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La grève à la SNCF, une occasion de tester le télétravail ?

Si le travail à distance, chez soi ou dans un espace de coworking, peut être une solution en cas de problèmes de transports, beaucoup d’entreprises ou de salariés restent réticents.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 18h40
    |

            Francine Aizicovici








                        



                                


                            
Mercredi 2 mai, Eva (son prénom a été modifié), ingénieure dans un grand cabinet de consulting, a entamé une nouvelle mission, sans stress cette fois. Pas de grève à la SNCF ce jour-là et, pour celles prévues les deux jours suivants, les 3 et 4 mai, elle s’apprêtait à télétravailler. Rien à voir avec sa précédente mission, qui s’effectuait chez un client. Ce dernier avait refusé le télétravail à cette femme, divorcée et mère d’un enfant en bas âge, habitant à 80 kilomètres de ses locaux. Or, certains jours, aucun train ne circulait sur sa ligne. Eva a dû prendre sur le peu de congés qu’il lui restait. Son employeur avait pourtant signé un accord sur le télétravail, ainsi qu’un avenant à son contrat de travail. Mais le cabinet « s’est écrasé face au client », déplore l’un de ses salariés.
Ces aléas illustrent le tableau mitigé du télétravail en période de grève. « Il existe trois types d’entreprises, résume Jérôme Chemin, secrétaire général adjoint de la CFDT Cadres. Celles qui disposent déjà d’un accord sur le télétravail et le mettent en œuvre durant les grèves » – ou pas – mais aussi « celles qui découvrent cette pratique et sont bien contentes de la mettre en place pendant les grèves, et les récalcitrantes, qui contraignent leurs salariés à poser des jours de congés, au lieu de chercher ensemble des solutions », par exemple, récupérer plus tard les jours perdus. 

« Un problème culturel »
« On peut regretter que les clients des sociétés d’ingénierie ne fassent pas preuve d’un peu de souplesse pour un temps limité, souligne Christophe Longepierre, délégué général du Syntec-Ingénierie, la fédération professionnelle des entreprises d’ingénierie. C’est un problème culturel spécifique à la France. » « La majorité des entreprises sont anti-télétravail dans les faits », affirme Yves Lasfargue, directeur de l’Observatoire du télétravail, des conditions de travail et de l’ergostressie, l’Obergo,...




                        

                        


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Qu’est-ce que « l’exit tax », que Macron souhaite supprimer ?

Le président a estimé que cet impôt, destiné à juguler l’optimisation fiscale, a bridé l’installation d’entrepreneurs en France.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 18h04
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 18h28
    |

            Jérémie Baruch








                        



   


L’annonce est tombée dans un article du magazine américain Forbes, spécialiste de la finance et du monde de l’industrie, mais surtout connu pour sa liste annuelle des milliardaires de la planète. Emmanuel Macron, qui fait la « une » de la publication au début de mai, y est décrit comme « chef de file du marché libre ». Toujours soucieux de donner une image de chef d’Etat favorable aux affaires, comme il l’avait fait savoir à Davos en janvier, il a affirmé vouloir supprimer « l’exit tax » dès l’année prochaine, estimant que cet impôt envoie un message négatif aux entrepreneurs en France. Il avait tenu des propos similaires déjà en avril 2016, en critiquant une taxe qui « conduit maintenant les jeunes à créer leur entreprise à l’étranger dès l’origine ».
Qu’est-ce que « l’exit tax » ?
La loi, au doux nom d’« imposition des plus-values latentes lors du transfert par les contribuables de leur domicile fiscal hors de France », et plus communément appelée « exit tax », est un impôt créé pour lutter contre l’évasion fiscale : le dispositif a été lancé pour dissuader les contribuables de pratiquer l’expatriation fiscale vers des pays où l’imposition est plus clémente. En Belgique, par exemple, la différence entre le prix d’achat et de revente d’actions n’est pas taxée et, pour cette raison, des chefs d’entreprise partaient de France pour revendre leur société, bénéficiant ainsi de l’indulgence fiscale de Bruxelles.
Introduite par Nicolas Sarkozy en 2011, l’« exit tax » vise la plus-value réalisée lors de la revente d’actions, à hauteur de 34,5 % et au moment du transfert de la résidence fiscale hors de France. Néanmoins, le dispositif vise uniquement les personnes détenant un important patrimoine : depuis 2014, il fallait détenir plus de 800 000 euros en actions (le montant était de 1,3 million d’euros en 2011) ou la moitié des actions d’une société pour y être assujetti.
Dans quel contexte cette loi a-t-elle été votée ?
Une première mouture avait été votée en septembre 1998, avant d’être supprimée six ans plus tard pour cause de non-conformité avec les traités européens. La Cour de justice des communautés européennes – l’ancien nom de la Cour de justice de l’Union européenne – avait alors estimé que la loi allait à l’encontre de la liberté d’établissement en Europe.
Cet impôt a fait son retour en étant voté par le Parlement en juillet 2011, dans le cadre plus global de la réforme de la fiscalité patrimoniale. Le bouclier fiscal, marqueur du quinquennat Sarkozy voté à l’été 2007, plafonnait à 50 % des revenus le montant de l’impôt. Mais en 2011, de nombreuses voix – même à droite – se sont élevées pour réclamer l’aménagement, voire la suppression de cette mesure, au nom de l’impopularité du bouclier fiscal ou de la lutte contre les déficits alors que la crise financière pesait de tout son poids sur les finances publiques.
L’abrogation du bouclier fiscal est actée dans la loi de finances rectificative. Mais dans ce même mouvement, Nicolas Sarkozy a fait réduire le nombre de tranches pour le paiement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), exonérant quelque 300 000 contribuables de l’ISF. Pour compenser cet allégement, il fallait alors trouver des recettes de substitution : l’« exit tax » en a fait partie.
Que reproche Emmanuel Macron à cette taxe ?
Dans l’interview donnée à Forbes, le président de la République a estimé que cette taxe ne rapportait de toute façon pas assez, alors qu’elle représentait « un coût d’opportunité » : il estime que cet impôt n’encourage pas l’installation des start-up – les entreprises ne s’établiraient pas en France parce qu’elles devraient payer une taxe s’il fallait partir –, et que l’« exit tax » fait donc perdre plus d’argent qu’elle n’en fait gagner à l’Etat.
La portée dissuasive de cet impôt reste à prouver, tout autant que le manque à gagner fiscal pour ces entreprises qui auraient décidé de ne jamais s’installer en France. En revanche, alors que la ministre du budget de l’époque, Valérie Pécresse, estimait le rendement de cette mesure à « près de 200 millions d’euros par an », l’Etat n’aurait récupéré que 53 millions d’euros en 2012 et 115 millions en 2013 et 2014, selon le rapporteur général de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Christian Eckert, fin 2013.
803 millions d’euros de recettes en 2016
Le conseil des prélèvements obligatoires, qui dépend de la Cour des comptes, donne des chiffres bien plus conséquents aujourd’hui, estimant les recettes de « l’exit tax » à 803 millions d’euros en 2016. Et la Cour des comptes de noter qu’en moyenne, les 399 foyers redevables de cette taxe déclaraient un montant de 6,9 millions d’euros.


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Une « exit tax » au montant pas si anodin
en millions d'euros. Le montant 2016 est un montant estimé.

Source : Cour des comptes



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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ La direction a également annoncé un train Intercités sur trois, tandis qu’à l’international trois trains sur cinq sont prévus.
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SNCF : un TGV et un Transilien sur deux, et deux TER sur cinq circuleront jeudi

La direction a également annoncé un train Intercités sur trois, tandis qu’à l’international trois trains sur cinq sont prévus.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 17h33
   





                        


Un TGV et un Transilien sur deux circuleront jeudi, ainsi que deux TER sur cinq, lors du treizième jour de grève à la SNCF depuis le début d’avril, a annoncé la direction mercredi 2 mai. Il y aura également un train Intercités sur trois, tandis qu’à l’international trois trains sur cinq sont prévus, a précisé Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien, lors d’une conférence de presse.
La SNCF « mettra en circulation 330 TGV » jeudi, « soit 60 de plus » que lors des grèves des « 23, 24, 28 et 29 avril », a indiqué le groupe dans un communiqué. Il est prévu trois TGV sur cinq sur l’axe Est, un TGV sur deux sur l’axe Sud-Est, deux TGV sur cinq sur l’axe Atlantique et un TGV sur trois sur l’axe Nord.
Septième épisode de grève
En Ile-de-France, sur les lignes des RER A et B, il faudra compter un train sur deux en moyenne. Le groupe prévoit également un RER C sur trois et deux RER D sur cinq.
A l’international, il est prévu quatre Eurostar sur cinq, un « trafic quasi normal » pour les Thalys et deux trains Lyria sur cinq.
La grève à la SNCF entrera mercredi soir à 20 heures dans son deuxième mois. Ce septième épisode de deux jours de grève s’achèvera samedi à 7 h 55. Les syndicats CGT, Unsa et CFDT ont déposé lundi leur préavis pour la huitième séquence de grève, qui couvrira la période du 7 mai à 20 heures jusqu’au 10 mai à 7 h 55. SUD Rail avait de son côté déposé un préavis de grève illimitée au début du conflit.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
la synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?en données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle panorama : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaireles cinq pistes pour une sortie de criseles détails du calendrier des perturbationsle moteur de recherche pour savoir si votre ligne s’est dégradée au fil du temps





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ La Commission européenne a plaidé mercredi pour une baisse « d’environ 5 % » des fonds alloués à la politique agricole commune.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Budget de la PAC : la France juge « inacceptables » les propositions de Bruxelles

La Commission européenne a plaidé mercredi pour une baisse « d’environ 5 % » des fonds alloués à la politique agricole commune.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 17h14
   





                        


Le gouvernement français a jugé « inacceptables », mercredi 2 mai, les propositions budgétaires de Bruxelles sur la politique agricole commune (PAC). La Commission européenne a plaidé mercredi pour une baisse « d’environ 5 % » des fonds alloués à la PAC et à la politique de cohésion de l’UE, consacrée aux régions les plus pauvres, dans une proposition de budget pour la période 2021-2027.

        Lire aussi :
         

                La Commission européenne présente un budget 2021-2027 ambitieux mais explosif



« Une telle baisse, drastique, massive et aveugle, est simplement inenvisageable » et « la France ne pourra accepter aucune baisse de revenu direct pour les agriculteurs », fait savoir le ministère de l’agriculture dans un communiqué. Cette baisse fait porter « un risque sans précédent sur la viabilité des exploitations en impactant dangereusement les revenus des agriculteurs, pour qui les aides directes constituent un filet de sécurité essentiel », explique-t-il.
Le gouvernement défend « une modernisation et une simplification de la PAC pour protéger les agriculteurs face aux aléas climatiques et à la volatilité des marchés mondiaux, libérer le développement des entreprises agricoles et agroalimentaires, et accompagner la transition environnementale », selon le texte.
« Point de départ des négociations »
Ces propositions ne constituent toutefois « que le point de départ des négociations qui vont s’engager au niveau européen », rappelle le ministère. Dès maintenant, le gouvernement va les « analyser de manière approfondie ». Le texte rappelle que la France est prête à un budget européen à 27 en expansion, sous plusieurs conditions : « Une modernisation des politiques, de nouvelles ressources propres, des conditionnalités dans l’emploi des fonds de solidarité européens et une suppression des rabais sous toutes leurs formes. »
Il s’agit d’une « réduction modérée du financement de la politique agricole commune et de la politique de cohésion, de 5 % environ dans les deux cas, afin de tenir compte de la nouvelle réalité d’une Union à 27 » après le Brexit, a fait valoir la Commission dans un document de présentation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Mark Zuckerberg a annoncé mardi l’intégration prochaine d’une plate-forme de rencontres dans son réseau social pour bâtir des « relations durables, pas seulement des plans d’un soir ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Facebook : comment va fonctionner son service de rencontres

Mark Zuckerberg a annoncé mardi l’intégration prochaine d’une plate-forme de rencontres dans son réseau social pour bâtir des « relations durables, pas seulement des plans d’un soir ».



Le Monde
 |    02.05.2018 à 16h38
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 17h20
    |

            Morgane Tual








                        



   


« Il y a deux cents millions de personnes sur Facebook qui se définissent comme célibataires, donc, à l’évidence, il y a quelque chose à faire. » Et ce « quelque chose » sera un service de rencontres. C’est ce qu’a annoncé mardi 1er mai Mark Zuckerberg, le patron du réseau social, lors de l’ouverture de la conférence F8, grand événement annuel de Facebook. L’objectif, selon Mark Zuckerberg, est de bâtir des « relations durables, pas seulement des plans d’un soir ». Prévue pour être mise en service dans le courant de l’année, que sait-on aujourd’hui de cette plate-forme ?
Appelé « Dating » — du moins dans sa version anglaise, l’équivalent en français de « sortir avec quelqu’un qu’on aime » —, ce service sera intégré à Facebook et ne nécessitera pas l’installation d’une nouvelle application ou la création d’un nouveau compte. Mais Facebook se veut rassurant : le profil servant aux rencontres sera séparé du profil classique. En clair, les amis ne pourront rien voir des activités de l’utilisateur ou de l’utilisatrice dans le contexte de Dating. Et d’ailleurs, les personnes amies ne seront jamais suggérées dans le cadre de ce service, afin d’éviter des situations embarrassantes.
Des personnes inscrites au même événement

   


Concrètement, c’est par l’intermédiaire d’événements ou de groupes d’intérêt que la personne utilisant Dating pourra être mise en contact avec d’autres. Par exemple, si elle dit dans Dating se rendre à un concert, il lui sera alors suggéré plusieurs profils de personnes s’y rendant également.
L’interface semble assez proche de celle de Tinder et d’autres applications de rencontres populaires : large place accordée aux photos ; indication immédiate de l’âge ; petite phrase d’accroche… Et seul le prénom de la personne apparaîtra. Des profils seront proposés en fonction « des préférences amoureuses, des intérêts de chacun et de chacune et des amies et amis communs », explique Facebook.
Deux personnes pourront échanger par tchat sur un espace à part, qui ne sera ni Messenger — le système de messagerie instantanée de Facebook — ni Whatsapp — l’application de messagerie appartenant à Facebook. En revanche, pour des raisons de « sécurité », il ne sera pas possible d’échanger dans cet espace des images ou des liens. L’entreprise assure qu’elle n’utilisera pas les informations de Dating pour afficher des publicités ciblées.
Plusieurs cartes à jouer

   


Ce nouveau service peut-il vraiment changer la donne, et bouleverser le marché déjà très saturé des applications de rencontres ? C’est en tout cas ce que semblent penser les investisseurs : dans la foulée de ces annonces, l’action de Match, qui détient d’importantes plates-formes de rencontres, comme Tinder, OKcupid ou encore Meetic, a chuté de 22 %.
Avec plus de 2 milliards d’utilisateurs actifs, le premier réseau social au monde part avec un énorme avantage. D’autant plus qu’un certain nombre d’applications concurrentes, comme Tinder, se fondent sur Facebook pour fonctionner. Il est par exemple possible de s’y connecter avec ses identifiants Facebook, et l’application peut y récupérer des photos et des informations, comme la ville d’origine ou les études. Elle dit même aux utilisateurs quels sont les amis qu’ils ont en commun avec les profils qui leur sont proposés. Et si Tinder et les autres disposent d’un temps d’avance, Facebook a déjà prouvé qu’il savait rattraper son retard rapidement : quand Instagram, propriété de Facebook, a copié les fameuses « stories » qui ont fait la réputation de Snapchat, les internautes les ont rapidement adoptées.
Facebook a aussi une carte à jouer avec son système fondé, entre autres, sur les événements. Un des problèmes récurrents évoqués par les utilisateurs de Tinder est que les échanges en ligne se transforment trop rarement en rencontres. Or, si Dating prend en compte la présence de deux personnes à un même événement, alors la probabilité d’une rencontre semble bien plus importante.
La réaction acide des concurrents
Reste toutefois une grande inconnue : les utilisateurs de Facebook lui font-ils assez confiance pour lui confier également une partie de leur vie sentimentale et sexuelle ? La place prépondérante qu’occupe Facebook dans la vie en ligne des internautes est au cœur d’inquiétudes grandissantes. Accepteront-ils que l’entreprise s’immisce aussi dans cette partie de leur existence ?
D’autant plus que Facebook est empêtré dans plusieurs polémiques, et notamment le scandale Cambridge Analytica, qui a éclaté en mars. Les données de 87 millions de ses utilisateurs ont été obtenues par cette entreprise spécialisée dans l’influence politique et proche de Donald Trump. Une affaire qui a remis la question des données personnelles au centre du débat public. Or, les données échangées sur une plate-forme de rencontres sont particulièrement sensibles.
La PDG de Match, Mandy Ginsberg, s’est à ce propos montrée acide à l’annonce de Mark Zuckerberg :
« Nous sommes flattés que Facebook vienne sur notre territoire — et perçoive comme nous cette occasion mondiale — tandis que Tinder continue d’atteindre des sommets. Nous sommes surpris du calendrier, étant donné le nombre de données personnelles et sensibles liées à ce territoire. »
« Nous connaissons ces questions mieux que quiconque, a-t-elle ajouté. L’arrivée de Facebook ne va que nous revigorer. » Joey Levin, le PDG d’IAC, la maison-mère de Match, s’est lui aussi fendu d’une remarque acerbe. « Leur produit pourrait être super pour les relations entre les Etats-Unis et la Russie », a-t-il déclaré ironiquement, en référence aux accusations selon lesquelles la Russie aurait exploité Facebook pour influencer l’opinion publique américaine, notamment lors de l’élection présidentielle de 2016.
De son côté, l’application de rencontres Bumble a, au contraire, préféré faire un appel du pied à Facebook :
« Peut-être que nous pouvons joindre nos forces pour rendre le monde connecté encore plus sûr et utile. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Athènes n’est en rien sorti de la crise financière, si l’on s’en tient aux chiffres, considère l’économiste Didier Marteau, dans une tribune au « Monde ». L’optimisme officiel tient surtout à la résignation des créanciers face une situation devenue insoluble.
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« Le coût du défaut de la Grèce est désormais tel que ce dernier devient en réalité improbable »

Athènes n’est en rien sorti de la crise financière, si l’on s’en tient aux chiffres, considère l’économiste Didier Marteau, dans une tribune au « Monde ». L’optimisme officiel tient surtout à la résignation des créanciers face une situation devenue insoluble.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 15h00
    |

                            Didier Marteau (Professeur à l’ESCP-Europe)








                        



                                


                            

Tribune. Deux ans après mise en place d’un troisième plan de sauvetage de la Grèce concrétisé par la mise à disposition, lors de l’été 2015, d’une ligne de crédit de 86 milliards d’euros par le Mécanisme européen de stabilité (MES), la Grèce semblerait être sur le chemin du redressement économique.
Les membres de l’Eurogroupe viennent d’accepter le versement d’une tranche de 6,7 milliards d’euros pour couvrir… le service de la dette, satisfaits qu’Athènes ait voté un budget 2018 reposant sur la prévision d’un excédent budgétaire primaire – c’est-à-dire avant le paiement des intérêts de la dette – de 3,5 %.
Dans la foulée, les trois principales agences de notation se sont précipitées pour relever la note du pays, suivant l’argument complémentaire que les créanciers publics de la Grèce – MES, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI) – allaient accepter une nouvelle restructuration de la dette à l’issue du plan de sauvetage en août 2018.
Sans oublier les propos très rassurants du gouverneur de la Banque centrale grecque, satisfait de la disparition des deux déficits jumeaux, le déficit budgétaire et le déficit de la balance des paiements courants. En d’autres termes, il n’y aurait plus de dossier grec…
« Too big to fail »
On peut malheureusement opposer à cette lecture d’autoconviction quelques données strictement économiques qui corrigent l’optimisme affiché.
D’abord, le sauvetage de la Grèce est le résultat d’une succession de prêts à taux voisins de zéro effectués par un fonds européen, le MES, dont les ressources proviennent de l’émission de titres achetés par des investisseurs privés, mais garantis par les Trésors européens. Les prêts du MES représentent aujourd’hui 230 milliards d’euros, et bien sûr un volume équivalent de garanties, sur une dette d’Etat de 330 milliards.
Nous sommes désormais dans une problématique de type « too big to fail » :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ A condition de traiter simultanément les défis actuels, note le politiste Janis Emmanouilidis dans une tribune au « Monde », le rapport « Redynamiser le projet européen », issu de cinq ans de débats, montre qu’une entente à vingt-sept est possible.
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« Echouer à réformer l’Europe en 2018 pourrait conduire à de funestes regrets »

A condition de traiter simultanément les défis actuels, note le politiste Janis Emmanouilidis dans une tribune au « Monde », le rapport « Redynamiser le projet européen », issu de cinq ans de débats, montre qu’une entente à vingt-sept est possible.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 14h00
    |

Janis A. Emmanouilidis (Directeur des études de l’European Policy Centre)







                        



                                


                            

Tribune. Tout maître des horloges qu’il se veut, le président Macron peine à imposer son rythme pour la relance du projet européen. La fenêtre d’opportunité pour réformer l’Europe a tardé à s’ouvrir et pourrait bien se refermer rapidement. Pourtant, des solutions concrètes sur la manière de poursuivre le développement de la zone euro, de gérer les crises migratoires, ou de défendre nos pays et leurs citoyens sont toujours en attente.
Une échéance importante s’annonce en juin avec un Conseil européen où les grands défis européens actuels – migration, euro, défense – seront à l’agenda. Angela Merkel et Emmanuel Macron ont promis de formuler d’ici là des propositions communes. Leur compromis doit ouvrir la voie à des réformes à même de satisfaire les exigences des 27 pays de l’Union et les attentes des citoyens européens.
Inquiétudes, frustrations et divisions
Une forte impulsion du président et de la chancelière est une condition sine qua non pour sortir de l’impasse. Mais si un accord entre Paris et Berlin est une condition indispensable, elle n’est plus suffisante. Toute initiative franco-allemande devra tenir compte des intérêts et avis des autres Etats membres.
A cet égard, le pacte proposé dans le rapport « Redynamiser le projet européen », de l’initiative New Pact for Europe (Newpactforeurope.eu), lancée par un consortium de fondations européennes (Bertelsmann, Calouste Gulbenkian, Open Society, Roi Baudoin, etc.), pourrait guider les discussions entre Berlin et Paris car il a été rédigé en tenant compte des inquiétudes, frustrations et divisions qui animent les citoyens de l’Union européenne.

Les mesures prônées dans ce document résultent de centaines d’heures de débats nationaux et transnationaux qui, pendant cinq ans, ont impliqué des experts, des citoyens et des représentants de la société civile de toute l’Europe. L’objectif était de rétablir la confiance entre Européens par le biais du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Inventaire des principaux changements alors que les contribuables ont encore quelques semaines pour déclarer leurs revenus 2017, mais aussi, pour certains, leur patrimoine immobilier.
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Déclaration de revenus mode d’emploi

Inventaire des principaux changements alors que les contribuables ont encore quelques semaines pour déclarer leurs revenus 2017, mais aussi, pour certains, leur patrimoine immobilier.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 14h59
    |

                            Nathalie Cheysson-Kaplan








                        



                                


                            

Grande nouveauté cette année, tous les ménages dont le ­revenu fiscal de référence est supérieur à 15 000 euros doivent en principe effectuer leur déclaration en ligne, si leur résidence principale est équipée d’un accès Internet. Le revenu à prendre en compte est celui de l’année 2016, qui figure sur le dernier avis d’imposition qu’ils ont reçu au cours de l’été 2017.
Toutefois, les personnes qui estiment ­qu’elles ne peuvent pas remplir leur déclaration en ligne, parce qu’elles ne sont pas suffisamment familiarisées avec Internet, peuvent continuer à remplir un formulaire ­papier. Elles n’ont pas besoin d’informer l’administration fiscale de leur situation. Il leur suffit de renvoyer une déclaration papier par courrier, et l’administration fiscale comprendra qu’elles ne sont pas en mesure de souscrire leur déclaration en ligne.
Il n’y a plus, comme les années passées, de différence de calendrier entre les « petits » contribuables et les « gros » patrimoines
Autre nouveauté, tous les contribuables dont la valeur du patrimoine immobilier taxable au nouvel impôt sur la fortune immobilière (IFI) excède 1 300 000 euros au 1er janvier 2018 vont devoir le déclarer en même temps que leurs revenus. Il n’y a plus, comme les années passées, de différence de calendrier entre les « petits » contribuables, qui devaient déclarer leur patrimoine en même temps que leurs revenus, et les « gros » patrimoines, qui continuaient à déposer une déclaration à part.
Le cas des concubins
Les concubins qui déclarent ensemble leur patrimoine, mais déposent des déclarations de revenus séparées, peuvent déclarer leur ­patrimoine imposable sur l’une ou l’autre de leurs déclarations de revenus. Quel que soit le montant de leur patrimoine, les contribuables n’ont plus à calculer eux-mêmes le ­montant de leur ­impôt ni à joindre de chèque à leur déclaration. Ils recevront un avis d’imposition, distinct de celui de l’impôt sur le revenu, en août 2018. L’IFI...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Selon Lorenzo Bini Smaghi, président de la Société générale qui s’exprime dans une tribune au « Monde », penser que les investisseurs financiers puissent inciter les Etats membres à respecter les règles budgétaires est un déni de démocratie.
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« Réformer le cadre institutionnel pour permettre à la zone euro d’être plus résiliente et par là définitivement irrévocable »

Selon Lorenzo Bini Smaghi, président de la Société générale qui s’exprime dans une tribune au « Monde », penser que les investisseurs financiers puissent inciter les Etats membres à respecter les règles budgétaires est un déni de démocratie.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 14h00
    |

                            Lorenzo Bini Smaghi (Président du conseil d'administration de la Société générale)








                        



                                


                            
Tribune. Alors que les règles budgétaires du pacte de stabilité et de croissance sont enfin respectées par tous les Etats membres de la zone euro, la France ayant franchi le seuil de référence de 3 % en 2017, il est paradoxal qu’un nombre croissant de voix laisse entendre que ces règles ne sont plus crédibles. Cette vision prône une réforme de l’union économique et monétaire qui réduirait le rôle du pacte de stabilité et de croissance et attribuerait aux marchés financiers la tâche de discipliner les gouvernements de la zone euro.
Les marchés peuvent être manipulés et évoluer au gré d’anticipations qui s’auto-alimentent, notamment en présence d’une architecture monétaire incomplète
Si la restructuration de la dette publique était rendue plus facile, voire automatique pour les pays qui demandent le soutien financier du Mécanisme de stabilité européen, les marchés deviendraient plus prudents à financer les Etats, nous dit-on. Les Etats seraient ainsi incités à être plus rigoureux.
Or, c’est une illusion de croire que les marchés financiers soient capables de discipliner les décideurs politiques, ou même que ce soit leur rôle. Les marchés ont tendance à pécher dans la durée par excès de complaisance, et à surréagir ensuite soudainement, en négligeant les fondamentaux sous-jacents. Les marchés peuvent être manipulés et évoluer au gré d’anticipations qui s’auto-alimentent, notamment en présence d’une architecture monétaire incomplète.

Une telle réforme serait donc préjudiciable pour tout un ensemble de raisons. D’abord, même si le seuil de référence d’un ratio de 3 % entre déficits public et produit intérieur brut (PIB) a été souvent franchi depuis l’introduction de l’euro, il ne faut pas oublier que, juste dix ans après sa création, la zone euro a été frappée par la récession la plus sévère depuis la seconde guerre mondiale. Dix ans après la crise, la zone euro ne s’en sort pas trop mal par rapport aux autres grandes économies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Dans cette chronique, la journaliste du « Monde » Marie Charrel estime que l’Italie et sa vertigineuse dette publique pourrait bien, dans quelques années, devenir le maillon faible par lequel la prochaine crise européenne éclatera.
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« Le complexe et délétère cocktail de “l’anomalie italienne” »

Dans cette chronique, la journaliste du « Monde » Marie Charrel estime que l’Italie et sa vertigineuse dette publique pourrait bien, dans quelques années, devenir le maillon faible par lequel la prochaine crise européenne éclatera.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 13h00
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Toute symbolique qu’elle soit, la claque n’en est pas moins brutale. Selon les chiffres que vient de publier le Fonds monétaire international (FMI), les Espagnols sont désormais plus riches que les Italiens, qui se cherchent toujours un gouvernement. En 2017, le produit intérieur brut (PIB) par habitant en parité de pouvoir d’achat des premiers a atteint 31 087 euros, contre 30 994 euros pour les seconds. Et Madrid devrait continuer de creuser l’écart avec Rome, qui sera rattrapée d’ici 2023 par Prague et Bratislava, estime le Fonds.
Depuis trois ans, l’économie ibérique fait des étincelles, tandis que celle de l’Italie est engluée dans une stagnation faisant désormais figure d’exception dans l’union monétaire. Selon la Commission européenne, elle devrait afficher une croissance de 1,5 % seulement cette année, le plus bas taux de la zone euro.
L’Italie est l’un des seuls états occidentaux qui n’a pas encore retrouvé son niveau de PIB d’avant-crise
Bien sûr, comparaison n’est pas toujours raison, et les chiffres du FMI doivent être manipulés avec précaution. Reste qu’ils confirment ce que les économistes Lorenzo Codogno (London School of Economics) et Giampaolo Galli (LUISS School of European Political Economy) désignent comme « l’anomalie italienne » dans un récent article. A de nombreux égards, les performances économiques du pays sont médiocres.
L’Italie est l’un des seuls Etats occidentaux qui n’a pas encore retrouvé son niveau de PIB d’avant-crise. La richesse par habitant n’a quasiment pas évolué depuis 1999. La croissance est systématiquement inférieure à celle de ses voisins. Le nombre de naissances est trop bas et la population vieillit à toute vitesse. « Nous sommes un pays mourant », s’alarmait déjà, en 2015, la ministre de la santé, Beatrice Lorenzin.
La rancœur prospère
Quel est le problème de la botte ? Toute la difficulté est qu’il n’y a pas de coupable évident. Le pays souffre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Le fonds vautour Elliott, dirigé par Paul Singer, et Vivendi, dont le premier actionnaire est Vincent Bolloré, bataillent pour le contrôle de l’opérateur historique italien
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Choc de titans autour de Telecom Italia

Le fonds vautour Elliott, dirigé par Paul Singer, et Vivendi, dont le premier actionnaire est Vincent Bolloré, bataillent pour le contrôle de l’opérateur historique italien



Le Monde
 |    02.05.2018 à 12h14
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Le 4 mai prochain, dans la banlieue de Milan, les actionnaires de Telecom Italia (TIM) assisteront à un choc de titans. Deux professionnels des marchés financiers, de l’activisme et des coups de théâtre en assemblée générale s’affronteront avec l’objectif de prendre le pouvoir chez l’opérateur historique italien. Le fonds vautour Elliott, dirigé par le milliardaire Paul Singer, et Vivendi, dont le premier actionnaire est Vincent Bolloré, présenteront chacun une liste d’administrateurs. Celui qui l’emporte est assuré d’avoir la majorité au conseil.
Au siège du groupe de médias français, la semaine dernière, on s’était déjà fait à l’idée de perdre cette bataille, tout en dénonçant la stratégie de « démantèlement » de TIM du fonds Elliott. Si une telle hypothèse se concrétisait, elle constituerait un véritable casse-tête pour Vincent Bolloré. En effet, celui qui détient aujourd’hui 17,2 % du capital et 23,9 % des droits de vote ne pourrait céder ses titres sans perdre 1,3 milliard d’euros.
Il faut dire qu’Elliott, avec 9 % du capital, a habilement manœuvré, profitant de la mauvaise réputation du milliardaire français en Italie pour avancer ses pions. A ce titre, la mise en examen de Vincent Bolloré a été une aubaine. « C’est juste le dernier exemple d’un bilan composé de conflits, de la poursuite d’intérêts propres, et même de problèmes plus graves relevant potentiellement de la criminalité, de la part de ceux qui demandent qu’on leur fasse confiance pour conduire TIM », a lancé Elliott dans un communiqué, le 26 avril, tandis que les ennuis judiciaires de l’homme d’affaires faisaient les choux gras de la presse transalpine.
Quelques résultats probants
Pour séduire les actionnaires de TIM, Elliott tente de faire oublier les divergences stratégiques qui l’ont conduit à monter au créneau contre Vivendi. Ainsi, le fonds rappelle qu’il soutient le plan du directeur général, Amos Genish, homme fort chargé de la convergence chez Vivendi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Grâce à la réforme du crédit d’impôt cinéma, plusieurs tournages ont été relocalisés dans l’Hexagone. Mais les difficultés financières rencontrées par certaines grosses sociétés de production sont susceptibles d’atténuer cette tendance positive.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

En France, l’embellie de l’emploi dans le cinéma et l’audiovisuel pourrait ne pas durer

Grâce à la réforme du crédit d’impôt cinéma, plusieurs tournages ont été relocalisés dans l’Hexagone. Mais les difficultés financières rencontrées par certaines grosses sociétés de production sont susceptibles d’atténuer cette tendance positive.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 12h06
    |

            Nicole Vulser








                        



   


L’effet d’aubaine ne durera sans doute qu’un temps, mais il a été bénéfique pour l’emploi dans les métiers du cinéma et de l’audiovisuel. La réforme du crédit d’impôt cinéma, mise en place le 1er janvier 2016, a permis de maintenir un niveau d’activité élevé grâce à la relocalisation dans l’Hexagone de productions à gros budgets (supérieurs à 20 millions d’euros) qui avaient auparavant tendance à être tournées à l’étranger.
Telle est la principale conclusion de l’étude annuelle de l’Observatoire de la production audiovisuelle et cinématographique menée par la Commission du Film d’Ile-de-France et rendue publique mercredi 2 mai. Elle porte sur l’année 2016, au cours de laquelle « la croissance de l’effectif n’a jamais été aussi forte depuis dix ans [+ 6 %] », se félicite Agnès Evren, vice-présidente de la région Ile-de-France, chargée de la culture, du patrimoine et de la création, qui a commandité cette étude.

        Lire aussi :
         

                Cinq chiffres pour tout savoir de la production cinématographique française



En 2016, 4 400 emplois nets ont été créés dans ce secteur, qui recense 36 286 équivalents temps plein (dont 31 119 en Ile-de-France). Si l’emploi des CDI s’est renforcé, 40 % des entreprises d’Ile-de-France n’embauchent que des intermittents.
Le nombre d’entreprises de production (cinéma, programmes audiovisuels, films institutionnels, publicité) et de post-production a augmenté de 4 %, pour atteindre 5 388 (dont 1 557 uniquement pour le cinéma) en Ile-de-France. Au-delà d’un nombre très restreint de grosses entreprises, le secteur reste constitué d’une myriade de toutes petites entités.
Les séries télévisées, important levier de croissance
Cette embellie dans l’emploi en 2016 s’explique par l’effet conjugué de la relocalisation des tournages des films français et de la production hors norme du film de Luc Besson Valérian et la Cité des mille planètes. Si elle n’a pas trouvé son public aux Etats-Unis – mettant en péril EuropaCorp, le studio du réalisateur –, cette superproduction a injecté 75 millions d’euros dans la filière cinématographique hexagonale et généré 450 emplois.

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A ces facteurs positifs s’ajoute la hausse des dépenses de productions étrangères en France, grâce au relèvement du plafond du crédit d’impôt international. Plusieurs blockbusters ont ainsi été tournés en région parisienne, comme Bekfire, d’Aditya Chopra, Cinquante Nuances plus claires, de James Foley, ou Jackie, de Pablo Larrain. De nombreux studios hollywoodiens sous-traitent des productions dans l’animation, tandis que les séries télévisées représentent désormais un important levier de croissance.
En 2017, la relocalisation de la production française s’est poursuivie avec Dans la brume, de Daniel Roby, Un Peuple et son roi, de Pierre Schoeller, L’Empereur de Paris, de Jean-François Richet, ou Santa & Cie, d’Alain Chabat. Même constat pour les productions internationales attirées par l’Hexagone, qu’il s’agisse de Mission Impossible 6 de Christopher McQuarrie, Le 15h17 pour Paris, de Clint Eastwood, ou des séries américaines Sense8 (Netflix) et Patriot (Amazon Studios). En matière d’emploi, « si l’année 2016 était exceptionnelle, 2017 sera encore meilleure », assure l’Observatoire.
L’étude prévoit « une année de consolidation en 2018 » et annonce quelques bémols dans cette euphorie générale. Les auteurs expliquent que « les difficultés financières rencontrées par certaines grosses sociétés de production et la faible structuration du secteur de la production cinématographique française peuvent freiner la croissance des investissements et le développement de films à gros budgets, à même de doper l’emploi dans le secteur ».



                            


                        

                        


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Bolt Threads réinvente la soie et le cuir

Grâce aux progrès de la biologie de synthèse, la start-up californienne a créé une soie d’araignée et un cuir « animal free », qui ne nécessite le sacrifice d’aucun animal.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h53
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            

Depuis quelques jours les visiteurs du Victoria and Albert Museum, à Londres, peuvent admirer une pièce symbolisant le futur de la mode : un sac fabriqué dans un « cuir » qui n’a nécessité le sacrifice d’aucune vache ni d’aucun autre animal. Dessiné par la styliste anglaise Stella McCartney – qui refuse d’utiliser du cuir dans ses collections –, cette déclinaison de son modèle Falabella a été réalisée avec un matériau à base de racines de champignon (mycélium).
Ce modèle d’exposition ne sera pas commercialisé, mais Bolt Threads, la start-up californienne à l’origine de ce « cuir » qui a pour nom « Mylo », a annoncé pour juin le lancement d’un modèle maison. L’an passé, sa première création avait déjà fait le buzz, avec une magnifique robe jaune d’or tissée dans une soie d’araignée issue de levures génétiquement modifiées, présentée au MoMA, le musée d’art moderne de New York.
Surfant sur les progrès de la biologie de synthèse, la société ambitionne de créer des textiles dérivés de micro-organismes, et non plus du pétrole ou des animaux. Le marché est immense : 90 milliards de dollars (74 milliards d’euros) pour les fibres synthétiques et près de 100 milliards pour le cuir. Pour financer ce pari, Bolt Threads a déjà empoché plus de 200 millions de dollars.
Gènes de synthèse
« Nous capitalisons sur 4 milliards d’années d’évolution de la vie sur cette planète pour fabriquer des produits que nous utilisons tous : des vêtements, des accessoires. Ce n’est que le premier volet de notre histoire », s’enthousiasme Dan Widmaier, cofondateur de Bolt Threads, en 2009, avec deux amis rencontrés sur les bancs de l’université de San Francisco. « Nous voulons faire de meilleurs matériaux pour un monde meilleur », poursuit ce docteur en biochimie.
Située à Emeryville, en face de San Francisco, la start-up évoque davantage un laboratoire pharmaceutique qu’un atelier de filature ou de tannage. De part et d’autre d’un long couloir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ L’UFC avait publié une étude accusant EDF de sous-utiliser ses réacteurs nucléaires lorsque les prix de marché diminuent, au bénéfice de centrales plus coûteuses.
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EDF dépose plainte contre l’UFC-Que choisir, qui l’accuse d’avoir influencé à son profit le prix de l’électricité

L’UFC avait publié une étude accusant EDF de sous-utiliser ses réacteurs nucléaires lorsque les prix de marché diminuent, au bénéfice de centrales plus coûteuses.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h51
   





                        



   


EDF a annoncé, mercredi 2 mai, avoir déposé plainte avec constitution de partie civile pour diffamation contre l’UFC-Que choisir, qui avait accusé l’électricien de faire payer d’importants surcoûts à ses clients en influençant les prix du marché. Le groupe dénonce des propos jugés « diffamatoires » tenus par l’association de défense des consommateurs le 5 avril.
L’UFC avait alors publié une étude accusant EDF de sous-utiliser ses réacteurs nucléaires lorsque les prix de marché diminuent, au bénéfice de centrales plus coûteuses (gaz, fioul, charbon). Selon l’UFC, ces prix augmentant alors, EDF en profiterait pour vendre son électricité plus cher sur les marchés à terme (pour une livraison plus tard). L’association avait estimé à 2,4 milliards d’euros le surcoût pour les consommateurs particuliers entre 2012 et 2016.
EDF avait contesté ces accusations dès leur publication, estimant qu’elles reposaient sur « un raisonnement économique erroné ». « EDF optimise à tout moment l’utilisation de son parc de production en interaction étroite avec les marchés européens de l’électricité. EDF agit sous la surveillance permanente du régulateur de l’énergie, la Commission de régulation de l’énergie » (CRE), souligne le groupe dans son communiqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Cette réforme, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2019, pourrait avoir des effets imprévisibles sur la croissance.
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Les enjeux très politiques du prélèvement à la source

Cette réforme, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2019, pourrait avoir des effets imprévisibles sur la croissance.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h34
    |

            Benoît Floc'h et 
Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
Gérald Darmanin surveille cette réforme comme le lait sur le feu. Mercredi 2 mai, le ministre de l’action et des comptes publics devait se rendre à Dijon pour diriger un comité de pilotage sur le prélèvement à la source (PAS). Il devait y rencontrer des agents publics, des entreprises et des éditeurs de logiciels de paie. M. Darmanin tient ce genre de réunion de suivi tous les mois.

Pour le gouvernement, l’enjeu politique de cette réforme est loin d’être négligeable. Le prélèvement à la source entrera en vigueur le 1er janvier 2019. Dès lors, 38 millions de ménages verront leurs habitudes fiscales changer. L’impôt deviendra contemporain : au lieu d’attendre un an pour payer ce que l’on doit à l’Etat, chacun le paiera en temps réel sur son salaire ou sa pension. Et c’est l’entreprise (ou la caisse de retraite) qui le collectera dorénavant pour le compte de l’Etat. Chacun verra son impôt évoluer immédiatement, en fonction de sa situation.

Le ministre ne ménage pas ses efforts : le prélèvement à la source simplifiera la vie des Français, ne cesse-t-il de répéter sur tous les tons. Presque de la méthode Coué, au vu des risques qui pèsent sur cette réforme.
« On n’est pas prêts »
Le premier est technique. Ce « big bang » va-t-il se passer correctement ? L’efficacité de l’administration fiscale est réputée. Mais la manœuvre est délicate. « Avec 3 millions d’entreprises et 38 millions de foyers fiscaux, il n’est pas possible qu’il n’y ait strictement aucun incident », constate, lucide, Bruno Parent, le patron de la direction générale des finances publiques (DGFIP), avant de nuancer : « Nous nous organisons pour qu’il y en ait le moins possible et, quand cela arrive, pour les corriger au plus vite. »
Reste que le gouvernement s’avance sur le champ de bataille avec des troupes « au bord de l’épuisement », alertent leurs représentants syndicaux. Lors d’une conférence de presse, le 17 avril, les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Face aux revendications de l’administration Trump, Berlin semble davantage prêt à des concessions.
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Taxes américaines sur l’acier : l’unité des Européens à l’épreuve

Face aux revendications de l’administration Trump, Berlin semble davantage prêt à des concessions.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h34
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            
Avec son chantage aux taxes sur les importations américaines d’acier et d’aluminium, Donald Trump a réussi à mettre les Européens sous tension et à leur dicter son tempo. Parviendra-t-il aussi à les diviser ? Ces derniers étaient certes un peu soulagés, mardi 1er mai, de constater que Washington leur accordait un mois d’exemption de plus, jusqu’au 1er juin, alors qu’ils s’attendaient, la veille encore, à ce que le couperet tombe, avec des taxes de 25 % sur leurs exportations d’acier aux Etats-Unis et de 10 % sur celles d’aluminium.
Mais la Commission européenne l’a souligné elle-même dans un communiqué publié mardi à la première heure : « La décision américaine prolonge l’incertitude du marché, qui affecte déjà les décisions des entreprises. L’Union européenne devrait être exemptée de manière permanente de ces taxes qui ne peuvent être justifiées pour des raisons de sécurité [comme le prétend Washington]. » 
Accentuer la pression sur Pékin
Les Européens, comme ils l’ont fait durant tout le mois d’avril, devraient continuer à travailler, au niveau technique et politique, pour tenter de convaincre l’administration Trump que la Chine est la première responsable des difficultés de l’acier américain, avec ses surplus colossaux. Et que les Etats-Unis auraient tout intérêt à mieux coopérer avec Bruxelles pour accentuer la pression sur Pékin.
Cecilia Malmström, la commissaire européenne au commerce, qui s’est démenée ces dernières semaines, va probablement continuer à expliquer que, contrairement à la Corée du Sud (qui a cédé à M. Trump il y a quelques semaines), l’Union européenne (UE) ne peut décider de contingenter ses exportations d’acier ou de baisser ses droits de douane sur les voitures américaines à leur arrivée en Europe – l’obsession du président américain. Car ce serait contraire aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) : ces ajustements bilatéraux ne sont possibles que dans le cadre d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Parrainé à l’origine par le financier Antoine Bernheim, avec qui il a rompu en 2010, le milliardaire breton s’est aliéné le gouvernement transalpin et Silvio Berlusconi.
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En Italie, les méthodes de Vincent Bolloré vivement critiquées

Parrainé à l’origine par le financier Antoine Bernheim, avec qui il a rompu en 2010, le milliardaire breton s’est aliéné le gouvernement transalpin et Silvio Berlusconi.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h31
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

L’aventure italienne de Vincent Bolloré avait pourtant bien commencé… Le Français est apparu dans le monde feutré du capitalisme italien au début des années 2000, parrainé par une figure centrale de la finance, des deux côtés des Alpes : Antoine Bernheim (1924-2012). De ses bureaux de la banque Lazard, au début des années 1980, celui-ci avait joué un rôle décisif dans la constitution de son groupe.
Fort de cette indispensable protection, c’est dans la peau du chevalier blanc qu’il a émergé, en 2002. Il s’agissait d’entrer au capital de Mediobanca (l’homme d’affaires breton en a acquis 8 %), afin de contrecarrer le double assaut d’Unicredit et de la Banca di Roma sur cette banque d’affaires stratégique, premier actionnaire, entre autres, de l’assureur Generali, dont le président, de 1995 à 1999 et de 2002 à 2010, n’était autre… qu’Antoine Bernheim.

Les deux hommes rompront de manière spectaculaire en 2010, Vincent Bolloré favorisant l’éviction du patriarche, qui ne dissimulera pas son amertume d’avoir été trahi. Les ambitions du milliardaire français semblaient alors avant tout patrimoniales.
Plus délicate, en revanche, sera son entrée tonitruante dans le monde des télécommunications, en 2015. Au départ, elle survient presque par hasard, lorsque M. Bolloré récupère 8 % du capital du groupe Telecom Italia par le biais d’une transaction avec l’espagnol Telefonica. Toutefois, les ambitions de l’homme d’affaires ne s’arrêtent pas là. Il monte aussitôt au capital, atteignant rapidement les 15 %, puis poursuivant ses achats de titres jusqu’à devenir le principal actionnaire du groupe, avec plus de 24 %.
Accusé de vouloir « dicter sa loi au pays »
Cette irruption est accueillie fraîchement par les pouvoirs publics italiens : pour eux, Telecom Italia n’est pas une société comme les autres. Ancien monopole d’Etat et fleuron de l’innovation technologique italienne, elle est aussi un mastodonte de 66 000 employés, lourdement endetté.
Parallèlement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Les récentes promesses de l’exécutif pourraient peser sur la trajectoire des finances publiques.
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Fiscalité, pouvoir d’achat : le message brouillé du gouvernement

Les récentes promesses de l’exécutif pourraient peser sur la trajectoire des finances publiques.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h31
    |

            Benoît Floc'h et 
Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
La date aurait dû être synonyme de soulagement pour Emmanuel Macron. Jeudi 3 mai, la Commission européenne doit présenter ses prévisions de déficit public 2018 et 2019, consacrant la sortie de la France de la procédure de déficit excessif. Celle-ci exige de se trouver deux années de suite sous le seuil des 3 % du produit intérieur brut (PIB), ratio qui s’est élevé à 2,6 % en 2017, selon Bercy, et devrait plafonner à 2,3 % cette année.
Le chef de l’Etat a fait de cette victoire budgétaire la condition d’une crédibilité retrouvée en Europe. Et pourtant… Loin d’être une fin en soi, le retour à une meilleure fortune des comptes publics place l’exécutif face à de nouveaux défis.
Si, depuis l’automne, le gouvernement déroule l’essentiel de ses réformes sans accroc, le chemin paraît plus sinueux en matière de politique budgétaire et fiscale. La majorité vante les baisses d’impôts ? Les Français constatent aussi la hausse des taxes sur le tabac et le diesel, et celle de la CSG pour les retraités. La taxe d’habitation aura disparu en 2020 pour tout le monde, notamment les 20 % de foyers les plus aisés ? L’incertitude règne sur les moyens de financer une telle mesure. Enfin, l’exécutif promet une baisse de la dépense publique, encore non détaillée, mais évoque aussi de quoi alourdir les charges de l’Etat : reprise de la dette de la SNCF, baisses d’impôt pour les entreprises, etc.
« Pas de tour de passe-passe »
Dans ses enquêtes qualitatives, l’IFOP voit poindre un certain scepticisme : « Comme Nicolas Sarkozy en 2012, Emmanuel Macron a aiguisé les appétits pendant la campagne, et les Français attendent des résultats », note Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’institut de sondages. Or, l’attente vire à l’impatience. « ll y a un flou certain. Que ce soit pour les ménages, les élus ou les entreprises, le discours ne colle pas avec la réalité », déplore Valérie Rabault, présidente du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale.
Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Mis en examen pour corruption, l’industriel breton, qui a échoué à s’emparer d’Ubisoft, est aussi en difficulté en Italie. Ses détracteurs critiquent son mode de gouvernance et sa conception des conflits d’intérêts.
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Démêlés judiciaires, gouvernance contestée, concurrence accrue : l’empire de Vincent Bolloré accumule les déconvenues

Mis en examen pour corruption, l’industriel breton, qui a échoué à s’emparer d’Ubisoft, est aussi en difficulté en Italie. Ses détracteurs critiquent son mode de gouvernance et sa conception des conflits d’intérêts.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 19h56
    |

            Sandrine Cassini et 
François Bougon








                        



                                


                            

Sur son téléphone portable, l’industriel breton Vincent Bolloré a installé une application particulière : elle décompte les jours le séparant du 17 février 2022, date de sa retraite annoncée, avant son 70e anniversaire. Une grande fête marquera le bicentenaire du groupe familial fondé sur les bords de l’Odet, près de Quimper (Finistère).
Mais, dans un futur proche, le vendredi 4 mai 2018 pourrait marquer un tournant pour l’empire industriel qui compte près de 60 000 collaborateurs – il est présent dans les transports et la logistique, la communication et le stockage d’électricité – et qu’il a édifié à partir de l’entreprise de papeterie en difficulté héritée de son père dans les années 1980. A l’occasion de l’assemblée générale de Telecom Italia, à Milan, l’entrepreneur pourrait, ce jour-là, tomber sur un os : il risque de perdre la majorité au conseil d’administration d’une entreprise emblématique de la péninsule.

Un affront pour cet homme d’affaires réputé pour sa méthode faite d’audace, de ténacité et, si nécessaire, de rudesse. « Il a le sang froid d’un tonton flingueur de la Mafia sicilienne », explique un proche.
Dans le pétrin en Italie
Avec Telecom Italia, Vincent Bolloré aurait-il perdu la baraka ? Comme il l’a fait pendant toute sa vie professionnelle, l’homme d’affaires avait réussi l’exploit de prendre le contrôle du premier opérateur télécoms italien avec seulement 23,9 % du capital. Las, le fonds activiste Elliott a commencé, le 16 mars, à brider cette belle ambition, en montant progressivement dans le capital de l’opérateur, avec l’objectif de réduire le pouvoir du Français.
« Le problème, c’est que le directoire est tétanisé par Vincent Bolloré qui manage par la peur. Mais ses cadres ne lui rendent pas service en ne lui parlant pas des problèmes », analyse un proche.
Peu s’expliquent les raisons qui ont conduit Vincent Bolloré à se mettre dans un pareil pétrin en Italie. « Péché d’arrogance »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le groupe français, en partenariat avec le fonds souverain de Singapour, va acquérir la branche électrique du géant du BTP indien Larsen & Toubro.
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Pour Schneider Electric, l’Inde devient un marché aussi important que la France

Le groupe français, en partenariat avec le fonds souverain de Singapour, va acquérir la branche électrique du géant du BTP indien Larsen & Toubro.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h19
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                            Guillaume Delacroix (Bombay, correspondance)








                        



                                


                            
L’annonce ne pouvait pas mieux tomber dans l’agenda de Narendra Modi. Au moment précis où le premier ministre de l’Inde se lance à corps perdu dans une bataille électorale régionale difficile pour son parti, le Bharatiya Janata Party (BJP), dans l’Etat du Karnataka, le français Schneider Electric a confirmé, mardi 1er mai, la rumeur qui courait depuis plusieurs jours : l’acquisition des activités électriques du leadeur indien du BTP, le groupe Larsen & Toubro. Baptisée Electrical & Automation (E&A), l’entité dispose de cinq sites de production en Inde, dont un à Mysore, deuxième ville du Karnataka.
L’opération, chiffrée à 140 milliards de roupies (1,75 milliard d’euros), ne manquera pas d’être analysée comme l’illustration de la politique économique menée depuis quatre ans par les nationalistes hindous au pouvoir à Delhi. « Nous observons une dynamique positive, avec des perspectives de croissance accélérée et une évolution rapide dans le secteur de l’énergie », explique au Monde Luc Rémont, directeur général des opérations internationales de Schneider Electric. La période est « propice », ajoute-t-il, car il y a « une volonté marquée des dirigeants actuels de créer les conditions d’un développement pérenne du pays ».
L’instauration d’une TVA unique dans les vingt-neuf Etats de l’union indienne, en juillet 2017, est, de ce point de vue, « une transformation absolument majeure » pour les entreprises opérant dans le sous-continent, estime M. Rémont. S’y ajoute la stratégie du « Make in India », dont M. Modi s’est fait le héraut pour encourager les investissements étrangers à même de développer l’industrie locale, « une opportunité » que Schneider « se devait » de saisir.
Un bond du chiffre d’affaires local
Le rachat d’E&A marque une étape déterminante dans l’histoire du groupe, qui avait posé le pied en Inde dès 1963 : d’un coup, Schneider Electric va voir son chiffre d’affaires...




                        

                        

