<FILE-date="2018/04/30/19">

<article-nb="2018/04/30/19-1">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Formation professionnelle, apprentissage, assurance-chômage, fonction publique et, bientôt, retraite sont au programme pour transformer radicalement le fonctionnement du marché du travail. Jeunes diplômés : attention réformes !
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Jeunes diplômés : le « big bang » des réformes Macron

Formation professionnelle, apprentissage, assurance-chômage, fonction publique et, bientôt, retraite sont au programme pour transformer radicalement le fonctionnement du marché du travail. Jeunes diplômés : attention réformes !



Le Monde
 |    30.04.2018 à 14h48
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 17h18
    |

            Anne Rodier








                        



   


Editorial. Quel lien entre Calvin, héros populaire de la bande dessinée américaine Calvin et Hobbes, et Emmanuel Macron ? Le goût de la rupture, de l’innovation, de l’imagination ? Originaire de Picardie comme Jean Calvin (1509-1564), dont s’est ironiquement inspiré le dessinateur américain de bande dessinée Bill Watterson pour baptiser son héros hyperactif et plein de fantaisie, le président Macron a, semble-t-il, aussi un point commun avec le célèbre théologien : le goût de la réforme. Formation professionnelle, apprentissage, assurance-chômage, fonction publique et, bientôt, retraite sont au programme pour transformer radicalement le fonctionnement du marché du travail. Jeunes diplômés : attention réformes !
Alors que les belles perspectives de recrutement pour les jeunes diplômés, y compris les moins expérimentés, auraient pu laisser espérer un retour de la sérénité à l’entrée du marché du travail en 2018, les repères qui guidaient jusqu’alors le parcours professionnel, tels que les statuts d’emploi, l’accès à la formation, le dialogue social, la rupture du contrat, l’indemnisation-chômage, sont effacés par une succession de projets de loi destinés à adapter la société à la révolution technologique à l’œuvre.

    Cet article est extrait du semestriel Le Monde Campus Avril 2018 by Anne Rodier on Scribd

L’heure est à la rupture et à l’innovation. Une récente étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), « Automatisation, compétences et formation », a évalué l’impact de cette « révolution » sur l’emploi. Elle estime que les emplois de 66 millions de travailleurs des trente-deux pays observés sont fortement automatisables, soit 14 % environ du total. Et 32 % d’autres emplois exigeront de nouvelles compétences pour 50 % à 70 % de leur activité.
Réflexion est ouverte dans les entreprises
Le rythme de la formation professionnelle doit donc suivre pour assurer la transformation des métiers, intégrer l’intelligence artificielle et faciliter l’interdisciplinarité. « Le défi pour le système de formation professionnelle des adultes est considérable », souligne l’OCDE. Le sujet est donc à la fois urgent et sérieux.
La réflexion est ouverte dans les entreprises. « On est dans une période particulière de l’histoire. Il y a une certaine urgence à s’interroger sur les nouvelles manières de faire pour préparer le futur. Car si la réinvention des métiers a déjà existé par le passé, ce qui est nouveau c’est l’accélération portée par le numérique », soulignait le 11 avril Laurence Lehmann-Ortega, professeure de stratégie et politique à HEC Paris, lors du colloque « Comment et jusqu’où réinventer l’entreprise ? »
Bref, les organisations inventent en marchant et voudraient marcher de plus en plus vite. Et l’Etat leur emboîte le pas. Le gouvernement a lancé le « big bang » de la formation professionnelle : un compte personnel de formation, 500 euros par an et une application numérique dès 2019 pour déterminer son avenir en un clic… Même les indépendants y auront droit. Le statut cadre doit être redéfini et la fonction publique réformée : elle recrutera davantage de contractuels, quitte à brouiller les frontières entre privé et public. Le Calvin de Bill Watterson voit rarement l’emballement de ses inventions avant le crash final, mais le très sérieux Jean Calvin n’a jamais cédé à la tentation de la pensée magique.
Cet article est tiré du semestriel « Le Monde Campus » téléchargeable ci-dessus.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-2">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Le festival Tempo Latino vient de dévoiler la programmation de sa 25e édition. Vous ne connaissez pas les artistes ? Vous hésitez ? « Le jazz et la salsa » vous aide à vous y retrouver et vous dit ce qu’il ne faudra pas rater cette année.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ 
<article-nb="2018/04/30/19-3">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le projet de loi sur la réforme de la formation professionnelle contient des dispositions peu commentées mais dangereuses, estime le chercheur Jean-Yves Rochex dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La disparition des centres d’information et d’orientation « privilégiera les plus privilégiés »

Le projet de loi sur la réforme de la formation professionnelle contient des dispositions peu commentées mais dangereuses, estime le chercheur Jean-Yves Rochex dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.04.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 13h55
    |

Jean-Yves Rochex (Psychologue, professeur des sciences de l’éducation à l’université Paris-VIII)







                        



                                


                            

Tribune. Le projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel – outre une logique de marchandisation et d’individualisation de la formation professionnelle, considérée comme devant obéir à la seule logique de l’offre et de la demande, sans régulation collective par les partenaires sociaux – comporte des dispositions passées relativement inaperçues en matière d’orientation.
Y sont prévus la suppression des délégations régionales de l’Office national d’information sur les enseignements et professions (Onisep) et le transfert de leurs missions et de leurs personnels aux régions ; la suppression des centres d’information et d’orientation (CIO) et le rattachement des psychologues de l’éducation nationale (PsyEN), ex-conseillers d’orientation psychologues (COP), qui exercent dans les établissements scolaires, et de leurs directeurs aux rectorats ou aux inspections académiques.

Ces mesures, formulées de manière abrupte, sans aucune concertation, et qui semblent préfigurer la disparition des personnels d’orientation de l’éducation nationale, s’inscrivent à l’encontre de la création en février 2017 d’un corps unique de psychologues de l’éducation nationale et renouent avec une politique antérieure erratique mettant en cause les services d’orientation – en réduisant drastiquement le recrutement par la diminution du nombre de places au concours – et promouvant une conception simpliste et étriquée de l’orientation, qui ne peut que renforcer le caractère profondément inégalitaire de notre système éducatif.
Certes, bien des choses sont à améliorer en matière d’orientation dans notre pays. Mais, de la même manière qu’il est plus facile, pour justifier l’institutionnalisation de la sélection à l’entrée à l’université, de pointer du doigt la plate-forme APB que le manque criant de moyens de l’université pour faire face à l’accueil des nouveaux étudiants, il est plus facile de désigner tel ou tel manque ou difficulté...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-4">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Le pédopsychiatre Daniel Marcelli constate, avec tous les professionnels de la petite enfance, l’apparition de comportements inquiétants avec une fréquence croissante.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’exposition précoce aux écrans est un nouveau trouble neuro-développemental »

Le pédopsychiatre Daniel Marcelli constate, avec tous les professionnels de la petite enfance, l’apparition de comportements inquiétants avec une fréquence croissante.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 17h00
    |

            Pascale Santi et 
Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Les écrans peuvent-ils nuire au développement des très jeunes enfants et provoquer divers troubles, en particulier des « symptômes d’allure autistique » ? La polémique enfle et divise les professionnels de la petite enfance. Le Collectif surexpositions écrans (COSE) et l’une de ses fondatrices, Anne-Lise Ducanda, médecin de protection materno-infantile, qui alertent l’opinion publique sur les effets graves d’une surexposition massive et précoce aux écrans, sont sous le feu des critiques.
Dans une tribune (Le Monde du 14 février), un collectif de médecins, psychologues… estime « qu’aucune étude ne peut établir une relation de causalité entre consommation d’écrans et autisme », et qu’il est peu probable que l’addiction aux écrans concerne les moins de 4 ans.
Président de la Société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et disciplines associées (Sfpeada), professeur émérite de ­pédopsychiatrie, Daniel Marcelli s’est engagé aux côtés du Collectif Surexpositions écrans.
Que pensez-vous des tableaux cliniques spectaculaires décrits par certains médecins ?
Depuis un petit nombre d’années, tous les professionnels de la petite enfance, médecins pédiatres ou pédopsychiatres, mais aussi ­psychologues, enseignants de maternelle, personnel de crèche… constatent l’apparition de comportements inquiétants avec une ­fréquence croissante.

Les signes sont nombreux : retard de communication et de langage devenant patent vers 18-30 mois, prosodie particulière, centrage d’intérêt de plus en plus exclusif sur les écrans, difficulté de contact avec les autres enfants, conduites d’allure agressive, agitation et instabilité d’attention, manque d’intérêt pour les jeux habituels… Ces troubles ont été très bien résumés dans une vidéo postée sur YouTube en 2017 par les docteurs Terrasse et Ducanda.
Voilà vingt ans que les effets délétères de la surexposition des enfants et adolescents...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-5">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des préhistoriens et des paléontologues s’inquiètent de l’impact de l’élimination de lisiers issus d’activités de méthanisation sur le patrimoine souterrain de ces zones calcaires.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Non aux épandages polluants qui menacent les sites archéologiques des causses du Lot »

Dans une tribune au « Monde », des préhistoriens et des paléontologues s’inquiètent de l’impact de l’élimination de lisiers issus d’activités de méthanisation sur le patrimoine souterrain de ces zones calcaires.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 16h52
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Un gros méthaniseur industriel, qui va traiter 67 000 tonnes de déchets par an, vient de s’installer à Gramat (Lot). Ces ­déchets proviendront de cinq départements dans un rayon de 130 kilomètres. Ils comprendront des déchets d’abattoirs, de stations d’épuration des villes, de restauration collective, d’élevages industriels, de laiteries, etc.
En cas d’épidémie de grippe aviaire, ce méthaniseur est envisagé comme moyen d’élimination des lisiers contaminés. Ces différents intrants contiennent des matières polluantes (métaux lourds, PCB, perturbateurs endocriniens, germes, pesticides, biocides, antibiotiques, éléments minéraux et organiques divers dont l’azote et le phosphore). Un méthaniseur industriel plus petit se développe aussi sur le causse de Martel à Mayrac, qui traitera 15 000 tonnes de déchets par an, et quatre autres projets sont en construction dans la région.
Les digestats s’infiltrent immédiatement dans les sols et sous-sols
Ces installations produiront du ­méthane, de l’électricité et un sous-produit, le digestat brut liquide, présenté comme un « fertilisant », qui sera épandu sur 6 000 hectares au cœur du parc naturel des causses du Quercy et 800 hectares du causse de Martel. Rappelons que tout ce qui ­entre dans le méthaniseur se retrouve en sortie dans le digestat, même si une hygiénisation incomplète est effectuée. Les digestats s’infiltrent immédiatement dans les sols et sous-sols.
La région calcaire des causses est un milieu particulièrement vulnérable déjà victime des épandages du lisier des élevages industriels, qui provoquent l’expansion extraordinaire de la végétation aquatique dans le lit de la Dordogne, du Célé et de leurs affluents ainsi que des pollutions d’eau potable enregistrées notamment à Cahors au printemps 2017. Une opposition ­citoyenne locale s’organise.
Nous, préhistoriens et paléontologues, voulons aussi attirer l’attention des pouvoirs publics sur le risque de pollution des...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-6">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Le milliardaire, patron de Blackstone, a voulu faire un don de 25 millions de dollars à son ancien lycée de Philadelphie. Mais ses exigences en contrepartie ont provoqué des réactions indignées de parents d’élèves, explique dans sa chronique le correspondant du « Monde » à New York, Arnaud Le parmentier.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La charité un peu ostentatoire de Stephen Schwarzman »

Le milliardaire, patron de Blackstone, a voulu faire un don de 25 millions de dollars à son ancien lycée de Philadelphie. Mais ses exigences en contrepartie ont provoqué des réactions indignées de parents d’élèves, explique dans sa chronique le correspondant du « Monde » à New York, Arnaud Le parmentier.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 15h24
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Marchés. Aux Etats-Unis, au-delà d’une certaine fortune, on bascule du statut de milliardaire à celui de philanthrope. Oubliées, les conditions dans lesquelles ont été amassées ces fortunes – nul ne se souvient que le spéculateur George Soros fut honni pour avoir bouté la livre britannique hors du système monétaire européen en 1992, et il est aujourd’hui héraut de la démocratie en Europe de l’Est –, l’éthique du capitalisme fait de votre succès un don, et la morale veut que vous le rendiez à la communauté.
Stephen Schwarzman, président-fondateur du groupe d’investissement privé Blackstone, ne fait pas exception. Le milliardaire, dont la fortune est estimée à 13 milliards de dollars (près de 11 milliards d’euros) par Forbes, a voulu financer le lycée de son enfance à Abington, une banlieue résidentielle de Philadelphie dans laquelle ses parents avaient déménagé parce que l’école publique y était de bon niveau. La coquette somme a été annoncée en février : 25 millions de dollars. « Je suis très loyal à cette école, elle a changé ma vie », a déclaré M. Schwarzman.
Sauf que sa charitable loyauté est un peu ostentatoire, et le patron de Blackstone avait assorti son don de quelques conditions : le lycée devait être rebaptisé lycée Abington-Schwarzman, le nom du donateur figurer sur les six entrées et un portrait de taille conséquente accroché dans le bâtiment ; tandis que deux emplacements devaient prendre le nom de ses frères, Mark et Warren Schwarzman.
C’était sans compter sur le tollé d’une partie des parents d’élèves, qui ont protesté lorsqu’ils ont découvert que leur progéniture allait devoir prononcer chaque jour le nom de Schwarzman, lequel défraye la chronique de Wall Street pour ses fêtes fastueuses et conseille discrètement Donald Trump.
Initiative tournée en ridicule
La presse a tourné en ridicule le patron de Blackstone, qui a multiplié les dons en échange de l’affichage de son patronyme :...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-7">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, plusieurs conflits alimentent la colère sociale. Mais la « convergence des luttes » ne semble pas à l’ordre du jour, alors que le paysage syndical vient de subir un tsunami.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

1er-Mai : démonstration de faiblesse syndicale

Editorial. Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, plusieurs conflits alimentent la colère sociale. Mais la « convergence des luttes » ne semble pas à l’ordre du jour, alors que le paysage syndical vient de subir un tsunami.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 12h06
   





                        



   


Editorial du « Monde ». En ce 1er-Mai 1968, la CGT avait choisi de défiler avec le Parti communiste. La CFDT et FO avaient refusé de se joindre au cortège. Nul n’imaginait que, quelques jours plus tard, un mouvement social d’une ampleur inédite déferlerait sur la France, sans que les syndicats en soient à l’origine. Cinquante ans après, plusieurs conflits alimentent la colère sociale. La grève des cheminots marque le pas, celle d’Air France bat de l’aile. Et, contrairement au souhait de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, un an après l’élection d’Emmanuel Macron, dont la politique est très contestée, la « convergence des luttes » ne semble pas être à l’ordre du jour.

        Lire aussi :
         

                Un 1er-Mai sous le signe de la désunion syndicale



Le 1er-Mai 2017, à la veille du deuxième tour de l’élection présidentielle qui avait opposé M. Macron à Marine Le Pen, les ­syndicats avaient célébré la journée de ­solidarité internationale en ordre dispersé. La CGT avait manifesté avec FO, la FSU, ­Solidaires, l’UNEF et les syndicats lycéens. Cette année, elle défilera avec les mêmes compagnons, mais FO ne sera représentée à Paris que par son union régionale d’Ile-de-France. De son côté, la CFDT organise une manifestation culturelle avec la CFTC et l’UNSA.
Troupes divisées
Il est vrai que le paysage syndical vient de subir un tsunami. Jean-Claude Mailly avait, à l’occasion de la réforme du code du travail, réinséré FO dans le jeu contractuel. Le 24e congrès de sa centrale, qui s’est achevé le 27 avril à Lille, vient de lui infliger un désaveu aussi cinglant qu’humiliant, comme s’il avait été licencié pour faute grave. Son rapport d’activité n’a été validé que par 50,54 % des voix. Seul candidat à sa succession, Pascal Pavageau, pourtant membre du bureau confédéral sortant, s’est comporté comme s’il se présentait contre M. Mailly, comme s’il devait le chasser avant d’occuper la place qu’il lui laissait. Le congrès a ainsi offert le spectacle mortifère d’un affrontement violent entre les réformistes – jusqu’alors majoritaires, ils sont désormais minoritaires dans la direction de la centrale – et la mouvance « trotsko-arnarchiste » prompte à dénoncer les ­« trahisons » et à prôner la grève inter­professionnelle. FO en ressort profondément frac­turée et affaiblie.

        Lire aussi :
         

                Pascal Pavageau élu à la tête de Force ouvrière pour succéder à Jean-Claude Mailly



M. Pavageau veut incarner une opposition forte à M. Macron et renouer avec un langage radical. Ce scénario rappelle celui de 1989, quand Marc Blondel avait succédé à André Bergeron sur une ligne contestataire, cherchant à concurrencer la CGT sur son ­terrain. M. Pavageau a peut-être les mêmes espérances mais les précédents calculs se sont révélés erronés. FO signe 90 % des accords dans les entreprises et elle a récemment ratifié deux accords interprofessionnels (assurance-chômage et formation professionnelle). Mais elle campe toujours à la troisième place dans le secteur privé, derrière la CFDT, première, et la CGT. La centrale quitte la planète du pragmatisme pour rejoindre celle des utopies qui ont pour noms « grève générale » et « abrogation des ordonnances » sur le code du travail, objectifs, l’un comme l’autre, pour l’heure inatteignables.
Sur le papier, le bloc syndical contestataire – CGT, FO, FSU, Solidaires – se trouve renforcé, mais encore faudra-t-il que M. Pavageau réussisse à entraîner des troupes divisées, ce qui est loin d’être gagné. Dans l’immédiat, lors du 1er-Mai, face à un président de la République qui traite les syn­dicats comme quantité négligeable et ­malmène la démocratie sociale, les syndicats vont faire une nouvelle démonstration de faiblesse.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-8">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Analyse. Si les 312 députés du groupe La République en marche ont voté les premiers projets de loi comme un seul homme, les récents débats autour de la loi asile et immigration ont révélé une autre réalité.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


LRM, une majorité pas si monolithique

Analyse. Si les 312 députés du groupe La République en marche ont voté les premiers projets de loi comme un seul homme, les récents débats autour de la loi asile et immigration ont révélé une autre réalité.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 12h18
    |

            Matthieu Goar








                        



                                


                            

Analyse. En juin 2017, En marche ! a conquis l’Hémicycle avec une armée d’anonymes. Impossible dans un premier temps de distinguer les personnalités. Pas de stars, pas de chapelles, pas de courants… Juste une masse de macronistes convaincus. A part quelques visages issus de la société civile (Cédric Villani, Jean-Michel Fauvergue) et quelques ralliés (Manuel Valls), les électeurs ne connaissaient pas ces nouveaux députés. L’opposition a aussitôt raillé ces apôtres d’un prétendu nouveau monde. Inexpérimentés, élus grâce à la photo d’un jeune président sur leur affiche, ils ne pourraient être que des godillots asservis à un exécutif tout-puissant.
Les premiers mois n’ont pas forcément donné tort aux survivants de la déferlante. Les 312 députés du groupe La République en marche (LRM) ont voté comme un seul homme les premiers projets de loi. Sans vraiment se démener pour les atténuer ou les renforcer. Mais les récents débats autour de la future loi sur l’asile et l’immigration ont révélé une tout autre réalité. Pour adoucir ce texte jugé trop répressif par beaucoup d’associations de migrants, une aile gauche a fait pleuvoir les amendements.
Et le malaise d’une partie de la Macronie s’est traduit dans un vote très mitigé. A l’issue de la première lecture, le 22 avril, 197 députés macronistes ont voté en faveur du texte. Seulement 14 députés se sont abstenus et un a voté contre. A première vue, la fronde semble donc largement circonscrite. Mais un autre chiffre interpelle : au moment de ce scrutin très observé, 99 députés macronistes étaient absents.
Manque d’assiduité
L’Elysée et Matignon n’y ont officiellement pas vu une brèche. Selon l’exécutif, ce manque d’assiduité n’est pas inédit. Le 28 juillet 2017, 102 macronistes avaient déserté l’Assemblée lors du vote en première lecture de la loi sur la confiance dans la vie politique. Mais le scrutin avait eu lieu au cœur de l’été. Et cette explication ne tient pas à la lumière...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-9">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Déjà présents dans l’air du sud de la France, les pollens de graminées devraient arriver à Lyon et à Paris dans les premiers jours de mai.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Sportifs, attention aux pics polliniques

Déjà présents dans l’air du sud de la France, les pollens de graminées devraient arriver à Lyon et à Paris dans les premiers jours de mai.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 12h48
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Les concentrations de pollens de bouleau ont atteint ces derniers jours des records, notamment dans le nord du pays. Des niveaux jamais atteints depuis 1993 en Ile-de-France, comme l’a fait savoir le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA). Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les personnes allergiques et asthmatiques. Rappelons que l’asthme touche 4 millions de personnes en France. Déjà présents dans l’air du sud de la France, les pollens de graminées devraient arriver à Lyon et à Paris dans les premiers jours de mai.
Si le sport – on vous l’a déjà dit au fil de ces chroniques – a des effets positifs sur la santé, et évidemment pour les personnes allergiques, ne faut-il pas ­limiter la pratique sportive lors des pics polliniques ? « Il faut l’adapter », répondent les allergologues.
Tôt le matin ou tard le soir
Ils sont unanimes : il n’est pas conseillé de courir en plein air lors d’un pic de concentration de pollens. En effet, « la surventilation entraînée par la course fait que l’on inhale cinq à dix fois plus de pollens », explique l’allergologue Pierrick Hordé. Les symptômes (rhinite, conjonctivite, asthme…) peuvent s’amplifier, jusqu’à aller vers une crise allergique. Il n’est donc pas conseillé de faire du sport à l’extérieur, sauf tôt le matin ou tard le soir, lorsque les concentrations sont moins fortes, surtout lorsqu’il a plu, car les pollens sont à terre.
Lors des pics, mieux vaut avoir son bronchodilatateur à portée de main, prendre des antihistaminiques, mettre des lunettes de soleil, un chapeau, pour éviter que les pollens se déposent dans les cheveux et ensuite sur l’oreiller – le mieux est de prendre une douche le soir.
Autre sport à éviter : la natation dans les piscines. Présent dans l’eau de la plupart des piscines, le chlore, mélangé aux matières azotées apportées par les baigneurs (sueur, urines, cosmétiques…), produit des chloramines, gaz irritants...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-10">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ L’anthropologue islandais Gisli Palsson a pu retracer  le parcours d’un mulâtre grâce aux fragments d’ADN de ses 788 descendants.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le génome d’un esclave reconstitué

L’anthropologue islandais Gisli Palsson a pu retracer  le parcours d’un mulâtre grâce aux fragments d’ADN de ses 788 descendants.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 12h44
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
Le livre. Dans quelles conditions un être ­humain peut-il se voler lui-même pour gagner sa liberté ? Telle est la question posée par L’Homme qui vola sa ­liberté, la biographie de l’esclave Hans ­Jonathan par l’anthropologue islandais Gisli ­Palsson. S’appuyant sur une enquête fouillée, le récit analyse minutieusement les ferments de cette liberté.
Hans Jonathan était opiniâtre, honnête, vaillant et intelligent, nous renseigne-t-il. Mais son audace résulte aussi d’un contexte. Il était né en 1784 d’une mère esclave noire et d’un père blanc sur l’île Sainte-Croix, dans les Caraïbes, alors colonie danoise. Son statut de mulâtre lui valait, suivant la théorie raciale de l’époque, d’être considéré comme plus intelligent que les enfants nés de deux parents noirs.
Elevé au sein de la puissante famille Schimmelmann, où sa mère était « esclave de maison », il côtoya les enfants de ses maîtres et apprit à lire, compter, et jouer du violon. Transféré à l’âge de 7 ans à Copenhague, il fréquenta d’autres esclaves et se familiarisa avec les idées des Lumières.
Restaurer l’histoire
C’est ainsi que germa en lui le désir de ­liberté. A l’âge de 16 ans, il s’enfuit, échappant aux poursuites judiciaires intentées par sa maîtresse. Mais il finit par être arrêté et jugé au cours d’un procès qui défraya la chronique de la bonne société danoise. Condamné à être revendu comme esclave, il parvint à s’enfuir encore en gagnant l’Islande, où il devint un respectable commerçant et fonda une famille. Il compte aujourd’hui 788 descendants.
L’analyse de Gisli Palsson fait écho à une prouesse génétique récente de la société ­islandaise deCODE, qui a reconstitué 19 % du génome de Hans Jonathan, uniquement à partir de l’ADN de ses descendants. D’après le « Livre des Islandais », une base de données ­répertoriant l’histoire complète des familles, il serait le seul homme noir à s’être installé en Islande avant 1920.
Partant de ce...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-11">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trente-quatre élus demandent au gouvernement de reconnaître à leurs collectivités le droit d’utiliser les monnaies locales pour leurs propres paiements.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Les collectivités locales doivent pouvoir payer en monnaie complémentaire »

Dans une tribune au « Monde », trente-quatre élus demandent au gouvernement de reconnaître à leurs collectivités le droit d’utiliser les monnaies locales pour leurs propres paiements.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 07h01
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Impulsée par le président de la République, la Conférence nationale des territoires propose entre autres de « donner aux collectivités plus de liberté et plus de souplesse pour agir ». On ne peut que soutenir cet objectif : pour vitaliser le tissu économique local et réparer les nombreuses fractures territoriales, nous avons besoin d’outils décentralisés, innovants et surtout à la portée des citoyens.
Parmi ces outils figurent désormais les monnaies locales et complémentaires, une vraie innovation sociale qui émerge un peu partout en France, le plus souvent grâce au travail bénévole des habitants réunis au sein d’une association. Cet engagement citoyen mérite d’être soutenu tant il s’inscrit dans les objectifs largement partagés : bâtir une économie plus inclusive, un système alimentaire plus soutenable, mener une transition énergétique et écologique pourvoyeuse d’emploi.

Améliorer l’accès des PME à la commande publique, soutenir l’agriculture de proximité ou revitaliser les centres-villes sont des mesures qui vont dans le bon sens, encore faut-il que la richesse créée sur un territoire serve durablement à développer ce territoire même, au lieu de s’enfuir ailleurs comme c’est souvent le cas.
C’est tout l’enjeu d’un circuit monétaire complémentaire, qui ne vise nullement à se substituer à l’euro mais précisément à le complémenter, en organisant une partie des échanges au profit des emplois locaux et en mieux valorisant les ressources locales. Cet enjeu n’est pas uniquement économique, il en va fondamentalement du territoire comme cadre de vie où se nouent les liens sociaux de proximité.
Flou juridique
Si les collectivités ont un rôle clef à jouer pour inventer les territoires de demain, c’est à l’Etat de leur offrir le cadre légal approprié. Les collectivités qui le souhaitent doivent pouvoir participer activement au circuit monétaire local, à la fois en acceptant la monnaie en paiement...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-12">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ La réduction du déficit à 2,6 % en 2017 tient surtout à une conjoncture accommodante. Or la croissance ne sera pas toujours là pour faire illusion, souligne dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 29/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« L’endettement de la France, grande impasse de la fièvre réformiste de l’ère Macron »

La réduction du déficit à 2,6 % en 2017 tient surtout à une conjoncture accommodante. Or la croissance ne sera pas toujours là pour faire illusion, souligne dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    30.04.2018 à 06h24
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 08h32
    |

            Stéphane Lauer (Editorialiste au  « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. En ce printemps 2018, certains ont rêvé d’une convergence des luttes. Mais, alors que le joli mois de mai pointe son nez, force est de constater que l’heure est à la divergence des causes. Le malaise est bien là, cependant, en lieu et place d’une bataille rangée, on assiste surtout à des escarmouches corporatistes et à des éclats de militantisme sans lendemain.
Les pilotes d’Air France, à force de voler à 10 000 pieds, ont définitivement perdu le sens des réalités, à commencer par celles des autres salariés de la compagnie. Ceux-ci ont jusqu’au vendredi 4 mai pour le leur signifier, grâce à la consultation organisée par la direction. Les activistes-étudiants de Tolbiac sont obligés de s’inventer des martyrs, faute d’avoir su mobiliser autour d’une cause à la hauteur des problèmes – réels – de l’Université.
Les syndicats de cheminots ont bien du mal à convaincre l’opinion que la loi sur la réforme de la SNCF, une fois adoptée au Parlement, sera nulle et non avenue. A Notre-Dame-des-Landes, les ânesses zadistes, Orphée, Pilou et Murette, sont prêtes à rentrer docilement à l’écurie, alors que leurs propriétaires surmontent lentement mais sûrement leurs réticences à consentir à l’impôt et à respecter le droit.
La « coagulation » sociale n’est pas pour tout de suite. Ce qui est en train de coaguler de façon plus certaine, c’est l’endettement de la France
Quant aux partenaires sociaux, leurs cris d’orfraie face aux coups de boutoir du gouvernement ont toutes les peines du monde à faire oublier les dysfonctionnements patents du système de cogestion de l’assurance-chômage et de la formation professionnelle.
Bref, la « coagulation » sociale n’est pas pour tout de suite. En revanche, ce qui est en train de coaguler de façon plus certaine, c’est l’endettement de la France. Le sujet fait moins parler dans les chaumières que le « grand soir », mais il n’en est pas moins crucial. Pourtant, curieusement, à ce stade,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-13">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », quatre professeurs expliquent pourquoi ils s’opposent à la réforme de l’accès à l’université et appellent à organiser des états généraux pour repenser les choix stratégiques adoptés pour l’université ces dix dernières années sans débat politique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Sélection à l’université : « Nous demandons le retrait de la loi orientation »

Dans une tribune au « Monde », quatre professeurs expliquent pourquoi ils s’opposent à la réforme de l’accès à l’université et appellent à organiser des états généraux pour repenser les choix stratégiques adoptés pour l’université ces dix dernières années sans débat politique.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 05h00
    |

Bertrand Guillarme (Professeur de sciences politiques à l'université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis), Stéphanie Hennette-Vauchez (Professeure de ...







                        



                                


                            

Tribune. L’opposition des étudiants à la loi sur l’orientation et la réussite des étudiants (ORE) et les formes qu’elle prend (blocage de certaines universités, contestation bruyante…) est beaucoup critiquée. Elle ne serait le fait que « d’une poignée d’agitateurs professionnels » ou d’une « toute petite minorité ». Si désormais les mobilisations ne sont pas massives, cela ne retire pourtant rien à leur légitimité, et nous voudrions dire pourquoi nous, enseignants-chercheurs de ces universités concernées par les blocages, soutenons la plupart de leurs revendications, refusons de nous reconnaître dans la voix de ces 63 présidents d’université (dans Le Monde du 20 avril) qui ont déclaré leur accord avec la loi ; et pourquoi nous invitons la communauté universitaire à s’unir pour organiser ses états généraux.
Cette loi aggrave les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur. Elle méprise l’autonomie des élèves qu’elle prétend par ailleurs « responsabiliser » en ne leur permettant plus de hiérarchiser leurs vœux. Elle permet aux établissements de classer (chacun à leur guise) les dossiers des lycéens en fonction de leurs résultats scolaires de première et de terminale. Les formations les plus réputées (à tort ou à raison) attireront donc les meilleurs élèves, et les moins recherchées se retrouveront mécaniquement avec les publics les plus fragiles. Le marché universitaire ainsi créé produira bientôt une hiérarchie des établissements, une valeur différentielle des diplômes et, à moyen terme, rien n’empêchera les universités de facturer librement les diplômes qu’elles délivrent.

Le discours de la réforme met l’accent sur le mérite. N’est-il pas naturel que ceux qui ont les meilleurs résultats aient la priorité ? Mais le lycée n’offre pas à tous les élèves les mêmes possibilités de réussite. L’origine familiale des adolescents pèse sur leurs chances de succès et leur prétendu « mérite »....




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-14">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ L’oiseau des poètes a fait son nid dans des ordures : cette photographie, prise ce printemps à Copenhague, montre-t-elle la fragilité de la nature ou, au contraire, sa résilience ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Que nous dit ce cygne dans les détritus ?

L’oiseau des poètes a fait son nid dans des ordures : cette photographie, prise ce printemps à Copenhague, montre-t-elle la fragilité de la nature ou, au contraire, sa résilience ?



Le Monde
 |    29.04.2018 à 12h30
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Si la force d’une image réside dans l’imaginaire qu’elle permet de déployer, cette photo est exemplaire. Que fait donc ce cygne blanc, symbole de pureté, sur ce radeau d’herbes jonché de détritus ? ­A-t-il été contraint de s’y réfugier pour pondre ses œufs ? D’ailleurs, les œufs en sont-ils vraiment, ou s’agit-il de jouets en plastique ? Et ce cygne lui-même, est-il seulement vivant ?
« La marque de l’anthropocène »
Tout est trouble dans cette photo : la couleur de l’eau, la nature des déchets, l’état de l’animal. Sans légende, il est impossible de la localiser – le cygne blanc existe un peu partout dans le monde. Celui-ci s’est-il posé sur un fragment du « septième continent », cette immense plaque de déchets évoluant dans le nord de l’océan Pacifique ? Le cadre est intentionnellement serré, nous n’en saurons rien. Ni même s’il s’agit d’une mise en scène ou d’une image de la réalité. Tout ce qui est donné à voir, c’est un cygne s’apprêtant à couver sur un fragment de décharge. Un télescopage cinglant entre la vie sauvage et notre folie consumériste, symbolisée par ces déchets persistants que nous dispersons à tout va.
Pour Stéphane Durant, biologiste et ornithologue, l’image est clairement authentique. « Le cygne est une espèce qui vit à proximité des hommes, commente-t-il. Celui-ci est bagué, il vient de sortir de l’eau et va se mettre en place pour couver. Sa position est très naturelle. » Coauteur, avec Gilbert Cochet, de l’ouvrage Ré-ensauvageons la France (Actes Sud, 176 pages, 20 euros), il réagit en trois temps devant cette photo. Elle lui évoque tout d’abord « la marque de l’anthropocène », ce mot popularisé à la fin du XXe siècle pour désigner les activités humaines contemporaines comme une force géologique à part entière.
Les mésanges qui font usage de mégots de cigarette pour leur nid en tirent un avantage évolutif, du fait des propriétés antiseptiques du tabac
Mais tout de suite...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-15">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Il est l’auteur d’une vingtaine d’essais surprenants qui explorent l’évolution des sensibilités et des émotions. Son nouveau livre, « La Fraîcheur de l’herbe », en témoigne.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’historien Alain Corbin se roule dans l’herbe

Il est l’auteur d’une vingtaine d’essais surprenants qui explorent l’évolution des sensibilités et des émotions. Son nouveau livre, « La Fraîcheur de l’herbe », en témoigne.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 09h00
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

On ne pense pas assez à ­Ernest Labrousse (1895-1988). Il est difficile, pourtant, de mesurer la liberté, l’audace d’un livre comme La Fraîcheur de l’herbe, qu’Alain Corbin vient de faire paraître, sans se rendre compte qu’un jour il a fallu affronter la férule du maître de l’histoire économique et sociale, qui régna pendant des décennies sur l’Université française, soumettant des générations de chercheurs à une méthode quantitative impérieuse, en grande partie fondée sur l’évolution des prix. « C’était un dictateur !, se souvient son ancien élève en éclatant de rire. Quand je suis rentré d’Algérie, où j’ai fait mon service militaire, j’ai dit à une amie, étudiante comme moi, que je voulais me lancer dans une histoire des gestes. Elle s’est exclamée : “Vous allez dire ça à Labrousse ? Vous êtes perdu !” »
Avec une évidente jubilation
La prostitution, l’odorat, les plages, la virilité, les cloches, les arbres, le silence, l’herbe… A défaut des gestes, les sujets dont Alain Corbin finira par s’occuper suffisent à montrer qu’il n’a pas tenu un compte trop étroit de l’avertissement de sa camarade, même si la statue du Commandeur n’est pas tombée tout de suite. « J’ai quand même commencé par 1 600 pages sur “Archaïsme et modernité en ­Limousin au XIXe siècle”. Labrousse distribuait les sujets de thèse région par région. J’ai eu le Limousin, parce que j’étais nommé à Limoges. » Mais, déjà, le jeune professeur s’éloigne des règles, oriente sa thèse vers une recherche plus proche de l’anthropologie historique que du labroussisme de stricte observance. « Je me suis intéressé à l’alphabétisation, à des choses comme ça, plutôt que d’établir des tableaux d’évolution du prix du blé. Je commençais à me rebeller. »
Parler de sa trajectoire, de la construction d’une œuvre unique, qui a imposé, en France et au-delà, cette histoire des sensibilités dont rêvait déjà Lucien Febvre (1878-1956) – « Il ne...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-16">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans certains cas, il est possible de récupérer les sommes placées dans les plans d’épargne entreprise avant l’échéance, indique au « Monde » Benjamin Sanson, consultant retraite et épargne salariale chez Mercer France.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Epargne salariale : quand est-il possible de puiser dans son capital ?

Dans certains cas, il est possible de récupérer les sommes placées dans les plans d’épargne entreprise avant l’échéance, indique au « Monde » Benjamin Sanson, consultant retraite et épargne salariale chez Mercer France.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 09h49
    |

Benjamin Sanson (Consultant retraite et épargne salariale, Mercer France)







                        



   


Question à un expert. Les dispositifs d’épargne salariale existant au sein de l’entreprise peuvent être nombreux. Difficile alors de comprendre s’il est possible de récupérer son épargne. Si la participation ou l’intéressement permettent de récupérer sa prime immédiatement chaque année, sous réserve que l’entreprise dégage un montant à verser, il en est autrement si l’on opte pour le transfert vers un plan d’épargne.

        Lire aussi :
         

                Rente ou capital ? « La réforme de l’épargne-retraite risque de se heurter à des réalités difficiles à concilier »



Le plan épargne entreprise est le dispositif le plus souple. L’épargne y est bloquée cinq ans et bénéficie ensuite d’un avantage fiscal attractif : des prélèvements sociaux uniquement sur les intérêts générés et non sur l’ensemble du capital débloqué.
Cas malheureux
Par ailleurs, de nombreux cas de sortie existent afin de la récupérer de façon anticipée, qu’il s’agisse de faire face à certains coups durs (décès, invalidité, rupture du contrat de travail…) ou de bâtir des projets plus heureux (mariage, Pacs, naissance, financement de frais occasionnés par la résidence principale…).
Moins souple, le plan épargne pour la retraite collectif est surtout destiné à financer un futur complément de retraite. Cette épargne est bloquée jusqu’à ce moment. Toutefois, des cas de sorties anticipées existent, même s’ils sont presque uniquement malheureux.

        Lire aussi :
         

                Epargne salariale : mieux s’informer pour mieux la gérer



Une faculté méconnue permet une utilisation de son épargne : l’avance. Certains teneurs de compte proposent un adossement de prêt sur l’épargne accumulée permettant ainsi au salarié de bénéficier d’un taux attractif en échange du nantissement de son épargne salariale.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-17">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ De nouvelles imprimantes 3D utilisant du béton peuvent construire des habitations plus rapidement et pour un coût moindre qu’avec des méthodes traditionnelles.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Imprimer des maisons pour lutter contre le mal-logement

De nouvelles imprimantes 3D utilisant du béton peuvent construire des habitations plus rapidement et pour un coût moindre qu’avec des méthodes traditionnelles.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 12h36
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
Rapport d’étonnement. C’est une petite maison en béton d’un étage d’environ 55 mètres carrés – deux chambres, cuisine, salle de bains. Un toit pour une famille. Elle a été dévoilée le 12 mars à Austin, Texas, par l’ONG américaine New Story, qui se démène pour offrir un logement décent aux mal-logés. Une habitation toute simple et pourtant exceptionnelle : elle a été imprimée en moins de vingt-quatre heures, pour un coût de 4 000 dollars (moins de 3 300 euros), par une imprimante 3D utilisant du béton liquide. Avec ce procédé, New Story pourrait construire en cent jours, au Salvador ou en Haïti, un village abritant cent familles – ce qui, avec les méthodes de construction traditionnelles les moins chères, prendrait huit mois et coûterait 6 500 dollars (5 300 euros) par unité.
Pour réaliser ce prototype, New Story s’est appuyée sur une start-up de makers américains qui se consacre « à la révolution de la construction des maisons », Icon. Ce sont eux qui ont conçu l’imposante imprimante 3D capable de fabriquer l’habitation. Le cahier des charges de l’ONG était strict : Icon devait créer un logiciel permettant aux habitants de personnaliser leur maison. Aucun matériel coûteux et extérieur aux pays ciblés ne devait entrer dans la composition du béton. L’imprimante devait être légère et aisément transportable sur des routes cabossées, et fonctionner avec un générateur électrique.
Le pari a été tenu. L’imprimante, appelée Vulcan, devrait être bientôt transportée au Salvador pour construire cinquante logis – une main-d’œuvre locale ajoutera les toitures, les portes et les fenêtres, l’installation électrique et les sanitaires. « Tout le monde mérite une maison saine, abordable et sûre », professe New Story, rappelant que, d’après un rapport du World Ressources Institute sur le logement urbain publié en juillet 2017, 330 millions de familles, soit 1,2 milliard de personnes, vivent dans des habitats précaires et des bidonvilles....




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-18">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ C’est parce que « L’Iliade » et « L’Odyssée » provoquent toujours un choc radical qu’elles suscitent des créations fascinantes au théâtre, en art ou en littérature, explique, dans une tribune au « Monde », l’helléniste Pierre Judet de La Combe.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pourquoi Homère reste d’une brûlante actualité

C’est parce que « L’Iliade » et « L’Odyssée » provoquent toujours un choc radical qu’elles suscitent des créations fascinantes au théâtre, en art ou en littérature, explique, dans une tribune au « Monde », l’helléniste Pierre Judet de La Combe.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 12h30
   





                        



                                


                            
Par Pierre Judet de La Combe
Tribune. Homère est en train de vivre une aventure qu’il n’avait sans doute pas prévue, s’il a existé. Son nom émerge un peu partout, sur la couverture de magazines, dans des séries d’ouvrages grand public qui inondent les kiosques, dans des bandes dessinées, des émissions de radio, des spectacles de théâtre, des œuvres d’art, des romans, et non des moindres. D’un seul coup, il a pris une actualité intense, multiple.
Mais à cette effervescence autour de son nom, autour de ce premier et plus grand poète de l’Occident comme on aime à le dire, répond l’extrême réserve des spécialistes qui, la plupart, gardent leur froideur et font la moue. Aucun helléniste, ou presque, ne croit à l’existence d’Homère : il serait un mythe, une fiction, une invention tardive. L’Homère qu’on célèbre tant serait un vide. Il n’y aurait donc pas de quoi fouetter un chat. Homère serait, au mieux, une énigme historique à laisser aux savants.
Conformisme attristant
Comment comprendre cet abîme entre l’enthousiasme actuel et l’incrédulité sourcilleuse de beaucoup d’hellénistes ? N’y a-t-il dans cette envie d’Homère qu’une envie irraisonnée de plaisir, de confort culturel, que la science se doit de réprimander ? Sans doute pas. Cette vague nous dit beaucoup, je crois, sur un besoin bien défini de poésie et sur l’œuvre d’Homère. Elle devrait inciter les spécialistes à ouvrir les yeux sur la valeur du trésor qu’ils ont dans les mains.
Il y a certes une part de conformisme attristant dans ce déferlement quand est ressassée dans la presse (pas toute, heureusement) l’idée qu’Homère serait un maître incomparable de sagesse et d’humanité : il aurait déjà tout dit, il apprendrait aux mortels à se contenter de leur destin où qu’il est mieux d’avoir un chez-soi et sa famille, comme Ulysse, ou encore qu’il faut se prémunir contre l’hubris féroce d’un Achille et ne pas aller trop loin dans la violence, comme on le lit...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-19">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ La précarité de l’emploi n’est pas la condition de la flexibilité de l’entreprise. Au contraire, assure dans une tribune au « Monde », Quentin Guilluy, fondateur d’une start-up et fils d’agent du service public.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Réforme de la SNCF : « Le statut est la meilleure réponse à Amazon ou à Uber »

La précarité de l’emploi n’est pas la condition de la flexibilité de l’entreprise. Au contraire, assure dans une tribune au « Monde », Quentin Guilluy, fondateur d’une start-up et fils d’agent du service public.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 12h23
    |

Quentin Guilluy (Directeur général de la plate-forme d’optimisation des ressources humaines Andjaro)







                        



                                


                            

Tribune. Amusante, cette fronde anti-SNCF ces derniers jours. Amusante également, cette fronde anti-gouvernement. Amusantes en fait, car rien n’est justifié. Tout cela n’est que l’illustration d’une dualité de pensée stérile. A ma gauche, donc, le cheminot qui veut défendre la sécurité de son emploi et son départ précoce à la retraite. A ma droite, le patronat et le gouvernement accusés de vouloir précariser l’emploi. Image caricaturale des deux parties.
Je suis un « millennial », j’ai 28 ans et certaines choses m’échappent. Par exemple, on me dit que les statuts empêchent les entreprises d’avancer. Que le fonctionnaire est bien trop protégé. Que le cheminot est un privilégié. On nous dit même que le contrat à durée indéterminé est bientôt mort, car beaucoup trop rigide ! A mon âge, nous sommes censés bénir l’ubérisation et la précarité de l’emploi, plus conforme à l’instabilité censée nous caractériser.
Des collaborateur plus mobiles
Fils d’agent EDF, j’ai pourtant bien du mal à y adhérer. Regardez la SNCF : quelle ironie que de reprocher à des conducteurs de train leur manque de flexibilité ! N’est-ce pas un peu vite oublier qu’ils dorment loin de chez eux deux fois par semaine ?
Ne nous trompons pas de débat !
70 % des embauches en France se font en contrats à durée déterminée de moins d’un mois. Et nous voulons restreindre le contrat à durée indéterminée (CDI), qui serait protégé ? Mais l’enjeu n’est pas dans le statut ! Je crois simplement pour ma part qu’on se trompe de combat des deux côtés !

Soyons clairs : l’économie est en pleine transformation, comme seule la révolution industrielle nous a secoués par le passé. Toutes les entreprises devront bientôt innover, puis renouveler leurs compétences. Mais quel est le lien avec le CDI ou le fonctionnariat ? Un CDI empêche-t-il d’être mobile ? Non. Etre fonctionnaire empêche-t- il d’être formé ? Non. Un statut empêche-t-il de se renouveler ? Pas...




                        

                        


<article-nb="2018/04/30/19-20">
<filnamedate="20180430"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180430"><AAMMJJHH="2018043019">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le rail ne peut plus être un mode de transport rentable face à l’évolution des modes concurrents, explique l’économiste Stéphane Madaule dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Réforme de la SNCF : « Il est de moins en moins sûr que le transport par rail soit rentable dans le futur »

Le rail ne peut plus être un mode de transport rentable face à l’évolution des modes concurrents, explique l’économiste Stéphane Madaule dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    28.04.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 12h13
    |

Stéphane Madaule (Economiste)







                        



                                


                            

Tribune. Nous sommes en pleine grève des cheminots et l’on a bien du mal à se faire une idée sur l’état réel de l’entreprise SNCF et la pertinence des arguments avancés par les uns et les autres.
Tout d’abord, quand les cheminots en grève ne représentent que 30 % à 35 % de l’effectif de la SNCF, ils arrivent à bloquer pratiquement l’ensemble des trains. Mais la SNCF, ce ne sont pas que des trains que l’on fait rouler sur un réseau ferré : ce sont également de nombreuses filiales qui travaillent sur la route avec une flotte de poids lourds et de cars. Faut-il soutenir une entreprise qui investit de plus en plus… dans le transport routier ?
Sur le plan financier, les éléments livrés au public ne sont pas clairs non plus. La SNCF affiche des bénéfices en 2017 (1,3 milliard d’euros) avec un trafic passager en hausse. Mais elle n’a jamais reçu autant de subventions : 7 milliards d’euros par an de l’Etat et des collectivités locales pour la SNCF, plus 5 milliards par an pour SNCF Réseau, 3,3 milliards par an pour le régime de retraite des cheminots.
Sans cet appui massif, sans rattachement à la sphère publique, le transport par rail souffrirait de profonds déficits. Le bénéfice affiché par la SNCF masque en réalité une activité ferroviaire fortement déficitaire, comme c’est le cas aujourd’hui dans la plupart des pays développés.

Dans le futur, le transport par rail peut-il être rentable ? C’est de moins en moins sûr à mesure que les autres modes se transforment ou se créent. L’avantage comparatif du rail est sa capacité à transporter sur une petite distance des flux massifs d’usagers qui vont travailler quotidiennement, comme le métro. C’est un mode propre, particulièrement adapté aux grandes agglomérations où il faut connecter des banlieues à un centre qui concentre les emplois. C’est aussi un mode compétitif sur des distances de moins de trois heures où l’avion ne peut pas s’aligner.
C’est...



                        

                        

