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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Avec sa démarche, ETA pourrait sortir « par la grande porte » de ce conflit, malgré sa défaite militaire.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Depuis un an, une dizaine de Rohingya sont morts piétinés par des éléphants sauvages. Des réfugiés tentent de s’organiser.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Vivendi voit le contrôle de Telecom Italia lui échapper

Le groupe de médias français a perdu la majorité au conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien aux dépens du fonds spéculatif américain Elliott. Un nouveau coup dur pour Vincent Bolloré.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 18h09
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


La campagne d’Italie s’est transformée en défaite en rase campagne pour Vincent Bolloré et Vivendi, dont il est premier actionnaire. Le groupe de médias français a perdu, vendredi 4 mai, la majorité au conseil d’administration de Telecom Italia (TIM), dont il possède 24 % du capital. A l’issue d’une assemblée générale exceptionnelle des actionnaires, le fonds spéculatif américain Elliott, avec 9 % du capital, a fait élire 10 des 15 administrateurs, l’emportant avec 49,84 % des voix contre 47,18 % en faveur de Vivendi.

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Choisis par Elliott, dix administrateurs italiens indépendants – parmi lesquels Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel – font leur entrée au conseil, tandis que Vivendi conserve cinq représentants. Ainsi, Amos Genish, qui est également le patron de TIM, et Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi continuent de siéger au conseil. En revanche, le groupe de médias a dû renoncer à d’autres candidats de poids, à commencer par Franco Bernabe , ex-administrateur délégué de TIM, Frédéric Crépin, secrétaire général de Vivendi, et Stéphane Roussel, le directeur général chargé des opérations, pour ne conserver que trois autres administrateurs indépendants.
Campagne de déstabilisation
« Elliott accueille positivement le pas effectué par Telecom Italia en matière de gouvernance », a expliqué le fonds, qui a basé toute sa campagne de déstabilisation de Vivendi sur le fait que le groupe de médias français favorisait davantage ses intérêts que ceux de l’ensemble des actionnaires. De son côté, Vivendi a averti qu’il s’assurerait que les administrateurs d’Elliott veillent au respect du plan stratégique conduit par Amos Genish et évitent « le démantèlement ».

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Si Elliott dit « soutenir entièrement Amos Genish et son management, et être aligné sur son plan », des dissensions pourraient rapidement apparaître. Ainsi, le fonds a également appelé le nouveau conseil à réexaminer certaines orientations qu’il avait proposées, à commencer par « des alternatives stratégiques sur le Netco [le réseau télécoms fixe] ». Elliott souhaitait en effet s’en séparer afin de désendetter l’entreprise, tandis qu’Amos Genish voulait le garder, considérant qu’il s’agissait là d’un actif stratégique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le volcan a projeté de la lave dans une zone résidentielle de la Grande Ile, à Hawaï. Les autorités ont déclaré l’état d’urgence.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Dans une « déclaration finale », datée du 3 mai, Euskadi ta Askatasuna (ETA) a annoncé sa dissolution. Retour en cartes sur les enjeux de cette annonce.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Des milliers de personnes manifestent régulièrement, depuis le 30 mars, pour revendiquer leur droit à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël, en 1948.
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Des dizaines de Palestiniens blessés à Gaza lors de rassemblements à la frontière avec Israël

Des milliers de personnes manifestent régulièrement, depuis le 30 mars, pour revendiquer leur droit à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël, en 1948.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 18h15
   





                        



   


Des dizaines de Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens, vendredi 4 mai, dans la bande de Gaza, lors d’un nouveau rassemblement à la frontière avec Israël, qui a réuni des milliers de personnes.
Selon les autorités sanitaires gazaouies, les blessés ont été atteints par des balles israéliennes tirées de l’autre côté de la barrière frontalière, ou ont inhalé des gaz lacrymogènes. Soixante-neuf d’entre eux ont été traités à l’hôpital, 101 sur place, a fait savoir le ministre de la santé gazaoui.
Comme les vendredis précédents, des manifestations se sont déroulées à l’est de la ville de Gaza et dans l’enclave en d’autres points de la frontière.

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Début du mouvement le 30 mars
Les Palestiniens de la bande de Gaza, territoire coincé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, se rassemblent depuis le 30 mars par milliers près de la frontière, surtout le vendredi, pour revendiquer leur droit à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies à la création d’Israël, en 1948.
Le mouvement, appelé « La Grande marche du retour », vise aussi à dénoncer le blocus israélien imposé depuis plus de dix ans à l’enclave palestinienne, que dirige le mouvement islamiste Hamas, auquel Israël a livré trois guerres depuis 2008.
La plupart des manifestants se tiennent à relative distance de la barrière frontalière lourdement gardée par les soldats israéliens. D’autres défient le danger en s’approchant pour lancer des pierres et des engins incendiaires vers les soldats ou tenter de forcer le passage.
Depuis le 30 mars, 49 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. Des centaines d’autres ont été blessés. Aucun Israélien n’a été blessé.
L’armée israélienne est en butte aux critiques dénonçant un usage excessif de la force. L’Organisation des Nations unies et l’Union européenne ont réclamé des enquêtes indépendantes. Tsahal, l’armée israélienne, affirme que ses soldats ne tirent à balles réelles qu’en dernier recours, quand les moyens non létaux ont été épuisés, pour parer le danger pour les soldats et les civils israéliens riverains de l’enclave.

        Lire notre enquête :
         

          A Gaza, la stratégie de l’armée israélienne mise en cause par le grand nombre de blessés par balles






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Lundi, le président palestinien avait laissé entendre que la responsabilité des crimes commis à travers les siècles contre les juifs était à imputer aux juifs eux-mêmes.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Mahmoud Abbas présente ses excuses après avoir tenu des propos jugés antisémites

Lundi, le président palestinien avait laissé entendre que la responsabilité des crimes commis à travers les siècles contre les juifs était à imputer aux juifs eux-mêmes.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h55
   





                        



   


« Si mes propos devant le Conseil national palestinien ont offensé des gens, en particulier des gens de confession juive, je leur présente mes excuses », a déclaré le président palestinien, Mahmoud Abbas, vendredi 4 mai, quatre jours après avoir tenu des propos très largement dénoncés comme antisémites.
« Je voudrais assurer à tous que telle n’était pas mon intention [de les offenser] et réaffirmer mon respect total pour la religion juive, ainsi que pour toutes les religions monothéistes, a-t-il ajouté. Je voudrais renouveler notre condamnation de longue date de l’Holocauste, le crime le plus odieux de l’histoire, et exprimer notre compassion envers ses victimes. Nous condamnons l’antisémitisme sous toutes ses formes et confirmons notre engagement pour une solution à deux Etats, et à vivre côte à côte dans la paix et la sécurité. »

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                Mahmoud Abbas une nouvelle fois mis en cause pour propos antisémites



« Profondément troublants »
Le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman, a toutefois refusé ces excuses. Sur Twitter, il a qualifié M. Abbas de « pathétique négationniste de la Shoah, qui a écrit un doctorat sur la négation de la Shoah, puis un livre sur la négation de la Shoah ». M. Lieberman faisait là référence à des écrits des années 1970 qui ont déjà valu des accusations d’antisémitisme au président palestinien – écrits avec lesquels ce dernier a depuis pris ses distances. « Ses excuses ne sont pas acceptées », a ajouté le ministre israélien.
Lundi, dans un discours tenu devant les centaines de délégués du Conseil national palestinien, Mahmoud Abbas avait laissé entendre que la responsabilité des crimes commis à travers les siècles contre les juifs était à imputer aux juifs eux-mêmes, pour leurs activités professionnelles liées à l’argent. Il avait aussi répété, comme il l’avait déjà fait en janvier, qu’« Israël est un projet colonial destiné à implanter un corps étranger dans cette région ».
Benyamin Nétanyahou avait depuis appelé « la communauté internationale à condamner l’antisémitisme radical d’“Abou Mazen” [le surnom de M. Abbas] ». L’Organisation des Nations unies a de son côté condamné les propos « inacceptables » et « profondément troublants » de Mahmoud Abbas, tandis que le service d’action extérieure de l’Union européenne a publié un communiqué mercredi, évoquant des « remarques inacceptables ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Dans un tchat avec les internautes, la correspondante du « Monde » en Espagne, Sandrine Morel, a décrypté l’annonce de la dissolution du groupe séparatiste basque.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Après la fin d’ETA, « il faut gagner la bataille du récit de ce que fut le groupe terroriste »

Dans un tchat avec les internautes, la correspondante du « Monde » en Espagne, Sandrine Morel, a décrypté l’annonce de la dissolution du groupe séparatiste basque.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h40
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 17h21
   





                        



   


L’organisation séparatiste basque ETA a annoncé sa dissolution, jeudi 3 mai, après avoir tué plus de 800 personnes depuis 1959, date de sa formation sous la dictature franquiste. Les « ex-militants d’ETA » sont appelés, dans un communiqué, à continuer « par d’autres voies » la lutte pour un Pays basque « réunifié, indépendant, socialiste ». Cette « fin » n’est pas forcément du goût des victimes, qui craignent que les exactions du groupe terroriste soient oubliées. Dans un tchat, la correspondante du « Monde » en Espagne, Sandrine Morel, a répondu aux questions des internautes.
Kate : Bonjour, que change concrètement cette annonce de dissolution ?
Sandrine Morel : Bonjour. En 2011, ETA a déjà annoncé la fin de ses activités armées, et on peut penser que cette annonce ne va pas changer grand-chose concrètement. Néanmoins, le fait qu’ETA disparaisse est une assurance… qu’elle ne reviendra pas. Plus personne ne peut parler ou agir en son nom. D’autre part, elle prévient qu’elle ne sera plus un acteur des débats politiques, qu’elle n’enverra plus de communiqués pour exprimer son point de vue. Sa « tutelle » sur la politique basque disparaît complètement.
Lyon3 : Est-on sûr que la dissolution sera effective ? Et à quand remonte la dernière action du groupe ETA ?
La dissolution a été rendue officielle justement pour qu’il ne puisse pas y avoir de marche arrière et qu’elle soit tout à fait crédible. Ceci dit, il n’est jamais impossible qu’un petit groupe de dissidents irrédentistes décident de reprendre les armes. Simplement, ils ne pourront pas parler au nom d’ETA. Si l’on exclut la mort du gendarme français, Jean-Serge Nérin, en 2010, dans une course-poursuite improvisée, le dernier attentat du groupe ETA remonte à août 2009, à Palma de Majorque. Il a causé la mort de deux gardes civils.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          La fin d’une lutte meurtrière et inutile



Roger : De combien de membres était composée ETA à son apogée et combien en restait-il avant sa dissolution ?
Des estimations d’experts portent à un millier le nombre de militants actifs sur lesquels ETA a pu compter à son apogée. Avant sa dissolution, les estimations sont de moins d’une vingtaine, voire à peine une dizaine. Combien en France ? Impossible à dire précisément, mais en tout cas pas plus d’une poignée. La coopération entre les deux pays a poussé les étarras à chercher refuge en Amérique latine, au Venezuela notamment. Selon la garde civile, il n’y a plus que six fugitifs d’ETA recherchés par les forces de police dans le monde.
Jim : Faut-il s’attendre à tout un processus de paix et de réconciliation nationale, à l’image du désarmement des FARC en Colombie, ou l’essentiel de ce processus est-il déjà joué ?
Il n’y aura pas un processus de paix et de réconciliation nationale sur le modèle des FARC. La situation est différente. ETA a été vaincue militairement. Elle ne peut rien exiger en échange de sa dissolution. Pour la « réconciliation », il faudra du temps. Des initiatives locales commencent à naître mais il reste encore une méfiance mutuelle entre ceux qui soutenaient ETA et ceux qui en ont souffert. Pour avancer dans le « vivre-ensemble », il faudra sans doute rapprocher les prisonniers : la politique d’éloignement et de dispersion perd son sens avec la dissolution.
Il y a des tentatives de faire rentrer les témoignages de victimes dans les classes. En général, il existe le sentiment en Espagne qu’il faut à présent gagner la « bataille du récit » de ce que fut ETA, ce que signifiait le terrorisme, et c’est là-dessus que veulent se concentrer les autorités espagnoles. Quant au parlement basque, il y existe une commission pour la paix et le vivre-ensemble qui essaie de jeter les bases d’un récit dans lequel chacun se retrouve plus ou moins.

Jack : Le premier ministre Mariano Rajoy pourrait-il faire un geste en ce qui concerne les prisonniers ?
Oui, la législation pénitentiaire le lui permet. Il peut mettre fin aux mesures d’exception destinées aux prisonniers pour terrorisme, ce qui permettrait de faire sortir ceux qui sont malades, de donner des permis de sortie ponctuels à ceux qui ont purgé les deux tiers de leur peine, et de rapprocher les prisonniers près de leur famille au Pays basque.
Néanmoins, ces mesures peuvent difficilement être prises en bloc, ne serait-ce que pour ne pas froisser les victimes. Elles doivent aussi dépendre de critères individuels de capacité de réinsertion et de garantie de non-récidive. Il existe des prisonniers plus radicaux que d’autres, même si peu regrettent l’arrêt de la violence.
Enfin, ce geste ne sera pas une amnistie, comme Mariano Rajoy l’a encore répété vendredi 4 mai. Il est peu probable qu’ils sortent de prison avant d’avoir purgé leur peine complète, étant donné la gravité des faits pour lesquels ils sont incarcérés.
Marine : Est-ce la fin de la lutte pour l’indépendance du Pays basque ?
C’est la fin de la lutte violente pour l’indépendance. Le parti de la gauche abertzale (patriote) EH Bildu, dont le coordinateur est l’ancien membre d’ETA Arnaldo Otegi, est un parti indépendantiste, même s’il n’est pas pressé de faire avancer cette lutte pour le moment. Les nationalistes voient l’indépendance comme un objectif à très long terme. Seuls 14 % des Basques se définissent comme indépendantistes, et en cas de référendum seuls 22 % voteraient oui à l’indépendance.
Marie-T : Pouvez-vous indiquer quel est le poids du camp indépendantiste au Pays basque, et celui du camp autonomiste ? Est-ce qu’en matière d’autonomie, des concessions sont imaginables de la part de Madrid ?
Les indépendantistes ont obtenu 21 % des voix aux dernières élections pour le parlement basque et les nationalistes modérés 37 %. Ils demandent plus de concessions de Madrid : la gestion de la politique pénitentiaire et les compétences en matière de sécurité sociale, le paiement des retraites… Ils veulent aussi que Madrid reconnaisse l’existence de la « nation » basque, et à terme avoir le droit d’organiser un référendum sur le modèle de relation avec Madrid, qu’ils veulent bilatérale, de type confédéral.

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                « Souffrance et douleur sont le seul bilan d’ETA  »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le chef de file de La France insoumise s’envolera pour Moscou lundi. Il participera au défilé « Immortel » qui célèbre, le 9 mai, les combattants soviétiques de la seconde guerre mondiale.
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Jean-Luc Mélenchon va rencontrer un leadeur de l’opposition en Russie

Le chef de file de La France insoumise s’envolera pour Moscou lundi. Il participera au défilé « Immortel » qui célèbre, le 9 mai, les combattants soviétiques de la seconde guerre mondiale.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h33
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) et 
Abel Mestre








                        


« C’est le moment pour le faire. » Jean-Luc Mélenchon s’envolera lundi 7 mai pour Moscou afin d’y rencontrer Sergueï Oudaltsov, un des leadeurs de l’opposition de gauche à Vladimir Poutine. Le député des Bouches-du-Rhône participera également au défilé du « Régiment Immortel ». Organisé chaque 9 mai, à l’issue de la traditionnelle parade militaire, il célèbre la mémoire des combattants soviétiques contre l’Allemagne nazie.
« C’est une manifestation magnifique et émouvante. On défile en portant une pancarte sur laquelle il y a la photo d’un parent qui est mort pendant la guerre ou qui a servi une unité de combat pendant la guerre, a confié M. Mélenchon lors d’une conférence de presse vendredi. Je porterai une photo, mais je ne sais pas encore de qui. » Lancée en 2012 dans la ville de Tomsk, en Sibérie, l’initiative, devenue populaire, a cependant été récupérée par la suite par le pouvoir.
M. Mélenchon en profitera également pour rencontrer Sergueï Oudaltsov. A 41 ans, ce juriste de formation est le coordinateur du Front de gauche russe. Il a également été l’un des organisateurs des grandes manifestations anti-Poutine de l’hiver 2011-2012. Arrêté en 2013, il avait été condamné l’année suivante à quatre ans et demi de colonie pénitentiaire pour « organisation d’émeute publique ». Il en sortira en août 2017.
M. Oudaltsov a aussi soutenu l’annexion de la Crimée et les séparatistes pro-russes dans le Donbass, à l’est de l’Ukraine. Cependant M. Mélenchon ne participera pas à la manifestation organisée par M. Oudaltsov sur la place de la Révolution à Moscou, dimanche, à la veille de l’investiture officielle du chef du Kremlin, en route pour un nouveau mandat à la tête de l’Etat russe jusqu’en 2024.
« Les Russes sont des amis et des partenaires »
Cette rencontre doit, en tout cas, permettre à M. Mélenchon de faire démentir les liens de proximité avec le pouvoir russe que nombre de ses adversaires lui adressent. « Je vais voir un opposant au pouvoir, ça va être difficile de dire que je suis un poutinien », a encore souligné M. Mélenchon. L’ancien candidat à la présidentielle veut profiter de ce voyage pour « rompre l’atmosphère de guerre froide qui a été rétablie par les idéologues atlantistes et nord-américains » et donner une preuve « de sympathie active au peuple russe, pas aux dirigeants ». Et d’ajouter que, malgré des divergences, « les Russes sont des amis et des partenaires. Il ne faut les traiter comme des ennemis ».
« Je suis un anti-atlantiste absolu, je suis pour la sortie de l’OTAN. (…) Nous allons au-devant de très grandes violences entre l’Iran, Israël, l’Arabie saoudite, la Turquie, dans cette région du monde, et comme certains de ces pays ont des frontières communes avec la Russie, il est important qu’on manifeste que le monde entier n’est pas en noir et blanc », a continué M. Mélenchon.
Plusieurs autres déplacements sont prévus d’ici à la fin de l’année. L’ancien sénateur socialiste ira en Allemagne en juin, à Madrid en juillet et aux Etats-Unis en octobre pour rencontrer l’ancien candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le groupe français reste l’actionnaire principal de l’opérateur mais se trouve en minorité au sein du conseil d’administration.
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Vivendi perd le contrôle de Telecom Italia

Le groupe français reste l’actionnaire principal de l’opérateur mais se trouve en minorité au sein du conseil d’administration.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 16h17
   





                        



   


Le groupe français Vivendi a essuyé un sérieux revers vendredi 4 mai en perdant le contrôle du conseil d’administration (CA) de Telecom Italia (Tim) au profit du fonds américain Elliott.
Parmi les actionnaires votants, 49,84 % se sont prononcés pour le fonds activiste et 47,18 % pour le groupe de Vincent Bolloré, principal actionnaire de Tim avec 23,94 % du capital. Elliott détiendra donc dix sièges sur les quinze du CA, et Vivendi cinq. Interrogé après le vote, le groupe français a dit être engagé sur le long terme dans l’opérateur et souligné qu’il veillerait à empêcher son éventuel « démantèlement ».
« Nous avons cinq sièges au conseil, nous sommes l’actionnaire principal. Nous continuerons à soutenir la stratégie [du directeur général] Amos Genish, qui a été votée à l’unanimité par le conseil, a déclaré le directeur de la communication de Vivendi, Simon Gillham. Nous serons très vigilants sur le fait qu’il n’y ait pas d’autre stratégie, de démantèlement ou autre. » Interrogé sur une éventuelle baisse de sa participation, il a déclaré : « Nous sommes un actionnaire à long terme. »

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La Caisse italienne des dépôts, favorable à Elliott
Lors de cette assemblée générale réunie à Rozzano, en banlieue de Milan (nord), 67,15 % du capital était représenté. Les influentes sociétés de conseil Glass Lewis, ISS et Frontis avaient recommandé de voter pour Elliott, qui détient quelque 9 % de Tim.
La Caisse italienne des dépôts – entrée en avril au capital dans le cadre de son soutien aux « infrastructures stratégiques nationales » et qui en possède désormais 4,78 % – s’est aussi rangée du côté du fonds activiste, une alliance qui peut sembler incongrue vu de l’étranger.
Mais le gouvernement italien a régulièrement condamné l’attitude de Vivendi, et les tensions ont été à plusieurs reprises extrêmement vives entre Rome et le groupe français, même si ce dernier a cherché à apaiser la situation ces derniers mois.
« Vivendi a été un très mauvais actionnaire », avait déclaré en avril le ministre du développement économique Carlo Calenda. « Je suis favorable aux investissements étrangers, mais cela ne veut pas dire rester inerte quand ils [veulent] détruire la valeur plutôt que la créer », avait-il à l’adresse du groupe français, qui s’est aussi mis à dos de l’autre côté de l’échiquier politique les Berlusconi, en raison d’un contentieux autour de Mediaset.
Incertitude sur le poste de directeur général
« Ce n’est pas une victoire conduite par le marché. La CDP contrôlée par le gouvernement a fait la différence en votant pour un fonds, au lieu d’un actionnaire industriel sur le long terme », a déploré Simon Gillham.
La plupart des petits actionnaires, Assogestioni, qui regroupe des fonds italiens, et le grand gestionnaire américain Blackrock ont également soutenu Elliott. Le fonds dénonçait la « mauvaise gestion » du groupe français et estimait nécessaire un CA « indépendant » pour « améliorer la gouvernance et la performance de Tim ».
Entrent au conseil ses dix candidats, des personnalités connues du monde italien des affaires, dont Luigi Gubitosi, administrateur d’Alitalia et ex-directeur général de la télévision publique Rai, et Fulvio Conti, ex-directeur général d’Enel, qui sera le nouveau président de Tim.
L’incertitude demeure en revanche sur qui assumera le poste de directeur général, même si les déclarations de Vivendi laissent entendre qu’Amos Genish pourrait rester en poste. Elliott, qui avait soutenu l’élection au CA d’Amos Genish, désigné avec quasi 98 % des voix le 24 avril, a souhaité qu’il poursuive son mandat. Très apprécié des marchés, qui saluent l’amélioration des résultats de Tim ces derniers mois, M. Genish menait la liste remaniée de Vivendi et avait mis son poids dans la balance, en jugeant sa position « intenable » en cas d’échec de Vivendi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’homme d’affaires Vincent Bolloré est suspecté par la justice française de corruption pour l’obtention de concessions portuaires à Conakry et à Lomé.
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Compte rendu

Affaire Bolloré : le président guinéen va porter plainte, le Togo se dit prêt à coopérer

L’homme d’affaires Vincent Bolloré est suspecté par la justice française de corruption pour l’obtention de concessions portuaires à Conakry et à Lomé.


Le Monde.fr avec Reuters
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        Le 04.05.2018 à 15h34

     •
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        Mis à jour le 04.05.2018 à 16h14






    
Le président guinéen, Alpha Condé, et l’homme d’affaires Vincent Bolloré, à Conakry, le 12 juin 2014.
Crédits : CELLOU DIALLO / AFP


Le président guinéen, Alpha Condé, a annoncé, vendredi 4 mai, qu’il allait déposer une plainte devant la justice française pour des allégations de corruption dans l’enquête sur les activités en Afrique du groupe Bolloré. « Je vais porter plainte pour dénonciation calomnieuse. On a tous les éléments qui prouvent que moi je n’ai fait que défendre les intérêts de la Guinée », a-t-il déclaré lors d’un bref entretien téléphonique avec Reuters.
Il a également dit accueillir favorablement la proposition de l’opposition guinéenne d’ouvrir une enquête parlementaire dans cette affaire. « Cette enquête parlementaire, si elle a lieu, va clarifier les choses. C’est une très bonne chose », a estimé le président guinéen.
Toujours dans le cadre des activités de Bolloré en Afrique, le Togo s’est dit prêt vendredi à fournir des informations à la justice française.

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                Démêlés judiciaires, gouvernance contestée, concurrence accrue : l’empire de Vincent Bolloré accumule les déconvenues



Le groupe Bolloré dément toute irrégularité
Vincent Bolloré a été mis en examen fin avril, au terme de près de deux jours de garde à vue, dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de corruption pour l’obtention de concessions en Afrique. Il est soupçonné de corruption d’agent public étranger, complicité d’abus de confiance et complicité de faux, mais n’a pas été placé sous contrôle judiciaire. Le groupe Bolloré dément toute irrégularité.
La justice française soupçonne des dirigeants de Bolloré d’avoir utilisé le groupe de communication Havas, alors filiale du groupe, pour faciliter l’accession au pouvoir de dirigeants africains et obtenir en contrepartie des concessions portuaires. Les juges s’intéressent en particulier aux conditions de reprise par le groupe Bolloré de la concession du terminal à conteneurs du port de Conakry, en Guinée, et de la gestion d’un terminal à conteneurs au port de Lomé, au Togo.
L’entreprise française Getma International avait d’abord obtenu en 2008 le contrat du terminal de Conakry, battant ses concurrents, parmi lesquels Bolloré. Le président Alpha Condé est arrivé au pouvoir en 2010. L’accord avec Getma a été annulé en mars 2011. Le même mois, la concession était octroyée à Bolloré. « Getma n’avait respecté aucun de ses engagements contractuels », a redit Alpha Condé vendredi à Reuters.
L’ancien ministre guinéen des transports Alpha Ibrahima Keira a assuré en avril que les lois en vigueur avaient été respectées. « Cela n’a absolument rien à voir avec [le rôle de conseil de] Havas dans la campagne présidentielle de 2010. Le président [Alpha Condé] n’était pas impliqué dans le processus d’appel d’offres, qui a eu lieu avant son arrivée au pouvoir », a-t-il dit. « A aucun moment de la négociation ou du processus de marchandage, le président n’a été mêlé de près ou de loin » à cette affaire de concession, a ajouté Alpha Ibrahima Keira.
« Nous respectons la justice française »
A Lomé, la capitale togolaise, le ministre de la fonction publique, Gilbert Bawara, a assuré que son pays était prêt à coopérer avec la justice française. « Un opérateur économique français est poursuivi par la justice de son pays. Nous respectons la justice française, nous sommes attachés à la présomption d’innocence. L’Etat togolais n’a aucun élément fiable du dossier qui est en cours en France », a-t-il dit au micro de la radio Victoire FM.
« Nous n’avons pas à prendre un engagement particulier, nous n’avons pas à donner une assurance quelconque parce que nous ne nous sentons pas concernés. Mais si dans la poursuite de la procédure judiciaire l’Etat togolais était requis pour fournir une information ou quelque élément que ce soit, soyez rassurés, nous le ferons volontiers, sans aucun problème », a-t-il ajouté.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Euskadi Ta Askatasuna a annoncé mercredi sa dissolution. Retour sur un mouvement aux méthodes violentes.
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Qu’est-ce que l’organisation séparatiste basque ETA ?

Euskadi Ta Askatasuna a annoncé mercredi sa dissolution. Retour sur un mouvement aux méthodes violentes.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h00
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


L’Euskadi Ta Askatasuna (ETA, Pays basque et liberté) a officialisé sa dissolution, mercredi 3 mai. « ETA, organisation socialiste révolutionnaire basque de libération nationale, veut informer le peuple basque de la fin de son chemin », annonce son communiqué.

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                ETA annonce officiellement sa dissolution



L’ETA réclame l’indépendance d’Euskal Herria, ou « Pays basque », un territoire à cheval entre la France (16 %) et l’Espagne (84 %). Cet espace de plus de 20 500 km² et plus de 3 millions d’habitants se compose de sept provinces de culture et langue basques. Les provinces de Labourd, Basse-Navarre et Soule sont en France, dans les Pyrénées-Atlantiques. Quatre autres sont en Espagne, dans la communauté autonome basque et en Navarre. « Les revendications n’ont pas évolué », résume Barbara Loyer, chercheuse spécialiste du nationalisme basque.
Si le mouvement s’est scindé à de multiples reprises, son idéologie n’a pas changé. « Le ciment central a toujours été le nationalisme et le projet d’indépendance. » Retour sur cette organisation classée terroriste par l’Union européenne jusqu’en 2009.
Un mouvement anti-franquiste
A sa création en 1959, l’ETA est un mouvement qui s’oppose au régime fasciste de Francisco Franco, dirigeant de l’Espagne entre 1939 et 1975. Il est fondé par des membres de la revue clandestine Ekin (« agir ») et de jeunes dissidents du Parti nationaliste basque (PNV). Il entend d’abord défendre l’identité basque face au régime franquiste.
En décembre 1973, l’ETA assassine l’amiral Luis Carrero Blanco, alors chef du gouvernement et potentiel successeur de Franco. Le meurtre de « l’ogre », surnom donné par ses opposants, constitue l’action la plus frappante d’ETA sous l’ère franquiste. « En 1974, cet attentat est ressenti comme fortement légitime bien au-delà du Pays basque », indique Daniel Hermant dans la revue Cultures et conflits. Les séparatistes racontent ce crime dans leur livre Opération Ogro : Comment et pourquoi nous avons exécuté Carrero Blanco, premier ministre espagnol (Seuil, 220 p.).
Rhétorique d’extrême gauche
L’ETA se dit aujourd’hui « socialiste » et on lui prête des inspirations communistes. Pourtant, « au départ, ETA n’a aucune sympathie particulière pour la classe ouvrière », écrit en 1983 le sociologue Francis Jauréguiberry, dans sa thèse intitulée « Question nationale et mouvements sociaux en Pays basque sud ». Ses fondateurs sont issus de la petite et moyenne bourgeoisie, notamment de la banlieue la plus aisée de Bilbao. Ses premiers militants considèrent même le marxisme comme « une vision a-nationale du monde et donc dangereuse pour le nationalisme basque », rappelle le chercheur. Ils sont contre le communisme.
Lors des grèves de 1962-1963, sévèrement réprimées par le régime franquiste, des ouvriers sont emprisonnés dans les mêmes prisons que les militants d’ETA. « La combativité des ouvriers et le grand élan de solidarité que leur mouvement suscite impressionnent énormément les premiers militants d’ETA », écrit le sociologue Francis Jauréguiberry. Dès 1963, le discours des séparatistes associent libération nationale et libération sociale. Ils désignent le franquisme, le centralisme castillan et le capitalisme comme les trois ennemis du peuple basque.
« Ces références ont permis à l’ETA d’agglomérer la population, et notamment la jeunesse, sensible aux idées d’extrême gauche, décrypte Barbara Loyer, chercheuse et présidente de l’Institut français de géopolitique. Ce glissement sémantique permet alors aux séparatistes de se distinguer du parti nationaliste basque, conservateur et catholique. Par exemple, un communiqué de 1972 des séparatistes justifie en ces termes l’enlèvement d’un industriel basque : “Pour nous, tous les patrons sont égaux (…). Qu’ils soient basques ou non ne change rien à l’affaire : tous sont nos exploiteurs”. »
Violences et extorsions
829 morts
Bien que l’ETA puise ses racines dans l’anti-franquisme, plus de 90 % de ses 829 victimes ont eu lieu entre la mort de Franco en 1975 et la fin de la lutte armée en 2011. Lors de l’avènement de la démocratie, tous les militants de l’ETA emprisonnés avaient été libérés à la faveur d’une amnistie générale prononcée en 1977 pour les crimes commis pendant la période franquiste. Cependant, « les séparatistes mènent alors une offensive en règle contre la démocratie espagnole », analyse la chercheuse Barbara Loyer.

   


Au total, 343 civils et 486 policiers et militaires ont été tués. Ses attentats à la voiture piégée ont notamment causé la mort de 12 gardes civils à Madrid en 1986, de 21 personnes en juin 1987 sur un parking de Barcelone ou encore 11 autres en décembre 1987, près d’une caserne de la garde civile à Saragosse. L’enlèvement puis l’assassinat, le 12 juillet 1997, de Miguel Angel Blanco, conseiller municipal d’Ermua au Pays basque âgé de 29 ans, a provoqué d’importantes manifestations en Espagne. En mai 2000, ETA assassine à Saint-Sébastien, dans le Pays basque, le journaliste José Luis Lopez de Lacalle, connu pour ses positions anti-ETA.
Aux meurtres de policiers et militaires, civils, journalistes et politiques s’ajoutent les extorsions, à travers « l’impôt révolutionnaire » imposés aux chefs d’entreprise. Une étude estime à 10 000 le nombre d’entrepreneurs extorqués sous la menace d’exécution. Au total, au moins 62 militants d’ETA ont été tués par des groupes paramilitaires clandestins, dirigés par de hauts fonctionnaires espagnols. 270 séparatistes sont actuellement incarcérés en France et en Espagne.
Fin de la lutte armée
Marginalisée au Pays basque, où la population est exaspérée par la violence, traquée par les autorités espagnoles et françaises, l’ETA – dont la vitrine politique, Batasuna, est interdite en 2003 – abandonne officiellement la lutte armée en 2011. Elle avait commis son dernier meurtre en 2010, tuant un policier sur le sol français lors d’un contrôle d’identité en Seine-et-Marne. Dans son communiqué du 3 mai, l’organisation, qui, d’après les experts, ne comptait plus qu’une vingtaine d’activistes la veille de sa dissolution, ne reconnaît pas l’inutilité des violences et assassinats commis. « Il n’ont jamais rien obtenu mais préfèrent mettre en scène leur dissolution comme étant l’entrée dans un nouveau cycle », analyse Barbara Loyer. Le parti indépendantiste Bildu, le plus proche d’ETA, a ainsi salué le début d’une « nouvelle ère ».

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Dissolution de l’organisation basque ETA : la fin d’une lutte meurtrière et inutile



Malgré les nombreuses victimes assassinées par l’ETA, l’organisation tombe progressivement dans l’oubli depuis 2011 et l’abandon de la violence. « J’ai souvent dit par le passé que l’ETA disparaîtrait le jour où il faudrait non seulement expliquer ce qu’était cette organisation, mais encore tenter de faire comprendre son existence, confie à La Tribune de Genève le philosophe basque Daniel Innerarity. Mes enfants ont 16 et 14 ans. Dans leur école, certains de leurs camarades n’ont jamais entendu parler d’ETA. »


Pour approfondir

Extraits de la thèse « Question nationale et mouvements sociaux en pays basque sud », Francis Jauréguiberry, 1983
« La question basque au miroir de la violence », Daniel Hermant, revue  Cultures et conflits


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Experts et personnalités étaient réunis vendredi à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) pour « avancer dans la résolution du conflit au Pays basque ». Madrid préfère se souvenir des victimes et assure qu’il n’y aura pas d’impunité.
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Appel au « dialogue » et à la « réconciliation » après l’annonce par ETA de sa dissolution

Experts et personnalités étaient réunis vendredi à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) pour « avancer dans la résolution du conflit au Pays basque ». Madrid préfère se souvenir des victimes et assure qu’il n’y aura pas d’impunité.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h12
   





                        



   


Un appel à la « réconciliation », en « tournant la page » de la dernière insurrection armée en Europe occidentale : c’est le vœu exprimé par des experts et personnalités internationaux réunis vendredi 4 mai à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques), pour prendre acte de la dissolution de l’organisation indépendantiste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA, « Pays basque et liberté »), annoncée jeudi à Genève.
« Aujourd’hui est un jour de célébration », a lancé, vendredi midi, l’avocat sud-africain Brian Currin à la tribune dressée dans une grande salle de la villa Arnaga de Cambo, l’immense demeure de l’écrivain français Edmond Rostand, ouvrant cette « rencontre internationale pour avancer dans la résolution du conflit au Pays basque ». Selon l’avocat de 67 ans, la dissolution d’ETA est « un engagement à prendre part au processus démocratique » des institutions espagnoles, « ce qui nécessitera la réconciliation ».
ETA a annoncé jeudi sa dissolution et la fin de toute activité politique, un an après avoir remis ses armes aux autorités, sept ans après avoir proclamé la fin de son action armée et près de soixante ans après sa naissance, en 1959.

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                Qu’est-ce que l’organisation séparatiste basque ETA ?



« Construire la paix est bien plus difficile »
« Le point de départ doit être le dialogue », a déclaré Gerry Adams, qui milita pendant trente-quatre ans contre la souveraineté britannique sur l’Ulster. « Construire la paix est bien plus difficile » que faire la guerre, a dit l’ancien dirigeant du Sinn Fein.
L’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, dont une déclaration a été lue à la tribune, a souligné le caractère « historique » de cette journée. « La déclaration d’ETA marque la fin de l’histoire difficile de l’Espagne [et] montre que le dialogue politique est durable alors qu’il reste beaucoup à faire pour guérir les blessures. »
Si l’ancien premier ministre irlandais Bertie Ahern, l’homme politique mexicain Cuauhtémoc Cardenas, et Jonathan Powell, diplomate britannique, étaient également présents à Cambo-les-Bains vendredi, ni le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy ni le gouvernement basque, présidé par Iñigo Urkullu, n’y ont envoyé de délégation. Afin d’éviter de cautionner la mise en scène finale.

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« Pas d’impunité »
« Aujourd’hui, nous pouvons dire catégoriquement que la démocratie espagnole a vaincu ETA. ETA disparaît, mais les dégâts causés ne disparaissent pas, pas plus que la douleur irréparable qu’elle a semée tant de fois », a déclaré M. Rajoy à Madrid. L’organisation séparatiste basque « n’obtiendra rien en annonçant sa dissolution », a-t-il martelé.
M. Rajoy a rendu hommage à toutes les victimes d’ETA « sans distinction » et a promis que tous « ces crimes seraient jugés », qu’« il n’y aura pas d’impunité ». « Aujourd’hui, alors qu’ETA a enfin annoncé sa dissolution, il faut que nos pensées soient pour les victimes », a-t-il dit, citant le chiffre de 853 morts, selon le dernier comptage du gouvernement.
« J’invite toute la société espagnole à se souvenir [des victimes] une par une dans la singularité de leurs vies arrachées (…) Ce n’est pas une statistique, ce sont des personnes », a ajouté M. Rajoy.
Le Collectif des victimes du terrorisme (Covite) a exigé qu’ETA condamne la terreur et cesse de rendre des hommages publics à ses militants quand ils sortent de prison. Il attend aussi qu’elle fasse la lumière sur 358 crimes encore inexpliqués.
La question des prisonniers
Selon les experts, l’organisation comptait, à la veille de sa dissolution, moins d’une vingtaine de membres. Le gros de ses troupes se trouve en prison : près de 230 détenus en Espagne, une cinquantaine en France.
A ce propos, Iñigo Urkullu, président du gouvernement basque, déclarait jeudi que M. Rajoy « est sensible à la question » de la fin de la « politique de dispersion » appliquée aux prisonniers étarras détenus dans des établissements pénitentiaires éloignés du Pays basque.
Il a reconnu qu’il « travaill[ait] avec le gouvernement espagnol pour le rapprochement des prisonniers d’ETA » dans des prisons à proximité du Pays basque. « Il est clair que le gouvernement ne modifiera pas sa politique pénitentiaire », redisait pourtant vendredi Inigo Mendez de Vigo, porte-parole du gouvernement espagnol.
L’Union européenne s’est félicitée vendredi de la décision d’ETA de mettre fin à toutes ses activités et de s’autodissoudre, en soulignant qu’il n’y a « pas de place dans l’UE pour le terrorisme, les armes et les fusils ».

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Reportage

En Tunisie, des élections municipales historiques accueillies sans enthousiasme

Le 6 mai, la démocratie va enfin pouvoir s’ancrer au niveau local. Mais dans les régions intérieures sinistrées, la résignation semble l’emporter.

Frédéric Bobin (Metlaoui, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 04.05.2018 à 15h10

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        Mis à jour le 04.05.2018 à 15h15






    
Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi (au centre), visite une unité de production de phosphate à Metlaoui, le 14 janvier 2017.
Crédits : AYMEN ZAOUALI / AFP


Il n’y a pas beaucoup de fièvre autour de l’ancien « quartier européen » de Metlaoui, dans l’ouest de la Tunisie. Un village dans la ville, enclave de maisons de toits de tuile rosâtre d’où émerge une église désaffectée. On l’appelait le « Petit Paris » à l’époque de l’âge d’or du phosphate, mis en exploitation par les Français à la fin du XIXe siècle. Le quartier est bordé d’un convoyeur, long boyau de tôle qui serpente au-dessus de la cité fanée par les poussières acides, l’un des quatre centres d’extraction du bassin minier de Gafsa. Autour s’étend la vaste steppe caillouteuse qui annonce, plus au sud, le Sahara tunisien.

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On quête une ferveur électorale, des panneaux d’affichage, des processions politiques. Mais il n’y a qu’une torpeur vaguement résignée. Dimanche 6 mai, les Tunisiens sont invités à voter pour des élections municipales pourtant historiques. Depuis la révolution de 2011 qui a mis à bas le régime autocratique de Ben Ali, la transition démocratique va enfin pouvoir s’ancrer au niveau local, le chaînon qui manquait au « laboratoire tunisien ». Après les élections constituantes de 2011 et le double scrutin législatif et présidentiel de 2014, la Tunisie post-révolution va connaître sa quatrième consultation. « On respire l’air de la liberté », se félicite Sihem Dinari, une architecte que le parti islamiste Ennahda a choisie comme tête de liste.
« Il faut secouer nos dirigeants »
L’enjeu de proximité – élire 350 conseils municipaux – confère au scrutin un relief particulier. Après la dissolution en 2011 des anciens conseils municipaux élus sous Ben Ali, le pouvoir local incombait à des « délégations spéciales » composées de citoyens non élus et dirigées par un sous-préfet (le « délégué »). Ce déficit démocratique devrait en principe être comblé par le scrutin du 6 mai. L’inquiétude sourd néanmoins : la participation sera-t-elle au rendez-vous alors que les difficultés économiques et sociales – chômage à 15 %, inflation à 7 % – brouillent la perception que les Tunisiens ont de leur démocratie tant louée à l’étranger ?
La quarantaine énergique, Mohamed Dinari, tête de la liste indépendante Metlaoui notre avenir, veut démentir le scepticisme ambiant. « Il faut secouer nos dirigeants », clame-t-il alors qu’il pose pour une photo de groupe, flanqué de ses colistiers. A ses yeux, « secouer » le pouvoir de Tunis, c’est adresser un avertissement aux partis Nidaa Tounès (qualifié de « moderniste ») et Ennahda (« islamiste »), alliés au sein d’une coalition gouvernementale depuis 2015.

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L’alternative pourtant tarde à se dessiner. Selon toute vraisemblance, les deux partis, qui concourent séparément, devraient se partager l’essentiel des municipalités. Ennahda – dont la rhétorique officielle s’est éloignée de son islamisme originel – dispose d’un enracinement à travers le pays et d’une machine militante sans équivalent. Quant à Nidaa Tounès, le parti du chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, il a récupéré les réseaux de notables issus du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, dissout), l’ex-parti-Etat de Ben Ali. « Ils ont de l’expérience, souffle Mohamed Dinari. Ils savent faire de la politique. »
Sentiment victimaire
A Metlaoui, une préoccupation domine : l’avenir de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), l’entreprise hégémonique dans toute la région, véritable Etat dans l’Etat. Villages ouvriers, écoles, santé, salaires élevés, loisirs : la CPG, nationalisée en 1962 après l’indépendance, a longtemps dispensé un paternalisme social aujourd’hui en crise. « La population conserve une profonde nostalgie pour l’âge d’or de la CPG », soupire Façal Ahmidi, un cadre à la retraite.
A Metlaoui, comme ailleurs dans le bassin minier, les jeunes chômeurs s’agitent régulièrement pour décrocher un emploi au sein de la CPG ou de ses entreprises satellites, dont les effectifs ont bondi, depuis la révolution, de 9 000 à près de 30 000 salariés. Ces protestations récurrentes se nourrissent d’un sentiment victimaire, celui d’une population s’estimant spoliée par les élites de Tunis et du Sahel (littoral de Hammamet à Mahdia). « Les gros poissons nous volent notre ressource », grince Mohamed Housan Chebeb, porte-parole de la liste d’Harak Tounes Al-Irada, le parti de l’ancien président Moncef Marzouki (2011-2014).

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Mais au-delà de cette cause commune, Metlaoui est traversée de lignes de fracture, les plus importantes étant de nature tribale. Celles-ci ne risquent-elles pas de s’approfondir avec la future affirmation d’un pouvoir municipal ? Sur les dix listes en lice à Metlaoui, trois émanent de partis politiques (Nidaa Tounès, Ennahda et Harak Tounes Al-Irada) et les sept autres sont « indépendantes ». Parmi ces dernières, les affiliations tribales sont assez marquées. Trois grandes tribus dominent à Metlaoui : les Awled Bouyahya, les Awled Jrediya et les Awled Slama.
Une coloration tribale
Hors les quartiers du centre-ville, chaque communauté vit dans son propre faubourg. Dans ses recrutements, la CPG a toujours pratiqué une politique non dite de quotas tribaux afin de préserver la paix sociale. Dans la foulée de la révolution de 2011, de violents heurts avaient pourtant opposé les Awled Bouyahya, « autochtones » qui tiennent à une forme de légitimité historique, aux Awled Jrediya, « immigrés » originaires des villes voisines de Tozeur et Nefta. Les affrontements, au fusil et à l’arme blanche, avaient fait une vingtaine de morts. Une manipulation d’éléments de l’ancien régime déchu avait alors été évoquée par nombre d’habitants.

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Sept ans plus tard, la situation s’est apaisée, mais les identifications communautaires demeurent. « Malheureusement, ce fait tribal est une vérité », observe Ezzedine Bacouri, tête d’une liste indépendante. Tous les candidats l’admettent, tout en relativisant son importance. « Oui, le facteur tribal existe, mais il ne sera pas décisif », dit Mohamed Dinari, de Metlaoui notre avenir. « Les habitants ont oublié les affrontements de 2011 », souligne Abderahman Shimi, tête de liste de Nidaa Tounes. « Nous sommes dans l’obligation d’oublier car nous sommes voisins », abonde Basset Hlayem, tête d’une liste indépendante.
A sa manière, la gravité du conflit de 2011 a vacciné Metlaoui contre le péril d’un tribalisme débridé. Mais dans les autres régions de la Tunisie intérieure, aucune mémoire traumatique de ce type ne vient jouer le rôle de garde-fou et la crainte que des enjeux municipaux prennent une coloration tribale est réelle. « Le fait tribal dans ces élections est ambigu, analyse Hamza Meddeb, chercheur à l’Institut universitaire européen de Florence. D’un côté, il assure une représentativité démocratique des groupes sociaux. Mais de l’autre, il porte en germe le risque d’une conflictualité autour de la distribution des ressources, surtout en période de rareté ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Cette professeure de français a été l’une des rares dissidents à s’être élevés contre la dictature de Nicolae Ceausescu, elle s’est éteinte à 88 ans.
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Mort de Doina Cornea, figure de la résistance roumaine au communisme

Cette professeure de français a été l’une des rares dissidents à s’être élevés contre la dictature de Nicolae Ceausescu, elle s’est éteinte à 88 ans.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 16h48
    |

            Mirel Bran (Bucarest, correspondant)








                        



   


Il y a, dans des moments clés de l’histoire, des gens qui sauvent l’honneur de leur pays. Doina Cornea, l’icône de la dissidence roumaine dans les années 1980, est de ceux-là. La modeste professeure de français de la ville de Cluj, dans le nord-ouest de la Roumanie, une des rares dissidents à s’être élevés contre la dictature de Nicolae Ceausescu, est morte vendredi 4 mai, à l’âge de 88 ans, a fait savoir son fils. Née le 30 mai 1929 à Brasov, ville à forte minorité allemande, qui a marqué sa personnalité, Doina Cornea a fait ses études à Cluj, le centre culturel de la Transylvanie. Elle y étudie la philologie et intègre l’université en tant que professeure de français.
A l’origine de ses démêlés avec la Securitate, la sinistre police politique du régime, une visite à Strasbourg en 1965. En l’espace de quelques instants elle prend conscience de l’absurdité de son pays. « Je me trouvais dans un café avec des amis français, racontait-elle. J’admirais de Gaulle, mais un ami socialiste n’arrêtait pas de le critiquer. Je m’attendais à ce qu’on vienne l’arrêter d’un moment à l’autre, mais il ne s’est rien passé. C’est à ce moment précis que j’ai pris conscience de ce que je vivais en Roumanie. J’avais honte, et peu à peu cette honte m’a poussée à agir. J’ai essayé de vivre normalement dans un pays anormal. Rien d’extraordinaire. »
Le déclic
De retour en Roumanie, la sensation de liberté qu’elle avait ressentie en France la poursuit. Plus la dictature communiste se durcissait, plus elle s’accrochait au souvenir de ces instants strasbourgeois. Puis, le déclic se produit. Dans les années 1980, cette femme fait trembler l’une des pires dictatures au monde. A l’époque, le pays de Nicolae Ceausescu, le « génie des Carpates », semblait condamné au silence. Mais en 1982, la professeure de français élève publiquement la voix contre la dictature.
Doina Cornea envoie à la radio anticommuniste Europe libre, établie à Munich, une lettre intitulée « A ceux qui n’ont pas cessé de penser ». La Securitate s’en saisit immédiatement, mais la dissidente réussit à envoyer à la radio maudite une trentaine de messages publics. « Après l’envoi de la première lettre, j’ai été convoquée par la Securitate, dira-t-elle après la chute du régime. Au début, ils ont été gentils avec moi, ce qui m’a encouragée, mais j’ai vite appris les règles. Il ne fallait jamais dire la vérité ou leur mentir, mais il fallait un mélange des deux. C’était comme au jeu d’échecs, où chacun avance les pièces en fonction de l’autre. »
Dans les tréfonds des archives de la police politique, son dossier portait le numéro 666, et un nom de code lui avait été attribué : Diana. Surveillée en permanence, assignée à résidence à son domicile, arrêtée et emprisonnée en 1987, interrogée parfois jour et nuit, Doina Cornea résiste et continue. Son époux, l’avocat Leontin Iuhas, la soutient dans son opposition à la dictature. Sa fille, Ariadna, est à l’abri en France, où elle s’était mariée en 1976. Avec son fils, qu’elle avait surnommé « Tintin », elle répand des tracts anticommunistes et met dans l’embarras un régime qui se croyait infaillible.
Ses lettres publiques rencontraient un large écho dans la presse occidentale, ce qui la protégeait face à l’ire du Conducator et de ses affidés. « Je n’aurais pas pu faire grand-chose sans le soutien des ambassades occidentales, reconnaissait-elle après la chute du régime. L’ambassade de France à Bucarest est allée très loin. Tous les jeudis, je devais l’appeler pour confirmer que j’étais toujours en vie. C’était une sorte de garantie pour mon action. »
Un symbole de la résistance
Ce n’est qu’en décembre 1989, après le jugement et l’exécution sommaires du Conducator et de son épouse, que les Roumains découvrent à la télévision le visage de Doina Cornea, la femme devenue symbole de la résistance anticommuniste. Mais son calvaire était loin d’être terminé. L’apparatchik Ion Iliescu, le tombeur de Ceausescu, et l’ancienne nomenklatura avaient accaparé le pouvoir de la jeune démocratie roumaine. L’ex-dissidente continuait à gêner non seulement les nouvelles autorités en quête de légitimité, mais aussi une société qui refusait de se regarder dans le miroir de son passé. « On ne fait rien tant qu’on ne sacrifie pas un peu de soi-même, affirmait-elle. Un pays change grâce aux petits gestes de tous les jours. Ces petits sacrifices devraient être un exercice quotidien. » Mais la Roumanie peine encore à faire cet examen de conscience collectif.
Celle qui a rendu la dignité à son pays s’est vu accorder plusieurs distinctions : l’Etoile de la Roumanie en 2000, la plus haute distinction de son pays ; l’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, offert par le pape Jean Paul II en 2003 ; la croix de commandeure de la Légion d’honneur que la France lui a décernée en 2009. Mais Doina Cornea n’en parlait pas. Vers la fin de sa vie, elle s’intéressait à la religion et se demandait s’il y avait quelque chose après la mort. Aux amis proches, elle promettait de leur passer un coup de fil de l’au-delà pour le leur dire. Parmi ceux qui l’ont connue, d’aucuns guettent la sonnerie de leur téléphone.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Au moins 116 personnes sont mortes ces derniers jours dans le nord de l’Inde à cause des tempêtes de sable.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ L’organisation séparatiste basque a officialisé, jeudi 3 mai, sa dissolution. Sandrine Morel, la correspondante du « Monde » en Espagne a répondu à vos questions sur cette annonce et ses possibles conséquences.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Deux députés français et allemand, Rüdiger Kruse et Franck Riester, proposent dans une tribune au « Monde » d’unifier le code des affaires des deux pays, afin d’incarner le projet européen dans une réalisation concrète et créatrice de richesses.
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« Rendre le droit européen des affaires plus lisible et accessible »

Deux députés français et allemand, Rüdiger Kruse et Franck Riester, proposent dans une tribune au « Monde » d’unifier le code des affaires des deux pays, afin d’incarner le projet européen dans une réalisation concrète et créatrice de richesses.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 14h00
    |

Rüdiger Kruse (Député (CDU) de Hambourg au Bundestag) et Franck Riester (Député (Agir) de Seine-et-Marne, coprésident du groupe « UDI, Agir et indé...







                        



                                


                            
Tribune. Tous les Européens convaincus en ont conscience, l’immobilisme n’est plus une option. Pour remettre l’Europe en capacité d’agir, il est nécessaire que la France et l’Allemagne se décident à définir un projet commun.
En matière économique, la réforme de la zone euro est un chantier que la France et l’Allemagne doivent envisager sur le long terme, en tenant compte des différences de points de vue portés par nos deux gouvernements. Le président Macron a présenté en septembre le projet d’une Europe refondée, doté notamment d’un ministre des finances et d’un budget de la zone euro. La grande coalition qui gouverne en Allemagne a formulé la promesse d’un « renouveau européen », centré sur des projets d’avenir, mais elle reste réticente à soutenir tout projet qui pourrait conduire à mettre les dettes en commun…
»
Construire un compromis impose peut-être de redéfinir les priorités. S’il est important de favoriser la coordination entre les politiques monétaires et budgétaires au sein de la zone euro, il est avant tout nécessaire de sortir d’une vision purement financière de l’Europe. La question de la répartition des richesses ne se pose qu’une fois la richesse créée, et la compétitivité de notre économie ne se laisse pas réduire à des transferts financiers. Nous croyons nécessaire de revenir à l’origine du projet européen, à cette époque où, comme l’exprimait Jean Monnet, des réalisations concrètes devaient créer des « solidarités de fait ».
L’ambition européenne reposait à l’origine sur la formation d’un espace économique unifié, permettant aux entreprises de produire et d’échanger plus facilement, pour favoriser la croissance et les investissements. Malgré des avancées remarquables, le marché unique est encore loin d’être achevé. Un entrepreneur qui veut créer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ L’île grecque de 86 000 habitants a vu transiter des centaines de milliers de réfugiés. De nombreux résidents ont manifesté lors de la venue d’Alexis Tsipras jeudi.
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Lesbos : le premier ministre grec tente d’apaiser la colère liée à la crise migratoire

L’île grecque de 86 000 habitants a vu transiter des centaines de milliers de réfugiés. De nombreux résidents ont manifesté lors de la venue d’Alexis Tsipras jeudi.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 13h37
   





                        


Alexis Tsipras a défendu, jeudi 3 mai, à Lesbos, l’accord migratoire controversé conclu entre l’UE et la Turquie, tout en essayant d’apaiser la colère sur cette île où sont bloqués près de 9 000 réfugiés et migrants. L’île grecque de 86 000 habitants est en première ligne de l’afflux qui a vu transiter des centaines de milliers de réfugiés et migrants en quête d’Europe.
De nombreux résidents ont manifesté lors du discours du premier ministre grec, la plupart d’entre eux venant du village de Moria, où est situé le camp le plus surpeuplé de l’île, demandant des mesures pour réduire la pression migratoire. Des incidents avec quelques dizaines de militants d’extrême droite ont éclaté après la manifestation, selon le site Ekathimerini vendredi, qui cite l’agence de presse Athens-Macedonian News Agency.

   


« Point de rupture »
« Sans ce cadre, les choses auraient été trois fois pires », a déclaré le premier ministre grec, se référant à l’accord de mars 2016, qui a considérablement limité les arrivées à Lesbos depuis la Turquie voisine. « Il y a trois ans, nous avions 4 000, 5 000 personnes qui arrivaient chaque jour », a t-il souligné, tout en admettant que la situation actuelle était « très difficile pour les migrants et les résidents ».
L’organisation Médecins sans frontières (MSF) a averti plus tôt dans la journée que Lesbos était en train d’atteindre « un point de rupture ». « Environ 500 personnes arrivent chaque semaine à Lesbos, la surpopulation tout comme la demande grandissante de soins poussent le camp à un point de rupture », a détaillé l’ONG.

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Plus de 16 000 migrants et réfugiés sont confinés dans des camps sur les îles grecques de Lesbos, Chios, Samos, Leros et Kos, dans l’attente du traitement de leur demande d’asile, ce qui alimente des tensions récurrentes notamment à l’approche de la saison touristique. En avril, plus d’une dizaine de migrants et réfugiés, notamment des ressortissants afghans, avaient été blessés au cours d’affrontements avec un groupe d’extrême droite à Lesbos.
Alexis Tsipras a assuré que les services de l’asile grec devaient recevoir des renforts pour accélérer les procédures, et que la Grèce ne tolérerait pas d’attaques « meurtrières » contre les réfugiés. D’après les statistiques officielle, la Grèce – 11 millions d’habitants – a enregistré 58 661 demandes d’asile l’année dernière, ce qui la place au premier rang de l’UE pour le nombre de demandeurs d’asile par habitant.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Selon les Etats-Unis, les pilotes auraient été blessés aux yeux par des lasers à forte puissance provenant d’une base militaire chinoise voisine.
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La Chine dément avoir blessé des pilotes américains à Djibouti

Selon les Etats-Unis, les pilotes auraient été blessés aux yeux par des lasers à forte puissance provenant d’une base militaire chinoise voisine.



Le Monde
 |    04.05.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
04.05.2018 à 13h34
   





                        



   


Pékin a dénoncé, vendredi 4 mai, des « accusations arbitraires » des Etats-Unis, qui affirment que des ressortissants chinois ont, à de multiples reprises, visé avec des pointeurs lasers de type militaire des pilotes américains opérant autour de leur base à Djibouti.
Le ministère américain de la défense s’est plaint formellement et a exigé de Pékin d’enquêter sur ces faits remontant à plusieurs semaines, a fait savoir une porte-parole, Dana White. « Il s’agit de faits très graves, avait-elle expliqué. Cette pratique présente un véritable risque pour nos aviateurs. » Elle a indiqué être « convaincue » que le ou les responsables ayant pointé ces lasers à forte puissance étaient chinois.
« Après une enquête minutieuse, la Chine a fait part de façon claire et nette à la partie américaine que ses pseudo-accusations ne correspondaient pas à la réalité, a réagi vendredi Hua Chunying, porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois. Les personnes concernées côté américain devraient veiller à la véracité de leurs propos et ne pas émettre de conjectures et d’accusations arbitraires. »
De légères blessures aux yeux
Deux pilotes d’un avion de transport C-130 ont par exemple subi des blessures légères aux yeux lorsqu’ils s’apprêtaient à atterrir sur la base de Djibouti, a confié à l’Agence France-Presse une autre porte-parole, Sheryll Klinkel.
La base américaine de Camp Lemonnier est située au niveau de l’aéroport international de Djibouti, petit pays côtier de l’est de l’Afrique. En 2017, la Chine a également ouvert une base militaire à Djibouti, à quelques kilomètres de celle des Etats-Unis. Il s’agit de la seule dont Pékin dispose à l’étranger.

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