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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Dans deux quartiers sensibles de cette ville de Seine-Saint-Denis, des règlements de comptes ont conduit à divers affrontements, ayant causé trois blessées par balles et plusieurs dizaines de voitures incendiées.
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Bagnolet : après trois semaines de violences, le maire réclame l’aide de l’Etat

Dans deux quartiers sensibles de cette ville de Seine-Saint-Denis, des règlements de comptes ont conduit à divers affrontements, ayant causé trois blessés par balles et plusieurs dizaines de voitures incendiées.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 18h55
   





                        



   


C’est un appel à l’aide qu’a lancé le maire de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), samedi 28 avril. « Les habitants en ont marre, ils se sentent abandonnés et ils ne se sentent pas en sécurité », a déclaré sur Franceinfo Tony Di Martino, maire socialiste de cette commune de l’Est parisien. Des déclarations qui suivent une flambée de violences qui a touché deux quartiers de la ville (La Capsulerie et les Malassis) ces dernières semaines. Elles ont causé jusqu’ici trois blessés par balles et plusieurs dizaines de voitures incendiées.
« Tout laisse à penser qu’il s’agit de règlements de comptes liés au point de deal », l’un des principaux de Seine-Saint-Denis, a confié une source proche de l’enquête à l’Agence France-Presse (AFP). Le risque de « surenchère » inquiète les élus et les habitants, qui pressent les autorités d’agir avant un « mort » ou une « balle perdue », selon l’AFP. « Je n’ai pas le souvenir d’avoir connu une telle situation dans notre ville », a déclaré le maire Di Martino à France Bleu, en évoquant une « guerre de territoires » entre trafiquants.
CRS déployés en renfort
La Capsulerie, le quartier théâtre des violences, est connue pour son trafic de drogue important. « Les clients viennent de toute la région parisienne, de tous les milieux », a expliqué la police à l’AFP. Il n’est cependant pas le seul quartier touché. Entre mardi et vendredi, quinze véhicules ont été brûlés dans le quartier des Malassis, rapporte France bleu.
Pour l’heure, la préfecture a déclaré avoir pris en compte la « situation de violence » et a assuré qu’une présence policière renforcée serait maintenue « jusqu’à nouvel ordre ». Depuis le 25 avril, des CRS ont été déployés en renfort dans le quartier de la Capsulerie.
Une présence policière insuffisante selon le maire Di Marino, qui déplore la seule existence d’un commissariat subdivisionnaire dans la ville, et l’inaction des pouvoirs publics sur la question.
Il est rejoint sur ce point par le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière, qui a souligné à Franceinfo le besoin de renforts policiers à Bagnolet, en plus de la brigade de 15 agents (groupe pour la sécurité du territoire - GST) déployée il y a un an. L’association d’habitants et plusieurs élus réclament aussi, depuis des années, l’ouverture d’un commissariat de plein exercice.
Des moyens supplémentaires
Mais pour les élus, il ne peut s’agir d’une réponse suffisante. Alexis Corbière a ainsi dénoncé la fermeture ou le manque de moyens de plusieurs services publics à Bagnolet, et a estimé que « les réponses de sécurité ne [pouvaient] pas être les seules dans un quartier où les habitants ont un sentiment de relégation ».
« On a besoin de crédit en matière de droit commun, pour les politiques culturelles, pour nos écoles. Et il va falloir que l’Etat en prenne conscience […] », a renchéri le maire de Bagnolet sur Franceinfo. Tony Di Martino et Alexis Corbière ont demandé une audience au ministre de l’intérieur Gérard Collomb, pour « lui montrer l’étendue de la situation » et des violences des dernières semaines, a assuré le député LFI, deux jours après la remise au gouvernement du rapport Borloo sur la politique de la ville.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ L’insecte qui peut transmettre le chikungunya, la dengue ou le zika est une « cible de surveillance prioritaire », selon la direction générale de la santé.
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Le moustique-tigre sous surveillance dans 42 départements

L’insecte qui peut transmettre le chikungunya, la dengue ou le zika est une « cible de surveillance prioritaire », selon la direction générale de la santé.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 13h58
   





                        


Les autorités sanitaires appellent à la vigilance envers le moustique-tigre. L’insecte, vecteur de plusieurs maladies comme le chikungunya, la dengue et le zika, est désormais présent dans 42 départements de métropole. Ce chiffre « a doublé ces deux dernières années », a souligné vendredi dans un communiqué la direction générale de la santé (DGS).
La capacité du moustique-tigre à transmettre des maladies « en fait une cible de surveillance prioritaire durant sa période d’activité en métropole du 1er mai au 30 novembre », ajoute la DGS. Cette surveillance vise à la fois à ralentir la progression de l’implantation de l’insecte et à limiter le risque d’importation et de circulation des virus dont il peut être le vecteur.
La DGS rappelle que, pour éviter la prolifération du moustique-tigre, « il est très important de supprimer les eaux stagnantes », car elles permettent sa reproduction. La DGS préconise d’enlever les soucoupes des pots de fleurs ou les remplir de sable, de changer l’eau des vases plusieurs fois par semaine ou de mettre à l’abri de la pluie tout objet pouvant se remplir d’eau.
Un portail en ligne (www.signalement-moustique.fr) ainsi qu’une application mobile, IMoustique (disponible sur l’AppStore et Google Play) permettent de signaler les moustiques-tigres.
Des dizaines de cas de dengue en métropole depuis 2014
Le moustique-tigre est présent depuis longtemps en outre-mer et « notamment dans l’océan Indien où il est actuellement à l’origine d’une épidémie de dengue sur l’île de la Réunion », note la DGS. En raison des voyages entre la métropole et la Réunion, « il existe un risque d’importation de ce virus ». Cela fait craindre l’apparition de cas autochtones, c’est-à-dire des personnes piquées et contaminées en métropole.
Les autorités sanitaires recommandent donc aux personnes qui vont à la Réunion « de se protéger contre les piqûres de moustique, y compris en journée, en utilisant des répulsifs pour la peau et les vêtements et en portant des vêtements longs et amples ».
Les signes de la dengue sont des douleurs articulaires, musculaires, des maux de tête, une éruption cutanée avec ou sans fièvre, une conjonctivite. Si une personne présente ces signes dans les sept jours suivant son retour en métropole, elle doit « consulter un médecin et continuer à se protéger contre les piqûres de moustiques, y compris en utilisant si possible une moustiquaire ». Le but : « ne pas transmettre la maladie en métropole, si le moustique-tigre est présent dans le département ».
La DGS rappelle que 11 cas autochtones de dengue ont été signalés dans l’Hérault en 2014, sept cas autochtones de dengue dans le Gard en 2015 et 17 cas autochtones de chikungunya dans le Var en 2017.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Dans plusieurs salles d’audiences du nouveau tribunal, prévenus et accusés comparaitront dans des box vitrés et fermés. Une situation inacceptable selon l’avocat pénaliste Yassine Bouzrou, qui dénonce une atteinte grave aux droits fondamentaux des individus.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Ce fils d’agriculteur est depuis 2006 le plus haut fonctionnaire de France. Un pouvoir patiemment conquis.
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Jean-Marc Sauvé, au cœur de la machine de l’Etat

Ce fils d’agriculteur est depuis 2006 le plus haut fonctionnaire de France. Un pouvoir patiemment conquis.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 09h58
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

L’homme qui prend la parole, ce mardi 9 mai 2017, sous les ors de l’Elysée, ressemble à de Gaulle. Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d’Etat, le sait, et en joue depuis longtemps. Devant François Hollande, président de la République pour quelques jours encore alors que son jeune successeur a été élu le 7 mai, il raconte l’histoire d’un petit garçon de 10 ans qui a dû quitter, à la fin de l’été 1959, son village et sa « ferme familiale dont il se souvient encore du nom de chacun des quatre chevaux et des six vaches ».
Cette épopée de fils d’agriculteur qui va gravir tous les échelons de la méritocratie républicaine jusqu’à devenir le plus haut fonctionnaire de l’Etat, Jean-Marc Sauvé la porte en étendard, même s’il n’en revient toujours pas. « Je suis resté ce petit garçon en détresse, parce qu’il s’éloignait du cocon familial pour devenir à la ville pensionnaire [à Cambrai], isolé dans un monde forcément inconnu et hostile », confesse-t-il, lors de cette remise par le chef de l’Etat des insignes de grand officier de la Légion d’honneur.
Son parcours a pourtant failli être très différent, hésitant un moment entre l’appel de l’absolu religieux et l’aspiration de l’idéal républicain. Après avoir intégré l’ENA, en 1971, il en claque la porte pour entrer au noviciat des jésuites, à Lyon. Deux ans plus tard, il revient à son premier choix, mais trouve porte fermée. L’école de l’élite n’est pas un self-service ! Qu’à cela ne tienne, le jeune Picard prépare de nouveau le concours d’entrée. Personne ne l’avait décroché deux fois. Et comme pour narguer ceux qui ont osé douter de lui, il sortira major de la promotion André Malraux. De quoi forger ambition et légende.
Ce grand commis de l’Etat inspire aujourd’hui autant le respect que la crainte. Gare à celui dont les propos risqueraient de porter ombrage à l’institution et à son chef. Les murs du Palais-Royal tremblent encore de sa colère après la publication par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le « programme de réussite éducative » est pensé pour les élèves en grande difficulté des quartiers sensibles. Ce modèle, imaginé en 2005, est une des propositions-clés du rapport Borloo.
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A Bron, l’outil « réussite éducative » au service des familles

Le « programme de réussite éducative » est pensé pour les élèves en grande difficulté des quartiers sensibles. Ce modèle, imaginé en 2005, est une des propositions-clés du rapport Borloo.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 09h52
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 17h30
    |

            Violaine Morin (Bron (Rhône), envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Il est 15 h 30 précises lorsque le petit groupe d’enfants et de parents retrouve Anaëlle Collonge devant la médiathèque. Ensemble, ils vont rejoindre à pied un atelier de peinture associatif dans le quartier de Parilly. Nous sommes à Bron, dans la banlieue de Lyon (Rhône), une ville de 40 000 habitants dont deux quartiers, Parilly et Terraillon, font partie du dispositif « politique de la ville ». Anaëlle Collonge est référente de parcours PRE, pour « programme de réussite éducative ». Les enfants qu’elle accompagne font partie des 200 élèves par an – sur les 8 444 scolarisés à Bron – qui bénéficient de ce programme pensé pour les élèves « en grande difficulté » des quartiers sensibles.

A partir de signes souvent repérés à l’école, la direction propose à la famille « d’entrer dans le PRE » pour un « parcours » de quelques mois. On offrira des activités sportives ou culturelles, et des ateliers de rééducation (orthophonie, motricité). Du « sur-mesure ». Pour résoudre les difficultés passagères de l’enfant – le programme n’a pas vocation à remplacer l’action sociale ni les soins médicaux –, les acteurs se coordonnent au sein d’une équipe pluridisciplinaire qui suivra ses progrès. Elle réunit l’école, le centre social, le centre médico-psychologique, les éducateurs de rue.
La coordination des professionnels autour de l’enfant et de sa famille est la clé de voûte du programme de réussite éducative, imaginé en 2005 dans le « plan Borloo » pour les banlieues. Ce modèle de réseau éducatif est de nouveau au cœur du projet des « cités éducatives », l’une des propositions-clés du rapport remis jeudi 26 avril par Jean-Louis Borloo au premier ministre.
Logique de prévention
Ce mercredi, à l’atelier peinture, Ayoub, 7 ans, parachève un ciel bleu pendant que sa mère, Aïcha Zehri, détaille les bénéfices du PRE. Grâce aux sorties parents-enfants, elle a pris sa carte à la médiathèque et sa carte de bus. Aïcha se sentait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Si le cannabis est souvent destiné à un marché local, la cocaïne, souvent originaire du continent sud américain, transite par l’île et vise les pays d’Europe.
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Guadeloupe : progression des saisies de drogue de 93,7 % en 2017

Si le cannabis est souvent destiné à un marché local, la cocaïne, souvent originaire du continent sud américain, transite par l’île et vise les pays d’Europe.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 09h19
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 12h45
   





                        



   


La saisie de drogue sur l’année 2017 en Guadeloupe a progressé de 93,7 % – environ 1,6 tonne – par rapport à l’année précédente, ont annoncé, vendredi 27 avril, à Basse-Terre, les douanes. Des chiffres qui confirment que la Guadeloupe, au cœur des Antilles, fait désormais partie des trajectoires incontournables qu’empruntent les substances illicites.
« Nous avons saisi 22 kg de cannabis en 2017, et près de 800 kg de cocaïne (soit une augmentation de 200 % des saisies des années précédentes), auxquels s’ajoutent 792 kg saisis en une fois lors d’une opération spéciale », a détaillé Philippe Richard, directeur régional des douanes de Guadeloupe depuis février.

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                La consommation récréative de GHB alarme la nuit parisienne



Si le cannabis est souvent destiné à un marché local, la cocaïne, souvent originaire du continent sud-américain, transite par l’île et vise les pays d’Europe.
Cette hausse de l’activité s’explique d’une part par des flux de marchandises illicites constants, voire en accroissement, mais aussi et surtout par une réorganisation des services.
« Nous avons réuni deux unités en une seule », a expliqué Virginie Tillet, chef divisionnaire des douanes de Guadeloupe qui chapeaute les équipes opérationnelles. Installée à proximité du port commercial de Guadeloupe, la nouvelle brigade « dispose d’une force opérationnelle plus importante ».
Des moyens ont également été mis sur les équipements : deux spectromètres (appareils capables de repérer les empreintes chimiques de produits illicites sous toutes leurs formes) ont été fournis aux équipes locales. Enfin, le ciblage des containers suspects a été renforcé par des systèmes d’analyses de risque, aux dires des équipes, plus performants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ C’est l’un des foyers de mobilisation contre la loi orientation et réussite. Genre, féminisme, immigration… Héritière de l’esprit de Mai-68, l’université Vincennes-Saint-Denis est au centre des débats qui agitent la société. Quitte à déranger.
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Paris-VIII, l’université de toutes les radicalités 
                  
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Le Monde
 |
                  28.04.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 06h55


C’est l’un des foyers de mobilisation contre la loi orientation et réussite. Genre, féminisme, immigration… Héritière de l’esprit de Mai-68, l’université Vincennes-Saint-Denis est au centre des débats qui agitent la société. Quitte à déranger.

Par                             Zineb Dryef





                     

Véronique Corazza peine à détacher les yeux de ses fiches. Le moment est solennel, le public attentif et les médias nombreux. Le visage grave, elle ouvre la table ronde « Etre toujours Charlie en Seine-Saint-Denis », devant un parterre de personnalités réunies aux Folies-Bergère à Paris. Principale d’un collège à Saint-Denis, elle raconte qu’« être Charlie, c’est aussi agir au quotidien contre l’intrusion dans [son] collège d’idéologie et d’agissements antirépublicains ». 
Le premier exemple qu’elle donne est celui des étudiants de Paris-VIII qui postulent pour devenir assistants d’éducation. Lors des entretiens d’embauche, elle est « très vigilante » : elle ne voudrait pas qu’ils introduisent dans son collège des « pratiques antirépublicaines » comme ces « réunions non mixtes racisées qu’ils organisent dans leur université ». La scène date de janvier.
Un « territoire perdu de la République » ?
Parmi les derniers échos de la faculté et de ses tumultueux étudiants ? Le 21 mars, Le Figaro titre « Le racisme antiblanc s’affiche à Paris-8 » où des murs ont été recouverts de tags scandaleux. Echantillon : « Français = PD », « Femmes, voilez-vous ! », « AntiFrance vaincra », « Mort aux Blancs », « Beau comme une voiture de police qui brûle », « Califat autogéré. Internationale islamo-situationniste ».
Certes, l’université est rarement immaculée mais, cette fois-ci, la virulence des tags interloque. L’affaire est prise au sérieux. La présidence porte plainte à l’encontre des auteurs non identifiés de tags antisémites et la Licra publie un communiqué à la conclusion ferme : Paris-VIII « ne doit pas être le prochain territoire perdu de la République ! »

Plus de 22 000 étudiants pour 71 435 hectares tout au bout de la ligne 13, à une dizaine de stations du centre de Paris. Le voici donc ce « territoire perdu de la République ». Plantés dans un paysage chagrin,...





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Jean-Marc Sauvé : « Nous vivons dans une société plurielle, souvent divisée, voire fracturée »

A quelques semaines de la fin de son mandat, le vice-président du Conseil d’Etat décrit les évolutions qui ont marqué ses douze ans à la tête de l’institution



Le Monde
 |    28.04.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 13h56
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Jean-Marc Sauvé sera resté douze ans à la tête du Conseil d’Etat. Le 28 mai, jour de son soixante-neuvième anniversaire, il quittera cette institution à la fois conseiller du gouvernement dans l’élaboration des lois et décrets et juge administratif suprême. Il livre dans un entretien au Monde son bilan et surtout son analyse de l’évolution de la société et des risques sur le dispositif européen de protection des droits de l’homme.
Le Conseil d’Etat est aujourd’hui plus sollicité sur des sujets de société, comme la fin de vie ou la gestation pour autrui, qu’à votre arrivée en 2006. Est-ce en raison d’une défaillance du législateur ou du corps médical ?
Jean-Marc Sauvé : Non. Il est vrai qu’il n’était pas imaginable, il y a vingt ans, que nous puissions être saisis de telles questions. Mais nous vivons dans une société de plus en plus plurielle, souvent divisée, voire fracturée. Les consensus de naguère, notamment sur la fin de vie, se sont désagrégés. Les différentes autorités, médicales ou morales, ne sont plus révérées comme autrefois. Les progrès de la médecine ouvrent aussi des possibilités, comme les techniques d’assistance médicale à la procréation.
Le législateur est intervenu, comme il devait le faire, en édictant des principes directeurs. Il faut ensuite les appliquer à des situations toujours singulières. Or, des conflits surgissent au sein des familles ou entre elles et le corps médical. Chaque année, des milliers de situations problématiques sont résolues par le dialogue. De façon exceptionnelle, le juge est amené à arbitrer ces conflits.
Constatez-vous avec l’accroissement du contentieux lié à la laïcité une montée des tensions dans la société française ?
Les contentieux liés au principe de laïcité avaient fortement décru pendant l’entre-deux-guerres et quasiment disparu depuis le milieu du XXe siècle, pendant quarante ans. Ils ont ressurgi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Corée, Bolloré, Iran : les infos à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 06h42
    |

            Maxime Vaudano








                        


Macron rencontre Trump à Washington
Emmanuel Macron a soufflé le chaud et le froid lors de sa visite d’Etat de trois jours aux Etats-Unis. Il a pris soin de mettre en scène sa proximité avec Donald Trump, avant de critiquer en creux les principaux axes de sa politique lors d’un discours devant le Congrès américain, se posant en héraut de l’environnement, du multilatéralisme et de l’ouverture commerciale.
Le principal enjeu de ce déplacement était la survie de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, que Donald Trump souhaitait « déchirer ». Les deux présidents ont esquissé une voie de compromis, en s’engageant à travailler à un nouvel accord avec Téhéran, qui complèterait le texte actuel si Washington choisissait finalement de le conserver, ou le remplacerait dans le cas contraire.
Le dossier est toutefois encore loin d’être clos, à en juger par la réaction de l’Iran, qui a rejeté toute renégociation de l’accord et menacé de reprendre l’enrichissement d’uranium en cas de retrait des Américains. La décision de Donald Trump doit être annoncée le 12 mai.

        Lire l’éditorial :
         

          Macron aux Etats-Unis : une visite à double tranchant



Sommet historique entre les deux Corées
Pour la première fois depuis la fin de la guerre de Corée, en 1953, un dirigeant nord-coréen a foulé le sol du Sud vendredi. Le dirigeant du Nord, Kim Jong-un, et son homologue Moon Jae-in, se sont rencontrés dans une zone démilitarisée à la frontière pour un sommet historique de réconciliation. Ils se sont engagés à une « dénucléarisation complète » de la péninsule coréenne et ont promis de mettre enfin un terme à la guerre de Corée, gelée depuis plus de soixante ans.
Ces pourparlers intervenaient dans la perspective d’un sommet envisagé fin mai ou début juin entre Kim Jong-un et Donald Trump, qui a fait de la dénucléarisation sa priorité.

Vincent Bolloré mis en examen
A l’issue de deux jours de garde à vue, l’industriel breton Vincent Bolloré a écopé, mercredi, d’une rarissime mise en examen pour « corruption d’agent public étranger » dans l’affaire des concessions portuaires en Afrique.
Les juges d’instruction estiment qu’il existe des indices graves ou concordants laissant penser que le groupe Bolloré a eu recours à des méthodes illégales pour décrocher des contrats dans deux pays d’Afrique de l’Ouest. Selon les enquêteurs, le groupe a sous-facturé des conseils en communication aux futurs présidents du Togo et de la Guinée, pour qu’ils favorisent ses intérêts une fois élus. Ce traitement de faveur aurait permis à Bolloré de décrocher, ou de conserver, des concessions portuaires à Lomé et Conakry.

        Lire l’enquête :
         

          Afrique, amis, affaires : révélations sur le système Bolloré



La loi asile-immigration adoptée en première lecture
Après des dizaines d’heures de débats répartis sur sept jours, les députés ont adopté, dimanche, le projet de loi asile-immigration en première lecture.
Le texte, défendu par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, entend principalement réduire les délais de traitement des demandes d’asile et améliorer les reconduites à la frontière pour ceux qui en sont déboutés.
Les discussions entre parlementaires ont donné lieu à un affrontement entre deux visions de l’immigration et de l’accueil en France, dans une ambiance souvent tendue et polémique. La majorité s’est heurtée à une double opposition, avec d’un côté les accusations de laxisme de la droite et de l’extrême droite et, de l’autre, les critiques de la gauche sur un texte jugé trop répressif.

        Lire notre décryptage :
         

          Immigration : non, le « délit de solidarité » n’a pas été supprimé par les députés



Et aussi
Canada. Un jeune homme proche des « Incels » (groupe de « célibataires involontaires »), a tué dix personnes dans une attaque à la voiture bélier à Toronto.SNCF. Après dix journées de grève, les syndicats obtiennent une rencontre avec le premier ministre Edouard Philippe le 7 mai. Le ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin assure pour sa part que la reprise de la dette de la compagnie ferroviaire se fera « sans augmentation d’impôt ».Universités. Le blessé grave lors de l’évacuation de Tolbiac était une rumeur infondée.Banlieues. Jean-Louis Borloo remet au gouvernement ses propositions pour l’emploi, l’éducation ou la rénovation.Société. Cinq ans après le « mariage pour tous », 40 000 couples homosexuels se sont unis.Syndicats. Pascal Pavageau succède à Jean-Claude Mailly à la tête de Force ouvrière.Terrorisme. Salah Abdeslam condamné à vingt ans de prison pour sa participation à une fusillade à Bruxelles.Justice. Affaire Grégory : Murielle Bolle autorisée à rentrer chez elle.Liberté de la presse. Reporters sans frontières s’inquiète du « climat délétère » dans les démocraties.Religion. Trente imams « indignés » par l’antisémitisme et le terrorisme proposent de s’impliquer davantage dans le combat républicain.Biodiversité. L’Europe interdit trois néonicotinoïdes jugés dangereux pour les abeilles.Syrie. Financement du terrorisme par Lafarge : l’Etat était probablement au courant.Yémen. Le chef des rebelles tué dans une frappe aérienne.Arménie. Le premier ministre, Serge Sarkissian, démissionne sous la pression de la rue.Suède. L’inventeur Peter Madsen condamné à la prison à vie pour le meurtre de la journaliste Kim Wall.Football. Liverpool et le Real Madrid prennent une option sur le finale de la Ligue des Champions, tout comme l’Olympique de Marseille en Ligue Europa.« Game of Thrones ». Un nouveau livre cette année… Mais pas celui que les fans attendaient.
Disparitions
Abbas. Le photojournaliste français, qui avait notamment couvert la révolution dans son Iran natal en 1979, est mort à 74 ans.Henri Michel. L’ancien footballeur star du FC Nantes, qui fut successivement joueur et entraîneur de l’équipe de France, est mort à 70 ans.Gilles Millet. Le journaliste, membre fondateur de Libération et spécialiste des affaires de banditisme et de terrorisme, est mort à 66 ans.Sergio Pitol. Le romancier et diplomate mexicain est mort à 85 ans.Philippe Hugon. L’économiste, spécialiste du développement et de l’Afrique, est mort à 78 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Dans le troisième livre qu’il consacre aux décisions aberrantes, ce sociologue de l’organisation, qui a travaillé aux ressources humaines chez Renault, dénonce les dangers des règles trop complexes. Le remède ? Accorder la priorité aux compétences
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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Christian Morel, ou la raison par l’absurde

Dans le troisième livre qu’il consacre aux décisions aberrantes, ce sociologue de l’organisation, qui a travaillé aux ressources humaines chez Renault, dénonce les dangers des règles trop complexes. Le remède ? Accorder la priorité aux compétences



Le Monde
 |    28.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 10h31
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

Si, dans votre souvenir, le Costa-Concordia s’est échoué au large des côtes italiennes en 2012 parce que le capitaine contait fleurette au lieu de surveiller les récifs ; si, intuitivement, vous pensez qu’il vaut mieux qu’un pilote de chasse ne boive aucune goutte d’alcool ; si l’interdiction des œufs frais dans les maisons de retraite vous rassure ; si, plus globalement, vous pensez que toute faute doit être sanctionnée, la lecture du nouvel ouvrage de Christian Morel s’impose. Son titre : Les Décisions absurdes III.
Oui, il s’agit bien d’un troisième volume. Car la déclinaison des livres de ce sociologue évoque davantage une série télévisée que des essais scientifiques. Après Les Décisions absurdes, paru en 2002 (27 700 exemplaires vendus, plus 41 000 en poche) et Les Décisions absurdes II en 2012 (11 900 exemplaires vendus plus 9 800 en poche), voici donc la saison 3, sous-titrée L’Enfer des règles, les pièges relationnels (272 pages, 20 euros) – tous publiés chez Gallimard, dans la « Bibliothèque des sciences humaines ».
« A la suite du deuxième volume, j’avais le sentiment de n’avoir pas assez travaillé sur l’inflation normative. Cet enfer des règles qui émanent des pouvoirs publics mais aussi des organisations privées. Surtout, le deuxième volume m’a ouvert de nombreuses portes et j’ai eu envie de compléter en travaillant sur les pièges relationnels, l’importance de la convivialité, sous-estimée dans les organisations, ainsi que sur la notion de culture juste », explique Christian Morel.
Un goût pour la recherche
Longtemps cadre chargé des ressources humaines chez Renault, cet ancien élève des sociologues Henri Mendras et Raymond ­Boudon à Sciences Po avait gardé un goût pour la recherche. En 1981, il offre déjà, avec La Grève froide (Editions d’Organisation), une grille de lecture originale de la négociation sociale. En 1993, il démontre, dans Gérer et comprendre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Pour la première fois, Sabrina Kouider, au cœur de l’accusation, a témoigné. Elle a reconnu avoir frappé Sophie Lionnet.
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Meurtre de la jeune fille au pair Sophie Lionnet : dans la tête de la meurtrière présumée

Pour la première fois, Sabrina Kouider, au cœur de l’accusation, a témoigné. Elle a reconnu avoir frappé Sophie Lionnet.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 21h45
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 09h25
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


A Londres, depuis le début du procès du meurtre de la jeune fille au pair Sophie Lionnet voilà cinq semaines, la principale accusée était restée silencieuse. Assise dans le box des prévenus, elle regardait fixement devant elle, se contentant de secouer de temps en temps la tête. Mais pour la première fois, vendredi 27 avril, Sabrina Kouider a témoigné.
Le jury a découvert une femme de 35 ans plus que jamais obsédée par ce qu’elle considère comme la vérité. Sa vérité. Pour elle, cela ne fait aucun doute : ses deux enfants ont été abusés sexuellement par son ancien compagnon, Mark Walton. Et Sophie Lionnet aurait été sa complice.
Tout indique pourtant que cette histoire est complètement fantaisiste : Mark Walton habitait alors aux Etats-Unis et n’a pas mis les pieds au Royaume-Uni en 2017. La maison où les abus auraient eu lieu n’existe même pas.
Mais Mme Kouider n’en démord pas : les maltraitances qu’elle a infligées à Sophie Lionnet servaient à protéger ses enfants. Ces mauvais traitements ont conduit à la mort de la jeune fille au pair, dont le cadavre a été retrouvé par les pompiers le 20 septembre 2017 alors qu’Ouissem Medouni, le mari de Mme Kouider, tentait d’en brûler les restes.
En larmes, la voix étranglée, Mme Kouider a reconnu avoir frappé « très fort » avec un câble électrique Sophie Lionnet, quelques jours avant sa mort. « Je l’ai frappée sur les bras et les jambes. Je criais le nom de mes enfants en même temps. »
La longue descente aux enfers de la jeune fille au pair a commencé en janvier 2016, quand elle s’est installée chez le couple français, qui habitait Wimbledon, au sud de Londres. Elle dormait dans la chambre des enfants et était très mal payée, mais la situation était relativement stable jusqu’en mai 2017. Un soir, le plus jeune des deux enfants, qui avait alors 4 ans, est rentré de l’école avec la jeune fille au pair. « Il m’a dit qu’il était allé dans une nouvelle maison, où il y avait un chien, qu’il avait un nouveau papa et une nouvelle maman et qu’ils allaient le tuer avec un pistolet », raconte Mme Kouider.
« Je l’ai mis au coin »
Trois ans plus tôt, cette dernière avait déjà été persuadée que son fils aîné avait été victime d’abus sexuels de la part de Mark Walton. Voilà que tout recommencerait. « Au début, je ne voulais pas croire [mon enfant]. Je l’ai mis au coin et je lui ai mis du piment sur les lèvres pour qu’il ne dise plus de mensonges. » Mais rapidement, Mme Kouider se convainc que son petit garçon raconte la vérité. La preuve ? Quand elle lui montre la photo de Mark Walton, celui-ci dit le reconnaître. Sept mois après le meurtre, elle n’en démord pas : « Je crois [mon fils]. »
Le calvaire de la jeune fille au pair commence alors vraiment. Mme Kouider l’emmène jusqu’à un commissariat, espérant que les policiers pourront faire des recherches qui révéleraient l’emplacement du domicile où auraient eu lieu les abus. Face à l’indifférence des forces de l’ordre, elle et son mari se lancent dans de longues recherches de ladite maison, en vain.
Ils font subir de longs interrogatoires à Sophie Lionnet, que le couple enregistre, espérant obtenir une pièce à conviction contre Mark Walton. On y entend Mme Kouider, hystérique, hurler sur la jeune fille au pair. Des bruits de coups sont audibles. A la fin, la jeune fille finira par tout « avouer » dans une vidéo dans laquelle on la voit, épuisée, visage émacié.
Lors de son témoignage, M. Medouni a raconté comment il s’est lui aussi persuadé de la complicité de Sophie Lionnet avec Mark Walton. Ensemble, ils ont installé des caméras de surveillance chez eux, pensant que Mark Walton s’était introduit dans la maison familiale après en avoir drogué tous les membres. Ensemble, ils ont interrogé la jeune fille au pair. Mais le procès devra aider à déterminer qui a porté le coup fatal, et si le meurtre a été prémédité.
Comment Mme Kouider en est-elle arrivée à se retrouver dans un tel état second ? Très brièvement, elle a fait référence à des abus sexuels qu’elle aurait subis de son oncle quand elle était enfant. Les témoignages de ses anciens compagnons concordent : ils décrivent une femme charmante, qui peut subitement entrer dans une rage folle. Selon M. Medouni, elle rêvait parfois de l’avoir vu avec d’autres femmes ; elle le réveillait alors en pleine nuit, furieuse et accusatrice, ne discernant plus la réalité de son imagination.

        Lire aussi :
         

                Londres : au procès du meurtre de la jeune fille au pair, les revirements de Ouissem Medouni






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ L’athlète Emma Oudiou l’avait accusé début avril dans « le Monde » de gestes très déplacés.
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Six mois de suspension ferme pour l’entraîneur d’athlétisme Pascal Machat, accusé d’agression sexuelle

L’athlète Emma Oudiou l’avait accusé début avril dans « le Monde » de gestes très déplacés.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 20h28
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 21h33
   





                        


L’entraîneur de demi-fond Pascal Machat, accusé par une athlète d’agression sexuelle, s’est vu infliger dix-huit mois de suspension, dont six ferme, par la Fédération française d’athlétisme (FFA), a annoncé vendredi 27 avril à l’Agence France-Presse son avocat, Hubert Delarue. Son client, qui nie depuis le début les accusations, a « immédiatement » fait appel, a précisé l’avocat.
Ancien responsable national du demi-fond chez les jeunes, Pascal Machat est aussi visé par une enquête du parquet de Fontainebleau, pour agression sexuelle, après une plainte déposée par l’athlète Emma Oudiou. Cette dernière l’a accusé début avril dans un article du Monde de gestes très déplacés, notamment d’avoir posé ses mains sur ses fesses le 26 juillet 2014, alors qu’elle s’apprêtait à disputer la finale du 3 000 m steeple des championnats du monde juniors à Eugene, aux Etats-Unis.

        Lire aussi :
         

                Violences sexuelles : la justice saisie des cas de deux entraîneurs d’athlétisme



Commission d’appel
Le Monde avait alors révélé l’existence d’une autre plainte, pour viol cette fois, contre l’entraîneur Giscard Samba, qui a sous son aile les hurdlers Dimitri Bascou et Aurel Manga. L’affaire a remis en lumière le problème des violences sexuelles dans le sport et la difficulté pour les victimes à dénoncer ce type de faits.
Pascal Machat a contesté les accusations et son avocat a annoncé avoir déposé plainte à son tour pour dénonciation calomnieuse contre Emma Oudiou. « En sanctionnant, même modestement, sans la moindre preuve sérieuse, et après avoir écarté tout fait d’agressions sexuelles, la FFA a porté gravement atteinte à l’honneur de M. Pascal Machat », déclare son avocat dans un communiqué.
« J’espère que cela enverra un message d’alerte dans le monde du sport, a déclaré au Monde Emma Oudiou. Pour que certains entraîneurs revoient leur façon de procéder, pour que les fédérations soient plus sensibilisées à ces questions-là et surtout pour que les sportives qui subissent ce genre de choses sachent qu’elles ont le droit à la parole et à la justice. »
Contactée par l’AFP, la FFA s’est refusée à tout commentaire, « par respect pour les délais de procédure ». C’est sa commission disciplinaire qui a rendu la sanction et l’appel sera examiné par sa commission d’appel.
Au-delà de sanctions disciplinaires, la justice pourrait se prononcer à l’avenir sur les accusations visant l’entraîneur : une enquête a été ouverte par le parquet de Fontainebleau, début mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Les « recommandations » ministérielles sur les méthodes pédagogiques à privilégier en primaire s’inscrivent en fait dans la continuité de pratiques déjà largement répandues.
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Lire, écrire, compter à l’école : un « retour aux fondamentaux » tout relatif

Les « recommandations » ministérielles sur les méthodes pédagogiques à privilégier en primaire s’inscrivent en fait dans la continuité de pratiques déjà largement répandues.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 17h41
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Le ministère de l’éducation nationale a publié, jeudi 26 avril, des « recommandations » aux enseignants du primaire. Il s’agit de quatre circulaires qui détaillent des recommandations pédagogiques pour « faciliter l’apprentissage des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter, respecter autrui », selon leur présentation officielle. « L’idée n’est pas d’homogénéiser les pratiques mais de créer une référence commune », plaide le ministre Jean-Michel Blanquer dans une interview au Parisien.
A en croire de nombreux titres de presse et réactions, cette initiative serait un « retour aux fondamentaux », salutaire pour certains, passéiste pour d’autres. « Dorénavant, grâce à un retour aux fondamentaux, nos enfants seront éduqués “à l’ancienne” : une dictée et quinze minutes de calcul mental par jour, cinq à dix livres à étudier dans l’année et l’utilisation d’un manuel de lecture imposée », lit-on par exemple dans le quotidien bourguignon Le Bien public.

   


Une version que Jean-Michel Blanquer n’a pas reprise à son compte : « Je ne prétends pas que tout va mal ou que rien n’existait jusqu’ici, a-t-il expliqué au Parisien. Fort heureusement, dans la majorité des écoles, les pratiques des enseignants correspondent à nos recommandations. Mais ils y sont parvenus par tâtonnements. Désormais, il existe une référence. »
Si le ministre insiste fortement sur le « lire, écrire, compter », il serait erroné de prétendre que ces apprentissages fondamentaux étaient en voie de disparition à l’école. La plupart des recommandations publiées jeudi sont en réalité loin de réclamer une rupture dans les pratiques pédagogiques. Plus que de « retour des fondamentaux », il s’agit plutôt de piqûres de rappel. Illustration en trois exemples :

        Lire aussi :
         

                Lecture, grammaire, calcul… Les « recommandations » de M. Blanquer heurtent les enseignants



1. La dictée quotidienne, une recommandation de longue date
La « dictée du jour » figure parmi les « consignes » du ministre aux enseignants. Elle figurait aussi au programme de sa prédécesseure Najat Vallaud-Belkacem, qui avait, elle aussi, réclamé le retour de la dictée quotidienne en 2015. Les programmes du CP à la troisième mis en place à l’époque mentionnent d’ailleurs bien des activités d’écriture « quotidiennes », qui peuvent être des dictées, sous différentes formes, mais pas seulement.
Preuve que ce débat revient sur la table périodiquement, le retour de la dictée à l’école avait été promis par Luc Chatel en avril 2012, déjà. Ou encore par François Fillon, en 2004.
2. L’apprentissage de la grammaire n’avait pas disparu
Contrairement à ce que certaines présentations des circulaires ont pu laisser entendre, il n’est pas plus question de « retour » des leçons de grammaire. Si M. Blanquer a déploré qu’elles soient absentes, selon lui, « dans certains cahiers d’élèves », elles restent à l’évidence attendues dans les programmes. Ce que la circulaire ministérielle du 26 avril dit elle-même :
« A tous les niveaux de la scolarité obligatoire, l’enseignement de la langue est donc mené systématiquement, et la leçon de grammaire et de vocabulaire […] doit être pratiquée conformément aux programmes, qui affirment la place importante des séances qui leur sont consacrées. »
3. Le calcul mental régulier était déjà au programme
Autre souhait du ministre, faire quinze minutes de calcul mental par jour en classe. La consigne n’était certes pas formulée aussi précisément auparavant, mais force est de constater que les programmes actuellement en vigueur mettaient déjà, là aussi, fortement l’accent sur cette pratique fondamentale.
La pratique du calcul mental était ainsi fortement prescrite aux cycles 2, 3 et 4, c’est-à-dire sur l’ensemble de l’élémentaire et du collège. « La pratique quotidienne du calcul mental conforte la maîtrise des nombres et des opérations », lit-on ainsi dans l’introduction du programme de mathématiques du CP au CE2. Et la « pratique régulière » du calcul mental reste conseillée jusqu’à la classe de troisième.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Après moult renvois et plus de douze ans de procédure pour certains, la quasi-totalité des plaignants avaient obtenu gain de cause devant les prud’hommes en septembre 2015.
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Les chibanis discriminés l’emportent définitivement face à la SNCF

Après moult renvois et plus de douze ans de procédure pour certains, la quasi-totalité des plaignants avaient obtenu gain de cause devant les prud’hommes en septembre 2015.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h24
   





                        



   


La SNCF jette l’éponge. La direction de l’entreprise ferroviaire a annoncé, vendredi 27 avril, qu’elle renonçait à se pourvoir en cassation face aux 848 chibanis qui l’accusent de discrimination en raison de leurs origines.
Après moult renvois et plus de douze ans de procédure pour certains, la quasi-totalité des plaignants avaient obtenu gain de cause devant les prud’hommes en septembre 2015. Mais l’entreprise avait fait appel de cette décision.
La cour d’appel de Paris avait donné raison le 31 janvier 2018 à ces (ex-)cheminots, principalement marocains, en leur accordant des dommages et intérêts pour préjudice moral, de carrière, de formation et de retraite pour un montant total estimé à près de 160 millions d’euros. La SNCF a fait savoir qu’elle ne « [reconnaissait] pas la discrimination, mais [souhaitait] de l’apaisement vis-à-vis de ces travailleurs marocains ».

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                Les déclassés de la SNCF demandent réparation après « quarante ans de discrimination »



« Grand soulagement »
Les chibanis (« cheveux blancs » en arabe) avaient été embauchés entre 1970 et 1983 par la SNCF, majoritairement comme contractuels, et n’ont pas bénéficié à ce titre du statut, plus avantageux, des cheminots, réservé aux ressortissants européens, sous condition d’âge.
Sollicitée par l’Agence France-Presse, leur avocate, Clélie de Lesquen-Jonas, a fait part de son « grand soulagement », trouvant cependant « dommage » que la SNCF « soit toujours dans le déni ». « Je comprends ce renoncement comme une reconnaissance des discriminations qui ne dit pas son nom », a ajouté l’avocate.

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                Les chibanis ou comment « faire entendre la voix de nos vieux invisibles »



L’avocate a déjà commencé à distribuer des chèques à des clients, dont certains avaient « les larmes aux yeux » en le recevant. De leur côté, certaines veuves « n’osaient pas le toucher », affirmant : « C’est mon mari qui aurait dû l’avoir », rapporte-t-elle.
Discrimination « organisée, statutaire »
Tout au long de la procédure judiciaire, la SNCF a nié une « quelconque politique discriminatoire », estimant avoir constamment « veillé à l’égalité de traitement de tous ses agents dans l’environnement réglementaire décidé par les pouvoirs publics ». A l’inverse, le Défenseur des droits a pointé devant la cour d’appel, par la voix de son représentant, une discrimination « organisée, statutaire », qui n’est pas sans lien avec « notre histoire coloniale ». La cour d’appel n’a pas retenu les arguments du groupe public ferroviaire.
Concernant les dommages et intérêts, ils peuvent « atteindre, en fonction de la durée d’ancienneté, 290 000 euros pour le préjudice de carrière », selon le parquet. S’y ajoutent des préjudices liés aux droits à la retraite et à la formation. La cour d’appel, contrairement aux prud’hommes, a aussi reconnu un préjudice moral.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Le milliardaire breton, mis en examen le 25 avril, est accusé d’avoir favorisé l’élection des présidents togolais et guinéen afin de faire croître ses affaires en Afrique.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ L’économiste Charles Dennery dénonce, dans une tribune au « Monde », un risque de taxation des entreprises et prône la suppression des incitations au recours aux CDD, du côté des employeurs comme des salariés.
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« A trop vouloir aider les précaires, “victimes” des contrats courts, c’est in fine la précarité que l’on a encouragée ! »

L’économiste Charles Dennery dénonce, dans une tribune au « Monde », un risque de taxation des entreprises et prône la suppression des incitations au recours aux CDD, du côté des employeurs comme des salariés.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 14h42
    |

Charles Dennery (Doctorant à la London School of Economics)







                        



                                


                            

Tribune. De nombreux économistes proposent d’instaurer en France un mécanisme de bonus-malus sur les cotisations chômage : comme pour les accidents du travail, une entreprise qui a un mauvais historique de licenciements serait pénalisée par des cotisations chômage plus élevées. Cela l’inciterait à devenir vertueuse, en ayant moins recours aux contrats courts. Politiquement, des entreprises plus responsables seraient le juste pendant d’un emploi plus flexible…
Ce système existe aux Etats-Unis depuis le New Deal. Les cotisations chômage d’une entreprise dépendent du montant des allocations-chômage touchées par les salariés qu’elle a licenciés par le passé. Ainsi, si le salarié retrouve très vite un emploi – par exemple grâce aux efforts de reclassement de l’entreprise –, il ne sera pas un poids pour l’assurance-chômage, et l’entreprise ne sera pas pénalisée.
Mais il serait en réalité compliqué de transposer cela en France. L’emploi est flexible aux Etats-Unis, il est donc plus facile de retrouver vite du travail. La durée normale d’indemnisation est de six mois ; il est donc aisé de faire le lien entre le chômeur et l’entreprise qui l’a licencié récemment. En France, quid de quelqu’un qui perd son emploi, retrouve un emploi temporaire, puis retourne au chômage ? A quelle entreprise faut-il présenter la note ?
Les contrats courts en réalité encouragés
Surtout, ce système fonctionne aux Etats-Unis comme un grain de sable dans un marché très flexible, où il n’y a pas d’indemnité de licenciement, et peu ou pas de recours juridique du salarié. Alors qu’il y a déjà en France des incitations à ne pas licencier : indemnité de licenciement, prime de précarité, lourdeur juridique. Pour l’entreprise, c’est déjà une forme de taxe, même si elle bénéficie au salarié et non à l’Etat.
Par ailleurs, certains secteurs en France ne paient pas la prime de précarité de fin de CDD, pour les emplois saisonniers (hôtellerie-restauration,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Des membres de Génération identitaire s’enorgueillissaient, cette nuit auprès du « Monde », d’avoir orienté trois migrants vers un poste de police.
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Action de militants identitaires dans les Alpes : l’enquête préliminaire classée sans suite

Des membres de Génération identitaire s’enorgueillissaient, cette nuit auprès du « Monde », d’avoir orienté trois migrants vers un poste de police.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 13h41
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 23h51
    |

            Lucie Soullier (envoyée spéciale dans les Hautes-Alpes) et 
Julia Pascual








                        



   


L’enquête préliminaire contre X, ouverte vendredi 27 avril, par le procureur de la République de Gap (Hautes-Alpes), Raphaël Balland, afin de vérifier si des infractions ont été commises à l’encontre de migrants par des militants identitaires à la frontière franco-italienne a été classée sans suite, « en l’absence d’infraction constatée ».

        Lire l’enquête
         

          sur l’action des identitaires dans les Alpes



Dans un communiqué diffusé en fin de soirée, le parquet détaille ainsi : « Les investigations menées toute la journée par la compagnie de gendarmerie de Briançon et la direction interdépartementale de la police aux frontières de Montgenèvre, notamment l’audition de migrants, n’ont permis de recueillir aucune plainte, ni de constater aucune infraction pénale susceptible d’être reprochée à l’encontre de quiconque. »
Quinze migrants interpellés
Dans la nuit de jeudi à vendredi 27 avril, des militants identitaires qui patrouillent aux abords de la frontière s’enorgueillissaient auprès du Monde d’avoir orienté vers un poste de police plusieurs migrants repérés durant leur « surveillance » nocturne : « On en a rencontré, on les a amenés à la frontière calmement, gentiment et la police ensuite les a interpellés », expliquait l’un d’eux.
Côté policier, on fait état d’un déroulement des faits sensiblement différent. Des militaires de l’opération « Sentinelle » en patrouille dans la nuit de jeudi à vendredi auraient repéré à la jumelle un groupe de personnes près du col de Montgenèvre. « Ils ont fait appel aux gendarmes, qui ont vu le groupe se séparer en deux, avec d’un côté les migrants et de l’autre les identitaires, rapporte une source policière. Ils ont pu contrôler quatre personnes et les ont accompagnées à la police aux frontières. Ils étaient suivis par les identitaires. » Parmi les personnes contrôlées, deux d’entre elles, majeures, ont été reconduites en Italie. Les deux autres, mineures, ont été placées.
Contactée vendredi matin, la préfecture des Hautes-Alpes a rappelé que seuls les services de police étaient habilités à procéder à des interpellations, qui sont quotidiennes au niveau de la frontière. Dans la nuit du 25 au 26 avril, quinze migrants ont ainsi été interpellés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ L’économiste Anne Fretel dénonce dans une tribune au « Monde » la suppression du congé individuel de formation prévu par la réforme de la formation professionnelle, au risque de supprimer les possibilités de reconversion à l’initiative du salarié.
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Avec la réforme Pénicaud, « on est bien loin de la liberté de choisir son projet professionnel »

L’économiste Anne Fretel dénonce dans une tribune au « Monde » la suppression du congé individuel de formation prévu par la réforme de la formation professionnelle, au risque de supprimer les possibilités de reconversion à l’initiative du salarié.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 14h43
    |

Anne Fretel (Maître de conférences en économie au Centre d’études lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques de l’université de...







                        



                                


                            

Tribune. La formation professionnelle connaît depuis des années un paradoxe : alors que les objectifs qui lui sont assignés sont très ambitieux (insertion professionnelle, maintien en emploi, promotion sociale, développement économique et culturel du pays), la mise en œuvre et le fonctionnement des dispositifs peinent à remplir ces objectifs renforçant, en pratique, les compétences des plus diplômés, favorisant les formations d’adaptation mobilisables à court terme par les entreprises au détriment des formations qualifiantes plus longues, et proposant aux personnes un accès à la formation dépendant de leur statut au regard de l’emploi (CDD, intérim, demandeurs d’emploi, CDI, etc.).
Le projet de loi portant réforme de la formation professionnelle, rendu public le 6 avril et présenté en conseil des ministres le 27 avril, s’intitule « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » et entend mettre l’individu au cœur du système.

L’exposé des motifs indique que la réforme vise à « donner de nouveaux droits aux personnes pour leur permettre de choisir leur vie professionnelle tout au long de leur carrière. Il s’agit de développer et de faciliter l’accès à la formation, autour des initiatives et des besoins des personnes, dans un souci d’équité, de liberté professionnelle ». L’article 1 de la loi cherche à poser « les jalons d’une nouvelle société de compétences, qui s’appuie d’abord sur un accès à la formation tout au long de la vie garanti comme un droit individuel, dont l’exercice est facilité et garanti par des financements collectifs ».
Des possibilités de reconversion limitées
On pourrait y lire un progrès, l’affirmation d’un système qui doit s’organiser en fonction des besoins et des choix de la personne – et non l’inverse – mais ce serait conclure trop vite car la réforme supprime par exemple un droit au congé de formation – le congé individuel de formation (CIF) – qui permettait à des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ « Le Monde » dévoile comment le milliardaire, mis en examen mercredi, a obtenu, grâce aux présidents togolais et guinéen et à des collaborateurs de son groupe, la gestion de deux terminaux à conteneurs.
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Afrique, amis, affaires : révélations sur le système Bolloré

« Le Monde » dévoile comment le milliardaire, mis en examen mercredi, a obtenu, grâce aux présidents togolais et guinéen et à des collaborateurs de son groupe, la gestion de deux terminaux à conteneurs.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 12h17
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 06h42
    |

            Simon Piel et 
Joan Tilouine








                        



                                


                            

« Si le groupe Bolloré se développe en Afrique, c’est parce qu’il prend des risques. » Le milliardaire breton aime à magnifier son audace entrepreneuriale sur le continent où son groupe a enregistré 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017.
Dans les rues d’Abidjan, de Conakry, de Lomé ou d’autres villes où son groupe gère en tout dix-huit terminaux à conteneurs, il incarne pourtant, pour la jeunesse populaire comme pour la nouvelle élite, une « Françafrique » désuète et anachronique. Vincent Bolloré n’en a cure et confiait volontiers au Monde que les méthodes de son groupe relèvent plus du « commando que de l’armée régulière ».
Le capitaine d’industrie, ami personnel de l’ancien président Nicolas Sarkozy et de chefs d’Etat africains, a peut-être pris trop de « risques ». Mardi 24 avril, il s’est rendu à la convocation de la police judiciaire qui l’a placé en garde à vue ainsi que deux autres cadres du groupe et un homme d’affaires.
Opérations politico-commerciales
Deux jours et une nuit plus tard, Vincent Bolloré a été mis en examen, mercredi, pour « corruption d’agents publics étrangers », « complicité d’abus de confiance, de faux et d’usage de faux ». Une déflagration pour celui qui n’a de cesse de poursuivre les journalistes qui enquêtent d’un peu trop près sur l’activité de son groupe au sud du Sahara. La justice française s’intéresse aux conditions d’obtention de deux terminaux à conteneurs du groupe Bolloré au Togo et en Guinée où il a pu prospérer ces dernières décennies.
Dans ces deux pays, Vincent Bolloré entretient des relations de proximité voire d’amitié avec les chefs d’Etat qu’il tutoie. Au point de se retrouver aujourd’hui accusé de les avoir aidés à prendre le pouvoir, en mettant à disposition le savoir-faire de ses stratèges en matière de politique africaine et de campagne présidentielle.
Car au sein de son groupe se côtoient de vieux acteurs des intrigues franco-africaines...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Accusé d’avoir favorisé l’élection des présidents togolais et guinéen, l’industriel breton a notamment assuré, pendant sa garde à vue, « n’avoir jamais autorisé le financement de campagnes ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Vincent Bolloré mis en examen : « Je n’ai pas participé à ces négociations »

Accusé d’avoir favorisé l’élection des présidents togolais et guinéen, l’industriel breton a notamment assuré, pendant sa garde à vue, « n’avoir jamais autorisé le financement de campagnes ».



Le Monde
 |    27.04.2018 à 12h16
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 16h53
    |

            Simon Piel et 
Joan Tilouine








                        



                                


                            
C’est un « afroptimiste » qui s’est présenté selon ses propres termes, mardi 24 avril, aux policiers qui venaient de le placer en garde à vue. Un capitaine d’industrie assurant avec aplomb qu’« [il] connaît toute l’Afrique pour l’avoir étudiée dans les livres et avoir commencé à y investir dans les années 1980 » et qui tient à s’expliquer sur les accusations qui pèsent sur lui et les activités de son groupe au Togo et en Guinée.
Durant les longues heures d’interrogatoire, Vincent Bolloré a assumé sans ciller les prestations de services fournies par l’agence Euro RSCG, filiale du groupe Havas – contrôlé par Bolloré – à Faure Gnassingbé, le président togolais qu’il connaît « depuis moins d’une dizaine d’années », et à son vieil ami de trente ans, le président guinéen Alpha Condé. Mais il s’est refusé à parler de financement de campagne politique. « C’est très différent de financer un candidat politique ou son parti », a-t-il dit, tout en précisant combien ces deux candidats étaient importants en termes de « stabilité nécessaire pour les investissements déjà réalisés ».

M. Bolloré s’est refusé à convenir que les concessions portuaires obtenues par son groupe à Lomé et Conakry étaient les contreparties de services rendus. « Il n’y a pas de relation », a-t-il déclaré, citant le rapport d’enquête interne qu’il a diligenté en 2016 après les perquisitions au siège de son groupe et qui souligne, selon lui, « la difficulté de ces métiers et accessoirement l’irréalisme de liens tels que [ceux] reprochés ».
« Dans l’intérêt social »
Une ligne de défense parfois amphigourique qui paraît avoir laissé les enquêteurs perplexes. Stratégie de campagne, fourniture d’affiches, édition de livre à la gloire du candidat choisi, media training, offensives numériques… Le tout « sous-facturé » à des fins politiques et commerciales sur le long terme. Vincent Bolloré ne se permet-il...




                        

                        

