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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.
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Vivendi voit le contrôle de Telecom Italia lui échapper

Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h09
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


La campagne d’Italie s’est transformée en défaite en rase campagne pour Vincent Bolloré et Vivendi, dont il est premier actionnaire. Le groupe de médias français a perdu, vendredi 4 mai, la majorité au conseil d’administration de Telecom Italia (TIM), dont il possède 24 % du capital. A l’issue d’une assemblée générale exceptionnelle des actionnaires, le fonds spéculatif américain Elliott, avec 9 % du capital, a fait élire 10 des 15 administrateurs, l’emportant avec 49,84 % des voix contre 47,18 % en faveur de Vivendi.

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Choisis par Elliott, dix administrateurs italiens indépendants – parmi lesquels Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel – font leur entrée au conseil, tandis que Vivendi conserve cinq représentants. Ainsi, Amos Genish, qui est également le patron de TIM, et Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi continuent de siéger au conseil. En revanche, le groupe de médias a dû renoncer à d’autres candidats de poids, à commencer par Franco Bernabe , ex-administrateur délégué de TIM, Frédéric Crépin, secrétaire général de Vivendi, et Stéphane Roussel, le directeur général chargé des opérations, pour ne conserver que trois autres administrateurs indépendants.
Campagne de déstabilisation
« Elliott accueille positivement le pas effectué par Telecom Italia en matière de gouvernance », a expliqué le fonds, qui a basé toute sa campagne de déstabilisation de Vivendi sur le fait que le groupe de médias français favorisait davantage ses intérêts que ceux de l’ensemble des actionnaires. De son côté, Vivendi a averti qu’il s’assurerait que les administrateurs d’Elliott veillent au respect du plan stratégique conduit par Amos Genish et évitent « le démantèlement ».

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Si Elliott dit « soutenir entièrement Amos Genish et son management, et être aligné sur son plan », des dissensions pourraient rapidement apparaître. Ainsi, le fonds a également appelé le nouveau conseil à réexaminer certaines orientations qu’il avait proposées, à commencer par « des alternatives stratégiques sur le Netco [le réseau télécoms fixe] ». Elliott souhaitait en effet s’en séparer afin de désendetter l’entreprise, tandis qu’Amos Genish voulait le garder, considérant qu’il s’agissait là d’un actif stratégique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Dans une « déclaration finale », datée du 3 mai, Euskadi ta Askatasuna (ETA) a annoncé sa dissolution. Retour en cartes sur les enjeux de cette annonce.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Dans un tchat avec les internautes, la correspondante du « Monde » en Espagne, Sandrine Morel, a décrypté l’annonce de la dissolution du groupe séparatiste basque.
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Après la fin d’ETA, « il faut gagner la bataille du récit de ce que fut le groupe terroriste »

Dans un tchat avec les internautes, la correspondante du « Monde » en Espagne, Sandrine Morel, a décrypté l’annonce de la dissolution du groupe séparatiste basque.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h21
   





                        



   


L’organisation séparatiste basque ETA a annoncé sa dissolution, jeudi 3 mai, après avoir tué plus de 800 personnes depuis 1959, date de sa formation sous la dictature franquiste. Les « ex-militants d’ETA » sont appelés, dans un communiqué, à continuer « par d’autres voies » la lutte pour un Pays basque « réunifié, indépendant, socialiste ». Cette « fin » n’est pas forcément du goût des victimes, qui craignent que les exactions du groupe terroriste soient oubliées. Dans un tchat, la correspondante du « Monde » en Espagne, Sandrine Morel, a répondu aux questions des internautes.
Kate : Bonjour, que change concrètement cette annonce de dissolution ?
Sandrine Morel : Bonjour. En 2011, ETA a déjà annoncé la fin de ses activités armées, et on peut penser que cette annonce ne va pas changer grand-chose concrètement. Néanmoins, le fait qu’ETA disparaisse est une assurance… qu’elle ne reviendra pas. Plus personne ne peut parler ou agir en son nom. D’autre part, elle prévient qu’elle ne sera plus un acteur des débats politiques, qu’elle n’enverra plus de communiqués pour exprimer son point de vue. Sa « tutelle » sur la politique basque disparaît complètement.
Lyon3 : Est-on sûr que la dissolution sera effective ? Et à quand remonte la dernière action du groupe ETA ?
La dissolution a été rendue officielle justement pour qu’il ne puisse pas y avoir de marche arrière et qu’elle soit tout à fait crédible. Ceci dit, il n’est jamais impossible qu’un petit groupe de dissidents irrédentistes décident de reprendre les armes. Simplement, ils ne pourront pas parler au nom d’ETA. Si l’on exclut la mort du gendarme français, Jean-Serge Nérin, en 2010, dans une course-poursuite improvisée, le dernier attentat du groupe ETA remonte à août 2009, à Palma de Majorque. Il a causé la mort de deux gardes civils.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          La fin d’une lutte meurtrière et inutile



Roger : De combien de membres était composée ETA à son apogée et combien en restait-il avant sa dissolution ?
Des estimations d’experts portent à un millier le nombre de militants actifs sur lesquels ETA a pu compter à son apogée. Avant sa dissolution, les estimations sont de moins d’une vingtaine, voire à peine une dizaine. Combien en France ? Impossible à dire précisément, mais en tout cas pas plus d’une poignée. La coopération entre les deux pays a poussé les étarras à chercher refuge en Amérique latine, au Venezuela notamment. Selon la garde civile, il n’y a plus que six fugitifs d’ETA recherchés par les forces de police dans le monde.
Jim : Faut-il s’attendre à tout un processus de paix et de réconciliation nationale, à l’image du désarmement des FARC en Colombie, ou l’essentiel de ce processus est-il déjà joué ?
Il n’y aura pas un processus de paix et de réconciliation nationale sur le modèle des FARC. La situation est différente. ETA a été vaincue militairement. Elle ne peut rien exiger en échange de sa dissolution. Pour la « réconciliation », il faudra du temps. Des initiatives locales commencent à naître mais il reste encore une méfiance mutuelle entre ceux qui soutenaient ETA et ceux qui en ont souffert. Pour avancer dans le « vivre-ensemble », il faudra sans doute rapprocher les prisonniers : la politique d’éloignement et de dispersion perd son sens avec la dissolution.
Il y a des tentatives de faire rentrer les témoignages de victimes dans les classes. En général, il existe le sentiment en Espagne qu’il faut à présent gagner la « bataille du récit » de ce que fut ETA, ce que signifiait le terrorisme, et c’est là-dessus que veulent se concentrer les autorités espagnoles. Quant au parlement basque, il y existe une commission pour la paix et le vivre-ensemble qui essaie de jeter les bases d’un récit dans lequel chacun se retrouve plus ou moins.

Jack : Le premier ministre Mariano Rajoy pourrait-il faire un geste en ce qui concerne les prisonniers ?
Oui, la législation pénitentiaire le lui permet. Il peut mettre fin aux mesures d’exception destinées aux prisonniers pour terrorisme, ce qui permettrait de faire sortir ceux qui sont malades, de donner des permis de sortie ponctuels à ceux qui ont purgé les deux tiers de leur peine, et de rapprocher les prisonniers près de leur famille au Pays basque.
Néanmoins, ces mesures peuvent difficilement être prises en bloc, ne serait-ce que pour ne pas froisser les victimes. Elles doivent aussi dépendre de critères individuels de capacité de réinsertion et de garantie de non-récidive. Il existe des prisonniers plus radicaux que d’autres, même si peu regrettent l’arrêt de la violence.
Enfin, ce geste ne sera pas une amnistie, comme Mariano Rajoy l’a encore répété vendredi 4 mai. Il est peu probable qu’ils sortent de prison avant d’avoir purgé leur peine complète, étant donné la gravité des faits pour lesquels ils sont incarcérés.
Marine : Est-ce la fin de la lutte pour l’indépendance du Pays basque ?
C’est la fin de la lutte violente pour l’indépendance. Le parti de la gauche abertzale (patriote) EH Bildu, dont le coordinateur est l’ancien membre d’ETA Arnaldo Otegi, est un parti indépendantiste, même s’il n’est pas pressé de faire avancer cette lutte pour le moment. Les nationalistes voient l’indépendance comme un objectif à très long terme. Seuls 14 % des Basques se définissent comme indépendantistes, et en cas de référendum seuls 22 % voteraient oui à l’indépendance.
Marie-T : Pouvez-vous indiquer quel est le poids du camp indépendantiste au Pays basque, et celui du camp autonomiste ? Est-ce qu’en matière d’autonomie, des concessions sont imaginables de la part de Madrid ?
Les indépendantistes ont obtenu 21 % des voix aux dernières élections pour le parlement basque et les nationalistes modérés 37 %. Ils demandent plus de concessions de Madrid : la gestion de la politique pénitentiaire et les compétences en matière de sécurité sociale, le paiement des retraites… Ils veulent aussi que Madrid reconnaisse l’existence de la « nation » basque, et à terme avoir le droit d’organiser un référendum sur le modèle de relation avec Madrid, qu’ils veulent bilatérale, de type confédéral.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le chef de file de La France insoumise s’envolera pour Moscou lundi. Il participera au défilé « Immortel » qui célèbre, le 9 mai, les combattants soviétiques de la seconde guerre mondiale.
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Jean-Luc Mélenchon va rencontrer un leadeur de l’opposition en Russie

Le chef de file de La France insoumise s’envolera pour Moscou lundi. Il participera au défilé « Immortel » qui célèbre, le 9 mai, les combattants soviétiques de la seconde guerre mondiale.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h33
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) et 
Abel Mestre








                        


« C’est le moment pour le faire. » Jean-Luc Mélenchon s’envolera lundi 7 mai pour Moscou afin d’y rencontrer Sergueï Oudaltsov, un des leadeurs de l’opposition de gauche à Vladimir Poutine. Le député des Bouches-du-Rhône participera également au défilé du « Régiment Immortel ». Organisé chaque 9 mai, à l’issue de la traditionnelle parade militaire, il célèbre la mémoire des combattants soviétiques contre l’Allemagne nazie.
« C’est une manifestation magnifique et émouvante. On défile en portant une pancarte sur laquelle il y a la photo d’un parent qui est mort pendant la guerre ou qui a servi une unité de combat pendant la guerre, a confié M. Mélenchon lors d’une conférence de presse vendredi. Je porterai une photo, mais je ne sais pas encore de qui. » Lancée en 2012 dans la ville de Tomsk, en Sibérie, l’initiative, devenue populaire, a cependant été récupérée par la suite par le pouvoir.
M. Mélenchon en profitera également pour rencontrer Sergueï Oudaltsov. A 41 ans, ce juriste de formation est le coordinateur du Front de gauche russe. Il a également été l’un des organisateurs des grandes manifestations anti-Poutine de l’hiver 2011-2012. Arrêté en 2013, il avait été condamné l’année suivante à quatre ans et demi de colonie pénitentiaire pour « organisation d’émeute publique ». Il en sortira en août 2017.
M. Oudaltsov a aussi soutenu l’annexion de la Crimée et les séparatistes pro-russes dans le Donbass, à l’est de l’Ukraine. Cependant M. Mélenchon ne participera pas à la manifestation organisée par M. Oudaltsov sur la place de la Révolution à Moscou, dimanche, à la veille de l’investiture officielle du chef du Kremlin, en route pour un nouveau mandat à la tête de l’Etat russe jusqu’en 2024.
« Les Russes sont des amis et des partenaires »
Cette rencontre doit, en tout cas, permettre à M. Mélenchon de faire démentir les liens de proximité avec le pouvoir russe que nombre de ses adversaires lui adressent. « Je vais voir un opposant au pouvoir, ça va être difficile de dire que je suis un poutinien », a encore souligné M. Mélenchon. L’ancien candidat à la présidentielle veut profiter de ce voyage pour « rompre l’atmosphère de guerre froide qui a été rétablie par les idéologues atlantistes et nord-américains » et donner une preuve « de sympathie active au peuple russe, pas aux dirigeants ». Et d’ajouter que, malgré des divergences, « les Russes sont des amis et des partenaires. Il ne faut les traiter comme des ennemis ».
« Je suis un anti-atlantiste absolu, je suis pour la sortie de l’OTAN. (…) Nous allons au-devant de très grandes violences entre l’Iran, Israël, l’Arabie saoudite, la Turquie, dans cette région du monde, et comme certains de ces pays ont des frontières communes avec la Russie, il est important qu’on manifeste que le monde entier n’est pas en noir et blanc », a continué M. Mélenchon.
Plusieurs autres déplacements sont prévus d’ici à la fin de l’année. L’ancien sénateur socialiste ira en Allemagne en juin, à Madrid en juillet et aux Etats-Unis en octobre pour rencontrer l’ancien candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders.



                            


                        

                        


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Vivendi perd le contrôle de Telecom Italia

Le groupe français reste l’actionnaire principal de l’opérateur mais se trouve en minorité au sein du conseil d’administration.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h17
   





                        



   


Le groupe français Vivendi a essuyé un sérieux revers vendredi 4 mai en perdant le contrôle du conseil d’administration (CA) de Telecom Italia (Tim) au profit du fonds américain Elliott.
Parmi les actionnaires votants, 49,84 % se sont prononcés pour le fonds activiste et 47,18 % pour le groupe de Vincent Bolloré, principal actionnaire de Tim avec 23,94 % du capital. Elliott détiendra donc dix sièges sur les quinze du CA, et Vivendi cinq. Interrogé après le vote, le groupe français a dit être engagé sur le long terme dans l’opérateur et souligné qu’il veillerait à empêcher son éventuel « démantèlement ».
« Nous avons cinq sièges au conseil, nous sommes l’actionnaire principal. Nous continuerons à soutenir la stratégie [du directeur général] Amos Genish, qui a été votée à l’unanimité par le conseil, a déclaré le directeur de la communication de Vivendi, Simon Gillham. Nous serons très vigilants sur le fait qu’il n’y ait pas d’autre stratégie, de démantèlement ou autre. » Interrogé sur une éventuelle baisse de sa participation, il a déclaré : « Nous sommes un actionnaire à long terme. »

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La Caisse italienne des dépôts, favorable à Elliott
Lors de cette assemblée générale réunie à Rozzano, en banlieue de Milan (nord), 67,15 % du capital était représenté. Les influentes sociétés de conseil Glass Lewis, ISS et Frontis avaient recommandé de voter pour Elliott, qui détient quelque 9 % de Tim.
La Caisse italienne des dépôts – entrée en avril au capital dans le cadre de son soutien aux « infrastructures stratégiques nationales » et qui en possède désormais 4,78 % – s’est aussi rangée du côté du fonds activiste, une alliance qui peut sembler incongrue vu de l’étranger.
Mais le gouvernement italien a régulièrement condamné l’attitude de Vivendi, et les tensions ont été à plusieurs reprises extrêmement vives entre Rome et le groupe français, même si ce dernier a cherché à apaiser la situation ces derniers mois.
« Vivendi a été un très mauvais actionnaire », avait déclaré en avril le ministre du développement économique Carlo Calenda. « Je suis favorable aux investissements étrangers, mais cela ne veut pas dire rester inerte quand ils [veulent] détruire la valeur plutôt que la créer », avait-il à l’adresse du groupe français, qui s’est aussi mis à dos de l’autre côté de l’échiquier politique les Berlusconi, en raison d’un contentieux autour de Mediaset.
Incertitude sur le poste de directeur général
« Ce n’est pas une victoire conduite par le marché. La CDP contrôlée par le gouvernement a fait la différence en votant pour un fonds, au lieu d’un actionnaire industriel sur le long terme », a déploré Simon Gillham.
La plupart des petits actionnaires, Assogestioni, qui regroupe des fonds italiens, et le grand gestionnaire américain Blackrock ont également soutenu Elliott. Le fonds dénonçait la « mauvaise gestion » du groupe français et estimait nécessaire un CA « indépendant » pour « améliorer la gouvernance et la performance de Tim ».
Entrent au conseil ses dix candidats, des personnalités connues du monde italien des affaires, dont Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia et ex-directeur général de la télévision publique Rai, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel, qui sera le nouveau président de Tim.
L’incertitude demeure en revanche sur qui assumera le poste de directeur général, même si les déclarations de Vivendi laissent entendre qu’Amos Genish pourrait rester en poste. Elliott, qui avait soutenu l’élection au CA d’Amos Genish, désigné avec quasi 98 % des voix le 24 avril, a souhaité qu’il poursuive son mandat. Très apprécié des marchés, qui saluent l’amélioration des résultats de Tim ces derniers mois, M. Genish menait la liste remaniée de Vivendi et avait mis son poids dans la balance, en jugeant sa position « intenable » en cas d’échec de Vivendi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Euskadi Ta Askatasuna a annoncé mercredi sa dissolution. Retour sur un mouvement aux méthodes violentes.
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Qu’est-ce que l’organisation séparatiste basque ETA ?

Euskadi Ta Askatasuna a annoncé mercredi sa dissolution. Retour sur un mouvement aux méthodes violentes.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h00
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA, Pays basque et liberté) a officialisé sa dissolution, mercredi 3 mai. « ETA, organisation socialiste révolutionnaire basque de libération nationale, veut informer le peuple basque de la fin de son chemin », annonce son communiqué.

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L’ETA réclame l’indépendance d’Euskal Herria, ou « Pays basque », un territoire à cheval entre la France (16 %) et l’Espagne (84 %). Cet espace de plus de 20 500 km² et plus de 3 millions d’habitants se compose de sept provinces de culture et langue basques. Les provinces de Labourd, Basse-Navarre et Soule sont en France, dans les Pyrénées-Atlantiques. Quatre autres sont en Espagne, dans la communauté autonome basque et en Navarre. « Les revendications n’ont pas évolué », résume Barbara Loyer, chercheuse spécialiste du nationalisme basque.
Si le mouvement s’est scindé à de multiples reprises, son idéologie n’a pas changé. « Le ciment central a toujours été le nationalisme et le projet d’indépendance. » Retour sur cette organisation classée terroriste par l’Union européenne jusqu’en 2009.
Un mouvement anti-franquiste
A sa création en 1959, l’ETA est un mouvement qui s’oppose au régime fasciste de Francisco Franco, dirigeant de l’Espagne entre 1939 et 1975. Il est fondé par des membres de la revue clandestine Ekin (« agir ») et de jeunes dissidents du Parti nationaliste basque (PNV). Il entend d’abord défendre l’identité basque face au régime franquiste.
En décembre 1973, l’ETA assassine l’amiral Luis Carrero Blanco, alors chef du gouvernement et potentiel successeur de Franco. Le meurtre de « l’ogre », surnom donné par ses opposants, constitue l’action la plus frappante d’ETA sous l’ère franquiste. « En 1974, cet attentat est ressenti comme fortement légitime bien au-delà du Pays basque », indique Daniel Hermant dans la revue Cultures et conflits. Les séparatistes racontent ce crime dans leur livre Opération Ogro : Comment et pourquoi nous avons exécuté Carrero Blanco, premier ministre espagnol (Seuil, 220 p.).
Rhétorique d’extrême gauche
L’ETA se dit aujourd’hui « socialiste » et on lui prête des inspirations communistes. Pourtant, « au départ, ETA n’a aucune sympathie particulière pour la classe ouvrière », écrit en 1983 le sociologue Francis Jauréguiberry, dans sa thèse intitulée « Question nationale et mouvements sociaux en Pays basque sud ». Ses fondateurs sont issus de la petite et moyenne bourgeoisie, notamment de la banlieue la plus aisée de Bilbao. Ses premiers militants considèrent même le marxisme comme « une vision a-nationale du monde et donc dangereuse pour le nationalisme basque », rappelle le chercheur. Ils sont contre le communisme.
Lors des grèves de 1962-1963, sévèrement réprimées par le régime franquiste, des ouvriers sont emprisonnés dans les mêmes prisons que les militants d’ETA. « La combativité des ouvriers et le grand élan de solidarité que leur mouvement suscite impressionnent énormément les premiers militants d’ETA », écrit le sociologue Francis Jauréguiberry. Dès 1963, le discours des séparatistes associent libération nationale et libération sociale. Ils désignent le franquisme, le centralisme castillan et le capitalisme comme les trois ennemis du peuple basque.
« Ces références ont permis à l’ETA d’agglomérer la population, et notamment la jeunesse, sensible aux idées d’extrême gauche, décrypte Barbara Loyer, chercheuse et présidente de l’Institut français de géopolitique. Ce glissement sémantique permet alors aux séparatistes de se distinguer du parti nationaliste basque, conservateur et catholique. Par exemple, un communiqué de 1972 des séparatistes justifie en ces termes l’enlèvement d’un industriel basque : “Pour nous, tous les patrons sont égaux (…). Qu’ils soient basques ou non ne change rien à l’affaire : tous sont nos exploiteurs”. »
Violences et extorsions
829 morts
Bien que l’ETA puise ses racines dans l’anti-franquisme, plus de 90 % de ses 829 victimes ont eu lieu entre la mort de Franco en 1975 et la fin de la lutte armée en 2011. Lors de l’avènement de la démocratie, tous les militants de l’ETA emprisonnés avaient été libérés à la faveur d’une amnistie générale prononcée en 1977 pour les crimes commis pendant la période franquiste. Cependant, « les séparatistes mènent alors une offensive en règle contre la démocratie espagnole », analyse la chercheuse Barbara Loyer.

   


Au total, 343 civils et 486 policiers et militaires ont été tués. Ses attentats à la voiture piégée ont notamment causé la mort de 12 gardes civils à Madrid en 1986, de 21 personnes en juin 1987 sur un parking de Barcelone ou encore 11 autres en décembre 1987, près d’une caserne de la garde civile à Saragosse. L’enlèvement puis l’assassinat, le 12 juillet 1997, de Miguel Angel Blanco, conseiller municipal d’Ermua au Pays basque âgé de 29 ans, a provoqué d’importantes manifestations en Espagne. En mai 2000, ETA assassine à Saint-Sébastien, dans le Pays basque, le journaliste José Luis Lopez de Lacalle, connu pour ses positions anti-ETA.
Aux meurtres de policiers et militaires, civils, journalistes et politiques s’ajoutent les extorsions, à travers « l’impôt révolutionnaire » imposés aux chefs d’entreprise. Une étude estime à 10 000 le nombre d’entrepreneurs extorqués sous la menace d’exécution. Au total, au moins 62 militants d’ETA ont été tués par des groupes paramilitaires clandestins, dirigés par de hauts fonctionnaires espagnols. 270 séparatistes sont actuellement incarcérés en France et en Espagne.
Fin de la lutte armée
Marginalisée au Pays basque, où la population est exaspérée par la violence, traquée par les autorités espagnoles et françaises, l’ETA – dont la vitrine politique, Batasuna, est interdite en 2003 – abandonne officiellement la lutte armée en 2011. Elle avait commis son dernier meurtre en 2010, tuant un policier sur le sol français lors d’un contrôle d’identité en Seine-et-Marne. Dans son communiqué du 3 mai, l’organisation, qui, d’après les experts, ne comptait plus qu’une vingtaine d’activistes la veille de sa dissolution, ne reconnaît pas l’inutilité des violences et assassinats commis. « Il n’ont jamais rien obtenu mais préfèrent mettre en scène leur dissolution comme étant l’entrée dans un nouveau cycle », analyse Barbara Loyer. Le parti indépendantiste Bildu, le plus proche d’ETA, a ainsi salué le début d’une « nouvelle ère ».

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Dissolution de l’organisation basque ETA : la fin d’une lutte meurtrière et inutile



Malgré les nombreuses victimes assassinées par l’ETA, l’organisation tombe progressivement dans l’oubli depuis 2011 et l’abandon de la violence. « J’ai souvent dit par le passé que l’ETA disparaîtrait le jour où il faudrait non seulement expliquer ce qu’était cette organisation, mais encore tenter de faire comprendre son existence, confie à La Tribune de Genève le philosophe basque Daniel Innerarity. Mes enfants ont 16 et 14 ans. Dans leur école, certains de leurs camarades n’ont jamais entendu parler d’ETA. »


Pour approfondir

Extraits de la thèse « Question nationale et mouvements sociaux en pays basque sud », Francis Jauréguiberry, 1983
« La question basque au miroir de la violence », Daniel Hermant, revue  Cultures et conflits


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Experts et personnalités étaient réunis vendredi à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) pour « avancer dans la résolution du conflit au Pays basque ». Madrid préfère se souvenir des victimes et assure qu’il n’y aura pas d’impunité.
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Appel au « dialogue » et à la « réconciliation » après l’annonce par ETA de sa dissolution

Experts et personnalités étaient réunis vendredi à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) pour « avancer dans la résolution du conflit au Pays basque ». Madrid préfère se souvenir des victimes et assure qu’il n’y aura pas d’impunité.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h12
   





                        



   


Un appel à la « réconciliation », en « tournant la page » de la dernière insurrection armée en Europe occidentale : c’est le vœu exprimé par des experts et personnalités internationaux réunis vendredi 4 mai à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), pour prendre acte de la dissolution de l’organisation indépendantiste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA, « Pays basque et liberté »), annoncée jeudi à Genève.
« Aujourd’hui est un jour de célébration », a lancé, vendredi midi, l’avocat sud-africain Brian Currin à la tribune dressée dans une grande salle de la villa Arnaga de Cambo, l’immense demeure de l’écrivain français Edmond Rostand, ouvrant cette « rencontre internationale pour avancer dans la résolution du conflit au Pays basque ». Selon l’avocat de 67 ans, la dissolution d’ETA est « un engagement à prendre part au processus démocratique » des institutions espagnoles, « ce qui nécessitera la réconciliation ».
ETA a annoncé jeudi sa dissolution et la fin de toute activité politique, un an après avoir remis ses armes aux autorités, sept ans après avoir proclamé la fin de son action armée et près de soixante ans après sa naissance, en 1959.

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                Qu’est-ce que l’organisation séparatiste basque ETA ?



« Construire la paix est bien plus difficile »
« Le point de départ doit être le dialogue », a déclaré Gerry Adams, qui milita pendant trente-quatre ans contre la souveraineté britannique sur l’Ulster. « Construire la paix est bien plus difficile » que faire la guerre, a dit l’ancien dirigeant du Sinn Fein.
L’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, dont une déclaration a été lue à la tribune, a souligné le caractère « historique » de cette journée. « La déclaration d’ETA marque la fin de l’histoire difficile de l’Espagne [et] montre que le dialogue politique est durable alors qu’il reste beaucoup à faire pour guérir les blessures. »
Si l’ancien premier ministre irlandais Bertie Ahern, l’homme politique mexicain Cuauhtémoc Cardenas, et Jonathan Powell, diplomate britannique, étaient également présents à Cambo-les-Bains vendredi, ni le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy ni le gouvernement basque, présidé par Iñigo Urkullu, n’y ont envoyé de délégation. Afin d’éviter de cautionner la mise en scène finale.

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« Pas d’impunité »
« Aujourd’hui, nous pouvons dire catégoriquement que la démocratie espagnole a vaincu ETA. ETA disparaît, mais les dégâts causés ne disparaissent pas, pas plus que la douleur irréparable qu’elle a semée tant de fois », a déclaré M. Rajoy à Madrid. L’organisation séparatiste basque « n’obtiendra rien en annonçant sa dissolution », a-t-il martelé.
M. Rajoy a rendu hommage à toutes les victimes d’ETA « sans distinction » et a promis que tous « ces crimes seraient jugés », qu’« il n’y aura pas d’impunité ». « Aujourd’hui, alors qu’ETA a enfin annoncé sa dissolution, il faut que nos pensées soient pour les victimes », a-t-il dit, citant le chiffre de 853 morts, selon le dernier comptage du gouvernement.
« J’invite toute la société espagnole à se souvenir [des victimes] une par une dans la singularité de leurs vies arrachées (…) Ce n’est pas une statistique, ce sont des personnes », a ajouté M. Rajoy.
Le Collectif des victimes du terrorisme (Covite) a exigé qu’ETA condamne la terreur et cesse de rendre des hommages publics à ses militants quand ils sortent de prison. Il attend aussi qu’elle fasse la lumière sur 358 crimes encore inexpliqués.
La question des prisonniers
Selon les experts, l’organisation comptait, à la veille de sa dissolution, moins d’une vingtaine de membres. Le gros de ses troupes se trouve en prison : près de 230 détenus en Espagne, une cinquantaine en France.
A ce propos, Iñigo Urkullu, président du gouvernement basque, déclarait jeudi que M. Rajoy « est sensible à la question » de la fin de la « politique de dispersion » appliquée aux prisonniers étarras détenus dans des établissements pénitentiaires éloignés du Pays basque.
Il a reconnu qu’il « travaill[ait] avec le gouvernement espagnol pour le rapprochement des prisonniers d’ETA » dans des prisons à proximité du Pays basque. « Il est clair que le gouvernement ne modifiera pas sa politique pénitentiaire », redisait pourtant vendredi Inigo Mendez de Vigo, porte-parole du gouvernement espagnol.
L’Union européenne s’est félicitée vendredi de la décision d’ETA de mettre fin à toutes ses activités et de s’autodissoudre, en soulignant qu’il n’y a « pas de place dans l’UE pour le terrorisme, les armes et les fusils ».

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                « Souffrance et douleur sont le seul bilan d’ETA  »







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Cette professeure de français a été l’une des rares dissidents à s’être élevés contre la dictature de Nicolae Ceausescu, elle s’est éteinte à 88 ans.
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Mort de Doina Cornea, figure de la résistance roumaine au communisme

Cette professeure de français a été l’une des rares dissidents à s’être élevés contre la dictature de Nicolae Ceausescu, elle s’est éteinte à 88 ans.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h48
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



   


Il y a, dans des moments clés de l’histoire, des gens qui sauvent l’honneur de leur pays. Doina Cornea, l’icône de la dissidence roumaine dans les années 1980, est de ceux-là. La modeste professeure de français de la ville de Cluj, dans le nord-ouest de la Roumanie, une des rares dissidents à s’être élevés contre la dictature de Nicolae Ceausescu, est morte vendredi 4 mai, à l’âge de 88 ans, a fait savoir son fils. Née le 30 mai 1929 à Brasov, ville à forte minorité allemande, qui a marqué sa personnalité, Doina Cornea a fait ses études à Cluj, le centre culturel de la Transylvanie. Elle y étudie la philologie et intègre l’université en tant que professeure de français.
A l’origine de ses démêlés avec la Securitate, la sinistre police politique du régime, une visite à Strasbourg en 1965. En l’espace de quelques instants elle prend conscience de l’absurdité de son pays. « Je me trouvais dans un café avec des amis français, racontait-elle. J’admirais de Gaulle, mais un ami socialiste n’arrêtait pas de le critiquer. Je m’attendais à ce qu’on vienne l’arrêter d’un moment à l’autre, mais il ne s’est rien passé. C’est à ce moment précis que j’ai pris conscience de ce que je vivais en Roumanie. J’avais honte, et peu à peu cette honte m’a poussée à agir. J’ai essayé de vivre normalement dans un pays anormal. Rien d’extraordinaire. »
Le déclic
De retour en Roumanie, la sensation de liberté qu’elle avait ressentie en France la poursuit. Plus la dictature communiste se durcissait, plus elle s’accrochait au souvenir de ces instants strasbourgeois. Puis, le déclic se produit. Dans les années 1980, cette femme fait trembler l’une des pires dictatures au monde. A l’époque, le pays de Nicolae Ceausescu, le « génie des Carpates », semblait condamné au silence. Mais en 1982, la professeure de français élève publiquement la voix contre la dictature.
Doina Cornea envoie à la radio anticommuniste Europe libre, établie à Munich, une lettre intitulée « A ceux qui n’ont pas cessé de penser ». La Securitate s’en saisit immédiatement, mais la dissidente réussit à envoyer à la radio maudite une trentaine de messages publics. « Après l’envoi de la première lettre, j’ai été convoquée par la Securitate, dira-t-elle après la chute du régime. Au début, ils ont été gentils avec moi, ce qui m’a encouragée, mais j’ai vite appris les règles. Il ne fallait jamais dire la vérité ou leur mentir, mais il fallait un mélange des deux. C’était comme au jeu d’échecs, où chacun avance les pièces en fonction de l’autre. »
Dans les tréfonds des archives de la police politique, son dossier portait le numéro 666, et un nom de code lui avait été attribué : Diana. Surveillée en permanence, assignée à résidence à son domicile, arrêtée et emprisonnée en 1987, interrogée parfois jour et nuit, Doina Cornea résiste et continue. Son époux, l’avocat Leontin Iuhas, la soutient dans son opposition à la dictature. Sa fille, Ariadna, est à l’abri en France, où elle s’était mariée en 1976. Avec son fils, qu’elle avait surnommé « Tintin », elle répand des tracts anticommunistes et met dans l’embarras un régime qui se croyait infaillible.
Ses lettres publiques rencontraient un large écho dans la presse occidentale, ce qui la protégeait face à l’ire du Conducator et de ses affidés. « Je n’aurais pas pu faire grand-chose sans le soutien des ambassades occidentales, reconnaissait-elle après la chute du régime. L’ambassade de France à Bucarest est allée très loin. Tous les jeudis, je devais l’appeler pour confirmer que j’étais toujours en vie. C’était une sorte de garantie pour mon action. »
Un symbole de la résistance
Ce n’est qu’en décembre 1989, après le jugement et l’exécution sommaires du Conducator et de son épouse, que les Roumains découvrent à la télévision le visage de Doina Cornea, la femme devenue symbole de la résistance anticommuniste. Mais son calvaire était loin d’être terminé. L’apparatchik Ion Iliescu, le tombeur de Ceausescu, et l’ancienne nomenklatura avaient accaparé le pouvoir de la jeune démocratie roumaine. L’ex-dissidente continuait à gêner non seulement les nouvelles autorités en quête de légitimité, mais aussi une société qui refusait de se regarder dans le miroir de son passé. « On ne fait rien tant qu’on ne sacrifie pas un peu de soi-même, affirmait-elle. Un pays change grâce aux petits gestes de tous les jours. Ces petits sacrifices devraient être un exercice quotidien. » Mais la Roumanie peine encore à faire cet examen de conscience collectif.
Celle qui a rendu la dignité à son pays s’est vu accorder plusieurs distinctions : l’Etoile de la Roumanie en 2000, la plus haute distinction de son pays ; l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, offert par le pape Jean Paul II en 2003 ; la croix de commandeure de la Légion d’honneur que la France lui a décernée en 2009. Mais Doina Cornea n’en parlait pas. Vers la fin de sa vie, elle s’intéressait à la religion et se demandait s’il y avait quelque chose après la mort. Aux amis proches, elle promettait de leur passer un coup de fil de l’au-delà pour le leur dire. Parmi ceux qui l’ont connue, d’aucuns guettent la sonnerie de leur téléphone.

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                Doina Cornea, égérie de la révolution roumaine






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ L’organisation séparatiste basque a officialisé, jeudi 3 mai, sa dissolution. Sandrine Morel, la correspondante du « Monde » en Espagne a répondu à vos questions sur cette annonce et ses possibles conséquences.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Deux députés français et allemand, Rüdiger Kruse et Franck Riester, proposent dans une tribune au « Monde » d’unifier le code des affaires des deux pays, afin d’incarner le projet européen dans une réalisation concrète et créatrice de richesses.
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« Rendre le droit européen des affaires plus lisible et accessible »

Deux députés français et allemand, Rüdiger Kruse et Franck Riester, proposent dans une tribune au « Monde » d’unifier le code des affaires des deux pays, afin d’incarner le projet européen dans une réalisation concrète et créatrice de richesses.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
    |

Rüdiger Kruse (Député (CDU) de Hambourg au Bundestag) et Franck Riester (Député (Agir) de Seine-et-Marne, coprésident du groupe « UDI, Agir et indé...







                        



                                


                            
Tribune. Tous les Européens convaincus en ont conscience, l’immobilisme n’est plus une option. Pour remettre l’Europe en capacité d’agir, il est nécessaire que la France et l’Allemagne se décident à définir un projet commun.
En matière économique, la réforme de la zone euro est un chantier que la France et l’Allemagne doivent envisager sur le long terme, en tenant compte des différences de points de vue portés par nos deux gouvernements. Le président Macron a présenté en septembre le projet d’une Europe refondée, doté notamment d’un ministre des finances et d’un budget de la zone euro. La grande coalition qui gouverne en Allemagne a formulé la promesse d’un « renouveau européen », centré sur des projets d’avenir, mais elle reste réticente à soutenir tout projet qui pourrait conduire à mettre les dettes en commun…
»
Construire un compromis impose peut-être de redéfinir les priorités. S’il est important de favoriser la coordination entre les politiques monétaires et budgétaires au sein de la zone euro, il est avant tout nécessaire de sortir d’une vision purement financière de l’Europe. La question de la répartition des richesses ne se pose qu’une fois la richesse créée, et la compétitivité de notre économie ne se laisse pas réduire à des transferts financiers. Nous croyons nécessaire de revenir à l’origine du projet européen, à cette époque où, comme l’exprimait Jean Monnet, des réalisations concrètes devaient créer des « solidarités de fait ».
L’ambition européenne reposait à l’origine sur la formation d’un espace économique unifié, permettant aux entreprises de produire et d’échanger plus facilement, pour favoriser la croissance et les investissements. Malgré des avancées remarquables, le marché unique est encore loin d’être achevé. Un entrepreneur qui veut créer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ L’île grecque de 86 000 habitants a vu transiter des centaines de milliers de réfugiés. De nombreux résidents ont manifesté lors de la venue d’Alexis Tsipras jeudi.
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Lesbos : le premier ministre grec tente d’apaiser la colère liée à la crise migratoire

L’île grecque de 86 000 habitants a vu transiter des centaines de milliers de réfugiés. De nombreux résidents ont manifesté lors de la venue d’Alexis Tsipras jeudi.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 13h37
   





                        


Alexis Tsipras a défendu, jeudi 3 mai, à Lesbos, l’accord migratoire controversé conclu entre l’UE et la Turquie, tout en essayant d’apaiser la colère sur cette île où sont bloqués près de 9 000 réfugiés et migrants. L’île grecque de 86 000 habitants est en première ligne de l’afflux qui a vu transiter des centaines de milliers de réfugiés et migrants en quête d’Europe.
De nombreux résidents ont manifesté lors du discours du premier ministre grec, la plupart d’entre eux venant du village de Moria, où est situé le camp le plus surpeuplé de l’île, demandant des mesures pour réduire la pression migratoire. Des incidents avec quelques dizaines de militants d’extrême droite ont éclaté après la manifestation, selon le site Ekathimerini vendredi, qui cite l’agence de presse Athens-Macedonian News Agency.

   


« Point de rupture »
« Sans ce cadre, les choses auraient été trois fois pires », a déclaré le premier ministre grec, se référant à l’accord de mars 2016, qui a considérablement limité les arrivées à Lesbos depuis la Turquie voisine. « Il y a trois ans, nous avions 4 000, 5 000 personnes qui arrivaient chaque jour », a t-il souligné, tout en admettant que la situation actuelle était « très difficile pour les migrants et les résidents ».
L’organisation Médecins sans frontières (MSF) a averti plus tôt dans la journée que Lesbos était en train d’atteindre « un point de rupture ». « Environ 500 personnes arrivent chaque semaine à Lesbos, la surpopulation tout comme la demande grandissante de soins poussent le camp à un point de rupture », a détaillé l’ONG.

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                En Grèce, dans l’enfer du camp de réfugiés de Moria, en BD



Plus de 16 000 migrants et réfugiés sont confinés dans des camps sur les îles grecques de Lesbos, Chios, Samos, Leros et Kos, dans l’attente du traitement de leur demande d’asile, ce qui alimente des tensions récurrentes notamment à l’approche de la saison touristique. En avril, plus d’une dizaine de migrants et réfugiés, notamment des ressortissants afghans, avaient été blessés au cours d’affrontements avec un groupe d’extrême droite à Lesbos.
Alexis Tsipras a assuré que les services de l’asile grec devaient recevoir des renforts pour accélérer les procédures, et que la Grèce ne tolérerait pas d’attaques « meurtrières » contre les réfugiés. D’après les statistiques officielle, la Grèce – 11 millions d’habitants – a enregistré 58 661 demandes d’asile l’année dernière, ce qui la place au premier rang de l’UE pour le nombre de demandeurs d’asile par habitant.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le Labour, qui espérait profiter des atermoiements du gouvernement sur le Brexit et du mécontentement lié à la politique d’austérité, n’enregistre pas les larges avancées qu’il avait annoncées.
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Les tories de Theresa May confortés par le résultat des élections locales

Le Labour, qui espérait profiter des atermoiements du gouvernement sur le Brexit et du mécontentement lié à la politique d’austérité, n’enregistre pas les larges avancées qu’il avait annoncées.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h28
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Le Parti conservateur dirigé par la première ministre britannique, Theresa May, a résisté mieux que prévu lors des élections locales du jeudi 3 mai, selon des résultats partiels connus vendredi matin. Alors que le gouvernement est divisé sur le Brexit et affaibli par la perte de sa majorité absolue aux législatives de juin 2017, ce scrutin, où le Labour de Jeremy Corbyn prétendait prendre un net avantage, paraît susceptible de renforcer Mme May au moment où, dans l’impasse dans les négociations avec Bruxelles sur la sortie de son pays de l’UE, elle cherche désespérément à trouver le moyen de justifier ses reculades.
Les tories sont les premiers bénéficiaires de la déroute presque totale du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP, extrême droite), dont le Brexit était la revendication suprême. En face, en dépit de certains succès, notamment à Londres, la déception domine au Labour, qui espérait que ces élections confirmeraient son brillant résultat aux législatives et renforceraient une dynamique destinée à le porter au pouvoir. A la barre du pays depuis huit ans, les conservateurs ne subissent pas de vote sanction.
Dans les régions qui avaient voté largement en faveur de la sortie de l’UE au référendum de 2016, les conservateurs enregistrent des succès en siphonnant les voix du UKIP, a remarqué à la BBC le professeur John Curtice, spécialiste des analyses électorales. De son côté, le Labour peut se flatter de bons résultats dans les zones où le vote anti-Brexit avait dominé et où la population est jeune. Comme si ces élections municipales confirmaient l’image d’un pays profondément coupé en deux par la question européenne.
Enjeux locaux
A un peu plus d’un an de l’entrée en vigueur formelle du Brexit, le scrutin local de jeudi est considéré comme un test pour Mme May alors que son gouvernement se montre incapable de s’accorder sur une position commune sur le type de contrôles douaniers à ses frontières après...




                        

                        


<article-nb="2018/05/04/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Officiellement illégaux, des mercenaires russes sont présents dans plusieurs pays africains, dont la Centrafrique, en complément d’« instructeurs » officiels.
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Après l’Ukraine et la Syrie, les mercenaires russes prennent leurs marques en Afrique

Officiellement illégaux, des mercenaires russes sont présents dans plusieurs pays africains, dont la Centrafrique, en complément d’« instructeurs » officiels.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 12h01
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            
Leur existence, niée par Moscou, est devenue un secret de Polichinelle. Des mercenaires russes ont combattu en Ukraine, dans le Donbass, puis ils se sont déployés en Syrie. Leur nombre exact reste inconnu, tout comme leurs pertes. Et cependant, les « Wagner » comme on les appelle en Russie, d’après un pseudonyme emprunté à l’un de leurs chefs, Dmitri Outkine, ex-officier du renseignement militaire (GRU), en ont subi. « Quelque 200 Russes ont été tués en Syrie », a affirmé l’ex-directeur de la CIA, Mike Pompeo, lors de son audition le 12 avril devant les sénateurs américains appelés à confirmer sa nomination au poste de secrétaire d’Etat.
Le chef de la diplomatie américaine faisait référence à l’accrochage meurtrier survenu deux mois plus tôt, le 7 février, dans la région de Deir ez-Zor, entre des combattants pro-Assad et la coalition dirigée par les Etats-Unis. Du bout des lèvres, Moscou avait alors admis la mort de « cinq personnes de nationalité russe », sans « aucun rapport » avec ses forces armées engagées en Syrie.

Des « Tchékéva » illégales
Vraiment ? Dès 2016, les « Wagner » ont été entraînés sur la base militaire de Molkino, située dans la région de Krasnodar (sud de la Russie). Le 17 avril encore, l’agence Reuters a surpris 300 « civils » pénétrant à l’intérieur du camp à bord de trois bus ordinaires. Filés depuis l’aéroport de Rostov-sur-le-Don, à quelque 350 kilomètres de distance, ces hommes, sortis du terminal par une porte distincte des autres voyageurs, avaient été convoyés par une compagnie aérienne syrienne privée, Cham Wings. Aucune confirmation, ici non plus : les « Tchévéka », acronyme russe qui désigne les sociétés militaires privées (SMP), sont illégales.
« Apparemment, oui, l’armée les utilise, admet Alexandre Kramtchikhine, expert à l’Institut d’analyse politique et militaire. Mais comme ils ne sont pas légaux, cela devient une question politique. C’est une profonde erreur,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Ankara s’agace du refus d’Athènes d’extrader huit soldats turcs suspectés de putsch.
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Une nouvelle arrestation ajoute aux tensions entre Grèce et Turquie

Ankara s’agace du refus d’Athènes d’extrader huit soldats turcs suspectés de putsch.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 11h57
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Un employé municipal turc a été condamné, jeudi 3 mai, à cinq mois de prison avec sursis et à 1 500 euros d’amende par un tribunal grec pour avoir franchi illégalement la frontière gréco-turque au volant d’une tractopelle. Musa Alerik, 37 ans, était en train d’effectuer des travaux de voirie pour le compte de la municipalité d’Edirne (Thrace orientale), mercredi 2 mai, lorsqu’il a « accidentellement » franchi la frontière avec son engin de chantier.
Détenu par les gardes-frontières grecs, il a ensuite été déféré au tribunal d’Orestiada, la première ville grecque après la frontière, d’où il est ressorti libre jeudi, en attendant son jugement en appel. La tractopelle municipale a été placée sous séquestre. Pour sa défense, l’employé municipal a assuré avoir pénétré en territoire grec par inadvertance après avoir creusé une tranchée pour la pose d’une canalisation au poste-frontière de Pazarkule. L’affaire peut être vue comme une riposte à l’arrestation, deux mois plus tôt, de deux soldats grecs qui s’étaient égarés en territoire turc.
C’est à ce même endroit, non loin du poste-frontière de Pazarkule, mais côté turc cette fois, que les deux soldats grecs ont été arrêtés par l’armée turque le 1er mars, puis placés en garde à vue pour franchissement « illégal » de la frontière. En patrouille dans la zone, traversée par de nombreux migrants clandestins, les deux soldats ont assuré qu’ils étaient entrés « par erreur » sur le territoire turc du fait des mauvaises conditions météorologiques.
« Diplomatie des otages »
Le tribunal d’Edirne n’a rien voulu savoir. Accusés de « tentative d’espionnage », les deux militaires sont en détention depuis et toutes les tentatives pour les faire libérer sont restées lettre morte. Partisan déclaré de la « diplomatie des otages », le président turc Recep Tayyip Erdogan a récemment lié leur sort à celui de huit officiers turcs, putschistes présumés, qui ont trouvé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Editorial. L’organisation séparatiste basque, qui sera officiellement dissoute vendredi, n’a rien obtenu en soixante ans de lutte et près de 830 morts.
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Dissolution de l’organisation basque ETA : la fin d’une lutte meurtrière et inutile

Editorial. L’organisation séparatiste basque, qui sera officiellement dissoute vendredi, n’a rien obtenu en soixante ans de lutte et près de 830 morts.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 14h46
   





                        



Editorial du « Monde ». Près de soixante ans et 829 morts après sa création, l’organisation séparatiste basque ETA a officialisé, jeudi 3 mai, sa dissolution, avec une mise en scène qui n’est guère parvenue à masquer sa défaite militaire et politique. C’est une bonne nouvelle pour l’Espagne et en particulier pour le Pays basque, mais une nouvelle qui arrive bien tard. Le pays et la région avaient en réalité déjà commencé à tourner la page lorsque l’organisation avait annoncé, le 20 octobre 2011, la fin d’une activité armée qu’elle n’était plus capable de mener. Au moment de son démantèlement officiel, les effectifs d’ETA n’atteignent même pas deux douzaines.

        Lire aussi :
         

                La dissolution d’ETA ne console pas ses victimes



Qu’a obtenu ETA, à l’issue de ces décennies de lutte meurtrière, qui vaut à près de 300 de ses combattants d’être aujourd’hui en prison ? Rien. Légitime sous le régime franquiste, qui voulait briser les identités régionales, interdisait leurs langues et persécutait leurs militants, le séparatisme basque s’est abîmé dans le terrorisme, mettant en danger la jeune démocratie espagnole et ensanglantant son propre territoire.
Lorsque le Pays basque s’est vu attribuer une très large autonomie, y compris fiscale, le romantisme de la résistance antifranquiste d’ETA a connu une dérive trop familière, celle des mouvements paramilitaires qui, privés du soutien populaire, se réfugient dans la tyrannie. Discrédités politiquement, affaiblis par l’interdiction, sur décision de justice, du parti indépendantiste Batasuna en 2003, les commandos d’ETA ne pouvaient plus faire face à l’appareil sécuritaire de plus en plus efficace de l’Etat espagnol, appuyé par la France.
Un épisode aussi douloureux de l’Histoire ne se raye pas, cependant, d’un trait de communiqué ni d’une conférence de presse bien orchestrée. Une mesure pourrait compléter cet épilogue de manière opportune : celle du transfèrement des détenus d’ETA, disséminés dans les prisons du pays, dans des établissements pénitentiaires du Pays basque, qui permettrait de les rapprocher de leurs familles.
Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, est-il capable de cette magnanimité ? Il peut, objectivement, se le permettre. Le Pays basque a retrouvé la paix et le sentiment indépendantiste y est à un niveau historiquement bas : 14 %. Les nationalistes modérés du PNV, le Parti nationaliste basque, n’envisagent pas de rupture avec l’Etat espagnol. Comparé à la Catalogne, « Euzkadi » est maintenant une oasis de sérénité.
Parallèle cruel avec la Catalogne
Le parallèle ente les deux enfants terribles de l’Espagne, le Pays basque et la Catalogne, qui sont aussi les plus riches, est cruel. Le régime basque d’autonomie a, certes, bénéficié de compétences que n’a pas la Catalogne, en premier lieu une autonomie fiscale qui remonte au XIXe siècle. Barcelone a fini par la revendiquer en pleine crise économique, en 2012 : on peut imaginer que si la Catalogne avait eu les mêmes compétences fiscales lorsqu’elle a accédé à l’autonomie à la fin des années 1970, l’escalade séparatiste aurait été évitée. Ce qui est viable pour le Pays basque, qui représente 6 % du produit intérieur brut espagnol, ne l’est cependant pas forcément pour la Catalogne, qui en constitue 19 %.
Mais une autre différence réside dans la stratégie du PNV. Pragmatique, il a su négocier avec M. Rajoy. Il a notamment obtenu en échange, dans le budget 2017, des investissements pour la région et un meilleur financement, et il négocie celui de 2018 dans la même optique. Pragmatisme et négociation : c’est exactement ce qui fait défaut aux dirigeants catalans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ L’ETA a été essentiellement un problème espagnol. Mais l’organisation terroriste a posé un véritable défi à la France, qui a abouti à une collaboration intense entre les deux pays.
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ETA : une traque menée en commun entre Paris et Madrid

L’ETA a été essentiellement un problème espagnol. Mais l’organisation terroriste a posé un véritable défi à la France, qui a abouti à une collaboration intense entre les deux pays.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h21
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

C’est en France, à Combo-les-Bains, que devait avoir lieu, vendredi 4 mai, la « conférence internationale » visant à certifier la dissolution d’ETA. C’est en France qu’ETA a fait sa dernière victime, le policier Jean-Serge Nérin, en 2010. C’est aussi en France, à Saint-Etienne-de-Baïgorry qu’en 2015 ont été arrêtés les derniers chefs du groupe terroriste, David Pla et Iratxe Sorzábal, puis en 2016, à Azcain, le responsable de l’appareil logistique Mikel Irastorza. Car c’est généralement en France que les terroristes basques ont trouvé refuge, qu’ils avaient leurs planques et leurs arsenaux.

L’ETA a été essentiellement un problème espagnol – même si elle a fait trois victimes de nationalité française et même si, dans son dernier communiqué, elle rappelle que le « conflit » concerne « les Etats » français et espagnol, et dénonce la politique d’« assimilation » menée par « l’Etat jacobin » en France. Mais l’organisation a posé un véritable défi à la France, qui a abouti à une collaboration intense entre les forces de sécurité et de renseignement des deux pays.
Accords de coopération
Sous les présidences de Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing, la France protégeait les « militants basques », perçus comme des « résistants antifranquistes ». Ce n’est que sous François Mitterrand, convaincu par le chef du gouvernement socialiste d’alors, Felipe Gonzalez, que l’ETA est une organisation terroriste, qu’une collaboration entre les deux pays se met en place. 
« En 1984, l’assassinat du sénateur socialiste espagnol Enrique Casas fait prendre conscience aux socialistes français de ce qu’est l’ETA et la France procède à ses premières extraditions d’étarras vers l’Espagne », rappelle le directeur du centre pour la mémoire des victimes du terrorisme, Florencio Dominguez, auteur de nombreux ouvrages sur le groupe séparatiste.
En 1987, les deux pays signent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le projet de budget du nouveau ministre des finances est vécu comme une trahison à gauche.
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Le social-démocrate Olaf Scholz se pose en parfait héritier du conservateur Schäuble

Le projet de budget du nouveau ministre des finances est vécu comme une trahison à gauche.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 11h56
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

En apprenant que le ministère des finances leur échappait et qu’il serait confié aux sociaux-démocrates (SPD), les conservateurs (CDU-CSU) allemands en ont beaucoup voulu à Angela Merkel. C’était le 9 février, la chancelière venait de sceller un nouvel accord de coalition avec le SPD et, aux yeux de ses amis politiques, elle trahissait les siens. Selon eux, elle démontrait ainsi qu’elle était prête à tout pour rester au pouvoir, quitte à mettre en danger les finances de l’Allemagne en les confiant à un social-démocrate forcément moins rigoureux que ne l’avait été, pendant les huit années précédentes, le conservateur Wolfgang Schäuble.
Trois mois plus tard, leurs craintes n’ont plus lieu d’être. En présentant, mercredi 2 mai, son projet de loi budgétaire pour la période 2018-2022, le nouveau ministre des finances, Olaf Scholz (SPD), s’est posé en parfait héritier de M. Schäuble, promettant notamment que la dette publique passerait sous la barre des 60 % du PIB en 2019 (contre 97 % pour la France), avec comme objectif d’atteindre 53 % du PIB à la fin de la législature, en 2021.

Le souci de l’ancien maire de Hambourg d’apparaître comme un gestionnaire sérieux n’est pas une surprise. Depuis sa nomination au gouvernement, mi-mars, M. Scholz ne cesse de répéter qu’il respectera le « Schwarze Null » (« zéro noir »), le sacro-saint équilibre budgétaire cher à M. Schäuble. Plus surprenant, en revanche, est le programme d’investissements qu’il a annoncé : selon son projet de loi, les dépenses d’investissements devraient en effet passer de 34 milliards d’euros en 2017 à 37,9 milliards d’euros en 2019, avant de baisser pour finalement atteindre 33,5 milliards d’euros en 2022.
Une courbe en contradiction avec les promesses du SPD qui, pendant la campagne des législatives, avait au contraire promis une hausse continue des investissements de la part de l’Etat fédéral, sans manquer d’ailleurs d’instruire le procès de M. Schäuble, dépeint en père...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ A un an des élections européennes de mai 2019, Berlin se montre très réservé sur les propositions françaises de réforme de la zone euro et de « taxe Google ».
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L’Allemagne lâche-t-elle la France sur l’Europe ?

A un an des élections européennes de mai 2019, Berlin se montre très réservé sur les propositions françaises de réforme de la zone euro et de « taxe Google ».



Le Monde
 |    04.05.2018 à 11h11
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

La France est déçue par l’Allemagne. Dès son élection à la présidence de la République, en mai 2017, Emmanuel Macron a présenté des réformes ambitieuses pour l’Europe, incluant notamment une intégration poussée de la zone euro avec un super-ministre des finances, un budget et un parlement propres. Afin d’asseoir sa crédibilité, il a fait le pari de poursuivre la politique de normalisation des finances publiques entreprise par son prédécesseur, François Hollande, conscient qu’il s’agissait d’un préalable à toute négociation avec Berlin. Un an plus tard, ce pari est en passe d’être remporté.
Le 23 mai, Bruxelles devrait déclarer que la France sort enfin de la catégorie des pays européens en situation de « déséquilibres excessifs », avec des déficits publics pour 2017 et 2018 sous les 3 % du produit intérieur brut (PIB). Quant aux réformes au pas de charge engagées par M. Macron, elles correspondent exactement à ce que réclamaient les Allemands ces dernières années.
Mais à un an des élections européennes de mai 2019, Paris a le sentiment que Berlin n’est pas au rendez-vous. Les Français ont-ils trop misé sur l’arrivée du social-démocrate Olaf Scholz au ministère des finances ? S’il a pris soin de ne pas les balayer en public, l’ancien maire de Hambourg s’est montré plus que réservé à l’égard des propositions françaises lors de ses premières discussions avec ses collègues européens, fin avril, à Sofia (Bulgarie).

Ainsi, l’idée d’un « super-ministre » de la zone euro n’y a pas été évoquée, tant les Allemands y sont opposés. Très prudent sur la création d’un budget de la zone euro, M. Scholz n’est par ailleurs pas intervenu lors du débat sur la taxation des géants du numérique, un nouvel impôt proposé par la Commission européenne sur l’insistance de Paris. Cette « taxe Google » avait pourtant été soutenue par son prédécesseur, le conservateur Wolfgang Schäuble.
« Tout ministre des finances qu’il est,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le cadeau de la Chine a heurté tant les écologistes à la mairie de Trèves que l’extrême droite. Mais aussi des groupes pour la mémoire des victimes du communisme.
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Une statue de Marx offerte à sa ville natale fait polémique en Allemagne

Le cadeau de la Chine a heurté tant les écologistes à la mairie de Trèves que l’extrême droite. Mais aussi des groupes pour la mémoire des victimes du communisme.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 11h19
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Karl Marx est de retour dans sa ville natale, mais cela ne plaît pas à tout le monde. Deux cents ans jour pour jour après sa naissance, l’inauguration d’une statue du philosophe allemand dans le cœur historique de Trèves (Rhénanie-Palatinat), samedi 5 mai, suscite une vive controverse.
En réalité, l’affaire agite les esprits depuis déjà trois ans. A l’origine : une proposition de la République populaire de Chine, faite en 2015, d’offrir une statue de l’auteur du Capital à la ville où ce dernier vécut jusqu’à ses 17 ans. Fallait-il accepter ? La question fut mise à l’ordre du jour d’un conseil municipal, le 13 mars 2017. Après des débats enflammés, un vote fut organisé. Résultat : 42 voix pour, 7 contre, 4 abstentions. Le feu vert fut donc donné.
La décision a toutefois eu du mal à passer. Sur place, la coalition à la tête de Trèves, qui réunit les sociaux-démocrates, les conservateurs et la gauche radicale (Die Linke), s’est heurtée à une opposition hétéroclite mais déterminée. Pour les Verts, le problème n’était pas tant de célébrer Marx que d’accepter un présent de Pékin. « Celui qui reçoit un cadeau rend honneur à celui qui l’offre. Or, le Parti communiste chinois ne mérite pas d’être honoré », firent valoir les écologistes. Pour le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne, c’était l’idée même de rendre hommage à « un homme qui a rejeté la démocratie parlementaire » qui était insupportable.
Inciter le public à débattre
Mais le débat ne s’est pas limité à la cité de Trèves. Des centaines de kilomètres plus à l’est, dans cette partie de l’Allemagne jadis située de l’autre côté du rideau de fer, des associations défendant la mémoire des victimes du communisme ont exprimé leur colère. Près de trente ans après la chute du mur de Berlin, elles ont considéré comme une injure d’ériger un monument à celui dont la pensée servit de catéchisme à certains des pires dictateurs du XXe siècle.
Pour apaiser les esprits, Trèves a obtenu de la Chine que la statue qui sera finalement livrée soit un peu moins imposante que prévu : 5,50 m au lieu de 6,30 m, socle compris. Parallèlement, les dirigeants de la cité mosellane ont martelé que ce monument de bronze n’était pas un outil de propagande mais qu’il était là, au contraire, pour inciter le public à débattre de la pensée et de l’héritage de Karl Marx.
Trèves, qui accueille chaque année plus de 150 000 touristes chinois, pouvait-elle refuser un tel cadeau, au risque de se brouiller avec Pékin ? Sans doute pas. La polémique a surtout rappelé à quel point la mémoire de Marx reste ambivalente dans l’Allemagne d’aujourd’hui. Ambivalence que le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, a lui-même exprimée, jeudi, en déclarant prudemment, lors d’une table ronde organisée à Berlin pour le bicentenaire de la naissance du philosophe : « En tant qu’Allemands, nous ne devons ni surestimer Karl Marx ni le bannir de notre histoire. Nous ne devons ni avoir peur de lui ni lui ériger des statues dorées. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ L’archipel est au centre d’une contrebande meurtrière. Dix-huit médias internationaux, dont « Le Monde », enquêtent sur les traces de la journaliste Daphne Caruana Galizia, assassinée en 2017.
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Le trafic de pétrole entre Libye et Italie passe par les eaux de Malte

L’archipel est au centre d’une contrebande meurtrière. Dix-huit médias internationaux, dont « Le Monde », enquêtent sur les traces de la journaliste Daphne Caruana Galizia, assassinée en 2017.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 12h17
   





                        



                                


                            

Niché à l’extrémité sud-est de l’île de Malte, face à la Libye, Marsaxlokk est un petit village de pêcheurs d’où partent les luzzi, ces petits bateaux de pêche traditionnels qui font le bonheur des touristes. Mais, derrière ce paysage de carte postale, ce village est le centre de trafics illégaux de pétrole libyen.
« Les pêcheurs libyens vendent de l’essence sur leurs vieux bateaux de pêche cabossés, oui. Et nous l’achetons, tous, les Maltais et les Siciliens, reconnaît Giuseppe, un pêcheur maltais qui se rend souvent en Libye. Ils n’ont pas d’autre moyen de survie. » Mais ça, ce n’est pas le vrai trafic de carburant, se défend Paul Piscopo, secrétaire général de la coopérative de pêcheurs Tas-Sajd, à Marsaxlokk : « Le vrai trafic, c’est une immense organisation criminelle. Les pêcheurs n’ont rien à voir avec ça. »
Deux membres de sa coopérative ont payé cher le fait de s’être sali les mains dans la contrebande d’essence. En juin 2014, Darren Degabriele est mort dans l’explosion de sa voiture. Il venait tout juste d’être embauché comme informateur par la police. Un autre membre de Tas-Sajd, Martin Cachia, a perdu la vie de la même façon en 2016. La police maltaise le soupçonnait de tremper dans le trafic.
Sur son blog, la journalise Daphne Caruana Galizia, assassinée elle aussi dans l’explosion de sa voiture, le 16 octobre 2017, avait relevé « l’émergence de ce mode opératoire pour se débarrasser de certains trafiquants de carburant ». Parmi les 18 médias de 15 pays unis pour poursuivre ses enquêtes dans le cadre du « Projet Daphne », les journalistes de l’Investigative Reporting Project Italy (IRPI) ont enquêté sur un des principaux cartels de contrebande d’essence.
Flotte aménageable
Identifié dans un rapport de l’ONU dès 2016, le réseau a commencé à être démantelé par les autorités italiennes trois jours après l’assassinat de la journaliste. Selon la police italienne, ce réseau...




                        

                        

