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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Une première délégation du Conseil de sécurité s’est rendue en Birmanie depuis que la crise des musulmans rohingya a éclaté, en août 2017. L’ONU réclame « une véritable enquête » sur ce qu’elle qualifie de « nettoyage ethnique ».
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ « Actuellement, tous les groupes [parlementaires] ont dit qu’ils soutiendraient ma candidature », a assuré l’opposant, qui a appelé à cesser les manifestations.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Arménie : Pachinian dit avoir le soutien de tous les partis pour son élection au poste de premier ministre

« Actuellement, tous les groupes [parlementaires] ont dit qu’ils soutiendraient ma candidature », a assuré l’opposant, qui a appelé à cesser les manifestations.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 18h54
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 19h44
   





                        


C’est un nouveau rebondissement dans la crise politique qui secoue l’Arménie depuis près de trois semaines. L’opposant Nikol Pachinian a appelé, mercredi 2 mai, ses partisans à mettre fin aux manifestations, affirmant avoir obtenu le soutien des quatre forces politiques présentes au Parlement pour son élection au poste de premier ministre le 8 mai.
« Actuellement, tous les groupes [parlementaires] ont dit qu’ils soutiendraient ma candidature. La question est réglée », a-t-il assuré. « Nous arrêtons notre action et nous allons nous reposer », a-t-il ajouté, appelant les écoliers et étudiants à reprendre les cours. « Le 8 mai, nous serons 500 000 personnes à nous réunir ici et nous proclamerons notre victoire », a promis l’opposant.
Sur la place de la République à Erevan, la capitale, où des milliers de personnes étaient réunies, les annonces ont été accueillies par des acclamations de joie, selon Annick Cojean, l’envoyée spéciale du Monde :

Le Parti Républicain annonce qu'il ne présentera pas de candidat pour le nouveau your d'élection du 1er ministre d'… https://t.co/mKlbZKQCvR— AnnickCojean (@cojean annick)


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Erevan paralysée par les manifestants
A la tête de la fronde antigouvernementale qui agite l’Arménie depuis le 13 avril, M. Pachinian n’a pas réussi mardi à être élu premier ministre par le Parlement, où le Parti républicain au pouvoir possède 58 des 105 sièges.
L’opposant a alors appelé ses partisans à la « désobéissance civile ». Mercredi, des dizaines de milliers de manifestants, selon une estimation de l’Agence France-Presse, ont paralysé Erevan, bloquant les routes, le métro et les trains.
L’Arménie est plongée depuis trois semaines dans une crise politique sans précédent, qui a mené, le 23 avril, à la démission de Serge Sarkissian, tout juste élu premier ministre après avoir été président pendant dix ans de ce petit pays du Caucase du Sud.

        Lire le récit :
         

          En Arménie, le grand soir de la « révolution de velours » n’a pas eu lieu







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le Parti démocratique des peuples a déclaré que la candidature de M. Demirtas, emprisonné depuis novembre 2016, serait officiellement annoncée vendredi.
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Turquie : l’ancien leadeur du parti prokurde sera candidat à la présidentielle

Le Parti démocratique des peuples a déclaré que la candidature de M. Demirtas, emprisonné depuis novembre 2016, serait officiellement annoncée vendredi.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 18h05
   





                        



   


L’annonce risque de ne pas être du goût du président turc Recep Tayyip Erdogan. Le principal parti prokurde de Turquie a annoncé mercredi 2 mai que son ancien leader, toujours emprisonné, Selahattin Demirtas, serait candidat à la présidence lors des élections anticipées prévues le 24 juin.

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Le Parti démocratique des peuples (HDP) a déclaré dans un message que la candidature de M. Demirtas, détenu depuis novembre 2016, serait officiellement annoncée lors de deux rassemblements qui auront lieu simultanément vendredi à Istanbul et à Diyarbakir, principale ville du sud-est, à majorité kurde, de la Turquie. Le HDP avait élu de nouveaux dirigeants en février. M. Demirtas n’avait pas souhaité briguer sa propre succession depuis sa prison, mais il en demeure la figure de proue.
« Nous pouvons d’ores et déjà apercevoir un avenir radieux. Nous caressons nos rêves et nos espoirs avec cette bonne nouvelle. Nous allons nous réunir pour partager notre joie d’annoncer la candidature de Selahattin Demirtas pour la présidence », a déclaré le HDP.
Arrêté au moment des purges
M. Demirtas, 45 ans, a été arrêté avec une dizaine d’autres députés du HDP lorsque les purges lancées après le putsch manqué de juillet 2016 s’étendaient aux milieux prokurdes. Accusé notamment de diriger une « organisation terroriste » et de « propagande terroriste », il risque jusqu’à cent quarante-deux ans de prison.

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          Le procès du leadeur kurde Selahattin Demirtas s’est ouvert en son absence



Les autorités turques accusent le HDP d’être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée « terroriste » par la Turquie, l’Union européenne et les Etats-Unis. Mais le parti, troisième formation au Parlement, rejette ces allégations, affirmant être visé en raison de sa ferme opposition au président Recep Tayyip Erdogan.
Le HDP avait élu de nouveaux dirigeants en février. M. Demirtas n’avait pas souhaité briguer sa propre succession depuis sa prison, mais il en demeure la figure de proue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ C’est la première fois que le pays reconnaît une perte civile dans le cadre des frappes menées contre l’organisation Etat islamique.
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Londres reconnaît avoir « involontairement » tué un civil en Syrie

C’est la première fois que le pays reconnaît une perte civile dans le cadre des frappes menées contre l’organisation Etat islamique.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 18h10
   





                        



   


C’est la première fois que Londres reconnaît une perte civile dans le cadre des frappes menées en Syrie contre l’organisation Etat islamique (EI) par la coalition internationale, conduite par Washington. Le gouvernement britannique a annoncé mercredi 2 mai avoir « involontairement » tué un civil en mars, lors d’une frappe aérienne.
« Durant une frappe visant trois combattants de Daech [acronyme arabe de l’EI], un motocycliste civil a pénétré dans la zone de frappe au dernier moment », a déclaré le ministre de la défense Gavin Williamson dans une déclaration écrite au Parlement britannique. « On estime qu’un civil a été tué involontairement, a-t-il ajouté. C’est profondément regrettable. »
Mille six cents attaques aériennes
Le 26 mars, le ministère de la défense avait fait savoir dans un communiqué qu’un drone Reaper avait suivi « un groupe de terroristes dans un véhicule », dans la vallée de l’Euphrate, qu’il avait ensuite « détruit avec succès ainsi que ses occupants lors d’une attaque de précision avec un missile Hellfire ».
Selon Gavin Williamson, la Royal Air Force (RAF) a mené plus de 1 600 attaques aériennes en Irak et en Syrie dans la lutte contre l’EI, deuxième derrière les Etats-Unis. Le Royaume-Uni compte près de 1 400 personnels militaires dans la région pour fournir un « soutien aux partenaires locaux ».
L’armée britannique a ainsi entraîné plus de 60 000 membres des forces de sécurité irakiennes dans des domaines divers (ingénierie, médical, infanterie, etc.), selon le ministre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le plaignant, dont la famille a été décimée lors du siège de Benghazi, a profité d’une possibilité juridique ouverte par le séjour en France du chef de guerre.
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Compte rendu

Le maréchal libyen Khalifa Haftar visé par une plainte à Paris pour actes de barbarie

Le plaignant, dont la famille a été décimée lors du siège de Benghazi, a profité d’une possibilité juridique ouverte par le séjour en France du chef de guerre.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-02T16:54:39+02:00"

        Le 02.05.2018 à 16h54






    
Khalifa Haftar lors d’une conférence à Abyar, à l’est de Benghazi, en Libye, le 31 mai 2014.
Crédits : ESAM OMRAN AL-FETORI / REUTERS


L’homme fort de l’est de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar, est visé par une plainte en France pour « actes de torture et de barbarie » déposée fin avril par un Libyen dont la famille a été décimée lors du siège de Benghazi.
Ali Hamza, un citoyen libyen et canadien résidant au Canada, a déposé cette plainte le 26 avril auprès du parquet de Paris, profitant d’une possibilité juridique ouverte par le passage du chef de guerre sur le sol français, selon l’avocate Rachel Lindon. Le même jour, le maréchal Haftar, chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), est rentré à Benghazi après une hospitalisation d’au moins deux semaines à Paris.

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Ali Hamza, 52 ans, réclame à la France d’enquêter sur les exactions qu’auraient commises les troupes de l’ANL en 2016 et jusqu’en mars 2017 pendant le siège de Benghazi, où ont été tués sa mère et quatre de ses frères et sœurs. L’été dernier, le maréchal Haftar avait repris la ville aux djihadistes après trois ans de combats meurtriers.
Graves violations des droits humains
« Il ne faut plus permettre à ces individus de faire du tourisme médical pour repartir torturer sur place alors qu’ils peuvent être jugés ici », a commenté Me Lindon. Dans une déclaration jointe à sa plainte, Ali Hamza rapporte les témoignages de ses proches et accuse le maréchal d’avoir lancé, dès février 2016, une campagne qui « impliquait des bombardements aveugles, des meurtres et des enlèvements » contre les quartiers résidentiels d’Al-Laitti et Bu-Atni, puis, à partir de juillet, contre celui de Ganfouda, où de nombreux civils s’étaient réfugiés.
« Le 18 mars 2017, après plusieurs tentatives pour sortir de Ganfouda repoussées par l’artillerie d’Haftar, et sous le couvert de la nuit, environ douze des familles restantes […] ont tenté de s’enfuir vers Benghazi », raconte M. Hamza. Selon lui, les soldats « ont ouvert le feu sur ces voitures avec des mitrailleuses et de l’artillerie lourde », tuant sa mère, un frère et une sœur. Les ONG Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International avaient dénoncé de graves violations des droits humains et des crimes de guerre.

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Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, deux autorités se disputent le pouvoir en Libye : d’un côté le gouvernement d’union nationale reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli et, de l’autre, une autorité exerçant son pouvoir dans l’est du pays avec le soutien du maréchal Haftar.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ La Commission européenne a plaidé mercredi pour une baisse « d’environ 5 % » des fonds alloués à la politique agricole commune.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Budget de la PAC : la France juge « inacceptables » les propositions de Bruxelles

La Commission européenne a plaidé mercredi pour une baisse « d’environ 5 % » des fonds alloués à la politique agricole commune.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 17h14
   





                        


Le gouvernement français a jugé « inacceptables », mercredi 2 mai, les propositions budgétaires de Bruxelles sur la politique agricole commune (PAC). La Commission européenne a plaidé mercredi pour une baisse « d’environ 5 % » des fonds alloués à la PAC et à la politique de cohésion de l’UE, consacrée aux régions les plus pauvres, dans une proposition de budget pour la période 2021-2027.

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« Une telle baisse, drastique, massive et aveugle, est simplement inenvisageable » et « la France ne pourra accepter aucune baisse de revenu direct pour les agriculteurs », fait savoir le ministère de l’agriculture dans un communiqué. Cette baisse fait porter « un risque sans précédent sur la viabilité des exploitations en impactant dangereusement les revenus des agriculteurs, pour qui les aides directes constituent un filet de sécurité essentiel », explique-t-il.
Le gouvernement défend « une modernisation et une simplification de la PAC pour protéger les agriculteurs face aux aléas climatiques et à la volatilité des marchés mondiaux, libérer le développement des entreprises agricoles et agroalimentaires, et accompagner la transition environnementale », selon le texte.
« Point de départ des négociations »
Ces propositions ne constituent toutefois « que le point de départ des négociations qui vont s’engager au niveau européen », rappelle le ministère. Dès maintenant, le gouvernement va les « analyser de manière approfondie ». Le texte rappelle que la France est prête à un budget européen à 27 en expansion, sous plusieurs conditions : « Une modernisation des politiques, de nouvelles ressources propres, des conditionnalités dans l’emploi des fonds de solidarité européens et une suppression des rabais sous toutes leurs formes. »
Il s’agit d’une « réduction modérée du financement de la politique agricole commune et de la politique de cohésion, de 5 % environ dans les deux cas, afin de tenir compte de la nouvelle réalité d’une Union à 27 » après le Brexit, a fait valoir la Commission dans un document de présentation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’éditorialiste camerounaise Marie-Roger Biloa répond au milliardaire français, qu’elle accuse de s’accommoder de pratiques préjudiciables au développement de l’Afrique.
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Point de vue

« Faut-il abandonner Vincent Bolloré ? »

L’éditorialiste camerounaise Marie-Roger Biloa répond au milliardaire français, qu’elle accuse de s’accommoder de pratiques préjudiciables au développement de l’Afrique.

Par                                            Marie-Roger Biloa (éditorialiste camerounaise)




LE MONDE
              datetime="2018-05-02T16:37:02+02:00"

        Le 02.05.2018 à 16h37






    
Vincent Bolloré, à Paris, le 26 juin 2017.
Crédits : ZAKARIA ABDELKAFI / AFP


Tribune. Il aurait mieux fait de se taire. La tribune « Faut-il abandonner l’Afrique ? » signée par Vincent Bolloré dans Le Journal du dimanche (JDD) du 29 avril a été reçue comme une provocation par bien des observateurs subsahariens qui pourraient, du coup, alimenter une série de « rectificatifs » concernant l’image que veut se donner l’homme d’affaires français en Afrique.

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A l’origine, l’annonce inattendue de sa garde à vue puis de sa mise en examen par le parquet financier de Nanterre, près de Paris, pour des pratiques imputées à son groupe et jugées répréhensibles par la justice française. Cette séquence aura été précédée d’une longue guérilla judiciaire lancée par un autre homme d’affaires français contre Vincent Bolloré, qu’il accuse de l’avoir spolié en Guinée. On peut se référer avantageusement aux enquêtes minutieuses du Monde publiées sur le sujet.
Outrecuidants hexagonaux
Résumons : un théâtre d’embrouilles franco-françaises, avec des têtes d’affiche bien françaises se déployant sur un territoire réduit au rôle de simple décor, de terrain de jeu – l’Afrique.
Finalement, c’est cette dernière que l’intrigue, servie sous la plume de Vincent Bolloré, transforme en personnage principal ; le continent est prétendument « incompris », mais sournoisement pointé du doigt dans un réquisitoire censé éclairer les outrecuidants hexagonaux, surtout lorsqu’ils se fourvoient à demander des comptes à un conglomérat « bicentenaire » doté d’un « groupe de communication de taille et de réputation mondiales ». En gros, si les réalisations « de bonne foi » de ses sociétés sont sujettes à des suspicions « légitimes », c’est uniquement à cause de la déplorable image du continent africain, « perçu comme dirigé par des équipes sans foi ni loi » ! On croit rêver.

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On connaissait déjà la propension de ce groupe aux innombrables ramifications à se glorifier de sa présence sur un continent qu’il viendrait « aider » et à claironner les sommes apparemment faramineuses investies pour le faire, soit 4 milliards d’euros sur plusieurs décennies. Il convient juste de rapporter ce « sacrifice » au profit (officiel) empoché par le groupe : 2,5 milliards d’euros sur une seule année (2017).
En termes d’emplois créés, l’affichage des « 30 000 familles » qu’il ferait vivre pourrait paradoxalement laisser à désirer, puisque le groupe contrôle, seul ou en association, 37 ports maritimes dans 46 pays, sur un continent dont la quasi-totalité (92 %) de l’export-import transite par la mer. En comparaison, Orange, l’opérateur de téléphonie, qui engrange également un pactole en Afrique, y a créé 20 000 emplois, et G4S, société britannique de services de sécurité, pas moins de 124 000.
Des atours de philanthrope
Le plaidoyer à usage domestique de Vincent Bolloré n’indique pas – comme c’est dommage ! – les avantages fiscaux considérables dont bénéficient ses sociétés et encore moins les accusations récurrentes de sous-investir pour maximiser ses gains. Qui, au Cameroun, n’a pas entendu critiquer la vétusté des équipements ferroviaires de la Camrail, filiale de Bolloré, lors d’un déraillement de train catastrophique à Eseka en 2016 ? Plus d’une centaine de morts et un demi-millier de blessés. Et les dédommagements promis tardent à venir.

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« Il n’est pas dans les habitudes de M. Bolloré de mettre du matériel neuf quand il peut mettre du matériel rafistolé », témoigne Jacques Dupuy-Dauby, son ancien associé devenu son meilleur pourfendeur. Il dénonce également ses tarifs « exorbitants », voire « monstrueux », pratiqués notamment sur la manutention et le transit. Les transitaires de Douala s’en plaignent en vain depuis des années. En attendant, c’est le consommateur de base qui en paie le prix.
« On imagine des chefs d’Etat décidant seuls d’accorder des contrats mirobolants à des financiers peu scrupuleux », écrit encore Vincent Bolloré. Quel aveu ! L’astuce consistant à dénoncer une idée répandue en espérant ainsi l’infirmer, sans doute inspirée par son armée de « communicants », agit cette fois comme une confirmation. Particulièrement révélateur est le terme « financier » pour désigner ceux qui, comme lui-même, se parent si souvent des atours de philanthropes « au service du développement » du continent africain.
Dans les pays où le groupe opère, combien de responsables ou de ministres « récalcitrants » se sont vus éjectés des dossiers concernant Bolloré, voire carrément limogés, simplement parce qu’ils ne voulaient pas cautionner les « raids » ou ce que l’intéressé lui-même a qualifié d’opérations « commando » ? Après, on peut toujours faire mine de s’apitoyer sur cette pauvre Afrique victime de mauvais procès…

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« Comment imaginer que des dépenses de communication de quelques centaines de milliers d’euros aient déterminé des investissements de plusieurs centaines de millions d’euros pour des opérations portuaires où l’exigence technique est considérable ? », interroge encore, hypocritement, l’auteur de la tribune, touchant pourtant du doigt une caractéristique constante des rapports Nord-Sud et plus spécifiquement à l’égard de l’Afrique.
Depuis les temps douloureux de sa saignée démographique et minière contre de la pacotille, depuis que ses ressources sont exploitées au profit de tous sauf d’elle-même, il a souvent suffi de gratifier une poignée de dirigeants de babioles dérisoires pour déshériter des nations. Lorsque, pour couronner le tout, « l’investisseur » sait invoquer « l’amitié » ou « l’amour de l’Afrique » ou apporter une simple photo agrandie de la dernière-née du puissant ministre, ce dernier peut signer des contrats disproportionnés, mettant de l’affectif là où ses interlocuteurs étrangers ne voient que leur profit.
Un style « prédateur »
Il existe désormais bien mieux qu’une photo encadrée : quelques salles de cinéma remplissent la même fonction de colifichets utiles à un groupe qui a investi avec succès l’audiovisuel subsaharien à travers Canal + et s’est lancé dans la production d’images pour son nouveau public. C’est en Afrique que ce bouquet connaît une fulgurante croissance, permettant de remettre à flot sa souche française en perte de vitesse. Est-ce la faute de l’Afrique, « terre de non-gouvernance », si en France la presse est vent debout contre les méthodes brutales de Bolloré, qui a liquidé toute la direction et écœuré des dizaines de journalistes depuis qu’il a repris ce fleuron audiovisuel qui, désormais, bat de l’aile ?

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Qu’est-ce que la « mauvaise image » de l’Afrique a à voir dans la perception peu flatteuse, pour dire le moins, que son style « prédateur » dans des opérations franco-françaises a pu créer ? Vincent Bolloré songe à « abandonner l’Afrique » ? Simple question rhétorique : 80 % des bénéfices de son groupe en dépendent.
La question se pose plutôt en sens inverse. L’Afrique peut-elle se passer de la condescendance de Vincent Bolloré, patron richissime que l’on a vu imiter, en le ridiculisant, l’accent d’un petit employé agricole réclamant des gants de protection ? Faut-il se défaire du joug d’un groupe qui fait excessivement pression sur les autorités des pays convoités, mêle des influences politiques aux relents post-coloniaux, empêche la concurrence et, souvent, l’émergence d’opérateurs locaux dans leurs propres pays ?
Si l’Afrique sent le soufre, c’est bien parce que des Vincent Bolloré viennent s’y affranchir de toutes les règles en vigueur dans le monde « normal » et s’accommodent de pratiques pernicieuses, préjudiciables à un développement réel. Et lorsque la loi les rattrape, ils ont tôt fait de désigner la coupable : l’Afrique !

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Le jour où les responsables africains sauront défendre collectivement les intérêts bien compris de leur continent n’est pas encore arrivé. Pour autant, la puissance des grands groupes jetant leur dévolu sur cet « eldorado » devrait leur imposer des devoirs en termes d’éthique et d’équité. Leur avenir en dépendra lorsque les vents auront tourné. Gare aux effets imprévisibles des systèmes de prédation impitoyables sur une jeunesse exaspérée, prête à toutes les rébellions. « Vincent Tout-Puissant », il ne fallait pas commencer !


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Après des décennies d’attentats meurtriers, l’organisation séparatiste basque dit « mettre fin à son cycle historique et à sa fonction », dans une lettre publiée par un journal espagnol.
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ETA annonce avoir « complètement dissous toutes ses structures »

Après des décennies d’attentats meurtriers, l’organisation séparatiste basque dit « mettre fin à son cycle historique et à sa fonction », dans une lettre publiée par un journal espagnol.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 17h37
   





                        



   


Dans une lettre datée du 16 avril, envoyée à diverses institutions basques et publiée mercredi 2 mai par le journal en ligne espagnol El Diaro, l’organisation séparatiste basque Euskadi ta Askatasuna (ETA – « Pays basque et liberté ») a annoncé avoir « dissous toutes ses structures » et « mis fin à sa fonction » après des décennies d’attentats meurtriers.
« ETA a décidé de mettre fin à son cycle historique et à sa fonction, mettant un terme à son parcours. En conséquence, ETA a dissous complètement toutes ses structures et considère son initiative politique terminée », dit cette lettre, rédigée en basque et portant l’emblème de l’organisation, un serpent enroulé autour d’une hache.
Un membre du gouvernement basque a dit à l’Agence France-Presse (AFP) que cette lettre n’était pas encore l’annonce définitive de la dissolution de cette organisation, considérée comme terroriste par l’Union européenne. Il a ajouté attendre cette annonce pour jeudi, vraisemblablement sous la forme d’une vidéo envoyée à la BBC.
L’annonce de sa dissolution par ETA est « une bonne nouvelle pour ceux qui ont à cœur de continuer sur le chemin de la paix », a estimé Jean-Noël « Txetx » Etcheverry, militant altermondialiste, qui a œuvré pour le désarmement d’ETA à Bayonne le 8 avril 2017. Pour lui cependant, « ce n’est pas la déclaration officielle d’ETA », mais un simple « courrier » : « J’attends qu’ETA fasse une communication pour analyser de quoi il s’agit vraiment », a-t-il souligné.

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                L’organisation basque ETA demande pardon pour le « mal » causé durant sa lutte armée



Conférence internationale le 4 mai
C’est en octobre 2011, à la conférence internationale de paix d’Aiete, qu’ETA avait annoncé abandonner définitivement le recours à la violence. En avril 2017, l’organisation séparatiste avait remis aux autorités françaises la localisation de son arsenal, soit huit caches d’armes.
Enfin, dans un communiqué publié le 20 avril 2018 dans le quotidien basque Berria, l’organisation terroriste avait demandé « pardon » aux victimes pour les violences qu’elle avait commises. La même semaine, ETA avait annoncé qu’elle prononcerait sa dissolution au début du mois de mai, évoquant la date du 4 mai et la conférence internationale de Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques).
Depuis 1959, ETA aura fait au moins 829 morts et des milliers de blessés dans le nord de l’Espagne et le sud de la France. L’organisation est notamment responsable de l’assassinat du président du gouvernement espagnol Luis Carrero Blanco, en 1973.
Dans sa lettre, ETA dit qu’Euskal Herria, le territoire dont elle réclame l’indépendance, reste « en conflit avec l’Espagne et la France ». « Le conflit n’a pas commencé avec ETA et ne se termine pas avec la fin du parcours d’ETA », écrit-elle.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’Union européenne dénonce des « remarques inacceptables » sur l’Holocauste et la légitimité d’Israël.
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Mahmoud Abbas une nouvelle fois mis en cause pour propos antisémites

L’Union européenne dénonce des « remarques inacceptables » sur l’Holocauste et la légitimité d’Israël.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 15h21
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 19h27
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


Il a fallu vingt-quatre heures pour que la vague de condamnations monte. Dans la soirée du 30 avril, les Israéliens ont regardé massivement la présentation de leur premier ministre, Benyamin Nétanyahou, portant sur le programme nucléaire iranien. Au même moment, à Ramallah, le président Mahmoud Abbas s’exprimait devant les centaines de délégués du Conseil national palestinien, le parlement de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Comme à l’accoutumée, il prononça un discours fleuve, mélant références millénaires et sujets d’actualité. Et au milieu, une diatribe sur les racines de l’antisémitisme.
M. Abbas a prétendu s’appuyer sur des auteurs juifs, dont Karl Marx, qu’il a d’abord confondu avec Staline. Le vieux « raïs » a affirmé que la haine des juifs, « très répandue à travers l’Europe », concrétisée par de nombreux massacres « depuis le XIe siècle jusqu’à l’Holocauste », n’était pas historiquement de nature religieuse, mais s’expliquait par leur « fonction sociale, qui était liée à l’usure [prêts avec intérêt], à la banque, etc. » La preuve en serait, selon le leadeur palestinien, qu’en mille quatre cents ans il n’y eut jamais le moindre crime commis contre les juifs dans le monde arabe.

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                Mahmoud Abbas assoit son contrôle sur l’OLP, au risque de la division



Ces propos paraissent imputer la responsabilité des crimes commis à travers les siècles contre les juifs aux juifs eux-mêmes, pour leurs activités professionnelles liées à l’argent. Des propos, par ailleurs, qui sont hors sujet au vu de l’actualité dramatique qui concerne les Palestiniens : déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem le 14 mai, bilan terrible de la répression des manifestations le long de la bande de Gaza, isolement total de la direction palestinienne sous la pression des pays arabes pour accepter un éventuel plan de paix de l’administration Trump…
« Je ne dis pas qu’Israël doit être délogé, Israël existe et tout ce que je veux, c’est un Etat pour que nous puissions tous ensemble vivre en paix », Mahmoud Abbas
Mahmoud Abbas a aussi expliqué que les juifs ashkénazes n’étaient pas sémites et que les révolutions arabes étaient « une invention » des Etats-Unis. Enfin, il a répété, comme il l’avait déjà fait en janvier, qu’« Israël est un projet colonial destiné à implanter un corps étranger dans cette région ». « Mais je ne dis pas qu’Israël doit être délogé, a-t-il précisé, dans des propos rapportés par l’agence Wafa. Israël existe et tout ce que je veux, c’est un Etat pour que nous puissions tous ensemble vivre en paix. »
Avertissement
Car « l’autre » Abbas, le défenseur obstiné des négociations de paix et de la non-violence, a aussi pris la parole dans ce même discours. Il a réitéré son engagement en faveur de la solution à deux Etats, avec Jérusalem pour capitale, et son opposition au terrorisme et à la lutte armée. Il a aussi évoqué l’échec de la réconciliation à ce jour avec le Hamas, à Gaza, discutée sous l’égide de l’Egypte.
Tout en soutenant le principe de la résistance populaire, symbolisée par la « marche du grand retour » le long de la bande de Gaza, il a appelé à ne pas envoyer les enfants vers la clôture, pour ne pas créer une génération de handicapés. Un avertissement lancé à l’unisson avec les autorités israéliennes, à l’approche du 15 mai, pic de la marche, où une immense foule est attendue aux cinq points de rassemblement. L’armée craint que le Hamas n’appelle les protestataires à tenter de traverser la frontière après avoir découpé la clôture.

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La journée de mercredi a été marquée par une succession de condamnations des propos de Mahmoud Abbas. Dans un communiqué, Benyamin Nétanyahou a souligné qu’« apparemment, le négationniste rest[ait] un négationniste ». Cette accusation escorte le président palestinien depuis la publication de sa thèse de doctorat, en 1983, dans laquelle il exprimait des doutes sur le nombre de victimes dans l’Holocauste et évoquait des formes de collaboration entre sionistes et nazis pour peupler la Palestine mandataire (sous mandat britannique) de juifs. Depuis, à plusieurs reprises, il avait tenté de corriger cette réputation. En 2014, par exemple, le raïs avait publié un communiqué dans lequel il qualifiait l’Holocauste de « crime le plus odieux commis contre l’humanité dans l’époque moderne ».
« Remarques inacceptables »
M. Nétanyahou a appelé « la communauté internationale à condamner l’antisémitisme radical d’Abou Mazen [le surnom de M. Abbas] ». Le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, dénonce aussi « des déclarations profondément choquantes, qui témoignent du fait que les Palestiniens refusent d’accepter le lien véritable entre les juifs et la terre d’Israël. Ils ont inventé un échafaudage, relate-t-il au Monde, qui expliquerait cette présence juive ici par le seul Holocauste, tout en insultant les juifs : Abbas les rend responsables de leur propres malheurs. »
David Friedman, l’ambassadeur américain en Israël, connu pour son hostilité à la solution à deux Etats et son engagement en faveur des colonies, a estimé que le président Abbas avait « atteint un nouveau fond ». « A tous ceux qui pensent qu’Israël est la raison pour laquelle nous n’avons pas la paix, réfléchissez à nouveau », écrit-il sur Twitter.
L’ONU a condamné les propos « inacceptables » et « profondément troublants » de Mahmoud Abbas. Le service d’action extérieure de l’Union européenne, pour sa part, a publié un communiqué mercredi.
« Le discours prononcé par le président palestinien Mahmoud Abbas le 30 avril contenait des remarques inacceptables concernant les origines de l’Holocauste et la légitimité d’Israël. Une telle rhétorique ne peut que jouer en faveur de ceux qui ne veulent pas de la solution à deux Etats, pour laquelle le président Abbas a plaidé de façon répétée. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis mercredi dans le centre d’Erevan. Ils paralysent la capitale arménienne pour protester contre le refus du Parlement d’élire Nikol Pachinian au poste de premier ministre.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Athènes n’est en rien sorti de la crise financière, si l’on s’en tient aux chiffres, considère l’économiste Didier Marteau, dans une tribune au « Monde ». L’optimisme officiel tient surtout à la résignation des créanciers face une situation devenue insoluble.
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« Le coût du défaut de la Grèce est désormais tel que ce dernier devient en réalité improbable »

Athènes n’est en rien sorti de la crise financière, si l’on s’en tient aux chiffres, considère l’économiste Didier Marteau, dans une tribune au « Monde ». L’optimisme officiel tient surtout à la résignation des créanciers face une situation devenue insoluble.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 15h00
    |

                            Didier Marteau (Professeur à l’ESCP-Europe)








                        



                                


                            

Tribune. Deux ans après mise en place d’un troisième plan de sauvetage de la Grèce concrétisé par la mise à disposition, lors de l’été 2015, d’une ligne de crédit de 86 milliards d’euros par le Mécanisme européen de stabilité (MES), la Grèce semblerait être sur le chemin du redressement économique.
Les membres de l’Eurogroupe viennent d’accepter le versement d’une tranche de 6,7 milliards d’euros pour couvrir… le service de la dette, satisfaits qu’Athènes ait voté un budget 2018 reposant sur la prévision d’un excédent budgétaire primaire – c’est-à-dire avant le paiement des intérêts de la dette – de 3,5 %.
Dans la foulée, les trois principales agences de notation se sont précipitées pour relever la note du pays, suivant l’argument complémentaire que les créanciers publics de la Grèce – MES, Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI) – allaient accepter une nouvelle restructuration de la dette à l’issue du plan de sauvetage en août 2018.
Sans oublier les propos très rassurants du gouverneur de la Banque centrale grecque, satisfait de la disparition des deux déficits jumeaux, le déficit budgétaire et le déficit de la balance des paiements courants. En d’autres termes, il n’y aurait plus de dossier grec…
« Too big to fail »
On peut malheureusement opposer à cette lecture d’autoconviction quelques données strictement économiques qui corrigent l’optimisme affiché.
D’abord, le sauvetage de la Grèce est le résultat d’une succession de prêts à taux voisins de zéro effectués par un fonds européen, le MES, dont les ressources proviennent de l’émission de titres achetés par des investisseurs privés, mais garantis par les Trésors européens. Les prêts du MES représentent aujourd’hui 230 milliards d’euros, et bien sûr un volume équivalent de garanties, sur une dette d’Etat de 330 milliards.
Nous sommes désormais dans une problématique de type « too big to fail » :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ « Le Monde Afrique » s’est rendu dans l’archipel pour comprendre les origines et les conséquences du conflit territorial entre Moroni et Paris.
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Enquête

Comores et Mayotte, si loin, si proches : présentation de notre série

« Le Monde Afrique » s’est rendu dans l’archipel pour comprendre les origines et les conséquences du conflit territorial entre Moroni et Paris.

Par                Le Monde Afrique



LE MONDE
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        Le 02.05.2018 à 14h54

     •
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        Mis à jour le 02.05.2018 à 15h20






    
A Moroni, aux Comores, en 2015.
Crédits : MARCO LONGARI / AFP


En arabe, le mot « Comores » signifie « les îles de la Lune ». Telle une petite constellation perdue dans l’immensité de l’océan Indien, à mi-chemin entre l’Afrique et Madagascar, l’archipel peut sembler lointain vu de Paris. Pourtant, à seulement 70 km au sud des côtes comoriennes, il existe un petit bout de France : Mayotte, la quatrième île de l’archipel, est la source d’un conflit qui dure depuis plus de quarante ans.
Ancienne colonie française, les Comores, autrefois composées de quatre îles (Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte), ont proclamé leur indépendance en 1975. Mais Mayotte a préféré rester dans le giron de Paris. Territoire non décolonisé aux yeux des Nations unies, l’île est bel et bien « comorienne », selon l’organisation internationale. Entre 1973 et 1994, pas moins de 20 résolutions non contraignantes ont été adoptées par l’assemblée générale de l’ONU. Rien n’y a fait : depuis 2011, Mayotte est le 101e département français.

        Episode 1
         

          Entre Comoriens et Mahorais, le ressentiment menace de tourner à l’orage



La « vache à quatre pattes », comme disait l’ancien président comorien Ahmed Abdallah, a été amputée d’une patte et ne peut plus avancer. Quarante-trois ans après l’indépendance, l’archipel est « en sursis », craignent certains. Le pays est plombé par la misère, la corruption, le manque de perspectives et de stabilité, avec une vingtaine de tentatives de coups d’Etat depuis l’indépendance et un contentieux territorial avec la France encore loin d’être réglé.
Des familles déchirées
La dislocation de l’archipel a provoqué une fracture bien au-delà de la sphère politique. La séparation a dessiné une frontière à l’intérieur même des familles, dont certaines ont été déchirées à l’instauration, en 1995, d’un visa pour les Comoriens souhaitant se rendre à Mayotte. Cette dernière a donné l’illusion d’un eldorado, creusant davantage les inégalités entre deux peuples proches aussi bien géographiquement que culturellement.

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                Mayotte, une île au cœur des flux de populations



La crise migratoire qui en a découlé a non seulement entraîné la mort de plusieurs milliers de Comoriens, mais a aussi déstabilisé l’ensemble de l’archipel, jusqu’à Mayotte, où les habitants pourchassent ceux qui ont été leurs frères et qu’ils appellent désormais des « clandestins ».
Au moment où les risques de tensions communautaires occupent toutes les pensées et alors que le gouvernement de Moroni a décidé de durcir le ton face à Paris, Ghalia Kadiri, journaliste au Monde Afrique, s’est rendue dans l’archipel, côté comorien, pour comprendre, à travers une série de quatre épisodes, les origines et les conséquences de ce conflit dont les échos résonnent jusqu’au cœur de la France.

Sommaire de notre série : Comores et Mayotte, si loin, si proches
Le Monde Afrique s’est rendu dans l’archipel, côté comorien, pour comprendre les origines et les conséquences d’un conflit territorial dont les échos résonnent jusqu’au cœur de la France.

        Episode 1
         

          Entre Comoriens et Mahorais, le ressentiment menace de tourner à l’orage




        Présentation de notre série
         

          Comores et Mayotte, si loin, si proches






    

Crédits : 




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ A condition de traiter simultanément les défis actuels, note le politiste Janis Emmanouilidis dans une tribune au « Monde », le rapport « Redynamiser le projet européen », issu de cinq ans de débats, montre qu’une entente à vingt-sept est possible.
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« Echouer à réformer l’Europe en 2018 pourrait conduire à de funestes regrets »

A condition de traiter simultanément les défis actuels, note le politiste Janis Emmanouilidis dans une tribune au « Monde », le rapport « Redynamiser le projet européen », issu de cinq ans de débats, montre qu’une entente à vingt-sept est possible.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 14h00
    |

Janis A. Emmanouilidis (Directeur des études de l’European Policy Centre)







                        



                                


                            

Tribune. Tout maître des horloges qu’il se veut, le président Macron peine à imposer son rythme pour la relance du projet européen. La fenêtre d’opportunité pour réformer l’Europe a tardé à s’ouvrir et pourrait bien se refermer rapidement. Pourtant, des solutions concrètes sur la manière de poursuivre le développement de la zone euro, de gérer les crises migratoires, ou de défendre nos pays et leurs citoyens sont toujours en attente.
Une échéance importante s’annonce en juin avec un Conseil européen où les grands défis européens actuels – migration, euro, défense – seront à l’agenda. Angela Merkel et Emmanuel Macron ont promis de formuler d’ici là des propositions communes. Leur compromis doit ouvrir la voie à des réformes à même de satisfaire les exigences des 27 pays de l’Union et les attentes des citoyens européens.
Inquiétudes, frustrations et divisions
Une forte impulsion du président et de la chancelière est une condition sine qua non pour sortir de l’impasse. Mais si un accord entre Paris et Berlin est une condition indispensable, elle n’est plus suffisante. Toute initiative franco-allemande devra tenir compte des intérêts et avis des autres Etats membres.
A cet égard, le pacte proposé dans le rapport « Redynamiser le projet européen », de l’initiative New Pact for Europe (Newpactforeurope.eu), lancée par un consortium de fondations européennes (Bertelsmann, Calouste Gulbenkian, Open Society, Roi Baudoin, etc.), pourrait guider les discussions entre Berlin et Paris car il a été rédigé en tenant compte des inquiétudes, frustrations et divisions qui animent les citoyens de l’Union européenne.

Les mesures prônées dans ce document résultent de centaines d’heures de débats nationaux et transnationaux qui, pendant cinq ans, ont impliqué des experts, des citoyens et des représentants de la société civile de toute l’Europe. L’objectif était de rétablir la confiance entre Européens par le biais du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Selon Lorenzo Bini Smaghi, président de la Société générale qui s’exprime dans une tribune au « Monde », penser que les investisseurs financiers puissent inciter les Etats membres à respecter les règles budgétaires est un déni de démocratie.
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édition abonné


« Réformer le cadre institutionnel pour permettre à la zone euro d’être plus résiliente et par là définitivement irrévocable »

Selon Lorenzo Bini Smaghi, président de la Société générale qui s’exprime dans une tribune au « Monde », penser que les investisseurs financiers puissent inciter les Etats membres à respecter les règles budgétaires est un déni de démocratie.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 14h00
    |

                            Lorenzo Bini Smaghi (Président du conseil d'administration de la Société générale)








                        



                                


                            
Tribune. Alors que les règles budgétaires du pacte de stabilité et de croissance sont enfin respectées par tous les Etats membres de la zone euro, la France ayant franchi le seuil de référence de 3 % en 2017, il est paradoxal qu’un nombre croissant de voix laisse entendre que ces règles ne sont plus crédibles. Cette vision prône une réforme de l’union économique et monétaire qui réduirait le rôle du pacte de stabilité et de croissance et attribuerait aux marchés financiers la tâche de discipliner les gouvernements de la zone euro.
Les marchés peuvent être manipulés et évoluer au gré d’anticipations qui s’auto-alimentent, notamment en présence d’une architecture monétaire incomplète
Si la restructuration de la dette publique était rendue plus facile, voire automatique pour les pays qui demandent le soutien financier du Mécanisme de stabilité européen, les marchés deviendraient plus prudents à financer les Etats, nous dit-on. Les Etats seraient ainsi incités à être plus rigoureux.
Or, c’est une illusion de croire que les marchés financiers soient capables de discipliner les décideurs politiques, ou même que ce soit leur rôle. Les marchés ont tendance à pécher dans la durée par excès de complaisance, et à surréagir ensuite soudainement, en négligeant les fondamentaux sous-jacents. Les marchés peuvent être manipulés et évoluer au gré d’anticipations qui s’auto-alimentent, notamment en présence d’une architecture monétaire incomplète.

Une telle réforme serait donc préjudiciable pour tout un ensemble de raisons. D’abord, même si le seuil de référence d’un ratio de 3 % entre déficits public et produit intérieur brut (PIB) a été souvent franchi depuis l’introduction de l’euro, il ne faut pas oublier que, juste dix ans après sa création, la zone euro a été frappée par la récession la plus sévère depuis la seconde guerre mondiale. Dix ans après la crise, la zone euro ne s’en sort pas trop mal par rapport aux autres grandes économies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Faute de majorité claire, l’Italie peine depuis les élections du 4 mars à se trouver un gouvernement.
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Le président italien exclut la tenue de nouvelles élections

Faute de majorité claire, l’Italie peine depuis les élections du 4 mars à se trouver un gouvernement.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 13h40
   





                        



   


Le président italien, Sergio Mattarella, exclut la tenue de nouvelles élections en juin et réclame un nouveau gouvernement en mesure d’adopter un budget pour 2019, a-t-on appris mercredi 2 mai dans son entourage.
Luigi Di Maio, le dirigeant du Mouvement 5 étoiles (M5S), a, lui, estimé lundi que l’organisation d’un nouveau scrutin dès le mois de juin était la seule solution pour sortir l’Italie de l’impasse politique.
Réunion du Parti démocrate jeudi
Après les élections législatives du 4 mars, qui n’avaient permis de dégager aucune majorité au Parlement, c’est d’abord vers la coalition de droite et d’extrême droite menée par la Ligue que le M5S, désormais première formation politique du pays, s’était tourné pour tenter de former un gouvernement. En vain, la Ligue n’envisageant pas de prendre ses distances avec son allié Silvio Berlusconi, condition sine qua non pour qu’un tel gouvernement puisse voir le jour.
Faute d’avoir pu parvenir à un accord, c’est ensuite avec le Parti démocrate sortant que le mouvement antisystème a tenté de former une alliance de circonstance. Alliance à laquelle s’oppose Matteo Renzi, ancien président du conseil redevenu simple sénateur, qui conserve cependant la maîtrise de l’appareil au sein du parti de centre gauche. La direction du Parti démocrate doit cependant se réunir jeudi 3 mai pour statuer sur cette question.
Il faut en moyenne un mois et demi pour former un gouvernement en Italie. En 1992, les négociations avaient ainsi duré près de trois mois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Figure du cyclisme du XXe siècle, l’Italien a sauvé de nombreux juifs pendant la seconde guerre mondiale. Un acte de bravoure qu’il a toujours gardé secret. Il vient de se voir attribuer la nationalité israélienne à titre posthume.
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Le silence du Juste Gino Bartali

Figure du cyclisme du XXe siècle, l’Italien a sauvé de nombreux juifs pendant la seconde guerre mondiale. Un acte de bravoure qu’il a toujours gardé secret. Il vient de se voir attribuer la nationalité israélienne à titre posthume.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 13h06
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 17h09
    |

            Philippe Ridet (Florence, envoyé spécial)








                        



                                


                            
L’Etat d’Israël, qui organise le départ du Tour d’Italie, vendredi 4 mai, a attribué mercredi à Gino Bartali, l’ancien cycliste italien, la citoyenneté israélienne à titre posthume. Ce geste rarissime fait suite à la reconnaissance par le mémorial de Yad Vashem à Jérusalem de son statut de « Juste parmi les nations », pour avoir aidé à sauver de nombreux juifs durant la seconde guerre mondiale. A cette occasion, nous republions un reportage publié en 2013 sur cette histoire longtemps demeurée secrète.

C’est tout lui… Déjà parti quand pleuvent les honneurs, se laissant tresser de nouvelles couronnes de laurier qui s’ajoutent à celles conquises dans la poussière des routes. « Le bien, disait-il, on ne le fait pas pour le crier sur les toits. »
Il n’était pas là lorsque, en marge des championnats du monde sur route en 2013, l’ambassadeur d’Israël en Italie remettait au maire de Florence, Matteo Renzi, le document officiel distinguant ce « Juste parmi les nations ». Gino Bartali, né à Ponte a Ema le 18 juillet 1914, vainqueur de deux Tours de France (1938, 1948) et de trois Tours d’Italie (1936, 1937, 1946). Tout comme il était absent lorsque le président de la République Carlo Azeglio Ciampi lui décerna, en 2005, la Médaille d’or du mérite civil, la plus haute distinction italienne. Gino Bartali est mort le 5 mai 2000 d’une attaque cardiaque. Le cœur, encore et toujours.
Pour les Italiens, il fut d’abord « Gino le Pieux ». Le Toscan priait sur la ligne de départ, priait en course, priait encore sur le podium, remerciait la Madone et tous les saints des victoires remportées par dizaines. Pendant ce temps, le Piémontais Fausto Coppi (1919-1960), son cadet et son plus grand rival, qui lui disputait l’admiration de ses compatriotes (deux Tours de France et cinq Giro), embrassait Giulia Occhini, cette mystérieuse « Dame blanche » qui n’était pas son épouse.
A l’époque, le premier représente l’Italie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Dans cette chronique, la journaliste du « Monde » Marie Charrel estime que l’Italie et sa vertigineuse dette publique pourrait bien, dans quelques années, devenir le maillon faible par lequel la prochaine crise européenne éclatera.
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« Le complexe et délétère cocktail de “l’anomalie italienne” »

Dans cette chronique, la journaliste du « Monde » Marie Charrel estime que l’Italie et sa vertigineuse dette publique pourrait bien, dans quelques années, devenir le maillon faible par lequel la prochaine crise européenne éclatera.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 13h00
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Toute symbolique qu’elle soit, la claque n’en est pas moins brutale. Selon les chiffres que vient de publier le Fonds monétaire international (FMI), les Espagnols sont désormais plus riches que les Italiens, qui se cherchent toujours un gouvernement. En 2017, le produit intérieur brut (PIB) par habitant en parité de pouvoir d’achat des premiers a atteint 31 087 euros, contre 30 994 euros pour les seconds. Et Madrid devrait continuer de creuser l’écart avec Rome, qui sera rattrapée d’ici 2023 par Prague et Bratislava, estime le Fonds.
Depuis trois ans, l’économie ibérique fait des étincelles, tandis que celle de l’Italie est engluée dans une stagnation faisant désormais figure d’exception dans l’union monétaire. Selon la Commission européenne, elle devrait afficher une croissance de 1,5 % seulement cette année, le plus bas taux de la zone euro.
L’Italie est l’un des seuls états occidentaux qui n’a pas encore retrouvé son niveau de PIB d’avant-crise
Bien sûr, comparaison n’est pas toujours raison, et les chiffres du FMI doivent être manipulés avec précaution. Reste qu’ils confirment ce que les économistes Lorenzo Codogno (London School of Economics) et Giampaolo Galli (LUISS School of European Political Economy) désignent comme « l’anomalie italienne » dans un récent article. A de nombreux égards, les performances économiques du pays sont médiocres.
L’Italie est l’un des seuls Etats occidentaux qui n’a pas encore retrouvé son niveau de PIB d’avant-crise. La richesse par habitant n’a quasiment pas évolué depuis 1999. La croissance est systématiquement inférieure à celle de ses voisins. Le nombre de naissances est trop bas et la population vieillit à toute vitesse. « Nous sommes un pays mourant », s’alarmait déjà, en 2015, la ministre de la santé, Beatrice Lorenzin.
La rancœur prospère
Quel est le problème de la botte ? Toute la difficulté est qu’il n’y a pas de coupable évident. Le pays souffre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le fonds vautour Elliott, dirigé par Paul Singer, et Vivendi, dont le premier actionnaire est Vincent Bolloré, bataillent pour le contrôle de l’opérateur historique italien
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Choc de titans autour de Telecom Italia

Le fonds vautour Elliott, dirigé par Paul Singer, et Vivendi, dont le premier actionnaire est Vincent Bolloré, bataillent pour le contrôle de l’opérateur historique italien



Le Monde
 |    02.05.2018 à 12h14
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Le 4 mai prochain, dans la banlieue de Milan, les actionnaires de Telecom Italia (TIM) assisteront à un choc de titans. Deux professionnels des marchés financiers, de l’activisme et des coups de théâtre en assemblée générale s’affronteront avec l’objectif de prendre le pouvoir chez l’opérateur historique italien. Le fonds vautour Elliott, dirigé par le milliardaire Paul Singer, et Vivendi, dont le premier actionnaire est Vincent Bolloré, présenteront chacun une liste d’administrateurs. Celui qui l’emporte est assuré d’avoir la majorité au conseil.
Au siège du groupe de médias français, la semaine dernière, on s’était déjà fait à l’idée de perdre cette bataille, tout en dénonçant la stratégie de « démantèlement » de TIM du fonds Elliott. Si une telle hypothèse se concrétisait, elle constituerait un véritable casse-tête pour Vincent Bolloré. En effet, celui qui détient aujourd’hui 17,2 % du capital et 23,9 % des droits de vote ne pourrait céder ses titres sans perdre 1,3 milliard d’euros.
Il faut dire qu’Elliott, avec 9 % du capital, a habilement manœuvré, profitant de la mauvaise réputation du milliardaire français en Italie pour avancer ses pions. A ce titre, la mise en examen de Vincent Bolloré a été une aubaine. « C’est juste le dernier exemple d’un bilan composé de conflits, de la poursuite d’intérêts propres, et même de problèmes plus graves relevant potentiellement de la criminalité, de la part de ceux qui demandent qu’on leur fasse confiance pour conduire TIM », a lancé Elliott dans un communiqué, le 26 avril, tandis que les ennuis judiciaires de l’homme d’affaires faisaient les choux gras de la presse transalpine.
Quelques résultats probants
Pour séduire les actionnaires de TIM, Elliott tente de faire oublier les divergences stratégiques qui l’ont conduit à monter au créneau contre Vivendi. Ainsi, le fonds rappelle qu’il soutient le plan du directeur général, Amos Genish, homme fort chargé de la convergence chez Vivendi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Mis en cause par les révélations du réseau de dix-huit médias internationaux, le premier ministre, Joseph Muscat, a réuni des milliers de supporteurs à La Valette.
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« Projet Daphne » : à Malte, le pouvoir fait front contre la presse

Mis en cause par les révélations du réseau de dix-huit médias internationaux, le premier ministre, Joseph Muscat, a réuni des milliers de supporteurs à La Valette.



Le Monde
 |    02.05.2018 à 12h02
    |

            Jean-Baptiste Chastand (La Valette, envoyé spécial)








                        



                                


                            

« La corruption ? Mais, en ce moment, on a tous de l’argent plein les poches. » Anna Celia joint le geste à la parole en tapant bruyamment sur les siennes. « Vous, les journalistes, vous ne vous intéressez qu’aux mauvaises choses, mais à Malte tout va bien. Il faut réserver les restaurants une semaine à l’avance tellement ils ont du monde. On a tellement de travail que beaucoup d’étrangers viennent en chercher ici », proclame agressivement cette mère au foyer de 45 ans venue, mardi 1er mai, soutenir Joseph Muscat, le premier ministre travailliste de l’archipel.

Celui-ci avait appelé à faire de la Fête du travail de cette année la « meilleure réponse » aux révélations du « Projet Daphne », ce réseau de dix-huit médias internationaux – dont Le Monde – créé pour enquêter sur les traces de la journaliste maltaise anticorruption Daphne Caruana Galizia, assassinée dans l’explosion de sa voiture le 16 octobre 2017.
Habillée de rouge – la couleur des travaillistes – comme la plupart des milliers de soutiens du parti qui ont répondu à cet appel devant les portes de la citadelle de La Valette, Anna Celia se moque bien des révélations faites depuis le 17 avril. Pour elle, il s’agit uniquement d’une manipulation de « l’opposition » face à « notre gouvernement, le meilleur d’Europe ».
Peu lui importe que le « Projet Daphne » ait révélé que la police maltaise écartait mystérieusement toute piste politique dans son enquête sur la mort de la journaliste, malgré plusieurs éléments troublants. Comme le fait que le ministre de l’économie, Chris Cardona, a été vu dans un bar discutant avec certains des assassins quelques jours avant leur arrestation. « J’habite dans le village où se trouve ce bar, et il y a plein de monde qui y va, on peut serrer la main à n’importe qui », affirme Anna Celia. D’ailleurs, le ministre en question est monté sur scène juste avant le discours du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le président français et le premier ministre australien ont souligné l’importance d’un « axe indo-pacifique ».
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Des accords entre la France et l’Australie contre le terrorisme et le dérèglement climatique

Le président français et le premier ministre australien ont souligné l’importance d’un « axe indo-pacifique ».



Le Monde
 |    02.05.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
02.05.2018 à 13h42
   





                        



   


Emmanuel Macron, en visite officielle en Australie, et le premier ministre australien, Malcolm Turnbull, ont annoncé mercredi 2 mai la signature d’accords institutionnels et de contrats commerciaux. Les deux hommes, qui venaient de s’entretenir à Admiralty House, la résidence officielle du premier ministre australien, ont notamment annoncé avoir signé un « accord bilatéral relatif à la fourniture de soutien logistique mutuel » entre les forces armées des deux pays.
Un accord sur la cybersécurité a aussi été « acté », par une « lettre d’intention » visant à renforcer la coopération entre l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) française et le centre de cybersécurité australien (ACSC).
Le président français a aussi rappelé, concernant la livraison signée de 2016 de douze sous-marins à l’Australie, que « le premier ministre Turnbull (…) pouvait pleinement compter sur la France pour que cette ambition navale et politique soit une réussite ». Ce contrat historique est par son montant le plus important de l’histoire de l’Australie.
Ils ont également acté la mise en place d’initiatives conjointes sur la lutte contre le réchauffement climatique « pour notre patrimoine commun, le Pacifique », a dit M. Macron. Il a ainsi souligné le rôle joué par le dérèglement climatique sur le développement de la zone Pacifique, qui aurait pour conséquences d’exacerber « les rivalités entre puissances, les tensions identitaires, les trafics de toutes sortes ».
La Chine omniprésente
S’ils ont mis l’accent sur « le dialogue trilatéral Australie-Inde-France », qui a vocation à jouer un rôle central dans cet « axe indo-pacifique », MM. Macron et Turnbull ont toutefois tenu à souligner qu’il ne s’agissait pas d’agir contre la Chine dont la croissance est, selon le président français, « une très bonne nouvelle pour tout le monde ».
Ils ont cependant rappelé qu’il était impératif pour la République populaire de « respecter les règles » en matière de développement, ainsi que la nécessité d’éviter « une hégémonie » dont s’inquiète l’Australie.
La Chine inonde en effet la zone de dons, mais surtout de prêts à taux préférentiels. Entre 2006 et 2016, la Chine a apporté une aide de 1,78 milliard de dollars (1,47 milliard d’euros) dans la région, selon le Lowy Institute, un think tank.
Vanuatu, en particulier, est devenu emblématique de la percée de Pékin, qui y a investi dans plus d’une trentaine de projets. Le 9 avril, une enquête publiée par le Sydney Morning Herald faisait même état de discussions préliminaires entre les gouvernements chinois et vanuatan afin d’établir une présence militaire chinoise permanente dans l’archipel.
« Un partenariat stratégique »
Plus tôt dans l’après-midi de mercredi, Emmanuel Macron et Malcolm Turnbull ont déposé une gerbe sur le principal mémorial de guerre de Sydney à l’occasion du centenaire du corps d’armée australien et néo-zélandais. Le président français y évoquait son objectif de bâtir, aux côtés de l’Australie, « un partenariat stratégique pour les cinquante années à venir ».
M. Macron a à cette occasion remis la Légion d’honneur à trois vétérans australiens s’étant battus en France pendant la seconde guerre mondiale. Il a ainsi salué le « sacrifice australien (…), puissant message en cette époque qui voit fleurir le nationalisme, replié derrière ses frontières et son hostilité au reste du monde ».
Après celle de François Hollande en 2014 à l’occasion du G20 de Brisbane, il s’agit de la seconde visite en Australie d’un président français. La tournée d’Emmanuel Macron dans le Pacifique Sud se poursuivra vendredi par un déplacement en Nouvelle-Calédonie.



                            


                        

                        

