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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Un mois après le début de la grève des cheminots, Guillaume Pepy fait le point sur le mouvement et la réforme de la SNCF.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Si Orange a bien arrêté son service de télégramme le 30 avril, un faux visuel de ce dernier message a été pris au sérieux, notamment par plusieurs médias.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Le dernier télégramme a bien été envoyé le 30 avril… mais ce n’est pas celui qui a circulé sur Internet

Si Orange a bien arrêté son service de télégramme le 30 avril, un faux visuel de ce dernier message a été pris au sérieux, notamment par plusieurs médias.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 18h38
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 18h53
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Un dernier stop et puis s’en va. Le dernier télégramme français a été envoyé le 30 avril, mettant fin à cent trente-neuf ans de bons et loyaux services. Géré par Orange depuis 2013, ce mode de correspondance désuet avait connu une lente perte de vitesse due aux nouveaux moyens de communication. « Le flux des télégrammes était passé de 300 000 par an en 2010 à 30 000 en 2017. Il était temps de cesser », justifie le service communication de l’opérateur.
La nouvelle a été largement partagée… et a parfois été accompagnée d’une photographie de ce qui a été présenté comme le tout dernier télégramme envoyé en France. « C’est une page de l’histoire des télécoms qui se tourne au profit de nouvelles technologies – STOP – Bon vent et merci à tous nos collègues qui faisaient encore fonctionner ce service – STOP ET FIN », lit-on sur un cliché partagé par Christophe NDI, un salarié d’Orange.

Voilà c'est fini, le dernier #telegramme est parti ce Lundi 30 Avril à 23h59, Une page de l'histoire des Telecoms q… https://t.co/l70bg5qHgx— ChristopheNDI (@Christophe NDI)


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Nostalgie et fin d’une époque aidant, le photomontage a fait grand bruit sur les réseaux sociaux. De nombreux médias l’ont partagé en affirmant qu’il s’agissait bel et bien du dernier télégramme de l’histoire de France : La Provence, Sud Ouest, Midi Libre, Var Matin… Le contenu du faux télégramme a également été repris en écho au micro d’Europe 1.

.@DucheminRapha a choisi pour vous : le dernier télégramme de l'histoire de France envoyé après 139 ans d'existence… https://t.co/m0Hln4uqr7— Europe1 (@Europe 1)


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« Le télégramme n’a plus cette apparence depuis longtemps »
Las, l’image partagée par Christophe NDI est un photomontage. « Bien entendu, le télégramme n’a plus cette apparence depuis longtemps, c’est une illustration pour rappeler ce qu’était le télégramme, service qui a effectivement fermé lundi soir », a expliqué le salarié d’Orange à de nombreuses reprises sur Twitter. De nombreux internautes avaient relevé que la photographie présentée comme étant le dernier message télégraphique envoyé en France était un montage grossier.
Le télégramme original à partir duquel a été effectué le montage peut d’ailleurs facilement être retrouvé sur Internet à l’aide d’une recherche inversée d’images, où l’on retrouve les mentions manuscrites présentes dans le photomontage, à l’instar du « Y » écrit au stylo à bille (en haut à droite du document).

   


Un service utilisé essentiellement pour des raisons légales
Contactée par téléphone, la société Orange confirme que la photographie du télégramme est fausse. « Notre employé a fait ça un peu dans son coin », admet l’entreprise. Les télégrammes que l’on pouvait envoyer jusqu’au 30 avril n’avaient, par ailleurs, pas du tout le même aspect. Il s’agissait d’une feuille A4 sur laquelle était apposé le logo d’Orange, ainsi que le message de l’expéditeur. Ce dernier parvenait au destinataire deux fois : un opérateur d’orange l’appelait pour lire le message, qui lui parvenait par courrier postal un ou deux jours plus tard.
« Les personnes qui utilisaient ce service de nos jours le faisaient essentiellement pour des raisons légales », nous explique le service relation presse d’Orange. Le dernier télégramme envoyé en France, le 30 avril à 21 h 05, était un message de condoléances.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Arnaud Lagardère a évoqué, jeudi 3 mai, un « changement historique » pour son groupe qui passera par le recentrage sur deux domaines : l’édition et la distribution dans les lieux de transport. Il a nié tout « rétrécissement ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Lagardère se désengage des médias et du sport

Arnaud Lagardère a évoqué, jeudi 3 mai, un « changement historique » pour son groupe qui passera par le recentrage sur deux domaines : l’édition et la distribution dans les lieux de transport. Il a nié tout « rétrécissement ».



Le Monde
 |    03.05.2018 à 18h14
    |

            François Bougon et 
Sandrine Cassini








                        



   


« Nous sommes en train de mettre en place un changement historique pour le groupe ». Jeudi 3 mai, au Carrousel du Louvre, lors de l’assemblée générale de son groupe, Arnaud Lagardère a annoncé vouloir recentrer l’ancien conglomérat hérité de son père, Jean-Luc, sur deux pôles : l’édition – le « publishing » – et la distribution dans les lieux de transport – le « Travel retail ». Avec l’objectif de bâtir des leaders mondiaux et « un groupe plus solide, fort, indépendant et dominateur sur ces deux secteurs ». Répondant aux vives critiques d’un actionnaire, il a nié tout « rétrécissement » du groupe « Rétrécissement ? Non. Redéploiement ? Oui », a-t-il lancé, repoussant toute idée de démantèlement.

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Les actifs dans les médias et le sport, les deux autres secteurs dans lesquels Lagardère est présent, seront progressivement cédés et l’argent ainsi dégagé sera investi pour soutenir ce recentrage autour de l’édition et de la distribution dans les lieux de transport, a précisé Arnaud Lagardère.
Avant l’assemblée générale, sa stratégie avait été attaquée par le fonds Amber, détenteur de 4 % du capital de Lagardère, qui a tenté de faire élire deux administrateurs au conseil de surveillance de la société. « En dix ans, 3,2 milliards d’euros de valeur ont disparu, 2,3 milliards dans des dépréciations d’actifs, et 860 millions dans des restructurations, essentiellement dans ces deux activités », explique Olivier Fortesa, associé au sein du fonds.
« Une vraie rupture »
Si Amber n’est pas parvenu à s’imposer au conseil de surveillance, le fonds se félicite néanmoins du recentrage du groupe qu’il avait appelé de ses vœux. « Nous sommes ravis qu’Arnaud Lagardère ait enfin décidé de mettre en place la stratégie que nous lui suggérions l’an passé », complète le gérant du « hedge fund », qui compte bien rester pour l’instant au capital.
Qu’est-ce qui a décidé M. Lagardère, qui l’an passé vantait encore une stratégie reposant sur quatre piliers, à tourner casaque ? « C’est une vraie rupture que j’avais en tête depuis plusieurs années », a déclaré l’héritier lors de l’assemblée générale.
Selon nos informations, le Qatar, premier actionnaire avec 13,03 % du capital et 19,5 % des droits de vote, était également mécontent de la gestion d’Arnaud Lagardère et de la baisse du titre. Il se plaignait notamment que les cessions ne fassent qu’alimenter le paiement du dividende et donc appauvrissent la société. Jusqu’à ces derniers jours, il était même prêt à voter les résolutions d’Amber Capital, avant de changer d’avis.
Faire évoluer le conseil de surveillance
Même si Amber n’a pas réussi à imposer, comme il le souhaitait, deux nouveaux administrateurs indépendants au sein du conseil de surveillance, il réitère la nécessité de faire évoluer cette instance, « seul contre-pouvoir dans une société en commandite [une structure qui permet à Arnaud Lagardère d’avoir tout pouvoir] ».
Le fonds considère que le conseil n’est pas indépendant. En témoigne par exemple la double casquette de Xavier de Sarrau, qui à la fois président du conseil et chargé d’une mission auprès de la gérance, l’instance où siège l’héritier de Jean-Luc Lagardère, payée 240 000 euros par an. Egalement contestable la longévité de certains administrateurs, comme Georges Chodron de Courcel, administrateur depuis 1998 ou Pierre Lescure, depuis dix-huit ans. Or, le code AFEP-Medef considère qu’au-delà de douze ans, un administrateur n’est plus indépendant.
En répondant en partie aux demandes des actionnaires, M. Lagardère espère ainsi obtenir une « rentabilité améliorée » grâce à une évolution de la génération des flux de trésorerie et une diminution du niveau global des investissements nécessaires à la croissance.
L’édition, un secteur rentable et aux ventes relativement stables représentait, en 2017, 33 % du chiffre d’affaires du groupe mais la moitié de son résultat opérationnel. Le « travel retail » (boutiques dans les gares et aéroports) a apporté 48 % du chiffre d’affaires du groupe en 2017. Si elle affiche une marge plus modeste (27 % du résultat opérationnel), elle est, selon M. Lagardère, un « moteur de croissance » pour le groupe.
« Nous ne ferons pas demi-tour »
Sur les cessions à venir, en particulier dans le secteur des médias, M. Lagardère n’a pas voulu donner de détails, affirmant que les salariés des entreprises concernées devaient être informés préalablement. « Le mouvement est en route et nous ne ferons pas demi-tour », a-t-il dit.
Le groupe avait annoncé, mercredi 18 avril, être entré en négociations exclusives avec un groupe tchèque, Czech Media Invest, pour lui céder ses titres de presse magazine en France : Elle et ses déclinaisons, y compris les sites Internet d’Elle dans l’Hexagone, mais aussi Version Femina, Art & Décoration, Télé 7 Jours et ses déclinaisons, France Dimanche, Ici Paris et Public. « Nous ne vendons pas Elle, nous vendons une licence sur le magazine, nous gardons la marque », a-t-il précisé, expliquant qu’il était temps de se dégager des médias : « Il faut le faire de manière propre et en respect total de tous les salariés. » Selon lui, l’acheteur tchèque « aura besoin de tous les effectifs que nous allons apporter, qui font ce qu’est Elle, Télé 7 Jours, Ici Paris ou France Dimanche », car il n’a pas d’autres titres en France pour faire d’éventuelles synergies.

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Le groupe gardera cependant Le Journal du Dimanche et Paris Match, Europe 1, trois médias d’influence. Interrogé sur les difficultés que traverse la radio du groupe, M. Lagardère, qui en avait pris directement la présidence en avril 2017, a promis des annonces sur un éventuel changement d’équipe « dans quelques jours ».

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Depuis le 17 avril, une cinquantaine de salariés chargés de l’entretien des stations réclament le maintien des conditions de travail dont ils bénéficiaient dans la filiale de JCDecaux.
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Déjà critiqué pour le retard de son déploiement, le nouveau Vélib’ touché par une grève des agents

Depuis le 17 avril, une cinquantaine de salariés chargés de l’entretien des stations réclament le maintien des conditions de travail dont ils bénéficiaient dans la filiale de JCDecaux.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 19h03
    |

            Romain Geoffroy








                        



   


Ils se sont rassemblés sur le parvis de l’Hôtel de ville de Paris, à quelques mètres d’une station Vélib’ hors service. Une quinzaine d’agents de l’opérateur Smovengo, chargé du déploiement du service de vélos parisiens, protestaient jeudi 3 mai au matin contre leurs conditions de travail.
Depuis le 17 avril, ils sont une cinquantaine (soit 85 % des agents de terrain, selon les responsables du mouvement) à faire grève. Trois semaines pendant lesquelles ces agents chargés d’entretenir les stations et les Vélib’ demandent le maintien des conditions de travail dont ils bénéficiaient auparavant chez Cyclocity, filiale de JCDecaux.

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Après avoir géré pendant dix ans le service de vélo en partage parisien, l’entreprise JCDecaux a perdu l’appel d’offres en avril 2017 au profit de Smovengo (qui réunit la PME montpelliéraine Smoove, les espagnols Mobivia et Moventia ainsi qu’Indigo, leadeur du parking). En novembre, les salariés de Cyclocity étaient entrés en grève afin d’exiger un reclassement par Smovengo, aux mêmes conditions salariales. En décembre, le nouvel opérateur reprend finalement 134 salariés.
Un panier-repas qui est « passé de 12 à 5,73 euros »
Aujourd’hui, les agents de terrain dénoncent notamment une baisse de la majoration des salaires de nuit, passée de 45 % chez Cyclocity à 10 % chez Smovengo. « Le panier-repas, lui, est passé de 12 euros à 5,73 euros » dénoncent également les grévistes.
« Depuis le début de la grève, nous ne sommes pas du tout écoutés, toutes nos revendications ont été balayées d’un revers de la main, regrette Patrick (le prénom a été changé), agent de régulation sur le service Vélib’ depuis 2007. Quand la direction nous a reçus, la seule chose qu’elle nous a proposée, c’est une augmentation de 27 centimes du panier-repas, c’est ridicule ! »
Les salariés en grève devaient être reçus une nouvelle fois jeudi après-midi. Face au mouvement social, la direction ne communique pas, rappelant seulement que les conditions de travail avaient été « acceptées il y a trois mois ».
« En signant chez Smovengo, on cherchait la sécurité de l’emploi, à garder nos postes, mais il n’était pas question que les conditions de travail se dégradent comme ça », répond l’un des porte-parole des grévistes, Oualid Aloui. Il met notamment en avant un problème d’effectif : « On est passé de trois cents agents de terrain sous la direction de JCDecaux, à moins d’une centaine actuellement. »
« Il y a un vrai malaise, renchérit-il. Cela fait quatre mois qu’on travaille pour Smovengo et on observe déjà de nombreux arrêts de travail. On voit bien que ce n’est pas normal. » A ses côtés, un collègue acquiesce. Non syndiqué, comme la plupart des grévistes du mouvement, il souhaite rester anonyme :
« On nous avait dit qu’on nous reprenait aux mêmes conditions, mais Smovengo nous a imposé de nouveaux horaires. 70 % des agents travaillent de nuit, et pas toujours sur les postes qu’on occupait avant. »
En première ligne face à la colère des usagers
Agent mécanicien depuis neuf ans sur ces vélos en libre-service, il découvre une pression sans précédent. « En plus des galères sur les stations qu’on doit entretenir, on est tous les jours confrontés aux usagers énervés de voir que le service fonctionne mal. C’est à nous qu’ils s’en prennent directement, pas à l’entreprise. »
Sa chasuble orange sur le dos, Patrick, chargé de déplacer toutes les nuits des vélos pour répartir la flotte entre les différentes stations de la capitale, partage ce constat : « Porter la veste Vélib’, ça fait office d’exutoire pour les usagers. On se fait parfois insulter… »
A l’origine de cette colère des usagers, on trouve de nombreux dysfonctionnements qui ont entaché le lancement de ce qui devait être un nouveau Vélib’, plus pratique, moins lourd et en partie électrique. Démontage des anciennes stations, électrification des nouvelles, installation des potelets d’accrochage… le chantier a pris un net retard. A tel point que, sur l’objectif des 1 400 stations disponibles dès la fin du mois de mars, seules 680 étaient ouvertes au début de mai.

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« Il faut bien comprendre que les dysfonctionnements étaient là avant la grève », tient à rappeler Patrick, alors que Vélib’ a récemment argué dans sa communication que le service était perturbé en raison de la grève des agents.
« On garde espoir, veut insister Patrick. Si on fait grève, c’est aussi parce qu’on est attachés à ce service, qu’on trouve que le projet de Smovengo est un beau projet, que le service pourra être mieux qu’avant. Mais, en attendant, il y a plusieurs choses à régler. »
Poussée à réagir vite à l’accumulation des retards, la direction de Smovengo a présenté jeudi son « plan d’urgence » en trois temps pour résoudre la crise du déploiement du nouveau Vélib’. S’il n’évoque pas le volet social, ce plan prévoit notamment le remplacement de 3 000 vélos bloqués en station et le retrait temporaire des vélos électriques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Remplacement de 3 000 vélos bloqués en station et retrait temporaire des vélos électriques… L’opérateur a présenté son plan pour sortir de la crise du déploiement du Vélib’ à Paris.
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Smovengo présente ses mesures d’urgence pour sortir de la crise du nouveau Vélib’

Remplacement de 3 000 vélos bloqués en station et retrait temporaire des vélos électriques… L’opérateur a présenté son plan pour sortir de la crise du déploiement du Vélib’ à Paris.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 17h56
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 18h58
   





                        



   


Sortir de la crise du déploiement du nouveau Vélib’ à Paris. L’opérateur Smovengo a présenté, jeudi 3 mai, son « plan d’urgence », avec le remplacement de « 3 000 vélos bloqués » en station et le retrait temporaire des vélos électriques.
« La situation est mauvaise, n’est pas acceptable », a reconnu Jorge Azevedo, directeur général de Smovengo, l’entreprise qui a succédé à JCDecaux. Pour justifier les retards successifs, il a invoqué à la fois « un planning très serré » pour un « projet ambitieux », des problèmes techniques et le mouvement de grève qui touche l’opérateur depuis la mi-avril.
« On a mis en place trois plans de sortie de crise », a détaillé le responsable de l’opérateur lors d’une conférence de presse. Première étape, « le remplacement des vélos bloqués en station » d’ici au 8 mai. Ils sont « environ 3 000 », selon M. Azevedo, qui a cependant précisé qu’il s’agissait encore d’une estimation et qu’il pouvait y en avoir plus. « 2 000 » d’entre eux auraient déjà été remplacés, selon le directeur général.

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Deuxième engagement de l’opérateur pour le 8 mai : « Le remplacement de 400 stations sous batterie », ces dispositifs destinés à palier les problèmes d’électrification des bornes, mais qui sont eux-mêmes peu fiables. Smovengo va d’ailleurs cesser d’ouvrir des stations fonctionnant sur batterie tout en maintenant le parc actuel.
Retrait temporaire des vélos électriques
Autre annonce phare, le « retrait temporaire des vélos électriques » trop souvent inutilisables à cause des problèmes d’électrification des bornes. Ces vélos, principal changement par rapport à la flotte de JC Decaux, seront progressivement réintroduits, selon Smovengo, à partir du moment où « l’ensemble des stations mises en service » seront « totalement électrifiées ».

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Le système « Park + », qui permettait de garer son vélo dans une station déjà pleine, mais trop complexe, sera lui aussi suspendu pour éviter l’engorgement des stations. L’entreprise prestataire assure également qu’il va doubler les effectifs de son centre d’appel.
Smovengo s’engage par ailleurs à atteindre les « 800 stations » installées, dont « 80 % électrifiées », pour la fin de juin au plus tard, contre environ 670 stations en place aujourd’hui (dont 400 fonctionnant sur batterie).

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L’objectif affiché est de retrouver une fréquence de courses quotidiennes équivalant à celle du début d’avril, 30 000 selon l’opérateur, contre « moins de 10 000 » aujourd’hui. Le déploiement final des 1 400 stations est, quant à lui, remis à plus tard, « une fois le fonctionnement du service stabilisé ».
Selon Smovengo, environ 9 000 vélos sont déployés aujourd’hui, dont au moins 3 000 à remplacer, et environ 20 % de vélos électriques qui sont donc eux aussi amenés à être remplacés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ L’entreprise de Jeff Bezos suspend ses projets d’extension à Seattle pour s’opposer à une nouvelle taxe et dicte ses conditions pour le choix de son second siège social.
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Urbanisme, transports, fiscalité : les villes américaines doivent-elles en passer par la volonté d’Amazon ?

L’entreprise de Jeff Bezos suspend ses projets d’extension à Seattle pour s’opposer à une nouvelle taxe et dicte ses conditions pour le choix de son second siège social.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 17h33
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Entre menaces, exigences et conseils d’ami, le géant du commerce électronique Amazon tient les villes américaines en haleine... et en respect. L’entreprise a annoncé, mercredi 2 mai, qu’elle suspendait ses projets d’extension à Seattle (nord-ouest des Etats-Unis), sa ville mère, en attendant que la municipalité renonce à son projet de créer une nouvelle taxe visant les grosses sociétés pour financer le logement social et l’aide aux sans-abri.
Le bras de fer, sans précédent entre la métropole de l’Etat de Washington et la compagnie, est observé de près au moment où Amazon s’agrandit dans d’autres villes et s’apprête à choisir la cité qui accueillera son second siège social, au terme d’une compétition qui a vu les grandes villes des Etats-Unis et du Canada rivaliser de cadeaux fiscaux et de souplesse dans leur politique d’urbanisme pour tenter d’attirer les 50 000 salariés et les 5 milliards de dollars (4,2 milliards d’euros) d’investissements promis.

Les partisans de la taxe, majoritaires au sein du conseil municipal, estiment que les entreprises qui ont permis le boom économique de Seattle – Amazon au premier chef – sont aussi responsables d’une flambée record des prix de l’immobilier, qui confronte la ville à une grave crise de mal-logement. « Nous avons besoin que les sociétés qui gagnent des milliards de dollars chaque année aident les gens qui sont expulsés de leur logement et se retrouvent à la rue », défend le conseiller municipal Mike O’Brien dans les colonnes du Seattle Times. 
Ce nouvel impôt, rapidement surnommé « Amazon Tax », dont la ville attend 62,5 millions d’euros de revenus annuels, serait basé sur le nombre de salariés, et non sur les résultats financiers de l’entreprise. Principal employeur de Seattle avec plus de 45 000 salariés, Amazon se verrait ainsi imposer d’au moins 15 millions d’euros supplémentaires.
Inquiétude dans les milieux économiques
La compagnie, qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Frédéric Létoffé et Gilles de Laâge, coprésidents du Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques (GMH), dressent un panorama alarmant de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur.
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Métiers du patrimoine : « La transmission intergénérationnelle n’est plus assurée »

Dans une tribune au « Monde », Frédéric Létoffé et Gilles de Laâge, coprésidents du Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques (GMH), dressent un panorama alarmant de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 17h25
    |

Gilles de Laâge et Frédéric Létoffé (Coprésidents du Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques (GMH)







                        



                                


                            
Tribune. Etablissements de formation désertés, entreprises en quête de salariés, savoir-faire en voie de disparition… Tel est l’état actuel du recrutement des entreprises spécialisées dans la restauration des monuments historiques. Un constat saisissant et sinistre qui laisse pantois. Alors que notre patrimoine connaît un engouement sans précédent auprès des Français, comment ces techniques traditionnelles, reconnues et admirées, peuvent-elles connaître un destin aussi funeste ?
Une fois les derniers détenteurs des savoir-faire à la retraite, resterons-nous orphelins de notre propre patrimoine ?
Depuis une quarantaine d’années, nous creusons notre propre tombe. L’apprentissage est considéré comme la voie de l’échec et reste profondément dévalorisé. Le patrimoine subit la même discrimination. Aujourd’hui considérés comme des « technicités non courantes », ces savoir-faire traditionnels deviennent marginaux au milieu d’un secteur de plus en plus industrialisé où règne la préfabrication et l’assemblage…
On ne trouve plus de ferronniers, de couvreurs, ni de plâtriers. Ces métiers, alliant haute technicité opérationnelle et connaissance théorique fondamentale, souffrent et parfois même disparaissent, faute de successeur. La transmission intergénérationnelle n’est plus assurée. Une fois les derniers détenteurs des savoir-faire à la retraite, resterons-nous orphelins de notre propre patrimoine ? Et quelle identité laisserons-nous aux jeunes générations ?
Du travail « à la pelle »
Malgré les vitrines audiovisuelles et autres événements citoyens comme les journées européennes du patrimoine, les centres de formation peinent à remplir leurs classes et à honorer les contrats d’apprentissage. La principale problématique des quelque deux cent dix entreprises du GMH (Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques) est d’intégrer des jeunes bien formés, sensibilisés aux besoins du marché et aux contraintes économiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le studio créateur de « Life is Strange » et « Vampyr » s’apprête à entrer en Bourse. Objectif : devenir la référence du jeu vidéo narratif épisodique.
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Les ambitions de Dontnod, étoile montante du jeu vidéo français

Le studio créateur de « Life is Strange » et « Vampyr » s’apprête à entrer en Bourse. Objectif : devenir la référence du jeu vidéo narratif épisodique.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 15h24
    |

            William Audureau








                        



   


« Maintenant, la Silicon Valley sait où se trouve le 19e arrondissement de Paris », dit en souriant Abrial Da Costa. Le directeur du développement commercial du studio français Dontnod, auteur du succès mondial Life is Strange en 2015 (plus de 3 millions de ventes), veut profiter de la notoriété acquise pour parler d’égal à égal avec les plus grands éditeurs mondiaux.
Mercredi 2 mai, il a obtenu le visa de l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour entrer en Bourse le 23 mai. L’entreprise prépare une levée de fonds d’un montant de 20,1 millions d’euros, avec l’objectif de produire plus de jeux, et d’être codétentrice de ses droits — ce qui n’est pas le cas avec Life is Strange.
« Un vrai ADN créatif »
Lancé en 2008 par Oskar Guilbert, un ancien d’Ubisoft, Dontnod s’est spécialisé en seulement trois titres dans les jeux d’aventure narratifs innovants. Dans le jeu d’action futuriste Remember Me (édité par Capcom, 2013), sa première production, il s’agit de pénétrer la mémoire et d’altérer les souvenirs ; dans le jeu d’enquête intimiste et surnaturel Life is Strange (Square Enix, 2015), qui les a fait connaître au niveau mondial, le but est de remonter le temps et de modifier le passé ; dans Vampyr (Focus, 2018), qui sort au début de juin, il s’agit de modifier le destin des habitants et l’apparence des quartiers de Londres.

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                Oskar Guilbert, le miraculé du jeu vidéo français



« Il y a un vrai ADN créatif, basé sur la narration, explique Oskar Guilbert. Les joueurs réagissent à ce que l’on fait. Notre premier pilier, ce sont des héros ordinaires dans des situations extraordinaires. On ne veut pas de super-héros ou de voitures à 300 km/h dans Paris. La génération Y doit pouvoir s’identifier. Le voyage émotionnel doit par ailleurs être véhiculé par l’interaction, on n’impose rien aux joueurs. Enfin, les choix du joueur doivent être structurants, il construit son histoire. »

   


Une recette à succès, dans le cas de Life is Strange. La première saison est désormais, sur la plate-forme Steam, le jeu narratif épisodique le plus populaire devant The Walking Dead, précédente success story du genre. Vampyr est, lui, très attendu par les joueurs et par la presse. « On est dans les tops des jeux les plus attendus en France, en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis », se félicite le PDG de ce studio de plus de 160 employés.
« Les éditeurs viennent nous voir »
Désormais, la touche Dontnod est reconnue. Après les japonais Capcom et Square Enix, et le français Focus, le studio a annoncé en 2017 une collaboration avec un quatrième éditeur, également japonais, Bandai Namco, sur un projet non dévoilé. Et un cinquième partenaire encore tenu secret a également signé avec Dontnod. « On a une chance, ce sont désormais les éditeurs qui viennent nous voir pour nous demander de faire des jeux pour eux », se réjouit Abrial Da Costa.

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          « Life is Strange », un jeu d'enquête intimiste et envoûtant



Reste maintenant à imposer un équilibre dans le rapport de force. Le contrat signé avec Square Enix, au sortir de l’échec commercial de Remember Me, a permis à Life is Strange de voir le jour et de connaître le succès, mais pas à Dontnod d’être détenteur des droits de propriété intellectuelle du jeu — raison pour laquelle sa suite a été confiée à un autre studio. Si l’entreprise parisienne avait été en coproduction, elle aurait perçu, a-t-elle calculé, six fois plus de royalties.
Avec l’entrée en Bourse, Dontnod entend désormais faire de la coproduction, expérimentée pour la première fois sur Vampyr, son modèle de financement privilégié, en apportant chaque fois jusqu’à 40 % des fonds, en l’échange de droits plus importants sur les ventes. Une manière aussi de diversifier ses productions et de moins dépendre des éditeurs.

   


L’argent levé servira également à croître, par des embauches — 10 % à 20 % des effectifs — voire par des rachats de studios. Enfin, une partie ira aux salariés, par un système de distribution d’actions. « Un moyen de les fidéliser », explique Oskar Guilbert, alors qu’un autre studio parisien, Quantic Dream, est également spécialiste des jeux vidéo narratifs.
Le modèle Netflix
A terme, Dontnod veut s’imposer comme une référence mondiale du jeu épisodique, comme l’est déjà le studio américain Telltale, spécialiste du genre (The Walking Dead, The Wolf Among Us, Tales of Borderlands…).
Le créneau est particulièrement stratégique à l’heure du dématérialisé et des grands débuts du jeu en streaming. « On pourrait dire que c’est le modèle Netflix. Nos jeux sont pensés dès la conception pour être adaptés au streaming et aux écrans connectés », explique le dirigeant. Alors que la plupart des jeux narratifs classiques connaissent une chute d’activité commerciale trois semaines après leur sortie, le lancement de chaque nouvel épisode permet de redonner de la visibilité à chaque série sur les plates-formes, remarque-t-il.

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                Conversation avec les créateurs de « Life is Strange »



Dontnod travaille par ailleurs sur une nouvelle saison de Life is Strange, très attendue des nombreux fans de la série initiale, qui a récolté deux cents prix et généré huit millions de vidéos sur YouTube. Le studio parisien entend par ailleurs lancer d’autres séries épisodiques. « On est présents dans l’action, le jeu de rôle et l’aventure, mais on ne se ferme pas à d’autres genres », glisse Oskar Guilbert, avant de donner rendez-vous en juin à l’E3, le Salon mondial du jeu vidéo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ La start-up britannique accusée d’avoir collecté les données personnelles de millions d’utilisateurs de Facebook à des fins politiques employait aussi les vieilles recettes, explique dans sa chronique, Philippe Escande, éditorialiste au « Monde ».
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Affaire Cambridge Analytica : « La tentative de corruption plus efficace que l’analyse des données »

La start-up britannique accusée d’avoir collecté les données personnelles de millions d’utilisateurs de Facebook à des fins politiques employait aussi les vieilles recettes, explique dans sa chronique, Philippe Escande, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h20
    |

            Philippe Escande (éditorialiste économique)








                        



                                


                            

Chronique. Elle n’a pas résisté longtemps au tremblement de terre qu’elle a provoqué. Ce mercredi 2 mai dans l’après-midi, la société Cambridge Analytica a annoncé à sa centaine de salariés qu’elle mettait la clé sous la porte. Pas de dépôt de bilan, une fermeture totale et définitive. L’évaporation d’une entreprise dont les pratiques révélées en mars ont fragilisé le premier réseau social mondial, Facebook, aboutit à la convocation express de son fondateur, Mark Zuckerberg, devant le Congrès américain et fait perdre 80 milliards de dollars (67 milliards d’euros) à sa valeur boursière. Pas mal pour une start-up britannique inconnue au bataillon, mais accusée d’avoir siphonné les données personnelles de plus de 87 millions d’utilisateurs. Cette société de l’ombre, spécialisée dans le conseil au politique, est soupçonnée d’avoir utilisé ces informations pour influencer l’élection de Donald Trump en 2016.
La firme disparaît faute de clients. Le président de l’entreprise a beau réaffirmer que ce qu’ils ont fait était « non seulement légal mais considéré comme la norme dans le domaine de la publicité commerciale et politique », cette affaire est le premier grand scandale de l’ère du big data.

Tentative de corruption

Deux questions restent cependant ouvertes. Que vont devenir les données des utilisateurs Facebook détenues par Cambridge Analytica et à qui ont-elles profité ? Depuis quelques mois, une nouvelle société a été discrètement ouverte dans le même quartier de Londres. Baptisée Emerdata, elle a comme principal actionnaire l’actuel patron de Cambridge Analytica, Alexander Tayler, et le président de sa maison mère, SLC, également dissoute, Julian Wheatland. Le financier conservateur américain Robert Mercer, soutien indéfectible de la première entreprise, est de la partie pour la deuxième.

Reste la deuxième question, plus complexe : à quoi tout cela peut-il servir ? Officiellement, Alexander...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Le rite du remplissage de la déclaration de revenu est traumatisant pour certains contribuables. Il prend une dimension particulière avant la mise en place du prélèvement à la source en 2019.
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Stress fiscal

Le rite du remplissage de la déclaration de revenu est traumatisant pour certains contribuables. Il prend une dimension particulière avant la mise en place du prélèvement à la source en 2019.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

            Joël Morio








                        



   


Editorial. Avec le printemps, les allergiques aux pollens ont le nez qui coule et les personnes atteintes de « phobie administrative » s’affolent. Tandis que les feuilles verdissent sur les arbres, d’autres remplissent les boîtes aux lettres. Les déclarations de revenus pour 2017 ont désormais été envoyées à plus de 25 millions de contribuables, alors que 12,8 millions ont opté pour ne plus les recevoir par voie postale.

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                Déclaration de revenus mode d’emploi



Papier ou numérique, la déclaration provoque toujours un stress chez beaucoup de Français. Pour preuve, en 2017, au moment où il fallait la remplir, 5,3 millions d’usagers ont été accueillis dans les centres des finances publiques, tandis que 4,1 millions d’appels étaient traités et 2,1 millions de courriels adressés aux services fiscaux. Même préremplie par l’administration, la déclaration de revenus demande – au minimum – une vérification. Et si 21,4 millions contribuables n’étaient pas imposables en 2017, tous porteront cette année un soin particulier pour la remplir.
Et l’IFI aussi
D’abord, les plus fortunés devront garder à l’esprit qu’il faut aussi mentionner son patrimoine immobilier dans le cadre de la mise en place de l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI). Cela concerne prioritairement ceux qui étaient assujettis au défunt impôt sur la fortune (ISF). Cependant, la flambée de l’immobilier dans certaines régions et la non-déductibilité de certains crédits souscrits pour financer l’acquisition d’un bien pourraient placer dans le champ d’action de l’IFI quelques contribuables qui n’étaient pas concernés par l’ISF.

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                Déclaration de revenus 2017 : les choix de dernière minute qui peuvent alléger l’imposition



Pour le plus grand nombre, la déclaration des revenus de 2017 aura des conséquences en 2018, bien sûr, mais aussi en 2019, voire en 2020. Elle déterminera le taux de prélèvement qui sera appliqué sur la fiche de paye – et les pensions – dès le 1er janvier 2019. Sur Internet, une fois sa déclaration remplie, le contribuable pourra découvrir ce fameux taux et, à partir de la mi-juillet, et sous certaines conditions, l’adapter à sa situation personnelle. Il s’agit, par exemple, pour un couple, d’individualiser ce taux en fonction des salaires de chacun.

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                La taxe foncière sur des sables mouvants



Malheureusement, toutes les incertitudes ne seront pas pour autant dissipées. Le risque de se voir appliquer un taux ne prenant pas en compte sa situation personnelle subsistera. Le taux d’imposition réel ne dépend pas uniquement des revenus perçus. Il intègre la situation familiale, les crédits d’impôt auxquels le contribuable à droit (lorsqu’il emploie une aide à domicile par exemple), les niches fiscales dont il bénéficie… La liste est (très) longue. La plupart des cas ont été anticipés, rassure Bercy. Cependant, beaucoup trop de zones d’ombre perdurent. De quoi alimenter le stress fiscal, et pas seulement au printemps.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Selon l’assureur Bertrand Hartemann, dans une tribune au « Monde », la généralisation du paiement numérique sur les plates-formes privées offre à l’Etat un outil de surveillance accrue de la population.
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« La “fintech” chinoise, un “fait social total” qui est tout sauf neutre »

Selon l’assureur Bertrand Hartemann, dans une tribune au « Monde », la généralisation du paiement numérique sur les plates-formes privées offre à l’Etat un outil de surveillance accrue de la population.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

Bertrand Hartemann (Directeur marketing d’Allianz Chine)







                        



                                


                            
Tribune. Forte d’un marché de 730 millions d’internautes, la Chine s’impose comme le centre névralgique de la finance numérique, la fintech. Les géants des nouvelles technologies plongent leurs racines au plus profond des pratiques quotidiennes de la société de consommation chinoise. Baidu, Alibaba et Tencent ont su développer des écosystèmes complets combinant services d’usage quotidien et offre financière. Le succès est d’autant plus fort que la classe moyenne chinoise a été délaissée par un système bancaire principalement tourné vers le financement de l’appareil industriel. Mais cet essor de la fintech a également sa part d’ombre.
Résiliente au « big bang » de la crise financière de 2008, la Chine abrite aujourd’hui plusieurs des plus grandes banques du monde
Le succès de la fintech chinoise réside dans la conjonction d’une société avide de nouvelles technologies, d’un système bancaire sous-développé et d’un environnement réglementaire souple. Résiliente au « big bang » de la crise financière de 2008, la Chine abrite aujourd’hui plusieurs des plus grandes banques du monde.
Mais sous la tutelle du gouvernement, le système bancaire s’est principalement structuré autour du financement des entreprises publiques et des collectivités locales. Près des deux tiers des prêts leur sont destinés. Les petites entreprises et la classe moyenne subissent au contraire un rationnement du crédit et une faible rémunération des dépôts.
Vide comblé
Les géants du numérique ont naturellement comblé le vide en répondant à l’ensemble des besoins, financiers et non financiers, de la classe moyenne chinoise. Le smartphone est devenu compagnon de tous les instants du consommateur chinois. Il sert à socialiser, s’informer, commander un repas, prendre un taxi, payer en magasin ou encore effectuer des transferts d’argent au profit d’un autre utilisateur…
En chine, l’argent liquide et les cartes bancaires sont presque devenus un anachronisme
Scanner...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Héloïse Berkowitz et Antoine Souchaud, deux chercheurs ayant étudié l’histoire de la création du secteur du prêt participatif, expliquent dans une tribune au « Monde » comment le monopole bancaire a été contourné.
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« Crowdlending » : « Le déverrouillage d’un système établi de longue date »

Héloïse Berkowitz et Antoine Souchaud, deux chercheurs ayant étudié l’histoire de la création du secteur du prêt participatif, expliquent dans une tribune au « Monde » comment le monopole bancaire a été contourné.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

Héloïse Berkowitz (Chercheuse CNRS à Toulouse School of Management Research) et Antoine Souchaud (Chercheur au Labex Régulation Financière à ESCP E...







                        



                                


                            
Tribune. Jusqu’au début des années 2010, seules les banques avaient le droit d’octroyer des prêts assortis d’intérêts. Les individus et les entreprises n’étaient pas autorisés à soutenir des projets ou d’autres entreprises. La législation interdisait le crédit entre pairs. Mais ce monopole des prêts attribué aux seules banques a été fragilisé en 2014 puis plus fortement encore en 2016 par deux ordonnances successives.
Bien souvent, ces petits prêts sans garanties classiques donnent accès par lasuite à un apport bancaire complémentaire
Des plates-formes Internet permettent désormais aux PME d’obtenir des prêts sans caution grâce à la mutualisation de fonds fournis par une multitude d’entreprises et de particuliers, qui prêtent chacun des sommes limitées (en moyenne 200 euros par individu contributeur), en fonction de critères moins homogènes que ceux des banques. Bien souvent, ces petits prêts sans garanties classiques donnent d’ailleurs accès par la suite à un apport bancaire complémentaire.
Comment ce déverrouillage d’un système établi de longue date a-t-il été rendu possible ? C’est ce que nous avons voulu comprendre, en consacrant nos recherches à l’analyse de la stratégie du pionnier du financement participatif (crowdlending), fondateur de l’une des premières plates-formes de ce secteur (« Stratégies de conquête d’un nouvel espace de marché : la structuration du crowdlending », Gérer et comprendre, nº 131, mars 2018).
Faille juridique
Une stratégie originale, combinant action individuelle et mobilisation d’un collectif composé de futurs concurrents potentiels et de représentants de la société civile. Une stratégie que d’autres acteurs économiques pourraient transposer pour ouvrir des marchés monopolisés de la même manière par certaines corporations.
Tout d’abord, c’est grâce à une faille juridique que le pionnier du crowdlending a réussi à démarrer son activité en 2013, dans le cadre de la réglementation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Philippe Yonnet, expert en référencement sur Internet, met en garde, dans une tribune du « Monde », contre le droit de vie et de mort que le géant américain exerce sur la notoriété des sites internet.
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« Devenir leadeur ou vivoter, telle est l’alternative de l’entreprise “Google-dépendante” »

Philippe Yonnet, expert en référencement sur Internet, met en garde, dans une tribune du « Monde », contre le droit de vie et de mort que le géant américain exerce sur la notoriété des sites internet.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

Philippe Yonnet (Directeur général de Search Foresight, spécialiste du référencement Internet)







                        



                                


                            
Tribune. En mars 2018, Google a lancé une expérience : ne fournir qu’une seule réponse à une requête donnée ! Cette dernière étant identifiée comme « la » bonne réponse à apporter à l’internaute. Ainsi, sur la requête « time », le moteur de recherche proposait un résultat unique consistant à afficher l’heure locale. Ce qui a posé de sévères problèmes au magazine américain Time, son site Web n’étant temporairement plus affiché sur une requête concernant sa marque !
Certes, cette expérience s’est limitée à quelques types de recherches et n’a duré qu’une semaine. Mais ce test sonne comme un avertissement sérieux : demain, la part de trafic captée par les sites grâce à Google pourrait chuter drastiquement si le moteur décidait de fournir « sa » réponse, et uniquement « sa » réponse, aux requêtes des internautes.

Deuxième inquiétude, Google cherche clairement à se faire une place dans d’autres secteurs économiques que la publicité. Après les comparateurs de prix, les annuaires d’entreprises et les agrégateurs d’annonces, l’offensive est désormais lancée sur la réservation en ligne : depuis la fin 2017, Google a lancé en catimini une nouvelle fonctionnalité permettant d’effectuer des réservations auprès d’établissements directement depuis son interface.
« Bouton de réservation digital »
De quoi séduire certains groupes hôteliers, des restaurants ou des professionnels, mais ce « bouton de réservation digital » peut d’ores et déjà inquiéter des sites pourtant reconnus comme Airbnb, Tripadvisor, Allociné ou Doctolib sur la pérennité de leur modèle d’affaires. Les condamnés seront nombreux dans les années qui viennent, à n’en pas douter.
En décidant ou non de couper le courant, Google est le seul arbitre de qui peut avoir pignon sur la Toile
Enfin, la troisième source de préoccupations pour les sites qui dépendent du trafic de Google demeure celui de la pérennité de leur référencement, véritable casse-tête...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ La direction de la compagnie aérienne estime que les grévistes seront plus nombreux vendredi que jeudi, notamment les pilotes (un sur cinq).
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Grève à Air France : 75 % des vols prévus vendredi

La direction de la compagnie aérienne estime que les grévistes seront plus nombreux vendredi que jeudi, notamment les pilotes (un sur cinq).



Le Monde
 |    03.05.2018 à 13h51
   





                        


Au treizième jour de grève de ses salariés, la direction d’Air France prévoit d’assurer 75 % des vols vendredi 4 mai, a annoncé la compagnie dans un communiqué jeudi. Plus d’un pilote sur cinq sera en grève pour réclamer une hausse des salaires.
Le groupe aérien anticipe le maintien vendredi de 80 % des vols long-courriers, autant de court-courriers à Orly et en province, et 65 % des moyen-courriers au départ et vers Roissy-Charles-de-Gaulle.
Le taux d’annulation retrouve un niveau semblable aux journées de grève de février, mars et avril, après une amélioration constatée jeudi avec « près de 85 % » de vols maintenus, contre 70 % à 75 % jusqu’à présent.
Consultation
Vendredi, 21,5 % des pilotes seront en grève, selon les estimations de la direction, contre 18,8 % jeudi. La mobilisation augmente donc d’une journée à l’autre, mais elle reste bien en deçà des onze journées de grève menées entre le 22 février (33 % de grévistes) et le 24 avril (27 %). Concernant les autres catégories de personnel, la direction estime le taux de grévistes pour vendredi à 17,1 % pour les navigants commerciaux (stewards, hôtesses, chefs de cabine) et 12,5 % pour les agents au sol.
La treizième journée de grève pour les salaires vendredi, à l’appel de onze syndicats de tous métiers, coïncide avec la fin de la consultation lancée par le président d’Air France, Jean-Marc Janaillac, sur un projet d’accord salarial. Le vote, dont les résultats seront connus après 18 heures, porte sur un texte prévoyant « des augmentations générales de salaire de 7 % sur quatre ans, s’ajoutant aux augmentations individuelles » de 2018 à 2021, selon la direction. L’intersyndicale réclame toujours 5,1 % d’augmentation dès 2018.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Dans le domaine du logiciel, la certification est un véritable business.
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Certification des compétences : attention business !

Dans le domaine du logiciel, la certification est un véritable business.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 13h35
    |

                            Sophy Caulier








                        



                                


                            

« Certification SharePoint demandée », « Développeur certifié Symfony2 »… Ces messages, abscons pour les non-initiés, sont monnaie courante dans le domaine informatique. La certification des compétences est devenue un élément à part entière du parcours professionnel des informaticiens, pour faire valoir la maîtrise de connaissances pour lesquelles il n’existe pas de diplôme académique.
Dans le domaine du logiciel, la certification est un véritable business, où les éditeurs de logiciels forment ceux qui vont déployer leurs applications. En effet, qu’ils soient employés par les entreprises utilisatrices ou par les sociétés de services informatiques, les informaticiens doivent apprendre à maîtriser les nouvelles fonctionnalités des produits. La certification permet d’attester des compétences après des formations payantes de quelques jours ou de quelques semaines. Nombre d’éditeurs fournissent en fait leurs logiciels gratuitement ou à des tarifs très préférentiels aux écoles d’ingénieurs et certifient les étudiants pendant leur cursus. Une fois en poste, les informaticiens préconiseront plus volontiers les logiciels sur lesquels ils sont compétents.

Les sociétés de services et les intégrateurs y trouvent aussi leur compte. Pour décrocher un gros contrat pour la mise en œuvre d’une application, qui peut s’étendre sur des mois et se prolonger par un contrat de maintenance, mieux vaut avoir dans ses rangs les experts dûment certifiés, qui rassureront le client. « Chaque collaborateur suit un parcours de formation, qui prévoit une ou deux certifications par an », précise Céline Berthélemy, directrice générale déléguée d’Exakis, société de conseil technologique spécialisée dans les solutions de Microsoft. Qualifié « Gold partner » de l’éditeur, Exakis a un partenariat avec Microsoft qui lui donne accès aux nouveaux produits en avant-première et l’amène à certifier régulièrement ses collaborateurs pour garder son statut et la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Alors que la grève alternée des cheminots se poursuit, jeudi 3 et vendredi 4 mai, le PDG de la SNCF a répondu aux questions des lecteurs du « Monde » sur les enjeux de la réforme du rail.
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Guillaume Pepy : « La seule façon d’avancer, c’est de regarder en face la réalité de la concurrence »

Alors que la grève alternée des cheminots se poursuit, jeudi 3 et vendredi 4 mai, le PDG de la SNCF a répondu aux questions des lecteurs du « Monde » sur les enjeux de la réforme du rail.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 13h33
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 19h19
   





                        



Jeudi 3 mai, les cheminots, qui regimbent contre le « nouveau pacte ferroviaire » prôné par le gouvernement, descendent de nouveau dans la rue. Objectif : « mettre la pression » sur le premier ministre, Edouard Philippe, qui doit recevoir leurs représentants syndicaux le 7 mai, à Matignon. En attendant, la grève alternée, qui a débuté il y a tout juste un mois, entre dans son septième épisode. Elle pourrait se poursuivre jusqu’à la fin du mois de juin, voire au-delà. Les griefs invoqués par les cheminots concernent notamment la fin programmée de l’embauche au statut et les modalités d’ouverture à la concurrence.
Jeudi matin, Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF, a répondu en direct aux questions des lecteurs du Monde sur la réforme du rail.

Martin : La SNCF négocie-t-elle avec les grévistes et, si oui, sur quoi ?
Guillaume Pepy : Non, pas en ce moment. Les organisations syndicales ont décidé de boycotter les discussions. Pourtant, il y a des propositions d’amendements à la loi qui pourraient être sur la table, en vue de son examen au Sénat [le 23 mai en commission, le 29 mai en séance]...
Madeleine : Pendant combien de temps encore les mouvements de grève vont-ils durer ?
C’est à l’intersyndicale que cette question s’adresse ! Pour ma part, je suis convaincu que la seule façon d’avancer, c’est de regarder en face la réalité de la concurrence et de s’asseoir autour de la table pour trouver des solutions. Dans les autres pays européens, cela s’est fait et ça a marché.
Egdltp : Pourquoi annoncer une fin du statut alors que le statut de branche n’est pas encore finalisé ?
C’est un bon point. La fin des embauches au statut pour les futurs nouveaux cheminots n’interviendra qu’en 2020. Et, comme vous le soulignez, il faut d’ici là avoir terminé la négociation de la convention collective et préparer, à l’intérieur de la SNCF, le nouveau contrat social !
LILI973 : Je prends le train pour me rendre à mon travail depuis mars 2010 sur la ligne TER Avignon-Marseille. J’éprouve un sentiment de délaissement : retards incessants, manque de rames, horaires inadaptés, fréquence toutes les 20 minutes avec peu de trains directs... Ouvrir à la concurrence n’a jamais amélioré un service. Que compte faire la SNCF pour développer le TER et en faire un vrai service d’utilité publique ?
Je comprends votre déception. La ligne Avignon-Marseille nécessite des travaux de modernisation très importants, qui vont être longs, car il faut continuer à exploiter le service. La région engage l’achat de trains neufs. Mais la vérité est que dans la région PACA, il y a aussi beaucoup de malveillance, d’incivilités... et parfois de grèves, qui, en définitive, aboutissent à une qualité de service insuffisante.

        Lire notre article :
         

          Rail : une France à deux vitesses




   


Karl : L’ouverture de la concurrence sur les lignes régionales aura-t-elle pour conséquence la fermeture des lignes non rentables ?
Heureusement non ! Globalement, les lignes régionales sont financées à 30 % par les voyageurs et à 70 % par le contribuable régional. L’ouverture à la concurrence doit permettre de faire circuler davantage de trains à un coût constant pour les régions. C’est ça le défi !

        Consulter :
         

          Votre ligne s’est-elle dégradée au fil du temps ?



Jean-Pierre 90 : Vous êtes bien placé pour savoir que plusieurs lignes TGV ne seraient jamais rentables et que, finalement, le contribuable serait appelé à essuyer les dettes. Vous saviez aussi que la grande vitesse revêtait, dans de nombreux cas, un intérêt pratique très limité. Pourquoi, au nom de l’intérêt général supérieur, n’avez-vous jamais mis votre démission dans la balance ?
J’ai pris mes responsabilités en 2008. Dans ma feuille de route, j’ai fait inscrire la priorité aux transports du quotidien, et particulièrement au RER. Et je n’ai cessé de dénoncer, y compris dans une tribune au Monde assez remarquée, le tout-TGV et le TGV à tout faire...
JJM : Puisqu’il s’agit d’une privatisation, pourquoi ne fait-on pas payer la dette de la SNCF aux entreprises privées qui seront candidates ? Pourquoi toujours faire payer les déficits par l’Etat (nos impôts) et laisser les entreprises privées en profiter quand il y a des bénéfices ?
Sans doute y a-t-il confusion entre ouverture à la concurrence et privatisation de la SNCF : en aucun cas la SNCF n’est privatisée. Elle est et demeure à 100 % publique, avec sa dette de 46 milliards d’euros pour le réseau. En revanche, l’ouverture à de nouvelles entreprises ferroviaires se fera progressivement. A noter qu’elles seront toutes publiques comme la RATP, Transdev ou la Deutsche Bahn.
Anonyme : Pouvez-vous nous expliquer comment l’indépendance entre SNCF Réseau et SNCF Mobilités sera assurée, une fois la SNCF devenue SA ? Au regard du droit de l’UE, les filiales de SA ne sont que rarement considérées comme indépendantes de leur maison mère…
L’exemple allemand nous montre comment faire : la Deutsche Bahn est une entreprise intégrée, à l’intérieur de laquelle les « fonctions essentielles » qui garantissent une bonne concurrence (allocation des horaires, péages) sont indépendantes du reste de l’entreprise. L’Union européenne a validé cela.
QuentinS : Que pensez-vous du modèle ferroviaire allemand ?
Souvent, nous Français pensons avoir les meilleurs modèles du monde... parce qu’ils sont français. En matière de train, l’Allemagne est la championne européenne. Elle s’est ouverte à la concurrence dès 1993 et, en même temps, a su créer une entreprise intégrée. Nous allons reprendre ce schéma et l’adapter à la particularité du réseau français.
Florent : La SNCF a perdu 40 % de parts de marché sur l’ouverture du fret à la concurrence. Qui nous dit que cette réforme, qui concerne cette fois la libéralisation du transport de voyageurs, sera une bonne chose d’un point de vue économique ?
Cette question est très pertinente. En France, toutes les entreprises de fret ferroviaire, même privées, perdent de l’argent. Le modèle français est celui du tout-routier, avec des prix de référence qui sont ceux de la route. Il faut inverser cette tendance. Aujourd’hui même, à l’heure où nous parlons, la ministre des transports, Elisabeth Borne, est en train de détailler son plan d’action, avec les chargeurs, les opérateurs... Je fonde beaucoup d’espoir sur cette relance du fret, qui est indispensable à notre pays.

        Lire aussi :
         

          Le gouvernement esquisse son plan de relance du fret ferroviaire



Usageferré : Le transfert du personnel vers des concurrents, c’est leur faire cadeau du savoir-faire des cheminots et des coûts de formation. Ne pensez-vous pas que la concurrence vous oblige à augmenter les salaires pour garder des compétences ? Ne croyez-vous pas que, finalement, la perte du statut soit coûteuse et que cela ait une incidence sur les coûts pour les clients ?
Sur le premier point, il faut faire prévaloir l’intérêt du service public sur tout le reste. Si par malheur, nous perdons un appel d’offres, le gagnant doit pouvoir réaliser le service public et il a besoin pour cela du savoir-faire et de l’expérience des cheminots. Sur le second point, c’est tout l’objet des négociations d’entreprise : être plus compétitif qu’aujourd’hui, tout en restant attractif sur le marché de l’emploi ferroviaire qui va se créer. C’est un sacré défi !
BrunoD : Pouvez-vous indiquer sur quelles sources vous vous basez pour affirmer tranquillement que « la concurrence, ça veut dire plus de trains » ou que « la concurrence, ça fait baisser les prix » ?
Ce n’est pas une affirmation tranquille, mais l’expérience des pays européens qui ont introduit la concurrence. En Allemagne, il y a 20 % de trains en plus, en Italie, 15 % en plus. En Suède, cela va même jusqu’à 50 % de trains en plus. Quant à la baisse des prix, elle dépend de la capacité de toutes les compagnies, y compris de la SNCF, à mieux penser leurs coûts, à réduire leurs frais administratifs et à accélérer l’innovation.
Gilles : Que reprochez-vous au statut des cheminots ? En quoi est-il un frein à la qualité ?
Le statut et la qualité de service n’ont rien à voir ! Vous avez raison. Dans la concurrence entre les entreprises ferroviaires, la SNCF ne peut être la seule à embaucher ses futurs cheminots au statut, pendant que ses concurrents les embaucheront, comme tous les autres Français, avec une convention collective et un accord d’entreprise. C’est une question de bon sens et d’équité dans la concurrence...
Rail : Bénéficiez-vous vous-même du statut ?
Lorsque j’ai été embauché comme jeune cheminot, en 1988, j’étais effectivement au statut. Aujourd’hui, étant mandataire social depuis 2008, j’ai un contrat de travail et ne bénéficie pas du statut.
Samuel : Si les réformes aboutissent, comment voyez-vous la SNCF dans quinze ans ?
C’est le vrai enjeu. Dans la concurrence, la SNCF doit rester l’entreprise de référence publique de toutes les solutions de mobilité, avec une colonne vertébrale qui est et restera le train. Celui-ci va se transformer : encore plus écologique, moins gourmand en énergie, mieux connecté et avec une production beaucoup plus numérisée. La SNCF, pour rester elle-même, doit savoir se réinventer.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
la synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?en données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle panorama : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaireles cinq pistes pour une sortie de criseles détails du calendrier des perturbationsle moteur de recherche pour savoir si votre ligne s’est dégradée au fil du temps






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Entre l’essor de l’intelligence artificielle et les nouveaux langages informatiques, les jeunes diplômés du numérique sont contraints, malgré leur bac +5, de remettre à jour régulièrement leurs compétences. Une nécessité vouée à s’étendre à d’autres filières.
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Un nouveau rythme de formation pour rester dans la course

Entre l’essor de l’intelligence artificielle et les nouveaux langages informatiques, les jeunes diplômés du numérique sont contraints, malgré leur bac +5, de remettre à jour régulièrement leurs compétences. Une nécessité vouée à s’étendre à d’autres filières.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 13h32
    |

                            Adeline Farge








                        



                                


                            
Sur le CV, un bac avec mention, une classe prépa, une école prestigieuse, puis un contrat à durée indéterminée dans une entreprise cotée. Les jeunes diplômés du numérique n’ont pas à pâlir de leur parcours digne d’un « sans-faute ». Et pourtant…
Une fois leur diplôme en poche, nombre d’entre eux continuent de bûcher leurs leçons et de se creuser les méninges sur des exercices ardus. Embauché directement à la sortie de l’Ecole polytechnique par Microsoft, Aleksander Callebat, aujourd’hui data scientist, profite du parcours d’intégration pour peaufiner ses connaissances techniques. En un an de maison, le jeune diplômé comptabilise pas moins d’une formation d’une semaine à Seattle (Etats-Unis) sur, notamment, l’architecture des systèmes informatiques, des heures d’e-learning sur le traitement et la sécurité des données, des conférences sur les derniers-nés des logiciels. « Après l’école, on a besoin en permanence d’actualiser et de challenger nos compétences pour être performants dans notre travail », explique-t-il.

Dans un monde professionnel bousculé par l’accélération des innovations technologiques, se former tout au long de sa carrière est devenu une nécessité. « Les juniors se tournent très peu vers le compte personnel de formation (CPF). La plupart se forment par le biais du plan de formation de leur entreprise. Ils ont la garantie que les parcours de formation correspondent aux besoins de leur métier », précise Guillaume Huot, membre du directoire du groupe Cegos.
Les salariés du numérique vivent déjà l’impact de la transformation numérique des entreprises sur leurs besoins de formation. Encore émergents il y a cinq ans, l’intelligence artificielle, la blockchain, le cloud, l’Internet des objets connectés occupent de plus en plus leur quotidien et leur imposent d’adopter de nouvelles pratiques de travail. Les experts de la cybersécurité doivent, par exemple, rivaliser de créativité pour contrer les attaques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Ravagée par la crise dans les années 1980, la ville industrielle a retrouvé sa prospérité. Mais celle-ci ne profite pas à l’ensemble de la population.
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Pittsburgh, ville phénix de la « Rust Belt » américaine

Ravagée par la crise dans les années 1980, la ville industrielle a retrouvé sa prospérité. Mais celle-ci ne profite pas à l’ensemble de la population.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 13h06
    |

            Jessica Gourdon








                        



                                


                            

Le long de la rivière Monongahela, d’immenses hauts-fourneaux rouillés se dressent au milieu d’un terrain vague. De 1884 à 1982, cette usine de Pittsburgh (Pennsylvanie), qui a appartenu au milliardaire Andrew Carnegie et à l’US Steel, crachait jusqu’à 1 250 tonnes de fer par jour, et employait 15 000 ouvriers. Parmi eux, de nombreux Tchèques, Polonais ou Slovaques venus tenter leur chance en Amérique.
A l’époque, la « Steel City » des Appalaches (nord-est des Etats-Unis) était l’une des villes les plus prospères du pays. Aujourd’hui, la friche de cette usine accueille des visites guidées pour les touristes. Les hangars poussiéreux, encore jonchés de pièces industrielles, sont loués pour des tournages de film, des mariages, des concerts…
Pittsburgh, où la métallurgie faisait vivre jusqu’à 90 000 personnes avant l’effondrement du secteur, s’est métamorphosée. Après des années de crise – la ville a vu disparaître la moitié de sa population en trente ans –, elle ne perd plus d’habitants. Elle se positionne comme la reconversion la plus réussie de la « Rust Belt », la « ceinture de la rouille ». Son taux de chômage est de 4,3 %, contre 7,8 % à Detroit et 6 % à Cleveland, les cités voisines. Surtout, le revenu médian d’un foyer y atteint 42 000 dollars par an (environ 35 000 euros), quand il est de 31 000 dollars à Cleveland et de 26 000 dollars à Detroit ou à Flint.
Cette résurrection est liée aux technologies et aux sciences du vivant. Depuis dix ans, Pittsburgh séduit une nouvelle population de jeunes diplômés, chercheurs-entrepreneurs dans ces domaines, qui lui ont permis de retrouver une forme de prospérité. Ainsi, Uber y emploie 400 personnes dans son centre de recherche sur les véhicules autonomes, Facebook y a installé son équipe travaillant sur la réalité virtuelle, et Google y compte 500 ingénieurs… Amazon, de son côté, a inscrit la ville sur sa liste finale pour l’installation de son second siège – avec une promesse de 40 000 postes.

A...




                        

                        


<article-nb="2018/05/03/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ A Pittsburgh, en Pennsylvanie, ou à Youngstown (Ohio), les municipalités détruisent les maisons abandonnées, afin de rendre un maximum de terrains à la nature.
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Aux Etats-Unis, des villes tirent parti du déclin démographique

A Pittsburgh, en Pennsylvanie, ou à Youngstown (Ohio), les municipalités détruisent les maisons abandonnées, afin de rendre un maximum de terrains à la nature.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h53
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 13h08
    |

            Jessica Gourdon (Pittsburgh, Pennylvanie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Comment rendre attractive et fonctionnelle une ville qui a été conçue pour deux fois plus d’habitants ? Cette difficulté est au cœur de la gestion urbaine de nombreuses villes de la Rust Belt (« ceinture de rouille »). Pittsburgh (Pennsylvanie), qui a perdu plus de 300 000 résidents en trente ans, compte 29 000 maisons ou terrains inoccupés. Elle en fait peu à peu l’acquisition, pour y promouvoir de nouveaux usages : jardins potagers, réserves d’eau de pluie, fermes de panneaux solaires… Quant aux infrastructures vieillissantes – la ville compte plus de 400 ponts – et sur-dimensionnées, tout se décide au cas par cas. « Souvent, nous devons faire des choix : faut-il réparer cet escalier extérieur peu fréquenté ? Dépenser 2 millions de dollars pour rénover une route rendue inutilisable par un glissement de terrain, alors qu’elle n’est plus essentielle ? », s’interroge Grant Evin, responsable de la résilience à la mairie.

« Offrir une meilleure qualité de vie »
Youngstown, ancienne ville industrielle de l’Ohio, a adopté une posture plus radicale, qui lui a valu une médiatisation internationale. La ville, passée de 160 000 habitants en 1960 à 66 000 aujourd’hui, « a décidé d’accompagner le déclin de sa population, plutôt que de lutter contre », explique le chercheur Max Rousseau, qui étudie ces modèles urbains. En accord avec sa population, elle a renoncé à certains quartiers, ceux où l’immobilier s’était énormément déprécié et où la part de maisons vacantes atteignait jusqu’à 70 %. Elle y détruit toutes les maisons abandonnées, afin de rendre un maximum de terrains à la nature, pour de la reforestation ou de l’agriculture.
En revanche, dans les quartiers plus stables, elle rénove les maisons abandonnées, afin de recréer de l’attractivité et de la densité à cette échelle. « C’est ce que Youngstown appelle le “smart shrinkage” [rétrécissement intelligent], poursuit M. Rousseau. L’idée de ces politiques...




                        

                        

