<FILE-date="2018/05/02/21">

<article-nb="2018/05/02/21-1">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Cette mouvance, régulièrement présente dans les manifestations, a rassemblé au moins 1 200 personnes lors du défilé parisien du 1er-Mai et a violemment affronté les forces de l’ordre.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Qui sont les black blocs ?

Cette mouvance, régulièrement présente dans les manifestations, a rassemblé au moins 1 200 personnes lors du défilé parisien du 1er-Mai et a violemment affronté les forces de l’ordre.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 20h10
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre et 
                                Cyrielle Chazal








                        


Des militants vêtus de noirs, cagoulés, cassant du mobilier urbain, dégradant des commerces et affrontant les forces de l’ordre : l’image revient régulièrement lors des manifestations. Elle a encore marqué, de manière spectaculaire, le défilé du 1er-Mai à Paris. Selon la préfecture de police, près de 1 200 « individus cagoulés et masqués » s’étaient massés devant le cortège syndical.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Antifas, black blocs, anars : ce « cortège de tête » qui a fait dérailler le 1er Mai syndical



Qui sont ces black blocs ? S’ils sont particulièrement difficiles à définir, c’est qu’il s’agit avant tout d’une tactique de lutte, et non d’une idéologie ou d’un mouvement structuré.

Manifestation du 1er mai, présence d’environ 1200 individus cagoulés et masqués au niveau du Pont d’Austerlitz https://t.co/NaVld5hsft— prefpolice (@Préfecture de police)


require(["twitter/widgets"]);

D’où vient le mouvement black bloc ?
Les racines du mouvement black bloc, né outre-Rhin, ne sont pas orientées à l’extrême droite, mais plutôt du côté de l’extrême gauche. A la fin des années 1980, la police de Berlin-Ouest invente l’expression « schwarze block » (« bloc noir ») pour désigner des manifestants cagoulés de noir et armés de bâtons.
Selon le politologue québécois Francis Dupuis-Déri, qui leur a consacré un article dans la revue Politix, les black blocs allemands s’inspirent eux-mêmes du mouvement Autonomia, né en Italie dans le courant des années 1960 : ce mouvement, ancré à l’extrême gauche, prône des formes d’action insurrectionnelles et illégales.
Que revendiquent-ils ?
La mouvance black bloc s’inscrit en opposition au capitalisme, aux gouvernements, aux forces policières et à la mondialisation. Sur les réseaux sociaux, leurs membres appellent à « rendre l’insurrection irréversible ». Leurs banderoles du défilé du 1er-Mai mêlaient références à l’anarchisme et emprunts à la culture populaire : « Marx attack », « sous les k-ways la plage » ou encore « la piraterie féministe n’est jamais finie », en référence à une chanson du rappeur Booba.
Un tract diffusé en marge de la manifestation du 1er-Mai éclaire les motivations des black blocs :
« Casser, c’est récupérer l’argent que les multinationales volent au peuple. Faire payer les assurances, les agent.e.s de privatisations, les propriétaires lucratif.ve.s et tou.te.s ceux qui monopolisent les richesses, pour les inégalités qu’ils instaurent. »
Quels sont leurs moyens d’action ?
« Les black blocs n’ont pas de moyens très importants », résume dans un rapport le Centre de recherche de l’école des officiers de la gendarmerie nationale (CREOGN). Les membres des black blocs se mêlent aux manifestants avec, dans leur sac, de quoi assurer leur anonymat – des cagoules notamment. Ils se repèrent grâce à des signes de la main et se masquent le visage une fois qu’ils forment un « bloc » suffisamment important au sein du cortège.
Les black blocs arrivent avec leurs propres outils, tels que des marteaux ou des pioches, afin de créer des projectiles à partir de ce qu’ils trouvent dans la rue (mobilier urbain, pavés, etc.). « Ils confectionnent également leurs propres armes, précise le rapport, comme des bombes et projectiles de peinture, des engins incendiaires, ou encore des banderoles renforcées avec des clous et des vis en direction des forces de l’ordre ».
« Un défi pour les forces de l’ordre »
Pour se protéger, ils communiquent sur des réseaux de messagerie cryptés et portent des lunettes de piscine contre les grenades lacrymogènes. Une fois leur action terminée, ils enfilent généralement des vêtements de couleur pour mieux se fondre dans la foule. Ils mettent en place des stratégies pour ne pas être dispersés avant la fin de leur action. Par exemple, ils essaiment en petits groupes afin de saturer les services d’ordre et se replient ensuite en bloc afin d’assurer une défense solidaire. « Cette recomposition perpétuelle est un défi pour les forces de l’ordre, plus habituées aux casseurs », relève le rapport.
Les black blocs fonctionnent sans chef. « C’est au cours d’un processus délibératif que les membres discutent des risques qu’ils entendent prendre et qu’ils décident du type d’actions qu’ils désirent mener », explique le chercheur québécois Francis Dupuis-Déri dans la revue Mouvements. Ils se livrent souvent à des dégradations matérielles, sur du mobilier urbain ou des lieux symboliques comme des vitrines de banques ou d’assureurs. Ces attaques vont des vitres brisées au déclenchement d’incendies, en passant par des jets de cocktails Molotov ou de pavés. Tous les black blocs n’ont cependant pas recours à la force.
Objectif de médiatisation
Leur objectif est double : exprimer une critique directe du « système », via des destructions de lieux symboliques, mais aussi indirecte. « L’action est couverte et discutée dans les médias, ce qui permet de diffuser dans le champ politique une critique radicale du capitalisme et de l’Etat libéral », décrypte Francis Dupuis-Déri.
Quelles ont été leurs actions les plus marquantes ?
En 1999, à Seattle, plusieurs centaines de black blocs se mêlent aux marches contre la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). L’état d’urgence est décrété et un couvre-feu, instauré. A Gênes, en juillet 2001, ils saccagent la ville en se fondant dans des marches pacifiques anti-G8. En avril 2009, à Strasbourg, ils sont 2 000 à semer le trouble en marge du 60e anniversaire de l’OTAN. En octobre de la même année, ils sont 300 à noyauter la manifestation d’un collectif anti-carcéral, à Poitiers.
En octobre 2011 à Rome, lors de la journée mondiale des « Indignés » contre la crise et la finance mondiale, des black blocs se mêlent aux manifestants et jettent des cocktails Molotov. En février 2014, ces émeutiers cagoulés rejoignent les rangs des opposants à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. En juillet 2017, à Hambourg, ils intègrent les rangs des anti-G20 et suscitent le déploiement d’une dizaine de camions anti-émeutes.



Ressources

Le black bloc : quand l’antisystème effraie, par Francis Dupuis-Déri, professeur à l'université du Québec à Montréal (UQAM), sur TheConversation.com (août 2017).
La répression des « black blocs », prétexte à la domestication de la rue protestataire, par Olivier Cahn, maître de conférence à l'Université de Cergy-Pontoise, sur Cairn.info (2010).
Les Black blocs, preuves de la mutation de la contestation sociale, rapport du Centre de recherche de l'école des officiers de la gendarmerie nationale (juillet 2016).
(en anglais) Making the News: Anarchist Counter-Public Relations on the World Wide Web, dans la revue Critical Studies in Media Communication (juin 2010).


 .encadre_dcdr { font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, sans-serif; margin: 24px 0; padding: 16px; border: 2px solid #eef1f5; background: #FFF; font-size: 1.3rem; border-top: 3px solid #ffc600; border-radius: 0 0 12px 12px; } .encadre_dcdr .titre_encadre_dcdr { font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, sans-serif; line-height:





                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-2">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Deux sites ont publié, en avril, le témoignage d’un parent sur « l’islamisation » de l’école publique. Il s’agissait d’un faux, répercuté sans vérification préalable.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Comment des sites militants ont diffusé un faux témoignage sur la « propagande islamique »

Deux sites ont publié, en avril, le témoignage d’un parent sur « l’islamisation » de l’école publique. Il s’agissait d’un faux, répercuté sans vérification préalable.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 18h23
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 18h40
    |

            Adrien Sénécat








                        


« Propagande islamique à l’école maternelle laïque à Angers. » C’est sous ce titre que le blog Le Salon beige relayait le témoignage alarmiste d’une « lectrice », le 12 avril. Cette rumeur a largement circulé sur différents sites d’extrême droite, comme Riposte laïque, avant d’être démentie dans Ouest-France par l’école concernée, le 28 avril.
Selon nos informations, il ne s’agit pas d’une intox comme une autre. Les sites à l’origine de la rumeur ont, en fait, été piégés par un témoignage mensonger, qu’ils ont recopié dans leurs textes le jour même, sans aucun souci de vérification préalable. Un cas d’école des biais de la « réinformation » militante.
Ce que dit la rumeur
Le site Riposte laïque, qui nous paraît peu fiable dans le Décodex, parce qu’il publie un nombre significatif de fausses informations, a publié le 12 avril le récit d’un « jeune père de deux enfants de 3 et 5 ans », selon lequel son fils aurait appris une chanson intitulée Bismillah au nom d’Allah dans son école maternelle, à Angers.
L’homme cité dans l’article dit avoir fait part de son « indignation à la directrice de l’établissement dès le lendemain », laquelle lui aurait simplement répondu en invoquant « l’ouverture aux cultures étrangères ». Le témoignage se conclut en dénonçant la « France sclérosée par le mensonge, l’islam rampant et la culture de la mort ».
Le même témoignage a été reproduit par Le Salon beige, un site proche de La Manif pour tous, qui nous paraît, lui aussi, peu fiable, à la différence qu’il y est cette fois attribué à « une lectrice », et pas « un lecteur », et que le nom de l’école maternelle où les faits se seraient déroulés est précisé. La rumeur a ensuite circulé sur divers blogs proches de l’extrême droite dans les jours qui ont suivi.
POURQUOI C’EST FAUX
1. Un simple e-mail à l’origine de la rumeur
La rumeur a été démentie auprès de Ouest-France le 28 avril par une enseignante de l’école en question, ainsi que par Caroline Fel, adjointe à la petite enfance à la mairie d’Angers, qui a évoqué une « énorme calomnie, sans aucun fondement ». 
Au-delà de ces démentis, l’itinéraire de cette rumeur est un cas d’école. Lundi 1er mai, Les Décodeurs du Monde ont reçu un message émanant d’un internaute se présentant sous le nom de « Caroline », adressé aux responsables des sites Riposte laïque et Le Salon beige. Dans ce message, l’internaute dit avoir piégé les deux sites en leur envoyant, par un simple e-mail, le témoignage dénonçant la prétendue « islamisation » à l’école maternelle d’Angers.
Selon « Caroline », il n’a fallu que quelques dizaines de minutes pour que son message soit repris sur Le Salon beige, et quelques heures seulement pour que Riposte laïque s’en saisisse. La rumeur est donc née d’un simple e-mail, sans autre information ou détail que ceux repris ensuite par les deux sites.
Contactés, les responsables de Riposte laïque confirment que l’e-mail de la prétendue « mère de famille » est à l’origine de son article. On nous explique que ce témoignage « recoupait de nombreuses autres informations », dont le site dit disposer sur « l’islamisation de notre école ». Ce dernier reconnaît en fait en creux s’être rué sur les affirmations de « Caroline » car elles correspondent à sa vision de la société et aux messages qu’il veut diffuser.
Interrogés par courriel, les administrateurs du Salon beige n’ont, quant à eux, pas répondu à nos sollicitations pour l’heure. Leur article a néanmoins été mis à jour, comme celui de Riposte laïque l’a été mardi 2 mai, après nos messages.
2. Une démarche militante pour soutenir « la vérification »
Reste que Riposte laïque digère mal l’épisode et annonce vouloir « déposer plainte » à l’encontre de « Caroline » pour « divulgation volontaire d’une fausse information afin de porter préjudice ».
Si les personnes du site s’exonèrent un peu vite de leur responsabilité quant aux informations qu’elles publient, la démarche de l’internaute peut aussi poser question. Interrogé·e sur sa démarche, l’intéressé·e n’a pas souhaité nous répondre, disant préférer rester anonyme.
Son message adressé aux administrateurs des différents sites donne néanmoins quelques clés de lecture de son mode d’action :
« Quel est le but de tout ça finalement ? Il y en a deux :
— Montrer qu’il est très facile (et très marrant, on ne va pas se le cacher…) de faire croire ce que l’on veut à cette communauté, cette bulle qui s’autoalimente et qui s’autoconfirme dans ses idées, ses obsessions (…).
— Faire comprendre que la vérification, le croisement des sources indépendantes et tous ces trucs de journaliste, c’est pas si mal finalement… »
Cette méthode n’en est pas moins discutable, notamment à cause de la confusion qu’elle a créée en citant nommément une école d’Angers, dont le nom a été repris dans le texte diffusé par Le Salon beige. Elle a, en revanche, mis en lumière une nouvelle fois les pratiques tout aussi contestable de sites militants peu préoccupés par l’authenticité des informations qu’ils diffusent.

Décodex : nos outils contre les fausses informations
Utilisez les outils développés par Les Décodeurs pour vous aider à éviter les fausses informations :
Fiables ou pas ? Testez les sites que vous consultez sur notre moteur de recherche (cliquez ici pour y accéder) ;Pour savoir en un coup d’œil si vous êtes sur un site fiable ou pas, installez notre extension pour les navigateurs Chrome (à télécharger ici) et Firefox (à télécharger ici) ;Vous voulez apprendre à vérifier l’information en ligne ? Lisez nos conseils pour éviter les fausses informations ;Besoin d’aide pour vérifier une info ? Interrogez notre robot Facebook (cliquez ici pour y accéder).





                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-3">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Le chanteur, qui a été condamné et a purgé sa peine pour le meurtre de Marie Trintignant, a vu la pression s’intensifier autour de sa tournée.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

L’Olympia annule les concerts de Bertrand Cantat fin mai par crainte de troubles

Le chanteur, qui a été condamné et a purgé sa peine pour le meurtre de Marie Trintignant, a vu la pression s’intensifier autour de sa tournée.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 18h07
   





                        


L’Olympia a annoncé mercredi 2 mai l’annulation de deux concerts de Bertrand Cantat prévus les 29 et 30 mai, par crainte de « troubles à l’ordre public ». 
Quinze ans après avoir tué l’actrice Marie Trintignant, le chanteur, qui a été condamné et a purgé sa peine, a vu la pression s’intensifier autour de sa tournée. Face à la colère des défenseurs des droits des femmes, il avait déjà renoncé à se produire lors des festivals d’été.

        Lire aussi :
         

                « Cantat demande une deuxième chance, comme pour les autres. Mais il n’est pas comme les autres »



Il avait dénoncé une « censure »
Bertrand Cantat, qui a sorti un nouvel album le 1er décembre, Amor Fati, avait dénoncé sur Facebook une « censure » après l’annulation de son concert prévu à Istres (Bouches-du-Rhône). Sur le réseau social, le chanteur avait écrit :
« Nous sommes maintenant à GRENOBLE où j’ai voulu entamer une discussion avec quelques personnes qui manifestaient leur hostilité devant la salle. A peine apparu, un déchaînement de violence, d’insultes, une pluie de coups, aucune possibilité de discuter, de la violence, seulement de la violence, aucune écoute, aucun échange : Bref, le retour au moyen-age. Ces gens sont sourds, et aveuglés par la haine. Peut être se sentent-ils encouragés par le merveilleux climat ambiant. »
La ministre de la culture, Françoise Nyssen, avait volé à son secours le 15 mars : « Il a été jugé, il a le droit de vivre sa vie (…), il a payé ».

        Lire aussi :
         

                La ministre de la culture défend Bertrand Cantat : « Il a le droit de vivre sa vie, il a payé »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-4">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ L’édition 2018 du Tour d’Italie s’élancera d’Israël, en hommage à l’ancien cycliste professionnel, héros de l’ombre de la seconde guerre mondiale.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/05/02/21-5">

<article-nb="2018/05/02/21-6">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Pour Richard Laganier, administrateur provisoire, « il appartient désormais au préfet d’évaluer l’opportunité, les moyens et le calendrier d’un retour à la normale sur le campus Mirail »
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Toulouse : le tribunal administratif ordonne le déblocage de l’université Jean-Jaurès

Pour Richard Laganier, administrateur provisoire, « il appartient désormais au préfet d’évaluer l’opportunité, les moyens et le calendrier d’un retour à la normale sur le campus Mirail »



Le Monde
 |    02.05.2018 à 15h10
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 19h55
   





                        



   


Le tribunal administratif de Toulouse, saisi en référé par l’Union nationale interuniversitaire (UNI) et par quatre étudiants, a ordonné mercredi 2 mai le déblocage de l’université de Toulouse-II Jean-Jaurès, paralysée depuis le 6 mars. « Le magistrat désigné a constaté que l’occupation des locaux depuis le 6 mars 2018 avait engendré des dégâts et des détériorations du mobilier et des infrastructures et que l’accès au site de toute personne non gréviste était impossible », relève le tribunal.
Le tribunal administratif « enjoint » également à l’administrateur provisoire de l’université de « faire usage de son pouvoir de police administrative afin de faire libérer l’accès ». La juridiction a également condamné l’université à verser la somme de 800 euros aux requérants pour la prise en charge de leurs frais de justice.
Richard Laganier, administrateur provisoire de l’université Toulouse - Jean Jaurès, a « pris acte » de cette décision qui le « contraint à solliciter le concours des forces de l’ordre ». Dans un communiqué publié mercredi, il précise aussi qu’« il appartient désormais au préfet d’évaluer l’opportunité, les moyens et le calendrier d’un retour à la normale sur le campus Mirail » :
« Nous subissons depuis plusieurs semaines l’accroissement des tensions au sein de l’Université, entre les votes d’assemblées générales en faveur du blocage, et les multiples témoignages, courriers et prises de position en faveur du déblocage.
Par ailleurs, l’occupation des locaux a entraîné de nombreuses dégradations, dont les premières estimations avoisinent la somme de 400 000 euros. Nous devons faire face à la multiplication des comportements à risque, questionnant la sécurité des biens et des personnes (déplacements sur les toits des bâtiments, intrusion dans le local des compteurs électriques, escalades de façades…). ».
Le préfet de Haute-Garonne attend désormais « la sollicitation de l’administrateur provisoire pour examiner les modalités d’exécution de la décision de justice », selon la préfecture.
En grève depuis la mi-décembre
L’université de lettres et sciences humaines s’était mobilisée à la mi-décembre contre un projet de fusion avec l’université Paul-Sabatier (sciences) et deux écoles d’ingénieurs, l’INSA (Institut national des sciences appliquées) et l’INP (Institut national polytechnique). Elle s’était ensuite élevée contre la loi ORE (pour « orientation et réussite des étudiants »), commençant à bloquer la faculté le 6 mars. Deux semaines plus tard, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a démis de ses fonctions le président et dissous les conseils, avant de nommer Richard Laganier administrateur provisoire.

        Lire aussi :
         

                Université Toulouse-II : le ministère dissout le conseil d’administration



Lundi, les étudiants grévistes réunis à l’université Jean-Jaurès ont décidé lors d’une assemblée générale (AG) de reconduire le blocage jusqu’à une nouvelle AG, programmée jeudi à 10 heures. Un blocage qualifié de « légitime » par des participants à ce vote, estimant que « l’AG s’était tenue de façon tout à fait démocratique ». Dans les couloirs ou aux abords de la faculté, d’autres enseignants-chercheurs déploraient en revanche le blocage, soulignant que « l’organisation de la rentrée 2018 pourrait être compromise ».

        Lire aussi :
         

                A Toulouse, la paralysie de l’université du Mirail



Le 26 avril, lors de l’audience « en référé mesures utiles », l’avocat de l’UNI, Me Guillaume Brouquières, avait fait valoir que la « liberté d’aller et venir et d’étudier » des étudiants était « bafouée ». L’avocat estimait que le blocage, notamment de la bibliothèque, nuisait à la révision des examens, prévus en juin.

        Lire aussi :
         

                A Toulouse, la paralysie de l’université du Mirail




Poursuite du blocage à Nanterre
Les étudiants de Nanterre, réunis en assemblée générale (AG) mercredi 2 mai, ont voté la reconduite du blocage de l’université jusqu’à lundi, faisant planer une nouvelle menace de report des partiels prévus cette semaine. Les 1 444 personnes présentes à l’AG se sont prononcées en faveur du blocage, tandis que 351 personnes ont voté contre, au premier jour de la rentrée après dix jours de vacances.
Depuis plus de deux semaines, l’université de Nanterre est entièrement bloquée et occupée par des étudiants opposés à la loi orientation et réussite des étudiants (ORE), qu’ils accusent d’être une forme de sélection à l’entrée des universités.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-7">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ L’UFC avait publié une étude accusant EDF de sous-utiliser ses réacteurs nucléaires lorsque les prix de marché diminuent, au bénéfice de centrales plus coûteuses.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

EDF dépose plainte contre l’UFC-Que choisir, qui l’accuse d’avoir influencé à son profit le prix de l’électricité

L’UFC avait publié une étude accusant EDF de sous-utiliser ses réacteurs nucléaires lorsque les prix de marché diminuent, au bénéfice de centrales plus coûteuses.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h51
   





                        



   


EDF a annoncé, mercredi 2 mai, avoir déposé plainte avec constitution de partie civile pour diffamation contre l’UFC-Que choisir, qui avait accusé l’électricien de faire payer d’importants surcoûts à ses clients en influençant les prix du marché. Le groupe dénonce des propos jugés « diffamatoires » tenus par l’association de défense des consommateurs le 5 avril.
L’UFC avait alors publié une étude accusant EDF de sous-utiliser ses réacteurs nucléaires lorsque les prix de marché diminuent, au bénéfice de centrales plus coûteuses (gaz, fioul, charbon). Selon l’UFC, ces prix augmentant alors, EDF en profiterait pour vendre son électricité plus cher sur les marchés à terme (pour une livraison plus tard). L’association avait estimé à 2,4 milliards d’euros le surcoût pour les consommateurs particuliers entre 2012 et 2016.
EDF avait contesté ces accusations dès leur publication, estimant qu’elles reposaient sur « un raisonnement économique erroné ». « EDF optimise à tout moment l’utilisation de son parc de production en interaction étroite avec les marchés européens de l’électricité. EDF agit sous la surveillance permanente du régulateur de l’énergie, la Commission de régulation de l’énergie » (CRE), souligne le groupe dans son communiqué.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-8">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Dans cette chronique, le juriste Jean-Emmanuel Ray revient sur cette forme de démocratie directe qui s’est récemment banalisée et rappelle qu’une entreprise ne se gouverne pas socialement par référendum.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Un référendum, pour faire quoi ?

Dans cette chronique, le juriste Jean-Emmanuel Ray revient sur cette forme de démocratie directe qui s’est récemment banalisée et rappelle qu’une entreprise ne se gouverne pas socialement par référendum.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 11h10
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Question de droit social. Le référendum n’est pas nouveau en droit social : depuis fort longtemps, les syndicats y font appel avant de signer un protocole de fin de grève, et il constitue un classique pour les accords de prévoyance ou d’intéressement.
Mais cette forme de démocratie directe s’est récemment banalisée. En fait, avec les réseaux sociaux externes puis internes : dans certaines PME, un membre du groupe Facebook regroupant 85 % des collaborateurs peut organiser un référendum-minute sur un projet patronal. Et en droit dans les entreprises de moins de onze salariés, où cette consultation est devenue la règle depuis septembre 2017. Mais elle pose problème dans les entreprises où existent des syndicats déclarés « représentatifs » car ayant recueilli plus de 10 % des suffrages exprimés aux dernières élections professionnelles, et qui ont le monopole de la négociation : la légitimité de ces corps intermédiaires se trouve alors questionnée.

Certes, il peut s’agir, comme chez Air France, de vouloir dénouer une situation bloquée en interrogeant l’ensemble de la collectivité de travail sur la position souvent raide de syndicats catégoriels. En l’espèce, que pensent les 34 000 salariés au sol et les 13 000 navigants commerciaux des positions du syndicat majoritaire chez les 4 500 pilotes ? Syndicat qui, comme beaucoup d’autres désormais, procède lui-même à une consultation de ses adhérents avant de signer.
La « consultation des salariés »
Mais il faut éviter de confondre référendum consultatif et référendum décisionnel. Celui organisé par Air France appartient à la première catégorie car, en droit, son résultat ne lie personne. Ce n’est pas le cas de la « consultation des salariés » qui peut être organisée lorsqu’un accord d’entreprise est signé par des syndicats représentant au moins 30 % mais moins de 50 % des suffrages exprimés, alors que depuis le 1er mai tous les accords d’entreprise sont censés être majoritaires...




                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-9">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Des avocates racontent avoir été harcelées et pourquoi elles n’ont pas osé saisir leur bâtonnier.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Paroles d’avocates sur le harcèlement : « Si tu en parles, je te grille auprès de tous les cabinets »

Des avocates racontent avoir été harcelées et pourquoi elles n’ont pas osé saisir leur bâtonnier.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 13h34
    |

                            Charlotte Bouvier et 
Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
La loi du silence règne. « Si tu en parles, je te grille auprès de tous les cabinets d’avocats ! » Sophie (dont le prénom a, comme d’autres, été modifié) n’est sans doute pas la seule à avoir entendu cette mise en garde après avoir été renvoyée à son retour de congé maternité, en 2014. « Comme c’est un petit milieu et qu’on est en début de carrière, on a peur », reconnaît-elle. Les ruptures de collaboration à l’occasion des maternités sont un phénomène connu dans toute la profession, même si elles ne sont heureusement pas la règle.
Les prud’hommes ne sont pas compétents en cas de conflit dans cette profession au statut libéral, ce sont les conseils de l’ordre de chaque barreau. « Et là, vous vous retrouvez face à des vieux, qui sont copains avec votre patron, et n’ont pas envie de s’embêter avec des problèmes de bonnes femmes », poursuit cette avocate qui s’est, depuis, mise à son compte de peur de devoir subir un nouvelle fois une telle injustice.

Une seule avocate a, à ce jour, porté sur la place publique son différend avec son cabinet. Carine Benamouzig a été remerciée en 2013 par le cabinet Allen & Overy, après son retour d’un troisième congé maternité. Elle y travaillait depuis dix ans. En décembre 2015, le conseil de l’ordre a demandé au cabinet de l’indemniser en raison du « manque de délicatesse et de confraternité » dont il avait fait preuve.
Renvoi systématique
Jeune collaboratrice dans un grand cabinet d’affaires, Leïla est rapidement devenue la cible d’un avocat associé. D’abord sur le ton de la plaisanterie. Puis les remarques se sont faites plus dégradantes, les gestes plus pesants. Il est allé jusqu’à se déshabiller devant elle alors qu’ils étaient seuls au bureau, sous prétexte de changer de tenue. Le harcèlement sexuel est devenu moral lorsque l’associé a compris qu’elle ne céderait pas.
Les appels au secours de Leïla sont restés sans réponse : « Les ressources humaines ont...




                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-10">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Le 16 août 2011, une société organise, dans les arènes de Biscarrosse (Landes), un spectacle taurin au cours duquel des spectateurs sélectionnés sont invités à affronter des vachettes. Pascal M. est percuté par une vachette, qui le projette sur un poteau métallique. L’animal revient sur lui, et lui donne un coup de corne avant de le piétiner.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ 
<article-nb="2018/05/02/21-11">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Selon l’enquête publiée par le Défenseur des droits, une avocate sur deux affirme avoir été victime de discriminations au moins une fois au cours des cinq dernières années.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Sexisme, différences de salaire : face aux discriminations, des avocates sans défense

Selon l’enquête publiée par le Défenseur des droits, une avocate sur deux affirme avoir été victime de discriminations au moins une fois au cours des cinq dernières années.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h15
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



   


Les avocats, et en particulier les avocates, seraient-ils les moins armés pour se défendre contre les discriminations et les violations du droit du travail ? Selon une enquête publiée mercredi 2 mai par le Défenseurs des droits, les trois quarts des avocates rapportent avoir été témoins de discriminations, principalement sexistes, à l’égard d’un ou une collègue et une sur deux affirme en avoir été victime au moins une fois au cours des cinq dernières années. Pourtant, moins de 5 % de celles ou ceux qui ont subi une discrimination ont engagé une démarche pour faire valoir leurs droits. Alors que les témoignages de harcèlement sexuel ou moral, et de rupture de contrat au retour d’un congé maternité sont nombreux.

        Lire aussi :
         

                Paroles d’avocates sur le harcèlement : « Si tu en parles, je te grille auprès de tous les cabinets »



Les discriminations envers les femmes dans cette profession essentiellement exercée sous forme libérale ne sont pas un problème nouveau. La Fédération nationale des unions de jeunes avocats (Fnuja) dénonce depuis de nombreuses années des pratiques discriminatoires. Mais c’est la première fois qu’une étude aussi vaste les mesure. L’enquête du Défenseur des droits résulte d’un questionnaire rempli par plus de 7 000 avocats, un échantillon représentatif de la profession, qui totalise quelque 65 000 personnes. « Les résultats incontestables de cette enquête permettent d’objectiver le problème, cela doit obliger à une prise de conscience et une réaction de tous », estime Anne-Lise Lebreton, vice-présidente de la Fnuja, qui avait sollicité l’institution présidée par Jacques Toubon pour ce travail.
En matière de rémunération, le seul fait d’être une femme augmente de 40 % la probabilité d’être dans la tranche des revenus professionnels nets la plus basse (inférieure à 17 500 euros par an) et diminue de 60 % celle de figurer dans la tranche la plus élevée (plus de 152 041 euros). « A Paris, les avocates gagnent en moyenne 51 % de moins que les avocats », s’offusque Marie-Aimée Peyron, bâtonnière depuis le 1er janvier, qui avait fait de la lutte pour l’égalité l’un des principaux thèmes de sa campagne avec Basile Ader, vice-bâtonnier.
Regard dévalorisant
Les femmes représentent 54 % de la profession, mais leur proportion n’est que de 37 % parmi les associés des cabinets – le Graal socioprofessionnel « susceptible de conférer légitimité et élévation sociale », selon cette enquête de 40 pages. Ces inégalités salariales ne sont pas l’apanage de la France, mais semblent davantage combattues dans les grands cabinets anglo-saxons, notamment sous la pression de grands clients de plus en plus soucieux du respect des critères d’égalité et de diversité. Selon l’étude publiée le 24 avril par la revue britannique The Lawyer, les femmes sont en moyenne payées 23 % de moins que les hommes au sein du cabinet Linklaters, qui se situe dans la moyenne de la centaine de cabinets étudiés, 39 % de moins chez Shearman & Sterling, un des cancres, ou 14 % chez Bird & Bird.
L’enquête française révèle un regard dévalorisant envers les femmes avocates. Par exemple, la moitié des avocates travaillant à temps partiel (subi ou choisi) en cabinet ont déjà fait l’objet de remarques du type : « les autres font tout le travail en votre absence », ou « vous avez fait le choix de la famille, vous ne pouvez pas tout avoir ». Seul un avocat sur dix travaillant à temps partiel a subi de tels propos culpabilisants.
Plus généralement, les situations de « dénis de reconnaissance du travail sont très fréquentes » dans cette profession, note le Défenseur des droits : 58 % des femmes disent que l’« on a dévalorisé injustement [leur] travail » et 48 % qu’on les a chargées « de tâches perçues comme ingrates ou dévalorisantes », tandis que respectivement 45 % et 32 % des hommes disent avoir subi la même situation.
Quant aux discriminations à proprement parler (en raison du sexe, de la maternité, de l’origine, de la religion, etc.), 53 % des femmes disent en avoir été victimes au cours des cinq dernières années, contre 21 % des hommes. Par rapport aux études comparables menées auprès de l’ensemble des actifs occupés, les femmes seraient plus touchées dans l’avocature qu’ailleurs, tandis que les hommes y seraient au contraire mieux protégés. Laurence Roques, présidente du Syndicat des avocats de France, y voit le fait que c’est « historiquement une profession masculine », même si cela fait des années que ce n’est plus le cas.
Les seuls cas où les inégalités entre les deux sexes se réduisent sont les discriminations liées à l’origine ou la religion. Mais cela révèle le niveau inquiétant du racisme et de l’islamophobie : 75 % des avocates perçues comme arabes (63 % des avocats) disent en avoir été victimes, comme 68 % des avocates perçues comme noires (61 % des avocats) et 72 % des musulmanes (57 % des avocats).
L’étude bat en brèche l’idée reçue selon laquelle Paris, qui concentre près de la moitié des avocats du pays, serait moins misogyne que la province. Le fait d’être avocate dans la capitale augmente de 30 % la probabilité d’être touchée par un comportement discriminatoire, quel qu’il soit !
Le plus étonnant est que seuls 4,8 % des avocats et 4,7 % des avocates ont cherché à faire reconnaître la discrimination qu’ils ont subie et seuls 16 % des premiers 18 % des secondes ont protesté sur le moment. Une résignation que le Défenseur des droits explique par la peur des représailles et un manque de confiance dans l’ordre des avocats.
C’est le combat que souhaite mener Mme Peyron. « Si moi, troisième femme bâtonnier de Paris, je ne parviens pas à éradiquer le problème, alors ce sera désespéré », affirme-t-elle. Elle n’en revient pas d’avoir été « interpellée pendant [sa] campagne électorale par des jeunes femmes qui ne voulaient pas donner le nom de leur cabinet ». Aussi a-t-elle fait voter dès janvier par le conseil de l’ordre l’inscription au règlement du barreau des agissements sexistes parmi ceux qui constituent un manquement professionnel. Surtout, l’instance professionnelle peut désormais ouvrir une enquête déontologique sur un cabinet sur la base d’une dénonciation anonyme, puis lancer une procédure de sanction.
Une seule sanction prononcée
Le barreau de Paris vient de se doter d’une batterie de mesures, notamment pour aider les petits cabinets, qui peuvent être plus fragiles face à une grossesse, en mettant en place une avance de trésorerie et un pool d’avocats remplaçants. Pour promouvoir les bonnes pratiques, des « trophées de l’égalité » seront remis à des cabinets lors des assises de l’égalité que le barreau de Paris tiendra le 28 juin. Mais surtout, pour éradiquer les mauvais comportements, la bâtonnière en appelle « à des sanctions exemplaires ». A ce jour, une seule sanction a été prononcée pour de telles discriminations. C’était en 2016.
Pour montrer que toute la profession prend le sujet au sérieux, Jacques Toubon devait être entouré, lors de la présentation de l’enquête, mercredi, par Mme Peyron, Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux, et Jérôme Gavaudan, président de la Conférence nationale des bâtonniers.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-12">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Berlin Thomas Wieder, malgré la présence visible de femmes à des postes hauts placés, le monde politique allemand reste encore trop masculin.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Allemagne : une parité en trompe-l’œil

Analyse. Pour le correspondant du « Monde » à Berlin Thomas Wieder, malgré la présence visible de femmes à des postes hauts placés, le monde politique allemand reste encore trop masculin.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 10h30
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Analyse. En raison de la place centrale occupée par le chef du gouvernement dans le jeu institutionnel, l’Allemagne est souvent qualifiée de Kanzlerdemokratie (« démocratie du chancelier »). Le temps n’est-il pas venu de féminiser la notion ? Treize ans après l’élection d’Angela Merkel à la chancellerie, la probabilité de voir une femme lui succéder n’a en tout cas jamais paru aussi forte.
Désormais, les deux principaux partis du pays sont dirigés par des femmes. C’est une première. Du côté de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), que Mme Merkel préside depuis 2000, la relève semble assurée avec Annegret Kramp-Karrenbauer. Elue secrétaire générale de la CDU le 26 février, l’ancienne ministre-présidente de la Sarre est aujourd’hui considérée comme la mieux placée pour représenter la droite conservatrice aux prochaines législatives, prévues en 2021.
L’actuel Bundestag, issu des élections du 24 septembre 2017, ne compte ainsi que 31 % de femmes. Elles étaient 37 % dans l’assemblée précédente
Dans cette bataille, celle que la presse allemande a baptisée « AKK » pourrait avoir pour adversaire principale une autre femme, Andrea Nahles, qui préside depuis le 22 avril le Parti social-démocrate (SPD). Depuis sa fondation, il y a un siècle et demi, le SPD n’avait été dirigé que par des hommes. Elue avec seulement 66 % des voix, Mme Nahles n’apparaît certes pas encore comme une candidate naturelle à la chancellerie.
Selon un sondage Civey pour le Spiegel, publié le 24 avril, 38 % des électeurs du SPD lui préféreraient Olaf Scholz, le nouveau ministre des finances. Seuls 31 % soutiendraient Mme Nahles. Il n’empêche : en cumulant la présidence du parti et celle de son groupe au Bundestag, cette dernière jouit d’une indéniable légitimité institutionnelle pour briguer la succession de Mme Merkel.
Peu de femmes à l’extrême droite
Ce qui est vrai pour les premiers rôles...




                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-13">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ MM. Savall et Cappelletti estiment, dans une tribune au « Monde », qu’il ne s’agit pas de soutenir ou non les réformes gouvernementales, mais d’assurer les cours, de faire passer les examens, etc.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les ZAD universitaires font peser un risque existentiel sur l’université »

MM. Savall et Cappelletti estiment, dans une tribune au « Monde », qu’il ne s’agit pas de soutenir ou non les réformes gouvernementales, mais d’assurer les cours, de faire passer les examens, etc.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 10h30
    |

Henri Savall (Professeur émérite, université Jean-Moulin-Lyon-III) et Laurent Cappelletti (Professeur titulaire de chaire, Conservatoire national d...







                        



                                


                            

Tribune. Avec le recul, le schéma de blocage de la douzaine d’universités perturbées pendant plusieurs semaines à Montpellier, Toulouse, Nantes, Rennes ou Paris devient très lisible. Au maximum un millier d’étudiants, encadrés par un noyau d’activistes chevronnés, fait voter en assemblée générale (AG) un blocage. Puis, sur cette base soi-disant démocratique, comme au temps des Soviets, transforme les facultés en ZAD [zone à défendre] avec le folklore altermondialiste et libertaire qui va avec : autogestion, paella partie, commune libre, groupes d’autodéfense, atelier non mixte, conférence anticapitaliste, slogans tagués, etc.
Sur la durée, il apparaît clairement que la raison d’être des bloqueurs n’est plus la critique de la réforme universitaire du gouvernement et son volet Parcoursup, mais l’occupation des lieux qui devient la fin en soi. Car enfin – la non-entrée des lycéens dans les conflits le démontre bien, alors qu’ils étaient pourtant les premiers concernés – Parcoursup marque un progrès dans l’orientation des étudiants à l’entrée de l’université alors que, il faut le rappeler, 60 % des étudiants n’obtiennent pas leur licence en trois ans, et encore 40 % en quatre ans, par défaut précisément d’orientation ; ce qui constitue un gâchis humain et financier insupportable.

Enfin, la conclusion du processus de blocage se caractérise par le phantasme des bloqueurs et leurs soutiens, d’une intervention des forces de l’ordre, de préférence rude, qui permettrait de dénoncer « l’oppression brutale » de l’Etat et, qui sait, d’attiser le feu de nouvelles protestations. A cet égard, les élucubrations de la bloqueuse « insoumise » Leïla sur la violence imaginée des forces de l’ordre à Tolbiac, relayées par quelques médias peu scrupuleux, sont devenues un objet de railleries sur les réseaux sociaux.
Passé le coup de la circonspection puis de la sidération, que peuvent faire les universitaires face à des bloqueurs...




                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-14">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Le ministre a rejeté la polémique sur la réaction des forces de sécurité et l’étendue des dégâts.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Gérard Collomb promet « encore plus de forces de l’ordre » lors des prochaines manifestations

Le ministre a rejeté la polémique sur la réaction des forces de sécurité et l’étendue des dégâts.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 09h21
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 14h46
   





                        



   


Gérard Collomb, le ministre de l’intérieur, a contesté, mercredi 2 mai sur France 2, la polémique naissante sur la réaction des forces de sécurité et l’étendue des dégâts. Il a souligné que les quelque 1 200 militants black blocs à l’origine des incidents s’étaient mêlés aux manifestants et que charger aurait provoqué des blessés. « On est en train de regarder l’identité d’un certain nombre de gens, ils seront recherchés et traduits en justice », a-t-il dit.
Il a ajouté que la préfecture de police s’attendait à la venue de « 500 à 600 » militants radicaux et que le double avait convergé à Paris. « Il y a un mouvement qui est puissant », « nous allons nous adapter », a déclaré M. Collomb. « Pour les prochaines manifestations, il y aura encore plus de forces de l’ordre avec la volonté cette fois-ci de séparer totalement les manifestants de ceux qui veulent casser », a déclaré le ministre de l’intérieur. Il a affirmé vouloir « tirer les leçons » des violences : il faut « faire en sorte que les mots n’appellent pas à l’insurrection », a-t-il souligné, en promettant de rechercher les « acteurs » de ces violences mais aussi, « derrière (…) les organisateurs ».
Les forces de l’ordre ont interpellé 283 personnes en marge de la manifestation du 1er Mai à Paris, qui a été émaillée de violences et de dégradations, et 109 étaient mardi matin en garde à vue.

        Lire aussi :
         

                1er Mai : 109 personnes en garde à vue après les violences en marge du cortège parisien



« La question, c’est : “A qui sert le crime ?” »
Philippe Martinez, le secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT), a vivement critiqué la gestion par les autorités des violences ayant émaillé la manifestation. « Il faut d’autres explications que celles que j’ai entendues depuis hier soir, de la part du préfet de police et de la part du ministère de l’intérieur », a-t-il lancé. M. Martinez s’est étonné « qu’il ne se passe rien » alors que « ces individus sont repérables ». La CGT aurait alerté les autorités « depuis deux ans » quant à la présence de ces groupes dans les cortèges syndicaux.
Côté police, dès mardi en soirée, le syndicat UNSA-police a également réagi. Selon son secrétaire général, Philippe Capon, « le 1er mai 2018 a franchi un nouveau cap (…) Comment est-il possible que 1 200 individus puissent se passer le mot, s’organiser, se déplacer, se réunir en plein Paris, sans que le moindre ordre d’interpellation en amont n’ait été donné au préalable ? », interroge le responsable syndical. L’UNSA-police demande que « les moyens de police scientifique » soient utilisés afin que « ces exactions cessent ».
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, souhaite qu’une commission d’enquête parlementaire puisse faire la lumière sur les responsabilités dans « la chaîne de commandement ». « La question, c’est : “A qui sert en fait le crime ?” », a-t-il fait remarquer sur Franceinfo. Le responsable socialiste a également déploré que « visiblement les consignes qui ont été données n’étaient pas celles de la fermeté a priori, mais de la fermeté a posteriori ».
Jean-Luc Mélenchon qui dès mardi s’en était pris à « l’extrême droite » sur Twitter est revenu mercredi matin sur sa première réaction. « Je me suis dit : des gens qui empêchent une manif du 1er Mai d’avoir lieu, c’est des fachos », s’est-il justifié. « Apparemment, c’est pas le cas », a-t-il rectifié, tout en soulignant que « ce type de violence ne mène nulle part (…) Quand vous serez en taule, quand vous aurez un casier judiciaire, vous servirez à quoi pour la lutte ? », a-t-il poursuivi à l’adresse des jeunes qu’il a appelés « à ne pas se laisser embarquer là-dedans ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-15">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ De l’occupation de Nanterre, le 22 mars, à la victoire de l’UDR du général de Gaulle en juin, retour sur les grands événements de Mai 68.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ 
<article-nb="2018/05/02/21-16">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Le sulfureux Charles Pieri, ex-chef du FLNC, revient à la tête de son parti indépendantiste, Corsica libera. Emmanuel Macron, lui, veut pousser les nationalistes à désavouer celui que les Corses surnomment « u vecchju ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Corse, l’éternel retour du « Vieux »

Le sulfureux Charles Pieri, ex-chef du FLNC, revient à la tête de son parti indépendantiste, Corsica libera. Emmanuel Macron, lui, veut pousser les nationalistes à désavouer celui que les Corses surnomment « u vecchju ».



Le Monde
 |    02.05.2018 à 07h15
    |

            Ariane Chemin (Corte, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
C’est un déjeuner au soleil de Corse. Charles Pieri et sa compagne ont choisi la terrasse d’un restaurant de la place Paoli, à Corte. Le « Vieux », « u vecchju », comme on dit ici, préside une grande tablée : son clan familial et politique, où les amis servent aussi de gardes du corps. Dans quelques heures, ce dimanche 15 avril, se tiendra l’assemblée générale annuelle de son parti, Corsica libera. C’est la première fois que les indépendantistes se réunissent depuis qu’en décembre 2017 les nationalistes ont gagné la majorité dans les urnes – mais sans traduction politique majeure, peste-t-il. « Je vais les remettre d’équerre ! », a glissé Pieri la veille à un jeune militant. C’est ce qu’il s’apprête à faire une fois avalé son dernier verre d’eau – le « Vieux » ne boit presque jamais d’alcool, une exception remarquable dans un milieu nationaliste où les soirées « culturelles » en soutien aux militants incarcérés se musclent volontiers au comptoir.

Du passé de Charles Pieri, personne n’ignore son emploi à mi-temps de caissier à l’office HLM de Bastia, au début des années 1970, son engagement de jeunesse à la CFDT, et, surtout, cet « attentat à la libanaise », en juillet 1996, à Bastia : il se trouvait avec un camarade sur le Vieux-Port, une voiture piégée a explosé devant eux. « Charles » a perdu un tympan et son œil droit (il ôte ses lunettes fumées pour nous montrer sa blessure) ; son camarade, lui, est mort déchiqueté. Pieri appartient au dernier carré des « chefs » nationalistes réchappés des « années de plomb ». « Il aurait dû mourir mille fois, il est toujours vivant. Dans les sociétés méditerranéennes, ça vous forge une légende », note un connaisseur.
Travail en famille
C’est l’apanage des hommes craints : la Corse connaît mieux sa réputation que les détails de sa vie. Le village familial ? Lui seul a la réponse : « Rapaggio, près d’Orezza », la célèbre source de Castagniccia, lâche-t-il au Monde, « mais...




                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-17">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Selon la préfecture de police, 14 500 personnes étaient positionnées devant le cortège syndical « officiel » ce 1er Mai, dont 1 200 militants du black bloc. 109 personnes ont été placées en garde à vue.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 01/05/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Antifas, black blocs, anars : ce « cortège de tête » qui a fait dérailler le 1er Mai syndical

Selon la préfecture de police, 14 500 personnes étaient positionnées devant le cortège syndical « officiel » ce 1er Mai, dont 1 200 militants du black bloc. 109 personnes ont été placées en garde à vue.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 15h06
    |

            Abel Mestre et 
Julia Pascual








                        



                                


                            

La scène est saisissante. Plusieurs manifestants encagoulés, entièrement vêtus de noir, s’approchent au pas de course du restaurant McDonald’s, boulevard de l’Hôpital, dans le 5e arrondissement de Paris. Ils cassent les vitrines et jettent des engins incendiaires. L’établissement est saccagé. A quelques mètres de là, deux concessionnaires subissent le même sort, des voitures sans permis sont brûlées. Puis, c’est une pelleteuse de chantier qui prend feu. Du mobilier urbain a également été dégradé.

Les heurts se multiplieront sur cette grande artère : les manifestants lançaient des mortiers d’artifice et divers autres projectiles, quand les forces de l’ordre intervenaient avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour faire reculer les militants radicaux. Lors de ce reflux, des barricades sommaires ont été érigées et le feu a été mis à d’autres véhicules.

Le « cortège de tête » − groupe affinitaire réunissant des militants radicaux se réclamant de l’antifascisme, de l’anarchisme ou de l’autonomie, dont certains constituent le black bloc, en raison de leur tenue entièrement noire, masques ou cagoules compris − avait promis « une journée en enfer » pour ce 1er Mai. S’ils n’ont pas mis la ville sens dessus dessous comme dans le film du même nom de John McTiernan avec Bruce Willis, ils ont tout de même réussi une démonstration de force.
Conjonction d’événements
La préfecture de police évoque ainsi 14 500 personnes défilant devant le cortège syndical « officiel », dont 1 200 militants du black bloc. « Du jamais-vu », d’après une source policière, le cortège syndical comptant quelque 20 000 personnes. La conjonction d’événements tels que les opérations d’expulsion à Notre-Dame-des-Landes, l’évacuation de l’université de Paris-Tolbiac ou encore le cinquantenaire de Mai 68 expliquent l’ampleur de ce cortège. Des militants étrangers étaient également présents. Rien d’étonnant puisqu’un « appel...




                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-18">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Un installateur a porté plainte pour violences alors qu’il installait un compteur à Bagnols-en-Forêt, dans le Var. L’enquête doit déterminer les conditions dans lesquelles ces faits ont été commis.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Ouverture d’une enquête à la suite de l’agression d’un installateur de compteurs Linky

Un installateur a porté plainte pour violences alors qu’il installait un compteur à Bagnols-en-Forêt, dans le Var. L’enquête doit déterminer les conditions dans lesquelles ces faits ont été commis.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 20h55
   





                        


Le petit boîtier vert anis n’en finit pas de cristalliser les tensions. Une enquête a été ouverte, mardi 1er mai, par le parquet de Draguignan à la suite de l’agression d’un installateur de compteurs Linky, lundi, à Bagnols-en-Forêt (Var), selon des sources judiciaires.
Le salarié de l’entreprise Insiema, prestataire d’Enedis (ex-ERDF), a porté plainte mardi à la gendarmerie de Fayence pour violences commises à son encontre alors qu’il installait un compteur Linky, objet de nombreuses controverses, pour une abonnée.
Selon Enedis, les faits se sont déroulés à 13 h 30 lundi lorsque le salarié intervenait pour changer le compteur de cette cliente situé à l’extérieur de sa maison, dans un coffret accessible et visible de la rue.
Un véhicule s’est alors arrêté et la passagère serait venue gifler et prendre à la gorge l’installateur. « Le conducteur est descendu à son tour de la voiture pour lui mettre un coup de tête, arracher son badge et le menacer de représailles s’il portait plainte », rapporte l’entreprise de service public.
Le salarié, qui a déposé plainte avec certificat médical à l’appui, a été transporté à l’hôpital pour des examens et des points de suture. Une incapacité temporaire de travail (ITT) de moins de huit jours a été établie.
L’enquête confiée à la gendarmerie de Fayence s’attachera à déterminer les conditions dans lesquelles ces faits de violence ont été commis, a fait savoir le parquet.

        Lire aussi :
         

                L’intox du « premier mort lié au compteur Linky »



Contexte local tendu
L’agression a eu lieu dans un contexte local tendu puisque la municipalité de Bagnols-en-Forêt, à l’occasion d’une délibération de son conseil municipal le 1er juin 2016, avait donné le choix à ses administrés d’« accepter ou de refuser le remplacement de leur compteur d’électricité par un compteur communicant dit “Linky” », déclarant être « propriétaire des compteurs ».

        Lire aussi :
         

                Linky : le patron de Direct Energie tente de rassurer les abonnés



« La délibération a été attaquée devant le tribunal administratif », déclare sur son site Internet la mairie qui dans le cadre de cette procédure recherche « des témoignages écrits de tout [e] Bagnolais [e] ayant refusé Linky mais chez qui Enedis aurait remplacé le compteur de force », ou « ayant reçu des menaces, des intimidations de la part d’Enedis ou de ses prestataires ».
Un collectif d’opposants aux compteurs Linky a saisi, à la fin d’avril en référé, une vingtaine de tribunaux de grande instance en France pour demander de « surseoir à l’installation » de ces appareils objets de controverses.

        Lire aussi :
         

                « Plus de 500 municipalités s’opposent aux compteurs Linky »



Ce nouveau compteur, capable de suivre très précisément la consommation d’électricité de chaque foyer, suscite la défiance de nombreux abonnés, qui estiment qu’il peut favoriser une intrusion dans la vie privée par l’étendue des informations auxquelles il a accès.

        Lire aussi :
         

                Linky : la CNIL met en demeure Direct Energie à propos des données personnelles







                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-19">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ La manifestation a changé de tournure, bloquée par quelque « 1 200 black blocs ». Deux cent soixante-seize personnes ont été arrêtées en marge du défilé.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

1er Mai : 109 personnes en garde à vue après les violences en marge du cortège parisien

La manifestation a changé de tournure, bloquée par quelque « 1 200 black blocs ». Deux cent soixante-seize personnes ont été arrêtées en marge du défilé.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 20h50
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 14h44
    |

            Julia Pascual, 
Cécile Bouanchaud et 
Pierre Bouvier








                        



La préfecture de police de Paris anticipait des débordements en marge du défilé parisien du 1er Mai. Ils ont bien eu lieu, occultant par la même occasion les revendications du cortège syndical. Partie aux alentours de 15 heures, la manifestation à l’appel de la CGT, avec les fédérations franciliennes de FO, de la FSU, de Solidaires et de l’UNEF, et ses mots d’ordre – « convergence des luttes » – ont été éclipsés et vers 15 h 30 la manifestation a commencé à changer de tournure.
Quelque « 1 200 black blocs » selon la préfecture de police – « du jamais-vu », d’après une source policière –, ont pris la tête d’une manifestation hétéroclite composée de 14 500 personnes gravitant hors du cortège syndical, évalué à 20 000 participants par la police et 55 000 par la CGT. A titre de comparaison, la préfecture de police de Paris avait dénombré dans la manifestation parisienne du 1er mai 2017 environ 800 personnes en tête de cortège parmi lesquelles 150 black blocs.

        Comprendre :
         

          Manifestations du 1er-Mai 2017 : au cœur du black bloc



« Changement radical »
Rassemblés autour de banderoles comme « Premiers de cordée, premiers guillotinés », les militants encagoulés criaient « Tout le monde déteste la police » ou encore, « Paris, debout, soulève-toi ».

Florilège de slogans plutôt anar. #1ermai2018 https://t.co/rvfQknzqFl— CBouanchaud (@Cécile Bouanchaud)


require(["twitter/widgets"]);

Le cortège d’autonomes s’est constitué au fur et à mesure de l’avancée de la manifestation. Les premiers affrontements ont eu lieu sur le pont d’Austerlitz, aux alentours de 15 h 30. « Ils arrivaient par grappes de 4 ou 5 sans être encore grimés », ajoute la même source policière. La conjonction d’événements tels que les opérations d’expulsion à Notre-Dame-des-Landes, l’évacuation de l’université de Paris-Tolbiac ou encore le cinquantenaire de Mai 68 expliqueraient l’ampleur de ce cortège.

À l'avant du pont d'Austerlitz, certains black bloc ont fait leur provision en munition de pavés dans un ptit tote… https://t.co/4NiYzoadh4— CBouanchaud (@Cécile Bouanchaud)


require(["twitter/widgets"]);

Après le pont d’Austerlitz, sur le boulevard de l’Hôpital, ils s’en sont pris au mobilier urbain, aux vitrines, notamment à celle du restaurant McDonald’s à l’angle de la rue Buffon, aux véhicules d’un concessionnaire Renault, ont incendié un engin de chantier et lancé des projectiles sur les forces de l’ordre.

À proximité de la gare d’Austerliz, situation très tendue. #1ermai2018 https://t.co/fGMvU4JE7g— pibzedog (@Pierre Bouvier)


require(["twitter/widgets"]);

Ces dernières ont attendu quelques minutes avant d’intervenir, répliquant avec de nombreuses grenades lacrymogènes avant de faire entrer en action les camions porteurs de canon à eau. Paradoxalement, les dégâts matériels et humains ont été plutôt limités. « Cela correspond à la nouvelle stratégie du préfet, explique un cadre de la PP. Les forces de l’ordre sont positionnées loin des black blocs pour ne pas créer d’abcès de fixation. »
Les forces de l’ordre ont alors enserré le « cortège de tête » grâce à l’emploi de deux lanceurs d’eau et à grand renfort de gaz lacrymogènes. Acculés, les manifestants ont rebroussé chemin, regagnant le pont d’Austerlitz. Plusieurs affrontements ont éclaté. La circulation sous le pont, sur les voies sur berge, a dû être coupée. Une partie des incidents se sont finalement reportés vers le point de départ de la manifestation, sur le boulevard de la Bastille, dans le 12e arrondissement.

Les ultras font le chemin inverse de la manif, repartent vers Bastille, avec toujours derrière eux les CRS qui les… https://t.co/4nSJCUIgMF— CBouanchaud (@Cécile Bouanchaud)


require(["twitter/widgets"]);


Boulevard de la Bastille #1ermai2018 https://t.co/1HHghSLczR— pibzedog (@Pierre Bouvier)


require(["twitter/widgets"]);

L’attitude de la police en question
Les forces de l’ordre ont interpellé 283 personnes en marge de la manifestation à Paris, et 109 étaient mardi en garde à vue, principalement pour jets de projectile et port d’arme prohibé. Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, avait fait état de 209 gardes à vue mercredi matin sur France 2, avant d’être corrigé par la préfecture de police de Paris. « Trente et un commerces ont été dégradés dont deux incendiés, six véhicules ont été incendiés et dix autres dégradés », a détaillé la préfecture de police. Quatre personnes ont été blessées légèrement, dont un CRS qui a reçu un pavé dans le dos.

Au sol, sur les vitrines, pas mal de dégâts, beaucoup de choses ont brûlé, des poubelles, des toilettes, des arbres… https://t.co/jWyeyMKKUW— CBouanchaud (@Cécile Bouanchaud)


require(["twitter/widgets"]);

M. Collomb a rejeté la polémique naissante sur la réaction des forces de sécurité et l’étendue des dégâts, soulignant que les quelque 1 200 militants « black blocs » à l’origine des incidents s’étaient mêlés aux manifestants et que charger aurait provoqué des blessés. « On est en train de regarder l’identité d’un certain nombre de gens, ils seront recherchés et traduits en justice », a-t-il dit. Il a ajouté que la préfecture de police s’attendait à la venue de « 500 à 600 » militants radicaux et que le double avait convergé à Paris.
« Il y a un mouvement qui est puissant », « nous allons nous adapter », a déclaré Gérard Collomb, précisant que les effectifs des forces de l’ordre seraient renforcés pour les prochaines manifestations.
La police entend exploiter les images de vidéosurveillance et relever des traces ADN sur des projectiles et des vêtements abandonnés pour identifier et poursuivre d’autres personnes.
Face à la tournure prise par la manifestation, le préfet de police a donné l’ordre de proposer au cortège syndical d’emprunter un itinéraire différent. Mais les critiques envers les forces de l’ordre, accusées de complaisance, n’ont pas tardé. Interrogé sur la question du délai de réaction, le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, a expliqué que les forces de l’ordre « ne pouvaient pas intervenir » pour stopper les violences, en raison de la présence de black blocs au sein même du deuxième cortège de militants d’ultra-gauche.

        Revivez la journée de manifestation :
         

          1er-Mai : Philippe « condamne avec la plus grande fermeté » les violences en marge du défilé parisien



« Quand les exactions ont commencé, il y avait au moins un millier de personnes entre eux [les black blocs] et les forces de l’ordre. On ne pouvait pas intervenir, a insisté Michel Delpuech. Ils étaient complètement intégrés à cet autre cortège, ils n’étaient pas en tête et il y avait devant eux d’autres personnes. » « On ne pouvait intervenir sans craindre de faire des dégâts collatéraux », a-t-il ajouté.
Le ministre de l’intérieur a renchéri, affirmant qu’« on ne [pouvait] pas prévoir comment les choses se [dérouleraient] exactement » et que les autorités avaient « mis les forces de l’ordre à leur niveau maximal ».
Eluder « les vrais problèmes »
Philippe Martinez, leader de la CGT, a également fustigé la gestion du cortège syndical par les autorités. « J’ai vécu des choses scandaleuses, le fait d’être bloqué sur ce pont » d’Austerlitz par lequel le cortège devait initialement passer, a déclaré M. Martinez sur CNews.

   


« Quand un cortège ne peut plus avancer, il recule, sauf qu’à l’autre bout du pont, par où il fallait reculer, il y avait plusieurs rangées de CRS, des camions qui nous empêchaient de reculer », s’est insurgé M. Martinez. « Evidemment on condamne ces violences, mais ça fait deux ans que ça dure », a fustigé le leader syndical, regrettant que les incidents « en marge du cortège (…) éludent les vrais problèmes ».
Appel à manifester dans le Quartier latin
Après la manifestation officielle, un appel avait circulé sur les réseaux sociaux enjoignant les militants d’ultra-gauche à se rendre au Quartier latin, haut lieu de la contestation en Mai 68. Une centaine de jeunes, dont certains encagoulés, ont joué au chat et à la souris dans les rues touristiques du quartier de la rue Mouffetard.

Les CRS fouillent tous les manifestants qui veulent accéder à la place de la contrescarpe ou la manifestation sauva… https://t.co/puylvUyQ1v— CBouanchaud (@Cécile Bouanchaud)


require(["twitter/widgets"]);

Rassemblés au centre de la place de la Contrescarpe, les jeunes ont invectivé, bières à la main, les forces de l’ordre en criant « Tout le monde déteste la police ». Après plusieurs jets de projectiles, les CRS ont fait usage peu après 19 heures de gaz lacrymogènes pour arrêter des manifestants, dont certains dressaient des barricades au moyen de barrières publiques sur la place désertée.
« Professionnalisme des forces de l’ordre »
Lors de l’intervention des forces de l’ordre, les clients attablés se sont calfeutrés à l’intérieur des établissements, qui avaient rangé tables et chaises des terrasses. Le retour à la normale est intervenu avant 22 heures.
Emmanuel Macron a condamné dans la soirée « avec une absolue fermeté les violences qui ont eu lieu (…) et qui ont dévoyé les cortèges du 1er Mai », dans un message sur Twitter. « Tout sera fait pour que leurs auteurs soient identifiés et tenus responsables de leurs actes », a ajouté le président. Avant lui, le premier ministre Edouard Philippe avait également condamné les violences et salué « le professionnalisme des forces de l’ordre » qui ont selon lui « su répondre avec maîtrise » à « des actes d’une grande violence ». Edouard Philippe et Gérard Collomb devaient se rendre, mardi soir, au commissariat du 13e arrondissement.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/02/21-20">
<filnamedate="20180502"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180502"><AAMMJJHH="2018050221">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Après avoir investi toutes leurs économies, les deux hommes comptent aider au repérage des canots en perdition au large de la Libye. Première mission le 2 mai.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 01/05/2018
Découvrir l’application


                        

Deux pilotes français achètent un avion pour sauver des migrants en Méditerranée

Après avoir investi toutes leurs économies, les deux hommes comptent aider au repérage des canots en perdition au large de la Libye. Première mission le 2 mai.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 20h40
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 11h38
    |

            Maryline Baumard








                        



   


Les jumelles sont prêtes, les provisions aussi. Tout sera bientôt à bord du MCR-4S, le petit avion de Benoît Micolon et José Benavente. Acheminé le 30 avril d’Annemasse (Haute-Savoie), le Colibri n’a pas grand-chose à voir avec les autres coucous de la base maltaise, garés là avant une petite balade touristique pour se défroisser les ailes. Lui doit décoller le 2 mai, « pour quadriller le rectangle de 150 kilomètres de l’est à l’ouest, sur 50 kilomètres au nord de Tripoli ; la zone dans laquelle se concentrent le maximum de sauvetages et les naufrages », observe José Benavente, 49 ans, le père de ce projet original d’appui aux bateaux des organisations non gouvernementales qui portent secours aux migrants en Méditerranée.
Avec Benoît Micolon, 35 ans, ils veulent devenir les yeux de la mer. Les deux Français, qui se sont connus sur les bancs de l’école de pilotage, en 2006, viennent d’investir la totalité de leurs économies – soit 130 000 euros – pour s’offrir le Colibri, l’avion qui sauvera des vies. « Il y a urgence à assister les navires ONG en repérant les canots et en les leur signalant en même temps qu’au MRCC [Maritime Rescue Coordination Centre], l’organisme officiel italien qui gère les sauvetages », rappelle José Benavente.
« Vraiment utiles, tout de suite »
Pragmatiques, les deux fondateurs de Pilotes volontaires savent que la capacité de repérage depuis un avion qui survole les eaux à basse altitude est cent fois supérieure à une observation depuis le pont d’un navire. Ils savent aussi que cet appui aérien manque cruellement aujourd’hui en Méditerranée et que durant le premier trimestre 2018, quelque 500 personnes ont encore péri au large des côtes libyennes, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

        Lire aussi :
         

                Migrants : « Faire de l’hospitalité un principe »



« Au départ, on avait pensé monter une opération de crowdfunding pour trouver de l’argent, mais ça aurait pris trop longtemps. Le printemps est là, les départs de Tripoli reprennent », observe José Benavente, qui remonterait bien le temps s’il le pouvait… « Quand les humanitaires de SOS-Méditerranée [une des ONG présentes au large de Tripoli, avec l’Aquarius, son bateau] nous ont expliqué le mal qu’ils avaient à repérer les canots dans les vagues, on a compris qu’on pouvait vraiment être utile, tout de suite », ajoute-t-il.
L’idée des vies en jeu chaque jour les pousse à brûler les étapes, prenant juste le temps de déposer les statuts de leur association le 28 janvier, de trouver l’avion, l’acheter, lui faire installer un pilote automatique pour pouvoir se concentrer sur la mer, un système satellite pour communiquer avec les ONG et un réservoir suffisamment grand pour voler dix heures d’affilée.
Véritable mouvement citoyen
Samedi 28 avril, c’était le départ de France. Les deux hommes ont mis leur vie personnelle entre parenthèses pour rallier Malte, leur base arrière ; leur vie professionnelle aussi. Benoît Micolon, pilote de ligne sur Boeing 747, complétera ses 6 000 heures de vols, certes, mais sur un autre type d’engin, pas si loin des avions qu’il pilotait en début de carrière pour repérer les départs d’incendie dans les forêts du sud de la France.
José Benavente, lui, un Lyonnais installé à Kinshasa (République démocratique du Congo), reprendra sa mission humanitaire plus tard. Depuis longtemps déjà, il mûrissait l’idée de survoler la Méditerranée pour sauver les migrants. « Il y a quinze ans, en mission en Guinée où je travaillais sur l’approvisionnement en eau potable, j’entendais parler des disparus au large des côtes sénégalaises. Trop de petites embarcations en partance vers les Canaries sombraient sans avoir été secourues. Plus tard, je me suis dit que les plaisanciers pourraient s’organiser en associations pour aider les canots entre le Maroc et l’Espagne… J’ai essayé d’imaginer comment les fédérer… Toutes ces idées ont cheminé en moi et, en janvier, j’ai décidé d’agir en revenant à mon idée d’avion, puisque je suis aussi pilote », rappelle ce père de famille.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi migrer tue



José Benavente appelle alors Benoît Micolon, en repos à Chamonix (Haute-Savoie) entre deux missions. « J’avais pas fini ma phrase qu’il m’avait déjà dit oui », dit-il, réjoui, reconnaissant bien là son ami. Très vite, les deux hommes recomptent leurs économies et réunissent de quoi commencer. « On démarre avec l’argent qu’on a. On a ouvert un site pour récolter les dons. Il y a derrière notre opération l’idée que tout le monde peut participer, même avec quelques euros », rappelle l’humanitaire. L’esprit qui préside à Pilotes volontaires est proche de celui qui a permis à SOS-Méditerranée de se développer, en entraînant un véritable mouvement citoyen dans son sillage.



                            


                        

                        

