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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Pour « Le Monde », l’auteur de « Comment un adolescent… » offre la genèse et quelques-unes des clés de lecture de son roman.
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Frank Witzel  : « Comme mon héros, je ressasse. C’est pour ça que je suis écrivain »

Pour « Le Monde », l’auteur de « Comment un adolescent… » offre la genèse et quelques-unes des clés de lecture de son roman.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 15h50
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            

Avant la parution de son quatrième roman, ce Comment un adolescent maniaco-dépressif inventa la Fraction armée rouge au cours de l’été 1969, Frank Witzel était un parfait inconnu, y compris dans son pays. Mais en 2015, le Deut­scher Buchpreis (« prix du livre allemand ») a fait décoller cette somme de 1 000 pages qui, depuis, s’est vendue à 80 000 exemplaires. Rencontre à Paris avec cet écrivain traduit en français pour la première fois.

Comment expliquez-vous le succès de ce roman ?
La Fraction armée rouge (RAF) est le grand traumatisme de l’après-guerre en Allemagne. Aujourd’hui encore, il résonne chez tous les Allemands. Mon livre l’approche de manière inhabituelle. A travers les yeux d’un adolescent incapable de comprendre ce qui se passe autour de lui, mais qui cherche désespérément à décrypter le réel. Nous sommes dans les années 1960, mais loin des hippies. Dans une Allemagne rurale qui ressemble encore à celle des années 1950. Famille, Eglise, école, ces autorités sont toujours très prégnantes. Mon personnage voit des images à la télévision – des étudiants, plus tard des terroristes – et, comme il n’a aucune clé pour les déchiffrer, il les interprète à sa façon…

Un exemple ?
Ces étudiants sont pour lui comme des grands frères. On a toujours un sentiment de sympathie pour les grands frères, même s’ils font des choses atroces. Du reste, comme il est très catholique et imprégné d’iconographie chrétienne, il se demande s’ils ne sont pas des martyrs. D’un côté, il voit des représentations du Christ. De l’autre, les photos du cadavre de Holger Meins, totalement décharné à l’issue de sa grève de la faim [ce membre de la RAF est mort le 9 novembre 1974, après 57 jours de grève de la faim]. Ces images lui rappellent les représentations du Christ par Holbein ou Mantegna, à partir desquelles il interprète celles qu’il ne comprend pas.
L’invention...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Athènes n’est en rien sorti de la crise financière, si l’on s’en tient aux chiffres, considère l’économiste Didier Marteau, dans une tribune au « Monde ». L’optimisme officiel tient surtout à la résignation des créanciers face une situation devenue insoluble.
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« Le coût du défaut de la Grèce est désormais tel que ce dernier devient en réalité improbable »

Athènes n’est en rien sorti de la crise financière, si l’on s’en tient aux chiffres, considère l’économiste Didier Marteau, dans une tribune au « Monde ». L’optimisme officiel tient surtout à la résignation des créanciers face une situation devenue insoluble.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 15h00
    |

                            Didier Marteau (Professeur à l’ESCP-Europe)








                        



                                


                            

Tribune. Deux ans après mise en place d’un troisième plan de sauvetage de la Grèce concrétisé par la mise à disposition, lors de l’été 2015, d’une ligne de crédit de 86 milliards d’euros par le Mécanisme européen de stabilité (MES), la Grèce semblerait être sur le chemin du redressement économique.
Les membres de l’Eurogroupe viennent d’accepter le versement d’une tranche de 6,7 milliards d’euros pour couvrir… le service de la dette, satisfaits qu’Athènes ait voté un budget 2018 reposant sur la prévision d’un excédent budgétaire primaire – c’est-à-dire avant le paiement des intérêts de la dette – de 3,5 %.
Dans la foulée, les trois principales agences de notation se sont précipitées pour relever la note du pays, suivant l’argument complémentaire que les créanciers publics de la Grèce – MES, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI) – allaient accepter une nouvelle restructuration de la dette à l’issue du plan de sauvetage en août 2018.
Sans oublier les propos très rassurants du gouverneur de la Banque centrale grecque, satisfait de la disparition des deux déficits jumeaux, le déficit budgétaire et le déficit de la balance des paiements courants. En d’autres termes, il n’y aurait plus de dossier grec…
« Too big to fail »
On peut malheureusement opposer à cette lecture d’autoconviction quelques données strictement économiques qui corrigent l’optimisme affiché.
D’abord, le sauvetage de la Grèce est le résultat d’une succession de prêts à taux voisins de zéro effectués par un fonds européen, le MES, dont les ressources proviennent de l’émission de titres achetés par des investisseurs privés, mais garantis par les Trésors européens. Les prêts du MES représentent aujourd’hui 230 milliards d’euros, et bien sûr un volume équivalent de garanties, sur une dette d’Etat de 330 milliards.
Nous sommes désormais dans une problématique de type « too big to fail » :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ A condition de traiter simultanément les défis actuels, note le politiste Janis Emmanouilidis dans une tribune au « Monde », le rapport « Redynamiser le projet européen », issu de cinq ans de débats, montre qu’une entente à vingt-sept est possible.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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« Echouer à réformer l’Europe en 2018 pourrait conduire à de funestes regrets »

A condition de traiter simultanément les défis actuels, note le politiste Janis Emmanouilidis dans une tribune au « Monde », le rapport « Redynamiser le projet européen », issu de cinq ans de débats, montre qu’une entente à vingt-sept est possible.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 14h00
    |

Janis A. Emmanouilidis (Directeur des études de l’European Policy Centre)







                        



                                


                            

Tribune. Tout maître des horloges qu’il se veut, le président Macron peine à imposer son rythme pour la relance du projet européen. La fenêtre d’opportunité pour réformer l’Europe a tardé à s’ouvrir et pourrait bien se refermer rapidement. Pourtant, des solutions concrètes sur la manière de poursuivre le développement de la zone euro, de gérer les crises migratoires, ou de défendre nos pays et leurs citoyens sont toujours en attente.
Une échéance importante s’annonce en juin avec un Conseil européen où les grands défis européens actuels – migration, euro, défense – seront à l’agenda. Angela Merkel et Emmanuel Macron ont promis de formuler d’ici là des propositions communes. Leur compromis doit ouvrir la voie à des réformes à même de satisfaire les exigences des 27 pays de l’Union et les attentes des citoyens européens.
Inquiétudes, frustrations et divisions
Une forte impulsion du président et de la chancelière est une condition sine qua non pour sortir de l’impasse. Mais si un accord entre Paris et Berlin est une condition indispensable, elle n’est plus suffisante. Toute initiative franco-allemande devra tenir compte des intérêts et avis des autres Etats membres.
A cet égard, le pacte proposé dans le rapport « Redynamiser le projet européen », de l’initiative New Pact for Europe (Newpactforeurope.eu), lancée par un consortium de fondations européennes (Bertelsmann, Calouste Gulbenkian, Open Society, Roi Baudoin, etc.), pourrait guider les discussions entre Berlin et Paris car il a été rédigé en tenant compte des inquiétudes, frustrations et divisions qui animent les citoyens de l’Union européenne.

Les mesures prônées dans ce document résultent de centaines d’heures de débats nationaux et transnationaux qui, pendant cinq ans, ont impliqué des experts, des citoyens et des représentants de la société civile de toute l’Europe. L’objectif était de rétablir la confiance entre Européens par le biais du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Selon Lorenzo Bini Smaghi, président de la Société générale qui s’exprime dans une tribune au « Monde », penser que les investisseurs financiers puissent inciter les Etats membres à respecter les règles budgétaires est un déni de démocratie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Réformer le cadre institutionnel pour permettre à la zone euro d’être plus résiliente et par là définitivement irrévocable »

Selon Lorenzo Bini Smaghi, président de la Société générale qui s’exprime dans une tribune au « Monde », penser que les investisseurs financiers puissent inciter les Etats membres à respecter les règles budgétaires est un déni de démocratie.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 14h00
    |

                            Lorenzo Bini Smaghi (Président du conseil d'administration de la Société générale)








                        



                                


                            
Tribune. Alors que les règles budgétaires du pacte de stabilité et de croissance sont enfin respectées par tous les Etats membres de la zone euro, la France ayant franchi le seuil de référence de 3 % en 2017, il est paradoxal qu’un nombre croissant de voix laisse entendre que ces règles ne sont plus crédibles. Cette vision prône une réforme de l’union économique et monétaire qui réduirait le rôle du pacte de stabilité et de croissance et attribuerait aux marchés financiers la tâche de discipliner les gouvernements de la zone euro.
Les marchés peuvent être manipulés et évoluer au gré d’anticipations qui s’auto-alimentent, notamment en présence d’une architecture monétaire incomplète
Si la restructuration de la dette publique était rendue plus facile, voire automatique pour les pays qui demandent le soutien financier du Mécanisme de stabilité européen, les marchés deviendraient plus prudents à financer les Etats, nous dit-on. Les Etats seraient ainsi incités à être plus rigoureux.
Or, c’est une illusion de croire que les marchés financiers soient capables de discipliner les décideurs politiques, ou même que ce soit leur rôle. Les marchés ont tendance à pécher dans la durée par excès de complaisance, et à surréagir ensuite soudainement, en négligeant les fondamentaux sous-jacents. Les marchés peuvent être manipulés et évoluer au gré d’anticipations qui s’auto-alimentent, notamment en présence d’une architecture monétaire incomplète.

Une telle réforme serait donc préjudiciable pour tout un ensemble de raisons. D’abord, même si le seuil de référence d’un ratio de 3 % entre déficits public et produit intérieur brut (PIB) a été souvent franchi depuis l’introduction de l’euro, il ne faut pas oublier que, juste dix ans après sa création, la zone euro a été frappée par la récession la plus sévère depuis la seconde guerre mondiale. Dix ans après la crise, la zone euro ne s’en sort pas trop mal par rapport aux autres grandes économies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans cette chronique, la journaliste du « Monde » Marie Charrel estime que l’Italie et sa vertigineuse dette publique pourrait bien, dans quelques années, devenir le maillon faible par lequel la prochaine crise européenne éclatera.
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« Le complexe et délétère cocktail de “l’anomalie italienne” »

Dans cette chronique, la journaliste du « Monde » Marie Charrel estime que l’Italie et sa vertigineuse dette publique pourrait bien, dans quelques années, devenir le maillon faible par lequel la prochaine crise européenne éclatera.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 13h00
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Toute symbolique qu’elle soit, la claque n’en est pas moins brutale. Selon les chiffres que vient de publier le Fonds monétaire international (FMI), les Espagnols sont désormais plus riches que les Italiens, qui se cherchent toujours un gouvernement. En 2017, le produit intérieur brut (PIB) par habitant en parité de pouvoir d’achat des premiers a atteint 31 087 euros, contre 30 994 euros pour les seconds. Et Madrid devrait continuer de creuser l’écart avec Rome, qui sera rattrapée d’ici 2023 par Prague et Bratislava, estime le Fonds.
Depuis trois ans, l’économie ibérique fait des étincelles, tandis que celle de l’Italie est engluée dans une stagnation faisant désormais figure d’exception dans l’union monétaire. Selon la Commission européenne, elle devrait afficher une croissance de 1,5 % seulement cette année, le plus bas taux de la zone euro.
L’Italie est l’un des seuls états occidentaux qui n’a pas encore retrouvé son niveau de PIB d’avant-crise
Bien sûr, comparaison n’est pas toujours raison, et les chiffres du FMI doivent être manipulés avec précaution. Reste qu’ils confirment ce que les économistes Lorenzo Codogno (London School of Economics) et Giampaolo Galli (LUISS School of European Political Economy) désignent comme « l’anomalie italienne » dans un récent article. A de nombreux égards, les performances économiques du pays sont médiocres.
L’Italie est l’un des seuls Etats occidentaux qui n’a pas encore retrouvé son niveau de PIB d’avant-crise. La richesse par habitant n’a quasiment pas évolué depuis 1999. La croissance est systématiquement inférieure à celle de ses voisins. Le nombre de naissances est trop bas et la population vieillit à toute vitesse. « Nous sommes un pays mourant », s’alarmait déjà, en 2015, la ministre de la santé, Beatrice Lorenzin.
La rancœur prospère
Quel est le problème de la botte ? Toute la difficulté est qu’il n’y a pas de coupable évident. Le pays souffre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Le fabricant de guitare Gibson a déposé le bilan. En cause ? Sa politique d’acquisitions, qui a épuisé sa trésorerie. A l’inverse d’Apple, la firme a échoué à se réinventer, explique l’éditorialiste économique du « Monde », Philippe Escande, dans sa chronique.
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Gibson, Harley Davidson : « Les icônes américaines ont la vie dure »

Le fabricant de guitare Gibson a déposé le bilan. En cause ? Sa politique d’acquisitions, qui a épuisé sa trésorerie. A l’inverse d’Apple, la firme a échoué à se réinventer, explique l’éditorialiste économique du « Monde », Philippe Escande, dans sa chronique.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h01
    |

            Philippe Escande (Editorialiste économique au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique « Pertes & Profits ». Ils étaient près de 7 000, mardi 1er mai, à s’être rassemblés dans la petite ville polonaise de Wroclaw pour battre le record du plus grand concert de guitare au monde. Hey Joe, le tube planétaire de Jimi Hendrix, a résonné dans le ciel, hommage à une époque révolue, celle de ces années 1970, pleines de fureur, de rock, de liberté… et de guitares. Ce même 1er mai, on apprenait le dépôt de bilan de Gibson, le fabricant des mythiques instruments de Bob Dylan, Elvis Presley, Chuck Berry ou Jimmy Page. Hendrix, lui, préférait le rival de toujours, Fender.
Les icônes américaines ont la vie dure en ce moment. Après Harley Davidson, c’est au tour de Gibson de se préparer à des restructurations douloureuses. Deux marques exceptionnelles, de celles que certains n’hésitent pas à se faire tatouer sur la peau, mais qui, périodiquement, peinent à s’adapter à un monde qui change, tout en tentant de préserver intacte une culture de produits d’exception. Garder un pied dans le passé et en poser un dans le futur.

Gibson n’a pas démérité. Une guitare électrique sur cinq vendues dans le monde sort de ses ateliers et il détient près de 40 % du marché des guitares haut de gamme, ­celles vendues plus de 2 000 dollars pièce (environ 1 700 euros). Mais si le marché de la guitare offre encore un peu de croissance (28 % de hausse aux Etats-Unis depuis dix ans), il fait face à deux dangers bien connus.
Concurrence des jeux vidéo
D’abord, celui de la concurrence internationale – le Japon au départ, et aujourd’hui la Chine –, portée par l’appétence de ses citoyens pour la musique. Ensuite, celui de la concurrence des jeux vidéo auprès des adolescents. A l’âge où jadis on se retrouvait dans une cave entre copains pour rejouer le concert des Stones ou de Deed Purple, on se réunit maintenant sur un canapé pour jouer à « Guitar Hero » sur Playstation. Un best-seller qui a attiré entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Dans le projet de budget 2021-2027, Bruxelles veut conditionner le versement de fonds à l’indépendance des tribunaux des Etats membres.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Les audaces bienvenues de la Commission européenne pour la défense de l’Etat de droit

Editorial. Dans le projet de budget 2021-2027, Bruxelles veut conditionner le versement de fonds à l’indépendance des tribunaux des Etats membres.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 15h18
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Intéressant budget que celui que présente mercredi 2 mai la Commission européenne. Ce n’est qu’un projet, bien sûr, qui court sur la période 2021-2027 : dans la bonne tradition bruxelloise, il va immanquablement donner lieu à de longs et âpres marchandages entre les désormais 27 Etats membres concernés. Mais une nouveauté, en particulier, mérite d’être saluée : le lien établi entre l’attribution de fonds européens et l’existence dans les Etats bénéficiaires d’un système judiciaire indépendant.
Depuis que la Hongrie, avec le retour au pouvoir de Viktor Orban en 2010, puis la Pologne, avec la victoire du parti Droit et justice (PiS) aux élections de 2015, ont pris des mesures restreignant l’Etat de droit, notamment dans le domaine judiciaire, la Commission bute sur la réponse juridique et politique. Elle semble cette fois-ci avoir trouvé le moyen de contourner l’obstacle de l’article 7 du traité de Lisbonne, qui exige l’unanimité pour sanctionner un Etat membre.
Le 20 décembre 2017, la Commission, ayant établi l’existence d’un « risque clair d’une violation grave de l’Etat de droit » dans les réformes du système judiciaire engagées à Varsovie, a ouvert une procédure contre la Pologne dans le cadre de l’article 7 ; cette procédure est cependant vouée à l’échec, la Hongrie ayant promis de ­voter contre.
La Pologne, la Hongrie et Malte visés
C’est donc dans la marge de manœuvre accordée par un autre article du traité, l’article 322, que va puiser la Commission pour établir les conditions de l’attribution des fonds aux Etats membres. Ces fonds, estime la Commission, ne peuvent être utilisés que si l’UE est assurée de l’indépendance des tribunaux dans l’Etat destinataire des fonds. Si le système judiciaire est défaillant, la Commission recommandera de suspendre les fonds ; cette recommandation sera soumise au vote du Conseil européen, constitué des Etats membres, mais là, seule la majorité qualifiée est requise.
Cette proposition, qui, outre la Pologne, vise aussi des pays comme la Hongrie et Malte, répond à une préoccupation de plus en plus largement exprimée parmi les Etats membres : comment, politiquement, justifier que des pays qui ne respectent pas les valeurs fondamentales de l’Union européenne, telles que l’Etat de droit et la solidarité, puissent continuer à être les plus grands bénéficiaires (dans le cas de la Pologne) de ses fonds de cohésion ?

        Lire aussi :
         

                La Commission européenne présente un budget 2021-2027 ambitieux mais explosif



C’est également à cette préoccupation que répond opportunément une autre mesure prévue par le projet de budget : consacrer une partie du fonds social européen (FSE), composante des fonds structurels, à l’intégration des migrants.
Les gouvernements de Varsovie et de Budapest vont inévitablement s’élever contre ce qu’ils considéreront comme des mesures punitives. Il ne s’agit pas, pourtant, de punir, mais simplement de rappeler, au-delà des discours sur la démocratie comme celui qu’a récemment prononcé le président Emmanuel Macron devant le Parlement de Strasbourg, que l’appartenance à l’UE exige le respect des règles et valeurs communes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Berlin Thomas Wieder, malgré la présence visible de femmes à des postes hauts placés, le monde politique allemand reste encore trop masculin.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Allemagne : une parité en trompe-l’œil

Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Berlin Thomas Wieder, malgré la présence visible de femmes à des postes hauts placés, le monde politique allemand reste encore trop masculin.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 10h30
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Analyse. En raison de la place centrale occupée par le chef du gouvernement dans le jeu institutionnel, l’Allemagne est souvent qualifiée de Kanzlerdemokratie (« démocratie du chancelier »). Le temps n’est-il pas venu de féminiser la notion ? Treize ans après l’élection d’Angela Merkel à la chancellerie, la probabilité de voir une femme lui succéder n’a en tout cas jamais paru aussi forte.
Désormais, les deux principaux partis du pays sont dirigés par des femmes. C’est une première. Du côté de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), que Mme Merkel préside depuis 2000, la relève semble assurée avec Annegret Kramp-Karrenbauer. Elue secrétaire générale de la CDU le 26 février, l’ancienne ministre-présidente de la Sarre est aujourd’hui considérée comme la mieux placée pour représenter la droite conservatrice aux prochaines législatives, prévues en 2021.
L’actuel Bundestag, issu des élections du 24 septembre 2017, ne compte ainsi que 31 % de femmes. Elles étaient 37 % dans l’assemblée précédente
Dans cette bataille, celle que la presse allemande a baptisée « AKK » pourrait avoir pour adversaire principale une autre femme, Andrea Nahles, qui préside depuis le 22 avril le Parti social-démocrate (SPD). Depuis sa fondation, il y a un siècle et demi, le SPD n’avait été dirigé que par des hommes. Elue avec seulement 66 % des voix, Mme Nahles n’apparaît certes pas encore comme une candidate naturelle à la chancellerie.
Selon un sondage Civey pour le Spiegel, publié le 24 avril, 38 % des électeurs du SPD lui préféreraient Olaf Scholz, le nouveau ministre des finances. Seuls 31 % soutiendraient Mme Nahles. Il n’empêche : en cumulant la présidence du parti et celle de son groupe au Bundestag, cette dernière jouit d’une indéniable légitimité institutionnelle pour briguer la succession de Mme Merkel.
Peu de femmes à l’extrême droite
Ce qui est vrai pour les premiers rôles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Sans attendre de savoir si le pari diplomatique sur la dénucléarisation de la dictature aboutira ou non, des efforts sont déjà déployés pour préparer la reconstruction du pays, relève Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Corée du Nord : « Oui, M. Trump, parfois, le multilatéralisme a du bon »

Sans attendre de savoir si le pari diplomatique sur la dénucléarisation de la dictature aboutira ou non, des efforts sont déjà déployés pour préparer la reconstruction du pays, relève Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    02.05.2018 à 09h58
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Chronique. Ah, le Nobel de la paix ! Quel chef d’Etat n’en a pas rêvé ? Subitement modeste, Donald Trump s’en est défendu, samedi 28 avril au cours d’un meeting public dans le Michigan. Devant ses électeurs enthousiastes qui scandaient « No-bel, No-bel », on a cru un instant, lorsqu’il a dit « Nobel ? », qu’il allait saisir la perche et lancer une de ses fanfaronnades de feu et de fureur. Et puis non. Avec une étonnante sobriété, le président des Etats-Unis a ajouté : « Je veux juste que la tâche soit menée à bien. »
La tâche en question, c’est la paix sur la péninsule coréenne et son corollaire, la dénucléarisation de la Corée du Nord : l’ampleur du défi et les échecs du passé expliquent sans doute cette prudence nouvelle. Les événements s’accélèrent à une allure vertigineuse depuis le début de l’année, avec l’offensive de charme du jeune dictateur Kim Jong-un, celle de ses athlètes olympiques, de sa sœur et de sa femme, puis, le 27 avril, la rencontre des deux dirigeants, Moon Jae-in pour le Sud, Kim Jong-un pour le Nord, couronnée par une déclaration commune. L’annonce, par Kim, de la fermeture de son site d’essais nucléaires a suivi.
Trump n’allait pas être de reste : son propre sommet avec le Nord-Coréen, a-t-il dit, pourrait intervenir « dans les trois ou quatre semaines ». Et mardi 1er mai, ce sont les trois principaux pays de l’Asie orientale, la Chine, le Japon et la Corée du Sud, qui ont annoncé un autre sommet inédit, trilatéral celui-là, la semaine prochaine à Tokyo, pour coordonner leur approche de la nouvelle dynamique inter-coréenne.
Priorité au développement économique
L’histoire dira s’il y a matière à prix Nobel et pour qui. Mais sans attendre, en coulisses, des efforts sont déjà déployés en vue de la reconstruction de la Corée du Nord. C’est ce que vise la « nouvelle ligne stratégique » du régime de Pyongyang : donner, désormais, la priorité au développement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ MM. Savall et Cappelletti estiment, dans une tribune au « Monde », qu’il ne s’agit pas de soutenir ou non les réformes gouvernementales, mais d’assurer les cours, de faire passer les examens, etc.
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« Les ZAD universitaires font peser un risque existentiel sur l’université »

MM. Savall et Cappelletti estiment, dans une tribune au « Monde », qu’il ne s’agit pas de soutenir ou non les réformes gouvernementales, mais d’assurer les cours, de faire passer les examens, etc.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 10h30
    |

Henri Savall (Professeur émérite, université Jean-Moulin-Lyon-III) et Laurent Cappelletti (Professeur titulaire de chaire, Conservatoire national d...







                        



                                


                            

Tribune. Avec le recul, le schéma de blocage de la douzaine d’universités perturbées pendant plusieurs semaines à Montpellier, Toulouse, Nantes, Rennes ou Paris devient très lisible. Au maximum un millier d’étudiants, encadrés par un noyau d’activistes chevronnés, fait voter en assemblée générale (AG) un blocage. Puis, sur cette base soi-disant démocratique, comme au temps des Soviets, transforme les facultés en ZAD [zone à défendre] avec le folklore altermondialiste et libertaire qui va avec : autogestion, paella partie, commune libre, groupes d’autodéfense, atelier non mixte, conférence anticapitaliste, slogans tagués, etc.
Sur la durée, il apparaît clairement que la raison d’être des bloqueurs n’est plus la critique de la réforme universitaire du gouvernement et son volet Parcoursup, mais l’occupation des lieux qui devient la fin en soi. Car enfin – la non-entrée des lycéens dans les conflits le démontre bien, alors qu’ils étaient pourtant les premiers concernés – Parcoursup marque un progrès dans l’orientation des étudiants à l’entrée de l’université alors que, il faut le rappeler, 60 % des étudiants n’obtiennent pas leur licence en trois ans, et encore 40 % en quatre ans, par défaut précisément d’orientation ; ce qui constitue un gâchis humain et financier insupportable.

Enfin, la conclusion du processus de blocage se caractérise par le phantasme des bloqueurs et leurs soutiens, d’une intervention des forces de l’ordre, de préférence rude, qui permettrait de dénoncer « l’oppression brutale » de l’Etat et, qui sait, d’attiser le feu de nouvelles protestations. A cet égard, les élucubrations de la bloqueuse « insoumise » Leïla sur la violence imaginée des forces de l’ordre à Tolbiac, relayées par quelques médias peu scrupuleux, sont devenues un objet de railleries sur les réseaux sociaux.
Passé le coup de la circonspection puis de la sidération, que peuvent faire les universitaires face à des bloqueurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Thibault Faure, commissaire aux comptes, s’élève dans une tribune au « Monde » contre une mesure du projet de loi Pacte qui prévoit l’élévation des seuils d’obligation de la certification des comptes d’une entreprise.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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« Un risque pour la qualité de l’information financière »

Thibault Faure, commissaire aux comptes, s’élève dans une tribune au « Monde » contre une mesure du projet de loi Pacte qui prévoit l’élévation des seuils d’obligation de la certification des comptes d’une entreprise.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 08h00
    |

Thibault Faure (Expert-comptable et commissaire aux comptes, dirigeant associé du Groupe T2F)







                        



                                


                            

[La loi Pacte (« plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises ») a pour objectif l’évolution du tissu entrepreneurial français et une association plus grande des salariés aux résultats de l’entreprise. L’un des volets du projet de loi, incarné par le rapport Senard-Notat, propose une réécriture du code civil, pour mieux intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans les problématiques des sociétés commerciales. Mais la présentation du projet de loi en conseil des ministres, prévue initialement le 18 avril, a été repoussée successivement au 2 mai, au 16 mai, puis au 23 mai, et pourrait l’être plus tard encore]
Tribune. Présenté et débattu ce printemps, le projet de loi Pacte entend « donner aux entreprises le cadre et les leviers pour innover, pour se transformer, pour grandir et créer des emplois ». Il devrait notamment s’attacher à simplifier la gestion administrative des entreprises. Dans cette optique, le ministère de l’économie souhaite alléger les contraintes qui pèsent sur les entreprises dans divers domaines, dont celui de la certification des comptes.
Il paraît paradoxal, à l’heure de la mondialisation des normalisations, d’enlever des attributions au seul organe de contrôle des comptes des entreprises au nom de la « simplification »
Il s’appuie pour cela sur un rapport de l’Inspection générale des finances qui préconise d’aligner sur les standards européens les seuils minimaux rendant l’audit obligatoire, en les relevant pour toutes les entreprises à 8 millions d’euros de chiffre d’affaires, 4 millions de bilan et cinquante salariés. Concrètement, le nombre d’entreprises auditées chutera ainsi de 70 %. Si la mesure sera bien accueillie par les petites entreprises, elle est problématique pour les commissaires aux comptes qui perdront mécaniquement une part significative de leur activité.
Cette réforme, si elle est confirmée, appelle quelques réflexions de fond sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ La force d’évocation des parfums n’échappe pas aux stéréotypes, suggère une étude américaine.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/05/2018
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Les odeurs ont un sens et une classe sociale

La force d’évocation des parfums n’échappe pas aux stéréotypes, suggère une étude américaine.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 07h07
    |

                            Baptiste Coulmont (Sociologue, maître de conférences à l’université Paris-VIII et contributeur "Sciences")








                        



                                


                            
Carte blanche. Marcel Proust écrivait, en substance, que « quand d’un passé ­ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres (…), seules, plus frêles mais plus vivaces (…), plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps (…) à porter sans fléchir (…) l’édifice immense du souvenir ». L’odeur est l’une des clés qui ouvrent la porte de cet « édifice immense » du souvenir personnel. Mais pas seulement le souvenir personnel, comme le montre Karen Cerulo dans « Scents and Sensibility » (American Sociological Review, non traduit).
Effet proustien par excellence
La sociologue de Rutgers University (New Jersey) se demande comment on attribue un sens à ce que l’on sent, une signification à l’olfaction. Elle a choisi trois parfums très différents vendus dans le commerce. Le premier coûte environ 300 euros les 100 ml, le second 150, et le dernier 11. Et elle a demandé à plus de 70 personnes, plutôt des femmes, réparties dans une douzaine de groupes, de renifler, à l’aveugle, ces odeurs.
La grande majorité des participantes à cette enquête savent reconnaître les grandes ­ classifications olfactives de ces parfums : « boisé », « floral »…, et quand elles offrent leurs propres termes (« sexy », « vanille », « puissant »…), ces termes sont très souvent des synonymes des mots que les parfumeurs utilisent dans leurs publicités. Premier résultat donc : les odeurs font sens parce qu’il existe un « code public », socialement partagé, une forme de classification générale.
Mais il n’y a pas que ce code. Il y a aussi une forme de culture personnelle presque indicible. En observant comment reniflent les participants à son enquête, Karen Cerulo remarque des yeux fermés, des larmes parfois, des hésitations. Et quand elle leur demande : « Vous avez dit que ce parfum était sexy, pourquoi ? », les enquêtés ont du mal à répondre, sauf à faire intervenir des images (« J’ai vu une nuit de noces… »), des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans un ouvrage passionnant, où ils décryptent la pensée et l’action de l’ancien premier ministre, Alain Bergounioux et Jean-François Merle expliquent que le socialisme rocardien n’a conçu la raison d’être de la politique qu’articulée avec le social : c’est donc à l’aune de cette dualité qu’il faut aussi évaluer l’héritage du rocardisme.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Michel Rocard, l’alchimiste du socialisme

Dans un ouvrage passionnant, où ils décryptent la pensée et l’action de l’ancien premier ministre, Alain Bergounioux et Jean-François Merle expliquent que le socialisme rocardien n’a conçu la raison d’être de la politique qu’articulée avec le social : c’est donc à l’aune de cette dualité qu’il faut aussi évaluer l’héritage du rocardisme.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 09h53
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Le livre. Au lendemain de sa mort, le 2 juillet 2016, Michel Rocard, qui se voulait en même temps un « briseur de rêves » et « un porteur d’utopie », fut l’objet d’un hommage quasi unanime des hommes politiques comme s’ils étaient tous, avaient été, ou seraient rocardiens. La presse évoqua même « une victoire idéologique » du rocardisme.
Dans un ouvrage passionnant, où ils décryptent la pensée et l’action de l’ancien premier ministre, depuis ses premiers engagements contre la guerre d’Algérie jusqu’à l’exercice de ses diverses responsabilités, Alain Bergounioux, rocardien pur sucre et historien du PS, et Jean-François Merle se montrent circonspects.
« Le socialisme rocardien, écrivent-ils, n’a conçu la raison d’être de la politique que profondément articulée avec le social : c’est donc à l’aune de cette dualité qu’il faut aussi évaluer l’héritage du rocardisme. Or, de ce point de vue, la période la plus récente tempère significativement l’idée d’une “victoire idéologique”. »
Les auteurs ne voient pas davantage en Emmanuel Macron un « héritier du rocardisme », le « et de droite et de gauche » du président de la République étant « aux antipodes » du positionnement de Michel Rocard : « Il pouvait critiquer la gauche avec férocité, la qualifiant de “plus rétrograde d’Europe”, elle restait son camp et son parti, parce que ses critiques étaient énoncées au nom de principes – l’efficacité, le pragmatisme, la tolérance – dont il voulait aussi faire des marqueurs de la gauche. » Doctrine – un « socialisme de la liberté » –, aventure collective, méthode, morale, le rocardisme a un « caractère multidimensionnel » qui « rend son héritage fragile, dispersé et dilué à la fois ». Mais il subsiste comme « une inspiration ».
« Chantre du parler vrai »
De son mandat de secrétaire...




                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Formation professionnelle, apprentissage, assurance-chômage, fonction publique et, bientôt, retraite sont au programme pour transformer radicalement le fonctionnement du marché du travail. Jeunes diplômés : attention réformes !
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Jeunes diplômés : le « big bang » des réformes Macron

Formation professionnelle, apprentissage, assurance-chômage, fonction publique et, bientôt, retraite sont au programme pour transformer radicalement le fonctionnement du marché du travail. Jeunes diplômés : attention réformes !



Le Monde
 |    30.04.2018 à 14h48
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 17h18
    |

            Anne Rodier








                        



   


Editorial. Quel lien entre Calvin, héros populaire de la bande dessinée américaine Calvin et Hobbes, et Emmanuel Macron ? Le goût de la rupture, de l’innovation, de l’imagination ? Originaire de Picardie comme Jean Calvin (1509-1564), dont s’est ironiquement inspiré le dessinateur américain de bande dessinée Bill Watterson pour baptiser son héros hyperactif et plein de fantaisie, le président Macron a, semble-t-il, aussi un point commun avec le célèbre théologien : le goût de la réforme. Formation professionnelle, apprentissage, assurance-chômage, fonction publique et, bientôt, retraite sont au programme pour transformer radicalement le fonctionnement du marché du travail. Jeunes diplômés : attention réformes !
Alors que les belles perspectives de recrutement pour les jeunes diplômés, y compris les moins expérimentés, auraient pu laisser espérer un retour de la sérénité à l’entrée du marché du travail en 2018, les repères qui guidaient jusqu’alors le parcours professionnel, tels que les statuts d’emploi, l’accès à la formation, le dialogue social, la rupture du contrat, l’indemnisation-chômage, sont effacés par une succession de projets de loi destinés à adapter la société à la révolution technologique à l’œuvre.

    Cet article est extrait du semestriel Le Monde Campus Avril 2018 by Anne Rodier on Scribd

L’heure est à la rupture et à l’innovation. Une récente étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), « Automatisation, compétences et formation », a évalué l’impact de cette « révolution » sur l’emploi. Elle estime que les emplois de 66 millions de travailleurs des trente-deux pays observés sont fortement automatisables, soit 14 % environ du total. Et 32 % d’autres emplois exigeront de nouvelles compétences pour 50 % à 70 % de leur activité.
Réflexion est ouverte dans les entreprises
Le rythme de la formation professionnelle doit donc suivre pour assurer la transformation des métiers, intégrer l’intelligence artificielle et faciliter l’interdisciplinarité. « Le défi pour le système de formation professionnelle des adultes est considérable », souligne l’OCDE. Le sujet est donc à la fois urgent et sérieux.
La réflexion est ouverte dans les entreprises. « On est dans une période particulière de l’histoire. Il y a une certaine urgence à s’interroger sur les nouvelles manières de faire pour préparer le futur. Car si la réinvention des métiers a déjà existé par le passé, ce qui est nouveau c’est l’accélération portée par le numérique », soulignait le 11 avril Laurence Lehmann-Ortega, professeure de stratégie et politique à HEC Paris, lors du colloque « Comment et jusqu’où réinventer l’entreprise ? »
Bref, les organisations inventent en marchant et voudraient marcher de plus en plus vite. Et l’Etat leur emboîte le pas. Le gouvernement a lancé le « big bang » de la formation professionnelle : un compte personnel de formation, 500 euros par an et une application numérique dès 2019 pour déterminer son avenir en un clic… Même les indépendants y auront droit. Le statut cadre doit être redéfini et la fonction publique réformée : elle recrutera davantage de contractuels, quitte à brouiller les frontières entre privé et public. Le Calvin de Bill Watterson voit rarement l’emballement de ses inventions avant le crash final, mais le très sérieux Jean Calvin n’a jamais cédé à la tentation de la pensée magique.
Cet article est tiré du semestriel « Le Monde Campus » téléchargeable ci-dessus.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Le festival Tempo Latino vient de dévoiler la programmation de sa 25e édition. Vous ne connaissez pas les artistes ? Vous hésitez ? « Le jazz et la salsa » vous aide à vous y retrouver et vous dit ce qu’il ne faudra pas rater cette année.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ 
<article-nb="2018/05/02/21-16">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le projet de loi sur la réforme de la formation professionnelle contient des dispositions peu commentées mais dangereuses, estime le chercheur Jean-Yves Rochex dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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La disparition des centres d’information et d’orientation « privilégiera les plus privilégiés »

Le projet de loi sur la réforme de la formation professionnelle contient des dispositions peu commentées mais dangereuses, estime le chercheur Jean-Yves Rochex dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.04.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 13h55
    |

Jean-Yves Rochex (Psychologue, professeur des sciences de l’éducation à l’université Paris-VIII)







                        



                                


                            

Tribune. Le projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel – outre une logique de marchandisation et d’individualisation de la formation professionnelle, considérée comme devant obéir à la seule logique de l’offre et de la demande, sans régulation collective par les partenaires sociaux – comporte des dispositions passées relativement inaperçues en matière d’orientation.
Y sont prévus la suppression des délégations régionales de l’Office national d’information sur les enseignements et professions (Onisep) et le transfert de leurs missions et de leurs personnels aux régions ; la suppression des centres d’information et d’orientation (CIO) et le rattachement des psychologues de l’éducation nationale (PsyEN), ex-conseillers d’orientation psychologues (COP), qui exercent dans les établissements scolaires, et de leurs directeurs aux rectorats ou aux inspections académiques.

Ces mesures, formulées de manière abrupte, sans aucune concertation, et qui semblent préfigurer la disparition des personnels d’orientation de l’éducation nationale, s’inscrivent à l’encontre de la création en février 2017 d’un corps unique de psychologues de l’éducation nationale et renouent avec une politique antérieure erratique mettant en cause les services d’orientation – en réduisant drastiquement le recrutement par la diminution du nombre de places au concours – et promouvant une conception simpliste et étriquée de l’orientation, qui ne peut que renforcer le caractère profondément inégalitaire de notre système éducatif.
Certes, bien des choses sont à améliorer en matière d’orientation dans notre pays. Mais, de la même manière qu’il est plus facile, pour justifier l’institutionnalisation de la sélection à l’entrée à l’université, de pointer du doigt la plate-forme APB que le manque criant de moyens de l’université pour faire face à l’accueil des nouveaux étudiants, il est plus facile de désigner tel ou tel manque ou difficulté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Essor de l’e-commerce, des réseaux sociaux, des influenceurs… plus question de construire une campagne publicitaire de mode comme avant. André Mazal,  de l’agence BETC, décrypte le phénomène.
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« Avec la révolution Instagram, la pub a dû s’adapter »


                      Essor de l’e-commerce, des réseaux sociaux, des influenceurs… plus question de construire une campagne publicitaire de mode comme avant. André Mazal,  de l’agence BETC, décrypte le phénomène.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 13h26
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 09h57
    |

                            Elvire von Bardeleben








                              

                        

André Mazal, directeur du planning stratégique luxe de l’agence BETC, a vu la publicité de mode évoluer. Son métier : trouver le concept, la métaphore publicitaire qui incarne les valeurs d’une marque. Il décrypte pour nous les nouveaux enjeux de communication du secteur.
Est-ce qu’on fait une pub de mode aujourd’hui comme il y a dix ans ?
Ces dernières années, on a assisté à un grand bouleversement des valeurs. Avant, il y avait une hiérarchie très nette, avec, tout en haut, un triumvirat créateur – rédacteur de mode – égérie. Le créateur, dans une maison historique, délivrait un message deux fois par an avec ses collections. Le rédacteur de mode était écouté, craint. Quant à la star, elle descendait de son Olympe pour incarner la marque. Tout à coup, le créateur est devenu moins pérenne. On lui a demandé de faire six ou huit collections par an, et des collaborations parfois issues du sportswear. Le pouvoir du rédacteur de mode et de la star est désormais amoindri par celui des influenceurs.
A qui pensez-vous ?
« Aujourd’hui, un jeune ne voit pas de différence entre Audrey Hepburn et Kim Kardashian. » André Mazal
Kim Kardashian, par exemple, est devenue ultra-puissante. Les vêtements qu’elle porte sont une vraie forme de publicité pour les marques. Mais au départ, elle est connue pour quoi ? Une sextape, de la téléréalité, son mariage avec Kanye West. Aujourd’hui, un jeune ne voit pas de différence entre Audrey Hepburn, grande actrice qui a reçu des Oscars, et Kim Kardashian, dont il me dirait que c’est une businesswoman accomplie.
Comment ce changement de valeurs influence-t-il votre métier de publicitaire ?
Nous devons collaborer avec ces gens qui font vendre, mais qui risquent, à force, de ternir l’image de la marque. Il faut les mettre en scène, les faire participer à la communication digitale, les payer très cher pour qu’ils dessinent un sac, ou qu’ils soient...




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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le pédopsychiatre Daniel Marcelli constate, avec tous les professionnels de la petite enfance, l’apparition de comportements inquiétants avec une fréquence croissante.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/05/2018
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« L’exposition précoce aux écrans est un nouveau trouble neuro-développemental »

Le pédopsychiatre Daniel Marcelli constate, avec tous les professionnels de la petite enfance, l’apparition de comportements inquiétants avec une fréquence croissante.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 06h55
    |

            Pascale Santi et 
Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Les écrans peuvent-ils nuire au développement des très jeunes enfants et provoquer divers troubles, en particulier des « symptômes d’allure autistique » ? La polémique enfle et divise les professionnels de la petite enfance. Le Collectif surexpositions écrans (COSE) et l’une de ses fondatrices, Anne-Lise Ducanda, médecin de protection materno-infantile, qui alertent l’opinion publique sur les effets graves d’une surexposition massive et précoce aux écrans, sont sous le feu des critiques.
Dans une tribune (Le Monde du 14 février), un collectif de médecins, psychologues… estime « qu’aucune étude ne peut établir une relation de causalité entre consommation d’écrans et autisme », et qu’il est peu probable que l’addiction aux écrans concerne les moins de 4 ans.
Président de la Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et disciplines associées (Sfpeada), professeur émérite de ­pédopsychiatrie, Daniel Marcelli s’est engagé aux côtés du Collectif Surexpositions écrans.
Que pensez-vous des tableaux cliniques spectaculaires décrits par certains médecins ?
Depuis un petit nombre d’années, tous les professionnels de la petite enfance, médecins pédiatres ou pédopsychiatres, mais aussi ­psychologues, enseignants de maternelle, personnel de crèche… constatent l’apparition de comportements inquiétants avec une ­ fréquence croissante.

Les signes sont nombreux : retard de communication et de langage devenant patent vers 18-30 mois, prosodie particulière, centrage d’intérêt de plus en plus exclusif sur les écrans, difficulté de contact avec les autres enfants, conduites d’allure agressive, agitation et instabilité d’attention, manque d’intérêt pour les jeux habituels… Ces troubles ont été très bien résumés dans une vidéo postée sur YouTube en 2017 par les docteurs Terrasse et Ducanda.
Voilà vingt ans que les effets délétères de la surexposition des enfants et adolescents...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des préhistoriens et des paléontologues s’inquiètent de l’impact de l’élimination de lisiers issus d’activités de méthanisation sur le patrimoine souterrain de ces zones calcaires.
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« Non aux épandages polluants qui menacent les sites archéologiques des causses du Lot »

Dans une tribune au « Monde », des préhistoriens et des paléontologues s’inquiètent de l’impact de l’élimination de lisiers issus d’activités de méthanisation sur le patrimoine souterrain de ces zones calcaires.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 16h52
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Un gros méthaniseur industriel, qui va traiter 67 000 tonnes de déchets par an, vient de s’installer à Gramat (Lot). Ces ­déchets proviendront de cinq départements dans un rayon de 130 kilomètres. Ils comprendront des déchets d’abattoirs, de stations d’épuration des villes, de restauration collective, d’élevages industriels, de laiteries, etc.
En cas d’épidémie de grippe aviaire, ce méthaniseur est envisagé comme moyen d’élimination des lisiers contaminés. Ces différents intrants contiennent des matières polluantes (métaux lourds, PCB, perturbateurs endocriniens, germes, pesticides, biocides, antibiotiques, éléments minéraux et organiques divers dont l’azote et le phosphore). Un méthaniseur industriel plus petit se développe aussi sur le causse de Martel à Mayrac, qui traitera 15 000 tonnes de déchets par an, et quatre autres projets sont en construction dans la région.
Les digestats s’infiltrent immédiatement dans les sols et sous-sols
Ces installations produiront du ­méthane, de l’électricité et un sous-produit, le digestat brut liquide, présenté comme un « fertilisant », qui sera épandu sur 6 000 hectares au cœur du parc naturel des causses du Quercy et 800 hectares du causse de Martel. Rappelons que tout ce qui ­entre dans le méthaniseur se retrouve en sortie dans le digestat, même si une hygiénisation incomplète est effectuée. Les digestats s’infiltrent immédiatement dans les sols et sous-sols.
La région calcaire des causses est un milieu particulièrement vulnérable déjà victime des épandages du lisier des élevages industriels, qui provoquent l’expansion extraordinaire de la végétation aquatique dans le lit de la Dordogne, du Célé et de leurs affluents ainsi que des pollutions d’eau potable enregistrées notamment à Cahors au printemps 2017. Une opposition ­citoyenne locale s’organise.
Nous, préhistoriens et paléontologues, voulons aussi attirer l’attention des pouvoirs publics sur le risque de pollution des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le milliardaire, patron de Blackstone, a voulu faire un don de 25 millions de dollars à son ancien lycée de Philadelphie. Mais ses exigences en contrepartie ont provoqué des réactions indignées de parents d’élèves, explique dans sa chronique le correspondant du « Monde » à New York, Arnaud Le parmentier.
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« La charité un peu ostentatoire de Stephen Schwarzman »

Le milliardaire, patron de Blackstone, a voulu faire un don de 25 millions de dollars à son ancien lycée de Philadelphie. Mais ses exigences en contrepartie ont provoqué des réactions indignées de parents d’élèves, explique dans sa chronique le correspondant du « Monde » à New York, Arnaud Le parmentier.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 15h24
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Marchés. Aux Etats-Unis, au-delà d’une certaine fortune, on bascule du statut de milliardaire à celui de philanthrope. Oubliées, les conditions dans lesquelles ont été amassées ces fortunes – nul ne se souvient que le spéculateur George Soros fut honni pour avoir bouté la livre britannique hors du système monétaire européen en 1992, et il est aujourd’hui héraut de la démocratie en Europe de l’Est –, l’éthique du capitalisme fait de votre succès un don, et la morale veut que vous le rendiez à la communauté.
Stephen Schwarzman, président-fondateur du groupe d’investissement privé Blackstone, ne fait pas exception. Le milliardaire, dont la fortune est estimée à 13 milliards de dollars (près de 11 milliards d’euros) par Forbes, a voulu financer le lycée de son enfance à Abington, une banlieue résidentielle de Philadelphie dans laquelle ses parents avaient déménagé parce que l’école publique y était de bon niveau. La coquette somme a été annoncée en février : 25 millions de dollars. « Je suis très loyal à cette école, elle a changé ma vie », a déclaré M. Schwarzman.
Sauf que sa charitable loyauté est un peu ostentatoire, et le patron de Blackstone avait assorti son don de quelques conditions : le lycée devait être rebaptisé lycée Abington-Schwarzman, le nom du donateur figurer sur les six entrées et un portrait de taille conséquente accroché dans le bâtiment ; tandis que deux emplacements devaient prendre le nom de ses frères, Mark et Warren Schwarzman.
C’était sans compter sur le tollé d’une partie des parents d’élèves, qui ont protesté lorsqu’ils ont découvert que leur progéniture allait devoir prononcer chaque jour le nom de Schwarzman, lequel défraye la chronique de Wall Street pour ses fêtes fastueuses et conseille discrètement Donald Trump.
Initiative tournée en ridicule
La presse a tourné en ridicule le patron de Blackstone, qui a multiplié les dons en échange de l’affichage de son patronyme :...




                        

                        

