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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le chanteur, qui a été condamné et a purgé sa peine pour le meurtre de Marie Trintignant, a vu la pression s’intensifier autour de sa tournée.
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L’Olympia annule les concerts de Bertrand Cantat fin mai par crainte de troubles

Le chanteur, qui a été condamné et a purgé sa peine pour le meurtre de Marie Trintignant, a vu la pression s’intensifier autour de sa tournée.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 18h07
   





                        


L’Olympia a annoncé mercredi 2 mai l’annulation de deux concerts de Bertrand Cantat prévus les 29 et 30 mai, par crainte de « troubles à l’ordre public ». 
Quinze ans après avoir tué l’actrice Marie Trintignant, le chanteur, qui a été condamné et a purgé sa peine, a vu la pression s’intensifier autour de sa tournée. Face à la colère des défenseurs des droits des femmes, il avait déjà renoncé à se produire lors des festivals d’été.

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                « Cantat demande une deuxième chance, comme pour les autres. Mais il n’est pas comme les autres »



Il avait dénoncé une « censure »
Bertrand Cantat, qui a sorti un nouvel album le 1er décembre, Amor Fati, avait dénoncé sur Facebook une « censure » après l’annulation de son concert prévu à Istres (Bouches-du-Rhône). Sur le réseau social, le chanteur avait écrit :
« Nous sommes maintenant à GRENOBLE où j’ai voulu entamer une discussion avec quelques personnes qui manifestaient leur hostilité devant la salle. A peine apparu, un déchaînement de violence, d’insultes, une pluie de coups, aucune possibilité de discuter, de la violence, seulement de la violence, aucune écoute, aucun échange : Bref, le retour au moyen-age. Ces gens sont sourds, et aveuglés par la haine. Peut être se sentent-ils encouragés par le merveilleux climat ambiant. »
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, avait volé à son secours le 15 mars : « Il a été jugé, il a le droit de vivre sa vie (…), il a payé ».

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                La ministre de la culture défend Bertrand Cantat : « Il a le droit de vivre sa vie, il a payé »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Sur la trame d’un scénario un peu grossier, Didier bivel retrace la douloureuse renaissance d’une femme après un viol (sur France 2 à 20 h 55).
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TV - « Parole contre parole »

A voir aussi ce soir. Sur la trame d’un scénario un peu grossier, Didier bivel retrace la douloureuse renaissance d’une femme après un viol (sur France 2 à 20 h 55).



Le Monde
 |    02.05.2018 à 17h45
    |

                            Camille Langlade








                        


Téléfilm sur France 2 à 20 h 55

   


Laura Wagner (Elsa Lunghini) est une femme à qui tout semble réussir. Brillante commissaire-priseuse, elle s’épanouit dans son travail. Libre, elle assume coucher avec qui elle veut. Entourée, elle peut compter sur son petit groupe d’amies. Un jour, elle fait la rencontre de Guillaume Miller (François Vincentelli), réputé et séduisant galeriste. Après le dîner, il l’emmène chez lui. Ils en ont tous les deux envie, mais, découvrant une personnalité abjecte, Laura décide de fuir. Le bellâtre ne l’entend pas de cette oreille et la viole.
La jeune femme menace de porter plainte. « Personne ne te croira, ça sera ta parole contre la mienne », lui rétorque son agresseur. Elle qui, comme il dit, est une fille libre, « c’est-à-dire une fille facile ». La même nuit, Guillaume retrouve le corps sans vie de son épouse. Soupçonné par la police de l’avoir tuée, il nie en bloc et – terrible ironie – reconnaît le viol, afin de se procurer un alibi. Après tout, il préfère passer huit années en prison plutôt que vingt. Or, Laura pense tenir l’occasion parfaite pour prendre sa revanche et conteste les faits. Un temps soulagée par cette « vengeance » opportune, elle va peu à peu se murer dans le silence avant de sombrer dans la dépression.
Déni destructeur
Entremêlant drame humain et intrigue policière, Parole contre parole parvient, malgré un ressort scénaristique quelque peu grossier (le meurtre), à capter l’attention jusqu’au dénouement. Elsa Lunghini, remarquable, interprète avec justesse le rôle de cette femme meurtrie qui se terre dans un déni destructeur. Avant de trouver la force de se confronter à la réalité et mettre enfin des mots sur l’indicible.
A travers ce personnage, le téléfilm de Didier Bivel retrace les différentes étapes auxquelles sont confrontées les victimes de viol ; la manière dont elles peuvent surmonter la violence de ce drame pour parvenir à se reconstruire. Surtout, il porte en creux une réflexion sur la nécessité d’accepter le traumatisme et d’en parler, afin de mieux l’affronter. On regrettera cependant que les personnages de cette fiction, comme tant d’autres, évoluent encore et toujours dans un cadre plutôt aisé et bourgeois.
Parole contre parole, de Didier Bivel. Avec Elsa Lunghini, François Vincentelli, Patrick Ridremont, Sara Martins (Fr., 2018, 95 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Avec « Comment un adolescent maniaco-dépressif inventa la Fraction armée rouge au cours de l’été 1969 », l’écrivain livre le roman déjanté de la jeunesse allemande des années 1960-1970.
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Frank Witzel tient l’Allemagne à portée de tir

Avec « Comment un adolescent maniaco-dépressif inventa la Fraction armée rouge au cours de l’été 1969 », l’écrivain livre le roman déjanté de la jeunesse allemande des années 1960-1970.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 15h52
    |

                            Pierre Deshusses (Collaborateur du "Monde des livres")








                        



                                


                            
Comment un adolescent maniaco-dépressif inventa la Fraction armée rouge au cours de l’été 1969 (Die Erfindung der Roten Armee Fraktion durch einen manisch-depressiven Teenager im Sommer 1969), de Frank Witzel, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, Grasset, « En lettres d’ancre », 990 p., 29,90 €.

Dans la mare des célébrations de Mai 68, ce livre – 1,127 kg, 990 pages – est un pavé au sens propre du terme. Mais c’est aussi une pierre dont on fait les cathédrales. Car c’est à un tel édifice que fait penser cette œuvre magistrale, bâtie autour de quatre-vingt-dix-huit chapitres plus un, comme autant de nefs, de transepts et de déambulatoires. Ce roman nous arrive d’Allemagne, pays qui n’a pas été en reste dans le soulèvement qui fit trembler l’Europe il y a cinquante ans. Mais, à la différence des témoignages hexagonaux souvent si lisses, où chacun porte en sautoir son statut d’ancien rebelle adoubé, ce livre est rugueux, plein de vie et d’éclats, de failles et de doutes.

Comment un adolescent maniaco-dépressif inventa la Fraction armée rouge au cours de l’été 1969 : le titre, déjà, est un programme. Il rappelle Rabelais et Grimmelshausen, cet écrivain baroque du XVIIe siècle. Comme eux, l’auteur est porté par la jubilation du récit dans une époque en mutation. Magnifiquement, son livre raconte ce qu’il est si difficile de raconter : la fracture d’une génération qui ne se reconnaissait plus dans l’austérité morale et la prospérité économique de l’après-guerre. Le « côté vacillant » d’une époque. Une jeunesse débordante et débordée jusqu’à plonger, pour une fraction, dans le terrorisme.
Le roman démarre sur les chapeaux de roue
L’auteur, né en 1955, à Wiesbaden, s’appelle Frank Witzel. Ecrivain au physique de boxeur, il a travaillé quinze ans à cet opus magnum, sans souci d’une quelconque commémoration à venir. C’est d’ailleurs de façon inattendue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Pour « Le Monde », l’auteur de « Comment un adolescent… » offre la genèse et quelques-unes des clés de lecture de son roman.
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Frank Witzel  : « Comme mon héros, je ressasse. C’est pour ça que je suis écrivain »

Pour « Le Monde », l’auteur de « Comment un adolescent… » offre la genèse et quelques-unes des clés de lecture de son roman.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 15h50
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            

Avant la parution de son quatrième roman, ce Comment un adolescent maniaco-dépressif inventa la Fraction armée rouge au cours de l’été 1969, Frank Witzel était un parfait inconnu, y compris dans son pays. Mais en 2015, le Deut­scher Buchpreis (« prix du livre allemand ») a fait décoller cette somme de 1 000 pages qui, depuis, s’est vendue à 80 000 exemplaires. Rencontre à Paris avec cet écrivain traduit en français pour la première fois.

Comment expliquez-vous le succès de ce roman ?
La Fraction armée rouge (RAF) est le grand traumatisme de l’après-guerre en Allemagne. Aujourd’hui encore, il résonne chez tous les Allemands. Mon livre l’approche de manière inhabituelle. A travers les yeux d’un adolescent incapable de comprendre ce qui se passe autour de lui, mais qui cherche désespérément à décrypter le réel. Nous sommes dans les années 1960, mais loin des hippies. Dans une Allemagne rurale qui ressemble encore à celle des années 1950. Famille, Eglise, école, ces autorités sont toujours très prégnantes. Mon personnage voit des images à la télévision – des étudiants, plus tard des terroristes – et, comme il n’a aucune clé pour les déchiffrer, il les interprète à sa façon…

Un exemple ?
Ces étudiants sont pour lui comme des grands frères. On a toujours un sentiment de sympathie pour les grands frères, même s’ils font des choses atroces. Du reste, comme il est très catholique et imprégné d’iconographie chrétienne, il se demande s’ils ne sont pas des martyrs. D’un côté, il voit des représentations du Christ. De l’autre, les photos du cadavre de Holger Meins, totalement décharné à l’issue de sa grève de la faim [ce membre de la RAF est mort le 9 novembre 1974, après 57 jours de grève de la faim]. Ces images lui rappellent les représentations du Christ par Holbein ou Mantegna, à partir desquelles il interprète celles qu’il ne comprend pas.
L’invention...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Une sélection d’ouvrages à regarder et à lire pendant cette période de ponts.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le photographe norvégien expose son œuvre « No. Superhero » jusqu’au 16 juin à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ La star américaine du rap, déjà cible de critiques depuis qu’il a apporté un soutien appuyé à Donald Trump, a qualifié l’esclavage de « choix ».
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Kanye West crée la polémique avec ses propos sur l’esclavage

La star américaine du rap, déjà cible de critiques depuis qu’il a apporté un soutien appuyé à Donald Trump, a qualifié l’esclavage de « choix ».



Le Monde
 |    02.05.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 17h51
   





                        



   


Après un long silence, Kanye West revient, pour le meilleur, ou pour le pire… A 40 ans, la star américaine du rap, est sortie il y a deux semaines d’un silence d’un an observé sur Twitter, postant jusqu’à 20 « tweets » par heure sur des sujets allant de la politique à la philosophie en passant par la mode.
Mardi 1er mai, lors d’un entretien d’une durée de 1 h 45 diffusé sur « The Breakfast Club », émission de la radio new-yorkaise Power 105.1, il a évoqué pêle-mêle la dépression nerveuse qu’il a connue fin 2016, les tensions avec un autre rappeur, Jay-Z, et son point de vue sur Donald Trump…
Dans cette interview, il a expliqué avoir été vexé de ne pas avoir été invité à la Maison Blanche par Barack Obama. Le président démocrate, originaire de Chicago comme Kanye West, l’avait traité d’« abruti » en 2009 pour sa conduite aux MTV Video Music Awards, lorsque le rappeur avait interrompu la cérémonie pour proclamer que Taylor Swift ne méritait pas sa récompense. « Il ne m’a jamais appelé pour s’excuser », s’est-il plaint.

Kanye West a aussi évoqué les futurs billets de banque à l’effigie d’Harriet Tubman, figure de la lutte contre l’esclavage, déclarant : « Quand j’ai vu Harriet Tubman sur le billet de 20 dollars, c’est là que j’ai voulu utiliser le Bitcoin. C’est comme tous les films d’esclaves. Pourquoi tu dois continuer à nous rappeler l’esclavage ? Pourquoi ne mettez-vous pas Michael Jordan sur le billet de 20 dollars ? »
Polémique sur l’esclavage
Après la diffusion de cet entretien, le rappeur s’est expliqué sur TMZ, site spécialisé dans les célébrités, déclarant : « On entend parler de l’esclavage qui a duré 400 ans. Pendant 400 ans ? Ça ressemble à un choix », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous sommes dans une prison mentale. J’aime le mot “prison” parce qu’“esclaves” est trop lié aux Noirs ».

Kanye West stirs up the TMZ newsroom over TRUMP, SLAVERY and FREE THOUGHT. There's A LOT more that went down ... an… https://t.co/RbYkEx54ki— TMZ (@TMZ)


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Van Lathan, un animateur de TMZ, s’en est immédiatement pris au rappeur : « En fait, je ne pense pas que vous pensiez à quoi que ce soit », a-t-il lancé, ajoutant que West mène une vie d’artiste, « alors que nous autres [Noirs] faisons face à toutes sortes de menaces ». « La marginalisation que nous subissons découle de ces quatre cents années d’esclavage dont vous dites qu’elle est un choix de notre peuple. »
Les propos de Kanye West ont immédiatement suscité l’indignation sur les réseaux sociaux. Symone D. Sanders, chroniqueuse politique sur la chaîne de télévision CNN, a mené la charge sur Twitter : « Kanye est la caricature dangereuse d’un Noir ″libre-penseur″ en Amérique. Franchement, je suis dégoûtée et j’en ai marre. Enfin (je ne peux pas croire que je doive le dire) : l’esclavage était loin d’être un choix. »
La NAACP, une association de défense des droits civiques, a aussi réagi sur Twitter : « Il y a beaucoup de fausses informations qui ont été sorties et nous sommes disposés à apporter l’éclairage nécessaire. Le peuple noir a combattu l’esclavage dès le moment où il a mis pied sur ce continent. »
Kanye West a tenté de se justifier sur Twitter : « Bien sûr je sais que les esclaves n’ont pas été enchaînés et embarqués sur des bateaux de leur propre chef. Je voulais dire que le fait d’être resté dans cet état alors que nous étions plus nombreux signifie que nous étions mentalement esclaves. »
Trump, hospitalisation, opioïdes
Kanye West est par ailleurs revenu sur le soutien exprimé la semaine dernière à Donald Trump, qui avait suscité l’incompréhension de nombre de ses fans. Prié de dire ce qu’il admirait chez le président américain, le rappeur a cité « la capacité à faire ce que personne ne pensait qu’on pouvait faire, à faire l’impossible ». 
L’auteur de la chanson Jesus Walks est également revenu sur son hospitalisation de 2016, intervenue après une série d’annulations de concerts et des diatribes politiques. « J’étais sous l’emprise de la drogue. Deux jours avant d’être admis à l’hôpital, je prenais des opioïdes. J’avais une dépendance aux opioïdes. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le fonds vautour Elliott, dirigé par Paul Singer, et Vivendi, dont le premier actionnaire est Vincent Bolloré, bataillent pour le contrôle de l’opérateur historique italien
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Choc de titans autour de Telecom Italia

Le fonds vautour Elliott, dirigé par Paul Singer, et Vivendi, dont le premier actionnaire est Vincent Bolloré, bataillent pour le contrôle de l’opérateur historique italien



Le Monde
 |    02.05.2018 à 12h14
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Le 4 mai prochain, dans la banlieue de Milan, les actionnaires de Telecom Italia (TIM) assisteront à un choc de titans. Deux professionnels des marchés financiers, de l’activisme et des coups de théâtre en assemblée générale s’affronteront avec l’objectif de prendre le pouvoir chez l’opérateur historique italien. Le fonds vautour Elliott, dirigé par le milliardaire Paul Singer, et Vivendi, dont le premier actionnaire est Vincent Bolloré, présenteront chacun une liste d’administrateurs. Celui qui l’emporte est assuré d’avoir la majorité au conseil.
Au siège du groupe de médias français, la semaine dernière, on s’était déjà fait à l’idée de perdre cette bataille, tout en dénonçant la stratégie de « démantèlement » de TIM du fonds Elliott. Si une telle hypothèse se concrétisait, elle constituerait un véritable casse-tête pour Vincent Bolloré. En effet, celui qui détient aujourd’hui 17,2 % du capital et 23,9 % des droits de vote ne pourrait céder ses titres sans perdre 1,3 milliard d’euros.
Il faut dire qu’Elliott, avec 9 % du capital, a habilement manœuvré, profitant de la mauvaise réputation du milliardaire français en Italie pour avancer ses pions. A ce titre, la mise en examen de Vincent Bolloré a été une aubaine. « C’est juste le dernier exemple d’un bilan composé de conflits, de la poursuite d’intérêts propres, et même de problèmes plus graves relevant potentiellement de la criminalité, de la part de ceux qui demandent qu’on leur fasse confiance pour conduire TIM », a lancé Elliott dans un communiqué, le 26 avril, tandis que les ennuis judiciaires de l’homme d’affaires faisaient les choux gras de la presse transalpine.
Quelques résultats probants
Pour séduire les actionnaires de TIM, Elliott tente de faire oublier les divergences stratégiques qui l’ont conduit à monter au créneau contre Vivendi. Ainsi, le fonds rappelle qu’il soutient le plan du directeur général, Amos Genish, homme fort chargé de la convergence chez Vivendi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Grâce à la réforme du crédit d’impôt cinéma, plusieurs tournages ont été relocalisés dans l’Hexagone. Mais les difficultés financières rencontrées par certaines grosses sociétés de production sont susceptibles d’atténuer cette tendance positive.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

En France, l’embellie de l’emploi dans le cinéma et l’audiovisuel pourrait ne pas durer

Grâce à la réforme du crédit d’impôt cinéma, plusieurs tournages ont été relocalisés dans l’Hexagone. Mais les difficultés financières rencontrées par certaines grosses sociétés de production sont susceptibles d’atténuer cette tendance positive.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 12h06
    |

            Nicole Vulser








                        



   


L’effet d’aubaine ne durera sans doute qu’un temps, mais il a été bénéfique pour l’emploi dans les métiers du cinéma et de l’audiovisuel. La réforme du crédit d’impôt cinéma, mise en place le 1er janvier 2016, a permis de maintenir un niveau d’activité élevé grâce à la relocalisation dans l’Hexagone de productions à gros budgets (supérieurs à 20 millions d’euros) qui avaient auparavant tendance à être tournées à l’étranger.
Telle est la principale conclusion de l’étude annuelle de l’Observatoire de la production audiovisuelle et cinématographique menée par la Commission du Film d’Ile-de-France et rendue publique mercredi 2 mai. Elle porte sur l’année 2016, au cours de laquelle « la croissance de l’effectif n’a jamais été aussi forte depuis dix ans [+ 6 %] », se félicite Agnès Evren, vice-présidente de la région Ile-de-France, chargée de la culture, du patrimoine et de la création, qui a commandité cette étude.

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                Cinq chiffres pour tout savoir de la production cinématographique française



En 2016, 4 400 emplois nets ont été créés dans ce secteur, qui recense 36 286 équivalents temps plein (dont 31 119 en Ile-de-France). Si l’emploi des CDI s’est renforcé, 40 % des entreprises d’Ile-de-France n’embauchent que des intermittents.
Le nombre d’entreprises de production (cinéma, programmes audiovisuels, films institutionnels, publicité) et de post-production a augmenté de 4 %, pour atteindre 5 388 (dont 1 557 uniquement pour le cinéma) en Ile-de-France. Au-delà d’un nombre très restreint de grosses entreprises, le secteur reste constitué d’une myriade de toutes petites entités.
Les séries télévisées, important levier de croissance
Cette embellie dans l’emploi en 2016 s’explique par l’effet conjugué de la relocalisation des tournages des films français et de la production hors norme du film de Luc Besson Valérian et la Cité des mille planètes. Si elle n’a pas trouvé son public aux Etats-Unis – mettant en péril EuropaCorp, le studio du réalisateur –, cette superproduction a injecté 75 millions d’euros dans la filière cinématographique hexagonale et généré 450 emplois.

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                « Valérian » fait le beau temps sur le cinéma français à l’international



A ces facteurs positifs s’ajoute la hausse des dépenses de productions étrangères en France, grâce au relèvement du plafond du crédit d’impôt international. Plusieurs blockbusters ont ainsi été tournés en région parisienne, comme Bekfire, d’Aditya Chopra, Cinquante Nuances plus claires, de James Foley, ou Jackie, de Pablo Larrain. De nombreux studios hollywoodiens sous-traitent des productions dans l’animation, tandis que les séries télévisées représentent désormais un important levier de croissance.
En 2017, la relocalisation de la production française s’est poursuivie avec Dans la brume, de Daniel Roby, Un Peuple et son roi, de Pierre Schoeller, L’Empereur de Paris, de Jean-François Richet, ou Santa & Cie, d’Alain Chabat. Même constat pour les productions internationales attirées par l’Hexagone, qu’il s’agisse de Mission Impossible 6 de Christopher McQuarrie, Le 15h17 pour Paris, de Clint Eastwood, ou des séries américaines Sense8 (Netflix) et Patriot (Amazon Studios). En matière d’emploi, « si l’année 2016 était exceptionnelle, 2017 sera encore meilleure », assure l’Observatoire.
L’étude prévoit « une année de consolidation en 2018 » et annonce quelques bémols dans cette euphorie générale. Les auteurs expliquent que « les difficultés financières rencontrées par certaines grosses sociétés de production et la faible structuration du secteur de la production cinématographique française peuvent freiner la croissance des investissements et le développement de films à gros budgets, à même de doper l’emploi dans le secteur ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le fabricant de guitare Gibson a déposé le bilan. En cause ? Sa politique d’acquisitions, qui a épuisé sa trésorerie. A l’inverse d’Apple, la firme a échoué à se réinventer, explique l’éditorialiste économique du « Monde », Philippe Escande, dans sa chronique.
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Gibson, Harley Davidson : « Les icônes américaines ont la vie dure »

Le fabricant de guitare Gibson a déposé le bilan. En cause ? Sa politique d’acquisitions, qui a épuisé sa trésorerie. A l’inverse d’Apple, la firme a échoué à se réinventer, explique l’éditorialiste économique du « Monde », Philippe Escande, dans sa chronique.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h01
    |

            Philippe Escande (Editorialiste économique au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique « Pertes & Profits ». Ils étaient près de 7 000, mardi 1er mai, à s’être rassemblés dans la petite ville polonaise de Wroclaw pour battre le record du plus grand concert de guitare au monde. Hey Joe, le tube planétaire de Jimi Hendrix, a résonné dans le ciel, hommage à une époque révolue, celle de ces années 1970, pleines de fureur, de rock, de liberté… et de guitares. Ce même 1er mai, on apprenait le dépôt de bilan de Gibson, le fabricant des mythiques instruments de Bob Dylan, Elvis Presley, Chuck Berry ou Jimmy Page. Hendrix, lui, préférait le rival de toujours, Fender.
Les icônes américaines ont la vie dure en ce moment. Après Harley Davidson, c’est au tour de Gibson de se préparer à des restructurations douloureuses. Deux marques exceptionnelles, de celles que certains n’hésitent pas à se faire tatouer sur la peau, mais qui, périodiquement, peinent à s’adapter à un monde qui change, tout en tentant de préserver intacte une culture de produits d’exception. Garder un pied dans le passé et en poser un dans le futur.

Gibson n’a pas démérité. Une guitare électrique sur cinq vendues dans le monde sort de ses ateliers et il détient près de 40 % du marché des guitares haut de gamme, ­celles vendues plus de 2 000 dollars pièce (environ 1 700 euros). Mais si le marché de la guitare offre encore un peu de croissance (28 % de hausse aux Etats-Unis depuis dix ans), il fait face à deux dangers bien connus.
Concurrence des jeux vidéo
D’abord, celui de la concurrence internationale – le Japon au départ, et aujourd’hui la Chine –, portée par l’appétence de ses citoyens pour la musique. Ensuite, celui de la concurrence des jeux vidéo auprès des adolescents. A l’âge où jadis on se retrouvait dans une cave entre copains pour rejouer le concert des Stones ou de Deed Purple, on se réunit maintenant sur un canapé pour jouer à « Guitar Hero » sur Playstation. Un best-seller qui a attiré entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le cinéaste brésilien José Padilha se saisit à son tour de l’événement guerrier spectaculaire mais plombe son film avec des séquences chorégraphiques malvenues.
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« Otages à Entebbe » : une transposition maladroite de la prise d’otages de 1976

Le cinéaste brésilien José Padilha se saisit à son tour de l’événement guerrier spectaculaire mais plombe son film avec des séquences chorégraphiques malvenues.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 10h39
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Il y eut déjà quatre transpositions cinématographiques ou télévisuelles mettant en scène l’intervention militaire israélienne qui a délivré les passagers du vol d’Air France pris en otages et détenus dans l’aéroport d’Entebbe, en Ouganda, dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976. Evènement guerrier spectaculaire que le cinéma n’avait déjà pas manqué d’exploiter, « à chaud ». L’adaptation de José Padilha, cinéaste brésilien ayant obtenu l’Ours d’Or au Festival de Berlin en 2007 pour Troupe d’élite, auteur à Hollywood, depuis, d’un remake de Robocop, semble choisir une relative sobriété, en se concentrant, hélas sans trop de surprises, sur les lourds cas de conscience et les états d’âme des divers protagonistes. Ceux des deux pirates de l’air allemands, notamment, s’offusquant de la sélection des passagers, par leur complices palestiniens du FPLP, entre juifs et non-juifs.
Une faute de goût
Le récit s’attarde aussi sur le débat qui oppose Ythzak Rabbin, alors premier ministre d’Israël, prudent et indécis, et Shimon Peres, ministre de la défense, partisan d’une intervention militaire. Lorsque l’assaut survient, Padilha a eu l’idée d’entrecouper les séquences d’action avec des plans d’une chorégraphie d’Ohad Naharin, faute de goût qui plombe irrémédiablement le film, supplément d’âme artistique qui contredit à la fois la dimension spectaculaire du projet tout autant que la volonté de rigueur froide affichée.

Film américain de José Padilha. Avec Daniel Brühl, Rosamond Pike, Eddie Marsan. (1h47). Sur le web : www.ugcdistribution.fr/film/otages-a-entebbe



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Pour son premier long métrage, Yann Le Quellec met en scène des personnages hauts en couleurs mais qu’il peine à faire réellement exister.
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« Cornelius le meunier hurlant » : un récit fantasque et poétique

Pour son premier long métrage, Yann Le Quellec met en scène des personnages hauts en couleurs mais qu’il peine à faire réellement exister.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h15
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
A une époque indéterminée, dans un lieu qui l’est tout autant, débarque un beau jour un garçon plutôt rustaud du nom de Cornelius (Bonaventure Gacon) qui entend y fabriquer du bon pain. Aimablement accueilli par la population – à commencer par le maire Cardamome (Gustave Kervern) et sa jolie fille Carmen (Anaïs Demoustier) – sa situation ne tarde pas à se dégrader, car pour une raison qui reste mystérieuse, l’individu hurle toutes les nuits que dieu fait à la lune. Un ras-le-bol se faisant sentir du côté des dormeurs, le maire prend la tête d’une campagne d’ostracisation d’abord, puis d’expulsion manu militari du meunier noctambule. Mue par l’amour, seule Carmen lui reste fidèle.
Une stylisation certaine mais un rien brouillonne
Voici pour l’argument, inspiré d’un roman du Finlandais Arto Paasilinna, dont la candide bonhomie affaiblit notablement les possibles résonances contemporaines. Quant à la mise en scène, elle procède d’une stylisation certaine mais un rien brouillonne, regardant tout à la fois du côté de la comédie musicale, du western, du film fantastique, du cirque, du burlesque, et, évidemment de la fable.
Tout à son invention fantasque et poétique (on est ici sur un territoire où les ombres de Luc Moullet, d’Alain Guiraudie et de F’murrr jouent à cache cache), le réalisateur a convoqué des décors et des figures hauts en couleurs, mais il peine à faire exister des personnages. En se souvenant de la gracieuse folie des débuts de Yann Le Quellec dans le moyen métrage – Je sens le beat qui monte en moi et La Quepa sur la vilni – on retiendra la prise de risque de ce premier long métrage, en pariant sur un usage plus concerté de celle-ci dans le prochain film.

Film français de Yann Le Quellec. Avec Bonaventure Gacon, Anaïs Demoustier, Gustave Kervern. (1h47) Sur le web : www.facebook.com/Corneliuslefilm, www.advitamdistribution.com/films/cornelius-le-meunier-hurlant/



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le destin d’une classe de lycéens contestataires, en 1956, est l’occasion d’une reconstitution historique consciencieuse et compassée.
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« La Révolution silencieuse »: rébellion adolescente en RDA

Le destin d’une classe de lycéens contestataires, en 1956, est l’occasion d’une reconstitution historique consciencieuse et compassée.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 10h38
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Lorsque, dans cinquante ans, le festival de Berlin proposera sa rétrospective sur « la RDA dans le cinéma allemand de l’après-réunification », La Révolution silencieuse ne sera qu’un complément de programme. Un complkément plus révélateur de l’état d’esprit d’un pays qui se félicite d’avoir rangé au rang des antiquités le système post-stalinien qu’évocateur de la vie au temps d’Erich Honecker (comme l’étaient chacun à sa manière, Barbara ou Goodbye Lenin).
Placé sous l’invocation magique « inspiré de faits réels », le film de Lars Kraume (auteur de Fritz Bauer, un héros allemand), met en scène le destin des élèves d’une classe de terminale dans une banlieue de Berlin-Est. On est en 1956, et Stalinstadt n’a pas encore été débaptisée, le mur n’a pas encore été érigé. Si bien que deux lycéens, Kurt (Tom Gramenz) Leo (Leonard Scheicher) peuvent à l’occasion d’une excursion à l’Ouest, apprendre grâce aux actualités filmées, que le soulèvement hongrois a été réprimé dans le sang par les troupes soviétiques. A leur retour, les garçons convainquent leurs camarades de classe d’observer une minute de silence en hommage aux victimes au début d’un cours, sans rien dire des motifs de leur silence.
Une typologie des personnages qui semble empruntée à un teenage movie américain
Ce comportement met en branle la machine répressive du SED, le parti communiste est-allemand. Les adolescents sont soumis à la pression des fonctionnaires, de leurs parents. Tout cela est clairement énoncé, au fil de rebondissements si bien agencés qu’on suppose qu’ils ne sont, pas, eux, inspirés de faits réels. La typologie des personnages (le rebelle, le bon élève, la jeune fille déchirée entre ces deux garçons) semble empruntée à un teenage movie américain. Quant aux décors et aux accessoires d’époque, ils donnent plus l’impression de visiter le DDR Museum de Berlin que de replonger dans une époque.
Reste l’intérêt d’un épisode révélateur de la violence d’un système, et l’apparition terrifiante de l’excellent Burghart Klaussner (vu chez Haneke, entre autres) dans le rôle du ministre de l’éducation, torturé par les nazis, que l’on sent prêt à torturer les jeunes dont il a la charge.

Film allemand de Lars Kraume, avec Leonard Scheicher, Tom Gramenz, Ronald Zehrfeld, Burghart Klaussner (1 h 51). Sur le web : distrib.pyramidefilms.com/la-revolution-silencieuse,



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le documentariste Kaspar Astrup Schröder porte un regard trop complaisant sur le Danois aux projets ultra médiatisés.
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« Big Time, dans la tête de Bjarke Ingels » : portrait sans recul d’un « starchitecte »

Le documentariste Kaspar Astrup Schröder porte un regard trop complaisant sur le Danois aux projets ultra médiatisés.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 10h38
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » - Pourquoi pas
Avec son agence Big, Bjarke Ingels s’est imposé en quelques années et quelques projets spectaculaires, inventifs et ludiques, comme l’enfant prodige de l’architecture mondiale. En charge de la construction d’une des tours du nouveau World Trade Center, du siège de Google (conjointement avec Thomas Heatherwick), du projet urbanistique pour le moins controversé d’EuropaCity, à Gonesse, il multiplie, à 43 ans, les projets ultra médiatisés.
Sans véritablement donner à voir les bâtiments, sans poser d’autres questions que celle de la réussite et du génie, ce documentaire coule dans une narration un rien artificielle la légende d’un gamin surdoué devenu « starchitecte ». Sympathique dans sa première partie qui revient sur les rêves d’enfant du personnage, ses années de formation, et ses premiers projets au Danemark (l’usine de valorisation des déchets qui fait à la fois piste de ski pour les habitants de Coppenhague, le musée maritime d’Elseneur...), le film adopte peu à peu la posture complaisante d’un tract à la gloire d’un héros de l’ère néolibérale au physique taillé pour les couvertures de magazines, obsédé par la gagne, assoiffé de grandeur.
En se centrant sur l’angoisse de la mort que libère chez Bjarke Ingels un problème de santé bénin, qui lui permet de se comparer au passage à Louis Kahn ou Le Corbusier, puis sur le début de son histoire d’amour avec sa première fiancée, il ne rend pas service à son personnage. Pour une approche plus instructive et plus inspirée, on se référera plus volontiers à The Infinite Happiness (2015), formidable documentaire de Louise Lemoine et Ila Bêcka sur le complexe de logements sociaux « 8 House », construit par Bjarke Ingels dans la banlieue de Copenhague.


BIG TIME - International Trailer from Good Company Pictures on Vimeo.

Documentaire de Kaspar Astrup Schröder (1h33). Sur le web : www.mk2.com/films/big-time-tete-bjarke-ingels



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ La comédie sociale de Xabi Molia plonge parfois dans la grisaille mais retrouve vite de l’allant grâce à ses formidables acteurs.
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« Comme des rois » : une dynastie de perdants charmants

La comédie sociale de Xabi Molia plonge parfois dans la grisaille mais retrouve vite de l’allant grâce à ses formidables acteurs.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 09h10
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h13
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde - A voir »
Sur ce sol – la périphérie d’une ville française loin de Paris –, les catastrophes poussent mieux que le bonheur. « Comme des rois », c’est une antiphrase. Joseph (Kad Merad), le patriarche de la dynastie, est un petit escroc qui risque tous les jours la prison pour quelques dizaines d’euros. Val (Sylvie Testud), la reine mère, a transformé l’appartement en crèche, à l’insu des autorités compétentes. Il suffit qu’un bambin fasse une grosse bêtise pour qu’elle aussi se retrouve derrière les barreaux. Quant au prince héritier, Micka (Kacey Mottet Klein), il seconde de mauvaise grâce son père dans ses petites entreprises, dont la confection et la vente à domicile de grands crus frelatés. Malgré son industrie, le clan est au bord de l’expulsion. Dans ces zones grises de l’économie, la procédure ne sera pas confiée aux huissiers mais à quelques gros bras du coin, qui ont déjà sérieusement amoché Joseph, en guise de première mise en demeure.

        Lire aussi le portrait :
         

          Kad Merad, au nom du père



Bref, Comme des rois pourrait être l’une de ces chroniques de la précarité comme en produit régulièrement le cinéma français, observation minutieuse et navrée de la décomposition sociale qui se conclurait par une petite apocalypse. Mais voilà, Xabi Molia a décidé de faire une comédie. On dirait que ça ne lui vient pas facilement. Lesté par les circonstances esquissées plus haut, son film plonge parfois dans la grisaille. Reste que ce n’est pas d’elle qu’on se souviendra, en repensant à Comme des rois, mais au plaisir de voir deux personnages s’épanouir, deux acteurs trouver le­ terrain de jeu sur lequel ils vont délivrer une performance hors du commun.
Monstre bien intentionné
Un désir loufoque détourne le récit dans sa course. Micka veut devenir acteur. Il y a bien longtemps, une décennie, que Kacey Mottet Klein, qui a aujourd’hui 19 ans, a choisi cette voie (à moins que ce ne soit l’inverse), en faisant ses débuts devant la caméra ­d’Ursula Meier, dans Home, en 2008, puis dans L’Enfant d’en haut, en 2012. Dans Comme des rois, il incarne à merveille la métamorphose qui fait qu’un adolescent gauche, pas très futé (son père ne se prive pas de le lui faire remarquer), se mue en un jeune premier charmant par la grâce de quelques lumières et d’un texte.
Micka participe à un atelier de théâtre et voudrait monter à Paris dans une école d’« acting ». ­Joseph, qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans la mouise, préférerait garder auprès de lui cet ­acolyte maladroit, qu’il croit d’une loyauté à toute épreuve. Kad Merad s’était déjà essayé par le passé à la noirceur, avec des fortunes diverses. C’est probablement son travail dans la série ­Baron noir qui lui a permis d’atteindre les recoins les plus sombres de son registre. Chez Xabi Molia, il navigue avec assurance entre la rancœur mesquine face à un monde qui se refuse à lui et un amour paternel envahissant, toxique. Le comédien prend un plaisir manifeste à mener à bien les méfaits virtuoses et dérisoires de son personnage pour, l’instant d’après, se transformer en monstre bien intentionné. Logiquement, pour un acteur qui a joué dans L’Italien, d’Olivier Baroux, son travail tire le film vers les ­comédies transalpines d’antan.
On aimerait bien que Xabi ­Molia assume plus franchement la dimension comique de son histoire. C’est finalement à Kad ­Merad, plus qu’à la mise en scène, qu’incombera la tâche de faire rire, ce qui arrive à intervalles réguliers au long de la projection. L’image numérique ultra-réaliste, la caméra portée ne favorisent pas non plus la mise en œuvre de la mécanique comique, qui doit insuffler un peu d’allant à cette ambiance venue d’un autre genre. Ce n’est pas très grave : au bout du compte, Comme des rois tient en respect le désespoir, donne foi en ses personnages.

Film français de Xabi Molia. Avec Kad Merad, Kacey Mottet Klein, Sylvie Testud (1 h 24). Sur le web : www.hautetcourt.com/film/fiche/324/comme-des-rois, facebook.com/hautetcourt

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 2 mai)
Senses 1 & 2, film japonais de Ryusuke Hamaguchi (chef d’œuvre)Les anges portent du blanc, film français et chinois de Vivian Qu (à ne pas manquer)Nous, les intranquilles, documentaire de Nicolas Contant (à ne pas manquer)Comme des rois, film français de Xabi Molia (à voir)Hotel Salvation, film indien de Shubhashish Bhutiani (à voir)Takara, la nuit où j’ai nagé, film français et japonais de Damien Manivel et Kohei Igarashi (à voir)Cornelius le meunier hurlant, film français de Yann Le Quellec (pourquoi pas)La révolution silencieuse, film allemand de Lars Kraume (pourquoi pas)Big Time : dans la tête de Bjarke Ingels, documentaire danois de Kaspar Astrup Schröder (pourquoi pas)Otages à Entebbe, film britannique de José Padilha (pourquoi pas)Daphné, film anglais de Peter Mackie Burns (pourquoi pas)Action ou Vérité, film américain de Jeff Wadlow (on peut éviter)
Nous n’avons pas vu :
Milf, film français de Axelle LafontRampage - hors de contrôle, film américain de Brad Peyton





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le cinéaste Ryusuke Hamaguchi a découpé en cinq volets son film « Happy Hour », tableau acide de la société japonaise.
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« Senses » : un quatuor de femmes aux vies désaccordées

Le cinéaste Ryusuke Hamaguchi a découpé en cinq volets son film « Happy Hour », tableau acide de la société japonaise.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 09h09
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h13
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du Monde : chef d’œuvre
Senses, première œuvre distribuée en France du Japonais Ryusuke Hamaguchi, né en 1978, auteur d’une petite dizaine de films inédits, l’est sous la forme d’un feuilleton en cinq épisodes, rassemblés en trois programmes (Senses 1 & 2, Senses 3 & 4, Senses 5), aux sorties échelonnées entre le 2 et le 16 mai. Sous ce traitement d’exception se trouve pourtant, au départ, un long-métrage de plus de cinq heures, Happy Hour, présenté en 2015 au Festival de Locarno – où ses quatre comédiennes reçurent un prix d’interprétation. Durée d’exploitation inhabituelle qui explique le pari de la segmenter, afin d’ouvrir au film plus de fenêtres de programmation. Moins justifiée semble l’accroche quelque peu opportuniste ornant l’opération : « La première série au cinéma ». D’abord parce que le concept remonte au moins au cinéma muet et à ses serials (premiers films à épisodes des années 1910). Enfin, parce que le label « série » fait passer pour une expérience ce qui n’est jamais qu’un conditionnement, et ne dit rien, ou peu, du film en lui-même.

        Lire aussi le compte-rendu du festival de Locarno en 2015 :
         

          Locarno, sous le ciel et la bannière étoilés



Cela posé, venons-en à l’essentiel : Senses est une véritable merveille, une fresque chorale d’une beauté et d’une profondeur confondantes, dépeignant de sublimes portraits de femmes au quotidien, et à travers elles, le paysage étendu d’une certaine désaffection contemporaine. Il entretient, à ce titre, bon nombre d’affinités avec le magnifique Certaines femmes (2016), de l’Américaine Kelly Reichardt, qui reliait aussi l’affect féminin, saisi dans sa pluralité, au sentiment d’abandon et de déshérence propre à nos sociétés modernes. De plus, Senses est issu d’une expérience, dont il tire à la fois son format hors norme et sa forte empreinte réaliste : celle d’un atelier d’improvisation, dont les participants amateurs se sont retrouvés acteurs et actrices du film, et ont inspiré eux-mêmes l’écriture du scénario. Le temps long de la fiction est donc non seulement celui de l’apparition, mais aussi de la concrétisation des personnages, se gonflant dans la durée d’une pluralité de dimensions intimes, sensibles, relationnelles, (dés)amoureuses, caractérielles.
Hamaguchi observe la tectonique des sentiments et des structures sociales invisibles, mais aussi ce qui se réveille, se révolte en l’individu
Quatre femmes, donc, quatre amies de Kobé, approchant la quarantaine – dangereux point de bascule existentielle –, se retrouvent régulièrement pour des sorties. Dès la première scène, réunies pour un pique-nique, elles scrutent la ville recouverte d’un épais brouillard, qui ressemble à leurs vies : obstruée, sans perspective, sans horizon. On plonge, ensuite, dans chacune de ces vies, dans ce qui n’y tourne plus rond et s’appelle souvent « conjugalité ». Sakurako, mère au foyer, mendie ses sorties auprès d’un mari sacrifiant tout à son emploi. Akari, aide-soignante divorcée, vit seule et perd le sens de son travail. Fumi, curatrice d’un centre d’art, est mariée à un éditeur froid et calculateur. Et Jun, en pleine instance de divorce, prend la tangente et disparaît brutalement, lors d’un week-end entre amies. Disparition qui marque le tournant du film et dont la secousse entraîne une série de glissements, de recompositions, dans les existences hébétées des amies restantes.
Miroir tendu aux hommes
Le temps du film est donc celui – un instant, une éternité – que prend une vie pour sortir des habitudes, des modèles dominants, d’un imaginaire social usé. Hamaguchi observe avec une attention infinie, ainsi qu’une adhérence sidérante à l’étoffe humaine de ses personnages, la tectonique des sentiments et des structures sociales invisibles, mais aussi ce qui se réveille, se révolte en l’individu. Sa mise en scène, épurée sans sécheresse, précise sans surplomb, impavide sans mollesse, repose sur les changements d’axe, rythmant les échanges et les écoutes, redéfinissant en permanence les rapports et positions de chacun.

        Lire aussi le factuel :
         

          Le format des séries gagne le cinéma



Bien sûr, son quatuor de femmes, saisies à ce moment où la jeunesse altérée n’est plus un levier, brocarde le foyer traditionnel comme le siège d’une inégalité ancrée au cœur de la société japonaise, un archaïsme irréductible que la modernité n’a pas suffi à balayer. Quatuor qui tend aussi un miroir aux hommes, aux normes qu’ils incarnent, aux codes qu’ils perpétuent. Le récit, dans sa progression imperturbable, pousse ses héroïnes vers une sortie de piste, hors des mythes sociaux qui génèrent autant d’illusions et d’usure. Sortie qui traverse une série de luminosités fluctuantes – aubes rosies, contre-jours contrastés, pénombres épaisses, nuits artificielles – comme un tunnel de sentiments mêlés.
Sonder les plus infimes mouvements de l’existence
Senses est principalement fait d’échanges, de réunions, de repas, en somme de conversations, et culmine lors de deux scènes extraordinaires, dans lesquelles on s’engouffre comme en apnée : un atelier au cours duquel un jeune artiste invite les participants à se toucher, à entrer en contact ; puis la lecture publique d’une romancière, dont le récit sensitif se superpose peu à peu à celui du film. Scènes anodines en surface, mais où les enjeux se nouent en profondeur, en un cosmos étourdissant de trajectoires croisées, de non-dits, de gestes esquissés et de souffles suspendus. On touche alors du doigt le projet de Hamaguchi : sonder les plus infimes mouvements de l’existence, cette intériorité inaccessible des personnages, où se dessine, à chaque seconde, le pacte décisif qui lie l’individu à la société. Un pacte personnel, émotionnel, sensuel et politique. Une position dans le monde.

Film japonais de Ryusuke Hamaguchi. Avec Sachie Tanaka, Hazuki Kikuchi, Rira Kawamura, Maiko Mihara (2 h 20, 1 h 25, 1 h 15). Sur le web : www.unifrance.org/art-house-films

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 2 mai)
Senses 1 & 2, film japonais de Ryusuke Hamaguchi (chef d’œuvre)Les anges portent du blanc, film français et chinois de Vivian Qu (à ne pas manquer)Nous, les intranquilles, documentaire de Nicolas Contant (à ne pas manquer)Comme des rois, film français de Xabi Molia (à voir)Hotel Salvation, film indien de Shubhashish Bhutiani (à voir)Takara, la nuit où j’ai nagé, film français et japonais de Damien Manivel et Kohei Igarashi (à voir)Cornelius le meunier hurlant, film français de Yann Le Quellec (pourquoi pas)La révolution silencieuse, film allemand de Lars Kraume (pourquoi pas)Big Time : dans la tête de Bjarke Ingels, documentaire danois de Kaspar Astrup Schröder (pourquoi pas)Otages à Entebbe, film britannique de José Padilha (pourquoi pas)Daphné, film anglais de Peter Mackie Burns (pourquoi pas)Action ou Vérité, film américain de Jeff Wadlow (on peut éviter)
Nous n’avons pas vu :
Milf, film français de Axelle LafontRampage - hors de contrôle, film américain de Brad Peyton





                            


                        

                        


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Le format des séries gagne le cinéma

Alors que le film japonais « Senses » sort au cinéma en trois vagues, une nouvelle offre « sérielle » vise à mieux ancrer le film en salle et à fidéliser un public.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 09h08
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h21
    |

            Véronique Cauhapé








                        



                                


                            

Drame intimiste du cinéaste japonais Ryusuke Hamaguchi, Senses sort au cinéma en trois vagues, les 2, 9 et 16 mai. Une version redécoupée de son film Happy Hour (2015), d’une durée initiale de cinq heures et dix-sept minutes. Décidée par le cinéaste, les producteurs (Hideyuki Okamoto et Satoshi Takata) et le distributeur (Art House Films), cette offre « sérielle » vise à mieux ancrer le film en salle et à fidéliser un public de plus en plus sollicité par la profusion des longs-métrages.

« L’époque nous rebat les oreilles avec les séries et Netflix, souligne Eric Le Bot, dirigeant et fondateur d’Art House. Il faut que le cinéma prenne sa revanche, s’approprie ce format et que le spectateur ait, en salle, la possibilité d’un rendez-vous répété. » Mais pas n’importe comment et pas avec n’importe quelle œuvre. « Pour Senses, qui propose une immersion dans la société japonaise, à travers le quotidien de quatre femmes, le découpage en trois chapitres nous a semblé approprié. Il relève d’une décision artistique, en concordance avec le film. C’est une des raisons pour lesquelles le procédé demeure exceptionnel », précise Eric Le Bot, qui n’en est pas à son coup d’essai.
En 2013, il avait mené l’expérience avec Shokuzai, série télévisuelle en cinq épisodes de Kiyoshi Kurosawa, d’après le best-seller éponyme de Minato Kanae, remontée pour le cinéma sous la forme d’un long-métrage en deux parties. La première (Shokuzai-Celles qui voulaient se souvenir) avait enregistré 92 000 entrées, la seconde (Shokuzai-Celles qui voulaient oublier), 65 000 entrées. Soit une déperdition de 30 %.
Soirées spéciales et festives
L’écart avait été le même entre les deux premiers volets – il y en avait trois (L’Inquiet, Le Désolé et l’Enchanté) – du film de Miguel Gomes Mille et une nuits (2015), long récit sur les années d’austérité qui ont désagrégé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Shubhashish Bhutiani constelle son film de petits détails qui le préservent d’un trop grand esprit de sérieux.
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« Hotel Salvation » : une comédie funèbre sur les bords du Gange

Shubhashish Bhutiani constelle son film de petits détails qui le préservent d’un trop grand esprit de sérieux.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 09h06
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h14
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » - A voir
On soupçonnera les distributeurs d’Hotel Salvation d’avoir ainsi baptisé leur film (il est sorti sous ce titre dans le monde entier) pour profiter du succès­ ­cinématographique d’un autre établissement indien, le Marigold Hotel (Indian Palace, en français). La moyenne d’âge des personnages du premier long-métrage de Shubhashish Bhutiani, plutôt ­élevée, paraît parquer ­encore un peu plus Hotel Sal­vation, comme le film britannique, dans ce ­segment du marché destiné aux retraités.
Or, ce n’est pas du troisième âge que traite cette comédie philosophique, mais de notre mortelle condition. A Bénarès, il existe ­plusieurs hôtels Salvation, où séjournent ceux des pèlerins qui ont voyagé jusqu’à la ville sainte pour y mourir. Il n’y aurait pas de quoi rire si les puissances divines à l’œuvre à Bénarès appliquaient rigoureusement les règlements en vigueur dans ces établissements : les chambres sont louées pour quinze jours, le temps de mourir en paix. Faute d’exactitude dans les horaires des passages de vie à trépas, le salut passera par de petits arrangements, avec le calendrier, avec les propriétaires. Jusque dans sa dernière extrémité, la comédie humaine ne fait jamais relâche.
Ce n’est pas du troisième âge que traite cette comédie philosophique, mais de notre mortelle condition
Hotel Salvation commence loin de Bénarès, dans une famille de la petite bourgeoisie, dominée par la figure de l’aïeul, Daya (Lalit Behl), professeur à la retraite. Lorsqu’un songe le persuade que son heure est proche, Daya entreprend de convaincre Rajiv, son fils (Adil Hussain), de l’emmener jusqu’à Bénarès. Rajiv travaille dans un de ces bureaux qu’on voit souvent dans les films indiens, où les ordinateurs peinent à émerger d’une paperasse envahissante. Shubhashish Bhutiani le peint comme un homme faible, écrasé par la figure de son père, coincé dans un emploi qui l’ennuie et l’affole par ses exigences, bousculé par son épouse et sa fille rebelle.
Sur un rythme ­exquis
Il n’y a rien de très original dans cette configuration, et l’on sait bien que les réticences initiales de Rajiv face au désir de son père ­feront place à une réconciliation, voire à une épiphanie. Hotel ­Salvation sera donc sentimental, un peu moralisateur. La mort, personnage central du film, ­dispensera le reste de la distri­bution des souffrances et de la ­déchéance physique qui l’accompagnent si souvent, sans doute pour mieux faire valoir les vertus d’une agonie maîtrisée. C’est d’ailleurs pour ses vues métaphysiques qu’il est diffusé en France, par une société, Jupiter, qui ne renâcle pas devant le prosélytisme. Ce serait pourtant une erreur de réduire le film à son seul propos.
Il est mené sur un rythme ­exquis, qui assure avec délicatesse la transition entre les embarras de l’Inde contemporaine et le temps suspendu de Bénarès. Shubhashish Bhutiani peuple son hôtel de figures fugaces (il ­arrive aussi que les occupants mènent à bien le projet qui les a amenés sur les bords du Gange) et attachantes, comme cette veuve qui a obtenu de l’aubergiste une dispense et attend depuis des années de pouvoir suivre son mari. Le film est constellé de petits détails qui le préservent d’un trop grand esprit de sérieux, comme ces verres de lait aromatisé au chanvre indien que les person­nages sirotent à la sauvette, ou le soudain prestige qui vient à Daya, devenu le nécrologue officiel de l’établissement.
Et surtout, le duo père-fils ­atteint des hauteurs – comiques et sentimentales – que le scénario ne garantissait pas forcément. Face à un père écrasant, qui a laissé la déception provoquée par la médiocre carrière de son fils se muer en mépris, Adil Hussain prête ses ressources d’acteur au fils mal-aimé. Le personnage se transforme doucement, au gré des cérémonies funéraires, des fêtes rituelles sur le fleuve, sans devenir le reflet de son père (ce qu’un scénario européen ou américain aurait sans doute imposé), en trouvant une voie étroite entre la résignation et le retour à la vie.



Film indien de Shubhashish Bhutiani. Avec Adil Hussain, Lalit Behl, Geetanjali Kulkarni, (1 h 35). Sur le web : www.jupiter-films.com/film-hotel-salvation, www.facebook.com/JupiterFilms

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 2 mai)
Senses 1 & 2, film japonais de Ryusuke Hamaguchi (chef d’œuvre)Les anges portent du blanc, film français et chinois de Vivian Qu (à ne pas manquer)Nous, les intranquilles, documentaire de Nicolas Contant (à ne pas manquer)Comme des rois, film français de Xabi Molia (à voir)Hotel Salvation, film indien de Shubhashish Bhutiani (à voir)Takara, la nuit où j’ai nagé, film français et japonais de Damien Manivel et Kohei Igarashi (à voir)Cornelius le meunier hurlant, film français de Yann Le Quellec (pourquoi pas)La révolution silencieuse, film allemand de Lars Kraume (pourquoi pas)Big Time : dans la tête de Bjarke Ingels, documentaire danois de Kaspar Astrup Schröder (pourquoi pas)Otages à Entebbe, film britannique de José Padilha (pourquoi pas)Daphné, film anglais de Peter Mackie Burns (pourquoi pas)Action ou Vérité, film américain de Jeff Wadlow (on peut éviter)
Nous n’avons pas vu :
Milf, film français de Axelle LafontRampage - hors de contrôle, film américain de Brad Peyton





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Damien Manivel et Kohei Igarashi filment l’odyssée de poche d’un petit garçon, seul dans un paysage de neige.
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« Takara, la nuit où j’ai nagé » : la liberté vue à hauteur d’enfant

Damien Manivel et Kohei Igarashi filment l’odyssée de poche d’un petit garçon, seul dans un paysage de neige.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 09h05
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h14
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du Monde - A voir
Les films de Damien Manivel (Un jeune poète, Le Parc), jeune réalisateur venu du monde de la danse, se déposent ponctuellement dans le flot des sorties comme de fines gouttes de rosée, qu’il faut prendre garde à ne pas fouler du pied, pour en recueillir toute la gracilité et la cocasserie mêlées qu’elles contiennent. Son dernier long-métrage, Takara, la nuit où j’ai nagé, présenté en section Orizzonti de la Mostra de Venise 2017, sort quelque peu du lot, puisqu’il s’agit d’une coréalisation franco-japonaise avec le cinéaste Kohei Igarashi (Hold Your Breath Like a Lover, 2014), tournée dans la préfecture enneigée d’Aomori, au nord de l’Archipel, avec des acteurs amateurs du cru, jouant leurs propres rôles.
Comme tous les films de Manivel, c’est aussi une « miniature », au propre comme au figuré. Miniature d’abord, parce que le film s’attache à un petit garçon de 6 ans, Takara Kogawa, le seul héros, et que la caméra s’ajuste à sa taille et endosse le regard qu’il pose sur le monde. Ensuite, parce que l’aventure décrite n’est autre qu’une odyssée de poche, faite de petits riens et de micro-événements qui, rapportés aux dimensions de l’enfant, prennent des proportions épiques. Enfin, parce que le film, assez court, s’engouffre dans une temporalité à la fois ramassée et suspendue, faisant du renversement d’échelle son propre sujet : l’infime, le dérisoire, le « petit », contiennent des trésors de sensations, de péripéties, pour peu qu’on veuille bien s’y pencher.
Déambulation enfantine
En plein hiver, Takara s’éveille en pleine nuit, au moment où son père part travailler, et ne se rendormira qu’à l’approche de l’aube, après avoir passé son temps à jouer. Le jour venu, il dévie du chemin de l’école pour retrouver son père au marché aux poissons et lui montrer un dessin. Mais l’in­somnie de la veille lui cause des endormissements à répétition qui brouillent son parcours, l’entraînent de bifurcations en volte-face. Takara s’aventure, s’enfonce, se perd dans le paysage entre ville et campagne, uniformément recouvert d’un épais manteau de neige. Décor aussi féerique et menaçant que celui d’un conte.

        Lire aussi la critique :
         

          « Un jeune poète » : portrait de l’artiste en short et tongs



Takara, film sans parole, consiste en une trajectoire somnolente et sinueuse, à mi-chemin entre songe et réalité, sans pour autant se substituer au ressenti de l’enfant ni prêter le flanc à un quelconque onirisme. Au contraire, l’art d’Igarashi et de Manivel est celui des espaces, et donc des cadres, minutieusement sculptés mais jamais surplombants, que traverse successivement le jeune héros. Les cinéastes observent, avec une attention minutieuse, ce corps enfantin, doté d’une mo­bilité imprévisible, certes empotée, mais néanmoins inventive, source infinie de figures et d’attitudes poétiques. L’enfant est cet être toujours nouveau, dont les gestes ont la primeur de celui qui s’invente un rapport au monde et au langage – comme lors de cette scène adorable où Takara, plongé à quatre pattes dans la neige, se met à aboyer devant deux chiens.

        Lire aussi la critique :
         

          « Le Parc » : le conte de fées de Damien Manivel



Igarashi et Manivel filment l’enfant comme une monade, une petite bulle à l’écart de la réalité courante et des intérêts des adultes (renvoyés à la marge du récit), creusant sa propre temporalité et ses propres trajectoires. Ainsi, Takara peut s’appréhender comme une parenthèse de liberté : le petit garçon, dont on n’aperçoit que ­fugacement les parents (père, mère, grande sœur), s’octroie le loisir de faire tout ce qui lui passe par la tête, se promenant dans un monde froid et dépeuplé, où il semble presque invisible (les « grands » ne s’en préoccupent guère). Comme pour nous rappeler, non sans une certaine amertume, que la liberté absolue ne va pas sans une certaine expérience de la solitude. Ainsi va Takara.


Takara, La nuit où j'ai nagé - Bande annonce from Shellac on Vimeo.

Film français et japonais de Damien Manivel et Kohei Igarashi. Avec Takara Kogawa, Takashi Kogawa, Keiki Kogawa, Chisato Kogawa (1 h 18). Sur le web : www.shellac-altern.org

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 2 mai)
Senses 1 & 2, film japonais de Ryusuke Hamaguchi (chef d’œuvre)Les anges portent du blanc, film français et chinois de Vivian Qu (à ne pas manquer)Nous, les intranquilles, documentaire de Nicolas Contant (à ne pas manquer)Comme des rois, film français de Xabi Molia (à voir)Hotel Salvation, film indien de Shubhashish Bhutiani (à voir)Takara, la nuit où j’ai nagé, film français et japonais de Damien Manivel et Kohei Igarashi (à voir)Cornelius le meunier hurlant, film français de Yann Le Quellec (pourquoi pas)La révolution silencieuse, film allemand de Lars Kraume (pourquoi pas)Big Time : dans la tête de Bjarke Ingels, documentaire danois de Kaspar Astrup Schröder (pourquoi pas)Otages à Entebbe, film britannique de José Padilha (pourquoi pas)Daphné, film anglais de Peter Mackie Burns (pourquoi pas)Action ou Vérité, film américain de Jeff Wadlow (on peut éviter)
Nous n’avons pas vu :
Milf, film français de Axelle LafontRampage - hors de contrôle, film américain de Brad Peyton





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La réalisatrice Vivian Qu raconte les dérives d’une société corrompue.
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«Les anges portent du blanc » : quand la Chine lave plus blanc le crime sexuel

La réalisatrice Vivian Qu raconte les dérives d’une société corrompue.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 09h04
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h15
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


L’avis du « Monde » - à voir
Les bonnes fées ne peuvent rien pour les anges, et les féministes attendront leur tour de manège. De son côté, l’héroïne du film onirique Les anges portent du blanc va prendre la fuite dans sa robe de Marilyn qui devait lui ­servir à séduire le client. Dans le deuxième long-métrage de Vivian Qu, sélectionné en compétition officielle à la Mostra de Venise en 2017, la société chinoise ressemble à un bonbon plus amer qu’acidulé, à l’image de ce parc d’attractions graphique et coloré qui hante le film mais n’attire pas foule. Comme si les gigantesques toboggans n’étaient là que pour avertir que l’enfance et l’innocence vont irrémédiablement disparaître au tournant.

        Lire aussi le factuel :
         

          En Chine, un film brise le tabou des crimes sexuels sur mineurs



Dans son premier « long », Trap Street (2013), Vivian Qu, figure du cinéma indépendant chinois, plongeait le spectateur dans un univers kafkaïen : celui d’un jeune homme chargé de cartographier une ville mais s’apercevant que la ruelle empruntée par la femme qui l’attire n’est pas répertoriée… Vivian Qu est aussi la productrice de Black Coal, le polar de Diao Yinan couronné par l’Ours d’or au festival de Berlin, en 2014. Dans Les anges portent du blanc, dont elle a écrit le scénario, on suit à travers le personnage d’une employée d’hôtel une enquête haletante, qui vise à élucider l’agression sexuelle commise sur deux toutes jeunes adolescentes.
Tourments intérieurs
Un homme d’âge mûr débarque dans un motel situé en bord de mer, avec deux fillettes bruyantes qui ont l’air d’avoir tout au plus 11 ou 12 ans. Le client prend deux chambres, une pour lui, une autre pour les « ados » qui ne tardent pas à commander des bières. L’employée au guichet, Mia, s’exécute en silence. Grâce aux (ou à cause des) caméras de surveillance, elle comprend vite ce qui se trame. Dire la vérité ? Mia, qui est sans papiers, redoute de perdre son emploi. Le lendemain matin, les deux copines repartent au collège avec une double gueule de bois.
Mia est l’héroïne du film, celle qui possède les clés de l’intrigue et finit par sortir de son dilemme en s’émancipant. On la découvre telle une Rosetta – l’héroïne des frères Dardenne – chinoise qui trime, enchaîne les corvées de ménage, quasi mutique dans cet établissement sans charme tenu par un patron sans vergogne. L’actrice Wen Qi réussit un exploit : on lit sur son visage tous ses tourments intérieurs, alors qu’elle garde obstinément son « masque » de taiseuse obsédée par la survie.
Collégiennes marionnettes
Le suspense est habilement entretenu par des personnages secondaires qui viennent tirer des ficelles et installent une tension : une avocate féministe qui cherche à tout prix des preuves ; les parents de l’une des fillettes qui manœuvrent pour étouffer l’affaire, persuadés que leur fille s’en sortira mieux dans la vie sans le statut de victime, etc. La colère se livre hors champ dans ce film tout en retenue, presque austère.
Le blanc n’est plus la couleur de la pureté mais celle de la quête impossible de l’honnêteté
A l’écart du combat que se mènent les adultes, les collégiennes ne sont plus que des marionnettes que l’on tourne et retourne pour les besoins de l’expertise médicale et gynécologique. Se sentent-elles mal, souffrent-elles d’un traumatisme ? On ne leur demande pas leurs états d’âme, et lorsque l’une d’elles lance, presque candidement à sa copine, « tu as entendu, le médecin a dit qu’on n’a rien ! », on comprend que la phrase pourrait avoir un effet performatif : si la blouse blanche le dit, c’est donc vrai…
Le blanc n’est plus la couleur de la pureté mais celle de la quête impossible de l’honnêteté, ou plus trivialement de la propreté : c’est le blanc taché des draps de l’hôtel qu’il faut vite nettoyer ; celui du drap de l’hôpital qui recouvre les corps et symboliquement cache coups et blessures ; celui, enfin, de la robe de l’immense statue de Marilyn qui trône sur la plage à côté du motel et fascine Mia. Elle ne cesse de la photographier dans ses moments de liberté, jusqu’au jour où le sex-symbol est enlevé de son socle par une entreprise de transport. Une scène solaire et terrifiante : on lui troue les pieds, elle tombe, on la malmène, comme on pourchassait autrefois les sorcières et toutes les femmes hors-norme.
Vivian Qu maîtrise le film de bout en bout, peut-être un peu trop, avec le risque de l’empêcher (un peu) de respirer. Mais c’est peut-être le but de la réalisatrice : nous montrer une Chine irrespirable, et pas seulement à cause de la pollution.

Les anges portent du blanc, film chinois de Vivian Qu, avec Wen Qi, Zhou Meijun, Peng Jing (1 h 47). Sur le web : www.rezofilms.com/distribution, www.facebook.com/RezoFilmsDistribution

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 2 mai)
Senses 1 & 2, film japonais de Ryusuke Hamaguchi (chef d’œuvre)Les anges portent du blanc, film français et chinois de Vivian Qu (à ne pas manquer)Nous, les intranquilles, documentaire de Nicolas Contant (à ne pas manquer)Comme des rois, film français de Xabi Molia (à voir)Hotel Salvation, film indien de Shubhashish Bhutiani (à voir)Takara, la nuit où j’ai nagé, film français et japonais de Damien Manivel et Kohei Igarashi (à voir)Cornelius le meunier hurlant, film français de Yann Le Quellec (pourquoi pas)La révolution silencieuse, film allemand de Lars Kraume (pourquoi pas)Big Time : dans la tête de Bjarke Ingels, documentaire danois de Kaspar Astrup Schröder (pourquoi pas)Otages à Entebbe, film britannique de José Padilha (pourquoi pas)Daphné, film anglais de Peter Mackie Burns (pourquoi pas)Action ou Vérité, film américain de Jeff Wadlow (on peut éviter)
Nous n’avons pas vu :
Milf, film français de Axelle LafontRampage - hors de contrôle, film américain de Brad Peyton





                            


                        

                        

