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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’initiative a été saluée par le corps médical et des associations comme le plus grand progrès en matière de santé publique depuis l’interdiction de fumer dans les lieux publics.
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L’Ecosse introduit un prix minimal pour l’alcool

L’initiative a été saluée par le corps médical et des associations comme le plus grand progrès en matière de santé publique depuis l’interdiction de fumer dans les lieux publics.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 17h38
   





                        



   


L’Ecosse est devenue, mardi 1er mai, la première nation au monde à introduire un prix minimal pour l’alcool, avec l’entrée en vigueur d’une loi après des années de bataille juridique. « Je pense que des pays en Europe et ailleurs chercheront à reproduire ce qui a été fait ici », a déclaré à l’Agence France-Presse la première ministre écossaise Nicola Sturgeon, notant que l’Irlande et le Pays de Galles souhaitaient lancer des projets similaires.
Le prix minimal par unité d’alcool est désormais fixé à 50 pence (57 centimes), une mesure qui prend en compte à la fois la teneur en alcool et le volume du produit. Ainsi, une bouteille de 70 cl de whisky ne pourra pas être vendue en dessous de 14 livres (15,60 euros) et une bouteille de 75 cl de vin à 12,5 % pas moins de 4,69 livres (5,30 euros).
Le texte, qui vise à combattre les méfaits liés à l’alcool, a été salué par le corps médical et des associations comme le plus grand progrès en matière de santé publique depuis l’interdiction de fumer dans les lieux publics. « Cette loi sauvera des vies », a déclaré Alison Douglas, directrice générale de l’organisation caritative Alcohol Focus Scotland.
1 265 morts liées à l’alcool en 2016
En 2016, 1 265 morts étaient liées à l’alcool en Ecosse, où vivent 5,3 millions de personnes, une augmentation de 10 % par rapport à l’année précédente.
Les commerçants ont déclaré qu’ils s’attendaient à des pertes minimes et avaient depuis longtemps anticipé la mise en place de la mesure. Linda Williams, propriétaire d’un magasin à Edimbourg, estime que la mesure pourrait même contribuer à « mettre au même niveau les supermarchés et les commerces indépendants ». « Il ne pourra plus y avoir les gros rabais sur les spiritueux et les gros packs de bière qui ont vraiment été à l’origine de tous les problèmes avec l’alcool », a-t-elle souligné.

   


La loi, votée en 2012 par le Parlement écossais, entre finalement en vigueur après des années de querelles judiciaires. La Cour suprême a soutenu l’initiative du gouvernement écossais l’an dernier, rejetant l’appel constitué par l’Association du whisky écossais (Scotch Whisky Association, SWA) et d’autres représentants de cette industrie pour l’annuler.
Sept juges à Londres ont unanimement déclaré que la mise en place d’un prix minimal était « un moyen proportionné d’atteindre un but légitime » et ne violait pas les lois européennes. Cela a mis fin à une bataille juridique qui était allée jusqu’à la Cour européenne de justice en 2015.
Malgré l’échec de son appel, un porte-parole de la SWA a déclaré que l’industrie avait travaillé « en coopération » avec le gouvernement pour mettre en œuvre la mesure.
Nicola Sturgeon a déclaré qu’elle n’avait jamais cru que la mesure nuirait à l’industrie lucrative du whisky en Ecosse, soulignant que « les whiskys haut de gamme pour lesquels l’industrie écossaise est si renommée ne figurent pas parmi les produits alcoolisés qui seront les plus touchés par les prix minimaux ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Seul candidat en lice, le leadeur de l’opposition a prévenu d’un « véritable tsunami politique » s’il n’est pas élu premier ministre mardi par le Parlement.
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Arménie : plus de 20 000 personnes manifestent pour exiger l’élection de Nikol Pachinian

Seul candidat en lice, le leadeur de l’opposition a prévenu d’un « véritable tsunami politique » s’il n’est pas élu premier ministre mardi par le Parlement.



Le Monde
 |    01.05.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 18h08
   





                        



   


Seul candidat en lice, Nikol Pachinian réussira-t-il à se faire élire premier ministre, mardi 1er mai, à l’occasion d’une session extraordinaire du Parlement ? Soutenu par trois des quatre formations représentées au Parlement arménien, M. Pachinian peut compter sur 47 votes. Mais il doit en réunir 53 pour être élu.
Face à un possible blocage, M. Pachinian accuse désormais le Parti républicain, formation du premier ministre démissionnaire Serge Sarkissian, qui dispose de 58 sièges au Parlement, de vouloir entraver son élection.

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                En Arménie, Nikol Pachinian aux portes du pouvoir



« Je voudrais avertir ces messieurs (du Parti républicain au pouvoir) de ne pas se tromper en prenant la tolérance du peuple pour de la faiblesse, cela peut mener à un véritable tsunami politique », a déclaré M. Pachinian mardi matin devant les députés à l’ouverture de la séance parlementaire. A l’appel de ce dernier, plus de 20 000 personnes se sont rassemblées dans le centre d’Erevan mardi en fin de matinée pour lui apporter leur soutien.
La journaliste du Monde Annick Cojean suit actuellement la situation à Erevan :

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Crise politique sans précédent
Depuis le 13 avril, l’Arménie est plongée dans une crise politique sans précédent : des manifestations de plusieurs dizaines de milliers d’opposants ont provoqué le 23 avril la démission de Serge Sarkissian, qui venait d’être élu premier ministre six jours auparavant par les députés, après avoir été le chef de l’Etat pendant dix ans.

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                Les Arméniens « ne connaissent pas la peur »



Jusqu’à présent, le Parti républicain, qui a rencontré lundi M. Pachinian, avait dit ne pas vouloir présenter de candidat rival et ne pas s’opposer à son élection. Mais le ton a changé mardi. « Après la rencontre insatisfaisante d’hier (avec l’opposant), je suis convaincu que M. Pachinian ne peut pas être premier ministre », a ainsi déclaré Edouard Charmazanov, porte-parole du Parti républicain et vice-président du Parlement, cité par l’agence de presse russe Interfax.
S’il est élu mardi, M. Pachinian a promis de former un gouvernement dans deux semaines et de présenter un programme d’ici à vingt jours. Des élections législatives anticipées seront aussi organisées, a-t-il dit.
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            data-slide-description="La manifestation de l'opposant Nikol Pachinian dans la ville de Vanadzor, la troisième plus grande ville d'Arménie après Erevan, la capitale, et Gyumri."
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            data-slide-description="Les gens saluent le passage de l'opposant Nikol Pachinian dans la village de Margahovit, environ 65 km au nord d’Erevan."
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            data-slide-description="Le convoi en route vers la manifestation et le meeting de Nikol Pachinian."
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            data-slide-description="Tout au long de la route vers Gumri, le convoi est salué, comme ici."
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            data-slide-description="Nikol Pachinian après son discours dans la ville d’Idjevan, capitale de la région de Tavush, non loin du lac Sevan."
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            data-slide-description="A  Vanadzor, Nikol Pachinian traversant la foule pour accéder à la tribune."
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            data-slide-description="L’arrivée à Vanadzor, la troisième plus grande ville d'Arménie , le 28 avril."
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            data-slide-description="A la tribune, devant ses supporteurs rassemblés à Vanadzor."
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            data-slide-description="Sa mère fait patienter Astrik, 4 ans, pour assister au meeting."
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            data-slide-description="Dans la foule, Anait Vartinian, 56 ans (souriante, à droite) : « Enfin de l’espoir dans cette ville qui a tant souffert et ne survit que grâce à la diaspora ! »"
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            data-slide-description="Les plus âgés espèrent que Nikol Pachinian retiendra les jeunes tentés par le départ."
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            data-slide-description="Nikol Pachinian espère que c’est la mobilisation populaire qui permettra au Parlement arménien de l’élire premier ministre."
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            data-slide-description="Pour tous ses supporteurs, l’opposant représente un espoir de revanche, un rêve de justice."
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            data-slide-description="A la tribune, dans la ville de Vanadzor."
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La manifestation de l'opposant Nikol Pachinian dans la ville de Vanadzor, la troisième plus grande ville d'Arménie après Erevan, la capitale, et Gyumri.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Ce scandale lié à l’immigration au Royaume-Uni a jeté le doute sur la politique migratoire de Theresa May et causé la démission de la ministre de l’intérieur.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Matteo Salvini compte sur la victoire remportée par son parti dans le Frioul-Vénétie julienne, dimanche, pour peser dans les négociations sur la formation d’un gouvernement.
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La Ligue confirme son hégémonie dans le nord de l’Italie

Matteo Salvini compte sur la victoire remportée par son parti dans le Frioul-Vénétie julienne, dimanche, pour peser dans les négociations sur la formation d’un gouvernement.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 19h49
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 20h07
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


Certes, la victoire était attendue, et les résultats des élections législatives permettaient déjà d’imaginer qu’elle serait spectaculaire. Mais tout de même, avec plus de 57 % des voix, le candidat soutenu par la coalition des forces de droite, Massimiliano Fedriga (Ligue), a littéralement écrasé la concurrence lors de l’élection régionale de Frioul-Vénétie julienne, dans le nord-est de l’Italie, dimanche 29 avril. Il rejoint ainsi Attilio Fontana et Luca Zaia, respectivement présidents de la Lombardie et de la Vénétie, et devient le troisième gouverneur de région à porter les couleurs du parti de Matteo Salvini.
Agé de 37 ans, mais déjà très expérimenté (il siège à la Chambre des députés depuis 2008, et a été le chef du groupe Ligue du Nord de 2014 à la fin de la législature), M. Fedriga avait tout pour réussir. Originaire de Trieste, une ville où la Ligue a toujours été plutôt faible, il a su parler à l’électorat du Frioul rural, en insistant sur le combat pour l’autonomie, la protection de l’agriculture locale et la lutte contre l’immigration irrégulière. De plus, il a profité à plein de la dynamique actuelle entourant la Ligue de Matteo Salvini, devenue, avec 17 % des voix, la principale force de la droite italienne, elle-même arrivée en tête au soir des élections du 4 mars.
Cet élan est encore plus manifeste dans une région, le Frioul-Vénétie julienne, où la droite l’avait nettement emporté le 4 mars. Reste que M. Fedriga a su accroître l’avantage qui lui était promis. Et au sein de la coalition de droite, la Ligue (35 % des voix contre à peine 12 % à Forza Italia) a démontré une fois de plus son actuelle hégémonie dans le nord de l’Italie.
La chute du Mouvement 5 étoiles
Face à lui, le résultat le plus impressionnant est la chute du Mouvement 5 étoiles. Desservi par un candidat inconnu (Fraleonzi Morghera), qui n’a jamais réussi à sortir de l’anonymat, le mouvement protestataire, qui avait obtenu près de 25 % le 4 mars, réunit à peine 11 % des suffrages autour de la personne de son candidat. Un résultat qui peut être lié à l’importance de l’abstention, mais qui confirme une fois de plus l’extrême difficulté pour le mouvement de mobiliser lors d’élections intermédiaires, ainsi que la faiblesse de son vivier de candidats à l’échelon local.
Le parti démocrate, en revanche, ne s’est pas trop mal sorti de l’épreuve. Avec 28,5 % des voix, l’ancien vice-président de l’exécutif sortant, Sergio Bolzonello, obtient un résultat presque inespéré, réalisé grâce une campagne réussie, et à l’extrême discrétion des dirigeants nationaux du parti démocrate, qui ont limité leur présence au strict minimum… afin de ne pas handicaper leur candidat.
Après l’annonce des résultats, les premiers mots de Massimiliano Fedriga auront été pour souligner l’importance nationale de ce succès :
« Ce score est impensable, la Ligue a obtenu le plus important pourcentage de son histoire. Espérons que ce résultat servira également à Rome. »
A Rome, bien sûr, les états-majors ont regardé avec une attention particulière le résultat de cette première échéance d’importance depuis l’élection du 4 mars, mais les regards sont tournés vers les difficiles relations entre les grillinistes (soutien de Beppe Grillo) et la gauche. Après l’échec des négociations entre la droite et le Mouvement 5 étoiles, les tractations avec le parti démocrate se heurtent à l’opposition de principe de l’ancien premier ministre Matteo Renzi. Comme un fait exprès, Luigi Di Maio vient d’ailleurs de proposer à M. Salvini de proposer de nouvelles élections en juin, sans que l’on sache s’il s’agit d’une nouvelle stratégie ou d’un moyen de faire pression sur la gauche. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Plusieurs dizaines de milliers de personnes originaires des Caraïbes sont menacées d’expulsion par le Royaume-Uni.
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Royaume-Uni : qu’est-ce que la « génération Windrush », qui a causé la démission de la ministre de l’intérieur ?

Plusieurs dizaines de milliers de personnes originaires des Caraïbes sont menacées d’expulsion par le Royaume-Uni.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 12h30
    |

            Jérémie Baruch








                        



   


Son exposition politique lui aura été fatale. Amber Rudd, la secrétaire d’Etat à l’intérieur britannique, a dû démissionner de son poste, dimanche 29 avril, pour avoir menti devant une commission d’enquête parlementaire. Elle y avait certifié n’avoir « aucun objectif chiffré » concernant les mesures de renvoi des immigrés. Une affirmation démentie le 27 avril dans une note confidentielle envoyée à la ministre, où les services d’immigration expliquaient s’être « fixé un objectif de 12 800 expulsions en 2017-2018 ».
Ces révélations sont le dernier rebondissement de l’affaire de la « génération Windrush », un fiasco plus général concernant la stratégie des services d’immigration, dévoilé par le journal britannique The Guardian en fin d’année 2017. Parmi les individus touchés par cette politique, on compte de nombreux immigrants caribéens : la « génération Windrush ».
Qui est la « génération Windrush » ?
A la fin de la seconde guerre mondiale, le Royaume-Uni, vainqueur, n’en sort pourtant pas indemne : les bombardements des forces de l’Axe ont laissé de nombreuses villes et infrastructures à l’état de ruines, tandis que la pénurie de main-d’œuvre est patente.
En 1948, le paquebot Empire Windrush fait une escale à Kingston, en Jamaïque, pour ramener à Londres des militaires stationnés dans les Antilles britanniques. De nombreux natifs des Indes occidentales, qui viennent d’obtenir la nationalité britannique à la faveur d’une loi récemment votée pour tous les habitants des pays du Commonwealth (une organisation intergouvernementale rassemblée autour du Royaume-Uni), en profitent pour payer une traversée abordable vers les terres anglo-saxonnes. En juin, 492 immigrés originaires de la Jamaïque et de Trinidad-et-Tobago débarquent à Tillbury, un port à l’embouchure de la Tamise, en amont de la capitale. Ils espèrent une vie meilleure, déplorant la faiblesse des salaires dans les îles des Caraïbes.
Ce premier transport de travailleurs antillais vers la métropole britannique devient le symbole du multiculturalisme britannique et celui de sa politique migratoire : le terme de « génération Windrush » finit par désigner les immigrants des Caraïbes qui s’installèrent en Grande-Bretagne jusqu’en 1971. Cette année-là mit un terme quasi définitif à l’immigration caribéenne, obligeant les immigrants à détenir un permis de travail ou à avoir des parents ou grands-parents nés au Royaume-Uni pour s’y installer.
Quel est le problème ?
Les immigrés des Antilles qui avaient débarqué avant 1971 obtinrent de la loi d’immigration passée par le Parlement de pouvoir rester au Royaume-Uni. Pour autant, le secrétariat d’Etat à l’intérieur de l’époque ne jugea pas nécessaire de fournir la documentation prouvant une quelconque citoyenneté britannique, pas plus qu’il ne tint de registres de ceux qui s’étaient effectivement établis en métropole. Enfin, en 2010, les tickets de débarquement appartenant aux « immigrants Windrush » furent intégralement détruits par les autorités.
La solution sous-jacente, rendre la vie de tous les jours plus difficile, voire insupportable
En 2012, Theresa May, qui était alors à la tête du ministère de l’intérieur dans le gouvernement de David Cameron, a annoncé vouloir créer « en Grande-Bretagne, un environnement vraiment hostile pour les immigrants illégaux ». La solution sous-jacente de Mme May pour décourager les candidats à la clandestinité migratoire était de rendre leur vie de tous les jours plus difficile, voire insupportable.
Problème, de nombreux citoyens de la « génération Windrush » ne peuvent plus prouver qu’ils sont bien arrivés au Royaume-Uni par ce moyen – avant 1971, car c’est cette année-là que les règles en matière d’immigration ont changé. Par conséquent, c’est leur citoyenneté britannique qu’ils ne sont pas en mesure de prouver.
Ce fut pour eux un coup de massue, car les conséquences sont importantes. Par exemple, pour bénéficier des soins prodigués par les services de santé, il faut notamment, selon la loi, « prouver la légalité de sa situation » ; de même, il faut prouver la légalité de son statut pour percevoir des allocations, trouver du travail ou un logement. De facto, de nombreuses personnes originaires des Antilles – dont la précarité est par ailleurs largement documentée – sont menacées d’expulsion, assimilées à des sans-papiers. Si aucun chiffre officiel n’est disponible, l’observatoire des migrations de l’université d’Oxford estime que près de 60 000 personnes seraient concernées.
Le gouvernement May dans la tourmente
Pourtant, rapidement après le lancement de cette politique hostile, le gouvernement a été prévenu par plusieurs organisations non gouvernementales des difficultés auxquelles auront à faire face ces citoyens britanniques qui auraient du mal à prouver leur citoyenneté. Mais la crise des réfugiés syriens en 2015 et la victoire du Brexit au référendum de juin 2016, notamment, ne poussent pas le gouvernement britannique à chercher de solutions viables et pérennes.
Theresa May, devenue entre-temps première ministre, n’a pas senti la colère monter, alors que plusieurs articles de presse illustrent, jour après jour, la situation de la « génération Windrush ». Et quand, au début d’avril, les représentants de douze pays des Caraïbes demandent à être reçus par Mme May à l’occasion de la conférence des chefs de gouvernement du Commonwealth, ils se voient répondre une fin de non-recevoir.
Mais, face au scandale, le gouvernement finit néanmoins par présenter, le 17 avril, ses excuses aux chefs d’Etat caribéens, en soulignant que « la génération Windrush a aidé à construire le pays tel qu’il est aujourd’hui ». La première ministre affirme à cette occasion vouloir « dissiper toute impression que [son] gouvernement serait en train de sévir contre les citoyens du Commonwealth ». Le gouvernement promet aussi une compensation financière pour résoudre les inquiétudes et problèmes dont ont été victimes certains citoyens de la « génération Windrush ».
Si le montant de ces dédommagements n’est pas encore connu, la facture politique des conservateurs prend de l’ampleur. Après la démission d’Amber Rudd, remplacée par Sajid Javid, le fils d’un immigrant pakistanais, le parti conservateur risque d’affronter un vote contestataire amplifié par ce scandale : des élections locales sont prévues le 3 mai.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Figure de l’aile droite des conservateurs, Sajid Javid remplace Amber Rudd et renforce, au sein du gouvernement de Theresa May, le camp des eurosceptiques les plus durs en faveur du Brexit.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Royaume-Uni : Sajid Javid, nouveau ministre de l’intérieur chargé de désamorcer le scandale sur l’immigration

Figure de l’aile droite des conservateurs, Sajid Javid remplace Amber Rudd et renforce, au sein du gouvernement de Theresa May, le camp des eurosceptiques les plus durs en faveur du Brexit.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 17h11
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 21h14
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


« Cela pourrait être ma mère, mon père, mon oncle, ce pourrait être moi. » En affichant, dimanche 29 avril, sa compassion avec les immigrés victimes du zèle de la ministre de l’intérieur Amber Rudd, Sajid Javid, lui-même ministre du logement, avait fait un croc-en-jambe à sa collègue en même temps qu’une offre de service. Manœuvre réussie. Lundi matin, quelques heures après la démission de Mme Rudd, il a été choisi par Theresa May pour lui succéder.
Né de parents immigrés pakistanais, figure de l’aile droite du parti conservateur et eurosceptique, M. Javid, 48 ans, a résumé un jour la leçon de vie héritée de ses parents : « Ne doute pas de toi-même et ne cesse jamais de tenter ta chance. » Ultralibéral, emblème tory de l’intégration réussie, ce fils de chauffeur de bus devenu banquier puis député, arbore un portrait de Margaret Thatcher dans son bureau.
Il a le profil idéal pour tenter de désamorcer le malaise suscité par le scandale de la « génération Windrush », ces Antillais installés au Royaume-Uni depuis des décennies, visés par erreur par la politique d’« environnement hostile à l’immigration illégale » lancée en 2012 par le Home office sous Mme May et poursuivie par Mme Rudd. « Je ressens [cette situation] très personnellement », a-t-il confié dimanche au Sunday Telegraph, avant d’être pressenti officiellement pour remplacer cette dernière. Il peut y avoir des électeurs issus des minorités ethniques que cela peut inquiéter. »
Des ravages chez les conservateurs
Le scandale, qui déstabilise des citoyens issus de vagues anciennes d’immigration venues du Commonwealth, pourrait faire des ravages chez les conservateurs en leur aliénant des électeurs venus des anciennes colonies britanniques lors des élections locales du jeudi 3 mai, déjà annoncées comme victorieuses pour l’opposition travailliste.
Faute de documents attestant de l’ancienneté de leur séjour, les « Windrush » – du nom du premier navire d’immigrants jamaïcains arrivé à Londres en 1948 – de nombreux Antillais arrivés entre 1948 et 1973 et en situation parfaitement régulière, voire dotés de la nationalité britannique, ont perdu leur emploi, se sont vu interdits de soins médicaux, voire menacés d’expulsion pour alimenter les quotas de reconduite à la frontière fixés secrètement par le ministère de l’intérieur. Dernières preuves matérielles de leur date d’arrivée, leurs récépissés de débarquement ont été détruits par l’administration en 2010, du temps où Theresa May était ministre de l’intérieur.

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                Royaume-Uni : qu’est-ce que la « génération Windrush », qui a causé la démission de la ministre de l’intérieur ?



Sitôt nommé, lundi matin, Sajid Javid a déclaré que sa « tâche la plus urgente » consistait à s’assurer que les victimes du scandale de la « génération Windrush » soient « toutes traitées avec la dignité et l’équité qu’ils méritent ». Mais il s’est bien gardé de remettre en cause la politique d’« environnement hostile à l’immigration illégale » menée par son ministère. « Il n’y a rien de mal à gérer l’immigration », avait-il tweeté en septembre 2017.
Son père, débarqué du Pakistan à Heathrow en 1961 avec une livre sterling en poche ne pourrait plus s’installer aujourd’hui au Royaume-Uni, a-t-il reconnu en 2015 dans un entretien au Telegraph.
« A l’époque, le pays avait besoin de main-d’œuvre non qualifiée, a-t-il expliqué alors. Aujourd’hui, on n’en a plus besoin, donc il est absolument juste d’avoir une politique d’immigration basée sur les talents. » 
Sajid Javid a aussi approuvé en 2013 les camions publicitaires du Home office arborant dans les rues de Londres des affiches portant une énorme paire de menottes et la mention : « Illégalement au Royaume-Uni ? Rentrez chez vous ou risquez l’arrestation. » 
Margaret Thatcher, son modèle en politique
Né en 1969 à Rochdale (nord-ouest de l’Angleterre), M. Javid a été élevé dans un deux-pièces abritant ses quatre frères et ses parents. Son père a travaillé dans une filature avant d’être chauffeur de bus. Il est le premier membre de sa famille à avoir suivi des études supérieures. Diplômé en économie et sciences politiques, il a été employé à de hauts niveaux de responsabilité et de salaire à New York par la Chase Manhattan Bank puis à la City de Londres par la Deutsche Bank comme chef des opérations vers l’Asie. Le fils d’immigrés est ensuite entré en politique en se faisant élire député en 2010. Marié à une chrétienne, père de quatre enfants, il ne pratique aucune religion.
Protégé du premier ministre d’alors, David Cameron, et de son ministre des finances George Osborne, Sajid Javid a été promu successivement secrétaire d’Etat au trésor, ministre de la culture puis du commerce. Il a flirté avec la campagne pro-Brexit avant de faire timidement campagne « le cœur lourd et sans enthousiasme » dans le camp opposé, probablement sous l’influence de ses mentors. Les brexiters (partisans du Brexit) lui ont alors reproché de faire passer sa carrière avant ses convictions.

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                Ayn Rand, l’auteure de chevet de Trump, rééditée en France



Hormis Margaret Thatcher, son modèle en politique, M. Javid révère Ayn Rand, égérie des libertariens américains, auteure de chevet de Trump et des patrons de la Silicon Valley, qui magnifie le pouvoir de l’individu et fustige l’Etat. Sa proximité avec MM. Cameron et Osborne lui a valu d’être rétrogradé au ministère du logement par Mme May avec laquelle ses relations sont réputées froides. Il s’était d’ailleurs porté candidat contre elle en 2016 pour la direction du parti conservateur.
Dans le débat sur le Brexit, il s’est fait récemment l’ardent avocat de la sortie de l’Union douanière européenne, alors qu’on dit Mme May ouverte à une concession sur ce point crucial, sous la pression des députés. L’arrivée au Home office, ministère régalien lourd, de cet eurosceptique partisan du respect du vote populaire pro-Brexit de juin 2016 déséquilibre le gouvernement britannique dans le sens antieuropéen. Amber Rudd, à laquelle M. Javid succède, était une proeuropéenne convaincue. C’est désormais lui qui siégera au « cabinet de guerre sur le Brexit », qui réunit autour de Theresa May ses dix principaux ministres et définit la stratégie britannique des négociations avec les 27.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Au cours des semaines à venir, les travaux entre Paris et Berlin devraient s’intensifier. Objectif : tenter d’adopter une position commune en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin.
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Réforme de la zone euro : la France et l’Allemagne entrent dans le vif du sujet

Au cours des semaines à venir, les travaux entre Paris et Berlin devraient s’intensifier. Objectif : tenter d’adopter une position commune en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 15h46
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La première vraie réunion de travail entre Olaf Scholz, le nouveau ministre allemand des finances, et son homologue français, Bruno Le Maire, vendredi 27 avril à Sofia (Bulgarie), en marge d’une réunion de l’Eurogroupe, a un peu rassuré à Paris et à Bruxelles. Ces dernières semaines, le successeur du très orthodoxe Wolfgang Schäuble n’avait en effet montré aucun enthousiasme pour les réformes de la zone euro voulues par Emmanuel Macron.
A Sofia, « on a rouvert des portes », glissait-on dans le camp français, après un rendez-vous de plus de deux heures essentiellement consacré à la poursuite de l’intégration de la zone euro. « Nous avons enfin retrouvé une méthode de travail sérieuse, rigoureuse et efficace », se félicitait M. Le Maire, samedi 28 avril, à l’issue du tête-à-tête. Paris se remet à espérer que la France et l’Allemagne soient capables d’adopter une position commune en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin.

Plus question de parler d’un « super ministre » de la zone euro, d’un budget très élevé et surtout d’un Parlement de la zone euro – ce dernier projet a été enterré dès l’automne 2017. Mais, samedi à Sofia, Olaf Scholz a reconnu la nécessité de « quelques avancées avant l’été », ajoutant qu’il « restait peu de temps », mais que « la France et l’Allemagne travaill[aient] vraiment ensemble ».
L’ancien maire de Hambourg (nord de l’Allemagne), réputé pour son caractère austère mais pragmatique, est resté très prudent, mais s’est prêté, souriant, à l’exercice de la conférence de presse commune avec M. Le Maire, samedi. Si, face aux journalistes, il a soigneusement évité d’évoquer une « capacité budgétaire » pour la zone euro, il n’a fermement repoussé aucune des options hexagonales.
Les travaux entre Paris et Berlin devraient s’intensifier au cours des semaines à venir. Mais d’ores et déjà, tout progrès rapide concernant une assurance européenne des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le suspect a d’abord commencé à faire des aveux avant de se mûrer dans le silence.
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La justice belge soupçonne un infirmier du meurtre de 21 personnes âgées

Le suspect a d’abord commencé à faire des aveux avant de se mûrer dans le silence.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 14h45
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Le parquet de Namur, en Belgique, enquête sur le possible empoisonnement de 21 personnes par un infirmier de 43 ans, Frédéric X., dont seul le prénom est connu à ce stade. Employé à mi-temps dans une maison de repos, La Méridienne, à Meux, et exerçant par ailleurs à titre privé, l’homme a accepté de collaborer avec la police et de faire des aveux, lorsqu’une enquête a été ouverte, en septembre dernier. Il se mure désormais dans le silence et conteste les faits qui lui sont reprochés.
L’enquête a commencé quand une clinique a alerté sur le décès suspect d’une femme de 87 ans. Venant de La Méridienne, elle présentait un taux d’insuline anormalement élevé, a révélé une autopsie. Or, la vieille dame n’était pas diabétique. Rapidement identifié, l’infirmier a été mis en examen pour assassinat par empoisonnement.
L’affaire a été tenue secrète durant plusieurs mois « afin de ne pas semer la panique dans les familles », a indiqué, samedi 28 avril, le procureur du roi de Namur, Vincent Macq. Un quotidien venait de révéler l’affaire. « Toutes les personnes qui ont côtoyé l’infirmier ne sont pas décédées d’un acte volontaire », a insisté le magistrat.
Plusieurs autres cas
Un autre assassinat, survenu en janvier 2017, a toutefois été imputé à Frédéric X., en raison d’« indices suffisants ». Et 21 dossiers au total sont désormais examinés par un juge d’instruction. Ils concernent des résidents de la maison de retraite de Meux et des patients que l’infirmier traitait dans le cadre de son activité privée.
Les policiers belges sont aidés dans leur tâche par des enquêteurs venus d’Allemagne. Dans ce pays, Niels Högel, un infirmier d’une quarantaine d’années doit répondre du meurtre de 97 personnes, décédées de surdoses médicamenteuses. Interrogé sur l’hypothèse que le Frédéric X. soit également un tueur en série, M. Macq répond que, pour l’instant, ses services tentent surtout de répondre à « des questions en série ».

En...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le premier ministre a échappé à une motion de défiance. L’opposition l’accuse d’avoir menti au sujet de l’abolition d’une taxe sur les dividendes.
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Aux Pays-Bas, l’autorité chancelante de Mark Rutte

Le premier ministre a échappé à une motion de défiance. L’opposition l’accuse d’avoir menti au sujet de l’abolition d’une taxe sur les dividendes.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 11h12
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Pour Peter Vandermeersch, le rédacteur en chef de l’influent quotidien néerlandais NRC-Handelsblad, c’est peut-être « le début de la fin d’un premier ministre qui a gâché sa principale caractéristique : la crédibilité ». Le constat, formulé samedi 28 avril, est cinglant mais à la hauteur sans doute du spectacle qui s’était déroulé peu de temps auparavant à la Chambre des députés. Mark Rutte, le chef libéral de la coalition au pouvoir, y a échappé à une motion de défiance, mercredi 25 avril ; cependant, même s’il est doté d’une rare capacité de résilience, il restera sans doute marqué par ce que l’opposition a dénoncé, en vrac, comme des « manigances », de « sales petits jeux » ou, plus clairement encore, « des mensonges » de sa part.
L’enjeu de la discussion portait sur l’abolition d’une taxe sur les dividendes versés par de grandes entreprises à leurs actionnaires. La suppression de cet impôt de 15 % devrait coûter 1,4 milliard à l’Etat, un montant compensé, selon le premier ministre, par la promesse du maintien aux Pays-Bas du quartier général de grandes multinationales néerlandaises comme Shell, Philips, Unilever ou AkzoNobel, et de garanties sur la protection des emplois.
Etrange et contraire à la tradition néerlandaise, ce point ne figurait pas dans le programme des quatre partis qui composent la coalition entrée en fonctions en octobre 2017. Et pas non plus à l’agenda – strictement contrôlé et chiffré – que le gouvernement avait déposé au Parlement lors de son entrée en fonctions. Ennuyeux pour une équipe ministérielle qui ne dispose que d’une voix de majorité à la Chambre (76 sièges sur 150), dans un pays très exigeant à l’égard de ses représentants. 
« Aucun souvenir »
L’incident serait toutefois resté mineur si M. Rutte, soumis à la pression de l’opposition, et notamment de ses anciens partenaires sociaux-démocrates, n’avait pas affirmé n’avoir aucun souvenir d’une discussion préalable...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Selon les projections, le « candidat du peuple » disposerait au Parlement de 47 voix, sur 53 nécessaires, pour devenir le chef du gouvernement.
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Le parti au pouvoir en Arménie ne s’oppose plus à Nikol Pachinian

Selon les projections, le « candidat du peuple » disposerait au Parlement de 47 voix, sur 53 nécessaires, pour devenir le chef du gouvernement.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 11h04
    |

            Annick Cojean (Erevan, envoyée spéciale)








                        



   


A un journaliste arménien malicieux qui, le 1er avril, avait demandé à des parlementaires d’inventer à son micro les « poissons » les plus énormes, un député avait répondu : « Nikol Pachinian deviendra premier ministre. » Tout le monde avait éclaté de rire. Moins d’un mois plus tard, c’est devenue une probabilité, même s’il demeure une part de suspense.
Le rapport des forces au Parlement, composé de 105 sièges et chargé d’élire un premier ministre en remplacement de Serge Sarkissian, qui a démissionné le 23 avril sous la pression de la rue, lui est pourtant a priori défavorable. Pour être élu, Nikol Pachinian doit obtenir 53 voix. Or, sa coalition Yelk (« sortie ») ne dispose que de 9 députés. Et le Parti républicain de M. Sarkissian en a 58. Cependant, deux partis ont annoncé qu’ils voteraient pour lui : Arménie prospère, qui a 31 sièges, et la Fédération révolutionnaire, qui en compte 7. Cela l’assure donc d’un total de 47 voix.

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                En Arménie, Nikol Pachinian aux portes du pouvoir



Or voilà que, après avoir renoncé samedi à présenter un candidat, le parti majoritaire a déclaré dimanche, par la voix de Vahram Baghdassarian, le chef de son groupe parlementaire, qu’il n’entraverait pas « l’élection du candidat du peuple » si tous les groupes d’opposition soutenaient sa candidature. Cette déclaration a rempli d’espoir les partisans de Nikol Pachinian, qui redoutaient un boycottage du Parti républicain de nature à bloquer l’élection, forçant le Parlement à organiser un second tour, puis, faute d’accord, à provoquer sa dissolution et de nouvelles élections législatives, qu’il contrôlerait lui-même dans la grande tradition des fraudes et des pressions de toutes sortes.
Lors d’un meeting, dimanche soir, M. Pachinian a confié son optimisme et son intention de consacrer son lundi à des rencontres de parlementaires. Le 1er mai 2018, assure-t-il, promet d’être un jour historique dans l’histoire du pays : « Les Arméniens ne se laisseront plus jamais voler d’élection. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Sainsbury’s, le numéro deux du secteur et Asda, le numéro trois possédé par Wal-Mart, vont se rapprocher, pour faire face à la concurrence des hard-discounters et d’Amazon.
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Sainsbury’s - Asda : fusion géante sur le marché britannique de la distribution

Sainsbury’s, le numéro deux du secteur et Asda, le numéro trois possédé par Wal-Mart, vont se rapprocher, pour faire face à la concurrence des hard-discounters et d’Amazon.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 13h45
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

En guerre des prix permanente entre elles, mises à mal par la percée des hard-discounters, craignant l’arrivée d’Amazon, les grandes surfaces britanniques, actuellement dominées par les « Big Four », vont devenir les « Big Three ». Lundi 30 avril, Sainsbury’s, le numéro deux du secteur, a annoncé sa fusion avec Asda, le numéro trois, possédé par l’américain Wal-Mart. Ensemble, les deux groupes, aujourd’hui de taille équivalente, vont devenir leadeur au Royaume-Uni, avec 31 % de part de marché, dépassant le tout-puissant Tesco, qui en détient 28 %. Morrisons, le numéro quatre, est loin derrière, avec 10 % de part de marché.
Plus qu’une fusion, l’opération ressemble à une acquisition d’Asda par Sainsbury’s. Le premier ne possédera que 42 % de participation du nouvel ensemble, et pas plus de 29,9 % des droits de vote. Au total, Asda est valorisé 7,3 milliards de livres (8,3 milliards d’euros), payés à 60 % en actions et à 40 % en numéraire.
Le regroupement va créer un géant : 2 800 magasins, 51 milliards de livres de chiffre d’affaires et 330 000 salariés. Il lui faudra cependant passer le difficile test de l’Autorité britannique des marchés et de la concurrence (CMA), qui pourrait imposer de vendre certaines grandes surfaces, notamment dans les régions où les deux groupes sont les plus présents.

Les hard-discounters ont 12,5%de part de marché
Les deux marques, bien connues du grand public, seront préservées séparément et aucune fermeture de magasin n’est envisagée. Les synergies seront essentiellement réalisées grâce au pouvoir de négociation gagné sur les fournisseurs. Le nouveau groupe annonce « une baisse de 10 % des prix sur de nombreux produits achetés couramment ».
La fusion est avant tout une réaction au bouleversement provoqué depuis une décennie par les hard-discounters. Il y a vingt ans, Aldi et Lidl étaient quasiment inexistants au Royaume-Uni. Au début de la crise de 2008, ils avaient 5 % de part de marché...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ L’opposant arménien Nikol Pachinian, en campagne à travers le pays, espère une mobilisation qui permettrait de le faire élire mardi à la tête du gouvernement.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les exemptions aux taxes décidées par les Etats-Unis expirent le 1er mai et pourraient ne pas être renouvelées : Washington veut des concessions unilatérales sur l’automobile.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/04/2018
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Les Européens se préparent à subir les sanctions américaines sur l’acier

Les exemptions aux taxes décidées par les Etats-Unis expirent le 1er mai et pourraient ne pas être renouvelées : Washington veut des concessions unilatérales sur l’automobile.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 09h29
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        


« Le président décidera » : en trois mots, la chancelière allemande Angela Merkel a résumé toute son impuissance aux côtés de Donald Trump à la Maison Blanche, vendredi 27 avril. Soumise comme tous les Européens au bon vouloir du président des Etats-Unis, incapable de savoir s’il taxera ou non les importations d’acier et d’aluminium européens à compter du 1er mai : « Nous avons échangé sur l’état des négociations et nos évaluations respectives. Les décisions appartiennent au président. »
La visite d’Etat du président français, Emmanuel Macron, juste avant, n’a rien apporté de décisif. « Je ne sais pas ce qu’il va se passer », avouait Bruno Le Maire, ministre de l’économie français, samedi 28 avril. Derrière l’incertitude, en réalité une grande résignation. « Nous n’aurons pas d’exemption permanente », estime un responsable européen. « C’est Trump qui va décider tout seul, je suis vraiment pessimiste », glissait également une source bruxelloise de passage à Washington, fin avril.
Explication : si les Européens ont négocié rationnellement dans le cadre juridique de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les Américains veulent imposer un rapport de forces politique et arracher des concessions unilatérales, notamment sur l’automobile.
Trump ne négocie pas
Les Européens n’ont pas ménagé leur peine pour éviter ces tarifs de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium, qu’ils jugent injustifiés. La Commission, chargée de la politique commerciale de l’Union européenne (UE), espérait convaincre l’administration Trump que l’UE n’est aucunement responsable des difficultés des aciéries américaines, mais que c’est la Chine qui est en cause. Après que la commissaire au commerce, Cecilia Malmström, eut obtenu un délai de grâce d’un mois, fin mars, elle a multiplié les contacts bilatéraux avec le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, tandis que d’autres émissaires européens croyaient déceler « une volonté d’atterrir » outre-Atlantique. Sauf que M. Ross en est déjà convaincu – il était contre le choix initial de M. Trump de frapper ses alliés occidentaux.

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Si le message européen n’est pas passé, c’est que le président Trump est dans une autre démarche. Sur la forme, il ne négocie pas, il déstabilise. Par son comportement, sa brutalité, ses menaces, et il estime que cela paye : au niveau nucléaire vis-à-vis de la Corée du Nord ; vis-à-vis de la Chine, qui promet d’ouvrir un peu plus son marché ; vis-à-vis des constructeurs automobiles, qui investissent « spontanément » aux Etats-Unis au lieu du Mexique. Et il espère faire de même avec les Européens.
Sur le fond, M. Trump veut rééquilibrer la balance commerciale avec l’Europe, en réalité l’Allemagne, et vise l’automobile, comme l’a rappelé son conseiller économique, Larry Kudlow. « Un des sujets est l’égal traitement de nos automobiles. Ce n’est pas un secret. Nous aimerions voir des concessions de la part de l’Europe », a-t-il expliqué, appelant les Européens à baisser leurs droits de douane sur l’automobile (ils sont de 10 %, contre 2,5 % pour les Américains), tandis que l’idée de contingentement volontaire a été évoquée. Pour les Américains, la Corée du Sud, qui vient d’obtenir une exemption définitive de sanctions, est un exemple : elle a promis de contingenter ses exportations d’acier et prévoit de doubler à 50 000 le nombre d’automobiles américaines susceptibles d’être importées, même si elles ne respectent pas les normes coréennes.
« Crédibilité européenne en jeu »
Les Européens ont tenté d’amorcer une discussion, considérant les produits américains qui pourraient faire l’objet de baisses de tarifs douaniers, mais dans le cadre très hypothétique d’un nouvel accord de libre-échange transatlantique : voitures, produits agricoles. Ils ont aussi listé ce qu’ils réclameraient dans cette possible négociation : accès aux marchés publics américains, reconnaissance des indications géographiques, facilitation du cabotage maritime ou de la desserte aérienne des Etats-Unis.

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Avant de s’engager dans une telle négociation, politiquement explosive voire intenable à un an des élections européennes, ils réclamaient au préalable l’assurance d’une exemption permanente des taxes sur l’acier et l’aluminium. Cette demande est restée sans réponse, car de nouveau M. Trump veut des concessions immédiates avant le 1er mai.
Comment les Européens vont-ils réagir dans l’immédiat, si les taxes s’appliquent dès mardi ? Paris, Berlin et Bruxelles ajustent leur communication. Elle devrait être très ferme. La chancelière Merkel s’est entretenue par téléphone avec le président français et, en même temps, avec la première ministre britannique Theresa May, dimanche 29 avril, et un porte-parole de la chancellerie a souligné que l’UE était « déterminée à défendre ses intérêts dans le cadre multilatéral ». « On ne peut pas se voir imposer des tarifs sans réagir, la crédibilité européenne est en jeu », souligne M. Le Maire.
Mais après : Bruxelles aura-t-elle le cran de lancer des mesures de rétorsion à l’égard de Washington ? Les Vingt-Huit se sont certes accordés sur une liste théorique de produits américains dont les tarifs douaniers à l’exportation vers l’Europe pourraient bondir d’un total de 3,5 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros). Mais pour l’activer, ils devront passer au vote. Or, les Allemands, première cible des tweets de Donald Trump, avec leurs 50 milliards d’euros d’excédent commercial vis-à-vis des Etats-Unis, semblent plus prudents que les Français. Les milieux d’affaires redoutent qu’une réaction européenne trop musclée déclenche une guerre commerciale transatlantique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Réunissant dimanche des dizaines de milliers de ses partisans à Erevan, l’opposant a promis la « victoire de la révolution de velours ».
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En Arménie, Nikol Pachinian aux portes du pouvoir

Réunissant dimanche des dizaines de milliers de ses partisans à Erevan, l’opposant a promis la « victoire de la révolution de velours ».



Le Monde
 |    30.04.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
01.05.2018 à 06h56
    |

            Annick Cojean (Erevan, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Mais qui est cet homme à l’allure de baroudeur qui, en l’espace de quelques semaines, a ébranlé le système politique de l’Arménie, fait démissionner son premier ministre et incité des dizaines de milliers de personnes à investir les places, les rues, les jardins, pour réclamer « le pouvoir au peuple » ? Qui est-il donc, ce journaliste de 42 ans devenu député, qui prétend mener une révolution « de velours » – comme celle de Tchécoslovaquie en 1989 – mais dont le pacifisme et l’autodiscipline dessinent quelque chose d’inédit dans le Caucase ?
Qui est ce rebelle qui ose braver le grand frère russe – qui ne l’avait pas vu venir –, les oligarques – qui le méprisaient tant – et ses confrères du Parlement arménien, englués dans un système postsoviétique, gangrenés par la corruption et la prévarication ? Les think tanks et les diplomates occidentaux s’interrogent, perplexes ; la population, elle, paraît bien le connaître, boit ses paroles, l’encourage, et le plébiscite depuis deux semaines comme « premier ministre du peuple ». Cela lui convient.


Nikol Pachinian ne voit pas d’autre solution que lui-même pour résoudre la crise et se prévaut donc du titre, estimant désormais « légitime », « obligatoire », son élection à ce poste, le 1er mai, lors d’une session extraordinaire du Parlement. Sans quoi… Personne dans son entourage ou parmi les manifestants ne veut imaginer un revers, et il ne jure que par les modes de pression pacifiques. Mais les foules sont déjà appelées à se tenir prêtes, ce jour crucial, dès 8 heures, pour affluer près de l’Assemblée nationale.
Romantisme
Epuisé par le manque de sommeil, mais prêt à repartir arpenter les rues d’Erevan et à tenir meeting, il fronce un sourcil contrarié, ce 29 avril, lorsque Le Monde lui fait remarquer son treillis militaire et sa barbe à la Fidel Castro, avec lesquels il se présente depuis la révolution. « Franchement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Amber Rudd était sur la sellette depuis plusieurs jours, après des affaires liées au contrôle de l’immigration par ses services.
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Royaume-Uni : Theresa May fragilisée par la démission de sa ministre de l’intérieur

Amber Rudd était sur la sellette depuis plusieurs jours, après des affaires liées au contrôle de l’immigration par ses services.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 00h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 20h20
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


A quatre jours d’élections locales difficiles pour le Parti conservateur, dont elle est la chef, et après plusieurs reculades sur le Brexit, la première ministre britannique, Theresa May, subit un nouveau revers. Sa ministre de l’intérieur, Amber Rudd, proche d’elle et figure montante de l’aile modérée des tories, a été contrainte de démissionner dans la soirée du dimanche 29 avril. Le ministre des Communautés, Sajid Javid, vient d’être nommé pour la remplacer.
Le départ de Mme Rudd intervient à la suite d’un scandale touchant le point réputé fort de Mme May : l’immigration. La révélation par le quotidien The Guardian de la responsabilité de la première ministre dans la politique de reconduite à la frontière – ayant conduit à menacer d’éloignement forcé ou à refuser un traitement médical à des Antillais présents légalement au Royaume-Uni depuis des décennies – a précipité le départ de Mme Rudd, qui joue ainsi le rôle de fusible pour Mme May.
« Génération “Windrush” »
A l’origine du scandale se trouve la situation de milliers d’immigrés issus du Commonwealth arrivés entre 1948 et 1973. On les surnomme « génération Windrush », du nom du premier bateau d’immigrants, l’Empire-Windrush qui accosta en 1948 dans l’avant-port de Londres avec 492 personnes à bord, en provenance de la Jamaïque. Appelés en renfort comme infirmiers ou cheminots pour reconstruire le pays dévasté après la deuxième guerre mondiale, ces Antillais, souvent d’anciens combattants, bénéficiaient alors du droit d’installation dans la « métropole » britannique en tant que ressortissants du Commonwealth. D’autant que ceux nés avant les indépendances avaient la nationalité britannique.

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Mais le droit au séjour a été supprimé par une loi sur l’immigration de 1971 pour les personnes entrées sur le territoire britannique à partir du 1er janvier 1973. Toutes celles présentes auparavant ont continué de bénéficier du droit au séjour, voire à la nationalité. Mais ils n’ont effectué aucune démarche particulière pour obtenir des papiers l’attestant. Au Royaume-Uni, il n’existe pas de carte d’identité, et les intéressés, la plupart trop modestes pour voyager, n’ont pas demandé de passeport.
Leur tranquillité a pris fin à partir de 2012, lorsque le gouvernement conservateur a lancé une politique officiellement intitulée d’« environnement hostile à l’immigration illégale ». Il s’agissait d’encourager les propriétaires, les employeurs, les médecins, à contrôler la régularité du séjour de leurs salariés, locataires et patients, les « suspects » étant de fait repérés par leur couleur de peau, leur accent ou leur lieu de naissance. A l’époque, des camions publicitaires arborent dans les rues de Londres des affiches portant une énorme paire de menottes et la mention : « Illégalement au Royaume-Uni ? Rentrez chez vous ou risquez l’arrestation. » Leur promoteur ? La ministre de l’intérieur de l’époque, une certaine Theresa May.
A la veille des élections locales du jeudi 3 mai où les sondages les créditent de gains substantiels, les travaillistes tentent d’utiliser le scandale
En mars, la journaliste du Guardian Amelia Gentleman a commencé à exposer le cas de membres de la « génération Windrush » licenciés par leur employeur, privés de soins médicaux, voire menacés d’éloignement forcé faute de pouvoir justifier de leur nationalité britannique et pris au piège de l’« environnement hostile ». Le cas d’Albert Thompson – un pseudonyme –, un infirmier de 63 ans vivant au Royaume-Uni depuis quarante-quatre ans, à qui un traitement de son cancer de la prostate a été refusé, a particulièrement ému l’opinion. Mais pas le gouvernement de Mme May qui, le 10 avril, a refusé de recevoir les douze ambassadeurs d’Etats des ex-Antilles britanniques, qui lui réclamaient une entrevue sur le sujet. Une bévue d’autant plus grave qu’un sommet du Commonwealth s’ouvrait quelques jours plus tard à Londres, avec pour objectif de resserrer les liens entre les anciennes possessions et le Royaume-Uni après le Brexit.
Appels à la démission
Cent quarante députés, sous la houlette du travailliste David Lammy, ont alors signé un texte de protestation qui a obligé Mme Rudd à présenter ses « excuses » aux Communes. Mais les révélations répétées du Guardian et les appels de l’opposition à sa démission ont fini par déstabiliser la ministre de l’intérieur. Un document officiel publié par le quotidien a d’abord montré que la ministre avait menti en affirmant qu’il n’existait pas d’objectifs chiffrés en matière de reconduites à la frontière. Mme Rudd a alors prétendu qu’elle n’avait pas eu connaissance de ce document. Dimanche, le Guardian a porté l’estocade en publiant une lettre adressée en janvier 2017 par Mme Rudd à la première ministre, lui promettant une augmentation de 10 % du nombre des éloignements forcés « dans les prochaines années ».

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En révélant une politique du chiffre dont certains « Windrush » ont fait les frais, le scandale soulève indirectement l’un des points les plus sensibles du débat politique britannique : l’objectif sans cesse proclamé par les conservateurs depuis 2010 – mais jamais atteint –, de faire descendre à moins de 100 000 par an (contre 230 000 aujourd’hui) le nombre d’entrées d’étrangers sur le territoire. Un objectif et un échec personnifiés par Mme May, ministre de l’intérieur de 2010 à 2016. L’immigration, qui a pesé lourd dans le vote du Brexit en 2016, reste un sujet-clé pour la popularité de la première ministre, réputée largement plus ferme en la matière que le chef de file de l’opposition, Jeremy Corbyn.
A la veille des élections locales du jeudi 3 mai où les sondages les créditent de gains substantiels, les travaillistes tentent d’utiliser le scandale. « Ce qui est arrivé à la génération Windrush ne résulte pas d’une erreur de l’administration. C’est une conséquence de l’environnement hostile créé par le gouvernement [conservateur] », a dénoncé Sadiq Khan, le maire de Londres, ville où les électeurs issus de l’immigration sont nombreux.
Le Labour tente aussi d’utiliser l’inquiétude pour l’après-Brexit que suscite le traitement de la « génération Windrush » chez les trois millions de ressortissants de l’UE installés au Royaume-Uni et qui votent aux élections locales. Les Européens vont se dire : « Mon Dieu, si cela peut arriver aux Windrush, cela peut bien sûr nous arriver ! », a lancé le député David Lammy.
Les commentateurs ne se privent pas non plus de rappeler la déclaration de guerre aux discriminations raciales lancée par Theresa May sur le perron du 10, Downing Street, en juin 2016, lorsqu’elle a pris ses fonctions. « Si vous êtes noir, dénonçait-elle alors, vous êtes plus durement traité par la justice pénale que si vous êtes blanc. » Elle promettait alors de faire de la Grande-Bretagne « un pays qui marche pour tout le monde ». 




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ La manifestation a été organisée dans la foulée des révélations du « projet Daphne », dont Le Monde est partenaire.
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Malte : des milliers de manifestants réclament « vérité et justice » sur la mort de Daphne Caruana Galizia

La manifestation a été organisée dans la foulée des révélations du « projet Daphne », dont Le Monde est partenaire.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 20h55
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 20h56
   





                        



   


Des milliers de personnes ont manifesté dimanche 29 avril dans les rues de La Valette, la capitale maltaise, pour réclamer « vérité et justice », plus de six mois après l’assassinat de la journaliste et blogueuse Daphne Caruana Galizia.
La manifestation a été organisée par les groupes Awturi (Auteurs) et #OccupyJustice, un collectif militant dirigé par des femmes, dans la foulée des révélations du « projet Daphne », dont Le Monde est partenaire.

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Dans le cadre de ce projet, 45 journalistes provenant de 18 médias du monde ont travaillé ensemble en reprenant l’énorme masse de documents laissée par Daphné Caruana Galizia, tuée le 16 octobre 2017, à 53 ans, dans l’explosion de sa voiture qui avait été piégée.
Souvent qualifiée de « Wikileaks à elle toute seule », Daphne Garuana Galizia avait révélé certains des pans les plus sombres de la politique maltaise, s’en prenant avec virulence au premier ministre, Joseph Muscat (travailliste), mais aussi au chef de l’opposition. Ses attaques, souvent rudes et parfois personnelles, lui avaient valu beaucoup d’inimitiés.
« Criminels, menteurs »
Selon les organisateurs de la manifestation, ces recherches ont mis à jour des liens entre le ministre du Tourisme, Konrad Mizzi, et Keith Schembri, chef de cabinet du premier ministre, Joseph Muscat, avec une société dont le siège est à Dubaï, appelée 17 Black, et des liens de cette dernière avec d’autres sociétés dont le siège est à Panama. « Criminels, menteurs, votre place est en prison », ont scandé les manifestants, demandant la vérité sur le meurtre de la journaliste maltaise.
L’instruction concernant la mort de la journaliste est toujours en cours. Trois hommes, inculpés le 5 décembre, ont plaidé non coupables d’avoir fabriqué la bombe qui a tué la journaliste et de participation à une organisation criminelle.

« Le projet Daphne », une enquête en plusieurs volets
Une enquête mondiale sur les traces de la journaliste maltaise assassinéeQui a ordonné l’assassinat de Daphne Caruana Galizia ?La piste des commanditaires politiques reste inexploréePilatus, la banque maltaise qui recycle l’argent de l’Azerbaïdjan en EuropeMalte, l’île des passeports en orProfession, vendeur de passeportsLa vente de passeports, un business qui inquiète l’OCDE





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les exemptions aux taxes sur l’acier et l’aluminium décidées par les Etats-Unis expirent le 1er mai et pourraient ne pas être renouvelées.
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Taxes sur l’acier et l’aluminium : l’Union européenne se tient « prête à réagir »

Les exemptions aux taxes sur l’acier et l’aluminium décidées par les Etats-Unis expirent le 1er mai et pourraient ne pas être renouvelées.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 19h36
   





                        


Emmanuel Macron, Angela Merkel et Theresa May ont de nouveau mis en garde les Etats-Unis contre des sanctions commerciales vis-à-vis de l’Europe, dimanche 29 avril, estimant que l’Union européenne (UE) « doit se tenir prête à réagir, le cas échéant, avec efficacité et célérité ».
« Les trois dirigeants souhaitent que Washington ne prenne pas de mesures contraires aux intérêts transatlantiques », selon un communiqué publié par l’Elysée à l’issue d’un entretien téléphonique, samedi, entre le président français, la chancelière allemande et la première ministre britannique.
Plusieurs pays, dont le Canada, le Mexique, l’Union européenne et la Corée du Sud, ont bénéficié d’exemptions aux taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium annoncées en mars par l’administration américaine. Mais celles-ci arrivent à expiration le 1er mai et pourraient ne pas être renouvelées. Larry Kudlow, principal conseiller économique de Donald Trump, a d’ailleurs signifié jeudi que l’UE devait faire « des concessions » si elle voulait échapper à ces droits. Ce à quoi le ministre de l’économie français, Bruno Le Maire, avait répondu que l’Europe n’avait aucune concession à faire.

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Cette semaine, M. Macron et Mme Merkel se sont succédé à Washington pour tenter de convaincre le président américain Donald Trump de préserver l’UE de sanctions commerciales. Dans le cas contraire, les Européens ont dit et répété que, sans exemption, des mesures de représailles viseraient des produits emblématiques américains.
Action pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien
Emmanuel Macron et Angela Merkel ont également plaidé auprès de Donald Trump pour sauvegarder l’accord stratégique sur le nucléaire iranien.
Lors de leur entretien téléphonique, les trois dirigeants ont échangé « sur la double dynamique affirmée à Washington », « d’une part, la poursuite du travail de conviction jusqu’au 12 mai pour que les États-Unis restent dans l’accord de 2015 » et, « d’autre part, un travail à engager, dès à présent, pour intégrer l’acquis de cet accord dans un accord-cadre, plus large, qui couvre aussi la période après 2025, ainsi que les préoccupations des États-Unis et de l’Europe sur l’activité balistique iranienne et les conflits au Moyen-Orient ».
« Dans ce double effort, l’unité des Européens en format E3 (France, Allemagne, Royaume-Uni) sera décisive pour préserver nos intérêts et notre sécurité », poursuit le communiqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Pour peser sur l’élection, Nikol Pachinian, à qui il manque 11 voix pour être élu premier ministre, a appelé ses partisans à organiser un meeting géant dans la soirée.
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Arménie : manifestation pour soutenir la candidature de l’opposant Nikol Pachinian

Pour peser sur l’élection, Nikol Pachinian, à qui il manque 11 voix pour être élu premier ministre, a appelé ses partisans à organiser un meeting géant dans la soirée.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 18h12
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 07h32
   





                        


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            data-slide-description="La manifestation de l'opposant Nikol Pachinian dans la ville de Vanadzor, la troisième plus grande ville d'Arménie après Erevan, la capitale, et Gyumri."
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            data-slide-description="Les gens saluent le passage de l'opposant Nikol Pachinian dans la village de Margahovit, environ 65 km au nord d’Erevan."
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            data-slide-description="Le convoi en route vers la manifestation et le meeting de Nikol Pachinian."
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            data-slide-description="Tout au long de la route vers Gumri, le convoi est salué, comme ici."
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            data-slide-description="Nikol Pachinian après son discours dans la ville d’Idjevan, capitale de la région de Tavush, non loin du lac Sevan."
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            data-slide-description="A  Vanadzor, Nikol Pachinian traversant la foule pour accéder à la tribune."
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            data-slide-description="L’arrivée à Vanadzor, la troisième plus grande ville d'Arménie , le 28 avril."
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            data-slide-description="A la tribune, devant ses supporteurs rassemblés à Vanadzor."
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            data-slide-description="Sa mère fait patienter Astrik, 4 ans, pour assister au meeting."
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            data-slide-description="Dans la foule, Anait Vartinian, 56 ans (souriante, à droite) : « Enfin de l’espoir dans cette ville qui a tant souffert et ne survit que grâce à la diaspora ! »"
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            data-slide-description="Les plus âgés espèrent que Nikol Pachinian retiendra les jeunes tentés par le départ."
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            data-slide-description="Nikol Pachinian espère que c’est la mobilisation populaire qui permettra au Parlement arménien de l’élire premier ministre."
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            data-slide-description="Pour tous ses supporteurs, l’opposant représente un espoir de revanche, un rêve de justice."
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            data-slide-description="A la tribune, dans la ville de Vanadzor."
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La manifestation de l'opposant Nikol Pachinian dans la ville de Vanadzor, la troisième plus grande ville d'Arménie après Erevan, la capitale, et Gyumri.

OLGA KRAVETS POUR LE MONDE
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C’est une démonstration de force dans les rues d’Erevan qu’espérait l’opposant arménien Nikol Pachinian, dimanche 29 avril. Des milliers de personnes se sont réunies dans les rues de la capitale de l’Arménie. Leur objectif : permettre à M. Pachinian, qui ne dispose toujours pas d’assez de soutiens, d’être élu à la tête du gouvernement.
« La victoire de la révolution de velours est irrévocable », a lancé Nikol Pachinian à la foule qui agitait des drapeaux nationaux. « En vous regardant dans les yeux, je vous dis : oui, je suis prêt, avec un profond sens des responsabilités, à assumer la fonction de premier ministre », a-t-il ajouté.
Depuis le 13 avril, cette ancienne république soviétique du Caucase est plongée dans une crise politique sans précédent : un mouvement de protestation a provoqué le 23 avril la démission de Serge Sarkissian, tout juste élu premier ministre, après avoir été le chef de l’Etat pendant dix ans. Convoqué en session extraordinaire mardi, le Parlement arménien doit lui élire un successeur pour diriger le gouvernement.

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Pour peser sur l’élection, Nikol Pachinian a appelé ses partisans à organiser un meeting géant dimanche dans la soirée. « Nos fantastiques rassemblements dans le pays ont eu un effet puissant sur la situation », a-t-il dit à ses partisans dans une vidéo. « Tout ira bien. Nous devons continuer jusqu’à la victoire ».
11 voix manquantes
A la tête du mouvement de protestation, le député Nikol Pachinian, un ancien journaliste et opposant de longue date, est actuellement le seul candidat déclaré pour le poste de premier ministre. Samedi, après des jours de négociations, le parti Arménie prospère, qui compte 31 sièges au Parlement, a annoncé qu’il le soutiendrait, tout comme le parti Fédération révolutionnaire arménienne, qui en a sept. M. Pachinian, 42 ans, peut également compter sur l’appui de la coalition Yelk (neuf sièges), soit un total de 47 voix.

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Mais pour être élu, il doit obtenir le vote de 53 des 105 députés. Il aura donc besoin de quelques transfuges du Parti républicain, qui détient la majorité absolue au Parlement, avec 58 sièges. Ce parti a annoncé qu’il ne présenterait personne en son nom et qu’il attendrait de connaître l’identité de tous les candidats pour arrêter sa position.
« Si trois forces politiques parlementaires soutiennent un seul candidat pour l’élection du premier ministre, alors le Parti républicain ne s’y opposera pas », a d’ores et déjà annoncé Vagram Bagdassarian, le porte-parole du groupe parlementaire du Parti républicain. « Les députés du parti au pouvoir semblent ne pas vouloir être un obstacle à ma candidature », a confirmé Nikol Pachinian, qui a fait part de sa volonté de tenir une réunion avec cette formation politique.
Accueilli en héros
Nikol Pachinian est allé cette semaine à la rencontre de ses partisans à travers l’Arménie, accueilli en héros dans des villes et des villages par des foules agitant le drapeau de l’Arménie.

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Il a également rencontré des députés russes, leur assurant qu’une fois au pouvoir il ne mettrait pas en danger les bonnes relations qu’entretiennent Erevan et Moscou. L’Arménie dépend des investissements et de l’aide de la Russie et abrite une base militaire russe. Des garde-frontières russes patrouillent à sa frontière avec la Turquie et l’Iran.
Après deux semaines d’immobilisme, du moins en public, la Russie a récemment semblé se positionner en médiateur. Jeudi, Vladimir Poutine s’est entretenu au téléphone avec le chef de gouvernement par intérim Karen Karapetian.
Du côté des Etats-Unis, le département d’État a appelé samedi à « une solution qui reflète les intérêts de tous les Arméniens ».

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Reportage

En Allemagne, la diaspora africaine en quête de reconnaissance

Longtemps ignorées, les associations représentant les communautés noires s’affirment et commencent à être entendues par les autorités politiques.

Par                Aimie Eliot (contributrice Le Monde Afrique, Berlin)



LE MONDE
              datetime="2018-04-29T17:45:24+02:00"

        Le 29.04.2018 à 17h45






    
Le député allemand d’origine sénégalaise Karamba Diaby, à Halle, en Allemagne, le 6 septembre 2017.
Crédits : JOHN MACDOUGALL/AFP


D’un bâtiment au crépi fraîchement refait de la rue du Togo, à Berlin, s’envole un concerto de Vivaldi. Les retardataires, escarpins et blouses en wax, s’y engouffrent à petits pas, guidés par la mélopée. Entre les rayons « Auteurs de la diaspora africaine » et « Afrofuturisme » de la bibliothèque flambant neuve de l’organisation Each One Teach One (EOTO) vibrent les violons du String Archestra, un quintet composé de musiciens berlinois issus des minorités ethniques, « traditionnellement écartés de la musique classique à cause de leur origine », selon les mots de sa fondatrice, Daniele G. Daude.
Casser les clichés qui collent à la peau des personnes d’ascendance africaine fait partie des piliers d’EOTO, à qui le ministère allemand de la jeunesse et de la famille vient d’accorder une subvention. « C’est une première en Allemagne pour une association noire », s’enthousiasme Nadja Ofuatey-Alazard, documentariste et secrétaire de l’organisation. Exit le local exigu de la Müllerstrasse, qui n’abritait au départ qu’une petite bibliothèque de quartier dédiée à la littérature africaine ; dans ses nouveaux locaux, EOTO dispose désormais des ressources humaines et logistiques pour devenir un véritable centre de rencontre et de formation « pour toute personne ayant un lien avec l’Afrique », souligne-t-on à la direction de l’organisation.

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Togostrasse 76 : la nouvelle adresse d’EOTO relève du symbole. L’espace est situé au cœur du « quartier africain » de Wedding, où une dizaine de rues font référence au passé colonial de l’Allemagne, glorification d’un amer passé dénoncé depuis des années par les communautés noires. Les quels viennent d’ailleurs d’obtenir que trois de ces rues soient rebaptisées. « On avait la possibilité d’aller à Kreuzberg ou Neukölln, où on trouve beaucoup d’organisations culturelles et multiethniques, précise Daniel Gyamerah, membre de l’organisation. Mais c’était important pour nous de rester là où vit une grande partie de la communauté africaine et de contribuer à décoloniser le quartier ! »
Racisme institutionnel
La soirée d’ouverture a un goût de triomphe, après plusieurs années de lobbying acharné auprès des politiques afin d’obtenir une aide financière. « La politique allemande ne s’est jusque-là jamais vraiment intéressée à la diaspora africaine et met peu en avant ses contributions culturelles et politiques dans la société allemande », déplore Karamba Diaby, premier député allemand d’origine africaine – en l’occurrence sénégalaise –, qui soutient le projet depuis sa création. « Si Berlin est une ville internationale, au niveau héritage africain, zéro ! Comme si l’Allemagne oubliait qu’elle avait eu un passé colonial », renchérit Funmi Kogbe, la directrice d’EOTO, une Nigériane installée à Berlin depuis treize ans.
Négligence pour les uns, refoulement pour les autres, l’attitude de l’Allemagne a contribué, affirment les associations noires, à nourrir un racisme institutionnel. Berlin a de fait été épinglée par les Nations unies, qui dénoncent, dans un rapport publié en 2017, une hausse des discriminations raciales – notamment des contrôles au faciès – envers les communautés d’origine africaine. « Quand vous êtes né ici, que vous ne connaissez que ce pays mais qu’on vous demande, parce que vous êtes visiblement différent, “mais d’où viens-tu vraiment ?”, vous ne pouvez que vous sentir blessé », dénonce Funmi Kogbe.

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C’est la jeunesse allemande d’ascendance africaine qui contribue aujourd’hui à faire bouger les lignes. « A la différence de la première génération, qui n’était pas été très engagée car beaucoup luttaient pour survivre et avaient pour objectif de rentrer en Afrique, la deuxième veut se battre pour revendiquer sa place dans cette société qui est la sienne », commente Karamba Diaby.
Joshua Kwesi Aikins, trentenaire germano-ghanéen membre de l’association Initiative Schwarze Menschen in Deutschland, incarne l’engagement passionné de ces jeunes Afro-Allemands qui se mobilisent pour rappeler au gouvernement qu’il doit garantir « le respect des droits humains en Allemagne, l’accès à la justice pour tous et l’égalité des citoyens devant les lois », énumère le militant. Si les communautés noires commencent timidement à pénétrer les institutions, c’est que les jeunes ont les moyens de se politiser davantage, affirme-t-il : « Il existe désormais des structures associatives où on peut partager nos expériences. Et puis nous connaissons les institutions de l’intérieur, on étudie ici, on sait comment agir. »
Cours d’histoire et atelier coiffure
Joshua Kwesi Aikins anime des ateliers de sensibilisation au racisme au sein de la Black Diaspora School d’EOTO. Depuis qu’elle fréquente cette académie, Cindy Dzifa se dit fière d’être noire : « Grandir dans une société blanche quand on est d’origine africaine, c’est difficile, on fait toujours partie de la minorité. Avec EOTO, je ne me sens plus isolée, j’appartiens à une communauté. » La lycéenne germano-ghanéenne a découvert l’association grâce à sa professeure Saraya Gomis. L’enseignante d’origine sénégalaise, inquiète de voir ses lycéens « véhiculer une image horrible de l’Afrique, qu’ils rejettent », y avait organisé une sortie de classe. Elle est aujourd’hui l’un des membres actifs d’EOTO.

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Du cours d’histoire de l’Afrique à l’atelier coiffure pour cheveux crépus, en passant par des rencontres avec des réalisateurs et des écrivains de la diaspora africaine, EOTO multiplie les angles d’attaque pour forger, dans l’esprit des jeunes Afro-Allemands, une image positive de leur identité. « Il faut leur offrir d’autres histoires que celles des médias, les convaincre que l’hétérogénéité dans une société, c’est beau », souligne Saraya Gomis. Et à ceux qui taxent l’organisation de communautarisme, l’enseignante rétorque : « Si on ne change pas nous-mêmes les choses pour notre communauté, personne ne le fera à notre place. »


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le président français et la première ministre britannique lancent cet appel à l’occasion du 21e anniversaire de la Convention sur les armes chimiques dimanche 29 avril.
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Emmanuel Macron et Theresa May veulent renforcer l’interdiction des armes chimiques

Le président français et la première ministre britannique lancent cet appel à l’occasion du 21e anniversaire de la Convention sur les armes chimiques dimanche 29 avril.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 13h34
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 13h38
   





                        


Emmanuel Macron et Theresa May appellent à renforcer l’interdiction des armes chimiques. Le chef de l’Etat français et la première ministre britannique ont tous les deux publié sur Twitter un message en ce sens dimanche 29 avril dans la matinée, à l’occasion du 21e anniversaire de la convention qui proscrit l’usage d’armes chimiques.
« A l’occasion du 21ᵉ anniversaire de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, et après les événements de Douma et Salisbury, @Theresa_May et moi appellons [sic] la communauté internationale à renforcer avec nous l’interdiction de ces armes de destruction massive », écrit Emmanuel Macron.
« Il y a vingt et un ans, la convention sur l’interdiction des armes chimiques bannissait l’usage, le développement, la production et le stockage de ces armes terribles. Emmanuel Macron et moi réaffirmons notre attachement à cet accord et appelons les autres nations à se joindre à notre position ferme : nous ne devrions jamais revenir en arrière », dit le 10 Downing Street.

21 years ago, the Chemical Weapons Convention banned the use and development, production and stockpiling of these t… https://t.co/MW8UhL4y6v— 10DowningStreet (@UK Prime Minister)


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Un appel sur fond de conflit syrien et d’affaire Skripal
La convention est entrée en vigueur le 29 avril 1997. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), chargée de la mettre en œuvre, rassemble cent quatre-vingt-douze pays et siège à La Haye.
La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont procédé le 14 avril à des frappes d’une ampleur inédite contre le régime de Bachar Al-Assad, qu’ils accusent d’une attaque chimique supposée le 7 avril à Douma, près de Damas, en Syrie.
Selon une délégation syrienne qui s’est exprimée jeudi devant l’OIAC, l’attaque était une mise en scène. La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont dénoncé une « mascarade obscène ».
Londres accuse par ailleurs Moscou d’avoir empoisonné le 4 mars à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille, ce que dément la Russie.



                            


                        

                        

