et d’origine sociale dans les professions du droit. Un rapport de l’inspection générale de la justice remis en octobre à la ministre constatait que « la majorité des métiers du ministère ne sont aujourd’hui plus mixtes », le critère de mixité étant que l’un des deux sexes ne dépasse pas 60 % de l’effectif. Selon la chancellerie, 66 % des 8 313 magistrats que comptait l’ordre judiciaire en 2017 sont des femmes.
« Attention à l’excès »
Olivier Leurent, directeur de l’ENM, se dit convaincu que « la justice n’est pas rendue différemment par un homme et par une femme ». Mais il reconnaît que « l’apparence d’impartialité » peut être un problème dans certains contentieux « genrés », comme les affaires familiales, les violences conjugales ou plus généralement le pénal alors que la délinquance et la criminalité sont à 85 % masculines. Selon cet ex-président...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Editorial. L’organisation séparatiste basque, qui sera officiellement dissoute vendredi, n’a rien obtenu en soixante ans de lutte et près de 830 morts.
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Dissolution de l’organisation basque ETA : la fin d’une lutte meurtrière et inutile

Editorial. L’organisation séparatiste basque, qui sera officiellement dissoute vendredi, n’a rien obtenu en soixante ans de lutte et près de 830 morts.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 14h46
   





                        



Editorial du « Monde ». Près de soixante ans et 829 morts après sa création, l’organisation séparatiste basque ETA a officialisé, jeudi 3 mai, sa dissolution, avec une mise en scène qui n’est guère parvenue à masquer sa défaite militaire et politique. C’est une bonne nouvelle pour l’Espagne et en particulier pour le Pays basque, mais une nouvelle qui arrive bien tard. Le pays et la région avaient en réalité déjà commencé à tourner la page lorsque l’organisation avait annoncé, le 20 octobre 2011, la fin d’une activité armée qu’elle n’était plus capable de mener. Au moment de son démantèlement officiel, les effectifs d’ETA n’atteignent même pas deux douzaines.

        Lire aussi :
         

                La dissolution d’ETA ne console pas ses victimes



Qu’a obtenu ETA, à l’issue de ces décennies de lutte meurtrière, qui vaut à près de 300 de ses combattants d’être aujourd’hui en prison ? Rien. Légitime sous le régime franquiste, qui voulait briser les identités régionales, interdisait leurs langues et persécutait leurs militants, le séparatisme basque s’est abîmé dans le terrorisme, mettant en danger la jeune démocratie espagnole et ensanglantant son propre territoire.
Lorsque le Pays basque s’est vu attribuer une très large autonomie, y compris fiscale, le romantisme de la résistance antifranquiste d’ETA a connu une dérive trop familière, celle des mouvements paramilitaires qui, privés du soutien populaire, se réfugient dans la tyrannie. Discrédités politiquement, affaiblis par l’interdiction, sur décision de justice, du parti indépendantiste Batasuna en 2003, les commandos d’ETA ne pouvaient plus faire face à l’appareil sécuritaire de plus en plus efficace de l’Etat espagnol, appuyé par la France.
Un épisode aussi douloureux de l’Histoire ne se raye pas, cependant, d’un trait de communiqué ni d’une conférence de presse bien orchestrée. Une mesure pourrait compléter cet épilogue de manière opportune : celle du transfèrement des détenus d’ETA, disséminés dans les prisons du pays, dans des établissements pénitentiaires du Pays basque, qui permettrait de les rapprocher de leurs familles.
Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, est-il capable de cette magnanimité ? Il peut, objectivement, se le permettre. Le Pays basque a retrouvé la paix et le sentiment indépendantiste y est à un niveau historiquement bas : 14 %. Les nationalistes modérés du PNV, le Parti nationaliste basque, n’envisagent pas de rupture avec l’Etat espagnol. Comparé à la Catalogne, « Euzkadi » est maintenant une oasis de sérénité.
Parallèle cruel avec la Catalogne
Le parallèle ente les deux enfants terribles de l’Espagne, le Pays basque et la Catalogne, qui sont aussi les plus riches, est cruel. Le régime basque d’autonomie a, certes, bénéficié de compétences que n’a pas la Catalogne, en premier lieu une autonomie fiscale qui remonte au XIXe siècle. Barcelone a fini par la revendiquer en pleine crise économique, en 2012 : on peut imaginer que si la Catalogne avait eu les mêmes compétences fiscales lorsqu’elle a accédé à l’autonomie à la fin des années 1970, l’escalade séparatiste aurait été évitée. Ce qui est viable pour le Pays basque, qui représente 6 % du produit intérieur brut espagnol, ne l’est cependant pas forcément pour la Catalogne, qui en constitue 19 %.
Mais une autre différence réside dans la stratégie du PNV. Pragmatique, il a su négocier avec M. Rajoy. Il a notamment obtenu en échange, dans le budget 2017, des investissements pour la région et un meilleur financement, et il négocie celui de 2018 dans la même optique. Pragmatisme et négociation : c’est exactement ce qui fait défaut aux dirigeants catalans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Apparu pendant la mobilisation contre la « loi travail », en 2016, le cortège de tête réunit des militants, surtout issus de la mouvance anarcho-autonome ou antifasciste ainsi que des black blocs.
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Qui sont les 15 000 personnes qui ont défilé devant le cortège syndical du 1er mai ?

Apparu pendant la mobilisation contre la « loi travail », en 2016, le cortège de tête réunit des militants, surtout issus de la mouvance anarcho-autonome ou antifasciste ainsi que des black blocs.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 18h37
    |

            Julia Pascual, 
Pierre Bouvier, 
Camille Stromboni, 
                                Mattea Battaglia, 
Violaine Morin, 
Isabelle Rey-Lefebvre et 
Cécile Bouanchaud








                        



                                


                            

Jamais ils n’avaient été aussi nombreux. Et jamais le défilé officiel n’avait autant souffert de la comparaison. Mardi 1er mai, le « cortège de tête », agrégat de manifestants qui se positionnent au-devant du carré syndical traditionnel dans les manifestations, a réuni 14 500 personnes à Paris, selon les chiffres de la préfecture de police, tandis que 20 000 personnes défilaient derrière les banderoles de la CGT, de Solidaires, de la FSU et de plusieurs partis de gauche.
Apparu pendant la mobilisation contre la « loi travail », en 2016, le cortège de tête a d’abord réuni quelques centaines de militants, surtout issus de la mouvance anarcho-autonome ou antifasciste, dans toute sa complexe diversité. Il est allé grossissant, atteignant deux ans plus tard une ampleur inédite. Composante inhérente à ce cortège de tête, les black blocs, militants vêtus de noir et encapuchés, ont pour vocation de s’affronter aux forces de l’ordre et de porter atteinte aux symboles matériels du capitalisme. Mardi 1er mai, la préfecture de police en a décompté 1 200. « Casser, c’est récupérer l’argent que les multinationales volent au peuple », revendiquait un tract distribué en marge de la manifestation.

Sur les panneaux publicitaires JC Decaux dégradés, on pouvait notamment voir le sigle anarchiste ou le message « no border ». Sur les banderoles, les slogans révolutionnaires détournent la culture populaire à coups de « Marx attack » et autres « Sous les k-ways la plage ».
Une « certaine fascination pour ces mouvements de foule »
Le cortège de tête a revêtu une dimension « exceptionnelle », concède l’historien Sylvain Boulouque. « Dans toutes les catégories sociales et professionnelles venues manifester, à commencer par les étudiants et les cheminots, on trouve aujourd’hui des personnes solidaires des manifestants ultras, estime ce spécialiste des gauches radicales. Je dirai même dans toutes les strates...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ A Tiendanite, fief de la famille Tjibaou, la communauté kanak, pro-indépendantiste, réclame toujours la prise en compte de ses besoins.
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« Pour vivre ensemble, ce sont surtout les Kanak qui ont fait le chemin »

A Tiendanite, fief de la famille Tjibaou, la communauté kanak, pro-indépendantiste, réclame toujours la prise en compte de ses besoins.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h18
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            Patrick Roger (Hienghène (Nouvelle-Calédonie), envoyé spécial)








                        



                                


                            
A partir de la sortie de Hienghène, sur la côte est, dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, la piste s’élève doucement sur une vingtaine de kilomètres, au milieu d’une végétation touffue. Les sommets environnants ont revêtu leurs habits de brume. Passé l’emblématique pont vert qui enjambe la rivière, on pénètre sur les terres de la tribu de Tiendanite. En 1984 et les années suivantes, après que dix Kanak, dont deux frères de Jean-Marie Tjibaou, eurent péri dans une embuscade tendue par des colons caldoches et que la maison de Tjibaou eut été incendiée, ce pont était sévèrement gardé par des militants armés. Un barrage en empêchait le franchissement à quiconque n’était pas admis.
Au fond de la vallée, alors que la piste se resserre, l’espace s’ouvre sur un tertre verdoyant. Quelques habitations, dont celle des Tjibaou, l’église de la mission, la case du conseil des anciens, surmontée de la flèche faîtière, et deux hangars collectifs sans parois servant à la fois de cuisine et de lieux de repas ou de réunion. La mémoire de l’ancien dirigeant du FLNKS hante les lieux. Une fresque reproduisant le visage du « Vieux » occupe tout un pan de mur.

Jean-Marie Tjibaou, assassiné le 4 mai 1989, repose au milieu d’un enclos fleuri et décoré, veillé par douze statues en bois. A côté se dresse une statue monumentale offerte par la mairie de Canala. Une plaque de marbre rappelle la réconciliation qui a eu lieu ici même, le 17 juillet 2004, entre les familles de Tjibaou et de Yeiwéné Yeiwéné, son bras droit, et le clan Wéa, venu d’Ouvéa faire la coutume pour réclamer le pardon quinze ans après le geste fatal commis par Djubelly Wéa, le meurtrier des deux dirigeants du FLNKS. Une simple inscription : « Do kan ôdani vin malada » (« pardon »).
Plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement français sont venus jusqu’ici rendre hommage sur la tombe du chef kanak. Michel Rocard, bien sûr, l’artisan des accords de Matignon de 1988, mais aussi Lionel Jospin,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Des articles qui circulent régulièrement sur les réseaux sociaux affirment sans fondement que ce fruit serait « 100 fois plus fort » que la chimiothérapie.
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Non, le corossol n’est pas un « fruit miracle » pour lutter contre le cancer

Des articles qui circulent régulièrement sur les réseaux sociaux affirment sans fondement que ce fruit serait « 100 fois plus fort » que la chimiothérapie.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 10h29
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 11h47
    |

                            Les Décodeurs








                        


Ce que dit la rumeur
Des gros titres prétendent qu’il existerait un « fruit miracle », le corossol, pour lutter contre le cancer. Egalement appelé graviola, ce fruit est issu d’un arbre tropical qu’on trouve notamment en Afrique et en Amérique. Pour certains, ses feuilles, sa pulpe ou son jus auraient des propriétés médicinales extraordinaires.
C’est par exemple le cas d’un article publié par le site Lesmoutonsrebelles.com, qui nous apparaît peu fiable dans le Décodex, en avril, selon lequel « les feuilles de corossol sont 100 fois plus fortes pour tuer les cellules cancéreuses que la chimiothérapie ! »

   


Ces affirmations émanent souvent de sites qui prétendent diffuser des informations « alternatives » en matière de santé. Et connaissent un succès considérable sur les réseaux sociaux, où leurs publications sont souvent partagées plusieurs milliers de fois.
POURQUOI C’EST FAUX
Il n’existe pas de « remède miracle » contre « le cancer »
En réalité, aucune étude scientifique ne valide ces thèses. D’abord, l’idée même qu’il existerait un ou des aliments « miracles » contre le cancer pose problème en soi. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) écrivait ainsi ceci en 2011 dans ses recommandations :
« Il n’existe pas d’aliment ou de nutriment “anticancer” en soi. Ainsi la consommation d’un aliment, d’un nutriment ou d’un complément alimentaire en particulier n’est pas suffisante, à elle seule, pour prévenir l’apparition d’un cancer, surtout lorsque l’alimentation dans son ensemble est déséquilibrée. »
Par ailleurs, encore faut-il savoir de quel type de cancer on parle. L’Institut national du cancer montrait ainsi, dans un document de synthèse sur les effets connus de la nutrition dans la prévention primaire des cancers publiés en 2015, qu’en l’état actuel des connaissances scientifiques, la consommation de certains fruits et légumes est loin d’être considérée comme pouvant influer sur la prévention de tous les types de cancers. Cette consommation a par exemple des effets considérés « non concluants » pour réduire les risques de cancers du pancréas ou du rein.
Le corossol en lui-même n’a pas d’effet « anticancer » connu
Quant au prétendu « fruit miracle », le corossol, rien ne démontre ses prétendues vertus en la matière. Le Cancer Research UK (équivalent de l’Institut national du cancer au Royaume-Uni) estime ainsi qu’« il n’y a aucune preuve qui montre que le corossol permet de guérir du cancer ». Sa recommandation est donc de rester « très prudent au sujet d’informations présentes sur Internet ou de payer pour tout type de thérapie alternative contre le cancer ».
L’institution met par ailleurs en garde contre les effets secondaires du fruit :
« Certains chercheurs sont préoccupés par certains composants chimiques du corossol qui pourraient causer des changements nerveux et des troubles du mouvement si on en consomme de grandes quantités. (…) Parlez toujours à votre médecin avant de prendre tout type de complément alimentaire ou d’entamer toute thérapie alternative. »
De fausses informations grossières, mais qui séduisent beaucoup
Malgré leur caractère grossier, les fausses nouvelles de ce type peuvent toucher un public considérable au fil du temps. Ici, les dizaines d’articles sensationnalistes que nous avons identifiés ont été partagés des milliers de fois sur les réseaux sociaux. Les visites générées ensuite sur les sites web qui les hébergent alimentent une véritable économie de la désinformation, grâce aux revenus publicitaires qu’elles rapportent à leurs diffuseurs.
Identifier ces rumeurs et y répondre sur le long terme permet par ailleurs à l’équipe des Décodeurs d’alimenter les bases de données du Décodex et de mieux comprendre ce phénomène de « mal-information ».

Décodex : nos outils contre les fausses informations
Utilisez les outils développés par Les Décodeurs pour vous aider à éviter les fausses informations :
Fiables ou pas ? Testez les sites que vous consultez sur notre moteur de recherche (cliquez ici pour y accéder) ;Pour savoir en un coup d’œil si vous êtes sur un site fiable ou pas, installez notre extension pour les navigateurs Chrome (à télécharger ici) et Firefox (à télécharger ici) ;Vous voulez apprendre à vérifier l’information en ligne ? Lisez nos conseils pour éviter les fausses informations ;Besoin d’aide pour vérifier une info ? Interrogez notre robot Facebook (cliquez ici pour y accéder).





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Pour le journaliste Gorka Landaburu, qui fut l’une des victimes de l’organisation terroriste basque, la dissolution de l’ETA vendredi n’est qu’une étape, la société reste dans l’attente d’un repentir.
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« Souffrance et douleur sont le seul bilan d’ETA  »

Pour le journaliste Gorka Landaburu, qui fut l’une des victimes de l’organisation terroriste basque, la dissolution de l’ETA vendredi n’est qu’une étape, la société reste dans l’attente d’un repentir.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 09h17
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 11h55
    |

            Sandrine Morel (Saint-Sébastien (Espagne, Pays basque), envoyée spéciale)








                        



                                


                            
L’organisation séparatiste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA) a annoncé, à Combo-les Bains, sa « dissolution-démobilisation » vendredi 4 mai. Le journaliste Gorka Landaburu, directeur de l’hebdomadaire Cambio 16, correspondant pour Radio France durant les années les plus sanglantes d’ETA, et victime d’un colis piégé en 2001, revient sur l’histoire du « plus vieux groupe terroriste d’Europe ».
ETA a annoncé sa dissolution. Quelle importance revêt cette décision ?
La date la plus importante est celle de l’adieu aux armes, le 20 octobre 2011. Le 4 mai 2018 n’est qu’une mise en scène pathétique de la fin de 60 ans de terreur, avec l’appui de médiateurs internationaux et prétendus artisans de la paix. Elle n’a pour objectif que d’attirer l’attention. Plus personne ne s’intéresse à ETA, ni au Pays basque, ni à Madrid. D’ailleurs, à Cambo-les-Bains [Pyrénées-Atlantiques], ni le gouvernement basque (nationaliste) ni le gouvernement espagnol, n’ont envoyé de représentants.

Tout cela vient trop tard. Il était temps que la plus vieille organisation terroriste d’Europe ferme ses persiennes. ETA est passée d’un mouvement romantique et antifranquiste dans les années 1960, à un groupe terroriste pur et dur à partir des années 1970, assassinant plus de 800 personnes et blessant plus de 2 000 autres. On ne va pas faire la fiesta. Qu’ils fassent leurs adieux le plus discrètement possible, sans folklore, et avec humilité ! Bienvenue tout de même à cette dissolution.
Qu’attend aujourd’hui la société basque et espagnole d’ETA ?
Une autocritique sincère. Ce sera difficile, car ce serait renier son passé. Mais c’est nécessaire, non seulement de la part d’ETA, mais aussi de la gauche abertzale (patriote) de l’indépendantisme radical. Le soutien politique du parti Herri Batasuna a été fondamental : sans lui, ETA aurait disparu depuis longtemps. Il est important de reconnaître...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Ecrans, emploi du temps surchargé, peur de l’insécurité… tout retient la nouvelle génération à l’intérieur. Un constat inquiétant, tant jouer dans la nature est essentiel au développement humain.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/05/2018
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On a coupé les enfants de la nature

Ecrans, emploi du temps surchargé, peur de l’insécurité… tout retient la nouvelle génération à l’intérieur. Un constat inquiétant, tant jouer dans la nature est essentiel au développement humain.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 09h48
    |

            Moina Fauchier-Delavigne








                        



                                


                            

Un matin d’été, dans un centre de vacances de Montreuil (Hautes-Alpes), non loin de Grenoble, ­Caroline Guy entame un atelier de relaxation dans la nature avec un petit groupe de filles de 11 ans. Pour ­commencer, elle leur demande de se déchausser dans l’herbe. La réaction est unanime : « Quoi ? Pieds nus dans l’herbe ? Ça va pas la tête ! C’est dégoûtant. Il y a des bêtes… » Impossible. Inimaginable. Une seule ose ­finalement tenter l’expérience.
« Elle n’avait jamais marché pieds nus dans l’herbe et a trouvé ça génial, ­raconte Caroline Guy, trois ans plus tard. Dans un monde normal, on ­découvre ça dès qu’on commence à marcher, vers 1 an. » L’expérience a tant marqué cette éducatrice autodidacte que, après un passage dans des écoles classiques, elle a décidé d’ouvrir à la rentrée prochaine une école dans la forêt, dans le sud de la France, avec pour ­modèle les skovbornehaven ­danois, des maternelles où les enfants passent la majeure partie de la journée dehors.
Y a-t-il beaucoup d’enfants qui n’ont jamais touché de l’herbe ? Cela semble en passe de ­ devenir la norme. Aujourd’hui, quatre enfants sur dix (de 3 à 10 ans) ne jouent jamais dehors pendant la semaine, selon un rapport publié en 2015 par l’Institut de veille sanitaire (INVS). Et les petits Franciliens sortent encore moins. « Le jeu en plein air a été éliminé de l’emploi du temps des enfants », résume Julie Delalande, anthropologue de l’enfance.
Les chances de s’émerveiller
En l’espace d’une génération, ils sont rentrés dans les maisons. Dans son ouvrage Last Child in the Woods (« Dernier enfant dans les bois », Algonquin Books, 2005, non traduit), le journaliste américain Richard Louv cite deux études. Selon l’une, issue du Manhattan College, à New York, si 71 % des mères jouaient dehors chaque jour quand elles étaient petites, seuls 26 % de leurs propres enfants en font autant. Soit quasiment trois fois moins. Selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Malgré les difficultés, notamment financières, les cheminots se disent prêts à poursuivre leur mobilisation, après treize jours de grève.
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SNCF : les grévistes prêts à « durcir le mouvement »

Malgré les difficultés, notamment financières, les cheminots se disent prêts à poursuivre leur mobilisation, après treize jours de grève.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 20h59
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 07h39
    |

                            Cécile Frangne








                        



   


Au premier jour de la treizième séquence de grève à la SNCF, ils étaient plusieurs centaines de cheminots réunis jeudi 3 mai dans l’après-midi devant l’Ecole militaire, à Paris. Quatre jours avant d’être reçus à Matignon par le premier ministre, Edouard Philippe, les fédérations CGT, UNSA, SUD, CFDT et FO avaient appelé à un rassemblement, dans la capitale mais aussi devant les préfectures en région, pour « mettre la pression » sur l’exécutif.
En poste à l’agence d’essai ferroviaire, Pierre a fait le déplacement à Paris. Il a été de toutes les grèves depuis le 22 mars. Contrairement à la direction de la SNCF, qui pointait une baisse de la mobilisation (29,8 % de grévistes parmi les agents à la circulation des trains jeudi, contre 32,2 % le 24 avril), lui refuse de parler d’un essoufflement du mouvement syndical. « Avec une moyenne de 30 % de grévistes, les taux sont bons », estime-t-il.
L’inscription du mouvement dans la durée a même permis de convaincre certains indécis comme Gilles, non syndiqué : cette nouvelle séquence de grève est la première à laquelle il participe depuis son entrée à la SNCF, en 2007. « Je me suis décidé au dernier moment ce matin, explique-t-il. Je me suis dit que je ne voulais pas y repenser dans dix ans et me dire que je n’y étais pas. »

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                Après un mois de grève, la mobilisation à la SNCF reste loin des niveaux de 1995



Une grève qui « pénalise aussi les cheminots »
D’abord source de désaccord au sein de l’intersyndicale, la méthode de la grève cadencée (deux jours sur cinq) semble avoir fini par emporter l’adhésion des cheminots les plus sceptiques. « J’avais voté à l’assemblée générale de SUD-Rail pour une grève reconductible classique, reconnaît Pierre. Mais je dois admettre que la mobilisation la moitié de la semaine a bien fichu la pagaille au sein de la direction de la SNCF. » Une méthode également jugée efficace par Etienne, aiguilleur au sein de l’unité opérationnelle de Creil (Oise) et syndiqué à la CGT : « Avec deux jours de salaires, on bloque la circulation presque trois jours et demi. »
Cette grève atypique permet « à tout le monde de participer à la mobilisation », quels que soient ses moyens financiers, estime aussi Dominique, écharpe CFDT autour du cou. S’il affirme que ses idées passent avant les pressions financières, il reconnaît qu’il n’est pas le plus mal loti : « On connaît des agents SNCF dont les terminus des lignes se situent à l’étranger et à qui l’on interdit de faire grève, sans quoi les frais d’hôtel et les repas sont à leur charge », s’indigne-t-il.
« Le premier ministre a déclaré à la télévision que la grève longue des cheminots pénalisait les clients. Mais il a oublié de dire que cela pénalisait aussi les cheminots », témoigne David, syndiqué à SUD-Rail. Pour le prouver, ce contractuel sort son téléphone de sa poche et lit à voix haute un message de son opérateur lui notifiant que sa facture n’a pas été payée ce mois-ci. « Les impayés commencent à s’accumuler », sourit-il amèrement. Ce jeune commercial en poste à Massy-Palaiseau (Essonne) dit gagner chaque mois 1 500 euros brut. A cause du décompte des jours de grève, il a touché presque la moitié en avril.
« D’habitude, les retenues sur salaires sont décomptées sur la fiche de paie du mois suivant, explique aussi Dominique, dénonçant des pressions financières de la part de la direction. Cette fois-ci, on m’a déjà décompté les quatre jours de grève que j’ai effectués en avril sur mon bulletin du même mois. »
« Depuis le 22 mars rien n’a bougé »
Pour Christophe Jaworski, chef d’équipe technique à la gare de l’Est, à Paris, le plus dur n’est pourtant pas le sacrifice financier. Ce qu’il supporte mal, c’est avant tout le « dénigrement » de son métier dans l’opinion publique.
« J’en ai marre d’avoir l’impression d’être un paria parce que je bénéficie d’une carte de réduction qui me permet de prendre le train gratuitement. Quand vous travaillez chez Renault, vous avez bien des réductions sur l’achat de votre voiture, non ? »
David aussi assure qu’au-delà des pertes financières, la mobilisation pèse aussi sur sa vie personnelle. « Faire la grève est presque plus fatiguant que de travailler, assure-t-il sérieusement. Tous nos jours de repos y passent, et on n’est jamais de retour à la maison avant minuit. On n’a plus de vie. »
Malgré les difficultés, la perspective de prolonger la mobilisation pendant l’été, que l’intersyndicale a évoquée à plusieurs reprises depuis la rupture des discussions avec la ministre des transports, Elisabeth Borne, ne décourage pas ces cheminots. « Depuis le 22 mars rien n’a bougé », constate Dominique. « S’il faut durcir le mouvement, alors on durcira le mouvement », poursuit Pierre avec détermination. « J’avais mis un peu d’argent de côté, opine Christophe. Et puis si je n’ai pas les moyens, je ne partirai pas en vacances. » « Au moins, je pourrai me regarder dans la glace en me disant que j’aurai tout fait pour empêcher la réforme », se console Etienne.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Les forces de l’ordre sont intervenues sur plusieurs sites d’examens. La faculté de Nanterre tente un « scénario de sortie de crise » en autorisant partiellement les « devoirs à la maison ».
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Avec les blocages d’universités, certains partiels perturbés

Les forces de l’ordre sont intervenues sur plusieurs sites d’examens. La faculté de Nanterre tente un « scénario de sortie de crise » en autorisant partiellement les « devoirs à la maison ».



Le Monde
 |    03.05.2018 à 18h32
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 07h49
    |

                            Service Campus








                        



   


Confrontées à des blocages, les universités tentent de s’adapter pour évaluer les semestres des étudiants, non sans difficultés. Sur plusieurs sites en France, les examens se déroulent sous tension. Les forces de l’ordre sont intervenues à plusieurs reprises pour lever des blocages d’étudiants opposés à la loi orientation et réussite des étudiants (ORE), accusée d’instaurer une sélection à l’université.
Un « scénario de sortie de crise » à Nanterre
A Nanterre, la commission formation et vie universitaire (CFVU) et le conseil d’administration de l’université se sont réunis, mercredi 2 mai, pour arrêter les nouvelles modalités des examens, qui devaient commencer le 7 mai. Un « scénario de sortie de crise » que le président de l’université, Jean-François Balaudé, a communiqué aux étudiants et à la communauté universitaire dans un message dans la nuit de mercredi à jeudi. Il prévoit que « pour les examens qui n’ont pu se tenir et ne pourront se tenir en raison du blocage des bâtiments d’enseignement, le devoir à la maison est le principe général retenu ; toutefois, pour les enseignements qui ne pourront être validés par devoir à la maison en raison de leur spécificité, les examens seront délocalisés ».
Les départements de l’université (UFR) doivent se prononcer sur ces modalités vendredi 4 mai. De nouvelles dates d’examens et des sites pour les passer pourront alors être communiqués.

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                A Nanterre, le président de l’université tente de renouer le dialogue après son appel aux CRS



Allongement de la période des examens à Paris-I Panthéon-Sorbonne
A la suite du blocage de son site de Tolbiac, l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne a, de son côté, annoncé l’allongement de la période des examens et organise des partiels sur d’autres sites, notamment dans un centre d’examens loué à Rungis (Val-de-Marne). Ces examens sont en partie perturbés ou contestés, et une dizaine d’entre eux ont dû être annulés et reportés à une date ultérieure, notamment en histoire et en philosophie, rapporte Le Figaro Etudiant.
Intervention des forces de l’ordre à Nancy
Sur le campus de lettres et de sciences humaines de Nancy, où les examens avaient débuté dans la matinée jeudi, les forces de l’ordre sont intervenues pour assurer l’accès à un amphithéâtre que des étudiants tentaient de bloquer. Une trentaine d’étudiants opposés à la loi ORE s’étaient postés en début d’après-midi devant l’amphithéâtre où devait se dérouler un partiel d’anglais et « les forces de l’ordre sont intervenues » vers 14 h 45, a fait savoir le directeur de la communication de l’université de Lorraine, David Diné.
Des bousculades se sont produites quand les forces de l’ordre ont essayé d’évacuer des étudiants assis par terre. Au moins cinq d’entre eux ont été menottés et emmenés à l’extérieur du campus, a constaté l’AFP.
D’autres tentatives de blocage de partiels ont eu lieu, comme sur le campus de l’université de Grenoble-Alpes, à Saint-Martin-d’Hères, où il a été levé à la suite de l’arrivée des forces de l’ordre, écrit Le Dauphiné libéré.

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                Universités : la police intervient à Nancy et à Metz pour lever des blocages



A Strasbourg, des étudiants empêchés de participer à une épreuve
Environ 700 étudiants strasbourgeois ont été empêchés de participer jeudi matin à une épreuve qui devait se tenir à l’université, dans un bâtiment bloqué par un groupe d’étudiants opposés à la loi ORE, a indiqué Thibaut Haan, président de l’Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg (Afges) affiliée à la Fédération des associations générales étudiantes (Fage).
« Quelques personnes qui voulaient entrer ont été menacées. Il n’y a pas eu de violences en tant que telles », a souligné Thibaut Haan. Contactée à la mi-journée, la direction de l’université a confirmé que le bâtiment de l’institut Le Bel « était bloqué une partie de la matinée ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Au 1er janvier, la France comptait 226 000 médecins en activité, soit 10 000 de plus qu’en 2012. Le nombre de spécialistes salariés a notamment bondi de 13,9 %.
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La France n’a jamais compté autant de médecins en activité

Au 1er janvier, la France comptait 226 000 médecins en activité, soit 10 000 de plus qu’en 2012. Le nombre de spécialistes salariés a notamment bondi de 13,9 %.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 18h23
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 06h39
    |

            François Béguin








                        


Avec 226 000 médecins en activité au 1er janvier 2018, soit 10 000 de plus qu’en 2012, la France n’a jamais compté autant de praticiens actifs. Ce constat, qui peut paraître paradoxal à l’heure où de nombreux Français ont des difficultés à accéder à un généraliste, a été tiré jeudi 3 mai à l’occasion de la parution d’une étude de la Drees, la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques du ministère de la santé. L’étude met en lumière les profondes mutations du mode d’exercice de la profession de médecin.
Une forte hausse des spécialistes salariés
C’est la confirmation d’un phénomène de fond : les jeunes professionnels ne souhaitent plus exercer comme leurs aînés. Si le nombre global de médecins a cru de 4,5 % entre 2006 et 2012, en raison notamment d’un desserrement régulier du numerus clausus à l’issue de la première année de médecine, le nombre de généralistes libéraux a baissé de 3,5 % (+ 0,7 % tous modes d’exercice confondus). Au cours de cette même période, le nombre de spécialistes salariés a pour sa part bondi de 13,9 %.

        Lire :
         

          Déserts médicaux : un catalogue de solutions sans mesures coercitives



Une nouvelle génération de médecins
C’est là aussi un phénomène identifié depuis plusieurs années : la profession se féminise. En 2017, 59 % des 8 600 nouveaux inscrits au Conseil national de l’ordre des médecins étaient des femmes. Deux tiers (63 %) des nouveaux médecins ont choisi le salariat, « soit une proportion nettement plus élevée que parmi l’ensemble des médecins en exercice (43 %) », note la Drees. Enfin, 15 % de ces 8 600 nouveaux inscrits sont des médecins à diplôme étranger, dont les deux tiers sont des spécialistes salariés, exerçant notamment dans les petits hôpitaux qui peinent à recruter certaines spécialités.

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          Ces médecins étrangers qui font tourner l’hôpital



5,7 millions de Français dans des « déserts médicaux »
Selon les calculs de la Drees, près de 5,7 millions de Français, soit 8,6 % de la population, résidaient en 2016 dans une commune « sous-dense » en médecins généralistes, c’est-à-dire avec une accessibilité à des praticiens inférieure de 30 % à la moyenne nationale. Au total, 9 142 communes sont en situation de « sous-densité ».
Les principales zones concernées : les communes rurales périphériques des grands pôles urbains ou les communes « hors influence des pôles », même si des espaces urbains sont également touchés. « Un quart de la population habitant dans une commune sous-dense en médecins généralistes vit dans un pôle urbain, dont près de 18 % dans l’unité urbaine de Paris », relève la Drees.
L’étude bat également en brèche quelques idées reçues sur l’évolution de l’accessibilité aux soins. Elle fait par exemple valoir que les inégalités de densités de médecins généralistes entre départements « n’ont pas évolué depuis 1983 ». Le nombre de communes où est installé au moins un médecin généraliste est même passé de 8 843 en 1981 à 9 595 en 2016.
Phénomène notable, les personnes âgées de plus de 70 ans, qui ont 2,3 fois plus recours aux soins que les autres, n’ont pas moins accès aux médecins généralistes que le reste de la population, constate par ailleurs la Drees. Elles habitent en effet « relativement plus souvent » dans des pôles urbains (hors Paris), « quelle que soit leur taille», qui sont peu touchés par le phénomène de déserts médicaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Trente ans après les morts d’Ouvéa, et à l’approche du ­référendum du 4 novembre sur l’accès à la pleine souveraineté de ce territoire, il n’est pas sûr que la construction d’un « destin commun » ait totalement abouti.
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« Décolonisation et construction d’une nation “arc-en-ciel” semblent hypothétiques en Nouvelle-Calédonie »

Trente ans après les morts d’Ouvéa, et à l’approche du ­référendum du 4 novembre sur l’accès à la pleine souveraineté de ce territoire, il n’est pas sûr que la construction d’un « destin commun » ait totalement abouti.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 17h33
    |

                            Michel Naepels (Anthropologue)








                        



                                


                            

Résonances. La violence politique ouvre des temporalités hantées, des souvenirs douloureux, des géographies bouleversées, des traumatismes transmis silencieusement par-delà les générations. Un accord de paix ne met jamais tout à fait fin à la guerre. Quand une plaie se referme-t-elle ? Et à quelles conditions ?
Après la guerre de Bosnie, les accords de Dayton, en 1995, n’ont certainement pas suffi à tourner la page de l’épuration ethnique, à effacer le siège de Sarajevo, les massacres de Prijedor, de Srebrenica et d’ailleurs. Pire, ratifiant dans l’organisation de l’Etat l’ethnicisation du corps ­politique désirée par les nationalistes, ils ont ouvert une crise permanente dans la citoyenneté bosnienne. ­Vingt-trois ans plus tard, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie vient de terminer ses procès, avec la condamnation de Ratko Mladic. Mais il reste beaucoup de silence, de tristesse, et le sentiment de l’abandon par l’Union européenne. La lutte contre l’oubli, pour la ­réconciliation, pour la démocratie est loin d’être achevée.
Rares sont les pays qui ont pleinement affronté la violence politique. La Commission vérité et réconciliation sud-africaine a certainement été un modèle : des mois d’audiences retransmises à la télévision, fondées sur la révélation franche et complète des crimes politiques commis, pour construire la « nation arc-en-ciel ». La situation est loin d’être parfaite, les traumatismes ­individuels n’ont pas été réparés, les injustices héritées de la colonisation et de l’apartheid n’ont pas disparu. Et le parti au pouvoir, l’ANC, n’a pas toujours su incarner la vision politique et la promesse qu’incarnait Nelson Mandela. Mais les torts ont été reconnus.
Une Nouvelle-Calédonie « arc-en-ciel » ?
C’est une autre nation que la Nouvelle-Calédonie est amenée à construire. Il y a trente ans, la mort de quatre gendarmes, le 22 avril 1988, et de dix-neuf Kanak indépendantistes à Ouvéa, preneurs d’otages...




                        

                        

