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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Dialogue entre le chanteur-écrivain et la chanteuse-pianiste alors que sort « Génération(s) éperdue(s) », une compilation sur laquelle la fine fleur de la scène française s’approprie le répertoire de celui qui se fait rare sur la scène musicale.
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Au pays des merveilles de Juliette Armanet et d’Yves Simon

Dialogue entre le chanteur-écrivain et la chanteuse-pianiste alors que sort « Génération(s) éperdue(s) », une compilation sur laquelle la fine fleur de la scène française s’approprie le répertoire de celui qui se fait rare sur la scène musicale.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 18h38
    |

                            Stéphane Davet








                        



                                


                            

Dans une brasserie de l’Odéon, à deux pas de cette rue de la Huchette qu’il a chantée à ses débuts, Yves Simon, 73 ans, retrouve Juliette Armanet, 34 ans, venue de Barbès dont il a aussi chanté les « héros ». La chanteuse-pianiste a repris un de ses morceaux (Barcelone) dans l’excellente compilation de reprises, Génération(s) éperdue(s), album-hommage sorti le 27 avril. Dialogue entre deux générations d’artistes.
Comment est né le projet Génération(s) éperdue(s) ?
Yves Simon D’une certaine façon, c’est Christine and the Queens qui en est à l’origine. Un ou deux ans avant son premier album, elle m’avait envoyé une maquette de sa reprise d’Amazoniaque. Je lui avais répondu que ça me plaisait, sans imaginer que ça aille au-delà. J’ai rencontré plus tard Emmanuel de Buretel, le patron de la maison de disques Because, qui m’a d’abord approché pour que j’écrive des chansons pour Charlotte Gainsbourg. Cela ne s’est pas fait, mais je lui ai fait écouter l’enregistrement de Christine. Buretel m’a aussi proposé d’acheter mes éditions. J’ai accepté. A l’époque, mes droits d’auteur avaient tendance à diminuer (sourire). Au contrat de vente des éditions se sont ajoutées la production d’un nouvel album et cette compilation de reprises de mes chansons par une nouvelle génération d’artistes.
Juliette Armanet Beaucoup de gens que j’adore – Moodoïd, Flavien Berger, Feu ! Chatterton… – étaient de la partie. Un double enjeu rendait le projet excitant : réussir quelque chose de bien par rapport à Yves Simon, que j’admire, et aussi être à la hauteur des artistes de ma génération. Ça n’a pas très bien commencé pour moi, puisque j’ai d’abord tenté une version très soul de J’ai rêvé New York, dont j’étais hyper contente, mais qu’Yves n’a pas aimée…
Y. S. Je me suis dit, « ça ne lui va pas ».
J. A. J’étais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ L’opérateur privé, gestionnaire de dix lieux, a ouvert l’Atelier des lumières, un site dévolu à des expositions numériques
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Culturespaces met ses habits de lumières à Paris

L’opérateur privé, gestionnaire de dix lieux, a ouvert l’Atelier des lumières, un site dévolu à des expositions numériques



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h54
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Le 13 avril, a ouvert à Paris, dans une ancienne fonderie du 11e arrondissement, L’Atelier des lumières, un lieu d’« expositions immersives monumentales » consacré à de grandes figures de l’histoire de l’art, à découvrir en déambulant. C’est Gustav Klimt (1862-1918) qui ouvre le bal de ces spectacles son et lumière en compagnie de deux autres Viennois : Egon Schiele (1890-1918) et le peintre et architecte Friedensreich Hundertwasser (1928-2000). Quelque 140 vidéoprojecteurs laser balaient l’espace de 1 500 m2 sur 10 mètres de haut ; la musique est spatialisée à travers cinquante enceintes. « C’est la plus grosse installation multimédia fixe au monde », résume avec satisfaction Bruno Monnier, le président de Culturespaces, société qui a investi près de 10 millions d’euros au cours des deux ans de travaux et d’aménagement des lieux. L’Atelier des lumières est le frère parisien des Carrières de lumières, un ancien site d’exploitation de roches calcaires aux Baux-de-Provence (Bouches-du-Rhône), où des projections sont organisées sur le même principe depuis 2012.
L’Atelier des lumières est le 10e lieu actuellement pris en charge par Culturespaces, cet opérateur spécialisé dans la gestion de monuments et de musées. A Paris, il est surtout connu pour la gestion de deux musées privés : le Musée Jacquemart-André, depuis 1996, et le Musée Maillol, depuis sa réouverture en 2016. On sait moins qu’il s’agit d’une filiale du géant de l’énergie français Engie (anciennement GDF Suez), qui en détient 86 % – les 14 % restant appartenant à son créateur. « Culturespaces a été lancé par Bruno Monnier en 1988 comme un département d’ingénierie d’Havas, rappelle Philippe Peyrat, directeur du mécénat du groupe Engie. En 1990, l’entreprise a été rachetée à 50 % par la Lyonnaise des eaux [future Suez environnement puis Engie] dans un contexte de diversification des activités et de réflexion sur la ville...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ « Le Monde » publie les déclarations du metteur en scène et cinéaste russe, accusé de détournement de fonds par le pouvoir, lors de son audition à Moscou, le 18 avril.
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Kirill Serebrennikov : « Je n’ai commis aucun crime »

« Le Monde » publie les déclarations du metteur en scène et cinéaste russe, accusé de détournement de fonds par le pouvoir, lors de son audition à Moscou, le 18 avril.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h52
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Le cinéaste et metteur en scène russe Kirill Serebrennikov a été arrêté le 22 août 2017, à Saint-Pétersbourg. Quelques jours avant la fin du tournage de son film franco-russe Leto, lequel, entre temps, a été sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes (du 8 au 19 mai). Depuis, l’artiste ne cesse de clamer son innocence, chiffres et documents officiels à l’appui, pour démonter ce qu’il considère être un procès totalement absurde intenté contre lui.
Son film traite de l’émergence de la scène rock à Leningrad au début des années 1980, à l’époque où les gens s’échangeaient sous le manteau des disques de Lou Reed et de David Bowie. Kirill Serebrennikov est lui-même un ardent défenseur de la liberté de création : il fait partie de cette nouvelle génération d’artistes russes qui voyage beaucoup, présente ses pièces à l’étranger – il défend par ailleurs les droits des homosexuels. Mais depuis huit mois, Serebrennikov ne peut plus quitter le pays : il est assigné à résidence depuis le 23 août 2017.

Le Comité d’enquête, le bras judiciaire du Kremlin, l’avait alors accusé de fraude « massive » et les investigations portent sur 68 millions de roubles (environ 1 million d’euros) de subventions budgétaires que le metteur en scène aurait détournées pour la mise en œuvre, par sa troupe de théâtre, 7e studio, du projet « Plate-forme » – lancé en 2011, il comprend une série d’évènements artistiques et un festival (Le Monde du 22 août 2017). Serebrennikov, directeur du Centre Gogol, théâtre contemporain à Moscou, a toujours nié ces accusations. Il a été auditionné à plusieurs reprises devant la cour du district Basmanny de Moscou (en août et en octobre 2017, puis en janvier 2018) : à chaque fois, les juges ont prolongé son assignation à résidence. Celle-ci vient d’être à nouveau prolongée jusqu’au 19 juillet 2018, à l’issue de la dernière audition, le 18 avril.
Le producteur français...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La galerie Templon et le Musée de la chasse, à Paris, exposent ses toiles traversées de traits d’humour et de références à l’histoire de l’art
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Garouste, maestro de l’absurde

La galerie Templon et le Musée de la chasse, à Paris, exposent ses toiles traversées de traits d’humour et de références à l’histoire de l’art



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h49
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

« Il fut blessé à Verdun, à la fesse droite et à l’improviste. » Tel est l’exemple d’un zeugma, cette figure de style un peu absurde mais souvent amusante, dans laquelle un même verbe est utilisé pour plusieurs compléments qui ne sont pas du même registre. C’est un peu à l’image des derniers tableaux de Gérard Garouste, qui a intitulé « Zeugma » son exposition à la galerie Daniel Templon : absurdes et souvent amusants. Toujours brossés avec une fougue et une maestria rares (elles en énervent certains, que la peinture dégoûte, en ravissent d’autres), mais dans un registre qui semble plus apaisé qu’à l’habitude, sans être encore tout à fait serein.
Ainsi, la folie avérée de Garouste, qu’il a révélée lui-même autrefois, est toujours évoquée, mais dans un registre plus loufoque que dramatique : il s’est représenté assis à une table sur laquelle repose l’entonnoir qu’il devait porter sur la tête, et tente de se coiffer d’un tabouret, tout en consultant un livre intitulé How to Wear a Hat. Le même tabouret, réel celui-là, est posé au sol devant le tableau, et sur son assise ronde est peinte la phrase « Ceci n’est pas un chapeau », qui donne son titre à l’ensemble. Un hommage à Magritte et à son Ceci n’est pas une pipe, mais inversé, qui provoque à la réflexion une mise en abyme étourdissante. Un hommage surtout, d’après son auteur, à la maison Vitra, qui réédite les classiques du design (le tabouret est signé Alvar Aalto) et offre chaque année des exemplaires de sa production à Garouste pour la vente aux enchères qui finance La Source, l’association qu’il a créée pour venir en aide aux enfants en difficulté.
Peinture sur oie
Zeugma, c’est aussi un dérivé du grec zeugnunai, qui signifie « mettre sous le joug », « atteler », mais aussi « unir », « joindre », et désigne par extension le pont, celui d’un bateau qui en joint les deux flancs, comme celui qui relie les deux berges d’un fleuve. Ou celui qui relie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Dans son nouvel album, « Dirty Computer », l’artiste américaine défend les droits des femmes et une liberté sans borne en rendant hommage à son mentor
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Janelle Monae revient à la musique, plus libre que jamais

Dans son nouvel album, « Dirty Computer », l’artiste américaine défend les droits des femmes et une liberté sans borne en rendant hommage à son mentor



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h46
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

La chanteuse et actrice Janelle Monae n’avait pas enregistré de disque depuis cinq ans. Dirty Computer, sorti vendredi 27 avril, a déjà été mis en orbite grâce à quatre singles publiés en amont : « Django Jane », un manifeste afro-féministe terriblement efficace, « Make Me Feel », digne héritier du Kiss de Prince, qui en reprend la ligne guitare emblématique, le pop « Pynk », avec son synthé très Radio Ga Ga de Queen, et le slow « I Like That ».

Les dix autres titres qui viennent s’ajouter à ces hits sont tout aussi ambitieux, entre funk « princier » et hip-hop raffiné. Mais depuis son précédent album, Electric Lady, la jeune femme originaire du Kansas s’est imposée dans d’autres univers que celui de la musique. En politique, d’abord, en montant au créneau face aux violences policières aux Etats Unis. Au cinéma, surtout : elle s’est illustrée en femme de dealeur, un rôle magistral dans l’oscarisé Moonlight, de Barry Jenkins, ou comme employée de la NASA dans Les Figures de l’ombre, de Theodore Melfi.

Dirty Computer est d’ailleurs un disque, mais aussi un moyen-métrage de 44 minutes que Janelle Monae a diffusé sur les chaînes américaines BET et MTV, la veille de la sortie de son album. Il raconte l’histoire d’une jeune femme nommée Jane 57821, habitante d’un monde totalitaire dans un « futur très proche » où les citoyens sont considérés comme des ordinateurs. Le scénario, bouclé avec de grosses ficelles, reprend bon nombre des thèmes abordés dans les chansons de Janelle Monáe – dont la lutte pour les droits des femmes et l’envie d’en finir avec les discriminations et la politique protectionniste de Trump. Pour ce faire, la musicienne a arrêté de se cacher derrière son personnage d’androïde, Cindi Mayweather, ou derrière l’icône queer qu’elle était devenue, décrite comme « la quintessence de la reine dandy » par Shantrelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Notre choix du soir. Le réalisateur Macdara Vallely célèbre le génie des profondeurs de son compatriote irlandais (sur Histoire à 20 h 40).
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TV – « John Philip Holland, inventeur du sous-marin »

Notre choix du soir. Le réalisateur Macdara Vallely célèbre le génie des profondeurs de son compatriote irlandais (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h45
    |

            Alain Constant








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40

   


Réalisateur et scénariste irlandais, Macdara Vallely rend, à travers ce documentaire mêlant documents d’archives du début du XXe siècle et scènes reconstituées, un hommage à son compatriote John Philip Holland : le génial inventeur du sous-marin dont la notoriété est demeurée toute relative. Même si la puissante marine de guerre américaine lui voue une éternelle reconnaissance.
Rien pourtant ne semblait annoncerun tel destin chez cet ingénieur pugnace, passionné de technologie, né en 1841 sur la côte ouest de l’Irlande. Gamin, il montait à bord de la petite embarcation de son père, garde-côte, qu’il accompagnait lors de ses tournées. « Et s’il existait un monde sous-marin ? », se serait interrogé le petit Holland en scrutant les eaux glacées.
Cagnotte révolutionnaire
Autodidacte, formé chez les frères chrétiens, le jeune homme est recalé à son brevet de navigation en raison de sa myopie. Professeur de sciences dans une école religieuse de Cork, il ne cesse de rêver à une embarcation capable d’aller sous l’eau. En 1873, il quitte l’enseignement pour rejoindre l’un de ses frères en Amérique. Un accident lui fait passer trois mois à l’hôpital, le temps pour lui de peaufiner ses croquis et ses études.
En 1874, il se voit proposer un poste d’enseignant à Paterson (New Jersey), capitale de l’industrie ferroviaire américaine. Là, il se lie d’amitié avec les ­Fenians, des indépendantistes irlandais qui ont fait des Etats-Unis leur base arrière en vue de frapper l’Angleterre honnie. Grâce à une cagnotte révolutionnaire, John Philip Holland se voit confier des fonds pour mener à bien ses recherches sur une nouvelle arme de guerre sous-marine. A l’époque, cela relève de la science-fiction, mais il y croit. Tout comme les Fenians, qui rêvent de couler des bateaux britanniques au large des côtes américaines.
Après plusieurs tentatives infructueuses, le rêve devient réalité : le 6 juin 1878, le Holland-1 (cinq mètres de long sur un mètre de large) est le premier d’une série de sous-marins dessinés par l’in­génieur. Après de multiples amé­liorations apportées au blindage ou au centre de gravité fixe, le ­Fenian-Ram (« bélier Fenian »), doté d’un canon d’attaque à air comprimé et de trois places à bord, est lancé en 1881. Lorsqu’il teste son invention dans le port de New York, la foule est dense et la presse inquiète : « On suppose que l’engin submer­sible doit servir à attaquer des ­bateaux britanniques », peut-on lire dans un article.
La Navy pour client
La suite des aventures est une incroyable lutte entre révolutionnaires irlandais, espions britan­niques et profiteurs de guerre. ­Ravis de montrer de quoi est capable le génie irlandais, les Fenians ne se cachent plus. Mais l’efficacité des espions britanniques et des problèmes d’argent vont mettre un terme aux relations entre Holland et les Fenians.
Quelques années plus tard, marié et employé comme dessinateurindustriel, il remporte un concours organisé par l’US Navy. Des investisseurs le soutiennent, lui offrent argent, ouvriers, chantier. Les affaires décollent et Holland donne à l’US Navy ses premiers sous-marins, dépeints par les journa­listes comme « une arme de guerre terrifiante ». Ironie de l’histoire, le modèle Holland-6 sera, au début du XXe siècle, vendu à plusieurs flottes de guerre étrangères… dont la Royal Navy britannique !
John Philip Holland, inventeur du sous-marin, de Macdara Vallely (Irlande, 2017, 50 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ A voir aussi ce soir. Dante Desarthe tire un récit malicieux, poétique et légèrement suranné de la nouvelle de Marcel Aymé (sur Arte à 20 h 55).
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TV – Denis Podalydès, espiègle passe-muraille

A voir aussi ce soir. Dante Desarthe tire un récit malicieux, poétique et légèrement suranné de la nouvelle de Marcel Aymé (sur Arte à 20 h 55).



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h30
    |

                            Camille Langlade








                        


Téléfilm sur Arte à 20 h 55

A 46 ans, Emile Dutilleul respire la banalité. Son quotidien, insipide, est rythmé par les nuisances sonores de ses voisins, l’agitation des ­touristes – il habite à Montmartre – et son travail dans une compagnie d’assurances. Une vie monotone ponctuée par des visites à sa mère, atteinte d’Alzheimer, et à son ex-femme, qui s’évertue à l’inscrire sur des sites de rencontres. Une nuit, pourtant, Emile se découvre le pouvoir de traverser les murs. Il quitte alors son costume de quidam chétif pour venir émailler la « une » des journaux.
Adapté de la nouvelle éponyme de Marcel Aymé (1941), Le Passe-muraille de Dante Desarthe se ­situe dans un Paris contemporain et coloré, dans lequel ce personnage de Français moyen désabusé détonne et apporte une touche de grisaille. Le pouvoir d’Emile va l’emmener sur des terrains ­inexplorés. Tandis qu’il tombe amoureux d’Ariane, interprétée par la lumineuse Marie Dompnier, le quadragénaire se laisse ­aller à quelques élans d’impertinence. Devenu une sorte de ­super-antihéros, il dévalise ­mu­sées et banques à sa guise.
Mise en scène intelligente
Campé par un Denis Podalydès jubilatoire, ce M. Tout-le Monde parvient peu à peu à se détacher de ses apparats mélancoliques pour laisser entrevoir une personnalité plus espiègle. « Tu es un cirque à toi tout seul », ­finira même par lui souffler ­son ­amou­reuse. Le Passe-muraille se fait l’allégorie décalée d’une ­société où l’uniformité et la rentabilité sont de mise. Desarthe signe un récit malicieux, drôle et poétique, quoique légèrement suranné. Dans cet univers un tantinet ­absurde, difficile de ne pas songer à Jean-Pierre Jeunet et son Fabuleux Destin d’Amélie Poulain.
A l’heure du numérique, Emile Dutilleul tient un journal intime vidéo, sur un smartphone dont il ne se sert qu’à de (très) rares occasions. Grâce à un jeu de caméra astucieux et à une mise en scène intelligente, Desarthe ­semble lui aussi s’amuser à traverser les cadres. Il porte un ­regard tendre sur son personnage, touchant dans sa médiocrité. Loin d’être banal, Le Passe-muraille est une savoureuse fable moderne, saupoudrée d’une pointe d’ironie, dont on se délecte bien volontiers.
Le Passe-muraille, de Dante Desarthe, d’après une nouvelle de Marcel Aymé. Avec Denis Podalydès, Marie Dompnier, Claude Perron, Maryvonne Schiltz (Fr., 2016, 95 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Avec les mélanges baroques d’Igorrr, le genre échappe à sa caricature.
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Au Nadir, une soirée dans la forge metal du Printemps de Bourges

Avec les mélanges baroques d’Igorrr, le genre échappe à sa caricature.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 16h46
    |

            Bruno Lesprit (Bourges, envoyé spécial,)








                        



   


Déjà las du hip-hop chanté, cette nouvelle variété qui s’est imposée en France dans le sillage de Stromae ? Salle excentrée au sud du quai d’Auron, le centre névralgique du Printemps de Bourges, le Nadir offrait aux réfractaires une alternative radicale dans la soirée du jeudi 26 avril. Le lieu semblait presque faire sécession avec un programme entièrement dévolu aux formes modernes du metal. Caractérisé par une sous-représentation féminine, du côté des musiciens mais pas du public, le genre ne risque pas de tenir compte du mot d’ordre de la parité qui a gagné les festivals cette année après l’affaire Weinstein et ses retombées. L’affiche du Hellfest, prévu du 22 au 24 juin à Clisson (Loire-Atlantique) ne compte ainsi que sept groupes à filles (dont les rockeuses Joan Jett & The Blackhearts et L7) sur plus de 150 noms…

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Pas de telles stars au Nadir, petite salle associative qui fleure bon la MJC d’antan. C’est à un état des lieux, en miniature, des forces vives métalliques qui peuplent l’Hexagone qu’headbangers (ces fans qui secouent leur chevelure en cadence) et curieux sont conviés. Pour ouvrir le bal (du diable, évidemment), honneur aux régionaux avec Mathem & Tricks, un duo berruyer construit sur un dialogue strictement instrumental, guitare (Pierre Charpagne) et batterie (François Tanfin). Sa démarche est cérébrale, sinon scientifique, présentée comme du « math rock ». La formule pourrait faire penser aux White Stripes (à qui l’on doit Black Math) si les deux compères, deux barbus plus freaks qu’hipsters, ne faisaient passer l’ancien binôme américain pour Stone & Charden.
Une lourdeur héritée des pères fondateurs de Black Sabbath
Dans un éclairage de forge, il faut imaginer la bande-son qui illustrerait l’agonie d’un tyrannosaure (consignée sur l’EP de six titres Iniki, paru en 2015 chez Waroba Records) avec une puissance tellurique obtenue par l’utilisation d’un amplificateur de basse, une lourdeur héritée des pères fondateurs de Black Sabbath, de savants tritons hendrixiens (ces accords dissonnants interdits au Moyen-Age au titre de « Diabolus in Musica ») et un art post-rock de la déconstruction. Quelques gamins plantés devant la scène résistent au monstre avec des casques anti-bruit sur la tête.
Le quatuor lyonnais Celeste jouit déjà d’une réputation dans le milieu métalleux pour avoir publié six volumes depuis 2006, aux titres répétitifs et relevant presque de l’écriture inclusive : Pessimiste(s), Nihiliste(s), Misanthrope(s), Morte(s) Née(s), Animale(s) et, le dernier en date, Infidèle(s) chez Denovali Records. Avec de tels énoncés, on aura compris que ces gones ne sont pas de joyeux drilles, véhiculant une « philosophie » que résume leur titre-manifeste Quoi qu’il advienne, tout est à chier. Hurlés, les textes, rattachés aux litanies du sludge metal (haine et dégoût de soi comme des autres) sont toutefois inaudibles.
Monomaniaque, Céleste est aussi monochrome, évoluant dans une lumière rouge, chaque musicien muni d’une lampe frontale également rouge ne laissant rien voir de ses traits. Musicalement, les intéressés décrivent leur activité « un peu comme si Shora dans sa période poilue rencontrait Daturah sous coke », ce qui n’éclairera que les seuls spécialistes. Disons qu’en dehors de rares plages d’accalmie, Celeste ne connait qu’un registre : l’agression via un blitz thermonucléaire qui fait trembler, au sens propre, les murs de la salle.
Un « breakcore » déconcertant
Par ses audaces et ses mélanges baroques (mot à entendre dans son sens commun comme musical), Igorrr, projet de l’Alsacien Gautier Serre, offre un constraste bienvenu après cette étouffante oppression. Actif depuis 2004, ce compositeur, multi-instrumentiste, DJ et machiniste, qui a publié en juin 2017 l’album Savage Sinusoid (Metal Blade Records), concasse les genres dans des brisures rythmiques voisines de celles de l’électronicien britannique Aphex Twin. En résulte un « breakcore » déconcertant dont l’efficacité scénique est décuplée par la présence d’un batteur ne ménageant guère la double pédale de sa grosse caisse.
Les métalleux ont souvent voué un culte aux grands musiciens classiques, Bach et Paganini en tête, et Gautier Serre n’y déroge pas, influencé autant par le death metal de Cannibal Corpse et Morbid Angel que par les sonates de Scarlatti et Chopin. Les déflagrations soniques interviennent ainsi après une arabesque de guitare espagnole, un thème au clavecin ou à l’accordéon. Deux chanteurs occupent le devant de la scène, seuls ou en duo : Laurent Lunoir, une sorte de Chewbacca échappé d’un film gore dans le rôle de la Bête, et la soprano Laure Le Prunenec dans celui d’une Belle revisitée en diva trash de bel canto, en furie ponctuant ses envolées lyriques d’intense headbanging. C’est incontestablement singulier, radical et définitivement clivant. Comme peut l’être Jeannette, l’enfance de Jeanne d’arc, le film présenté à Cannes en 2017 de Bruno Dumont, qui a confié la bande-son à Igorrr, offrant à celui-ci de se faire connaître au-delà des cercles du metal. On l’attend d’ailleurs le 5 juillet au Montreux Jazz Festival...
Mathem & Tricks, le 7 juin au festival Aucard de Tours; Celeste, le 10 mai à Bordeaux (I Boat), le 11 à La Rochelle (La Sirène), le 12 à Toulouse (festival Le Grand Sabbat); Igorrr, le 12 mai au festival Metal Culture(s) de Guéret, le 19 au Festival sur les pointes de Vitry-sur-Seine, le 27 au Outch! Extreme Metal Festival de Langres, le 28 à Seyssinet-Pariset (L’Ilyade), le 30 à Chelles (Les Cuizines), le 31 à Rennes (1988 Live Club)...



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’architecte Mathieu Mercuriali explique, dans une tribune au « Monde », que la numérisation des transactions et des services ouvre la gestion et la construction des villes à une économie collaborative entre ses usagers.
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« La révolution numérique transforme la matière de la construction en fluide, grâce à l’alchimie de la blockchain »

L’architecte Mathieu Mercuriali explique, dans une tribune au « Monde », que la numérisation des transactions et des services ouvre la gestion et la construction des villes à une économie collaborative entre ses usagers.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 15h13
    |

Mathieu Mercuriali (Architecte)







                        



                                


                            

Tribune. Jusqu’ici célèbre pour être le support technologique des cryptomonnaies comme le bitcoin, la « blockchain », outil décentralisé et numérisé de sécurisation des transactions, va investir tous les secteurs. Dans celui de la construction, ses applications pourraient entraîner la suppression d’intermédiaires et la redéfinition des marchés, provoquant l’apparition d’une économie collaborative dans une ville qui appartient à tous, et donc la participation de nouveaux acteurs pour la gérer. Tous les segments sont concernés, du réseau d’énergie à la gestion de location de bureaux à la demande, à travers la création de réseaux décentralisés à l’échelle mondiale.
Dans les années 1960, l’historien américain Lewis Mumford (1895-1990) décrivait notre société, verticale et hiérarchisée, comme une « mégamachine » dont les humains sont les composants et leurs dirigeants les mécaniciens.

Aujourd’hui, la « blockchain » casse ce principe pour créer un réseau où chacun contrôle une machine protéiforme grâce au « pair à pair » (peer-to-peer). Patrick Waelbroeck, professeur à Telecom ParisTech, parle de « liquéfaction du monde physique », dont l’organisation passe par les réseaux informatiques décentralisés. L’arrivée des systèmes informatiques est matérialisée par la mise en place des smart grids. Première pierre de la smart city, les smart grids sont des réseaux intelligents d’électricité qui ajustent les flux en fonction des demandes.
Une centrale virtuelle
Le projet Issygrid, par exemple, est déjà opérationnel à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) et connecte près de 100 foyers et 2 000 employés dans un groupe de partage d’énergie. La numérisation de notre environnement urbain par des smart programs est en marche : un groupe d’habitants de Brooklyn, à New York, a mis en place en 2016 un microréseau de production d’énergie entre voisins, pour limiter le recours...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ À partir du 1er mai, la collection des barons du capitalisme américain, les Rockefeller, sera mise aux enchères par Christie’s, à New York. Le directeur de la branche américaine de la maison, Marc Porter, a mené les dessous de cette opération en expert.
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Marc Porter, l’homme qui murmurait à l’oreille de Rockefeller


                      À partir du 1er mai, la collection des barons du capitalisme américain, les Rockefeller, sera mise aux enchères par Christie’s, à New York. Le directeur de la branche américaine de la maison, Marc Porter, a mené les dessous de cette opération en expert.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 13h44
    |

                            Roxana Azimi








                              

                        

Marc Porter soigne personnellement, paraît-il, les plantes de la luxuriante terrasse de son appartement de Manhattan. Avec le même soin, il garde aussi un œil sur la végétation du jardin botanique de New York. Il en est un fidèle donateur. Comme d’autres trustees, il s’est inquiété, il y a peu, de la santé de quelques rosiers malades, dans l’une des parties du parc, le Peggy Rockefeller Rose Garden, subtil entrelacs de parterres colorés.
Le patron de la branche américaine de Christie’s a la main verte, mais aussi le sens des affaires. Car sa patience de jardinier lui a permis de décrocher l’organisation de l’une des plus grosses ventes aux enchères de ces dernières années. La dispersion de la collection d’œuvres d’art de Peggy et David Rockefeller, organisée à New York entre les 1er et 10 mai prochains. La valeur de l’ensemble est estimée à 500 millions de dollars, au bas mot.
Tournée mondiale
Expansif quand il parle de boutures et de bourgeons, Marc Porter est beaucoup moins loquace lorsqu’il s’agit de son travail. C’est sous le regard vigilant de deux attachées de presse et avec des mots choisis que l’Américain de 58 ans expose les dessous de cet événement, dont l’enjeu est de taille. La médiatisation de la vente et les retombées en terme d’image doivent permettre à la maison de François Pinault de garder la première place sur son marché, face au grand rival Sotheby’s. Une course entre géants à laquelle cet homme contribue depuis vingt-huit ans.
Pour s’assurer un succès, la machine Christie’s a battu le rappel des collectionneurs. Dès le mois de janvier, une cinquantaine d’acheteurs, triés sur le volet, ont été invités à New York pour voir les œuvres, seuls, pendant une heure. Dans la foulée, Christie’s a sélectionné quelques pièces pour une tournée mondiale hors norme. Pas moins de sept destinations : Hongkong, Pékin, Londres, Paris, Shanghaï, Los Angeles avant un retour à New York.
Elizabeth...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Icône pop à la française, constant et discret, Alain Chamfort dévoile, à 69 ans, « Le Désordre des choses ». Dans ce nouvel album, plus question de ses amours mais de la vie qui passe, irrémédiablement.
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L’élégance existentielle d’Alain Chamfort


                      Icône pop à la française, constant et discret, Alain Chamfort dévoile, à 69 ans, « Le Désordre des choses ». Dans ce nouvel album, plus question de ses amours mais de la vie qui passe, irrémédiablement.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 13h40
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 14h33
    |

                            Stéphane Davet








                              

                        

« Passe ton doigt sur les microsillons/Autour de mes yeux, le long de mon front/Les entends-tu bien toutes les chansons/Que le temps a gravées au plus profond ? » Dès les premiers mots de la première chanson de son nouvel album, Le Désordre des choses, Alain Chamfort, 69 ans, file la métaphore vinylique pour évoquer, avec piano mélancolique et fragile gravité, les stigmates des années. La vieillesse, la mort qui rôde, les bilans d’une vie où on a existé « comme on a pu », avant de « partir comme un grain, une nuit d’automne » (Exister). Voilà la matière première de la majorité des dix chansons de ce quinzième album.
On pourrait craindre le coup de blues communicatif. Les refrains dépressifs et l’amertume d’un beau gosse déclassé. Fausse alerte. Avec toujours la même élégance et le même sens de l’autodérision, le délicat velouté de son timbre s’adapte avec classe et humour aux thématiques existentielles esquissées par son complice auteur, Pierre-Dominique Burgaud. Pour leur seconde collaboration, huit ans après l’album concept Une vie Saint Laurent, qui évoquait la vie du couturier, Burgaud donne ainsi une profondeur nouvelle à l’éternel dandy, tout en respectant le personnage façonné, depuis plusieurs décennies, par le chanteur et surtout par ceux qui ont mis en mots sa musique, et l’ont aidé à devenir cette figure unique dans la pop française.
De fleur bleue à séducteur
Pianiste de formation classique, happé par le démon de la pop, Alain Le Govic s’est choisi un destin de chanteur, sous le nom de Chamfort, après avoir été, de 1966 à 1968, le claviériste de Jacques Dutronc. Si, depuis ses débuts, le fan des Beatles et de Ray Charles, de Carlos Jobim et de Burt Bacharach, se charge de composer des mélodies avec un sens de l’accroche encore délicieux aujourd’hui, il confie à d’autres les textes qu’il incarne.
Gainsbourg « se servait de mes apparences de jeune premier pour...



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le chanteur et guitariste new-yorkais a livré, jeudi 26 avril, un concert plein de grâce avec son guitariste et cocompositeur Olivier Durand.
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Elliott Murphy, au rendez-vous du folk de Bourges

Le chanteur et guitariste new-yorkais a livré, jeudi 26 avril, un concert plein de grâce avec son guitariste et cocompositeur Olivier Durand.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 12h47
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 12h52
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


BOURGES (Cher) - envoyé spécial
« J’ai eu envie cette année de faire un club folk. Et j’espère qu’il sera pérenne. » Avant d’annoncer « mon ami Elliott Murphy », Gérard Pont, président du Printemps de Bourges-Crédit mutuel, a présenté, jeudi 26 avril, une nouveauté du festival, des soirées folk, au sens large, avec débords vers le blues, la country, sous le chapiteau de l’Ecole de cirque. Il y en a trois cette année. Honneur inaugural à Elliott Murphy, déjà venu au festival, notamment en 1996, son premier concert avec celui qui depuis est devenu son guitariste, Olivier Durand, cocompositeur aussi (de « Come on Louann », par exemple, joué ce soir). Sont aussi attendus Nick Garrie et Hugh Coltman (vendredi 27), Adrian Crowley et Christopher Paul Stelling.
Cette soirée aura été l’un de ces moments où tout se conjugue pour que le souvenir perdure. Le lieu, îlot calme, quelques gradins, une petite scène, la proximité avec les musiciens. Le son, parfait, légèrement amplifié, pour les voix de Murphy et Durand, le rendu de leurs guitares – des modèles électro-acoustiques du luthier Taylor, avec quelques effets. Le public, en attention, enthousiaste. Murphy et Durand en intention musicienne partagée. Un regard, un sourire suffisent pour qu’une partie soliste dure plus longtemps que son cycle initial. Le jeu à deux guitares est complémentaire, en croisements, chevauchements.
La ferveur d’un public fidèle
Longs cheveux blonds-blancs, petit chapeau noir, voix un rien rauque, expressive, chaude, Elliott Murphy est né en 1949 à Rockville Centre, dans l’Etat de New York. Il habite à Paris depuis 1989. Carrière globalement discrète, suivie avec ferveur par un public fidèle, une trentaine d’albums depuis Aquashow (1973). Il en joue l’un des classiques, « Last of The Rock Stars », couplé avec « Shout », succès des Isley Brothers en 1959, que Bruce Springsteen aime régulièrement reprendre. Springsteen et Murphy, une amitié de plusieurs décennies.

Dans son répertoire, vaste, qui passe par le goût pour le blues, le rock’n’roll, il va chercher l’ancien, de toutes époques, certaines chansons bien connues, d’autres plus secrètes, combiné à quelques morceaux d’un récent album, Prodigal Son, dont « Hey Little Sister » et la très belle « Let Me In ». De l’album Night Lights, en 1976, sorte de portrait de New York, avec section de vents et orchestration fournie, Murphy et Durand tirent des versions dépouillées, intimes, de « Diamonds By The Yard » et de « You Never Know What You’re in For », avec ses junkies et leurs revendeurs, ses prostituées et leurs macs. Ovation pour cette dernière, tant l’osmose entre les deux musiciens est là à son plus haut.
Murphy est aussi un raconteur. Il présente son harmonica, le même depuis 1971. Il parle du blues après « Take Love Away », un extrait de Selling The Gold (1995). « Il y a beaucoup de chansons sur la mort, les filles ou les voitures, dit-il. Mais il n’y en pas beaucoup sur des bottes. J’en connais deux. » Et de démarrer par « These Boots Are Made for Walking », tube de 1966 écrit par Lee Hazlewood et chanté par Nancy Sinatra, avant d’interpréter sa propre contribution au thème bottier, « Chelsea Boots ». Vers la fin des plus de deux heures du concert, sans micro, sans amplification, « Change Will Come » (1980), de pleine grâce.
Printemps de Bourges-Crédit mutuel, jusqu’au dimanche 29 avril, dans une dizaine de lieux. Programme complet et tarifs sur le site Internet : Printemps-bourges.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Pour l’écrivain et rédacteur en chef de « La Nouvelle Revue française », Michel Crépu, la vie politique et la littérature vont de pair en France. Et c’est pour connaître le rapport qu’entretient le président Emmanuel Macron avec les lettres que « La NRF » l’a interrogé.
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« Politique et littérature, l’énigme Macron »

Pour l’écrivain et rédacteur en chef de « La Nouvelle Revue française », Michel Crépu, la vie politique et la littérature vont de pair en France. Et c’est pour connaître le rapport qu’entretient le président Emmanuel Macron avec les lettres que « La NRF » l’a interrogé.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 12h02
    |

Michel Crépu (écrivain, rédacteur en chef de « La Nouvelle Revue française »)







                        



                                


                            

Tribune. En Amérique, le président jure sur la Bible, en France il pose devant la bibliothèque. Les reliures pourpres sont là, personne ne les lit jamais, mais il est essentiel qu’elles soient dans le champ visuel. Que l’on sache que l’esprit des lettres imprègne invisiblement la conscience du nouvel élu. Pour la photo officielle, l’actuel président Macron a joué d’une certaine ambiguïté, en laissant traîner sur le guéridon quelques Pléiades à peine identifiables. C’était une façon désinvolte de ne pas insister sans oublier l’existence des grands auteurs. 
En France, pour ce qui est de la politique et de la littérature, les choses sont allées de pair, de Joinville au général de Gaulle, dans une relation d’intimité complice, jusqu’à ce que le lien se défasse, faute de personnel. François Mitterrand, nous le savons maintenant grâce à la publication de sa correspondance avec Anne Pingeot, a gardé la littérature pour l’amour plus que pour la politique. Ses successeurs n’ont pas fait montre, de leur côté, d’ambitions particulières. En un sens, cela valait mieux.
Chirac n’y pensait tout bonnement pas, Sarkozy par foucades débridées, Giscard au retour de la chasse, Hollande préférant la lecture du journal. Il faut remonter à Pompidou avant Jésus-Christ pour entendre Eluard à l’Elysée. Et Macron ? C’est le travail d’une revue de chercher à le savoir. D’où cet entretien, qui paraît aujourd’hui dans La NRF de mai 2018, cinquante ans après les événements fameux.
On ne jure pas sur la Bible mais on fait un peu son Montaigne
Du temps, pas si éloigné, où le principe d’une conversation avec le pouvoir était voué sur-le-champ aux gémonies, une telle chose était impensable. L’histoire politique de La NRF, riche en bouleversements idéologiques, montre pourtant combien, de Gide et Rivière à Paulhan, la politique a fait l’objet d’un intérêt passionné. L’époque des années 1930 se cherchait un centre de gravité,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ La Ville de Paris et le ministère de la culture ont confié à Laurent Bayle, patron du grand établissement culturel parisien, la mission de mener à bien le projet.
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L’intégration de l’Orchestre de Paris au sein de la Philharmonie annoncée pour 2019

La Ville de Paris et le ministère de la culture ont confié à Laurent Bayle, patron du grand établissement culturel parisien, la mission de mener à bien le projet.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 16h26
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



   


Le projet avait été publiquement évoqué en novembre 2017, à la suite de la fuite du plan gouvernemental Action publique 2022 concernant le ministère de la culture. Vendredi 27 avril, la Ville de Paris et l’Etat, principales tutelles de l’Orchestre de Paris, ont annoncé avoir confié à Laurent Bayle, directeur général de la Philharmonie de Paris, la mission de « concevoir et préparer l’intégration harmonieuse de l’Orchestre de Paris au sein de la Cité de la musique – Philharmonie de Paris. »
La fusion structurelle de la formation symphonique, créée, en 1967, par le ministre de la culture André Malraux pour « jouer un rôle de premier plan dans la vie musicale parisienne et nationale » et « assurer dans les pays étrangers le prestige musical de Paris et de la France » (article premier des statuts), devrait fortifier la position stratégique et le rayonnement de l’orchestre. Son identité sera préservée « ainsi que le lien avec son public fidèle, tout en renforçant ses moyens et son rôle en matière de démocratisation de la culture ».
Inquiétudes
Cette mutation n’est évidemment pas sans susciter moult inquiétudes, que ce soit dans les rangs des musiciens ou de l’administration, soumis au statut associatif de la loi 1901 : perte d’autonomie, changement de statut, baisse de visibilité, voire licenciements. Mais le projet a pour lui une garantie. Au contraire de la fusion maintes fois envisagée entre les deux orchestres de la Maison de la radio, dont la menace s’est éloignée, il n’obéit pas à des contraintes économiques et ne devrait pas toucher aux conditions de travail prévues par l’accord d’entreprise conclu au sein de l’association, lesquelles « seront intégralement préservées », affirme-t-on du côté de la Philharmonie. Même chose pour le personnel administratif (une trentaine de personnes), a priori redéployé dans les différents services de l’établissement public, une partie de l’équipe restant spécifiquement attachée à l’orchestre.

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                Laurent Bayle : « Ce n’est ni une boîte à chaussures ni un vignoble »



Reste la question de la direction artistique. La Philharmonie sera en effet partie prenante de la nomination du chef d’orchestre qui devra succéder rapidement à Daniel Harding, lequel a annoncé, en janvier, son intention de jouer les filles de l’air dès la fin de son premier mandat de trois ans, qu’il ne renouvellera pas. Laurent Bayle devrait donc participer au choix du successeur de Daniel Harding, qui quittera ses fonctions de directeur musical à l’issue de la saison 2018- 2019, stipule la lettre de mission. Une lettre qui ne dit rien au sujet de la programmation musicale actuellement élaborée en collaboration avec les membres de l’équipe dirigée par Bruno Hamard.
Les bons résultats de la phalange parisienne depuis 2015
Selon nos informations, la saison de l’Orchestre de Paris devra en effet se construire en concertation avec les forces artistiques de la Philharmonie, et tenir compte de ses orientations thématiques. Cela afin d’harmoniser l’offre d’une part, de clarifier la perception du grand public de l’autre, et de ne pas fragiliser « le formidable succès de la Philharmonie de Paris, auquel il a grandement contribué en sa qualité d’orchestre-résident principal. » La phalange parisienne, qui affiche de bons résultats depuis 2015, grâce notamment à une tarification très attractive, n’aura qu’à se féliciter de la synergie déployée par une politique générale dynamique de grands chefs et de grandes formations invités.
Face à ce nouveau challenge, le patron de la Philharmonie (renouvelé pour cinq ans en 2016) possède un atout de taille. N’a-t-il pas été, en 2012, la cheville ouvrière d’un premier mariage heureux, celui de l’orchestre et de la salle de la Philharmonie du Luxembourg, dont il avait réalisé l’étude préparatoire ? A Paris, les discussions devraient commencer avant l’été afin d’assurer la mise en place du projet dès janvier 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Dans sa chronique, Guillaume Fraissard, chef du service Culture du « Monde », analyse l’évolution du marché de la musique depuis l’arrivée du premier standard numérique populaire, il y a vingt ans.
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« Mai 1998 : le MP3 commence à s’inviter dans les foyers… »

Dans sa chronique, Guillaume Fraissard, chef du service Culture du « Monde », analyse l’évolution du marché de la musique depuis l’arrivée du premier standard numérique populaire, il y a vingt ans.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 18h37
    |

            Guillaume Fraissard








                        



                                


                            

Chronique. Son nom a aujourd’hui quitté le devant de la scène, oublié du grand public, dépassé par une révolution qu’il a pourtant grandement contribué à faire naître. Et à laquelle il continue de participer de manière plus discrète. Mai 1998. Le MP3, premier standard populaire de musique numérique commence à s’inviter dans les foyers, du moins ceux déjà équipés d’un accès à Internet. Parce qu’il porte en lui de nombreuses promesses de facilité d’accès et de libre circulation de la musique, le sigle devient rapidement l’étendard d’une jeunesse et d’une économie 2.0 qui auraient pu avoir pour slogan « ouïr sans entraves » (sans payer aussi).
Mai 1998. Pas de pavés mais des fichiers donc. Avec eux, chansons et albums quittent les platines CD, s’échangent, se piratent, tracent leur sillon dans la mémoire des ordinateurs et dans celle des tous premiers baladeurs numériques (le MPMan pionnier du genre, puis le RIO), qui arrivent timidement en magasin ce printemps-là aux Etats-Unis. C’est le temps des Napster, MP3.com, Gnutella et autres précurseurs du peer-to-peer emmenés et soutenus par une beat generation aux aspirations aussi numériques que politiques – pourquoi payer à nouveau des titres que l’on a déjà achetés en vinyle ou en CD, certains plusieurs fois ? Pour les artistes, les majors et les mélomanes, plus rien ne sera jamais comme avant.
Symbole d’un ordre établi
Face à ces acteurs issus du nouveau monde – pas tous légaux il est vrai, mais bien décidés à capter une partie des 25 milliards de dollars de chiffre d’affaires que le secteur réalise alors –, l’industrie sort la matraque, menace, poursuit en justice, puis s’adapte, trouve de nouveaux formats, passe des accords, innove à marche forcée tout en voyant fondre sa cassette et s’éloigner son âge d’or. Les autres secteurs culturels (presse, cinéma, livre…) gardent les yeux braqués sur ce qui ressemble à un cas d’école dont tout le monde perçoit bien qu’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Une publication abondamment partagée sur les réseaux sociaux affirme qu’il aurait dormi dans un sac de couchage devant l’établissement. Il n’en est rien.
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Non, Arnold Schwarzenegger n’a pas dormi dans la rue après avoir été rejeté d’un hôtel

Une publication abondamment partagée sur les réseaux sociaux affirme qu’il aurait dormi dans un sac de couchage devant l’établissement. Il n’en est rien.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 09h47
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 09h50
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Après avoir connu la gloire et le pouvoir, le héros de Terminator en serait-il à dormir dans la rue ? C’est en tout cas ce que laisse à penser une publication Facebook datée du 16 avril et partagée près de trente mille fois, ainsi que des vidéos publiées sur Youtube.

   


Le texte accompagnant la photographie ci-dessus avance que cette dernière prouverait la déchéance de l’acteur américain. « Quand il était gouverneur de Californie, ils ont inauguré un hôtel avec sa statue. Le personnel de l’hôtel a dit à Arnold : “Vous pouvez venir n’importe quand parce que vous avez une chambre réservée pour vous” », avance la page Facebook ghanéenne French Events Officiel. Cette dernière affirme que l’acteur se serait vu refuser une chambre dans cet hôtel, n’étant plus à l’acmé de sa popularité. « Quand j’étais dans une position importante, ils me complimentaient toujours, et quand je ne suis plus dans cette position, ils m’ont oublié et n’ont pas tenu leur promesse », conclut la publication, en rappelant que « rien ne dure éternellement ».
POURQUOI C’EST FAUX
La photo existe bel et bien, et n’a pas été truquée : elle est issue du compte Instagram officiel de l’acteur. Le 15 janvier 2016, Arnold Schwarzenegger posait dans un sac de couchage sous une statue le représentant. « Comme les temps ont changé », indiquait la légende.

   


Il s’agit très nettement d’une « plaisanterie » – comme de multiples publications l’ont souligné à l’époque. Le post Instagram ne fait nulle mention de l’éviction d’un hôtel, ou de la déchéance supposée de l’acteur américain. La statue d’Arnold Schwarzenegger se situe à Columbus, dans l’Ohio. Comme l’on peut le constater sur Google Maps, elle a été édifiée à l’extérieur du centre des conventions de la ville, bâtiment que l’on peut observer en arrière-plan sur la photographie — et qui n’a rien d’un hôtel.

   


Interviewé en 2015 par l’émission « Sept à Huit » à l’occasion de la promotion de Terminator Genisys, M. Schwarzenegger affirmait qu’il était bien loin de la banqueroute financière. « J’ai tout l’argent que je veux. Je ne serais même pas capable de tout dépenser », affirmait alors l’acteur. Et de conclure : « J’ai été très prudent dans mes investissements, je n’ai plus à m’inquiéter de problèmes d’argent. Je ne suis pas comme ces acteurs qui flambent. » Ni comme ceux qui dorment à la rue.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ La vente d’enveloppes d’artistes organisée le 27 mars à Paris par Ader n’a pas convaincu les amateurs d’art, malgré une belle gouache de Chu Teh-Chun à 13 750 euros.
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L’art postal en demi-teinte

La vente d’enveloppes d’artistes organisée le 27 mars à Paris par Ader n’a pas convaincu les amateurs d’art, malgré une belle gouache de Chu Teh-Chun à 13 750 euros.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 09h18
    |

            Pierre Jullien








                        



   


La maison Ader proposait une vente aux enchères d’« enveloppes d’artistes », le 27 mars à Paris, pour une estimation totale de près de 100 000 euros, parmi lesquelles des plis illustrés, peints, décorés par Matisse, Calder, Cabu, Chu Teh-Chun, Jérôme Mesnager…
Le vendeur, Pierre-Stéphane Proust, un ancien philatéliste reconverti dans le « mail art » remarquait avant les enchères, que « cette première vente [proposait] une sélection d’artistes cotés dans le monde de l’art ». David Nordmann, directeur de la maison Ader, impitoyable, lui avait fait remarquer que, « pour leur grande majorité, les dessinateurs de timbres sont des artistes qui n’ont aucune cote dans le marché de l’art ».

   


Malgré cette sélection, la vente a été très décevante – environ un tiers seulement des 279 lots dispersés – avec, pourtant, un beau catalogue. Parmi les explications, Pierre-Stéphane Proust estime que l’adresse sur l’œuvre gêne les amateurs, avant de conclure que les amateurs d’art postal sont en définitive peu nombreux.
Certains prix de départ étaient, en outre, peut-être un peu élevés pour des œuvres sur papier, comme cette belle lettre de Jérôme Mesnager, estimée 400 à 500 euros, invendue, alors que l’on peut trouver sur le marché des toiles de ce peintre, certes de petit format, à peine plus cher.
3 250 euros pour Calder
Les peintres de la marine, de l’air, des armées ainsi que les artistes moyennement connus n’ont eu que peu de succès. Les dessinateurs de presse et de BD ont enregistré des résultats très mitigés : si Plantu a fait 500 euros, Geluck 275 euros et Cabu 563 euros, Chenez, Kerleroux, Piem, Trez, Margerin, ou Sempé sont restés sur le sable.
Le record de la vente a été remporté par Chu Teh-Chun, avec une belle gouache, à 13 750 euros.

   


Les enveloppes anciennes – comme celles signées Alain Humbert (1835-1886) – et certains artistes de renom tirent leur épingle du jeu : Calder atteint tout de même 3 250 euros, Ben (autoportrait gouache blanche sur enveloppe double face, à 1 063 euros), Erro (400 euros), Viallat (3 750 euros, pour une belle gouache sur enveloppe toilée de la direction des Postes) ou Segui (688 euros).

   


Yves Klein (invitation pour le vernissage à la galerie Iris Clert du 28 avril 1958, avec timbre bleu monochrome, estimée 2 000-3 000 euros) a dépassé l’estimation, à 4 375 euros.

   


En revanche n’ont pas trouvé preneur Matisse (encre sur enveloppe adressée à Rouveyre en 1947, estimation 6 000-8 000 euros), Velickovic (800-1 000 euros), Trémois (300-400 euros), Speedy Graphito (600-800 euros), Folon (800-1 000 euros), Albert Féraud (200-300 euros), Philippe Favier (600-800 euros), Henri Cueco (400-500 euros), l’artiste urbain Da Cruz (80-100 euros), Michel Ciry (200-300 euros)… dans un inventaire à la Prévert… Un collage de Jacques Prévert, justement, atteignant 2 250 euros. Il reste au vendeur à tenter sa chance sur eBay.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Des photographes de l’agence Magnum ont choisi une image racontant la carrière d’Abbas, l’un des membres de l’agence, mort mercredi 25 avril.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Voilà quinze ans que l’humoriste aiguise ses punchlines, défouraillant à tout-va sur les Noirs, les Blancs, les juifs ou les Arabes. Hier consensuel, il suscite aujourd’hui des polémiques en série.
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Yassine Belattar, rires et tensions


                      Voilà quinze ans que l’humoriste aiguise ses punchlines, défouraillant à tout-va sur les Noirs, les Blancs, les juifs ou les Arabes. Hier consensuel, il suscite aujourd’hui des polémiques en série.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 06h39
    |

            Pierre Jaxel-Truer








                              

                        

Ce portrait, comme beaucoup d’autres, commence par l’envoi d’un SMS pour prendre rendez-vous. En général, la réponse est aussi drôle qu’un lundi pluvieux de retour de vacances : oui ou non, merci monsieur, où, quand, comment.
Là, quelques secondes, et la réponse de Yassine Belattar fuse, manière de se moquer de ses contempteurs : « Je suis actuellement en Syrie dans un camp pour préparer le “grand remplacement”, mais je suis disponible la semaine prochaine. » L’humour, c’est un métier. A ses collaborateurs, il nous a ensuite désignés ainsi : « Le journaliste du Monde qui vient enquêter pour savoir si je suis un djihadiste. Il part à Damas demain, pour vérifier. »
Voilà quinze ans que Yassine Belattar fait profession de ciseler blagues et punchlines, à la radio, à la télévision, ou sur scène. C’est parfois un peu lourd, mais souvent très drôle. « C’est ce qu’il fait le mieux », constatent même certains de ses amis, pour regretter en creux qu’il s’aventure ces temps-ci sur d’autres chemins plus escarpés, au risque de s’abîmer.
Onction présidentielle
L’humoriste, qui s’est fait une spécialité de tailler en pièces les djihadistes par ses bons mots, a longtemps fait consensus. François Hollande, en venant le voir au Bataclan trois jours avant la fin de son mandat, lui a même accordé une sorte d’onction présidentielle d’utilité publique. Mais les temps changent.

Le comique saute désormais de polémique en polémique. Brinquebalé dans la grande lessiveuse de l’époque, les débats sur la laïcité et la place de l’islam en France, où le linge ressort souvent moins propre qu’à son entrée dans le tambour.
Résumons à gros traits, pour ceux qui n’ont pas le cerveau connecté 24 h/24 aux médias ou ne vivent pas sur la trépidante planète Twitter. En novembre dernier, Yassine Belattar s’est distingué sur plusieurs plateaux de télévision.
Sur LCI, il a volé dans les plumes de David Pujadas, s’agaçant...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Sortie de terre en 1963, la Maison de la radio vient d’intégrer le club très sélect des Monuments historiques.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/04/2018
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L’architecture des « trente glorieuses » en voie de canonisation


                      Sortie de terre en 1963, la Maison de la radio vient d’intégrer le club très sélect des Monuments historiques.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 13h41
    |

                            Roxana Azimi








                              

                        

Elle pensait diriger une institution, éventuellement qualifiée de mastodonte, voici que Sibyle Veil, la nouvelle patronne de Radio France, se retrouve à la tête d’un patrimoine classé. La Maison de la radio, sur laquelle elle règne depuis le 16 avril, vient de rejoindre le club très fermé des Monuments historiques.
L’inscription, décidée par le ministère de la culture, ne comprend pas l’ensemble de l’édifice, conçu par l’architecte Henry Bernard, mais certains éléments mythiques de la « maison ronde » inaugurée en 1963 par le général de Gaulle : les façades, le grand hall, le studio 104 ou le fameux bureau recouvert de bois de palissandre de la présidence, dont les travaux ont déjà coûté la bagatelle de 100 000 euros.

Il n’empêche, elle donne un signal : l’architecture des années 1950-1970, malicieusement moquée par Jacques Tati, est canonisée. En 2016, dix-sept sites de Le Corbusier, dont certains d’après-guerre, ont été classés par l’Unesco. L’année suivante, le groupe LVMH a annoncé la réhabilitation du Musée des arts et traditions populaires, achevé en 1972 par Jean Dubuisson, l’architecte de la « barre Mouchotte » (1964) qui a inspiré au photographe Andreas Gursky sa photo la plus célèbre, Montparnasse (1993).
« Ce patrimoine a de l’importance car il a changé le paysage parisien. » Francis Rambert, directeur à la Cité de l’architecture
Directeur du département de la création architecturale à la Cité de l’architecture, Francis Rambert le martèle : « Ce patrimoine a de l’importance car il a changé le paysage parisien. » Le revival des « trente glorieuses » bat son plein, sur les platines ou sur grand écran. On réadapte au cinéma Le Petit Nicolas et on réédite en coffret Les Shadoks pour leur cinquantenaire. On pleure Johnny l’idole des jeunes en sirotant des apéros d’antan, comme le Lillet, dans des décors en Technicolor. Et pour se meubler, on achète des meubles vintage ou des rééditions...



