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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Du général de Gaulle à François Hollande, le goût des dirigeants français pour certains vins plutôt que d’autres n’a pas forcément grand-chose à voir avec leurs choix politiques.
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Vins : Les chefs d’Etat de la Ve République entre raison et défense du terroir


                      Du général de Gaulle à François Hollande, le goût des dirigeants français pour certains vins plutôt que d’autres n’a pas forcément grand-chose à voir avec leurs choix politiques.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 13h28
    |

                            Laure Gasparotto








   


Quand il s’agit de vin, un président de la République se doit d’utiliser toute la mesure et la diplomatie dont il est capable. Il lui faut en effet jongler entre son goût personnel, l’importance de l’économie du secteur et les conséquences de sa politique de santé publique.
Le général de Gaulle : le champagne
Alors que le général de Gaulle dirige la France, les Français boivent chaque année 160 litres de vin par personne. Posture publique oblige, le président affiche son austérité. Il n’ignore cependant pas la symbolique forte du vin pour la France : c’est lui qui crée la cave de l’Elysée, comme un relais d’ambassade.
En avril 1959, alors qu’il suit la route des vins de Bourgogne, il dit au maire de Gevrey-Chambertin : « Je ne pouvais pas m’arrêter dans votre pays sans marquer la considération particulière que j’éprouve pour l’illustration qu’il apporte à la renommée nationale. » Même s’il boit peu, le général ne dédaigne pas un petit verre de porto chez lui le soir. Il apprécie également le champagne, notamment Drappier, qui se situe à quelques kilomètres de chez lui, à Colombey-les-Deux-Eglises.
En 1990, la Maison crée même une cuvée « De Gaulle »… Le de Gaulle est également un tire-bouchon qui s’ouvre de chaque côté avec deux leviers, parce qu’il fait penser au général levant les bras, un geste familier pendant ses discours.
Georges Pompidou : le château Mouton-Rothschild
Après de Gaulle, si Pompidou n’a plus de colonies à gérer, il lui faut composer avec les nouveaux départements d’outre-mer, notamment ceux des Caraïbes. Pour des raisons diplomatiques donc, il introduit le punch antillais dans les buffets de réception de l’Elysée.

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Plus gourmet que le Général, il passe néanmoins peu de temps à table, et boit avec modération aussi bien en public qu’en privé. Avec lui, la table de l’Elysée passe aux couleurs du bordeaux. Avec Chaban-Delmas, maire de Bordeaux, comme premier ministre, et lui-même qui a été directeur général de la banque Rothschild, les châteaux Lafite-Rothschild, Duhart-Milon, Mouton-Rothschild et Clarke sont souvent servis à la table présidentielle.
C’est sous son impulsion que Mouton devient premier grand cru classé du Médoc, modifiant pour la première et seule fois le classement de 1855. Pompidou apprécie pourtant des vins plus modestes  : des moulis, tels les Châteaux Chasse-Spleen et Poujeaux, ainsi que le cahors.
Valéry Giscard d’Estaing : le chinon
Bien qu’il soit discret sur la question, Giscard aime le vin, et surtout en connaît parfaitement la culture. Au Salon de l’agriculture où il ne se rend que trois fois, il goûte du bout des lèvres le verre de vin qu’on lui tend. En privé, il préfère le vin rouge : le chambertin en Bourgogne, Cheval Blanc à Saint-Emilion, et plus couramment, le chinon.
François Mitterrand : le saint-estèphe
Mitterrand est le seul président à être originaire d’une région viticole, celle des cognacs et des pineaux. Ses ancêtres étaient même producteurs de vinaigre. C’est sous son deuxième mandat, le 10 janvier 1991, qu’est entérinée la loi Evin. Cette loi poursuit la politique menée par les gouvernements précédents contre le tabagisme et l’alcoolisme.
En 1975, la loi Veil concernait la cigarette. En 1987, la loi Barzach réglemente pour la première fois la communication sur les vins et les spiritueux. La mention « à consommer avec modération » apparaît. Du nom du ministre de la santé, Claude Evin, la loi durcit considérablement les règles de la publicité aussi bien pour le tabac que pour le vin.
C’est donc modérément que le président déclare son goût pour le Château Haut-Marbuzet, un saint-estèphe, et pour le sancerre rouge élaboré dans sa circonscription de Château-Chinon.
Jacques Chirac : la Corona (et Bernadette, le pauillac)
Pendant ses deux mandats, le budget vin de la cave de l’Elysée est dopé d’au moins 20 %. Mais Chirac affiche clairement sa préférence pour la bière, la Corona notamment, que sa fille Claude lui a fait découvrir. Dans la famille, c’est surtout Bernadette qui est passionnée par le vin et par le pauillac en particulier.
C’est elle qui fait passer l’entretien d’embauche de Guillaume Joubin pour le poste de sommelier en chef pendant le second mandat. De son côté, le président se fait faire des fiches sur le vin afin de ne pas rester en berne dans les dîners officiels.
Nicolas Sarkozy : les bouteilles… dans la cave
Ce n’est pas parce que Nicolas Sarkozy ne boit pas de vin qu’il n’en mesure pas l’importance pour l’économie nationale. C’est même sous la présidence de ce buveur d’eau que la cave de l’Elysée est la plus fournie : elle reste en effet la première cave de la République. Quand Sarkozy quitte le Palais, elle contient près de 25 000 bouteilles (elle en fait la moitié aujourd’hui). Sous son mandat, la loi Evin est assouplie par la loi Bachelot en 2009 en autorisant notamment la publicité du vin sur Internet.
François Hollande : tous les vins
Comme son prédécesseur, François Hollande continue à infléchir la politique sur le vin. Pourtant, dès le début de son mandat, en 2013, il avait fait sensation en décidant de vendre aux enchères une partie de la cave de l’Elysée. Il s’agit en réalité d’en réorganiser le positionnement et d’autofinancer de nouveaux achats vers des vins plus modestes.
Au Salon de l’agriculture, il s’affiche comme le plus zélé des présidents sur le temps passé à en arpenter les allées. Il y passe jusqu’à douze heures d’affilée, battant le record de Chirac qui était de dix heures. On le voit goûter un bergerac et déclarer spontanément : « C’est une petite bombe ».
Il apprécie le vin, le montre, mais reste consensuel : il ne reconnaît aucune préférence. Il est aussi le premier président à ouvrir, en 2015, le salon professionnel Vinexpo à Bordeaux, créé en 1981. En janvier 2016, la loi Evin est assouplie : la référence à la région de production n’est plus considérée comme une publicité. Mais les temps ont changé : depuis l’ère de Gaulle, la consommation individuelle annuelle des Français est passée à 42 litres.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ La précarité de l’emploi n’est pas la condition de la flexibilité de l’entreprise. Au contraire, assure dans une tribune au « Monde », Quentin Guilluy, fondateur d’une start-up et fils d’agent du service public.
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Réforme de la SNCF : « Le statut est la meilleure réponse à Amazon ou à Uber »

La précarité de l’emploi n’est pas la condition de la flexibilité de l’entreprise. Au contraire, assure dans une tribune au « Monde », Quentin Guilluy, fondateur d’une start-up et fils d’agent du service public.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 11h55
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 12h23
    |

Quentin Guilluy (Directeur général de la plate-forme d’optimisation des ressources humaines Andjaro)







                        



                                


                            

Tribune. Amusante, cette fronde anti-SNCF ces derniers jours. Amusante également, cette fronde anti-gouvernement. Amusantes en fait, car rien n’est justifié. Tout cela n’est que l’illustration d’une dualité de pensée stérile. A ma gauche, donc, le cheminot qui veut défendre la sécurité de son emploi et son départ précoce à la retraite. A ma droite, le patronat et le gouvernement accusés de vouloir précariser l’emploi. Image caricaturale des deux parties.
Je suis un « millennial », j’ai 28 ans et certaines choses m’échappent. Par exemple, on me dit que les statuts empêchent les entreprises d’avancer. Que le fonctionnaire est bien trop protégé. Que le cheminot est un privilégié. On nous dit même que le contrat à durée indéterminé est bientôt mort, car beaucoup trop rigide ! A mon âge, nous sommes censés bénir l’ubérisation et la précarité de l’emploi, plus conforme à l’instabilité censée nous caractériser.
Des collaborateur plus mobiles
Fils d’agent EDF, j’ai pourtant bien du mal à y adhérer. Regardez la SNCF : quelle ironie que de reprocher à des conducteurs de train leur manque de flexibilité ! N’est-ce pas un peu vite oublier qu’ils dorment loin de chez eux deux fois par semaine ?
Ne nous trompons pas de débat !
70 % des embauches en France se font en contrats à durée déterminée de moins d’un mois. Et nous voulons restreindre le contrat à durée indéterminée (CDI), qui serait protégé ? Mais l’enjeu n’est pas dans le statut ! Je crois simplement pour ma part qu’on se trompe de combat des deux côtés !

Soyons clairs : l’économie est en pleine transformation, comme seule la révolution industrielle nous a secoués par le passé. Toutes les entreprises devront bientôt innover, puis renouveler leurs compétences. Mais quel est le lien avec le CDI ou le fonctionnariat ? Un CDI empêche-t-il d’être mobile ? Non. Etre fonctionnaire empêche-t- il d’être formé ? Non. Un statut empêche-t-il de se renouveler ? Pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Le rail ne peut plus être un mode de transport rentable face à l’évolution des modes concurrents, explique l’économiste Stéphane Madaule dans une tribune au « Monde ».
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Réforme de la SNCF : « Il est de moins en moins sûr que le transport par rail soit rentable dans le futur »

Le rail ne peut plus être un mode de transport rentable face à l’évolution des modes concurrents, explique l’économiste Stéphane Madaule dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    28.04.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 12h13
    |

Stéphane Madaule (Economiste)







                        



                                


                            

Tribune. Nous sommes en pleine grève des cheminots et l’on a bien du mal à se faire une idée sur l’état réel de l’entreprise SNCF et la pertinence des arguments avancés par les uns et les autres.
Tout d’abord, quand les cheminots en grève ne représentent que 30 % à 35 % de l’effectif de la SNCF, ils arrivent à bloquer pratiquement l’ensemble des trains. Mais la SNCF, ce ne sont pas que des trains que l’on fait rouler sur un réseau ferré : ce sont également de nombreuses filiales qui travaillent sur la route avec une flotte de poids lourds et de cars. Faut-il soutenir une entreprise qui investit de plus en plus… dans le transport routier ?
Sur le plan financier, les éléments livrés au public ne sont pas clairs non plus. La SNCF affiche des bénéfices en 2017 (1,3 milliard d’euros) avec un trafic passager en hausse. Mais elle n’a jamais reçu autant de subventions : 7 milliards d’euros par an de l’Etat et des collectivités locales pour la SNCF, plus 5 milliards par an pour SNCF Réseau, 3,3 milliards par an pour le régime de retraite des cheminots.
Sans cet appui massif, sans rattachement à la sphère publique, le transport par rail souffrirait de profonds déficits. Le bénéfice affiché par la SNCF masque en réalité une activité ferroviaire fortement déficitaire, comme c’est le cas aujourd’hui dans la plupart des pays développés.

Dans le futur, le transport par rail peut-il être rentable ? C’est de moins en moins sûr à mesure que les autres modes se transforment ou se créent. L’avantage comparatif du rail est sa capacité à transporter sur une petite distance des flux massifs d’usagers qui vont travailler quotidiennement, comme le métro. C’est un mode propre, particulièrement adapté aux grandes agglomérations où il faut connecter des banlieues à un centre qui concentre les emplois. C’est aussi un mode compétitif sur des distances de moins de trois heures où l’avion ne peut pas s’aligner.
C’est...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ La théorie des modèles monopolistiques démontre que l’ouverture du seul transport à la concurrence n’aura pas les effets espérés par le gouvernement car le rail est un monopole naturel, observe dans une tribune au « Monde » l’économiste Louis de Mesnard.
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Réforme de la SNCF : « La mise en concurrence du transport de voyageurs est largement illusoire dans l’activité ferroviaire »

La théorie des modèles monopolistiques démontre que l’ouverture du seul transport à la concurrence n’aura pas les effets espérés par le gouvernement car le rail est un monopole naturel, observe dans une tribune au « Monde » l’économiste Louis de Mesnard.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 12h10
    |

Louis de Mesnard (Professeur d’économie à l’université de Bourgogne)







                        



                                


                            

Tribune. La discussion sur la mise en concurrence de la SNCF s’inscrit dans le débat plus général sur les monopoles. Mais il est en réalité faussé car la SNCF est une entreprise de réseau, qui a donc des spécificités économiques par rapport à tout autre monopole. La SNCF inclut en effet deux stades productifs, les rails (SNCF Réseau) et les trains (SNCF Mobilités).
Ces deux stades sont successifs, SNCF Mobilités utilisant le « service » fourni par SNCF Réseau. Avec la SNCF proprement dite, qui chapeaute l’ensemble, ils forment trois établissements publics à caractère industriel et commercial (Epic). Il y a ainsi intégration verticale. Qu’implique cette caractéristique en termes d’analyse d’économie industrielle ?
Le modèle dit des monopoles successifs ou de la double marginalisation, qu’on doit au grand économiste américain Abba Lerner (1903-1982) qui en 1934 indiquait que, si plusieurs firmes sont des monopoles successifs – c’est-à-dire que l’une vend un bien ou un service à l’autre – et que si ce bien ou service est un « input » complémentaire – c’est-à-dire que le monopole aval achète ce bien ou service au monopole amont dans des proportions fixes –, alors le prix final payé par le consommateur est plus élevé que si une seule firme verticalement intégrée – un unique monopole – existait.
Seule l’intégration permet d’éviter ce surprix. Ce phénomène existe pour l’électricité et le gaz, mais il fonctionne aussi quand il y a seulement un pouvoir partiel de monopole comme dans les filières de la viande, du bois, voire dans la grande distribution.

Ici, comme SNCF Mobilités ne peut éviter d’acheter le service « rails » à SNCF Réseau, et le fait en proportions fixes (pour un même parcours, chaque train roule une fois sur les rails, ni plus ni moins), on entre a priori dans le cadre du modèle de Lerner, et le prix du billet devrait être plus élevé que si on avait une seule firme unifiée. Sauf que SNCF Réseau et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le juriste Nicolas Delmas rappelle que l’Europe est un bouc émissaire facile des choix de politique nationale.
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« L’Europe ne demande nullement la privatisation de la SNCF »

Dans une tribune au « Monde », le juriste Nicolas Delmas rappelle que l’Europe est un bouc émissaire facile des choix de politique nationale.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 12h18
    |

Nicolas Delmas (Juriste, spécialiste du droit européen)







                        



                                


                            

Tribune. Ceci pourrait tout avoir de la fable moderne, tant les caricatures ont la vie dure pour représenter chacune des composantes ici présentes. La SNCF, monument national en péril, serait mise en pièce par les réglementations européennes, qui voudraient affaiblir l’entreprise afin de favoriser ses futurs concurrents.
Déjà, il convient de rappeler que l’Europe est un bouc émissaire facile des choix de politique nationale. A titre d’exemple, c’est au nom des mêmes règles européennes qu’on a scindé la SNCF (l’opérateur des trains) de Réseau ferré de France (opérateur des rails), avant de les réunir à nouveau sein d’une seule et même entité avec deux pôles, SNCF Mobilités et SNCF Réseau. Clarté et lisibilité ont été les deux fois invoquées pour aller dans deux sens diamétralement opposés…
En réalité, le cas de la SNCF est symptomatique des débats autour de la politique de la concurrence, vilain petit canard de l’opinion publique. Au terme « concurrence », on associe trop souvent l’adjectif « déloyale », véhiculant l’idée de dumping social et de recherche du profit. Or, une autre politique de concurrence existe, loin de certaines croyances.
Les services d’intérêt général
Déjà, il convient de rappeler que la politique de concurrence européenne ne peut s’appliquer ni aux affaires strictement sociales (par exemple la Sécurité sociale, etc.), ni aux activités régaliennes (la police, l’armée, etc.). En effet, la Cour de justice européenne les a expressément exclues.
Surtout, la politique de concurrence doit être articulée avec le bon fonctionnement des services d’intérêt général, y compris ceux qui ont un objet économique. Ce terme de « service d’intérêt général économique » recoupe des terminologies nationales comme le service public de l’énergie ou des transports.
Si les entreprises en charge de ces services sont soumises aux règles de la concurrence, c’est seulement « dans les limites où...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », les universitaires Jean Finez et Laurent Quessette proposent un « nouveau récit ferroviaire », pour revisiter les sujets de la dette et de l’inefficacité à l’aune des politiques de solidarité sociale et environnementale.
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« C’est considérer la SNCF uniquement comme un objet économique qui fait dérailler le train »

Dans une tribune au « Monde », les universitaires Jean Finez et Laurent Quessette proposent un « nouveau récit ferroviaire », pour revisiter les sujets de la dette et de l’inefficacité à l’aune des politiques de solidarité sociale et environnementale.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 12h07
    |

Jean Finez (Sociologue, maître de conférences à l’université Grenoble-Alpes) et Laurent Quessette (Docteur en droit, chargé d’enseignement, Le Mans...







                        



                                


                            

Tribune. Contrairement à ce que l’on lit parfois dans la presse, la dette ferroviaire n’a pas toujours existé. Jusqu’au début des années 1970, avant le tournant commercial de la SNCF, l’équilibre des comptes de l’entreprise était assuré par une dotation annuelle votée par le Parlement au nom des services publics rendus à la nation et à ses citoyens.
Durant les décennies d’après-guerre, les investissements publics étaient conséquents, justifiés par l’utilité économique et sociale des chemins de fer. Mais, soucieux de réduire les dépenses publiques, le gouvernement Chaban-Delmas et les suivants ont incité la SNCF à se comporter « comme une vraie entreprise ». Les recettes annuelles étant inférieures aux dépenses, les déficits se sont accumulés et ont généré une dette de plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Les orientations stratégiques de la SNCF ne sont évidemment pas dénuées de défauts, mais se focaliser sur la gestion interne de l’entreprise contribue à gommer la responsabilité de la puissance publique dans les dérives des dernières décennies. Plutôt que de contraindre la SNCF à faire des emprunts ou à se lancer dans des partenariats public-privé (PPP), l’Etat aurait pu choisir d’assumer le développement des lignes à grande vitesse par des investissements sur budgets publics.
Telle n’a pas été la stratégie des gouvernements successifs qui, pour respecter les critères de Maastricht, ont préféré déléguer le financement du secteur à la SNCF (et précédemment à Réseau ferré de France). Un tel choix a des conséquences : une étude du cabinet de conseil Degest estime que sur 100 euros d’emprunt sur les marchés financiers, seuls 41 euros servent à financer le réseau ferré, 59 euros disparaissant dans l’intermédiation financière ! Quant au projet de transformation de la SNCF en société anonyme, il augmenterait notablement le niveau des taux d’emprunt.
Un fondement oublié : le solidarisme
Le rapport Spinetta,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/28/19-7">
<filnamedate="20180428"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180428"><AAMMJJHH="2018042819">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Dans un avis publié vendredi 27 avril, la haute juridiction estime que certaines dispositions de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel posent des difficultés.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                   
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Le Conseil d’Etat pointe les lacunes de la réforme Pénicaud

Dans un avis publié vendredi 27 avril, la haute juridiction estime que certaines dispositions de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel posent des difficultés.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h31
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Le Conseil d’Etat n’a pas été tendre avec le projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel. Dans un avis rendu public, vendredi 27 avril, quelques heures après la présentation du texte en conseil des ministres, la haute juridiction a estimé – dans des termes rudes, parfois – que plusieurs dispositions posaient des difficultés, en particulier sur le volet consacré à l’assurance-chômage. Matignon assure que la copie a été remaniée pour tenir compte de ces observations.
Première lacune de la réforme : elle concerne l’indemnisation-chômage désormais accordée aux salariés qui démissionnent pour réaliser un « projet professionnel ». Ce dernier sera évalué par des instances paritaires régionales. Or, elles risquent de crouler sous la besogne car plusieurs dizaines de milliers de démarches de ce type sont attendus, chaque année. L’étude d’impact, qui est annexé au projet de loi, « n’évalue pas, de manière suffisante, la charge [de travail], en termes de secrétariat et de disponibilité » des personnes siégeant dans les instances représentatives du personnel ; de même, « les moyens permettant d’assurer le bon fonctionnement du dispositif » ne sont pas identifiés, aux yeux du Conseil d’Etat, qui invite donc l’exécutif à apporter des précisions à ce sujet, avant le dépôt du projet de loi au Parlement.
Etat-providence ébranlé
Le texte porté par la ministre du travail, Muriel Penicaud, pose un second problème, lorsqu’il est question d’attribuer une indemnisation-chômage aux indépendants. Désormais, le régime couvrira « des salariés, dont la rémunération est soumise à des cotisations sociales, et des travailleurs indépendants qui ne sont assujettis à aucune cotisation », ce qui soulève « une difficulté sérieuse au regard du principe d’égalité ». En outre, l’aide versée aux indépendants n’a « pas les caractéristiques d’une allocation d’assurance, mais celles d’une prestation non contributive »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ L’idée de taxer le chiffre d’affaires des géants du Net, discutée par les ministres des finances de la zone euro samedi, ne fait pas l’unanimité.
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Taxe numérique : les inquiétudes de Paris face aux réticences de certains pays

L’idée de taxer le chiffre d’affaires des géants du Net, discutée par les ministres des finances de la zone euro samedi, ne fait pas l’unanimité.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 15h32
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Les Français sont fébriles. L’ambitieux programme de réformes de la zone euro porté par Emmanuel Macron (un super-ministre des finances, un budget substantiel, un Parlement spécifique) risque d’accoucher d’une souris, pour cause de frilosité allemande. C’est notamment le cas sur la création d’une taxe numérique destinée à mettre fin à court terme « aux excès les plus choquants », selon les propos du président français le 17 avril devant le Parlement européen. C’est pourquoi Bercy se mobilise pour faire aboutir au plus vite la taxe sur le chiffre d’affaires des géants du Web.
Le président français, qui a placé la refonte de l’Union européenne (UE) au cœur de son programme, a besoin d’une victoire tangible à Bruxelles pour aborder le scrutin crucial des élections européennes, en mai 2019. Or la « taxe digitale » est populaire, plus susceptible d’interpeller les citoyens qu’une capacité budgétaire pour la zone euro par exemple. Après le scandale Cambridge Analytica qui a révélé le siphonnage des données personnelles de millions d’utilisateurs de Facebook par la firme britannique, la confiance dans les réseaux sociaux s’érode et les multinationales du numérique ont montré qu’elles étaient des championnes de l’évitement fiscal.
Minutieusement préparée par les équipes de Bercy, la réunion des ministres des finances de la zone euro à laquelle participait Bruno Le Maire samedi 28 avril à Sofia, en Bulgarie, devait être l’occasion d’engranger un maximum de soutiens pour cet impôt d’un genre totalement nouveau, s’appliquant sur les revenus et à rebours de la tradition fiscale des entreprises, basée sur la taxation du profit.
Dans ce contexte, les réserves émises par plusieurs pays comme Malte, l’Irlande, le Luxembourg, la Suède, le Danemark et la Finlande ont suscité la « colère » du ministre français, selon une source européenne citée par l’AFP.
« Le fait de taxer plutôt la production que les profits les gêne »
L’agenda...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ A un an du rétablissement d’une frontière économique avec le Royaume-Uni, Gérald Darmanin prévoit d’embaucher 700 douaniers.
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Le gouvernement prépare les douanes à un Brexit dur

A un an du rétablissement d’une frontière économique avec le Royaume-Uni, Gérald Darmanin prévoit d’embaucher 700 douaniers.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 10h18
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            

Le Brexit aura des conséquences pour la France. La principale sera le rétablissement d’une frontière économique à partir du 30 mars 2019. Car, si le Royaume-Uni n’a jamais appartenu à l’espace Schengen et si les passagers ont toujours été contrôlés, les marchandises circulaient librement avant le Brexit. Cette future frontière économique reste encore à définir. Les Britanniques et l’Union européenne sont engagés dans une négociation au long cours, dont les premiers résultats sont attendus en octobre. La frontière fait partie des discussions. Difficile de dire quelle forme elle prendra, confie-t-on à l’Elysée, « tant que la négociation n’a pas abouti : cela dépendra de ce que le Royaume-Uni souhaite comme relation ».
Trois scénarios existent. Première possibilité : le Royaume-Uni demeure dans le marché unique. Peu de choses changeraient alors côté frontière, mais les Britanniques l’excluent. Deuxième option : notre voisin souhaite toujours faire partie de l’union douanière (un peu plus de contrôles, mais pas de droits de douane). Là encore, l’hypothèse est pour l’instant rejetée : le Royaume-Uni demande un « partenariat douanier ». Reste une troisième option : l’absence d’accord. C’est le Brexit dur. La frontière serait immédiatement et totalement rétablie en mars 2019.

Le gouvernement envisage très fortement cette dernière option. « Le premier ministre nous a demandé de préparer un Brexit dur », a ainsi confié Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, le 13 avril, lors d’un déplacement au Havre. Dans ce cas-là, si rien ou presque ne change pour le passage des personnes, il en sera autrement pour les services et les marchandises. Sortant de l’UE, le Royaume-Uni ne pourra plus y vendre sans restriction des services financiers. Un point sensible, rappelle l’Elysée.
Un sujet qui soulève des inquiétudes en France, notamment dans les ports et du côté des entreprises. Avec un Brexit dur, le fret...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ En rupture avec la ligne Wauquiez, le président des Hauts-de-France se consacre à sa région sans renier ses ambitions.
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Xavier Bertrand, l’ascension par la face nord

En rupture avec la ligne Wauquiez, le président des Hauts-de-France se consacre à sa région sans renier ses ambitions.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h10
    |

            Olivier Faye (Hauts-de-France, envoyé spécial)








                        



                                


                            
« Je suis président des Hauts-de-France, je ne suis pas président de la France. » Xavier Bertrand a quelques phrases fétiches, qu’il répète à tous types d’interlocuteurs, en tous types de circonstances : une réunion avec des élus, une rencontre avec des agriculteurs, une « immersion » parmi les citoyens de sa région… « Moi qui suis un ancien assureur… » « Je ne vais pas vous donner de chiffre, comme je suis un politique, personne n’y croirait. » 
Il en a d’autres, de moins mécaniques, mais pas moins huilées. « Je suis un politique qui a largué les amarres parisiennes et trop politiciennes à mon goût. » Ça, c’était devant les militants de Force ouvrière, réunis en congrès à Lille, lundi 23 avril, où l’homme de droite a été – insigne honneur – invité à donner un discours. Une prise de parole à peine conspuée et même applaudie par moments. L’ancien ministre du travail de Nicolas Sarkozy a su trouver les mots. « Le monde d’hier qui parle au monde d’hier ? Je ne le crois pas, a-t-il lancé aux congressistes en référence à leur confrontation du jour. Ce n’est pas si mal d’avoir des oppositions dans un système politique où on nous dit qu’il n’y a qu’une seule vérité. »
Le président des Hauts-de-France a quitté Les Républicains (LR), en décembre 2017, pour marquer son désaccord avec la ligne trop droitière et eurosceptique à ses yeux du nouveau patron, Laurent Wauquiez. Depuis, l’ancien maire de Saint-Quentin s’est replié sur sa région. Il fuit les partis politiques et intervient peu sur la scène nationale. Mais il tient à ce que ce soit clair : son recul ne vise pas à prendre de l’élan pour préparer un ralliement au macronisme.
Dichotomie villes-campagnes
« Emmanuel Macron n’est pas un rempart contre la colère populaire. Il est dans la logique de ses 24 % du premier tour de la présidentielle. Quand vous êtes élu face au Front national, vous avez l’obligation de faire la politique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ A son onzième jour, la grève des cheminots contre le Nouveau pacte ferroviaire lancé par le gouvernement montre des premiers signes d’essoufflement. Mais plusieurs points cruciaux restent à résoudre avant d’entrevoir une extinction du mouvement.
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Grève à la SNCF  : cinq pistes pour une sortie de crise

A son onzième jour, la grève des cheminots contre le Nouveau pacte ferroviaire lancé par le gouvernement montre des premiers signes d’essoufflement. Mais plusieurs points cruciaux restent à résoudre avant d’entrevoir une extinction du mouvement.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 14h36
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

A son onzième jour, le mouvement de grève contre le Nouveau pacte ferroviaire lancé par le gouvernement depuis maintenant un mois montre des premiers signes d’essoufflement. Le taux de grévistes pour la journée du samedi 28 avril (50 % de conducteurs déclarés en grève contre 77 % au premier jour du mouvement) confirme que la mobilisation marque le pas.
Côté syndical on reconnaît la baisse. « C’est la fin du mois, les salaires tombent et c’est dur financièrement pour les grévistes, surtout pour les cheminots payés 1 200 ou 1 500 euros », explique Erik Meyer, secrétaire fédéral de Sud Rail, l’un des syndicats représentatifs de la SNCF. A l’UNSA, deuxième syndicat de l’entreprise publique, on constate ce reflux « assez fort chez les cadres » et on s’attend à des taux de grévistes plus faibles encore autour des ponts du mois de mai.
A ce stade du conflit, le fruit syndical serait-il suffisamment mûr pour que l’on puisse imaginer une sortie de mouvement ? Des signes le laissent penser depuis le vote du projet de loi le 17 avril à l’Assemblée nationale qui a entériné les grands principes de la réforme tout en inscrivant dans le marbre législatif quelques vrais avantages pour les cheminots.
Le discours des syndicats a évolué : on s’arc-boute moins sur les grands principes – refus de la concurrence, statut – pour se concentrer plutôt sur la négociation du cadre social. Mais, la bataille n’est pas gagnée pour autant par le gouvernement. Les syndicats cheminots restent unis et mobilisés. « Le deuil du statut n’est pas encore fait », glisse un syndicaliste. Dans ce contexte, cinq prérequis se dessinent avant d’entrevoir une extinction en bon ordre du mouvement.
Concéder un geste, ne serait-ce que symbolique, le 7 mai
Les quatre principaux syndicats de la SNCF (CGT, UNSA, SUD, CFDT) ont vécu comme une victoire de leurs revendications l’invitation par le premier ministre à venir les rencontrer le lundi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ La seule indemnisation des utilisateurs des trains régionaux coûtera plus de 10 millions d’euros en avril.
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Les usagers de la SNCF seront dédommagés en partie

La seule indemnisation des utilisateurs des trains régionaux coûtera plus de 10 millions d’euros en avril.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 13h54
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Dimanche 29 avril, les utilisateurs des transports ferroviaires auront subi douze journées de grève contre la réforme ferroviaire en cours sur les trente jours que compte le mois. Depuis plusieurs semaines, des associations d’usagers réclamaient un geste de la part de la SNCF envers les clients abonnés. La SNCF a détaillé, vendredi 27 avril, les mesures de compensation qu’elle compte mettre en place.
La principale annonce, et la plus attendue, concerne les abonnés et voyageurs des trains express régionaux (TER). Une pétition d’associations d’usagers réclamait une réduction de 60 % sur l’abonnement. La SNCF a annoncé vendredi que cette baisse atteindrait 50 % sur l’abonnement de juin. Le directeur général des TER, Franck Lacroix, a précisé que la mesure coûterait à la SNCF « un peu plus de 10 millions d’euros ».
Ce remboursement se fera automatiquement sur le prélèvement de juin pour les abonnés annuels, ou dès le 20 mai pour les 250 000 abonnés mensuels sur présentation de leur abonnement du mois d’avril. Pour les 750 000 utilisateurs occasionnels des TER recensés chaque jour, les billets émis en avril seront utilisables pendant dix jours et, en cas de non-utilisation, ils seront remboursables sans frais pendant soixante et un jours.
Le cas des trains de banlieue traité à part
Le cas des abonnés aux trains de banlieue d’Ile-de-France (Transilien) est traité à part. Ils devraient être remboursés au prorata du nombre de jours de grève pendant lesquels moins d’un train sur trois a circulé sur leur ligne. Les modalités de ce remboursement seront discutées le 17 mai lors d’une réunion avec Ile-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice, et les associations d’usagers concernées, a précisé la SNCF.
En ce qui concerne les abonnés des lignes TGV et des trains Intercités, l’indemnisation sera calculée en fonction du nombre de trains assurés sur la ligne de l’abonné les jours de grève. Les abonnés bénéficieront d’une réduction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Le « programme de réussite éducative » est pensé pour les élèves en grande difficulté des quartiers sensibles. Ce modèle, imaginé en 2005, est une des propositions-clés du rapport Borloo.
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A Bron, l’outil « réussite éducative » au service des familles

Le « programme de réussite éducative » est pensé pour les élèves en grande difficulté des quartiers sensibles. Ce modèle, imaginé en 2005, est une des propositions-clés du rapport Borloo.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 09h52
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 17h30
    |

            Violaine Morin (Bron (Rhône), envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Il est 15 h 30 précises lorsque le petit groupe d’enfants et de parents retrouve Anaëlle Collonge devant la médiathèque. Ensemble, ils vont rejoindre à pied un atelier de peinture associatif dans le quartier de Parilly. Nous sommes à Bron, dans la banlieue de Lyon (Rhône), une ville de 40 000 habitants dont deux quartiers, Parilly et Terraillon, font partie du dispositif « politique de la ville ». Anaëlle Collonge est référente de parcours PRE, pour « programme de réussite éducative ». Les enfants qu’elle accompagne font partie des 200 élèves par an – sur les 8 444 scolarisés à Bron – qui bénéficient de ce programme pensé pour les élèves « en grande difficulté » des quartiers sensibles.

A partir de signes souvent repérés à l’école, la direction propose à la famille « d’entrer dans le PRE » pour un « parcours » de quelques mois. On offrira des activités sportives ou culturelles, et des ateliers de rééducation (orthophonie, motricité). Du « sur-mesure ». Pour résoudre les difficultés passagères de l’enfant – le programme n’a pas vocation à remplacer l’action sociale ni les soins médicaux –, les acteurs se coordonnent au sein d’une équipe pluridisciplinaire qui suivra ses progrès. Elle réunit l’école, le centre social, le centre médico-psychologique, les éducateurs de rue.
La coordination des professionnels autour de l’enfant et de sa famille est la clé de voûte du programme de réussite éducative, imaginé en 2005 dans le « plan Borloo » pour les banlieues. Ce modèle de réseau éducatif est de nouveau au cœur du projet des « cités éducatives », l’une des propositions-clés du rapport remis jeudi 26 avril par Jean-Louis Borloo au premier ministre.
Logique de prévention
Ce mercredi, à l’atelier peinture, Ayoub, 7 ans, parachève un ciel bleu pendant que sa mère, Aïcha Zehri, détaille les bénéfices du PRE. Grâce aux sorties parents-enfants, elle a pris sa carte à la médiathèque et sa carte de bus. Aïcha se sentait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Les deux camps n’arrivent plus à se parler, comme l’a montré le récent débat sur le « nouvel antisémitisme ».
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Le grand schisme de la gauche sur la laïcité

Les deux camps n’arrivent plus à se parler, comme l’a montré le récent débat sur le « nouvel antisémitisme ».



Le Monde
 |    28.04.2018 à 09h38
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            

Ce sont deux branches d’une même famille qui ne se parlent presque plus, sauf pour lancer des anathèmes et prononcer des excommunications. A gauche, la laïcité divise, oppose, déchire. Certains la considèrent comme « un bouclier », d’autres comme un outil d’émancipation des citoyens. Entre eux, le fossé se creuse inexorablement. L’exemple le plus récent est le manifeste « contre le nouvel antisémitisme », publié le 21 avril dans Le Parisien.
A l’initiative notamment de Philippe Val, ancien directeur de Charlie Hebdo, ce texte dénonce le retour de la haine des juifs en France, en particulier dans les quartiers populaires et dans « une partie de la gauche radicale », et déplore l’aveuglement des « élites françaises » face à « la radicalisation islamiste ». Fort de plus de 250 signataires, il dit rassembler largement. Parmi eux, Manuel Valls, ancien premier ministre, et plusieurs de ses soutiens comme le politologue Laurent Bouvet, la philosophe Elisabeth Badinter ou encore le préfet Gilles Clavreul. De nombreuses voix de gauche sont absentes. Et pour cause. Beaucoup à gauche, au PCF, à Génération.s ou à La France insoumise (LFI), affirment n’avoir même pas été contactés pour le parapher. Seraient-ils devenus infréquentables par l’autre camp de la laïcité ?

Difficile de ne pas voir un lien entre ces absences et le fait que tous ces acteurs ne partagent pas la même vision de la laïcité que les signataires. « Tout cela est profondément lié, estime Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône et spécialiste de cette question dans son parti. Ce texte participe de la communautarisation du débat, où il faut cliver en permanence, dresser une partie du pays contre l’autre. » Car, lorsque l’on parle de laïcité, un sujet revient systématiquement : la place que doit avoir l’islam en France et le rapport de la République à ses citoyens musulmans.
« Le camp de...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                

Corée, Bolloré, Iran : les infos à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 06h42
    |

            Maxime Vaudano








                        


Macron rencontre Trump à Washington
Emmanuel Macron a soufflé le chaud et le froid lors de sa visite d’Etat de trois jours aux Etats-Unis. Il a pris soin de mettre en scène sa proximité avec Donald Trump, avant de critiquer en creux les principaux axes de sa politique lors d’un discours devant le Congrès américain, se posant en héraut de l’environnement, du multilatéralisme et de l’ouverture commerciale.
Le principal enjeu de ce déplacement était la survie de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, que Donald Trump souhaitait « déchirer ». Les deux présidents ont esquissé une voie de compromis, en s’engageant à travailler à un nouvel accord avec Téhéran, qui complèterait le texte actuel si Washington choisissait finalement de le conserver, ou le remplacerait dans le cas contraire.
Le dossier est toutefois encore loin d’être clos, à en juger par la réaction de l’Iran, qui a rejeté toute renégociation de l’accord et menacé de reprendre l’enrichissement d’uranium en cas de retrait des Américains. La décision de Donald Trump doit être annoncée le 12 mai.

        Lire l’éditorial :
         

          Macron aux Etats-Unis : une visite à double tranchant



Sommet historique entre les deux Corées
Pour la première fois depuis la fin de la guerre de Corée, en 1953, un dirigeant nord-coréen a foulé le sol du Sud vendredi. Le dirigeant du Nord, Kim Jong-un, et son homologue Moon Jae-in, se sont rencontrés dans une zone démilitarisée à la frontière pour un sommet historique de réconciliation. Ils se sont engagés à une « dénucléarisation complète » de la péninsule coréenne et ont promis de mettre enfin un terme à la guerre de Corée, gelée depuis plus de soixante ans.
Ces pourparlers intervenaient dans la perspective d’un sommet envisagé fin mai ou début juin entre Kim Jong-un et Donald Trump, qui a fait de la dénucléarisation sa priorité.

Vincent Bolloré mis en examen
A l’issue de deux jours de garde à vue, l’industriel breton Vincent Bolloré a écopé, mercredi, d’une rarissime mise en examen pour « corruption d’agent public étranger » dans l’affaire des concessions portuaires en Afrique.
Les juges d’instruction estiment qu’il existe des indices graves ou concordants laissant penser que le groupe Bolloré a eu recours à des méthodes illégales pour décrocher des contrats dans deux pays d’Afrique de l’Ouest. Selon les enquêteurs, le groupe a sous-facturé des conseils en communication aux futurs présidents du Togo et de la Guinée, pour qu’ils favorisent ses intérêts une fois élus. Ce traitement de faveur aurait permis à Bolloré de décrocher, ou de conserver, des concessions portuaires à Lomé et Conakry.

        Lire l’enquête :
         

          Afrique, amis, affaires : révélations sur le système Bolloré



La loi asile-immigration adoptée en première lecture
Après des dizaines d’heures de débats répartis sur sept jours, les députés ont adopté, dimanche, le projet de loi asile-immigration en première lecture.
Le texte, défendu par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, entend principalement réduire les délais de traitement des demandes d’asile et améliorer les reconduites à la frontière pour ceux qui en sont déboutés.
Les discussions entre parlementaires ont donné lieu à un affrontement entre deux visions de l’immigration et de l’accueil en France, dans une ambiance souvent tendue et polémique. La majorité s’est heurtée à une double opposition, avec d’un côté les accusations de laxisme de la droite et de l’extrême droite et, de l’autre, les critiques de la gauche sur un texte jugé trop répressif.

        Lire notre décryptage :
         

          Immigration : non, le « délit de solidarité » n’a pas été supprimé par les députés



Et aussi
Canada. Un jeune homme proche des « Incels » (groupe de « célibataires involontaires »), a tué dix personnes dans une attaque à la voiture bélier à Toronto.SNCF. Après dix journées de grève, les syndicats obtiennent une rencontre avec le premier ministre Edouard Philippe le 7 mai. Le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin assure pour sa part que la reprise de la dette de la compagnie ferroviaire se fera « sans augmentation d’impôt ».Universités. Le blessé grave lors de l’évacuation de Tolbiac était une rumeur infondée.Banlieues. Jean-Louis Borloo remet au gouvernement ses propositions pour l’emploi, l’éducation ou la rénovation.Société. Cinq ans après le « mariage pour tous », 40 000 couples homosexuels se sont unis.Syndicats. Pascal Pavageau succède à Jean-Claude Mailly à la tête de Force ouvrière.Terrorisme. Salah Abdeslam condamné à vingt ans de prison pour sa participation à une fusillade à Bruxelles.Justice. Affaire Grégory : Murielle Bolle autorisée à rentrer chez elle.Liberté de la presse. Reporters sans frontières s’inquiète du « climat délétère » dans les démocraties.Religion. Trente imams « indignés » par l’antisémitisme et le terrorisme proposent de s’impliquer davantage dans le combat républicain.Biodiversité. L’Europe interdit trois néonicotinoïdes jugés dangereux pour les abeilles.Syrie. Financement du terrorisme par Lafarge : l’Etat était probablement au courant.Yémen. Le chef des rebelles tué dans une frappe aérienne.Arménie. Le premier ministre, Serge Sarkissian, démissionne sous la pression de la rue.Suède. L’inventeur Peter Madsen condamné à la prison à vie pour le meurtre de la journaliste Kim Wall.Football. Liverpool et le Real Madrid prennent une option sur le finale de la Ligue des Champions, tout comme l’Olympique de Marseille en Ligue Europa.« Game of Thrones ». Un nouveau livre cette année… Mais pas celui que les fans attendaient.
Disparitions
Abbas. Le photojournaliste français, qui avait notamment couvert la révolution dans son Iran natal en 1979, est mort à 74 ans.Henri Michel. L’ancien footballeur star du FC Nantes, qui fut successivement joueur et entraîneur de l’équipe de France, est mort à 70 ans.Gilles Millet. Le journaliste, membre fondateur de Libération et spécialiste des affaires de banditisme et de terrorisme, est mort à 66 ans.Sergio Pitol. Le romancier et diplomate mexicain est mort à 85 ans.Philippe Hugon. L’économiste, spécialiste du développement et de l’Afrique, est mort à 78 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Dans le troisième livre qu’il consacre aux décisions aberrantes, ce sociologue de l’organisation, qui a travaillé aux ressources humaines chez Renault, dénonce les dangers des règles trop complexes. Le remède ? Accorder la priorité aux compétences
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édition abonné


Christian Morel, ou la raison par l’absurde

Dans le troisième livre qu’il consacre aux décisions aberrantes, ce sociologue de l’organisation, qui a travaillé aux ressources humaines chez Renault, dénonce les dangers des règles trop complexes. Le remède ? Accorder la priorité aux compétences



Le Monde
 |    28.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 10h31
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

Si, dans votre souvenir, le Costa-Concordia s’est échoué au large des côtes italiennes en 2012 parce que le capitaine contait fleurette au lieu de surveiller les récifs ; si, intuitivement, vous pensez qu’il vaut mieux qu’un pilote de chasse ne boive aucune goutte d’alcool ; si l’interdiction des œufs frais dans les maisons de retraite vous rassure ; si, plus globalement, vous pensez que toute faute doit être sanctionnée, la lecture du nouvel ouvrage de Christian Morel s’impose. Son titre : Les Décisions absurdes III.
Oui, il s’agit bien d’un troisième volume. Car la déclinaison des livres de ce sociologue évoque davantage une série télévisée que des essais scientifiques. Après Les Décisions absurdes, paru en 2002 (27 700 exemplaires vendus, plus 41 000 en poche) et Les Décisions absurdes II en 2012 (11 900 exemplaires vendus plus 9 800 en poche), voici donc la saison 3, sous-titrée L’Enfer des règles, les pièges relationnels (272 pages, 20 euros) – tous publiés chez Gallimard, dans la « Bibliothèque des sciences humaines ».
« A la suite du deuxième volume, j’avais le sentiment de n’avoir pas assez travaillé sur l’inflation normative. Cet enfer des règles qui émanent des pouvoirs publics mais aussi des organisations privées. Surtout, le deuxième volume m’a ouvert de nombreuses portes et j’ai eu envie de compléter en travaillant sur les pièges relationnels, l’importance de la convivialité, sous-estimée dans les organisations, ainsi que sur la notion de culture juste », explique Christian Morel.
Un goût pour la recherche
Longtemps cadre chargé des ressources humaines chez Renault, cet ancien élève des sociologues Henri Mendras et Raymond ­Boudon à Sciences Po avait gardé un goût pour la recherche. En 1981, il offre déjà, avec La Grève froide (Editions d’Organisation), une grille de lecture originale de la négociation sociale. En 1993, il démontre, dans Gérer et comprendre,...




                        

                        


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Pour Pascal Pavageau, « il n’y a pas de fractures » à Force ouvrière

Avec plus de 96 % des voix, le successeur de Jean-Claude Mailly est devenu le cinquième secrétaire général du syndicat.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 22h12
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières








                        



   


Drôle d’ambiance, vendredi 27 avril, pour la dernière journée du congrès de Force ouvrière. A l’ouverture, le résultat du vote du rapport d’activité, jeudi, qui présentait le bilan de Jean-Claude Mailly, était sur toutes les lèvres. Un véritable camouflet pour le secrétaire général de Force Ouvrière (FO) sortant qui a vu son texte validé de justesse, à 50,54 % des voix. Il avait d’ailleurs choisi de ne pas se rendre à cette dernière journée.
Dans la matinée, le comité confédéral national (CCN) – le parlement du syndicat – s’est réuni à huis clos pour élire le nouveau bureau confédéral et la commission exécutive (CE), la direction élargie. En montant à la tribune, Pascal Pavageau a eu le droit à une longue standing ovation d’une bonne partie de la salle.
Quelques minutes plus tard, son élection était annoncée. Avec plus de 96 % des voix, il est devenu le cinquième secrétaire général de FO. Son bureau confédéral, composé de treize personnes, est renouvelé de moitié. Quant à la composition de la CE, elle n’était toujours pas connue en fin de journée.

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                Pascal Pavageau élu à la tête de Force ouvrière pour succéder à Jean-Claude Mailly



« Une nouvelle forme de démocratie à FO »
Les réformistes ont continué à manifester leur mécontentement lors du vote des résolutions, notamment celle sur le social. Jeudi soir, pour protester contre le résultat sur le rapport d’activité, plusieurs fédérations avaient quitté les débats en commission. C’était notamment le cas de la métallurgie, la seconde fédération du syndicat proche de M. Mailly, de l’agroalimentaire et de la pharmacie.
Vendredi, des militants ont déploré, sifflets à l’appui, de ne pas avoir les textes sous forme papier et décider de s’abstenir en conséquence. « On découvre une nouvelle forme de démocratie à FO », s’est agacé Frédéric Homez, secrétaire général de FO-Métaux. Lue entièrement à l’oral, la résolution, qui appelle à « l’abrogation de la loi travail et des ordonnances Macron », a fini par être largement adoptée.
Idem pour la résolution générale, qui donne la ligne du syndicat pour les quatre prochaines années. Elle affirme en conclusion le soutien du congrès à toutes les mobilisations en cours et en particulier à celle des cheminots. Ainsi, le congrès « exige le retrait du projet de loi, le maintien du statut particulier des cheminots ainsi que le maintien du service public ferroviaire ». Il est aussi précisé que « la perspective d’une mobilisation interprofessionnelle est aujourd’hui nécessaire, y compris par la grève », le tout « en lien avec toutes les confédérations syndicales ». Une façon de tenter de satisfaire à la fois les plus contestataires et les plus réformistes.
« Hypocrisie et duplicité »
Dans un discours très offensif, M. Pavageau a promis de prendre contact avec ses homologues syndicaux dès la semaine prochaine. En conférence de presse ensuite, il a précisé « avoir mandat pour travailler à une perspective de mobilisation interprofessionnelle dans l’unité la plus large ».
Le nouvel homme fort de FO a aussi rendu hommage à Jean-Claude Mailly, à qui il a souhaité « un repos bien mérité, une excellente retraite mais aussi une pleine réussite dans [ses] nouveaux projets ». L’intéressé appréciera, lui qui a tweeté au même moment : « Je suis redevenu libre ! Discours du nouveau secrétaire de FO : hypocrisie et duplicité. Respect aux militants réformistes. »

Je suis redevenu libre! Discours du nouveau secrétaire général de FO: hyoocrisie et duplicité. Respect aux militants réformistes— jcmailly (@Jean-Claude Mailly)


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« L’unité est toujours une réalité »
Après un congrès marqué par les divisions, M. Pavageau a souligné que « si l’indépendance est un combat, l’unité est toujours une réalité ». Avant sa prise de parole, il avait jugé devant des journalistes qu’il n’y avait « pas de fractures » dans son organisation. « Il y a eu des débats qui se sont largement exprimés, parfois de façon assez vive », avait-il précisé, mais aussi « des effets de manche qui font partie de l’exercice ».
Sur le fond des dossiers, le nouveau secrétaire général a fustigé les ordonnances réformant le code du travail, cible des critiques pendant la semaine. Selon lui, elles ne sont rien d’autres que « la loi travail XXL », reprenant ainsi le slogan de la CGT. Il s’est attardé plus particulièrement sur les ruptures conventionnelles collectives, qu’il a qualifiées de « piège syndical ». Avant d’ironiser sur le titre du projet de loi pour « la liberté de choisir son avenir professionnel » sur l’assurance-chômage, l’apprentissage et la formation professionnelle. « C’est une blague ! », a-t-il lâché, critiquant de manière plus générale « l’individualisation, une vision quasi philosophique du chacun pour soi », au cœur de la politique, selon lui, du gouvernement.
Deux morceaux d’AC/DC
Sur la réforme des retraites, M. Pavageau a fait savoir que la confédération participerait à la concertation car « la chaise vide, ce n’est pas FO ». Mais « avec le mandat clair de la défense de nos régimes, de la défense de nos droits adossés à des statuts collectifs face à un projet purement idéologique où de fait il n’y a plus d’âge limite, ni de durée de cotisation ». 
« Alors, comme nos camarades il y a déjà un siècle, nous disons : non à la retraite pour les morts ! »
Et de réutiliser une « punchline » – déjà employée ces dernières semaines mais qui fait toujours son effet – pour décrire à sa façon la méthode d’Emmanuel Macron, de nouveau qualifié de « Jupiter » : « Je pense donc tu suis. » Succès garanti. Debout, les délégués ont longuement applaudi ses dernières paroles.
Si le successeur de M. Mailly a réussi à se faire ovationner vendredi, reste à savoir comment, au-delà des mots, il arrivera à ménager les différentes sensibilités de son syndicat. Comme une référence à un congrès que M. Pavageau avait anticipé comme « hard rock », deux morceaux d’AC/DC ont conclu la semaine. Sans oublier la traditionnelle Internationale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ François Hollande avait annoncé la création de cette fondation le 10 mai 2016, lors de la journée commémorative de l’abolition de l’esclavage.
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Macron annonce la création d’une « fondation pour la mémoire de l’esclavage » en 2018

François Hollande avait annoncé la création de cette fondation le 10 mai 2016, lors de la journée commémorative de l’abolition de l’esclavage.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 18h04
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 19h51
   





                        



   


Annoncée en 2016 par François Hollande, une « fondation pour la mémoire de l’esclavage » sera « créée cette année », a fait savoir Emmanuel Macron, vendredi 27 avril.
Elle sera présidée par l’ancien premier ministre socialiste Jean-Marc Ayrault et « sera logée à l’Hôtel de la Marine, où l’abolition de l’esclavage fut décrétée le 27 avril 1848 » par Victor Schœlcher, a précisé le chef de l’Etat au Panthéon, lors de la cérémonie du 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.

        Lire aussi :
         

                « Si je dis quelque chose, il va me tuer ! » : le calvaire des esclaves sexuelles en France



« Replacer l’esclavage dans le temps long de l’histoire de la France »
Cette fondation « sera dotée de moyens humains et financiers mais aussi scientifiques, pour mener des missions d’éducation, de culture, de soutien à la recherche et aux projets locaux », a poursuivi M. Macron.
« La fondation aidera également à replacer l’esclavage dans le temps long de l’histoire de la France, du premier empire colonial français à nos jours, car il est impossible de parler de la France d’aujourd’hui sans parler de son passé colonial, sans dire en particulier le rapport singulier qu’elle entretient avec le continent africain, cette relation complexe et profonde qui est devenue une part inaliénable de nos identités respectives. »
Le prédécesseur immédiat de M. Macron, François Hollande, avait annoncé la création de cette fondation le 10 mai 2016, lors de la journée commémorative de l’abolition de l’esclavage, qui marquait aussi les quinze ans de la loi Taubira qui reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme des crimes contre l’humanité.
La création d’un musée de l’esclavage est l’une des demandes récurrentes d’associations antiracistes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Les « recommandations » ministérielles sur les méthodes pédagogiques à privilégier en primaire s’inscrivent en fait dans la continuité de pratiques déjà largement répandues.
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Lire, écrire, compter à l’école : un « retour aux fondamentaux » tout relatif

Les « recommandations » ministérielles sur les méthodes pédagogiques à privilégier en primaire s’inscrivent en fait dans la continuité de pratiques déjà largement répandues.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 17h41
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Le ministère de l’éducation nationale a publié, jeudi 26 avril, des « recommandations » aux enseignants du primaire. Il s’agit de quatre circulaires qui détaillent des recommandations pédagogiques pour « faciliter l’apprentissage des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter, respecter autrui », selon leur présentation officielle. « L’idée n’est pas d’homogénéiser les pratiques mais de créer une référence commune », plaide le ministre Jean-Michel Blanquer dans une interview au Parisien.
A en croire de nombreux titres de presse et réactions, cette initiative serait un « retour aux fondamentaux », salutaire pour certains, passéiste pour d’autres. « Dorénavant, grâce à un retour aux fondamentaux, nos enfants seront éduqués “à l’ancienne” : une dictée et quinze minutes de calcul mental par jour, cinq à dix livres à étudier dans l’année et l’utilisation d’un manuel de lecture imposée », lit-on par exemple dans le quotidien bourguignon Le Bien public.

   


Une version que Jean-Michel Blanquer n’a pas reprise à son compte : « Je ne prétends pas que tout va mal ou que rien n’existait jusqu’ici, a-t-il expliqué au Parisien. Fort heureusement, dans la majorité des écoles, les pratiques des enseignants correspondent à nos recommandations. Mais ils y sont parvenus par tâtonnements. Désormais, il existe une référence. »
Si le ministre insiste fortement sur le « lire, écrire, compter », il serait erroné de prétendre que ces apprentissages fondamentaux étaient en voie de disparition à l’école. La plupart des recommandations publiées jeudi sont en réalité loin de réclamer une rupture dans les pratiques pédagogiques. Plus que de « retour des fondamentaux », il s’agit plutôt de piqûres de rappel. Illustration en trois exemples :

        Lire aussi :
         

                Lecture, grammaire, calcul… Les « recommandations » de M. Blanquer heurtent les enseignants



1. La dictée quotidienne, une recommandation de longue date
La « dictée du jour » figure parmi les « consignes » du ministre aux enseignants. Elle figurait aussi au programme de sa prédécesseure Najat Vallaud-Belkacem, qui avait, elle aussi, réclamé le retour de la dictée quotidienne en 2015. Les programmes du CP à la troisième mis en place à l’époque mentionnent d’ailleurs bien des activités d’écriture « quotidiennes », qui peuvent être des dictées, sous différentes formes, mais pas seulement.
Preuve que ce débat revient sur la table périodiquement, le retour de la dictée à l’école avait été promis par Luc Chatel en avril 2012, déjà. Ou encore par François Fillon, en 2004.
2. L’apprentissage de la grammaire n’avait pas disparu
Contrairement à ce que certaines présentations des circulaires ont pu laisser entendre, il n’est pas plus question de « retour » des leçons de grammaire. Si M. Blanquer a déploré qu’elles soient absentes, selon lui, « dans certains cahiers d’élèves », elles restent à l’évidence attendues dans les programmes. Ce que la circulaire ministérielle du 26 avril dit elle-même :
« A tous les niveaux de la scolarité obligatoire, l’enseignement de la langue est donc mené systématiquement, et la leçon de grammaire et de vocabulaire […] doit être pratiquée conformément aux programmes, qui affirment la place importante des séances qui leur sont consacrées. »
3. Le calcul mental régulier était déjà au programme
Autre souhait du ministre, faire quinze minutes de calcul mental par jour en classe. La consigne n’était certes pas formulée aussi précisément auparavant, mais force est de constater que les programmes actuellement en vigueur mettaient déjà, là aussi, fortement l’accent sur cette pratique fondamentale.
La pratique du calcul mental était ainsi fortement prescrite aux cycles 2, 3 et 4, c’est-à-dire sur l’ensemble de l’élémentaire et du collège. « La pratique quotidienne du calcul mental conforte la maîtrise des nombres et des opérations », lit-on ainsi dans l’introduction du programme de mathématiques du CP au CE2. Et la « pratique régulière » du calcul mental reste conseillée jusqu’à la classe de troisième.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Après moult renvois et plus de douze ans de procédure pour certains, la quasi-totalité des plaignants avaient obtenu gain de cause devant les prud’hommes en septembre 2015.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                

Les chibanis discriminés l’emportent définitivement face à la SNCF

Après moult renvois et plus de douze ans de procédure pour certains, la quasi-totalité des plaignants avaient obtenu gain de cause devant les prud’hommes en septembre 2015.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h24
   





                        



   


La SNCF jette l’éponge. La direction de l’entreprise ferroviaire a annoncé, vendredi 27 avril, qu’elle renonçait à se pourvoir en cassation face aux 848 chibanis qui l’accusent de discrimination en raison de leurs origines.
Après moult renvois et plus de douze ans de procédure pour certains, la quasi-totalité des plaignants avaient obtenu gain de cause devant les prud’hommes en septembre 2015. Mais l’entreprise avait fait appel de cette décision.
La cour d’appel de Paris avait donné raison le 31 janvier 2018 à ces (ex-)cheminots, principalement marocains, en leur accordant des dommages et intérêts pour préjudice moral, de carrière, de formation et de retraite pour un montant total estimé à près de 160 millions d’euros. La SNCF a fait savoir qu’elle ne « [reconnaissait] pas la discrimination, mais [souhaitait] de l’apaisement vis-à-vis de ces travailleurs marocains ».

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                Les déclassés de la SNCF demandent réparation après « quarante ans de discrimination »



« Grand soulagement »
Les chibanis (« cheveux blancs » en arabe) avaient été embauchés entre 1970 et 1983 par la SNCF, majoritairement comme contractuels, et n’ont pas bénéficié à ce titre du statut, plus avantageux, des cheminots, réservé aux ressortissants européens, sous condition d’âge.
Sollicitée par l’Agence France-Presse, leur avocate, Clélie de Lesquen-Jonas, a fait part de son « grand soulagement », trouvant cependant « dommage » que la SNCF « soit toujours dans le déni ». « Je comprends ce renoncement comme une reconnaissance des discriminations qui ne dit pas son nom », a ajouté l’avocate.

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                Les chibanis ou comment « faire entendre la voix de nos vieux invisibles »



L’avocate a déjà commencé à distribuer des chèques à des clients, dont certains avaient « les larmes aux yeux » en le recevant. De leur côté, certaines veuves « n’osaient pas le toucher », affirmant : « C’est mon mari qui aurait dû l’avoir », rapporte-t-elle.
Discrimination « organisée, statutaire »
Tout au long de la procédure judiciaire, la SNCF a nié une « quelconque politique discriminatoire », estimant avoir constamment « veillé à l’égalité de traitement de tous ses agents dans l’environnement réglementaire décidé par les pouvoirs publics ». A l’inverse, le Défenseur des droits a pointé devant la cour d’appel, par la voix de son représentant, une discrimination « organisée, statutaire », qui n’est pas sans lien avec « notre histoire coloniale ». La cour d’appel n’a pas retenu les arguments du groupe public ferroviaire.
Concernant les dommages et intérêts, ils peuvent « atteindre, en fonction de la durée d’ancienneté, 290 000 euros pour le préjudice de carrière », selon le parquet. S’y ajoutent des préjudices liés aux droits à la retraite et à la formation. La cour d’appel, contrairement aux prud’hommes, a aussi reconnu un préjudice moral.




                            


                        

                        

