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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Figure de l’aile droite des conservateurs, Sajid Javid remplace Amber Rudd et va renforcer, au sein du gouvernement de Theresa May, le camp des eurosceptiques les plus remontés en faveur du Brexit.
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Royaume-Uni : Sajid Javid, nouveau ministre de l’intérieur chargé de désamorcer le scandale sur l’immigration

Figure de l’aile droite des conservateurs, Sajid Javid remplace Amber Rudd et va renforcer, au sein du gouvernement de Theresa May, le camp des eurosceptiques les plus remontés en faveur du Brexit.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 17h11
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 17h27
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


« Cela pourrait être ma mère, mon père, mon oncle, ce pourrait être moi. » En affichant, dimanche 29 avril, sa compassion avec les immigrés victimes du zèle de la ministre de l’intérieur Amber Rudd, Sajid Javid, lui-même ministre du logement, avait fait un croc-en-jambe à sa collègue en même temps qu’une offre de service. Manœuvre réussie. Lundi matin, quelques heures après la démission de Mme Rudd, il a été choisi par Theresa May pour lui succéder.
Né de parents immigrés pakistanais, figure de l’aile droite du parti conservateur et eurosceptique, M. Javid, 48 ans, a résumé un jour la leçon de vie héritée de ses parents : « Ne doute pas de toi-même et ne cesse jamais de tenter ta chance. » Ultralibéral, emblème tory de l’intégration réussie, ce fils de chauffeur de bus devenu banquier puis député, arbore un portrait de Margaret Thatcher dans son bureau.
Il a le profil idéal pour tenter de désamorcer le malaise suscité par le scandale de la « génération Windrush », ces Antillais installés au Royaume-Uni depuis des décennies, visés par erreur par la politique d’« environnement hostile à l’immigration illégale » lancée en 2012 par le Home office sous Mme May et poursuivie par Mme Rudd. « Je ressens [cette situation] très personnellement », a-t-il confié dimanche au Sunday Telegraph, avant d’être pressenti officiellement pour remplacer cette dernière. Il peut y avoir des électeurs issus des minorités ethniques que cela peut inquiéter. »
Des ravages chez les conservateurs
Le scandale, qui déstabilise des citoyens issus de vagues anciennes d’immigration venues du Commonwealth, pourrait faire des ravages chez les conservateurs en leur aliénant des électeurs venus des anciennes colonies britanniques lors des élections locales du jeudi 3 mai, déjà annoncées comme victorieuses pour l’opposition travailliste.
Faute de documents attestant de l’ancienneté de leur séjour, les « Windrush » – du nom du premier navire d’immigrants jamaïcains arrivé à Londres en 1948 – de nombreux Antillais arrivés entre 1948 et 1973 et en situation parfaitement régulière, voire dotés de la nationalité britannique, ont perdu leur emploi, se sont vu interdits de soins médicaux, voire menacés d’expulsion pour alimenter les quotas de reconduite à la frontière fixés secrètement par le ministère de l’intérieur. Dernières preuves matérielles de leur date d’arrivée, leurs récépissés de débarquement ont été détruits par l’administration en 2010, du temps où Theresa May était ministre de l’intérieur.
Sitôt nommé, lundi matin, Sajid Javid a déclaré que sa « tâche la plus urgente » consistait à s’assurer que les victimes du scandale de la « génération Windrush » soient « toutes traitées avec la dignité et l’équité qu’ils méritent ». Mais il s’est bien gardé de remettre en cause la politique d’« environnement hostile à l’immigration illégale » menée par son ministère. « Il n’y a rien de mal à gérer l’immigration », avait-il tweeté en septembre 2017.
Son père, débarqué du Pakistan à Heathrow en 1961 avec une livre sterling en poche ne pourrait plus s’installer aujourd’hui au Royaume-Uni, a-t-il reconnu en 2015 dans un entretien au Telegraph.
« A l’époque, le pays avait besoin de main-d’œuvre non qualifiée, a-t-il expliqué alors. Aujourd’hui, on n’en a plus besoin, donc il est absolument juste d’avoir une politique d’immigration basée sur les talents. » 
Sajid Javid a aussi approuvé en 2013 les camions publicitaires du Home office arborant dans les rues de Londres des affiches portant une énorme paire de menottes et la mention : « Illégalement au Royaume-Uni ? Rentrez chez vous ou risquez l’arrestation. » 
Margaret Thatcher, son modèle en politique
Né en 1969 à Rochdale (nord-ouest de l’Angleterre), M. Javid a été élevé dans un deux-pièces abritant ses quatre frères et ses parents. Son père a travaillé dans une filature avant d’être chauffeur de bus. Il est le premier membre de sa famille à avoir suivi des études supérieures. Diplômé en économie et sciences politiques, il a été employé à de hauts niveaux de responsabilité et de salaire à New York par la Chase Manhattan Bank puis à la City de Londres par la Deutsche Bank comme chef des opérations vers l’Asie. Le fils d’immigrés est ensuite entré en politique en se faisant élire député en 2010. Marié à une chrétienne, père de quatre enfants, il ne pratique aucune religion.
Protégé du premier ministre d’alors, David Cameron, et de son ministre des finances George Osborne, Sajid Javid a été promu successivement secrétaire d’Etat au trésor, ministre de la culture puis du commerce. Il a flirté avec la campagne pro-Brexit avant de faire timidement campagne « le cœur lourd et sans enthousiasme » dans le camp opposé, probablement sous l’influence de ses mentors. Les brexiters (partisans du Brexit) lui ont alors reproché de faire passer sa carrière avant ses convictions.

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Hormis Margaret Thatcher, son modèle en politique, M. Javid révère Ayn Rand, égérie des libertariens américains, auteure de chevet de Trump et des patrons de la Silicon Valley, qui magnifie le pouvoir de l’individu et fustige l’Etat. Sa proximité avec MM. Cameron et Osborne lui a valu d’être rétrogradé au ministère du logement par Mme May avec laquelle ses relations sont réputées froides. Il s’était d’ailleurs porté candidat contre elle en 2016 pour la direction du parti conservateur.
Dans le débat sur le Brexit, il s’est fait récemment l’ardent avocat de la sortie de l’Union douanière européenne, alors qu’on dit Mme May ouverte à une concession sur ce point crucial, sous la pression des députés. L’arrivée au Home office, ministère régalien lourd, de cet eurosceptique partisan du respect du vote populaire pro-Brexit de juin 2016 déséquilibre le gouvernement britannique dans le sens antieuropéen. Amber Rudd, à laquelle M. Javid succède, était une proeuropéenne convaincue. C’est désormais lui qui siégera au « cabinet de guerre sur le Brexit », qui réunit autour de Theresa May ses dix principaux ministres et définit la stratégie britannique des négociations avec les 27.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le suspect, David R., a avoué samedi le meurtre de l’adolescente. D’après le procureur, la mort d’Angélique, 13 ans, est liée à une « asphyxie traumatique ».
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Meurtre d’Angélique : une information judiciaire ouverte

Le suspect, David R., a avoué samedi le meurtre de l’adolescente. D’après le procureur, la mort d’Angélique, 13 ans, est liée à une « asphyxie traumatique ».



Le Monde
 |    30.04.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 18h19
   





                        



   


Deux jours après que David R. a reconnu avoir tué Angélique, une adolescente de 13 ans, à Quesnoy-sur-Deûle (Nord), une petite commune au nord de Lille, le procureur de la République, Thierry Pocquet du Haut-Jussé, a tenu une conférence de presse, lundi 30 avril, pour revenir sur les circonstances du drame. Il a notamment annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour séquestration, viol et meurtre sur mineure de moins de 15 ans.

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M. Pocquet du Haut-Jussé a également expliqué que la mort d’Angélique était liée à une « asphyxie traumatique ». Marié, père de deux enfants, David R., 45 ans, est en garde à vue depuis samedi soir. Il avait alors rapidement reconnu les faits avant d’emmener les enquêteurs « à l’endroit où il avait abandonné le corps de la jeune fille », précisait le parquet de Lille dans un communiqué dimanche. Il a été retrouvé dimanche, aux alentours de 1 h 30 du matin, sur un chemin forestier de Quesnoy-sur-Deûle (Nord).
Lors de sa découverte, « le corps de la jeune fille est entièrement dévêtu, le médecin légiste constate un coup sur la tête et des traces de sang (…), a précisé le procureur lundi après-midi. L’autopsie qui vient d’être achevée a confirmé des traces compatibles avec les abus sexuels reconnus [par le suspect David R.] et le décès lié à une asphyxie traumatique. »
« J’étais comme dans un état second »
L’adolescente avait disparu à Wambrechies mercredi après-midi. Elle avait laissé un mot à ses parents disant rejoindre des amies, mais n’est jamais rentrée. Les policiers avaient alors lancé un avis de recherche. Voisin d’Angélique dans le quartier de l’Agrippin à Wambrechies (Nord), David R. connaissait la victime. Le suspect a expliqué aux enquêteurs que lors de son jour de repos, mercredi, en l’absence de sa famille en vacances dans le Sud, il est passé devant le jardin où jouait la jeune fille. « Il dit qu’il a eu envie d’elle et de la ramener chez lui : il dit “c’était plus fort que moi, j’étais comme dans un état second” », a expliqué le procureur.
Prétextant avoir des objets à lui remettre pour ses parents, il l’amène chez lui. « Il la fait parler et très rapidement en vient à poser des questions de plus en plus intimes, elle cherche à partir, et comme il l’en empêche elle se met à crier », a poursuivi le magistrat.
Tout s’enchaîne ensuite en moins d’un quart d’heure : il la maintient de force, la déshabille, l’emmène dans les toilettes et s’y enferme à clé avec elle. « Comme elle tente de se débattre, il lui donne une gifle, puis va lui imposer une fellation et des pénétrations digitales », a continué M. Pocquet du Haut-Jussé. « Ensuite il prend le pantalon de la jeune fille, qu’il passe autour de son cou et l’étrangle. Il indique que lorsqu’elle a commencé à se débattre, il a compris qu’il fallait qu’il la tue », a-t-il ajouté.
Selon M. Pocquet du Haut-Jussé, le suspect exprime désormais beaucoup de regrets. Dans des lettres écrites après son crime et adressées à sa famille, « il parle de troubles, de pulsions, de choses de sa vie qui sont en désordre ».
« Il était insoupçonnable »
Condamné en 1996 pour « viol avec arme », « attentats à la pudeur aggravés » et « vol avec violence », l’homme interpellé était inscrit au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS). Au cours de la conférence de presse lundi après-midi, le procureur de la République a fait savoir que le suspect « respectait globalement » les obligations liées à son fichage au FIJAIS, « c’est-à-dire une présentation tous les ans aux services de police et le signalement de ses changements d’adresse ».

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Sa présence dans ce fichier a aidé les enquêteurs, a expliqué lundi le directeur régional de la police judiciaire, Romuald Muller :
« Le fichier a été extrêmement utile pour nous parce qu’il a la particularité d’avoir l’historique des domiciles et donc en recherchant sur Wambrechies on a trouvé cette personne et nous nous sommes rendu compte qu’elle habitait [autrefois] dans le même immeuble que la petite Angélique. »
« Tout le monde tombe des nues. Il paraissait totalement normal, il était serviable, à la fête d’école il aidait… C’était un homme à qui on fait confiance, il était insoupçonnable, a fait savoir Michel Sas, premier adjoint au maire de Wambrechies. C’est incompréhensible d’avoir un habitant délinquant sexuel et que personne n’ait été mis au courant. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Plus de 1 200 bergers, agriculteurs et élus ont manifesté à Pau lundi pour dire leur opposition au projet de Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire.
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Pyrénées-Atlantiques : manifestation contre la réintroduction de deux ourses à l’automne

Plus de 1 200 bergers, agriculteurs et élus ont manifesté à Pau lundi pour dire leur opposition au projet de Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 15h37
   





                        


Plus de 1 200 manifestants, bergers, agriculteurs et élus de tous bords, ont défilé lundi 30 avril à Pau pour s’opposer à la réintroduction d’ourses dans les Pyrénées-Atlantiques. Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, avait annoncé à la fin de mars qu’il souhaitait réintroduire deux ourses dès cet automne dans le département pour assurer la pérennité de l’espèce. Mais les opposants estiment que la présence des ours et les activités humaines, notamment pastorales, ne sont pas compatibles.
« Stop ours », « Hulot, l’écologie qui se déplace en hélico », pouvait-on lire sur les banderoles tendues sur les tracteurs des manifestants, certains venus d’Ariège ou de la province espagnole voisine d’Aragon, tandis que des bergers avaient pendu des ours en peluche au bout de leurs bâtons. « Non, M. Hulot, vous n’aurez pas la peau des bergers ! », a lancé du haut d’une tribune improvisée face à la préfecture des Pyrénées-Atlantiques Olivier Maurin, président de l’Association pyrénéenne pour le développement durable de l’identité des Pyrénées (Addip).

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« Plus de 600 bêtes tuées en 2017 par les ours »
Des parlementaires, la sénatrice socialiste Frédérique Espagnac, le sénateur Les Républicains Max Brisson ou encore le député Jean Lassalle (non inscrit), lui-même ancien berger, s’étaient joints à la manifestation, mais ne faisaient pas partie de la délégation reçue par le préfet. « En Ariège, dans les vallées où les ours sont concentrés, les attaques se sont multipliées. Plus de 600 bêtes tuées en 2017 par les ours, pour la majorité des brebis », a déploré Claude Soulas, directeur du centre départemental de l’élevage ovin. Pour lui, « les mesures de protection, barrières, chiens, etc. préconisées par le gouvernement sont totalement inefficaces ».
A la fin de mars, Nicolas Hulot avait annoncé qu’il souhaitait réintroduire deux ourses dans les Pyrénées-Atlantiques car il ne reste que deux mâles dans ce département. Cannelle, la dernière représentante de l’ours de souche des Pyrénées, avait été tuée par un chasseur en 2004. La décision avait été prise un an après une consultation en ligne sur la conservation de l’ours brun dans les Pyrénées qui avait réuni 6 000 personnes en trois semaines. Quelques jours avant l’annonce de Nicolas Hulot, l’Etat avait été condamné à Toulouse pour n’avoir pas suffisamment protégé l’ursidé dans les Pyrénées.
Après une réintroduction en 1996-1997 de trois ours slovènes non loin de la frontière avec l’Espagne, puis de cinq autres en 2006 (dont un est mort), le nombre d’ours dans les Pyrénées est évalué à 39, principalement dans le centre du massif.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Au moins 37 personnes, dont un photographe de l’AFP et neuf autres journalistes, sont mortes dans une série d’attentats à Kaboul et dans le sud du pays.
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Ce qu’il faut retenir de la série d’attentats meurtriers en Afghanistan

Au moins 37 personnes, dont un photographe de l’AFP et neuf autres journalistes, sont mortes dans une série d’attentats à Kaboul et dans le sud du pays.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 17h58
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 18h00
   





                        



   


L’essentiel
Au moins 37 personnes, dont dix journalistes, sont mortes lundi 30 avril en Afghanistan, dans une série d’attentats à Kaboul et dans le sud du pays.Un double attentat suicide, revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI), a d’abord frappé la capitale, faisant au moins 25 morts, dont neuf journalistes, et 49 blessés. La première attaque visait apparemment le siège des services de renseignements afghans. Arrivés sur les lieux pour couvrir l’attentat, les journalistes ont été tués par une deuxième déflagration. Le kamikaze qui a visé la presse s’était glissé parmi les reporters, faussement « muni d’une caméra ».Ce double attentat a été suivi par un autre attentat suicide à Kandahar, dans le sud du pays, qui a tué onze enfants, et par le meurtre par balles d’un reporter afghan de la BBC à Khost, dans le sud-est. Ces attaques n’ont pas été revendiquées.

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                Afghanistan : un double attentat à Kaboul fait au moins 25 morts



Le chiffre
10
C’est le nombre de journalistes tués dans la série d’attentats qui a frappé le pays lundi. L’organisation Reporters sans frontières (RSF) et le Centre des journalistes d’Afghanistan (AJC) ont recensé neuf journalistes tués dans le double attentat à Kaboul, dont le chef photographe de l’Agence France-Presse (AFP) à Kaboul, Shah Marai.
Huit autres journalistes présents, selon l’AJC confirmée par RSF, ont été fauchés par cette explosion. Tous travaillaient pour une radio ou des télévisions afghanes, dont un pour la chaîne Tolo News, déjà très éprouvée par un attentat revendiqué par les talibans en 2016, qui avait fait sept morts parmi ses employés.
« Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière [contre des journalistes] depuis la chute des talibans en décembre 2001 », souligne RSF dans un communiqué. Il « visait sciemment la presse », estime l’ONG.
Un reporter afghan de la BBC en pachtou, Ahmad Shah, a par ailleurs été tué par balles à Khost dans le sud-est de l’Afghanistan, a annoncé la radio-télévision britannique à Kaboul.

We’re sad to confirm the death of BBC Afghan reporter Ahmad Shah following an attack earlier today:… https://t.co/CLmXIt8UyD— bbcpress (@BBC Press Office)


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La citation
« Nous sommes anéantis par la mort de notre photographe Shah Marai, qui témoignait depuis plus de quinze ans de la tragédie qui frappe son pays. La direction de l’AFP salue le courage, le professionnalisme et la générosité de ce journaliste qui avait couvert des dizaines d’attentats avant d’être lui-même victime de la barbarie », a déclaré Michèle Léridon, directrice de l’information de l’AFP.
De nombreux messages de sympathie et de condoléances ont afflué au bureau de l’AFP à Kaboul. Un autre journaliste de l’agence, Sardar Ahmad, avait été tué en mars 2014 avec sa famille dans un attentat taliban. Seul l’un de ses enfants, alors âgé de trois ans, en avait réchappé.
L’image

   


Shah Marai, 48 ans, travaillait pour le bureau de l’AFP à Kaboul depuis 1996 et en était devenu un pilier. Grand gaillard mince aux yeux très bleus, il avait largement contribué à la couverture de l’Afghanistan lorsque le pays était sous le régime taliban et à celle de l’invasion américaine de 2001, ainsi qu’à tous les rebondissements qui ont suivi.
« J’ai appris tout seul la photographie, donc je cherche toujours à m’améliorer. Et maintenant mes photos sont publiées dans le monde entier », relevait-il.

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                Shah Marai, photographe et « pilier » de l’AFP à Kaboul, est mort dans une double attaque



Et après ?
Ces attaques surviennent alors que les talibans ont officiellement lancé mercredi leur offensive de printemps, rejetant ainsi implicitement de récents appels du gouvernement afghan visant à entamer des négociations de paix.
Kaboul est devenu selon l’ONU l’endroit le plus dangereux d’Afghanistan pour les civils, avec depuis un an une recrudescence des attentats d’ampleur, généralement perpétrés par des kamikazes et tour à tour revendiqués par les talibans ou l’EI.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Après onze mois d’enquête, la justice a identifié plusieurs canaux de financement de l’Etat islamique et en soupçonne un dernier : la vente de ciment.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/04/2018
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Financement du terrorisme par Lafarge : mode d’emploi

Après onze mois d’enquête, la justice a identifié plusieurs canaux de financement de l’Etat islamique et en soupçonne un dernier : la vente de ciment.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 15h42
    |

            Soren Seelow








                        



                                


                            

Comment Lafarge a-t-il été amené à financer des groupes terroristes pour maintenir l’activité de sa cimenterie de Jalabiya, dans le nord de la Syrie ? Quels montants ont été versés et par quels canaux ? Onze mois après l’ouverture d’une information judiciaire pour « financement du terrorisme », les juges d’instruction Charlotte Bilger, Renaud Van Ruymbeke et David de Pas sont parvenus à identifier les différents types de versements effectués par sa filiale Lafarge Cement Syria (LCS).
Quatre modes de paiement ont été matérialisés à ce stade : des « donations » à une constellation de groupes armés, une « taxe » payée à l’organisation Etat islamique (EI), l’achat de matières premières, ainsi qu’une commission versée par les transporteurs. La justice soupçonne enfin une dernière infraction, la plus embarrassante peut-être : la vente de ciment à l’EI. A partir de l’analyse de dizaines de documents internes du cimentier et des auditions de ses responsables, Le Monde dresse un état des lieux des avancées de l’enquête.
Les « donations » aux groupes armés
Pour comprendre la mécanique qui a conduit Lafarge à financer des groupes terroristes, il faut remonter à l’été 2012. Tandis que la Syrie s’enfonce dans le chaos, LCS missionne un de ses anciens actionnaires, Firas Tlass, pour négocier avec différents groupes armés le passage des salariés et des marchandises sur les routes. En juillet, un premier versement est effectué. Bruno Pescheux, directeur de LCS, en fait état dans un courrier électronique à Christian Herrault, directeur opérationnel adjoint de Lafarge à Paris :
« Christian, j’ai accepté de régler cette facture “exceptionnelle” de FT suite à des donations destinées à assurer la sécurité de l’usine, de ses employés, fournisseurs et clients. Il sera toujours temps d’en reparler. Cela représente moins de 50 000 euros. » L’enthousiasme du directeur adjoint est mesuré :
« OK. Il ne faudrait pas que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Quatorze familles de cette vallée encaissée au pied du mont Blanc lancent une série de recours devant le tribunal de Grenoble.
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Pollution de l’air : des familles de la vallée de l’Arve attaquent l’Etat pour « carence fautive »

Quatorze familles de cette vallée encaissée au pied du mont Blanc lancent une série de recours devant le tribunal de Grenoble.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 13h13
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


En septembre 2017, Nicolas Hulot avait choisi la vallée de l’Arve (Haute-Savoie), « une des plus polluée de France », selon les termes du ministre de la transition écologique et solidaire, pour son déplacement sur le thème de la qualité de l’air. Aux habitants excédés de ce territoire coincé entre les montagnes au pied du mont Blanc, il avait expliqué qu’il n’avait pas de « baguette magique ».
Depuis, 540 plaintes contre X pour mise en danger d’autrui ont été déposées auprès des gendarmeries du département conduisant le parquet de Bonneville à ouvrir une enquête préliminaire. Et quatorze familles de plaignants s’apprêtent à ouvrir un deuxième front judiciaire et vont lancer, mercredi 2 mai, une vague de recours pour « carence fautive » de l’Etat devant le tribunal administratif de Grenoble.
Parmi ses plaignants figurent les représentants légaux de quatre enfants. Ils demandent jusqu’à 100 000 euros d’indemnisation pour les préjudices subis. Les recours s’appuient sur des dossiers médicaux épais. « Ces enfants souffrent de pathologies que nous estimons liées à la pollution : asthme, otites, pneumopathies… », explique au Monde François Lafforgue, l’avocat qui défend les familles.

        Lire aussi :
         

          l’enquête du « Monde » sur la pollution dans la vallée de l’Arve



« Une urgence sanitaire »
Mallory Guyon est médecin généraliste aux Houches et habite à Passy, dans la vallée :
« Dans mon quotidien de médecin, je constate de plus en plus de pathologies ORL et respiratoires, longues, persistantes et difficiles à traiter. Ça m’interpelle. Des patients me racontent que lorsqu’ils partent en vacances ailleurs, ils respirent mieux. Et, a contrario, d’autres me disent que quand ils viennent dans leur résidence secondaire dans la vallée, ils se mettent à tousser au bout de deux jours. »
La docteure Guyon a décidé de s’impliquer au sein du collectif local Coll’air pur santé qui coordonne les plaintes avec le soutien d’Ecologie sans frontière, l’association qui avait la première porté plainte contre l’Etat après les pics de pollution de 2014. « On organise la résistance, explique Mme Guyon. On n’attaque pas de gaieté de cœur. L’objectif est de susciter une prise de conscience générale dans le pays, que chaque Français se rende compte qu’il s’agit d’une urgence sanitaire. »
A l’échelle de la France, on estime que la pollution de l’air est à l’origine de 48 000 morts prématurés chaque année. Selon une étude de Santé publique France de septembre 2017, les seules particules fines PM2,5 (de diamètre inférieur à 2,5 µm) seraient responsables de 8 % de la mortalité annuelle dans la vallée de l’Arve, soit 85 morts. Une baisse de 30 % des concentrations annuelles de PM2,5 permettrait de diviser par deux cette mortalité.
Or, pour la docteure Guyon et maître Lafforgue, c’est l’« inaction » de l’Etat et des autorités administratives qui est en cause. Et ils ne sont pas les seuls à le penser. La vallée de l’Arve est l’une des 14 zones de dépassements des normes européennes de qualité de l’air (PM10 inférieurs à 10 µm et dioxyde d’azote) qui valent à la France d’être sous la menace d’un renvoi devant la Cour de justice de l’Union européenne et d’avoir été enjoint par le Conseil d’Etat de prendre rapidement des mesures pour réduire la pollution.
Nicolas Hulot a présenté le 13 avril quatorze « feuilles de route » élaborées avec les préfets de région. Celle concernant la vallée de l’Arve et ses 155 000 habitants prévoit notamment d’amplifier les aides (Fonds air bois énergies) pour réduire le recours au chauffage au bois ou de privilégier le report modal de la route vers le ferroviaire pour le transport des marchandises et des voyageurs. Des mesures jugées « insuffisantes et pas assez ambitieuses » par les associations.

        Voir aussi :
         

          les « feuilles de route » de la France pour lutter contre la pollution de l’air



« Tout est à revoir »
« Ces plaintes ont pour objectifs de faire bouger l’Etat. Il doit agir vite et bien, exhorte Mme Guyon. Ici, tout est à revoir de façon urgente : le chauffage, les infrastructures routières, l’industrie. » Le chauffage au bois est la principale source de pollution dans la vallée. Mais pas la seule. Elle accueille aussi de nombreuses usines spécialisées dans l’industrie du décolletage. Et chaque année, elle est traversée par les flots de touristes qui accèdent aux stations de ski depuis l’A40 et près de 600 000 poids lourds empruntant le tunnel du Mont-Blanc.
En janvier, la communauté de commune Pays du Mont-Blanc se félicitait d’une qualité de l’air « en nette amélioration » en 2017. Pour la première fois que des mesures sont effectuées dans la commune savoyarde de Passy, les jours de pic de pollution (supérieur à 50 µg/m3 en PM10) n’ont pas excédé la limite européenne (trente-cinq jours). Vingt et un ont été recensés, contre 36 en 2016 ou 44 en 2015. Mais comme le fait remarquer la docteure Guyon, pour ses patients, le plus dangereux, ce ne sont pas les pics mais la « pollution chronique ».
Les familles de la vallée de l’Arve ne sont pas les premières victimes de la pollution de l’air à déposer un recours pour carence fautive de l’Etat. En juin 2017, comme Le Monde l’avait relaté, Clotile Nonnez, une professeure de Yoga vivant dans la capitale, avait saisi le tribunal administratif de Paris. Près d’un an après, son cas n’a pas encore été traité mais son état de santé s’est un peu plus dégradé.



                            


                        

                        


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Les regards se tournent vers Israël après des frappes sur des sites militaires en Syrie

L’Etat hébreu n’a pas revendiqué le bombardement de bases militaires dans les régions d’Alep et de Hama, où se trouvent des milices chiites et des membres du Hezbollah libanais.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 16h59
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Le cabinet de sécurité israélien s’est réuni en urgence, lundi 30 avril, autour de Benyamin Nétanyahou, pour discuter de la situation en Syrie et de la menace iranienne. Cette convocation a eu lieu au lendemain de frappes importantes, à l’origine non identifiée, dans les régions d’Alep et de Hama, en Syrie. L’une des cibles des missiles a été la 47e Brigade, une base militaire dans la province de Hama, où se trouvent aussi bien des soldats de l’armée régulière que des milices chiites et des hommes du Hezbollah libanais.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), au moins 26 personnes y auraient été tuées, dont une majorité d’Iraniens. Le nombre de victimes, ainsi que la cible souterraine, confèrent à cette opération une importance inédite. Les regards se tournent vers Israël. Mais le gouvernement se garde cette fois de revendiquer la responsabilité de cette mission audacieuse, qui représente un test pour tous les acteurs du conflit.
Reçu par le président syrien lundi 30 avril, le chef de la commission des affaires étrangères et de la sécurité nationale du Parlement iranien, Alaeddin Boroujerdi, a mis en cause l’Etat hébreu. « L’entité israélienne a révélé, à travers cette attaque, qu’elle était une entité agressive qui doit être confrontée », a-t-il estimé, tout en assurant que les « conseillers iraniens [le terme officiel pour qualifier la présence militaire iranienne en Syrie] resteraient jusqu’à la libération complète du pays ». Une reconnaissance implicite que des Iraniens ont bien été visés par les frappes.
Capacités étatiques
Selon Amos Yadlin, ancien chef du renseignement militaire israélien et directeur de l’Institut pour les études de sécurité nationale (INSS), il ne fait pas de doute que les frappes de dimanche soir réclamaient des capacités étatiques. Selon lui, l’ampleur de l’explosion à Hama serait due non pas à la nature des moyens utilisés, mais à la cible, « probablement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Financement, calendrier : alors que la planète se réchauffe, la session de la Convention-cadre des Nations unies qui s’ouvre lundi ne s’annonce pas sous de paisibles auspices.
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Climat : à Bonn, les négociations entre Etats risquent d’être tendues

Financement, calendrier : alors que la planète se réchauffe, la session de la Convention-cadre des Nations unies qui s’ouvre lundi ne s’annonce pas sous de paisibles auspices.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 15h43
    |

            Simon Roger








                        



   


A quel rythme les négociateurs réunis jusqu’au 10 mai à Bonn, en Allemagne, vont-ils mener leurs travaux ? Cette question, récurrente à chaque début de session de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), devrait gagner en acuité cette année. Car les délégués des 195 pays signataires de l’accord de Paris visant à contenir le réchauffement sous le seuil des 2 °C savent que le temps est compté.
A l’extérieur de la bulle du Convention Center de Bonn, où vont siéger les représentants des nations, l’état de la planète se dégrade. Ces trois dernières années ont été les plus chaudes dans l’histoire des relevés météo, a rappelé l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans un rapport rendu public à la fin mars. « Le début 2018 a continué comme 2017 s’était terminée, avec des épisodes extrêmes qui coûtent des vies et détruisent des moyens de subsistances », écrit Petteri Taalas, le secrétaire général de cette agence.
L’OMM souligne par ailleurs que les concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère sont désormais supérieures à 400 parties par million, tandis que plusieurs études concluent à une nouvelle hausse des émissions de CO2 en 2017.

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Règles de transparence
Les délégués ont aussi en tête un autre calendrier, celui du secrétariat de la CCNUCC, qui leur demande de tenir les délais d’ici à la prochaine conférence sur le climat, la COP24, prévue en décembre à Katowice, dans le Sud de la Pologne. C’est dans cette ville que doit être adopté le rule book, c’est-à-dire les règles de mise en œuvre de l’accord de Paris. Ce mode d’emploi doit notamment définir le contenu des contributions nationales des pays pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, et les règles de transparence que les Etats devront suivre pour rendre compte de leurs actions et de leurs financements en faveur du climat.
Il doit préciser également les contours du bilan mondial, auquel vont s’astreindre les pays tous les cinq ans à partir de 2023. Mais ces discussions ne progressent pas au même rythme : le document relatif au bilan mondial tient en moins de dix pages, alors que celui qui traite de la transparence en comporte près de cinquante.
Pour faire face à l’hétérogénéité de ces négociations et aux réticences de grands acteurs – les Etats-Unis ont annoncé leur intention de se retirer de l’accord ; la Russie, la Turquie et l’Arabie saoudite n’ont toujours pas ratifié le texte –, l’institution onusienne envisage d’ajouter une session de travail supplémentaire, en septembre, à Bangkok. Cette option n’est pas sans risque : elle pourrait inciter certains pays à ne dévoiler leurs positions qu’à l’automne et vider ainsi de leur substance les discussions qui s’ouvrent le 30 avril.
Ce choix aurait un coût financier, alors que la CCNUCC doit déjà pallier le refus de paiement de Washington. Elle peut compter, en revanche, sur la générosité de la fondation Bloomberg Philanthropies, qui, le 22 avril, a versé 4,5 millions de dollars à la Convention-cadre, comme elle s’y était engagée en 2017.

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                COP23 : l’urgence climatique en dix chiffres



Vives tensions sur les financements
Mais cette bonne nouvelle ne suffira pas à atténuer les tensions toujours très vives en ce qui concerne les financements pour le climat. Les Etats développés sont régulièrement critiqués pour ne pas honorer leur promesse de porter à 100 milliards d’euros par an d’ici à 2020 leur aide aux pays du Sud.
Un autre engagement de l’accord de Paris a empoisonné les débats de la COP23 en Allemagne en 2017, celui de la « prévisibilité » des financements sur lesquels pourront compter les nations en développement. « C’est une question légitime pour les pays du Sud, mais on ne peut pas non plus faire l’impasse sur les contraintes budgétaires réelles de certains pays du Nord, commente Lucile Dufour, du Réseau action climat (RAC). Il faut lutter contre cette défiance », qui pourrait paralyser les travaux de Bonn, met en garde la responsable négociations internationales et développement de cette association.
Un autre point pourrait tendre les discussions : le souhait de plusieurs pays en développement de voir apparaître un principe de « bifurcation » dans l’application de l’accord de Paris. Il s’agirait de tracer une voie pour les Etats du Nord, obligés de réduire leurs émissions polluantes, une autre pour ceux du Sud, invités à agir à leur rythme et selon leurs moyens. « C’est un sujet très sensible, note la responsable du RAC, cela reviendrait à accepter une mise en œuvre à deux vitesses de l’accord de Paris », contraire à l’esprit du texte adopté durant la COP21, à la fin 2015. Selon de nombreux observateurs, les pays en développement brandissent cette menace dans l’espoir d’obtenir des moyens financiers et techniques supplémentaires.
La dernière inconnue de ces négociations sur le climat réside dans la capacité des îles Fidji, qui président les débats jusqu’en décembre, d’imposer des solutions de compromis. Le petit Etat insulaire va roder à Bonn le format d’échanges validé à la COP23 : le « dialogue de Talanoa ». La première étape est prévue dimanche 6 mai, avec l’organisation de dix-huit tables rondes sur l’état des lieux et les stratégies de long terme. A chacun de ces ateliers prendront part trente Etats et cinq acteurs non étatiques. Ces séances seront fermées au public, ce que regrettent toutefois les ONG, inquiètes du peu d’espace laissé à la société civile.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Les forces de l’ordre sont intervenues à l’université parisienne, lundi. Un collectif de soutien au blocage appelle à un rassemblement en fin de journée.
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Mouvement étudiant : le site de Censier évacué par la police

Les forces de l’ordre sont intervenues à l’université parisienne, lundi. Un collectif de soutien au blocage appelle à un rassemblement en fin de journée.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 13h57
   





                        



   


Les forces de l’ordre ont évacué, lundi 30 avril au matin, une cinquantaine de personnes présentes sur le site de Censier, de l’université Sorbonne-Nouvelle-Paris-III, a annoncé la préfecture de police. Des étudiants occupaient le campus parisien depuis trois semaines, pour manifester leur opposition à la réforme des règles d’entrée à l’université, en cours de mise en œuvre, dénoncée comme celle de la « sélection ».
« Aucun incident »
L’évacuation s’est déroulée « dans le calme et sans aucun incident », précise la préfecture de police dans un communiqué. L’opération, qui s’est déroulée entre 4 h 30 et 5 h 30, a été effectuée sur réquisition du président de l’université, Carle Bonafous-Murat.
« Le président a signalé une détérioration du système électrique jeudi », a précisé lundi matin la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, sur Europe 1. « Vendredi, il y a eu des affrontements entre les étudiants ou les personnes présentes sur le site de Censier, avec une personne hospitalisée », a-t-elle ajouté.

Nous sommes en liaison constante avec les présidents d’université. Le site de #Censier était particulier. Des affro… https://t.co/1vi9ZxuRJs— VidalFrederique (@Frédérique Vidal)


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« Au cours des derniers jours, la présence de plus en plus évidente de personnes extérieures à la Sorbonne-Nouvelle, y compris de mineurs, laissait entendre que les étudiants de l’université n’avaient plus la maîtrise des événements », a dit de son côté le président de l’université dans un communiqué.
La fermeture administrative du campus devrait rester en vigueur dans les jours qui viennent, « le temps de remettre de l’ordre dans les bâtiments et d’en sécuriser l’accès », a précisé Carle Bonafous-Murat.
Lieu emblématique
Sur place, les policiers ont découvert « plusieurs centaines de bouteilles vides et du matériel destiné à confectionner des engins incendiaires, ainsi que des banderoles affichant des slogans habituellement utilisés par les [militants du] black blocs ». « Quelques dégradations ont par ailleurs été commises sur les lieux » qui sont en cours de constatation « aux fins d’exploitation dans un cadre judiciaire », précise le communiqué de la préfecture de police.
Le 20 avril, les forces de l’ordre étaient déjà intervenues à Paris sur le site de Tolbiac (université Paris-I-Panthéon-Sorbonne), l’un des lieux emblématiques du mouvement étudiant contre la loi ORE (orientation et réussite des étudiants). Des opérations de police ont également eu lieu la semaine dernière à Montpellier, Grenoble, ou encore sur les campus de Nancy et Metz, pour débloquer des bâtiments universitaires, alors que le premier ministre, Edouard Philippe, a rappelé la « fermeté » du gouvernement face aux divers blocages, mercredi 25 avril.

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                Cinq jours après l’évacuation de Tolbiac, la vérité se fait jour



A la suite de cette intervention policière, Alexis Blanchet, directeur du master « cinéma et audiovisuel » à la Sorbonne-Nouvelle, a posté sur son compte Twitter la lettre qu’il a adressée au président de son université. Il se déclare « en grève administrative et pédagogique illimitée », annonçant renoncer à toutes les charges administratives qui lui incombent.
« J’arrête car nous crevons de ne pas arrêter, explique le maître de conférences. La loi ORE et le dispositif Parcoursup ont fini d’épuiser ma bonne volonté et ma conscience professionnelle. L’intervention policière de cette nuit est le geste de trop. J’assiste depuis quatorze ans maintenant (et depuis vingt et un ans si je compte mes années d’études universitaires) à une destruction programmée, lente mais résolue du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. »
Dans un communiqué publié sur Twitter, le collectif Commune de Censier a estimé que « faire tomber » Censier n’était « pas anodin » alors que « la semaine à venir s’annonçait chargée et intense en mobilisation (1er Mai, 3 mai, 5 mai et organisation de la Coordination nationale étudiante) ». Le collectif appelle à un rassemblement ce lundi à 18 heures, rue de Santeuil, à deux pas du site universitaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ 24,38 m, soit l’équivalent d’environ 9 étages. C’est la taille du monstre d’eau qu’a dévalé le Brésilien Rodrigo Koxa, surpassant de 61 cm le précédent record.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Selon la Maison Blanche, les conversations vont se concentrer sur « la lutte contre le terrorisme » et le développement au Nigeria.
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Compte rendu

Muhammadu Buhari, premier dirigeant d’Afrique subsaharienne reçu par Donald Trump

Selon la Maison Blanche, les conversations vont se concentrer sur « la lutte contre le terrorisme » et le développement au Nigeria.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-04-30T17:27:40+02:00"

        Le 30.04.2018 à 17h27






    
Le président nigérian, Muhammadu Buhari, à Londres, le 18 avril 2018.
Crédits : REUTERS


Le président américain, Donald Trump, reçoit, lundi 30 avril, son homologue nigérian, Muhammadu Buhari, premier dirigeant d’Afrique subsaharienne invité à la Maison Blanche depuis son arrivée au pouvoir. Les deux hommes devaient se retrouver en milieu de journée pour un tête-à-tête dans le bureau Ovale, avant de participer à une conférence de presse commune dans les jardins de la Maison Blanche.

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L’exécutif américain est resté plutôt discret à l’approche de cette visite durant laquelle aucune annonce de taille n’est attendue. Mais quinze mois après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, elle constitue un signal. « Le fait que le président du pays le plus peuplé d’Afrique visite Washington pourrait bien, en soi, être plus important pour renforcer les relations Etats-Unis-Afrique que telle ou telle discussion politique spécifique », souligne John Campbell, du Council on Foreign Relations.
Un président qui se soucie peu du continent
Les relations entre l’Afrique et Donald Trump ont été durablement marquées par les propos de ce dernier, qui avait évoqué des « pays de merde » à propos de Haïti et des pays africains. Le limogeage brutal, en mars, du secrétaire d’Etat Rex Tillerson alors qu’il se trouvait en visite officielle au Nigeria pour sa première tournée africaine, n’a fait que renforcer l’image d’un président qui se soucie peu de ce continent. Nombre de postes de haut niveau sur l’Afrique sont par ailleurs toujours vacants au sein du département d’Etat.

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                Trump traite Haïti et des nations africaines de « pays de merde »



« L’administration voit peut-être cette visite de Buhari comme une occasion de rectifier le tir, même s’il est peu probable qu’elle le formule ainsi », souligne John Campbell, qui fut ambassadeur des Etats-Unis au Nigeria de 2004 à 2007. Muhammadu Buhari est devenu, en 2015, le premier dirigeant nigérian d’opposition à battre un président sortant au cours d’une élection considérée comme libre et légitime.
Selon la Maison Blanche, les conversations vont se concentrer sur « la lutte contre le terrorisme » et le développement économique et démocratique au Nigeria, où une élection présidentielle est prévue en février 2019. Le Nigeria entre dans sa neuvième année de lutte contre le groupe djihadiste Boko Haram, qui a dévasté le nord-est du pays. Le conflit a fait plus de 20 000 morts et des centaines de milliers de déplacés, y compris dans les pays voisins, le Tchad, le Cameroun et le Niger.
M. Buhari affronte aussi une résurgence d’un conflit agropastoral récurrent entre agriculteurs et éleveurs, sur fond de divisions ethniques et religieuses.
Un pays où la corruption est endémique
La coopération entre les deux pays s’est améliorée au cours de l’année écoulée. Peu après son arrivée au pouvoir, en 2015, M. Buhari avait reproché au président Barack Obama d’avoir refusé de vendre des armes au Nigeria pour lutter contre Boko Haram. Mais l’administration Trump a changé de position en autorisant la vente au Nigeria d’avions Super Tucano d’une valeur de 500 millions de dollars (environ 410 millions d’euros), des appareils de surveillance et de soutien tactique qui doivent être livrés en 2020.

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                Le président nigérian en route pour un deuxième mandat malgré un bilan en demi-teinte



Cet accord a récemment été examiné avec attention au Nigeria, un pays où la corruption est endémique. Les élus nigérians ont accusé leur président d’illégalité au sujet des fonds utilisés pour acheter ces avions. M. Buhari, qui cherche à être réélu en 2019, devrait sans doute mettre en avant les réformes agricoles de son administration et souligner son engagement envers la démocratie.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ En 1994, un entrepreneur a acheté ce nom de domaine. Plus de dix ans plus tard, le gouvernement français a engagé une action en justice pour se l’approprier. Avec succès.
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Bataille judiciaire autour du nom de domaine « France.com »

En 1994, un entrepreneur a acheté ce nom de domaine. Plus de dix ans plus tard, le gouvernement français a engagé une action en justice pour se l’approprier. Avec succès.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 17h00
    |

                            Perrine Signoret








                        


Ce site, Jean-Noël Frydman y tenait. Depuis qu’il avait acquis auprès de Web.com le nom de domaine France.com en 1994, l’entrepreneur français expatrié aux Etats-Unis y avait créé un portail d’aide et conseil à destination des touristes visitant l’Hexagone. Les affaires marchaient bien, jusqu’à ce que le ministère des affaires étrangères français attaque l’homme en justice, et récupère son site en mars dernier.
Le 19 avril, Jean-Noël Frydman a décidé de répliquer, déposant à son tour une plainte, selon le site spécialisé Ars Technica. Il y accuse le gouvernement de « cybersquatter » France.com – un terme qui désigne l’enregistrement par un tiers d’un nom de domaine contenant le nom d’une marque, dans le but par exemple de profiter de sa notoriété. Son argument : le gouvernement aurait, selon lui, voulu exploiter la renommée de son entreprise pour mieux promouvoir ses propres services.
« Ca peut arriver à n’importe qui »
C’est en 2015 que la bataille judiciaire commence. A l’époque, le site France.com fête ses dix ans. Par rapport à ses débuts, il a gagné en notoriété, notamment grâce à des partenariats noués avec des agences gouvernementales françaises. Sur son site, Jean-Noël Frydman évoque des accords avec le Consulat général de Los Angeles et l’ambassade à Washington par exemple. En 2010, son entreprise remporte aussi le prix du tour-opérateur offrant la plus grande diversité de choix lors d’un événement organisé par Atout France, une agence étatique chargée du développement touristique du pays depuis 2009.
Puis, c’est le coup dur pour Jean-Noël Frydman. Le ministère des affaires étrangères intente début 2015 une action en justice contre lui. L’institution argue que « France » est un nom de marque déposé, et que France.com lui appartient de fait. Elle reproche également au portail touristique de concurrencer de manière déloyale Atout France.
En septembre 2017, la cour d’appel de Paris déboute le ministère sur le second point, faute de preuves suffisantes, mais lui donne raison en ce qui concerne le premier. S’appuyant sur cette victoire, le ministère demande à Web.com de lui transmettre le nom de domaine France.com. Cela sera fait le 12 mars 2018.
Pas de compensation financière
Jean-Noël Frydman n’a obtenu en échange aucune compensation financière. Il raconte par ailleurs sur son site n’avoir à aucun moment reçu de notification lui indiquant qu’il ne serait plus propriétaire du nom de domaine France.com. « Je n’ai jamais été traité ainsi par une entreprise, a-t-il regretté à propos de Web.com. Si ça peut m’arriver à moi, ça peut arriver à n’importe qui. »
Le 19 avril, l’entrepreneur a décidé de saisir à son tour la justice, en déposant une plainte auprès d’un tribunal américain pour « cybersquattage ». Elle vise « la République française, Atout France, le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, [et le ministre] Jean-Yves Le Drian ». Jean-Noël Frydman y demande à redevenir propriétaire de France.com, dont le site redirige désormais directement les internautes vers France.fr, un site d’Atout France. Il estime que la perte de son nom de domaine lui a valu des « millions » d’euros de pertes.
Contactée par Le Monde, Atout France a expliqué que l’usage qu’elle faisait désormais du nom de domaine France.com était selon elle « strictement conforme aux décisions de justice obtenues par l’Etat français ».
« [Celui-ci] a en effet obtenu le transfert du nom de domaine (...). Un pourvoi en cassation a été introduit par cette société devant la Cour de cassation pour contester cette décision (...). Le pourvoi en cassation n’étant pas suspensif d’exécution, l’arrêt de la Cour d’appel a été exécuté. La procédure suit son cours. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ La réduction du déficit à 2,6 % en 2017 tient surtout à une conjoncture accommodante. Or la croissance ne sera pas toujours là pour faire illusion, souligne dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».
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« L’endettement de la France, grande impasse de la fièvre réformiste de l’ère Macron »

La réduction du déficit à 2,6 % en 2017 tient surtout à une conjoncture accommodante. Or la croissance ne sera pas toujours là pour faire illusion, souligne dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    30.04.2018 à 06h24
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 08h32
    |

            Stéphane Lauer (Editorialiste au  « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. En ce printemps 2018, certains ont rêvé d’une convergence des luttes. Mais, alors que le joli mois de mai pointe son nez, force est de constater que l’heure est à la divergence des causes. Le malaise est bien là, cependant, en lieu et place d’une bataille rangée, on assiste surtout à des escarmouches corporatistes et à des éclats de militantisme sans lendemain.
Les pilotes d’Air France, à force de voler à 10 000 pieds, ont définitivement perdu le sens des réalités, à commencer par celles des autres salariés de la compagnie. Ceux-ci ont jusqu’au vendredi 4 mai pour le leur signifier, grâce à la consultation organisée par la direction. Les activistes-étudiants de Tolbiac sont obligés de s’inventer des martyrs, faute d’avoir su mobiliser autour d’une cause à la hauteur des problèmes – réels – de l’Université.
Les syndicats de cheminots ont bien du mal à convaincre l’opinion que la loi sur la réforme de la SNCF, une fois adoptée au Parlement, sera nulle et non avenue. A Notre-Dame-des-Landes, les ânesses zadistes, Orphée, Pilou et Murette, sont prêtes à rentrer docilement à l’écurie, alors que leurs propriétaires surmontent lentement mais sûrement leurs réticences à consentir à l’impôt et à respecter le droit.
La « coagulation » sociale n’est pas pour tout de suite. Ce qui est en train de coaguler de façon plus certaine, c’est l’endettement de la France
Quant aux partenaires sociaux, leurs cris d’orfraie face aux coups de boutoir du gouvernement ont toutes les peines du monde à faire oublier les dysfonctionnements patents du système de cogestion de l’assurance-chômage et de la formation professionnelle.
Bref, la « coagulation » sociale n’est pas pour tout de suite. En revanche, ce qui est en train de coaguler de façon plus certaine, c’est l’endettement de la France. Le sujet fait moins parler dans les chaumières que le « grand soir », mais il n’en est pas moins crucial. Pourtant, curieusement, à ce stade,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ La chanteuse est morte à l’âge de 65 ans des suites d’une longue maladie. Sorti en 1982, son titre « Africa » s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires.
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Rose Laurens, la chanteuse du tube des années 1980 « Africa », est morte

La chanteuse est morte à l’âge de 65 ans des suites d’une longue maladie. Sorti en 1982, son titre « Africa » s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 11h22
   





                        



   


La chanteuse Rose Laurens est morte à l’âge de 65 ans dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 avril des suites d’une longue maladie, a annoncé son compagnon, Christian Soulié.
« Elle vous a fait danser par millions en créant Africa et en chantant Quand tu pars, et des dizaines d’autres titres. La flamme de Rose Laurens vient de s’éteindre des suites d’une longue maladie à laquelle elle résistait encore sur la scène du Cabaret sauvage en 2016 », écrit-il dans un communiqué.
Après la parution de plusieurs singles dans les années 1970, Rose Laurens, de son vrai nom Rose Podwojny, décroche un rôle dans la comédie musicale Les Misérables en 1980.
Disque d’or en 1982
Elle sort son premier album en 1982, Déraisonnable, qui deviendra disque d’or. C’est sur cet album que figure le titre Africa, véritable tube des années 1980 qui s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires.

Rose Laurens a sorti une dizaine d’albums, collaborant notamment avec Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Yves Duteil et plus récemment Pierre Palmade, avec qui elle a écrit son dernier album, ADN (2015).
En 2007, elle a notamment participé à la tournée RFM Party 80 aux côtés d’autres célébrités de cette période comme Lio et Début de soirée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le film « Rafiki », qui raconte une histoire d’amour lesbien, a été interdit dans ce pays, où l’homosexualité est punie par la loi.
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Le film « Rafiki », sur une histoire d’amour lesbien, sélectionné à Cannes mais interdit au Kenya



LE MONDE
              datetime="2018-04-30T15:00:09+02:00"

        Le 30.04.2018 à 15h00

     •
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        Mis à jour le 30.04.2018 à 16h03






Durée : 01:03 | 

La réalisatrice kényane Wanuri Kahiu va présenter son film Rafiki, au prochain Festival de Cannes dans la sélection « Un certain regard ». Inspiré du roman ougandais de Monica Arac de Nyeko, Jambula Tree, le film raconte une histoire d’amour entre deux femmes à Nairobi.
Le 27 avril, le film a été interdit au Kenya, pays où l’homosexualité est punie par la loi. Selon le Comité national de classification des films, Rafiki fait la promotion de l’homosexualité et « heurte la culture et les valeurs morales du peuple kényan ».


                

                     Soupçons de corruption : qu’est-il reproché à Vincent Bolloré ?

                

                     Ports africains : Vincent Bolloré mis en examen pour « corruption »

                

                     La playlist de Binetou : les dynasties musicales en Afrique, entre héritage et innovation


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Les sifflets des supporteurs du PSG à l’encontre de leur joueur Thomas Meunier, coupable à leurs yeux d’avoir « liké » une photo des fans du rival marseillais, n’ont rien de honteux, estime notre chroniqueur Jérôme Latta.
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Football : le PSG, le « respect » et les ultras

Les sifflets des supporteurs du PSG à l’encontre de leur joueur Thomas Meunier, coupable à leurs yeux d’avoir « liké » une photo des fans du rival marseillais, n’ont rien de honteux, estime notre chroniqueur Jérôme Latta.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 14h26
   





                        



   


Chronique. Encore une fracture au PSG, mais celle-ci ne concerne pas Neymar, ni même une cheville plus quelconque de l’effectif. C’est d’ailleurs une vieille blessure qui se réveille, entre les joueurs et les supporteurs. En cause, le latéral parisien Thomas Meunier, coupable d’avoir « liké » la photo d’un (très beau) tifo marseillais déployé au Stade-Vélodrome jeudi 26 avril.
Ce clic infinitésimal a vite été repéré et répercuté, suscitant la colère d’une partie des supporteurs parisiens, pour lesquels ce genre de fantaisie, sur fond de rivalité bien connue avec l’OM, n’est pas acceptable et témoigne d’un « manque de respect » envers le club et eux-mêmes. A toute indignation, sa contre-indignation : cette réaction a à son tour suscité une vague de réprobation contre ces supporteurs intolérants.
« Honteux » ou « salutaire » ?
Le joueur s’est exprimé sur Instagram, assurant de son engagement et dénonçant « l’irrespect et la médiocrité des propos tenus à [son] égard ces derniers jours ». Dimanche soir lors de PSG-Guingamp, l’entrée en jeu du joueur ayant été sifflée par une partie du public, les commentateurs de Canal+ y sont allés de leurs propres déplorations : « On se demande dans quelle société on vit. (…) Le type, il a “liké” des trucs sur les réseaux sociaux et ça engendre des comportements limite haineux », a regretté Eric Carrière. « Barbares », a complété Stéphane Guy.

    La passion, l'implication et le respect des valeurs humaines et professionnelles que je mets dans mon travail sont aussi importantes que celles qui m'alimentent en tant que père. Des valeurs qui lui servent d'exemples et que j'essaye de vous montrer tous les week-ends sur les terrains. L' irrespect et la médiocrité des propos tenus à mon égard ces derniers jours me montrent clairement les limites de certains supporters à ne faire qu'UN dans un club où beaucoup de choses ont changé à vitesse grand V ces dernières années. Étant étranger, fan de football dans sa globalité et surtout joueur du Paris Saint-Germain, sachez que mon implication et ma passion vous sont dévouées à 1000% et le fait d'aimer ce qui se fait ailleurs en France ne doit en AUCUN cas remettre en question le respect et l'envie que j'ai de me battre pour les rouges et bleus. Sur ce... #TÔTOUTARD #ICICESTPARIS Une publication partagée par  Meunier Thomas 💏👨‍👩‍👦‍👦 (@thomas12meunier) le 28 Avril 2018 à 3 :32 PDT 

« Honteux » pour les uns, le comportement des ultras a été jugé « salutaire » par d’autres. Faut-il absolument prendre parti en participant à l’escalade des postures moralistes ?
D’un point de vue extérieur au supportérisme, le petit cœur attribué par Thomas Meunier à une image de tribune marseillaise relève d’une sorte d’élégance ou de fair-play très sportif, consistant à féliciter un rival pour une belle réalisation. D’autant que, s’agissant d’une simple image et d’un dérisoire « j’aime », on est très loin d’une provocation. Dès lors, les réactions outragées ne peuvent résulter que d’une lamentable étroitesse d’esprit.
Extrême sensibilité
Pour autant, le feuilleton des « dérapages » de footballeurs sur les réseaux sociaux a été suffisamment alimenté pour que les plus exposés d’entre eux, dans des clubs très médiatiques, n’ignorent pas les risques d’un exercice dans lequel rien n’est anodin. On peut regretter que les esclandres déclenchés au moindre incident conduisent à une énième mise sous tutelle de la communication des joueurs et à une plus grande hypocrisie. Mais Karim Benzema sait ce qu’il fait quand il « like » un montage parodique moquant Olivier Giroud ou Didier Deschamps.
Les joueurs sont également bien placés pour connaître la sensibilité de leurs supporteurs les plus fervents. Or la saison parisienne a été émaillée d’incidents qui ont mis en cause le manque de considération de plusieurs joueurs pour le club. Le comportement de Neymar Jr a particulièrement creusé cette plaie – depuis le « penaltygate » jusqu’à la gestion en soliste de sa blessure.



Justement, une photo postée par le Brésilien sur Instagram, le 15 avril, a indiqué qu’il jouait au poker en ligne pendant que ses partenaires obtenaient le titre de champion de France face à l’AS Monaco (7-1). Son compatriote Dani Alvès n’a, pour sa part, pas craint d’évoquer le plaisir qu’il aurait à rejouer à Barcelone. Désinvoltures bénignes ou coupables ?
Le « respect », monnaie des supporteurs
Si les supporteurs exigent des joueurs une allégeance totale aux symboles de leur club, c’est aussi pour résister (un peu désespérément) à l’évolution exactement inverse : les footballeurs professionnels sont de moins en moins attachés au maillot. Peut-on les en tenir pour responsables ? Le marché des transferts en a fait des mercenaires, et les clubs en ont fait des actifs spéculatifs.
Mais en dépit du lien de plus en plus délétère avec leurs couleurs, il leur est demandé une paradoxale exemplarité dans leur engagement sur le terrain et en dehors. Personne n’est dupe, mais c’est le jeu à jouer. « Contrairement à vos contrats, le respect n’est pas négociable », a résumé une banderole au Parc des Princes. Le respect, c’est cette monnaie très virtuelle avec laquelle les supporteurs veulent être payés (de retour).

Le message du @Co_Ultras_Paris semble clair : « Respectez l’institution @PSG_inside ou cassez-vous ! » 🔵🔴🔵 #PSGEAG pic.twitter.com/FEiT3HKDci— Jonathan Bensadoun (@bensjonathan) 29 avril 2018 

Ce genre de débat se reproduit à chaque moment d’incompréhension entre les joueurs et les supporteurs, par exemple lorsqu’un des premiers est transféré chez un rival et ainsi considéré comme un « traître » par les seconds. On doit simplement voir dans cette dramatisation le symptôme de la tension entre deux logiques parfaitement contradictoires : d’un côté un attachement inconditionnel, de l’autre l’indifférence propre à un statut de valeurs mobilières. Ne pas comprendre les réactions des supporteurs en pareil cas, c’est ne pas bien savoir ce qu’est un supporteur.
Jérôme Latta



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Une exposition au musée de la danse de Rennes rend hommage au chorégraphe américain inventeur du « Contact Improvisation » dans les années 1970.
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Dans les pas de Steve Paxton, libérateur des corps

Une exposition au musée de la danse de Rennes rend hommage au chorégraphe américain inventeur du « Contact Improvisation » dans les années 1970.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 16h39
    |

                            Rosita Boisseau








                        



   


« Un art martial mais sans le martial, un art-coopération. » Jeux de mots, de jambes, cette formule du danseur et chorégraphe américain Steve Paxton définit le Contact Improvisation qu’il inventa dans les années 1970. Capsule secouée d’aïkido, d’acrobatie et de danse, qui s’avale cul sec, en duo mais aussi en groupe. Autant dire que le résultat sent parfois bon la pagaille au point de faire surgir des comparaisons follement lyriques. « Ça ressemble à des chiens qui se chamaillent, des gens qui font l’amour ou la sieste ou encore de la voltige », s’emballe le très passionné Romain Bigé, philosophe et praticien, commissaire de l’exposition Gestes du Contact Improvisation, jusqu’au 5 mai, au Musée de la danse, à Rennes.

        Lire aussi le portrait :
         

          Steve Paxton remonte aux sources du geste



Concrètement, cette pratique, devenue la routine de nombre de professionnels et d’amateurs dans le monde entier, est fondée sur une invention gestuelle spontanée qui utilise toutes les parties du corps. Avec un principe : ne jamais perdre le contact de son (ou ses) partenaire(s). Cette spécificité la différencie de l’improvisation au sens plus classique du terme. C’est l’ici et le maintenant qui parlent, la qualité de l’air, la texture de la lumière, l’humeur du jour et le courant qui passe (ou pas). Et il peut en arriver de drôles lorsque deux personnes se jettent à l’assaut l’une de l’autre sans prédire ce que sera leur rencontre. « A l’origine, Steve Paxton a fait de nombreuses fois, en studio mais aussi en forêt, l’expérience de se jeter dans les airs en fermant les yeux pour voir ce qui allait arriver, poursuit Romain Bigé. De cette situation va naître l’idée d’un corps réflexe, intuitif. Et la chute est devenue un des gestes-clés de sa pratique car elle ouvre un espace de désorientation qui dépasse la monotonie de nos repères physiques. » En débordant les habitudes et les codes. 
Favoriser l’inconnu, l’éphémère, la surprise
Loin du déjà-vu, de la duplication du même, du style et de l’académisme, le Contact Improvisation opte résolument pour l’inconnu, l’éphémère, la surprise. Plonger dans l’action comme si c’était la première fois mais aussi la dernière. Avec l’urgence et la détermination de l’exploration et d’une expérience de soi inédite. « Le Contact Improvisation est un sous-programme de la danse, énonçait non sans humour Steve Paxton à la fin des années 1990. On ne répète pas un mouvement préenregistré mais on découvre les forces souterraines du geste. » A condition d’être disponible, d’aimer jouer et se mettre en danger. « Ça ressemble à un saut dans le vide, décrit le chorégraphe Mark Tompkins, figure de l’impro depuis les années 1980 après avoir suivi le premier stage donné par Paxton en 1978 en France. Je ne sais pas ce qui va m’arriver. Je ne veux rien savoir d’ailleurs mais garder la spontanéité. Comme dans la vie, je dois m’adapter sans cesse et en temps réel à ce que j’ignore de moi, de l’autre. »
Patricia Kuypers, spécialiste du « Contact Improvisation » et praticienne : « Ce n’est que depuis une dizaine d’années que le nombre de pratiquants explose en France »
Stratégie de liberté, le Contact Improvisation a bouleversé la transmission du geste et impulsé une lame de fond qui continue de nourrir les démarches des artistes aujourd’hui. « Dans les années 1970, cette approche a été une véritable déflagration dans le monde de la danse, commente Patricia Kuypers, spécialiste et praticienne. Paxton a proposé une autre manière d’entrer dans le geste à travers les sens et la perception, sans que le chorégraphe ou l’enseignant montre à travers son propre corps comme c’était le cas généralement, mais en suggérant, en défiant les limites pour découvrir ce que chacun recèle comme possibilité dont il n’est pas conscient. Impossible aujourd’hui qu’un danseur contemporain n’ait pas touché une fois à cette pratique qui offre une opportunité de renouvellement. »
Si les artistes français ont eu la chance de profiter très tôt de l’enseignement de Paxton et de ses amis, dont Lisa Nelson, la reconnaissance du Contact Improvisation a pourtant été plus lente dans l’Hexagone que dans les pays anglo-saxons. « Sans doute à cause de son aspect non formel et de son esprit communautaire dans un milieu qui reste assez attaché à une certaine esthétique du mouvement et à une organisation des compagnies assez hiérarchisée, poursuit Patricia Kuypers. Ce n’est que depuis une dizaine d’années que le nombre de pratiquants explose en France. » En plein dans la tendance retour à la communauté, au danser-ensemble, le Contact Improvisation matérialise le désir de rencontre et de dialogue que l’art comme la société pistent sur tous les fronts avec ardeur.
Gestes du Contact Improvisation. Musée de la danse, Rennes. Jusqu’au 5 mai. Tél. : 02 99 63 72 93.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Cet arrondissement de l’est de la capitale accueille depuis un siècle une importante communauté juive. C’est ici que vivaient Mireille Knoll et Sarah Halimi, victimes d’agressions mortelles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/04/2018
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Paris 11e, une histoire juive

Cet arrondissement de l’est de la capitale accueille depuis un siècle une importante communauté juive. C’est ici que vivaient Mireille Knoll et Sarah Halimi, victimes d’agressions mortelles.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 10h15
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            Henri Seckel








                        



                                


                            

Au départ, c’était un Franprix comme les autres. Et puis, en 1985, une école juive s’est installée juste en face. Un rayon est alors devenu casher, puis un second, puis toute une salle, puis tout le supermarché du 238, boulevard Voltaire, dans le 11e arrondissement, un cas unique à Paris. Ici, l’hebdo Actualité juive est en libre-service et les clients peuvent venir en catastrophe, le vendredi soir, s’il leur manque quelque chose, puisque les portes restent ouvertes jusqu’à une heure avant le début du shabbat. Les allées offrent une plongée dans le monde merveilleux de la cacherout, le code alimentaire des pratiquants : les gâteaux Schneider’s, le pain azyme Rosinski, le vin Barkan, sans oublier les produits de la marque phare, « Mémé Hélène ». Le sourire de la vieille dame s’affiche sous le slogan : « Notre grand-mère à tous ».

La formule résonne curieusement désormais. On l’a beaucoup entendue après le décès de Mireille Knoll, octogénaire juive tuée de onze coups de couteau à 200 mètres de là, avenue Philippe-Auguste, le 23 mars. Voilà plus d’un demi-siècle que cette femme née de parents polonais et ukrainien vivait dans ce quartier de l’est parisien. Le destin tragique qu’elle y a connu souligne le paradoxe du 11e pour la population juive : à la fois terre d’accueil bienveillante et terre de tristesse.

Le 11e, terre d’accueil : il suffit d’arpenter le boulevard Voltaire pour le comprendre. La partie orientale de l’artère qui traverse tout l’arrondissement propose une vaste collection de mezouzot à l’entrée des commerces. On y mange des burgers casher, des pizzas casher, des sushis casher. On peut s’y offrir des lunettes casher, des faire-part de mariage casher, et, à la librairie Emet, toute la littérature ayant trait au judaïsme, de la plus savante des exégèses à La Torah pour les nuls, en passant par le chef-d’œuvre de Dan Greenburg, Comment devenir une mère...




                        

                        


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La mer ouvre des horizons aux lycéennes

Capitaine au long cours, gestion portuaire, construction navale, transport maritime…, en quête de recrues, le secteur maritime cherche plus de talents féminins.



Le Monde
 |    30.04.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
30.04.2018 à 16h47
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                            Aurélie Djavadi








                        


Du yacht flambant neuf où se termine leur visite, Eléa et Mathilde ont une vue d’ensemble du Salon nautique de Paris. Désormais, elles perçoivent un peu mieux aussi les multiples pistes de carrières que peut offrir le secteur maritime à des jeunes qui, comme elles, aiment les mathématiques et la physique.
En ce jeudi pluvieux de décembre, les deux élèves de première scientifique, option sciences de l’ingénieur, ont en effet participé à la deuxième édition de l’événement « Elles bougent pour le maritime », destiné à promouvoir ces entreprises « en manque de talents féminins » auprès d’une centaine de collégiennes et lycéennes d’Ile-de-France.
Au programme, un parcours de découverte des différentes activités représentées au Salon, de la voilerie artisanale à l’électronique embarquée, en passant par la marine nationale, des conférences et des rencontres avec une quinzaine de « marraines ». Tout au long de l’après-midi, Mathilde et Eléa ont ainsi rejoint le groupe de Manuelle Adam, et ont pu bénéficier des conseils avisés de cette cheffe de projet de Construction navale de Bordeaux (CNB).

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          « Il n’y a aucune raison que le sexe biologique ait une influence sur les choix d’orientation »



Une expérience partagée
« Tous les meubles sont en trapèze, ce qui représente des milliers de bouts de bois à assembler, explique l’ingénieure de 33 ans, en présentant aux lycéennes les cabines du yacht. Sur les soixante personnes qui composent notre bureau d’études, quinze s’occupent à temps plein de ces questions d’aménagement, en dialoguant avec des architectes et des stylistes. »
Passionnée par ce travail d’équipe, où elle voit prendre forme les plans esquissés sur ordinateur, Manuelle Adam n’a pas hésité à répondre à l’appel des organisateurs pour venir partager son expérience. Sur le terrain, elle-même remarque que « plus les postes se rapprochent de la production, moins les femmes sont présentes ».
Diplômée en mécanique de l’INSA Rouen, elle constate que les freins apparaissent dès les choix de la formation post-bac. Un diagnostic que valide l’association Elles bougent, mobilisée pour la mixité des genres dans les technologies et l’industrie. « Dans la tête des prescripteurs d’orientation, ces métiers restent connotés comme masculins, note sa présidente, Marie-Sophie Pawlak. Mais, au-delà des stéréotypes, il y a aussi une méconnaissance profonde de la diversité des postes possibles derrière l’intitulé “ingénieur”. » 

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          A La Courneuve, « on essaie de faire réussir de la même façon les filles et les garçons »



Une « mixité, facteur de performance »
Le secteur maritime en est l’illustration : y travailler ne signifie pas forcément naviguer. « Parmi nos quatre cent trente adhérents se trouvent aussi bien des armateurs que des acteurs de la construction navale, de la gestion des ports ou de l’énergie, expose Marie-Noëlle Tiné, directrice adjointe du Cluster maritime, qui réunit les acteurs économiques du secteur. Au total, cela représente trois cent mille emplois, et les recruteurs, dans la marine ou les chantiers navals, recherchent du sang neuf. »
Pas question donc de passer à côté d’un vivier de compétences majeur, d’autant que « la mixité est facteur de performance, en enrichissant les points de vue et les modes de management », poursuit Mme Tiné. A travers son récent observatoire de l’égalité professionnelle, le cluster entend donc multiplier les opérations d’information.
D’autres initiatives auront lieu cette année. Le 8 juin se tiendra à Paris, en régions littorales et outre-mer « Les Elles de l’océan », une journée nationale sur les femmes et la mer, à l’occasion de la journée mondiale de l’Océan, à l’Unesco, sous le haut patronage de François de Rugy, président de l’Assemblée nationale. Un « Open Campus » à destination du public scolaire se tiendra sur les thèmes de la pollution par le plastique en mer et du climat.
Le chemin à parcourir est encore long pour féminiser les équipages, à terre comme en mer. Dans la grande école du secteur, l’Ecole nationale supérieure maritime (ENSM), les diplômées représentent à peine 10 % des promotions. Parmi les seize mille personnes qui composent le personnel navigant recensées par les Armateurs de France, le taux de féminisation n’est que de 9,51 %. Mais il aurait progressé de deux points en cinq ans.

« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Alors que les lycéens vont commencer, le 22 mai, à recevoir des réponses concernant leurs vœux d’orientation formulés de janvier à mars sur la nouvelle plate-forme d’admission post-bac, Parcoursup 2018, Le Monde Campus propose reportages, décryptages, tchats, à retrouver dans ses sous-rubriques Parcoursup APB et Etudes supérieures.
Retrouvez également des vidéos, témoignages et enquêtes réalisés dans le cadre de nos conférences « O21/S’orienter au 21e siècle », qui se sont tenues entre novembre et mars à Nancy, Lille, Nantes, Bordeaux et Paris, dans notre rubrique O21.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ De nombreux objets bloqués dans ce petit diverticule du tube digestif ont été décrits dans la littérature médicale.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Dans un billet consacré à « la politique expliquée aux jeunes », le professeur de sciences économiques et sociales Claude Garcia revient sur les slogans violents, poétiques, voire surréalistes qui ont marqué cette période.
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