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Arménie : nouvelle manifestation pour soutenir la candidature de l’opposant Nikol Pachinian

Pour peser sur l’élection, Nikol Pachinian, à qui il manque 11 voix pour être élu premier ministre, a appelé ses partisans à organiser un meeting géant dans la soirée.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 18h12
   





                        



   


C’est une démonstration de force dans les rues d’Erevan qu’espère l’opposant arménien Nikol Pachinian, dimanche 29 avril. Environ cinq mille personnes se sont réunies sur la place de la République, au cœur de la capitale de l’Arménie, en amont d’une manifestation prévue pour à partir de 17 heures, selon l’Agence France-Presse. Leur objectif : permettre à M. Pachinian, qui ne dispose toujours pas d’assez de soutiens, d’être élu à la tête du gouvernement.
Depuis le 13 avril, cette ancienne république soviétique du Caucase est plongée dans une crise politique sans précédent : un mouvement de protestation a provoqué le 23 avril la démission de Serge Sarkissian, tout juste élu premier ministre, après avoir été le chef de l’Etat pendant dix ans. Convoqué en session extraordinaire mardi, le Parlement arménien doit lui élire un successeur pour diriger le gouvernement.

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Pour peser sur l’élection, Nikol Pachinian a appelé ses partisans à organiser un meeting géant dimanche dans la soirée. « Nos fantastiques rassemblements dans le pays ont eu un effet puissant sur la situation », a-t-il dit à ses partisans dans une vidéo. « Tout ira bien. Nous devons continuer jusqu’à la victoire ».
11 voix manquantes
A la tête du mouvement de protestation, le député Nikol Pachinian, un ancien journaliste et opposant de longue date, est actuellement le seul candidat déclaré pour le poste de premier ministre. Samedi, après des jours de négociations, le parti Arménie prospère, qui compte 31 sièges au Parlement, a annoncé qu’il le soutiendrait, tout comme le parti Fédération révolutionnaire arménienne, qui en a sept. M. Pachinian, 42 ans, peut également compter sur l’appui de la coalition Yelk (neuf sièges), soit un total de 47 voix.

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Mais pour être élu, il doit obtenir le vote de 53 des 105 députés. Il aura donc besoin de quelques transfuges du Parti républicain, qui détient la majorité absolue au Parlement, avec 58 sièges. Ce parti a annoncé qu’il ne présenterait personne en son nom et qu’il attendrait de connaître l’identité de tous les candidats pour arrêter sa position.
« Si trois forces politiques parlementaires soutiennent un seul candidat pour l’élection du premier ministre, alors le Parti républicain ne s’y opposera pas », a d’ores et déjà annoncé Vagram Bagdassarian, le porte-parole du groupe parlementaire du Parti républicain. « Les députés du parti au pouvoir semblent ne pas vouloir être un obstacle à ma candidature », a confirmé Nikol Pachinian, qui a fait part de sa volonté de tenir une réunion avec cette formation politique.
Accueilli en héros
Nikol Pachinian est allé cette semaine à la rencontre de ses partisans à travers l’Arménie, accueilli en héros dans des villes et des villages par des foules agitant le drapeau de l’Arménie.

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Il a également rencontré des députés russes, leur assurant qu’une fois au pouvoir il ne mettrait pas en danger les bonnes relations qu’entretiennent Erevan et Moscou. L’Arménie dépend des investissements et de l’aide de la Russie et abrite une base militaire russe. Des garde-frontières russes patrouillent à sa frontière avec la Turquie et l’Iran.
Après deux semaines d’immobilisme, du moins en public, la Russie a récemment semblé se positionner en médiateur. Jeudi, Vladimir Poutine s’est entretenu au téléphone avec le chef de gouvernement par intérim Karen Karapetian.
Du côté des Etats-Unis, le département d’État a appelé samedi à « une solution qui reflète les intérêts de tous les Arméniens ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Longtemps ignorées, les associations représentant les communautés noires s’affirment et commencent à être entendues par les autorités politiques.
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Reportage

En Allemagne, la diaspora africaine en quête de reconnaissance

Longtemps ignorées, les associations représentant les communautés noires s’affirment et commencent à être entendues par les autorités politiques.

Par                Aimie Eliot (contributrice Le Monde Afrique, Berlin)



LE MONDE
              datetime="2018-04-29T17:45:24+02:00"

        Le 29.04.2018 à 17h45






    
Le député allemand d’origine sénégalaise Karamba Diaby, à Halle, en Allemagne, le 6 septembre 2017.
Crédits : JOHN MACDOUGALL/AFP


D’un bâtiment au crépi fraîchement refait de la rue du Togo, à Berlin, s’envole un concerto de Vivaldi. Les retardataires, escarpins et blouses en wax, s’y engouffrent à petits pas, guidés par la mélopée. Entre les rayons « Auteurs de la diaspora africaine » et « Afrofuturisme » de la bibliothèque flambant neuve de l’organisation Each One Teach One (EOTO) vibrent les violons du String Archestra, un quintet composé de musiciens berlinois issus des minorités ethniques, « traditionnellement écartés de la musique classique à cause de leur origine », selon les mots de sa fondatrice, Daniele G. Daude.
Casser les clichés qui collent à la peau des personnes d’ascendance africaine fait partie des piliers d’EOTO, à qui le ministère allemand de la jeunesse et de la famille vient d’accorder une subvention. « C’est une première en Allemagne pour une association noire », s’enthousiasme Nadja Ofuatey-Alazard, documentariste et secrétaire de l’organisation. Exit le local exigu de la Müllerstrasse, qui n’abritait au départ qu’une petite bibliothèque de quartier dédiée à la littérature africaine ; dans ses nouveaux locaux, EOTO dispose désormais des ressources humaines et logistiques pour devenir un véritable centre de rencontre et de formation « pour toute personne ayant un lien avec l’Afrique », souligne-t-on à la direction de l’organisation.

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Togostrasse 76 : la nouvelle adresse d’EOTO relève du symbole. L’espace est situé au cœur du « quartier africain » de Wedding, où une dizaine de rues font référence au passé colonial de l’Allemagne, glorification d’un amer passé dénoncé depuis des années par les communautés noires. Les quels viennent d’ailleurs d’obtenir que trois de ces rues soient rebaptisées. « On avait la possibilité d’aller à Kreuzberg ou Neukölln, où on trouve beaucoup d’organisations culturelles et multiethniques, précise Daniel Gyamerah, membre de l’organisation. Mais c’était important pour nous de rester là où vit une grande partie de la communauté africaine et de contribuer à décoloniser le quartier ! »
Racisme institutionnel
La soirée d’ouverture a un goût de triomphe, après plusieurs années de lobbying acharné auprès des politiques afin d’obtenir une aide financière. « La politique allemande ne s’est jusque-là jamais vraiment intéressée à la diaspora africaine et met peu en avant ses contributions culturelles et politiques dans la société allemande », déplore Karamba Diaby, premier député allemand d’origine africaine – en l’occurrence sénégalaise –, qui soutient le projet depuis sa création. « Si Berlin est une ville internationale, au niveau héritage africain, zéro ! Comme si l’Allemagne oubliait qu’elle avait eu un passé colonial », renchérit Funmi Kogbe, la directrice d’EOTO, une Nigériane installée à Berlin depuis treize ans.
Négligence pour les uns, refoulement pour les autres, l’attitude de l’Allemagne a contribué, affirment les associations noires, à nourrir un racisme institutionnel. Berlin a de fait été épinglée par les Nations unies, qui dénoncent, dans un rapport publié en 2017, une hausse des discriminations raciales – notamment des contrôles au faciès – envers les communautés d’origine africaine. « Quand vous êtes né ici, que vous ne connaissez que ce pays mais qu’on vous demande, parce que vous êtes visiblement différent, “mais d’où viens-tu vraiment ?”, vous ne pouvez que vous sentir blessé », dénonce Funmi Kogbe.

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C’est la jeunesse allemande d’ascendance africaine qui contribue aujourd’hui à faire bouger les lignes. « A la différence de la première génération, qui n’était pas été très engagée car beaucoup luttaient pour survivre et avaient pour objectif de rentrer en Afrique, la deuxième veut se battre pour revendiquer sa place dans cette société qui est la sienne », commente Karamba Diaby.
Joshua Kwesi Aikins, trentenaire germano-ghanéen membre de l’association Initiative Schwarze Menschen in Deutschland, incarne l’engagement passionné de ces jeunes Afro-Allemands qui se mobilisent pour rappeler au gouvernement qu’il doit garantir « le respect des droits humains en Allemagne, l’accès à la justice pour tous et l’égalité des citoyens devant les lois », énumère le militant. Si les communautés noires commencent timidement à pénétrer les institutions, c’est que les jeunes ont les moyens de se politiser davantage, affirme-t-il : « Il existe désormais des structures associatives où on peut partager nos expériences. Et puis nous connaissons les institutions de l’intérieur, on étudie ici, on sait comment agir. »
Cours d’histoire et atelier coiffure
Joshua Kwesi Aikins anime des ateliers de sensibilisation au racisme au sein de la Black Diaspora School d’EOTO. Depuis qu’elle fréquente cette académie, Cindy Dzifa se dit fière d’être noire : « Grandir dans une société blanche quand on est d’origine africaine, c’est difficile, on fait toujours partie de la minorité. Avec EOTO, je ne me sens plus isolée, j’appartiens à une communauté. » La lycéenne germano-ghanéenne a découvert l’association grâce à sa professeure Saraya Gomis. L’enseignante d’origine sénégalaise, inquiète de voir ses lycéens « véhiculer une image horrible de l’Afrique, qu’ils rejettent », y avait organisé une sortie de classe. Elle est aujourd’hui l’un des membres actifs d’EOTO.

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Du cours d’histoire de l’Afrique à l’atelier coiffure pour cheveux crépus, en passant par des rencontres avec des réalisateurs et des écrivains de la diaspora africaine, EOTO multiplie les angles d’attaque pour forger, dans l’esprit des jeunes Afro-Allemands, une image positive de leur identité. « Il faut leur offrir d’autres histoires que celles des médias, les convaincre que l’hétérogénéité dans une société, c’est beau », souligne Saraya Gomis. Et à ceux qui taxent l’organisation de communautarisme, l’enseignante rétorque : « Si on ne change pas nous-mêmes les choses pour notre communauté, personne ne le fera à notre place. »


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le président français et la première ministre britannique lancent cet appel à l’occasion du 21e anniversaire de la Convention sur les armes chimiques dimanche 29 avril.
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Emmanuel Macron et Theresa May veulent renforcer l’interdiction des armes chimiques

Le président français et la première ministre britannique lancent cet appel à l’occasion du 21e anniversaire de la Convention sur les armes chimiques dimanche 29 avril.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 13h34
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 13h38
   





                        


Emmanuel Macron et Theresa May appellent à renforcer l’interdiction des armes chimiques. Le chef de l’Etat français et la première ministre britannique ont tous les deux publié sur Twitter un message en ce sens dimanche 29 avril dans la matinée, à l’occasion du 21e anniversaire de la convention qui proscrit l’usage d’armes chimiques.
« A l’occasion du 21ᵉ anniversaire de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, et après les événements de Douma et Salisbury, @Theresa_May et moi appellons [sic] la communauté internationale à renforcer avec nous l’interdiction de ces armes de destruction massive », écrit Emmanuel Macron.
« Il y a vingt et un ans, la convention sur l’interdiction des armes chimiques bannissait l’usage, le développement, la production et le stockage de ces armes terribles. Emmanuel Macron et moi réaffirmons notre attachement à cet accord et appelons les autres nations à se joindre à notre position ferme : nous ne devrions jamais revenir en arrière », dit le 10 Downing Street.

21 years ago, the Chemical Weapons Convention banned the use and development, production and stockpiling of these t… https://t.co/MW8UhL4y6v— 10DowningStreet (@UK Prime Minister)


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Un appel sur fond de conflit syrien et d’affaire Skripal
La convention est entrée en vigueur le 29 avril 1997. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), chargée de la mettre en œuvre, rassemble cent quatre-vingt-douze pays et siège à La Haye.
La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont procédé le 14 avril à des frappes d’une ampleur inédite contre le régime de Bachar Al-Assad, qu’ils accusent d’une attaque chimique supposée le 7 avril à Douma, près de Damas, en Syrie.
Selon une délégation syrienne qui s’est exprimée jeudi devant l’OIAC, l’attaque était une mise en scène. La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont dénoncé une « mascarade obscène ».
Londres accuse par ailleurs Moscou d’avoir empoisonné le 4 mars à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille, ce que dément la Russie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Les manifestants protestent contre les actions antimigrants menées depuis une semaine par des militants d’extrême droite dans la région.
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Une manifestation en soutien aux migrants rassemble 200 personnes à Gap

Les manifestants protestent contre les actions antimigrants menées depuis une semaine par des militants d’extrême droite dans la région.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 21h16
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 14h47
   





                        


Quelque deux cents personnes se sont rassemblées samedi 28 avril dans l’après-midi à Gap, dans les Hautes-Alpes, pour dire que « l’hospitalité des migrants n’a pas de frontière », en réponse aux actions antimigrants menées par des militants d’extrême droite dans la région depuis une semaine.
« Il y a un message de solidarité, avec notamment la mise en détention de militants au moment même où l’Etat ne fait rien par rapport à un groupe d’extrême droite qui tentait de fermer la frontière. Je redis que nous sommes dans l’espace Schengen, que la frontière entre l’Italie et la France est déjà un non-sens et qu’on laisse faire des identitaires est déjà un problème », a déclaré la députée européenne Front de gauche, Marie-Christine Vergiat.
Depuis le week-end dernier et une première action au col de l’Echelle, au-dessus de Briançon, des militants du mouvement Defend Europe, lié au groupe Génération identitaire, sillonnent les montagnes pour « veiller à ce qu’aucun clandestin ne puisse entrer en France ».

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En réponse à cette action, des militants promigrants avaient participé dans la foulée à l’entrée en France de clandestins, et le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, avait alors renvoyé dos à dos « ultradroite » et « ultragauche », annonçant l’envoi de renforts policiers dans les Hautes-Alpes pour « s’assurer du respect absolu du contrôle des frontières ».
Trois des militants promigrants, deux Suisses et une Italienne, sont poursuivis pour leur action et détenus dans l’attente de leur jugement. Mais aucune poursuite n’a été engagée à l’encontre des militants de Génération identitaire, qui assurent agir dans un strict respect de la loi.
« L’Etat ne fait pas son travail »
Une vingtaine d’organisations avaient prévu une « marche de l’hospitalité » samedi matin en soutien aux migrants. Mais, en raison d’incidents qui ont émaillé un carnaval solidaire le week-end précédent, la marche s’est transformée en un rassemblement sur l’esplanade de la Paix. « On trouve que l’Etat ne fait pas son travail, on se bat pour montrer cela. C’est aussi l’affaire de la population », a déclaré Michel Rousseau, un des porte-parole du collectif Tous migrants.
« Les agissements de Génération identitaire dans les Hautes-Alpes ne font qu’exacerber les tensions présentes dans le département sur le sujet migratoire », a réagi la préfète des Hautes-Alpes, Cécile Bigot-Dekeyzer, dans une déclaration à l’Agence France-Presse samedi soir. « La mission régalienne de contrôle aux frontières relève des seuls services de l’État. En aucun cas cette mission ne relève » de ce mouvement, a-t-elle ajouté.
« Les forces de l’ordre sur le terrain veillent à ce que Génération identitaire ne porte d’aucune manière atteinte à l’ordre public et respecte le droit. Notamment aucune violence d’aucune sorte, ni aucune entrave à la circulation sur la voie publique ne sont ainsi intervenues », ajoute encore la préfecture, qui évoque une « organisation rodée à la mise en œuvre d’actions médiatiques à l’échelle européenne ».
Lundi, une marche de solidarité organisée par l’association L’Auberge des migrants doit partir de Vintimille, à la frontière franco-italienne, et traverser la France en direction de Calais.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Cinq Sévillans ont été condamnés jeudi pour « abus sexuel » là où la défense, la procureure et les associations féministes estiment que la victime a subi un viol.
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Espagne : des milliers de manifestants pour contester le jugement de « La meute »

Cinq Sévillans ont été condamnés jeudi pour « abus sexuel » là où la défense, la procureure et les associations féministes estiment que la victime a subi un viol.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 18h49
   





                        



   


La contestation s’amplifie en Espagne. Trois jours après le jugement disculpant de « viol » cinq hommes ayant abusé d’une jeune femme, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Pampelune, dans le nord de l’Espagne, samedi 28 avril, scandant le slogan « ce n’est pas un abus sexuel, c’est un viol ! ».
A l’appel du Mouvement féministe de Pampelune, « 32 000 à 35 000 personnes ont participé à cette marche très tranquille mais très revendicative », a déclaré un porte-parole de la police municipale à l’Agence France-Presse.

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Nouveau procès
Depuis trois jours, la colère ne faiblit pas. De nombreux Espagnols s’indignent qu’un des trois juges se soit prononcé pour la relaxe des cinq Sévillans qui ont été condamnés jeudi à une peine de neuf ans de prison chacun, pour « abus sexuel » sur une Madrilène de 18 ans pendant les fêtes de la San Fermin de l’été 2016, aggravé d’« abus de faiblesse ». La condamnation est très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait notamment vingt-deux ans et dix mois de réclusion contre chacun des coupables.
Les cinq hommes, âgés de 27 à 29 ans, qui se surnommaient eux-mêmes « La meute », avaient filmé leurs actes et s’en étaient vantés sur l’application Whatsapp. Au procès, la jeune fille avait dû se justifier de son attitude passive face à eux. Les avocats des cinq condamnés soutenaient que la victime – dont ils soulignaient qu’elle avait auparavant bu de la sangria – était consentante. Preuve en était, elle n’avait jamais semblé dire « non » à l’image. Des arguments qui ont porté : les juges n’ont finalement pas retenu la notion de « viol », pour lequel le Code pénal espagnol stipule qu’il doit y avoir eu « intimidation » ou « violence ».
Dans leur jugement, les magistrats ont pourtant considéré « indiscutable que la plaignante s’était soudain trouvée dans un lieu étroit et caché, entourée par cinq hommes plus âgés et de forte carrure qui l’avaient laissée impressionnée et sans capacité de réaction ».

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Un nouveau procès devrait avoir lieu. Dès vendredi, le parquet de Navarre avait annoncé qu’il ferait appel du jugement, en maintenant que « les faits [étaient] constitutifs du délit d’agression sexuelle », c’est-à-dire de viol. Face aux critiques montantes, le gouvernement conservateur espagnol de Mariano Rajoy s’est empressé d’annoncer qu’il étudierait l’éventualité d’une révision du Code pénal.
Appels au respect des magistrats
Mais cette annonce n’a pas suffi. Des personnalités très différentes se sont impliquées dans le débat, telle la puissante dirigeante de la banque Santander, Ana Botin, qui a glissé sur Twitter que le jugement était « un recul pour la sécurité des femmes ». L’ancienne juge Manuela Carmena, maire de Madrid, a aussi considéré que « ce jugement ne répond [ait] pas aux exigences de justice des femmes » et souhaité qu’il soit cassé.
Fait rare : plus d’1,2 million de personnes ont déjà signé une pétition adressée au Tribunal suprême pour réclamer la révocation des juges ayant pris la décision.

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Mais la contestation n’est pas unanime. D’autres voix se sont élevées pour appeler au respect dû aux magistrats et à leurs argumentations. « Les décisions judiciaires, même quand on ne les partage pas, méritent tout le respect », a averti samedi l’Association des procureurs, déplorant « la facilité avec laquelle on déprécie le travail des magistrats et mène des procès parallèles ».
Le tribunal a « minutieusement évalué (…) tous les éléments de preuves apportés », avait réagi dès vendredi le président du Tribunal suprême et de l’organe de direction du pouvoir judiciaire, Carlos Lesmes.
Ce n’est pas l’avis des contestataires, qui ont même reçu le soutien de certaines carmélites, de l’ordre des Moniales déchaussées. Elles ont fait sensation en se joignant aux critiques depuis leur couvent, en postant un texte sur Facebook qu’elles concluent par le slogan « ma sœur, moi je te crois », couramment repris dans le pays à l’attention de la victime de Pampelune.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La possible candidature d’Abdullah Gül à la présidentielle anticipée de juin avait été évoquée ces derniers jours, mais l’intéressé a annoncé samedi ne pas être candidat.
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Turquie : pas de front commun de l’opposition aux élections du 24 juin

La possible candidature d’Abdullah Gül à la présidentielle anticipée de juin avait été évoquée ces derniers jours, mais l’intéressé a annoncé samedi ne pas être candidat.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 18h23
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Incapable de s’unir, l’opposition turque au président Erdogan, et à son parti au pouvoir l’AKP, ira aux élections du 24 juin (présidentielle et législatives) en ordre dispersé. Décrit un temps comme le candidat possible du camp anti Erdogan à la présidentielle, l’ancien président Abdullah Gül a jeté l’éponge, lors d’une conférence de presse organisée samedi 28 avril à ses bureaux de Maslak, sur la rive asiatique d’Istanbul.
Il ne se présentera pas. D’ailleurs, il n’a jamais souhaité reprendre le flambeau depuis son retrait de la scène politique en 2014, lorsqu’il a renoncé à se présenter pour un second mandat de président, auquel il pouvait prétendre, afin de laisser le champ libre à Recep Tayyip Erdogan, aux manettes du pays depuis 2003.
Horreur du risque
Cette annonce clôt les négociations entamées un peu plus tôt entre les kémalistes du Parti Républicain du peuple (CHP), les nationalistes du Bon Parti et les islamistes du Parti de la Félicité pour former un front uni anti Erdogan. « Je sais qu’il y avait une demande en faveur d’un consensus global. Si ce consensus avait existé, sans doute n’aurais-je pas hésité à prendre mes responsabilités mais cela n’est pas le cas », a expliqué M. Gül.
Fidèle compagnon de route du Reis (« chef », l’un des surnoms de M. Erdogan), avec lequel il fonda en 2001 le Parti de la justice et du développement (AKP), Abdullah Gül est connu pour avoir horreur du risque. Si les trois partis d’opposition lui avaient apporté la candidature à la fonction suprême sur un plateau, il aurait pu franchir le pas. Mais Meral Aksener, l’égérie du Bon parti, n’a pas voulu renoncer à la sienne.
Avant de refuser les questions des journalistes, « parce qu’on est en pleine campagne électorale », M. Gül a osé jeter une petite pierre dans le jardin de son ancien mentor. À la fin de son intervention, il a souhaité à la Turquie « la démocratie, le respect des Droits de l’Homme, la liberté d’expression, celle de la presse », sous entendant que ces valeurs faisaient défaut.
Une perception renforcée samedi par le départ précipité du rédacteur en chef du site internet Habertürk, Baris Erkaya. Le site n’a pourtant rien d’un média d’opposition. La ligne rouge a, semble-t-il, été franchie avec la diffusion en ligne d’un article lié à la candidature d’Abdullah Gül.
L’article relatait la visite rendue à M. Gül, mercredi 26 avril, par le chef d’Etat major Hulusi Akar, accompagné du porte-parole du président Erdogan, Ibrahim Kalin. Au moment où sa candidature faisait des gorges chaudes, un hélicoptère transportant MM Akar et Kalin se posait dans son jardin à Maslak. Après trois heures de discussion, les émissaires sont repartis, soulagés d’apprendre que M. Gül ne comptait pas se présenter.

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D’autant qu’une rumeur détestable avait commencé à courir, selon laquelle cette candidature n’était, en réalité, qu’un scénario mis au point par Fethullah Gülen, le prédicateur musulman accusé d’avoir organisé le coup d’Etat manqué de juillet 2016. Cette rumeur n’a pas échappé au premier ministre Binali Yildirim, convaincu que « l’opposition conspire contre le pays avec la complicité de forces étrangères ».
Aubaine
L’incapacité de l’opposition à s’unir est une véritable aubaine pour le président Erdogan qui joue sa survie politique aux élections du 24 juin. L’homme fort de Turquie voit en effet sa popularité s’éroder. Les sondages sont unanimes : il ne parviendra pas à atteindre les 51 % de voix nécessaires pour gagner la présidentielle dès le premier tour. Ceci malgré de sérieux avantages : l’opposition est divisée, les médias sont contrôlés à 90 % par le gouvernement, la mise en place de l’état d’urgence, enfin, permettent toutes les options, y compris les plus répressives.
L’opposition veut croire que l’anticipation des élections au 24 juin (au lieu du 3 novembre 2019) atteste d’un « mouvement de panique » au sein de l’élite islamo conservatrice, consciente que son règne touche à sa fin. L’épisode des émissaires laisse à penser que la panique est bien réelle.

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Au sein de l’AKP, le mécontentement règne. La purge des maires (à Istanbul, Ankara, Bursa, Balikesir et d’autres localités), effectuée par le président à l’automne 2017, a déplu. L’alliance avec le MHP en vue des élections de juin est un autre motif de mécontentement. Dorénavant, l’AKP va devoir héberger sur ses listes des candidats MHP, ce qui n’a pas l’heur de plaire à certains de ses cadres, peu enclins à céder la place.
Enfin, l’AKP n’a plus rien du mouvement rassembleur qu’il était en 2002. Devenu le parti personnel du président, il est traversé par des tensions. La zizanie prévaut, selon Ahmet Takan, un ancien conseiller d’Abdullah Gül, qui a écrit en février plusieurs articles à ce sujet dans le journal Yenicag, avec une telle véracité que ses articles ont été caviardés peu après leur parution.
Craintes de fraudes
L’économie est un autre motif d’inquiétude. Malgré une croissance record (7,4 % en 2017), la Turquie voit les déséquilibres s’amonceler, avec un déficit accru des comptes courants, une inflation à deux chiffres (10,3 % en mars) et une dégringolade de la livre turque qui a perdu 7 % de sa valeur par rapport au dollar depuis janvier. Le coup est rude pour les ménages turcs qui vivent dans la hantise de voir resurgir l’instabilité économique des années 1990-2000, que l’AKP se targue tant d’avoir éradiqué.
M. Erdogan aurait-il convoqué des élections s’il n’était pas sûr de les gagner ? Assurément non. « Ne vous inquiétez pas, le gouvernement va rester au pouvoir, c’est sûr à 100 % », a rassuré Nihat Zeybekci, le ministre de l’économie lors d’un forum économique à Izmir, jeudi 26 avril.
Les commentateurs évoquent un recours possible à la fraude. « Probablement, Recep Tayyip Erdogan le peut. Son contrôle des institutions est illimité et on imagine mal un tribunal, des militaires ou n’importe qui d’autre se mettre en travers de son chemin. Mais agir ainsi sera très coûteux », affirme Howard Eissenstat, spécialiste de la Turquie et enseignant à l’université américaine St Lawrence, dans une tribune publiée par le Washington Post le 20 avril.
Les récentes modifications à la loi électorale renforcent cette crainte. Elles assurent à l’AKP un contrôle accru sur le déroulement du scrutin en permettant au Conseil électoral suprême de redécouper les circonscriptions, de déplacer les urnes pour des raisons de sécurité. Dorénavant, les responsables des bureaux de vote seront nommés par le gouvernement, les bulletins de votes non estampillés par les assesseurs pourront être considérés comme valides et, en cas d’incident sur les lieux du vote, les forces de l’ordre pourront y faire irruption à la demande de n’importe quel citoyen.



                            


                        

                        


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La caravane de l’opposant Pachinian défie le pouvoir arménien

Le leader de la contestation qui a causé la démission du chef de gouvernement teste son soutien populaire, après le refus du premier ministre par intérim de négocier avec lui.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 11h09
    |

            Annick Cojean (Erevan, Gumri - envoyée spéciale)








                        



                                


                            

A-t-il été déçu ? Il y avait de quoi, devant le refus net et sans appel du premier ministre par intérim, Karen Karapetian, de venir « négocier » avec lui à une heure, dans un lieu, et sur un sujet qu’il avait lui-même fixés et annoncés triomphalement, la veille, à la foule de ses partisans. Mais Nikol Pachinian, le chef de la contestation qui ébranle l’Arménie depuis deux semaines et a abouti à la démission du premier ministre Serge Sarkissian, remplacé par son prédécesseur, n’est pas homme à avouer un revers ou déclarer forfait. Son assurance – certains disent son « arrogance » – a même stupéfié les journalistes russes venus nombreux à la conférence de presse qu’il a donnée vendredi 27 avril à l’hôtel d’Erevan où devait avoir lieu la rencontre.
Le pouvoir en place estimait « sans perspectives » de participer à des négociations « où une partie dicte son agenda à l’autre » ? Cela signifie, selon M. Pachinian, qu’il voulait aggraver la crise politique alors même que lui, député d’un mouvement minoritaire certes, mais « candidat du peuple », est à ses yeux seul capable de la résoudre pour peu que le Parlement l’élise premier ministre lors de sa réunion extraordinaire du 1er mai. Une évidence, dit-il, et un choix « 100 % conforme à la Constitution », puisque « le Parlement peut nommer au poste de premier ministre n’importe quelle personne, sans qu’elle soit forcément membre du parti au pouvoir ou de la majorité parlementaire ».

Mais il avait hâte de reprendre la route. Hâte de vérifier, après le déboire matinal causé par la sphère politique, le soutien de la population. Pas seulement à Erevan qu’il a arpentée dans tous les sens, Pataugas et sac au dos, mais dans le reste du pays et particulièrement à Gumri, deuxième ville du pays, à 130 kilomètres au nord de la capitale, là où il avait lancé le mouvement de contestation à la mi-avril.
Flûtes et petits chevaux
Pas question de s’y...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Cinq chaînes du nord de l’Europe ont décidé de s’allier pour coproduiredouze séries par an.
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Face à Netflix, l’audiovisuel public nordique fait front

Cinq chaînes du nord de l’Europe ont décidé de s’allier pour coproduiredouze séries par an.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h27
    |

                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Copenhague)








                        



                                


                            

Face à Netflix, HBO ou Amazon, l’audiovisuel public des petits pays du nord de l’Europe ne pèse pas lourd. Ensemble, c’est une autre histoire. Pour avoir une chance de concurrencer les géants américains, les cinq compagnies nordiques – DR (Danemark), SVT (Suède), NRK (Norvège), Yle (Finlande) et la RUV (Islande) – ont donc décidé de s’allier, en mettant en commun ce que la patronne de SVT, Hanna Stjärne, appelle les « joyaux » du service public scandinave : ses séries télé.

A partir de cette année, les cinq groupes coproduiront douze séries par an – trois pour le Danemark, la Suède et la Norvège, deux pour la Finlande et une pour l’Islande. Elles seront diffusées quasi simultanément dans les cinq pays, avant d’être disponibles, en accès gratuit et illimité pendant un an, sur les sites des cinq groupes. La collaboration, baptisée « Nordic 12 », a été officialisée jeudi 19 avril, en présence de quatre des cinq PDG, au siège de DR à Copenhague.
Dans la région, les plates-formes de service de vidéo à la demande par abonnement (SVoD) ne cessent de gagner du terrain. En tête : Netflix, avec 58 % de part de marché dans les pays nordiques et 4,2 millions d’utilisateurs (sur 26 millions d’habitants), en progression de 27 % sur 2017. Avec un budget fiction combiné d’environ 100 millions d’euros par an – soit 2 % de ce que dépense Netflix –, l’audiovisuel public nordique peut difficilement rivaliser financièrement avec les SVoD, reconnaît Thor Gjermund Eriksen, PDG de la NRK norvégienne. « Mais on peut se battre là où on est les plus forts, avec nos séries, que nous savons faire mieux que n’importe qui. » Une flèche décochée en direction de Netflix et sa première production danoise, The Rain, diffusée à partir du 4 mai. Sur un grand écran, derrière lui, défilent des extraits vidéo montés bout à bout, dont les titres illustrent le potentiel de Nordic 12 : The Killing, Borgen, Bron, Ride Upon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Comme les brexiters les plus durs, Mme May défend l’idée d’une sortie de l’union douanière. Theresa May pourrait être mise en difficulté par un vote formel prévu dans les deux mois.
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Brexit : union douanière ou souveraineté totale ? Le Royaume-Uni débat sur sa future frontière

Comme les brexiters les plus durs, Mme May défend l’idée d’une sortie de l’union douanière. Theresa May pourrait être mise en difficulté par un vote formel prévu dans les deux mois.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h15
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Près de deux ans après le référendum pour sortir de l’Union européenne, le monde politique britannique continue à se déchirer sur la forme que prendra le Brexit. La discussion fait rage entre les partisans d’un modèle proche de celui de la Norvège, qui fait partie du marché unique européen et a une frontière très réduite avec le reste de l’UE, et ceux qui souhaitent s’éloigner le plus possible pour regagner en souveraineté, quitte à rendre les échanges commerciaux plus difficiles.
Depuis quelques semaines, le débat se concentre sur la question de l’union douanière. Celle-ci définit les droits de douane communs à tous les pays de l’UE (et à quelques autres pays associés). Elle permet de supprimer les droits de douane entre ses membres, tout en formant un bloc uni vis-à-vis du reste du monde. Mais, pour les brexiters, cet arrangement représente un problème majeur : le Royaume-Uni n’est pas libre de sa politique commerciale et il ne peut pas passer ses propres accords de libre-échange avec d’autres pays. Pour cette raison, le gouvernement de Theresa May a promis d’en sortir.

Epineux problème irlandais
En février, après de longues hésitations, le Parti travailliste s’est opposé à cette idée : sa politique officielle est désormais de rester dans l’union douanière. Le 18 avril, la Chambre des lords a également mis la pression, en votant pour un amendement demandant au gouvernement d’expliquer ce qu’il fait pour « continuer à participer à l’union douanière ». Et jeudi 26 avril, le débat est arrivé à la Chambre des communes.
Il s’agissait d’un simple vote consultatif, le scrutin définitif devant avoir lieu dans les deux mois qui viennent, à une date encore non définie. Le gouvernement avait donc ordonné à ses troupes de déserter le Parlement et le débat a eu lieu dans une salle aux trois quarts vide. Presque tous les députés présents étaient favorables à un maintien dans l’union douanière.

Et le débat a démontré que Mme May,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ A un an du rétablissement d’une frontière économique avec le Royaume-Uni, Gérald Darmanin prévoit d’embaucher 700 douaniers.
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Le gouvernement prépare les douanes à un Brexit dur

A un an du rétablissement d’une frontière économique avec le Royaume-Uni, Gérald Darmanin prévoit d’embaucher 700 douaniers.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 10h18
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            

Le Brexit aura des conséquences pour la France. La principale sera le rétablissement d’une frontière économique à partir du 30 mars 2019. Car, si le Royaume-Uni n’a jamais appartenu à l’espace Schengen et si les passagers ont toujours été contrôlés, les marchandises circulaient librement avant le Brexit. Cette future frontière économique reste encore à définir. Les Britanniques et l’Union européenne sont engagés dans une négociation au long cours, dont les premiers résultats sont attendus en octobre. La frontière fait partie des discussions. Difficile de dire quelle forme elle prendra, confie-t-on à l’Elysée, « tant que la négociation n’a pas abouti : cela dépendra de ce que le Royaume-Uni souhaite comme relation ».
Trois scénarios existent. Première possibilité : le Royaume-Uni demeure dans le marché unique. Peu de choses changeraient alors côté frontière, mais les Britanniques l’excluent. Deuxième option : notre voisin souhaite toujours faire partie de l’union douanière (un peu plus de contrôles, mais pas de droits de douane). Là encore, l’hypothèse est pour l’instant rejetée : le Royaume-Uni demande un « partenariat douanier ». Reste une troisième option : l’absence d’accord. C’est le Brexit dur. La frontière serait immédiatement et totalement rétablie en mars 2019.

Le gouvernement envisage très fortement cette dernière option. « Le premier ministre nous a demandé de préparer un Brexit dur », a ainsi confié Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, le 13 avril, lors d’un déplacement au Havre. Dans ce cas-là, si rien ou presque ne change pour le passage des personnes, il en sera autrement pour les services et les marchandises. Sortant de l’UE, le Royaume-Uni ne pourra plus y vendre sans restriction des services financiers. Un point sensible, rappelle l’Elysée.
Un sujet qui soulève des inquiétudes en France, notamment dans les ports et du côté des entreprises. Avec un Brexit dur, le fret...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Analyse. La crise qui secoue la République depuis deux semaines marque la fin de la génération du Comité Karabakh. Elle est portée par le député Nikol Pachinian.
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Arménie : sortir du postsoviétisme ?

Analyse. La crise qui secoue la République depuis deux semaines marque la fin de la génération du Comité Karabakh. Elle est portée par le député Nikol Pachinian.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 08h26
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 16h48
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            

Analyse. En 1991, l’Arménie est sortie du soviétisme, à l’image des autres Républiques de l’URSS. Près de trois décennies plus tard, la République d’Arménie est-elle en train de sortir du post-soviétisme ? A la faveur d’un mouvement de protestation sans précédent depuis la fin de la guerre froide dans la capitale, Erevan, tout semble indiquer que ce processus d’affranchissement est lancé.
Les trois présidents qui se sont succédé à la tête de cette petite république du Caucase du Sud – Levon Ter-Petrossian (1991-1998), Robert Kotcharian (1998-2008), Serge Sarkissian (2008-2018) – ont eu la même technique de gestion : démontrer qu’il n’y avait pas d’alternative à leur choix politique. Serge Sarkissian, récemment élu premier ministre, l’a reconnu, le 23 avril, dans sa lettre de démission : « Je me suis trompé », a-t-il écrit, dans un rare moment de sincérité, mettant fin à au moins dix ans d’autoritarisme et d’intimidations à l’adresse d’un peuple vivant dans la peur et la pauvreté et qui tient là sa revanche contre le régime mais aussi sur lui-même.
La crise qui secoue la République depuis deux semaines marque la fin de la génération du Comité Karabakh, fer de lance de la lutte pour l’indépendance de l’Arménie en 1988 et au pouvoir depuis 1991. Elle est portée depuis le début des manifestations, le 13 avril, par une jeune génération qui n’a jamais connu le communisme.
Cette jeunesse, incarnée par son leadeur, le député Nikol Pachinian, veut rompre avec les pratiques claniques et népotiques du pouvoir, stopper le pillage des ressources du pays aux mains de quelques puissantes familles d’oligarques et assainir l’appareil d’Etat de toute corruption endémique.
Mettre fin à l’état-parti
Les rassemblements populaires se veulent solidaires, joyeux, en rupture avec le cynisme et l’égoïsme d’un pouvoir fataliste qui s’autorisait tout sans jamais rendre le moindre compte à la population. Cette vague de protestation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Pour le politologue, la démission du premier ministre Serge Sarkissian, ancien président de la République arménienne (2008-2018), ne signifie pas la chute intégrale de son régime.
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Hrand Mikaelian : « L’ex-premier ministre arménien a tout fait pour dépolitiser la société »

Pour le politologue, la démission du premier ministre Serge Sarkissian, ancien président de la République arménienne (2008-2018), ne signifie pas la chute intégrale de son régime.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 06h41
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            
[Petite République du Caucase du Sud, de 3 millions d’habitants, l’Arménie est secouée par une crise majeure depuis deux semaines, au cours de laquelle le premier ministre Serge Sarkissian a démissionné le 23 avril sous la pression de la rue, hostile à son maintien au pouvoir après deux mandats présidentiels (2008-2018). Le leader de l’opposition, Nikol Pachinian, appelle les citoyens arméniens à poursuivre la « révolution de velours » en manifestant le 1er mai, jour de l’élection du prochain premier ministre par le Parlement toujours aux mains du régime incarné désormais par le premier ministre intérimaire, Karen Karapetian. La Russie, alliée de l’Arménie dans la région, a proposé sa médiation pour régler la crise et appelé Erevan à respecter le droit.]
Hrand Mikaelian est un jeune politologue arménien issu d’une génération qui n’a jamais connu l’URSS. Il travaille à Erevan comme chercheur au Caucasus Institute.
Hormis la corruption endémique, les inégalités sociales et l’autoritarisme du président Serge Sarkissian, quelles sont les raisons sous-jacentes de la crise politique actuelle ?
Il faut souligner que la corruption, les tensions sociales et l’autoritarisme du président sortant et de son gouvernement ont très souvent été exagérés. Mais, en tout cas, beaucoup de gens avaient cette vision de Sarkissian et de son gouvernement. Cela dit, il y a plusieurs raisons à la crise politique en cours.
Tout d’abord, le crédit du Parti républicain d’Arménie (HHK) était très bas. Si, en 2009, le niveau de confiance envers le président s’élevait à 46 %, il était descendu à 17 % en 2017 selon le Caucasus Barometer de 2009 et 2017 publié par le Caucasus Research Resource Center (CRRC).

En deuxième lieu, malgré sa faible popularité, le HHK a tout fait pour dépolitiser la société et réduire le degré d’engagement politique des citoyens. Il n’y a plus d’élection présidentielle au suffrage universel, le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Levon Abrahamian, professeur d’anthropologie politique à Erevan, estime que la société civile a pris son destin en main – même s’il reste des défis à surmonter.
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Les Arméniens « ne connaissent pas la peur »

Dans une tribune au « Monde », Levon Abrahamian, professeur d’anthropologie politique à Erevan, estime que la société civile a pris son destin en main – même s’il reste des défis à surmonter.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 10h35
    |

Levon Abrahamian (Professeur d'anthropologie politique et membre de l'Académie nationale des sciences de la République d'Arménie)







                        



                                


                            
Tribune. Dimanche 22 avril à Erevan, sur la place de la République noire de monde, un de mes anciens étudiants m’a demandé si nous avions une chance de gagner. Je lui ai répondu que je ne le pensais pas. Le lendemain, le premier ministre arménien, Serge Sarkissian, a démissionné. Comme moi, beaucoup de gens ont été surpris par la rapidité des événements et par les foules, de plus en plus importantes, qui ont participé aux rassemblements.

Comment des marches de protestation, lancées à l’initiative de Nikol Pachinian, député au Parlement et dirigeant du parti d’opposition Contrat civil, ont-elles pu entraîner le pays dans la situation de crise politique qu’il connaît actuellement ? Les manifestations ont commencé lorsque Serge Sarkissian, alors président de la République d’Arménie, a prétendu pourvoir à un troisième mandat, cette fois-ci en tant que premier ministre. Les manifestants ont refusé, avec le slogan « Merjir Serjin » (« Serge, dégage »).
Le mouvement est en fait dirigé contre la nouvelle Constitution, qui accorde un pouvoir absolu au premier ministre, élu par des députés appartenant en majorité au Hayastani Hanrabedagan Koussagtsoutioun (HHK, le parti républicain d’Arménie), dirigé par Serge Sarkissian lui-même. Ce nouveau texte fournit aussi un mécanisme idéal de reconduction au pouvoir, perpétuant de fait le système de parti unique de l’ère communiste.
Abondamment critiqué, le projet a tout de même été adopté par référendum en 2015, grâce à la distribution de pots-de-vin et autres manipulations habituelles du scrutin. Et c’est avec les mêmes méthodes que les élections législatives de 2017 ont donné la majorité au HHK, verrouillant ainsi l’organisme suprême du pouvoir.
La jeunesse dans la rue
Les gens se demandent pourquoi des manifestations de masse comme celles qui ont lieu actuellement n’ont pas été organisées à l’époque? dès ce moment-là. Les recherches que j’ai faites sur les mouvements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Depuis 1988, Arméniens et Azerbaïdjanais sont en conflit à propos de la province du Haut-Karabakh. Dans une tribune au « Monde », l’éditorialiste Hagop Badalian estime que, pour l’instant, le mouvement de contestation ne compromet pas la sécurité de l’Arménie.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le mouvement de contestation en Arménie n’a pas déstabilisé l’équilibre politique avec l’Azerbaïdjan »

Depuis 1988, Arméniens et Azerbaïdjanais sont en conflit à propos de la province du Haut-Karabakh. Dans une tribune au « Monde », l’éditorialiste Hagop Badalian estime que, pour l’instant, le mouvement de contestation ne compromet pas la sécurité de l’Arménie.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 11h10
    |

Hagop Badalian (Editorialiste au journal d'opposition "Lragir" ("Quotidien") à Erevan)







                        



                                


                            

Tribune. En Arménie, la ligne rouge n’a pas été franchie. Mais l’Azerbaïdjan franchira-t-il la ligne de démarcation ? En Arménie, depuis le 13 avril, tout au long du mouvement #Im Kayle (ma démarche), initié par Nikol Pachinian contre le gouvernement de Serge Sarkissian et favorable à un changement de pouvoir, une question circule dans toutes les têtes : le conflit du Haut-Karabakh, province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan en 1921 et théâtre d’une guerre entre Arméniens et Azerbaïdjanais (1990-1994) – dont le règlement de paix est placé sous l’égide du Groupe de Minsk de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) coprésidé par la France, les Etats-Unis et la Russie – va-t-il dégénérer ?
Cette question guette l’ensemble des acteurs depuis le début de la crise à Erevan. Les autorités l’ont instrumentalisée dans le but de manipuler l’opinion publique et de maîtriser les foules sous prétexte que les tensions internes risquaient de favoriser une agression de la part de l’Azerbaïdjan susceptible de profiter des tensions actuelles en Arménie.
Le mouvement s’est abstenu de jeter de l’huile sur les secteurs stratégiques du pays, sur la politique étrangère et sur les relations internationales
Dans le Caucase du Sud plus qu’ailleurs, la frontière entre la manipulation et le réel danger est mince. Car, l’adversaire armé jusqu’aux dents est juste de l’autre côté de la frontière de l’Arménie et du Haut-Karabakh (« République d’Artsakh ») et n’hésite pas à exprimer par la voix de son président Ilham Aliev sa volonté de régler le conflit par le recours à la force sans cacher ses intentions de poursuivre l’offensive jusqu’à Erevan.
La question ne traduit pas seulement une inquiétude arménienne, car une éventuelle agression peut donner lieu à une escalade militaire régionale, le Caucase étant, eu égard à sa position géostratégique, un maillon sensible pour la sécurité internationale.
Une certaine...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Richard Giragosian, directeur d’un think tank indépendant à Erevan, explique dans une tribune au « Monde » qu’à aucun moment la géopolitique n’est entrée en jeu, même si Moscou cherche un moyen de conserver la main.
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édition abonné


Arménie : « Une transition politique sans volte-face stratégique »

Richard Giragosian, directeur d’un think tank indépendant à Erevan, explique dans une tribune au « Monde » qu’à aucun moment la géopolitique n’est entrée en jeu, même si Moscou cherche un moyen de conserver la main.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 16h08
    |

Richard Giragosian (directeur du Regional Studies Center (RSC), un think tank indépendant basé à Erevan, en Arménie)







                        



                                


                            

Tribune. En Arménie, des dizaines de milliers de manifestants pacifiques ont réussi l’exploit de contraindre le leadeur du pays à quitter le pouvoir. Au terme d’à peine onze jours de protestations, la démission de Serge Sarkissian est aussi significative que soudaine.
La situation actuelle en Arménie est exceptionnelle à maints égards. Tout d’abord, c’est l’un des rares pays au monde où le peuple a réussi à prendre le pouvoir, et ce après des manifestations non violentes. Après deux mandats passés à la présidence (2008-2018) puis quelques jours en tant que premier ministre, Serge Sarkissian ne semblait pas près de quitter le devant de la scène si rapidement ni si facilement.
Saluons d’ailleurs le fait qu’il s’est abstenu de recourir à la force pour rester au pouvoir. Il se pourrait cependant que cet exploit ne constitue que la partie la plus facile de la transition. Aujourd’hui, le pays doit d’urgence forger un consensus, trouver des compromis et mettre en place un nouveau gouvernement.

Lors de cette « révolution de velours », à aucun moment la géopolitique n’est entrée en jeu. Ce point est particulièrement notable étant donné la dualité de l’alliance stratégique avec la Russie et la permissivité inhabituelle de celle-ci. Tandis qu’aucun dirigeant de l’opposition ni aucun membre du gouvernement n’ont essayé de faire jouer la géopolitique internationale, il est fort étonnant qu’un chef loyal et soumis d’un petit pays fermement ancré dans l’orbite russe n’ait pas été défendu par Moscou et n’ait pas tenté d’appeler la Russie à la rescousse.
L’Arménie est dépendante du gaz naturel russe
Contrairement à ce qui s’est passé en Ukraine ou en Géorgie, en Arménie, la transition politique ne repose pas sur une volte-face stratégique. Si, jusqu’à présent, les manifestations ont suivi un agenda local plutôt que géopolitique, il ne fait nul doute que des considérations d’ordre stratégiques exerceront une influence sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Pour la première fois, Sabrina Kouider, au cœur de l’accusation, a témoigné. Elle a reconnu avoir frappé Sophie Lionnet.
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Meurtre de la jeune fille au pair Sophie Lionnet : dans la tête de la meurtrière présumée

Pour la première fois, Sabrina Kouider, au cœur de l’accusation, a témoigné. Elle a reconnu avoir frappé Sophie Lionnet.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 21h45
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 09h25
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


A Londres, depuis le début du procès du meurtre de la jeune fille au pair Sophie Lionnet voilà cinq semaines, la principale accusée était restée silencieuse. Assise dans le box des prévenus, elle regardait fixement devant elle, se contentant de secouer de temps en temps la tête. Mais pour la première fois, vendredi 27 avril, Sabrina Kouider a témoigné.
Le jury a découvert une femme de 35 ans plus que jamais obsédée par ce qu’elle considère comme la vérité. Sa vérité. Pour elle, cela ne fait aucun doute : ses deux enfants ont été abusés sexuellement par son ancien compagnon, Mark Walton. Et Sophie Lionnet aurait été sa complice.
Tout indique pourtant que cette histoire est complètement fantaisiste : Mark Walton habitait alors aux Etats-Unis et n’a pas mis les pieds au Royaume-Uni en 2017. La maison où les abus auraient eu lieu n’existe même pas.
Mais Mme Kouider n’en démord pas : les maltraitances qu’elle a infligées à Sophie Lionnet servaient à protéger ses enfants. Ces mauvais traitements ont conduit à la mort de la jeune fille au pair, dont le cadavre a été retrouvé par les pompiers le 20 septembre 2017 alors qu’Ouissem Medouni, le mari de Mme Kouider, tentait d’en brûler les restes.
En larmes, la voix étranglée, Mme Kouider a reconnu avoir frappé « très fort » avec un câble électrique Sophie Lionnet, quelques jours avant sa mort. « Je l’ai frappée sur les bras et les jambes. Je criais le nom de mes enfants en même temps. »
La longue descente aux enfers de la jeune fille au pair a commencé en janvier 2016, quand elle s’est installée chez le couple français, qui habitait Wimbledon, au sud de Londres. Elle dormait dans la chambre des enfants et était très mal payée, mais la situation était relativement stable jusqu’en mai 2017. Un soir, le plus jeune des deux enfants, qui avait alors 4 ans, est rentré de l’école avec la jeune fille au pair. « Il m’a dit qu’il était allé dans une nouvelle maison, où il y avait un chien, qu’il avait un nouveau papa et une nouvelle maman et qu’ils allaient le tuer avec un pistolet », raconte Mme Kouider.
« Je l’ai mis au coin »
Trois ans plus tôt, cette dernière avait déjà été persuadée que son fils aîné avait été victime d’abus sexuels de la part de Mark Walton. Voilà que tout recommencerait. « Au début, je ne voulais pas croire [mon enfant]. Je l’ai mis au coin et je lui ai mis du piment sur les lèvres pour qu’il ne dise plus de mensonges. » Mais rapidement, Mme Kouider se convainc que son petit garçon raconte la vérité. La preuve ? Quand elle lui montre la photo de Mark Walton, celui-ci dit le reconnaître. Sept mois après le meurtre, elle n’en démord pas : « Je crois [mon fils]. »
Le calvaire de la jeune fille au pair commence alors vraiment. Mme Kouider l’emmène jusqu’à un commissariat, espérant que les policiers pourront faire des recherches qui révéleraient l’emplacement du domicile où auraient eu lieu les abus. Face à l’indifférence des forces de l’ordre, elle et son mari se lancent dans de longues recherches de ladite maison, en vain.
Ils font subir de longs interrogatoires à Sophie Lionnet, que le couple enregistre, espérant obtenir une pièce à conviction contre Mark Walton. On y entend Mme Kouider, hystérique, hurler sur la jeune fille au pair. Des bruits de coups sont audibles. A la fin, la jeune fille finira par tout « avouer » dans une vidéo dans laquelle on la voit, épuisée, visage émacié.
Lors de son témoignage, M. Medouni a raconté comment il s’est lui aussi persuadé de la complicité de Sophie Lionnet avec Mark Walton. Ensemble, ils ont installé des caméras de surveillance chez eux, pensant que Mark Walton s’était introduit dans la maison familiale après en avoir drogué tous les membres. Ensemble, ils ont interrogé la jeune fille au pair. Mais le procès devra aider à déterminer qui a porté le coup fatal, et si le meurtre a été prémédité.
Comment Mme Kouider en est-elle arrivée à se retrouver dans un tel état second ? Très brièvement, elle a fait référence à des abus sexuels qu’elle aurait subis de son oncle quand elle était enfant. Les témoignages de ses anciens compagnons concordent : ils décrivent une femme charmante, qui peut subitement entrer dans une rage folle. Selon M. Medouni, elle rêvait parfois de l’avoir vu avec d’autres femmes ; elle le réveillait alors en pleine nuit, furieuse et accusatrice, ne discernant plus la réalité de son imagination.

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                Londres : au procès du meurtre de la jeune fille au pair, les revirements de Ouissem Medouni






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ La condamnation en Espagne de cinq jeunes à une peine inférieure à celle demandée par le parquet pour agression sexuelle a provoqué des manifestations.
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Procès de « la Meute » de Pampelune : le gouvernement espagnol prêt à revoir le code pénal

La condamnation en Espagne de cinq jeunes à une peine inférieure à celle demandée par le parquet pour agression sexuelle a provoqué des manifestations.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 20h34
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 06h44
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Qu’est-ce qu’un viol ? Où doit-on placer la ligne entre une agression sexuelle et un abus sexuel ? L’absence de consentement ne suffit-elle pas ? Faut-il qu’il existe des menaces ou des coups ? Est-il nécessaire que la victime résiste pour que le viol soit attesté ? Que ces questions agitent l’Espagne est peu dire. Le pays est en émoi depuis le verdict prononcé, jeudi 26 avril, par un tribunal de Pampelune dans l’affaire dite de « la Meute ».
Cinq hommes âgés de 27 à 29 ans ont été condamnés à neuf ans de prison pour « abus sexuel » aggravé « d’abus de faiblesse » contre une jeune femme de 18 ans, à laquelle ils ont imposé des relations sexuelles en groupe dans le hall d’un immeuble, en marge des fêtes de Pampelune de 2016.
Les trois juges chargés de l’affaire ont rejeté le délit d’« agression sexuelle », provoquant la colère de milliers de personnes qui sont sorties dans les rues des principales villes du pays à l’appel des associations féministes en brandissant des pancartes contre « la justice patriarcale » et sous les slogans « Ce n’est pas un abus, c’est un viol » et « Moi, je te crois ».

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                Colère en Espagne à la suite de la condamnation pour « abus sexuels » de « la Meute » de Pampelune



La polémique a même atteint le gouvernement espagnol, sommé par les médias de prendre position. Après avoir demandé que soit respecté le travail des juges, soumis à une forte pression sociale, le ministre de la justice, Rafael Catala, a demandé à la Commission générale de qualification des crimes et délits qu’elle étudie l’opportunité de l’actualisation des paragraphes du code pénal en matière d’agression sexuelle, qui date de 1995.
Le parquet entend faire appel
La justice espagnole fixe comme critères objectifs aux condamnations pour « agression sexuelle » que « l’atteinte à la liberté sexuelle » se produise par le biais de « l’utilisation de la violence ou de l’intimidation ». Les « abus sexuels » sont ceux qui se produisent « sans violence ou intimidation, et sans qu’il y ait consentement ».
Le gouvernement a déjà pris position dans l’affaire, par le biais du porte-parole Iñigo Mendez de Vigo, qui a regretté « la méprisable agression sexuelle subie par la jeune femme » et annoncé, vendredi, que le parquet, qui avait demandé vingt-deux ans de prison pour un délit « d’agression sexuelle », entend faire appel du jugement. « Le gouvernement est et sera toujours contre ce fléau qu’est la violence contre les femmes », a dit M. Mendez de Vigo.
Dans la même lignée, la ministre de la défense et secrétaire générale du Parti populaire (PP), Maria Dolores de Cospedal, avait déjà demandé la révision de la qualification juridique du viol, en insistant sur le fait que « comme personne, comme citoyenne et comme femme », il lui était difficile « d’admettre le contenu du verdict ». Plus généralement, tous les partis ont regretté la décision des juges.
Le « #metoo » espagnol
L’affaire de « la Meute », c’est le « #metoo » espagnol. Dès le début, le récit de la victime a été mis en doute. Les avocats des accusés ont fourni aux juges des photos – obtenues par un détective – de la jeune fille après l’agression, souriante. Le juge a accepté l’un des clichés comme preuve. Et dans les médias, une partie de l’opinion a culpabilisé la victime. Parce qu’elle a accepté qu’un groupe d’hommes qu’elle venait de rencontrer l’accompagne jusqu’à sa voiture. Parce qu’elle était seule, à trois heures du matin. Parce qu’elle ne s’est pas débattue lorsqu’ils lui ont soudain saisi le poignet pour l’entraîner dans un coin sombre. Parce que sur les vidéos, « humiliantes » selon les juges, qu’ils ont prises de l’agression, elle garde en permanence les yeux fermés, soumise, sans réaction, pendant qu’ils la manipulent « comme un objet ». En position de faiblesse face à cinq hommes, dont un militaire et un garde civil, elle assure être entrée en état de choc.
Pour toutes ces raisons, les Espagnols ont suivi le procès cet hiver, en direct et avec passion. Le risque était que le tribunal relaxe les cinq hommes. L’un des trois juges a d’ailleurs défendu cette posture lors du verdict, en estimant que la vidéo des accusés montrait « des actes sexuels dans une ambiance de fête et de jouissance ». En les condamnant à neuf ans de prison pour « abus sexuel » et en y ajoutant la condition aggravante de supériorité physique, les juges ont validé la version de la victime, mais ils n’ont cependant pas satisfait ceux qui voulaient en faire un procès exemplaire.

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                Le procès des auteurs d’un viol collectif agite l’Espagne



Pour le porte-parole de l’association progressiste Juges pour la démocratie, Joaquim Bosch, l’interprétation du tribunal sur l’absence d’« intimidation », comprise comme des menaces, « se base sur la jurisprudence ». Mais il reconnaît que « le contexte et les circonstances de l’affaire paraissent refléter une intimidation qui annule toute résistance et supposerait une agression sexuelle ».
La véritable question que pose le procès de « la Meute » est, selon lui, qu’« historiquement, la jurisprudence ne s’est pas mise à la place des victimes pour comprendre les particularités de ces cas ». Et de demander « plus de formation depuis une perspective de genre pour percevoir cette complexité » ainsi que « des réformes légales qui en tiennent compte ».
La société espagnole les réclame. Les partis politiques aussi. Et le gouvernement espagnol se montre prêt à les aborder. Le « #metoo » espagnol est bien décidé à changer un système judiciaire perçu comme « patriarcal ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Depuis quarante ans, des associations effectuent un travail de sensibilisation pour faire redécouvrir le passé colonial allemand, peu connu.
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Reportage

Le long combat des militants africains pour décoloniser les rues de Berlin

Depuis quarante ans, des associations effectuent un travail de sensibilisation pour faire redécouvrir le passé colonial allemand, peu connu.

Par                Aimie Eliot (contributrice Le Monde Afrique, Berlin)



LE MONDE
              datetime="2018-04-27T17:43:39+02:00"

        Le 27.04.2018 à 17h43






    
La place Nachtigal et l’avenue Peters, à Berlin, portent le nom de figures controversées de l’histoire coloniale allemande.
Crédits : MICHELE TANTUSSI/AFP


Rue du Togo, du Cameroun ou encore du Ghana : au détour d’une dizaine d’artères, l’Afrique surgit dans le quartier résidentiel sans charme de Wedding, dans le nord-ouest de Berlin. Cet Africanisches Viertel (« le quartier africain »), comme le surnomment les riverains, fait bondir Mnyaka Sururu Mboro, fondateur de l’association Berlin Postkolonial : « Il ne mérite qu’un seul nom, le quartier colonial ! », tonitrue l’enseignant à la retraite d’origine tanzanienne dans un café des alentours où le même Formica semble sommeiller depuis 1978, année où il a posé ses valises dans la capitale allemande.
Alors qu’on lui vantait un Berlin-Ouest ouvert sur le monde, idéal pour y poursuivre ses études, il découvre qu’on y glorifie le passé colonial allemand. « Cela n’avait rien d’un hommage à l’Afrique, comme je l’ai d’abord naïvement cru, se souvient-il. La rue Transvaal évoque la colonie sud-africaine où vivaient les Boers, colons d’origine allemande, entre autres, et la rue Tanga un poste militaire d’Afrique orientale allemande. Ce sont tous des endroits qui évoquent implicitement la domination allemande sur le continent. » 

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                Berlin va rebaptiser des rues évoquant la colonisation allemande en Afrique



Trois toponymes sont sans équivoque : la rue Lüderitz, la place Nachtigal et l’avenue Peters, qui portent les noms de figures de l’histoire coloniale allemande ayant pris part, de près ou de loin, aux exactions perpétrées en Afrique. « Carl Peters était une véritable brute, il pratiquait des expéditions punitives où il torturait les populations locales qui ne voulaient pas lui céder ses terres », raconte Mnyaka Sururu Mboro. Il aura fallu près de quarante ans pour que l’enseignant voie la commission de la culture de l’arrondissement recommander, le 11 avril, que ces trois rues soient rebaptisées.
« Beaucoup pensent que le pays n’a pas eu de colonie »
Un soulagement pour celui qui a initié la première vague de contestations dans les années 1980. « Avec un groupe d’amis africains, nous avions fabriqué de faux noms qu’on avait collés sur les panneaux de rue et personne ne s’en était rendu compte ! », sourit-il. Le mouvement prend de l’ampleur dans les années 2000, soutenu par la deuxième génération de la diaspora africaine. Mnyanka Sururu Mboro crée alors l’association Berlin Postkolonial, qui plaide pour « une lecture critique de l’histoire coloniale allemande » et la disparition de cet « ingrat hommage » présent dans différents coins de la ville.
Mais l’association se heurte à la méconnaissance générale de la période et peine à imposer la question dans le débat public. « En Allemagne, on a consacré beaucoup de temps et d’énergie à parler de la seconde guerre mondiale, du nazisme et de la Shoah, et le colonialisme allemand est passé à la trappe, on n’en parle pas et on l’enseigne peu, regrette Christian Kopp, historien et militant au sein de l’association. D’ailleurs, dans les livres d’histoire à l’école, le sujet se résume à quelques pages. Beaucoup pensent que le pays n’a pas eu de colonie, à la différence de la France ou du Royaume-Uni. »

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                Lumière sur l’histoire du colonialisme allemand, une première à Berlin



Persuadés que leur lutte ne sera relayée qu’à coups d’actions de sensibilisation, les militants commencent à descendre dans la rue en 2007. Armés de frises, de cartes et de photos d’archives, ils organisent des visites guidées et racontent, au pied des panneaux de rue, les dessous de leur sombre nomenclature. « Cela permet d’éveiller les consciences, affirme Joshua Kwesi Aikins, l’un des guides de l’association. J’ai vu plusieurs habitants du quartier se mettre à pleurer pendant mes explications. »
Les visites ébranlent. Dérangent, aussi. Les militants sont pris à partie par des riverains qui les accusent de venir semer le trouble dans un quartier sans histoires. « Des gens sont venus me voir en me disant que je racontais n’importe quoi, que Lüderitz était une bonne personne, qu’il s’était rendu en Afrique et qu’il avait donné sa fortune aux populations », souligne, atterré, Abdel Amine Mohammed, un jeune Togolais membre de l’association.
Pour une reconnaissance du génocide en Namibie
A l’annonce, mi-avril, des nouveaux noms de rue retenus dans la liste soumise par les militants, ceux-ci ont pu célébrer le premier pas vers la victoire. La commission culturelle de l’arrondissement a choisi trois symboles de la résistance anticoloniale : Anna Mungunda, de la communauté herero, et Cornelius Frederiks, du peuple nama, pour la Namibie ; Rudolf Manga Bell pour le Cameroun. Elle a aussi proposé de faire figurer l’insurrection des Maji-Maji, soulèvement contre l’oppression coloniale en Tanzanie entre 1905 et 1907.
Un changement de perspective sur la période qui reflète une lente progression des mentalités, souligne Joshua Kwesi Aikins : « Le sujet est entré dans le débat public et les politiques réalisent enfin que l’ancrage du racisme dans ce pays et les discriminations raciales que subissent les communautés noires ont à voir avec ce type de commémorations, qui doivent cesser. » Quand le maire annoncera-t-il officiellement le changement des plaques ? « Cela pourrait prendre quelques mois et les riverains ont le droit de s’y opposer, mais il y a très peu de risques que cela arrive », affirme, confiant, Christian Kopp.

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Berlin Postkolonial n’en a pas pour autant fini de militer pour que l’Allemagne repense son passé colonial. Sur un autre front, l’association réclame depuis des années que l’Etat reconnaisse officiellement le génocide des Herero et des Nama entre 1904 et 1908 en Namibie. « Je suis fière qu’Anna Mungunda ait été choisie pour remplacer le nom d’un criminel », souligne Israel Kaunatjike, représentant de l’ethnie herero à Berlin, qui exige aujourd’hui excuses et réparations de la part de l’Etat allemand : « J’espère que la décolonisation des rues poussera le gouvernement à réaliser qu’il ne peut plus échapper à ses responsabilités. » Une plainte contre Berlin a été déposée devant un tribunal de New York, qui doit rendre son jugement en mai.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le rapport d’un groupe d’experts dénonce la détention de migrants dans des camps à la frontière de la Serbie. Ce n’est pas la première fois que Budapest est critiqué pour son traitement des migrants.
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Le traitement des migrants par la Hongrie critiqué dans un rapport du Conseil de l’Europe

Le rapport d’un groupe d’experts dénonce la détention de migrants dans des camps à la frontière de la Serbie. Ce n’est pas la première fois que Budapest est critiqué pour son traitement des migrants.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h01
   





                        


Connue pour son hostilité à l’accueil de migrants, la Hongrie vient d’être épinglée par un rapport du Conseil de l’Europe pour les conditions de détention de ces derniers. Le pays doit mieux identifier les victimes du trafic d’êtres humains parmi les migrants et les demandeurs d’asile qui sont « privés de liberté » dans des camps à la frontière avec la Serbie, dit un rapport de l’organisme, vendredi 27 avril.
« La capacité de détection des victimes potentielles de la traite des migrants et des demandeurs d’asile en Hongrie s’est détériorée, » estime le Groupe d’experts du Conseil (Greta) sur la traite des êtres humains. Le rapport fait suite à une visite dans les deux camps mis en place par les autorités hongroises à la frontière serbe, à Röszke et à Tompa (Sud). Les experts ont constaté que les demandeurs d’asile y attendaient une décision concernant leur demande d’asile, avec interdiction de pénétrer dans le reste du territoire hongrois.
La Commission européenne, le haut-commissaire de l’ONU et de nombreuses associations ont critiqué cette mesure entrée en vigueur en 2017, qu’ils assimilent à la détention. Budapest conteste ce terme, soulignant qu’il est possible aux migrants de quitter les lieux s’ils retournent en Serbie, pays par lequel ils sont entrés. Une dizaine de demandeurs sont admis chaque jour dans ces camps en provenance de Serbie.

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Des employés incapables de renseigner les migrants sur leurs démarches administratives
« Sous la surveillance des gardes armés, les demandeurs d’asile dans les zones de transit sont privés de liberté, détenus dans des locaux exigus, entourés de barbelés », qui ne peuvent être considérés comme un hébergement « approprié et sûr pour les victimes de la traite », selon le Greta. La délégation dit avoir constaté que la plupart des employés travaillant dans les zones de transit « ne pouvaient ni expliquer les procédures à suivre ni renseigner sur les autorités compétentes » pour prendre en charge ce public vulnérable, notamment les mineurs.
En outre, le rapport a listé 79 cas « d’expulsions collectives de migrants irréguliers » vers la Serbie, en moins de deux semaines, en décembre 2017. Ces expulsions affectent la capacité de la Hongrie à identifier et à prendre en charge les victimes de trafic, selon le rapport. Budapest, dans sa réponse au Greta, a jugé « sans fondement » cette référence à la pratique d’expulsions collectives.
La Hongrie, où le premier ministre souverainiste Viktor Orban vient d’être réélu pour un troisième mandat d’affilée, s’est illustrée depuis 2015 par son discours vindicatif contre l’accueil de migrants extraeuropéens et par une série de mesures durcissant la politique migratoire du pays. Le pays a reçu en 2017 3 397 demandes d’asile et a accordé le statut de protection subsidiaire, ou celui de réfugié, à 1 216 personnes.
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            data-slide-description="Un panneau sur la clôture annonce la frontière qui sépare la Hongrie de la Serbie."
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            data-slide-description="Un Pakistanais soigne une blessure au genou. Il dit avoir été battu par la police hongroise alors qu’il tentait de franchir illégalement la frontière."
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            data-slide-description="Des enfants venant de Syrie et d’Afghanistan apprennent l’anglais avec leur professeur serbe, Tamara."
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            data-slide-description="Des migrants se rasent à tour de rôle."
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            data-slide-description="Des femmes du Kurdistan irakien étendent du linge."
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            data-slide-description="Des migrants chargent la batterie de leur téléphone."
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            data-slide-description="Une femme vient de recevoir le déjeuner de la Croix-Rouge."
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            data-slide-description="Les hommes font la queue en attendant le service du déjeuner."
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            data-slide-description="Un Pakistanais fait une sieste."
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            data-slide-description="Un homme cuisine les légumes achetés au village."
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            data-slide-description="Des hommes attendent de savoir qui pourra passer le lendemain en Hongrie."
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            data-slide-description="Le garde champêtre hongrois Szalma Tamàs a récemment découvert trente et un migrants illégaux dans la forêt."
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            data-slide-description="Mohammed, l’autodesigné leader du camp de transit, apprend de la police hongroise les noms des quinze personnes qui seront autorisées à passer en Hongrie le lendemain."
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            data-slide-description="La liste complète."
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            data-slide-description="Des femmes et des enfants du camp de Tompa-Subotica, près de la clôture marquant la frontière."
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            data-slide-description="Une Syrienne dormant dans son lit. Le camp de transit de Subotica a été conçu pour 70 migrants, il en accueille actuellement 250, seuls quelques-uns ont une chambre."
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            data-slide-description="Les migrants qui se trouvent sur la liste des partants attendent le bus qui doit les conduire, après des entretiens et des examens, dans la zone de transit de Röszke (Hongrie)."
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            data-slide-description="László Toroczkai, le maire d’Ásotthalom, la commune hongroise située de l’autre côté de la frontière, dans son bureau. Il est le vice président du parti d’extrême droite Jobbik."
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Un panneau sur la clôture annonce la frontière qui sépare la Hongrie de la Serbie.

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Mis à l’écart à Rome, Salvini retrouve ses fiefs du nord de l’Italie

En campagne dans le Frioul pour l’élection régionale de ce dimanche, le président de la Ligue a concentré ses efforts sur ses fiefs électoraux, loin des tractations pour former un gouvernement.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 17h03
    |

            Jérôme Gautheret (Codroipo, Trieste (Frioul -Vénétie julienne), envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Eh bien, ils ne sont pas ponctuels… » Sans desserrer les dents, une femme un peu âgée et plutôt apprêtée peste en regardant sa montre, attablée à une terrasse de la place centrale de Codroipo. L’esplanade de la mairie se remplit. Des jeunes et des moins jeunes, des enfants… Ici, l’attachement à la Ligue est une affaire de famille, et c’est toutes ensemble que plusieurs centaines de personnes attendaient, lundi 23 avril, dans la douceur d’un début de soirée, le chef de file de la droite, candidat à l’élection du 29 avril dans cette région du Frioul-Vénétie julienne, Massimiliano Fedriga (Ligue), et, surtout, le dirigeant national du mouvement, Matteo Salvini.
Ils arrivent avec une bonne demi-heure de retard, mais comment aurait-il pu en être autrement ? Depuis 9 heures, c’est la sixième réunion publique de la journée pour les deux hommes, du centre de Trieste aux confins montagneux du Frioul et à la frontière slovène. Plus de cinquante jours après les élections législatives du 4 mars qui ont vu la coalition de droite arriver en tête avec 37 % des voix, le chef de la Ligue joue la carte du contraste.

Alors que le président de la République, Sergio Mattarella, vient de charger le président de la Chambre des députés, Roberto Fico, d’un « mandat exploratoire » pour évaluer les chances de constituer un gouvernement autour du Mouvement 5 étoiles (32 %) et du Parti démocrate (PD), grand perdant du scrutin, M. Salvini arpente le pays, de place de village en théâtre municipal, dans une campagne qui semble ne jamais devoir finir, loin des tractations d’arrière-salles qui se multiplient dans le secret des palais romains.
« Pas de miracles »
« La région, c’est le quotidien, commence Salvini. L’hôpital, les routes… », égrène-t-il, en bras de chemise, debout sur la table de plastique qui lui tient lieu d’estrade. Il poursuit : « Je ne vous promets pas de miracles. » Et la foule lui répond : « On n’en...




                        

                        

