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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Un mois après le début de la grève des cheminots, Guillaume Pepy fait le point sur le mouvement et la réforme de la SNCF.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Trente ans après les morts d’Ouvéa, et à l’approche du ­référendum du 4 novembre sur l’accès à la pleine souveraineté de ce territoire, il n’est pas sûr que la construction d’un « destin commun » ait totalement abouti.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                   
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« Décolonisation et construction d’une nation “arc-en-ciel” semblent hypothétiques en Nouvelle-Calédonie »

Trente ans après les morts d’Ouvéa, et à l’approche du ­référendum du 4 novembre sur l’accès à la pleine souveraineté de ce territoire, il n’est pas sûr que la construction d’un « destin commun » ait totalement abouti.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 17h33
    |

                            Michel Naepels (Anthropologue)








                        



                                


                            

Résonances. La violence politique ouvre des temporalités hantées, des souvenirs douloureux, des géographies bouleversées, des traumatismes transmis silencieusement par-delà les générations. Un accord de paix ne met jamais tout à fait fin à la guerre. Quand une plaie se referme-t-elle ? Et à quelles conditions ?
Après la guerre de Bosnie, les accords de Dayton, en 1995, n’ont certainement pas suffi à tourner la page de l’épuration ethnique, à effacer le siège de Sarajevo, les massacres de Prijedor, de Srebrenica et d’ailleurs. Pire, ratifiant dans l’organisation de l’Etat l’ethnicisation du corps ­politique désirée par les nationalistes, ils ont ouvert une crise permanente dans la citoyenneté bosnienne. ­Vingt-trois ans plus tard, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie vient de terminer ses procès, avec la condamnation de Ratko Mladic. Mais il reste beaucoup de silence, de tristesse, et le sentiment de l’abandon par l’Union européenne. La lutte contre l’oubli, pour la ­réconciliation, pour la démocratie est loin d’être achevée.
Rares sont les pays qui ont pleinement affronté la violence politique. La Commission vérité et réconciliation sud-africaine a certainement été un modèle : des mois d’audiences retransmises à la télévision, fondées sur la révélation franche et complète des crimes politiques commis, pour construire la « nation arc-en-ciel ». La situation est loin d’être parfaite, les traumatismes ­individuels n’ont pas été réparés, les injustices héritées de la colonisation et de l’apartheid n’ont pas disparu. Et le parti au pouvoir, l’ANC, n’a pas toujours su incarner la vision politique et la promesse qu’incarnait Nelson Mandela. Mais les torts ont été reconnus.
Une Nouvelle-Calédonie « arc-en-ciel » ?
C’est une autre nation que la Nouvelle-Calédonie est amenée à construire. Il y a trente ans, la mort de quatre gendarmes, le 22 avril 1988, et de dix-neuf Kanak indépendantistes à Ouvéa, preneurs d’otages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ « Le Monde » a analysé les dépenses de campagne de l’actuel président de la République. Emeline Cazi et Yann Bouchez, journalistes au service Société, ont répondu aux questions d’internautes.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                

Comptes de campagne de Macron : « 87 600 euros de dons ont été jugés non conformes »

« Le Monde » a analysé les dépenses de campagne de l’actuel président de la République. Emeline Cazi et Yann Bouchez, journalistes au service Société, ont répondu aux questions d’internautes.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 19h12
   





                        


Roger : Quel est le montant « réformé » par la Commission des comptes de campagne pour Macron ? Est-ce plus ou moins par rapport aux autres candidats ? A combien s’élevait le montant réformé pour Le Pen, Fillon, Mélenchon ?
Yann Bouchez et Emeline Cazi : Le candidat Emmanuel Macron a déclaré 16 698 320 euros de dépenses à la Commission des comptes de campagne et des financements politiques. Cette dernière a décidé de « réformer », selon son terme — c’est-à-dire de corriger ce montant — pour l’établir à 16 578 781 euros. Ces « réformations » sont moins importantes que celles de Marine le Pen (873 576 euros) ou de Jean-Luc Mélenchon (434 939 euros).
Antoine : Quel est le budget moyen d’une campagne présidentielle pour les principaux candidats ?
Après réformations, la Commission des comptes de campagne a fixé les dépenses de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) à 10 241 560 euros ; à 13 794 601 euros pour François Fillon (Les Républicains). Les dépenses de Benoît Hamon (Parti socialiste), elles, ont été arrêtées à 15 008 634 euros. Jean Lassalle (Résistons !), quant à lui, n’a dépensé que 241 573 euros. Des onze candidats, il est le plus économe.

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                Quand le candidat Macron avançait masqué pour la présidentielle 2017



Patrick : Je suis très déçu par « Le Monde ». Votre article est manifestement orienté et hostile. Pourquoi ne publiez-vous pas la même enquête sur tous les candidats ? Qu’y a-t-il d’illégal dans ces faits ?
Ne soyez pas déçu, et au contraire, plongez-vous dans la lecture des articles publiés ces dernières semaines par Le Monde. Nous avons en effet écrit sur les dépenses de François Fillon, sur celles de Jean-Luc Mélenchon, et sur celles de Marine Le Pen. Même l’économe Jean Lassalle a eu droit à son article. Dans quelques jours, du moins d’ici à la fin du mois de mai, nous vous parlerons aussi de Benoît Hamon.
Le_babz : Peut-on dire que les comptes de campagne d’Emmanuel Macron présentent des « irrégularités » ?
La Commission nationale des comptes de campagne a estimé que le compte d’Emmanuel Macron comportait certaines irrégularités concernant, notamment, les dons. 87 600 euros de dons (soit vingt-quatre cas), ont été jugés non conformes. Ces sommes, supérieures à 4 600 euros, étaient présentées « comme effectuées par deux personnes distinctes », mais provenaient d’un compte personnel, et non joint, a expliqué la Commission, dans sa décision du 13 février publiée au Journal officiel. Pour « vingt des vingt-quatre cas concernés », le second donateur a assuré que tout ce qui était supérieur à 4 600 euros avait été versé en son nom. La Commission n’a rien trouvé à redire et s’est satisfaite de cette réponse. Dans quatre cas (18 300 euros au total), aucune attestation n’a été fournie pour justifier le dépassement du montant fixé par la loi. Cette irrégularité n’a toutefois pas entraîné l’invalidation du compte de campagne, les sommes en cause « ne représentant qu’un très faible pourcentage des recettes ». Le parquet de Paris avait été saisi de ces dossiers, mais il les a classés sans suite au printemps.
Matth : Sur la base de votre enquête, avez-vous des soupçons d’illégalité pouvant faire l’objet de poursuites judiciaires ?
Nous sommes journalistes, et non juges. A ce stade de notre enquête, nous pouvons seulement dire que la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a approuvé, après réformations, les comptes d’Emmanuel Macron, comme pour tous les autres candidats. La Commission s’est intéressée à des remises accordées par des fournisseurs à l’équipe d’Emmanuel Macron. Ces remises sont-elles des dons déguisés par des entreprises alors que la loi l’interdit depuis 1995 ? La Commission a visiblement écarté cette piste.
Nous avons contacté le Parquet national financier (PNF) pour savoir si ces nombreuses ristournes accordées par la société GL Events, et par d’autres, intéressaient la justice. Le PNF n’a pas souhaité communiquer à ce sujet.
Colbv : Existe-t-il des règles sur l’utilisation des fonds durant une campagne électorale ? Et une entreprise a-t-elle le droit d’accorder des conditions commerciales différentes selon ses affinités avec ses clients ?
C’est une question centrale, en effet. Plongeons-nous avec délice dans les méandres du code électoral. L’article 52-8 dispose que « les personnes morales, à l’exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d’un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués ».

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                Campagne de Macron : une photographe rémunérée dès fin mai 2016



Cette question se pose précisément pour les rabais, soldes, remises en tout genre accordés par différents prestataires à l’équipe d’Emmanuel Macron. Elle se pose avec une acuité particulière pour GL Events, dont le patron est un proche du ministre Gérard Collomb et du président de la République, et qui a été particulièrement généreuse lors de certains meetings du candidat.
Cachou : Est-il vrai que des factures avec des rabais à 100 % ont été identifiées ?
Il y a eu des factures mentionnant, sur des postes de dépenses particuliers, des rabais à 100 %. Mais jamais sur une facture globale. Cela serait d’ailleurs interdit, puisque considéré comme un don de personne morale.
Omer : L’élection peut-elle être invalidée ?
Tous les comptes de campagne ont été approuvés par la Commission et ces décisions n’ont fait l’objet d’aucun appel.
Régis : Connaît-on l’origine des fonds de soutien à la campagne d’Emmanuel Macron ?
Lorsque nous consultons les comptes de campagne des candidats, l’identité des donateurs est systématiquement anonymisée. En revanche, pour Emmanuel Macron, les milliers d’e-mails — les MacronLeaks — qui ont fuité à quelques heures du second tour de la présidentielle et qui ont été publiés par WikiLeaks permettent de comprendre que l’équipe de Macron a cherché des fonds auprès d’avocats, de chasseurs de tête, de dirigeants d’entreprise, d’anciens banquiers… Bien sûr, des donateurs plus modestes ont aussi contribué à la campagne. Rappelons par ailleurs que chaque citoyen peut donner 7 500 euros, par an, au parti de son choix. Et par élection, 4 600 euros à un candidat.
Toto : Les journalistes du « Monde » ont-ils eu accès à l’intégralité des comptes de campagne ?
Le 13 février, la Commission a publié au Journal officiel ses décisions concernant les comptes de campagne des onze candidats. Depuis, elle a dû anonymiser certaines données personnelles figurant dans les milliers de documents de chacun des comptes. Cela a pris plusieurs semaines. Le premier compte consultable a été celui de Jean-Luc Mélenchon, suivi de ceux de François Fillon et de Jean Lassalle. Dès que nous l’avons pu, selon un calendrier établi par la Commission en fonction des demandes des médias, nous sommes allés consulter ces documents. Nous avons pu nous plonger dans celui d’Emmanuel Macron, vendredi 27 avril. Nous attendons à présent les comptes de Benoît Hamon et de Marine Le Pen, entre autres.
Arthur : Comment expliquez-vous que ce « scandale » Macron n’intervienne qu’après son élection alors qu’au contraire, M. Fillon a été au centre d’un lynchage médiatique pendant la campagne ?
Les comptes de campagne des différents candidats n’ont été déposés qu’à l’été 2017. Et la presse n’a eu accès à toutes ces informations qu’en février 2018. L’affaire concernant François Fillon et les soupçons d’emplois fictifs qui visent son épouse — le Penelopegate — n’avaient rien à voir avec les comptes de campagne, mais ils ont été révélés à la suite d’une enquête du Canard enchaîné.

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                Les clairs-obscurs de François Fillon




Sur les comptes de campagne de Macron, retrouvez tous nos articles :
Dîners lucratifs, dons, rabais : les combines de la campagne MacronQuand le candidat Macron avançait masqué pour la présidentielle 2017A Lyon, la réunion organisée par Collomb qui pose questionUne photographe rémunérée dès fin mai 2016Plus de 29 000 euros pour 35 séances de maquillage Des noms de ministres testés dans un sondage en février 2017





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Auteur de l’ouvrage « Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? », le philosophe Jean-Claude Monod décrypte la politique et la posture du président de la République.
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Emmanuel Macron, entre autorité présidentielle et autoritarisme

Auteur de l’ouvrage « Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? », le philosophe Jean-Claude Monod décrypte la politique et la posture du président de la République.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 18h09
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Spécialiste de philosophie allemande et de philosophie politique, Jean-Claude Monod a publié en 2012 un ouvrage intitulé Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? (Seuil), réédité en poche en 2017 avec une postface inédite (Points). Un an après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, il revient sur sa manière de gouverner et d’incarner le pouvoir.
On se demandait si François Hollande arriverait à s’imposer à la tête de l’Etat un an après son investiture. La question ne se pose pas, à la même échéance, pour Emmanuel Macron… En revanche, tout en endossant la fonction d’un chef de l’Etat de la Ve République, ne donne-t-il pas parfois le sentiment de surjouer le rôle ?
Emmanuel Macron s’est en partie construit en opposition à la figure du « président normal » incarnée par François Hollande. Conscient des attentes majoritaires du pays, celles d’un chef plus affirmé, il a théorisé la métaphore jupitérienne et l’a appliquée de manière relativement efficace, me semble-t-il. La Ve République a été pensée pour le général de Gaulle, dont la légitimité historique et le charisme personnel étaient vraiment exceptionnels. Emmanuel Macron cherche donc à habiter cette fonction, en retrouvant de la solennité et de la distance.
Il recherche aussi la rareté, cette fois plutôt par contraste avec Nicolas Sarkozy qui saturait l’espace public. C’est une idée que l’on trouve déjà chez certains dirigeants en Grèce ancienne. Périclès ménageait ses apparitions, il rendait sa parole rare pour qu’elle reste frappante. Une certaine économie de la parole et de la présence est un élément assez classique de prestige. Evidemment, le risque est que toute cette attitude bien pensée ne se retourne contre Emmanuel Macron, que le ridicule ne l’emporte ou qu’il s’avère trop ­ « petit » pour la fonction.
Mais le pari de sa présidence est bien de coller à un certain esprit de la Ve République qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Dans « Les Jeunes Gens », Mathieu Larnaudie s’est intéressé à la génération ambitieuse de la promotion Senghor de l’ENA, celle d’Emmanuel Macron.
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Les jeunes pousses de la promotion « Macron »

Dans « Les Jeunes Gens », Mathieu Larnaudie s’est intéressé à la génération ambitieuse de la promotion Senghor de l’ENA, celle d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h08
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
On sent que leur heure est venue. Sous les présidences de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, ces têtes bien faites aux grandes ambitions ont fini leur croissance dans les cabinets ministériels ou les entreprises, tels des semis plantés sous serre à l’approche du printemps – un peu en retrait, loin du jardin principal. Mais depuis la victoire surprise à la présidentielle d’un des leurs, Emmanuel Macron, ces jeunes pousses de la promotion Senghor (2002-2004) éclosent en pleine lumière. Et se font remarquer, donnant l’impression qu’elles sont prêtes : la prise de la quarantaine.
On a beaucoup écrit et glosé sur la promotion Voltaire (1978-1980) de l’Ecole nationale d’administration (ENA), celle de M. Hollande, Dominique de Villepin et Ségolène Royal. Voici que c’est au tour de « la Senghor » d’être l’objet de toutes les attentions. Elle s’est rappelée à nous récemment, lorsque ­Sibyle Veil – qui y appartient, tout comme son mari Sébastien, petit-fils de Simone Veil – a été désignée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour prendre la présidence de Radio France. Et dans la crise qui secoue la SNCF, est apparu un autre « Senghor », Mathias Vicherat, qui occupe le poste de directeur général adjoint de l’entreprise ferroviaire publique, et qui fut, en 2006, témoin de mariage du couple Veil.


Ces figures traversent le nouveau livre de Mathieu Larnaudie intitulé Les Jeunes Gens (Grasset, 208 pages, 18 euros). Né en 1977, comme la plupart d’entre eux – l’année du punk et du « no future », marquée par la sortie de l’album des Sex Pistols, Never Mind the ­Bollocks –, il s’est intéressé à leur destin dès 2013. « Au moment où j’ai enquêté, ils étaient vingt dans le gouvernement, c’est ce qui a attiré mon regard », explique-t-il au Monde. Il en fait d’abord un article pour la version française de Vanity Fair, avant d’en tirer cet ouvrage qui raconte la fabrique d’une élite à travers 134 élèves...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Seul le volet constitutionnel sera présenté en conseil des ministres le 9 mai, tandis que les textes ordinaire et organique seront dévoilés une semaine plus tard.
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Réforme des institutions : le gouvernement revoit son calendrier

Seul le volet constitutionnel sera présenté en conseil des ministres le 9 mai, tandis que les textes ordinaire et organique seront dévoilés une semaine plus tard.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 15h56
    |

            Alexandre Lemarié








                        


Changement de programme. Lorsqu’il avait présenté les grandes lignes de la réforme des institutions, le 4 avril, le premier ministre, Edouard Philippe, avait annoncé que les trois projets de loi distincts (constitutionnel, organique et ordinaire) seraient « présentés en conseil des ministres le 9 mai », avec l’objectif d’un examen en première lecture à l’Assemblée nationale en juin-juillet, au Sénat à la rentrée, en vue d’une adoption définitive en 2019.
Finalement, seul le volet constitutionnel (qui concerne la suppression de la Cour de justice de la République, la réforme du Conseil supérieur de la magistrature et la fabrique de la loi) sera présenté en conseil des ministres le 9 mai, a annoncé Matignon au Monde, jeudi 3 mai. Les textes ordinaire et organique seront, eux, dévoilés « plus tard en mai », le temps qu’ils soient examinés par le Conseil d’Etat. D’après nos informations, ces deux volets, porteurs des sujets les plus épineux (introduction d’une dose de proportionnelle, réduction du nombre des parlementaires, non-cumul des mandats dans le temps), devraient être présentés le 16 mai.
« Problème technique »
Ce décalage dans le temps, considéré comme « un problème technique », ne pose pas de problème majeur au président du Sénat, Gérard Larcher, dont l’accord est indispensable pour l’adoption de la réforme. « Tant que c’est un retard d’une semaine et qu’on dispose des trois textes le 16 mai, on considère qu’il n’y a pas d’entourloupe derrière », affirme son entourage, tout en restant « vigilant ».
Cette présentation séparée retarde toutefois l’avancée des négociations. Les Républicains (LR) ont d’ores et déjà prévenu qu’ils refuseraient toute « vente par appartement ». « Soit on trouve un accord sur la loi organique, la loi ordinaire et la réforme de la Constitution, les trois ensemble, soit on fait le constat qu’il n’y a pas d’accord », avertissait à la mi-mars le chef de file des députés LR, Christian Jacob.
Pour l’instant, le gouvernement n’a dévoilé que les grandes lignes des textes ordinaire et organique, qui prévoient notamment une réduction de 30 % du nombre des parlementaires, l’introduction d’une dose de 15 % de proportionnelle aux législatives de 2022 et la fin du cumul des mandats dans le temps (pas plus de trois mandats identiques pour les élus, sauf pour les maires des communes de moins de 9 000 habitants). La copie finale du gouvernement sur ces deux textes, telle qu’elle sera présentée en conseil des ministres, reste attendue.
Soutien essentiel
En revanche, les détails du volet constitutionnel sont largement connus. L’avant-projet de loi, que le gouvernement a envoyé au Conseil d’Etat au début d’avril et que Le Monde s’est procuré, prévoit notamment d’encadrer davantage le droit d’amendement des parlementaires, un raccourcissement des navettes au profit de l’Assemblée, ou une maîtrise accrue de l’ordre du jour par l’exécutif. Ce dernier y assume sa volonté d’accroître sa domination sur le pouvoir législatif, au nom de l’« efficacité ».

        Lire aussi :
         

                Le plan de Macron pour réduire les pouvoirs du Parlement



La révélation du volet constitutionnel a déjà suscité un tir de barrage de M. Larcher, qui dénonce « une diminution des pouvoirs du Parlement ». Le 17 avril, ce dernier a envoyé un courrier au président de la République pour lui demander de réexaminer ce texte avant sa présentation en conseil des ministres. Et le mettre en garde sur un possible « échec » de la réforme constitutionnelle, à cause d’un blocage du Sénat, si l’exécutif ne répondait pas à ses revendications.
Le soutien du Sénat – majoritairement à droite – à cette réforme est en effet essentiel pour le gouvernement. Pour une raison simple : toute réforme de la Constitution doit être votée dans les mêmes termes par les deux assemblées, puis obtenir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Parlement réuni en Congrès à Versailles. Pour les textes ordinaire et organique, en revanche, l’exécutif n’a besoin que de sa majorité à l’Assemblée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Le rite du remplissage de la déclaration de revenu est traumatisant pour certains contribuables. Il prend une dimension particulière avant la mise en place du prélèvement à la source en 2019.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                

Stress fiscal

Le rite du remplissage de la déclaration de revenu est traumatisant pour certains contribuables. Il prend une dimension particulière avant la mise en place du prélèvement à la source en 2019.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

            Joël Morio








                        



   


Editorial. Avec le printemps, les allergiques aux pollens ont le nez qui coule et les personnes atteintes de « phobie administrative » s’affolent. Tandis que les feuilles verdissent sur les arbres, d’autres remplissent les boîtes aux lettres. Les déclarations de revenus pour 2017 ont désormais été envoyées à plus de 25 millions de contribuables, alors que 12,8 millions ont opté pour ne plus les recevoir par voie postale.

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                Déclaration de revenus mode d’emploi



Papier ou numérique, la déclaration provoque toujours un stress chez beaucoup de Français. Pour preuve, en 2017, au moment où il fallait la remplir, 5,3 millions d’usagers ont été accueillis dans les centres des finances publiques, tandis que 4,1 millions d’appels étaient traités et 2,1 millions de courriels adressés aux services fiscaux. Même préremplie par l’administration, la déclaration de revenus demande – au minimum – une vérification. Et si 21,4 millions contribuables n’étaient pas imposables en 2017, tous porteront cette année un soin particulier pour la remplir.
Et l’IFI aussi
D’abord, les plus fortunés devront garder à l’esprit qu’il faut aussi mentionner son patrimoine immobilier dans le cadre de la mise en place de l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI). Cela concerne prioritairement ceux qui étaient assujettis au défunt impôt sur la fortune (ISF). Cependant, la flambée de l’immobilier dans certaines régions et la non-déductibilité de certains crédits souscrits pour financer l’acquisition d’un bien pourraient placer dans le champ d’action de l’IFI quelques contribuables qui n’étaient pas concernés par l’ISF.

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Pour le plus grand nombre, la déclaration des revenus de 2017 aura des conséquences en 2018, bien sûr, mais aussi en 2019, voire en 2020. Elle déterminera le taux de prélèvement qui sera appliqué sur la fiche de paye – et les pensions – dès le 1er janvier 2019. Sur Internet, une fois sa déclaration remplie, le contribuable pourra découvrir ce fameux taux et, à partir de la mi-juillet, et sous certaines conditions, l’adapter à sa situation personnelle. Il s’agit, par exemple, pour un couple, d’individualiser ce taux en fonction des salaires de chacun.

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Malheureusement, toutes les incertitudes ne seront pas pour autant dissipées. Le risque de se voir appliquer un taux ne prenant pas en compte sa situation personnelle subsistera. Le taux d’imposition réel ne dépend pas uniquement des revenus perçus. Il intègre la situation familiale, les crédits d’impôt auxquels le contribuable à droit (lorsqu’il emploie une aide à domicile par exemple), les niches fiscales dont il bénéficie… La liste est (très) longue. La plupart des cas ont été anticipés, rassure Bercy. Cependant, beaucoup trop de zones d’ombre perdurent. De quoi alimenter le stress fiscal, et pas seulement au printemps.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Dîners lucratifs, dons, rabais… L’analyse des comptes de campagne 2017 d’Emmanuel Macron montre que le candidat d’En marche a été le plus dépensier des onze prétendants à l’Elysée.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Les socialistes regrettent de quitter l’hôtel particulier de la rue de Solférino, dans le 7e arrondissement à Paris.
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Le PS divisé sur le choix d’un siège à Ivry-sur-Seine

Les socialistes regrettent de quitter l’hôtel particulier de la rue de Solférino, dans le 7e arrondissement à Paris.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 15h37
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            
Des mines chiffons. En se rendant, mercredi 2 mai, au deuxième bureau national du PS depuis l’élection du nouveau premier secrétaire, Olivier Faure, les dirigeants du parti sont loin d’être réjouis. « Ah ! c’était quelque chose quand même ! », soupire l’ancien ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll en contemplant la façade du siège historique du parti, un hôtel particulier de 3 000 mètres carrés en plein 7e arrondissement de Paris, acquis sous François Mitterrand en 1980, un an avant sa victoire.
L’idée du déménagement du siège parisien vers la ville d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), qui a « la préférence » d’Olivier Faure parmi quatre propositions, ne plaît guère à de nombreux cadres du parti. « Personne n’est ravi de déménager », explique le tenant de l’aile gauche du PS, Emmanuel Maurel, devant les grilles fermées où les caméras ne se rendent même plus. « C’est une grande tristesse, confirme l’ancienne ministre Marie-Arlette Carlotti, élue de Marseille. Surtout pour les provinciaux, cela va nous faire un trajet beaucoup plus long ! »
Situé à vingt minutes en RER de l’Assemblée nationale, le nouveau local bouleverserait les habitudes des historiques du PS. « Je vais être obligé d’aller à Ivry, je ne sais même pas quelle ligne de métro il faut prendre ! », ironisait M. Le Foll quelques semaines plus tôt. « Là, au moins, c’était central », abonde devant la cour de « Solférino » M. Maurel, pour qui « un parti de gouvernement doit être dans la capitale ».
« Ce n’est pas le bout du monde »
Même déception au Sénat, situé à « vingt minutes à pied de Solférino », comme le rappelle avec nostalgie le président du groupe socialiste, Patrick Kanner. « Il ne fallait pas quitter Paris, nous ne sommes pas un groupuscule. Un siège, c’est important en termes d’images », affirme le parlementaire du Nord. C’est pourtant sur le « symbole » de la banlieue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ L’anthropologue Alban Bensa, spécialiste de l’île, revient sur les évolutions sur le territoire depuis trente ans et les enjeux de la visite d’Emmanuel Macron.
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Nouvelle-Calédonie : « Le monde kanak s’est recomposé, mais il reste une référence identitaire forte »

L’anthropologue Alban Bensa, spécialiste de l’île, revient sur les évolutions sur le territoire depuis trente ans et les enjeux de la visite d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 12h36
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Emmanuel Macron effectue un déplacement en Nouvelle-Calédonie du 3 au 5 mai, à six mois du référendum du 4 novembre sur l’accession à la pleine souveraineté. L’anthropologue Alban Bensa, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, un des meilleurs spécialistes de la Nouvelle-Calédonie, revient sur les évolutions qui se sont produites sur le territoire depuis trente ans et sur les enjeux de cette visite présidentielle.
L’accord de Nouméa mentionnait la volonté de « restituer au peuple kanak son identité confisquée ». Qu’en est-il aujourd’hui de l’identité kanak ?
La culture kanak, c’est un ensemble d’attitudes qui continuent à structurer les relations entre les unités de parenté et territoriales. Ces attitudes ancestrales sont articulées à celles héritées de l’influence de la France, notamment dans le domaine politique. Ainsi, il y a à la fois des chefs de clan et des élus. L’accord de Nouméa a structuré cette imbrication, avec en particulier la création d’un Sénat coutumier, de l’Agence pour le développement de la culture kanak ou d’autres institutions. Aujourd’hui, il est pratiquement impossible de passer outre ces doubles références, tout comme il est impossible de dissocier le monde kanak des apports de la France. Le monde kanak s’est recomposé, mais il reste une référence identitaire forte.
Les trente ans qui séparent les accords de Matignon du référendum d’accession à la pleine souveraineté ont-ils permis de jeter les bases d’une « citoyenneté calédonienne » ?
Si on se réfère à la période antérieure aux événements des années 1980, il est certain que les bases d’un nouveau mode de relations entre les communautés ont été jetées. Du fait, tout simplement, de l’amélioration des équipements, des infrastructures, des voies de circulation, des écoles, des hôpitaux… Il y a de plus en plus d’espaces communs de vie sociale. Le système scolaire, même s’il est très décrié, offre quand...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ L’Etat veut soutenir le transport combiné rail-route et baisser les péages ferroviaires.
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Fret ferroviaire : le gouvernement esquisse son plan de relance

L’Etat veut soutenir le transport combiné rail-route et baisser les péages ferroviaires.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h22
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 16h20
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Ouvert par le premier ministre, Edouard Philippe, le 16 avril dernier, dans la continuité de sa réforme du train en France, le chantier du redressement du fret ferroviaire a connu un coup d’accélération, jeudi 3 mai. La ministre des transports, Elisabeth Borne, a esquissé, lors d’une réunion avec les acteurs de la filière, les axes du plan de relance de cette activité en difficulté chronique. Un plan qui sera dévoilé à la mi-mai.
Jeudi, seules manquaient à l’appel les organisations syndicales qui boycottent depuis le 19 avril les réunions avec Mme Borne. Le fret, précisément, a été l’un des sujets qui ont déclenché l’ire syndicale. Les représentants des salariés n’ont pas du tout apprécié l’annonce, le 16 avril, d’une transformation de la branche fret de la SNCF, déficitaire et lourdement endettée, en une société filiale.

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De fait, le transport ferroviaire de marchandises est en recul par rapport au transport routier depuis des années. Sa part dans l’ensemble du transport de marchandises (9,9 % en 2016) a été divisée par deux par rapport à 1990. Une situation que le ministère des transports explique par « une série de facteurs externes (faible densité industrielle, moindre compétitivité de nos ports, crise économique de 2008), mais aussi par la baisse des coûts du transport routier sur cette période ».
Quelles sont les pistes pour redonner du lustre à « ce levier essentiel d’une mobilité propre », pour reprendre l’expression du ministère, où l’on souligne qu’un seul train de fret représente 50 camions en moins sur les routes. Le gouvernement rappelle d’abord que « l’effort sans précédent d’investissement » dans le réseau ferré – environ 10 millions d’euros par jour – bénéficiera largement au fret, qui souffre de la vétusté du réseau ferré français.
Surtout, le gouvernement met en avant deux axes importants. Il souhaite revoir la hausse de 6,9 % par an des péages ferroviaires prévue dans le contrat de performance 2017-2026 signé lors du quinquennat précédent entre l’Etat et SNCF Réseau, afin de fixer une nouvelle trajectoire « pour la rendre plus soutenable ». Ensuite, Mme Borne a l’intention de renforcer le transport combiné rail-route, en facilitant la réduction des coûts liés au transbordement des marchandises d’un mode à l’autre. « Le principe d’un soutien public au transport combiné sera maintenu », assure le ministère des transports, sans donner davantage de détails.
Si on ajoute à ces éléments un encouragement de l’innovation essentiellement numérique et la lutte contre le dumping social routier menée par le ministère des transports à l’échelon européen, la structure du futur plan fret se dessine à grands traits.
Très touché par les grèves
En attendant ce travail de fond, le gouvernement joue les pompiers pour sauver de la noyade une activité très touchée par les grèves. Selon nos informations, un tiers seulement des trains de marchandises circule en moyenne les jours de grève. La ministre a d’ailleurs souhaité ajouter à l’ordre du jour de la réunion du 3 mai un point sur les mesures d’urgence mises en œuvre par l’Etat. Mot d’ordre : « La relance du fret demain commence par ne pas le fragiliser aujourd’hui. »
Le gouvernement a donc mis sur le qui-vive les préfets, afin de soutenir les secteurs les plus gênés par le mouvement (sidérurgie, agroalimentaire et matériaux). SNCF Réseau est largement sollicité en liaison avec l’Etat : mise en place d’un guichet unique chargé de répondre 24 heures sur 24 aux demandes des industriels et des transporteurs, circuit d’alerte pour repérer les situations d’urgence (une quinzaine de cas précis ont fait l’objet de remontées).

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Et cette crise se soldera par davantage de camions sur les routes. Du moins à court terme. Pour limiter l’impact de la grève sur les entreprises, le gouvernement a décidé de lever l’interdiction nationale de circuler pour les poids lourds le mardi 8 mai, ainsi que, localement, le 10 mai, jeudi de l’Ascension. Et, d’une manière générale, les préfets ont reçu pour consigne de « prendre les mesures proportionnées visant à faciliter le trafic de poids lourds ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Selon des factures consultées par « Le Monde » dans les comptes de campagne du du candidat Macron, Soazig de La Moissonnière avait signé un « contrat de prestation de services » avec le futur vainqueur de la présidentielle.
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Campagne de Macron : une photographe rémunérée dès fin mai 2016

Selon des factures consultées par « Le Monde » dans les comptes de campagne du du candidat Macron, Soazig de La Moissonnière avait signé un « contrat de prestation de services » avec le futur vainqueur de la présidentielle.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h06
    |

            Emeline Cazi et 
Cédric Pietralunga








                        



   


L’équipe d’En marche ! s’est adjoint les services d’une professionnelle de l’image dès fin mai 2016. Soazig de La Moissonnière, qui fut la photographe officielle de François Bayrou lors de la campagne de 2012, a touché, en juin et en juillet, 4 000 euros par mois, pour des reportages photos « réalisés dans le cadre de la valorisation et de la communication du mouvement En marche ! », est-il noté sur les factures que Le Monde a pu consulter.
Le 1er septembre, le « contrat de prestation de services » qu’elle signe – pour une durée indéterminée et avec effet rétroactif au 28 mai (début de la « grande marche ») – stipule également qu’elle photographie Emmanuel Macron lors de déplacements, meetings, dans le cadre de cette « grande marche », « mais aussi d’une éventuelle campagne présidentielle et (…) législative ».

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« Cela pose problème »
Ces documents et ces versements mensuels réguliers, qui racontent les projets secrets d’Emmanuel Macron alors qu’il était encore en poste à Bercy, interpellent Christophe Bertolin, le directeur de l’agence IP3, spécialiste de la photo politique et qui a diffusé le travail de Soazig de La Moissonnière pendant la campagne. « Si j’avais su qu’elle était payée par l’équipe Macron dès cette époque, jamais nous n’aurions rediffusé ses images. Déontologiquement, cela pose problème. Il y a conflit d’intérêts. Si tout cela est confirmé, on arrêtera la diffusion de son travail. » 
Le flou sur la place qu’occupait Soazig de la Moissonnière a animé les discussions des photojournalistes pendant la campagne. Etait-elle une consœur qui bénéficiait d’un accès privilégié au candidat Macron ? Travaillait-elle pour le mouvement ? La photographe, dont les émoluments grimpent à 5 000 euros par mois en février 2017 – quand elle réserve la quasi-exclusivité de son travail à En Marche ! – est, aujourd’hui, salariée à temps plein de l’Elysée. Elle suit le chef de l’Etat dans chacun de ses déplacements et c’est elle qui a réalisé le portrait officiel du président Macron.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ La ministre de la justice a incité le Parlement à ne toucher au dispositif qu’à la marge.
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Verrou de Bercy : la résistance de Belloubet

La ministre de la justice a incité le Parlement à ne toucher au dispositif qu’à la marge.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h02
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

« Il ne serait pas raisonnable que le Parlement retienne une option maximaliste » sur la suppression du verrou de Bercy. Nicole Belloubet a terminé son propos liminaire devant les députés d’une voix posée, mais c’est une petite bombe qu’elle a lâchée, mercredi 2 mai. La ministre de la justice était la dernière auditionnée dans le cadre de la mission d’information chargée de réformer ce dispositif, qui instaure un monopole de l’administration fiscale pour engager des poursuites pénales en matière de fraude fiscale.
Un système justifié, selon le fisc, pour des raisons d’efficacité, car la matière est très technique. Mais qui, en ne donnant pas la main au parquet sur l’identification des dossiers à traiter, prête le flanc aux soupçons d’arrangements à l’amiable avec les contribuables. « Il y a une incohérence entre la gravité affichée du délit de fraude fiscale et le régime dérogatoire dont il fait l’objet », avait déploré Eliane Houlette, la procureure du Parquet national financier, en janvier.

Or, loin de préconiser une suppression du verrou, Mme Belloubet a largement repris les propositions faites début mai au même endroit par son homologue des comptes publics, Gérald Darmanin. Elle a suggéré de « circonscrire les comportements frauduleux les plus graves » en précisant dans le projet de loi relatif à la lutte contre la fraude, qui doit être débattu à l’Assemblée en septembre, les critères de transmission des dossiers de fraude fiscale vers l’administration pénale. Une position également défendue par Emmanuel Macron dans son interview sur BFM-TV, mi-avril.
« Ce n’est pas satisfaisant »
Aujourd’hui, ces critères sont fixés par circulaire, mais un certain flou demeure sur leur application par la commission des infractions fiscales (CIF), l’organe chargé d’aiguiller les dossiers. Problème : l’aménagement prôné par le gouvernement ne répond que partiellement au débat, car le passage par la CIF n’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Ségolène Royal, Dominique de Villepin, Christine Lagarde, Jean-Louis Borloo étaient envisagés dans le gouvernement de Macron.
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Comptes de campagne Macron : des noms de ministres testés dans un sondage en février 2017

Ségolène Royal, Dominique de Villepin, Christine Lagarde, Jean-Louis Borloo étaient envisagés dans le gouvernement de Macron.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 11h55
    |

            Cédric Pietralunga








                        


Deux mois avant le premier tour de l’élection présidentielle et alors qu’il n’était même pas certain de se qualifier pour le second tour, Emmanuel Macron a commandé une étude à Ipsos pour tester la composition de son éventuel futur gouvernement. Réalisée le 23 février 2017 et facturée 18 720 euros, elle avait pour but d’« identifier les personnalités (...) attendues » par les Français et celles « perçues comme totalement repoussoirs ».
Au total, une douzaine de personnalités ont été testées par En marche !. Sans surprise, on trouve dans cette liste le socialiste Jean-Yves Le Drian – dont le ralliement était alors attendu–, présenté comme « consensuel rassurant », ou l’écologiste François de Rugy, qui venait d’annoncer son soutien à Emmanuel Macron après avoir obtenu 3,8 % des voix à la primaire de la gauche. Le futur président de l’Assemblée nationale y est jugé « crédible par tous sur son sujet de prédilection ».
Plus surprenant, les noms de Dominique de Villepin, de Christine Lagarde et de Jean-Louis Borloo ont été également soumis par Ipsos à un panel de Français, preuve qu’Emmanuel Macron avait déjà en tête l’idée de se servir de son gouvernement pour fracturer la droite. Mais leurs profils sont considérés comme clivants ou trop « ancien monde ». Thierry Breton, ex-ministre de Jacques Chirac, lui aussi testé, est cruellement perçu comme « oublié ». « Personne n’a d’avis sur ses qualités personnelles et professionnelles », écrit l’institut.
« Un repoussoir »
A gauche, Emmanuel Macron est aussi parti en chasse de noms à épingler, alors qu’il a du mal à gagner les soutiens à ce moment de sa campagne. Marisol Touraine, ministre de la santé dans le gouvernement de Manuel Valls, Bernard Kouchner et Daniel Cohn-Bendit sont envisagés, sans faire le consensus. Ségolène Royal est présentée comme « caution de gauche » mais « repoussoir pour le centre et la droite ». Certains sondés déclarés « centristes » citent aussi spontanément les noms de Manuel Valls et de Bernard Cazeneuve, rapporte Ipsos.
Emmanuel Macron a enfin testé le nom de François Bayrou, le patron du MoDem, qui avait annoncé la veille de l’enquête vouloir faire « alliance » avec le candidat d’En marche !. « Si son soutien est bien sûr attendu et accepté, son éventuelle participation à un gouvernement est envisagée comme un repoussoir », écrit Ipsos. Cela n’empêchera pas le futur chef de l’Etat de lui confier la chancellerie, en remerciement de son ralliement.

Sur les comptes de campagne de Macron, retrouvez tous nos articles :
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Après le chamboule-tout provoqué par l’arrivée de LRM dans le champ politique, les négociations avancent dans l’ombre, à deux ans des municipales.
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A Saint-Omer, les élus ne savent plus à quel parti se vouer

Après le chamboule-tout provoqué par l’arrivée de LRM dans le champ politique, les négociations avancent dans l’ombre, à deux ans des municipales.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 11h53
    |

            Lucie Soullier (Saint-Omer (Pas-de-Calais), envoyée spéciale)








                        



                                


                            
C’est une ville comme il en existe partout en France. Des rues pavées, une cathédrale, une mairie. Des étiquettes politiques qui distribuent les rôles au conseil municipal : une majorité LR-MoDem-UDI ; une opposition rassemblant socialistes et non-encartés, « tendance gauche » ; un conseiller municipal FN.
Une ville du Pas-de-Calais comme il en existe partout en France, où l’arrivée d’En marche ! a bousculé les équilibres partisans. Car le maire de Saint-Omer, François Decoster, ancien délégué national de l’UDI, a été suspendu par le parti centriste pour s’être affiché en bonne place sur une liste de la majorité présidentielle, aux élections sénatoriales. Sauf qu’ici, le représentant officiel de La République en marche (LRM) est un élu de sa propre opposition.

« A Saint-Omer, on ne parle pas de politique », ose Frédéric Sablon, le premier adjoint au maire… qui n’est autre que le secrétaire départemental des Républicains. L’élu « de droite bien à droite » ne voit aucun problème à diriger la ville aux côtés d’un édile clamant haut et fort son soutien à « l’action du président de la République ». A quelques pas de l’hôtel de ville, des tracts placardés sur la permanence des Républicains la brocardent pourtant avec autant de force : « Avec Macron, c’est vous qui payez l’addition. » « Ce n’est pas le premier adjoint qui colle les affiches, c’est le secrétaire départemental des Républicains », jure celui qui porte schizophréniquement les deux titres.
Après le chamboule-tout provoqué par l’arrivée des « marcheurs » dans le champ politique audomarois, plus personne ne bouge. Les négociations avancent dans l’ombre, dit-on, à deux ans des municipales, mais pas question d’être le premier à dévoiler son jeu. « Tout le monde se regarde en chiens de faïence », soupire Thierry Tribalat. Le conseiller municipal d’opposition reste persuadé que les équilibres locaux finiront par exploser. « Comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Alors que Matignon s’est délocalisé pour trois jours, le gouvernement traverse une passe compliquée.
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Dans le Cher, Edouard Philippe évite les difficultés

Alors que Matignon s’est délocalisé pour trois jours, le gouvernement traverse une passe compliquée.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 11h31
    |

            Cédric Pietralunga (Cher - envoyé spécial)








                        



                                


                            

Edouard Philippe voulait « se confronter aux Français », avait insisté Matignon. « Cela risque d’être tendu », s’était même aventuré un conseiller. Au premier jour d’une « immersion » dans le Cher entamée mercredi 2 mai et qui devait se poursuivre jusqu’à vendredi, le premier ministre avait pourtant décidé de limiter au maximum la prise de risque.
Pas de rencontre avec des cheminots ou des étudiants. Il n’a pas non plus visité de centre hospitalier ou de maison de retraite. Et la participation à un « point de contrôle routier » de la gendarmerie « sur un axe accidentogène », prévue au programme afin de sensibiliser les automobilistes au passage à 80 km/h de la vitesse sur les routes, a été laissée par le chef du gouvernement aux membres de son cabinet. Il s’agit de la deuxième « délocalisation » après celle menée dans le Lot en décembre 2017.
Au contraire, Edouard Philippe s’est attaché à rester, tout au long de sa première journée passée aux quatre coins du département, sur les sujets les moins polémiques, comme la promotion du tourisme culturel, la défense de l’agriculture locale ou l’aide à l’implantation de médecins en milieu rural. Le premier ministre n’a pas voulu parler des 80 km/h, alors que 99 % des routes du département sont concernées – et qu’il avait demandé à son convoi de scrupuleusement respecter la limitation lors de ses transferts en voiture.
« Personne n’a évoqué ce sujet pendant l’heure d’entretien que j’ai eue », s’est même agacé l’ex-maire du Havre, interrogé à sa sortie d’une maison de santé à Sancoins, ajoutant à l’adresse des journalistes : « La santé en fait ne vous intéresse pas du tout ? »
« Truc marketing »
Ce refus de rentrer en mêlée intervient alors que le gouvernement doit faire face à la multiplication des tensions sociales et qu’un certain nombre de ministres se trouvent en difficulté. Selon un sondage publié par Odoxa le 27 avril,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Si la « mise en beauté » avait bien un caractère électoral, le recours à un coach vocal a été retiré des dépenses de campagne susceptibles d’être remboursées.
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Campagne de Macron : 29 042 euros pour 35 séances de maquillage

Si la « mise en beauté » avait bien un caractère électoral, le recours à un coach vocal a été retiré des dépenses de campagne susceptibles d’être remboursées.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 11h31
    |

            Simon Piel








                        



   


Hillary Clinton avait de son propre aveu passé six cents heures, soit vingt-cinq jours de la campagne présidentielle, à être coiffée et maquillée pour ses apparitions publiques. Emmanuel Macron a, pour sa part et selon les calculs effectués par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), dépensé 29 042 euros pour trente-cinq séances de maquillage.
Interventions à la télévision, meetings, réunions publiques, la « mise en beauté » du candidat Macron a été un élément important de son dispositif de campagne. Au point de faire tiquer la CNCCFP qui, soupçonnant des « dépenses apparemment personnelles », a demandé à l’actuel président de justifier que ces prestations aient revêtu un caractère électoral. Nicolas Sarkozy avait certes lui déclaré 34 000 euros en frais de maquillage pour sa campagne de 2007, mais seuls 11 482 euros lui avaient finalement été remboursés.
Dans sa réponse, qui aura finalement convaincu la commission, l’équipe d’Emmanuel Macron cite une décision du Conseil d’Etat du 30 novembre 2005 et conclut que « les frais de maquillage sont considérés par le juge électoral comme des dépenses à finalité électorale et peuvent donner lieu à remboursement dès lors que ces frais ont été exposés en vue de collecter des suffrages. »
Respirer par le nez
C’est la société parisienne d’événementiel Eurydice qui a assuré l’essentiel des prestations de maquillage du candidat, facturant pas loin de 800 euros la journée de prestation, frais de gestion compris, alors qu’il s’agissait parfois d’une simple intervention pour une émission de télévision. L’entente entre les équipes d’En marche ! et cette société a manifestement été bonne. Arnaud Jolens, alors dirigeant d’Eurydice, est aujourd’hui directeur du pôle Images et Evénements à l’Elysée.
L’équipe d’En marche ! a en revanche renoncé à se voir rembourser les dépenses effectuées par le candidat pour les leçons qu’il a prises avec le chanteur lyrique et coach vocal Jean-Philippe Lafont. Deux factures pour un montant total de 7 000 euros ont été fournies à la CNCCFP.
Au Parisien, M. Lafont avait expliqué les quelques conseils dispensés au candidat, notamment après son premier grand meeting à la porte de Versailles en décembre 2016 où la voix d’Emmanuel Macron s’était perdue dans un désormais célèbre « c’est notre projet » : respirer par le nez, faire couler de l’eau chaude le long de sa colonne vertébrale pendant la douche, éviter les aliments acides ou encore faire des vocalises.
Des « dépenses apparemment personnelles », a souligné la Commission des comptes, qui a demandé « toutes les explications utiles sur le caractère électoral de cette dépense ». « La réformation proposée est acceptée », a simplement répondu l’équipe d’Emmanuel Macron. Les factures n’ont donc pas été intégrées aux dépenses éligibles à un remboursement de l’Etat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Les documents envoyés à la Commission des comptes de campagne racontent un ministre en campagne dès le printemps 2016.
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Quand le candidat Macron avançait masqué pour la présidentielle 2017

Les documents envoyés à la Commission des comptes de campagne racontent un ministre en campagne dès le printemps 2016.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 11h55
    |

            Emeline Cazi, 
Laura Motet et 
Cédric Pietralunga








                        



                                


                            
Jusqu’à quel point Emmanuel Macron a-t-il menti à François Hollande ? Les fidèles de l’ancien chef de l’Etat le martèlent depuis longtemps : l’ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée, devenu ministre de l’économie à l’été 2014, n’a cessé de tromper son mentor lorsqu’il était à Bercy, en assurant le président de son soutien alors qu’il s’apprêtait, en secret, à conquérir l’Elysée. Il « a toujours nié l’évidence avec un sourire, relate de son côté François Hollande, dans son livre Les Leçons du pouvoir (Stock, 288 p., 22 €). Un an avant la présidentielle (…), je n’imagine pas qu’Emmanuel Macron puisse préparer une candidature ». 
Et pourtant. Les comptes de campagne d’Emmanuel Macron, épluchés depuis l’été 2017 par la Commission nationale des comptes de campagne, et consultés par le Monde, permettent, pour la première fois, chiffres et données à l’appui, de confirmer les accusations des proches de François Hollande.
Ces milliers de factures et notes de frais révèlent une histoire différente du récit officiel. Oui, l’actuel président de la République a bien lancé sa campagne, en toute discrétion, plus d’un an avant son élection, alors qu’il était encore ministre. Oui, il s’est joué de François Hollande en l’assurant de sa « bonne foi » et de sa « fidélité », alors qu’en coulisse, les préparatifs tournaient à plein régime.
Impact du terme « costard »
Ce n’est que le 16 novembre 2016, deux mois et demi après sa démission du gouvernement Valls, qu’Emmanuel Macron annonce sa candidature. Pourtant, six mois plus tôt, en mai, le jeune mouvement En marche ! commande à l’institut Ipsos un grand sondage qualitatif sur l’image de son leadeur. Son titre ? « Macron et les progressistes : potentiel et possibilités ». Livrée le 24 mai, facturée 24 960 euros, cette étude suggère au ministre de l’économie de « ne pas prendre part à la primaire, que François Hollande y soit ou non présent »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ La tenue en juin 2016 d’un événement à l’hôtel de ville pour recevoir Emmanuel Macron, financé par la métropole, suscite des critiques.
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Campagne de Macron : à Lyon, la réunion organisée par Collomb qui pose question

La tenue en juin 2016 d’un événement à l’hôtel de ville pour recevoir Emmanuel Macron, financé par la métropole, suscite des critiques.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 14h26
    |

            Yann Bouchez et 
Laura Motet








                        



                                


                            

La métropole de Lyon a-t-elle participé financièrement à la campagne d’Emmanuel Macron ? Entre Rhône et Saône, une date intrigue tout autant qu’elle irrite l’opposition politique. Etrangement, elle ne figure pas dans le compte de campagne du vainqueur de l’élection présidentielle, que Le Monde a pu consulter. Ce 2 juin 2016, le ministre de l’économie est en visite à Lyon. M. Macron n’est pas encore officiellement candidat à l’élection suprême, mais le programme est chargé pour le tout nouveau président… du mouvement En marche !
Un déplacement du ministre est prévu, le matin, dans une usine de chimie à Pierre-Bénite, en périphérie. Surtout, dans l’après-midi, une réunion publique est organisée à l’hôtel de ville de Lyon. Au menu, une rencontre avec des entrepreneurs et des élus locaux. Environ un millier de personnes ont été conviées. Accueil chaleureux garanti. Sénateur et maire de Lyon, mais aussi président de la métropole, Gérard Collomb, soutien de la première heure, a mis les petits plats dans les grands pour recevoir son hôte.
Les petits fours viennent du traiteur lyonnais Pignol, moyennant 13 500 euros payés par la métropole. La sono et l’éclairage, pour un peu plus de 4 100 euros, sont facturés par GL Events, une société d’événementiel basée à Lyon, habituée à travailler avec M. Collomb – et désormais dans la tourmente pour avoir accordé des ristournes au candidat Macron. « La venue de beaucoup ici aujourd’hui est un acte de confiance, assure le maire, avant de tutoyer le ministre. C’est à toi maintenant, cher Emmanuel, de montrer que tu es à même de répondre à cette espérance. » Des mots qui semblent s’adresser à un futur candidat.
« Pas un accueil républicain »
Cette réunion, à moins d’un an de la présidentielle, présentait-elle un caractère électoral ? Sans aucun doute, aux yeux de plusieurs élus lyonnais, qui estiment qu’En marche ! aurait dû régler la note. « Ce n’était pas un accueil républicain,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Dans cette chronique hebdomadaire, l’économiste Jean Pisani-Ferry estime que le projet macronien d’organisation de la mobilité, tant professionnelle que sociale, exige des solutions politiques mais aussi symboliques.
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Mobilité sociale : « Le redoutable poison du pessimisme français »

Dans cette chronique hebdomadaire, l’économiste Jean Pisani-Ferry estime que le projet macronien d’organisation de la mobilité, tant professionnelle que sociale, exige des solutions politiques mais aussi symboliques.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 11h00
    |

Jean Pisani-Ferry (Professeur d’économie à Sciences Po, à la Hertie School de Berlin et à l’Institut universitaire européen de Florence)







                        



                                


                            
Tendances France. Hier, on était paysan, cheminot, industriel de père en fils (rarement en fille). Une myriade de microstatuts perpétuait la société des ordres. La justice y trouvait rarement son compte. La sécurité, si.
Aujourd’hui l’idéal collectif est, pour reprendre la promesse républicaine, l’égalité d’accès à « toutes dignités, places et emplois ». Plus encore depuis un an : si le projet social de François Hollande mettait l’accent sur la redistribution par l’impôt, celui d’Emmanuel Macron entend organiser la mobilité professionnelle (au cours d’une carrière) et la mobilité sociale (d’une génération à l’autre).
Mais qu’en est-il en réalité ? Trois chercheurs, Alberto Alesina, Stefanie Stantcheva et Edoardo Teso ont comparé la France aux Etats-Unis et à d’autres pays européens, à la fois en termes de mobilité sociale objective (mesurée par la destinée des enfants nés dans les 20 % des ménages les plus bas dans l’échelle des revenus), et en termes d’opinions des citoyens sur cette mobilité (« Intergenerational Mobility and Preferences for Redistribution », American Economic Review, février 2018, lien vers PDF en anglais).
Le rêve américain a vécu
Leur premier résultat est que la mobilité sociale est aujourd’hui plus faible aux Etats-Unis qu’en Europe et en France : un enfant né en bas de l’échelle sociale a davantage de chances d’y demeurer et moins de chances d’accéder au sommet. Le rêve américain a vécu. C’est notamment l’effet d’inégalités sensiblement plus prononcées : comme l’illustre la « courbe de Gatsby le magnifique », pour reprendre le terme de l’économiste américain Alan Krueger, les sociétés les moins égalitaires sont aussi celles où la mobilité est la plus faible.
Parmi les pays étudiés, nous sommes, avec l’Italie, celui où la représentation des règles du jeu social est la plus sombre
En revanche, le regard des Américains sur leur société demeure optimiste. Celui des Français est empreint...




                        

                        

