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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Dans des dessins animés, sur du mobilier urbain ou encore dans des publicités, il n’est pas rare que l’archipel de l’océan Pacifique soit gommé du globe.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’organisation séparatiste basque Euskadi ta Askatasuna a envoyé à la presse une « déclaration finale », datée du 3 mai, qui annonce sa dissolution et la fin de toute activité politique.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’attentat perpétré par l’Etat islamique contre la commission électorale révèle les limites de l’accord passé entre les milices et le gouvernement de Fayez Al-Sarraj.
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Analyse

En Libye, les failles du « pacte sécuritaire » de Tripoli

L’attentat perpétré par l’Etat islamique contre la commission électorale révèle les limites de l’accord passé entre les milices et le gouvernement de Fayez Al-Sarraj.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-05-03T17:58:37+02:00"

        Le 03.05.2018 à 17h58

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        Mis à jour le 03.05.2018 à 18h15






    
Le siège de la Haute Commission électorale à Tripoli, après l’attentat-suicide du 2 mai 2018.
Crédits : Ismail Zetouni / REUTERS


L’avertissement est aussi brutal qu’éloquent. En lançant une attaque, mercredi 2 mai, contre le siège à Tripoli de la Haute Commission électorale (HNEC), qui a fait quatorze morts, l’organisation Etat islamique (EI) prouve qu’elle conserve une capacité de nuisance en Libye en dépit de l’écrasement fin 2016 de son sanctuaire de Syrte. L’assaut vise à faire avorter les préparatifs d’élections présidentielle et législatives que Ghassan Salamé, le chef de la Mission d’appui des Nations unies pour la Libye (Manul), appelle de ses vœux pour la fin de l’année.

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Alors que la Libye demeure divisée en deux autorités rivales – le Gouvernement d’accord national (GAN) de Fayez Al-Sarraj, à Tripoli, et l’alliance politico-militaire parrainée par le maréchal Khalifa Haftar en Cyrénaïque (est) –, l’EI continue d’exploiter les fractures du théâtre libyen. Il faut remonter à l’attaque de l’hôtel Corinthia, qui avait causé la mort de dix personnes en janvier 2015, pour voir l’organisation djihadiste frapper de la sorte le cœur de la capitale.
Un quartet de grosses milices
L’assaut contre la commission électorale expose ainsi les failles dans la sécurité de Tripoli, qui s’était pourtant notablement améliorée depuis environ un an. La réouverture d’un certain nombre de missions diplomatiques, qui avaient quitté la Libye après l’éclatement de la guerre civile de l’été 2014, avait témoigné d’un relatif regain de confiance. Le doute s’insinue désormais sur la solidité de l’arrangement milicien auquel Fayez Al-Sarraj, le chef du GAN soutenu par les Nations unies et les capitales occidentales, doit son installation à Tripoli.
La capitale libyenne est en effet aujourd’hui contrôlée, non par des forces d’un Etat dont l’existence demeure à ce stade fictive, mais par des milices s’étant réparti les différents quartiers de la cité. La stabilisation de Tripoli a ainsi été permise par un double processus : la concentration – au fil de combats sporadiques – d’un paysage militaire jadis embouteillé autour d’un quartet de grosses milices ; et un accord tacite scellé ente ces dernières, régissant le partage des ressources offertes par la capitale.

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Ces quatre brigades sont la Rada Force (d’Abdul Rauf Kara), la Brigade des révolutionnaires de Tripoli (de Haythem Tajouri), Nawasi (famille Gaddour) et Ghneiwa (d’Abdel Ghani Al-Kikli). Ces groupes ne se réclament d’aucune idéologie hormis Rada Force, affilié au mouvement salafiste dit « madkhaliste » (non djihadiste). Ils présentent la caractéristique commune d’avoir laissé Fayez Al-Sarraj s’installer à Tripoli en avril 2016 en pariant sur l’atout que représentait son adoubement par la communauté internationale. Ils ne l’ont pas combattu quand d’autres, issues de la frange dure du bloc Fajr Libya, à inclination islamiste et établi à Tripoli à partir de l’été 2014, avaient tenté de lui barrer la route. Parmi ces milices récalcitrantes, des brigades originaires de Misrata ont été boutées hors de la capitale.
Dans un premier temps, les chancelleries occidentales ont encouragé ce pacte sécuritaire dans l’espoir d’amorcer un processus politique visant à terme à reconstruire un Etat digne de ce nom. Un des éléments de ce scénario a été la création d’une Garde présidentielle, appuyée notamment par la France, vouée à assurer la sécurité du Conseil présidentiel (la structure dirigeante du GAN) et de certains ministères. A sa manière, la Garde présidentielle formait un embryon du futur complexe sécuritaire d’un Etat à rebâtir.
« Pillage des fonds de l’Etat »
Al-Sarraj n’a jamais osé toucher au pouvoir grandissant du quartet milicien, alors même que l’existence de ce dernier contredisait la dynamique étatique affichée. Il s’est trouvé comme piégé par l’impératif de sa survie, au point d’accepter non plus seulement un soutien, mais la tutelle de facto de ces acteurs sécuritaires non étatiques. Officiellement, il n’en est rien, car les quatre milices sont formellement affiliées au ministère de l’intérieur. Une telle couverture institutionnelle est l’argument invoqué pour démentir la réalité milicienne de Tripoli. La fiction est cultivée au plus haut niveau. « Pour nous, les miliciens dont vous parlez sont des policiers, déclarait au Monde, en juillet 2017, Najmi Nakua, le commandant de la Garde présidentielle. Ils prennent leurs ordres auprès de l’Etat. »
La réalité est tout autre. Le spécialiste de la Libye Wolfram Lacher, chercheur à l’Institut allemand des affaires internationales et de sécurité (Stiftung Wissenschaft und Politik, SWP), propose de qualifier ce quartet milicien de « cartel ». Dans un article mis en ligne en avril sur le site de SWP, M. Lacher explique comment les quatre milices, jouant de leur protection offerte, ont muté en « réseaux recouvrant la politique, les affaires et l’administration ». Le positionnement géographique de ces groupes autour de l’aéroport, des ministères et surtout des banques n’est pas fortuit. « Le pillage des fonds de l’Etat bénéficie aujourd’hui à un petit groupe d’acteurs comme jamais depuis 2011 », écrit M. Lacher.

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Là réside la fragilité de la sécurité de Tripoli. « L’apparente stabilité [de la capitale] est trompeuse », précise M. Lacher. Car la montée en puissance du « cartel », composé de groupes exclusivement originaires de Tripoli, nourrit le ressentiment d’acteurs extérieurs s’estimant écartés du jeu d’influence autour des ressources de l’Etat. C’est notamment le cas des réseaux de Misrata et de Zintan, les deux principaux foyers militaires de la Tripolitaine (ouest). A Tarhounah, au sud-est de la capitale, des groupes manifestent aussi régulièrement leur impatience de reprendre pied à Tripoli.
Un fait majeur dans la géopolitique de la Tripolitaine a été ces dernières semaines le rapprochement entre Zintan et Misrata, qui s’étaient pourtant âprement combattus lors de la guerre civile de 2014. Aujourd’hui, les deux anciens adversaires partagent le souci commun de retrouver leurs positions perdues à Tripoli. Aussi la situation sécuritaire demeure-t-elle volatile autour de la capitale, ouvrant des brèches permettant à l’EI de réactiver ses réseaux dormants, comme l’a montré l’assaut du 2 mai contre la commission électorale.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Selon l’avocat du président américain, Donald Trump a remboursé les 130 000 dollars versés à Stormy Daniels par son avocat. Une révélation qui pourrait agraver les soupçons de financement illégal qui pèsent sur la campagne électorale de Trump.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Emmanuel Issoze Ngondet avait présenté la démission de son gouvernement après la dissolution de l’Assemblée par la Cour constitutionnelle.
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Compte rendu

Au Gabon, le premier ministre reconduit dans ses fonctions

Emmanuel Issoze Ngondet avait présenté la démission de son gouvernement après la dissolution de l’Assemblée par la Cour constitutionnelle.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-03T17:05:29+02:00"

        Le 03.05.2018 à 17h05






    
Le premier ministre gabonais, Emmanuel Issoze Ngondet, à Libreville, en septembre 2016.
Crédits : STEVE JORDAN / AFP


Le premier ministre gabonais, Emmanuel Issoze Ngondet, a été reconduit dans ses fonctions, jeudi 3 mai, deux jours après avoir présenté la démission de son gouvernement à la suite d’une décision de la Cour constitutionnelle, a appris l’AFP auprès de la présidence. Il revient désormais à M. Ngondet de former un nouveau gouvernement, « probablement demain », a indiqué un porte-parole de la présidence.
M. Ngondet avait annoncé la démission de son gouvernement au lendemain de la décision surprise, lundi, de la Cour constitutionnelle d’ordonner la dissolution de l’Assemblée nationale et, en conséquence, d’exiger le départ du gouvernement. Selon la Cour, le gouvernement n’avait pas rempli ses obligations d’organiser des élections législatives au plus tard le 30 avril. Ces élections avaient été reportées à deux reprises depuis décembre 2016, les « conditions n’étant pas réunies », selon la présidence gabonaise.

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L’une de ces conditions était la mise en place d’un Centre gabonais des élections (CGE), qui a finalement prêté serment mercredi. Le CGE remplace l’ancienne Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap), qui avait validé en 2016 la réélection du président Ali Bongo, contestée par l’opposition. Il revient au CGE, composé de représentants de la majorité au pouvoir et de l’opposition, de déterminer la date des prochaines élections législatives.
En attendant une nouvelle Assemblée, le Sénat prend le relais et le premier ministre et son nouveau gouvernement seront responsables devant le seul président de la République, conformément à une nouvelle Constitution votée en janvier.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Selon les premiers éléments de l’enquête, plusieurs hommes armés ont pénétré dans les locaux de l’organisation grâce à des complicités internes.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤         

Compte rendu

Une infirmière allemande de la Croix-Rouge enlevée en Somalie

Selon les premiers éléments de l’enquête, plusieurs hommes armés ont pénétré dans les locaux de l’organisation grâce à des complicités internes.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-03T16:50:25+02:00"

        Le 03.05.2018 à 16h50






    
Les locaux du Comité international de la Croix-Rouge, à Mogadiscio, le 3 mai 2018.
Crédits : MOHAMED ABDIWAHAB / AFP


Une infirmière allemande du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été enlevée, mercredi 2 mai au soir, dans les locaux de l’organisation à Mogadiscio par des hommes en armes qui ont bénéficié de complicités internes, selon les premiers éléments de l’enquête.
« Nous sommes profondément inquiets pour la sécurité de notre collègue », a déclaré dans un communiqué Daniel O’Malley, directeur adjoint du CICR pour la Somalie. « C’est une infirmière qui travaille tous les jours pour sauver des vies et soigner les gens les plus vulnérables en Somalie », a-t-il ajouté. Le CICR a indiqué être « en contact avec les autorités pour essayer d’obtenir sa libération ».
Selon la Croix-Rouge, l’attaque a eu lieu vers 20 heures (17 heures GMT), lorsque des inconnus armés ont pénétré dans ses locaux à Mogadiscio. Des Somaliens travaillant pour le CICR à Mogadiscio ont indiqué à l’AFP que les ravisseurs avaient pénétré dans l’enceinte de l’ONG par une porte située à l’arrière et emmené de force l’infirmière dans un véhicule.
Deuxième attaque en deux semaines
Selon le porte-parole du ministère de la sécurité, les ravisseurs ont bénéficié de complicités en interne. « Il y a une enquête en cours et les premiers éléments obtenus conduisent pour le moment à penser que l’un des gardes de sécurité [des locaux du CICR] est impliqué dans l’enlèvement », a déclaré à la presse Abdilaziz Ali Ibrahim.
« Les forces de sécurité se sont mises à la poursuite des ravisseurs et ont trouvé une voiture abandonnée qui a été utilisée pour l’enlèvement », a-t-il précisé. Le véhicule en question a semble-t-il été victime d’une crevaison ou d’un problème mécanique, contraignant les kidnappeurs a en changer, selon des sources concordantes. On ignore encore si les ravisseurs ont quitté Mogadiscio ou s’ils s’y dissimulent avec leur otage.

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Cet enlèvement constitue la deuxième attaque en moins de deux semaines contre un employé du CICR. Abdulhafid Yusuf Ibrahim, un Somalien qui travaillait pour l’organisation depuis cinq mois, a été tué le 25 mars dans l’explosion d’un engin piégé placé sous son véhicule alors qu’il quittait les locaux du CICR. Jeudi, le CICR a fait évacuer deux ressortissants étrangers et plusieurs employés somaliens de ses locaux, selon un membre de l’équipe qui a souhaité conserver l’anonymat.
Les enlèvements d’étrangers, souvent travailleurs humanitaires ou journalistes, se sont raréfiés ces dernières années en Somalie mais demeurent toujours une menace. Ils sont le plus souvent le fait de milices ou des islamistes radicaux chabab, qui négocient leur libération contre d’importantes rançons, parfois au terme de plusieurs années de captivité.
Guérilla et attentats-suicides
Les Chabab tentent depuis 2007 de renverser le fragile gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les plus de 20 000 hommes de la force de l’Union africaine, l’Amisom.
Chassés de Mogadiscio en août 2011, les Chabab ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, jusque dans la capitale et contre des bases militaires somaliennes ou étrangères. Les organisations humanitaires internationales, qui s’appuient dans leurs équipes sur de nombreux Somaliens, sont considérées par les Chabab comme des soutiens du gouvernement fédéral.

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A la différence de ceux de nombreuses ONG internationales et agences humanitaires de l’ONU opérant en Somalie, les locaux du CICR sont en ville et non pas dans l’enceinte de l’aéroport international, relativement bien protégé par les soldats de l’Amisom. L’aéroport fait office de zone verte pour des ambassades et les agences de l’ONU qui coordonnent la réponse humanitaire aux différentes crises qui secouent le pays : déplacements de population en raison du conflit, malnutrition à grande échelle liée à la situation sécuritaire, aux sécheresses à répétition ou aux inondations.
Le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, actuellement en tournée en Afrique de l’Est, a déclaré à la presse à Addis-Abeba qu’il se refusait à commenter « toute situation d’otages ». « J’ai un immense respect pour toutes les personnes, en particulier les ressortissants allemands, qui travaillent à l’étranger pour venir en aide à d’autres populations », a ajouté M. Maas.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le juriste Philippe Sands se rend à Istanbul pour rencontrer, en prison, le journaliste Ahmet Altan, condamné à perpétuité. Il lui rend ici un hommage très politique.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Lettre à un « cher ami absent » : Ahmet Altan

Le juriste Philippe Sands se rend à Istanbul pour rencontrer, en prison, le journaliste Ahmet Altan, condamné à perpétuité. Il lui rend ici un hommage très politique.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h19
    |

Philippe Sands (Professeur de droit à University College London et président de English PEN)







                        



                                


                            

[Accusé d’avoir participé au coup d’Etat manqué contre le président Erdogan en juillet 2016, le journaliste et écrivain turc Ahmet Altan a été condamné le 16 février à la réclusion à perpétuité, provoquant un vaste mouvement d’indignation international. Le juriste Philippe Sands, auteur de l’essai Retour à Lemberg, devrait, le 4 mai, être le premier étranger à pouvoir lui rendre visite.]
Tribune. Mon cher ami, j’espère que tu me permettras de t’adresser quelques mots en ton absence.
Pour commencer, laisse-moi te dire le plaisir que j’éprouve à être de retour dans « ta » ville. Istanbul est un lieu qui ne me rappelle que des bons souvenirs. Nous en avions discuté.
Je comprends absolument que ta situation personnelle actuelle ne te permet pas de m’y accueillir. Je te pardonne, même si cela fait un certain temps qu’on ne s’est pas vus. Te souviens-tu de cette visite à Londres, en août 2015 ? Nous étions assis ensemble dans un jardin ensoleillé. Tu admirais la pelouse, ma pelouse, et cela m’a réjoui. Je t’ai parlé de mon voisin, le juge qui a signé le mandat d’arrêt contre le sénateur Pinochet, en 1998.
Tu as souri quand je t’ai dit qu’il ne savait pas vraiment qui était Pinochet – « la Justice est aveugle », m’avait dit le juge. Tu dévorais les détails, et aussi l’idée même qu’il existe une justice indépendante, ou bien qu’on puisse demander des comptes à un puissant déchu. Nous avons parlé du monde, de ton nouveau livre, du mien. Nous avons ri, mangé, nous sommes inquiétés. Nous avons fait toutes ces choses ensemble. Quelques mois plus tard, je retournais dans ta ville merveilleuse.
Et puis tu as été enlevé. On m’a dit que c’était à cause des mots que tu as prononcés en place publique, ce qui les rendait pires encore. On m’a dit que ces mots parlaient de mains qui se glissent dans un sac. Ces paroles étaient nuisibles, a-t-on dit. Nous savons, toi et moi, chacun à notre façon,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Très présente sur la scène politique, la descendance de l’ancien leader anglophone compte notamment un candidat à l’élection présidentielle prévue en octobre.
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Récit

Cameroun : de Salomon à Akere, la saga de la famille Muna

Très présente sur la scène politique, la descendance de l’ancien leader anglophone compte notamment un candidat à l’élection présidentielle prévue en octobre.

Par                                            Josiane Kouagheu (Douala, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-05-03T16:18:21+02:00"

        Le 03.05.2018 à 16h18






    
Salomon Tandeng Muna (à gauche), ancien premier ministre du Cameroun anglophone, en 1970, et son fils Akere Muna, candidat à l’élection présidentielle de 2018.
Crédits : AFP - Facebook/Akere Muna


8 octobre 2017. Akere Muna, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats du Cameroun, déclare, à la surprise générale, son intention de se porter candidat à l’élection présidentielle prévue en octobre 2018. L’annonce fait les choux gras de la presse et tient en haleine les réseaux sociaux. Le patronyme du candidat y est pour beaucoup. Car Akere Muna est l’un des fils de Salomon Tandeng Muna, qui fut premier ministre du Cameroun anglophone de 1968 à 1972. Cet instituteur né vers 1912 dans la région anglophone du Nord-Ouest a été l’un des artisans de la réunification du pays.

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Après la première guerre mondiale, le Cameroun, sous protectorat allemand, était passé sous la tutelle de la France et du Royaume-Uni. Au lendemain de l’indépendance, en 1960, la République fédérale du Cameroun fut créée le 1er octobre 1961 avec deux Etats fédérés : le Cameroun francophone et le Cameroun anglophone. Puis, à la faveur d’un référendum initié par Ahmadou Ahidjo, premier président du Cameroun, et Salomon Tandeng Muna, la République unie du Cameroun vit le jour le 20 mai 1972. L’ancien premier ministre sera par la suite élu président de l’Assemblée nationale. A sa mort, en 2002, il acquerra le rang d’icône nationale pour de nombreux Camerounais.
« Le peuple a soif de changement »
« Aujourd’hui, la famille Muna est présente sur la scène politique à travers les enfants », observe Jean-Bruno Tagne, journaliste politique à Canal 2 International, l’une des chaînes privées les plus suivies du Cameroun. De fait, la descendance Muna n’a pas déçu. Sur le plan professionnel, tous ont réussi.
Des cinq enfants vivants de Salomon Tandeng Muna, deux évoluent loin des projecteurs : Georges, l’ingénieur agronome, et Wally, cardiologue comme son grand frère Daniel, décédé en 2009. Ce dernier, qui avait été président de l’ordre national des médecins du Cameroun, assurait jusqu’à sa mort la présidence de la polyclinique Muna, l’une des plus importantes du Cameroun.
Les Muna les plus célèbres sont Bernard, l’aîné, Akere, le candidat à l’élection présidentielle, et Ama Tutu, la benjamine. « Nous avons travaillé dur pour arriver où nous sommes aujourd’hui. Personne n’a eu de faveurs. Notre père nous a appris la valeur du travail bien fait », assure Bernard, qui reçoit dans son bureau niché dans les locaux de la fondation Salomon-Tandeng-Muna, inaugurée en 2008 à Yaoundé.

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Comme son frère Akere, Bernard Muna, 77 ans, a été bâtonnier de l’ordre des avocats. Ensemble, ils ont créé Muna & Muna, l’un des plus gros cabinets d’avocats du pays. Ancien procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda, l’homme est surtout connu pour sa « passion politique ».
Il a rejoint le Social Democratic Front (SDF), principal parti d’opposition, dès sa création en 1990. Il était d’ailleurs le directeur de campagne de John Fru Ndi, l’opposant historique, lors de la présidentielle de 1992. Fâché avec ce dernier, il a quitté le parti et fondé l’Alliance des forces progressistes (AFP), pour le compte de laquelle il s’est présenté à l’élection présidentielle de 2011. Il recueillera 0,38 % des voix, contre 77,99 % pour Paul Biya, chef de l’Etat depuis 1982. Un échec cuisant.
« Cette année est la bonne pour les Muna. Mon frère Akere a toutes les chances de remporter l’élection présidentielle car le Cameroun est à bout, veut-il croire. Regardez la grogne sociale ! Le peuple a soif de changement et est prêt à se battre pour ça. »
« Un pacte direct avec le citoyen »
Dans sa villa du quartier Bastos, à Yaoundé, Akere Muna affiche la même confiance. L’avocat de 65 ans, parfaitement bilingue contrairement à son grand frère, a été président de l’Union panafricaine des avocats. Elu vice-président de Transparency International, l’ONG fondée par le juriste allemand Peter Eigen, son « ami personnel », il est le fondateur de la branche camerounaise de l’organisation. Akere Muna a aussi été à la tête du Conseil économique, social et culturel de l’Union africaine.
C’est ce parcours qui l’a poussé à s’engager en politique. « C’est bien de dire ce qu’il faut faire en tant que monsieur anticorruption, défenseur des droits humains, avocat… mais à un moment je me suis demandé s’il ne fallait pas faire partie directement de la solution », explique le candidat, qui décide alors de « signer un pacte direct avec le citoyen ». Depuis, Akere Muna sillonne le Cameroun pour rencontrer la population qui, selon lui, « se sent oubliée des oligarques ».

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Pour gagner ces élections, l’ancien bâtonnier est conscient que son parcours et son nom ne suffisent pas. Depuis 2016, la partie anglophone du Cameroun, qui représente environ 20 % de la population, est plongée dans une grave crise socio-politique. Des affrontements entre l’armée et les combattants séparatistes ont fait de nombreux morts.
Certains anglophones qui réclament leur indépendance accusent d’ailleurs Salomon Tandeng Muna d’avoir « trahi » et « vendu » le Cameroun anglophone. « On l’accuse de beaucoup de choses, mais il n’a fait que servir avec honnêteté son pays », balaient ses deux fils, qui accusent le gouvernement d’avoir « mal géré la crise en optant pour la répression au lieu du dialogue ». « Il y a un problème de gestion. Les gens vivent mal. Il faut gagner les cœurs, parler avec eux », assure Akere Muna.
« Nous resterons une famille unie »
Dans la course à la présidentielle, l’ancien vice-président de Transparency International doit faire face aux accusations de sa sœur, qu’il surnomme « la reine ». Proche du pouvoir, Ama Tutu Muna a porté plainte pour détournement de succession contre le candidat, administrateur des biens légués par leur père, et son frère Bernard.
L’ancienne ministre des arts et de la culture, nommée en mars 2017 au sein de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, dont le but est de trouver des solutions à la crise anglophone, conteste la gestion de son frère et assure n’avoir jamais assisté à un jugement d’hérédité – ce que réfutent ses aînés. « Ama Tutu sait bien que la gestion de l’héritage familial s’est toujours faite en toute transparence. Depuis la mort de notre père, elle ne s’est jamais plainte. Pourquoi maintenant ? », s’interroge Bernard Muna. « La justice tranchera. Je n’ai pas peur. Tout a toujours été légal », renchérit Akere.

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La sortie d’Amas Tutu Muna est-elle une manœuvre du parti au pouvoir pour discréditer Akere Muna ? Pour Jean-Bruno Tagne, le candidat fait partie des « poids lourds de cette présidentielle ». Selon le journaliste, l’élection a commencé à être prise au sérieux au moment où Muna a annoncé sa candidature. « Parce que dans le camp du pouvoir, on sait que c’est quelqu’un qui a un bon carnet d’adresses, y compris à l’international. Il peut aussi facilement trouver les moyens financiers pour mener une bonne campagne électorale. »
Jean-Bruno Tagne assure que les Muna ont été, durant des décennies, admirés par le Cameroun entier pour « la cohésion et l’amour » qui régnaient au sein du clan. « Cette plainte est donc un coup terrible porté à l’image de la famille », ajoute-t-il. Malgré tout, les deux frères assurent que jamais ils ne se détourneront de leur sœur. « Dans notre famille, chacun a toujours eu le droit d’avoir sa propre opinion, d’exprimer ses craintes et de lutter pour ce qu’il estime juste. Notre père nous a inculqué cette valeur. Nous resterons une famille unie », jure Akere Muna.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Séquestrée chez elle, la veuve du Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo a confié à un ami son désespoir face au refus de la Chine de la laisser s’envoler pour l’Allemagne.
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Liu Xia, veuve de Liu Xiaobo : « Il est plus facile de mourir que de vivre »

Séquestrée chez elle, la veuve du Prix Nobel de la paix Liu Xiaobo a confié à un ami son désespoir face au refus de la Chine de la laisser s’envoler pour l’Allemagne.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 17h10
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

Ami de longue date de Liu Xiaobo, le Prix Nobel de la paix chinois décédé en juillet 2017, et de son épouse, Liu Xia, le poète chinois exilé Liao Yiwu a décidé de rompre le silence sur l’impossible départ de Liu Xia en Allemagne, qui était pourtant prévu en avril.
Liu Xia, poétesse et photographe de 57 ans, est séquestrée chez elle à Pékin depuis l’attribution du prix Nobel en 2010 à son mari emprisonné. Elle est encore sous surveillance permanente des services de sécurité et extrêmement contrainte dans sa vie de tous les jours. Elle n’est pourtant accusée d’aucun délit.
Le dissident Liao Yiwu – auteur de Dans l’Empire des ténèbres, le récit de ses années d’enfer dans les prisons chinoises après le mouvement de Tiananmen –, qui vit à Berlin, a fait parvenir à plusieurs sites Internet, dont China Change, les propos de désespoir que lui a tenus Liu Xia au téléphone le 8 puis le 30 avril.
Lors de la seconde conversation, Liu Xia lui a dit n’avoir plus peur de rien. « Si je ne peux pas partir, je mourrai chez moi. Xiaobo est parti, il n’y a plus rien qui me retient dans ce monde. Il est plus facile de mourir que de vivre. Il n’y a rien de plus facile pour moi que de faire de la mort un geste de défi », dit-elle.
Salutations spéciales d’Angela Merkel
Dans la conversation du 8 avril, dont Liao Yiwu livre l’enregistrement, elle avait déjà évoqué ce geste, tout en ajoutant qu’elle n’avait pas les moyens matériels de le mettre à exécution. Liu Xia avait ensuite sangloté au téléphone pendant seize longues minutes.
Liao Yiwu a ajouté, à ce moment de l’enregistrement, l’air de piano de Dona Dona, une chanson yiddish dont les paroles décrivent un veau ligoté qu’on mène à l’abattoir et qui symbolise l’Holocauste. Liu Xiaobo et son épouse se passionnaient pour l’histoire de la Shoah, explique M. Liao dans le message qu’il a joint à l’enregistrement envoyé aux journalistes. « Ecoutez, tout le monde : Liu Xia,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’organisation séparatiste basque a confirmé, dans une « déclaration finale », mettre fin à toute activité politique.
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ETA annonce officiellement sa dissolution

L’organisation séparatiste basque a confirmé, dans une « déclaration finale », mettre fin à toute activité politique.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 18h45
   





                        



C’est désormais officiel. L’organisation séparatiste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA – « Pays basque et liberté ») a annoncé dans une « déclaration finale » datée du 3 mai et distribuée à la presse sa dissolution, et la fin de toute activité politique.
Dans un enregistrement audio publié sur la plate-forme internet du journal basque Gara, relais privilégié de l’organisation pour ses communiqués, le texte est lu en différentes langues par un chef historique de l’organisation, Jose Antonio Urrutikoetxea, dit Josu Ternera, en fuite depuis 2002, et l’« etarra » emprisonnée Marixol Iparragirre.
ETA assure avoir pris cette décision « pour que le processus en faveur de la liberté et de la paix continue à travers d’autres voies. C’est la conséquence logique de la décision adoptée en 2011 d’abandonner la lutte armée ».
Pas de contrepartie
L’organisation avait déjà annoncé dans une lettre adressée aux personnalités l’enjoignant de renoncer à la violence, datée du 16 avril et publiée mercredi dans la presse espagnole, avoir « dissous complètement toutes ses structures ».
Fondée sous la dictature de Francisco Franco, ETA a fait au moins 829 morts dans une campagne d’assassinats et d’attentats à la bombe en Espagne et en France, au nom de l’indépendance d’« Euskal Herria », le Pays basque espagnol et français et la Navarre. Décimée par les arrestations de ses chefs, rejetée par la population, l’organisation classée comme terroriste par l’Union européenne avait déjà renoncé à la violence en 2011 et livré ses armes l’année dernière.
Le gouvernement espagnol a jusqu’à présent refusé toute contrepartie à la dissolution d’ETA, née en 1959 lors de la lutte contre le franquisme. « Quoi qu’elle fasse, ETA ne trouvera aucune faille et pas d’impunité pour ses crimes », a déclaré jeudi le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.
« Tout le projet d’ETA a été un échec retentissant. Elle n’a rien obtenu (…) en assassinant des centaines de personnes, ni quand elle a arrêté de tuer parce que sa capacité d’action avait été anéantie par les forces de sécurité et elle n’obtiendra rien de nouvelles opérations de propagande. »

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                L’organisation basque ETA demande pardon pour le « mal » causé durant sa lutte armée



358 crimes inexpliqués
L’immense majorité des Basques rejette la violence, mais une minorité réclame encore l’indépendance. La coalition séparatiste EH Bildu, second parti au Parlement basque, a recueilli 21 % des voix aux élections régionales de 2016.
Beaucoup de victimes d’ETA ne sont pas prêtes à pardonner le sang versé pendant les années de plomb. Dans une conférence de presse à Saint-Sébastien, la ville basque qui a connu le plus d’attentats, le Collectif des victimes du terrorisme (Covite) a exigé qu’ETA condamne la terreur et cesse de rendre des hommages publics à ses militants quand ils sortent de prison. Il attend aussi qu’elle fasse la lumière sur 358 crimes encore inexpliqués.
L’Espagne avait mal accueilli un message diffusé le 20 avril où la faction armée regrettait « les torts causés », mais ne demandait pardon qu’aux seules victimes qui n’étaient pas parties au « conflit », laissant entendre que les autres, comme les policiers, étaient des cibles légitimes.
L’annonce de la dissolution devait être suivie vendredi d’une « conférence internationale » à Cambo-les-Bains, au Pays basque français, où sont attendus Gerry Adams et des représentants de plusieurs partis espagnols qui seraient ainsi garants de la bonne foi d’ETA.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Selon l’assureur Bertrand Hartemann, dans une tribune au « Monde », la généralisation du paiement numérique sur les plates-formes privées offre à l’Etat un outil de surveillance accrue de la population.
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« La “fintech” chinoise, un “fait social total” qui est tout sauf neutre »

Selon l’assureur Bertrand Hartemann, dans une tribune au « Monde », la généralisation du paiement numérique sur les plates-formes privées offre à l’Etat un outil de surveillance accrue de la population.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 14h00
    |

Bertrand Hartemann (Directeur marketing d’Allianz Chine)







                        



                                


                            
Tribune. Forte d’un marché de 730 millions d’internautes, la Chine s’impose comme le centre névralgique de la finance numérique, la fintech. Les géants des nouvelles technologies plongent leurs racines au plus profond des pratiques quotidiennes de la société de consommation chinoise. Baidu, Alibaba et Tencent ont su développer des écosystèmes complets combinant services d’usage quotidien et offre financière. Le succès est d’autant plus fort que la classe moyenne chinoise a été délaissée par un système bancaire principalement tourné vers le financement de l’appareil industriel. Mais cet essor de la fintech a également sa part d’ombre.
Résiliente au « big bang » de la crise financière de 2008, la Chine abrite aujourd’hui plusieurs des plus grandes banques du monde
Le succès de la fintech chinoise réside dans la conjonction d’une société avide de nouvelles technologies, d’un système bancaire sous-développé et d’un environnement réglementaire souple. Résiliente au « big bang » de la crise financière de 2008, la Chine abrite aujourd’hui plusieurs des plus grandes banques du monde.
Mais sous la tutelle du gouvernement, le système bancaire s’est principalement structuré autour du financement des entreprises publiques et des collectivités locales. Près des deux tiers des prêts leur sont destinés. Les petites entreprises et la classe moyenne subissent au contraire un rationnement du crédit et une faible rémunération des dépôts.
Vide comblé
Les géants du numérique ont naturellement comblé le vide en répondant à l’ensemble des besoins, financiers et non financiers, de la classe moyenne chinoise. Le smartphone est devenu compagnon de tous les instants du consommateur chinois. Il sert à socialiser, s’informer, commander un repas, prendre un taxi, payer en magasin ou encore effectuer des transferts d’argent au profit d’un autre utilisateur…
En chine, l’argent liquide et les cartes bancaires sont presque devenus un anachronisme
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Ravagée par la crise dans les années 1980, la ville industrielle a retrouvé sa prospérité. Mais celle-ci ne profite pas à l’ensemble de la population.
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Pittsburgh, ville phénix de la « Rust Belt » américaine

Ravagée par la crise dans les années 1980, la ville industrielle a retrouvé sa prospérité. Mais celle-ci ne profite pas à l’ensemble de la population.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 13h06
    |

            Jessica Gourdon








                        



                                


                            

Le long de la rivière Monongahela, d’immenses hauts-fourneaux rouillés se dressent au milieu d’un terrain vague. De 1884 à 1982, cette usine de Pittsburgh (Pennsylvanie), qui a appartenu au milliardaire Andrew Carnegie et à l’US Steel, crachait jusqu’à 1 250 tonnes de fer par jour, et employait 15 000 ouvriers. Parmi eux, de nombreux Tchèques, Polonais ou Slovaques venus tenter leur chance en Amérique.
A l’époque, la « Steel City » des Appalaches (nord-est des Etats-Unis) était l’une des villes les plus prospères du pays. Aujourd’hui, la friche de cette usine accueille des visites guidées pour les touristes. Les hangars poussiéreux, encore jonchés de pièces industrielles, sont loués pour des tournages de film, des mariages, des concerts…
Pittsburgh, où la métallurgie faisait vivre jusqu’à 90 000 personnes avant l’effondrement du secteur, s’est métamorphosée. Après des années de crise – la ville a vu disparaître la moitié de sa population en trente ans –, elle ne perd plus d’habitants. Elle se positionne comme la reconversion la plus réussie de la « Rust Belt », la « ceinture de la rouille ». Son taux de chômage est de 4,3 %, contre 7,8 % à Detroit et 6 % à Cleveland, les cités voisines. Surtout, le revenu médian d’un foyer y atteint 42 000 dollars par an (environ 35 000 euros), quand il est de 31 000 dollars à Cleveland et de 26 000 dollars à Detroit ou à Flint.
Cette résurrection est liée aux technologies et aux sciences du vivant. Depuis dix ans, Pittsburgh séduit une nouvelle population de jeunes diplômés, chercheurs-entrepreneurs dans ces domaines, qui lui ont permis de retrouver une forme de prospérité. Ainsi, Uber y emploie 400 personnes dans son centre de recherche sur les véhicules autonomes, Facebook y a installé son équipe travaillant sur la réalité virtuelle, et Google y compte 500 ingénieurs… Amazon, de son côté, a inscrit la ville sur sa liste finale pour l’installation de son second siège – avec une promesse de 40 000 postes.

A...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Notre chroniqueur Benjamin Augé explique pourquoi le président Idriss Déby a rétabli les relations avec Doha tout en nommant son fils ambassadeur aux Emirats arabes unis.
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Chronique

« Etranglé économiquement, le Tchad a opéré un revirement complet vis-à-vis du Qatar »

Notre chroniqueur Benjamin Augé explique pourquoi le président Idriss Déby a rétabli les relations avec Doha tout en nommant son fils ambassadeur aux Emirats arabes unis.

Par                                            Benjamin Augé (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 03.05.2018 à 12h54

     •
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        Mis à jour le 03.05.2018 à 14h42






    
Le président tchadien, Idriss Déby, à Berlin, en octobre 2016.
Crédits : JOHN MACDOUGALL / AFP


Chronique. Depuis le début de la crise entre les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite, l’Egypte, Bahreïn et le Qatar, en juin 2017, certains pays africains se sont positionnés pour l’une ou l’autre partie. Le Tchad s’est alors démarqué par son activisme contre le Qatar en affichant une proximité à toute épreuve avec les Emirats. Cette relation vient encore de prendre de l’ampleur avec l’arrivée du premier ambassadeur tchadien à Abou Dhabi.
Depuis plusieurs mois, son nom était évoqué avec de plus en plus d’insistance dans les couloirs de la présidence, à N’Djamena. Le propre fils du président Idriss Déby, Zakaria Idriss Déby, a été confirmé, le 4 avril, comme le premier titulaire du poste d’ambassadeur tchadien à Abou Dhabi. Jusqu’à présent, N’Djamena n’était représenté dans les Emirats que par un simple consul à Dubaï.
Bouée de sauvetage
Ancien directeur de la compagnie Toumaï Air Tchad, qu’il n’a pas réussi à sauver de la faillite, puis directeur adjoint du cabinet civil de son père, Zakaria Idriss Déby, 33 ans, n’a encore jamais été associé aux activités du ministère des affaires étrangères. Cependant il a, dès le début de la crise avec le Qatar, été dépêché par son père à Abou Dhabi. Durant plusieurs semaines, Zakaria Idriss Déby a fait valoir avec succès auprès du prince héritier, Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane, combien l’influence de son père pouvait s’avérer déterminante pour ramener plusieurs pays africains dans le giron saoudo-émirati.

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                Le Qatar et les Emirats arabes unis à la chasse aux amis africains



En parallèle, Idriss Déby a mis tout son poids pour que ses voisins du Sahel rappellent leurs ambassadeurs basés au Qatar, faisant ainsi basculer en juin 2017 le Niger, la Mauritanie et même le Sénégal – jusqu’au retour à Doha de l’ambassadeur de ce dernier, en septembre. Le Tchad a même été plus loin en rompant toutes relations diplomatiques avec le Qatar fin août.
L’activisme du président tchadien dans le Golfe lui a permis de récolter d’importantes promesses d’aide. Lors d’une conférence organisée à Paris du 6 au 8 septembre 2017, les Emirats arabes unis ont largement contribué à ce que la Banque islamique de développement, le fonds de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea) se mobilisent massivement en faveur du Tchad.
Un autre forum économique sur les investissements au Tchad a même été organisé le 13 septembre à Abou Dhabi. Le président Déby perçoit les Emirats comme une possible bouée de sauvetage de son économie, plombée par une production pétrolière en constante diminution et des cours très bas depuis 2014.
Virage à 180 degrés
Si Idriss Déby a souhaité personnaliser sa relation avec les Emirats arabes unis via la nomination de son fils, il a depuis quelques semaines fait faire un virage à 180 degrés à sa politique envers le Qatar. Le président tchadien a soudainement dépêché en jet privé, le 20 février, son ministre des affaires étrangères, Mahamat Zene Cherif, à Doha, afin de signer un accord prévoyant la reprise des relations diplomatiques et la réouverture prochaine de son ambassade dans ce pays du Golfe.
Etranglé économiquement, le Tchad a été contraint à ce revirement complet du fait de la nécessité de rediscuter un prêt de 1,4 milliard de dollars (près de 1,2 milliard d’euros) qu’il avait contracté en 2014 avec le trader Glencore.

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                Diplomatie tchadienne au Qatar : marche arrière toute !



Or l’un des principaux actionnaires de Glencore n’est autre que le fonds d’investissement qatari, la Qatar Investment Authority. Celle-ci a été particulièrement précieuse pour que Glencore accepte enfin une renégociation des termes du prêt dont les résultats, favorables pour N’Djamena, ont été annoncés quelques heures avant la reprise des relations bilatérales entre les deux pays. Ces discussions, totalement bloquées depuis plusieurs mois, ont alors été menées à leur terme, comme par magie, à la vitesse de la lumière.
Malgré la reprise des relations diplomatiques, aucun ambassadeur n’a encore été nommé par Idriss Déby au Qatar. Il vient tout juste de décharger officiellement de ses fonctions celui qui avait été rappelé en juin 2017, Aboubakar Siddick Tchoroma. Le profil du futur impétrant sera particulièrement intéressant à scruter afin de comprendre quel type de relation le président tchadien souhaite entretenir dans l’avenir avec l’émirat gazier.
En attendant, le Qatar vient d’envoyer une équipe pour trouver un terrain afin de construire une ambassade à N’Djamena. Jusqu’à la rupture des relations diplomatiques l’année dernière, Doha logeait son ambassadeur dans un hôtel.
Benjamin Augé est chercheur associé aux programmes Afrique et Energie de l’Institut français des relations internationales (IFRI).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ A Pittsburgh, en Pennsylvanie, ou à Youngstown (Ohio), les municipalités détruisent les maisons abandonnées, afin de rendre un maximum de terrains à la nature.
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Aux Etats-Unis, des villes tirent parti du déclin démographique

A Pittsburgh, en Pennsylvanie, ou à Youngstown (Ohio), les municipalités détruisent les maisons abandonnées, afin de rendre un maximum de terrains à la nature.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h53
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 13h08
    |

            Jessica Gourdon (Pittsburgh, Pennylvanie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Comment rendre attractive et fonctionnelle une ville qui a été conçue pour deux fois plus d’habitants ? Cette difficulté est au cœur de la gestion urbaine de nombreuses villes de la Rust Belt (« ceinture de rouille »). Pittsburgh (Pennsylvanie), qui a perdu plus de 300 000 résidents en trente ans, compte 29 000 maisons ou terrains inoccupés. Elle en fait peu à peu l’acquisition, pour y promouvoir de nouveaux usages : jardins potagers, réserves d’eau de pluie, fermes de panneaux solaires… Quant aux infrastructures vieillissantes – la ville compte plus de 400 ponts – et sur-dimensionnées, tout se décide au cas par cas. « Souvent, nous devons faire des choix : faut-il réparer cet escalier extérieur peu fréquenté ? Dépenser 2 millions de dollars pour rénover une route rendue inutilisable par un glissement de terrain, alors qu’elle n’est plus essentielle ? », s’interroge Grant Evin, responsable de la résilience à la mairie.

« Offrir une meilleure qualité de vie »
Youngstown, ancienne ville industrielle de l’Ohio, a adopté une posture plus radicale, qui lui a valu une médiatisation internationale. La ville, passée de 160 000 habitants en 1960 à 66 000 aujourd’hui, « a décidé d’accompagner le déclin de sa population, plutôt que de lutter contre », explique le chercheur Max Rousseau, qui étudie ces modèles urbains. En accord avec sa population, elle a renoncé à certains quartiers, ceux où l’immobilier s’était énormément déprécié et où la part de maisons vacantes atteignait jusqu’à 70 %. Elle y détruit toutes les maisons abandonnées, afin de rendre un maximum de terrains à la nature, pour de la reforestation ou de l’agriculture.
En revanche, dans les quartiers plus stables, elle rénove les maisons abandonnées, afin de recréer de l’attractivité et de la densité à cette échelle. « C’est ce que Youngstown appelle le “smart shrinkage” [rétrécissement intelligent], poursuit M. Rousseau. L’idée de ces politiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Paris nourrit d’étroites relations avec l’Arabie saoudite, constate l’historienne Sophie Bessis dans une tribune au « Monde », ajoutant que la politique extrémiste du gouvernement israélien représente aujourd’hui un danger pour les juifs du monde.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Cessons d’accueillir en France les prescripteurs d’un antisémitisme érigé en doctrine d’Etat »

Paris nourrit d’étroites relations avec l’Arabie saoudite, constate l’historienne Sophie Bessis dans une tribune au « Monde », ajoutant que la politique extrémiste du gouvernement israélien représente aujourd’hui un danger pour les juifs du monde.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 13h17
    |

Sophie Bessis (Historienne)







                        



                                


                            

Tribune. L’antisémitisme est chose bien trop grave pour que la lutte contre ce fléau soit instrumentalisée. Or, oubliant les tragédies qui ont ponctué l’histoire du XXe siècle et jetant de l’huile sur les brasiers d’un communautarisme en plein essor, les rédacteurs de l’Appel des 300 [publié dans Le Parisien] assimilent à une « épuration ethnique » les drames trop réels qui ont endeuillé au cours des dernières années nombre de familles juives françaises et le harcèlement inadmissible dont sont victimes des juifs dans certaines banlieues.
Employée dans le contexte français quand on sait ce qui se passe dans d’autres régions du monde, l’expression est scandaleuse.

L’antisémitisme connaît, il est vrai, une nouvelle jeunesse en France et dans toute l’Europe. Est-il seulement le fait, comme ils le prétendent, de populations que leur appartenance à l’islam rendrait, selon eux, ontologiquement antijuives ? Il ne fait guère de doute qu’une fraction minoritaire de la jeunesse d’origine arabo-musulmane est perméable à la propagande des prêcheurs des mouvances salafistes, qui ont fait de ses frustrations un terrain propice à la propagation de leur haine du juif.
Une « radio de la haine »
Outre le fait que ce « nouvel antisémitisme » ne remplace pas l’ancien, encore bien vivant, d’une France qui fut durant toute la première moitié du XXe siècle à l’avant-garde de l’antisémitisme européen et qui en garde de beaux restes, il convient pour mieux le combattre d’en rappeler les ressorts.

La République n’a pas seulement abandonné ces territoires perdus que sont nombre de banlieues de ses grandes villes, ghettoïsées par l’absence de transports, privées d’opportunités d’emploi, où l’école sans moyens ne peut plus remplir sa fonction d’éducation citoyenne, elle les a remises aux mains d’associations liées aux réseaux de l’islam politique, croyant pouvoir leur sous-traiter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ La hausse des prix pourrait dépasser 2 % sans intervention de la Réserve fédérale américaine.
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Ravie du retour de l’inflation, la Fed n’accélère pas le resserrement du crédit

La hausse des prix pourrait dépasser 2 % sans intervention de la Réserve fédérale américaine.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h33
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


L’inflation est de retour, vive l’inflation ! C’est au fond le message qu’a fait passer mercredi 2 mai la Réserve fédérale américaine (Fed), qui a choisi de ne pas remonter plus rapidement que prévu ses taux d’intérêt. Ils sont restés compris entre 1,5 % et 1,75 %, après avoir été augmentés d’un quart de point en mars. Dans un communiqué qui a ravi les exégètes, l’institution présidée par Jerome Powell a de facto signifié que l’absence d’inflation n’était plus un sujet et qu’elle allait sans doute laisser filer la hausse des prix au-delà de 2 %.
Le retour de l’inflation avait été acté, lundi 30 avril, lorsque le département du commerce a indiqué que la hausse des prix sur un an avait atteint 2 % en mars contre 1,6 % en février. Ainsi est-il mis fin à l’incroyable stagnation de 2017 qui avait laissé circonspecte Janet Yellen, alors présidente de la Fed, même si une explication avait été trouvée avec la baisse des prix dans la pharmacie et les télécommunications. Il n’empêche, le soulagement est net. La pénurie de main-d’œuvre permet enfin aux salaires d’augmenter à un rythme de 2,9 %. Du jamais-vu depuis 2008.
S’y ajoutent quelques éléments plus perturbants mais bienvenus : la baisse du dollar, la hausse du pétrole et les menaces de guerres tarifaires qui font monter les prix. Mais pas de vraie surchauffe comme en témoigne le retrait de la consommation. Dans ce contexte, dans son communiqué, la banque centrale des Etats-Unis s’est réjouie de ce que l’inflation se situait à un niveau proche de 2 %. Elle ne déplore plus que cet objectif ait été manqué et n’indique plus qu’elle surveille de près l’évolution des prix, contrairement à ce qu’elle écrivait encore en mars.

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Second enseignement, la Fed devrait laisser l’inflation dépasser les 2 %, qui devront être une moyenne, pas un plafond. En langage de banquier central, le communiqué est une merveille : « L’inflation sur une base annualisée devrait s’approcher de l’objectif symétrique de 2 % à moyen terme. » Tout est dans le « symétrique » ! Les économistes américains débattaient depuis des mois sur l’attitude à adopter lorsque les prix remonteraient enfin : faudrait-il limiter la hausse strictement à 2 % en remontant les taux au moindre signe de surchauffe, au risque de casser la croissance, ou au contraire laisser s’opérer un rattrapage après des années d’inflation inférieure à 2 % ? Quitte, par exemple, à tolérer un 3 % sur une certaine période ? Ce débat est fondamental pour la crédibilité de la Fed : elle doit faire comprendre que son objectif de 2 % est réellement tenu sur la durée, pour que les acteurs intègrent qu’ils subiront une inflation de ce niveau. Ces anticipations sont indispensables pour que la Fed puisse par sa politique monétaire dicter le comportement des acteurs – entreprises, banques, salariés, consommateurs – et les empêcher de parier sur une baisse de prix.
Prudence
Visiblement, M. Powell, qui a grande confiance dans la solidité de l’économie américaine, n’exclut pas la seconde option. Il se montre extrêmement prudent, même si au moins deux hausses supplémentaires du loyer de l’argent sont attendues cette année, la prochaine en juin.

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Cette normalisation s’accompagne d’une remontée des taux d’intérêt à dix ans, qui ont franchi la semaine dernière la barre des 3 %, et d’un rebond du dollar, l’euro étant même repassé brièvement sous les 1,20 dollar. Avec l’inflation, la faiblesse du billet vert fut le second mystère de 2017 pour les économistes, qui s’attendaient à sa remontée en raison de la hausse du loyer de l’argent aux Etats-Unis, plus rapide que dans le reste du monde. Comme toujours, on a trouvé une explication ex post : un effet Trump négatif pesant sur le dollar et la reprise en Europe qui a conduit des capitaux à traverser l’Atlantique. Le mouvement actuel convient plus aux analystes orthodoxes.
Restent deux sujets sur lesquels la Fed est discrète, voire muette. La relance budgétaire procyclique, et donc malvenue, du président Donald Trump et ses menaces de guerre commerciale, qui pour l’instant n’ont pas d’impact macroéconomique même si elles créent des perturbations sectorielles. Manifestement, M. Powell veille à ne pas dire un mot sur le maelström politique à Washington. Ce silence est la meilleure protection contre une interférence politique, dont la forme la plus commune est désormais un Tweet rageur au petit matin du président américain. Faute de liberté de parole, M. Powell, lui, garde l’essentiel, sa liberté d’action



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La plupart des morts sont attribuées à des chutes d’arbres ou de murs ayant cédé sous la violence des vents, dont certains soufflaient jusqu’à 130 km/h.
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Inde : plus de 100 morts dans des tempêtes de sable dans le nord du pays

La plupart des morts sont attribuées à des chutes d’arbres ou de murs ayant cédé sous la violence des vents, dont certains soufflaient jusqu’à 130 km/h.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h18
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 15h44
   





                        



   


Au moins 116 personnes sont mortes ces derniers jours en Inde, victimes de tempêtes de sable parmi les plus meurtrières depuis plusieurs décennies. Cent deux morts ont été rapportées pour la nuit de mercredi 2 à jeudi 3 mai, et plus de 140 blessés.
Des vents soufflant jusqu’à 130 km/h ont causé 65 morts dans l’Etat d’Uttar Pradesh et 33 dans celui, voisin, du Rajasthan, ont annoncé à l’Agence France-Presse les autorités de gestion des catastrophes de ces deux Etats. Le Pendjab, plus au nord, a pour sa part recensé deux victimes et le Madhya Pradesh, davantage au sud, deux morts également.
Le district d’Agra, dans l’Uttar Pradesh, où se situe le Taj Mahal, est la région la plus lourdement affectée, avec 43 décès répertoriés à ce stade. Le célèbre mausolée moghol est, lui, intact.
Le bilan pourrait être amené à s’alourdir alors que les secouristes s’affairent encore dans les décombres à la recherche de survivants.
Dans un épisode météorologique distinct, la foudre a, par ailleurs, provoqué mercredi la mort de 14 personnes dans l’Etat méridional d’Andra Pradesh.
Chutes d’arbres et de murs
La plupart des morts sont attribuées à des chutes d’arbres ou de murs ayant cédé sous la violence des vents. Des tempêtes similaires surviennent chaque année en Inde, mais généralement sans causer des destructions d’une telle ampleur.
En fin de journée mercredi, un voile blanc avait enveloppé la capitale, New Delhi, brouillant la visibilité avant de céder la place à de violents orages. Aucune mort n’a été signalée dans la mégapole.
« Attristé par les vies perdues en raison des tempêtes de sable dans plusieurs endroits d’Inde. Condoléances aux familles en deuil », ont tweeté les services du premier ministre, Narendra Modi.
De nouvelles tempêtes pourraient survenir au cours des quarante-huit prochaines heures, ont averti les services météorologiques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Soixante pour cent des salariés coréens disent n’avoir jamais vu une femme garder ses lunettes pour travailler. Le geste de la journaliste Lim Hyeon-ju est une première à la télévision coréenne.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Alors que des élections municipales se déroulent jeudi, le budget des mairies britanniques a baissé de 28 % en huit ans. A travers le pays, des bibliothèques ferment, le ramassage des ordures s’espace et les aides aux personnes âgées sont coupées.
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Au Royaume-Uni, les collectivités locales étranglées par l’austérité

Alors que des élections municipales se déroulent jeudi, le budget des mairies britanniques a baissé de 28 % en huit ans. A travers le pays, des bibliothèques ferment, le ramassage des ordures s’espace et les aides aux personnes âgées sont coupées.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h06
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03.05.2018 à 15h24
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

La mairie de Wigan a choisi de ne ramasser les ordures ménagères qu’une fois toutes les trois semaines. Celle de Swindon a fermé tous ses centres Sure Start, consacrés à la petite enfance. A Barnet, décision a été prise de sous-traiter l’ensemble des services municipaux, du standard téléphonique jusqu’au centre d’accueil pour handicapés. Watford a augmenté le prix des enterrements dans le cimetière municipal de 49 %. Quant à la mairie de Northamptonshire, elle n’y arrive plus : en février 2018, elle a dû reconnaître qu’elle ne parvenait pas à équilibrer son budget, ce qui est interdit au Royaume-Uni pour une collectivité locale. Le gouvernement britannique a dû venir à la rescousse.
Le grand plan d’austérité lancé outre-Manche depuis 2010 a fait porter une large partie des coupes budgétaires aux 418 councils du pays, les collectivités locales. L’enveloppe qui leur est versée par l’Etat a chuté de moitié en valeur réelle (corrigé de l’inflation) en huit ans. En comptant les impôts locaux, qui compensent partiellement cette diminution, cela s’est traduit par une baisse de 28 % de leur budget en moyenne, selon les calculs du National Audit Office (NAO), l’équivalent britannique de la cour des comptes.
Une solution politique pratique
Alors que les élections municipales se déroulent dans un tiers des councils du pays jeudi 3 mai, le bilan est désormais préoccupant : « Initialement, les mairies ont réussi à faire face, et à maintenir le niveau de satisfaction du public, mais on arrive maintenant au moment où ça ne peut plus durer », estime Jonathan Carr-West, directeur du Local Government Information Unit, un think tank.
Les collectivités locales ont été particulièrement touchées par l’austérité parce que c’est une solution politique pratique pour faire passer les coupes. Les différentes municipalités ne forment pas un front uni pour s’y opposer, et le grand public ne fait pas forcément le lien entre la hausse du prix...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La Commission européenne table toujours sur une croissance de 2 % en zone euro cette année. Mais les risques pesant sur ce scénario ont augmenté.
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Prévisions de croissance : le protectionnisme préoccupe Bruxelles

La Commission européenne table toujours sur une croissance de 2 % en zone euro cette année. Mais les risques pesant sur ce scénario ont augmenté.



Le Monde
 |    03.05.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
03.05.2018 à 12h15
    |

            Marie Charrel et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


L’optimisme affiché par la Commission européenne en février, lors de la présentation de ses prévisions de croissance intermédiaires, est quelque peu retombé. Jeudi 3 mai, l’institution a publié ses nouvelles prévisions de printemps, et le ton se veut plus prudent, comme le résume le titre du document : « L’expansion devrait se poursuivre malgré l’apparition de nouveaux risques. »
Après la très bonne année 2017, où le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro comme celui de l’Union européenne (UE) ont progressé de 2,4 %, la reprise devrait rester robuste. A condition que la montée du protectionnisme ne dégénère pas en guerre commerciale.
La croissance devrait ralentir un peu
Passé l’effet rattrapage de 2017, la croissance devrait ralentir un peu cette année puis l’année prochaine. Dans la zone euro, elle devrait s’établir à 2,3 % en 2018, puis à 2 % en 2019, prévoit la Commission, comme elle l’estimait déjà en février. « Des goulots d’étranglement devraient apparaître dans certains pays et secteurs », détaille-t-elle, ajoutant que la croissance du commerce mondial devrait également se modérer.
Si les prévisions sont inchangées pour la France (2 % en 2018 puis 1,8 % en 2019), l’Allemagne (2,3 % puis 2,1 %) et l’Italie (1,5 % puis 1,2 %), la Commission est en revanche un peu plus optimiste pour l’économie espagnole, qui devrait croître de 2,9 % cette année, contre 2,6 % estimé en février, et de 2,4 % l’an prochain (contre 2,1 %). Mais elle est un peu plus pessimiste pour la Grèce : elle table désormais sur une croissance de 1,9 % en 2018, contre 2,5 % estimé en février, et de 2,3 % l’an prochain (2,5 %).

   


La baisse du chômage se poursuit
C’est probablement la meilleure nouvelle : le taux de chômage de l’UE devrait tomber de 7,6 % en 2017 à 7,1 % cette année, puis à 6,7 % en 2019. Dans la zone euro, il devrait passer de 9,1 % en 2017 à 8,4 % en 2018 puis 7,9 % in 2019. « Le chômage en Europe est au plus bas depuis dix ans. Nous nous rapprochons ainsi des niveaux d’avant-crise », souligne Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques et financières. 

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« Ce bon chiffre recouvre toutefois des disparités importantes entre les Etats membres et des formes d’emplois variées, nuance-t-il. Si la bataille contre le chômage est en passe d’être gagnée, celle pour des emplois de qualité en France et en Europe ne fait que commencer. » En 2018, le taux de chômage restera très élevé en Grèce (20,1 %), en Espagne (15,3 %) et en Italie (10,8 %), loin des niveaux enregistrés en République tchèque (2,4 %), en Allemagne (3,6 %) ou en Irlande (5,4 %).
Aucun pays n’affichera un déficit public supérieur à 3 % du PIB
Tout un symbole : « Cette année devrait être la première, depuis la création de l’Union économique et monétaire, où aucun gouvernement n’aura à gérer de déficit budgétaire supérieur à 3 % du PIB », souligne la Commission. La reprise et les taux d’intérêt très bas aident les pays membres à assainir leurs finances publiques. Dans la zone euro, le déficit public devrait ainsi tomber à 0,7 % du PIB en 2018, puis à 0,8 % en 2019. La dette publique, elle, devrait s’établir à 86,5 % du PIB en 2018.
En France, le déficit public, à 2,6 % du PIB en 2017, devrait passer à 2,3 % cette année, tandis que sa dette publique devrait un peu baisser, de 97 % du PIB l’an passé à 96,4 % cette année. « Je me réjouis que la France soit désormais en bonne position pour sortir de la procédure pour déficit excessif dans quelques semaines, déclare Pierre Moscovici. C’est l’aboutissement de 10 ans d’efforts de redressement. »
Il se montre tout aussi satisfait à propos de la dette : « La France est désormais sur une trajectoire de désendettement, soutenue par une croissance forte. Alors qu’elle avoisine les 100 points de PIB, faire baisser la dette est un choix politique nécessaire ».
De nouveaux risques planent sur la reprise
Sans surprise, la Commission se montre, elle, aussi préoccupée par la montée des tensions commerciales. « L’économie est plus exposée à des facteurs de risque externes devenus plus déterminants et défavorables », note-t-elle. La volatilité observée sur les marchés financiers ces derniers mois devrait se poursuivre.
La relance budgétaire aux Etats-Unis soutient l’activité à court terme, mais elle accroît le risque de surchauffe et de remontée plus rapide des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine. Sans oublier le protectionnisme qui, en cas d’escalade, est susceptible de peser sur la croissance mondiale. La zone euro, en raison de son degré d’ouverture, est particulièrement exposée.



                            


                        

                        

