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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ A voir aussi ce soir. Une épopée de dix ans, lucide et amère, qui fit de Cassius Clay le plus grand des boxeurs, dans un pays en proie aux révoltes des Noirs (sur OCS Choc à 20 h 40).
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TV - L’Amérique dans les poings de Muhammad Ali

A voir aussi ce soir. Une épopée de dix ans, lucide et amère, qui fit de Cassius Clay le plus grand des boxeurs, dans un pays en proie aux révoltes des Noirs (sur OCS Choc à 20 h 40).



Le Monde
 |    01.05.2018 à 18h00
    |

                            Thomas Sotinel








                        


Film sur OCS Choc à 20 h 40

Un jeune homme noir court dans la rue. Un jeune homme noir chante sur scène. Le premier s’appelle encore Cassius Clay, le second Sam Cooke. Pour ouvrir Ali, Michael Mann a construit cette séquence triomphale, qui juxtapose d’abord, puis mêle intimement la boxe et la musique. La gloire athlétique du jeune champion olympique qui s’apprête à devenir champion du monde professionnel a pour contrepoint la séduction mystique et sexuelle qu’exerce Cooke (chanteur de gospel passé du côté du diable) sur son public.
Nous sommes en 1964, aux Etats-Unis ; les murs s’effondrent : le rhythm’n’blues fait danser les Blancs ; les Noirs manifestent dans les Etats du Sud, bravant les balles, les canons à eau et les chiens policiers pour avoir le droit de s’asseoir à l’avant des bus. Avec son sens de l’héroïsme visuel, Michael Mann compose, pendant les premières minutes d’Ali, un hymne cinématographique aux espoirs de ce moment de l’histoire.
Ce beau et long film ne se remet jamais tout à fait de cette poussée d’adrénaline. Cette juste euphorie ne dura d’ailleurs qu’un instant et s’acheva avec l’assassinat de Martin Luther King et les émeutes des ghettos noirs en 1968.

   


Après avoir porté au pinacle son héros, le réalisateur doit le guider à travers les pièges tendus sur sa route. C’est le moment où Cassius Clay devient Muhammad Ali, la ­figure de proue de la Nation de ­l’islam, la secte dirigée par Elijah Muhammad, et finit par refuser la conscription publiquement. WillSmith accumule les propositions, donnant de son personnage des versions parfois presque incompatibles. C’est sans doute le seul moyen de s’approcher de la vérité.
Grâce à un scénario très précis, on suit sans peine les tribulations du champion condamné à l’inactivité (sa licence professionnelle lui a été retirée après son refus de la conscription). L’inactivité ne seyant guère à l’hyperactif Michael Mann, celui-ci se concentre alors sur la secte d’Elijah Muhammad, dont il dénonce l’implication dans l’assassinat de Malcolm X, en 1965.
Symptomatique de la volonté de ne rien celer de la vie du champion, la rupture entre Ali et Malcolm (Mario Van Peebles) est filmée de façon que le boxeur se ­retrouve dans la peau de Judas. En revanche, le repas au cours ­duquel Ali apprend que la Cour suprême des Etats-Unis a annulé sa condamnation prend des allures de Cène, dont l’apôtre Pierre ­serait Bundini (Jamie Foxx), personnage essentiel dans la cour qui entoure le boxeur.
« Ali, tue-le ! »
Le troisième acte peut alors s’ouvrir, qui culmine avec la victoire sur Foreman à Kinshasa, devant une foule en délire qui hurle « Ali bumaye » (« Ali, tue-le ! », en lingala). La manière de filmer le combat, qui montre les corps des boxeurs comme englués dans une invisible mélasse, Ali n’étant plus que l’image au ralenti de l’artiste qui vainquit Sonny Liston, évoque de manière saisissante le poids sur­humain de cette décennie.
Au moment où se termine le film, Muhammad Ali est champion du monde, les Etats-Unis sont sur le point de quitter le Vietnam. Le boxeur va s’enfoncer dans la défaite et la maladie, son pays va rétablir son emprise sur le monde. A l’écran, ce triomphe qui masque les défaites à venir a pris chair.
Ali, de Michael Mann. Avec Will Smith, Ron Silver, Jamie Foxx, Nona Gaye, Jon Voight (Etats-Unis, 2001, 160 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Les contrefaçons portent sur les tableaux d’Etienne Terrus, un artiste local du XIXe siècle auquel le musée est consacré. La ville de Pyrénées-Orientales a porté plainte pour faux, usage de faux, contrefaçons et escroqueries.
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La mairie d’Elne porte plainte après avoir découvert que son musée contenait 60 % de toiles contrefaites

Les contrefaçons portent sur les tableaux d’Etienne Terrus, un artiste local du XIXe siècle auquel le musée est consacré. La ville de Pyrénées-Orientales a porté plainte pour faux, usage de faux, contrefaçons et escroqueries.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 16h47
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 17h27
    |

            Harry Bellet








                        



   


Thomas Hoving, l’ancien directeur du Metropolitan museum de New York, avouait dans un livre (False Impressions, Touchstone Edition, New York, 1997) que 40 % des œuvres de son musée étaient des faux. Et bien, le petit musée d’Elne (Pyrénées-Orientales, 8 659 habitants) a fait mieux que le Met. Là, c’est 60 % ! Et sa collection ne porte que sur un seul artiste, un enfant du pays, Étienne Terrus (1857-1922). Sur 140 œuvres, 82 seraient des contrefaçons.
Sans vouloir porter atteinte à sa réputation, on se demande qui serait assez acharné pour peindre de faux Terrus. Certes, il fut l’ami d’Aristide Maillol. Oui, il fréquenta, un temps, Matisse et Derain. Mais on ne peut pas dire qu’il ait laissé la même trace dans l’histoire de l’art. Or, sur le marché, sa cote n’est pas mirobolante, mais pas déshonorante non plus : « entre 6 000 et 15 000 euros pour les tableaux et de 2 000 à 3 000 euros pour les dessins et aquarelles », a confié à l’AFP Eric Forcada, un historien d’art habitué des lieux. C’est lui qui a soulevé le lièvre.
« Un marché de l’art local gangrené »
La ville d’Elne a consacré à Étienne Terrus, en 1994, un petit musée municipal. Sa création doit beaucoup à Odette Traby (1939-2016), plusieurs fois maire adjointe chargée de la culture et du patrimoine. A son décès, elle légua au musée 13 œuvres de sa collection personnelle. Le fonds s’était également enrichi d’achats effectués par la municipalité en 2013, et par des associations locales, par souscription, en 2015 : une soixantaine d’oeuvres en plus.
Missionné par la mairie pour étudier ces nouvelles acquisitions, Eric Forcada se rend compte que la plupart sont des faux : par quel miracle, par exemple, le brave Terrus avait-il pu faire figurer sur un de ses tableaux un bâtiment construit des années après sa mort ? Il dénonce un « marché de l’art local gangrené. Du vendeur à la sauvette qui démarche les collectionneurs privés jusqu’aux antiquaires, en passant par les salles des ventes.»
La municipalité a porté plainte pour faux, usage de faux, contrefaçons et escroqueries. Pour le maire, Yves Barniol, «c’est une catastrophe». On peut en douter. Certes, la ville a perdu des plumes, environ 160 000 euros. Mais il faut admettre une triste chose : qui avait jusqu’alors entendu parler d’Étienne Terrus, ou d’Elne ? Depuis la découverte d’ Eric Forcada, ils font les gros titres de la presse artistique internationale, et jusqu’à un fort sérieux article du New York Times, le 30 avril, qui va jusqu’à comparer cette triste affaire à celle du faux mobilier acheté par le château de Versailles. Elne et son musée sont désormais connus du monde entier. Et il va falloir mieux étudier Étienne Terrus. Merci aux faussaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Lors du Conseil de Paris, mercredi, Anne Hidalgo devrait présenter plusieurs projets en faveur de la création et de la pratique culturelle.
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Nuit blanche, bibliothèques ouvertes le week-end... Etat des lieux des projets culturels pour Paris

Lors du Conseil de Paris, mercredi, Anne Hidalgo devrait présenter plusieurs projets en faveur de la création et de la pratique culturelle.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 15h43
    |

            Sandrine Blanchard








                        



   


Des performances artistiques sur « des portions du périphérique » lors de l’édition 2019 de la Nuit blanche : voici ce qui a été médiatiquement retenu à l’issue de la présentation, jeudi 26 avril par Bruno Julliard, premier adjoint de la maire de Paris chargé de la culture, de la prochaine « communication » consacrée à la culture, quatre ans après l’élection d’Anne Hidalgo.
Pourtant, cet état des lieux des projets de la politique culturelle parisienne, qui doit être détaillé mercredi 2 mai lors du Conseil de Paris, comporte d’autres choses que cette idée de « réinventer » la Nuit blanche, pour l’heure soumise à des discussions avec la préfecture de police. « Nous souhaitons faire une Nuit blanche métropolitaine et renouveler l’événement en investissant d’autres lieux », explique le premier adjoint socialiste chargé de la culture pour justifier cette fermeture exceptionnelle et partielle du périphérique.
Avant de savoir si, dans un an et demi, les noctambules pourront flâner sur quelques tronçons de ce boulevard circulaire, la culture à Paris, assure Bruno Julliard, « entre dans une ère nouvelle ». Après la construction du Centquatre et de la Philharmonie de Paris, après la rénovation ou la transformation du cinéma Le Louxor, de la Maison des métallos et de la Gaîté-Lyrique, l’heure n’est plus aux inaugurations. « Sur dix ans de mandat de la gauche, beaucoup de nouveaux équipements développés dans l’est et le nord de Paris ont permis de rééquilibrer l’offre culturelle, mais il faut plusieurs mois, voire années pour que chacun d’entre eux trouve une identité et un public », reconnaît le premier adjoint.
« Les publics », maître-mot du discours municipal
Si la Philharmonie rencontre, constate-t-il, « un immense succès », si le Centquatre « fonctionne désormais et associe pleinement les habitants du quartier », si le cinéma Le Louxor « marche bien » et si la Maison des métallos – qui aura bientôt une nouvelle directrice – a une fréquentation « satisfaisante », en revanche Bruno Julliard se dit « beaucoup plus réservé » sur la Gaîté-Lyrique. Dans l’attente d’un nouveau directeur après la démission de Marc Dondey, ce centre culturel, spécialisé dans les cultures numériques, n’a pas encore trouvé son modèle. « Il faut ouvrir les esthétiques pour diversifier les publics », estime le premier adjoint.

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          La Gaîté-Lyrique en quête d’une nouvelle tête



« Les publics », maître-mot du discours municipal, auquel Bruno Julliard associe une promesse aux accents vitéziens : « une ambition élitaire pour tous ». Dans la foulée de la réforme des conservatoires (où 3 000 places supplémentaires doivent être créées d’ici à 2020), 3,5 millions d’euros seront consacrés à l’acquisition d’instruments de musique. En outre, s’alignant sur la volonté du ministère de la culture d’étendre les horaires d’ouverture des bibliothèques, dix médiathèques, sur les cinquante-huit que compte la capitale, seront ouvertes le dimanche d’ici à 2020, contre sept actuellement (et trois en début de mandature).
« L’ouverture dominicale, ça marche, cela permet d’attirer un public familial »
« Ces dix établissements sont des pôles importants qui correspondent, en mètres carrés, à 40 % des surfaces de toutes les bibliothèques », précise Bruno Julliard. « L’ouverture dominicale, ça marche, assure-t-il, cela permet d’attirer un public familial ». Ces ouvertures ont été rendues possibles grâce à un accord basé sur le volontariat des personnels, une prime de 100 euros brut par dimanche travaillé, la création d’une équipe « volante » et le renfort d’étudiants. « Ouvrir sept médiathèques le dimanche représente un coût annuel de 1,5 million d’euros et une participation de l’Etat à hauteur de 300 000 euros », détaille Claire Germain, la nouvelle directrice des affaires culturelles, en soulignant que les bibliothèques parisiennes ont accueilli six millions de visiteurs en 2017.

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Pour financer la création artistique, la mairie va lancer le « 1 % marché de l’art » avec le Crédit municipal de Paris (CMP) : 1 % du chiffre d’affaires du CMP sera réservé, dès 2019, à des actions de soutien à la création, soit environ 200 000 euros. « Nous espérons convaincre les grandes maisons parisiennes privées de vente aux enchères de s’engager à nos côtés et d’appliquer elles aussi ce 1 % marché de l’art », appelle de ses vœux le premier adjoint.
Estimant que « le partenariat public-privé dans la culture va de soi », Bruno Julliard a également indiqué que la Ville de Paris entend « développer et renforcer le soutien aux théâtres privés ». Dès cette année, 200 000 euros supplémentaires (sur un budget de 2,9 millions) seront versés à l’Association pour le soutien au théâtre privé, qui regroupe une cinquantaine de salles.
Enfin, comme ce fut le cas à Londres (Royaume-Uni) et Rio de Janeiro (Brésil), des « Olympiades culturelles » devraient être organisées à Paris dès 2020 et jusqu’aux Jeux olympiques de 2024.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ L’écrivain retrace la terrible odyssée de Nsaku Ne Vunda, parti du royaume du Kongo en 1604 pour alerter le pape sur l’esclavage.
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Entretien

Prix Kourouma à Wilfried N’Sondé : « Mon roman sur la traite transatlantique est un acte de réconciliation »

L’écrivain retrace la terrible odyssée de Nsaku Ne Vunda, parti du royaume du Kongo en 1604 pour alerter le pape sur l’esclavage.

Propos recueillis par                Gladys Marivat (contributrice Le Monde Afrique)



LE MONDE
              datetime="2018-05-01T15:25:10+02:00"

        Le 01.05.2018 à 15h25






    
La maison des esclaves sur l’île de Gorée, au large de Dakar, au Sénégal, en 2004.
Crédits : SEYLLOU DIALLO / AFP


L’histoire a oublié qu’en 1608, après un périple de quatre ans, Nsaku Ne Vunda fut reçu par le pape Paul V, devenant le premier ambassadeur africain au Vatican. Envoyé par Alvaro II, roi du Kongo, pour consolider le catholicisme dans son pays et rappeler au pape « le caractère antichrétien de l’esclavage », il mourut d’épuisement trois jours plus tard. De ce prêtre kongo, baptisé Dom Antonio Manuel, il ne reste qu’un buste en marbre noir et un portrait visible au palais du Quirinal, à Rome.
Dans son roman Un océan, deux mers, trois continents, qui a reçu le prix Ahmadou-Kourouma vendredi 27 avril au Salon du livre de Genève, Wilfried N’Sondé donne une voix à Nsaku Ne Vunda. L’écrivain français, né à Brazzaville, imagine la terrible odyssée durant laquelle il observa de près la traite négrière, essuya des tempêtes, survécut à une attaque de pirates et fut incarcéré par les royaumes d’Espagne et du Portugal.
Wilfried N’Sondé signe, avec ce livre, tout à la fois le portrait d’un héros méconnu, un roman de pirates et un témoignage troublant sur la traite transatlantique au XVIIe siècle.

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                « Les Routes de l’esclavage », l’héritage d’un drame universel



Qu’est-ce qui vous a attiré chez Nsaku Ne Vunda ?
Wilfried N’Sondé D’abord sa capacité à résister et à rester intègre. C’est quelque chose qui manque beaucoup aujourd’hui, dans le monde et en Afrique. Il représente aussi une dimension universelle : un homme qui vient d’un village perdu près du fleuve Kongo et qui se découvre une empathie pour tous les humains, sans distinction de couleur, de religion ou de sexe.
Il incarne enfin une époque où les ressortissants du continent africain pouvaient être reconnus pour ce qu’ils étaient en Europe, particulièrement au Vatican. C’est bien de s’en souvenir, car je pense que notre vision de l’histoire des trois continents [Afrique, Europe, Amériques] est déformée par l’intervention des théories des races au XVIIIe siècle. Il y a eu une époque extrêmement longue où la théorie des races n’existait pas. Quelque part, nous sommes arriérés aujourd’hui quand nous continuons de considérer qu’il y a plusieurs races humaines.

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                « Les traites des Africains ont concerné quasiment le monde entier »



Qu’est-ce qui se joue sur le bateau ?
Le bateau est un laboratoire de l’humanité, avec les relations qui se tissent et les rapports de domination. On a reproché à mon livre de montrer des Africains en train de vendre leurs « frères ». Mais pour le capitaine, les matelots ne sont pas ses frères. Pour le roi du Kongo, les gens qu’il vend ne sont pas ses frères. Ce sont encore des déformations.
Les sociétés s’organisent souvent en pyramide et un bateau qui transporte des esclaves en est une sorte de modèle réduit. L’appât du gain motive tout. Il y a des productions théoriques pour justifier l’organisation en pyramide. On parle de nobles, de serfs, d’esclaves, d’officiers, d’ambassadeurs… On invente des qualificatifs qui ont la prétention de devenir autant de déclinaisons de la nature humaine.

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                Le génome d’un esclave reconstitué



Votre manière de présenter la traite dans votre roman a créé des remous dans le public au Salon du livre de Genève…
Un matelot au XVIIe siècle, c’est un serf qui fuit la campagne. Sur le bateau, il est moins bien nourri que les esclaves, il n’est pas soigné et il a une espérance de vie de deux ans. C’est une victime collatérale de ce système-là. On n’est plus en train de dire que les Européens mettent en esclavage les Africains, mais qu’il y a des accointances internationales pour surexploiter des êtres humains. Ce qui permet de comprendre l’état d’esprit du roi du Kongo : il était motivé, dans sa relation avec les Portugais, par l’appât du gain, au détriment de sa population.
C’est un comportement qui se retrouve aujourd’hui chez les dictateurs africains. Il n’a pas fallu attendre la colonisation et la post-colonisation pour avoir, comme aujourd’hui au Congo, des dirigeants qui ne s’occupent que de leur enrichissement personnel au détriment de la population. Et c’est une bonne nouvelle, car, comme les responsabilités incombent aux dirigeants, il n’y a pas besoin des Européens pour changer ça. Les pays africains peuvent changer tous seuls !

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                En Mauritanie, un an de prison pour avoir « traité autrui d’esclave »



Pourquoi avoir écrit ce roman aujourd’hui ?
La traite transatlantique est un phénomène traumatique pour les populations américaines, africaines et européennes. C’est un héritage douloureux et commun. Je pense qu’il s’agit de faire acte de réconciliation. Je ne pense pas qu’on avance dans la confrontation. Grâce au roman, je ramène l’esclavage à des considérations humaines, et pas seulement politiques et économiques, pour qu’on comprenne que ça nous concerne tous. J’espère que ça dérange les peuples de ces trois continents de se rendre compte qu’à un moment de l’histoire, ce genre de traitement des humains était possible. Et qu’on dise tous ensemble : nous ne voulons pas de cette humanité-là.
Un océan, deux mers, trois continents, de Wilfried N’Sondé, éditions Actes Sud, 272 pages, 20 euros.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le réalisateur, qui décrivait ses films comme des « études contemplatives sur la vie », s’est éteint le 29 avril à l’âge de 99 ans.
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édition abonné


Le cinéaste sri-lankais Lester James Peries est mort

Le réalisateur, qui décrivait ses films comme des « études contemplatives sur la vie », s’est éteint le 29 avril à l’âge de 99 ans.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 17h26
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

Il incarna longtemps une cinématographie à lui tout seul. Certes pas une cinématographie quantitativement importante, celle du Sri Lanka, mais dont il sera longtemps l’emblème. Il ne faudrait pourtant pas que cette qualité particulière fasse oublier qu’il était aussi un immense cinéaste. Lester James Peries est mort le 29 avril à l’age de 99 ans. Il était né le 5 avril 1919 à Colombo, capitale de ce que l’on appelait encore Ceylan, dans une famille bourgeoise catholique.
Il découvre le cinéma adolescent au Colombo Film Society, un des premiers ciné-clubs créés en Asie. Il s’y passionne notamment pour les films américains de l’époque et surtout pour Citizen Kane, d’Orson Welles, dont les audaces techniques le fascinent. Il commence une carrière de journaliste avant de rejoindre son frère, jeune artiste peintre ayant reçu une bourse, à Londres. Il y restera six ans, d’abord à écrire pour le Times, notamment des critiques de films. Avec un compatriote cameraman, il tourne son premier film en amateur, Soliloquy (1949), un court-métrage expérimental. Le critique de cinéma et futur réalisateur Lindsay Anderson le remarque et l’incite à retourner à Ceylan pour y faire des films.
Lester James Peries réalise une série de documentaires au sein de la Government Film Unit alors dirigée par Ralph Keene, un des grands documentaristes britanniques. Les sujets imposés (la malaria, la sécurité routière) lui apparaissent comme autant de défis à relever : comment se tirer d’un matériau de base un peu ingrat.
Premier film sri-lankais tourné en extérieurs
Il crée sa compagnie de production et son premier long-métrage de fiction, La Ligne du destin (1957), fut aussi le premier film sri-lankais tourné en extérieurs, l’industrie locale préférant jusqu’alors les films de genre réalisés systématiquement en studio. Le film ne rencontrera aucun succès, déroutant un public peu habitué à ce type de récits. Il décrit un conflit entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La comédienne l’accuse d’avoir ruiné sa carrière après qu’elle eut résisté à son harcèlement sexuel.
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L’actrice Ashley Judd porte plainte contre le producteur déchu Harvey Weinstein

La comédienne l’accuse d’avoir ruiné sa carrière après qu’elle eut résisté à son harcèlement sexuel.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 06h09
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 08h39
   





                        



   


La comédienne fut l’une des premières à avoir brisé le silence sur le producteur. Ashley Judd a porté plainte contre Harvey Weinstein pour diffamation et harcèlement sexuel, lundi 30 avril au tribunal de Los Angeles. L’actrice accuse le producteur déchu d’avoir annihilé ses chances d’apparaître dans la trilogie fantastique de Peter Jackson Le Seigneur des anneaux en ayant dit au réalisateur et à sa coproductrice que travailler avec elle était « un cauchemar » après qu’elle eut refusé ses avances sexuelles.
« Avec ces attaques sans fondement, Weinstein a réussi à faire inscrire Mme Judd sur une liste noire et a mis fin pour elle à la possibilité de travailler sur ce qui est devenu une série de films générant des milliards de dollars et dix-sept Oscars », dit la plainte.
« La pathétique réalité est que Weinstein était en fait en train de punir Judd d’avoir rejeté ses avances sexuelles un an plus tôt, quand il l’avait coincée dans sa chambre d’hôtel sous le prétexte de parler affaires (…). M. Weinstein a usé de son pouvoir dans le secteur du divertissement pour nuire à la réputation de Mme Judd et à sa possibilité d’y travailler. »

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                « Depuis la révélation du scandale, Weinstein n’est toujours pas poursuivi, pas interrogé »



Weinstein nie les faits
L’actrice de 50 ans réclame des dommages et intérêts d’un montant non spécifié, qu’elle s’engage à reverser au fonds de défense des victimes de harcèlement sexuel au travail Time’s Up, fondé par des actrices, dont Natalie Portman et Reese Witherspoon.
L’ancien producteur a nié avoir eu un rôle décisionnaire dans la sélection des acteurs pour Le Seigneur des anneaux, qui a d’abord été produit par Miramax, son ancienne société, puis par une autre société de production, New Line Cinema.
Le réalisateur vedette Peter Jackson a déclaré peu après l’éclosion du scandale Weinstein se souvenir de commentaires négatifs du producteur à propos d’Ashley Judd et de Mira Sorvino, une autre actrice qui accuse Harvey Weinstein de l’avoir harcelée sexuellement. A la fin des années 1990, quand Peter Jackson préparait sa trilogie, toutes deux étaient alors de jeunes comédiennes à la carrière en ascension. Les principaux rôles féminins de la trilogie ont finalement été tenus par Liv Tyler et Cate Blanchett.
Ashley Judd a été, en octobre 2017, l’une des premières femmes à accuser publiquement le producteur d’inconduite sexuelle. Il a depuis été accusé par plus de 70 femmes. Harvey Weinstein nie avoir eu des relations sexuelles non consenties avec qui que ce soit.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Notre choix du soir. Deux documentaires retracent les événements à travers le témoignages de policiers et de gendarmes (sur France 3 à 20 h 55 et le 5 mai sur Toute l’Histoire).
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TV - Mai 68, de l’autre côté des barricades

Notre choix du soir. Deux documentaires retracent les événements à travers le témoignages de policiers et de gendarmes (sur France 3 à 20 h 55 et le 5 mai sur Toute l’Histoire).



Le Monde
 |    30.04.2018 à 18h00
    |

                            Antoine Flandrin








                        


Documentaire sur France 3 à 20 h 55



Cinquante ans après Mai 68, la parole est donnée aux oubliés de ces journées qui ébranlèrent la France : policiers, gendarmes, pompiers… Dans deux documentaires diffusés cette semaine, des anciens flics racontent les barricades, les insultes, les jets de pavés, mais aussi les arrestations, les charges, les grenades de gaz lacrymogène et les coups de matraque donnés aux étudiants, parfois au sol. Il en ressort que les forces de l’ordre furent souvent désemparées, sinon dépassées, face à des manifestants déterminés.
68 : sous les pavés… les flics, de Laurent Chabrun et David Korn-Brzoza, se concentre sur des témoignages d’anciens CRS, gendarmes mobiles, commissaires et policiers infiltrés. S’appuyant sur des archives filmiques en couleurs, souvent inédites, ce film restitue les différents ressentis : un ex-flic reconnaît avoir eu la « trouille » ; un de ses anciens collègues admet n’avoir rien compris aux revendications des jeunes.



Les témoins interrogés insistent surtout sur le fait que leurs équipements étaient sommaires et inadaptés : les CRS, en chemise cravate, étaient flanqués de lourds boucliers rarement transparents ; les gendarmes, coiffés de casque datant de la seconde guerre mondiale, portaient des lunettes d’aviateur peu efficaces pour se protéger des projectiles.
Eviter l’irréparable
Ce film se distingue également par son récit méticuleux des événements, au jour le jour. Il montre ici que l’action des policiers est suspendue aux ordres du pouvoir. On perçoit les tensions au plus haut niveau, entre le président, de Gaulle, le premier ministre, Georges Pompidou, et le ministre de l’intérieur, Christian Fouchet. Sans oublier le préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, auquel le documentaire confère une centralité. Marqué par les manifestations sanglantes du 6 février 1934, place de la Concorde, il se fixe pour objectif de maintenir l’ordre sans avoir à ramasser de cadavres. Si les journées de Mai-Juin 68 font cinq morts, dont deux parmi les forces de l’ordre, le préfet a réussi son pari. Jamais la ligne rouge n’a été franchie : ni les flics ni les manifestants n’ont commis intentionnellement l’irréparable.
Mai 68, dans l’œil de la police, de François Pomès, en arrive à la même conclusion. Beaucoup moins riche d’un point de vue filmique, son documentaire est néanmoins plus analytique. La multiplicité des points de vue, ceux des policiers, des pompiers, mais aussi des historiens, des photojournalistes, ainsi que des meneurs du mouvement étudiant tel Alain Geismar, permet d’élargir les problématiques. Ne se cantonnant pas au Quartier latin, le film aborde la question des affiches représentant la brutalité policière à Toulouse et à Lyon. Il rappelle aussi que l’histoire des affrontements en Mai 68 se décline au masculin.

   


Ce documentaire propose également une lecture différente de la disparition du général de Gaulle, le 29 mai, à Baden-Baden. S’ils reconnaissent s’être sentis abandonnés, les policiers interrogés ne louent pas moins « l’idée magistrale » du général. En créant un sentiment de vide, le président de la République aurait réussi à renverser la vapeur. Sur cette question, le film de Chabrun et Korn-Brzoza se montre plus rigoureux, rappelant à quel point cette fuite fut désespérée : ­de Gaulle était à ce moment-là prêt à renoncer au pouvoir.
68 : sous les pavés… les flics, de Laurent Chabrun et David Korn-Brzoza, sur France 3, lundi 30 avril, à 20 h 55.
Mai 68, dans l’œil de la police, de François Pomès, sur Public Sénat, samedi 5 mai, à 22 h 30.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le lieu rappelle qu’entre 1870 et 1950 près de 4400 afro-américains furent pendus sous des prétextes de toutes sortes.
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En Alabama, un mémorial rappelle les heures sombres du lynchage des noirs

Le lieu rappelle qu’entre 1870 et 1950 près de 4400 afro-américains furent pendus sous des prétextes de toutes sortes.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 17h35
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



   


Une des pages les plus sombres de l’histoire des Etats-Unis peut désormais se lire à ciel ouvert, dans l’Alabama. Un monument en mémoire des Noirs lynchés dans le pays entre 1870 et 1950 vient d’ouvrir à Montgomery, carrefour douloureux où, au fil des décennies, se sont croisés le pire de la ségrégation et les faits d’armes de la lutte pour les droits des Afro-américains.
Ce lieu de mémoire est le premier du genre aux Etats-Unis, toujours en proie aux débats sur l’esclavage, les discriminations raciales et la survivance du suprématisme blanc. Inspiré du Mémorial de l’Holocauste, à Berlin, le Mémorial pour la paix et la justice déploie 800 stèles d’acier de couleur sombre, dans des nuances de tons évoquant la couleur de peau des victimes. Chacune, gravé d’un nom et d’un lieu, est accrochée au plafond, comme un pendu se balançant au bout d’une corde.
Affronter ce morbide passé
À l’extérieur de ce sinistre déambulatoire, autant de stèles sont couchées dans l’herbe, cimetière de classiques pierres tombales. Chacune d’elles représente un des comtés où l’un de ces crimes a été commis. Equal justice initiative, l’association de défense des droits à l’origine du projet, espère que les villes concernées viendront bientôt s’en emparer pour créer à leur tour un lieu de mémoire local. Le succès ou non de cette proposition permettra d’identifier les communautés soucieuses d’affronter ce morbide passé... et les autres, assure l’organisation.
Les « crimes » qui sont imputés aux victimes donnent la dimension de l’arbitraire et de la rage de l’époque
Comme dans un dialogue symbolique entre le Mémorial national et le reste du pays, une autre exposition présente plusieurs centaines de bocaux emplis de la terre des lieux où les victimes furent pendues, brûlées, lapidées, poignardées, découpées parfois. Un camaïeu d’ocres et de marrons, sur lequel, là encore, figurent une date et un nom.
D’une phrase, un destin tragique est résumé : David Walker, sa femme et leurs quatre enfants lynchés à Hickman, Kentucky, en 1908, après que M. Walker eut été accusé d’avoir utilisé un langage inapproprié envers une femme blanche ; Fred Rochelle, 16 ans, brûlé vif en public devant des milliers de personnes, en Floride, en 1901 ; Parks Banks, lynché dans le Mississippi en 1921 pour avoir détenu la photographie d’une femme blanche. Les « crimes » qui sont imputés aux victimes donnent la dimension de l’arbitraire et de la rage de l’époque. L’un des accusés aurait « bu dans le puits d’un Blanc », un autre aurait « pris un manteau dans un hôtel » ; d’autres encore auraient « marché derrière la femme d’un employeur blanc », « protesté contre des salaires trop bas » ou refusé de « céder ses terres à des Blancs ».
Un régime de ségrégation sans limites
La majeure partie des quelque 4 400 cas de lynchages ou exécutions sommaires minutieusement répertoriés ont eu lieu dans les Etats du sud, où prédominait l’esclavage jusqu’à son abolition en décembre 1865. Mais les recherches effectuées depuis 2010 par le créateur du Mémorial, Bryan Stevenson, un avocat afro-américain spécialisé dans la défense des détenus injustement accusés, montrent aussi des crimes commis plus au nord du pays, au total dans une vingtaine d’Etats. Le rappel que la violence meurtrière et raciste permise par des institutions complices et un régime de ségrégation légalement organisé [les lois Jim Crow], n’avait guère de limites.
À l’extérieur du Mémorial, des statues d’esclaves de l’artiste Kwame Akoto-Bamfo, tout en douleur, complètent le triste tableau. Pour M. Stevenson, le lien avec l’esclavage, ancré dans les mentalités américaines durant des décennies, est naturel. « La raison pour laquelle personne ne s’est soucié de voir des milliers de Noirs pendus, noyés, battus, brûlés à mort sur la pelouse d’un tribunal, devant des milliers de spectateurs applaudissant, tient à cette idéologie de la suprématie blanche », a-t-il déclaré dans la presse. Un sentiment qui, ces derniers mois, a refait surface de manière spectaculaire à l’occasion de manifestations défendant l’héritage de la Confédération [l’alliance des Etats esclavagistes] et de ses symboles, drapeaux ou statues.
Un miroir tourmenté de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui
Le jour de l’inauguration du Mémorial, jeudi 26 avril, des petits-enfants de victimes de lynchages ont témoigné à la radio et dans les journaux américains du traumatisme toujours à fleur de peau dans leurs familles. La terreur volontairement instillée par ces exécutions sommaires dans la population noire durant des décennies a provoqué l’exode de quelque six millions d’Afro-Américains des Etats du Sud vers les Etats du Nord, transformant la démographie de villes comme Chicago, Detroit ou New York. Un journal local, le Montgomery Advertiser, s’est aussi excusé pour sa couverture « honteuse » des violences envers les Afro-Américains entre les années 1870 et 1950, s’estimant « complice » de ces exactions restées impunies. Dans son éditorial, il a reconnu avoir « propagé une vision du monde ancré dans le racisme et le mythe révoltant de la supériorité raciale ».
Mais pour les créateurs du Mémorial et du musée adjacent, ce lieu ne constitue pas seulement une plongée douloureuse dans l’histoire du pays ; ancré dans le présent, il entend aussi dénoncer les discriminations raciales à l’œuvre dans le système judiciaire et policier américain. Comme le miroir tourmenté de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Une exposition au musée de la danse de Rennes rend hommage au chorégraphe américain inventeur du « Contact Improvisation » dans les années 1970.
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Dans les pas de Steve Paxton, libérateur des corps

Une exposition au musée de la danse de Rennes rend hommage au chorégraphe américain inventeur du « Contact Improvisation » dans les années 1970.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 16h39
    |

                            Rosita Boisseau








                        



   


« Un art martial mais sans le martial, un art-coopération. » Jeux de mots, de jambes, cette formule du danseur et chorégraphe américain Steve Paxton définit le Contact Improvisation qu’il inventa dans les années 1970. Capsule secouée d’aïkido, d’acrobatie et de danse, qui s’avale cul sec, en duo mais aussi en groupe. Autant dire que le résultat sent parfois bon la pagaille au point de faire surgir des comparaisons follement lyriques. « Ça ressemble à des chiens qui se chamaillent, des gens qui font l’amour ou la sieste ou encore de la voltige », s’emballe le très passionné Romain Bigé, philosophe et praticien, commissaire de l’exposition Gestes du Contact Improvisation, jusqu’au 5 mai, au Musée de la danse, à Rennes.

        Lire aussi le portrait :
         

          Steve Paxton remonte aux sources du geste



Concrètement, cette pratique, devenue la routine de nombre de professionnels et d’amateurs dans le monde entier, est fondée sur une invention gestuelle spontanée qui utilise toutes les parties du corps. Avec un principe : ne jamais perdre le contact de son (ou ses) partenaire(s). Cette spécificité la différencie de l’improvisation au sens plus classique du terme. C’est l’ici et le maintenant qui parlent, la qualité de l’air, la texture de la lumière, l’humeur du jour et le courant qui passe (ou pas). Et il peut en arriver de drôles lorsque deux personnes se jettent à l’assaut l’une de l’autre sans prédire ce que sera leur rencontre. « A l’origine, Steve Paxton a fait de nombreuses fois, en studio mais aussi en forêt, l’expérience de se jeter dans les airs en fermant les yeux pour voir ce qui allait arriver, poursuit Romain Bigé. De cette situation va naître l’idée d’un corps réflexe, intuitif. Et la chute est devenue un des gestes-clés de sa pratique car elle ouvre un espace de désorientation qui dépasse la monotonie de nos repères physiques. » En débordant les habitudes et les codes. 
Favoriser l’inconnu, l’éphémère, la surprise
Loin du déjà-vu, de la duplication du même, du style et de l’académisme, le Contact Improvisation opte résolument pour l’inconnu, l’éphémère, la surprise. Plonger dans l’action comme si c’était la première fois mais aussi la dernière. Avec l’urgence et la détermination de l’exploration et d’une expérience de soi inédite. « Le Contact Improvisation est un sous-programme de la danse, énonçait non sans humour Steve Paxton à la fin des années 1990. On ne répète pas un mouvement préenregistré mais on découvre les forces souterraines du geste. » A condition d’être disponible, d’aimer jouer et se mettre en danger. « Ça ressemble à un saut dans le vide, décrit le chorégraphe Mark Tompkins, figure de l’impro depuis les années 1980 après avoir suivi le premier stage donné par Paxton en 1978 en France. Je ne sais pas ce qui va m’arriver. Je ne veux rien savoir d’ailleurs mais garder la spontanéité. Comme dans la vie, je dois m’adapter sans cesse et en temps réel à ce que j’ignore de moi, de l’autre. »
Patricia Kuypers, spécialiste du « Contact Improvisation » et praticienne : « Ce n’est que depuis une dizaine d’années que le nombre de pratiquants explose en France »
Stratégie de liberté, le Contact Improvisation a bouleversé la transmission du geste et impulsé une lame de fond qui continue de nourrir les démarches des artistes aujourd’hui. « Dans les années 1970, cette approche a été une véritable déflagration dans le monde de la danse, commente Patricia Kuypers, spécialiste et praticienne. Paxton a proposé une autre manière d’entrer dans le geste à travers les sens et la perception, sans que le chorégraphe ou l’enseignant montre à travers son propre corps comme c’était le cas généralement, mais en suggérant, en défiant les limites pour découvrir ce que chacun recèle comme possibilité dont il n’est pas conscient. Impossible aujourd’hui qu’un danseur contemporain n’ait pas touché une fois à cette pratique qui offre une opportunité de renouvellement. »
Si les artistes français ont eu la chance de profiter très tôt de l’enseignement de Paxton et de ses amis, dont Lisa Nelson, la reconnaissance du Contact Improvisation a pourtant été plus lente dans l’Hexagone que dans les pays anglo-saxons. « Sans doute à cause de son aspect non formel et de son esprit communautaire dans un milieu qui reste assez attaché à une certaine esthétique du mouvement et à une organisation des compagnies assez hiérarchisée, poursuit Patricia Kuypers. Ce n’est que depuis une dizaine d’années que le nombre de pratiquants explose en France. » En plein dans la tendance retour à la communauté, au danser-ensemble, le Contact Improvisation matérialise le désir de rencontre et de dialogue que l’art comme la société pistent sur tous les fronts avec ardeur.
Gestes du Contact Improvisation. Musée de la danse, Rennes. Jusqu’au 5 mai. Tél. : 02 99 63 72 93.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le film « Rafiki », qui raconte une histoire d’amour lesbien, a été interdit dans ce pays, où l’homosexualité est punie par la loi.
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Le film « Rafiki », sur une histoire d’amour lesbien, sélectionné à Cannes mais interdit au Kenya



LE MONDE
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        Le 30.04.2018 à 15h00

     •
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        Mis à jour le 30.04.2018 à 16h03






Durée : 01:03 | 

La réalisatrice kényane Wanuri Kahiu va présenter son film Rafiki, au prochain Festival de Cannes dans la sélection « Un certain regard ». Inspiré du roman ougandais de Monica Arac de Nyeko, Jambula Tree, le film raconte une histoire d’amour entre deux femmes à Nairobi.
Le 27 avril, le film a été interdit au Kenya, pays où l’homosexualité est punie par la loi. Selon le Comité national de classification des films, Rafiki fait la promotion de l’homosexualité et « heurte la culture et les valeurs morales du peuple kényan ».


                

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le festival Tempo Latino vient de dévoiler la programmation de sa 25e édition. Vous ne connaissez pas les artistes ? Vous hésitez ? « Le jazz et la salsa » vous aide à vous y retrouver et vous dit ce qu’il ne faudra pas rater cette année.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ La chanteuse est morte à l’âge de 65 ans des suites d’une longue maladie. Sorti en 1982, son titre « Africa » s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires.
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Rose Laurens, la chanteuse du tube des années 1980 « Africa », est morte

La chanteuse est morte à l’âge de 65 ans des suites d’une longue maladie. Sorti en 1982, son titre « Africa » s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 11h22
   





                        



   


La chanteuse Rose Laurens est morte à l’âge de 65 ans dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 avril des suites d’une longue maladie, a annoncé son compagnon, Christian Soulié.
« Elle vous a fait danser par millions en créant Africa et en chantant Quand tu pars, et des dizaines d’autres titres. La flamme de Rose Laurens vient de s’éteindre des suites d’une longue maladie à laquelle elle résistait encore sur la scène du Cabaret sauvage en 2016 », écrit-il dans un communiqué.
Après la parution de plusieurs singles dans les années 1970, Rose Laurens, de son vrai nom Rose Podwojny, décroche un rôle dans la comédie musicale Les Misérables en 1980.
Disque d’or en 1982
Elle sort son premier album en 1982, Déraisonnable, qui deviendra disque d’or. C’est sur cet album que figure le titre Africa, véritable tube des années 1980 qui s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires.

Rose Laurens a sorti une dizaine d’albums, collaborant notamment avec Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Yves Duteil et plus récemment Pierre Palmade, avec qui elle a écrit son dernier album, ADN (2015).
En 2007, elle a notamment participé à la tournée RFM Party 80 aux côtés d’autres célébrités de cette période comme Lio et Début de soirée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ A la Cinémathèque, l’exposition « Les 7 Vies d’un cinéaste », accompagnée d’une rétrospective de ses films, parcourt l’œuvre immense d’un artiste qui s’est confondu avec son siècle.
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Chris Marker, un œil insatiable sur le monde

A la Cinémathèque, l’exposition « Les 7 Vies d’un cinéaste », accompagnée d’une rétrospective de ses films, parcourt l’œuvre immense d’un artiste qui s’est confondu avec son siècle.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 10h27
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Pour pénétrer dans « Les 7 Vies d’un cinéaste », l’exposition et la rétrospective de tous ses films que la Cinémathèque consacre à l’auteur de La Jetée du 3 mai au 29 juillet, il faut passer par un corridor sur les murs duquel sont posées d’immenses photographies d’un intérieur parisien, prises par l’Amé­ricain Adam Bartos en 2007. C’est le studio du 20e arrondissement dans lequel Chris Marker, cinéaste, c’est vrai, mais aussi écrivain, photographe, plasticien, musicien, a passé les dernières années de sa vie, jusqu’à sa mort, le 29 juillet 2012, à 91 ans.
Mieux vaut ne pas faire que passer par ce corridor mais y séjourner un peu. Il faut du temps pour assimiler le fantastique désordre qui gronde sous ces alignements de ­livres, de VHS, de DVD, derrière cette prolifération de machines (caméras, ordinateurs, lecteurs de cassettes ou de disques numériques) qui raconte le passage de l’analogique au numérique, à la surface des innom­brables collages que Marker insérait dans les volumes au gré de ses lectures.

Ces images sont un présage de ce qui va suivre. Aussi judicieux qu’aient été les choix des trois commissaires de l’exposition, Raymond Bellour, Jean-Michel Frodon et Christine Van Assche, aussi chronologique que soit l’enchaînement des sept espaces qui la composent, il faudra trouver soi-même son chemin dans une œuvre à la si vaste étendue, de la Sibérie à la Guinée-Bissau, d’Au­bervilliers à Tokyo, sur des terrains si dif­férents, du super-8 à la Toile, de l’imprimé au CD-Rom, qu’elle paraît recouvrir toute l’époque qui l’a vue naître.
On peut emprunter la voie politique, suivre les pas de Chris Marker au temps où il arpentait le bloc socialiste (URSS, Chine, Corée du Nord, Cuba…) avant d’être à la fois ­prophète et photographe de Mai 1968, et conclure ce parcours en se calant pour trois heures dans un des recoins de pro­jection de l’exposition pour voir ou revoir Le fond de l’air est rouge (1977),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ A l’occasion de l’exposition que lui consacre la Cinémathèque française, nous reproduisons ici un texte inédit du cinéaste, « Maytrek 1968 ».
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Chris Marker fait débarquer « Star Trek » en Mai 68

A l’occasion de l’exposition que lui consacre la Cinémathèque française, nous reproduisons ici un texte inédit du cinéaste, « Maytrek 1968 ».



Le Monde
 |    30.04.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 10h51
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


« Chris Marker, les 7 vies d’un cinéaste », exposition très fouillée sur l’un des plus grands essayistes du cinéma français (Description d’un combat, La Jetée, Le Fond de l’air est rouge, Sans soleil) ouvre ses portes jeudi 3 mai (jusqu’au 27 juillet) à la Cinémathèque française. Un fonds immense – tel que cet archiviste facétieux et maniaque pouvait seul en générer – a été acquis par la Cinémathèque auprès de la famille, d’autres sources ont été consultées ailleurs. Jean-Michel Frodon, l’un des commissaires, a mis ainsi la main sur un document inédit à l’Institut Lumière à Lyon, appartenant au fonds Argos, société de production d’Anatole Dauman, qui accompagna Marker dans ses principaux chefs-d’œuvre. Ce texte, intitulé Maytrek 1968, non intégré dans l’exposition, est un projet écrit en 1986 et resté sans suite, pétillant d’intelligence et de fantaisie, de film commémoratif écrit en vue du vingtième anniversaire de Mai 68. Deux grandes passions de l’aventurier Marker, la révolution et l’exploration spatiale, s’y rencontrent. L’occasion, en ce soixantième anniversaire de l’événement, était trop belle pour ne pas donner ce document inconnu à lire, que nous avons pris la liberté d’illustrer par une iconographie non moins inédite, composée de sept photographies prises par le cinéaste vingt ans plus tôt, sur le vif de Mai 68.

        Lire aussi la critique de l’exposition à la Cinémathèque :
         

          Chris Marker, un œil insatiable sur le monde







   


« 22 JUL 86
Maytrek 1968 – Outline
Pour les infortunés qui ne sont pas familiers de l’univers STAR TREK, quelques mots d’introduction sont nécessaires.
STAR TREK, série culte de la télévision américaine, et qui a donné naissance à trois longs-métrages de cinéma, met en scène l’équipage d’un vaisseau spatial, l’Enterprise, parcourant la galaxie à la recherche d’aventures bigarrées. Le capitaine Kirk, son second Mr. Spock (un Vulcain aux oreilles pointues), le docteur McCoy, les lieutenants Tchekhov et Zulu (un Japonais, car l’aspect multiracial du futur est soigneusement entretenu) sont devenus des personnages légendaires aux Etats-Unis. Leonard Nimoy, qui joue Mr. Spock et se trouve souvent en position de prendre le commandement à bord de l’Enterprise, s’est à ce point identifié à son rôle qu’il a tenu à mettre en scène lui-même le troisième des longs-métrages précités.

   


Une des situations classiques de la série consiste à mettre les aventuriers en face d’une planète inconnue, dans un coin du système solaire, où se déroulent des événements bizarres. Un personnage dominant, souvent du type savant fou, médiatise le conflit qui s’ensuit, toujours évidemment résolu par la victoire des forces du bien sur le désordre qui s’était instauré. Quelquefois la planète en question ressemble à la Terre, quand ce n’est pas la Terre elle-même, surprise dans un autre repli du temps par l’application plus ou moins cohérente du paradoxe de Poincaré. On a vu ainsi le Capitaine Kirk affronter des gangsters de Chicago pendant la prohibition, et même se trouver en présence du sabotage d’une fusée spatiale à Cap Kennedy… en 1969.

   


Je suppose qu’on a compris où je voulais en venir. Un faux épisode de STAR TREK, où le jeu temporel fait débarquer nos héros à proximité de la terre en mai 1968, où ils suivent les événements de Paris sur leurs moniteurs de télévision, où ils appellent (par « télétransportation ») certains des protagonistes à venir leur expliquer ces péripéties auxquelles ils ne comprennent goutte, me paraît une manière possible de contourner les pièges évidents d’un film-commémoration de Mai 68.

   


Ni montage de documents, déjà fait à plusieurs reprises, y compris par moi-même, ni défilé de témoins (projet réalisé pour FR3 par Daniel Cohn-Bendit), ni fiction ou parafiction à la Romain Goupil : un module familier aux jeunes spectateurs (c’est surtout à eux que je pense) traité volontairement sur un ton de légère parodie, ce qui n’empêche nullement d’y glisser des thèmes graves, posant comme hypothèse de départ un éloignement et une ignorance du sujet qui ne doivent pas être très différents de la vision de ces jeunes spectateurs, la possibilité d’utiliser les écrans de contrôle comme support de documents réels, mais aussi les personnages de science-fiction comme porteurs d’ellipses et de résumés périodiques (les fameuses « fins de chapitre » qui précèdent les pubs dans les séries classiques »), tout cela me paraît – à condition de le réussir bien sûr – un gage de liberté.

   


Un autre avantage est que, STAR TREK étant à l’origine une série fauchée (ce qui fait partie de son charme), sa reconstitution ne poserait pas de très gros problèmes budgétaires : un studio, ou un hangar aménagé avec une naïveté concertée en vaisseau spatial de fiction, utilisant des téléviseurs, de petits ordinateurs et même des gadgets électroniques courants comme s’ils étaient des objets de haute technologie, quelques trucages élémentaires faisant voler dans un espace à la Méliès des ustensiles électroménagers sur fond de rugissements synthétisés, des documents choisis pami ceux dont nous pouvons disposer gratuitement ou à bas prix… Pour situer les frais : environ une semaine de tournage 16mm en studio ou local préparé, cinq ou six jeunes acteurs et quelques seconds rôles, le reste est affaire de bonne organisation préalable et d’imagination.

   


J’ajoute que je verrais fort bien André Dussolier dans le rôle du Capitaine, et dans celui du savant fou : Cornelius Castoriadis, qui n’aurait même pas à changer de nom. Bien entendu, le projet n’étant qu’à sa toute première phase, ils ne sont ni l’un ni l’autre au courant de ces hypothèses, mais des raisons de penser que la curiosité et le goût de l’aventure professionnels de l’un, le sens de l’humour de l’autre, ne rendent pas lesdites hypothèses totalement absurdes. »
Chris Marker, cinéaste

   


Sur le Web : www.cinematheque.fr/cycle/chris-marker-les-7-vies-d-un-cineaste-441.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ « Treize libres variations sur la chouette », exceptionnelle série documentaire de Chris Marker diffusée en 1989, sort en version restaurée.
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DVD : Treize libres variations sur la Grèce Antique

« Treize libres variations sur la chouette », exceptionnelle série documentaire de Chris Marker diffusée en 1989, sort en version restaurée.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 10h27
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

C’est l’un des plus beaux objets produits par et pour la télévision qui nous revient aujourd’hui, en version restaurée, dans un indispensable coffret DVD édité par Arte. Longtemps restée invisible, L’Héritage de la chouette, série documentaire de l’énigmatique Chris Marker (inventeur d’images multisupports), apporte la preuve que le petit écran a su, certes de plus en plus rarement au cours de son histoire, non seulement parier sur l’intelligence du spectateur, mais se donner le noble rôle de dispensateur de savoirs.
Produite par La Sept (ancêtre d’Arte), sur l’initiative de Thierry Garrel (son mémorable « directeur de collection » documentaire), la série fut conçue comme un vaste chantier de réflexion sur l’influence de la Grèce antique sur le monde contemporain. Chacun des treize épisodes de vingt-six minutes se présente comme une variation libre autour d’un mot que le grec ancien a légué à la langue moderne – Démocratie, Nostalgie, Mathématique, Musique, Mythologie, Tragédies, Philosophie…
ChrisMarker a parcouru le monde, de l’université de Berkeley en Californie aux rivages du Japon, pour s’entretenir avec un aréopage impressionnant de penseurs, d’historiens, d’artistes, d’écrivains
Diffusé du 12 au 28 juin 1989, mais ensuite bloquée par la Fondation Onassis, cofinancier froissé du résultat, L’Héritage de la chouette fut tourné sur une période d’environ deux ans (entre 1987 et 1988), pendant laquelle Marker a parcouru le monde, de l’université de Berkeley en Californie aux rivages du Japon, pour s’entretenir avec un aréopage impressionnant de penseurs, d’historiens, d’artistes, d’écrivains, d’universitaires de toutes sortes. Se télescopent donc, tout au long des treize épisodes, les propos d’intellectuels comme Cornelius Castoriadis, George Steiner ou Michel Serres, de musiciens comme le compositeur Iannis Xenakis et la chanteuse Angélique Ionatos. S’y croisent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le film « Damascus Time » du réalisateur Ebrahim Hatamikia, à l’écran depuis le 14 mars en Iran, est emblématique, sur le fond et par son financement, de l’extension du domaine de la propagande.
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Un blockbuster iranien au service de la République islamique


                      Le film « Damascus Time » du réalisateur Ebrahim Hatamikia, à l’écran depuis le 14 mars en Iran, est emblématique, sur le fond et par son financement, de l’extension du domaine de la propagande.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 10h42
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








   


Finie l’époque où les grandes affiches, accrochées dans les artères iraniennes, et les vidéoclips, la plupart du temps de mauvais goût, étaient les seuls relais de la propagande de la République islamique d’Iran. Aujourd’hui, d’énormes moyens financiers et technologiques sont déployés pour réaliser des documentaires, films et séries télévisées prônant les vertus de la politique de Téhéran, notamment son engagement militaire en Syrie et en Irak.
C’est le cas du film Damascus Time (« heure de Damas »), à l’écran depuis le 14 mars dernier en Iran et en deuxième position au box-office, avec 5,85 milliards de tomans de recettes (soit presque un million d’euros), selon les chiffres publiés le 6 avril. Un véritable succès pour un blockbuster aux accents propagandistes qui témoigne, avant tout, de la nette amélioration des qualités strictement cinématographiques de ce genre de productions.

Damascus Time, du célèbre réalisateur Ebrahim Hatamikia, pur partisan de la République islamique, retrace l’épopée héroïque d’un père et de son fils, tous les deux pilotes iraniens, piégés lors d’une opération humanitaire en Syrie par les combattants de l’organisation Etat islamique (EI).
Au début du film, le fils (interprété par Babak Hamidian, une superstar du cinéma iranien) questionne l’engagement du père envers un Etat étranger, bien loin des frontières de son pays. Le jeune personnage est censé représenter les citoyens opposés à l’action de Téhéran en Syrie. Mais, au fil de l’histoire, il prend conscience de la dangerosité de l’EI, et finit par se sacrifier pour empêcher une attaque-suicide à l’avion.
Codes du cinéma d’action
Ce long-métrage respecte tous les codes du cinéma d’action. Mais son message est clair : « Sans les défenseurs des mausolées, nous aurions eu à affronter, tous les jours en Iran, esclavage, emprisonnement et sauvagerie de la part de Daech », soutient le documentariste Reza Farahmand, proche du pouvoir, dans un récent entretien accordé au quotidien Javan au sujet de ce genre de productions.
Derrière Damascus Time, dont le budget s’élève à 8 milliards de tomans (1,3 million d’euros), se trouve l’organisation artistique et médiatique OWJ, lancée en 2011 sous la présidence de l’ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad. Cette structure est financée, au moins en partie, par des fonds des Gardiens de la révolution, le bras armé de la République islamique.
Messages politiques à un large public
Un lien dont OWJ ne se cache guère. « Je suis fier d’avoir reçu de l’argent des Gardiens de la révolution pour nos productions et non pas des ambassades étrangères », a déclaré, en février dernier, son directeur, Ehsan Mohammad-Hassani. Une attaque visant, semble-t-il, le grand cinéaste iranien Asghar Farhadi – qui fera l’ouverture du Festival de Cannes –, primé à l’étranger, et dont le long-métrage, Le Client (2016), avait bénéficié de l’aide financière du Festival du film de Doha.
Ces dernières années, OWJ a été très active au cinéma, mais aussi à la télévision. A travers notamment la cinquième saison de la série à succès Paytakht, « capitale » en persan. Diffusée pendant les vacances du Nouvel An iranien (le 20 mars), cette fiction relate les tribulations d’une sympathique famille iranienne qui, au lieu de profiter d’un séjour en Turquie, se retrouve face à des djihadistes en Syrie. Elle est l’œuvre de Siroos Moghaddam, réalisateur pourtant connu pour ses films comiques, légers, dénués de tout message politique et dont aucun ne laissait entrevoir d’affinités avec les valeurs portées par le pouvoir. Une preuve de la capacité d’OWJ à attirer des professionnels plus habiles, capables de faire passer des messages politiques à un public plus large, dépassant les habituels sympathisants purs et durs de l’idéologie de la République islamique d’Iran.

        Lire aussi :
         

                De Jafar Panahi à Asghar Farhadi, un champ contrechamp persan






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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le groupe suédois de variété pop envisage une tournée avec leurs doubles virtuels.
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ABBA, en hologrammes et en chansons

Le groupe suédois de variété pop envisage une tournée avec leurs doubles virtuels.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 09h38
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 10h18
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

A l’exception d’une apparition lors d’une soirée privée, en 2016, la dernière prestation publique du groupe ABBA remontait au 18 janvier 1986 à l’occasion d’une émission télévisée de la chaîne suédoise SVT1, avec en invité principal leur manageur, le producteur et auteur-compositeur Stig Anderson (1931-1997). Une séquence de deux minutes durant laquelle Agnetha Fältskog, Anni-Frid Lyngstad, Björn Ulvaeus (à la guitare acoustique) et Benny Andersson (à l’accordéon), les quatre lettres de l’acronyme, avaient chanté ensemble Tivedshambo. 

Depuis, les fans d’ABBA, champion de la variété-pop dans les années 1970, se contentaient de souvenirs de concerts, de l’achat de compilations de succès et rééditions d’albums et des prestations de dizaines de formations spécialisées dans le répertoire du groupe.
Mais vendredi 27 avril, un communiqué, par le biais du compte Instagram Abbaofficial, a été accueilli avec joie – et indifférence ou consternation pour les réfractaires ! – par celles et ceux qui espéraient de nouvelles chansons du groupe, séparé fin 1982, voire une tournée – la dernière, une cinquantaine de dates, s’était tenue de septembre 1979 à mars 1980. ABBA est de retour !

Deux nouveaux titres
Même si pour l’heure celui-ci reste assez modeste, avec la sortie de deux nouveaux titres. L’un, I Still Have Faith in You, sera interprété, ainsi que leurs principaux succès, non par les quatre ABBA mais par des hologrammes, lors d’une émission de télévision. Coproduite par la NBC et la BBC, sa diffusion est prévue en décembre.
Si tournée il y a, en 2019 ou 2020 est-il avancé, ce serait aussi avec des hologrammes. Ce retour sur scène par le biais de doubles technologique avait déjà été évoqué, en octobre 2016, par Anni-Frid Lyngstad et Benny Andersson, notamment dans le quotidien britannique The Guardian. En septembre 2017, Benny Anderson avait confirmé au quotidien suédois Expressen avoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’anthropologue islandais Gisli Palsson a pu retracer  le parcours d’un mulâtre grâce aux fragments d’ADN de ses 788 descendants.
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Le génome d’un esclave reconstitué

L’anthropologue islandais Gisli Palsson a pu retracer  le parcours d’un mulâtre grâce aux fragments d’ADN de ses 788 descendants.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 12h44
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
Le livre. Dans quelles conditions un être ­humain peut-il se voler lui-même pour gagner sa liberté ? Telle est la question posée par L’Homme qui vola sa ­liberté, la biographie de l’esclave Hans ­Jonathan par l’anthropologue islandais Gisli ­Palsson. S’appuyant sur une enquête fouillée, le récit analyse minutieusement les ferments de cette liberté.
Hans Jonathan était opiniâtre, honnête, vaillant et intelligent, nous renseigne-t-il. Mais son audace résulte aussi d’un contexte. Il était né en 1784 d’une mère esclave noire et d’un père blanc sur l’île Sainte-Croix, dans les Caraïbes, alors colonie danoise. Son statut de mulâtre lui valait, suivant la théorie raciale de l’époque, d’être considéré comme plus intelligent que les enfants nés de deux parents noirs.
Elevé au sein de la puissante famille Schimmelmann, où sa mère était « esclave de maison », il côtoya les enfants de ses maîtres et apprit à lire, compter, et jouer du violon. Transféré à l’âge de 7 ans à Copenhague, il fréquenta d’autres esclaves et se familiarisa avec les idées des Lumières.
Restaurer l’histoire
C’est ainsi que germa en lui le désir de ­liberté. A l’âge de 16 ans, il s’enfuit, échappant aux poursuites judiciaires intentées par sa maîtresse. Mais il finit par être arrêté et jugé au cours d’un procès qui défraya la chronique de la bonne société danoise. Condamné à être revendu comme esclave, il parvint à s’enfuir encore en gagnant l’Islande, où il devint un respectable commerçant et fonda une famille. Il compte aujourd’hui 788 descendants.
L’analyse de Gisli Palsson fait écho à une prouesse génétique récente de la société ­islandaise deCODE, qui a reconstitué 19 % du génome de Hans Jonathan, uniquement à partir de l’ADN de ses descendants. D’après le « Livre des Islandais », une base de données ­répertoriant l’histoire complète des familles, il serait le seul homme noir à s’être installé en Islande avant 1920.
Partant de ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Tadashi Ono expose ses images d’un mur démesuré, destiné à protéger la côte japonaise après le tsunami de 2011.
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Au Festival Kyotographie, une digue contre le Pacifique

Tadashi Ono expose ses images d’un mur démesuré, destiné à protéger la côte japonaise après le tsunami de 2011.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 16h44
    |

            Michel Guerrin (Kyoto (Japon), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Que retient-on de Fukushima ? Un tremblement de terre, un tsunami, un accident nucléaire, 22 000 morts et disparus, une catastrophe écologique. C’était le 11 mars 2011. On parle moins de l’après, par exemple de ce projet démesuré, entrepris il y a trois ans, pour protéger et rassurer ceux qui sont restés sur une côte magnifique mais qui fait peur : la construction par l’Etat et trois préfectures, en front de mer, d’une digue de béton discontinue sur près de 400 km, et qui sera achevée autour de 2020, pour un coût estimé autour de 10 milliards d’euros.
Nous n’avons pas vu cette digue. Nous l’avons vue sur une quarantaine de photographies qui forment l’exposition la plus saisissante du festival Kyotographie, à Kyoto. Son auteur est le Japonais Tadashi Ono. Dans les mois qui ont suivi le tsunami, il faisait déjà partie des nombreux photographes qui ont documenté la côte martyrisée, les milliers de maisons ruinées et les populations meurtries. Un chemin de croix qu’il évoque ainsi :
« C’est un beau spectacle la ruine. Comment l’éviter ? »
Par exemple en revenant à trois reprises sur la côte de Fukushima, entre juillet et septembre 2017. Cette fois, Ono est seul à photographier un paysage sans actualité, qu’il parcourt en voiture et à pied, comme d’autres font un pèlerinage. Un paysage bouleversé par la hauteur du béton : les criques sont bouchées par des remparts compacts de 7 mètres ; les baies par des barres élancées de 14 mètres.
Ce n’est plus une digue, comme celle de 4 mètres d’avant le tsunami, mais un mur de séparation. On pense à celui de Berlin, à celui qui isole les Israéliens des Palestiniens, celui qui protège les Américains des Mexicains. Ici, le mur sépare l’homme de la mer, qui n’est plus un allié à dompter mais un ennemi que l’on cache. On ne voit plus la mer, ou alors par une fenêtre découpée dans le béton. Tadashi Ono va plus loin :
« Le Japon existe grâce à la mer, il en vit, elle le protège. Avec cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La génération Harry Potter, hip-hop et électro a été récompensée au rayon des découvertes
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Les femmes n’ont pas de prix au Printemps de Bourges

La génération Harry Potter, hip-hop et électro a été récompensée au rayon des découvertes



Le Monde
 |    30.04.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 09h01
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            Bruno Lesprit (Bourges, envoyé spécial)








                        


Boris Vedel, le directeur du Printemps de Bourges, prétend détester le mot « entrées », mais il fournit tout de même leur nombre quand le record de fréquentation est battu pour la deuxième année de suite : le cap des 80 000 spectateurs payants ou invités a été franchi lors de la 42e édition, du 24 au 29 avril. En conséquence, c’était l’heure des satisfactions, samedi, à la veille de la clôture. En poste depuis 2015, Boris Vedel a évoqué « un Printemps de plus en plus fort » et qui fait sens avec son « éditorialisation ». Par ce terme, il faut comprendre le thème, « Femmes ! », inscrit sur l’affiche 2018, après l’onde de choc de l’affaire Weinstein : 40 % des spectacles étaient « exclusivement féminins » – comme dirait Véronique Sanson, une des têtes d’affiche – et 10 % mixtes. Pour 2019, le point d’exclamation sera conservé. Ce sera « Européens ! », en relation avec un autre séisme, le Brexit, qui entrera en vigueur le 29 mars. « Nous avons eu des discussions avec des Ecossais. Ils veulent venir au Printemps et disent être pris en otage », a expliqué Boris Vedel.
Cet effort de parité n’a pourtant pas été pris en compte par le jury, qui a décerné les deux prix remis au titre des découvertes du Printemps de Bourges, rebaptisées « Les Inouïs » en 2012. Deux trophées en forme d’éclairs symboliques du hard-rock, qui permettent aux artistes d’être exposés dans les mois à venir (participation à d’autres festivals et tournée Inouïs en novembre). Avec efficacité si l’on en juge par les palmarès des années précédentes. Le grand vainqueur, en 2017, fut le rappeur-chanteur de Créteil Eddy de Pretto, revenu cette année au Palais d’Auron, avant d’écumer les festivals de l’été et de découvrir pour deux soirs l’Olympia en novembre. Avant lui, il y eut Fishbach, Radio Elvis, Fauve et surtout Christine & The Queens, dont la carrière est devenue internationale, avec « une » du Time en prime. D’autres élus ont, il est vrai, disparu des radars.
« M’amuser comme un kid dans ma chambre »
Les Inouïs 2018 ont été l’aboutissement d’un processus de sélection auquel ont participé 350 professionnels reliés au Réseau Printemps (vingt-huit antennes sur le territoire français, mais aussi en Suisse, en Belgique et au Québec), qui n’a rien à envier aux émissions de télé-crochet. Ils étaient 3 500 au départ, trente-trois seulement à l’arrivée à se succéder sur les deux scènes du 22. Lorsque le président du jury, Dan Levy, moitié du duo pop mixte The Do, a prévenu que les nouveaux talents générant déjà du « buzz » « n’ont peut-être pas besoin de nous pour aller plus loin », on a aussitôt compris que la favorite, Aloïse Sauvage, ne serait pas récompensée. Egalement circassienne et danseuse, elle a été médiatisée pour son rôle dans le film 120 battements par minute. Son outsider a également été oubliée, La Pietà, une punk-rappeuse cachée derrière un masque de chat, aux textes peu conformistes. « Je suis la fille la moins féministe de la terre/Je suis complètement pute et complètement soumise », revendique-t-elle notamment.

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Après Eddy de Pretto, le Prix Printemps de Bourges est resté au hip-hop avec L’Ordre du périph, groupe formé en 2016 dont le nom détourne un épisode d’Harry Potter (L’Ordre du Phénix). Ces Franciliens ont récolté « 1,5 million de vues » sur YouTube avec leur titre MTH (pour Missile Tête Homicide) affirme leur tourneur, Morgan Antonutti, qui ajoute qu’« ils étaient déjà surpris de passer au festival », dont ils sont repartis aussitôt. Un EP de trois titres doit paraître avant l’été, qui sera suivi d’un album en septembre.
Encore présent, Apollo Noir n’avait prévu aucun discours de remerciement. Ni même, à l’en croire, de participer aux sélections – c’est son tourneur qui l’aurait inscrit. Ce DJ d’ambient a déjà publié deux albums chez Tigersushi en 2017, A/N et XMAS666, remarqués par les spécialistes. Et lui aussi semble proche de l’esprit d’Harry Potter. « Je fais des concerts pour m’amuser comme un kid dans sa chambre », s’est-il contenté de déclarer.



                            


                        

                        

