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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Trente ans après les morts d’Ouvéa, et à l’approche du ­référendum du 4 novembre sur l’accès à la pleine souveraineté de ce territoire, il n’est pas sûr que la construction d’un « destin commun » ait totalement abouti.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
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« Décolonisation et construction d’une nation “arc-en-ciel” semblent hypothétiques en Nouvelle-Calédonie »

Trente ans après les morts d’Ouvéa, et à l’approche du ­référendum du 4 novembre sur l’accès à la pleine souveraineté de ce territoire, il n’est pas sûr que la construction d’un « destin commun » ait totalement abouti.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 17h33
    |

                            Michel Naepels (Anthropologue)








                        



                                


                            

Résonances. La violence politique ouvre des temporalités hantées, des souvenirs douloureux, des géographies bouleversées, des traumatismes transmis silencieusement par-delà les générations. Un accord de paix ne met jamais tout à fait fin à la guerre. Quand une plaie se referme-t-elle ? Et à quelles conditions ?
Après la guerre de Bosnie, les accords de Dayton, en 1995, n’ont certainement pas suffi à tourner la page de l’épuration ethnique, à effacer le siège de Sarajevo, les massacres de Prijedor, de Srebrenica et d’ailleurs. Pire, ratifiant dans l’organisation de l’Etat l’ethnicisation du corps ­politique désirée par les nationalistes, ils ont ouvert une crise permanente dans la citoyenneté bosnienne. ­Vingt-trois ans plus tard, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie vient de terminer ses procès, avec la condamnation de Ratko Mladic. Mais il reste beaucoup de silence, de tristesse, et le sentiment de l’abandon par l’Union européenne. La lutte contre l’oubli, pour la ­réconciliation, pour la démocratie est loin d’être achevée.
Rares sont les pays qui ont pleinement affronté la violence politique. La Commission vérité et réconciliation sud-africaine a certainement été un modèle : des mois d’audiences retransmises à la télévision, fondées sur la révélation franche et complète des crimes politiques commis, pour construire la « nation arc-en-ciel ». La situation est loin d’être parfaite, les traumatismes ­individuels n’ont pas été réparés, les injustices héritées de la colonisation et de l’apartheid n’ont pas disparu. Et le parti au pouvoir, l’ANC, n’a pas toujours su incarner la vision politique et la promesse qu’incarnait Nelson Mandela. Mais les torts ont été reconnus.
Une Nouvelle-Calédonie « arc-en-ciel » ?
C’est une autre nation que la Nouvelle-Calédonie est amenée à construire. Il y a trente ans, la mort de quatre gendarmes, le 22 avril 1988, et de dix-neuf Kanak indépendantistes à Ouvéa, preneurs d’otages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Le juriste Philippe Sands se rend à Istanbul pour rencontrer, en prison, le journaliste Ahmet Altan, condamné à perpétuité. Il lui rend ici un hommage très politique.
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Lettre à un « cher ami absent » : Ahmet Altan

Le juriste Philippe Sands se rend à Istanbul pour rencontrer, en prison, le journaliste Ahmet Altan, condamné à perpétuité. Il lui rend ici un hommage très politique.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h19
    |

Philippe Sands (Professeur de droit à University College London et président de English PEN)







                        



                                


                            

[Accusé d’avoir participé au coup d’Etat manqué contre le président Erdogan en juillet 2016, le journaliste et écrivain turc Ahmet Altan a été condamné le 16 février à la réclusion à perpétuité, provoquant un vaste mouvement d’indignation international. Le juriste Philippe Sands, auteur de l’essai Retour à Lemberg, devrait, le 4 mai, être le premier étranger à pouvoir lui rendre visite.]
Tribune. Mon cher ami, j’espère que tu me permettras de t’adresser quelques mots en ton absence.
Pour commencer, laisse-moi te dire le plaisir que j’éprouve à être de retour dans « ta » ville. Istanbul est un lieu qui ne me rappelle que des bons souvenirs. Nous en avions discuté.
Je comprends absolument que ta situation personnelle actuelle ne te permet pas de m’y accueillir. Je te pardonne, même si cela fait un certain temps qu’on ne s’est pas vus. Te souviens-tu de cette visite à Londres, en août 2015 ? Nous étions assis ensemble dans un jardin ensoleillé. Tu admirais la pelouse, ma pelouse, et cela m’a réjoui. Je t’ai parlé de mon voisin, le juge qui a signé le mandat d’arrêt contre le sénateur Pinochet, en 1998.
Tu as souri quand je t’ai dit qu’il ne savait pas vraiment qui était Pinochet – « la Justice est aveugle », m’avait dit le juge. Tu dévorais les détails, et aussi l’idée même qu’il existe une justice indépendante, ou bien qu’on puisse demander des comptes à un puissant déchu. Nous avons parlé du monde, de ton nouveau livre, du mien. Nous avons ri, mangé, nous sommes inquiétés. Nous avons fait toutes ces choses ensemble. Quelques mois plus tard, je retournais dans ta ville merveilleuse.
Et puis tu as été enlevé. On m’a dit que c’était à cause des mots que tu as prononcés en place publique, ce qui les rendait pires encore. On m’a dit que ces mots parlaient de mains qui se glissent dans un sac. Ces paroles étaient nuisibles, a-t-on dit. Nous savons, toi et moi, chacun à notre façon,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Auteur de l’ouvrage « Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? », le philosophe Jean-Claude Monod décrypte la politique et la posture du président de la République.
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Emmanuel Macron, entre autorité présidentielle et autoritarisme

Auteur de l’ouvrage « Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? », le philosophe Jean-Claude Monod décrypte la politique et la posture du président de la République.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 18h09
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Spécialiste de philosophie allemande et de philosophie politique, Jean-Claude Monod a publié en 2012 un ouvrage intitulé Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? (Seuil), réédité en poche en 2017 avec une postface inédite (Points). Un an après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, il revient sur sa manière de gouverner et d’incarner le pouvoir.
On se demandait si François Hollande arriverait à s’imposer à la tête de l’Etat un an après son investiture. La question ne se pose pas, à la même échéance, pour Emmanuel Macron… En revanche, tout en endossant la fonction d’un chef de l’Etat de la Ve République, ne donne-t-il pas parfois le sentiment de surjouer le rôle ?
Emmanuel Macron s’est en partie construit en opposition à la figure du « président normal » incarnée par François Hollande. Conscient des attentes majoritaires du pays, celles d’un chef plus affirmé, il a théorisé la métaphore jupitérienne et l’a appliquée de manière relativement efficace, me semble-t-il. La Ve République a été pensée pour le général de Gaulle, dont la légitimité historique et le charisme personnel étaient vraiment exceptionnels. Emmanuel Macron cherche donc à habiter cette fonction, en retrouvant de la solennité et de la distance.
Il recherche aussi la rareté, cette fois plutôt par contraste avec Nicolas Sarkozy qui saturait l’espace public. C’est une idée que l’on trouve déjà chez certains dirigeants en Grèce ancienne. Périclès ménageait ses apparitions, il rendait sa parole rare pour qu’elle reste frappante. Une certaine économie de la parole et de la présence est un élément assez classique de prestige. Evidemment, le risque est que toute cette attitude bien pensée ne se retourne contre Emmanuel Macron, que le ridicule ne l’emporte ou qu’il s’avère trop ­ « petit » pour la fonction.
Mais le pari de sa présidence est bien de coller à un certain esprit de la Ve République qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans « Les Jeunes Gens », Mathieu Larnaudie s’est intéressé à la génération ambitieuse de la promotion Senghor de l’ENA, celle d’Emmanuel Macron.
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Les jeunes pousses de la promotion « Macron »

Dans « Les Jeunes Gens », Mathieu Larnaudie s’est intéressé à la génération ambitieuse de la promotion Senghor de l’ENA, celle d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h08
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
On sent que leur heure est venue. Sous les présidences de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, ces têtes bien faites aux grandes ambitions ont fini leur croissance dans les cabinets ministériels ou les entreprises, tels des semis plantés sous serre à l’approche du printemps – un peu en retrait, loin du jardin principal. Mais depuis la victoire surprise à la présidentielle d’un des leurs, Emmanuel Macron, ces jeunes pousses de la promotion Senghor (2002-2004) éclosent en pleine lumière. Et se font remarquer, donnant l’impression qu’elles sont prêtes : la prise de la quarantaine.
On a beaucoup écrit et glosé sur la promotion Voltaire (1978-1980) de l’Ecole nationale d’administration (ENA), celle de M. Hollande, Dominique de Villepin et Ségolène Royal. Voici que c’est au tour de « la Senghor » d’être l’objet de toutes les attentions. Elle s’est rappelée à nous récemment, lorsque ­Sibyle Veil – qui y appartient, tout comme son mari Sébastien, petit-fils de Simone Veil – a été désignée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour prendre la présidence de Radio France. Et dans la crise qui secoue la SNCF, est apparu un autre « Senghor », Mathias Vicherat, qui occupe le poste de directeur général adjoint de l’entreprise ferroviaire publique, et qui fut, en 2006, témoin de mariage du couple Veil.


Ces figures traversent le nouveau livre de Mathieu Larnaudie intitulé Les Jeunes Gens (Grasset, 208 pages, 18 euros). Né en 1977, comme la plupart d’entre eux – l’année du punk et du « no future », marquée par la sortie de l’album des Sex Pistols, Never Mind the ­Bollocks –, il s’est intéressé à leur destin dès 2013. « Au moment où j’ai enquêté, ils étaient vingt dans le gouvernement, c’est ce qui a attiré mon regard », explique-t-il au Monde. Il en fait d’abord un article pour la version française de Vanity Fair, avant d’en tirer cet ouvrage qui raconte la fabrique d’une élite à travers 134 élèves...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Frédéric Létoffé et Gilles de Laâge, coprésidents du Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques (GMH), dressent un panorama alarmant de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur.
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Métiers du patrimoine : « La transmission intergénérationnelle n’est plus assurée »

Dans une tribune au « Monde », Frédéric Létoffé et Gilles de Laâge, coprésidents du Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques (GMH), dressent un panorama alarmant de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 17h25
    |

Gilles de Laâge et Frédéric Létoffé (Coprésidents du Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques (GMH)







                        



                                


                            
Tribune. Etablissements de formation désertés, entreprises en quête de salariés, savoir-faire en voie de disparition… Tel est l’état actuel du recrutement des entreprises spécialisées dans la restauration des monuments historiques. Un constat saisissant et sinistre qui laisse pantois. Alors que notre patrimoine connaît un engouement sans précédent auprès des Français, comment ces techniques traditionnelles, reconnues et admirées, peuvent-elles connaître un destin aussi funeste ?
Une fois les derniers détenteurs des savoir-faire à la retraite, resterons-nous orphelins de notre propre patrimoine ?
Depuis une quarantaine d’années, nous creusons notre propre tombe. L’apprentissage est considéré comme la voie de l’échec et reste profondément dévalorisé. Le patrimoine subit la même discrimination. Aujourd’hui considérés comme des « technicités non courantes », ces savoir-faire traditionnels deviennent marginaux au milieu d’un secteur de plus en plus industrialisé où règne la préfabrication et l’assemblage…
On ne trouve plus de ferronniers, de couvreurs, ni de plâtriers. Ces métiers, alliant haute technicité opérationnelle et connaissance théorique fondamentale, souffrent et parfois même disparaissent, faute de successeur. La transmission intergénérationnelle n’est plus assurée. Une fois les derniers détenteurs des savoir-faire à la retraite, resterons-nous orphelins de notre propre patrimoine ? Et quelle identité laisserons-nous aux jeunes générations ?
Du travail « à la pelle »
Malgré les vitrines audiovisuelles et autres événements citoyens comme les journées européennes du patrimoine, les centres de formation peinent à remplir leurs classes et à honorer les contrats d’apprentissage. La principale problématique des quelque deux cent dix entreprises du GMH (Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques) est d’intégrer des jeunes bien formés, sensibilisés aux besoins du marché et aux contraintes économiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Le rite du remplissage de la déclaration de revenu est traumatisant pour certains contribuables. Il prend une dimension particulière avant la mise en place du prélèvement à la source en 2019.
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Stress fiscal

Le rite du remplissage de la déclaration de revenu est traumatisant pour certains contribuables. Il prend une dimension particulière avant la mise en place du prélèvement à la source en 2019.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

            Joël Morio








                        



   


Editorial. Avec le printemps, les allergiques aux pollens ont le nez qui coule et les personnes atteintes de « phobie administrative » s’affolent. Tandis que les feuilles verdissent sur les arbres, d’autres remplissent les boîtes aux lettres. Les déclarations de revenus pour 2017 ont désormais été envoyées à plus de 25 millions de contribuables, alors que 12,8 millions ont opté pour ne plus les recevoir par voie postale.

        Lire aussi :
         

                Déclaration de revenus mode d’emploi



Papier ou numérique, la déclaration provoque toujours un stress chez beaucoup de Français. Pour preuve, en 2017, au moment où il fallait la remplir, 5,3 millions d’usagers ont été accueillis dans les centres des finances publiques, tandis que 4,1 millions d’appels étaient traités et 2,1 millions de courriels adressés aux services fiscaux. Même préremplie par l’administration, la déclaration de revenus demande – au minimum – une vérification. Et si 21,4 millions contribuables n’étaient pas imposables en 2017, tous porteront cette année un soin particulier pour la remplir.
Et l’IFI aussi
D’abord, les plus fortunés devront garder à l’esprit qu’il faut aussi mentionner son patrimoine immobilier dans le cadre de la mise en place de l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI). Cela concerne prioritairement ceux qui étaient assujettis au défunt impôt sur la fortune (ISF). Cependant, la flambée de l’immobilier dans certaines régions et la non-déductibilité de certains crédits souscrits pour financer l’acquisition d’un bien pourraient placer dans le champ d’action de l’IFI quelques contribuables qui n’étaient pas concernés par l’ISF.

        Lire aussi :
         

                Déclaration de revenus 2017 : les choix de dernière minute qui peuvent alléger l’imposition



Pour le plus grand nombre, la déclaration des revenus de 2017 aura des conséquences en 2018, bien sûr, mais aussi en 2019, voire en 2020. Elle déterminera le taux de prélèvement qui sera appliqué sur la fiche de paye – et les pensions – dès le 1er janvier 2019. Sur Internet, une fois sa déclaration remplie, le contribuable pourra découvrir ce fameux taux et, à partir de la mi-juillet, et sous certaines conditions, l’adapter à sa situation personnelle. Il s’agit, par exemple, pour un couple, d’individualiser ce taux en fonction des salaires de chacun.

        Lire aussi :
         

                La taxe foncière sur des sables mouvants



Malheureusement, toutes les incertitudes ne seront pas pour autant dissipées. Le risque de se voir appliquer un taux ne prenant pas en compte sa situation personnelle subsistera. Le taux d’imposition réel ne dépend pas uniquement des revenus perçus. Il intègre la situation familiale, les crédits d’impôt auxquels le contribuable à droit (lorsqu’il emploie une aide à domicile par exemple), les niches fiscales dont il bénéficie… La liste est (très) longue. La plupart des cas ont été anticipés, rassure Bercy. Cependant, beaucoup trop de zones d’ombre perdurent. De quoi alimenter le stress fiscal, et pas seulement au printemps.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Selon l’assureur Bertrand Hartemann, dans une tribune au « Monde », la généralisation du paiement numérique sur les plates-formes privées offre à l’Etat un outil de surveillance accrue de la population.
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« La “fintech” chinoise, un “fait social total” qui est tout sauf neutre »

Selon l’assureur Bertrand Hartemann, dans une tribune au « Monde », la généralisation du paiement numérique sur les plates-formes privées offre à l’Etat un outil de surveillance accrue de la population.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

Bertrand Hartemann (Directeur marketing d’Allianz Chine)







                        



                                


                            
Tribune. Forte d’un marché de 730 millions d’internautes, la Chine s’impose comme le centre névralgique de la finance numérique, la fintech. Les géants des nouvelles technologies plongent leurs racines au plus profond des pratiques quotidiennes de la société de consommation chinoise. Baidu, Alibaba et Tencent ont su développer des écosystèmes complets combinant services d’usage quotidien et offre financière. Le succès est d’autant plus fort que la classe moyenne chinoise a été délaissée par un système bancaire principalement tourné vers le financement de l’appareil industriel. Mais cet essor de la fintech a également sa part d’ombre.
Résiliente au « big bang » de la crise financière de 2008, la Chine abrite aujourd’hui plusieurs des plus grandes banques du monde
Le succès de la fintech chinoise réside dans la conjonction d’une société avide de nouvelles technologies, d’un système bancaire sous-développé et d’un environnement réglementaire souple. Résiliente au « big bang » de la crise financière de 2008, la Chine abrite aujourd’hui plusieurs des plus grandes banques du monde.
Mais sous la tutelle du gouvernement, le système bancaire s’est principalement structuré autour du financement des entreprises publiques et des collectivités locales. Près des deux tiers des prêts leur sont destinés. Les petites entreprises et la classe moyenne subissent au contraire un rationnement du crédit et une faible rémunération des dépôts.
Vide comblé
Les géants du numérique ont naturellement comblé le vide en répondant à l’ensemble des besoins, financiers et non financiers, de la classe moyenne chinoise. Le smartphone est devenu compagnon de tous les instants du consommateur chinois. Il sert à socialiser, s’informer, commander un repas, prendre un taxi, payer en magasin ou encore effectuer des transferts d’argent au profit d’un autre utilisateur…
En chine, l’argent liquide et les cartes bancaires sont presque devenus un anachronisme
Scanner...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Héloïse Berkowitz et Antoine Souchaud, deux chercheurs ayant étudié l’histoire de la création du secteur du prêt participatif, expliquent dans une tribune au « Monde » comment le monopole bancaire a été contourné.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« Crowdlending » : « Le déverrouillage d’un système établi de longue date »

Héloïse Berkowitz et Antoine Souchaud, deux chercheurs ayant étudié l’histoire de la création du secteur du prêt participatif, expliquent dans une tribune au « Monde » comment le monopole bancaire a été contourné.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

Héloïse Berkowitz (Chercheuse CNRS à Toulouse School of Management Research) et Antoine Souchaud (Chercheur au Labex Régulation Financière à ESCP E...







                        



                                


                            
Tribune. Jusqu’au début des années 2010, seules les banques avaient le droit d’octroyer des prêts assortis d’intérêts. Les individus et les entreprises n’étaient pas autorisés à soutenir des projets ou d’autres entreprises. La législation interdisait le crédit entre pairs. Mais ce monopole des prêts attribué aux seules banques a été fragilisé en 2014 puis plus fortement encore en 2016 par deux ordonnances successives.
Bien souvent, ces petits prêts sans garanties classiques donnent accès par lasuite à un apport bancaire complémentaire
Des plates-formes Internet permettent désormais aux PME d’obtenir des prêts sans caution grâce à la mutualisation de fonds fournis par une multitude d’entreprises et de particuliers, qui prêtent chacun des sommes limitées (en moyenne 200 euros par individu contributeur), en fonction de critères moins homogènes que ceux des banques. Bien souvent, ces petits prêts sans garanties classiques donnent d’ailleurs accès par la suite à un apport bancaire complémentaire.
Comment ce déverrouillage d’un système établi de longue date a-t-il été rendu possible ? C’est ce que nous avons voulu comprendre, en consacrant nos recherches à l’analyse de la stratégie du pionnier du financement participatif (crowdlending), fondateur de l’une des premières plates-formes de ce secteur (« Stratégies de conquête d’un nouvel espace de marché : la structuration du crowdlending », Gérer et comprendre, nº 131, mars 2018).
Faille juridique
Une stratégie originale, combinant action individuelle et mobilisation d’un collectif composé de futurs concurrents potentiels et de représentants de la société civile. Une stratégie que d’autres acteurs économiques pourraient transposer pour ouvrir des marchés monopolisés de la même manière par certaines corporations.
Tout d’abord, c’est grâce à une faille juridique que le pionnier du crowdlending a réussi à démarrer son activité en 2013, dans le cadre de la réglementation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Philippe Yonnet, expert en référencement sur Internet, met en garde, dans une tribune du « Monde », contre le droit de vie et de mort que le géant américain exerce sur la notoriété des sites internet.
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« Devenir leadeur ou vivoter, telle est l’alternative de l’entreprise “Google-dépendante” »

Philippe Yonnet, expert en référencement sur Internet, met en garde, dans une tribune du « Monde », contre le droit de vie et de mort que le géant américain exerce sur la notoriété des sites internet.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

Philippe Yonnet (Directeur général de Search Foresight, spécialiste du référencement Internet)







                        



                                


                            
Tribune. En mars 2018, Google a lancé une expérience : ne fournir qu’une seule réponse à une requête donnée ! Cette dernière étant identifiée comme « la » bonne réponse à apporter à l’internaute. Ainsi, sur la requête « time », le moteur de recherche proposait un résultat unique consistant à afficher l’heure locale. Ce qui a posé de sévères problèmes au magazine américain Time, son site Web n’étant temporairement plus affiché sur une requête concernant sa marque !
Certes, cette expérience s’est limitée à quelques types de recherches et n’a duré qu’une semaine. Mais ce test sonne comme un avertissement sérieux : demain, la part de trafic captée par les sites grâce à Google pourrait chuter drastiquement si le moteur décidait de fournir « sa » réponse, et uniquement « sa » réponse, aux requêtes des internautes.

Deuxième inquiétude, Google cherche clairement à se faire une place dans d’autres secteurs économiques que la publicité. Après les comparateurs de prix, les annuaires d’entreprises et les agrégateurs d’annonces, l’offensive est désormais lancée sur la réservation en ligne : depuis la fin 2017, Google a lancé en catimini une nouvelle fonctionnalité permettant d’effectuer des réservations auprès d’établissements directement depuis son interface.
« Bouton de réservation digital »
De quoi séduire certains groupes hôteliers, des restaurants ou des professionnels, mais ce « bouton de réservation digital » peut d’ores et déjà inquiéter des sites pourtant reconnus comme Airbnb, Tripadvisor, Allociné ou Doctolib sur la pérennité de leur modèle d’affaires. Les condamnés seront nombreux dans les années qui viennent, à n’en pas douter.
En décidant ou non de couper le courant, Google est le seul arbitre de qui peut avoir pignon sur la Toile
Enfin, la troisième source de préoccupations pour les sites qui dépendent du trafic de Google demeure celui de la pérennité de leur référencement, véritable casse-tête...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Paris nourrit d’étroites relations avec l’Arabie saoudite, constate l’historienne Sophie Bessis dans une tribune au « Monde », ajoutant que la politique extrémiste du gouvernement israélien représente aujourd’hui un danger pour les juifs du monde.
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« Cessons d’accueillir en France les prescripteurs d’un antisémitisme érigé en doctrine d’Etat »

Paris nourrit d’étroites relations avec l’Arabie saoudite, constate l’historienne Sophie Bessis dans une tribune au « Monde », ajoutant que la politique extrémiste du gouvernement israélien représente aujourd’hui un danger pour les juifs du monde.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 13h17
    |

Sophie Bessis (Historienne)







                        



                                


                            

Tribune. L’antisémitisme est chose bien trop grave pour que la lutte contre ce fléau soit instrumentalisée. Or, oubliant les tragédies qui ont ponctué l’histoire du XXe siècle et jetant de l’huile sur les brasiers d’un communautarisme en plein essor, les rédacteurs de l’Appel des 300 [publié dans Le Parisien] assimilent à une « épuration ethnique » les drames trop réels qui ont endeuillé au cours des dernières années nombre de familles juives françaises et le harcèlement inadmissible dont sont victimes des juifs dans certaines banlieues.
Employée dans le contexte français quand on sait ce qui se passe dans d’autres régions du monde, l’expression est scandaleuse.

L’antisémitisme connaît, il est vrai, une nouvelle jeunesse en France et dans toute l’Europe. Est-il seulement le fait, comme ils le prétendent, de populations que leur appartenance à l’islam rendrait, selon eux, ontologiquement antijuives ? Il ne fait guère de doute qu’une fraction minoritaire de la jeunesse d’origine arabo-musulmane est perméable à la propagande des prêcheurs des mouvances salafistes, qui ont fait de ses frustrations un terrain propice à la propagation de leur haine du juif.
Une « radio de la haine »
Outre le fait que ce « nouvel antisémitisme » ne remplace pas l’ancien, encore bien vivant, d’une France qui fut durant toute la première moitié du XXe siècle à l’avant-garde de l’antisémitisme européen et qui en garde de beaux restes, il convient pour mieux le combattre d’en rappeler les ressorts.

La République n’a pas seulement abandonné ces territoires perdus que sont nombre de banlieues de ses grandes villes, ghettoïsées par l’absence de transports, privées d’opportunités d’emploi, où l’école sans moyens ne peut plus remplir sa fonction d’éducation citoyenne, elle les a remises aux mains d’associations liées aux réseaux de l’islam politique, croyant pouvoir leur sous-traiter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans cette chronique hebdomadaire, l’économiste Jean Pisani-Ferry estime que le projet macronien d’organisation de la mobilité, tant professionnelle que sociale, exige des solutions politiques mais aussi symboliques.
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Mobilité sociale : « Le redoutable poison du pessimisme français »

Dans cette chronique hebdomadaire, l’économiste Jean Pisani-Ferry estime que le projet macronien d’organisation de la mobilité, tant professionnelle que sociale, exige des solutions politiques mais aussi symboliques.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 11h00
    |

Jean Pisani-Ferry (Professeur d’économie à Sciences Po, à la Hertie School de Berlin et à l’Institut universitaire européen de Florence)







                        



                                


                            
Tendances France. Hier, on était paysan, cheminot, industriel de père en fils (rarement en fille). Une myriade de microstatuts perpétuait la société des ordres. La justice y trouvait rarement son compte. La sécurité, si.
Aujourd’hui l’idéal collectif est, pour reprendre la promesse républicaine, l’égalité d’accès à « toutes dignités, places et emplois ». Plus encore depuis un an : si le projet social de François Hollande mettait l’accent sur la redistribution par l’impôt, celui d’Emmanuel Macron entend organiser la mobilité professionnelle (au cours d’une carrière) et la mobilité sociale (d’une génération à l’autre).
Mais qu’en est-il en réalité ? Trois chercheurs, Alberto Alesina, Stefanie Stantcheva et Edoardo Teso ont comparé la France aux Etats-Unis et à d’autres pays européens, à la fois en termes de mobilité sociale objective (mesurée par la destinée des enfants nés dans les 20 % des ménages les plus bas dans l’échelle des revenus), et en termes d’opinions des citoyens sur cette mobilité (« Intergenerational Mobility and Preferences for Redistribution », American Economic Review, février 2018, lien vers PDF en anglais).
Le rêve américain a vécu
Leur premier résultat est que la mobilité sociale est aujourd’hui plus faible aux Etats-Unis qu’en Europe et en France : un enfant né en bas de l’échelle sociale a davantage de chances d’y demeurer et moins de chances d’accéder au sommet. Le rêve américain a vécu. C’est notamment l’effet d’inégalités sensiblement plus prononcées : comme l’illustre la « courbe de Gatsby le magnifique », pour reprendre le terme de l’économiste américain Alan Krueger, les sociétés les moins égalitaires sont aussi celles où la mobilité est la plus faible.
Parmi les pays étudiés, nous sommes, avec l’Italie, celui où la représentation des règles du jeu social est la plus sombre
En revanche, le regard des Américains sur leur société demeure optimiste. Celui des Français est empreint...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Le ballon ovale compte ses blessés, de plus en plus souvent victimes de traumatisme crânien, surtout chez les professionnels mais aussi parmi les amateurs. Un risque que la Fédération française de rugby doit prendre au sérieux.
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Rugby : la santé des joueurs en danger

Editorial. Le ballon ovale compte ses blessés, de plus en plus souvent victimes de traumatisme crânien, surtout chez les professionnels mais aussi parmi les amateurs. Un risque que la Fédération française de rugby doit prendre au sérieux.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 12h54
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Ce sport, l’un des plus pratiqués du pays, est tombé sur la tête. Au niveau professionnel mais aussi amateur, le rugby compte ses blessés, en particulier les victimes de plus en plus nombreuses d’une commotion cérébrale. Le terme médical désigne un traumatisme crânien. En une décennie à peine, il a remplacé le diagnostic plus vague de « K.-O. ».

        Lire aussi :
         

                Le rugby en état de chocs



En France, le phénomène s’observe surtout chez les professionnels. Chaque saison du Top 14, le championnat de première division, offre l’occasion d’un nouveau bilan : l’édition 2016-2017 a enregistré 102 commotions cérébrales, presque deux fois plus que les 53 cas de la saison 2012-2013.
Les chiffres traduisent l’évolution d’un sport de contact en dangereuse mutation. Là où le rugby récompensait les passes à foison, les combinaisons inventives et les courses dans l’espace, il semble aujourd’hui produire l’inverse. Le réflexe est à l’affrontement frontal, kilos de muscles contre kilos de muscles, entre des joueurs façonnés au rythme de leurs séances de musculation. Des joueurs en voie de « robotisation », pour reprendre le mot de Daniel Herrero, l’ancien entraîneur de Toulon. La professionnalisation, depuis 1995, a transformé à la fois les corps et la façon de jouer à ce sport singulier. Désireux de marquer les esprits, certains médecins lancent un cri d’alarme et redoutent l’irréparable.
Perte de 16 500 licences
Sans caméras de télévision, la situation préoccupe aussi au niveau amateur, où l’encadrement médical est moindre. Les joueurs ont beau courir bien moins vite, plaquer bien moins fort, le risque existe. A plus forte raison pour ceux dont les gestes sont moins maîtrisés et qui auraient tendance, par mimétisme, à reproduire les séquences « vues à la télé ». Pour la seule saison 2016-2017, la Fédération française de rugby (FFR) a recensé 1 820 suspicions de commotion.
Impossible, pour l’heure, de connaître avec exactitude les séquelles de telles lésions. Une chose de sûre, cependant : la fédération, qui a communiqué, en mars, les préconisations de son « observatoire médical du rugby », a tout intérêt à prendre la question à bras-le-corps pour rassurer parents et enfants. En 2017, elle reconnaissait une perte de 16 500 licences d’une année à l’autre, sans établir les corréler avec le problème des commotions cérébrales.
De nouvelles règles fédérales ou internationales pourraient circonscrire le risque, réhabiliter la passe, la prise d’espace et d’initiative, plutôt que d’innombrables télescopages dans les « rucks », ces regroupements informels où se multiplient les collisions. Lors de la décennie précédente, des changements de réglementation ont déjà assaini la mêlée, et permis une baisse des blessures au rachis cervical.
Un changement semble aussi urgent si la FFR et la Ligue nationale de rugby, institution chargée du volet professionnel, veulent éviter une judiciarisation de la question – phénomène observé aux Etats-Unis dans le football américain, l’un des sports les plus populaires outre-Atlantique, mais aussi l’un des plus destructeurs. Le rugby est devenu professionnel. C’est un fait. Il ne doit pas oublier pour autant qu’il est un jeu, dont « le ballon est un hommage permanent à la fantaisie et au talent », naguère célébrés dans ces colonnes par Jean Lacouture.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Le biologiste et philosophe relit l’« Ethique » à la lumière des récents résultats des sciences cognitives.
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Henri Atlan dans le cerveau de Spinoza

Le biologiste et philosophe relit l’« Ethique » à la lumière des récents résultats des sciences cognitives.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 08h38
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            
Cours de philosophie biologique et cognitiviste. Spinoza et la biologie actuelle, d’Henri Atlan, Odile Jacob, 636 p., 35 €.

Spinoza est à la mode. Celui dont Hegel raillait la « splendeur orientale » et dont Heidegger prononçait à peine le nom est aujourd’hui un totem des nouvelles radicalités, un ultra-contemporain. Cette popularité laisse rêveur, quand on sait que ce penseur amstellodamois (1632-1677) n’a produit qu’une œuvre relativement brève, qui aurait fort bien pu être rangée dans le corpus des « petits cartésiens », malgré d’autres influences (celle de Maïmonide par exemple).
Un coup d’œil à ses traités politiques, loin de révéler en lui un prérévolutionnaire, montre qu’il perpétue l’attitude hautaine des classiques vis-à-vis d’un peuple considéré comme indécrottablement empreint de superstitions, plus à contenir qu’à affranchir, et que, quand il théorise la liberté de penser, il ne la destine qu’à une poignée de philosophes. Ses œuvres principales nous mènent donc loin de Nuit debout et des insurgés qui ont fait de Spinoza un drapeau.
En France, l’école spinoziste est ancienne. Depuis l’excellent commentaire de l’Ethique dû à Martial Guéroult (1891-1976 ; Aubier, 1968-1974), certains tenants de la « pensée critique », Gilles Deleuze au premier chef (Spinoza et le problème de l’expression, Minuit, 1968), se sont penchés sur cette philosophie. La réflexion s’est déplacée, au XXe siècle, vers une interprétation centrée sur la politique. Elle est menée par les anciens élèves de Louis Althusser, marxistes ou postmarxistes, comme Pierre Macherey ou Etienne Balibar.
Le livre que publie ce dernier en est une illustration. Intitulé Spinoza politique. Le transindividuel (PUF, 576 p., 27 €), ce recueil d’articles étudie, entre autres, la « crainte des masses » chez Spinoza, et la gestation de l’idée démocratique par la limitation du pouvoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Non ! De l’esprit de révolte », de Vincent Delecroix.
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Figures libres. Mille façons de dire « non », plus une

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Non ! De l’esprit de révolte », de Vincent Delecroix.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 07h30
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Non ! De l’esprit de révolte, de Vincent Delecroix, Autrement, « Les grands mots », 278 p., 19 €.

Voilà le mot du monde le mieux partagé. Souvent le premier vocable que les enfants comprennent, puis reprennent, quand ils découvrent la possibilité de retourner les refus qu’on leur impose. Manière d’exister, de se poser en s’opposant, le non est partout. C’est pourquoi il a déjà été célébré de mille manières : fondement de la pensée, marque de la liberté, indice de la révolte individuelle, vecteur de la rébellion collective… A force, un véritable conformisme du rejet s’est installé. Face à cette obligation nouvelle de désobéir et de contester, on sera enclin à dire « non », si l’on veut conserver quelque indépendance. Curieux dilemme : trop dire « oui » au non conduit à devoir dire « non » au non. Sommes-nous condamnés à tourner en rond ?
Plus qu’un mot, un acte
Tel est, grosso modo, le point de départ de l’ample et dense méditation du philosophe Vincent ­Delecroix dans son nouvel essai – intitulé, on n’en sera pas surpris, Non ! Le spécialiste de Kierkegaard (1813-1855), maître de conférences à l’Ecole pratique des hautes études, également romancier (Tombeau d’Achille ou Ascension, Gallimard, 2008 et 2017), passe cette fois en revue les multiples registres où le non vient faire intrusion, rompant la mécanique des enchaînements, arrachant à l’engrenage des routines. Il met ainsi en lumière – dans le champ de la parole, de l’interlocution, du politique – les paradoxes générés par ce terme qui, plus qu’un mot, se révèle un acte. Cette négation produit grandeurs et servitudes en tout genre.
Ce panorama des mille non ne manque pas de relief ni de profondeur. Sa principale singularité réside dans le point de vue adopté par Vincent Delecroix. A juste titre, il refuse les issues simplistes : opposer « camp du oui » et « camp du non », faire triompher naïvement le « oui à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ En étudiant un parcours singulier, l’historienne Florence Buttay montre la complexité des relations entre chrétiens et musulmans à la Renaissance.
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Un électron libre dans la Méditerranée connectée du XVIe siècle

En étudiant un parcours singulier, l’historienne Florence Buttay montre la complexité des relations entre chrétiens et musulmans à la Renaissance.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 07h30
    |

                            Claire Judde de Larivière (Historienne et collaboratrice du Monde des livres)








                        



                                


                            
Histoire véridique de l’imposteur Giorgio del Giglio, qui renia la foi chrétienne et prétendit servir Soliman le Magnifique, de Florence Buttay, Payot, « Histoire », 300 p., 21 €.

Imposteur, bonimenteur, affabulateur, camelot de l’information politique, propagateur de « fake news » avant l’heure : telles sont quelques-unes des qualités de l’énigmatique Giorgio del Giglio, originaire de Toscane mais issu d’une famille de juifs de Salamanque, né selon ses dires en 1507 et mort vers 1580, après avoir traversé la Méditerranée dans tous les sens, avoir été sept fois captif, s’être converti à l’islam puis être revenu au christianisme, avoir servi de janissaire auprès des Turcs et d’informateur pour les Médicis. Il est l’un de ces nombreux passeurs qui sillonnent l’espace méditerranéen à l’époque moderne, aux côtés des traducteurs, trafiquants, esclaves et espions qui accompagnent la circulation des marchandises, des informations et des idées.
Univers perméables
Si nous avons tous été marqués par La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II (Armand Colin, 1949), œuvre magistrale de Fernand Braudel (1902-1985), nous savons aujourd’hui que la représentation d’un espace en tension entre un monde musulman dominé par l’Empire ottoman et un monde chrétien guidé par l’Empire espagnol doit être fortement nuancée. Car si le XVIe siècle a certes été rythmé par les conflits et les guerres entre ces deux pôles antagoniques, il a aussi vu s’intensifier les circulations et les contacts entre des univers perméables et dont les cultures se construisaient dans les échanges et la réciprocité.
Les aventures rocambolesques de Giorgio del Giglio en sont une parfaite illustration, et Florence Buttay en a tiré un ouvrage habile et captivant, sur les pas de ce voyageur prolixe, prompt à raconter ses vicissitudes, quitte à les inventer largement. La question n’est pas pour autant de...




                        

                        


<article-nb="2018/05/03/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », cinquante signataires, dont Mario Stasi et Laurence Rossignol, expliquent que la haine renouvelée contre les juifs n’est pas seulement le fait des islamistes, mais également une obsession de certains courants politiques.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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« La lutte contre l’antisémitisme doit être le combat de tous »

Dans une tribune au « Monde », cinquante signataires, dont Mario Stasi et Laurence Rossignol, expliquent que la haine renouvelée contre les juifs n’est pas seulement le fait des islamistes, mais également une obsession de certains courants politiques.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 08h42
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                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. « L’antisémitisme est l’affaire de tous », clament à raison plus de 250 signataires, après avoir publié dans Le Parisien, dimanche 22 avril, une tribune contre « le nouvel antisémitisme ». Cette tribune s’alarme, à juste titre, de l’insupportable regain des crimes et délits antisémites. Depuis une dizaine d’années, des juifs ont été assassinés en France, parce que juifs ! La parole antisémite s’est libérée et a franchi la ligne rouge qui mobilisait des millions de Français dans la rue pendant les soixante ans qui ont suivi la Shoah et la collaboration vichyste.
Cet appel souligne, à raison, le rôle délétère des islamistes et de leurs réseaux idéologiques, lesquels partagent les obsessions antisémites de l’extrême droite et d’une partie de la gauche radicale. Il est hors de question de minorer cette réalité.
Pourtant, il fait l’impasse sur l’autre carburant de cette résurgence de l’antisémitisme qu’est la montée des populismes nationalistes. Plus grave encore, en enfermant cette dénonciation dans une opposition identitaire à une communauté musulmane voulue uniforme, en l’essentialisant dans l’injonction à modifier le Coran, il alimente le fantasme d’une « oumma » que tente de faire advenir l’idéologie des islamistes. Enfin, en mêlant des signataires honorables à des figures proches de la droite identitaire, il décuple le risque de confusion.
Antisionisme radical
Les préjugés antisémites sont très forts dans toute l’Europe, et ils touchent toutes les classes sociales et toutes les confessions, comme l’indiquent les études les plus récentes. Toujours vivace à l’extrême droite, l’antisémitisme a trouvé, depuis les années 1960, un nouveau masque sous la forme d’un antisionisme radical qui reprend les stéréotypes de l’influence occulte des juifs, notamment en laissant croire que toute critique de la politique israélienne est interdite. Dieudonné et ses réseaux l’ont bien compris en désignant à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Avec « Haute couture », l’académicienne traque le secret des robes extravagantes dont le peintre revêtait ses saintes au XVIIe siècle.
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Florence Delay sur les traces du mystère Zurbaran

Avec « Haute couture », l’académicienne traque le secret des robes extravagantes dont le peintre revêtait ses saintes au XVIIe siècle.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 07h00
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03.05.2018 à 16h33
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                            Xavier Houssin (Collaborateur du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Haute couture, de Florence Delay, Gallimard, 112 p., 12 €.

De sainte Casilda de Tolède, on ne sait guère que le miracle que cette jeune fille accomplit quelque part vers l’an 1000. La ville était alors capitale religieuse de l’Espagne islamique, dirigée par son père, le puissant Yahia ibn Ismail Al-Mamun. Bravant les interdits, ­Casilda rendait visite aux prisonniers chrétiens, leur prodiguant à la dérobée des soins, et leur apportant de la nourriture. L’ayant appris et sachant aussi qu’elle allait demander le baptême, l’émir l’arrêta un jour alors qu’elle allait vers la prison. « Que caches-tu dans ta robe ? – Rien que des fleurs », répondit-elle. Et en effet, des plis de l’étoffe, en place des pains jaillit une brassée de roses. Singulière intervention divine récompensant sa charité.
Du Louvre au Palazzo Bianco
Sainte Casilda a été peinte en 1635 par Francisco de Zurbaran. La toile est exposée à Madrid, au Musée Thyssen-Bornemisza. Elle fait partie de la troublante galerie de tableaux du maître sévillan que nous fait découvrir Florence Delay dans Haute couture. Des portraits de saintes représentées sous les traits de très jeunes filles, toujours somptueusement vêtues. Pour des couvents, ceux d’Espagne, mais aussi pour ceux des Amériques, Zurbaran en a réalisé un grand nombre.
Florence Delay s’est attachée à une quinzaine d’entre eux, dispersés entre les collections du Louvre ou du Prado, de la National Gallery de Londres ou de Dublin, du ­Musée Fabre de Montpellier ou du ­Palazzo Bianco de Gênes. Jeu de piste. L’académicienne les fait se rejoindre d’un souvenir de jeunesse à une émotion furtive, une rencontre, une fragile rêverie.

Elisabeth de Portugal, si généreuse envers les démunis qu’elle est accusée de piller la cassette royale, voit, comme Casilda, son secourable butin se transformer en roses, à la grande confusion de celui qui a voulu la prendre sur le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », estime qu’à Pyongyang comme à Téhéran la volonté de sortir du statut de parias nécessitera un aggiornamento.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/05/2018
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« Corée du Nord et Iran veulent devenir des Etats comme les autres, mais il y a des dossiers dans le placard »

Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », estime qu’à Pyongyang comme à Téhéran la volonté de sortir du statut de parias nécessitera un aggiornamento.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 07h04
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            Alain Frachon (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Le problème des Etats révolutionnaires qui veulent s’embourgeoiser, c’est leur casier judiciaire. La Corée du Nord et la République islamique d’Iran aimeraient bien sortir du statut de parias de la « communauté internationale ». Ils veulent devenir des Etats comme les autres, secouer le joug des sanctions qui les pénalisent. Ils entendent faire oublier le passé, changer de costume. Mais voilà, il y a des dossiers dans le placard.
Une semaine après le sommet de Panmunjom, vendredi 27 avril, entre le président sud-coréen, Moon Jae-in, et son homologue du nord, Kim Jong-un, la voie semble tracée. Derniers enfants de la guerre froide, leurs deux pays s’engagent à établir un traité de paix. Séoul et Pyongyang appellent à une dénucléarisation de la péninsule coréenne.

M. Kim doit bientôt rencontrer Donald Trump. Le chef de l’Etat nord-coréen dira au président américain à quelles conditions il est disposé à démanteler son arsenal nucléaire. Il cherche à obtenir une aide économique mais, plus encore, des garanties de sécurité pour son régime, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) – il veut une assurance contre toute politique américaine de « changement de régime » à Pyongyang.
Tradition socialiste pure et dure
Le dernier des représentants de la dynastie des Kim, héritier et gardien d’une tradition socialiste pure et dure, renonce à beaucoup de choses. La paix avec Séoul signifie une reconnaissance mutuelle formelle entre les deux Corées. Or, l’une des missions premières du régime, sa raison d’être – ancrée dans les textes fondateurs de la RPDC –, est de réunifier la péninsule. En clair, d’éliminer l’Etat sud-coréen.
Historienne, Kathryn Weatherby rappelle, dans le Financial Times des 28 et 29 avril, que les cartes officielles de la RPDC ne représentent qu’une Corée : l’ensemble de la péninsule. Symboliquement, pour les Nord-Coréens, « la paix voudra dire que leur pays perd la moitié...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Le récent manifeste contre « le nouvel antisémitisme » a de nombreux défauts, dénoncent plusieurs personnalités, notamment celui d’éviter toute référence à l’extrême droite explique, dans une tribune au « Monde », un collectif d’intellectuels parmi lesquels Thomas Piketty, Etienne Balibar, Anne Coppel ou Arlette Farge.
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« Non, l’islam radical n’est pas seul responsable des agressions contre les juifs »

Le récent manifeste contre « le nouvel antisémitisme » a de nombreux défauts, dénoncent plusieurs personnalités, notamment celui d’éviter toute référence à l’extrême droite explique, dans une tribune au « Monde », un collectif d’intellectuels parmi lesquels Thomas Piketty, Etienne Balibar, Anne Coppel ou Arlette Farge.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 06h30
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03.05.2018 à 15h54
   





                        



                                


                            

Tribune. Nous souhaitons, par ce texte collectif, contribuer aux vigoureuses protestations qui viennent de s’élever devant la publication par Le Parisien (du 21 avril) d’un « manifeste » signé par quelques centaines de personnes du monde politique, artistique et intellectuel et qui, de fait, constitue un appel à la haine et à une guerre civile larvée qui ne dit pas son nom.
Prétendant dénoncer un « nouvel antisémitisme », ce « manifeste » impute au seul « islam radical » les agressions commises à l’égard de citoyens français juifs, sans référence aucune à l’antisémitisme d’extrême droite qui monte dans toute l’Europe (pays de l’Est, Allemagne, Autriche) et dont on ne peut ignorer tout autant la présence en France.
Leur souci d’éviter toute référence aux courants d’extrême droite actifs, y compris juifs, les conduit à ignorer ou à taire aussi bien les interventions du groupe Génération identitaire contre les immigrés que la présence tolérée, lors de la dernière marche silencieuse, de la Ligue de défense juive (LDJ), qui a tenté de s’instituer en service d’ordre, alors que ce groupe est interdit en Israël même. Leur prétendu antiracisme, dont fait partie la lutte contre l’antisémitisme, est donc à géométrie variable.
Tissu d’amalgames et de contre-vérités
Au mépris total des faits et de l’histoire de France, avec une manipulation douteuse des chiffres en matière d’agressions, ce manifeste ne peut qu’exacerber les tensions sociales en France. En outre, il prend en otage ceux d’entre nous qui, juifs, se sentent constamment soumis au chantage d’un péril antisémite, hélas, aujourd’hui réel, dès qu’ils se démarquent de la politique d’un Etat qui n’est pas le leur.
Il semble condamner tout communautarisme, mais cherche à imposer la notion de « communauté juive » supposée intégrer tous les juifs de France sous la bannière du CRIF [Conseil représentatif des institutions juives de France], qui n’en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Pour « Le Monde », l’auteur de « Comment un adolescent… » offre la genèse et quelques-unes des clés de lecture de son roman.
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Frank Witzel : « Comme mon héros, je ressasse. C’est pour ça que je suis écrivain »

Pour « Le Monde », l’auteur de « Comment un adolescent… » offre la genèse et quelques-unes des clés de lecture de son roman.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 06h34
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                            Florence Noiville








                        



                                


                            

Avant la parution de son quatrième roman, ce Comment un adolescent maniaco-dépressif inventa la Fraction armée rouge au cours de l’été 1969, Frank Witzel était un parfait inconnu, y compris dans son pays. Mais en 2015, le Deut­scher Buchpreis (« prix du livre allemand ») a fait décoller cette somme de 1 000 pages qui, depuis, s’est vendue à 80 000 exemplaires. Rencontre à Paris avec cet écrivain traduit en français pour la première fois.

Comment expliquez-vous le succès de ce roman ?
La Fraction armée rouge (RAF) est le grand traumatisme de l’après-guerre outre-Rhin. Aujourd’hui encore, il résonne chez tous les Allemands. Mon livre l’approche de manière inhabituelle. A travers les yeux d’un adolescent incapable de comprendre ce qui se passe autour de lui, mais qui cherche désespérément à décrypter le réel.
Nous sommes dans les années 1960, mais loin des hippies. Dans une Allemagne rurale qui ressemble encore à celle des années 1950. Famille, Eglise, école, ces autorités sont toujours très prégnantes. Mon personnage voit des images à la télévision – des étudiants, plus tard des terroristes – et, comme il n’a aucune clé pour les déchiffrer, il les interprète à sa façon…

Un exemple ?
Ces étudiants sont pour lui comme des grands frères. On a toujours un sentiment de sympathie pour les grands frères, même s’ils font des choses atroces. Du reste, comme il est très catholique et imprégné d’iconographie chrétienne, il se demande s’ils ne sont pas des martyrs. D’un côté, il voit des représentations du Christ. De l’autre, les photos du cadavre de Holger Meins, totalement décharné à l’issue de sa grève de la faim [ce membre de la RAF est mort le 9 novembre 1974, après cinquante-sept jours de grève de la faim]. Ces images lui rappellent les représentations du Christ par Holbein ou Mantegna, à partir desquelles il interprète celles qu’il ne comprend pas.
L’invention...




                        

                        

