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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Deux documentaires retracent les événements à travers le témoignages de policiers et de gendarmes (sur France 3 à 20 h 55 et le 5 mai sur Toute l’Histoire).
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TV - Mai 68, de l’autre côté des barricades

Notre choix du soir. Deux documentaires retracent les événements à travers le témoignages de policiers et de gendarmes (sur France 3 à 20 h 55 et le 5 mai sur Toute l’Histoire).



Le Monde
 |    30.04.2018 à 18h00
    |

                            Antoine Flandrin








                        


Documentaire sur France 3 à 20 h 55



Cinquante ans après Mai 68, la parole est donnée aux oubliés de ces journées qui ébranlèrent la France : policiers, gendarmes, pompiers… Dans deux documentaires diffusés cette semaine, des anciens flics racontent les barricades, les insultes, les jets de pavés, mais aussi les arrestations, les charges, les grenades de gaz lacrymogène et les coups de matraque donnés aux étudiants, parfois au sol. Il en ressort que les forces de l’ordre furent souvent désemparées, sinon dépassées, face à des manifestants déterminés.
68 : sous les pavés… les flics, de Laurent Chabrun et David Korn-Brzoza, se concentre sur des témoignages d’anciens CRS, gendarmes mobiles, commissaires et policiers infiltrés. S’appuyant sur des archives filmiques en couleurs, souvent inédites, ce film restitue les différents ressentis : un ex-flic reconnaît avoir eu la « trouille » ; un de ses anciens collègues admet n’avoir rien compris aux revendications des jeunes.



Les témoins interrogés insistent surtout sur le fait que leurs équipements étaient sommaires et inadaptés : les CRS, en chemise cravate, étaient flanqués de lourds boucliers rarement transparents ; les gendarmes, coiffés de casque datant de la seconde guerre mondiale, portaient des lunettes d’aviateur peu efficaces pour se protéger des projectiles.
Eviter l’irréparable
Ce film se distingue également par son récit méticuleux des événements, au jour le jour. Il montre ici que l’action des policiers est suspendue aux ordres du pouvoir. On perçoit les tensions au plus haut niveau, entre le président, de Gaulle, le premier ministre, Georges Pompidou, et le ministre de l’intérieur, Christian Fouchet. Sans oublier le préfet de police de Paris, Maurice Grimaud, auquel le documentaire confère une centralité. Marqué par les manifestations sanglantes du 6 février 1934, place de la Concorde, il se fixe pour objectif de maintenir l’ordre sans avoir à ramasser de cadavres. Si les journées de Mai-Juin 68 font cinq morts, dont deux parmi les forces de l’ordre, le préfet a réussi son pari. Jamais la ligne rouge n’a été franchie : ni les flics ni les manifestants n’ont commis intentionnellement l’irréparable.
Mai 68, dans l’œil de la police, de François Pomès, en arrive à la même conclusion. Beaucoup moins riche d’un point de vue filmique, son documentaire est néanmoins plus analytique. La multiplicité des points de vue, ceux des policiers, des pompiers, mais aussi des historiens, des photojournalistes, ainsi que des meneurs du mouvement étudiant tel Alain Geismar, permet d’élargir les problématiques. Ne se cantonnant pas au Quartier latin, le film aborde la question des affiches représentant la brutalité policière à Toulouse et à Lyon. Il rappelle aussi que l’histoire des affrontements en Mai 68 se décline au masculin.

   


Ce documentaire propose également une lecture différente de la disparition du général de Gaulle, le 29 mai, à Baden-Baden. S’ils reconnaissent s’être sentis abandonnés, les policiers interrogés ne louent pas moins « l’idée magistrale » du général. En créant un sentiment de vide, le président de la République aurait réussi à renverser la vapeur. Sur cette question, le film de Chabrun et Korn-Brzoza se montre plus rigoureux, rappelant à quel point cette fuite fut désespérée : ­de Gaulle était à ce moment-là prêt à renoncer au pouvoir.
68 : sous les pavés… les flics, de Laurent Chabrun et David Korn-Brzoza, sur France 3, lundi 30 avril, à 20 h 55.
Mai 68, dans l’œil de la police, de François Pomès, sur Public Sénat, samedi 5 mai, à 22 h 30.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le lieu rappelle qu’entre 1870 et 1950 près de 4400 afro-américains furent pendus sous des prétextes de toutes sortes.
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En Alabama, un mémorial rappelle les heures sombres du lynchage des noirs

Le lieu rappelle qu’entre 1870 et 1950 près de 4400 afro-américains furent pendus sous des prétextes de toutes sortes.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 17h35
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



   


Une des pages les plus sombres de l’histoire des Etats-Unis peut désormais se lire à ciel ouvert, dans l’Alabama. Un monument en mémoire des Noirs lynchés dans le pays entre 1870 et 1950 vient d’ouvrir à Montgomery, carrefour douloureux où, au fil des décennies, se sont croisés le pire de la ségrégation et les faits d’armes de la lutte pour les droits des Afro-américains.
Ce lieu de mémoire est le premier du genre aux Etats-Unis, toujours en proie aux débats sur l’esclavage, les discriminations raciales et la survivance du suprématisme blanc. Inspiré du Mémorial de l’Holocauste, à Berlin, le Mémorial pour la paix et la justice déploie 800 stèles d’acier de couleur sombre, dans des nuances de tons évoquant la couleur de peau des victimes. Chacune, gravé d’un nom et d’un lieu, est accrochée au plafond, comme un pendu se balançant au bout d’une corde.
Affronter ce morbide passé
À l’extérieur de ce sinistre déambulatoire, autant de stèles sont couchées dans l’herbe, cimetière de classiques pierres tombales. Chacune d’elles représente un des comtés où l’un de ces crimes a été commis. Equal justice initiative, l’association de défense des droits à l’origine du projet, espère que les villes concernées viendront bientôt s’en emparer pour créer à leur tour un lieu de mémoire local. Le succès ou non de cette proposition permettra d’identifier les communautés soucieuses d’affronter ce morbide passé... et les autres, assure l’organisation.
Les « crimes » qui sont imputés aux victimes donnent la dimension de l’arbitraire et de la rage de l’époque
Comme dans un dialogue symbolique entre le Mémorial national et le reste du pays, une autre exposition présente plusieurs centaines de bocaux emplis de la terre des lieux où les victimes furent pendues, brûlées, lapidées, poignardées, découpées parfois. Un camaïeu d’ocres et de marrons, sur lequel, là encore, figurent une date et un nom.
D’une phrase, un destin tragique est résumé : David Walker, sa femme et leurs quatre enfants lynchés à Hickman, Kentucky, en 1908, après que M. Walker eut été accusé d’avoir utilisé un langage inapproprié envers une femme blanche ; Fred Rochelle, 16 ans, brûlé vif en public devant des milliers de personnes, en Floride, en 1901 ; Parks Banks, lynché dans le Mississippi en 1921 pour avoir détenu la photographie d’une femme blanche. Les « crimes » qui sont imputés aux victimes donnent la dimension de l’arbitraire et de la rage de l’époque. L’un des accusés aurait « bu dans le puits d’un Blanc », un autre aurait « pris un manteau dans un hôtel » ; d’autres encore auraient « marché derrière la femme d’un employeur blanc », « protesté contre des salaires trop bas » ou refusé de « céder ses terres à des Blancs ».
Un régime de ségrégation sans limites
La majeure partie des quelque 4 400 cas de lynchages ou exécutions sommaires minutieusement répertoriés ont eu lieu dans les Etats du sud, où prédominait l’esclavage jusqu’à son abolition en décembre 1865. Mais les recherches effectuées depuis 2010 par le créateur du Mémorial, Bryan Stevenson, un avocat afro-américain spécialisé dans la défense des détenus injustement accusés, montrent aussi des crimes commis plus au nord du pays, au total dans une vingtaine d’Etats. Le rappel que la violence meurtrière et raciste permise par des institutions complices et un régime de ségrégation légalement organisé [les lois Jim Crow], n’avait guère de limites.
À l’extérieur du Mémorial, des statues d’esclaves de l’artiste Kwame Akoto-Bamfo, tout en douleur, complètent le triste tableau. Pour M. Stevenson, le lien avec l’esclavage, ancré dans les mentalités américaines durant des décennies, est naturel. « La raison pour laquelle personne ne s’est soucié de voir des milliers de Noirs pendus, noyés, battus, brûlés à mort sur la pelouse d’un tribunal, devant des milliers de spectateurs applaudissant, tient à cette idéologie de la suprématie blanche », a-t-il déclaré dans la presse. Un sentiment qui, ces derniers mois, a refait surface de manière spectaculaire à l’occasion de manifestations défendant l’héritage de la Confédération [l’alliance des Etats esclavagistes] et de ses symboles, drapeaux ou statues.
Un miroir tourmenté de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui
Le jour de l’inauguration du Mémorial, jeudi 26 avril, des petits-enfants de victimes de lynchages ont témoigné à la radio et dans les journaux américains du traumatisme toujours à fleur de peau dans leurs familles. La terreur volontairement instillée par ces exécutions sommaires dans la population noire durant des décennies a provoqué l’exode de quelque six millions d’Afro-Américains des Etats du Sud vers les Etats du Nord, transformant la démographie de villes comme Chicago, Detroit ou New York. Un journal local, le Montgomery Advertiser, s’est aussi excusé pour sa couverture « honteuse » des violences envers les Afro-Américains entre les années 1870 et 1950, s’estimant « complice » de ces exactions restées impunies. Dans son éditorial, il a reconnu avoir « propagé une vision du monde ancré dans le racisme et le mythe révoltant de la supériorité raciale ».
Mais pour les créateurs du Mémorial et du musée adjacent, ce lieu ne constitue pas seulement une plongée douloureuse dans l’histoire du pays ; ancré dans le présent, il entend aussi dénoncer les discriminations raciales à l’œuvre dans le système judiciaire et policier américain. Comme le miroir tourmenté de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Une exposition au musée de la danse de Rennes rend hommage au chorégraphe américain inventeur du « Contact Improvisation » dans les années 1970.
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Dans les pas de Steve Paxton, libérateur des corps

Une exposition au musée de la danse de Rennes rend hommage au chorégraphe américain inventeur du « Contact Improvisation » dans les années 1970.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 16h39
    |

                            Rosita Boisseau








                        



   


« Un art martial mais sans le martial, un art-coopération. » Jeux de mots, de jambes, cette formule du danseur et chorégraphe américain Steve Paxton définit le Contact Improvisation qu’il inventa dans les années 1970. Capsule secouée d’aïkido, d’acrobatie et de danse, qui s’avale cul sec, en duo mais aussi en groupe. Autant dire que le résultat sent parfois bon la pagaille au point de faire surgir des comparaisons follement lyriques. « Ça ressemble à des chiens qui se chamaillent, des gens qui font l’amour ou la sieste ou encore de la voltige », s’emballe le très passionné Romain Bigé, philosophe et praticien, commissaire de l’exposition Gestes du Contact Improvisation, jusqu’au 5 mai, au Musée de la danse, à Rennes.

        Lire aussi le portrait :
         

          Steve Paxton remonte aux sources du geste



Concrètement, cette pratique, devenue la routine de nombre de professionnels et d’amateurs dans le monde entier, est fondée sur une invention gestuelle spontanée qui utilise toutes les parties du corps. Avec un principe : ne jamais perdre le contact de son (ou ses) partenaire(s). Cette spécificité la différencie de l’improvisation au sens plus classique du terme. C’est l’ici et le maintenant qui parlent, la qualité de l’air, la texture de la lumière, l’humeur du jour et le courant qui passe (ou pas). Et il peut en arriver de drôles lorsque deux personnes se jettent à l’assaut l’une de l’autre sans prédire ce que sera leur rencontre. « A l’origine, Steve Paxton a fait de nombreuses fois, en studio mais aussi en forêt, l’expérience de se jeter dans les airs en fermant les yeux pour voir ce qui allait arriver, poursuit Romain Bigé. De cette situation va naître l’idée d’un corps réflexe, intuitif. Et la chute est devenue un des gestes-clés de sa pratique car elle ouvre un espace de désorientation qui dépasse la monotonie de nos repères physiques. » En débordant les habitudes et les codes. 
Favoriser l’inconnu, l’éphémère, la surprise
Loin du déjà-vu, de la duplication du même, du style et de l’académisme, le Contact Improvisation opte résolument pour l’inconnu, l’éphémère, la surprise. Plonger dans l’action comme si c’était la première fois mais aussi la dernière. Avec l’urgence et la détermination de l’exploration et d’une expérience de soi inédite. « Le Contact Improvisation est un sous-programme de la danse, énonçait non sans humour Steve Paxton à la fin des années 1990. On ne répète pas un mouvement préenregistré mais on découvre les forces souterraines du geste. » A condition d’être disponible, d’aimer jouer et se mettre en danger. « Ça ressemble à un saut dans le vide, décrit le chorégraphe Mark Tompkins, figure de l’impro depuis les années 1980 après avoir suivi le premier stage donné par Paxton en 1978 en France. Je ne sais pas ce qui va m’arriver. Je ne veux rien savoir d’ailleurs mais garder la spontanéité. Comme dans la vie, je dois m’adapter sans cesse et en temps réel à ce que j’ignore de moi, de l’autre. »
Patricia Kuypers, spécialiste du « Contact Improvisation » et praticienne : « Ce n’est que depuis une dizaine d’années que le nombre de pratiquants explose en France »
Stratégie de liberté, le Contact Improvisation a bouleversé la transmission du geste et impulsé une lame de fond qui continue de nourrir les démarches des artistes aujourd’hui. « Dans les années 1970, cette approche a été une véritable déflagration dans le monde de la danse, commente Patricia Kuypers, spécialiste et praticienne. Paxton a proposé une autre manière d’entrer dans le geste à travers les sens et la perception, sans que le chorégraphe ou l’enseignant montre à travers son propre corps comme c’était le cas généralement, mais en suggérant, en défiant les limites pour découvrir ce que chacun recèle comme possibilité dont il n’est pas conscient. Impossible aujourd’hui qu’un danseur contemporain n’ait pas touché une fois à cette pratique qui offre une opportunité de renouvellement. »
Si les artistes français ont eu la chance de profiter très tôt de l’enseignement de Paxton et de ses amis, dont Lisa Nelson, la reconnaissance du Contact Improvisation a pourtant été plus lente dans l’Hexagone que dans les pays anglo-saxons. « Sans doute à cause de son aspect non formel et de son esprit communautaire dans un milieu qui reste assez attaché à une certaine esthétique du mouvement et à une organisation des compagnies assez hiérarchisée, poursuit Patricia Kuypers. Ce n’est que depuis une dizaine d’années que le nombre de pratiquants explose en France. » En plein dans la tendance retour à la communauté, au danser-ensemble, le Contact Improvisation matérialise le désir de rencontre et de dialogue que l’art comme la société pistent sur tous les fronts avec ardeur.
Gestes du Contact Improvisation. Musée de la danse, Rennes. Jusqu’au 5 mai. Tél. : 02 99 63 72 93.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le film « Rafiki », qui raconte une histoire d’amour lesbien, a été interdit dans ce pays, où l’homosexualité est punie par la loi.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤         

Le film « Rafiki », sur une histoire d’amour lesbien, sélectionné à Cannes mais interdit au Kenya



LE MONDE
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        Le 30.04.2018 à 15h00

     •
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        Mis à jour le 30.04.2018 à 16h03






Durée : 01:03 | 

La réalisatrice kényane Wanuri Kahiu va présenter son film Rafiki, au prochain Festival de Cannes dans la sélection « Un certain regard ». Inspiré du roman ougandais de Monica Arac de Nyeko, Jambula Tree, le film raconte une histoire d’amour entre deux femmes à Nairobi.
Le 27 avril, le film a été interdit au Kenya, pays où l’homosexualité est punie par la loi. Selon le Comité national de classification des films, Rafiki fait la promotion de l’homosexualité et « heurte la culture et les valeurs morales du peuple kényan ».


                

                     Soupçons de corruption : qu’est-il reproché à Vincent Bolloré ?

                

                     Ports africains : Vincent Bolloré mis en examen pour « corruption »

                

                     La playlist de Binetou : les dynasties musicales en Afrique, entre héritage et innovation


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le festival Tempo Latino vient de dévoiler la programmation de sa 25e édition. Vous ne connaissez pas les artistes ? Vous hésitez ? « Le jazz et la salsa » vous aide à vous y retrouver et vous dit ce qu’il ne faudra pas rater cette année.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La chanteuse est morte à l’âge de 65 ans des suites d’une longue maladie. Sorti en 1982, son titre « Africa » s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires.
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Rose Laurens, la chanteuse du tube des années 1980 « Africa », est morte

La chanteuse est morte à l’âge de 65 ans des suites d’une longue maladie. Sorti en 1982, son titre « Africa » s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 11h22
   





                        



   


La chanteuse Rose Laurens est morte à l’âge de 65 ans dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 avril des suites d’une longue maladie, a annoncé son compagnon, Christian Soulié.
« Elle vous a fait danser par millions en créant Africa et en chantant Quand tu pars, et des dizaines d’autres titres. La flamme de Rose Laurens vient de s’éteindre des suites d’une longue maladie à laquelle elle résistait encore sur la scène du Cabaret sauvage en 2016 », écrit-il dans un communiqué.
Après la parution de plusieurs singles dans les années 1970, Rose Laurens, de son vrai nom Rose Podwojny, décroche un rôle dans la comédie musicale Les Misérables en 1980.
Disque d’or en 1982
Elle sort son premier album en 1982, Déraisonnable, qui deviendra disque d’or. C’est sur cet album que figure le titre Africa, véritable tube des années 1980 qui s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires.

Rose Laurens a sorti une dizaine d’albums, collaborant notamment avec Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Yves Duteil et plus récemment Pierre Palmade, avec qui elle a écrit son dernier album, ADN (2015).
En 2007, elle a notamment participé à la tournée RFM Party 80 aux côtés d’autres célébrités de cette période comme Lio et Début de soirée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ A la Cinémathèque, l’exposition « Les 7 Vies d’un cinéaste », accompagnée d’une rétrospective de ses films, parcourt l’œuvre immense d’un artiste qui s’est confondu avec son siècle.
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Chris Marker, un œil insatiable sur le monde

A la Cinémathèque, l’exposition « Les 7 Vies d’un cinéaste », accompagnée d’une rétrospective de ses films, parcourt l’œuvre immense d’un artiste qui s’est confondu avec son siècle.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 10h27
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Pour pénétrer dans « Les 7 Vies d’un cinéaste », l’exposition et la rétrospective de tous ses films que la Cinémathèque consacre à l’auteur de La Jetée du 3 mai au 29 juillet, il faut passer par un corridor sur les murs duquel sont posées d’immenses photographies d’un intérieur parisien, prises par l’Amé­ricain Adam Bartos en 2007. C’est le studio du 20e arrondissement dans lequel Chris Marker, cinéaste, c’est vrai, mais aussi écrivain, photographe, plasticien, musicien, a passé les dernières années de sa vie, jusqu’à sa mort, le 29 juillet 2012, à 91 ans.
Mieux vaut ne pas faire que passer par ce corridor mais y séjourner un peu. Il faut du temps pour assimiler le fantastique désordre qui gronde sous ces alignements de ­livres, de VHS, de DVD, derrière cette prolifération de machines (caméras, ordinateurs, lecteurs de cassettes ou de disques numériques) qui raconte le passage de l’analogique au numérique, à la surface des innom­brables collages que Marker insérait dans les volumes au gré de ses lectures.

Ces images sont un présage de ce qui va suivre. Aussi judicieux qu’aient été les choix des trois commissaires de l’exposition, Raymond Bellour, Jean-Michel Frodon et Christine Van Assche, aussi chronologique que soit l’enchaînement des sept espaces qui la composent, il faudra trouver soi-même son chemin dans une œuvre à la si vaste étendue, de la Sibérie à la Guinée-Bissau, d’Au­bervilliers à Tokyo, sur des terrains si dif­férents, du super-8 à la Toile, de l’imprimé au CD-Rom, qu’elle paraît recouvrir toute l’époque qui l’a vue naître.
On peut emprunter la voie politique, suivre les pas de Chris Marker au temps où il arpentait le bloc socialiste (URSS, Chine, Corée du Nord, Cuba…) avant d’être à la fois ­prophète et photographe de Mai 1968, et conclure ce parcours en se calant pour trois heures dans un des recoins de pro­jection de l’exposition pour voir ou revoir Le fond de l’air est rouge (1977),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ A l’occasion de l’exposition que lui consacre la Cinémathèque française, nous reproduisons ici un texte inédit du cinéaste, « Maytrek 1968 ».
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Chris Marker fait débarquer « Star Trek » en Mai 68

A l’occasion de l’exposition que lui consacre la Cinémathèque française, nous reproduisons ici un texte inédit du cinéaste, « Maytrek 1968 ».



Le Monde
 |    30.04.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 10h51
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


« Chris Marker, les 7 vies d’un cinéaste », exposition très fouillée sur l’un des plus grands essayistes du cinéma français (Description d’un combat, La Jetée, Le Fond de l’air est rouge, Sans soleil) ouvre ses portes jeudi 3 mai (jusqu’au 27 juillet) à la Cinémathèque française. Un fonds immense – tel que cet archiviste facétieux et maniaque pouvait seul en générer – a été acquis par la Cinémathèque auprès de la famille, d’autres sources ont été consultées ailleurs. Jean-Michel Frodon, l’un des commissaires, a mis ainsi la main sur un document inédit à l’Institut Lumière à Lyon, appartenant au fonds Argos, société de production d’Anatole Dauman, qui accompagna Marker dans ses principaux chefs-d’œuvre. Ce texte, intitulé Maytrek 1968, non intégré dans l’exposition, est un projet écrit en 1986 et resté sans suite, pétillant d’intelligence et de fantaisie, de film commémoratif écrit en vue du vingtième anniversaire de Mai 68. Deux grandes passions de l’aventurier Marker, la révolution et l’exploration spatiale, s’y rencontrent. L’occasion, en ce soixantième anniversaire de l’événement, était trop belle pour ne pas donner ce document inconnu à lire, que nous avons pris la liberté d’illustrer par une iconographie non moins inédite, composée de sept photographies prises par le cinéaste vingt ans plus tôt, sur le vif de Mai 68.

        Lire aussi la critique de l’exposition à la Cinémathèque :
         

          Chris Marker, un œil insatiable sur le monde







   


« 22 JUL 86
Maytrek 1968 – Outline
Pour les infortunés qui ne sont pas familiers de l’univers STAR TREK, quelques mots d’introduction sont nécessaires.
STAR TREK, série culte de la télévision américaine, et qui a donné naissance à trois longs-métrages de cinéma, met en scène l’équipage d’un vaisseau spatial, l’Enterprise, parcourant la galaxie à la recherche d’aventures bigarrées. Le capitaine Kirk, son second Mr. Spock (un Vulcain aux oreilles pointues), le docteur McCoy, les lieutenants Tchekhov et Zulu (un Japonais, car l’aspect multiracial du futur est soigneusement entretenu) sont devenus des personnages légendaires aux Etats-Unis. Leonard Nimoy, qui joue Mr. Spock et se trouve souvent en position de prendre le commandement à bord de l’Enterprise, s’est à ce point identifié à son rôle qu’il a tenu à mettre en scène lui-même le troisième des longs-métrages précités.

   


Une des situations classiques de la série consiste à mettre les aventuriers en face d’une planète inconnue, dans un coin du système solaire, où se déroulent des événements bizarres. Un personnage dominant, souvent du type savant fou, médiatise le conflit qui s’ensuit, toujours évidemment résolu par la victoire des forces du bien sur le désordre qui s’était instauré. Quelquefois la planète en question ressemble à la Terre, quand ce n’est pas la Terre elle-même, surprise dans un autre repli du temps par l’application plus ou moins cohérente du paradoxe de Poincaré. On a vu ainsi le Capitaine Kirk affronter des gangsters de Chicago pendant la prohibition, et même se trouver en présence du sabotage d’une fusée spatiale à Cap Kennedy… en 1969.

   


Je suppose qu’on a compris où je voulais en venir. Un faux épisode de STAR TREK, où le jeu temporel fait débarquer nos héros à proximité de la terre en mai 1968, où ils suivent les événements de Paris sur leurs moniteurs de télévision, où ils appellent (par « télétransportation ») certains des protagonistes à venir leur expliquer ces péripéties auxquelles ils ne comprennent goutte, me paraît une manière possible de contourner les pièges évidents d’un film-commémoration de Mai 68.

   


Ni montage de documents, déjà fait à plusieurs reprises, y compris par moi-même, ni défilé de témoins (projet réalisé pour FR3 par Daniel Cohn-Bendit), ni fiction ou parafiction à la Romain Goupil : un module familier aux jeunes spectateurs (c’est surtout à eux que je pense) traité volontairement sur un ton de légère parodie, ce qui n’empêche nullement d’y glisser des thèmes graves, posant comme hypothèse de départ un éloignement et une ignorance du sujet qui ne doivent pas être très différents de la vision de ces jeunes spectateurs, la possibilité d’utiliser les écrans de contrôle comme support de documents réels, mais aussi les personnages de science-fiction comme porteurs d’ellipses et de résumés périodiques (les fameuses « fins de chapitre » qui précèdent les pubs dans les séries classiques »), tout cela me paraît – à condition de le réussir bien sûr – un gage de liberté.

   


Un autre avantage est que, STAR TREK étant à l’origine une série fauchée (ce qui fait partie de son charme), sa reconstitution ne poserait pas de très gros problèmes budgétaires : un studio, ou un hangar aménagé avec une naïveté concertée en vaisseau spatial de fiction, utilisant des téléviseurs, de petits ordinateurs et même des gadgets électroniques courants comme s’ils étaient des objets de haute technologie, quelques trucages élémentaires faisant voler dans un espace à la Méliès des ustensiles électroménagers sur fond de rugissements synthétisés, des documents choisis pami ceux dont nous pouvons disposer gratuitement ou à bas prix… Pour situer les frais : environ une semaine de tournage 16mm en studio ou local préparé, cinq ou six jeunes acteurs et quelques seconds rôles, le reste est affaire de bonne organisation préalable et d’imagination.

   


J’ajoute que je verrais fort bien André Dussolier dans le rôle du Capitaine, et dans celui du savant fou : Cornelius Castoriadis, qui n’aurait même pas à changer de nom. Bien entendu, le projet n’étant qu’à sa toute première phase, ils ne sont ni l’un ni l’autre au courant de ces hypothèses, mais des raisons de penser que la curiosité et le goût de l’aventure professionnels de l’un, le sens de l’humour de l’autre, ne rendent pas lesdites hypothèses totalement absurdes. »
Chris Marker, cinéaste

   


Sur le Web : www.cinematheque.fr/cycle/chris-marker-les-7-vies-d-un-cineaste-441.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ « Treize libres variations sur la chouette », exceptionnelle série documentaire de Chris Marker diffusée en 1989, sort en version restaurée.
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DVD : Treize libres variations sur la Grèce Antique

« Treize libres variations sur la chouette », exceptionnelle série documentaire de Chris Marker diffusée en 1989, sort en version restaurée.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 10h27
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

C’est l’un des plus beaux objets produits par et pour la télévision qui nous revient aujourd’hui, en version restaurée, dans un indispensable coffret DVD édité par Arte. Longtemps restée invisible, L’Héritage de la chouette, série documentaire de l’énigmatique Chris Marker (inventeur d’images multisupports), apporte la preuve que le petit écran a su, certes de plus en plus rarement au cours de son histoire, non seulement parier sur l’intelligence du spectateur, mais se donner le noble rôle de dispensateur de savoirs.
Produite par La Sept (ancêtre d’Arte), sur l’initiative de Thierry Garrel (son mémorable « directeur de collection » documentaire), la série fut conçue comme un vaste chantier de réflexion sur l’influence de la Grèce antique sur le monde contemporain. Chacun des treize épisodes de vingt-six minutes se présente comme une variation libre autour d’un mot que le grec ancien a légué à la langue moderne – Démocratie, Nostalgie, Mathématique, Musique, Mythologie, Tragédies, Philosophie…
ChrisMarker a parcouru le monde, de l’université de Berkeley en Californie aux rivages du Japon, pour s’entretenir avec un aréopage impressionnant de penseurs, d’historiens, d’artistes, d’écrivains
Diffusé du 12 au 28 juin 1989, mais ensuite bloquée par la Fondation Onassis, cofinancier froissé du résultat, L’Héritage de la chouette fut tourné sur une période d’environ deux ans (entre 1987 et 1988), pendant laquelle Marker a parcouru le monde, de l’université de Berkeley en Californie aux rivages du Japon, pour s’entretenir avec un aréopage impressionnant de penseurs, d’historiens, d’artistes, d’écrivains, d’universitaires de toutes sortes. Se télescopent donc, tout au long des treize épisodes, les propos d’intellectuels comme Cornelius Castoriadis, George Steiner ou Michel Serres, de musiciens comme le compositeur Iannis Xenakis et la chanteuse Angélique Ionatos. S’y croisent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le film « Damascus Time » du réalisateur Ebrahim Hatamikia, à l’écran depuis le 14 mars en Iran, est emblématique, sur le fond et par son financement, de l’extension du domaine de la propagande.
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Un blockbuster iranien au service de la République islamique


                      Le film « Damascus Time » du réalisateur Ebrahim Hatamikia, à l’écran depuis le 14 mars en Iran, est emblématique, sur le fond et par son financement, de l’extension du domaine de la propagande.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 10h42
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








   


Finie l’époque où les grandes affiches, accrochées dans les artères iraniennes, et les vidéoclips, la plupart du temps de mauvais goût, étaient les seuls relais de la propagande de la République islamique d’Iran. Aujourd’hui, d’énormes moyens financiers et technologiques sont déployés pour réaliser des documentaires, films et séries télévisées prônant les vertus de la politique de Téhéran, notamment son engagement militaire en Syrie et en Irak.
C’est le cas du film Damascus Time (« heure de Damas »), à l’écran depuis le 14 mars dernier en Iran et en deuxième position au box-office, avec 5,85 milliards de tomans de recettes (soit presque un million d’euros), selon les chiffres publiés le 6 avril. Un véritable succès pour un blockbuster aux accents propagandistes qui témoigne, avant tout, de la nette amélioration des qualités strictement cinématographiques de ce genre de productions.

Damascus Time, du célèbre réalisateur Ebrahim Hatamikia, pur partisan de la République islamique, retrace l’épopée héroïque d’un père et de son fils, tous les deux pilotes iraniens, piégés lors d’une opération humanitaire en Syrie par les combattants de l’organisation Etat islamique (EI).
Au début du film, le fils (interprété par Babak Hamidian, une superstar du cinéma iranien) questionne l’engagement du père envers un Etat étranger, bien loin des frontières de son pays. Le jeune personnage est censé représenter les citoyens opposés à l’action de Téhéran en Syrie. Mais, au fil de l’histoire, il prend conscience de la dangerosité de l’EI, et finit par se sacrifier pour empêcher une attaque-suicide à l’avion.
Codes du cinéma d’action
Ce long-métrage respecte tous les codes du cinéma d’action. Mais son message est clair : « Sans les défenseurs des mausolées, nous aurions eu à affronter, tous les jours en Iran, esclavage, emprisonnement et sauvagerie de la part de Daech », soutient le documentariste Reza Farahmand, proche du pouvoir, dans un récent entretien accordé au quotidien Javan au sujet de ce genre de productions.
Derrière Damascus Time, dont le budget s’élève à 8 milliards de tomans (1,3 million d’euros), se trouve l’organisation artistique et médiatique OWJ, lancée en 2011 sous la présidence de l’ultra-conservateur Mahmoud Ahmadinejad. Cette structure est financée, au moins en partie, par des fonds des Gardiens de la révolution, le bras armé de la République islamique.
Messages politiques à un large public
Un lien dont OWJ ne se cache guère. « Je suis fier d’avoir reçu de l’argent des Gardiens de la révolution pour nos productions et non pas des ambassades étrangères », a déclaré, en février dernier, son directeur, Ehsan Mohammad-Hassani. Une attaque visant, semble-t-il, le grand cinéaste iranien Asghar Farhadi – qui fera l’ouverture du Festival de Cannes –, primé à l’étranger, et dont le long-métrage, Le Client (2016), avait bénéficié de l’aide financière du Festival du film de Doha.
Ces dernières années, OWJ a été très active au cinéma, mais aussi à la télévision. A travers notamment la cinquième saison de la série à succès Paytakht, « capitale » en persan. Diffusée pendant les vacances du Nouvel An iranien (le 20 mars), cette fiction relate les tribulations d’une sympathique famille iranienne qui, au lieu de profiter d’un séjour en Turquie, se retrouve face à des djihadistes en Syrie. Elle est l’œuvre de Siroos Moghaddam, réalisateur pourtant connu pour ses films comiques, légers, dénués de tout message politique et dont aucun ne laissait entrevoir d’affinités avec les valeurs portées par le pouvoir. Une preuve de la capacité d’OWJ à attirer des professionnels plus habiles, capables de faire passer des messages politiques à un public plus large, dépassant les habituels sympathisants purs et durs de l’idéologie de la République islamique d’Iran.

        Lire aussi :
         

                De Jafar Panahi à Asghar Farhadi, un champ contrechamp persan






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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le groupe suédois de variété pop envisage une tournée avec leurs doubles virtuels.
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ABBA, en hologrammes et en chansons

Le groupe suédois de variété pop envisage une tournée avec leurs doubles virtuels.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 09h38
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 10h18
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

A l’exception d’une apparition lors d’une soirée privée, en 2016, la dernière prestation publique du groupe ABBA remontait au 18 janvier 1986 à l’occasion d’une émission télévisée de la chaîne suédoise SVT1, avec en invité principal leur manageur, le producteur et auteur-compositeur Stig Anderson (1931-1997). Une séquence de deux minutes durant laquelle Agnetha Fältskog, Anni-Frid Lyngstad, Björn Ulvaeus (à la guitare acoustique) et Benny Andersson (à l’accordéon), les quatre lettres de l’acronyme, avaient chanté ensemble Tivedshambo. 

Depuis, les fans d’ABBA, champion de la variété-pop dans les années 1970, se contentaient de souvenirs de concerts, de l’achat de compilations de succès et rééditions d’albums et des prestations de dizaines de formations spécialisées dans le répertoire du groupe.
Mais vendredi 27 avril, un communiqué, par le biais du compte Instagram Abbaofficial, a été accueilli avec joie – et indifférence ou consternation pour les réfractaires ! – par celles et ceux qui espéraient de nouvelles chansons du groupe, séparé fin 1982, voire une tournée – la dernière, une cinquantaine de dates, s’était tenue de septembre 1979 à mars 1980. ABBA est de retour !

Deux nouveaux titres
Même si pour l’heure celui-ci reste assez modeste, avec la sortie de deux nouveaux titres. L’un, I Still Have Faith in You, sera interprété, ainsi que leurs principaux succès, non par les quatre ABBA mais par des hologrammes, lors d’une émission de télévision. Coproduite par la NBC et la BBC, sa diffusion est prévue en décembre.
Si tournée il y a, en 2019 ou 2020 est-il avancé, ce serait aussi avec des hologrammes. Ce retour sur scène par le biais de doubles technologique avait déjà été évoqué, en octobre 2016, par Anni-Frid Lyngstad et Benny Andersson, notamment dans le quotidien britannique The Guardian. En septembre 2017, Benny Anderson avait confirmé au quotidien suédois Expressen avoir...




                        

                        


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Le génome d’un esclave reconstitué

L’anthropologue islandais Gisli Palsson a pu retracer  le parcours d’un mulâtre grâce aux fragments d’ADN de ses 788 descendants.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 12h44
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
Le livre. Dans quelles conditions un être ­humain peut-il se voler lui-même pour gagner sa liberté ? Telle est la question posée par L’Homme qui vola sa ­liberté, la biographie de l’esclave Hans ­Jonathan par l’anthropologue islandais Gisli ­Palsson. S’appuyant sur une enquête fouillée, le récit analyse minutieusement les ferments de cette liberté.
Hans Jonathan était opiniâtre, honnête, vaillant et intelligent, nous renseigne-t-il. Mais son audace résulte aussi d’un contexte. Il était né en 1784 d’une mère esclave noire et d’un père blanc sur l’île Sainte-Croix, dans les Caraïbes, alors colonie danoise. Son statut de mulâtre lui valait, suivant la théorie raciale de l’époque, d’être considéré comme plus intelligent que les enfants nés de deux parents noirs.
Elevé au sein de la puissante famille Schimmelmann, où sa mère était « esclave de maison », il côtoya les enfants de ses maîtres et apprit à lire, compter, et jouer du violon. Transféré à l’âge de 7 ans à Copenhague, il fréquenta d’autres esclaves et se familiarisa avec les idées des Lumières.
Restaurer l’histoire
C’est ainsi que germa en lui le désir de ­liberté. A l’âge de 16 ans, il s’enfuit, échappant aux poursuites judiciaires intentées par sa maîtresse. Mais il finit par être arrêté et jugé au cours d’un procès qui défraya la chronique de la bonne société danoise. Condamné à être revendu comme esclave, il parvint à s’enfuir encore en gagnant l’Islande, où il devint un respectable commerçant et fonda une famille. Il compte aujourd’hui 788 descendants.
L’analyse de Gisli Palsson fait écho à une prouesse génétique récente de la société ­islandaise deCODE, qui a reconstitué 19 % du génome de Hans Jonathan, uniquement à partir de l’ADN de ses descendants. D’après le « Livre des Islandais », une base de données ­répertoriant l’histoire complète des familles, il serait le seul homme noir à s’être installé en Islande avant 1920.
Partant de ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Tadashi Ono expose ses images d’un mur démesuré, destiné à protéger la côte japonaise après le tsunami de 2011.
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Au Festival Kyotographie, une digue contre le Pacifique

Tadashi Ono expose ses images d’un mur démesuré, destiné à protéger la côte japonaise après le tsunami de 2011.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 16h44
    |

            Michel Guerrin (Kyoto (Japon), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Que retient-on de Fukushima ? Un tremblement de terre, un tsunami, un accident nucléaire, 22 000 morts et disparus, une catastrophe écologique. C’était le 11 mars 2011. On parle moins de l’après, par exemple de ce projet démesuré, entrepris il y a trois ans, pour protéger et rassurer ceux qui sont restés sur une côte magnifique mais qui fait peur : la construction par l’Etat et trois préfectures, en front de mer, d’une digue de béton discontinue sur près de 400 km, et qui sera achevée autour de 2020, pour un coût estimé autour de 10 milliards d’euros.
Nous n’avons pas vu cette digue. Nous l’avons vue sur une quarantaine de photographies qui forment l’exposition la plus saisissante du festival Kyotographie, à Kyoto. Son auteur est le Japonais Tadashi Ono. Dans les mois qui ont suivi le tsunami, il faisait déjà partie des nombreux photographes qui ont documenté la côte martyrisée, les milliers de maisons ruinées et les populations meurtries. Un chemin de croix qu’il évoque ainsi :
« C’est un beau spectacle la ruine. Comment l’éviter ? »
Par exemple en revenant à trois reprises sur la côte de Fukushima, entre juillet et septembre 2017. Cette fois, Ono est seul à photographier un paysage sans actualité, qu’il parcourt en voiture et à pied, comme d’autres font un pèlerinage. Un paysage bouleversé par la hauteur du béton : les criques sont bouchées par des remparts compacts de 7 mètres ; les baies par des barres élancées de 14 mètres.
Ce n’est plus une digue, comme celle de 4 mètres d’avant le tsunami, mais un mur de séparation. On pense à celui de Berlin, à celui qui isole les Israéliens des Palestiniens, celui qui protège les Américains des Mexicains. Ici, le mur sépare l’homme de la mer, qui n’est plus un allié à dompter mais un ennemi que l’on cache. On ne voit plus la mer, ou alors par une fenêtre découpée dans le béton. Tadashi Ono va plus loin :
« Le Japon existe grâce à la mer, il en vit, elle le protège. Avec cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La génération Harry Potter, hip-hop et électro a été récompensée au rayon des découvertes
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Les femmes n’ont pas de prix au Printemps de Bourges

La génération Harry Potter, hip-hop et électro a été récompensée au rayon des découvertes



Le Monde
 |    30.04.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 09h01
    |

            Bruno Lesprit (Bourges, envoyé spécial)








                        


Boris Vedel, le directeur du Printemps de Bourges, prétend détester le mot « entrées », mais il fournit tout de même leur nombre quand le record de fréquentation est battu pour la deuxième année de suite : le cap des 80 000 spectateurs payants ou invités a été franchi lors de la 42e édition, du 24 au 29 avril. En conséquence, c’était l’heure des satisfactions, samedi, à la veille de la clôture. En poste depuis 2015, Boris Vedel a évoqué « un Printemps de plus en plus fort » et qui fait sens avec son « éditorialisation ». Par ce terme, il faut comprendre le thème, « Femmes ! », inscrit sur l’affiche 2018, après l’onde de choc de l’affaire Weinstein : 40 % des spectacles étaient « exclusivement féminins » – comme dirait Véronique Sanson, une des têtes d’affiche – et 10 % mixtes. Pour 2019, le point d’exclamation sera conservé. Ce sera « Européens ! », en relation avec un autre séisme, le Brexit, qui entrera en vigueur le 29 mars. « Nous avons eu des discussions avec des Ecossais. Ils veulent venir au Printemps et disent être pris en otage », a expliqué Boris Vedel.
Cet effort de parité n’a pourtant pas été pris en compte par le jury, qui a décerné les deux prix remis au titre des découvertes du Printemps de Bourges, rebaptisées « Les Inouïs » en 2012. Deux trophées en forme d’éclairs symboliques du hard-rock, qui permettent aux artistes d’être exposés dans les mois à venir (participation à d’autres festivals et tournée Inouïs en novembre). Avec efficacité si l’on en juge par les palmarès des années précédentes. Le grand vainqueur, en 2017, fut le rappeur-chanteur de Créteil Eddy de Pretto, revenu cette année au Palais d’Auron, avant d’écumer les festivals de l’été et de découvrir pour deux soirs l’Olympia en novembre. Avant lui, il y eut Fishbach, Radio Elvis, Fauve et surtout Christine & The Queens, dont la carrière est devenue internationale, avec « une » du Time en prime. D’autres élus ont, il est vrai, disparu des radars.
« M’amuser comme un kid dans ma chambre »
Les Inouïs 2018 ont été l’aboutissement d’un processus de sélection auquel ont participé 350 professionnels reliés au Réseau Printemps (vingt-huit antennes sur le territoire français, mais aussi en Suisse, en Belgique et au Québec), qui n’a rien à envier aux émissions de télé-crochet. Ils étaient 3 500 au départ, trente-trois seulement à l’arrivée à se succéder sur les deux scènes du 22. Lorsque le président du jury, Dan Levy, moitié du duo pop mixte The Do, a prévenu que les nouveaux talents générant déjà du « buzz » « n’ont peut-être pas besoin de nous pour aller plus loin », on a aussitôt compris que la favorite, Aloïse Sauvage, ne serait pas récompensée. Egalement circassienne et danseuse, elle a été médiatisée pour son rôle dans le film 120 battements par minute. Son outsider a également été oubliée, La Pietà, une punk-rappeuse cachée derrière un masque de chat, aux textes peu conformistes. « Je suis la fille la moins féministe de la terre/Je suis complètement pute et complètement soumise », revendique-t-elle notamment.

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                Les Diables rouges défient le Printemps de Bourges



Après Eddy de Pretto, le Prix Printemps de Bourges est resté au hip-hop avec L’Ordre du périph, groupe formé en 2016 dont le nom détourne un épisode d’Harry Potter (L’Ordre du Phénix). Ces Franciliens ont récolté « 1,5 million de vues » sur YouTube avec leur titre MTH (pour Missile Tête Homicide) affirme leur tourneur, Morgan Antonutti, qui ajoute qu’« ils étaient déjà surpris de passer au festival », dont ils sont repartis aussitôt. Un EP de trois titres doit paraître avant l’été, qui sera suivi d’un album en septembre.
Encore présent, Apollo Noir n’avait prévu aucun discours de remerciement. Ni même, à l’en croire, de participer aux sélections – c’est son tourneur qui l’aurait inscrit. Ce DJ d’ambient a déjà publié deux albums chez Tigersushi en 2017, A/N et XMAS666, remarqués par les spécialistes. Et lui aussi semble proche de l’esprit d’Harry Potter. « Je fais des concerts pour m’amuser comme un kid dans sa chambre », s’est-il contenté de déclarer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/04/2018
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Du jazz à foison, de l’opéra, Laura Veirs… nos choix musicaux

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



Le Monde
 |    30.04.2018 à 06h24
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 09h21
   





                        



   


LES CHOIX DE LA MATINALE
Les amateurs de jazz vont être comblés au mois de mai, avec pas moins de quatre festivals. Pour ceux qui préfèrent l’opéra, la douzième édition de Tous à l’opéra se tiendra du 4 au 6 mai. Adeptes de l’indie rock et de l’électro ? Pensez à réserver dès maintenant vos places pour le festival Yeah ! de Lourmarin.
UNE VIDÉO : « Lightning Rod », par Laura Veirs 

L’horloge du temps passe inexorablement et revient parfois nous sonner : déjà le dixième album pour la talentueuse auteur-compositeur-interprète Laura Veirs. Depuis 1999, cette ancienne traductrice de chinois, née dans le Colorado s’est imposée comme une figure familière de la country folk américaine. Deux ans après un superbe album en collaboration avec ses consœurs Neko Case et k.d. lang, son nouvel opus solo, The Lookout (Bella Union), prolonge l’état de grâce. Bénéficiant comme toujours de la production de son époux Tucker Martine (R.E.M, M. Ward, Grandaddy…), ces douze titres teintés d’atmosphères éthérées du plus bel effet, réservent quelques belles surprises, comme Watch Fire, vibrant duo avec Sufjan Stevens, ou une reprise spectrale du Mountains of the Moon du Grateful Dead.
Un disque cathartique pour son auteur, envisagé comme sa « réponse au chaos post-élection, aux divisions raciales dans notre pays et à mes prises de conscience personnelles des réalités de la vie quand on a quarante ans, (…) et de réaliser l’importance de prendre soin de son prochain ». Le vidéo-clip qui accompagne la chanson Lightning Rod a été illustré par Izar Etxeberria et animé par Eñaut Uribesalgo, deux admirateurs de la chanteuse rencontrés par le biais des réseaux sociaux. Le court-métrage animé met notamment en scène des colombes, symbole de la paix. Une esthétique qui pourrait faire écho à la célèbre affiche de Picasso réalisée en 1949. Laura Veirs sera en concert à Paris, au Café de la Danse, le 29 mai. Franck Colombani
QUATRE FESTIVALS : du jazz dans les premiers jours de mai
Si le Printemps de Bourges-Crédit mutuel marque le début de la saison festivalière printanière pour la chanson et le rock, le jazz, dans une approche vaste, des origines au plus expérimental, avec débords vers des musiques proches, n’est pas en reste avec pas moins de quatre festivals. Les voici par ordre d’apparition.
L’Europa Jazz, au Mans, du 2 au 6 mai

   


Commencé avec le saxophoniste Emile Parisien, qui de fin mars à mi avril a mené sa formation dans neuf villes de la région Pays-de-la-Loire, poursuivi fin avril par plusieurs soirées thématiques, jazz manouche, fanfares, nuit de la salsa, l’Europa Jazz du Mans (Sarthe) rejoint les trois lieux principaux de son histoire pour les cinq dernières journées de sa 39e édition, du mercredi 2 au dimanche 6 mai.
Soit la Collégiale Saint-Pierre-la-Cour pour les concerts de midi (du 2 au 5), avec les duos Paul Rogers et Benat Achiary, Barre Phillips et Emilie Lesbros, Dominique Pifarély et Emile Parisien, et Joelle Léandre en solo. Puis c’est à La Fonderie, à 17 heures (du 2 au 5), que l’on se rendra pour Nox.3 & Linda Olah, le trio Vincent Courtois, Robin Fincker et Daniel Erdmann, le trio Michel Godard, Ihab Radwan et Anne Paceo, et le septette de Dominique Pifarély. Enfin, en soirée, à l’Abbaye de l’Epau, double programme chaque fois avec les formations de Craig Taborn puis de Bill Frisell, de Pierrick Menuau puis de Shabaka Hutchings, de François Corneloup puis d’Andreas Schaerer, de Sylvain Rifflet puis de Jowee Omicil. Autant d’états du jazz et des musiques improvisées avant un final dansant, dans la tradition des premiers temps du jazz, sous l’énoncé Swing Time, dimanche 6, de 11 h 30 à 17 h 30, dans le parc de l’abbaye. Sylvain Siclier
Europa Jazz, au Mans (Sarthe). Du 2 au 6 mai. Tél. : 02-43-23-66-38. De 5 € à 26 € ; journée du dimanche 6, de 4 € à 6 €.
Jazz sous les pommiers, à Coutances, du 5 au 12 mai

   


Signe de son succès public, le festival Jazz sous les pommiers, à Coutances (Manche) a annoncé, plusieurs semaines avant que ne débute sa 37e édition, prévue du samedi 5 au samedi 12 mai, nombre de concerts complets (Stacey Kent, Emile Parisien, Mélanie De Biasio, Robin McKelle, Sylvain Luc, Alban Darche, Gaël Horellou…). Reste qu’il y a encore largement de quoi choisir dans une programmation foisonnante de plus de soixante formations. Dont : le big band de Christian McBride, Rhoda Scott, Papanosh, samedi 5 mai ; Joe Lovano et Dave Douglas, Eric Séva, Raphaël Imbert, Mare Nostrum, mardi 8 ; Le Grand Orchestre du tricot, Renegades Steel Orchestra, mercredi 9 ; Cory Henry, Fox avec Chris Cheek, Hélène Labarrière et Hasse Poulsen, jeudi 10 ; Kamasi Washington, Hildegard Lernt Fliegen, Trio Da Kali et Kronos Quartet, vendredi 11 ; China Moses, Anne Paceo, Stanley Clarke, No Tongues, samedi 12. S. Si.
Jazz sous les pommiers, dans une quinzaine de lieux à Coutances (Manche), du 5 au 12 mai. Tél. : 02-33-76-78-50. De 4 € à 28 €.
Bordures, à Langon, du 8 au 12 mai

   


Festival de musique « entre autres », précise le programme de Bordures, jeune festival où se retrouvent les musiques traditionnelles, le jazz, la musique contemporaine, dont la 3e édition est prévue à Langon-sur-Vilaine (Ille-et-Vilaine), du mardi 8 au samedi 12 mai. Ces « entre autres » ce sont des balades, un banquet, et des liens de la musique avec d’autres disciplines. Ainsi un ciné-concert, avec la projection du film Le Mécano de la Générale, de Buster Keaton, accompagnée au piano par Manuel Gautier (mardi 8 mai), une promenade cycliste alentour avec étapes musicales (jeudi 10), un concert-surprise au petit matin (samedi 12, à 6 heures). Au programme des concerts, notamment le quartette du violoniste Jacky Molard avec le saxophoniste François Corneloup, le 9 ; la violoncelliste Soizic Lebrat, le duo Jacques Di Donato (clarinettes) et Bruno Maurice (accordéon), le duo Les Violoneuses, le 10 ; le guitariste Manuel Adnot, Toma Gouband aux percussions, le groupe No Tongues, le 11 ; le duo du poète, chanteur Charles Pennequin, et du guitariste Jean-François Pauvros, le 12. S. Si.
Bordures, à Langon-sur-Vilaine (Ille-et-Vilaine), du 8 au 12 mai. De 4 € à 15 €, forfait 40 €.
Jazz en Comminges, à Saint-Gaudens, du 8 au 13 mai

   


Quatre soirées principales, avec à chaque fois deux vedettes, sont au programme du festival Jazz en Comminges, qui porte en sous-titre « jazz du monde », organisé à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) du mardi 8 au dimanche 13 mai. Avec un « off » en centre-ville (concerts gratuits, expositions, ateliers, visites…) et pour le « in » le Parc des expositions. Mardi 8 mai, c’est d’abord au cinéma Le Régent que viendra le claviériste Christophe Chassol, accompagné de Mathieu Edward à la batterie. Ensuite l’on retrouvera les formations du contrebassiste Omer Avital puis de la chanteuse Lisa Simone (mercredi 9), du trompettiste Avishai Cohen puis du bassiste Stanley Clarke (le 10), du violoniste Jean-Luc Ponty puis du claviériste Cory Henry (le 11) et du pianiste Roberto Fonseca puis du saxophoniste Kamasi Washington. S. Si.
Jazz en Comminges, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), du 8 au 13 mai. Concert du 8 mai, 15 € ; concerts au Parc des expositions, de 20 € à 35 € ; forfaits de 2 à 4 soirées, de 58 € à 110 €.
UN WEEK-END LYRIQUE : la 12e édition de Tous à l’opéra, en France, du 4 au 6 mai 

   


La 12e édition de Tous à l’opéra ouvrira aux visiteurs, du néophyte au lyricomane, les portes de 25 maisons lyriques du 4 au 6 mai. Au programme cette année, une mise à l’honneur de la danse par le biais du marrainage de la directrice de la danse à l’Opéra de Paris, Aurélie Dupont. De multiples propositions gratuites sont accessibles à tous. Des visites pour découvrir les coulisses et les métiers de l’opéra dans la plupart des théâtres participant à l’opération, comme à Compiègne, Clermont-Ferrand, Marseille, Tours, Massy, Lille, Toulouse, Toulon, Paris… ou Vichy. Mais aussi des répétitions publiques : Trouble in Tahiti de Bernstein à Compiègne, Nabucco de Verdi à Lille, Montpellier et Nice, Les Pêcheurs de perle de Bizet à Reims, à Strasbourg, les Sept Péchés capitaux de Kurt Weill, sans oublier La Grande-Duchesse de Gérosltein d’Offenbach, à Clermont-Ferrand.
Outre les concerts professionnels (Chœurs du Capitole à Toulouse, Chœurs de l’Opéra de Toulon), des concerts participatifs et ateliers divers sont ouverts aux enfants tandis que des scènes accueillent aussi des jeunes – le projet « OperaKids » à Limoges, ou le moyen-métrage sur ses Maîtrisiens réalisé par le Théâtre de Caen. Plus rare, un speed dating avec les danseurs du Ballet de l’Opéra de Bordeaux, un défilé de mode à Massy, ou la vente aux enchères de de plus de 300 lots de costumes d’opéras et d’opérette à Toulouse. Pour les férus de danse, des classes publiques – Ballet d’Avignon, répétition du Ballet de l’Opéra national du Rhin à Strasbourg, du spectacle Hip Hop around Britten à Montpellier. Marie-Aude Roux
Tous à l’opéra, dans 25 maisons lyriques, du 4 au 6 mai. Tél. : 01-42-56-49-70. Accès libre.
À RÉSERVER : le festival Yeah !, à Lourmarin, du 1er au 3 juin

   


Auréolé en 2017 du titre de meilleur micro-festival français aux Festival Awards par près de 90 000 votants, le festival Yeah ! ne cesse de faire l’unanimité. Il faut dire que sa programmation orientée indie rock et électro est aussi exceptionnelle que son cadre, situé dans le village classé de Lourmarin (Vaucluse) dans la campagne du Lubéron, dominé par son château-fort, où se déroule la plupart des concerts. En dépit du succès grandissant, l’événement fondé par le producteur et DJ Laurent Garnier et ses complices Arthur Durigon et Nicolas Galina, a réussi a conservé sa convivialité et sa dimension humaine.
Beaucoup d’artistes tombés sous le charme n’hésitent pas à revenir, comme c’est le cas pour cette 6e édition, prévue du 1er au 3 juin, avec le touche-à-tout parisien Arnaud Rebotini (BlackStrobe) de retour pour la troisième fois d’affilée après son César pour la BO du film 120 battements par minutes, ou encore le duo psyché rock de Perpignan The Liminanas, de passage pour un DJ set. Egalement attendu, le post punk industriel US de The Soft Moon, l’indie rock des Belges Girls in Hawaii, l’électro tricolore de Rone, la révélation des dernières Trans Musicales Tshegue, le garage blues du Portugais The Legendary Tigerman ou encore le duo de pianistes débridés Aufgang. Et puis aussi quelques rencontres/débats avec le critique et écrivain Michka Assayas et le trublion Ariel Wizman. Et comme le veut la tradition, le très attendu DJ set à domicile du MC des lieux, Laurent Garnier, quelque part entre les courts de tennis et l’école du village. Pour situer l’ambiance… F. C.
Festival Yeah ! à Lourmarin (Vaucluse). Du 1er au 3 juin. Forfaits 1 jour 30 €, 3 jours 75 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le film a réalisé « les plus grosses recettes mondiales de l’histoire du cinéma pour le week-end » de sa sortie, et ce sans la Chine, où il ne sort que le 11 mai.
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Des recettes records pour « Avengers: Infinity War » dès sa sortie

Le film a réalisé « les plus grosses recettes mondiales de l’histoire du cinéma pour le week-end » de sa sortie, et ce sans la Chine, où il ne sort que le 11 mai.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 20h14
   





                        


C’est une sortie réussie pour « Avengers : Infinity War ». Le film a engrangé 630 millions de dollars au niveau mondial pour son premier week-end, selon les estimations de la société spécialisée Exhibitor Relations publiées dimanche 29 avril.
Un record. Le film a réalisé « les plus grosses recettes mondiales de l’histoire du cinéma pour le week-end » de sa sortie, et ce sans la Chine, où il ne sort que le 11 mai, selon la même source. Le film de l’univers Marvel (Disney) s’est aussi propulsé à la tête du box-office nord-américain pour son premier week-end avec 250 millions de dollars de recettes, un chiffre également record.

        Lire aussi :
         

                « Avengers : Infinity War » : grand nettoyage de printemps chez Marvel



« Avengers » détrône ainsi « Star Wars : Le Réveil de la Force », qui avait récolté 248 millions de dollars pour son premier week-end en 2015.
Le film combine neuf franchises et met en scène une vingtaine de super-héros luttant pour sauver le monde. Son casting compte plusieurs stars d’Hollywood comme Robert Downey Jr dans le rôle d’Iron Man, ou Scarlett Johansson dans celui de la Veuve noire.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Notre choix du soir. Filmant au plus près candidats et militants, le réalisateur fait revivre la présidentielle de 2017 (sur France 5 à 22 h 35).
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TV - « Ma dernière campagne » : Serge Moati au cœur des surprises politiques

Notre choix du soir. Filmant au plus près candidats et militants, le réalisateur fait revivre la présidentielle de 2017 (sur France 5 à 22 h 35).



Le Monde
 |    29.04.2018 à 18h00
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur France 5 à 22 h 35

   


Depuis plus de trente ans, Serge Moati en a vécu des campagnes politiques surprenantes. Fidèle à ses habitudes, armé d’une petite caméra, filmant au plus près, au plus proche des candidats et des militants, l’expérimenté réalisateur ne s’attendait pourtant pas à vivre celle de 2017 en étant autant surpris, pour ne pas dire perturbé. « Rien ne s’est passé comme prévu », résume-t-il.
De fait, les primaires à droite comme à gauche, l’affaire du « Penelopegate » qui plomba François Fillon, le raid Macron ou la montée de La France insoumise, les éliminations, les cassures et les coups de théâtre ont frappé Moati au cœur. Et réveillé sa curiosité pour le monde politique français qui, reconnaît-il, s’était un peu émoussée.
Son documentaire Ma dernière campagne vaut le détour. Car le journaliste, tel un photographe de haut vol, sait capter l’instant décisif, le regard qui change, la parole qui échappe. Il sait, en restant discret, sans matériel technique envahissant, tirer des vérités aux candidats ou aux militants les plus excités. Il est tout proche et en même temps, comme dirait le locataire de l’Elysée, à distance suffisante pour commenter la scène avec un ton immédiatement reconnaissable ; sa voix douce oscillant entre ce qu’il faut d’ironie et de décalage.

        Lire aussi :
         

                Serge Moati : « Le scénario de cette campagne a été si inattendu qu’il a réveillé ma curiosité »



Alternant les scènes sur le vif d’une campagne brutale et des images d’archives épatantes (Jean-Luc Mélenchon en 1977, Benoît Hamon jeune militant en 1995, Marine Le Pen folle de joie après la qualification de son père au second tour de la présidentielle 2002…), Serge Moati réussit une fois encore son pari de donner chair et sang à la politique. Dès les premières images, on plonge dans le bain avec ce face-à-face entre le réalisateur et un candidat Macron au regard dur, juste avant un meeting à Lille.
Les témoignages d’après-campagne valent aussi le détour : Hamon, Mélenchon, Bayrou, Cazeneuve, tous se livrent sans retenue. Et le retour de Moati à Montretout, au domicile familial de Jean-Marie Le Pen, là même où il était le seul à le filmer en 2002, clôt avec quelques paroles nostalgiques, des regards et des silences explicites la comédie humaine de cette campagne 2017. A aujourd’hui 71 ans, le réalisateur suivra-t-il celle de 2022 ? En attendant, il est déjà au travail sur d’autres projets : Force ouvrière et Israël sont dans son viseur.
Ma dernière campagne, de Serge Moati (Fr., 2018, 75 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Rompu pourtant à l’exercice, le réalisateur qui a suivi la présidentielle de 2017, concède avoir été surpris par ses multiples rebondissements. « Ma dernière campagne » est diffusé dimanche soir sur France 5.
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Serge Moati : « Le scénario de cette campagne a été si inattendu qu’il a réveillé ma curiosité »

Rompu pourtant à l’exercice, le réalisateur qui a suivi la présidentielle de 2017, concède avoir été surpris par ses multiples rebondissements. « Ma dernière campagne » est diffusé dimanche soir sur France 5.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 17h58
    |

            Alain Constant








                        



   


Depuis plus de trente ans, Serge Moati filme au plus près le monde politique, notamment les campagnes électorales, formidables miroirs de la comédie humaine. Il n’imaginait pas que l’édition 2017, avec ses rebondissements incessants, allait le surprendre à ce point. Ma dernière campagne, documentaire programmé sur France 5 dimanche 29 avril à 22h35, est le fruit de ce travail, au cœur d’une campagne électorale pas comme les autres.
Comment un réalisateur aussi expérimenté que vous peut-il être à ce point surpris ce qui s’est produit ?
Serge Moati : Parce que rien ne s’est passé comme prévu ! Je suis entré dans cette campagne en me disant que rien n’allait me surprendre. Au fil du tournage, le scénario s’est révélé si inattendu que cela a réveillé ma curiosité, voire mon excitation !
Dès le début du documentaire, vous êtes face à Macron dans sa loge, avant un meeting à Lille. La tension semble palpable. Qu’avez-vous ressenti ?
Moi qui connais bien le personnel politique et qui a, depuis le temps, mes entrées un peu partout, je me retrouve bloqué par des proches du candidat qui me refusent l’accès à sa loge. Et soudain, coup de chance – il en faut – Brigitte Macron arrive et me lance : “On aime bien Moati chez les Macron !”. Me voilà dans la loge et il est surpris de me voir. Ce qui me frappe, c’est son regard, dur et fixé sur vous, ne papillonnant pas comme d’autres. Lorsque je filme avec ma petite caméra, je n’essaie jamais de créer une complicité oiseuse. Je tente toujours de filmer avec empathie mais sans connivence. Et là, Macron, que je ne connais pas, arrive à réduire la distance, presque à vous mettre dans la poche. Il est fort…
Que vous a inspiré François Fillon ?
Je ne sais quoi dire, je crois que j’ai raté le mec ! Il ne donne pas beaucoup face caméra. Nous avons pourtant une filiation commune à travers Philippe Séguin, qui nous était très proche. Mais il n’a décidément rien à voir avec Séguin…
Au cours de ce documentaire, on devine une certaine complicité intellectuelle entre vous, Mélenchon et Bayrou…
C’est vrai ! Je n’ai jamais voté pour eux mais je prends plaisir à parler avec eux. Ils ont beaucoup lu, sont très cultivés. J’ai ressenti également du plaisir et de l’émotion à parler avec Bernard Cazeneuve. Il incarne une dignité et, peut-être, la fin d’un vieux monde dont je fais aussi partie. Je dois ajouter que je ne pensais pas découvrir un Hamon aussi attachant et intelligent. Je l’ai filmé en banlieue, chez un de ses amis. Lorsqu’il me révèle l’explosion de joie chez les militants socialistes lors de l’annonce du retrait de Hollande à l’élection, c’est un grand moment de stupéfaction…
Si on vous dit qu’il semble également exister une complicité intellectuelle entre vous et Jean-Marie Le Pen, vous allez vous fâcher ?
J’ai beaucoup appris en filmant le FN depuis si longtemps. Au début pour moi, juif et homme de gauche, c’était un peu Voyage en terre inconnue ! On peut penser ce que l’on veut, mais Le Pen père fait partie de l’histoire de France. Le 22 avril 2002, j’étais le seul à filmer chez lui, à Saint-Cloud, alors que tout le monde était chez Jospin ou ailleurs. J’avais senti, avec raison me semble t-il, que c’est là qu’il fallait être. Quinze ans après, pour ce documentaire, j’ai d’abord demandé à Marine Le Pen de la suivre. N’ayant pas eu de réponse, je me suis finalement dit : allons revoir le père. Je crois avoir bien fait car les images du 23 avril 2017 à Saint-Cloud, avec un Le Pen assistant à la qualification de sa fille pour le second tour, valent le coup.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Ce festival de musique techno, dont chaque édition se déroule dans un lieu tenu secret jusqu’aux dernières heures, doit durer quatre jours.
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Des milliers de personnes fêtent illégalement les 25 ans du Teknival dans la Marne

Ce festival de musique techno, dont chaque édition se déroule dans un lieu tenu secret jusqu’aux dernières heures, doit durer quatre jours.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 17h01
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 08h48
   





                        


Ils sont entre 20 000 et 25 000 à s’être rassemblés dimanche 29 avril sur une ancienne base militaire de l’OTAN à Marigny, dans la Marne, pour fêter les 25 ans du Teknival. Ce festival de musique techo a débuté vendredi et doit durer quatre jours. A de rares exceptions, il a lieu sans l’accord des autorités, et l’édition 2018 n’a pas dérogé à la règle.

        Lire aussi, sur le Teknival 2016 :
         

          Retour aux sources et clandestinité pour le Teknival



« C’est une manifestation non déclarée qui n’a pas été préparée avec les services de l’Etat, notamment sous l’angle de la sécurité. C’est donc une manifestation illégale », a affirmé le préfet de la Marne, Denis Conus, à l’Agence France-Presse samedi. Les participants ont commencé à arriver vendredi soir vers 22 h 30, et le préfet a pris deux arrêtés d’interdiction dans la foulée.
L’un interdit la circulation des poids lourds « transportant du matériel de son à destination d’un rassemblement festif à caractère musical non autorisé », et l’autre interdit temporairement les « rassemblements festifs à caractère musical » dans le département de la Marne. Mais, en dépit de ces deux arrêtés, les festivaliers continuaient d’affluer dimanche sur le site.
Six personnes évacuées
Le Teknival se déroule à chaque édition dans un lieu différent, tenu secret jusqu’aux dernières heures. En 2017, le Teknival s’était tenu à Pernay, près de Tours.
« Pour nous, sur un événement comme celui-là, il y a trois enjeux : un enjeu de sécurité sanitaire, de sécurité publique et de sécurité routière », a détaillé le préfet de la Marne. Ainsi, 60 pompiers, 220 gendarmes, des médecins et des infirmiers du SAMU et des associations de protection civile ont été mobilisés.
Outre les problèmes de sécurité, l’installation du festival sur cette ancienne base militaire a été critiquée en raison de la présence de cette dernière sur la liste des sites à grande valeur patrimoniale du réseau Natura 2 000. La ligue de protection des oiseaux de Champagne-Ardenne a ainsi annoncé dans un communiqué son intention de porter plainte pour « destruction d’habitats en zone protégée » voire pour « destruction d’espèces », et réclamé le respect des arrêtés préfectoraux.
« Il est évident que la tenue de cette manifestation, comme les précédentes, va avoir des incidences irrémédiables sur la biodiversité et anéantir des années d’efforts pour assurer la conservation de ce site qui constitue une des dernières pelouses sèches du département », mentionne le communiqué.
A ce stade, la préfecture n’a relevé aucun incident majeur. « En matière de secours à la personne, on dénombre 43 entrées au poste médical avancé dont deux ayant nécessité une hospitalisation », a annoncé la préfecture dans un communiqué. Une centaine de personnes ont été prises en charge depuis samedi par les secours de la Croix-Rouge et de la protection civile pour « des soins médicaux bénins », a-t-elle ajouté.
« Autogestion »
Quand c’est illégal, « on est moins parqués, on choisit plus ce qu’on a envie de faire », estime Raphaël, qui fait partie depuis huit ans d’un soundsystem sis à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Il est arrivé vendredi. « On était une cinquantaine de camions et voitures. On a dit aux gendarmes : “Si on ne rentre pas, on bloque la route, les villages.” » Mais illégal ne veut pas dire « que c’est n’importe quoi », poursuit le jeune homme. « Chaque soundsystem fournit cinq ou six bénévoles pour gérer le parking, les déchets, la sécurité. Au total, on est environ 200 prêts à intervenir en cas de problème. » Quoi qu’il en soit, selon lui, il y a « très peu d’incidents ».
Alors que le Teknival se déroule cette année sur une zone écologique, il montre les nombreux sacs-poubelle accrochés aux rétroviseurs des voitures : « Le plus souvent, on arrive à rendre le site aussi propre qu’on l’a trouvé », dit-il, vantant l’« esprit d’entraide » et l’« autogestion » du mouvement.
Cet esprit plaît à Esteban et Florian, 20 ans, venus de Dijon. Ils cherchent le soundsystem « des insoumis ». « Rien à voir avec Mélenchon », rigolent-ils. Depuis un an, ils vont régulièrement en « teuf » pour « tout ce qui est défendu derrière la musique : le respect de tout le monde, la liberté ».
Idem pour Lucie et Manon, étudiantes en droit et en communication dans la région. « Ça peut faire peur, à première vue, le Teknival, mais quand on est dedans, on se sent bien. » Les deux amies âgées de 20 ans vont rester quatre jours. « Ici, on ne vient pas pour plaire, comme en boîte. Là, on vient pour s’amuser. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Il est l’auteur d’une vingtaine d’essais surprenants qui explorent l’évolution des sensibilités et des émotions. Son nouveau livre, « La Fraîcheur de l’herbe », en témoigne.
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L’historien Alain Corbin se roule dans l’herbe

Il est l’auteur d’une vingtaine d’essais surprenants qui explorent l’évolution des sensibilités et des émotions. Son nouveau livre, « La Fraîcheur de l’herbe », en témoigne.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 09h00
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

On ne pense pas assez à ­Ernest Labrousse (1895-1988). Il est difficile, pourtant, de mesurer la liberté, l’audace d’un livre comme La Fraîcheur de l’herbe, qu’Alain Corbin vient de faire paraître, sans se rendre compte qu’un jour il a fallu affronter la férule du maître de l’histoire économique et sociale, qui régna pendant des décennies sur l’Université française, soumettant des générations de chercheurs à une méthode quantitative impérieuse, en grande partie fondée sur l’évolution des prix. « C’était un dictateur !, se souvient son ancien élève en éclatant de rire. Quand je suis rentré d’Algérie, où j’ai fait mon service militaire, j’ai dit à une amie, étudiante comme moi, que je voulais me lancer dans une histoire des gestes. Elle s’est exclamée : “Vous allez dire ça à Labrousse ? Vous êtes perdu !” »
Avec une évidente jubilation
La prostitution, l’odorat, les plages, la virilité, les cloches, les arbres, le silence, l’herbe… A défaut des gestes, les sujets dont Alain Corbin finira par s’occuper suffisent à montrer qu’il n’a pas tenu un compte trop étroit de l’avertissement de sa camarade, même si la statue du Commandeur n’est pas tombée tout de suite. « J’ai quand même commencé par 1 600 pages sur “Archaïsme et modernité en ­Limousin au XIXe siècle”. Labrousse distribuait les sujets de thèse région par région. J’ai eu le Limousin, parce que j’étais nommé à Limoges. » Mais, déjà, le jeune professeur s’éloigne des règles, oriente sa thèse vers une recherche plus proche de l’anthropologie historique que du labroussisme de stricte observance. « Je me suis intéressé à l’alphabétisation, à des choses comme ça, plutôt que d’établir des tableaux d’évolution du prix du blé. Je commençais à me rebeller. »
Parler de sa trajectoire, de la construction d’une œuvre unique, qui a imposé, en France et au-delà, cette histoire des sensibilités dont rêvait déjà Lucien Febvre (1878-1956) – « Il ne...




                        

                        

