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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ Selon les informations du « Monde », l’attitude de Rudi Garcia lors d’un contrôle antidopage de ses joueurs, à deux jours du match retour contre le Red Bull Salzbourg, est pointée du doigt dans un rapport.
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Contrôle antidopage : l’OM va être rappelé à l’ordre

Selon les informations du « Monde », l’attitude de Rudi Garcia lors d’un contrôle antidopage de ses joueurs, à deux jours du match retour contre le Red Bull Salzbourg, est pointée du doigt dans un rapport.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 15h51
    |

            Clément Guillou








                        



   


Malgré l’avantage acquis à l’aller contre le RB Salzbourg (2-0), c’est visiblement dans un climat de tension, voire de paranoïa, que l’Olympique de Marseille a préparé sa demi-finale retour de la Ligue Europa. En témoigne le déroulement d’un contrôle antidopage inopiné au centre d’entraînement de l’OM, mardi 1er mai, qui a fait couler plus d’encre qu’il n’aurait dû.
Ce mardi après-midi, quarante-huit heures avant le match retour en Autriche, un préleveur mandaté par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) se présente à la Commanderie, le centre d’entraînement de l’OM. Il souhaite contrôler les cinq internationaux français de l’équipe : Jordan Amavi, Steve Mandanda, Dimitri Payet, Adil Rami et Florian Thauvin.

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Les joueurs se prêtent au contrôle dans une ambiance détendue, selon les déclarations faites depuis par le secrétaire général de l’AFLD, Mathieu Teoran. Le staff, beaucoup moins.
Des membres du staff marseillais s’interrogent ouvertement sur un rôle éventuel de Jean-Michel Aulas dans ce contrôle, le président de l’Olympique lyonnais étant engagé dans une passe d’armes médiatique avec son homologue de l’Olympique de Marseille Jacques-Henri Eyraud. « L’AFLD est une autorité publique indépendante qui ne reçoit d’instruction de qui que ce soit pour diligenter des contrôles antidopage », a cru bon de préciser Mathieu Teoran auprès de l’Agence France-Presse.
Un rapport sur le comportement du staff marseillais
Selon nos informations, l’entraîneur marseillais Rudi Garcia a été le plus véhément, affichant sa suspicion vis-à-vis du préleveur. « Comment je l’ai pris ? Mal, a-t-il confirmé mercredi 2 mai en réponse à une question sur le sujet en conférence de presse. On n’a rien à cacher et je ne me plains pas, mais j’ai trouvé ça un peu bizarre à deux jours d’un match aussi important. (…) Le type est arrivé tout seul avec une carte de médecin périmée, sans tampon sur l’ordre de mission, et on a perdu deux heures sur le départ de l’entraînement, voilà pourquoi je n’étais pas spécialement ravi hier [mardi]. »
L’AFLD précise que le préleveur – qui n’a pas besoin d’être accompagné – était en possession des deux seuls documents dont il ait besoin : sa carte professionnelle de préleveur en cours de validité et un ordre de mission signé.
Le préleveur a, depuis, rédigé un rapport complémentaire, a appris Le Monde, pour faire part de l’attitude des membres de l’encadrement du club. L’Olympique de Marseille devrait désormais être rappelé à l’ordre par courrier.
Ce coup de semonce de l’AFLD ne serait pas inédit : en décembre 2015, certains joueurs du Paris-Saint-Germain avaient eu un comportement similaire vis-à-vis des préleveurs lors d’un contrôle d’après-match. Le PSG avait été rappelé à l’ordre par écrit, avec copie à la Ligue de football professionnel, et l’AFLD n’avait plus eu de problèmes avec le club parisien par la suite.
Passeport biologique
La réaction des dirigeants de l’OM étonne d’autant plus que les contrôles hors compétition ne sont pas rares dans le football – bien que plus rares qu’en cyclisme ou en athlétisme. Avant les grandes compétitions internationales, l’UEFA ou la FIFA réclament aux agences nationales antidopage un suivi plus strict des potentiels internationaux.
Ainsi, si les cinq Marseillais ont subi à la fois un contrôle urinaire et un contrôle sanguin, c’est que la FIFA souhaitait alimenter leur passeport biologique personnel, qui permet de suivre l’évolution dans le temps des paramètres sanguins et stéroïdiens et repérer un éventuel dopage. De même, le Paris-Saint-Germain, où évoluent de nombreux joueurs susceptibles de participer à la Coupe du monde, a subi trois contrôles depuis un mois.
Depuis le 1er janvier, 243 prélèvements ont été effectués sur des footballeurs professionnels en France, dont 180 hors compétition. Que le contrôle ait lieu à quarante-huit heures d’une compétition n’est pas non plus étonnant : l’Agence mondiale antidopage préconise ce type de contrôles inopinés à proximité d’une grande échéance.
A un autre niveau, les joueurs des Herbiers avaient aussi été contrôlés à l’entraînement dans les jours précédant leur demi-finale (victorieuse) de Coupe de France… sans faire d’esclandre.
Quant aux cyclistes ou athlètes, régulièrement contrôlés le matin de leurs compétitions au saut du lit, ils sont désormais habitués aux piqûres imprévues. Un journaliste de Sud-Ouest rapportait mercredi que les coureurs de l’équipe Groupama-FDJ, arrivés à 1 h 30 dans leur hôtel de Jérusalem pour le départ du Tour d’Italie, avaient été réveillés six heures plus tard pour un contrôle antidopage.

Ce matin, les coureurs de @GroupamaFDJ (arrivés à 1h30) ont été réveillés à 7h30 dans leur piaule d'hôtel à Jérusal… https://t.co/YusBw8EXRd— julien_duby (@julien_duby)


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ Contrôlé positif à l’EPO selon la presse britannique, le champion olympique du 1 500 m se dit « propre ». Une multitude de grands champions de l’athlétisme kényan ont été contrôlés positifs ces dernières années.
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Athlétisme : avec Asbel Kiprop, une nouvelle star kényane est soupçonnée de dopage

Contrôlé positif à l’EPO selon la presse britannique, le champion olympique du 1 500 m se dit « propre ». Une multitude de grands champions de l’athlétisme kényan ont été contrôlés positifs ces dernières années.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 15h01
   





                        



   


L’altitude des hauts plateaux du Rift et l’entraînement à la course dès le berceau apparaîssent de moins en moins comme le secret des innombrables succès des Kényans dans les épreuves de fond. Une nouvelle vedette de l’athlétisme kényan a été contrôlée positive à l’érythropoïétine (EPO), ont rapporté mercredi 2 mai plusieurs journaux britanniques, renforçant les soupçons sur le fonctionnement d’un sport qui a apporté au pays 38 médailles au cours des trois derniers Jeux olympiques.
Les quotidiens britanniques The Guardian et The Daily Mail, qui citent des « sources athlétiques haut placées », affirment qu’il s’agit d’Asbel Kiprop, considéré à 28 ans comme un des meilleurs coureurs mi-distance de sa génération.
Selon le journal kényan The Standard, qui ne cite aucune identité, ce contrôle positif a eu lieu hors compétition à la fin de 2017. Selon le Guardian, le Kényan assure qu’il y a eu une erreur avec son échantillon. Dans un message envoyé par Whatsapp à plusieurs médias, il écrit :
« J’ai lu des informations me liant au dopage. Comme athlète, j’ai été à la tête du combat contre le dopage au Kenya, une lutte à laquelle je crois fermement et apporte mon soutien. Je ne voudrais pas détruire tout ce que j’ai construit depuis ma première course internationale en 2007. J’espère que je pourrai prouver que je suis un athlète propre à chaque fois que faire se peut. » 
L’Athletics Integrity Unit (AIU), la structure qui gère les questions de dopage au sein de l’athlétisme, n’a pour l’instant pas confirmé l’existence de ce contrôle positif. L’agent d’Asbel Kiprop, Frederico Rosa, s’est dit « choqué » par ces allégations :
« Je trouve cela très, très étrange, après tellement d’années d’une si incroyable carrière. »
Plus de 40 cas en cinq ans
Asbel Kiprop a été champion du monde du 1 500 m en 2011, 2013 et 2015. En 2008, il est arrivé deuxième du 1 500 m aux Jeux olympiques de Pékin, mais a récupéré la médaille d’or après la disqualification pour dopage du Bahreïni Rachid Ramzi.
Par son importance et sa longévité, Kiprop est une figure tutélaire de l’athlétisme kényan, bouleversé par plusieurs importants cas de dopage ces dernières années. Depuis 2013, plus de 40 athlètes kényans ont été contrôlés positifs. Parmi eux, les marathoniennes Rita Jeptoo et Jemima Sumgong, positives à l’EPO et suspendues quatre ans chacune. Comme Asbel Kiprop, elles avaient pour agent Federico Rosa.
Le dernier contrôle positif en date, révélé par le Guardian, est celui de Ruth Jebet, championne olympique et recordwoman du monde du 3 000 m steeple, naturalisée bahreïnie, et tombée, elle aussi, pour EPO. Née au Kenya, elle s’entraînait toujours là-bas.

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                Dopage : le crépuscule des dieux kényans



Plusieurs enquêtes de presse ont montré ces dernières années la facilité de se procurer des produits dopants dans les centres névralgiques de l’athlétisme kényan, ainsi que le laxisme des contrôles de l’agence antidopage nationale.
En 2015, l’Agence kényane antidopage avait été jugée non conforme par l’Agence mondiale antidopage (AMA) avant d’être réintégrée juste avant les JO de Rio. L’efficacité des contrôles au Kenya, menés avec l’aide des agences nationales norvégienne et chinoise, s’est sensiblement améliorée récemment, en témoignent les nombreux contrôles positifs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Rebecca Braglia, 18 ans, avait chuté sur un placage dimanche, lors d’un match disputé à Ravenne, avec son club de l’Amatori Parma Rugby.
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Rugby : une jeune joueuse italienne meurt après s’être blessée durant un match

Rebecca Braglia, 18 ans, avait chuté sur un placage dimanche, lors d’un match disputé à Ravenne, avec son club de l’Amatori Parma Rugby.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 13h08
   





                        



   


La Fédération italienne de rugby (FIR) a annoncé, mercredi 2 mai, le décès de Rebecca Braglia, une jeune joueuse de 18 ans, blessée dimanche à la nuque lors d’un match disputé à Ravenne, dans le centre de l’Italie, avec son club de l’Amatori Parma Rugby.

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La jeune fille avait chuté sur un placage et sa tête avait heurté le sol. Elle avait été transportée en hélicoptère dans un hôpital de Cesena où elle avait été opérée. Mais son état s’était aggravé ces derniers jours.
Le capitaine de l’équipe d’Italie de rugby, Sergio Parisse, a écrit un tweet en réaction à l’annonce de la mort de la jeune joueuse : « Chère Rebecca. Je suis profondément touché. Je pense fort à ta famille. Repose en paix, petite. »

Cara Rebecca..sono profondamente addolorato…mi stringo forte alla tua famiglia. Riposa in pace piccola 🙏🏼— sergioparisse (@sergio parisse)


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Le président de la FIR, Alfredo Gavazzi, a de son côté annoncé qu’une minute de silence serait observée sur tous les terrains de rugby d’Italie lors des matchs du week-end à venir.

        Lire aussi l’éditorial du « Monde » :
         

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ En 2005, Red Bull a racheté l’Austria Salzbourg et fait table rase de son histoire. Un affront pour ses plus fidèles supporteurs, qui ont recréé leur propre club.
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Austria Salzbourg, les dissidents de Red Bull

En 2005, Red Bull a racheté l’Austria Salzbourg et fait table rase de son histoire. Un affront pour ses plus fidèles supporteurs, qui ont recréé leur propre club.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 15h56
    |

                            Clément Le Foll








                        



   


L’histoire fut commune, la fortune est diverse. Il y a une semaine, le Red Bull Salzbourg disputait pour la première fois une demi-finale de Ligue Europa contre Marseille (2-0). Deux jours plus tard, l’Austria Salzbourg affrontait, lui, l’Union Hallein, en quatrième division autrichienne. Pourtant, il y a treize ans, ces deux équipes n’en formaient qu’une, durant quelques semaines.
Le 6 avril 2005, l’entreprise Red Bull officialise le rachat d’une des équipes les plus populaires d’Autriche, l’Austria Salzbourg. « C’était l’euphorie ! Le club souffrait de problèmes financiers depuis vingt ans, c’était l’occasion d’en finir », ressasse Moritz Grobovschek, fondateur en 1992 du premier groupe de supporteurs de l’Austria. Avec l’arrivée de Red Bull, le club espère grossir son palmarès et renouer avec son glorieux passé, symbolisé par trois championnats d’Autriche et une finale de coupe UEFA en 1994 contre l’Inter Milan.
De l’enthousiasme à la consternation
L’euphorie est vite balayée par la stupeur. Si les supporteurs ne sont pas gênés que leur club prenne le nom de la boisson, des désaccords apparaissent. En juin, le fraîchement baptisé Red Bull Salzbourg dévoile ses nouveaux maillots : le logo et les couleurs de l’Austria – le violet et le blanc – sont remplacés par ceux de la marque.
« Nous croyions que c’était une erreur, s’étonne encore Moritz, qui comprend alors les intentions de Red Bull. Ils ne voulaient pas être un sponsor, mais contrôler le club. » La firme dirigée par Dietrich Mateschitz s’attaque à tout ce qui rappelle l’Austria Salzbourg. Comme son palmarès, ou son année de création (1933), qui doit être modifiée par l’année d’arrivée du taureau. Seule l’intervention de la Bundesliga empêche ces modifications.
Chez les fans, la fronde s’organise. L’initiative « Violett-Weiss » est lancée dans le but de défendre l’histoire du club et de dialoguer avec la nouvelle direction. Moritz se souvient d’une de ces réunions : « Ils ne voulaient rien entendre. Les seuls éléments qui pouvaient être violets étaient les chaussettes ou le logo du sponsor. » Dans la presse, le nouveau coach, Kurt Jara, en remet une couche : « S’ils veulent un club violet et blanc, ils n’ont qu’à en créer un. »
Les supporteurs vont le prendre au mot. Excédés, 3 000 frondeurs s’affranchissent de Red Bull. Le 7 octobre 2005, quelques-uns font renaître l’Austria Salzbourg. « Nous n’avions rien, même pas de ballons. Nos premières recettes émanaient de la billetterie, du merchandising, des cartes de membre et de nos quatre sponsors », se remémore Alexander Hütter, investi dans le club depuis 2005 et désormais chargé de la communication. Pour se relever, l’Austria reçoit d’autres soutiens. « Il y a eu une vague de solidarité partout en Autriche. Les supporteurs du Rapid Vienne comme moi ont notamment organisé une quête pour les aider financièrement », rapporte Dominik, supporteur du club de la capitale.
La renaissance
Après six mois en association avec un club local, l’Austria Salzbourg débute la saison 2006-2007 en septième division. « Nous avions organisé des détections pour former l’équipe. Il y avait des supporteurs, des footballeurs à la retraite et d’anciens joueurs du club », se rappelle Moritz, qui fut nommé président du club.
Le premier match officiel de l’Austria a lieu en juillet 2006. Une défaite 6-0 contre Anif en Coupe d’Autriche. Peu importe pour Moritz. « Voir plus de 1 000 supporteurs en violet et blanc chaque week-end, ça nous a donné la force de continuer. » Très vite, le club écrase tout sur son passage : quatre promotions consécutives entre 2006 et 2010. Entre-temps, Moritz a quitté son poste de président. « Les finances étaient saines et nous commencions à prévoir un retour au professionnalisme », dévoile-t-il. Alors en troisième division, l’Austria n’est qu’à une promotion de la Erste Liga, premier championnat professionnel d’Autriche, où il finit par se hisser en 2015.

   


En seconde division, l’Austria doit mettre son stade aux normes. « Nous devions notamment aménager un secteur visiteur d’une capacité minimum de 1 000 places et adapter l’éclairage. On a dû trouver une solution en attendant que notre stade soit prêt », précise Alexander. L’Austria délocalise ses rencontres au stade du SC Schwanenstadt. « Mais il y avait aussi des travaux à mener. Ça nous a coûté très cher. » A l’automne 2015, le club est en faillite, miné par ses aménagements et, selon Moritz, par une gestion inadaptée des deux derniers présidents, « trop dépensiers et peu doués pour récolter de l’argent ».
Une fois de plus, l’Austria va compter sur ses supporteurs et la solidarité d’autres clubs pour survivre. Une collecte d’environ 100 000 euros permet au club de payer sa licence en Erste Liga et plus de 25 000 euros sont récoltés par un financement participatif. L’équipe allemande de l’Union Berlin organise un match exhibition dont l’intégralité des recettes est reversée à l’Austria Salzbourg.
Nouveau départ
En janvier, le club a annoncé avoir épongé ses dettes. Après restructuration, elles s’élevaient à 1,4 million d’euros, dont 280 000 à payer par l’Austria. « Les deux premiers versements ont été réglés par certains dirigeants, le troisième par le club et le dernier par le club et les supporteurs », liste Alexander.
Rappelé à l’ordre par le foot business, l’Austria reste sur deux relégations et évolue en quatrième division. Entre 800 et 1 500 supporteurs assistent à chacune de ses rencontres. Le club compte également 2 000 membres, qui, contre une adhésion annuelle de 85 euros, ont notamment un droit de vote lors de l’assemblée générale. « Leur nombre a légèrement diminué à cause de nos problèmes financiers », confie Alexander. Aujourd’hui, l’objectif n’est plus un retour au professionnalisme, mais « un nouveau départ avec des finances saines, juge Moritz. Le président actuel, Claus Salzmann, a une approche qui colle plus avec les besoins du club ».
Ce destin en dents de scie est bien différent de celui du Red Bull Salzbourg, qui a glané huit titres de champion d’Autriche depuis 2005. Quand on demande si l’Austria a des contacts avec ce dernier, Alexander coupe court. « Il n’y a aucune relation », rétorque-t-il, avant de s’interroger. « Vous vouliez notre avis sur leur qualification en demi-finale de Ligue Europa ? » Après notre acquiescement, il conclut : « Nous n’en avons rien à faire. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Le ballon ovale compte ses blessés, de plus en plus souvent victimes de traumatisme crânien, surtout chez les professionnels mais aussi parmi les amateurs. Un risque que la Fédération française de rugby doit prendre au sérieux.
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Rugby : la santé des joueurs en danger

Editorial. Le ballon ovale compte ses blessés, de plus en plus souvent victimes de traumatisme crânien, surtout chez les professionnels mais aussi parmi les amateurs. Un risque que la Fédération française de rugby doit prendre au sérieux.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 12h54
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Ce sport, l’un des plus pratiqués du pays, est tombé sur la tête. Au niveau professionnel mais aussi amateur, le rugby compte ses blessés, en particulier les victimes de plus en plus nombreuses d’une commotion cérébrale. Le terme médical désigne un traumatisme crânien. En une décennie à peine, il a remplacé le diagnostic plus vague de « K.-O. ».

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En France, le phénomène s’observe surtout chez les professionnels. Chaque saison du Top 14, le championnat de première division, offre l’occasion d’un nouveau bilan : l’édition 2016-2017 a enregistré 102 commotions cérébrales, presque deux fois plus que les 53 cas de la saison 2012-2013.
Les chiffres traduisent l’évolution d’un sport de contact en dangereuse mutation. Là où le rugby récompensait les passes à foison, les combinaisons inventives et les courses dans l’espace, il semble aujourd’hui produire l’inverse. Le réflexe est à l’affrontement frontal, kilos de muscles contre kilos de muscles, entre des joueurs façonnés au rythme de leurs séances de musculation. Des joueurs en voie de « robotisation », pour reprendre le mot de Daniel Herrero, l’ancien entraîneur de Toulon. La professionnalisation, depuis 1995, a transformé à la fois les corps et la façon de jouer à ce sport singulier. Désireux de marquer les esprits, certains médecins lancent un cri d’alarme et redoutent l’irréparable.
Perte de 16 500 licences
Sans caméras de télévision, la situation préoccupe aussi au niveau amateur, où l’encadrement médical est moindre. Les joueurs ont beau courir bien moins vite, plaquer bien moins fort, le risque existe. A plus forte raison pour ceux dont les gestes sont moins maîtrisés et qui auraient tendance, par mimétisme, à reproduire les séquences « vues à la télé ». Pour la seule saison 2016-2017, la Fédération française de rugby (FFR) a recensé 1 820 suspicions de commotion.
Impossible, pour l’heure, de connaître avec exactitude les séquelles de telles lésions. Une chose de sûre, cependant : la fédération, qui a communiqué, en mars, les préconisations de son « observatoire médical du rugby », a tout intérêt à prendre la question à bras-le-corps pour rassurer parents et enfants. En 2017, elle reconnaissait une perte de 16 500 licences d’une année à l’autre, sans établir les corréler avec le problème des commotions cérébrales.
De nouvelles règles fédérales ou internationales pourraient circonscrire le risque, réhabiliter la passe, la prise d’espace et d’initiative, plutôt que d’innombrables télescopages dans les « rucks », ces regroupements informels où se multiplient les collisions. Lors de la décennie précédente, des changements de réglementation ont déjà assaini la mêlée, et permis une baisse des blessures au rachis cervical.
Un changement semble aussi urgent si la FFR et la Ligue nationale de rugby, institution chargée du volet professionnel, veulent éviter une judiciarisation de la question – phénomène observé aux Etats-Unis dans le football américain, l’un des sports les plus populaires outre-Atlantique, mais aussi l’un des plus destructeurs. Le rugby est devenu professionnel. C’est un fait. Il ne doit pas oublier pour autant qu’il est un jeu, dont « le ballon est un hommage permanent à la fantaisie et au talent », naguère célébrés dans ces colonnes par Jean Lacouture.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ L’homme d’affaires d’origine canadienne investit des millions pour développer le cyclisme dans l’Etat hébreu, dont il vante le visage « tolérant », mais se défend de faire de la politique.
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Sylvan Adams, le milliardaire patriote qui a fait venir le Giro en Israël

L’homme d’affaires d’origine canadienne investit des millions pour développer le cyclisme dans l’Etat hébreu, dont il vante le visage « tolérant », mais se défend de faire de la politique.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 15h22
    |

            Clément Guillou et 
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Le Giro s’exporte au Proche-Orient. Toujours à la recherche de nouveaux revenus, le Tour d’Italie, qui s’élancera le 4 mai, a saisi avec enthousiasme les millions d’euros proposés par Israël et l’occasion de prendre le départ en dehors de l’Union européenne, initiative inédite pour un grand tour cycliste. La puissance invitante n’est pas, pour une fois, une ville ou une région. Derrière le détour en Israël se cache un immigré récent venu du Canada, milliardaire et passionné de cyclisme : Sylvan Adams. C’est lui qui finance une grande partie de ce séjour de trois jours dans l’Etat hébreu, estimé par la presse locale à 120 millions de shekels (27,5 millions d’euros).

Sylvan Adams, 59 ans, est le fils de Marcel Adams, rescapé roumain de la Shoah et fondateur de l’un des plus grands groupes immobiliers au Québec à la fin des années 1950. Iberville Developments s’est fait un nom en construisant des centres commerciaux et en achetant avec flair de grands terrains. Le groupe s’est fait connaître plus récemment pour ses démêlés avec le fisc : la famille Adams bataille depuis neuf ans pour récupérer 101 millions de dollars canadiens (65 millions d’euros) que le fisc québécois lui a réclamés pour une manœuvre « d’évitement fiscal abusif ». Elle était aussi détentrice en toute légalité d’un compte colossal à la HSBC en Suisse. Ce compte était au nom d’une banque créée par la famille Adams à la Barbade, un paradis fiscal ayant un accord avec le fisc canadien.
Les coureurs, des « ambassadeurs »
Si ses attaches fiscales sont internationales et ses racines roumaines, l’entrepreneur, qui a confié la gestion du groupe à son fils, est lié par le cœur à Israël, où il a « fait [son] alya » il y a deux ans. « J’ai rencontré ma femme ici il y a trente-quatre ans dans un kibboutz [ferme collective]. Mes parents sont passés par Israël avant de déménager au Canada », explique-t-il au Monde. Son patriotisme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ Commotions cérébrales et traumatismes crâniens sont répertoriés de plus en plus souvent, même chez les jeunes et les amateurs. Le sport est-il devenu trop violent ?
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/05/2018
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Le rugby en état de chocs

Commotions cérébrales et traumatismes crâniens sont répertoriés de plus en plus souvent, même chez les jeunes et les amateurs. Le sport est-il devenu trop violent ?



Le Monde
 |    03.05.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 15h56
    |

            Adrien Pécout (Montaigut-le-Blanc (Puy-de-Dôme) et Saint-Vincent-de-Tyrosse (Landes), envoyé spécial)








                        



                                


                            

La vérité sort parfois de la bouche des parents. Ceux-là, tout emmitouflés, attendent derrière la main courante d’une pelouse municipale. Il fait froid, il fait nuit noire : un mercredi soir comme les autres. Ils aiment le rugby, mais ils aiment aussi leurs enfants.
« Pour l’instant, on le laisse jouer, il s’éclate avec ses copains », raconte un père de famille, Dominique Froger. Pour la suite, lorsque son fils entrera dans l’adolescence, ce restaurateur « [s]e posera des questions ». « Je n’ai pas envie de le voir sortir sur une civière. Ma femme m’a déjà dit : “Si ça se passe comme ça, il faudra qu’il arrête le rugby.” » Leur petit Emilien, 10 ans, s’entraîne dans le club amateur de Montaigut-le-Blanc (Puy-de-Dôme).
Ici comme ailleurs en France, la multiplication des commotions cérébrales alimente de plus en plus les craintes. Le nombre de traumatismes crâniens est en forte augmentation, surtout parmi les rugbymen professionnels. Mais ils inquiètent aussi dans les clubs amateurs, chez les adultes comme chez les adolescents.
Ces commotions, parents et enfants les voient d’abord à la télévision. A Montaigut-le-Blanc, tout le monde peut citer les débuts pros de Samuel Ezeala, 18 ans, en championnat de France. Le 7 janvier, l’ailier prenait en pleine face un adversaire du Racing, Virimi Vakatawa, 92 kg lancés pleins fers ! A terre, le Clermontois recevait les premiers soins derrière des draps blancs dressés à même le terrain : perte de connaissance, pose d’électrodes, puis sortie sur un brancard, direction l’hôpital.
« Un jour, il y aura un mort »
Ezeala va mieux aujourd’hui. Mais les séquelles de ce genre d’incident restent mal connues des scientifiques. « Un jour, il y aura un mort », s’alarme Jean Chazal, professeur au CHU de Clermont-Ferrand, qui regrette que Bernard Laporte, le patron de la Fédération française de rugby (FFR), ait simplement qualifié le choc de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ Victorieux 5-2 au match aller, les Anglais se sont inclinés 4-2 sur la pelouse de la Roma. Une défaite dans les dernières minutes et finalement assez anecdotique.
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Ligue des champions : Liverpool perd à Rome, mais retrouvera bien le Real Madrid en finale

Victorieux 5-2 au match aller, les Anglais se sont inclinés 4-2 sur la pelouse de la Roma. Une défaite dans les dernières minutes et finalement assez anecdotique.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 00h06
   





                        



   


Ils ont perdu, mais ils ne vont pas bouder leur plaisir. Les Reds de Liverpool se sont peut-être inclinés 4-2 sur la pelouse de l’AS Roma en demi-finale retour de la Ligue des champions, mais affronteront bien le Real Madrid en finale le 26 mai à Kiev. Un remake de la finale de 1981 disputée au Parc des Prince et remportée par Liverpool 1-0, décrochant alors la troisième de leurs cinq victoires en C1.

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Les hommes de Jürgen Klopp avaient fait le plus dur au match aller avec leur victoire 5-2 à Anfield Road. Avec 88 % de chance de se qualifier, le suspens était léger et ils pensaient bien l’avoir tué avec l’ouverture du score précoce de Sadio Mané (9e). Malgré le soutien inconditionnel des supporteurs du Stade olympique, la Roma passait à côté de son début de rencontre. L’égalisation italienne devait surtout à l’infortune de James Milner qui contrait de la tête un ballon dans ses propres cages pour un but gag.
Liverpool maîtrisait son sujet, Mohamed Salah était sifflé par son ancien public et le milieu de terrain Georginio Wijnaldum redonnait l’avantage aux Anglais (25e) après un ballon mal repoussé par la défense de la Roma.

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But de l’espoir
A la reprise, Edin Dzeko a bien égalisé pour les Italiens, mais pas de quoi inquiéter des Reds dominateurs. L’attaquant bosnien était bien trop isolé à la pointe de l’attaque et ne rencontrait pas la réussite de ses grands soirs. La Roma paraissait accepter son sort et ce match nul.
Raja Nainggolan inscrivait bien ce qui aurait pu être le but de l’espoir (86e) d’une balle frappe lointaine. Mais le visage fermé du Belge montrait qu’il savait combien son erreur initiale (perte de balle dans l’axe sur le but de Mané) avait sans doute scellé le sort de cette demi-finale. Nainggolan signait d’ailleurs un doublé dans les arrêts de jeu en transformant un penalty peu évident, mais Liverpool n’a pas eu le temps d’avoir vraiment très peur car l’arbitre sifflait la fin du match sur l’engagement
La Roma sauve les apparences et l’honneur avec cette victoire 4-2, mais c’est bien Liverpool qui retrouvera la finale la Ligue des champions pour la première fois depuis onze ans. Les joueurs pouvaient aller saluer leurs 5 000 supporters, superbes au stade et tranquilles toute la journée à Rome, où les incidents redoutés après les violences du match aller n’ont pas eu lieu.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ Malgré sa défaite 4-2 face à la Roma, Liverpool se qualifie pour la finale de la Ligue des champions grâce à sa victoire 5-2 à l’aller. Les Reds affronteront le Real Madrid.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ L’édition 2018 du Tour d’Italie s’élancera d’Israël, en hommage à l’ancien cycliste professionnel, héros de l’ombre de la seconde guerre mondiale.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Le transfert de l’Egyptien entre les deux clubs, à l’été 2017, leur a apporté ce dont ils avaient crucialement besoin : de l’argent pour la Roma ; un buteur pour Liverpool.
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Football : comment Mohamed Salah a sauvé à la fois la Roma et Liverpool

Le transfert de l’Egyptien entre les deux clubs, à l’été 2017, leur a apporté ce dont ils avaient crucialement besoin : de l’argent pour la Roma ; un buteur pour Liverpool.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 14h28
    |

            Clément Guillou








                        



   


En un paraphe, il a sauvé la Roma. En une saison, il a redonné des couleurs à Liverpool. Cette demi-finale de Ligue des champions entre les deux clubs, dont Mohammed Salah a survolé la première manche sans pouvoir tout à fait tuer le suspense (5-2), est une célébration de ce que l’Egyptien a apporté à l’un et à l’autre.
Il est rare que les deux clubs soient gagnants dans un transfert, mais ce fut le cas lorsque, à l’été 2017, Salah est passé de la Roma à Liverpool, même si les supporteurs romains déplorent légitimement d’avoir perdu un joueur que l’on annonce désormais candidat au prochain Ballon d’or — et dont la valeur marchande est désormais évaluée à 168 millions d’euros.
La transaction, pour 42 millions d’euros, était passée inaperçue dans un marché des transferts de plus en plus irrationnel et focalisé sur le feuilleton du passage du Brésilien Neymar au Paris–Saint-Germain — pour une somme plus de cinq fois supérieure.

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Et, aussi étrange que cela puisse paraître avec le recul, elle semblait davantage satisfaire le club vendeur. La Roma était sous pression de l’UEFA pour équilibrer ses comptes : sanctionnée en 2015 dans le cadre du fair-play financier, le club giallorosso s’était engagé à présenter un déficit maximum de 30 millions d’euros pour les deux saisons suivantes et un budget strictement à l’équilibre en 2017-2018.
« C’était le mieux que l’on puisse faire »
Pour rester sous 30 millions d’euros de déficit, le club, qui n’avait pas disputé cette année-là la Ligue des champions, avait l’obligation de vendre son meilleur joueur avant la fin de l’exercice financier, le 30 juin 2017. Il n’était pas en position de force dans les négociations : « Qui connaît un peu ce business sait ce que signifie avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête », résume « Monchi », le directeur sportif du club romain, expert du marché des transferts.
Il l’a expliqué à la radio espagnole Onda Cero : « Quand je suis arrivé, il y avait une offre de 30 millions d’euros et, avec les bonus, je suis arrivé à près de 50 millions. C’était le mieux que l’on puisse faire à ce moment-là. Si nous ne l’avions pas fait, nous ne jouerions probablement pas les demi-finales de la Ligue des champions car l’UEFA nous surveillait de près. » 
Si l’UEFA vient d’annoncer que la Roma était restée dans les clous financièrement pour l’exercice passé, c’est grâce à cette négociation.
Et si Salah était le joueur majeur de la Roma la saison passée, passant d’un rôle d’ailier rapide et dribbleur à celui de buteur et organisateur du jeu, ses statistiques (15 buts, 11 passes décisives) et son âge (25 ans déjà) n’en faisaient pas encore un crack.

   


« A l’époque, ça me semblait représenter beaucoup d’euros »
En juin 2017, lorsque les propriétaires des deux clubs avaient célébré ensemble autour d’un déjeuner ce transfert, c’est d’ailleurs celui de la Roma, James Pallotta, qui avait pris l’addition. Car 42 millions, « ça me semblait représenter beaucoup d’euros à l’époque ! », s’est amusé John W. Henry, propriétaire de Liverpool, dans le Wall Street Journal. Ah, oui : le déjeuner avait eu lieu à Boston, ville des nouveaux patrons de Liverpool et de la Roma, deux milliardaires ayant réussi dans la finance avant d’investir dans le sport.
En fin de compte, les Reds ont aussi fait une bonne affaire. Depuis le départ de Luis Suarez pour Barcelone, en 2014, un buteur était ce qu’il manquait au Liverpool de Jürgen Klopp. Daniel Sturridge n’avait jamais totalement convaincu, Philippe Coutinho ne pouvait jouer ce rôle.
A l’intersaison, le staff de Jürgen Klopp cherchait encore quelqu’un pour compléter l’attaque formée par les Brésiliens Roberto Firmino, Philippe Coutinho et le Sénégalais Sadio Mané. Julian Brandt, international allemand du Bayer Leverkusen, aurait dû être celui-là, avant de refuser par peur d’être trop souvent sur le banc. Cette année, il a marqué 11 buts, quatre fois moins que Salah, qui n’était que le second choix liverpuldien.
Par bonheur pour Liverpool, Klopp a compris que Salah pouvait être autre chose qu’un ailier. Il le laisse jouer en électron libre, repiquer au centre pour marquer ses buts caractéristiques, d’une pichenette par-dessus le gardien en coupant une passe plein axe ou en frappant dans la lucarne opposée.
Si Liverpool est, mercredi soir, le premier club européen à marquer au Stadio Olimpico cette saison, les romanistes auront probablement du mal à se consoler en se disant que les comptes du club ne sont plus dans le rouge.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Le Marocain Mustapha El Haddaoui a participé à deux Coupes du monde en Amérique du Nord, en 1986 et 1994.
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Entretien

Mondial 2026 : « Jouer au football en plein soleil au Mexique, ce n’est pas naturel »

Le Marocain Mustapha El Haddaoui a participé à deux Coupes du monde en Amérique du Nord, en 1986 et 1994.

Propos recueillis par                                            Alexis Billebault (contributeur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 02.05.2018 à 13h56

     •
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        Mis à jour le 02.05.2018 à 14h10






    
Mustapha El Haddaoui.
Crédits : Wikimedia Commons


L’ancien international marocain Mustapha El Haddaoui (56 ans, 38 sélections) est le seul joueur africain à avoir participé aux Coupes du monde au Mexique (1986) et aux Etats-Unis (1994), deux des trois pays (avec le Canada) qui se sont associés pour se porter candidats, face au Maroc, à l’organisation du Mondial 2026. L’ex-milieu de terrain des Lions de l’Atlas, qui en 1986 avait atteint les huitièmes de finale, se souvient de conditions de jeu particulièrement difficiles à Monterrey, Guadalajara, Orlando ou East Rutherford. Autant de villes retenues pour 2026. Les candidatures marocaine et nord-américaine seront départagées le 13 juin à Moscou.

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Vous avez participé à la Coupe du monde 1986 au Mexique. Pour des raisons de droits de retransmission, les matchs étaient programmés en pleine journée. En avez-vous souffert ?
Mustapha El Haddaoui Oui. Et aussi, dans certaines villes, de l’altitude. A l’époque, notre sélectionneur était le Brésilien José Faria et le préparateur physique s’appelait Jorvan Vieira. Ils connaissaient donc bien l’Amérique latine et le Mexique et n’ignoraient rien des conditions climatiques en juin-juillet. On devait jouer deux de nos trois matchs du premier tour à Monterrey et l’autre à Zapopan, dans la banlieue de Guadalajara, une ville située en altitude [1 600 m]. Le coach avait donc décidé de nous emmener pendant un mois à Monterrey pour notre stage. C’était compliqué pour nous, car c’était le ramadan. Faria avait donc prévu de nous faire jouer des matchs amicaux à des horaires comparables à ceux de la Coupe du monde. On s’entraînait à 7 heures du matin, parfois à 10 ou 15 heures.
Quelles étaient les principales difficultés rencontrées par les joueurs lors des matchs de phase finale ?
La sensation de soif. A l’époque, les arbitres n’interrompaient pas le jeu pour que les joueurs puissent se désaltérer. Alors on essayait d’aller boire un peu d’eau ou des boissons énergisantes dès qu’on pouvait se rapprocher du banc de touche. La chaleur, l’altitude et le taux d’humidité ont une influence évidente sur le jeu lui-même. Pour nous, joueurs marocains habitués à disputer des matchs en Afrique sous la chaleur, c’était déjà compliqué. Alors imaginez pour nos adversaires anglais, polonais, portugais et allemands… Ils souffraient beaucoup.
J’avais été frappé de voir des joueurs de très haut niveau, tels le Polonais Boniek, les Anglais Lineker, Hateley ou Barnes, ne pas avoir le rendement habituel. On voyait qu’ils essayaient de gérer leur effort et cela se ressentait sur le rythme des matchs. Mais ce qui m’avait le plus surpris, c’était de voir l’Allemand Hans-Peter Briegel, pourtant une force de la nature, lors du huitième de finale que nous avions perdu [0-1]. Il était vraiment en difficulté, il avait du mal à répéter les efforts, à faire les allers-retours. J’ai cru qu’il allait exploser !

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Aux Etats-Unis, en 1994, quels étaient les problèmes rencontrés par les joueurs ?
On devait jouer encore plus tôt, à midi ! Ce n’était pas habituel pour les joueurs. L’heure idéale pour jouer au football, c’est le soir. Mais là encore, pour des questions de droits télé, on devait jouer à midi, avec des températures qui pouvaient atteindre les 40 °C. Quand vous jouez à midi, c’est toute la préparation qui est chamboulée. Il faut se lever très tôt et prendre un petit-déjeuner adapté. Le sommeil est également perturbé. Il faut s’entraîner à midi pour s’adapter. En Europe, on ne fait quasiment jamais ça. En fait, en ajoutant les voyages et les matchs tous les trois jours, on est un peu déboussolé.
Les conditions que vous avez connues au Mexique et aux Etats-Unis sont-elles risquées pour la santé des joueurs ?
Pour limiter les risques, il faut que les joueurs soient vraiment très bien préparés. Jouer à midi en plein soleil au Mexique, sous des températures très élevées, ce n’est pas naturel. A partir du moment où les joueurs sont exposés à la chaleur et à l’humidité, ils sont obligatoirement obligés de gérer leurs efforts. Cela aura une influence sur le rythme des matchs et donc sur le spectacle. En 1986 et 1994, certaines rencontres manquaient franchement d’intensité.


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ Figure du cyclisme du XXe siècle, l’Italien a sauvé de nombreux juifs pendant la seconde guerre mondiale. Un acte de bravoure qu’il a toujours gardé secret. Il vient de se voir attribuer la nationalité israélienne à titre posthume.
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Le silence du Juste Gino Bartali

Figure du cyclisme du XXe siècle, l’Italien a sauvé de nombreux juifs pendant la seconde guerre mondiale. Un acte de bravoure qu’il a toujours gardé secret. Il vient de se voir attribuer la nationalité israélienne à titre posthume.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 13h06
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 09h07
    |

            Philippe Ridet (Florence, envoyé spécial)








                        



                                


                            
L’Etat d’Israël, qui organise le départ du Tour d’Italie, vendredi 4 mai, a attribué mercredi à Gino Bartali, l’ancien cycliste italien, la citoyenneté israélienne à titre posthume. Ce geste rarissime fait suite à la reconnaissance par le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem de son statut de « Juste parmi les nations », pour avoir aidé à sauver de nombreux juifs durant la seconde guerre mondiale. A cette occasion, nous republions un reportage publié en 2013 sur cette histoire longtemps demeurée secrète.

C’est tout lui… Déjà parti quand pleuvent les honneurs, se laissant tresser de nouvelles couronnes de laurier qui s’ajoutent à celles conquises dans la poussière des routes. « Le bien, disait-il, on ne le fait pas pour le crier sur les toits. »
Il n’était pas là lorsque, en marge des championnats du monde sur route en 2013, l’ambassadeur d’Israël en Italie remettait au maire de Florence, Matteo Renzi, le document officiel distinguant ce « Juste parmi les nations ». Gino Bartali, né à Ponte a Ema le 18 juillet 1914, vainqueur de deux Tours de France (1938, 1948) et de trois Tours d’Italie (1936, 1937, 1946). Tout comme il était absent lorsque le président de la République Carlo Azeglio Ciampi lui décerna, en 2005, la Médaille d’or du mérite civil, la plus haute distinction italienne. Gino Bartali est mort le 5 mai 2000 d’une attaque cardiaque. Le cœur, encore et toujours.
Pour les Italiens, il fut d’abord « Gino le Pieux ». Le Toscan priait sur la ligne de départ, priait en course, priait encore sur le podium, remerciait la Madone et tous les saints des victoires remportées par dizaines. Pendant ce temps, le Piémontais Fausto Coppi (1919-1960), son cadet et son plus grand rival, qui lui disputait l’admiration de ses compatriotes (deux Tours de France et cinq Giro), embrassait Giulia Occhini, cette mystérieuse « Dame blanche » qui n’était pas son épouse.
A l’époque, le premier représente l’Italie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ Grâce aux progrès de la biologie de synthèse, la start-up californienne a créé une soie d’araignée et un cuir « animal free », qui ne nécessite le sacrifice d’aucun animal.
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Bolt Threads réinvente la soie et le cuir

Grâce aux progrès de la biologie de synthèse, la start-up californienne a créé une soie d’araignée et un cuir « animal free », qui ne nécessite le sacrifice d’aucun animal.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h53
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            Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            

Depuis quelques jours les visiteurs du Victoria and Albert Museum, à Londres, peuvent admirer une pièce symbolisant le futur de la mode : un sac fabriqué dans un « cuir » qui n’a nécessité le sacrifice d’aucune vache ni d’aucun autre animal. Dessiné par la styliste anglaise Stella McCartney – qui refuse d’utiliser du cuir dans ses collections –, cette déclinaison de son modèle Falabella a été réalisée avec un matériau à base de racines de champignon (mycélium).
Ce modèle d’exposition ne sera pas commercialisé, mais Bolt Threads, la start-up californienne à l’origine de ce « cuir » qui a pour nom « Mylo », a annoncé pour juin le lancement d’un modèle maison. L’an passé, sa première création avait déjà fait le buzz, avec une magnifique robe jaune d’or tissée dans une soie d’araignée issue de levures génétiquement modifiées, présentée au MoMA, le musée d’art moderne de New York.
Surfant sur les progrès de la biologie de synthèse, la société ambitionne de créer des textiles dérivés de micro-organismes, et non plus du pétrole ou des animaux. Le marché est immense : 90 milliards de dollars (74 milliards d’euros) pour les fibres synthétiques et près de 100 milliards pour le cuir. Pour financer ce pari, Bolt Threads a déjà empoché plus de 200 millions de dollars.
Gènes de synthèse
« Nous capitalisons sur 4 milliards d’années d’évolution de la vie sur cette planète pour fabriquer des produits que nous utilisons tous : des vêtements, des accessoires. Ce n’est que le premier volet de notre histoire », s’enthousiasme Dan Widmaier, cofondateur de Bolt Threads, en 2009, avec deux amis rencontrés sur les bancs de l’université de San Francisco. « Nous voulons faire de meilleurs matériaux pour un monde meilleur », poursuit ce docteur en biochimie.
Située à Emeryville, en face de San Francisco, la start-up évoque davantage un laboratoire pharmaceutique qu’un atelier de filature ou de tannage. De part et d’autre d’un long couloir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ Avant de briguer un triplé européen historique avec le Real Madrid, « Zizou » a surmonté sa première crise sur le banc.
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Zinédine Zidane, en Ligue des champions comme chez lui

Avant de briguer un triplé européen historique avec le Real Madrid, « Zizou » a surmonté sa première crise sur le banc.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 06h50
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 09h17
    |

            Rémi Dupré








                        



   


Et Zinédine Zidane serra le poing avant de manifester son soulagement. L’écran géant du stade Santiago-Bernabeu indiquait alors la sixième minute du temps additionnel et l’entraîneur français du Real Madrid, d’un calme olympien jusqu’ici, pouvait enfin fendre l’armure. Dans une atmosphère irrespirable, les Merengue de l’ex-n°10 des Bleus ont réussi, mardi 1er mai, à éliminer les Allemands du Bayern Munich et à se hisser en finale de la Ligue des champions pour la troisième fois d’affilée. « Ce fut compliqué pour mon cœur », a-t-il reconnu, dans un sourire, après la rencontre.

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Celui qui a apporté au club espagnol sa undécima (onzième) victoire dans la compétition, en 2016 à Milan, puis sa duodécima (douzième), en 2017 à Cardiff, tentera de lui offrir, le 26 mai à Kiev, sa decimotercera (treizième) couronne. Dans la capitale ukrainienne, le Real pourrait retrouver Liverpool, quintuple vainqueur de l’épreuve, qui était en ballottage favorable (victoire 5-2 au match aller) avant son déplacement, mercredi, sur la pelouse de l’AS Roma.
La bravoure du Bayern n’a pas changé la donne : en vertu de son succès (2-1), acquis six jours plus tôt en Bavière, le club madrilène est parvenu à s’extraire des demi-finales malgré le nul anxiogène (2-2) concédé dans son antre. Grâce au doublé inscrit par son compatriote et protégé Karim Benzema et à une décision arbitrale contestée (une main non sifflée du Brésilien Marcelo dans sa surface), Zidane, 45 ans, est sorti gagnant de son duel de haut vol avec l’entraîneur et vétéran allemand Jupp Heynckes (72 ans).

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En passe d’égaler Ancelotti
En vingt-huit mois d’exercice seulement, le Marseillais rejoint des figures du métier, Fabio Capello (1993, 1994, 1995 avec le Milan AC) et Marcello Lippi (1996, 1997 et 1998 avec la Juventus), seuls entraîneurs de l’histoire à disputer trois finales consécutives de Ligue des champions. Avant même la finale de Kiev, il a déjà fait mieux : les deux Italiens, dans leur trilogie respective, n’en ont remporté qu’une. Après la qualification, Zidane a rappelé une évidence : « Ce n’est pas normal d’être en finale pour la troisième fois d’affilée. »
Déjà sacré en 2014, lorsqu’il officiait sur le banc madrilène comme adjoint de Carlo Ancelotti, Zidane pourrait, en cas de triomphe à Kiev, égaler son ancien mentor, trois fois vainqueur du tournoi (2003, 2007, 2014), ainsi que l’Anglais Bob Paisley, sacré sur le banc de Liverpool en 1977, 1978 et 1981. Si d’aventure il soulevait encore le trophée, « ZZ » deviendrait le premier technicien à être couronné trois fois de suite.
Pour dire les choses simplement : le Real Madrid, sous Zidane, n’a jamais été éliminé en Ligue des champions. Il a accompli cette prouesse sans transfert faramineux et, chose anachronique, avec un 11 titulaire presque inchangé depuis sa première finale européenne ; même si, de plus en plus fréquemment, deux des trois membres du trident d’attaque surnommé « BBC », Gareth Bale et Karim Benzema, débutent sur le banc au profit des Espagnols Isco et Lucas Vasquez.
« Des entraîneurs plus compétents, il y en a à la pelle », a osé clamer Zidane, pourtant bardé de diplômes et de titres, avant la réception du Bayern. Doit-on y voir de la fausse modestie ou du sarcasme alors que l’ex-milieu du Real (2001-2006) – dont la sublime reprise de volée avait offert la Ligue des champions aux « Galactiques » en 2002 – fait désormais partie des entraîneurs les plus couronnés du Vieux Continent ?

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Vitrine de l’institution madrilène, adulé par les socios, les supporteurs-actionnaires du club, « Zizou » peut d’autant plus savourer cette énième épopée européenne qu’elle vient égayer une saison morose sur la scène espagnole. Couvé par son « père spirituel » Florentino Pérez, le puissant patron du Real dont il fut le conseiller zélé et directeur sportif, le Français a rapidement fait une croix sur sa couronne en Liga, acquise au printemps 2017 et tout juste récupérée par le FC Barcelone.
A quatre journées du terme de la saison, les Merengue errent à la troisième place du championnat, à quinze points du leader catalan et à quatre unités de son dauphin, l’Atlético Madrid. Cet hiver, Zidane a battu sa coulpe alors que ses joueurs traversaient une période sombre, marquée par l’élimination en quarts de finale de Coupe du roi par la modeste équipe de Leganés.
Une sortie de crise réussie
« Il ne reste plus que la Ligue des champions au Real cette saison, disait alors un proche du vestiaire madrilène. Jusqu’ici, Zidane bénéficie de la confiance des dirigeants. Mais on sait que tout peut aller très vite au club. » Sur la sellette, l’entraîneur a poli son image de grand frère du vestiaire pour sortir de la crise. Très proche de son groupe, il a multiplié les entretiens individuels pour remobiliser ses cadres et serrer les rangs. Un climat d’union sacrée règne depuis au sein de la « Maison blanche ».

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Zidane a également rallongé les séances d’entraînement, axant sa préparation sur les courses, l’endurance et l’impact dans les duels et le travail défensif. Outre son fidèle adjoint David Bettoni, rencontré au centre de formation de l’AS Cannes au début des années 1990, il s’appuie sur son préparateur physique, Antonio Pintus. Connu pour ses méthodes musclées et éprouvantes, l’Italien connaît bien Zidane pour l’avoir fait souffrir sur les pelouses, de 1996 à 1998 à la Juventus Turin.
Le déclic est intervenu face au Paris-Saint-Germain, en huitièmes de finale de Ligue des champions. Au match aller, les choix tactiques et le management de « ZZ » désarçonnent son homologue Unai Emery, guère inspiré dans ce domaine et battu (3-1) sur le fil à Bernabeu. Au Parc des Princes, le Real étend sa toile et enterre avec maîtrise les ambitions européennes du PSG. En quarts, la capacité de Zidane à s’adapter à l’adversaire, à modifier ses schémas de jeu et à lancer ses jeunes talents (Isco, Marco Asensio) contribue à écarter l’expérimentée Juventus. La gestion de Cristiano Ronaldo, buteur attitré du Real et régulièrement ménagé, est aussi à mettre au crédit de l’entraîneur madrilène : à 33 ans, le Portugais est une fois encore le meilleur buteur de la compétition, avec 15 réalisations.

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« L’ADN de ce club, c’est de ne rien lâcher jusqu’à la dernière minute », a rappelé Zidane mardi soir, enclin à incarner cette « culture de la gagne » chère au Real. Sous contrat jusqu’en 2020, conforté par ses dirigeants, Zidane a confirmé qu’il souhaitait poursuivre sa mission à Madrid la saison prochaine. Quel que soit le dénouement de la finale de Kiev, son avenir immédiat est donc tout tracé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ Les Madrilènes disputeront une troisième finale le 26 mai face au vainqueur de Roma-Liverpool. Le Real s’est qualifié mardi grâce à un match nul contre le Bayern (2-2).
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Ligue des champions : le Real répond encore présent au rendez-vous de la finale

Les Madrilènes disputeront une troisième finale le 26 mai face au vainqueur de Roma-Liverpool. Le Real s’est qualifié mardi grâce à un match nul contre le Bayern (2-2).



Le Monde
 |    01.05.2018 à 23h09
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 23h26
   





                        



   


Bousculé et malmené, le Real Madrid a encore décroché sa place en finale. Cela commence à rassembler à une habitude. Les Madrilènes vont en effet jouer une troisième finale de Ligue des champions d’affilée : avec deux buts de Benzema, le double tenant du titre a résisté au Bayern Munich (2-2) mardi 2 mai dans une folle demi-finale retour.Et voilà les Madrilènes aux portes d’un triplé historique, inédit depuis… le Bayern de 1974 à 1976.
Qualifié grâce à sa victoire 2-1 à l’aller, le Real a souffert au stade Santiago-Bernabeu.

Pourtant, Joshua Kimmich avait rapidement ouvert le score (3e). Mais Benzema a égalisé d’une tête puissante (11e), puis donné l’avantage au Real en profitant d’une grossière erreur du gardien allemand, Ulreich, pour marquer dans la cage vide (46e).
Voilà de quoi faire taire les critiques récurrentes de la presse espagnole à l’encontre de l’attaquant, toujours mis à l’écart des Bleus. Et de quoi confirmer aussi la bonne habitude prise par Benzema d’apparaître dans les grands rendez-vous, et notamment les demi-finales de C1 : but en 2014 face au Bayern, dribble d’anthologie la saison passée contre l’Atletico.

Et même si James Rodriguez, ancien Madrilène, a marqué le but de l’espoir (63e), la défense merengue a tenu bon dans l’apnée d’une fin de match irrespirable, marquée par les multiples parades du gardien Keylor Navas.

Zinédine Zidane estimait ce week-end qu’il était un peu tôt pour donner son nom à l’âge d’or que vit le Real. Pourtant, les faits sont là : avec « ZZ » comme entraîneur adjoint en 2014, puis comme entraîneur principal depuis 2016, le club merengue reste sur quatre finales de C1 en cinq ans, dont trois d’affilée, comme la Juventus entre 1996 et 1998.
Le 26 mai à Kiev, l’équipe de Zidane se posera en favorite soit contre Liverpool, soit contre l’AS Rome, pour tenter de décrocher la « Decimotercera », la 13e C1 de son histoire, un record absolu. Les 30 dernières minutes n’ont été que souffrance pour le Real après le but d’un James qui s’est aussitôt excusé devant son ancien public (63e).

Et sans le Costaricien Navas (74e, 80e, 90e), un autre mal-aimé de la presse espagnole, le Bayern aurait bien pu arracher la qualification… Mais les Bavarois ont été trop maladroits, et c’est le Real, « roi d’Europe » comme l’a chanté le Bernabeu au coup de sifflet final, qui jouera la finale. Comme à son habitude.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Vainqueurs 2 à 1 à l’aller en Bavière, les Madrilènes, grâce à un doublé de Benzema, ont tenu le choc au retour pour se qualifier pour une troisième finale consécutive.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Vainqueur (2-1) lors du match aller face au Bayern Munich, le Real Madrid peut entrer dans l’histoire en se qualifiant pour une troisième finale d’affilée.
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Le Real Madrid de Zidane vise une troisième finale de rang en Ligue des champions

Vainqueur (2-1) lors du match aller face au Bayern Munich, le Real Madrid peut entrer dans l’histoire en se qualifiant pour une troisième finale d’affilée.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 14h49
   





                        



   


Le Real Madrid de Zinédine Zidane, fort de sa victoire (2-1) à l’aller à Munich contre le Bayern en demi-finale de Ligue des champions, peut entrer mardi dans l’histoire en se qualifiant pour une troisième finale d’affilée, exploit inédit au XXIe siècle. Quel qu’il soit, le vainqueur du duel entre ces deux titans du football européen se posera en favori de la finale du 26 mai à Kiev, contre Liverpool ou la Roma, deux équipes que l’on n’attendait pas forcément à ce niveau-là.
Pour les Espagnols, il s’agit de faire fructifier leur avance sans répéter l’erreur du quart de finale contre la Juventus, où ils avaient failli passer à la trappe, battus (3-1) à domicile après avoir pourtant remporté l’aller (3-0) à Turin. « Nous devons réussir un match énorme, dans tous les sens du terme, a prévenu Zidane. Il va falloir se battre comme jamais pour passer. Nous sommes prêts, nous avons une détermination que nous n’avons jamais eue. »
Ronaldo et Lewandowski attendus
« ZZ » devra très probablement se passer de son meneur offensif Isco et à coup sûr de son latéral Dani Carvajal. Mais Cristiano Ronaldo sera bien là, et sans doute désireux de faire oublier le match aller où, sevré de ballons, il n’a pas marqué pour la première fois depuis onze matchs en Ligue des champions.
Au Bayern, deux joueurs majeurs feront défaut : le défenseur central Jérôme Boateng, et l’ailier Arjen Robben, tous les deux blessés aux adducteurs. Le buteur bavarois Robert Lewandowski a été lui mis au défi par les médias et par les consultants, après un match aller transparent : « Tous les regards sont tournés vers lui. Pour retourner un 1-2 en demi-finales de Ligue des champions à Bernabeu, le Bayern a besoin d’un Lewandowski de gala », a lancé Christoph Metzelder, ancien du Real Madrid (2007-2010) et aujourd’hui consultant influent sur Sky.
Pour passer, le Bayern devra réussir le match parfait, mais le scénario de mercredi dernier lui permet d’espérer. « Nous avons montré que nous pouvions nous créer des occasions, maintenant il faut les utiliser mieux, il faut avoir faim », a lancé le capitaine allemand Thomas Müller. « Nous venons à Madrid pour saisir notre chance, a renchéri son coach Jupp Heynckes. Nous savons que nous jouons contre le double tenant du titre mais mon équipe est capable de se surpasser dans de tels matchs, et en football, on peut déplacer des montagnes. »
Les faiblesses défensives de Madrid
Avec un but d’avance et à domicile, Madrid est évidemment favori, mais devra surtout se méfier de ses propres démons : ses deux derniers matchs de Ligue des champions ont mis en lumière de grosses faiblesses défensives, que le Bayern espère enfin exploiter. Après les trois buts encaissés contre la Juventus, les Madrilènes ont de nouveau concédé un nombre incroyable d’occasions la semaine dernière à Munich, que seule la maladresse des attaquants Bavarois a empêché de convertir en buts.
« Nous aurions pu gagner 7-2 » avait lancé à chaud, quelques secondes après le coup de sifflet final, le latéral Joshua Kimmich, auteur de l’unique but allemand. Son équipier Niklas Süle, qui remplacera mardi Jérôme Boateng, blessé, en défense centrale, avait lui estimé que la défense du Real « était à la rame sur chaque centre et sur chaque balle longue ». Mais le Real ne serait pas double champion d’Europe s’il n’avait pas un peu de chance, et surtout une capacité hors du commun de bien gérer ses moments faibles, pour mieux poignarder ses adversaires dès que l’occasion se présente.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ Les ligues sportives ont cédé massivement à la tentation du superlatif. Quitte à aboutir à des dénominations absurdes quand plus personne ne veut apparaître comme de second rang.
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Football : les ligues inférieures se rêvent en première classe

Les ligues sportives ont cédé massivement à la tentation du superlatif. Quitte à aboutir à des dénominations absurdes quand plus personne ne veut apparaître comme de second rang.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 13h09
   





                        



   


C’est l’histoire de compétitions sportives qui ne veulent plus être classées. De divisions inférieures qui n’osent dire leur nom. Du sport moderne et de son injonction paradoxale : hiérarchiser mais ne surtout pas dévaloriser. C’est une histoire contemporaine qui, à force de ménager la chèvre et le chou, de manier l’euphémisme et le superlatif, mêle le rationnel et l’absurde.
Dans sa forme la plus aboutie, le spectacle sportif vend — fort cher — l’excellence. Public, médias et sponsors sont prêts à payer, mais à condition d’avoir la certitude qu’il s’agit de « la crème de la crème » (comme disent les Anglais). Problème : le sport repose sur une structure pyramidale ; pas de spectacle majeur sans ligues mineures ; pas de championnat professionnel sans catégories semi-professionnelles et amateurs. Il n’y a pas de meilleurs sans moins bons, mais plus grand monde ne veut les voir, alors qu’ils ont également besoin de public, de médias et de sponsors pour développer des moyens de prospérer et de fournir l’élite.
Il faut appartenir au moins à la troisième ou à la quatrième série pour accepter d’être numéroté 2 ou classé B sans se sentir dévalorisé.
Le football, qui a parallèlement commencé la transformation de ses stades, de ses règles et de ses supporteurs, a trouvé une parade en modifiant les noms de ses compétitions. Le nouveau terme doit être valorisant, quitte à tricher un peu sur la marchandise. Impossible désormais pour les catégories inférieures de porter un nom reflétant clairement leur position. C’est le règne du « first », du « gold », du surclassement en Premium pour tous. Il faut appartenir au moins à la troisième ou à la quatrième série pour accepter d’être numéroté 2 ou classé B sans se sentir dévalorisé.
Lorsque le développement du sport a imposé la création de plusieurs catégories de niveaux différents, la densité s’est développée par le bas. On ajouta une ligue B, puis C, etc. Cet ordre ancien a été remis en question au début des années 1990 lorsque les clubs professionnels se sont désolidarisés du monde amateur et ont manifesté leur volonté de s’auto-organiser pour générer davantage de revenus. Coincées entre le marteau et l’enclume, les ligues inférieures professionnelles durent se battre pour exister.
Le modèle anglais
Les Anglais ont titré les premiers. En 1992, la Premier League a remplacé la First Division, laquelle a pris la place de la Second Division, qui a elle-même chassé la Third Division. Ce jeu de domino a de nouveau été bouleversé en 2004 par l’apparition du Championship (2e division). Depuis, le premier niveau anglais s’appelle Premier League, le deuxième niveau Championship, le troisième... League One, le quatrième League Two. La National League est le cinquième niveau, le premier non professionnel.
Le modèle anglais a rapidement été copié, en Ecosse ou en Belgique, où cohabitent pas moins de trois premières divisions. En Turquie, la Süper Lig est un peu plus super que la 1re Lig, qui est tout de même très bien. Aux Pays-Bas, la troisième division s’appelait jusqu’en 2016 la Top Klasse (pas besoin de traduire).
Dans le football italien, derrière les Serie A et B, les Serie C et D sont devenues en 2008 Lega Pro 1 et 2. Ce qui ne les empêche pas d’enchaîner les faillites.
Au niveau européen, la Ligue des champions — qui ne comptait que dix-sept champions sur trente-deux équipes en début de saison — et l’Europa League, terme neutre, ont remplacé les anciennes coupes d’Europe. Le public et les médias les surnommaient C1 (Coupe des clubs champions), C2 (Coupe des vainqueurs de coupe) et C3 (Coupe de l’UEFA), ce qui exprimait une hiérarchie qui existait de fait.
« Donner de la valeur à la ligue E ou F a pour conséquence de donner encore plus de valeur aux ligues supérieures. »
Professeur de sociologie du sport à l’Institut des sciences du sport de l’université de Lausanne (Issul), Fabien Ohl comprend bien la logique derrière ces mutations. « Le classement sportif est l’élément central de ce qui détermine la valeur dans cet espace social qu’est le sport, souligne-t-il. C’est le bien le plus précieux de ce milieu. Il permet d’obtenir de l’audience, de vendre des images, des billets, des vêtements, etc. En conséquence, c’est un bien qu’il faut absolument préserver et valoriser. »
Mais pourquoi valoriser toutes les compétitions ? « Partir d’une ligue A et descendre jusqu’à des ligues E ou F, c’est dévaloriser les derniers classés et faire penser qu’un seul classement a de la valeur, répond Fabien Ohl. Au contraire, donner de la valeur à la ligue E ou F a pour conséquence de donner encore plus de valeur aux ligues supérieures. »
« L’effet psychologique est réel »
En France, les deux principales divisions professionnelles sont devenues ligues pour se fixer sur les standards internationaux mais sont restées 1 et 2. En dessous, la D3 est devenue National 1 en 1993, puis simplement National. En dessous, l’appellation « National 2 » est un double mensonge puisqu’il s’agit du quatrième niveau et qu’il n’est pas national, car divisé en quatre poules régionales.
Le cabinet néerlandais Hypercube a déjà collaboré avec l’UEFA et plusieurs ligues européennes sur la refonte marketing de compétitions.
« Le nom de la ligue n’a jamais été un point important de discussion, assure son consultant Kasper van Vliet.  Les gens veulent tous être les meilleurs de quelque chose. Et être le meilleur de la Promotion League 1 procure un autre sentiment que dominer la troisième division. Est-ce pertinent ? Oui, car l’effet psychologique est réel. Est-ce efficace ? Difficile à dire, il faudrait étudier cela de manière plus approfondie. »
Reste à comprendre le sens de tout cela. Admettons le recours systématique à l’anglais, la langue du marketing. Mais pourquoi plus personne ne supporte-t-il d’habiter l’étage du dessous ? Il fut un temps où les films de série B avaient un certain charme, et même un charme certain. Une catégorie inférieure fait-elle de vous un être inférieur ?
« Dans un monde de l’excellence, les deuxièmes ont mauvaise presse et il est difficile pour un sponsor d’y accoler son nom, sourit l’ethnologue français Christian Bromberger, auteur de plusieurs travaux sur le football. Zlatan Ibrahimovic déclarait: “Etre deuxième, c’est comme être dernier.” Cela fait penser au cas des départements français dont le nom comportait l’adjectif “bas” (Basses-Alpes, Basses-Pyrénées), autrement dit Alpes, Pyrénées de deuxième classe. Dans les années 1970, on les a rebaptisés Alpes de Haute-Provence, Pyrénées-Atlantiques. »
Pour le sociologue Fabien Ohl, « le marketing rend nécessaire un changement d’appellation, mais l’explication est surtout sociale, elle réside dans la nécessité d’entretenir la croyance dans la valeur des classements et de toute l’économie financière, politique et symbolique qui y est liée. Si le classement sportif est si important, c’est que les personnes et équipes classées représentent très souvent des groupements sociaux, des pays, des villes, des régions, mais aussi des identités sexuées, d’âge ou même de style de vie. » Dis-moi comment s’appelle ta ligue, je te dirai qui tu es.
Laurent Favre 
(Article publié le 05 avril 2018 dans Le Temps)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ 24,38 m, soit l’équivalent d’environ 9 étages. C’est la taille du monstre d’eau qu’a dévalé le Brésilien Rodrigo Koxa, surpassant de 61 cm le précédent record.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ 