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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Un recensement, effectué fin 2017, dénombre 17442 Palestiniens réfugiés au Liban.
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édition abonné


Les Palestiniens, des exclus au pays du Cèdre

Un recensement, effectué fin 2017, dénombre 17442 Palestiniens réfugiés au Liban.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 18h25
    |

            Delphine Papin, 
Francesca Fattori, 
Véronique Malécot et 
Flavie Holzinger








                        



                                


                            Près d’un Palestinien sur deux vit dans un camp
Le recensement officiel des Palestiniens au Liban, réalisé en 2017 par une initiative conjointe israélo-palestinienne (Lebanese- Palestinian Dialogue Committee, LPDC), est contesté, mais il est le premier depuis leur arrivée, il y a soixante-dix ans. La communauté palestinienne résidant au Liban est estimée à 174 422 personnes, alors que l’Agence des Nations unies (Unrwa) pour les réfugiés palestiniens les estime à plus de 500 000 personnes.

Le camp d’Aïn El-Héloué sous la pression des radicaux
Près de la ville de Saïda, le camp le plus peuplé du Liban abrite plus de 21 000 réfugiés (dont 18 763 Palestiniens) vivant dans une grande précarité. Depuis leur émergence dans les années 1980, les groupes salafistes djihadistes se heurtent régulièrement au Fatah et à la Force conjointe palestinienne créée au printemps 2017.

70 ans d’exode et d’affaiblissement politique
1948, 1967 : guerres en israël — L’exode des Palestiniens
A la suite de la création d’Israël, en 1948, la guerre provoque l’exode d’Arabes vers le Liban. Ils rejoignent de la famille ou s’installent dans les anciens camps d’Arméniens, ou dans six camps créés alors. Après la guerre des Six-Jours, en 1967, le gouvernement israélien expulse des populations palestiniennes qui s’installent dans douze camps construits en marge des villes. Dans ces camps pauvres, densément peuplés, s’affirme la résistance palestinienne.

1982 : invasion israélienne du Liban — L’affaiblissement de la résistance palestinienne
En 1982, Israël lance l’opération « Paix en Galilée » pour lutter contre les infiltrations menées par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et détruire celle-ci. Les raids israéliens et les massacres perpétrés par les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Au moins 37 personnes, dont un photographe de l’AFP et neuf autres journalistes, sont mortes dans une série d’attentats à Kaboul et dans le sud du pays.
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Ce qu’il faut retenir de la série d’attentats meurtriers en Afghanistan

Au moins 37 personnes, dont un photographe de l’AFP et neuf autres journalistes, sont mortes dans une série d’attentats à Kaboul et dans le sud du pays.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 17h58
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 18h00
   





                        



   


L’essentiel
Au moins 37 personnes, dont dix journalistes, sont mortes lundi 30 avril en Afghanistan, dans une série d’attentats à Kaboul et dans le sud du pays.Un double attentat suicide, revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI), a d’abord frappé la capitale, faisant au moins 25 morts, dont neuf journalistes, et 49 blessés. La première attaque visait apparemment le siège des services de renseignements afghans. Arrivés sur les lieux pour couvrir l’attentat, les journalistes ont été tués par une deuxième déflagration. Le kamikaze qui a visé la presse s’était glissé parmi les reporters, faussement « muni d’une caméra ».Ce double attentat a été suivi par un autre attentat suicide à Kandahar, dans le sud du pays, qui a tué onze enfants, et par le meurtre par balles d’un reporter afghan de la BBC à Khost, dans le sud-est. Ces attaques n’ont pas été revendiquées.

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                Afghanistan : un double attentat à Kaboul fait au moins 25 morts



Le chiffre
10
C’est le nombre de journalistes tués dans la série d’attentats qui a frappé le pays lundi. L’organisation Reporters sans frontières (RSF) et le Centre des journalistes d’Afghanistan (AJC) ont recensé neuf journalistes tués dans le double attentat à Kaboul, dont le chef photographe de l’Agence France-Presse (AFP) à Kaboul, Shah Marai.
Huit autres journalistes présents, selon l’AJC confirmée par RSF, ont été fauchés par cette explosion. Tous travaillaient pour une radio ou des télévisions afghanes, dont un pour la chaîne Tolo News, déjà très éprouvée par un attentat revendiqué par les talibans en 2016, qui avait fait sept morts parmi ses employés.
« Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière [contre des journalistes] depuis la chute des talibans en décembre 2001 », souligne RSF dans un communiqué. Il « visait sciemment la presse », estime l’ONG.
Un reporter afghan de la BBC en pachtou, Ahmad Shah, a par ailleurs été tué par balles à Khost dans le sud-est de l’Afghanistan, a annoncé la radio-télévision britannique à Kaboul.

We’re sad to confirm the death of BBC Afghan reporter Ahmad Shah following an attack earlier today:… https://t.co/CLmXIt8UyD— bbcpress (@BBC Press Office)


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La citation
« Nous sommes anéantis par la mort de notre photographe Shah Marai, qui témoignait depuis plus de quinze ans de la tragédie qui frappe son pays. La direction de l’AFP salue le courage, le professionnalisme et la générosité de ce journaliste qui avait couvert des dizaines d’attentats avant d’être lui-même victime de la barbarie », a déclaré Michèle Léridon, directrice de l’information de l’AFP.
De nombreux messages de sympathie et de condoléances ont afflué au bureau de l’AFP à Kaboul. Un autre journaliste de l’agence, Sardar Ahmad, avait été tué en mars 2014 avec sa famille dans un attentat taliban. Seul l’un de ses enfants, alors âgé de trois ans, en avait réchappé.
L’image

   


Shah Marai, 48 ans, travaillait pour le bureau de l’AFP à Kaboul depuis 1996 et en était devenu un pilier. Grand gaillard mince aux yeux très bleus, il avait largement contribué à la couverture de l’Afghanistan lorsque le pays était sous le régime taliban et à celle de l’invasion américaine de 2001, ainsi qu’à tous les rebondissements qui ont suivi.
« J’ai appris tout seul la photographie, donc je cherche toujours à m’améliorer. Et maintenant mes photos sont publiées dans le monde entier », relevait-il.

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                Shah Marai, photographe et « pilier » de l’AFP à Kaboul, est mort dans une double attaque



Et après ?
Ces attaques surviennent alors que les talibans ont officiellement lancé mercredi leur offensive de printemps, rejetant ainsi implicitement de récents appels du gouvernement afghan visant à entamer des négociations de paix.
Kaboul est devenu selon l’ONU l’endroit le plus dangereux d’Afghanistan pour les civils, avec depuis un an une recrudescence des attentats d’ampleur, généralement perpétrés par des kamikazes et tour à tour revendiqués par les talibans ou l’EI.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Plusieurs dizaines de milliers de personnes originaires des Caraïbes sont menacées d’expulsion par le Royaume-Uni.
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Qu’est-ce que la « génération Windrush », qui a causé la démission de la ministre de l’intérieur britannique ?

Plusieurs dizaines de milliers de personnes originaires des Caraïbes sont menacées d’expulsion par le Royaume-Uni.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 18h33
    |

            Jérémie Baruch








                        



   


Son exposition politique lui aura été fatale. Amber Rudd, la secrétaire d’Etat à l’intérieur britannique, a dû démissionner de son poste, dimanche 29 avril, pour avoir menti devant une commission d’enquête parlementaire. Elle y avait certifié n’avoir « aucun objectif chiffré » concernant les mesures de renvoi des immigrés. Une affirmation démentie le 27 avril dans une note confidentielle envoyée à la ministre, où les services d’immigration expliquaient s’être « fixé un objectif de 12 800 expulsions en 2017-2018 ».
Ces révélations sont le dernier rebondissement de l’affaire de la « génération Windrush », un fiasco plus général concernant la stratégie des services d’immigration, dévoilé par le journal britannique The Guardian en fin d’année 2017. Parmi les individus touchés par cette politique, on compte de nombreux immigrants caribéens : la « génération Windrush ».
Qui est la « génération Windrush » ?
A la fin de la seconde guerre mondiale, le Royaume-Uni, vainqueur, n’en sort pourtant pas indemne : les bombardements des forces de l’Axe ont laissé de nombreuses villes et infrastructures à l’état de ruines, tandis que la pénurie de main-d’œuvre est patente.
En 1948, le paquebot Empire Windrush fait une escale à Kingston, en Jamaïque, pour ramener à Londres des militaires stationnés dans les Antilles britanniques. De nombreux natifs des Indes occidentales, qui viennent d’obtenir la nationalité britannique à la faveur d’une loi récemment votée pour tous les habitants des pays du Commonwealth (une organisation intergouvernementale rassemblée autour du Royaume-Uni), en profitent pour payer une traversée abordable vers les terres anglo-saxonnes. En juin, 492 immigrés originaires de la Jamaïque et de Trinidad-et-Tobago débarquent à Tillbury, un port à l’embouchure de la Tamise, en amont de la capitale. Ils espèrent une vie meilleure, déplorant la faiblesse des salaires dans les îles des Caraïbes.
Ce premier transport de travailleurs antillais vers la métropole britannique devient le symbole du multiculturalisme britannique et celui de sa politique migratoire : le terme de « génération Windrush » finit par désigner les immigrants des Caraïbes qui s’installèrent en Grande-Bretagne jusqu’en 1971. Cette année-là mit un terme quasi définitif à l’immigration caribéenne, obligeant les immigrants à détenir un permis de travail ou à avoir des parents ou grands-parents nés au Royaume-Uni pour s’y installer.
Quel est le problème ?
Les immigrés des Antilles qui avaient débarqué avant 1971 obtinrent de la loi d’immigration passée par le Parlement de pouvoir rester au Royaume-Uni. Pour autant, le secrétariat d’Etat à l’intérieur de l’époque ne jugea pas nécessaire de fournir la documentation prouvant une quelconque citoyenneté britannique, pas plus qu’il ne tint de registres de ceux qui s’étaient effectivement établis en métropole. Enfin, en 2010, les tickets de débarquement appartenant aux « immigrants Windrush » furent intégralement détruits par les autorités.
La solution sous-jacente, rendre la vie de tous les jours plus difficile, voire insupportable
En 2012, Theresa May, qui était alors à la tête du ministère de l’intérieur dans le gouvernement de David Cameron, a annoncé vouloir créer « en Grande-Bretagne, un environnement vraiment hostile pour les immigrants illégaux ». La solution sous-jacente de Mme May pour décourager les candidats à la clandestinité migratoire était de rendre leur vie de tous les jours plus difficile, voire insupportable.
Problème, de nombreux citoyens de la « génération Windrush » ne peuvent plus prouver qu’ils sont bien arrivés au Royaume-Uni par ce moyen – avant 1971, car c’est cette année-là que les règles en matière d’immigration ont changé. Par conséquent, c’est leur citoyenneté britannique qu’ils ne sont pas en mesure de prouver.
Ce fut pour eux un coup de massue, car les conséquences sont importantes. Par exemple, pour bénéficier des soins prodigués par les services de santé, il faut notamment, selon la loi, « prouver la légalité de sa situation » ; de même, il faut prouver la légalité de son statut pour percevoir des allocations, trouver du travail ou un logement. De facto, de nombreuses personnes originaires des Antilles – dont la précarité est par ailleurs largement documentée – sont menacées d’expulsion, assimilées à des sans-papiers. Si aucun chiffre officiel n’est disponible, l’observatoire des migrations de l’université d’Oxford estime que près de 60 000 personnes seraient concernées.
Le gouvernement May dans la tourmente
Pourtant, rapidement après le lancement de cette politique hostile, le gouvernement a été prévenu par plusieurs organisations non gouvernementales des difficultés auxquelles auront à faire face ces citoyens britanniques qui auraient du mal à prouver leur citoyenneté. Mais la crise des réfugiés syriens en 2015 et la victoire du Brexit au référendum de juin 2016, notamment, ne poussent pas le gouvernement britannique à chercher de solutions viables et pérennes.
Theresa May, devenue entre-temps première ministre, n’a pas senti la colère monter, alors que plusieurs articles de presse illustrent, jour après jour, la situation de la « génération Windrush ». Et quand, au début d’avril, les représentants de douze pays des Caraïbes demandent à être reçus par Mme May à l’occasion de la conférence des chefs de gouvernement du Commonwealth, ils se voient répondre une fin de non-recevoir.
Mais, face au scandale, le gouvernement finit néanmoins par présenter, le 17 avril, ses excuses aux chefs d’Etat caribéens, en soulignant que « la génération Windrush a aidé à construire le pays tel qu’il est aujourd’hui ». La première ministre affirme à cette occasion vouloir « dissiper toute impression que [son] gouvernement serait en train de sévir contre les citoyens du Commonwealth ». Le gouvernement promet aussi une compensation financière pour résoudre les inquiétudes et problèmes dont ont été victimes certains citoyens de la « génération Windrush ».
Si le montant de ces dédommagements n’est pas encore connu, la facture politique des conservateurs prend de l’ampleur. Après la démission d’Amber Rudd, remplacée par Sajid Javid, le fils d’un immigrant pakistanais, le parti conservateur risque d’affronter un vote contestataire amplifié par ce scandale : des élections locales sont prévues le 3 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le chef photographe du bureau de l’AFP à Kaboul est mort lundi, lors d’un double attentat revendiqué par l’organisation Etat islamique dans la capitale afghane.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Selon la Maison Blanche, les conversations vont se concentrer sur « la lutte contre le terrorisme » et le développement au Nigeria.
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Compte rendu

Muhammadu Buhari, premier dirigeant d’Afrique subsaharienne reçu par Donald Trump

Selon la Maison Blanche, les conversations vont se concentrer sur « la lutte contre le terrorisme » et le développement au Nigeria.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-04-30T17:27:40+02:00"

        Le 30.04.2018 à 17h27






    
Le président nigérian, Muhammadu Buhari, à Londres, le 18 avril 2018.
Crédits : REUTERS


Le président américain, Donald Trump, reçoit, lundi 30 avril, son homologue nigérian, Muhammadu Buhari, premier dirigeant d’Afrique subsaharienne invité à la Maison Blanche depuis son arrivée au pouvoir. Les deux hommes devaient se retrouver en milieu de journée pour un tête-à-tête dans le bureau Ovale, avant de participer à une conférence de presse commune dans les jardins de la Maison Blanche.

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L’exécutif américain est resté plutôt discret à l’approche de cette visite durant laquelle aucune annonce de taille n’est attendue. Mais quinze mois après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, elle constitue un signal. « Le fait que le président du pays le plus peuplé d’Afrique visite Washington pourrait bien, en soi, être plus important pour renforcer les relations Etats-Unis-Afrique que telle ou telle discussion politique spécifique », souligne John Campbell, du Council on Foreign Relations.
Un président qui se soucie peu du continent
Les relations entre l’Afrique et Donald Trump ont été durablement marquées par les propos de ce dernier, qui avait évoqué des « pays de merde » à propos de Haïti et des pays africains. Le limogeage brutal, en mars, du secrétaire d’Etat Rex Tillerson alors qu’il se trouvait en visite officielle au Nigeria pour sa première tournée africaine, n’a fait que renforcer l’image d’un président qui se soucie peu de ce continent. Nombre de postes de haut niveau sur l’Afrique sont par ailleurs toujours vacants au sein du département d’Etat.

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« L’administration voit peut-être cette visite de Buhari comme une occasion de rectifier le tir, même s’il est peu probable qu’elle le formule ainsi », souligne John Campbell, qui fut ambassadeur des Etats-Unis au Nigeria de 2004 à 2007. Muhammadu Buhari est devenu, en 2015, le premier dirigeant nigérian d’opposition à battre un président sortant au cours d’une élection considérée comme libre et légitime.
Selon la Maison Blanche, les conversations vont se concentrer sur « la lutte contre le terrorisme » et le développement économique et démocratique au Nigeria, où une élection présidentielle est prévue en février 2019. Le Nigeria entre dans sa neuvième année de lutte contre le groupe djihadiste Boko Haram, qui a dévasté le nord-est du pays. Le conflit a fait plus de 20 000 morts et des centaines de milliers de déplacés, y compris dans les pays voisins, le Tchad, le Cameroun et le Niger.
M. Buhari affronte aussi une résurgence d’un conflit agropastoral récurrent entre agriculteurs et éleveurs, sur fond de divisions ethniques et religieuses.
Un pays où la corruption est endémique
La coopération entre les deux pays s’est améliorée au cours de l’année écoulée. Peu après son arrivée au pouvoir, en 2015, M. Buhari avait reproché au président Barack Obama d’avoir refusé de vendre des armes au Nigeria pour lutter contre Boko Haram. Mais l’administration Trump a changé de position en autorisant la vente au Nigeria d’avions Super Tucano d’une valeur de 500 millions de dollars (environ 410 millions d’euros), des appareils de surveillance et de soutien tactique qui doivent être livrés en 2020.

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Cet accord a récemment été examiné avec attention au Nigeria, un pays où la corruption est endémique. Les élus nigérians ont accusé leur président d’illégalité au sujet des fonds utilisés pour acheter ces avions. M. Buhari, qui cherche à être réélu en 2019, devrait sans doute mettre en avant les réformes agricoles de son administration et souligner son engagement envers la démocratie.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Figure de l’aile droite des conservateurs, Sajid Javid remplace Amber Rudd et va renforcer, au sein du gouvernement de Theresa May, le camp des eurosceptiques les plus remontés en faveur du Brexit.
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Royaume-Uni : Sajid Javid, nouveau ministre de l’intérieur chargé de désamorcer le scandale sur l’immigration

Figure de l’aile droite des conservateurs, Sajid Javid remplace Amber Rudd et va renforcer, au sein du gouvernement de Theresa May, le camp des eurosceptiques les plus remontés en faveur du Brexit.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 17h11
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 17h27
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


« Cela pourrait être ma mère, mon père, mon oncle, ce pourrait être moi. » En affichant, dimanche 29 avril, sa compassion avec les immigrés victimes du zèle de la ministre de l’intérieur Amber Rudd, Sajid Javid, lui-même ministre du logement, avait fait un croc-en-jambe à sa collègue en même temps qu’une offre de service. Manœuvre réussie. Lundi matin, quelques heures après la démission de Mme Rudd, il a été choisi par Theresa May pour lui succéder.
Né de parents immigrés pakistanais, figure de l’aile droite du parti conservateur et eurosceptique, M. Javid, 48 ans, a résumé un jour la leçon de vie héritée de ses parents : « Ne doute pas de toi-même et ne cesse jamais de tenter ta chance. » Ultralibéral, emblème tory de l’intégration réussie, ce fils de chauffeur de bus devenu banquier puis député, arbore un portrait de Margaret Thatcher dans son bureau.
Il a le profil idéal pour tenter de désamorcer le malaise suscité par le scandale de la « génération Windrush », ces Antillais installés au Royaume-Uni depuis des décennies, visés par erreur par la politique d’« environnement hostile à l’immigration illégale » lancée en 2012 par le Home office sous Mme May et poursuivie par Mme Rudd. « Je ressens [cette situation] très personnellement », a-t-il confié dimanche au Sunday Telegraph, avant d’être pressenti officiellement pour remplacer cette dernière. Il peut y avoir des électeurs issus des minorités ethniques que cela peut inquiéter. »
Des ravages chez les conservateurs
Le scandale, qui déstabilise des citoyens issus de vagues anciennes d’immigration venues du Commonwealth, pourrait faire des ravages chez les conservateurs en leur aliénant des électeurs venus des anciennes colonies britanniques lors des élections locales du jeudi 3 mai, déjà annoncées comme victorieuses pour l’opposition travailliste.
Faute de documents attestant de l’ancienneté de leur séjour, les « Windrush » – du nom du premier navire d’immigrants jamaïcains arrivé à Londres en 1948 – de nombreux Antillais arrivés entre 1948 et 1973 et en situation parfaitement régulière, voire dotés de la nationalité britannique, ont perdu leur emploi, se sont vu interdits de soins médicaux, voire menacés d’expulsion pour alimenter les quotas de reconduite à la frontière fixés secrètement par le ministère de l’intérieur. Dernières preuves matérielles de leur date d’arrivée, leurs récépissés de débarquement ont été détruits par l’administration en 2010, du temps où Theresa May était ministre de l’intérieur.
Sitôt nommé, lundi matin, Sajid Javid a déclaré que sa « tâche la plus urgente » consistait à s’assurer que les victimes du scandale de la « génération Windrush » soient « toutes traitées avec la dignité et l’équité qu’ils méritent ». Mais il s’est bien gardé de remettre en cause la politique d’« environnement hostile à l’immigration illégale » menée par son ministère. « Il n’y a rien de mal à gérer l’immigration », avait-il tweeté en septembre 2017.
Son père, débarqué du Pakistan à Heathrow en 1961 avec une livre sterling en poche ne pourrait plus s’installer aujourd’hui au Royaume-Uni, a-t-il reconnu en 2015 dans un entretien au Telegraph.
« A l’époque, le pays avait besoin de main-d’œuvre non qualifiée, a-t-il expliqué alors. Aujourd’hui, on n’en a plus besoin, donc il est absolument juste d’avoir une politique d’immigration basée sur les talents. » 
Sajid Javid a aussi approuvé en 2013 les camions publicitaires du Home office arborant dans les rues de Londres des affiches portant une énorme paire de menottes et la mention : « Illégalement au Royaume-Uni ? Rentrez chez vous ou risquez l’arrestation. » 
Margaret Thatcher, son modèle en politique
Né en 1969 à Rochdale (nord-ouest de l’Angleterre), M. Javid a été élevé dans un deux-pièces abritant ses quatre frères et ses parents. Son père a travaillé dans une filature avant d’être chauffeur de bus. Il est le premier membre de sa famille à avoir suivi des études supérieures. Diplômé en économie et sciences politiques, il a été employé à de hauts niveaux de responsabilité et de salaire à New York par la Chase Manhattan Bank puis à la City de Londres par la Deutsche Bank comme chef des opérations vers l’Asie. Le fils d’immigrés est ensuite entré en politique en se faisant élire député en 2010. Marié à une chrétienne, père de quatre enfants, il ne pratique aucune religion.
Protégé du premier ministre d’alors, David Cameron, et de son ministre des finances George Osborne, Sajid Javid a été promu successivement secrétaire d’Etat au trésor, ministre de la culture puis du commerce. Il a flirté avec la campagne pro-Brexit avant de faire timidement campagne « le cœur lourd et sans enthousiasme » dans le camp opposé, probablement sous l’influence de ses mentors. Les brexiters (partisans du Brexit) lui ont alors reproché de faire passer sa carrière avant ses convictions.

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                Ayn Rand, l’auteure de chevet de Trump, rééditée en France



Hormis Margaret Thatcher, son modèle en politique, M. Javid révère Ayn Rand, égérie des libertariens américains, auteure de chevet de Trump et des patrons de la Silicon Valley, qui magnifie le pouvoir de l’individu et fustige l’Etat. Sa proximité avec MM. Cameron et Osborne lui a valu d’être rétrogradé au ministère du logement par Mme May avec laquelle ses relations sont réputées froides. Il s’était d’ailleurs porté candidat contre elle en 2016 pour la direction du parti conservateur.
Dans le débat sur le Brexit, il s’est fait récemment l’ardent avocat de la sortie de l’Union douanière européenne, alors qu’on dit Mme May ouverte à une concession sur ce point crucial, sous la pression des députés. L’arrivée au Home office, ministère régalien lourd, de cet eurosceptique partisan du respect du vote populaire pro-Brexit de juin 2016 déséquilibre le gouvernement britannique dans le sens antieuropéen. Amber Rudd, à laquelle M. Javid succède, était une proeuropéenne convaincue. C’est désormais lui qui siégera au « cabinet de guerre sur le Brexit », qui réunit autour de Theresa May ses dix principaux ministres et définit la stratégie britannique des négociations avec les 27.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’Etat hébreu n’a pas revendiqué le bombardement de bases militaires dans les régions d’Alep et de Hama, où se trouvent des milices chiites et des membres du Hezbollah libanais.
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Les regards se tournent vers Israël après des frappes sur des sites militaires en Syrie

L’Etat hébreu n’a pas revendiqué le bombardement de bases militaires dans les régions d’Alep et de Hama, où se trouvent des milices chiites et des membres du Hezbollah libanais.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 16h59
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Le cabinet de sécurité israélien s’est réuni en urgence, lundi 30 avril, autour de Benyamin Nétanyahou, pour discuter de la situation en Syrie et de la menace iranienne. Cette convocation a eu lieu au lendemain de frappes importantes, à l’origine non identifiée, dans les régions d’Alep et de Hama, en Syrie. L’une des cibles des missiles a été la 47e Brigade, une base militaire dans la province de Hama, où se trouvent aussi bien des soldats de l’armée régulière que des milices chiites et des hommes du Hezbollah libanais.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), au moins 26 personnes y auraient été tuées, dont une majorité d’Iraniens. Le nombre de victimes, ainsi que la cible souterraine, confèrent à cette opération une importance inédite. Les regards se tournent vers Israël. Mais le gouvernement se garde cette fois de revendiquer la responsabilité de cette mission audacieuse, qui représente un test pour tous les acteurs du conflit.
Reçu par le président syrien lundi 30 avril, le chef de la commission des affaires étrangères et de la sécurité nationale du Parlement iranien, Alaeddin Boroujerdi, a mis en cause l’Etat hébreu. « L’entité israélienne a révélé, à travers cette attaque, qu’elle était une entité agressive qui doit être confrontée », a-t-il estimé, tout en assurant que les « conseillers iraniens [le terme officiel pour qualifier la présence militaire iranienne en Syrie] resteraient jusqu’à la libération complète du pays ». Une reconnaissance implicite que des Iraniens ont bien été visés par les frappes.
Capacités étatiques
Selon Amos Yadlin, ancien chef du renseignement militaire israélien et directeur de l’Institut pour les études de sécurité nationale (INSS), il ne fait pas de doute que les frappes de dimanche soir réclamaient des capacités étatiques. Selon lui, l’ampleur de l’explosion à Hama serait due non pas à la nature des moyens utilisés, mais à la cible, « probablement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le photographe a été tué dans un double attentat après vingt-deux ans passés au sein de l’Agence France-Presse, qui lui a rendu hommage.
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Shah Marai, photographe et « pilier » de l’AFP à Kaboul, est mort dans une double attaque

Le photographe a été tué dans un double attentat après vingt-deux ans passés au sein de l’Agence France-Presse, qui lui a rendu hommage.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 16h36
   





                        


L’Agence France-Presse (AFP) vient de perdre son « pilier » à Kaboul, capitale de l’Afghanistan, dans une double attaque qui a fait au moins 26 morts. Arrivé rapidement sur les lieux pour « couvrir » l’attentat, comme il le faisait lors de chaque attaque, Shah Marai a été tué par la deuxième déflagration, survenue une trentaine de minutes après la première.
Agé de 48 ans, Shah Marai travaillait pour l’organisme depuis vingt-deux ans, d’abord comme chauffeur puis comme photographe.
« C’est avec une extrême tristesse que nous avons appris ce matin la mort de Shah Marai. Une fois encore, après la mort de Sardar Admad en 2014, le bureau de Kaboul est frappé par un événement tragique. Je veux exprimer mes profondes condoléances à la famille de Shah Marai et à toute l’équipe du bureau de Kaboul. Shah Marai était un grand photographe, et une personne merveilleuse », a écrit Michèle Léridon, directrice de l’information de l’AFP dans un communiqué.
Des « nuits sans sommeil »
« Nous ne pouvons qu’honorer la force, le courage et la générosité d’un photographe qui a couvert des événements souvent traumatisants avec sensibilité et professionnalisme », ajoute-t-elle ensuite au sujet de celui qui racontait avoir vu tant de cadavres qu’il n’en dormait plus la nuit.
Lors de ses débuts à l’AFP en tant que chauffeur, Shah Marai avait été roué de coups par les talibans parce qu’il écoutait de la musique. Quelques années plus tard, le 7 octobre 2001, il annonce pour l’AFP les premiers bombardements américains sur l’Afghanistan, quelques semaines après les attentats du 11-Septembre. Il prend dix photos, « pas une de plus », de Kaboul. « J’ai appris tout seul la photographie, donc je cherche toujours à m’améliorer. Et maintenant mes photos sont publiées dans le monde entier », racontait-il. En mars 2014, l’un de ses meilleurs amis, Sardar Ahmad, autre pilier du bureau de l’AFP, est tué avec sa femme et deux de leurs trois enfants dans un hôtel pourtant très sécurisé de Kaboul. Les talibans revendiquent l’attaque.
A la mi-2016, en séjour à Paris, il décrit « ses nuits sans sommeil », passées à fumer ; sa panique et ses doutes après avoir été témoin de « tant d’attentats, tant de victimes » ; son désir de quitter son pays aussi, comme des dizaines de milliers d’autres Afghans avant lui, tant l’avenir lui semble bouché ; sa terreur surtout de mettre en danger sa famille. Shah Marai laisse derrière lui six enfants, dont une fille de quinze jours. Le bureau de l’AFP avait célébré l’événement il y a à peine quelques jours, défiant le climat de tension à Kaboul, où un autre attentat avait fait une soixantaine de morts le matin même. Dans son blog, il décrivait la difficulté de travailler en Afghanistan.
L’agence a créé une adresse mail (tribute.shahmarai@afp.com), à laquelle des messages de condoléances ont d’ores et déjà été reçus. « Il est mort en faisant son travail, comme il le faisait depuis deux décennies », lui a rendu hommage Mujib Mashal, le correspondant du New York Times à Kaboul.

Hommage à Shah Marai, chef du service photo de l'AFP à Kaboul, tué dans un attentat-suicide ce matin.

— afpfr (@Agence France-Presse)


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Malgré les attaques meurtrières dans le nord du pays, les groupes Eni et Anadarko comptent bien exploiter les immenses réserves découvertes au large des côtes.
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Décryptage

La menace islamiste plane sur l’avenir gazier du Mozambique

Malgré les attaques meurtrières dans le nord du pays, les groupes Eni et Anadarko comptent bien exploiter les immenses réserves découvertes au large des côtes.

Par                                            Adrien Barbier (Mocimboa da Praia (Mozambique), envoyé spécial)




LE MONDE
              datetime="2018-04-30T16:22:49+02:00"

        Le 30.04.2018 à 16h22






    
Des soldats mozambicains patrouillent à Mocimboa da Praia, dans le nord du pays, le 7 mars 2018, après une attaque d’insurgés islamistes.
Crédits : ADRIEN BARBIER / AFP


Des rues parsemées de nids-de-poule, des bâtiments officiels décrépis, un seul hôtel défraîchi : Mocimboa da Praia, dans l’extrême-nord du Mozambique, est une bourgade sans grand intérêt. Si ce n’est la mer, ses eaux turquoise et la pêche, principale source de revenus des habitants de cette zone retirée, bercée par l’océan Indien. Difficile d’imaginer qu’à 80 km se joue l’avenir économique de tout un pays.
Depuis 2010, plus de 5 000 milliards de mètres cubes de gaz ont été découverts au large des côtes, dans le bassin du fleuve Rovuma, qui fait la frontière avec la Tanzanie. Et les multinationales ont choisi Palma, jusque-là un simple village de pêcheurs, pour y ériger les infrastructures qui doivent faire du Mozambique le futur Qatar de l’Afrique.

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Las, en octobre 2017, c’est la ville voisine de Mocimboa qu’un groupe d’insurgés islamistes a choisi de frapper. Depuis, les assaillants – que les locaux nomment « Al-Chabab » (« les jeunes », en arabe) même s’il n’y a pas de lien avéré avec le mouvement somalien du même nom – ont plongé la région dans l’inconnu. Si les autorités se gardent bien de donner un bilan précis, une dizaine d’attaques ont fait au moins une quarantaine de morts.
Fortement réprimés par les forces gouvernementales, les survivants du groupe se sont retranchés dans les forêts avoisinantes, d’où ils mènent des raids sporadiques contre les villages. Les dernières attaques rapportées par les médias locaux remontent aux 20 et 21 avril. Des maisons ont été brûlées, des villageois tués, essentiellement pour dérober de la nourriture.
EDF et Total intéressés
Jusqu’à présent, les sites gaziers n’ont pas été visés et les multinationales poursuivent leurs projets comme si de rien n’était. La major italienne Eni, la première à avoir lancé son méga-projet en juin 2017 – une plateforme flottante d’extraction et de liquéfaction d’un coût de 8 milliards de dollars (environ 6,6 milliards d’euros) –, ne s’estime pas concernée. « Eni n’a pas de personnel dans cette zone, toutes nos activités sont offshore », affirme un représentant à Rome.
Du côté de l’américain Anadarko, l’autre grand groupe chargé du destin gazier du Mozambique, on « prend très au sérieux toute menace portant atteinte à la sécurité des personnels », explique une représentante depuis Houston. « Les projets se poursuivent, avec une grande attention portée à l’environnement sécuritaire », ajoute-t-elle, sans plus de détails.

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En mars, le gouvernement a approuvé le plan de développement d’Anadarko pour l’exploitation du champ gazier de Golfinho-Atum. Il reste désormais à la firme texane à convaincre suffisamment d’acheteurs pour boucler le financement (estimé à 12 milliards de dollars) et lancer officiellement la construction des infrastructures, au plus tôt fin 2018. En février, Electricité de France (EDF) a signé un contrat d’achat portant sur 1,2 million de tonnes de gaz liquéfié par an pendant quinze ans, tandis que Total serait également en discussion.
« Pour l’instant, la menace reste mineure, car les insurgés n’ont pas démontré leur capacité à viser des opérations commerciales, qui sont de toute façon dotées de gros dispositifs de sécurité, résume Barnaby Fletcher, du cabinet d’analyse des risques Control Risks. Les entreprises suivent néanmoins la situation avec attention, car il y a un fort potentiel pour que la situation devienne bien plus volatile. » 
Soufis contre wahhabites
Jusqu’à récemment, c’est le centre du pays qui concentrait l’attention de la communauté internationale. L’ancienne rébellion de la guerre civile (1976-1992), la Résistance nationale du Mozambique (Renamo), qui a repris les armes en 2013, s’y est opposée aux forces gouvernementales lors de heurts sanglants jusqu’à fin 2016. Le leader de l’opposition, Afonso Dhlakama, vit toujours retranché dans les montagnes de Gorongosa dans l’attente d’un nouveau traité de paix.
Les attaques à Mocimboa ont depuis mis un coup de projecteur sur le nord du Mozambique, où les facteurs d’instabilité sont multiples. « C’est une zone où les divisions se superposent : il y a un véritable problème social, politique et religieux qui a déjà causé des problèmes par le passé », estime le chercheur suisse Eric Morier-Genoud.

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La communauté musulmane, majoritaire dans la moitié nord, est depuis longtemps parcourue de tensions, entre la branche soufie qui pratique un islam modéré depuis plusieurs siècles, un leadership religieux installé à Maputo et sous influence des wahhabites, présents au Mozambique depuis les années 1960, et des jeunes qui ne se reconnaissent ni dans l’un ni dans l’autre.
« Ces jeunes sont allés étudier en Tanzanie, au Soudan, en Arabie saoudite. Et une fois rentrés, ils ont commencé à propager leur idéologie, explique l’administrateur adjoint de Mocimboa, Antonio Melembe. Puis, confrontés au contexte de pauvreté et d’analphabétisme, ils se sont très vite radicalisés. » 
« Narco-Etat » en gestation
Malgré les richesses de son sous-sol, la province de Cabo-Delgado est la moins développée du Mozambique. Or l’euphorie générée par la découverte du gaz et par les investissements liés à la phase d’exploration est retombée comme un soufflé lorsque les entreprises se sont retirées, en 2015, en attendant de trouver acheteurs et investisseurs. Depuis, l’attente s’est transformée en frustration, une potentielle source d’animosité vis-à-vis des multinationales. « Les entreprises gazières le savent bien : même s’il est bien géré, un tel flux d’investissement dans une région aussi défavorisée génère toujours de l’instabilité », estime Barnaby Fletcher.
Enfin, la région est réputée pour les réseaux criminels qui y pullulent, souvent avec la complicité de responsables gouvernementaux haut placés, comme le révélait WikiLeaks en 2010, évoquant un « narco-Etat » en gestation. Drogue, ivoire, pierres précieuses, blanchiment d’argent… La zone est sur la route de tous types de trafics entre l’Asie et l’Afrique du Sud.

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A seulement 300 km au sud-ouest de Mocimboa, Montepuez renferme les plus grandes réserves de rubis d’Afrique. Des mineurs viennent de tout le continent pour y prospecter illégalement. Or début 2017, les autorités mozambicaines ont lancé une vaste opération de nettoyage. Plus de 7 000 mineurs ont été expulsés sans ménagement. De quoi alimenter des sentiments de vengeance contre l’Etat et fournir de nouvelles recrues aux « Chabab ».
Tous les regards sont désormais tournés vers Maputo et sur la façon dont le gouvernement compte endiguer l’insurrection islamiste. S’il se focalise sur la répression sans réduire les inégalités, la situation pourrait perdurer. « Nous sommes assis sur un baril de poudre », résume Antonio Melembe.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Au cours des semaines à venir, les travaux entre Paris et Berlin devraient s’intensifier. Objectif : tenter d’adopter une position commune en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin.
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Réforme de la zone euro : la France et l’Allemagne entrent dans le vif du sujet

Au cours des semaines à venir, les travaux entre Paris et Berlin devraient s’intensifier. Objectif : tenter d’adopter une position commune en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 15h46
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

La première vraie réunion de travail entre Olaf Scholz, le nouveau ministre allemand des finances, et son homologue français, Bruno Le Maire, vendredi 27 avril à Sofia (Bulgarie), en marge d’une réunion de l’Eurogroupe, a un peu rassuré à Paris et à Bruxelles. Ces dernières semaines, le successeur du très orthodoxe Wolfgang Schäuble n’avait en effet montré aucun enthousiasme pour les réformes de la zone euro voulues par Emmanuel Macron.
A Sofia, « on a rouvert des portes », glissait-on dans le camp français, après un rendez-vous de plus de deux heures essentiellement consacré à la poursuite de l’intégration de la zone euro. « Nous avons enfin retrouvé une méthode de travail sérieuse, rigoureuse et efficace », se félicitait M. Le Maire, samedi 28 avril, à l’issue du tête-à-tête. Paris se remet à espérer que la France et l’Allemagne soient capables d’adopter une position commune en vue du Conseil européen des 28 et 29 juin.

Plus question de parler d’un « super ministre » de la zone euro, d’un budget très élevé et surtout d’un Parlement de la zone euro – ce dernier projet a été enterré dès l’automne 2017. Mais, samedi à Sofia, Olaf Scholz a reconnu la nécessité de « quelques avancées avant l’été », ajoutant qu’il « restait peu de temps », mais que « la France et l’Allemagne travaill[aient] vraiment ensemble ».
L’ancien maire de Hambourg (nord de l’Allemagne), réputé pour son caractère austère mais pragmatique, est resté très prudent, mais s’est prêté, souriant, à l’exercice de la conférence de presse commune avec M. Le Maire, samedi. Si, face aux journalistes, il a soigneusement évité d’évoquer une « capacité budgétaire » pour la zone euro, il n’a fermement repoussé aucune des options hexagonales.
Les travaux entre Paris et Berlin devraient s’intensifier au cours des semaines à venir. Mais d’ores et déjà, tout progrès rapide concernant une assurance européenne des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Un haut responsable administratif du ministère des finances a démissionné après avoir été accusé de harcèlement sexuel par une journaliste.
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Lentement, le mouvement #metoo prend de l’ampleur au Japon

Un haut responsable administratif du ministère des finances a démissionné après avoir été accusé de harcèlement sexuel par une journaliste.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 15h40
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



                                


                            

L’enchaînement des affaires de harcèlement sexuel et les sanctions qui les suivent laissent penser que le mouvement #metoo commence à peser au Japon. Quelque peu actif sur Twitter, il n’a pas encore suscité de véritables débats dans un pays classé 114e par le Forum économique mondial en matière d’égalité des genres. Mais certains Japonais veulent changer la donne, comme en témoigne le rassemblement organisé samedi 28 avril à Shinjuku, à Tokyo.
Plusieurs dizaines de femmes et d’hommes ont voulu dénoncer le silence qui entoure le harcèlement et surtout appeler les victimes à s’exprimer. Un mot-dièse a été créé pour l’occasion : « Watashiha damaranai 0428 » (« je ne me tairai pas, 28 avril »). « Votre silence ne vous protégera pas », pouvait-on également lire sur certains panneaux et tee-shirts.

De fait, le silence reste la règle dès qu’il s’agit de harcèlement au Japon. D’après les statistiques de la police pour l’année 2015, moins de 4 % des victimes de viol ont déclaré leur agression. Une grande partie de celles qui ne le font pas n’en parlerait même à personne.
Le silence découle de la peur de représailles ou de la honte ressentie. Ainsi de la journaliste Shiori Ito, auteure d’un livre paru en 2017, Black Box (Bungeishunju, non traduit) qui raconte son agression en 2015 par Noriyuki Yamaguchi, ancien journaliste de la chaîne de télévision TBS et proche du premier ministre Shinzo Abe, dont il est le biographe. Il aurait abusé d’elle alors qu’elle était inconsciente à l’hôtel Sheraton Miyako de Tokyo.

Malgré sa détermination, Mme Ito n’a jamais pu obtenir la condamnation de son agresseur présumé. Une enquête a été ouverte, mais M. Yamaguchi n’a jamais été arrêté en raison, d’après la presse, d’une intervention d’Itaru Nakamura, le responsable de la lutte contre le crime organisé à l’Agence nationale de la police (NPA), par ailleurs proche de l’entourage du premier ministre.
Stigmatisée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Entre angoisse et débrouillardise, les touristes de la grande île des Caraïbes réapprennent à vivre sans réseaux sociaux ni recherches sur le Net.
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A Cuba, le désarroi des touristes face aux problèmes de connexion Internet

Entre angoisse et débrouillardise, les touristes de la grande île des Caraïbes réapprennent à vivre sans réseaux sociaux ni recherches sur le Net.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 15h12
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 17h35
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre (La Havane)








                        



   


Elle ressemble à ces statues tragiques antiques — les coups de soleil en plus, le marbre en moins. Tous les jours depuis son arrivée à Cuba, Hayley, 22 ans, tente de se connecter à Internet. Fébrile, elle essaie de recharger, encore et encore, une page Facebook qui ne s’ouvrira jamais. Soudain, elle fond en larmes. « Quatre jours que je n’arrive pas à aller sur Instagram », dit-elle en sanglotant. Ses six cents « followers » ne verront ni le plat de langoustes qu’elle a photographié à midi, ni ses lascifs clichés de plage, ni cette « si subversive » duckface devant une affiche de propagande de Fidel Castro. « A quoi bon partir en vacances si c’est pour ne rien montrer aux autres ? », dit-elle dans un soupir entre deux reniflements.
Comme Hayley, les quatre millions de visiteurs qui foulent le sol cubain chaque année se voient contraints à une vie sans Internet. Pour accéder au réseau, touristes et autochtones doivent acheter, pour 1 dollar, une carte à gratter, dont les douze chiffres permettent une heure de connexion. Mais à l’exception de La Havane — où le Wi-Fi a essaimé dans une dizaine de jardins publics, la plupart des villes ne disposent que d’un ou de deux points d’accès à Internet. Ces derniers sont aisément repérables aux groupes d’individus, portable dans une main, carte Internet dans l’autre, qui risquent l’insolation pour quelques minutes de réseau.
« Et s’il y avait un attentat ? »
« C’est une angoisse sourde », admet Leif, jeune ingénieur allemand venu, comme tant d’autres, voir Cuba avant qu’elle change. Pour la première fois depuis dix ans, il ne s’est pas connecté de la semaine. Comme de nombreux voyageurs, il a mis son téléphone en mode avion, craignant de ramener, comme souvenir de vacances, une facture de téléphone à trois chiffres.
Il espère, dans sa messagerie, plus de mots d’amour que de factures. Et compte les heures avant son retour à La Havane, où il paiera la moitié du salaire mensuel moyen cubain pour une heure de connexion.
Sur la grand-place de Trinidad, des touristes français fraternisent, galvanisés par un sujet de râlerie commun. Les nouvelles s’échangent au compte-gouttes, au gré des notifications d’applications d’information. La bouffée d’Internet quotidienne est vécue avec plus ou moins de culpabilité. Jeanne, professeure des écoles belge, préférerait profiter de ses derniers jours cubains en fréquentant les plages plutôt que les hotspots Wi-Fi. 
« J’aimerais vraiment vivre sans Internet et profiter vraiment, mais c’est trop d’angoisse. Ce séjour m’a fait prendre conscience d’une chose : je suis droguée. »
Sevrage brutal avec la vie numérique
Les expatriés, eux, réapprennent à vivre un temps qu’ils croyaient révolu. « Ne pas pouvoir s’informer aussi facilement qu’avant, passer tout un week-end sans travailler, redécouvrir le goût de l’attente », égrène Marianne, 25 ans, en poste à La Havane. La jeune femme s’est habituée aux pénuries, aux sinistres rayonnages de supermarchés toujours vides, aux cafards géants qui viennent lui rendre visite, parfois. Mais a vécu comme un choc le sevrage brutal avec sa vie numérique. Bien sûr, il y a les heures passées à refaire le monde avec ses amis cubains, les nuits blanches à danser, les jours de travail et ceux d’exploration de la capitale. Mais que faire les soirs d’ennui, dans son grand appartement, à mille milles de sa vie d’avant ? Un peu d’atonie, beaucoup de livres. Pour la première fois depuis près de dix ans, Marianne s’est remise à dévorer romans et essais philosophiques.
La sémillante expatriée n’a pas cédé, comme nombre de ses collègues, aux sirènes d’une connexion Internet à domicile au prix de 500 euros mensuels. Et a fini par voir des opportunités en sa disette numérique. « On s’habitue bien vite à cette vie introspective. Et quand on revient en Europe, on est comme dépaysés. » Lors de son dernier voyage, Marianne s’est parfois sentie bien seule, en terrasse, entourée de silences et d’amis n’ayant d’yeux que pour leurs écrans. « Quand je suis revenue à La Havane, je me suis sentie chez moi. Il y a de la poésie dans ce monde hors du temps. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Sans un réel désir de vivre ensemble, le débat sur la forme de l’Etat ne résoudra pas la crise dans les régions anglophones, estime notre chroniqueur.
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Chronique

« Au Cameroun, le fédéralisme comme la décentralisation sont de mauvaises solutions »

Sans un réel désir de vivre ensemble, le débat sur la forme de l’Etat ne résoudra pas la crise dans les régions anglophones, estime notre chroniqueur.

Par                                            Yann Gwet (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-04-30T14:51:49+02:00"

        Le 30.04.2018 à 14h51






    
Des Camerounais anglophones dénoncent les discrimations dont ils sont victimes, à Bamenda, le 22 septembre 2017.
Crédits : STRINGER / AFP


Chronique. Le temps passe et la crise anglophone se durcit au Cameroun. Les deux camps, gouvernement et séparatistes, campent sur leurs positions. Sur le terrain, et même si la guerre de la désinformation fait rage, le chaos se répand et le sentiment d’une impasse se précise.
Dans son dernier rapport, l’ONG International Crisis Group voit dans l’Eglise catholique un possible médiateur entre les belligérants. Mais elle s’empresse de souligner que les nombreuses divisions (elle aurait pu rajouter la corruption) de cette institution pourraient compromettre une éventuelle médiation. L’une des questions qui divisent le clergé est celle de la forme de l’Etat camerounais : pour sortir de la crise, le Cameroun doit-il redevenir une fédération ou appliquer une véritable décentralisation ?

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Le débat agite aussi la société civile. Les voix les plus audibles plaident pour un retour au fédéralisme (qui était la forme de l’Etat camerounais entre 1961 et 1972). Cela se comprend : pour de nombreux Camerounais anglophones, la forme fédérale évoque une époque plus favorable. Pour certains Camerounais francophones, elle a le visage de l’évidence : elle a existé par le passé, de nombreux « anglophones » la réclament de nouveau, cette communauté est par ailleurs minoritaire ; lui accorder une plus grande autonomie réglerait forcément le problème.
Un problème fondamentalement politique
Mais l’examen des faits invite à la prudence. Le Nigeria est un Etat fédéral, ce qui n’empêche en rien une forte instabilité politique ni même des poussées sécessionnistes structurelles depuis son indépendance. L’Ethiopie est allée encore plus loin dans la logique fédérale, puisque son fédéralisme est ethnique depuis 1991. Sa Constitution proclame même un « droit inconditionnel » à la sécession. Pour autant, les tensions ethniques y sont toujours vives et, malgré des progrès notables sur le plan économique, le pays n’a toujours pas trouvé, loin de là, la stabilité politique et la paix civile que l’ethno-fédéralisme visait.
Bien sûr, des cas de fédérations « réussies » existent. Mais l’existence de contre-exemples devrait au minimum faire réfléchir les partisans du fédéralisme. Pourquoi le Cameroun serait-il différent du Nigeria ou de l’Ethiopie ?

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Sur le papier, la décentralisation est elle aussi une option raisonnable. Dans les faits, elle se résume souvent à la seule décentralisation des pouvoirs. Or c’est la décentralisation des ressources qui donne leur autonomie aux régions. Et donc sans réelle marge de manœuvre budgétaire, c’est-à-dire sans volonté politique affirmée de renforcer les territoires, il n’y a guère de décentralisation.
Dans le cas du Cameroun, le fédéralisme comme la décentralisation sont de mauvaises solutions car elles répondent à un mauvais problème. Ce sont en effet des solutions techniques à un problème fondamentalement politique. La forme fédérale de l’Etat contribue certainement au bon fonctionnement du Canada ou de la Suisse, mais elle n’est pas la raison profonde de la cohésion et de la stabilité de ces pays. Par ailleurs, la Tanzanie, par exemple, gère harmonieusement sa grande diversité ethnique sans recours au fédéralisme.
Un contexte de fortes polarisations ethniques
A la base du « succès » de l’expérience canadienne ou suisse, il y a, comme dirait le philosophe Ernest Renan (1823-1892), « le consentement actuel, le désir de vivre ensemble ». Sans cette « volonté commune dans le présent », sans ce « plébiscite de tous les jours », sans « ce désir clairement exprimé de continuer la vie commune », la forme de l’Etat, quelle qu’elle soit, n’empêchera pas l’implosion du Cameroun. Dans un contexte de fortes polarisations ethniques, il y a même lieu de craindre que, loin de calmer les revendications des uns et des autres, le retour au fédéralisme ou même l’application d’une véritable décentralisation n’attise des poussées séparatistes partout dans le pays.

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Il faut donc passer d’un débat technique à un débat politique. La question prioritaire n’est pas la forme de l’Etat camerounais, mais les conditions de l’émergence d’une nation camerounaise. L’ingénierie politique la plus élaborée ne se substituera pas à l’absence de ce « désir clairement exprimé de continuer la vie commune ». Aucune médiation, d’où qu’elle vienne, ne fera naître cette « volonté commune dans le présent ».
Ce qui fait tenir une société sur le long terme, c’est l’existence en son sein du sentiment d’une communauté de destin ; cette idée que quelle que soit son ethnie, sa religion, sa catégorie sociale, chaque citoyen camerounais est intimement lié à un autre par des valeurs communes, une identité partagée et une fraternité spirituelle qui transcendent tous les particularismes. Le processus de création de ces valeurs, de cette identité et de cette fraternité est fondamentalement politique. Et c’est cette glu qui garantira aussi bien la survie que la stabilité et la prospérité du Cameroun.
Yann Gwet est un essayiste camerounais.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le suspect a d’abord commencé à faire des aveux avant de se mûrer dans le silence.
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La justice belge soupçonne un infirmier du meurtre de 21 personnes âgées

Le suspect a d’abord commencé à faire des aveux avant de se mûrer dans le silence.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 14h45
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Le parquet de Namur, en Belgique, enquête sur le possible empoisonnement de 21 personnes par un infirmier de 43 ans, Frédéric X., dont seul le prénom est connu à ce stade. Employé à mi-temps dans une maison de repos, La Méridienne, à Meux, et exerçant par ailleurs à titre privé, l’homme a accepté de collaborer avec la police et de faire des aveux, lorsqu’une enquête a été ouverte, en septembre dernier. Il se mure désormais dans le silence et conteste les faits qui lui sont reprochés.
L’enquête a commencé quand une clinique a alerté sur le décès suspect d’une femme de 87 ans. Venant de La Méridienne, elle présentait un taux d’insuline anormalement élevé, a révélé une autopsie. Or, la vieille dame n’était pas diabétique. Rapidement identifié, l’infirmier a été mis en examen pour assassinat par empoisonnement.
L’affaire a été tenue secrète durant plusieurs mois « afin de ne pas semer la panique dans les familles », a indiqué, samedi 28 avril, le procureur du roi de Namur, Vincent Macq. Un quotidien venait de révéler l’affaire. « Toutes les personnes qui ont côtoyé l’infirmier ne sont pas décédées d’un acte volontaire », a insisté le magistrat.
Plusieurs autres cas
Un autre assassinat, survenu en janvier 2017, a toutefois été imputé à Frédéric X., en raison d’« indices suffisants ». Et 21 dossiers au total sont désormais examinés par un juge d’instruction. Ils concernent des résidents de la maison de retraite de Meux et des patients que l’infirmier traitait dans le cadre de son activité privée.
Les policiers belges sont aidés dans leur tâche par des enquêteurs venus d’Allemagne. Dans ce pays, Niels Högel, un infirmier d’une quarantaine d’années doit répondre du meurtre de 97 personnes, décédées de surdoses médicamenteuses. Interrogé sur l’hypothèse que le Frédéric X. soit également un tueur en série, M. Macq répond que, pour l’instant, ses services tentent surtout de répondre à « des questions en série ».

En...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Arrivé au pouvoir en 2016, Azali Assoumani a évoqué la tenue d’élections anticipées, probablement dès 2019.
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Compte rendu

Le président des Comores annonce un référendum constitutionnel

Arrivé au pouvoir en 2016, Azali Assoumani a évoqué la tenue d’élections anticipées, probablement dès 2019.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 30.04.2018 à 14h02

     •
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        Mis à jour le 30.04.2018 à 15h08






    
Le président des Comores, Azali Assoumani, au palais de l’Elysée, à Paris, le 4 octobre 2016.
Crédits : JACQUES DEMARTHON / AFP


Le président des Comores, Azali Assoumani, a secoué la scène politique de l’archipel en annonçant coup sur coup une réforme des institutions et une probable élection présidentielle anticipée dès 2019, à laquelle il entend bien se présenter.
Elu en 2016 pour un mandat non renouvelable de cinq ans, M. Azali, un ancien putschiste, a d’abord annoncé, samedi 28 avril au soir, la tenue en juillet d’un référendum constitutionnel destiné à modifier l’organisation des pouvoirs publics, dont vraisemblablement la présidence. « Je propose un processus de modification [de la Constitution] pour assurer la stabilité et le développement du pays », a-t-il déclaré lors d’une allocution radiotélévisée.

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Dès le lendemain, il a profité d’une visite de terrain sur l’île d’Anjouan, dont il est originaire, pour évoquer la tenue d’élections anticipées. « Le chef de l’Etat a indiqué que si le référendum sur les modifications constitutionnelles était approuvé, il y aurait une série d’élections et qu’il serait lui-même candidat, a confirmé lundi à l’AFP un de ses conseillers sous couvert d’anonymat. Il n’y a pas de doute, il faut s’attendre à une nouvelle élection présidentielle. »
Une source proche du palais présidentiel a confirmé à l’AFP que ce scrutin aurait « probablement » lieu dès le premier trimestre de 2019. M. Azali devrait tenir une conférence de presse lundi en fin de journée, selon la même source.
Présidence tournante
Lors de son discours samedi soir, le chef de l’Etat n’a donné aucun détail sur la réforme institutionnelle qu’il envisageait. « Il s’agit d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire de notre pays […] et d’assurer un meilleur avenir à notre peuple », a-t-il déclaré. Mais il a précisé qu’il souhaitait « mettre en œuvre les recommandations des Assises nationales » qui se sont tenues à Moroni en février pour tirer le bilan des quarante-trois ans de l’indépendance de l’archipel de l’océan Indien.
Cette réunion s’était notamment prononcée pour une réforme des institutions du pays, dont celle de la présidence tournante entre les trois îles qui forment l’Union des Comores (Anjouan, Grande-Comore et Mohéli). Ce mécanisme complexe, mis en place par la Constitution de 2001, a stabilisé l’archipel, secoué par des crises séparatistes et plusieurs coups d’Etat, dont le dernier remonte à 1999 et avait porté au pouvoir M. Azali.

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L’officier était arrivé aux commandes par un putsch qu’il avait présenté a posteriori comme une interposition de l’armée pour prévenir une guerre civile, alors que le pays traversait une crise sécessionniste (1997-2001). Il était resté au pouvoir jusqu’en 2006 avant de le céder démocratiquement à Ahmed Abdallah Sambi, nouvellement élu.
M. Azali avait ensuite été élu en 2016, selon les termes de la nouvelle Constitution, au terme d’un scrutin chaotique et contesté. Cette élection avait nécessité l’organisation inédite d’un troisième tour de scrutin dans une douzaine de bureaux de vote d’Anjouan pour départager les deux candidats arrivés en tête.
Dérive autoritaire
Depuis plusieurs mois, le chef de l’Etat essuie les vives critiques de ses adversaires politiques, qui l’accusent de dérive autoritaire. Mi-avril, il s’est attiré les foudres de l’opposition en suspendant la plus haute juridiction du pays, la Cour constitutionnelle, en raison d’un « nombre incomplet de juges ». « On est sorti des limites de la démocratie », s’était insurgé Youssouf Boina, secrétaire général de l’Union pour le développement des Comores (UPDC), un des deux principaux partis d’opposition. « Le président a dissous l’ordre constitutionnel au profit d’un ordre monarchique », avait-il déploré.

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Ancienne colonie française, les Comores, composées de quatre îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte), ont proclamé leur indépendance de Paris en 1975, mais Mayotte a décidé de rester dans le giron de la France et est devenue un département. Moroni revendique depuis la souveraineté sur l’île française. Les tensions sont régulières entre Moroni et Paris, en raison d’une forte immigration clandestine en provenance des Comores à destination de Mayotte, distante d’à peine 80 km.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Lors d’une rencontre à Wuhan, en Chine, les dirigeants des deux pays les plus peuplés de la planète ont multiplié les déclarations de bonnes intentions.
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Xi Jinping et Narendra Modi font un nouveau pas vers le réchauffement sino-indien

Lors d’une rencontre à Wuhan, en Chine, les dirigeants des deux pays les plus peuplés de la planète ont multiplié les déclarations de bonnes intentions.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 12h45
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance) et 
Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

Lors d’un sommet « informel » à Wuhan, dans le centre de la Chine, les 27 et 28 avril, le président chinois, Xi Jinping, et le premier ministre indien, Narendra Modi, ont fait un pas de plus sur la voie du réchauffement entre les deux géants asiatiques. La rencontre a été présentée côté chinois comme devant ouvrir un « nouveau chapitre » dans les relations bilatérales, et côté indien comme le « sommet du nouveau départ » (« reset summit »).
Les motifs de tension et de rivalité sont nombreux entre les deux pays, qui s’étaient retrouvés dans un face-à-face armé tendu à l’été 2017 sur le plateau du Doklam, à la jonction entre l’Inde, la Chine et le Bhoutan. New Delhi voit en outre avec suspicion l’initiative chinoise des routes de la soie, avec son corridor économique pakistanais et ses incursions dans l’océan Indien. Tandis que Pékin s’inquiète des prémisses d’un dialogue quadrilatéral entre l’Inde, le Japon, l’Australie et les Etats-Unis sur les questions de sécurité dans le Pacifique.

Aucune déclaration conjointe n’a été publiée après la rencontre de Wuhan, mais les dirigeants des deux pays les plus peuplés de la planète ont multiplié les déclarations de bonnes intentions, se félicitant du « large consensus » qu’ils avaient atteint. La diplomatie chinoise a mis en avant un « dialogue renforcé dans les domaines politiques et de sécurité » afin de « parvenir à une communication entière et opportune sur des questions d’intérêt mutuel », une possible allusion aux frictions de l’été 2017. L’Inde et la Chine, qui se livrèrent une guerre éclair en 1962, ont en outre deux contentieux territoriaux majeurs : l’Aksai Chin, incorporé au Xinjiang chinois mais revendiqué par l’Inde, et l’Arunachal Pradesh, dont Pékin conteste la souveraineté indienne.
« Une confiance est née »
Narendra Modi a évoqué les « opinions semblables » qu’il partageait avec son homologue chinois. « Je...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le chef de l’Etat, contesté dans la rue par des manifestants qui réclament sa démission, a répondu aux questions du « Monde Afrique ».
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Entretien

Hery Rajaonarimampianina : « Quitter le pouvoir, ce serait trahir le peuple malgache »

Le chef de l’Etat, contesté dans la rue par des manifestants qui réclament sa démission, a répondu aux questions du « Monde Afrique ».

Propos recueillis par                Laure Verneau (contributrice Le Monde Afrique, Antananarivo)



LE MONDE
              datetime="2018-04-30T12:18:28+02:00"

        Le 30.04.2018 à 12h18






    
Le président malgache, Hery Rajaonarimampianina, à Antananarivo, le 29 avril 2018.
Crédits : RIJASOLO / AFP


Alors qu’une élection présidentielle doit avoir lieu fin 2018, Madagascar connaît une nouvelle crise politique depuis l’adoption, le 3 avril, de lois électorales contestées par l’opposition. La tension s’est accentuée après la manifestation du 21 avril, qui a fait au moins deux morts et 17 blessés à Antananarivo. Désormais, les députés de l’opposition réclament la démission du président Hery Rajaonarimampianina. Alors que les manifestations ont repris lundi 30 avril sur fond d’appel à la grève générale et que l’opposition a appelé au blocage des administrations et des ministères, le chef de l’Etat a répondu, dimanche, aux questions de l’AFP, RFI et Le Monde Afrique.
L’opposition réclame votre démission. Que lui répondez-vous ?
Hery Rajaonarimampianina Je suis président par la volonté du peuple malgache. Ce serait le trahir que de quitter le pouvoir alors que ce sont non pas des milliers, mais des millions de personnes qui m’ont élu. Ce n’est d’ailleurs pas une question d’effectif ou de nombre ; c’est une question de principe et de légalité.
Au moins deux personnes sont mortes le 21 avril : les forces de l’ordre sont accusées d’avoir tiré à balles réelles sur les manifestants…
Qui accuse les forces de l’ordre ? Je pense que personne n’a donné instruction aux forces armées de tirer, surtout à balles réelles. C’est une méthode pour dire que les responsables, ce sont le gouvernement ou les autorités. Mais je peux vous dire, sans préjuger des conclusions de l’enquête en cours, que les premiers résultats de l’autopsie révèlent que ce ne sont pas les militaires qui ont tiré. On a tiré sur un blessé à la chevrotine. Est-ce que les militaires tirent avec des chevrotines ? Les militaires n’ont pas tiré sur les manifestants, c’est ma conviction la plus profonde, mais laissons l’enquête se poursuivre.

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Les lois électorales sont à l’origine de la contestation. L’opposition dénonce des textes trop favorables au pouvoir et accuse les députés de la majorité d’avoir été soudoyés pour les adopter. Pensez-vous que ces lois doivent retourner au Parlement ?
Ces lois ont été élaborées sur un temps relativement long. On a commencé à discuter de la nécessité de rénover les lois électorales en 2016. Donc tout le monde a été appelé, de manière inclusive et participative, à la discussion concernant le processus électoral. Tout le monde y a participé, opposition comme société civile. Tout le monde a pu discuter dans le cadre de ce processus. Il y a eu un forum, puis des commissions, et évidemment il appartient ensuite au gouvernement de rédiger ces lois, puis de les soumettre au Parlement. Et je peux vous dire que les règles d’approbation de ces lois ont été scrupuleusement respectées.
Aucun député de la majorité n’a donc été corrompu ?
Si vous l’affirmez, alors apportez-moi les preuves. Chaque fois que des lois sont votées à l’Assemblée nationale, on parle de corruption. Mais les lois votées dans le passé ne sont pas toujours des textes proposés par le gouvernement. Le gouvernement propose des lois, il appartient ensuite aux députés et aux sénateurs d’apporter des amendements, des corrections.

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Quelles sont vos relations avec vos opposants, les anciens présidents Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina ?
Mes relations ne se placent pas du tout dans le cadre d’une logique d’affrontement. Je n’ai jamais eu de discussion avec le président de la transition Andry Rajoelina. Ils ne m’ont pas consulté pour leur candidature, je l’ai appris à la radio et à la télévision. Ils étaient quasiment en campagne à ce moment-là.
Voyez-vous un inconvénient à leurs candidatures ?
Pas du tout. D’ailleurs il n’appartient pas à un président de la République en exercice de se prononcer sur des candidatures. S’ils sont candidats et que les dispositions légales le permettent, il n’y a aucun inconvénient.
Que pensez-vous du fait qu’Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana se soient rendus sur la place du 13-Mai, où ont lieu les manifestations ?
Cela m’étonne. Si on est candidat, me semble-t-il, on est candidat dans le cadre d’une élection, pas dans le cadre d’une manifestation dans la rue. Si on est prêt à être candidat, je crois que c’est par la voie des élections qu’il faut passer. C’est la règle légale et le principe de la démocratie.

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Serez-vous candidat à votre succession lors de l’élection prévue en fin d’année ?
Mon rôle, aujourd’hui, c’est de travailler. On a beaucoup de projets à mettre en œuvre actuellement. Ce n’est qu’en décembre 2016 qu’on a pu avoir les financements nécessaires suite à la conférence de Paris, et ce n’est que l’année dernière qu’on a pu mettre véritablement en place ces financements, que ce soit de la part de bailleurs de fonds ou d’investisseurs. À mon avis, le plus important après cinquante-cinq ans de pauvreté, c’est de travailler pour l’économie et le développement. C’est la lutte contre la pauvreté qui est la priorité de tous.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Lors du procès en première instance, les deux hommes s’étaient vu infliger une peine de réclusion à perpétuité.
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Compte rendu

Deux ex-maires rwandais, condamnés pour génocide, de retour devant la justice française

Lors du procès en première instance, les deux hommes s’étaient vu infliger une peine de réclusion à perpétuité.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 30.04.2018 à 12h08

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        Mis à jour le 30.04.2018 à 12h12






    
Tito Barahira (à gauche) et Octavien Ngenzi (à droite), dessinés lors de leur premier procès en assise, à Paris, en mai 2016.
Crédits : BENOIT PEYRUCQ / AFP


Deux anciens bourgmestres (maires) rwandais, condamnés en 2016 à la prison à vie pour leur participation au génocide des Tutsi dans leur village de Kabarondo en avril 1994, seront de retour mercredi 2 mai devant les assises de Paris pour leur procès en appel. Octavien Ngenzi, 60 ans, et Tito Barahira, 67 ans en juin, qui se sont succédé à la tête de leur bourg rural de l’est du Rwanda, ont toujours nié leur implication dans les massacres.

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A l’issue de deux mois de procès, ils avaient été jugés coupables de « crimes contre l’humanité » et « génocide », pour « une pratique massive et systématique d’exécutions sommaires » en application d’un « plan concerté tendant à la destruction » du groupe ethnique tutsi. Leur condamnation était la seconde et la plus lourde prononcée en France en relation avec les massacres de 1994 au Rwanda, après celle – confirmée en appel – de l’ex-capitaine de l’armée Pascal Simbikangwa à 25 ans de réclusion, pour génocide et complicité de crime contre l’humanité.
« Basculer du côté obscur »
Arrêtés en France, ils y ont été jugés en vertu de la compétence universelle des juridictions françaises pour les crimes les plus graves. L’accusation avait situé les bourgmestres au cœur de la machine génocidaire : un Ngenzi « opportuniste », qui va « basculer du côté obscur », et un Barahira « granitique », qui « a nié l’existence du génocide ». Echapperont-ils à la prison à vie ? C’est l’enjeu majeur de ce second procès, vingt-quatre ans après les faits.
Le procès se tiendra dans la même salle qu’en première instance. Comme en 2016, les débats seront filmés pour l’histoire, des dizaines de témoins seront entendues, venus du Rwanda ou en visioconférence. L’état de santé de Tito Barahira, toujours sous dialyse pour une insuffisance rénale, nécessitera des aménagements de l’audience, tout au long de ces huit semaines.

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Différence majeure : les accusés ont changé d’avocats. « Ce qu’on cherche à obtenir, c’est l’équité et la sérénité des débats, que la parole soit plus donnée aux accusés », ont déclaré à l’AFP Fabrice Epstein et Benjamin Chouai, les avocats d’Octavien Ngenzi. Ils ont vu dans le verdict « une cote mal taillée qui met les accusés dans le même sac sans distinction ».
En 2016, huit semaines de débats avaient donné à voir un génocide entre voisins, sur les collines où l’on participait autrefois ensemble aux travaux communautaires. Un crime de proximité, loin des centres du pouvoir, contrairement au procès de Pascal Simbikangwa, un homme influent de la capitale.
« Kabarondo était un enfer »
Un contexte différent aussi : alors qu’en 2014 l’heure était au rapprochement entre le Rwanda et la France après trois ans de rupture des relations diplomatiques (2006-2009), les relations se sont à nouveau tendues entre les deux pays, Kigali accusant toujours Paris d’avoir armé les milices génocidaires.
A Kabarondo, le massacre le plus effroyable eut lieu le 13 avril 1994 à l’église, où des milliers de paysans tutsi s’étaient réfugiés, espérant trouver un sanctuaire, comme l’avaient été les lieux de culte lors des pogroms précédents depuis les années 1960. C’est pour ce massacre mais aussi pour leur participation à des réunions préparatoires, des rafles ou des perquisitions chez des Tutsi que les deux hommes seront à nouveau jugés.

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Comme ailleurs au Rwanda, où les tueries débutent peu après l’attentat contre le président hutu Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, les massacres gagnent vite Kabarondo. Mais au village, où tout le monde se connaît, ce sera un génocide éclair.
Selon l’ONU, plus de 800 000 personnes, Tutsi dans leur immense majorité, ont été tuées en cent jours à travers le pays. Plus de 2 000 en un seul jour à l’église de Kabarondo, selon son curé, Oreste Incimatata, qui s’est souvenu de « bébés tétant le sein de leur mère morte ». « J’ai été incapable de les protéger », avait dit Octavien Ngenzi, mais « je n’ai pas tué ». « Kabarondo à cette époque était un enfer. »


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Aux Pays-Bas, l’autorité chancelante de Mark Rutte

Le premier ministre a échappé à une motion de défiance. L’opposition l’accuse d’avoir menti au sujet de l’abolition d’une taxe sur les dividendes.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 11h12
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Pour Peter Vandermeersch, le rédacteur en chef de l’influent quotidien néerlandais NRC-Handelsblad, c’est peut-être « le début de la fin d’un premier ministre qui a gâché sa principale caractéristique : la crédibilité ». Le constat, formulé samedi 28 avril, est cinglant mais à la hauteur sans doute du spectacle qui s’était déroulé peu de temps auparavant à la Chambre des députés. Mark Rutte, le chef libéral de la coalition au pouvoir, y a échappé à une motion de défiance, mercredi 25 avril ; cependant, même s’il est doté d’une rare capacité de résilience, il restera sans doute marqué par ce que l’opposition a dénoncé, en vrac, comme des « manigances », de « sales petits jeux » ou, plus clairement encore, « des mensonges » de sa part.
L’enjeu de la discussion portait sur l’abolition d’une taxe sur les dividendes versés par de grandes entreprises à leurs actionnaires. La suppression de cet impôt de 15 % devrait coûter 1,4 milliard à l’Etat, un montant compensé, selon le premier ministre, par la promesse du maintien aux Pays-Bas du quartier général de grandes multinationales néerlandaises comme Shell, Philips, Unilever ou AkzoNobel, et de garanties sur la protection des emplois.
Etrange et contraire à la tradition néerlandaise, ce point ne figurait pas dans le programme des quatre partis qui composent la coalition entrée en fonctions en octobre 2017. Et pas non plus à l’agenda – strictement contrôlé et chiffré – que le gouvernement avait déposé au Parlement lors de son entrée en fonctions. Ennuyeux pour une équipe ministérielle qui ne dispose que d’une voix de majorité à la Chambre (76 sièges sur 150), dans un pays très exigeant à l’égard de ses représentants. 
« Aucun souvenir »
L’incident serait toutefois resté mineur si M. Rutte, soumis à la pression de l’opposition, et notamment de ses anciens partenaires sociaux-démocrates, n’avait pas affirmé n’avoir aucun souvenir d’une discussion préalable...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ José Mariano Beltrame, ex-secrétaire à la sécurité de Rio, est accusé d’avoir perçu 7 100 euros de pots-de-vin chaque mois pendant sept ans.
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L’insoupçonnable « super-flic » de Rio suspecté de corruption

José Mariano Beltrame, ex-secrétaire à la sécurité de Rio, est accusé d’avoir perçu 7 100 euros de pots-de-vin chaque mois pendant sept ans.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 11h08
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


Pendant près de dix ans, il fut le « super-flic » de l’Etat de Rio de Janeiro. Un gars « réglo », droit comme la justice, déterminé à apaiser les favelas de l’ancienne capitale brésilienne grâce à l’implantation des unités de police pacificatrices (UPP), une police de proximité qui gonflait d’espoir le cœur des Cariocas et promettait de mettre fin à la logique tueuse des forces de l’ordre. José Mariano Beltrame, secrétaire à la sécurité de Rio de 2007 à 2016, était-il en réalité l’un de ces « ripoux » qui gangrènent le Brésil ? Alors que l’échec patent des UPP remplit de tristesse le jeune retraité de 60 ans, voici que son nom fait la « une » du quotidien O Globo dimanche 19 avril : M. Beltrame aurait reçu chaque mois, entre 2007 et 2014, 30 000 reais (7 100 euros) de pots-de-vin. La somme aurait été versée à son épouse, professeure d’éducation physique. C’est ce que dénonce Carlos Miranda, un économiste accusé d’être le principal opérateur du système de corruption orchestré par l’ancien gouverneur de Rio, Sergio Cabral, dont la peine cumulée atteint un siècle de prison.
Les aveux de M. Miranda sont le fruit d’une collaboration avec la justice visant à obtenir la mansuétude des juges. Homologuées par la Cour suprême, de telles confessions requièrent d’être corroborées par un minimum de preuves pour être validées, rappellent les spécialistes. M. Beltrame crie à la calomnie, évoquant « la surprise et le dégoût » face à des propos tenus par une personne « qui risque sérieusement de passer les vingt prochaines années derrière les barreaux » et « qu’il connaît mal ». Puis, conclut : « Je veux m’adresser, les yeux dans les yeux, à ceux qui croient à mon intégrité. Je veux leur dire que cette accusation, en plus d’être fantaisiste, n’a aucun fondement. »
Abîme moral sans fin
Le soupçon qui entache la réputation d’un homme de loi réputé intègre enfonce le pays et Rio en particulier dans un abîme moral qui semble n’avoir pas de fin. La région, hier sous les lumières des Jeux olympiques, a désormais la quasi-totalité de son ancien état-major politique sous les verrous ; ses finances sont en lambeaux ; le narcotrafic et la violence qui gangrènent ses rues ont conduit Brasilia à décréter une intervention militaire.
« Il faut que ces dénonciations soient clarifiées pour ne pas détruire une réputation, estime Adilson Paes de Souza, lieutenant-colonel de réserve de la police militaire et auteur d’un livre critique sur les forces de l’ordre, O Guardiao da Cidade (« le gardien de la ville », 2014, non traduit). Beltrame est un modèle, et si tout cela était prouvé, le choc serait énorme pour Rio, dont la situation frise déjà le chaos. Cela compromettrait la réputation de toute la police, portant préjudice au peu de confiance que les Brésiliens ont encore dans les institutions. » 

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Le soupçon visant M. Beltrame surgit quelques jours à peine après que les commandants responsables de l’intervention militaire ont décidé la fermeture d’une vingtaine d’unités de police pacificatrice implantées dans les favelas. Un symbole.



                            


                        

                        

