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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Editorial. Si la rencontre historique des deux dirigeants coréens et la promesse d’un traité de paix constituent un motif d’espoir, cela ne peut pas effacer une impression de déjà-vu.
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Corées : la longue route du rapprochement

Editorial. Si la rencontre historique des deux dirigeants coréens et la promesse d’un traité de paix constituent un motif d’espoir, cela ne peut pas effacer une impression de déjà-vu.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 10h48
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Signe des temps, l’image historique des deux dirigeants coréens, celui du Sud et celui du Nord, franchissant main dans la main, dans un sens puis dans l’autre, la frontière qui sépare leurs pays à Panmunjom a instantanément fait le tour du monde et enfiévré les réseaux sociaux, vendredi 27 avril. Ce monde fracturé et tourmenté a désespérément besoin de bonnes nouvelles : la rencontre entre Kim Jong-un et Moon Jae-in, sa bonhomie soigneusement chorégraphiée, sa minute inattendue avec l’invitation du numéro un nord-coréen au président sud-coréen à faire un pas au Nord, puis leur engagement à conclure un traité de paix et à dénucléariser la péninsule constituent, incontestablement, des motifs d’espoir.
Cet espoir dépasse la péninsule coréenne, où la tension entre les deux pays était à son comble il y a quelques mois encore. Un conflit armé entre les deux Corées aurait en effet immédiatement des conséquences désastreuses sur les Etats-Unis, la Chine, le Japon, et l’Asie en général. Quant au risque de prolifération nucléaire, il concerne la planète tout entière.

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Mais s’il faut évidemment applaudir à ces bonnes nouvelles, il ne faut pas non plus verser dans la naïveté. La mise en scène et le renouvellement des hommes au sommet de l’un et l’autre pays ne peut pas effacer complètement une impression de déjà-vu. Ce n’est pas, en effet, le premier sommet intercoréen : en 2007, Kim Jong-il, le père de Kim Jong-un, avait déjà rencontré le président Roh Moon-hyun. Il était déjà question de gel de programme nucléaire et de traité de paix, qui sont restés lettre morte, tout comme les promesses faites lors d’un précédent sommet, en 2000.
« Dénucléarisation complète »
Pourquoi cette fois-ci serait-elle la bonne ? L’entrée des Etats-Unis dans le jeu, avec la promesse d’un sommet offerte par le président Trump au dictateur nord-coréen, qu’il menaçait, il y a quelques mois, de pulvériser en le traitant de « Little Rocketman », a sans doute poussé Kim Jong-un à de meilleurs sentiments. Ayant mené à bien son programme nucléaire, celui-ci peut ­dorénavant négocier en position de force. Autre facteur possible : l’effet des sanctions pèse de plus en plus sur l’économie nord-coréenne.
Mais diplomates et analystes, après avoir épluché la déclaration commune de Panmunjom, restent sur leur faim sur plusieurs points. S’il y est fait état de « dénucléarisation complète », aucune définition de ladite « dénucléarisation » n’est apportée, ce qui ouvre la porte à de multiples interprétations. Rien n’est dit sur les mécanismes de vérification du supposé démantèlement, mécanismes essentiels aux yeux des Etats-Unis. Aucun calendrier ne vient non plus encadrer les prochaines étapes de ce rapprochement. Comme le dit l’adage, en diplomatie, le diable est dans les détails ; cette déclaration, pour prometteuse qu’elle soit, est particulièrement pauvre en détails.
Peut-être, finalement, la révélation la plus intéressante de cette étonnante rencontre est-elle l’aveu glissé par le dictateur nord-coréen à son interlocuteur du Sud, qui lui confiait son rêve de visiter un site légendaire pour tous les Coréens dans la partie Nord de la péninsule : « Ce sera embar­rassant, lui aurait répondu Kim. La route pour y aller est très mauvaise. » Oui, le régime de Pyongyang a besoin d’aide. Mais la route à emprunter pour transformer les louables intentions de ce sommet en réalisations concrètes risque d’être, elle aussi, très chaotique.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ L’idée de taxer le chiffre d’affaires des géants du Net, discutée par les ministres des finances de la zone euro samedi, ne fait pas l’unanimité.
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Taxe numérique : les inquiétudes de Paris face aux réticences de certains pays

L’idée de taxer le chiffre d’affaires des géants du Net, discutée par les ministres des finances de la zone euro samedi, ne fait pas l’unanimité.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 15h32
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Les Français sont fébriles. L’ambitieux programme de réformes de la zone euro porté par Emmanuel Macron (un super-ministre des finances, un budget substantiel, un Parlement spécifique) risque d’accoucher d’une souris, pour cause de frilosité allemande. C’est notamment le cas sur la création d’une taxe numérique destinée à mettre fin à court terme « aux excès les plus choquants », selon les propos du président français le 17 avril devant le Parlement européen. C’est pourquoi Bercy se mobilise pour faire aboutir au plus vite la taxe sur le chiffre d’affaires des géants du Web.
Le président français, qui a placé la refonte de l’Union européenne (UE) au cœur de son programme, a besoin d’une victoire tangible à Bruxelles pour aborder le scrutin crucial des élections européennes, en mai 2019. Or la « taxe digitale » est populaire, plus susceptible d’interpeller les citoyens qu’une capacité budgétaire pour la zone euro par exemple. Après le scandale Cambridge Analytica qui a révélé le siphonnage des données personnelles de millions d’utilisateurs de Facebook par la firme britannique, la confiance dans les réseaux sociaux s’érode et les multinationales du numérique ont montré qu’elles étaient des championnes de l’évitement fiscal.
Minutieusement préparée par les équipes de Bercy, la réunion des ministres des finances de la zone euro à laquelle participait Bruno Le Maire samedi 28 avril à Sofia, en Bulgarie, devait être l’occasion d’engranger un maximum de soutiens pour cet impôt d’un genre totalement nouveau, s’appliquant sur les revenus et à rebours de la tradition fiscale des entreprises, basée sur la taxation du profit.
Dans ce contexte, les réserves émises par plusieurs pays comme Malte, l’Irlande, le Luxembourg, la Suède, le Danemark et la Finlande ont suscité la « colère » du ministre français, selon une source européenne citée par l’AFP.
« Le fait de taxer plutôt la production que les profits les gêne »
L’agenda...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Dans deux quartiers sensibles de cette ville de Seine-Saint-Denis, des règlements de comptes ont conduit à divers affrontements, ayant causé trois blessés par balles et plusieurs dizaines de voitures incendiées.
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Bagnolet : après trois semaines de violences, le maire réclame l’aide de l’Etat

Dans deux quartiers sensibles de cette ville de Seine-Saint-Denis, des règlements de comptes ont conduit à divers affrontements, ayant causé trois blessés par balles et plusieurs dizaines de voitures incendiées.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 18h55
   





                        



   


C’est un appel à l’aide qu’a lancé le maire de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), samedi 28 avril. « Les habitants en ont marre, ils se sentent abandonnés et ils ne se sentent pas en sécurité », a déclaré sur Franceinfo Tony Di Martino, maire socialiste de cette commune de l’Est parisien. Des déclarations qui suivent une flambée de violences qui a touché deux quartiers de la ville (La Capsulerie et les Malassis) ces dernières semaines. Elles ont causé jusqu’ici trois blessés par balles et plusieurs dizaines de voitures incendiées.
« Tout laisse à penser qu’il s’agit de règlements de comptes liés au point de deal », l’un des principaux de Seine-Saint-Denis, a confié une source proche de l’enquête à l’Agence France-Presse (AFP). Le risque de « surenchère » inquiète les élus et les habitants, qui pressent les autorités d’agir avant un « mort » ou une « balle perdue », selon l’AFP. « Je n’ai pas le souvenir d’avoir connu une telle situation dans notre ville », a déclaré le maire Di Martino à France Bleu, en évoquant une « guerre de territoires » entre trafiquants.
CRS déployés en renfort
La Capsulerie, le quartier théâtre des violences, est connue pour son trafic de drogue important. « Les clients viennent de toute la région parisienne, de tous les milieux », a expliqué la police à l’AFP. Il n’est cependant pas le seul quartier touché. Entre mardi et vendredi, quinze véhicules ont été brûlés dans le quartier des Malassis, rapporte France bleu.
Pour l’heure, la préfecture a déclaré avoir pris en compte la « situation de violence » et a assuré qu’une présence policière renforcée serait maintenue « jusqu’à nouvel ordre ». Depuis le 25 avril, des CRS ont été déployés en renfort dans le quartier de la Capsulerie.
Une présence policière insuffisante selon le maire Di Marino, qui déplore la seule existence d’un commissariat subdivisionnaire dans la ville, et l’inaction des pouvoirs publics sur la question.
Il est rejoint sur ce point par le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière, qui a souligné à Franceinfo le besoin de renforts policiers à Bagnolet, en plus de la brigade de 15 agents (groupe pour la sécurité du territoire - GST) déployée il y a un an. L’association d’habitants et plusieurs élus réclament aussi, depuis des années, l’ouverture d’un commissariat de plein exercice.
Des moyens supplémentaires
Mais pour les élus, il ne peut s’agir d’une réponse suffisante. Alexis Corbière a ainsi dénoncé la fermeture ou le manque de moyens de plusieurs services publics à Bagnolet, et a estimé que « les réponses de sécurité ne [pouvaient] pas être les seules dans un quartier où les habitants ont un sentiment de relégation ».
« On a besoin de crédit en matière de droit commun, pour les politiques culturelles, pour nos écoles. Et il va falloir que l’Etat en prenne conscience […] », a renchéri le maire de Bagnolet sur Franceinfo. Tony Di Martino et Alexis Corbière ont demandé une audience au ministre de l’intérieur Gérard Collomb, pour « lui montrer l’étendue de la situation » et des violences des dernières semaines, a assuré le député LFI, deux jours après la remise au gouvernement du rapport Borloo sur la politique de la ville.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ L’OL a dominé les Nantais grâce à des buts de Memphis Depay et Bertrand Traoré. Les joueurs de Bruno Genesio pointent à la deuxième place de Ligue 1.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ La direction s’était félicitée vendredi que le trafic se soit « nettement amélioré » pour ce sixième épisode du mouvement, par rapport aux précédentes journées de grève.
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Grève à la SNCF : la moitié des TGV et un tiers des Intercités seront en circulation dimanche

La direction s’était félicitée vendredi que le trafic se soit « nettement amélioré » pour ce sixième épisode du mouvement, par rapport aux précédentes journées de grève.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 17h37
   





                        


La moitié des TGV et un tiers des Intercités circuleront dimanche, au douzième jour de grève contre la réforme ferroviaire, des prévisions identiques à celles de samedi, a annoncé la SNCF dans un communiqué samedi 28 avril.
Le groupe prévoit par ailleurs, comme pour samedi, trois Transiliens sur cinq et deux TER sur cinq, pour ce dimanche qui coïncide avec les retours de vacances de la zone C et le pont du 1er mai. Trois trains internationaux sur quatre circuleront également.
La SNCF invite les usagers à se renseigner sur la circulation de leurs trains directement sur l’application mobile de la SNCF, ou sur les sites sncf.com, le site transilien.com pour les horaires Transilien par gare, le site ter.sncf.com pour les horaires TER par régions. Deux numéros d’info trafic sont également accessibles : 0 805 90 36 35 pour les Grandes Lignes, et 0 805 70 08 05 pour l’info trafic Transilien.

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Trafic en « nette amélioration »
La direction s’était félicitée vendredi que le trafic se soit « nettement amélioré » par rapport aux précédentes journées de grève. Parmi les personnels étant soumis à une déclaration d’intention de faire grève, 28 % avaient déclaré vouloir faire grève samedi, contre « 48 % en début de conflit », avait-elle noté. Pour la première fois, moins de 50 % des conducteurs (49,6 %) avaient déclaré vouloir faire grève, contre 77 % au premier jour du mouvement.
En ce qui concerne la journée de samedi, le trafic des TGV était « quasi normal » dans l’Est. Deux trains sur cinq étaient prévus sur les axes Atlantique et Nord et deux trains sur trois dans le Sud-Est.
La SNCF a annoncé vendredi des réductions de 50 % en juin pour les abonnés des TER en compensation des perturbations subies depuis le début avril. Dès le mois de mai, les abonnées du TGV et des Intercités auront également des réductions de 30 %.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Le président de l’Olympique de Marseille s’en est pris vivement à son homologue lyonnais, profitant d’une rivalité qui va crescendo pour endosser le costume de patron de l’OM, a priori mal taillé pour lui.
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Rivalité OL-OM : en s’attaquant à Jean-Michel Aulas, Eyraud brigue ses galons de président

Le président de l’Olympique de Marseille s’en est pris vivement à son homologue lyonnais, profitant d’une rivalité qui va crescendo pour endosser le costume de patron de l’OM, a priori mal taillé pour lui.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 18h11
    |

            Clément Guillou








                        



   


Peu importe ce que Jacques-Henri Eyraud, jeune président de l’Olympique de Marseille, pense de Jean-Michel Aulas. Ce qui compte, c’est que les supporteurs marseillais pensent qu’il en pense du mal. Pour cela, il a sorti l’artillerie lourde dans L’Equipe paru samedi 28 avril, en s’en prenant frontalement à son homologue de l’Olympique lyonnais.
« Je rendrai désormais coup pour coup », dit le président marseillais en multipliant les piques à l’encontre de son nouveau rival, sur son obsession du tweet - « y compris en vacances à Saint-Barthélémy » -, son âge ou ses pressions supposées sur la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP). « Je n’aime pas quand Jean-Michel devient “Don Giovanni-Michele” », poursuit l’ex-étudiant de Sciences-Po et Harvard, prêtant visiblement des pratiques mafieuses à son homologue.
Pourtant peu crédible dans le rôle de la vierge effarouchée, Jean-Michel Aulas a feint la surprise et déploré « des dénonciations calomnieuses » : « Il est en train de disjoncter. » Samedi 28 avril, l’Olympique lyonnais a menacé Jacques-Henri Eyraud de poursuites judiciaires, menaçant d’envenimer un peu plus la relation entre deux clubs qui se disputent une place en Ligue des champions l’année prochaine. Dans le même temps, le président lyonnais relayait sur son compte Twitter des messages de membres des Bad Gones, principal groupe de supporteurs ultras lyonnais, l’incitant à « fumer ce petit arrogant » et prédisant à Jacques-Henri Eyraud une durée de vie limitée dans le football français.
Le nœud de l’affaire, voudraient faire croire les deux hommes, est le déroulement de la commission de discipline du mardi 25 avril, jugeant les échanges de coups à la fin de la rencontre entre les deux clubs le 8 mars. Vu de Lyon, l’OM a été trop agressif. Vu de Marseille, l’OL a été épargné par le jugement.
A Lyon et Marseille, tout le monde y gagne
Ce qui se joue en réalité est la popularité des deux présidents et, en filigrane, de deux clubs qui cherchent à garder une part de lumière, à survivre dans l’ombre portée du Paris Saint-Germain. Jean-Michel Aulas n’a jamais eu l’intention de se laisser marcher sur les pieds et compte bien garder l’emprise qu’il a acquis sur les institutions du football français, comme propriétaire de l’OL depuis 31 ans avec le succès qui se lit sur le palmarès du club. Jacques-Henri Eyraud qui a posé les pieds à Marseille il y a un an et demi et a vite compris qu’il lui faudrait ce genre de coups pour se faire respecter sur les terrasses du Vieux-Port.
« L’OM, c’est le combat, c’est ne jamais rien lâcher, c’est montrer qu’on n’a pas peur. C’est être dans le rapport de force », disait-il au Monde en février 2017. Un an plus tard, le voilà qui engage un bras de fer, avec l’OL et avec la LFP tout à la fois. Avant lui, Pape Diouf et Vincent Labrune, ses prédécesseurs à la tête de l’OM n’avaient pas agi autrement. Transferts, arbitrage, Mathieu Valbuena...depuis plus de dix ans, tous les prétextes aux algarades entre le président lyonnais et son homologue marseillais sont bons.

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Peu importe que le combat de coqs entre un communiquant façonné dans les grandes écoles et un chef d’entreprise ayant fait fortune dans les logiciels de comptabilité n’ait pas l’envergure du duel de poids lourds des années 1980, entre le Bordelais Claude Bez et le Marseillais Bernard Tapie, deux personnages furieux, charismatiques et sulfureux.
Peu importe aussi que cette rivalité se noue au deuxième étage du football français, tandis que le président parisien Nasser Al-Khelaïfi préfère désormais ferrailler avec les dirigeants des grands clubs européens. Dans le contexte actuel, celui d’un championnat dominé par un Paris Saint-Germain évoluant dans d’autres sphères économiques et qui partage très peu à l’intérieur des frontières, il faut nourrir l’appétit des tribunes d’une autre manière. Et, pour Jacques-Henri Eyraud, continuer d’entrer dans le rôle de président de l’OM en même temps qu’il assainit le club.

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Aulas, punching-ball du Vieux-Port

   


Heureusement pour lui, il y a Jean-Michel Aulas. Si la rivalité entre l’Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain est en fin de vie, la faute au gouffre qui sépare les deux clubs, celle entre l’OM et l’OL a comblé le vide. Jean-Michel Aulas a patiemment mais bruyamment construit une rivalité qui n’existait pas avec l’Olympique de Marseille et s’est forgé une stature d’ennemi public dans la cité phocéenne.
Lui taper dessus est donc, pour Jacques-Henri Eyraud, un moyen à bon compte de faire grimper sa cote de popularité dans les travées du Vélodrome. Homme de communication - EuroDisney, Club Med, Sporever, Paris-Turf...Olympique de Marseille -, Parisien, pas fort en gueule pour un sou, il a d’abord tenté un peu maladroitement de faire valoir une forme de marseillitude en citant IAM dans chacune de ses interviews ou en évoquant ses souvenirs de Chris Waddle à la télévision. Insuffisant pour contrebalancer l’effet produit par ses PowerPoint en conférence de presse, qui le rapprochaient davantage d’un expert-comptable d’une tour de La Défense que du patron de la Commanderie, le centre d’entraînement de l’OM.
Monter cette rivalité en épingle peut toutefois avoir des conséquences désagréables pour les deux clubs, à trois semaines d’une possible finale de la Ligue Europa impliquant Marseille et ayant lieu à Lyon.
On ne saisit pas l’engouement que suscite, cette année, la Ligue Europa à Marseille si l’on oublie que la finale a lieu au Groupama Stadium voulu, construit et financé par Jean-Michel Aulas à travers son club. Les Marseillais ne veulent pas seulement jouer une finale de Coupe d’Europe : ils veulent, comme on le chante beaucoup ces temps-ci à Marseille, « la gagner chez (lui) ». L’animosité est telle que les South Winners, principal groupe de supporteurs marseillais chantaient jeudi au Stade Vélodrome, pendant la demi-finale de Ligue Europa contre Salzbourg : « Jean-Michel Aulas, on va tout casser chez toi ! »


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Seulement, comme l’Olympique lyonnais l’a déjà constaté, l’UEFA a encore moins de tendresse que la LFP pour les débordements en tribune. Et les conséquences d’une mise à sac du stade lyonnais par les supporteurs marseillais ne seraient pas que financières.

Boudjellal aussi « veut tout casser »
Sans trop sourire, le président du RC Toulon Mourad Boudjellal a lui aussi dit, samedi 28 avril, son intention de « tout casser chez Jean-Michel Aulas, parce qu’il le mérite bien quand même ».
C’était après la qualification de Toulon pour la phase finale du Top 14. Les deux demi-finales du championnat de France de rugby se joueront dans le stade lyonnais.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Chronique. Comme Emmanuel Macron entre autres, la nouvelle présidente de Radio France est issue de la « promotion Senghor », cuvée de l’ENA jugée d’exception, dont les membres se retrouvent à tous les étages de la République.
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Elle est comme ça… Sybile Veil


                      Chronique. Comme Emmanuel Macron entre autres, la nouvelle présidente de Radio France est issue de la « promotion Senghor », cuvée de l’ENA jugée d’exception, dont les membres se retrouvent à tous les étages de la République.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 08h15
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 16h25
    |

            Philippe Ridet








   


Senghor, j’adore ! Quoi, l’homme d’Etat et écrivain franco-sénégalais (1906-2001) Léopold Sédar Senghor a donné son nom à un parfum ? Mais non, on vous parle de la promotion Senghor ! Quoi ? Il fait des promos en plus ! Où ? Quand ? Décidément, faut tout vous expliquer. Reprenons dans l’ordre. Sibyle Veil, 40 ans, née Petitjean à Langres (Haute-Marne) comme Denis Diderot (1713-1784, encyclopédiste) et Jeanne Mance (1606-1673, cofondatrice de la ville de Montréal), épouse de Sébastien Veil – petit-fils de Simone et d’Antoine Veil –, tous deux énarques, a été nommée, le 12 avril, à la tête de Radio France.
Déjà directrice déléguée chargée des opérations et des finances depuis trois ans, elle succède à Mathieu Gallet, révoqué à la suite de sa condamnation pour « favoritisme ». Femme, réputée habile négociatrice, issue du sérail, revendiquant le changement dans la continuité (pourquoi changer une radio qui gagne ?), elle était archifavorite au point que des prétendants renoncèrent, paraît-il, à se porter candidats, intimidés par son CV (Conseil d’Etat, Elysée avec Sarkozy, AP-HP) autant que par les appuis qu’on lui prêtait.
Adoubée en vingt-quatre heures
« J’ai toujours préféré la complexité du changement au confort des situations établies », a-t-elle dit au cours de son grand oral devant le CSA, fouettant ainsi l’esprit pionnier qui sommeillait chez ces examinateurs. Nul doute que, lorsqu’ils l’entendirent vanter son « éthique personnelle » nourrie de sa « confrontation avec les responsabilités », ils comprirent qu’ils avaient trouvé la perle rare. Vingt-quatre heures plus tard, elle était adoubée.
De la « maison ronde », Sibyle Veil connaît tous les coins (il faut nous excuser, c’était trop tentant !). La légende raconte que, après son recrutement en 2015 à la suite de la plus longue grève de l’histoire de l’audiovisuel public, elle passa l’été à visiter humblement chaque service. On en déduira par là qu’elle a dû rencontrer de nombreux stagiaires. Mais pas que. Tous les directeurs de station (France Inter, France Culture, Mouv’, etc.) l’ont soutenue dans sa campagne.
« J’ai toujours préféré la complexité du changement au confort des situations établies » Sybile Veil
Et Senghor dans tout ça ? C’est tout simplement le nom que s’est choisi la promotion 2002-2004 de l’ENA dont Sibyle Veil est issue, tout comme celle de 1978-1980, qui réunissaient Hollande, Royal et Villepin, avait adopté celui de Voltaire. Jugé, à son époque, exceptionnel, ce dernier cru pourrait être déclassé comme vulgaire picrate par la cuvée Senghor. Le millésime du siècle naissant, pronostiquent déjà les connaisseurs. Quadras, fringants, taillés pour le pouvoir et les vestes cintrées, ses membres se retrouvent à tous les étages nobles de la République – à commencer par le roof-top où Emmanuel Macron trône en majesté.

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Entre-soi des élites ? Dans L’Obs, l’ancien conseiller com de François Hollande, Gaspard Gantzer, lui aussi ex-Senghor, minimise : « Nous n’étions pas vraiment une bande, plutôt des jeunes qui tentaient de tuer le temps à Strasbourg. » Chacun sait bien que le temps passe plus lentement dans le Bas-Rhin que partout ailleurs. Bien sûr, aucun des « Senghor » comme on les surnomme ne reconnaîtra, même si on lui arrache les ongles, devoir quoi que ce soit à la puissance de son réseau. Mais, confesse l’un d’eux dans Paris Match, « on se connaît depuis vingt ans, on a nos numéros de portables ». C’est plus rapide que passer par le standard.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ La menace d’une guerre commerciale entre Etats-Unis et Europe a affecté la visite express (2h30) de la chancelière allemande à Washington, vendredi.
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Rencontre Merkel-Trump : compliments de circonstance et échanges peu fructueux

La menace d’une guerre commerciale entre Etats-Unis et Europe a affecté la visite express (2h30) de la chancelière allemande à Washington, vendredi.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 09h52
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 10h18
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant) et 
Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Après les longues heures partagées avec Emmanuel Macron, lundi 23 et mardi 24 avril, Donald Trump s’est contenté du minimum avec Angela Merkel, vendredi. Avant de recevoir la chancelière allemande à la Maison Blanche, en fin de matinée, il a fait mine de déplorer la brièveté de leurs échanges. « Tant de choses à évoquer, en aussi peu de temps ! », a-t-il écrit sur son compte Twitter, comme s’il n’était pour rien dans le choix de ne consacrer que deux heures et demie à cette seconde visite à Washington de la chancelière depuis l’élection du président américain, en 2016.
Angela Merkel avait pour l’essentiel un agenda identique à celui d’Emmanuel Macron : rappeler l’attachement de Berlin à l’accord sur le nucléaire iranien dont l’Allemagne est signataire, comme la France, mais que Donald Trump pourrait dénoncer le 12 mai ; écarter la menace d’une guerre commerciale entre l’Union européenne et les Etats-Unis, alors que les importations d’acier européen pourraient être taxées à hauteur de 25 % et celles d’aluminium à 10 % à partir du 1er mai.
Sur ces deux points, aucune avancée n’a été manifeste au terme de cette brève visite, conclue par une conférence de presse commune. Sur l’Iran, Angela Merkel a convenu que l’accord en vigueur, signé en 2015, « ne résoudra pas tous les problèmes qui existent ». « C’est un des éléments d’une mosaïque, une pierre à partir de laquelle on peut bâtir une structure plus large », a-t-elle estimé aux côtés d’un président des Etats-Unis marmoréen, qui s’est contenté d’affirmer avec force : les dirigeants iraniens « n’obtiendront pas d’armes nucléaires, ça je peux vous le garantir ! »
« Besoin de réciprocité »
Les échanges ont semblé aussi peu fructueux sur le commerce. « La décision revient au président », a constaté Mme Merkel après avoir pris acte de « l’insatisfaction » de son hôte. Elle a ajouté que la réforme fiscale adoptée en 2017 a fait des Etats-Unis « à nouveau une place très intéressante pour investir ». « Nous avons besoin de réciprocité, que nous n’avons pas », a évasivement indiqué pour sa part Donald Trump.
Le président a pris soin vendredi de rendre hommage à Angela Merkel, qualifiée de « femme extraordinaire ». Il l’a également félicitée pour son maintien à la chancellerie après les élections du 24 septembre 2017. Enfin, après l’avoir accueillie en lui faisant la bise à sa sortie de voiture sur le perron de la Maison Blanche, il n’a cette fois pas manqué de lui serrer la main devant les photographes au début de leur entrevue dans le bureau Ovale. Le moment était scruté avec une attention particulière : le 17 mars 2017, à la même place, Donald Trump avait ostensiblement snobé Angela Merkel qui lui avait proposé une poignée de main… Vendredi, les compliments de circonstance du président américain à l’égard de la chancelière ont cependant contrasté avec les effusions parfois surjouées du début de semaine avec son homologue français.
Il faut dire que par rapport à Emmanuel Macron, Angela Merkel pâtit d’un double handicap : l’excédent commercial de l’Allemagne et le montant de la contribution de son pays au budget de l’OTAN, jugé insuffisant au même moment par le nouveau secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Mike Pompeo, en visite au siège de l’Alliance à Bruxelles.

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Sur ce point, le président américain n’a pas manqué de rappeler à la chancelière que l’Allemagne – comme d’autres Etats membres de l’Alliance atlantique – était loin d’avoir atteint l’objectif consistant à consacrer 2 % de son produit intérieur brut à la défense. Angela Merkel a précisé que son pays allait consacrer 1,3 % de son PIB aux dépenses militaires en 2019, « une part en hausse par rapport aux années précédentes ». Elle l’a néanmoins reconnu : « Nous sommes encore loin de l’objectif, et nous le savons. »
Avant cette brève visite à Washington, l’entourage de Mme Merkel avait prévenu qu’il ne fallait pas s’attendre à des avancées considérables. « Ce serait déjà un succès, si le président américain écoutait et qu’il lui apparaissait clairement que les Européens font bloc », avait notamment déclaré Peter Beyer, le délégué du gouvernement allemand pour les relations germano-américaines.
Macron-Merkel, le « tandem »
Dans un entretien à la Frankfurter Rundschau, jeudi, M. Beyer avait également évoqué une sorte de répartition des rôles concertée entre Angela Merkel et Emmanuel Macron quant à leur attitude respective vis-à-vis de Donald Trump : « Leurs objectifs sont communs et leur action est coordonnée, même si Macron et Merkel jouent des rôles différents. Macron, sur le plan personnel, est plus proche de Trump. Merkel est celle qui, avec sa ténacité et son pragmatisme, sait particulièrement bien s’y prendre pour faire avancer les dossiers. Ce ne sont pas des oppositions, mais un jeu orchestré conjointement. Macron et Merkel savent très bien jouer en tandem. »
« Il y a parfois [entre nos deux pays] des points de vue assez différents », a concédé Angela Merkel, avec un art certain de l’euphémisme, vendredi, aux côtés de Donald Trump. En venant à Washington, elle a toutefois souhaité rappeler que « les liens transatlantiques restent d’une importance existentielle » à ses yeux. Au vu de la teneur de ses échanges avec le président américain, il n’est pas certain que ses concitoyens soient rassurés sur l’avenir de la relation entre l’Allemagne et les Etats-Unis. Selon un sondage de l’institut Civey réalisé outre-Rhin entre le 20 et le 25 avril, 68 % des personnes interrogées estiment que cette relation va se dégrader.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ L’insecte qui peut transmettre le chikungunya, la dengue ou le zika est une « cible de surveillance prioritaire », selon la direction générale de la santé.
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Le moustique-tigre sous surveillance dans 42 départements

L’insecte qui peut transmettre le chikungunya, la dengue ou le zika est une « cible de surveillance prioritaire », selon la direction générale de la santé.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 13h58
   





                        


Les autorités sanitaires appellent à la vigilance envers le moustique-tigre. L’insecte, vecteur de plusieurs maladies comme le chikungunya, la dengue et le zika, est désormais présent dans 42 départements de métropole. Ce chiffre « a doublé ces deux dernières années », a souligné vendredi dans un communiqué la direction générale de la santé (DGS).
La capacité du moustique-tigre à transmettre des maladies « en fait une cible de surveillance prioritaire durant sa période d’activité en métropole du 1er mai au 30 novembre », ajoute la DGS. Cette surveillance vise à la fois à ralentir la progression de l’implantation de l’insecte et à limiter le risque d’importation et de circulation des virus dont il peut être le vecteur.
La DGS rappelle que, pour éviter la prolifération du moustique-tigre, « il est très important de supprimer les eaux stagnantes », car elles permettent sa reproduction. La DGS préconise d’enlever les soucoupes des pots de fleurs ou les remplir de sable, de changer l’eau des vases plusieurs fois par semaine ou de mettre à l’abri de la pluie tout objet pouvant se remplir d’eau.
Un portail en ligne (www.signalement-moustique.fr) ainsi qu’une application mobile, IMoustique (disponible sur l’AppStore et Google Play) permettent de signaler les moustiques-tigres.
Des dizaines de cas de dengue en métropole depuis 2014
Le moustique-tigre est présent depuis longtemps en outre-mer et « notamment dans l’océan Indien où il est actuellement à l’origine d’une épidémie de dengue sur l’île de la Réunion », note la DGS. En raison des voyages entre la métropole et la Réunion, « il existe un risque d’importation de ce virus ». Cela fait craindre l’apparition de cas autochtones, c’est-à-dire des personnes piquées et contaminées en métropole.
Les autorités sanitaires recommandent donc aux personnes qui vont à la Réunion « de se protéger contre les piqûres de moustique, y compris en journée, en utilisant des répulsifs pour la peau et les vêtements et en portant des vêtements longs et amples ».
Les signes de la dengue sont des douleurs articulaires, musculaires, des maux de tête, une éruption cutanée avec ou sans fièvre, une conjonctivite. Si une personne présente ces signes dans les sept jours suivant son retour en métropole, elle doit « consulter un médecin et continuer à se protéger contre les piqûres de moustiques, y compris en utilisant si possible une moustiquaire ». Le but : « ne pas transmettre la maladie en métropole, si le moustique-tigre est présent dans le département ».
La DGS rappelle que 11 cas autochtones de dengue ont été signalés dans l’Hérault en 2014, sept cas autochtones de dengue dans le Gard en 2015 et 17 cas autochtones de chikungunya dans le Var en 2017.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ « La consommation à la demi-heure ne permet pas d’avoir des renseignements d’ordre privé », a notamment déclaré Xavier Caïtucoli, samedi 28 avril, sur France Inter.
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Linky : le patron de Direct Energie tente de rassurer les abonnés

« La consommation à la demi-heure ne permet pas d’avoir des renseignements d’ordre privé », a notamment déclaré Xavier Caïtucoli, samedi 28 avril, sur France Inter.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 14h23
   





                        



   


« Linky, ce n’est pas Facebook. » Récemment épinglé par la CNIL à propos des données personnelles, le compteur connecté Linky, qui suit précisément la consommation d’électricité de chaque foyer, inquiète de nombreux abonnés. Interrogé sur France Inter, samedi 28 avril, le patron de Direct Energie, Xavier Caïtucoli, a cherché à rassurer.
« Linky ne permet pas de savoir à quel moment vous prenez votre douche, à quel moment vous sortez… », a-t-il affirmé après avoir assuré que ce compteur « intelligent » n’était pas comparable avec le réseau social mis en cause pour la sécurité des données personnelles qu’il détient. « La consommation à la demi-heure ne permet pas d’avoir des renseignements d’ordre privé », a ajouté Xavier Caïtucoli.

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A la fin de mars, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a reproché à Direct Energie de ne pas demander suffisamment clairement leur consentement à ses clients pour effectuer un suivi à la demi-heure de leur consommation, au lieu du suivi journalier. Certains abonnés y voient la possibilité d’une surveillance des consommateurs.
« Evidemment on va régler le problème avec la CNIL », a déclaré Xavier Caïtucoli, regrettant qu’on n’ait « pas montré les avantages » de ce compteur qui constitue, selon lui, « une formidable opportunité pour le consommateur » dans un contexte de demande croissante d’électricité. « L’électricité est l’énergie du XXIe siècle » et « les heures super creuses, c’est grâce à Linky », a-t-il dit.
Plus de sept millions de ces compteurs numériques ont déjà été installés, mais ils sont contestés dans environ 300 villes et communes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ La possible candidature d’Abdullah Gül à la présidentielle anticipée de juin avait été évoquée ces derniers jours, mais l’intéressé a annoncé samedi ne pas être candidat.
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Turquie : pas de front commun de l’opposition aux élections du 24 juin

La possible candidature d’Abdullah Gül à la présidentielle anticipée de juin avait été évoquée ces derniers jours, mais l’intéressé a annoncé samedi ne pas être candidat.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 18h23
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Incapable de s’unir, l’opposition turque au président Erdogan, et à son parti au pouvoir l’AKP, ira aux élections du 24 juin (présidentielle et législatives) en ordre dispersé. Décrit un temps comme le candidat possible du camp anti Erdogan à la présidentielle, l’ancien président Abdullah Gül a jeté l’éponge, lors d’une conférence de presse organisée samedi 28 avril à ses bureaux de Maslak, sur la rive asiatique d’Istanbul.
Il ne se présentera pas. D’ailleurs, il n’a jamais souhaité reprendre le flambeau depuis son retrait de la scène politique en 2014, lorsqu’il a renoncé à se présenter pour un second mandat de président, auquel il pouvait prétendre, afin de laisser le champ libre à Recep Tayyip Erdogan, aux manettes du pays depuis 2003.
Horreur du risque
Cette annonce clôt les négociations entamées un peu plus tôt entre les kémalistes du Parti Républicain du peuple (CHP), les nationalistes du Bon Parti et les islamistes du Parti de la Félicité pour former un front uni anti Erdogan. « Je sais qu’il y avait une demande en faveur d’un consensus global. Si ce consensus avait existé, sans doute n’aurais-je pas hésité à prendre mes responsabilités mais cela n’est pas le cas », a expliqué M. Gül.
Fidèle compagnon de route du Reis (« chef », l’un des surnoms de M. Erdogan), avec lequel il fonda en 2001 le Parti de la justice et du développement (AKP), Abdullah Gül est connu pour avoir horreur du risque. Si les trois partis d’opposition lui avaient apporté la candidature à la fonction suprême sur un plateau, il aurait pu franchir le pas. Mais Meral Aksener, l’égérie du Bon parti, n’a pas voulu renoncer à la sienne.
Avant de refuser les questions des journalistes, « parce qu’on est en pleine campagne électorale », M. Gül a osé jeter une petite pierre dans le jardin de son ancien mentor. À la fin de son intervention, il a souhaité à la Turquie « la démocratie, le respect des Droits de l’Homme, la liberté d’expression, celle de la presse », sous entendant que ces valeurs faisaient défaut.
Une perception renforcée samedi par le départ précipité du rédacteur en chef du site internet Habertürk, Baris Erkaya. Le site n’a pourtant rien d’un média d’opposition. La ligne rouge a, semble-t-il, été franchie avec la diffusion en ligne d’un article lié à la candidature d’Abdullah Gül.
L’article relatait la visite rendue à M. Gül, mercredi 26 avril, par le chef d’Etat major Hulusi Akar, accompagné du porte-parole du président Erdogan, Ibrahim Kalin. Au moment où sa candidature faisait des gorges chaudes, un hélicoptère transportant MM Akar et Kalin se posait dans son jardin à Maslak. Après trois heures de discussion, les émissaires sont repartis, soulagés d’apprendre que M. Gül ne comptait pas se présenter.

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D’autant qu’une rumeur détestable avait commencé à courir, selon laquelle cette candidature n’était, en réalité, qu’un scénario mis au point par Fethullah Gülen, le prédicateur musulman accusé d’avoir organisé le coup d’Etat manqué de juillet 2016. Cette rumeur n’a pas échappé au premier ministre Binali Yildirim, convaincu que « l’opposition conspire contre le pays avec la complicité de forces étrangères ».
Aubaine
L’incapacité de l’opposition à s’unir est une véritable aubaine pour le président Erdogan qui joue sa survie politique aux élections du 24 juin. L’homme fort de Turquie voit en effet sa popularité s’éroder. Les sondages sont unanimes : il ne parviendra pas à atteindre les 51 % de voix nécessaires pour gagner la présidentielle dès le premier tour. Ceci malgré de sérieux avantages : l’opposition est divisée, les médias sont contrôlés à 90 % par le gouvernement, la mise en place de l’état d’urgence, enfin, permettent toutes les options, y compris les plus répressives.
L’opposition veut croire que l’anticipation des élections au 24 juin (au lieu du 3 novembre 2019) atteste d’un « mouvement de panique » au sein de l’élite islamo conservatrice, consciente que son règne touche à sa fin. L’épisode des émissaires laisse à penser que la panique est bien réelle.

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Au sein de l’AKP, le mécontentement règne. La purge des maires (à Istanbul, Ankara, Bursa, Balikesir et d’autres localités), effectuée par le président à l’automne 2017, a déplu. L’alliance avec le MHP en vue des élections de juin est un autre motif de mécontentement. Dorénavant, l’AKP va devoir héberger sur ses listes des candidats MHP, ce qui n’a pas l’heur de plaire à certains de ses cadres, peu enclins à céder la place.
Enfin, l’AKP n’a plus rien du mouvement rassembleur qu’il était en 2002. Devenu le parti personnel du président, il est traversé par des tensions. La zizanie prévaut, selon Ahmet Takan, un ancien conseiller d’Abdullah Gül, qui a écrit en février plusieurs articles à ce sujet dans le journal Yenicag, avec une telle véracité que ses articles ont été caviardés peu après leur parution.
Craintes de fraudes
L’économie est un autre motif d’inquiétude. Malgré une croissance record (7,4 % en 2017), la Turquie voit les déséquilibres s’amonceler, avec un déficit accru des comptes courants, une inflation à deux chiffres (10,3 % en mars) et une dégringolade de la livre turque qui a perdu 7 % de sa valeur par rapport au dollar depuis janvier. Le coup est rude pour les ménages turcs qui vivent dans la hantise de voir resurgir l’instabilité économique des années 1990-2000, que l’AKP se targue tant d’avoir éradiqué.
M. Erdogan aurait-il convoqué des élections s’il n’était pas sûr de les gagner ? Assurément non. « Ne vous inquiétez pas, le gouvernement va rester au pouvoir, c’est sûr à 100 % », a rassuré Nihat Zeybekci, le ministre de l’économie lors d’un forum économique à Izmir, jeudi 26 avril.
Les commentateurs évoquent un recours possible à la fraude. « Probablement, Recep Tayyip Erdogan le peut. Son contrôle des institutions est illimité et on imagine mal un tribunal, des militaires ou n’importe qui d’autre se mettre en travers de son chemin. Mais agir ainsi sera très coûteux », affirme Howard Eissenstat, spécialiste de la Turquie et enseignant à l’université américaine St Lawrence, dans une tribune publiée par le Washington Post le 20 avril.
Les récentes modifications à la loi électorale renforcent cette crainte. Elles assurent à l’AKP un contrôle accru sur le déroulement du scrutin en permettant au Conseil électoral suprême de redécouper les circonscriptions, de déplacer les urnes pour des raisons de sécurité. Dorénavant, les responsables des bureaux de vote seront nommés par le gouvernement, les bulletins de votes non estampillés par les assesseurs pourront être considérés comme valides et, en cas d’incident sur les lieux du vote, les forces de l’ordre pourront y faire irruption à la demande de n’importe quel citoyen.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ La 33e édition du Festival international de mode, de photographie et d’accessoires de mode se tient à Hyères jusqu’au 30 avril.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                
                                    

A Hyères, célébration des nouveaux phénix de la mode


                      La 33e édition du Festival international de mode, de photographie et d’accessoires de mode se tient à Hyères jusqu’au 30 avril.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 12h16
    |

                            Sophie Abriat et 
                            Maud Gabrielson







Depuis trente-trois ans, la Villa Noailles à Hyères célèbre la création dans ce qu’elle a de plus vrai : la force du geste et l’attrait de la découverte. Cette année encore, la recherche de nouveaux talents en mode, accessoires et photographie est placée sous l’œil bienveillant et exigeant des jurys.
Les finalistes du prix accessoires de mode 2018

   


Pour sa deuxième édition, le prix accessoires de mode Swarovski attire des candidats redoublant de créativité, renforçant ainsi sa légitimité sur ce secteur en plein boom. Aujourd’hui, les chaussures, bijoux et sacs sont les trois catégories de produits de luxe les plus performantes en termes de croissance (étude Bain & Company, décembre 2017). Succédant au chausseur Pierre Hardy, Christelle Kocher, directrice artistique de la maison Lemarié et de sa marque de prêt-à-porter Koché, ne cache pas son enthousiasme devant le potentiel créatif des candidats : « Nous avons vu un peu plus de cent dossiers et sélectionné dix propositions naviguant entre l’œuvre d’art, l’objet de design et le produit mode. »
Cette édition fait la part belle aux bijoux : la moitié des collections présentées relève de créations joaillières qui, chacune à leur manière, proposent de nouvelles façons de porter les accessoires. Ainsi, la Française Cécile Gray, diplômée de l’Atelier Chardon Savard, présente une série de bijoux-vêtements : des parures en fine maille métallique dorée prennent la forme de vestes, robes ou plastrons. Autre proposition radicale, celle des Allemandes Sari Räthel et Ricarda Wolf, qui créent les formes de leurs pièces – des manchettes d’oreilles, des bracelets de mains et des bagues tubulaires – à même le corps de leurs modèles. Le trio français composé de Kate Fichard, Flora Fixy et Julia Dessirier signe une collection de bijoux pour appareils auditifs. Dans un autre registre, Ildar Wafin conçoit ses créations, mélange d’or et de pierres précieuses, comme des minisculptures à porter sur le corps et inspirées des forêts de Finlande, son pays natal. Egalement proches de la nature, les Espagnoles Claire O’Keefe et Eugenia Oliva imaginent des bijoux éphémères : conservés sous vide, épis de blé, fleurs d’immortelle ou encore feuilles d’olivier se transforment en boucles d’oreilles.
Les problématiques de développement durable sont au cœur des collections : cette jeune génération questionne les modes de fabrication et de production. Ainsi, la Sud-Coréenne Jinah Jung transforme des baskets usagées en sacs et la Danoise Sara Emilie Terp Hansen tisse des cabas avec des morceaux de plastique abandonnés dans le nord de l’Inde. La Française Inès Bressand a, quant à elle, collaboré avec des artisans ghanéens, tressant l’herbe sauvage appelée « herbe à éléphants » pour réaliser des sacs aux volumes structuraux. Ceux du Français Ludovic Leger sont, eux aussi, tout en volume ; modulables, on peut les assembler avec un système de sangles et de mousquetons. Enfin, une collection de foulards XXL, aux motifs abstraits très colorés et imaginée par les Français Romain Delamart et Flora Langlois, complète ce panel, riche de promesses. Le jury devrait trouver, non sans mal, un successeur à la lauréate de l’an dernier, Marina Chedel.
Les finalistes du prix mode 2018

   


L’an dernier, la Suissesse Vanessa Schindler a remporté le Grand Prix du jury Première Vision : qui lui succédera ? Le jury présidé par Haider Ackermann, directeur artistique de la marque qui porte son nom, a sélectionné dix profils de huit nationalités différentes. Comme lors des dernières éditions, les candidats finlandais sont bien représentés. Diplômée de la prestigieuse école Aalto d’Helsinki, Linda Kokkonen imagine une collection monochrome rouge qui mixe vestes de bikers et robes inspirées de l’ère victorienne. Sa compatriote Anna Isoniemi crée des silhouettes parées de sequins en hommage aux courses automobiles des années 1960. La Russe Antonina Sedakova, également diplômée d’Aalto, réinterprète l’uniforme russe des années 1980, entre conformisme et esprit rebelle, dans une collection masculine.
Traditionnellement moins active dans la compétition, l’Espagne est représentée cette saison par Ela Fidalgo qui, très engagée en faveur du développement durable, utilise matières et tissus usagés pour reconstituer des vêtements. Elle n’est pas la seule : la question de la protection de l’environnement n’a jamais été autant explorée dans les collections. La Canadienne Marie-Eve Lecavalier travaille à partir de jeans et de cuir de seconde main qu’elle retaille, tisse et réassemble. Originaire des Pays-Bas, diplômé comme Haider Ackermann de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers, Rushemy Botter signe une collection masculine en faveur de la protection des océans avec des foulards réalisés à partir de sacs plastique ou de filets de pêche. S’il n’y a que deux collections labellisées masculines (contre huit collections femme), les codes se brouillent avec des silhouettes « sans genre ». « A notre époque, la notion d’unisexe prend de plus en plus d’importance à tel point que, dans les collections, on ne parvient plus à distinguer l’homme de la femme, et inversement. Je ne savais pas que cette génération était autant troublée et en même temps autant attirée par cet aspect », indique Haider Ackermann.
Le Hollandais Jef Montes présente la particularité de développer lui-même ses tissus à base de nylon, laiton, carbone et fibre de verre en collaboration avec le musée du textile de Tilbourg. L’Allemande Regina Weber a, quant à elle, travaillé avec une entreprise de chimie pour emprisonner des fleurs fraîches dans du silicone qu’elle a ensuite assemblées en manteau. Selon une démarche plus artisanale, la Belge Sarah Bruylant réalise des pièces peintes à la main inspirées du mouvement impressionniste. Une proposition radicale s’ajoute aux précédentes : la Française Ester Manas, diplômée de La Cambre à Bruxelles, avec sa collection Big Again est la première à ne pas imaginer ses prototypes en taille 36. Elle s’adresse à tous les corps de femme. Une idée bienvenue dans un festival qui, depuis trente-trois ans, ne cesse de repousser les frontières de la créativité.



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Dans plusieurs salles d’audiences du nouveau tribunal, prévenus et accusés comparaitront dans des box vitrés et fermés. Une situation inacceptable selon l’avocat pénaliste Yassine Bouzrou, qui dénonce une atteinte grave aux droits fondamentaux des individus.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Le pensionnaire de la Comédie-Française est aussi discret à la ville qu’éblouissant sur scène. Il a opté pour une banale menthe à l’eau.
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Un apéro avec Benjamin Lavernhe : « Je suis devenu acteur comme s’il me fallait obéir à mon destin »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Le pensionnaire de la Comédie-Française est aussi discret à la ville qu’éblouissant sur scène. Il a opté pour une banale menthe à l’eau.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 06h44
    |

            Véronique Cauhapé








                              

                        

Benjamin Lavernhe a déjà passé commande. Sa menthe à l’eau est sur la table. D’un vert dense et éclatant. Parfait pour la photo. Pour notre part, n’importe quelle autre couleur nous aurait autrement émue, pourvu qu’elle donne l’ivresse.
Car, il faut bien l’avouer, outre l’intérêt que nous portons au comédien, l’argument qui nous a convaincue d’accepter la mission, c’est son intitulé. « Un apéro avec ». La promesse, au fond, que nous allions pouvoir compter sur quelques vapeurs d’alcool pour désinhiber la rencontre. Et nous aider à remplir le contrat, recueillir quelque confidence inédite.

Voilà. Eh bien, il va nous falloir faire sans, dans ce Café de l’industrie du 11e arrondissement de Paris, rue Saint-Sabin, qu’a choisi Benjamin Lavernhe, « parce que c’est dans ma rue, confie-t-il. Et que le cadre est joli, chaleureux. En fait, je n’ai pas de Q.G., à part la Comédie-Française ». Il doit y être dans un peu plus de deux heures. Pour 20 heures.
« C’est la règle, à la Comédie : tout le monde doit être là trente minutes avant le lever de rideau. Chacun décide ensuite d’arriver plus tôt ou pas. » Pour lui, cela dépend des rôles. « Pour Faust, ce soir, je n’ai pas besoin d’une grande préparation. Mais pour jouer Scapin dans Les Fourberies ou le jeune rentier Fadinard dans Un chapeau de paille d’Italie, des grands rôles qui nécessitent un échauffement physique et un échauffement de la voix, je venais une heure et demie à l’avance. »
« Savoir qu’on joue le soir nous pousse à occuper le temps bizarrement. On sait qu’on ne peut pas faire n’importe quoi, qu’on ne peut pas s’épuiser. »
Avant et pendant, chacun fait selon son trac et la concentration dont il a besoin. « Il y a ceux – plutôt les anciens – qui suivent toute la pièce. Mais beaucoup, entre deux scènes, s’occupent à autre chose. Certains jouent aux échecs ou regardent des films, d’autres bossent...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ La Minurso, la mission de l’ONU au Sahara occidental a été renouvelée pour six mois seulement afin de mettre une pression maximale sur le Maroc et le Front Polisario.
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Compte rendu

Sahara occidental : l’ONU presse pour un compromis dans les six prochains mois

La Minurso, la mission de l’ONU au Sahara occidental a été renouvelée pour six mois seulement afin de mettre une pression maximale sur le Maroc et le Front Polisario.

Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante)
    



LE MONDE
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        Le 28.04.2018 à 13h43

     •
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        Mis à jour le 28.04.2018 à 18h18





Vingt-sept ans après sa création, la mission de l’ONU au Sahara occidental fait l’objet, chaque année, d’un renouvellement pour le moins houleux entre les alliés du Maroc, au premier rang desquels la France et les États Unis, et ceux du Polisario.
Ancienne colonie espagnole, le territoire du Sahara occidental fait l’objet d’une dispute entre les indépendantistes du Front Polisario – soutenus par l’Algérie – et le Maroc, qui contrôle 80 % du territoire sahraoui depuis 1975. Le Polisario réclame la tenue d’un référendum d’autodétermination, comme fixé par les Nations unies, tandis que Rabat, considérant que la zone fait partie intégrante de son territoire, propose un statut d’autonomie. Un cessez-le-feu et une zone tampon ont été décidés depuis 1991.
Echéance de six mois
Au bout de plusieurs semaines de négociations et de trois jours de report du vote, les parties se sont finalement accordées, vendredi 27 avril, sur un texte qui met une pression maximale pour une reprise des négociations directes et aboutir à un « compromis juste et durable » pour le Sahara occidental.
La Russie, la Chine et l’Ethiopie, et dans une moindre mesure la Suède, se sont toutefois élevées contre un texte qu’elles estiment trop favorable au Maroc sans pour autant s’opposer au renouvellement de la Minurso (Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental), dont elles ont reconnu le « rôle stabilisateur ».
Le conseil fixe néanmoins pour la première fois une échéance. Le mandat est renouvelé uniquement pour six mois jusqu’au 31 octobre 2018, au lieu d’un an. Cela doit permettre, selon un diplomate, de « mettre la pression » sur les parties pour retourner rapidement à la table des négociations sous les auspices du nouvel envoyé spécial, l’ex-président allemand Horst Koehler.
Sans quoi les Américains ont prévenu : « En cas d’échec, nous devrons assumer nos responsabilités, a tonné Amy Tachco, la coordinatrice politique de la mission américaine. Après vingt-sept ans, le statu quo n’est plus acceptable. Les Etats-Unis veulent que les choses avancent enfin. »
« Conflit gelé »
Le texte demande aux parties de rejoindre « sans préconditions et de bonne foi » la table des négociations et réaffirme la volonté du Conseil d’« aider les parties à parvenir à une solution politique réaliste, juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Reste maintenant à s’entendre sur la sémantique de « réaliste ». Les Américains ont indiqué que le plan d’autonomie proposé par les Marocains pouvait être « une approche potentielle pour satisfaire les aspirations du peuple du Sahara Occidental ». Une proposition que rejette catégoriquement le Front Polisario. La Russie a immédiatement objecté que « tout règlement devait être mutuellement acceptable ».
L’envoyé spécial Horst Koehler, qui espère relancer un cinquième cycle de négociations directes, est resté jusqu’à présent très prudent, indiquant que les parties avaient montré « un certain désir » d’aboutir à une solution. A l’issue du vote, l’intensité de ce désir paraissait déjà bien atrophiée.
Dans un communiqué, le représentant du Front Polisario Mahmed Khadad indiquait « n’accepter rien de moins que [notre] droit légal à l’autodétermination et à l’indépendance » mais « être prêt à s’engager dans des pourparlers ». De son côté, Omar Hilale, représentant du Maroc à l’ONU, a estimé « qu’il ne pourrait y avoir de processus politique » si le Polisario ne se conformait pas à la résolution qui lui ordonne de se retirer de la zone tampon de Guerguerat, théâtre de tensions entre le Maroc et le Polisario depuis 2016.
Les parties ont six mois pour trouver un terrain d’entente, sans quoi Washington a envoyé une menace à peine voilée regrettant que la Minurso « soit devenue l’exemple typique d’un conflit gelé et d’une mission qui ne sert plus d’objectif politique ».


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ A quelques semaines de la fin de son mandat, le vice-président du Conseil d’Etat décrit les évolutions qui ont marqué ses douze ans à la tête de l’institution
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/04/2018
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Jean-Marc Sauvé : « Nous vivons dans une société plurielle, souvent divisée, voire fracturée »

A quelques semaines de la fin de son mandat, le vice-président du Conseil d’Etat décrit les évolutions qui ont marqué ses douze ans à la tête de l’institution



Le Monde
 |    28.04.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 13h56
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Jean-Marc Sauvé sera resté douze ans à la tête du Conseil d’Etat. Le 28 mai, jour de son soixante-neuvième anniversaire, il quittera cette institution à la fois conseiller du gouvernement dans l’élaboration des lois et décrets et juge administratif suprême. Il livre dans un entretien au Monde son bilan et surtout son analyse de l’évolution de la société et des risques sur le dispositif européen de protection des droits de l’homme.
Le Conseil d’Etat est aujourd’hui plus sollicité sur des sujets de société, comme la fin de vie ou la gestation pour autrui, qu’à votre arrivée en 2006. Est-ce en raison d’une défaillance du législateur ou du corps médical ?
Jean-Marc Sauvé : Non. Il est vrai qu’il n’était pas imaginable, il y a vingt ans, que nous puissions être saisis de telles questions. Mais nous vivons dans une société de plus en plus plurielle, souvent divisée, voire fracturée. Les consensus de naguère, notamment sur la fin de vie, se sont désagrégés. Les différentes autorités, médicales ou morales, ne sont plus révérées comme autrefois. Les progrès de la médecine ouvrent aussi des possibilités, comme les techniques d’assistance médicale à la procréation.
Le législateur est intervenu, comme il devait le faire, en édictant des principes directeurs. Il faut ensuite les appliquer à des situations toujours singulières. Or, des conflits surgissent au sein des familles ou entre elles et le corps médical. Chaque année, des milliers de situations problématiques sont résolues par le dialogue. De façon exceptionnelle, le juge est amené à arbitrer ces conflits.
Constatez-vous avec l’accroissement du contentieux lié à la laïcité une montée des tensions dans la société française ?
Les contentieux liés au principe de laïcité avaient fortement décru pendant l’entre-deux-guerres et quasiment disparu depuis le milieu du XXe siècle, pendant quarante ans. Ils ont ressurgi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Depuis quarante ans, des associations effectuent un travail de sensibilisation pour faire redécouvrir le passé colonial allemand, peu connu.
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Reportage

Le long combat des militants africains pour décoloniser les rues de Berlin

Depuis quarante ans, des associations effectuent un travail de sensibilisation pour faire redécouvrir le passé colonial allemand, peu connu.

Par                Aimie Eliot (contributrice Le Monde Afrique, Berlin)



LE MONDE
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        Le 27.04.2018 à 17h43






    
La place Nachtigal et l’avenue Peters, à Berlin, portent le nom de figures controversées de l’histoire coloniale allemande.
Crédits : MICHELE TANTUSSI/AFP


Rue du Togo, du Cameroun ou encore du Ghana : au détour d’une dizaine d’artères, l’Afrique surgit dans le quartier résidentiel sans charme de Wedding, dans le nord-ouest de Berlin. Cet Africanisches Viertel (« le quartier africain »), comme le surnomment les riverains, fait bondir Mnyaka Sururu Mboro, fondateur de l’association Berlin Postkolonial : « Il ne mérite qu’un seul nom, le quartier colonial ! », tonitrue l’enseignant à la retraite d’origine tanzanienne dans un café des alentours où le même Formica semble sommeiller depuis 1978, année où il a posé ses valises dans la capitale allemande.
Alors qu’on lui vantait un Berlin-Ouest ouvert sur le monde, idéal pour y poursuivre ses études, il découvre qu’on y glorifie le passé colonial allemand. « Cela n’avait rien d’un hommage à l’Afrique, comme je l’ai d’abord naïvement cru, se souvient-il. La rue Transvaal évoque la colonie sud-africaine où vivaient les Boers, colons d’origine allemande, entre autres, et la rue Tanga un poste militaire d’Afrique orientale allemande. Ce sont tous des endroits qui évoquent implicitement la domination allemande sur le continent. » 

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                Berlin va rebaptiser des rues évoquant la colonisation allemande en Afrique



Trois toponymes sont sans équivoque : la rue Lüderitz, la place Nachtigal et l’avenue Peters, qui portent les noms de figures de l’histoire coloniale allemande ayant pris part, de près ou de loin, aux exactions perpétrées en Afrique. « Carl Peters était une véritable brute, il pratiquait des expéditions punitives où il torturait les populations locales qui ne voulaient pas lui céder ses terres », raconte Mnyaka Sururu Mboro. Il aura fallu près de quarante ans pour que l’enseignant voie la commission de la culture de l’arrondissement recommander, le 11 avril, que ces trois rues soient rebaptisées.
« Beaucoup pensent que le pays n’a pas eu de colonie »
Un soulagement pour celui qui a initié la première vague de contestations dans les années 1980. « Avec un groupe d’amis africains, nous avions fabriqué de faux noms qu’on avait collés sur les panneaux de rue et personne ne s’en était rendu compte ! », sourit-il. Le mouvement prend de l’ampleur dans les années 2000, soutenu par la deuxième génération de la diaspora africaine. Mnyanka Sururu Mboro crée alors l’association Berlin Postkolonial, qui plaide pour « une lecture critique de l’histoire coloniale allemande » et la disparition de cet « ingrat hommage » présent dans différents coins de la ville.
Mais l’association se heurte à la méconnaissance générale de la période et peine à imposer la question dans le débat public. « En Allemagne, on a consacré beaucoup de temps et d’énergie à parler de la seconde guerre mondiale, du nazisme et de la Shoah, et le colonialisme allemand est passé à la trappe, on n’en parle pas et on l’enseigne peu, regrette Christian Kopp, historien et militant au sein de l’association. D’ailleurs, dans les livres d’histoire à l’école, le sujet se résume à quelques pages. Beaucoup pensent que le pays n’a pas eu de colonie, à la différence de la France ou du Royaume-Uni. »

        Lire aussi :
         

                Lumière sur l’histoire du colonialisme allemand, une première à Berlin



Persuadés que leur lutte ne sera relayée qu’à coups d’actions de sensibilisation, les militants commencent à descendre dans la rue en 2007. Armés de frises, de cartes et de photos d’archives, ils organisent des visites guidées et racontent, au pied des panneaux de rue, les dessous de leur sombre nomenclature. « Cela permet d’éveiller les consciences, affirme Joshua Kwesi Aikins, l’un des guides de l’association. J’ai vu plusieurs habitants du quartier se mettre à pleurer pendant mes explications. »
Les visites ébranlent. Dérangent, aussi. Les militants sont pris à partie par des riverains qui les accusent de venir semer le trouble dans un quartier sans histoires. « Des gens sont venus me voir en me disant que je racontais n’importe quoi, que Lüderitz était une bonne personne, qu’il s’était rendu en Afrique et qu’il avait donné sa fortune aux populations », souligne, atterré, Abdel Amine Mohammed, un jeune Togolais membre de l’association.
Pour une reconnaissance du génocide en Namibie
A l’annonce, mi-avril, des nouveaux noms de rue retenus dans la liste soumise par les militants, ceux-ci ont pu célébrer le premier pas vers la victoire. La commission culturelle de l’arrondissement a choisi trois symboles de la résistance anticoloniale : Anna Mungunda, de la communauté herero, et Cornelius Frederiks, du peuple nama, pour la Namibie ; Rudolf Manga Bell pour le Cameroun. Elle a aussi proposé de faire figurer l’insurrection des Maji-Maji, soulèvement contre l’oppression coloniale en Tanzanie entre 1905 et 1907.
Un changement de perspective sur la période qui reflète une lente progression des mentalités, souligne Joshua Kwesi Aikins : « Le sujet est entré dans le débat public et les politiques réalisent enfin que l’ancrage du racisme dans ce pays et les discriminations raciales que subissent les communautés noires ont à voir avec ce type de commémorations, qui doivent cesser. » Quand le maire annoncera-t-il officiellement le changement des plaques ? « Cela pourrait prendre quelques mois et les riverains ont le droit de s’y opposer, mais il y a très peu de risques que cela arrive », affirme, confiant, Christian Kopp.

        Lire aussi :
         

                Namibie : un recours des Herero et des Nama contre l’Allemagne pour génocide



Berlin Postkolonial n’en a pas pour autant fini de militer pour que l’Allemagne repense son passé colonial. Sur un autre front, l’association réclame depuis des années que l’Etat reconnaisse officiellement le génocide des Herero et des Nama entre 1904 et 1908 en Namibie. « Je suis fière qu’Anna Mungunda ait été choisie pour remplacer le nom d’un criminel », souligne Israel Kaunatjike, représentant de l’ethnie herero à Berlin, qui exige aujourd’hui excuses et réparations de la part de l’Etat allemand : « J’espère que la décolonisation des rues poussera le gouvernement à réaliser qu’il ne peut plus échapper à ses responsabilités. » Une plainte contre Berlin a été déposée devant un tribunal de New York, qui doit rendre son jugement en mai.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Autoproclamé indépendante à la chute de l’Union soviétique, en 1991, cette province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan est au centre d’un conflit régional. Le photographe Emanuele Amighetti a exploré l’ultramilitarisation de la société.
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La guerre sans fin du Haut-Karabakh


                      Autoproclamé indépendante à la chute de l’Union soviétique, en 1991, cette province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan est au centre d’un conflit régional. Le photographe Emanuele Amighetti a exploré l’ultramilitarisation de la société.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 15h07
    |

            Benoît Vitkine








   


La plaisanterie veut que l’armée du Haut-Karabakh compte 150 000 soldats… soit la totalité de la population de cet Etat non reconnu, grand comme un département français. Les effectifs seraient en fait plus proche de 25 000, mais le bon mot cache une réalité : suspendue à ses montagnes, l’enclave sécessionniste de l’Azerbaïdjan fait figure de Sparte du Caucase, un territoire farouchement attaché à son existence et plongé dans un état de guerre permanent.
Pour comprendre cette histoire complexe et tourmentée, il faut remonter dans le temps. Province peuplée en majorité d’Arméniens, rattachée à l’Azerbaïdjan en 1921 par Staline, le Haut-Karabakh est le théâtre d’affrontements ethniques à partir de 1988, voilà trente ans. En 1991, à la chute de l’Union soviétique, il proclame son indépendance, entraînant un conflit armé régional. Un fragile cessez-le-feu est signé en 1994 après une débâcle militaire de l’Azerbaïdjan – plus de 30 000 morts de part et d’autre – et l’expulsion des Azéris. Dans l’affaire, le pays a perdu 13 % de son territoire.
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        Province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan, le Haut-Karabakh est au centre d’un conflit régional depuis 1991. Le photographe Emanuele Amighetti a suivi, en 2017, le quotidien des élèves de l’académie militaire de Stepanakert."
            data-slide-description="Parade militaire, à Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh."
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            data-slide-description="Vue de la frontière entre l’Arménie et le Haut-Karabakh."
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            data-slide-description="De jeunes soldats avant le déjeuner, dans le réfectoire de l’académie militaire de Stepanakert. Cette institution se substitue au lycée pour les garçons et les filles de 14 à 18 ans."
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            data-slide-description="Moment de détente à l’académie militaire entre des élèves arméniens et d’autres, issus des minorités ethniques qui composent la société du Haut-Karabakh."
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            data-slide-description="Le dortoir de l’académie militaire."
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            data-slide-description="Un jeune récite un poème qu’il a composé."
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            data-slide-description="Scènes de vie au sein de l’institution, les défilés militaires."
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            data-slide-description="Les taches ménagères font aussi partie de la formation militaire."
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            data-slide-description="Défilé nocturne de commémoration du génocide arménien de 1915."
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            data-slide-description="Une salle de classe détruite lors de combats en avril 2016."
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Province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan, le Haut-Karabakh est au centre d’un conflit régional depuis 1991. Le photographe Emanuele Amighetti a suivi, en 2017, le quotidien des élèves de l’académie militaire de Stepanakert.            
Parade militaire, à Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh.

Emanuele Amighetti
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Cette « indépendance » chèrement acquise n’est reconnue que par une poignée d’Etats fantoches : Bakou, la capitale azerbaïdjanaise, a pour elle le droit international et le principe d’intangibilité des frontières. Même l’Arménie, qui soutient militairement son voisin, ne se risque pas à reconnaître son indépendance. Depuis, pour oublié qu’il soit, le conflit du Haut-Karabakh est tout sauf gelé. Les flambées de violences y sont régulières, la dernière en date remontant à avril 2016. Bilan : 100 morts.
Un service militaire de deux ans
La cause du Karabakh revêt un statut quasi mythique pour l’Arménie et sa diaspora. Depuis le traumatisme du génocide de 1915, cette victoire sur une armée plus nombreuse et mieux équipée a fait de cette région montagneuse un symbole de la renaissance de tout un peuple, une cause sacrée. Le Haut-Karabakh se rêve en Etat, avec institutions, drapeau, représentations diplomatiques à l’étranger et même un aéroport – inutilisé à cause de la menace azerbaïdjanaise d’abattre tout avion qui oserait s’y aventurer.
Mais l’aspect le plus saillant de cette situation est l’ultramilitarisation de la société karabakhtsie. Le service militaire y dure deux ans, et les hommes sont mobilisables jusqu’à l’âge de 45 ans. A l’école, l’héritage soviétique ayant été remis au goût du jour, les enfants commencent une formation au combat dès 14 ans. La classe politique est uniquement composée de militaires, en exercice ou retraités, et la fierté des faits d’armes passés irrigue l’ensemble des esprits, quitte à passer sous silence les épisodes moins glorieux, comme l’expulsion des Azéris de la région.

        Lire aussi :
         

                Dans la guerre sans fin du Haut-Karabakh



C’est à cette réalité qu’a choisi de s’intéresser le photographe italien Emanuele Amighetti, qui s’est rendu sur place en avril 2017. « Je voulais donner un visage à ces jeunes hommes et femmes pris dans les limbes d’une guerre sans fin et explorer leurs réactions face à la dureté de leur vie, explique-t-il. Mais j’ai été surpris de sentir surtout de l’insouciance, d’entendre les mêmes rêves et les mêmes désirs que dans nos sociétés. »



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Le leader de la contestation qui a causé la démission du chef de gouvernement teste son soutien populaire, après le refus du premier ministre par intérim de négocier avec lui.
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La caravane de l’opposant Pachinian défie le pouvoir arménien

Le leader de la contestation qui a causé la démission du chef de gouvernement teste son soutien populaire, après le refus du premier ministre par intérim de négocier avec lui.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 11h09
    |

            Annick Cojean (Erevan, Gumri - envoyée spéciale)








                        



                                


                            

A-t-il été déçu ? Il y avait de quoi, devant le refus net et sans appel du premier ministre par intérim, Karen Karapetian, de venir « négocier » avec lui à une heure, dans un lieu, et sur un sujet qu’il avait lui-même fixés et annoncés triomphalement, la veille, à la foule de ses partisans. Mais Nikol Pachinian, le chef de la contestation qui ébranle l’Arménie depuis deux semaines et a abouti à la démission du premier ministre Serge Sarkissian, remplacé par son prédécesseur, n’est pas homme à avouer un revers ou déclarer forfait. Son assurance – certains disent son « arrogance » – a même stupéfié les journalistes russes venus nombreux à la conférence de presse qu’il a donnée vendredi 27 avril à l’hôtel d’Erevan où devait avoir lieu la rencontre.
Le pouvoir en place estimait « sans perspectives » de participer à des négociations « où une partie dicte son agenda à l’autre » ? Cela signifie, selon M. Pachinian, qu’il voulait aggraver la crise politique alors même que lui, député d’un mouvement minoritaire certes, mais « candidat du peuple », est à ses yeux seul capable de la résoudre pour peu que le Parlement l’élise premier ministre lors de sa réunion extraordinaire du 1er mai. Une évidence, dit-il, et un choix « 100 % conforme à la Constitution », puisque « le Parlement peut nommer au poste de premier ministre n’importe quelle personne, sans qu’elle soit forcément membre du parti au pouvoir ou de la majorité parlementaire ».

Mais il avait hâte de reprendre la route. Hâte de vérifier, après le déboire matinal causé par la sphère politique, le soutien de la population. Pas seulement à Erevan qu’il a arpentée dans tous les sens, Pataugas et sac au dos, mais dans le reste du pays et particulièrement à Gumri, deuxième ville du pays, à 130 kilomètres au nord de la capitale, là où il avait lancé le mouvement de contestation à la mi-avril.
Flûtes et petits chevaux
Pas question de s’y...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ A un an du rétablissement d’une frontière économique avec le Royaume-Uni, Gérald Darmanin prévoit d’embaucher 700 douaniers.
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Le gouvernement prépare les douanes à un Brexit dur

A un an du rétablissement d’une frontière économique avec le Royaume-Uni, Gérald Darmanin prévoit d’embaucher 700 douaniers.



Le Monde
 |    28.04.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 10h18
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            

Le Brexit aura des conséquences pour la France. La principale sera le rétablissement d’une frontière économique à partir du 30 mars 2019. Car, si le Royaume-Uni n’a jamais appartenu à l’espace Schengen et si les passagers ont toujours été contrôlés, les marchandises circulaient librement avant le Brexit. Cette future frontière économique reste encore à définir. Les Britanniques et l’Union européenne sont engagés dans une négociation au long cours, dont les premiers résultats sont attendus en octobre. La frontière fait partie des discussions. Difficile de dire quelle forme elle prendra, confie-t-on à l’Elysée, « tant que la négociation n’a pas abouti : cela dépendra de ce que le Royaume-Uni souhaite comme relation ».
Trois scénarios existent. Première possibilité : le Royaume-Uni demeure dans le marché unique. Peu de choses changeraient alors côté frontière, mais les Britanniques l’excluent. Deuxième option : notre voisin souhaite toujours faire partie de l’union douanière (un peu plus de contrôles, mais pas de droits de douane). Là encore, l’hypothèse est pour l’instant rejetée : le Royaume-Uni demande un « partenariat douanier ». Reste une troisième option : l’absence d’accord. C’est le Brexit dur. La frontière serait immédiatement et totalement rétablie en mars 2019.

Le gouvernement envisage très fortement cette dernière option. « Le premier ministre nous a demandé de préparer un Brexit dur », a ainsi confié Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, le 13 avril, lors d’un déplacement au Havre. Dans ce cas-là, si rien ou presque ne change pour le passage des personnes, il en sera autrement pour les services et les marchandises. Sortant de l’UE, le Royaume-Uni ne pourra plus y vendre sans restriction des services financiers. Un point sensible, rappelle l’Elysée.
Un sujet qui soulève des inquiétudes en France, notamment dans les ports et du côté des entreprises. Avec un Brexit dur, le fret...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Tout juste investi, le secrétaire d’Etat américain a réitéré, vendredi, l’une des antiennes les plus chères à M. Trump : exiger des alliés qu’ils mettent la main à la poche.
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Lors de sa première apparition à Bruxelles, Mike Pompeo juge l’OTAN « indispensable »

Tout juste investi, le secrétaire d’Etat américain a réitéré, vendredi, l’une des antiennes les plus chères à M. Trump : exiger des alliés qu’ils mettent la main à la poche.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 23h52
 • Mis à jour le
28.04.2018 à 05h21
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Quelque douze heures à peine après la confirmation de sa nomination au poste de secrétaire d’Etat par le Sénat des Etats-Unis, Mike Pompeo a fait ses premiers pas à l’OTAN, où se tenait, vendredi 27 avril, une réunion des ministres des affaires étrangères de l’alliance – en l’absence, remarquée, du français Jean-Yves Le Drian.
Lors de sa première conférence de presse à Bruxelles, l’ancien patron de la CIA a tenu des propos rassurants pour les alliés des Etats-Unis, contredisant au passage Donald Trump, et sa désormais célèbre description d’une alliance « obsolète ». M. Pompeo a, lui, évoqué son rôle « inestimable ». « Il ne pouvait y avoir de destination plus appropriée pour mon premier déplacement à l’étranger », a-t-il surenchéri.
Le compte n’y est pas pour Pompeo
Etait-ce pour mieux mettre sous pression les partenaires de Washington ? Très vite, il a, en tout cas, repris la rhétorique du président Donald Trump pour rappeler aux Européens, et à l’Allemagne en particulier, leur obligation de respecter l’engagement auquel ils ont souscrit en 2014. A savoir, consacrer, à l’horizon 2024, 2 % de leur budget à leur défense. Il leur faudra soumettre, avant le sommet que l’OTAN organisera dans son nouveau bâtiment bruxellois en juillet, des « plans crédibles », a insisté le nouvel homme de confiance de M. Trump.
Si la France et le Royaume-Uni devraient atteindre cet objectif, l’Allemagne en restera sans doute très éloignée, en raison notamment des réticences des alliés sociaux-démocrates de Mme Merkel. En 2019, Berlin s’est fixé un objectif de 1,3 %. « Je pense que M. Pompeo sait ce qu’il veut, mais tout cela a été discuté ici de manière très constructive », a commenté Heiko Maas, le chef de la diplomatie allemande, qui faisait lui aussi sa première apparition dans une réunion de l’OTAN.
Treize autres pays membres de l’alliance sont invités à accomplir des efforts substantiels, sous peine de s’exposer à la colère de M. Trump, dont plus d’un diplomate redoute qu’il soit pris d’un nouvel accès de colère en juillet.
« Partage du fardeau »
A Washington, où était reçue la chancelière Angela Merkel, vendredi, le président lançait, en écho : « L’OTAN est fantastique, mais elle aide plus l’Europe qu’elle ne nous aide. » « Les autres pays devraient payer plus. Je ne parle pas que de l’Allemagne. Les autres pays devraient payer plus. Nous protégeons l’Europe et cependant nous payons bien plus que tout le monde », a-t-il affirmé.
Fixant, en tout cas, l’agenda du futur sommet de Bruxelles, M. Pompeo a ajouté qu’outre le « partage du fardeau » de dépenses, l’administration Trump exigeait de débattre de la dissuasion – en clair, la posture à l’égard de la Russie – et du rôle de l’Alliance dans la lutte contre le terrorisme. Cette exigence, maintes fois répétée par M. Trump depuis sa nomination, apparaît, dans les faits, toujours aussi floue.
Fermeté à l’égard de la Russie
Attendu aussi sur le dossier du nucléaire iranien, M. Pompeo s’est montré prudent, indiquant seulement que l’hypothèse la plus probable était l’annonce, par M. Trump, d’un retrait des Etats-Unis de cet accord âprement négocié et conclu en 2015. « Aucune décision n’a encore été prise, (...) je suis sûr que nous allons avoir de nombreuses discussions pour parvenir à ce que réclame le président », a déclaré le secrétaire d’Etat. Il ajoutait : « Sans amélioration substantielle, sans correction des failles, il est peu probable que [M. Trump] reste dans cet accord », a-t-il ajouté.
Quittant Bruxelles, M. Pompeo, devait se rendre en Arabie saoudite, en Jordanie et en Israël, pour évoquer notamment ce dossier. Il est reparti en rassurant au moins les alliés sur un point : il prône « la fermeté » à l’égard de la Russie. C’est d’ailleurs parce qu’elle est « un facteur déstabilisant » en Ukraine, en Syrie ou dans les Balkans, qu’il convient de procéder à de nouveaux investissements dans la défense, estime-t-il. Histoire de « mitiger » le risque d’une confrontation.



                            


                        

                        

