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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤ Il est l’auteur d’une vingtaine d’essais surprenants qui explorent l’évolution des sensibilités et des émotions. Son nouveau livre, « La Fraîcheur de l’herbe », en témoigne.
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L’historien Alain Corbin se roule dans l’herbe

Il est l’auteur d’une vingtaine d’essais surprenants qui explorent l’évolution des sensibilités et des émotions. Son nouveau livre, « La Fraîcheur de l’herbe », en témoigne.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 09h00
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

On ne pense pas assez à ­Ernest Labrousse (1895-1988). Il est difficile, pourtant, de mesurer la liberté, l’audace d’un livre comme La Fraîcheur de l’herbe, qu’Alain Corbin vient de faire paraître, sans se rendre compte qu’un jour il a fallu affronter la férule du maître de l’histoire économique et sociale, qui régna pendant des décennies sur l’Université française, soumettant des générations de chercheurs à une méthode quantitative impérieuse, en grande partie fondée sur l’évolution des prix. « C’était un dictateur !, se souvient son ancien élève en éclatant de rire. Quand je suis rentré d’Algérie, où j’ai fait mon service militaire, j’ai dit à une amie, étudiante comme moi, que je voulais me lancer dans une histoire des gestes. Elle s’est exclamée : “Vous allez dire ça à Labrousse ? Vous êtes perdu !” »
Avec une évidente jubilation
La prostitution, l’odorat, les plages, la virilité, les cloches, les arbres, le silence, l’herbe… A défaut des gestes, les sujets dont Alain Corbin finira par s’occuper suffisent à montrer qu’il n’a pas tenu un compte trop étroit de l’avertissement de sa camarade, même si la statue du Commandeur n’est pas tombée tout de suite. « J’ai quand même commencé par 1 600 pages sur “Archaïsme et modernité en ­Limousin au XIXe siècle”. Labrousse distribuait les sujets de thèse région par région. J’ai eu le Limousin, parce que j’étais nommé à Limoges. » Mais, déjà, le jeune professeur s’éloigne des règles, oriente sa thèse vers une recherche plus proche de l’anthropologie historique que du labroussisme de stricte observance. « Je me suis intéressé à l’alphabétisation, à des choses comme ça, plutôt que d’établir des tableaux d’évolution du prix du blé. Je commençais à me rebeller. »
Parler de sa trajectoire, de la construction d’une œuvre unique, qui a imposé, en France et au-delà, cette histoire des sensibilités dont rêvait déjà Lucien Febvre (1878-1956) – « Il ne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤ Une centaine d’œuvres de Nathan Sawaya représentant Batman, Superman, et d’autres super-héros de l’éditeur DC seront exposées jusqu’au mois d’aout à la Villette, dans le nord de Paris.
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr », d’Antoine Marchalot.
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 99)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr », d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 06h40
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤ C’est parce que « L’Iliade » et « L’Odyssée » provoquent toujours un choc radical qu’elles suscitent des créations fascinantes au théâtre, en art ou en littérature, explique, dans une tribune au « Monde », l’helléniste Pierre Judet de La Combe.
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Pourquoi Homère reste d’une brûlante actualité

C’est parce que « L’Iliade » et « L’Odyssée » provoquent toujours un choc radical qu’elles suscitent des créations fascinantes au théâtre, en art ou en littérature, explique, dans une tribune au « Monde », l’helléniste Pierre Judet de La Combe.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 12h30
   





                        



                                


                            
Par Pierre Judet de La Combe
Tribune. Homère est en train de vivre une aventure qu’il n’avait sans doute pas prévue, s’il a existé. Son nom émerge un peu partout, sur la couverture de magazines, dans des séries d’ouvrages grand public qui inondent les kiosques, dans des bandes dessinées, des émissions de radio, des spectacles de théâtre, des œuvres d’art, des romans, et non des moindres. D’un seul coup, il a pris une actualité intense, multiple.
Mais à cette effervescence autour de son nom, autour de ce premier et plus grand poète de l’Occident comme on aime à le dire, répond l’extrême réserve des spécialistes qui, la plupart, gardent leur froideur et font la moue. Aucun helléniste, ou presque, ne croit à l’existence d’Homère : il serait un mythe, une fiction, une invention tardive. L’Homère qu’on célèbre tant serait un vide. Il n’y aurait donc pas de quoi fouetter un chat. Homère serait, au mieux, une énigme historique à laisser aux savants.
Conformisme attristant
Comment comprendre cet abîme entre l’enthousiasme actuel et l’incrédulité sourcilleuse de beaucoup d’hellénistes ? N’y a-t-il dans cette envie d’Homère qu’une envie irraisonnée de plaisir, de confort culturel, que la science se doit de réprimander ? Sans doute pas. Cette vague nous dit beaucoup, je crois, sur un besoin bien défini de poésie et sur l’œuvre d’Homère. Elle devrait inciter les spécialistes à ouvrir les yeux sur la valeur du trésor qu’ils ont dans les mains.
Il y a certes une part de conformisme attristant dans ce déferlement quand est ressassée dans la presse (pas toute, heureusement) l’idée qu’Homère serait un maître incomparable de sagesse et d’humanité : il aurait déjà tout dit, il apprendrait aux mortels à se contenter de leur destin où qu’il est mieux d’avoir un chez-soi et sa famille, comme Ulysse, ou encore qu’il faut se prémunir contre l’hubris féroce d’un Achille et ne pas aller trop loin dans la violence, comme on le lit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤ Un journaliste parlant en 1968 de la presse d’alors parle aussi des médias de 2018. C’est ce que montre la réédition, grâce à Edwy Plenel, d’un livre d’une plume du « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Jean Schwœbel, toujours révolutionnaire (comme le sont les faits)

Un journaliste parlant en 1968 de la presse d’alors parle aussi des médias de 2018. C’est ce que montre la réédition, grâce à Edwy Plenel, d’un livre d’une plume du « Monde ».



Le Monde
 |    28.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 10h19
    |

                            Gilles Bastin (Sociologue et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
La Presse, le Pouvoir et l’Argent, de Jean Schwœbel, préface de Paul Ricœur, avant-propos d’Edwy Plenel, Seuil, « La librairie du XXIe siècle », 368 p., 23 €.

Il faut veiller sur les livres tombés un peu trop vite dans l’oubli. Même quand le marché de l’édition les a depuis longtemps poussés vers la sortie, ils peuvent continuer d’étonner et de revendiquer une place dans la vie des idées. La Presse, le Pouvoir et l’Argent, de Jean Schwœbel, est de ceux-là. Initialement paru au printemps 1968 avec une préface de Paul Ricœur, le livre –­ et son auteur, un grand journaliste de la rubrique diplomatique du Monde, auteur d’études sur les luttes de puissance de l’après-guerre – parut sans doute trop sage pour se frayer un chemin sur les barricades.
Il faut dire que la concurrence était rude. Les deux grands succès éditoriaux de ce printemps-là dans la catégorie des essais furent L’Homme unidimensionnel (Minuit), d’Herbert Marcuse (1898-1979), et le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, de Raoul Vaneigem (Gallimard). Deux ouvrages « austères », écrivait Le Monde, mais le premier s’était déjà vendu à plus de 350 000 exemplaires en juillet, et le second était épuisé alors qu’il était sorti sans grande pompe quelques mois plus tôt.
La théorie critique mâtinée de freudisme de Marcuse et le situationnisme faisaient leur entrée dans le débat sur les médias en France, au moment même où paraissait La Presse, le Pouvoir et l’Argent. ­Concurrence déloyale évidemment : la jeunesse affichait alors sur les murs de Paris son rejet violent de la presse et de la télévision aux ordres du pouvoir bourgeois !
Les dérives mercantiles des journaux brocardées
Le livre publié par les éditions du Seuil capturait pourtant aussi un peu de l’air ambiant, brocardant les dérives mercantiles des journaux et la « presse...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤ Tous les vendredis, « La Matinale du Monde » publie en exclusivité un strip de la série « Pop corn », signée Eric Salch.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/04/2018
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« Pop Corn », par Salch (épisode 31)

Tous les vendredis, « La Matinale du Monde » publie en exclusivité un strip de la série « Pop corn », signée Eric Salch.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 07h35
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤ Considéré comme un acte philanthropique, l’envoi aux pays du Sud d’ouvrages édités au Nord pose de nombreuses questions économiques et éthiques.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤         

Enquête

Attention, donner des livres à l’Afrique nuit gravement à sa santé éditoriale

Considéré comme un acte philanthropique, l’envoi aux pays du Sud d’ouvrages édités au Nord pose de nombreuses questions économiques et éthiques.

Par                Kidi Bebey



LE MONDE
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        Le 26.04.2018 à 15h52

     •
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        Mis à jour le 27.04.2018 à 07h25






    
Un vendeur de livres à Lagos, au Nigeria, en 2012.
Crédits : AKINTUNDE AKINLEYE/REUTERS


Lors du Salon du livre de Genève, une table ronde réunissant acteurs africains du livre et responsables institutionnels devait, jeudi 26 avril, examiner la question du don, activité vertueuse aux yeux du grand public. Une problématique cependant moins anodine qu’il n’y paraît.
Voilà dix ans qu’à l’entrée du salon suisse, un espace dévolu à l’opération de solidarité, PartagerLire recueille les ouvrages dont les visiteurs souhaitent se délester. Les livres ainsi récoltés sont ensuite répartis pour une part en Suisse, auprès d’œuvres sociales et d’établissements hospitaliers, et pour une autre part au Sénégal, afin de doter des bibliothèques dans le cadre d’un partenariat avec le ministère sénégalais de la culture.

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Il s’agit de faire « bon débarras », pourrait-on dire au sens propre, puisque donner n’a jamais aussi bien rimé avec aider. Quel plaisir de favoriser ainsi l’accès à la lecture de ceux qui ont moins de livres que soi ! Et, au passage, quelle gratification pour l’ego de se voir faire le bien.
« Famine du livre »
De fait, donner des livres édités dans les pays du Nord afin qu’ils atteignent des lecteurs potentiels dans les pays du Sud est considéré comme de la pure philanthropie. Comment pourrait-on se poser des questions à ce sujet alors que l’idée d’une pénurie du livre en Afrique est si bien ancrée dans les schémas mentaux ? Il semble donc naturel d’utiliser les surplus de l’industrie du livre occidental pour combler les manques constatés en Afrique.
Cette approche de la question a un point de départ historique. Le chercheur français Raphaël Thierry, docteur en littératures comparées de l’Université de Lorraine et de Yaoundé I, rappelle que, en 1961, « la conférence des Etats d’Afrique pour le développement de l’éducation a identifié les besoins en livres des différents pays : le constat général était qu’il n’y avait pas assez de producteurs de livres en Afrique et qu’il était donc nécessaire de faire venir des livres étrangers pour satisfaire les besoins en éducation du continent ». 

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                « Nous, éditeurs indépendants, vivons et faisons vivre la francophonie »



Mais ce qui devait constituer une simple phase d’appui au démarrage d’Etats nouvellement indépendants s’est trouvé renforcé par l’idée ultérieure d’un véritable « sauvetage » lorsque, une vingtaine d’années plus tard, l’Occident a voulu apporter au continent une aide plus massive. On est à l’époque des concerts humanitaires de Band Aid (1984) en faveur de l’Ethiopie, bientôt suivis par la tournée musicale d’Amnesty International. En 1985, lors d’une rencontre organisée par l’International African Institute à Londres, commence à émerger l’expression évocatrice de « famine du livre ».
Auteur de plusieurs ouvrages et articles consacrés aux problématiques du marché du livre en Afrique, Raphaël Thierry commente :
« En réalité, le secteur culturel était en crise dans de nombreux pays à cette époque. Un plan d’ajustement structurel avait été mis en place à la fin des années 1970 et les Etats africains, à travers les mesures imposées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, ont dû couper pas mal de leurs crédits aux industries en place. Le secteur du livre s’est effondré dans plusieurs pays, alors qu’il connaissait un essor. 
On se souvient par exemple de la création des Nouvelles Editions africaines, qui réunissaient le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Togo. En Afrique équatoriale, le Cameroun avait créé le Centre régional d’édition et de publication du livre africain, à la fin des années 1970, avec l’appui de l’Unesco, qui était une plaque tournante de production et de rencontres d’éditeurs pour développer des programmes de coédition, de promotion et de formation.
Il faut se rappeler que près de 200 éditeurs africains étaient représentés à la Foire du livre de Francfort en 1980 ! L’édition africaine n’était peut-être pas un centre économique mondial, mais elle était en plein essor. » 
Parallèlement, l’Europe – la France en particulier – connaît une capitalisation de l’édition et un boum de la production de livres. Les éditeurs ne savent plus quoi faire de leurs retours d’invendus, et les bibliothèques débordent d’ouvrages qu’il leur est interdit de détruire. Le don va s’avérer une alternative au stockage et au pilonnage, qui ont un coût.
Un don « raisonné »
A cette époque apparaissent des associations et organisations caritatives (Adiflor, Biblionef…) basées sur le don de livres. Toutes défendent l’idée d’un don « raisonné », comme le précise Dominique Pace, la directrice de Biblionef :
« La moitié des projets que nous soutenons concerne l’Afrique, mais nous sommes intervenus depuis vingt-cinq ans dans une centaine de pays sur les cinq continents. Nos dotations sont toujours très ciblées, pensées sur mesure, avec l’aide de partenaires très identifiés, afin de répondre aux besoins spécifiques d’une école, d’un réseau d’écoles ou de bibliothèques associatives. Il ne s’agit jamais d’envoyer le plus de livres possibles, mais de doter chaque projet des livres qu’il faut, là où il y a une demande qui est remontée du terrain et où l’on sait que les livres seront utilisés dans les meilleures conditions possibles pour qu’il y ait des résultats tangibles. » 
Ce type d’ONG revendique en outre le principe du don comme contribution au développement des pays concernés, comme l’explique Dominique Pace :
« Confrontée au dénuement extrême des enfants, je me suis dit qu’il fallait parier sur le livre comme moyen de les sortir de leur isolement et d’améliorer leurs conditions d’éducation. D’ailleurs, à Biblionef, nous sommes les seuls à avoir à nos côtés les grands noms de l’édition de jeunesse française. Je tiens à faire profiter les enfants du monde entier de ces très beaux livres, magnifiquement réalisés, afin qu’ils développent leur ouverture sur le monde, qu’ils jouent, qu’ils se consolent aussi…. C’est quelque chose d’universel ! »

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Un tel positionnement place ce type d’organisation aux côtés des opérateurs institutionnels de la coopération bilatérale ou multilatérale (Institut français, Union européenne, Organisation internationale de la francophonie). Cependant, cette recherche d’éthique opératoire ne doit pas faire oublier que, ce faisant, ONG et institutions participent malgré tout à gérer le désengorgement d’un trop-plein éditorial en organisant l’envoi des livres occidentaux invendus vers des pays extra-européens. Dominique Pace repousse de telles critiques en rappelant qu’« il ne s’agit pas de se débarrasser de tout ce dont on n’a plus besoin ici pour l’envoyer ailleurs, mais de doter au mieux des bibliothèques d’écoles ou de communautés ».
De fait, les ONG françaises les plus installées et reconnues se défendent de faire du « dumping » à la manière de certaines organisations anglophones dont la politique consiste à fournir d’importants volumes de livres grâce à des moyens colossaux. Le don de livres passe également par un certain nombre d’institutions et organisations religieuses, chrétiennes ou musulmanes. « Très peu de chiffres circulent, mais la démarche est restée constante depuis les indépendances, voire l’époque coloniale », observe Raphaël Thierry.
Bibliodiversité menacée
Un autre type de pratique s’avère particulièrement néfaste : celle du don sauvage de livres, par des structures associatives quand ce ne sont pas de simples individus qui, à l’occasion de voyages, apportent des valises d’ouvrages. Ancienne libraire devenue auteure et fondatrice en 2004 des Editions Jeunes Malgaches (EJM), à Antananarivo, Marie-Michèle Raza s’insurge contre ces méthodes : « Les dons de livres handicapent le développement de l’édition et de la lecture à Madagascar. » L’éditrice a décidé de prendre le problème à bras-le-corps en alertant aussi bien les pouvoirs publics que les donateurs naïfs, qu’elle sensibilise à la question via les hôtels de tourisme solidaire :
« Les chiffres parlent d’eux-mêmes : un seul hôtel peut recevoir jusqu’à 4 000 livres gratuits par an, quand un livre édité à Madagascar est tiré à 500 exemplaires en moyenne. C’est d’autant plus grave qu’il n’y a que 5 % de francophones à Madagascar, 83 % de la population ne parlant que malagasy. Il faut donc bien plus que du livre en langue française. Mais, à force de dons, les gens pensent que le livre ne s’achète pas. »

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Parallèlement au développement de son catalogue, l’éditrice mène de nombreuses actions de promotion du livre et de la lecture, tout en orientant les associations françaises désireuses d’aider vers la vente de livres collectés, dont l’argent servira à acheter des livres produits localement plutôt qu’à l’expédition de livres venus de France, lesquels transportent avec eux une culture et une vision du monde différentes de ce que proposent les livres africains. De fait, comme le souligne Laurence Hugues, directrice de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, « le don de livres réduit la bibliodiversité » :
« Il faut arrêter de dire que le don de livres perdure parce qu’il n’y a pas d’offre de livres en Afrique. Il existe au contraire une production remarquable dans le domaine littéraire, aussi bien pour les adultes que pour la jeunesse. En revanche, sans renoncer totalement au don pour ne pas priver les lecteurs là où s’expriment des besoins, il est temps d’affiner la réflexion par des apports précis lorsqu’ils sont absents de la production locale. Je pense par exemple aux dictionnaires, à la production universitaire spécifique. Dans l’idéal, il faudrait pouvoir compter sur une volonté des pouvoirs publics de soutenir le développement du secteur éditorial et de l’offre locale. »
Visions passéistes
Une trentaine d’années après les débuts du don professionnalisé et systématisé, le paysage éditorial africain a beaucoup évolué et ne peut être laissé à la marge d’un mode d’action qui peut contrecarrer son développement. « La majorité des ONG du don revendiquent aujourd’hui le fait de travailler avec des éditeurs africains, mais quand on demande aux éditeurs africains avec quelles ONG ils travaillent, on ne reçoit pas de réponse, remarque Raphaël Thierry. De même, les ONG ne citent ni éditeurs ni titres. »
Le chercheur français, auteur d’une étude sur la question du don avec l’éditeur Hans Zell, l’a diffusée auprès des ONG. « Aucune ne nous a fait de retour. On leur a offert un droit de réponse, mais seul Book Aid International a répondu alors qu’on a interrogé une quinzaine de structures. Ce qui me questionne, c’est l’incapacité des ONG à se remettre en cause et à écouter les critiques qui sont formulées à leur égard. »
Au nom d’une tradition du don remontant à plusieurs décennies, l’approche du grand public et de certaines ONG a du mal à évoluer. L’idée toute faite d’une Afrique progressant à petits pas dans le domaine de l’édition est pourtant contredite par des lieux de production dynamiques comme la Côte d’Ivoire ou, pour l’Afrique de l’Est, l’African Books Collective, cette plateforme imaginée dès 1985 par sept éditeurs africains et qui rassemble aujourd’hui 150 éditeurs anglophones et francophones, les diffuse (2 000 titres, dont 800 en accès numérique) et contredit toutes les visions passéistes de « famine du livre ».

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Le temps est peut-être venu de se passer progressivement du don, comme le propose Jérémy Lachal, directeur général de Bibliothèques sans frontières :
« Le don de livres, pour nous, n’est pas une finalité. Ce qui nous intéresse, c’est de l’utiliser comme moyen pour créer des bibliothèques afin qu’elles ne deviennent pas seulement des vecteurs de diffusion de la culture mais des acteurs économiques de la chaîne du livre. Nous collectons en France les livres de particuliers que nous pouvons revendre sur le marché de l’occasion. Les recettes de ces ventes nous permettent ensuite de mettre en place des projets structurants. L’idée est qu’à chaque fois qu’on fait un don de livre, on achète pour des sommes équivalentes des livres auprès d’éditeurs locaux. »
Alors pourquoi ne pas changer de focale et profiter, si l’on est en Suisse, de la section africaine du Salon du livre de Genève pour découvrir et acheter les ouvrages proposés par les éditeurs africains présents ? Car il est temps que les nouveaux discours sur le don sortent de la sphère professionnelle pour atteindre le grand public. Le don, on le sait, ne saurait se passer de contre-don. Ni bonté, ni bonne volonté, ni vanité, le don est peut-être avant tout une question d’égalité.


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤ Le débat soulevé par le manifeste « contre le nouvel antisémitisme » musulman met sous les projecteurs le livre d’un collectif qui déplore « un déni de réalité ».
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« Le Nouvel Antisémitisme en France », un ouvrage qui suscite une vive controverse

Le débat soulevé par le manifeste « contre le nouvel antisémitisme » musulman met sous les projecteurs le livre d’un collectif qui déplore « un déni de réalité ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 12h04
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            
Livre. Après la bande-annonce, voilà le film en lui-même. On pourrait le croire, car le controversé manifeste « contre le nouvel antisémitisme » musulman, publié le 22 avril par Le Parisien, débutait en informant de la prochaine parution de cet ouvrage collectif, Le Nouvel Antisémitisme en France. Cette tribune signée par plus de 250 personnes, dont Nicolas Sarkozy, Philippe Val, Jack Lang, Julia Kristeva ou encore Gérard Depardieu, condamne « l’épuration ethnique à bas bruit » en cours dans certains endroits d’Ile-de-France contre les juifs.
Le débat soulevé par la tribune met sous les projecteurs un livre qui est le fruit d’une collaboration entre le comité de soutien Vérité et justice pour Sarah Halimi et l’association internationale interuniversitaire Schibboleth-Actualité de Freud. C’est ce qui explique la composition hétéroclite de ce collectif se partageant entre essayistes ou écrivains comme Pascal Bruckner, Luc Ferry ou Boualem Sansal, des psychanalystes tels que Daniel Sibony et Michel Gad Wolkowicz, et des universitaires. Le ton adopté est celui d’un cinglant réquisitoire contre « un véritable déni de réalité ».
Lina Murr Nehmé, une spécialiste de l’histoire du Liban, revient dans sa contribution sur les circonstances de la mort de Sarah Halimi. Elle retrace le parcours de l’assassin, Kobili Traoré, un « caïd dérangé » qui a fréquenté la tristement célèbre mosquée Omar de la rue Jean-Pierre Timbaud, à Paris, dont l’imam a été expulsé de France, en 2012, pour avoir prêché le djihad.
Pris de délire, et après des semaines de menaces, Traoré parvient à s’introduire chez sa victime dont il connaît la judaïté. Il la roue de coups en criant « Allahou abkar », « le cri du djihad armé », « lancé la première fois par Mahomet quand il a attaqué les juifs de Khaybar en Arabie », signale l’auteure en s’appuyant sur l’un des six grands recueils d’hadiths. Elle demande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-10"> ¤ L’auteur George R. R. Martin a confirmé que le sixième opus de sa saga « Game of Thrones » ne sortirait pas en 2018. En revanche, un autre livre se déroulant dans le même univers est prévu.
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« Game of Thrones » : un nouveau livre cette année… Mais pas celui que les fans attendaient

L’auteur George R. R. Martin a confirmé que le sixième opus de sa saga « Game of Thrones » ne sortirait pas en 2018. En revanche, un autre livre se déroulant dans le même univers est prévu.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 10h04
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 10h57
   





                        



   


La patience des fans ne sera pas récompensée en 2018. Après sept ans d’attente, George R. R. Martin, l’auteur de la saga littéraire Game of Thrones, dont est adaptée la célèbre série télévisée éponyme, a annoncé, mercredi 25 avril, que le sixième opus tant attendu ne sortirait pas en 2018. Le sixième chapitre de cette saga amorcée en 1996 devrait s’appeler The Winds of Winter (qu’on peut traduire par Les Vents de l’hiver).
En revanche, l’écrivain a annoncé que sortirait à l’automne un autre ouvrage lié à l’univers de Game of Thrones. Fire and Blood (Feu et Sang) sera centré sur l’histoire de la maison Targaryen, l’une des grandes familles qui se disputent le Royaume des sept couronnes. Ce livre de 640 pages réunira plusieurs nouvelles, dont certaines ont déjà été publiées dans de précédents ouvrages. Un deuxième volume est également prévu.
Eparpillement
George R. R. Martin annonce toutefois sur son blog qu’il va désormais se concentrer à nouveau sur le sixième livre tant attendu de la saga. Un certain nombre de fans reprochent à l’auteur ce qu’ils considèrent comme une forme d’éparpillement – il a sorti d’autres ouvrages depuis le cinquième tome de Game of Thrones.
La série télévisée, de son côté, a dû continuer après cinq saisons alors même qu’elle n’avait plus de livre sur lequel s’appuyer. La huitième et ultime saison est prévue l’an prochain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-11"> ¤ La romancière traduit avec justesse les sentiments angoissés que suscite, au sein d’une famille convenable, la déchéance d’un des leurs.
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Ce si funeste désir de perte qu’analyse Pascale Kramer

La romancière traduit avec justesse les sentiments angoissés que suscite, au sein d’une famille convenable, la déchéance d’un des leurs.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 09h23
    |

                            Monique Petillon (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Une famille, de Pascale Kramer, Flammarion, 192 p., 18 €.

Dans les romans de Pascale Kramer, la tragédie n’est jamais loin. Parfois brutale – faits divers, accidents –, elle est ici insidieuse. C’est l’angoisse que fait peser sur une famille un de ses enfants : Romain, ses dérapages, ses retours à la fois souhaités et redoutés. Insaisissable, il jette une ombre sur tout le roman. L’empreinte d’un corps sur un lit, où il est passé furtivement pour s’abriter. Un message sur le répondeur de son téléphone. Une vieille photo, celle de ses 5 ans – il en a 38. Il est l’absent qui, en proie à la déglingue, pèse cruellement sur ce clan si convenable, dont chacun des membres a tenté de l’aider.
Dérive de l’alcoolisme, brutalité de la rue
Bordeaux, un appartement cossu, et une chambre au cinquième étage. Du balcon, on voit la Garonne, on sent le vent de mer. Le récit s’inscrit dans les quelques heures que dure un accouchement : la naissance de la deuxième enfant de Lou, fille aînée de Danielle et Olivier, un magistrat depuis peu à la retraite. Mais les secrets et les révélations des parents et de leurs enfants se multiplient dans les cinq séquences qui font alterner les points de vue des protagonistes.
Comment cède-t-on, peu à peu, et irrémédiablement, à la dérive de l’alcoolisme, à la brutalité de la rue ? Selon Olivier – qui éleva Romain, né d’un premier mariage de Danielle –, l’interventionnisme des proches a désormais atteint sa limite. Puisque différentes cures, suivies de rechutes, n’ont pas empêché de voir s’effondrer « l’aptitude à vivre si défaillante de ce fils par ailleurs infiniment aimable et doué ».
Mathilde, leur fille rebelle, partie faire des études à Barcelone, se sent, elle, très proche de Romain par son propre désir de transgression. Un grand frère qui, pour elle, déployait des trésors de patience et avait eu pour ses silences « une sorte d’oreille absolue,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤ Dans « Insouciances du cerveau », le philosophe conteste aux neurosciences le pouvoir de tout dire du moi et de la pensée.
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Emmanuel Fournier par-delà la matière grise

Dans « Insouciances du cerveau », le philosophe conteste aux neurosciences le pouvoir de tout dire du moi et de la pensée.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h45
    |

                            Jean-Paul Thomas (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Insouciances du cerveau, précédé de Lettre aux écervelés, d’Emmanuel Fournier, L’Eclat, « Philosophie imaginaire », 176 p., 18 €.

Le prestige des neurosciences et des sciences cognitives porte au conformisme. Il est téméraire de se montrer irrévérencieux à leur égard, tant la moindre réserve est tenue pour de l’insolence et fait courir le risque d’une marginalisation. Aussi est-ce sur les doigts d’une main que se comptent les impertinents qui entendent ne pas céder à l’intimidation. Emmanuel ­Fournier est l’un d’eux. Précédé d’une Lettre aux écervelés, Insouciances du cerveau présente un duel : l’auteur affronte les neurosciences et l’imagerie cérébrale en un combat à fleurets mouchetés.
Il est vrai que l’ambition théorique – et pratique – des neurosciences est immense. Leur projet fondateur est de comprendre comment le cerveau fonctionne, d’examiner les processus qui sont à la source de nos connaissances. En somme, penser la pensée, avoir la connaissance de la connaissance, en posant qu’elle s’explique par l’organisation d’un système matériel, notre cerveau. Physiologiste et philosophe, Emmanuel Fournier est informé des recherches en cours, mais juge leur prétention exorbitante, et leur sérieux pesant. Sa préférence va à la pensée capricieuse, légère, attentive aux rencontres. A Roscoff, à Ouessant – le livre fait état de ces séjours –, les pensées lui viennent en marchant. Il les note sur un carnet, tenu de juin à décembre 2015. Comme un peintre qui reprend ses croquis à l’atelier, il élucide ensuite ses intuitions et ses questions.

Comment me comprendre ? Que faire de mon cerveau, cet organe de contrôle que les appareils d’imagerie exhibent ? Un dialogue familier se noue entre lui-même et son double, ce cerveau qui, selon les neurosciences, « décide de tout pour moi » et fait de moi « cet écervelé qui dit “je” sans savoir de quoi il retourne ». A...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤ L’autobiographie comme moyen d’éclairer l’imaginaire national. C’est ce qu’accomplissent, dans deux livres passionnants, la sociologue avec « Une histoire de France », et l’académicienne avec « L’Eglantine et le Muguet ».
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Les histoires de France de Nathalie Heinich et Danièle Sallenave

L’autobiographie comme moyen d’éclairer l’imaginaire national. C’est ce qu’accomplissent, dans deux livres passionnants, la sociologue avec « Une histoire de France », et l’académicienne avec « L’Eglantine et le Muguet ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 11h48
    |

                            Jean-Louis Jeannelle (Spécialiste des études littéraires et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Une histoire de France, de Nathalie Heinich, Les Impressions nouvelles, « Fort intérieur », 224 p., 18 €. 
L’Eglantine et le Muguet, de Danièle Sallenave, Gallimard, 544 p., 22,50 €.

Voici quelques décennies que, à la suite de Tristes Tropiques (Plon, 1955), de Claude Lévi-Strauss (1908-2009), littérature et sciences sociales partagent un même terrain, celui des récits de soi, entièrement renouvelés – par la philosophie dans « Circonfession », de Jacques Derrida (1930-2004), publié dans Jacques Derrida, de Geoffrey Bennington (Seuil, 1991), par l’histoire dans Composition française, de Mona Ozouf (Gallimard, 2009), ou encore par la critique littéraire dans Bardadrac, de Gérard ­Genette (Seuil, 2006).
Ni complaisance ni nostalgie
De ces croisements féconds témoigne la parution simultanée de L’Eglantine et le Muguet, passionnante enquête de la romancière et essayiste Danièle Sallenave à travers l’histoire et la géographie de son Anjou natal, et Une histoire de France, où la sociologue Nathalie ­Heinich mêle les outils de sa discipline à cette « connaissance spéciale de la psychologie humaine que nous procure la littérature ». Les deux femmes ont en commun une certaine distance à l’égard de Pierre Bourdieu (1930-2002).
Bien qu’ayant soutenu une thèse de sociologie de l’art sous la direction de ce dernier, Nathalie Heinich a, depuis, critiqué le militantisme qui sous-tend sa théorie du champ. Fille d’instituteurs (son père exerça dans les années 1930 à Trélazé, la banlieue « rouge » d’Angers), Danièle ­Sallenave s’élève pour sa part contre l’idée qu’une certaine familiarité avec les classiques de la littérature soit automatiquement le signe d’une distinction sociale – aussi modeste fût-elle, sa famille entretenait une tout autre familiarité avec la culture, faite de « reconnaissance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤ La chronique de Bruno Latour, à propos de « Savantes nébuleuses », de Volny Fages.
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Qui a la parole ? Poussière de cosmogonies

La chronique de Bruno Latour, à propos de « Savantes nébuleuses », de Volny Fages.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h45
    |

                            Bruno Latour (Philosophe)








                        



                                


                            
Savantes nébuleuses. L’origine du monde entre marginalité et autorité scientifique (1860-1920), de Volny Fages, Editions de l’EHESS, « En temps & lieux », 362 p., 24,80 €.

En ce temps-là, le XIXe siècle, les scientifiques étaient respectés, la circulation de leur autorité obéissait à des règles claires qui faisaient descendre les avis sur telle ou telle controverse depuis l’Académie des sciences, à Paris, jusqu’aux feuilles de province. De même qu’il y avait un Etat français, il y avait une institution hiérarchisée de la science française, qui évitait que le premier foutriquet venu vienne se mêler de compléter, discuter ou réfuter les travaux des académiciens. Les chercheurs d’aujourd’hui, dont l’autorité est constamment remise en question sans que l’on parvienne à régler le sort des controverses que chacun semble avoir le droit de lever sous le moindre prétexte, pourraient considérer l’époque décrite par Volny Fages dans Savantes nébuleuses comme un paradis perdu.
Pourtant, si l’économie du ruissellement est critiquée à juste raison, il devrait en être de même de l’épistémologie du ruissellement. Même à cette époque, la science positive ne coule pas forcément depuis sa source parisienne jusque dans les lointaines provinces dans une seule direction et sans tourbillon. Il y a des sujets qui enflamment l’imagination et la libido sciendi de polytechniciens, d’ingénieurs, d’astronomes amateurs et autres naturalistes.
Les barrières sautent
La question d’histoire des sciences que pose ce livre très bien documenté, en retraçant la multiplication des théories sur l’origine et l’évolution de l’univers, ou cosmogonies, est de savoir comment une institution scientifique maintient la limite entre discussion savante et discussion non savante quand un sujet intéresse trop de gens et trop passionnément. Le parallèle avec la situation présente est inévitable : les scientifiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’Endroit du paradis. Trois études », de Clément Rosset.
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Figures libres. Clément Rosset a quitté le paradis

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’Endroit du paradis. Trois études », de Clément Rosset.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 09h33
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
L’Endroit du paradis. Trois études, de Clément Rosset, Encre marine, 62 p., 9,90 €.

Moins d’un mois après sa mort, le 28 mars, à l’âge de 78 ans, le philosophe Clément Rosset reprend la parole. « Ce petit livre, dit-il, est consacré à une dernière (je l’espère pour moi et pour mes lecteurs) tentative d’analyse et de description de la joie de vivre et de la joie d’exister. » Voilà une phrase qui, énoncée à titre posthume, devient évidemment fort curieuse.
Elle exprime en effet un espoir qui s’est réalisé : ces trois textes sont devenus, de fait, l’ultime évocation de cette jubilation que Clément Rosset n’a cessé de cultiver et d’explorer. Il n’a sans doute pas poussé la facétie jusqu’à le faire exprès, mais ce n’est pas à exclure, parce qu’avec lui on pouvait s’attendre à tout.
La difficulté, c’est d’abord de saisir ce qui motive pareille joie. « Les raisons qui nous expliqueraient pourquoi la vie est désirable, voire infiniment désirable, ont toujours manqué à l’appel ou n’ont avancé que des motifs incompréhensibles ou opaques. » Vous pouvez toujours interroger les philosophes – même Spinoza ou Nietzsche, plutôt qualifiés sur la joie de vivre –, vous resterez sur votre faim.
Vous ne saurez jamais pourquoi vivre rend heureux, inconditionnellement, indépendamment des circonstances extérieures. Car la plus grande bizarrerie de cette joie est de demeurer insensible aux fluctuations, d’être « étrangère aux événements ». Elle peut être interrompue, par la torture ou par la mort, mais pas modifiée.
Lire l’entretien de 1982 avec Clément Rosset
Clément Rosset, avec la nonchalance limpide et tranchante qui fait son style, rapproche ce bonheur du bouclier d’Achille, décrit au chant XVIII de l’Iliade. Y sont représentées des scènes de la vie réelle des gens : le quotidien plutôt que l’héroïque, l’humain terre-à-terre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤ Moins meurtrier que le nazisme ou le stalinisme, le régime mussolinien était tout aussi totalitaire, rappelle l’historienne dans « Totalitarisme fasciste ».
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Marie-Anne Matard-Bonucci renvoie le fascisme à sa violence

Moins meurtrier que le nazisme ou le stalinisme, le régime mussolinien était tout aussi totalitaire, rappelle l’historienne dans « Totalitarisme fasciste ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 11h53
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            
Totalitarisme fasciste, de Marie-Anne Matard-Bonucci, CNRS Editions, 320 p., 25 €.

Le fascisme mussolinien fut une source d’inspiration pour Hitler comme pour tous les dictateurs issus des mouvements nationalistes autoritaires dans l’Europe de l’entre-deux-guerres. Le concept même de « totalitarisme » a ses racines dans le « Stato totalitario » (« Etat totalitaire »), un des éléments constitutifs du fascisme triomphant. Longtemps, pourtant, beaucoup de chercheurs, à commencer par Hannah Arendt (1906-1975), ont considéré le fascisme italien comme une dictature à parti unique différente du phénomène totalitaire.
Si l’on s’en tient au territoire italien – hors colonies et hors guerre –, il est vrai que le nombre de victimes du « ventennio » (les deux décennies que dura le régime fasciste en Italie, de 1922 à la chute de Mussolini, en 1943) reste très modeste par rapport aux exterminations de masse du nazisme ou du stalinisme. Le tribunal spécial pour la défense de l’Etat prononça ainsi, entre 1926 et 1943, quarante-deux peines capitales. Les opposants étaient plus volontiers envoyés en « relégation » dans le sud du pays ou dans des îles. Ce fut le cas de 15 000 d’entre eux sur la période.
Pourfendre des idées reçues
Mais il s’agit en bonne partie d’un faux-semblant. « Le fascisme ne fut pas la variante ensoleillée du national-socialisme, mais un régime d’oppression et de terreur fondé sur la violence », rappelle Marie-Anne Matard-Bonucci dans un livre dense qui vise à pourfendre nombre d’idées reçues sur le sujet. Or le bilan peu sanguinaire du régime est l’un des éléments contribuant, en Italie, à sa banalisation, voire à sa réhabilitation.
Quand, en 1994, Silvio Berlusconi s’est lancé en politique, il n’a pas hésité à s’allier avec les néofascistes de Gianfranco Fini, cassant un tabou en vigueur depuis 1945. « Mussolini n’a jamais tué personne, et il envoyait...




                        

                        


<article-nb="2018/04/29/19-17">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤ Une écrivaine, après son divorce, s’efforce de se reconstruire, comme elle le fait de son nouvel appartement londonien. « Transit », tragi-comique.
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Rachel Cusk met la vie en chantier

Une écrivaine, après son divorce, s’efforce de se reconstruire, comme elle le fait de son nouvel appartement londonien. « Transit », tragi-comique.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 09h19
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            
Transit, de Rachel Cusk, traduit de l’anglais par Cyrielle Ayakatsikas, L’Olivier, 240 p., 22 €.

Des histoires sans histoire. Des lambeaux de presque rien. Assemblés bord à bord et cousus au fil de la tragi-comédie… Voilà à quoi ressemblent les drôles de patchworks de Rachel Cusk, cette Britannique découverte avec Arlington Park (L’Olivier, 2007). Sa spécialité : les drames domestiques. Minuscules le plus souvent. Comme dans cette scène où une femme au bord de la crise de nerfs balance la boîte-repas de ses enfants sur le mur de la cuisine en hurlant qu’ils lui « gâchent la vie ». Une page où l’auteure suggère sans y croire que cette femme avait tout pour être heureuse. Pourquoi diable s’évertuait-elle à réfléchir à sa place dans le couple, aux sacrifices qu’elle avait faits ? Pourquoi se vengeait-elle sur les murs blancs de sa jolie cuisine ?
Divorcée, vulnérable et seule
Une décennie et quatre romans plus tard, Rachel Cusk nous présente Faye, non plus une ménagère désespérée, mais une écrivaine en « transit » – c’est le titre de son nouveau livre. Entre deux vies. Fraîchement divorcée, vulnérable et seule – ses fils ont été confiés à leur père –, Faye se laisse ballotter d’un festival littéraire à un cours d’écriture auquel elle participe pour arrondir ses fins de mois et financer les travaux de son nouveau logement.
Tout un poème, cet appartement ! Elle l’a choisi pour sa situation dans Londres, malgré les mises en garde de l’agent immobilier. « En piteux état. Pour ne pas dire insalubre. La plupart de ses clients, même les plus désespérés, n’en auraient voulu pour rien au monde. » L’entrepreneur lui aussi a tenté de la dissuader. « Je trouve ça dommage de vous imposer tout ça. Vous pourriez toujours remettre l’appartement sur le marché, le refiler à un autre pigeon. »
Mais les femmes de Cusk ne s’en laissent pas conter. Sous l’œil de ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤ Le roi de Suède est intervenu dans l’incroyable crise qui secoue l’Académie suédoise et qui décrédibilise sa raison d’être majeure.
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Le prix Nobel de littérature en péril

Le roi de Suède est intervenu dans l’incroyable crise qui secoue l’Académie suédoise et qui décrédibilise sa raison d’être majeure.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h30
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

L’Académie suédoise, et avec elle le prix Nobel de littérature, survivront-ils à la crise historique qui secoue l’institution depuis novembre 2017, atteignant de nouveaux sommets ces dernières semaines ? Vendredi 20 avril, les onze « immortels » restants (sur dix-huit) ont annoncé qu’ils avaient saisi la justice et qu’ils feraient tout pour retrouver la confiance du public, en Suède et à l’étranger.

Ils s’étaient déjà réunis la veille, comme chaque jeudi. Mais, au lieu de leur ­quartier général, à Börshuset, l’ancienne Bourse, dans la vieille ville de Stockholm, ils avaient préféré se retrouver à quatre kilomètres de là, sur l’île de Djurgarden, dans la villa Bergsgarden, une grosse ­bâtisse jaune au toit de tuile, utilisée pour les réceptions. Un changement de dernière minute visant à éviter les manifestantes, rassemblées devant leurs ­locaux habituels.
Près de 2 000 femmes s’y étaient donné rendez-vous, ce jeudi 19 avril, pour exprimer leur soutien à Sara Danius, l’ancienne secrétaire perpétuelle, limogée lors de la précédente réunion hebdomadaire, le 12 avril. Toutes portaient un ­chemisier lavallière, tenue favorite de l’ex-académicienne, devenue en quelques jours, en Suède, le symbole d’une révolte contre le patriarcat et l’ordre établi.
Car nombre de Suédois ne digèrent pas son expulsion. Depuis 2013, Sara Danius n’était pas seulement la première femme à occuper les fonctions de secrétaire perpétuelle. Elle incarnait aussi le modernisme et une volonté de dépoussiérer l’institution. Pour preuve, sa détermination à faire la lumière sur les responsabilités de chacun, dès le début du scandale, en novembre 2017.
Dans le quotidien Dagens Nyheter, dix-huit femmes accusaient alors de viols et d’agressions sexuelles le Français Jean-Claude Arnault, mari d’une des acadé­miciennes, Katarina Frostenson, et directeur artistique du Forum, un lieu de ­rendez-vous culturel stockholmois, en partie financé par l’académie.
En...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-19"> ¤ Dans « Ni partir ni rester », son premier roman traduit en français, l’écrivain brésilien remonte aux sources de son histoire familiale.
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Julian Fuks en quête de son frère d’Argentine

Dans « Ni partir ni rester », son premier roman traduit en français, l’écrivain brésilien remonte aux sources de son histoire familiale.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h30
    |

                            Ariane Singer (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Ni partir ni rester (A resistencia), de Julian Fuks, traduit du portugais (Brésil) par Marine Duval, Grasset, « En lettres d’ancre », 214 p., 17 €.

Lauréat du plus prestigieux prix littéraire brésilien, le prix Jabuti, en 2016, et du prix Saramago au Portugal en 2017, Ni partir ni rester est toutefois un échec aux yeux de son auteur, le romancier Julian Fuks. L’œuvre qu’il comptait rédiger, confie l’écrivain, né en 1981 à Sao Paulo, n’est pas celle à laquelle il a abouti. « Je voulais parler de mon frère, du frère pas vraiment réel qui aurait émergé des mots, et pourtant je résiste à ce projet à chaque page, je fuis autant que possible l’histoire de mes parents », écrit-il aux deux tiers de ce livre autobiographique, son premier traduit en français.
Un malaise durable
Ce frère est un garçon adopté en Argentine par ses parents, tous deux psychanalystes à Buenos Aires. Proches des cercles d’opposition à la dictature militaire (1976-1983), ils ont fui du jour au lendemain au Brésil où ils ont, par la suite, donné naissance à deux autres enfants, dont le narrateur. Les années ont passé. La famille s’est progressivement installée dans l’exil, jusqu’à faire sien son nouveau pays. Pourtant, un malaise durable s’est instauré. Le frère aîné, tant aimé, s’est soudain muré dans le silence, jusqu’à devenir un étranger qui s’enferme dans sa chambre et y mène une existence hermétique à ses proches.
Ni partir ni rester tente d’approcher ce frère perdu, mais sans s’y confronter directement, en essayant de faire résonner son parcours individuel avec l’histoire politique de l’Argentine. Julian Fuks remonte ainsi aux sources de l’histoire familiale. Quel traumatisme a pu engendrer l’arrachement à sa terre natale chez ce garçon ? Celui-ci aurait-il pu être l’un de ces enfants enlevés aux dissidents par la dictature ? A ces interrogations, sous-entendues plus que formulées, le narrateur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤ Terrorisme, tweed et horizons sauvages de l’île de Lewis et Harris  : « Je te protégerai », nouveau roman du célèbre écrivain franco-écossais.
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Peter May tisse joliment le thriller des Hébrides

Terrorisme, tweed et horizons sauvages de l’île de Lewis et Harris  : « Je te protégerai », nouveau roman du célèbre écrivain franco-écossais.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h15
    |

            Sylvia Zappi








                        



                                


                            
Je te protégerai (I’ll Keep You Safe), de Peter May, traduit de l’anglais (Ecosse) par Ariane Bataille, Rouergue, « Noir », 416 p., 23 €.

D’abord le chaos. En quelques lignes de prologue, Peter May nous précipite dans la fureur de ce qu’on devine être un acte terroriste en plein cœur de Paris. Puis l’on bascule dans l’intime d’une histoire d’amour qui s’étiole. Après un courriel anonyme dénonçant la liaison de son mari avec une femme russe, Niamh doute de Ruairidh. Tous deux étaient en voyage d’affaires à Paris pour leur petite société de tissu de luxe écossais. Le jeune homme meurt dans l’explosion d’une bombe et c’est tout l’univers de sa femme qui s’effondre. Jalousie, douleur, doutes, rien n’est épargné à l’héroïne.
Cette brutale entrée en matière va donner l’occasion au célèbre auteur écossais de nous entraîner dans une double intrigue, à la fois intime et policière. Le lecteur va ainsi suivre deux femmes, les deux personnages principaux de ce thriller singulier. L’une, jeune veuve, en immersion introspective pour tenter de recoller tous ses souvenirs et comprendre quand et pourquoi son amour s’est envolé. La seconde, Sylvie Braque, inspectrice de police à la vie familiale chaotique, qui plonge dans l’enquête comme une noyée pour tenter de reconstituer les mobiles d’un meurtre qui s’obscurcit. Avec elle, le lecteur va ainsi pénétrer dans le monde de la mode et de la jet-set britannique, où un couturier excentrique s’est pris de passion pour le tissage écossais, provoquant le succès foudroyant de l’entreprise familiale de Niamh et Ruairidh. Intrigues, coups bas, secrets de fabrication, le milieu cruel et cupide de la haute couture a ensuite avalé les deux jeunes entrepreneurs.
Images de sa terre natale
Dans Je te protégerai, Peter May revient sur les lieux de sa « Trilogie écossaise » (Rouergue, 2009-2012) : l’île de Lewis, la plus grande de l’archipel des Hébrides. Il nous livre...




                        

                        

