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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Pour peser sur l’élection, Nikol Pachinian, à qui il manque 11 voix pour être élu premier ministre, a appelé ses partisans à organiser un meeting géant dans la soirée.
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Arménie : nouvelle manifestation pour soutenir la candidature de l’opposant Nikol Pachinian

Pour peser sur l’élection, Nikol Pachinian, à qui il manque 11 voix pour être élu premier ministre, a appelé ses partisans à organiser un meeting géant dans la soirée.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 18h12
   





                        



   


C’est une démonstration de force dans les rues d’Erevan qu’espère l’opposant arménien Nikol Pachinian, dimanche 29 avril. Environ cinq mille personnes se sont réunies sur la place de la République, au cœur de la capitale de l’Arménie, en amont d’une manifestation prévue pour à partir de 17 heures, selon l’Agence France-Presse. Leur objectif : permettre à M. Pachinian, qui ne dispose toujours pas d’assez de soutiens, d’être élu à la tête du gouvernement.
Depuis le 13 avril, cette ancienne république soviétique du Caucase est plongée dans une crise politique sans précédent : un mouvement de protestation a provoqué le 23 avril la démission de Serge Sarkissian, tout juste élu premier ministre, après avoir été le chef de l’Etat pendant dix ans. Convoqué en session extraordinaire mardi, le Parlement arménien doit lui élire un successeur pour diriger le gouvernement.

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Pour peser sur l’élection, Nikol Pachinian a appelé ses partisans à organiser un meeting géant dimanche dans la soirée. « Nos fantastiques rassemblements dans le pays ont eu un effet puissant sur la situation », a-t-il dit à ses partisans dans une vidéo. « Tout ira bien. Nous devons continuer jusqu’à la victoire ».
11 voix manquantes
A la tête du mouvement de protestation, le député Nikol Pachinian, un ancien journaliste et opposant de longue date, est actuellement le seul candidat déclaré pour le poste de premier ministre. Samedi, après des jours de négociations, le parti Arménie prospère, qui compte 31 sièges au Parlement, a annoncé qu’il le soutiendrait, tout comme le parti Fédération révolutionnaire arménienne, qui en a sept. M. Pachinian, 42 ans, peut également compter sur l’appui de la coalition Yelk (neuf sièges), soit un total de 47 voix.

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Mais pour être élu, il doit obtenir le vote de 53 des 105 députés. Il aura donc besoin de quelques transfuges du Parti républicain, qui détient la majorité absolue au Parlement, avec 58 sièges. Ce parti a annoncé qu’il ne présenterait personne en son nom et qu’il attendrait de connaître l’identité de tous les candidats pour arrêter sa position.
« Si trois forces politiques parlementaires soutiennent un seul candidat pour l’élection du premier ministre, alors le Parti républicain ne s’y opposera pas », a d’ores et déjà annoncé Vagram Bagdassarian, le porte-parole du groupe parlementaire du Parti républicain. « Les députés du parti au pouvoir semblent ne pas vouloir être un obstacle à ma candidature », a confirmé Nikol Pachinian, qui a fait part de sa volonté de tenir une réunion avec cette formation politique.
Accueilli en héros
Nikol Pachinian est allé cette semaine à la rencontre de ses partisans à travers l’Arménie, accueilli en héros dans des villes et des villages par des foules agitant le drapeau de l’Arménie.

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Il a également rencontré des députés russes, leur assurant qu’une fois au pouvoir il ne mettrait pas en danger les bonnes relations qu’entretiennent Erevan et Moscou. L’Arménie dépend des investissements et de l’aide de la Russie et abrite une base militaire russe. Des garde-frontières russes patrouillent à sa frontière avec la Turquie et l’Iran.
Après deux semaines d’immobilisme, du moins en public, la Russie a récemment semblé se positionner en médiateur. Jeudi, Vladimir Poutine s’est entretenu au téléphone avec le chef de gouvernement par intérim Karen Karapetian.
Du côté des Etats-Unis, le département d’État a appelé samedi à « une solution qui reflète les intérêts de tous les Arméniens ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Longtemps ignorées, les associations représentant les communautés noires s’affirment et commencent à être entendues par les autorités politiques.
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Reportage

En Allemagne, la diaspora africaine en quête de reconnaissance

Longtemps ignorées, les associations représentant les communautés noires s’affirment et commencent à être entendues par les autorités politiques.

Par                Aimie Eliot (contributrice Le Monde Afrique, Berlin)



LE MONDE
              datetime="2018-04-29T17:45:24+02:00"

        Le 29.04.2018 à 17h45






    
Le député allemand d’origine sénégalaise Karamba Diaby, à Halle, en Allemagne, le 6 septembre 2017.
Crédits : JOHN MACDOUGALL/AFP


D’un bâtiment au crépi fraîchement refait de la rue du Togo, à Berlin, s’envole un concerto de Vivaldi. Les retardataires, escarpins et blouses en wax, s’y engouffrent à petits pas, guidés par la mélopée. Entre les rayons « Auteurs de la diaspora africaine » et « Afrofuturisme » de la bibliothèque flambant neuve de l’organisation Each One Teach One (EOTO) vibrent les violons du String Archestra, un quintet composé de musiciens berlinois issus des minorités ethniques, « traditionnellement écartés de la musique classique à cause de leur origine », selon les mots de sa fondatrice, Daniele G. Daude.
Casser les clichés qui collent à la peau des personnes d’ascendance africaine fait partie des piliers d’EOTO, à qui le ministère allemand de la jeunesse et de la famille vient d’accorder une subvention. « C’est une première en Allemagne pour une association noire », s’enthousiasme Nadja Ofuatey-Alazard, documentariste et secrétaire de l’organisation. Exit le local exigu de la Müllerstrasse, qui n’abritait au départ qu’une petite bibliothèque de quartier dédiée à la littérature africaine ; dans ses nouveaux locaux, EOTO dispose désormais des ressources humaines et logistiques pour devenir un véritable centre de rencontre et de formation « pour toute personne ayant un lien avec l’Afrique », souligne-t-on à la direction de l’organisation.

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                Le long combat des militants africains pour décoloniser les rues de Berlin



Togostrasse 76 : la nouvelle adresse d’EOTO relève du symbole. L’espace est situé au cœur du « quartier africain » de Wedding, où une dizaine de rues font référence au passé colonial de l’Allemagne, glorification d’un amer passé dénoncé depuis des années par les communautés noires. Les quels viennent d’ailleurs d’obtenir que trois de ces rues soient rebaptisées. « On avait la possibilité d’aller à Kreuzberg ou Neukölln, où on trouve beaucoup d’organisations culturelles et multiethniques, précise Daniel Gyamerah, membre de l’organisation. Mais c’était important pour nous de rester là où vit une grande partie de la communauté africaine et de contribuer à décoloniser le quartier ! »
Racisme institutionnel
La soirée d’ouverture a un goût de triomphe, après plusieurs années de lobbying acharné auprès des politiques afin d’obtenir une aide financière. « La politique allemande ne s’est jusque-là jamais vraiment intéressée à la diaspora africaine et met peu en avant ses contributions culturelles et politiques dans la société allemande », déplore Karamba Diaby, premier député allemand d’origine africaine – en l’occurrence sénégalaise –, qui soutient le projet depuis sa création. « Si Berlin est une ville internationale, au niveau héritage africain, zéro ! Comme si l’Allemagne oubliait qu’elle avait eu un passé colonial », renchérit Funmi Kogbe, la directrice d’EOTO, une Nigériane installée à Berlin depuis treize ans.
Négligence pour les uns, refoulement pour les autres, l’attitude de l’Allemagne a contribué, affirment les associations noires, à nourrir un racisme institutionnel. Berlin a de fait été épinglée par les Nations unies, qui dénoncent, dans un rapport publié en 2017, une hausse des discriminations raciales – notamment des contrôles au faciès – envers les communautés d’origine africaine. « Quand vous êtes né ici, que vous ne connaissez que ce pays mais qu’on vous demande, parce que vous êtes visiblement différent, “mais d’où viens-tu vraiment ?”, vous ne pouvez que vous sentir blessé », dénonce Funmi Kogbe.

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C’est la jeunesse allemande d’ascendance africaine qui contribue aujourd’hui à faire bouger les lignes. « A la différence de la première génération, qui n’était pas été très engagée car beaucoup luttaient pour survivre et avaient pour objectif de rentrer en Afrique, la deuxième veut se battre pour revendiquer sa place dans cette société qui est la sienne », commente Karamba Diaby.
Joshua Kwesi Aikins, trentenaire germano-ghanéen membre de l’association Initiative Schwarze Menschen in Deutschland, incarne l’engagement passionné de ces jeunes Afro-Allemands qui se mobilisent pour rappeler au gouvernement qu’il doit garantir « le respect des droits humains en Allemagne, l’accès à la justice pour tous et l’égalité des citoyens devant les lois », énumère le militant. Si les communautés noires commencent timidement à pénétrer les institutions, c’est que les jeunes ont les moyens de se politiser davantage, affirme-t-il : « Il existe désormais des structures associatives où on peut partager nos expériences. Et puis nous connaissons les institutions de l’intérieur, on étudie ici, on sait comment agir. »
Cours d’histoire et atelier coiffure
Joshua Kwesi Aikins anime des ateliers de sensibilisation au racisme au sein de la Black Diaspora School d’EOTO. Depuis qu’elle fréquente cette académie, Cindy Dzifa se dit fière d’être noire : « Grandir dans une société blanche quand on est d’origine africaine, c’est difficile, on fait toujours partie de la minorité. Avec EOTO, je ne me sens plus isolée, j’appartiens à une communauté. » La lycéenne germano-ghanéenne a découvert l’association grâce à sa professeure Saraya Gomis. L’enseignante d’origine sénégalaise, inquiète de voir ses lycéens « véhiculer une image horrible de l’Afrique, qu’ils rejettent », y avait organisé une sortie de classe. Elle est aujourd’hui l’un des membres actifs d’EOTO.

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Du cours d’histoire de l’Afrique à l’atelier coiffure pour cheveux crépus, en passant par des rencontres avec des réalisateurs et des écrivains de la diaspora africaine, EOTO multiplie les angles d’attaque pour forger, dans l’esprit des jeunes Afro-Allemands, une image positive de leur identité. « Il faut leur offrir d’autres histoires que celles des médias, les convaincre que l’hétérogénéité dans une société, c’est beau », souligne Saraya Gomis. Et à ceux qui taxent l’organisation de communautarisme, l’enseignante rétorque : « Si on ne change pas nous-mêmes les choses pour notre communauté, personne ne le fera à notre place. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le président français et la première ministre britannique lancent cet appel à l’occasion du 21e anniversaire de la Convention sur les armes chimiques dimanche 29 avril.
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Emmanuel Macron et Theresa May veulent renforcer l’interdiction des armes chimiques

Le président français et la première ministre britannique lancent cet appel à l’occasion du 21e anniversaire de la Convention sur les armes chimiques dimanche 29 avril.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 13h34
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 13h38
   





                        


Emmanuel Macron et Theresa May appellent à renforcer l’interdiction des armes chimiques. Le chef de l’Etat français et la première ministre britannique ont tous les deux publié sur Twitter un message en ce sens dimanche 29 avril dans la matinée, à l’occasion du 21e anniversaire de la convention qui proscrit l’usage d’armes chimiques.
« A l’occasion du 21ᵉ anniversaire de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, et après les événements de Douma et Salisbury, @Theresa_May et moi appellons [sic] la communauté internationale à renforcer avec nous l’interdiction de ces armes de destruction massive », écrit Emmanuel Macron.
« Il y a vingt et un ans, la convention sur l’interdiction des armes chimiques bannissait l’usage, le développement, la production et le stockage de ces armes terribles. Emmanuel Macron et moi réaffirmons notre attachement à cet accord et appelons les autres nations à se joindre à notre position ferme : nous ne devrions jamais revenir en arrière », dit le 10 Downing Street.

21 years ago, the Chemical Weapons Convention banned the use and development, production and stockpiling of these t… https://t.co/MW8UhL4y6v— 10DowningStreet (@UK Prime Minister)


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Un appel sur fond de conflit syrien et d’affaire Skripal
La convention est entrée en vigueur le 29 avril 1997. L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), chargée de la mettre en œuvre, rassemble cent quatre-vingt-douze pays et siège à La Haye.
La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont procédé le 14 avril à des frappes d’une ampleur inédite contre le régime de Bachar Al-Assad, qu’ils accusent d’une attaque chimique supposée le 7 avril à Douma, près de Damas, en Syrie.
Selon une délégation syrienne qui s’est exprimée jeudi devant l’OIAC, l’attaque était une mise en scène. La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont dénoncé une « mascarade obscène ».
Londres accuse par ailleurs Moscou d’avoir empoisonné le 4 mars à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille, ce que dément la Russie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Que le dirigeant syrien ait pu porter durant dix-sept ans la plus haute distinction de la République française soulève de sérieuses questions sur nos institutions, estime Jean-Pierre Filiu sur son blog.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a promis d’avancer l’heure de Pyongyang de trente minutes pour synchroniser son pays avec son voisin du Sud.
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Corées : Pyongyang remet ses pendules à l’heure

Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a promis d’avancer l’heure de Pyongyang de trente minutes pour synchroniser son pays avec son voisin du Sud.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 09h20
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 10h16
   





                        



   


Lors du sommet avec le président sud-coréen, Moon Jae-in, vendredi 27 avril, le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a promis la fermeture de son site nucléaire en mai. Le « leadeur suprême » a fait une autre promesse, plus symbolique : avancer l’heure de Pyongyang de trente minutes pour synchroniser son pays avec son voisin du Sud, a annoncé Séoul dimanche.
Les deux Corées ne partagent pas la même heure depuis 2015, quand le Nord avait subitement annoncé que toutes les horloges du pays seraient retardées de trente minutes. Pyongyang avait alors expliqué qu’il s’agissait d’en finir avec le fuseau horaire imposé un siècle plus tôt par le colonisateur japonais et de marquer le 70e anniversaire de sa libération du joug de Tokyo.
Selon le porte-parole de la présidence sud-coréenne, Kim Jong-un a dit lors du sommet de vendredi qu’il trouvait « déchirant » de voir deux horloges donner une heure différente dans la pièce où s’est déroulée la rencontre, à Panmunjom, village de la zone démilitarisée qui divise la péninsule. « Puisque c’est nous qui avons modifié l’heure standard, nous allons revenir à l’heure originale », a-t-il déclaré.

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                Corées : la longue route du rapprochement



Lors de leur sommet, Kim Jong-un et Moon Jae-in sont convenus de parvenir à une péninsule « non nucléaire » et de chercher à établir une paix permanente dans la péninsule. Les deux Corées sont toujours techniquement en guerre, le conflit s’étant achevé en 1953 par un armistice et non par un traité de paix.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ La photographe Eva O’Leary déconstruit le « rêve américain », devenu détraqué et oppressant, en reconstituant des images vues sur les réseaux sociaux. Elle figure parmi les finalistes du Festival international de mode et de photographie à Hyères.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ « Happy Valley », Pennsylvanie. Son campus, son stade de foot géant, ses tartes aux pommes… Mais aussi ses affaires de viol, ses habitants en forme de caricatures et ses minorités invisibles. La photographe Eva O’Leary a traqué les anomalies visuelles de cette ville moyenne apparemment proprette.
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Sous le vernis du rêve américain


                      « Happy Valley », Pennsylvanie. Son campus, son stade de foot géant, ses tartes aux pommes… Mais aussi ses affaires de viol, ses habitants en forme de caricatures et ses minorités invisibles. La photographe Eva O’Leary a traqué les anomalies visuelles de cette ville moyenne apparemment proprette.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 07h30
    |

                            Roxana Azimi








   


Il est des endroits dont le surnom résonne comme un manifeste. C’est le cas de « Happy Valley » (« la vallée heureuse »), alias State College, petit coin de Pennsylvanie connu pour son immense campus et son stade de foot géant de 100 000 places. Un petit bout de rêve américain. Une ville moyenne proprette, comme l’Amérique en compte tant. La photographe Eva O’Leary, 28 ans, a grandi là. Mais elle a voulu dépasser les images d’Epinal des tartes aux pommes et des pom-pom girls, ainsi que les statistiques dont se gargarisent State College sur son site Internet : l’un des plus petits taux de stress dans une métropole américaine, la septième ville la plus sûre aux États-Unis…
Nul besoin de gratter trop pour percevoir l’envers d’un décor moins happy, dont le vernis s’est écaillé au fil des scandales. En 2012, l’assistant de l’entraîneur du club de foot local fut condamné pour le viol de plusieurs mineurs. Quantité d’agressions sexuelles ont aussi été déclarées sur le campus. Rien n’est donc aussi idyllique qu’on le croit. Pour Eva O’Leary, les idéaux promus ne sont pas seulement creux, ils sont dangereux. « La normalité que promeut ce type d’endroit est toxique. »
Bras d’honneur au bon goût
Elle a commencé sa série « Happy Valley » en 2014. « Dans ce prototype de la petite ville tranquille, on voit les problèmes et symptômes de l’Amérique d’aujourd’hui : la violence, la culture de la beuverie, la pression pour rentrer dans le moule et dans le rang, pour gommer son identité, une conception unilatérale, monolithique de la question du genre. Et cela peut traumatiser des gens pendant des années. » Ou en faire des caricatures, comme ce jeune homme littéralement too much : muscles trop saillants, bronzage trop orangé, yeux trop verts. La critique de la masculinité outrancière, on la retrouve aussi sur ce cliché de jeunes sportifs en sueur, le bras levé. Une photo qui n’est pas sans rappeler les rassemblements des organisations de jeunesse dans les régimes totalitaires.
Et puis il y a les anomalies, les bras d’honneur au bon goût, les petites déviations. Eva O’Leary a traqué sur les comptes Instagram et les posts Facebook des images de jeunes vivant dans des petites villes supposées exemplaires de la Côte est. « C’étaient des images dingues, plutôt effrayantes », raconte-t-elle. Elle décide de reconstituer ces scènes étranges, kitsch ou inquiétantes : un bébé hurlant posé sur un miroir ; une part de génoise glacée d’un portrait ; deux gosses tatoués au regard impavide, l’un obèse, l’autre maigrichon debout sur une plage ; une jeune fille dont seule une moitié du visage est maquillée. Autre détail frappant : pas un seul Noir, aucune minorité visible dans ces clichés d’une Amérique qui lave plus blanc que blanc.
Le 33e Festival international de mode et photographie à Hyères, présidé cette année par Haider Ackermann et Bettina Rheims, se tient du 26 au 30 avril 2018. villanoailles-hyeres.com



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le président américain a boudé le dîner de l’Association des correspondants de la Maison Blanche samedi soir, et s’est offert deux interludes en terrain conquis : un entretien téléphonique sur Fox News, et un meeting dans le Michigan.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Président Trump, an II : « Pourquoi est-ce que je voudrais être enfermé avec des gauchistes qui me détestent ? »

Le président américain a boudé le dîner de l’Association des correspondants de la Maison Blanche samedi soir, et s’est offert deux interludes en terrain conquis : un entretien téléphonique sur Fox News, et un meeting dans le Michigan.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 12h40
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La chaîne conservatrice Fox News, à laquelle Emmanuel Macron avait accordé un entretien avant de se rendre en visite officielle à Washington, a eu un peu de mal avec son discours au Congrès, mercredi 25 avril. L’accent particulier du président français, par ailleurs assez volubile en anglais, l’a ainsi conduit à retranscrire, à chaque fois que le terme était prononcé, « multilatéralisme » par « militarisme ». A moins que le vocable ne soit pas assez familier au sein du royaume cathodique de « l’America First ».
La chaîne était en revanche en terrain conquis le lendemain, à l’occasion d’un rendez-vous matinal téléphonique avec le président des Etats-Unis, dans le cadre de l’un des programmes favoris de Donald Trump, l’émission « Fox and Friends », une source inépuisable d’inspiration pour ses messages publiés sur son compte Twitter. L’entretien avec les trois animateurs de la chaîne (deux hommes et une femme) pourra être examiné par les historiens comme un composé chimiquement pur du trumpisme médiatique.
Il débute avec l’évocation par le président de l’anniversaire de sa femme, Melania, le jour même (48 ans). Ce qui aiguise aussitôt la curiosité de Brian Kilmeade : « Est-ce que vous avez décidé ce que vous allez lui offrir ? ». La question, particulièrement traîtresse, prend le président au dépourvu, qui avoue être « très occupé » (un unique rendez-vous figure dans son agenda officiel). Il n’a pas le temps de « courir après un cadeau ». La First Lady se contentera d’une « belle carte » et de « belles fleurs ».
De soliloques en soliloques
Très vite, le président échappe à ses interlocuteurs et mitraille de soliloques en soliloques ses cibles favorites, les démocrates, James Comey – l’ancien directeur du FBI limogé il y a un an et qui le poursuit de sa vindicte –, Hillary Clinton, l’enquête « russe » et les médias… Il revient avec insistance sur l’élection de 2016 pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ La contestation lancée par des étudiants contre une réforme des retraites est rapidement devenue une mobilisation générale pour dénoncer la confiscation du pouvoir par le président Daniel Ortega.
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Rassemblement géant pour la paix au Nicaragua

La contestation lancée par des étudiants contre une réforme des retraites est rapidement devenue une mobilisation générale pour dénoncer la confiscation du pouvoir par le président Daniel Ortega.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 11h24
   





                        



   


Des milliers de Nicaraguayens ont marché à Managua « pour la paix et la justice », samedi 28 avril, à l’appel notamment de l’Eglise catholique, beaucoup demandant le départ du pouvoir du président Daniel Ortega et de son épouse après les manifestations qui ont fait quarante-trois morts dans le pays.
La foule bleu et blanc, les couleurs du drapeau national, s’est divisée en trois points de Managua pour converger vers la cathédrale, convoquée par la conférence épiscopale.
La contestation lancée par des étudiants contre une réforme des retraites est rapidement devenue une mobilisation générale pour dénoncer la confiscation du pouvoir par le président Daniel Ortega, un ancien guérillero de 72 ans, confronté à une vague de colère populaire sans précédent depuis son retour au pouvoir il y a onze ans. « Q’ils s’en aillent ! », lançait la foule à l’adresse du président Ortega et de son épouse, Rosario Murillo. « Nous n’avons plus peur, nous voulons un Nicaragua libre », a déclaré une manifestante, Rosa Herrera, 65 ans. « Nous sommes allés en pèlerinage comme un seul peuple, unis dans la foi du Seigneur Jésus, frères dans la douleur pour tant de vies perdues. (…) Un seul peuple pèlerin, frères dans le désir de justice, de paix et de réconciliation », a déclaré le cardinal Leopoldo Brenes lors d’une homélie qui a scellé la mobilisation.

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Mgr Brenes, au nom de la conférence épiscopale, a accepté d’être médiateur dans le dialogue convoqué par le président Ortega, mais il s’est donné un mois pour évaluer « s’il y a un réel engagement à respecter les accords ».
Le prélat a estimé que les pourparlers devraient viser « la vérité, la justice et la liberté ». « Le Nicaragua veut la paix pour qu’il n’y ait plus d’effusion de sang. Justice doit être faite pour les morts et les disparus », a déclaré María Flores, une avocate de 40 ans dans la foule.
Quarante-trois morts
Selon un dernier bilan du Centre nicaraguayen des droits humains (Cenidh), le nombre de personnes tuées lors d’affrontements entre police et manifestants est passé samedi de quarante-deux à quarante-trois, une hausse liée à la mort d’une personne hospitalisée ou portée disparue. Depuis lundi, aucun affrontement avec la police n’a été recensé.

Il s’agit du deuxième rassemblement de masse dans la capitale nicaraguayenne depuis celui d’hommes d’affaires lundi pour rejeter les réformes du gouvernement et pour soutenir la jeunesse réprimée.
Les étudiants à l’origine des manifestations ont exigé samedi la création d’une commission indépendante d’enquête sur les violences meurtrières, condition sine qua non, selon eux, pour participer à un éventuel dialogue avec les autorités.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le nouveau secrétaire d’Etat américain a affirmé que « beaucoup de travail » restait à faire mais qu’il voyait une « vraie opportunité » de progrès avec la Corée du Nord.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/04/2018
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Corée du Nord : optimisme prudent après les précisions de Kim Jong-un sur la fermeture de son site d’essais nucléaires

Le nouveau secrétaire d’Etat américain a affirmé que « beaucoup de travail » restait à faire mais qu’il voyait une « vraie opportunité » de progrès avec la Corée du Nord.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 05h03
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 18h43
   





                        



   


À quel point Kim Jong-un est-il prêt à abandonner les activités nucléaires de son pays ? Le dirigeant nord-coréen a en tout cas expliqué à son homologue sud-coréen, Moon Jae-in, que Pyongyang allait procéder au mois de mai à la fermeture de son principal site d’essais nucléaires, sous les yeux du monde extérieur. Cette annonce a été faite lors de la rencontre, vendredi, des dirigeants des deux Corées, qui se sont engagés sur la voie de la réconciliation de leurs pays, toujours théoriquement en guerre depuis soixante-cinq ans.
Le porte-parole de la présidence sud-coréenne, Yoon Young-chan, a donné des détails, dimanche 29 avril, sur les discussions tenues au cours de la rencontre entre les deux dirigeants : « M. Kim a dit, au cours du sommet avec le président Moon, qu’il procéderait à la fermeture du site [nord-coréen d’essais nucléaires] en mai et qu’il allait bientôt inviter des experts de Corée du Sud et des Etats-Unis ainsi que des journalistes pour révéler le processus à la communauté internationale de manière transparente ».
Des déclarations qui ont fait naître un optimisme prudent côté américain. Le nouveau secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a déclaré, dimanche, voir une « vraie opportunité » de progrès dans les relations avec la Corée du Nord, à la suite de son tête-à-tête, pendant le week-end de Pâques, avec Kim Jong Un. Il a aussi affirmé avoir « beaucoup parlé » avec le dirigeant nord-coréen de la mise en place d’un « mécanisme complet, vérifiable, irréversible » en vue d’une dénucléarisation.
« Qui sait comment les discussions finales vont se dérouler? Il y a beaucoup de travail à faire, mais j’ai très bon espoir sur le fait que les conditions fixées par le président Trump nous donnent cette chance », a-t-il assuré.

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« Pas d’invasion »
Lors du sommet, Kim Jong-Un a également balayé l’idée que le site en question (le centre d’essais nucléaires souterrains de Punggye-ri) soit hors d’usage, comme l’ont suggéré certains experts, après le dernier test atomique, en septembre : « Certains racontent qu’on ferme un site d’essais qui est déjà inutilisable, mais, comme ils le constateront lors de leur visite, il y a deux tunnels supplémentaires encore plus grands (…) et ils sont en bon état », a déclaré le dirigeant nord-coréen au président sud-coréen, toujours selon le porte-parole Yoon Young-chan.
On ignore si Kim Jong-un procédera à cette fermeture en présence de spécialistes américains avant ou après son sommet avec Donald Trump, prévu dans les semaines à venir. La question du rôle des Etats-Unis, et de ses rapports avec la Corée du Nord, a toutefois été importante lors de la rencontre entre Kim Jong-un et Moon Jae-in vendredi, selon les détails fournis par la présidence sud-coréenne dimanche. « M. Kim a déclaré : “Les Etats-Unis nous trouvent repoussants, mais une fois que nous parlerons, ils se rendront compte que je ne suis pas quelqu’un qui va tirer une arme nucléaire sur le Sud ou viser les Etats-Unis.” » 
Il a ajouté au cours de la discussion : « Si nous nous voyons souvent [avec Washington], si nous construisons la confiance, mettons fin à la guerre et finalement qu’on nous promet qu’il n’y aura pas d’invasion, pourquoi vivrions-nous avec des armes nucléaires ? ».

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Le sommet avec Donald Trump au cœur des enjeux
Donald Trump s’est entretenu sur ces sujets samedi 28 avril avec son homologue Moon Jae-in et lui a « dit que c’était une bonne nouvelle non seulement pour les deux Corées, mais aussi pour le monde entier, que les deux dirigeants aient réaffirmé leur engagement pour une dénucléarisation complète de la péninsule », selon le porte-parole de la présidence sud-coréenne.
M. Trump et M. Moon ont convenu qu’il était nécessaire que le sommet entre les Etats-Unis et la Corée du Nord soit organisé rapidement. Ils ont aussi échangé leurs points de vue sur deux ou trois lieux possibles, d’après la présidence sud-coréenne. Les médias américains évoquent la Mongolie et Singapour comme lieux possibles de cette rencontre, qui est largement mise en avant par Donald Trump dans ses interventions publiques.
Le président américain a ainsi commenté, lors d’un déplacement dans l’Etat du Michigan samedi 28 avril : « Cela va être un rendez-vous très important, la dénucléarisation de la péninsule coréenne ». « Vous vous rappelez ce qu’ils disaient ? “Il va nous plonger dans une guerre nucléaire”. Non, la force va nous préserver de la guerre nucléaire, elle ne va pas nous y plonger ! », a déclaré le président américain, qui se dit « impatient » de s’entretenir avec Kim Jong-un selon Séoul. Mais Donald Trump a aussi prévenu que le sommet pourrait tourner court : « Ce qui arrivera arrivera. Je peux y aller. Ça peut ne pas marcher ». Dans ce cas, « je pars », a-t-il déclaré samedi.
« Un pion majeur »
Le Nord a déjà invité des spécialistes étrangers sur son principal site nucléaire, à Yongbyon, en 2008 quand il avait détruit une tour de refroidissement vétuste, rappelle Hong Ming, analyste à l’Institut Corée pour l’unification nationale, qui juge la situation plus prometteuse aujourd’hui.
« Il y a une grande différence entre faire sauter une tour de refroidissement et démanteler son unique site de tests nucléaires, le seul en état de fonctionnement, si Kim dit vrai », observe l’expert, pour qui Kim Jong-un « abandonne par avance un pion majeur qu’il aurait pu conserver pour la rencontre avec Trump ». « Vu qu’il ne s’agit que d’un geste de conciliation avant la rencontre, celle-ci est susceptible de produire quelque chose de plus concret, y compris l’éventail d’armes et installations nucléaires à démanteler et un calendrier spécifique pour ce faire. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’attaque, qui s’est produite samedi à l’aube, visait une veillée de soutien à l’ancien président à Curitiba, où il est emprisonné.
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Au Brésil, deux blessés dans des tirs contre les supporteurs de Lula

L’attaque, qui s’est produite samedi à l’aube, visait une veillée de soutien à l’ancien président à Curitiba, où il est emprisonné.



Le Monde
 |    29.04.2018 à 01h42
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 06h41
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


Le jour ne s’était pas encore levé sur Curitiba, capitale de l’Etat du Parana au Brésil, samedi 28 avril, quand le tireur a vidé son chargeur sur les manifestants installés depuis début avril dans un campement à proximité de la cellule de l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, dont ils contestent la condamnation à plus de douze ans de prison pour des faits de corruption. Une vingtaine de tirs ont été recensés, selon les dires du Parti des travailleurs (PT, gauche).
Au moment de tirer, l’homme aurait crié « Bolsonaro », le nom du député d’extrême droite, précandidat à la présidentielle d’octobre et fervent opposant de Lula. Une vidéo du tireur prise par des caméras de surveillance a été diffusée dans la soirée.

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Deux personnes ont été blessées lors de l’attaque. L’une d’elle, Jefferson Lima de Menezes, 38 ans, aurait été atteinte par une rafale dans la nuque. Transporté à l’hôpital, conscient, l’homme serait dans un état grave, a précisé la présidente du PT, Gleisi Hoffmann, dans une vidéo diffusée dans la matinée de samedi. Membre du syndicat des motoboy (livreurs à moto) de la banlieue dite « ABC » de Sao Paulo, fief de Lula, il s’occupait de la sécurité du campement, selon le secrétariat à la santé du Parana, cité par le site du quotidien Folha de Sao Paulo. L’autre blessée, Marcia Koakoski, est une femme de 42 ans. Elle aurait reçu des éclats provenant de toilettes chimiques visées par les tirs et ses plaies seraient sans gravité.
Sécurité renforcée
Une enquête a été ouverte. Elle sera aussi rapide que possible, ont assuré les forces de l’ordre, lors d’une réunion tenue avec le président du PT de l’Etat du Parana. La sécurité sera aussi renforcée lors des manifestations prévues pour le 1er mai.
« Jefferson risque la mort », a rappelé, choquée, Gleisi Hoffmann dans sa vidéo. Regrettant les tensions qui, selon elle, se sont installées depuis l’« impeachment » (destitution) controversée de Dilma Rousseff, la dauphine de Lula en 2016, la sénatrice évoque un pays dont les valeurs démocratiques seraient peu à peu « jetées à terre ». « La situation est grave, dit-elle, mais ce n’est pas cette lâcheté qui nous obligera à renoncer. »

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Les manifestants pourraient changer de lieu mais ne devraient pas cesser leur action, présentée comme un acte de résistance pacifique envers la condamnation de leur idole, qu’ils estiment victime d’une persécution judiciaire.
« Agressivité »
L’attaque, survenue quelques semaines après les tirs adressés à la caravane de Lula, à l’époque en précampagne électorale dans la région, atteste de la radicalisation effrayante d’une partie du Brésil, que l’emprisonnement de l’idole de la gauche n’a pas apaisé.
« En vingt-six ans de vie publique, je n’ai jamais vu ça. Nous avons toujours eu des disputes politiques et idéologiques, mais jamais je n’ai vu une agressivité de cette taille dans le Parana et dans tout le Brésil », a affirmé docteur Rosinha, le président du PT dans le Parana. « Ce qui m’inquiète beaucoup, c’est cette apologie de la violence faite par un candidat à la présidence de la République », a-t-il poursuivi, refusant de citer de nom.
« Lula est vu à tort comme un facteur de tensions, il est au contraire un facteur d’apaisement, de réconciliation dans le pays », expliquait quant à lui, il y a quelques semaines, l’analyste politique Mathias de Alencastro.

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Favori du scrutin présidentiel même depuis son emprisonnement, Lula, de son côté, se serait dit confiant « que la vérité vaincra », sans se faire d’illusion, a rapporté sa fille Lurian Cordeiro da Silva, venue lui rendre visite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les manifestants protestent contre les actions antimigrants menées depuis une semaine par des militants d’extrême droite dans la région.
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Une manifestation en soutien aux migrants rassemble 200 personnes à Gap

Les manifestants protestent contre les actions antimigrants menées depuis une semaine par des militants d’extrême droite dans la région.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 21h16
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 14h47
   





                        


Quelque deux cents personnes se sont rassemblées samedi 28 avril dans l’après-midi à Gap, dans les Hautes-Alpes, pour dire que « l’hospitalité des migrants n’a pas de frontière », en réponse aux actions antimigrants menées par des militants d’extrême droite dans la région depuis une semaine.
« Il y a un message de solidarité, avec notamment la mise en détention de militants au moment même où l’Etat ne fait rien par rapport à un groupe d’extrême droite qui tentait de fermer la frontière. Je redis que nous sommes dans l’espace Schengen, que la frontière entre l’Italie et la France est déjà un non-sens et qu’on laisse faire des identitaires est déjà un problème », a déclaré la députée européenne Front de gauche, Marie-Christine Vergiat.
Depuis le week-end dernier et une première action au col de l’Echelle, au-dessus de Briançon, des militants du mouvement Defend Europe, lié au groupe Génération identitaire, sillonnent les montagnes pour « veiller à ce qu’aucun clandestin ne puisse entrer en France ».

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En réponse à cette action, des militants promigrants avaient participé dans la foulée à l’entrée en France de clandestins, et le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, avait alors renvoyé dos à dos « ultradroite » et « ultragauche », annonçant l’envoi de renforts policiers dans les Hautes-Alpes pour « s’assurer du respect absolu du contrôle des frontières ».
Trois des militants promigrants, deux Suisses et une Italienne, sont poursuivis pour leur action et détenus dans l’attente de leur jugement. Mais aucune poursuite n’a été engagée à l’encontre des militants de Génération identitaire, qui assurent agir dans un strict respect de la loi.
« L’Etat ne fait pas son travail »
Une vingtaine d’organisations avaient prévu une « marche de l’hospitalité » samedi matin en soutien aux migrants. Mais, en raison d’incidents qui ont émaillé un carnaval solidaire le week-end précédent, la marche s’est transformée en un rassemblement sur l’esplanade de la Paix. « On trouve que l’Etat ne fait pas son travail, on se bat pour montrer cela. C’est aussi l’affaire de la population », a déclaré Michel Rousseau, un des porte-parole du collectif Tous migrants.
« Les agissements de Génération identitaire dans les Hautes-Alpes ne font qu’exacerber les tensions présentes dans le département sur le sujet migratoire », a réagi la préfète des Hautes-Alpes, Cécile Bigot-Dekeyzer, dans une déclaration à l’Agence France-Presse samedi soir. « La mission régalienne de contrôle aux frontières relève des seuls services de l’État. En aucun cas cette mission ne relève » de ce mouvement, a-t-elle ajouté.
« Les forces de l’ordre sur le terrain veillent à ce que Génération identitaire ne porte d’aucune manière atteinte à l’ordre public et respecte le droit. Notamment aucune violence d’aucune sorte, ni aucune entrave à la circulation sur la voie publique ne sont ainsi intervenues », ajoute encore la préfecture, qui évoque une « organisation rodée à la mise en œuvre d’actions médiatiques à l’échelle européenne ».
Lundi, une marche de solidarité organisée par l’association L’Auberge des migrants doit partir de Vintimille, à la frontière franco-italienne, et traverser la France en direction de Calais.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Les stars du catch ont fait étape à Djedda vendredi, mais la WWE avait omis d’ôter les images de femmes en maillot de bain de ses clips promotionnels. Le royaume s’est excusé.
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L’Arabie Saoudite accueille un tournoi de catch… puis s’excuse pour les images « indécentes »

Les stars du catch ont fait étape à Djedda vendredi, mais la WWE avait omis d’ôter les images de femmes en maillot de bain de ses clips promotionnels. Le royaume s’est excusé.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 20h35
   





                        



   


Dur métier que celui d’organisateur de spectacle sportif en Arabie Saoudite. Vendredi 27 avril, le promoteur de catch WWE débarquait pour la première fois dans un royaume qui poursuit sa stratégie de promotion touristique et de développement de l’industrie du loisir.
La WWE avait signé un accord de collaboration pour dix ans et pris les dollars saoudiens – le montant est tenu secret – en acceptant la condition fixée par Djeddah : pas de femmes sur le ring. Une entorse majeure à sa stratégie commerciale du moment, qui vise à développer les combats féminins, notamment avec les débuts dans le catch de l’ancienne star du MMA (Mixed Martial Arts) Ronda Rousey.
Si les femmes, aux tenues de combat souvent légères, n’étaient donc pas les bienvenues dans le grand stade de Djedda, elles restaient bien présentes dans les clips promotionnels de la WWE. Et ceux-ci ont été diffusés sur les écrans géants dans le stade.
Samedi 28 avril, l’Autorité saoudienne des sports a dû s’excuser dans un communiqué. Elle a décrit comme « indécentes » les images de femmes en maillot de catch. Des téléspectateurs saoudiens ont dit à l’agence Associated Press que la retransmission du « Greatest Royal Rumble » avait été momentanément coupée.

Des femmes et des enfants étaient acceptés dans le stade mais devaient être accompagnés par des hommes. La présence féminine avait même été encouragée via la répartition des 52 000 places en vente, en particulier dans les sections les plus visibles à la télévision.
Ouverture progressive à l’industrie du sport
Le développement des sports de combat est l’un des axes majeurs de l’ouverture de l’Arabie saoudite aux sports occidentaux. Le fonds souverain saoudien a récemment pris une participation de 400 millions de dollars dans la maison-mère de l’UFC, la plus importante ligue de MMA. Et un grand combat de boxe aura lieu dans le pays d’ici la fin de l’année.
L’Arabie saoudite a par ailleurs accueilli en début d’année un tournoi international de squash… féminin. Et ouvert quelques stades de football aux femmes qui restent toutefois sous la tutelle des hommes pour voyager, entrer à l’université ou signer un contrat de travail.

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Le mois d’avril a aussi vu le cinéma faire son retour en Arabie saoudite à l’initiative Mohammed Ben Salman, le très entreprenant prince héritier, fils du roi Salman. Le prince multiplie depuis deux ans les mesures d’ouvertures sociétales, comme la mise au pas de la police religieuse, l’octroi du permis de conduire aux femmes et l’organisation de concerts et même de défilés de mode.
Intégrées dans un vaste plan de développement socio-économique, baptisé Vision 2030, ces réformes poursuivent trois objectifs : attirer les investisseurs en redorant l’image du royaume, ternie par son ultrapuritanisme ; prendre en compte les aspirations au changement d’une population très jeune ; et développer une industrie du loisir.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Cinq Sévillans ont été condamnés jeudi pour « abus sexuel » là où la défense, la procureure et les associations féministes estiment que la victime a subi un viol.
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Espagne : des milliers de manifestants pour contester le jugement de « La meute »

Cinq Sévillans ont été condamnés jeudi pour « abus sexuel » là où la défense, la procureure et les associations féministes estiment que la victime a subi un viol.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 18h49
   





                        



   


La contestation s’amplifie en Espagne. Trois jours après le jugement disculpant de « viol » cinq hommes ayant abusé d’une jeune femme, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Pampelune, dans le nord de l’Espagne, samedi 28 avril, scandant le slogan « ce n’est pas un abus sexuel, c’est un viol ! ».
A l’appel du Mouvement féministe de Pampelune, « 32 000 à 35 000 personnes ont participé à cette marche très tranquille mais très revendicative », a déclaré un porte-parole de la police municipale à l’Agence France-Presse.

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Nouveau procès
Depuis trois jours, la colère ne faiblit pas. De nombreux Espagnols s’indignent qu’un des trois juges se soit prononcé pour la relaxe des cinq Sévillans qui ont été condamnés jeudi à une peine de neuf ans de prison chacun, pour « abus sexuel » sur une Madrilène de 18 ans pendant les fêtes de la San Fermin de l’été 2016, aggravé d’« abus de faiblesse ». La condamnation est très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait notamment vingt-deux ans et dix mois de réclusion contre chacun des coupables.
Les cinq hommes, âgés de 27 à 29 ans, qui se surnommaient eux-mêmes « La meute », avaient filmé leurs actes et s’en étaient vantés sur l’application Whatsapp. Au procès, la jeune fille avait dû se justifier de son attitude passive face à eux. Les avocats des cinq condamnés soutenaient que la victime – dont ils soulignaient qu’elle avait auparavant bu de la sangria – était consentante. Preuve en était, elle n’avait jamais semblé dire « non » à l’image. Des arguments qui ont porté : les juges n’ont finalement pas retenu la notion de « viol », pour lequel le Code pénal espagnol stipule qu’il doit y avoir eu « intimidation » ou « violence ».
Dans leur jugement, les magistrats ont pourtant considéré « indiscutable que la plaignante s’était soudain trouvée dans un lieu étroit et caché, entourée par cinq hommes plus âgés et de forte carrure qui l’avaient laissée impressionnée et sans capacité de réaction ».

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Un nouveau procès devrait avoir lieu. Dès vendredi, le parquet de Navarre avait annoncé qu’il ferait appel du jugement, en maintenant que « les faits [étaient] constitutifs du délit d’agression sexuelle », c’est-à-dire de viol. Face aux critiques montantes, le gouvernement conservateur espagnol de Mariano Rajoy s’est empressé d’annoncer qu’il étudierait l’éventualité d’une révision du Code pénal.
Appels au respect des magistrats
Mais cette annonce n’a pas suffi. Des personnalités très différentes se sont impliquées dans le débat, telle la puissante dirigeante de la banque Santander, Ana Botin, qui a glissé sur Twitter que le jugement était « un recul pour la sécurité des femmes ». L’ancienne juge Manuela Carmena, maire de Madrid, a aussi considéré que « ce jugement ne répond [ait] pas aux exigences de justice des femmes » et souhaité qu’il soit cassé.
Fait rare : plus d’1,2 million de personnes ont déjà signé une pétition adressée au Tribunal suprême pour réclamer la révocation des juges ayant pris la décision.

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Mais la contestation n’est pas unanime. D’autres voix se sont élevées pour appeler au respect dû aux magistrats et à leurs argumentations. « Les décisions judiciaires, même quand on ne les partage pas, méritent tout le respect », a averti samedi l’Association des procureurs, déplorant « la facilité avec laquelle on déprécie le travail des magistrats et mène des procès parallèles ».
Le tribunal a « minutieusement évalué (…) tous les éléments de preuves apportés », avait réagi dès vendredi le président du Tribunal suprême et de l’organe de direction du pouvoir judiciaire, Carlos Lesmes.
Ce n’est pas l’avis des contestataires, qui ont même reçu le soutien de certaines carmélites, de l’ordre des Moniales déchaussées. Elles ont fait sensation en se joignant aux critiques depuis leur couvent, en postant un texte sur Facebook qu’elles concluent par le slogan « ma sœur, moi je te crois », couramment repris dans le pays à l’attention de la victime de Pampelune.



                            


                        

                        


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Rapprochement entre les Corées : « les choses se passent très bien » pour Donald Trump

Le président s’est félicité de l’évolution des discussions samedi 28 avril, après une discussion avec son homologue sud-coréen.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 16h29
 • Mis à jour le
29.04.2018 à 05h40
   





                        


C’est Donald Trump qui l’affirme : « les choses se passent très bien » dans le dossier coréen. Le président américain a partagé ce constat sur Twitter après une « longue et très bonne discussion » avec le président sud-coréen Moon Jae-in. « La date et le lieu de la rencontre avec la Corée du Nord sont en train d’être fixés », a-t-il ajouté, indiquant également s’être entretenu avec le premier ministre japonais Shinzo Abe pour « l’informer des négociations en cours ».
Donald Trump doit rencontrer Kim Jong-un d’ici à juin pour un sommet historique. Son nouveau chef de la diplomatie, Mike Pompeo, a rencontré, alors qu’il était encore à la tête de la CIA, le dirigeant nord-coréen durant le week-end de Pâques, au cours d’une mission tenue un temps secrète.
Kim Jong-un est « disposé » à « présenter un plan » qui contribuerait à la dénucléarisation, a déclaré Mike Pompeo dans une interview à la chaîne ABC News. M. Pompeo a indiqué qu’il se référait à « une bonne conversation » qu’il a eue avec M. Kim lors de cette visite à Pyongyang initialement tenue secrète. Son interview exclusive à ABC News doit être diffusée dimanche, et des extraits en ont été rendus publics samedi.

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Dénucléarisation complète
De son côté, le ministre américain de la défense, Jim Mattis, a eu une conversation téléphonique avec son homologue sud-coréen Song Young-moo, à qui il a « réaffirmé l’engagement à toute épreuve des Etats-Unis à défendre la Corée du Sud en utilisant tout l’éventail des capacités américaines », a fait savoir le Pentagone dans un communiqué.
« Les deux parties ont promis de poursuivre leur coopération étroite pour appliquer les résolutions des Nations unies et pour soutenir les efforts diplomatiques visant à parvenir à une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible », ajoute le communiqué.
Ces déclarations interviennent au lendemain de la rencontre historique entre les dirigeants des deux Corées vendredi 27 avril. Moon Jae-in et Kim Jong-un s’y sont engagés à œuvrer en faveur de la dénucléarisation de la péninsule.
« Les deux dirigeants déclarent solennellement devant les 80 millions de Coréens et le monde entier qu’il n’y aura plus de guerre sur la péninsule coréenne et qu’en conséquence une nouvelle ère de paix a commencé », lit-on dans la déclaration officielle publiée à l’issue de la rencontre. Ils ont également indiqué qu’ils chercheraient à rencontrer les Etats-Unis, peut-être aussi la Chine, « en vue de déclarer la fin de la guerre et d’établir un régime de paix permanent et solide » sur la péninsule.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ La possible candidature d’Abdullah Gül à la présidentielle anticipée de juin avait été évoquée ces derniers jours, mais l’intéressé a annoncé, samedi, ne pas être candidat.
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Turquie : pas de front commun de l’opposition aux élections du 24 juin

La possible candidature d’Abdullah Gül à la présidentielle anticipée de juin avait été évoquée ces derniers jours, mais l’intéressé a annoncé samedi ne pas être candidat.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 18h23
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Incapable de s’unir, l’opposition turque au président Erdogan, et à son parti au pouvoir l’AKP, ira aux élections du 24 juin (présidentielle et législatives) en ordre dispersé. Décrit un temps comme le candidat possible du camp anti Erdogan à la présidentielle, l’ancien président Abdullah Gül a jeté l’éponge, lors d’une conférence de presse organisée samedi 28 avril à ses bureaux de Maslak, sur la rive asiatique d’Istanbul.
Il ne se présentera pas. D’ailleurs, il n’a jamais souhaité reprendre le flambeau depuis son retrait de la scène politique en 2014, lorsqu’il a renoncé à se présenter pour un second mandat de président, auquel il pouvait prétendre, afin de laisser le champ libre à Recep Tayyip Erdogan, aux manettes du pays depuis 2003.
Horreur du risque
Cette annonce clôt les négociations entamées un peu plus tôt entre les kémalistes du Parti Républicain du peuple (CHP), les nationalistes du Bon Parti et les islamistes du Parti de la Félicité pour former un front uni anti Erdogan. « Je sais qu’il y avait une demande en faveur d’un consensus global. Si ce consensus avait existé, sans doute n’aurais-je pas hésité à prendre mes responsabilités mais cela n’est pas le cas », a expliqué M. Gül.
Fidèle compagnon de route du Reis (« chef », l’un des surnoms de M. Erdogan), avec lequel il fonda en 2001 le Parti de la justice et du développement (AKP), Abdullah Gül est connu pour avoir horreur du risque. Si les trois partis d’opposition lui avaient apporté la candidature à la fonction suprême sur un plateau, il aurait pu franchir le pas. Mais Meral Aksener, l’égérie du Bon parti, n’a pas voulu renoncer à la sienne.
Avant de refuser les questions des journalistes, « parce qu’on est en pleine campagne électorale », M. Gül a osé jeter une petite pierre dans le jardin de son ancien mentor. À la fin de son intervention, il a souhaité à la Turquie « la démocratie, le respect des Droits de l’Homme, la liberté d’expression, celle de la presse », sous entendant que ces valeurs faisaient défaut.
Une perception renforcée samedi par le départ précipité du rédacteur en chef du site internet Habertürk, Baris Erkaya. Le site n’a pourtant rien d’un média d’opposition. La ligne rouge a, semble-t-il, été franchie avec la diffusion en ligne d’un article lié à la candidature d’Abdullah Gül.
L’article relatait la visite rendue à M. Gül, mercredi 26 avril, par le chef d’Etat major Hulusi Akar, accompagné du porte-parole du président Erdogan, Ibrahim Kalin. Au moment où sa candidature faisait des gorges chaudes, un hélicoptère transportant MM Akar et Kalin se posait dans son jardin à Maslak. Après trois heures de discussion, les émissaires sont repartis, soulagés d’apprendre que M. Gül ne comptait pas se présenter.

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D’autant qu’une rumeur détestable avait commencé à courir, selon laquelle cette candidature n’était, en réalité, qu’un scénario mis au point par Fethullah Gülen, le prédicateur musulman accusé d’avoir organisé le coup d’Etat manqué de juillet 2016. Cette rumeur n’a pas échappé au premier ministre Binali Yildirim, convaincu que « l’opposition conspire contre le pays avec la complicité de forces étrangères ».
Aubaine
L’incapacité de l’opposition à s’unir est une véritable aubaine pour le président Erdogan qui joue sa survie politique aux élections du 24 juin. L’homme fort de Turquie voit en effet sa popularité s’éroder. Les sondages sont unanimes : il ne parviendra pas à atteindre les 51 % de voix nécessaires pour gagner la présidentielle dès le premier tour. Ceci malgré de sérieux avantages : l’opposition est divisée, les médias sont contrôlés à 90 % par le gouvernement, la mise en place de l’état d’urgence, enfin, permettent toutes les options, y compris les plus répressives.
L’opposition veut croire que l’anticipation des élections au 24 juin (au lieu du 3 novembre 2019) atteste d’un « mouvement de panique » au sein de l’élite islamo conservatrice, consciente que son règne touche à sa fin. L’épisode des émissaires laisse à penser que la panique est bien réelle.

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Au sein de l’AKP, le mécontentement règne. La purge des maires (à Istanbul, Ankara, Bursa, Balikesir et d’autres localités), effectuée par le président à l’automne 2017, a déplu. L’alliance avec le MHP en vue des élections de juin est un autre motif de mécontentement. Dorénavant, l’AKP va devoir héberger sur ses listes des candidats MHP, ce qui n’a pas l’heur de plaire à certains de ses cadres, peu enclins à céder la place.
Enfin, l’AKP n’a plus rien du mouvement rassembleur qu’il était en 2002. Devenu le parti personnel du président, il est traversé par des tensions. La zizanie prévaut, selon Ahmet Takan, un ancien conseiller d’Abdullah Gül, qui a écrit en février plusieurs articles à ce sujet dans le journal Yenicag, avec une telle véracité que ses articles ont été caviardés peu après leur parution.
Craintes de fraudes
L’économie est un autre motif d’inquiétude. Malgré une croissance record (7,4 % en 2017), la Turquie voit les déséquilibres s’amonceler, avec un déficit accru des comptes courants, une inflation à deux chiffres (10,3 % en mars) et une dégringolade de la livre turque qui a perdu 7 % de sa valeur par rapport au dollar depuis janvier. Le coup est rude pour les ménages turcs qui vivent dans la hantise de voir resurgir l’instabilité économique des années 1990-2000, que l’AKP se targue tant d’avoir éradiqué.
M. Erdogan aurait-il convoqué des élections s’il n’était pas sûr de les gagner ? Assurément non. « Ne vous inquiétez pas, le gouvernement va rester au pouvoir, c’est sûr à 100 % », a rassuré Nihat Zeybekci, le ministre de l’économie lors d’un forum économique à Izmir, jeudi 26 avril.
Les commentateurs évoquent un recours possible à la fraude. « Probablement, Recep Tayyip Erdogan le peut. Son contrôle des institutions est illimité et on imagine mal un tribunal, des militaires ou n’importe qui d’autre se mettre en travers de son chemin. Mais agir ainsi sera très coûteux », affirme Howard Eissenstat, spécialiste de la Turquie et enseignant à l’université américaine St Lawrence, dans une tribune publiée par le Washington Post le 20 avril.
Les récentes modifications à la loi électorale renforcent cette crainte. Elles assurent à l’AKP un contrôle accru sur le déroulement du scrutin en permettant au Conseil électoral suprême de redécouper les circonscriptions, de déplacer les urnes pour des raisons de sécurité. Dorénavant, les responsables des bureaux de vote seront nommés par le gouvernement, les bulletins de votes non estampillés par les assesseurs pourront être considérés comme valides et, en cas d’incident sur les lieux du vote, les forces de l’ordre pourront y faire irruption à la demande de n’importe quel citoyen.



                            


                        

                        


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Compte rendu

Sahara occidental : l’ONU presse pour un compromis dans les six prochains mois

La Minurso, la mission de l’ONU au Sahara occidental a été renouvelée pour six mois seulement afin de mettre une pression maximale sur le Maroc et le Front Polisario.

Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)
    



LE MONDE
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        Le 28.04.2018 à 13h43

     •
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        Mis à jour le 28.04.2018 à 18h18





Vingt-sept ans après sa création, la mission de l’ONU au Sahara occidental fait l’objet, chaque année, d’un renouvellement pour le moins houleux entre les alliés du Maroc, au premier rang desquels la France et les États Unis, et ceux du Polisario.
Ancienne colonie espagnole, le territoire du Sahara occidental fait l’objet d’une dispute entre les indépendantistes du Front Polisario – soutenus par l’Algérie – et le Maroc, qui contrôle 80 % du territoire sahraoui depuis 1975. Le Polisario réclame la tenue d’un référendum d’autodétermination, comme fixé par les Nations unies, tandis que Rabat, considérant que la zone fait partie intégrante de son territoire, propose un statut d’autonomie. Un cessez-le-feu et une zone tampon ont été décidés depuis 1991.
Echéance de six mois
Au bout de plusieurs semaines de négociations et de trois jours de report du vote, les parties se sont finalement accordées, vendredi 27 avril, sur un texte qui met une pression maximale pour une reprise des négociations directes et aboutir à un « compromis juste et durable » pour le Sahara occidental.
La Russie, la Chine et l’Ethiopie, et dans une moindre mesure la Suède, se sont toutefois élevées contre un texte qu’elles estiment trop favorable au Maroc sans pour autant s’opposer au renouvellement de la Minurso (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental), dont elles ont reconnu le « rôle stabilisateur ».
Le conseil fixe néanmoins pour la première fois une échéance. Le mandat est renouvelé uniquement pour six mois jusqu’au 31 octobre 2018, au lieu d’un an. Cela doit permettre, selon un diplomate, de « mettre la pression » sur les parties pour retourner rapidement à la table des négociations sous les auspices du nouvel envoyé spécial, l’ex-président allemand Horst Koehler.
Sans quoi les Américains ont prévenu : « En cas d’échec, nous devrons assumer nos responsabilités, a tonné Amy Tachco, la coordinatrice politique de la mission américaine. Après vingt-sept ans, le statu quo n’est plus acceptable. Les Etats-Unis veulent que les choses avancent enfin. »
« Conflit gelé »
Le texte demande aux parties de rejoindre « sans préconditions et de bonne foi » la table des négociations et réaffirme la volonté du Conseil d’« aider les parties à parvenir à une solution politique réaliste, juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Reste maintenant à s’entendre sur la sémantique de « réaliste ». Les Américains ont indiqué que le plan d’autonomie proposé par les Marocains pouvait être « une approche potentielle pour satisfaire les aspirations du peuple du Sahara Occidental ». Une proposition que rejette catégoriquement le Front Polisario. La Russie a immédiatement objecté que « tout règlement devait être mutuellement acceptable ».
L’envoyé spécial Horst Koehler, qui espère relancer un cinquième cycle de négociations directes, est resté jusqu’à présent très prudent, indiquant que les parties avaient montré « un certain désir » d’aboutir à une solution. A l’issue du vote, l’intensité de ce désir paraissait déjà bien atrophiée.
Dans un communiqué, le représentant du Front Polisario Mahmed Khadad indiquait « n’accepter rien de moins que [notre] droit légal à l’autodétermination et à l’indépendance » mais « être prêt à s’engager dans des pourparlers ». De son côté, Omar Hilale, représentant du Maroc à l’ONU, a estimé « qu’il ne pourrait y avoir de processus politique » si le Polisario ne se conformait pas à la résolution qui lui ordonne de se retirer de la zone tampon de Guerguerat, théâtre de tensions entre le Maroc et le Polisario depuis 2016.
Les parties ont six mois pour trouver un terrain d’entente, sans quoi Washington a envoyé une menace à peine voilée regrettant que la Minurso « soit devenue l’exemple typique d’un conflit gelé et d’une mission qui ne sert plus d’objectif politique ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ En l’absence d’un projet national assumé, d’autres types de loyauté – ethnique, religieuse ou politique – peuvent remettre en question la capacité de l’Etat à commander le sacrifice des citoyens lorsque survient l’affrontement militaire, analyse dans sa chronique l’économiste Paul Seabright.
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« Qu’est-ce qui conduit les soldats à se battre pour leur pays ? »

En l’absence d’un projet national assumé, d’autres types de loyauté – ethnique, religieuse ou politique – peuvent remettre en question la capacité de l’Etat à commander le sacrifice des citoyens lorsque survient l’affrontement militaire, analyse dans sa chronique l’économiste Paul Seabright.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 11h30
    |

                            Paul Seabright (Economiste, professeur à l'Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Qu’est-ce qui conduit les soldats à se battre pour leur pays ? Il serait tentant de faire appel à des sentiments de solidarité, présents depuis l’aube des temps en raison de leur contribution à la survie des communautés.
Même si cette explication a une part de vérité, il reste difficile de comprendre pourquoi nos sentiments de solidarité peuvent nous conduire à nous sacrifier pour une collectivité aussi grande et abstraite que l’Etat-nation, qui n’existe que depuis quelques centaines d’années.
La montée de l’Etat-providence, depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, a suivi de peu l’arrivée de la guerre de masse, où de grandes armées composées d’une proportion importante de citoyens s’affrontaient dans les plaines d’Europe.
L’Etat-providence
Certains y voient une relation assumée, issue de la conscience des leadeurs politiques que leur capacité à mobiliser de fortes armées ne pouvait s’appuyer uniquement sur des obligations, comme par le passé : les Etats modernes devaient désormais créer, par l’Etat-providence, un sentiment de partage des fruits de la modernisation entre leurs populations. Mais est-on certain que ce sentiment ait conduit à l’effet escompté ? L’Etat-providence a-t-il vraiment augmenté la volonté des citoyens à se battre pour leur pays ?
Un document de travail du Centre for Economic Policy Research (CEPR) donne un début de réponse en examinant l’expérience du New Deal, aux Etats-Unis, dans les années 1930 (« From Welfare to Warfare : New Deal Spending and Patriotism During World War Two », Bruno Caprettini, Fabio Schmidt-Fischbach et Hans-Joachim Voth, CEPR Discussion Papers n° 12807).

A partir de 1933, les dépenses de l’Etat pour aider la population en détresse après la crise de 1929 ont considérablement augmenté, à commencer par les subventions aux agriculteurs, puis, deux ans plus tard, aux chômeurs, aux personnes âgées et aux mères isolées. Les auteurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le leader de la contestation qui a causé la démission du chef de gouvernement teste son soutien populaire, après le refus du premier ministre par intérim de négocier avec lui.
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La caravane de l’opposant Pachinian défie le pouvoir arménien

Le leader de la contestation qui a causé la démission du chef de gouvernement teste son soutien populaire, après le refus du premier ministre par intérim de négocier avec lui.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 11h09
    |

            Annick Cojean (Erevan, Gumri - envoyée spéciale)








                        



                                


                            

A-t-il été déçu ? Il y avait de quoi, devant le refus net et sans appel du premier ministre par intérim, Karen Karapetian, de venir « négocier » avec lui à une heure, dans un lieu, et sur un sujet qu’il avait lui-même fixés et annoncés triomphalement, la veille, à la foule de ses partisans. Mais Nikol Pachinian, le chef de la contestation qui ébranle l’Arménie depuis deux semaines et a abouti à la démission du premier ministre Serge Sarkissian, remplacé par son prédécesseur, n’est pas homme à avouer un revers ou déclarer forfait. Son assurance – certains disent son « arrogance » – a même stupéfié les journalistes russes venus nombreux à la conférence de presse qu’il a donnée vendredi 27 avril à l’hôtel d’Erevan où devait avoir lieu la rencontre.
Le pouvoir en place estimait « sans perspectives » de participer à des négociations « où une partie dicte son agenda à l’autre » ? Cela signifie, selon M. Pachinian, qu’il voulait aggraver la crise politique alors même que lui, député d’un mouvement minoritaire certes, mais « candidat du peuple », est à ses yeux seul capable de la résoudre pour peu que le Parlement l’élise premier ministre lors de sa réunion extraordinaire du 1er mai. Une évidence, dit-il, et un choix « 100 % conforme à la Constitution », puisque « le Parlement peut nommer au poste de premier ministre n’importe quelle personne, sans qu’elle soit forcément membre du parti au pouvoir ou de la majorité parlementaire ».

Mais il avait hâte de reprendre la route. Hâte de vérifier, après le déboire matinal causé par la sphère politique, le soutien de la population. Pas seulement à Erevan qu’il a arpentée dans tous les sens, Pataugas et sac au dos, mais dans le reste du pays et particulièrement à Gumri, deuxième ville du pays, à 130 kilomètres au nord de la capitale, là où il avait lancé le mouvement de contestation à la mi-avril.
Flûtes et petits chevaux
Pas question de s’y...




                        

                        


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Corées : la longue route du rapprochement

Editorial. Si la rencontre historique des deux dirigeants coréens et la promesse d’un traité de paix constituent un motif d’espoir, cela ne peut pas effacer une impression de déjà-vu.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 10h48
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Signe des temps, l’image historique des deux dirigeants coréens, celui du Sud et celui du Nord, franchissant main dans la main, dans un sens puis dans l’autre, la frontière qui sépare leurs pays à Panmunjom a instantanément fait le tour du monde et enfiévré les réseaux sociaux, vendredi 27 avril. Ce monde fracturé et tourmenté a désespérément besoin de bonnes nouvelles : la rencontre entre Kim Jong-un et Moon Jae-in, sa bonhomie soigneusement chorégraphiée, sa minute inattendue avec l’invitation du numéro un nord-coréen au président sud-coréen à faire un pas au Nord, puis leur engagement à conclure un traité de paix et à dénucléariser la péninsule constituent, incontestablement, des motifs d’espoir.
Cet espoir dépasse la péninsule coréenne, où la tension entre les deux pays était à son comble il y a quelques mois encore. Un conflit armé entre les deux Corées aurait en effet immédiatement des conséquences désastreuses sur les Etats-Unis, la Chine, le Japon, et l’Asie en général. Quant au risque de prolifération nucléaire, il concerne la planète tout entière.

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Mais s’il faut évidemment applaudir à ces bonnes nouvelles, il ne faut pas non plus verser dans la naïveté. La mise en scène et le renouvellement des hommes au sommet de l’un et l’autre pays ne peut pas effacer complètement une impression de déjà-vu. Ce n’est pas, en effet, le premier sommet intercoréen : en 2007, Kim Jong-il, le père de Kim Jong-un, avait déjà rencontré le président Roh Moon-hyun. Il était déjà question de gel de programme nucléaire et de traité de paix, qui sont restés lettre morte, tout comme les promesses faites lors d’un précédent sommet, en 2000.
« Dénucléarisation complète »
Pourquoi cette fois-ci serait-elle la bonne ? L’entrée des Etats-Unis dans le jeu, avec la promesse d’un sommet offerte par le président Trump au dictateur nord-coréen, qu’il menaçait, il y a quelques mois, de pulvériser en le traitant de « Little Rocketman », a sans doute poussé Kim Jong-un à de meilleurs sentiments. Ayant mené à bien son programme nucléaire, celui-ci peut ­dorénavant négocier en position de force. Autre facteur possible : l’effet des sanctions pèse de plus en plus sur l’économie nord-coréenne.
Mais diplomates et analystes, après avoir épluché la déclaration commune de Panmunjom, restent sur leur faim sur plusieurs points. S’il y est fait état de « dénucléarisation complète », aucune définition de ladite « dénucléarisation » n’est apportée, ce qui ouvre la porte à de multiples interprétations. Rien n’est dit sur les mécanismes de vérification du supposé démantèlement, mécanismes essentiels aux yeux des Etats-Unis. Aucun calendrier ne vient non plus encadrer les prochaines étapes de ce rapprochement. Comme le dit l’adage, en diplomatie, le diable est dans les détails ; cette déclaration, pour prometteuse qu’elle soit, est particulièrement pauvre en détails.
Peut-être, finalement, la révélation la plus intéressante de cette étonnante rencontre est-elle l’aveu glissé par le dictateur nord-coréen à son interlocuteur du Sud, qui lui confiait son rêve de visiter un site légendaire pour tous les Coréens dans la partie Nord de la péninsule : « Ce sera embar­rassant, lui aurait répondu Kim. La route pour y aller est très mauvaise. » Oui, le régime de Pyongyang a besoin d’aide. Mais la route à emprunter pour transformer les louables intentions de ce sommet en réalisations concrètes risque d’être, elle aussi, très chaotique.

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