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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ En mars, le pays, confronté à une grave crise politico-économique, devait réduire sa production de 95 000 barils par jour. Il l’a en fait réduite de 579 000, ce qui a bénéficié aux autres Etats producteurs.
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La déroute du Venezuela soutient les prix du pétrole

En mars, le pays, confronté à une grave crise politico-économique, devait réduire sa production de 95 000 barils par jour. Il l’a en fait réduite de 579 000, ce qui a bénéficié aux autres Etats producteurs.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h29
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

L’effondrement est colossal : entre avril 2017 et mars 2018, la production pétrolière vénézuélienne est passée de 2,8 millions de barils par jour à 1,5 million. La crise du secteur pétrolier, avec un cours de l’or noir très bas entre 2015 et 2017, et surtout les troubles politiques qu’a connus le pays, couplés à la déroute de la compagnie nationale PDVSA, ont conduit le Venezuela à subir une chute de production quasiment jamais observée dans l’histoire du pétrole.

« La plus grosse inquiétude du marché, c’est le Venezuela. Les problèmes du pays ne sont pas près de disparaître et la chute se poursuit inexorablement », expliquait il y a quelques semaines Helima Croft, consultante chez RBC Capital Markets.
Cette analyse est partagée par le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, qui détaillait récemment devant des journalistes : « Entre l’arrivée de Nicolas Maduro au pouvoir, en 2013, et aujourd’hui, la production de pétrole a diminué de plus de la moitié. Et cette baisse va continuer. Nous pensons qu’il y a de sérieuses raisons d’abaisser encore nos prévisions de production. » 
Capacité de production pénalisée
Le paradoxe est que cette déroute permet de maintenir un prix élevé du pétrole. Le Venezuela est membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et s’est engagé, dans le cadre de l’accord trouvé avec la Russie en novembre 2016, à réduire sa production, comme les autres membres du cartel pétrolier, pour faire remonter les prix. A la surprise des observateurs, la discipline de cet accord a été particulièrement bien suivie par la plupart des pays, ce qui a permis au prix du baril de remonter sensiblement au cours de l’année 2017.

Le Venezuela, cependant, est un cas particulier. En mars, le pays latino-américain devait réduire sa production de 95 000 barils par jour ; il l’a en fait réduite de 579 000. Une très mauvaise nouvelle pour les finances d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Le baril a atteint, mercredi 25 avril, son plus haut niveau depuis 2014, à 74 dollars.
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Pourquoi les prix du pétrole continuent d’augmenter

Le baril a atteint, mercredi 25 avril, son plus haut niveau depuis 2014, à 74 dollars.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h14
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

« C’est la nouvelle routine des tradeurs du pétrole : lire consciencieusement les Tweet de Donald Trump au réveil, même si personne ne sait aujourd’hui si cela aura un impact sur les prix. » Dans une note pleine d’interrogations, l’analyste Tamas Varga, de PVM Oil Associates, a résumé l’état d’esprit fébrile du monde pétrolier après la colère du président américain sur le réseau social, vendredi 20 avril, face à la montée des cours du baril, qui se sont envolés de plus de 10 % en trois semaines.
« On dirait que l’OPEP fait encore des siennes. Malgré les niveaux record de pétrole à travers le monde, y compris les bateaux pleins en mer, les prix du pétrole sont artificiellement élevés ! Ce n’est pas bien, et ce ne sera pas accepté ! », a tweeté un Donald Trump rageur.

Le moment choisi pour cette saillie ne doit rien au hasard. Au même moment, les ministres russe et saoudien de l’énergie se félicitaient du succès de leur accord de baisse de production pétrolière… justement dans le but de faire monter les prix. De fait, le pétrole a renoué avec des niveaux élevés : mercredi 25 avril, le baril a atteint 74 dollars pour la première fois depuis novembre 2014. Mais personne ne parierait sur une hausse durable, tant le marché est instable.
Le poids de l’accord sur le nucléaire iranien. La sortie de Donald Trump a d’autant plus surpris qu’il est lui-même l’un des acteurs de cette hausse temporaire. Sa volonté de « déchirer » l’accord sur le nucléaire iranien et de revenir à des sanctions plus fortes contre Téhéran sème l’inquiétude sur le marché pétrolier.
Officiellement, le président américain doit se prononcer le 12 mai sur la survie de cet accord. Mais les récentes nominations de tenants d’une ligne très anti-iranienne à des postes clefs – notamment John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale et Mike Pompeo au département d’Etat – laissent planer peu de doutes sur ses intentions.

Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ De multiples dysfonctionnements techniques et une grève au sein de l’opérateur Smovengo entravent le déploiement du nouveau système de vélos.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/04/2018
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Face aux difficultés de Vélib’, Paris demande un « plan d’urgence »

De multiples dysfonctionnements techniques et une grève au sein de l’opérateur Smovengo entravent le déploiement du nouveau système de vélos.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 21h42
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 06h59
   





                        



   


C’est désormais un « plan d’urgence » que réclame la mairie de Paris sur le dossier Vélib’. Elle a demandé, jeudi 26 avril, le remplacement d’ici à une semaine de 3 000 vélos inutilisables à l’opérateur Smovengo, chargé du nouveau Vélib’, mais confronté à une grève.
La « situation s’est fortement dégradée » depuis la mi-avril, a déclaré devant la presse Christophe Najdovski, adjoint aux transports (Europe Ecologie-Les Verts) à la mairie de Paris. Selon le gestionnaire, le syndicat Autolib’ Velib’ Métropole, 670 stations étaient en service ce jeudi, dont seulement 263 étaient raccordées directement au courant. La plupart des vélos fonctionnent sur batteries. Or celles-ci se déchargent et ne sont pas remplacées, en raison d’un mouvement social qui paralyse Smovengo.

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          le déploiement des nouveaux Vélib’ à Paris



Depuis le 1er janvier, le consortium chargé de prendre la suite de JCDecaux (Smoove, une PME de Montpellier, Mobivia, l’espagnol Moventia et les parkings Indigo) rencontre des difficultés dans le raccordement au réseau électrique du dispositif de vélos en libre-service (un tiers, à terme, sont censés être électriques). Elles ont conduit l’entreprise à faire fonctionner près de deux tiers des vélos sur batteries. Or l’utilisation de batteries « n’est pas fonctionnelle et le mouvement de grève actuel, qui entraîne l’absence de maintenance, fait que la situation s’est aggravée », a déploré l’élu parisien.
« Un chantier hors norme »
La mairie de Paris a de ce fait demandé au consortium un « plan en trois points », avec un « plan d’urgence d’ici au 3 mai » pour remplacer quelque 3 000 vélos dont les batteries sont déchargées et qui « bloquent le système ». Un « point » sera fait ce jour-là dans le bureau de la maire socialiste Anne Hidalgo, avec l’opérateur et le syndicat.

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                Vélib’, retour sur le fiasco qui fragilise Anne Hidalgo



La ville a également demandé « l’électrification accélérée » d’ici au début du mois de juin des stations existantes qui fonctionnaient sur batteries. Il s’agira ensuite pour Smovengo de poursuivre le reste du déploiement sans recourir à la solution batteries. « Vélib’aujourd’hui est un chantier hors norme qui n’a pas d’équivalent en Europe », a de nouveau plaidé Christophe Najdovski, en concédant une « sous-estimation de l’ampleur de ce chantier au moment de la préparation de cette transition, qui aurait dû être plus longue ».
« C’est un gigantesque cafouillage »
Le nouveau dispositif Vélib’fait l’objet de multiples critiques depuis le début de son déploiement raté. S’y ajoute désormais une grève, depuis le 20 avril, d’une partie du personnel qui réclame les mêmes avantages que ceux qui offerts à l’époque par l’ancien opérateur, JCDecaux. La grève a été reconduite, jeudi, a annoncé à l’Agence France-Presse un porte-parole des grévistes ; ceux-ci dénoncent également l’embauche par Smovengo d’intérimaires pour les remplacer.

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« C’est un gigantesque cafouillage », a de son côté martelé l’opposition municipale, dont les groupes Les Parisiens progressistes, constructifs et indépendants (PPCI, pro-Macron ex-Les Républicains) et Les Républicains ont envisagé des « dénonciations de contrat ».
Les pénalités financières, de 4 millions d’euros à ce jour, le surcoût du déploiement et la perte de recettes « interrogent la capacité financière de Smovengo à tenir le choc », a ajouté un communiqué. Le groupe La France insoumise, pour qui « le fiasco continue », a pour sa part déclaré, par la voix de la conseillère Danielle Simonnet, qu’il fallait « arrêter les frais et remunicipaliser » le dispositif.

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                « Vélibgate » : le délégataire Smovengo règle ses comptes



L’objectif initial prévoyait la mise en service de 700 stations au 1er janvier et de 1 400 à la fin du mois de mars dans Paris et dans les soixante communes adhérentes, selon les chiffres du syndicat Autolib’ Velib’ Métropole.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Les « anti-Linky » souhaitent la suspension des installations de ces compteurs, voire leur retrait, au nom du « principe de précaution » et du « respect de la vie privée ».
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Les opposants au compteur Linky saisissent la justice

Les « anti-Linky » souhaitent la suspension des installations de ces compteurs, voire leur retrait, au nom du « principe de précaution » et du « respect de la vie privée ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 18h52
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 18h13
   





                        



   


Un collectif d’opposants au compteur Linky, dont 200 en Gironde, a annoncé jeudi 26 avril avoir saisi en référé une vingtaine de tribunaux de grande instance dans toute la France pour demander à la justice de « surseoir à l’installation » de ces appareils, voire de les retirer.
Ces nouveaux compteurs, qui suscitent la défiance de nombreux abonnés, permettent de mesurer la consommation d’électricité et de la transmettre directement au fournisseur, pour permettre une facturation plus précise sans relevé du compteur chez l’abonné. Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution d’électricité en France, prévoit l’installation de 34 millions de ces compteurs communicants à la fin de 2021.
« La pose des compteurs Linky avance à marche forcée partout en France au mépris du droit à la santé, des libertés individuelles et de la vie privée », a dénoncé Me Pierre Hurmic, l’un des avocats accompagnant cette action collective, lors d’un point presse à Bordeaux. L’audience en référé devrait se tenir « courant juin », a-t-il précisé.
Manifestation le 5 mai
Chef de file des élus écologistes au conseil municipal de Bordeaux, Me Hurmic participe à cette initiative aux côtés de l’avocate et ancienne ministre de l’environnement (1995-1997) Corinne Lepage, qui coordonne l’action au niveau national. Dans le département de la Gironde où « un tiers des 280 000 abonnés sont déjà équipés », la mobilisation grossit, avec le soutien d’une dizaine de communes qui refusent le compteur Linky, selon l’avocat bordelais.

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          Corinne Lepage et un groupe d’avocats lancent une action collective contre le compteur électrique



C’est « au nom du principe de précaution » face aux risques sanitaires liés à l’exposition des utilisateurs aux champs électromagnétiques que la résistance s’organise, a expliqué Me Hurmic. C’est aussi « au nom du respect de la vie privée, car ce n’est pas un simple compteur, c’est un ordinateur avec des capteurs pilotés de l’extérieur qui recueille des données personnelles qui valent de l’or, dans le business très lucratif du big data », a renchéri Me Arnaud Durand, l’un des défenseurs du collectif.
Me Durand a également appelé tous les abonnés qui souhaitent se joindre à cette action collective à s’inscrire avant le 6 mai, sur la plate-forme en ligne Mysmartcab.fr (plate-forme en ligne pour les actions collectives), moyennant une contribution de 48 euros. Plus de 4 600 participants s’étaient déjà inscrits jeudi.
En attendant les premières audiences en référé, une manifestation nationale anti-Linky est prévue le 5 mai, dans toutes les villes concernées par cette action collective.

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                Linky : la CNIL met en demeure Direct Energie à propos des données personnelles







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le gouvernement avait déjà présenté en novembre une première version du plan, destiné à « clarifier, fluidifier et simplifier tous les dispositifs ».
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Le gouvernement présente son plan pour la rénovation énergétique des bâtiments

Le gouvernement avait déjà présenté en novembre une première version du plan, destiné à « clarifier, fluidifier et simplifier tous les dispositifs ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 16h43
   





                        


Le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a présenté jeudi 26 avril à Angers son plan visant à rénover les bâtiments publics et privés afin de réduire leur consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre.
« Il faut créer un choc de confiance » des Français, a déclaré le ministre. Pour les « associer à tous les niveaux », il faut aussi « clarifier, fluidifier et simplifier tous les dispositifs », que souvent « soit les Français ignorent, soit sont dissuadés » par leur complexité. Le gouvernement avait déjà présenté en novembre une première version du plan, soumise à consultation jusqu’à janvier.

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          L’exécutif accélère la rénovation énergétique des bâtiments



L’objectif est de rénover 500 000 logements par an – une ambition déjà affichée, sans succès, durant le quinquennat précédent –, en mobilisant 14 milliards d’euros sur cinq ans, planifiés dans le cadre du Grand plan d’investissement annoncé en septembre par le premier ministre Edouard Philippe. Les bâtiments résidentiels et tertiaires représentent 45 % de la consommation du pays en énergie. Le secteur est à l’origine d’environ 25 % des émissions de gaz à effet de serre.
Plusieurs dispositifs simplifiés
Le gouvernement affiche notamment le double objectif de 100 000 logements HLM rénovés par les bailleurs sociaux et de 250 000 logements particuliers rénovés chaque année grâce à des mécanismes existants tels le crédit d’impôt, l’éco-prêt à taux zéro (ECO-PTZ), les certificats d’économie d’énergie, etc.
Mais certains de ces mécanismes ont rencontré des difficultés. Lancé en 2009 et accordé sans conditions de ressources, l’ECO-PTZ a, par exemple, longtemps pâti de la complexité de l’instruction des dossiers par les banques. Ses modalités devraient ainsi être revues afin que les ménages les plus modestes aient accès à ce crédit.
Il faut « essayer de provoquer la confiance au niveau des banques. Si elles ne jouent pas leur rôle, l’Etat le jouera », a averti M. Hulot. La mise en œuvre opérationnelle du Fonds de garantie pour la rénovation énergétique doit ainsi faciliter la distribution de ce prêt aux plus modestes. Prévu par la loi de transition énergétique, ce fonds sera doté de « plus de 50 millions d’euros » afin d’aider « 35 000 ménages aux revenus modestes par an ».
Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) doit aussi être transformé en prime dès 2019, afin de permettre aux ménages de toucher l’aide financière plus rapidement. Et son mode de calcul doit être revu pour prendre en compte l’efficacité énergétique des travaux souhaités.

        Lire aussi l’entretien  :
         

          « Le véritable enjeu, c’est la rénovation des “passoires énergétiques” »



Le plan gouvernemental vise également la rénovation de 150 000 « passoires thermiques » par an, des logements particulièrement énergivores (étiquetés F ou G). La France en compte entre 7 et 8 millions, principalement occupés par des ménages modestes.
L’Etat va aussi agir sur son propre parc immobilier pour « faire des bâtiments publics des bâtiments exemplaires », en rénovant le quart d’entre eux en cinq ans. Les collectivités territoriales pourront aussi bénéficier de 3 milliards d’euros de prêts de la Caisse des dépôts (CDC) sur le quinquennat. Le gouvernement a prévu la création d’un observatoire destiné à évaluer l’impact de ces mesures et effectuer un suivi statistique du parc immobilier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Les Etats membres ont adopté, vendredi matin, la proposition de la Commission européenne d’interdire l’usage de ces insecticides « tueurs d’abeilles »
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

L’Europe interdit trois néonicotinoïdes jugés dangereux pour les abeilles

Les Etats membres ont adopté, vendredi matin, la proposition de la Commission européenne d’interdire l’usage de ces insecticides « tueurs d’abeilles »



Le Monde
 |    26.04.2018 à 15h26
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 16h45
    |

                            Stéphane Horel








                        



   


Serait-ce le début de la fin pour les néonicotinoïdes ? Vendredi 27 avril, les représentants des Etats membres de l’Union européenne ont décidé d’interdire trois produits de cette famille d’insecticides jugés dangereux pour les abeilles sur toutes les cultures de plein air.
La majorité qualifiée requise (55 % des Etats membres représentant 65 % de la population totale de l’UE) a donc été atteinte lors de la réunion du comité spécialisé chargé du dossier. La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne se sont tenues à leurs positions exprimées publiquement et ont voté en faveur de l’interdiction. Quatre pays ont voté contre : Danemark, Hongrie, République tchèque et Roumanie. Pas moins de neuf pays se sont abstenus, dont la Belgique et la Pologne.
Proposé par la Commission européenne, le texte concerne trois néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame), dont elle avait partiellement restreint l’utilisation en décembre 2013. Il s’agissait donc cette fois non seulement de prolonger ce moratoire, mais aussi de le généraliser à toutes les cultures de plein champ, seul l’usage sous serre restant autorisé.
Responsable du dossier, le commissaire européen à la santé, le Lituanien Vytenis Andriukaitis, s’est réjoui de l’issue de l’adoption de sa proposition. Il s’agit d’un vote « essentiel pour l’avenir de la biodiversité et notre agriculture », s’est pour sa part félicité l’eurodéputé socialiste, Eric Andrieu, président de la commission pesticides du Parlement européen, créée à la suite de la controverse sur le glyphosate (principe actif du Roundup).
Lobbying des industriels de la betterave
Du côté des ONG, Pesticide Action Network (PAN) Europe évoque « un jour historique pour l’Union européenne », tandis que Greenpeace Europe souligne qu’« il reste encore beaucoup d’autres pesticides dans la nature, dont d’autres néonicotinoïdes, tout aussi dangereux pour les abeilles et les productions alimentaires ».
Le texte avait été combattu par un lobbying intensif du secteur des produits phytosanitaires et des industriels de la betterave à sucre, une des cultures jusque-là épargnée par le moratoire. Le groupe agrochimique allemand Bayer a déploré son adoption, rappelant qu’un jugement de la Cour de justice européenne, saisie par les fabricants de néonicotinoïdes, Bayer et Syngenta, était attendu le 17 mai. « Bayer demeure convaincu que les restrictions ne sont pas justifiées, car les néonicotinoïdes sont sûrs quand ils sont utilisés conformément aux instructions d’utilisation », indique le communiqué du groupe.
Le dossier scientifique concernant ces « tueurs d’abeilles », neurotoxiques et très persistants, est pourtant plus qu’étayé. Considérée comme conservatrice et proche des intérêts des industriels, l’Autorité européenne de sécurité des aliments est elle-même parvenue, en février 2018, à la conclusion que les néonicotinoïdes sont très toxiques pour les abeilles mellifères, les abeilles solitaires et les bourdons.

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                Les experts européens confirment les risques des néonicotinoïdes pour les abeilles



De nombreuses études désignent ces insecticides comme les principaux responsables de l’effondrement des populations d’insectes pollinisateurs. Mis sur le marché dans les années 1990, ils sont appliqués en enrobage des semences lors du semis, c’est-à-dire en usage préventif, et se disséminent rapidement au-delà des cultures, contaminant l’environnement et les fleurs sauvages.
Plus récemment, ce sont leurs effets en cascade sur d’autres espèces animales qui ont été mis en évidence. En octobre 2017, une étude publiée dans la revue scientifique PLoS One avait fait les titres des journaux dans le monde entier. A partir de données de captures d’insectes réalisées depuis la fin des années 1980 en Allemagne, elle suggérait que les populations d’insectes avaient chuté de près de 80 % en moins de trente ans en Europe. En accusation : les « nouvelles méthodes de protection des cultures », qui comprennent les néonicotinoïdes.

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                En trente ans, près de 80 % des insectes auraient disparu en Europe



En mars, des données publiées par le CNRS et le Muséum national d’histoire naturelle soulignaient une disparition d’un tiers des populations d’oiseaux en quinze ans en France. Une disparition qualifiée par les chercheurs de « proche de la catastrophe écologique » et également attribuée aux pratiques agricoles intensives.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Pour l’ONG Générations futures, « le compte n’y est pas », notamment sur le glyphosate pour lequel le gouvernement propose seulement de nouvelles études.
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Pesticides : un nouveau plan timide pour réduire la dépendance de l’agriculture française

Pour l’ONG Générations futures, « le compte n’y est pas », notamment sur le glyphosate pour lequel le gouvernement propose seulement de nouvelles études.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 18h05
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Pas moins de quatre ministres pour un plan très attendu. Nicolas Hulot (écologie), Agnès Buzyn (santé), Stéphane Travert (agriculture) et Frédérique Vidal (recherche) ont présenté, mercredi 25 avril, le « plan d’actions pour réduire la dépendance de l’agriculture aux produits phytopharmaceutiques ». Avec une consommation estimée à plus de 60 000 tonnes par an, l’agriculture française reste une championne d’Europe des pesticides et semble incapable de s’en libérer malgré la multiplication des alertes sanitaires, notamment concernant le plus utilisé des herbicides, le fameux glyphosate de Monsanto.

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                L’arrêté régissant l’usage des pesticides en France attaqué devant le Conseil d’Etat



Il y a dix ans, dans la foulée du Grenelle de l’environnement, le premier plan gouvernemental Ecophyto visait une réduction par deux du recours aux pesticides d’ici à 2018. Intenable – la consommation ne cesse d’augmenter –, cet objectif a été reporté à l’horizon 2025 dans le plan Ecophyto 2, avec un palier intermédiaire à 25 % en 2020. Une des quatre priorités de la série d’actions dévoilée le 25 avril est de renforcer et améliorer le fonctionnement d’Ecophyto 2 dont une version « 2 + » doit être présentée en juin.
Afin de « diminuer rapidement l’utilisation des substances les plus préoccupantes pour la santé et l’environnement », les ministres assurent que des « leviers législatifs et financiers seront mobilisés ». Ils rappellent que le projet de loi issu des Etats généraux de l’alimentation, en discussion à l’Assemblée nationale, prévoit des dispositions relatives à la séparation de la vente et du conseil des produits phytopharmaceutiques.
Il s’agit d’une revendication essentielle aux yeux des associations qui dénoncent les pathologies liées à la dégradation de l’environnement. Le gouvernement annonce aussi qu’un « grand plan d’investissement » – dont on ne connaît pas encore le montant –, sera en partie mobilisé pour soutenir la recherche-développement et la diffusion de méthodes alternatives aux pesticides.
Nicolas Hulot a salué un « plan d’action sans précédent » et assuré que « ces mesures seront très rapidement mises en œuvre, et nous permettront d’atteindre nos objectifs de réduction des phytosanitaires et de construire les alternatives notamment à l’utilisation du glyphosate ». Du côté des ONG, on est beaucoup moins enthousiaste. 
« Manque de souffle et de volonté politique »
« Le compte n’y est clairement pas. L’ensemble manque de souffle et de volonté politique », estime François Veillerette, le directeur de Générations futures. L’association, qui a participé à la consultation publique préalable à l’établissement de ce plan, est à l’origine d’un recours devant le Conseil d’Etat contre l’arrêté du 4 mai 2017 encadrant l’usage des pesticides. Elle se félicite que « la situation des riverains des zones cultivées semble prise en compte par les ministères de l’environnement et de la santé ». Le dispositif propose en effet de définir, par voie réglementaire, des « zones non traitées pour l’utilisation de produits classés dangereux ». Mais sans en préciser les contours, relève M. Veillerette.
Surtout, l’ONG ne cache pas sa déception sur le glyphosate, classé « cancérogène probable » depuis 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer. « La seule réponse du plan est de demander une expertise collective [sur les risques pour la santé] et d’élaborer un cahier des charges en vue d’une nouvelle étude expérimentale [sur la cancérogénicité] dont les résultats viendront… en 2020 ! », déplore l’association. Pour son directeur, c’est « inacceptable ».
Lorsque, après deux ans de batailles et de controverses, l’Union européenne a réautorisé l’herbicide pour cinq ans, fin 2017, Emmanuel Macron, avait annoncé que la France l’interdirait « au plus tard dans trois ans ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Les habitants de la ZAD dont la situation ne sera pas régularisée mi-mai devront partir, affirme le premier ministre.
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Notre-Dame-des-Landes : possible reprise des expulsions après le 14 mai

Les habitants de la ZAD dont la situation ne sera pas régularisée mi-mai devront partir, affirme le premier ministre.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h41
    |

            Rémi Barroux








                        



   


C’est le 14 mai que seront étudiés les vingt-huit dossiers de projets agricoles déposés par des habitants de la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Pour cette date, « la préfète convoquera la première réunion du comité qui a vocation à analyser les dossiers déposés par ceux des occupants illégaux qui veulent rentrer dans le droit chemin, dans le droit commun », a précisé le premier ministre, Edouard Philippe, sur Europe 1, jeudi 26 avril.
« A partir du moment où ces procédures sont en œuvre, ceux qui ont choisi de ne pas s’y insérer devront avoir quitté les lieux », a-t-il ajouté, annonçant ainsi la probable reprise des opérations d’expulsion commencées le 9 avril qui ont permis de « déconstruire vingt-neuf occupations illégales » sur la ZAD, et suscité de violents affrontements pendant plusieurs jours. « Nous interdisons les reconstructions, nous déblayons le terrain, 185 bennes de matériaux divers accumulés ont été dégagées, nous allons poursuivre ces travaux de déblaiement et préparer les interventions nécessaires pour tirer les conséquences d’une occupation illégale qui ne voudrait cesser », a indiqué Edouard Philippe.

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                Notre-Dame-des-Landes : premières normalisations pour quatre agriculteurs



Un important effectif de 1 500 à 2 500 gendarmes mobiles est toujours en place sur la vaste zone à contrôler, au sud de Notre-Dame-des-Landes. Répondant au journaliste qui citait un coût de 5 millions d’euros pour ce dispositif, le premier ministre a répondu : « C’est vrai que c’est cher. On a en face de nous – pour certains d’entre eux parce que je ne crois pas que la population de la ZAD soit totalement homogène – des gens qui sont parfois d’une très grande violence. »
La veille de son intervention à la radio, le premier ministre a présidé une séance de travail réunissant la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, le général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale, les ministres de la transition écologique et solidaire, de l’intérieur et de l’agriculture ainsi que deux secrétaires d’Etat. A cette occasion, il semble que la ligne consistant à temporiser afin d’étudier les dossiers et de laisser se décanter la situation sur la zone, toujours sous haute tension, l’ait emporté.
Elevage, céréales, apiculture...
Si le calendrier d’une future opération d’expulsion se précise, il reste soumis à de possibles variations. Il est en effet difficile de dire dans quel délai les différentes instances chargées d’étudier les dossiers déposés en préfecture – direction départementale des territoires et de la mer, comité professionnel agricole puis comité de pilotage sur l’avenir des terres agricoles de la ZAD – auront validé ou non les demandes. On y trouve en effet aussi bien des projets d’élevage ovin et bovin, des céréales, du maraîchage, de l’apiculture, des vergers… Une quinzaine de ces dossiers, a précisé la préfète, sont d’ores et déjà solides, les autres sont à retravailler.
Par ailleurs, les 28 dossiers agricoles actuellement à l’étude – qui couvriraient une surface totale de 270 hectares sur les quelque 1 400 hectares de terres agricoles de la ZAD – ne sont qu’une partie des 41 dossiers déposés avant la date butoir du 23 avril à minuit fixée par le gouvernement. En effet, les habitants de la ZAD ont aussi avancé huit projets artisanaux, sept culturels et trois de distribution : forge, boulangeries, menuiserie, fromagerie, brasseur, bibliothèque… Pour l’heure, rien n’est dit sur le sort qui sera réservé à ces dossiers même si la préfète dit les avoir trouvés, pour certains, intéressants.



                            


                        

                        


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Aux-Etats-Unis, des voies d’autoroute réservées aux covoitureurs

Alors qu’en Amérique du Nord ce type d’aménagement est fréquent, en France, les exemples en dehors des villes demeurent limités et n’accueillent souvent que les bus et taxis.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h15
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

« On n’incitera pas au covoiturage sans créer, sur les autoroutes, des voies qui lui sont réservées. » Stéphane Beaudet, vice-président (divers droite) de la région Ile-de-France, est catégorique. En Amérique du Nord, sur les axes qui convergent vers Houston, Los Angeles, Pittsburgh ou Toronto, ce type d’aménagement est fréquent. L’une des voies de l’autoroute, qui en compte souvent six ou huit, est dévolue à un usage spécifique, afin de limiter la congestion.

Cette voie est réservée, selon les cas, aux véhicules transportant au moins deux ou trois personnes, aux bus et taxis, aux voitures hybrides ou aux automobilistes qui acceptent de payer un supplément de péage. L’aménagement fonctionne en permanence ou à certaines heures seulement.
Amendes dissuasives
Cette organisation de la voirie porte un nom générique, « managed lanes », ou « gestion des voies ». En France, les exemples en dehors des villes demeurent limités et n’accueillent souvent que les bus et taxis. Sur l’autoroute A7, à Marseille, le car qui arrive d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) dispose d’un couloir d’autoroute pour lui seul. Dans l’Isère, sur l’A48, entre Voreppe et Grenoble, la bande d’arrêt d’urgence a été transformée en « voie spécialisée partagée », réservée aux lignes de car. Un système équivalent existe dans l’Essonne, sur l’A10, et à l’entrée sud de Paris, sur l’A6.

Mais aucun de ces aménagements n’est pour l’instant ouvert au covoiturage. Comment s’assurer, en effet, que seuls les véhicules « pleins » emprunteront effectivement le couloir ? Chacun a son idée. Des radars spéciaux sont inventés pour détecter le nombre de personnes à bord. Karos brandit la « preuve de covoiturage » : les automobilistes devront prouver qu’ils ont eu recours à une plate-forme en ligne. André Broto, directeur de la stratégie et de la prospective chez Vinci Autoroutes, rappelle qu’aux Etats-Unis, « les amendes sont fixées à des niveaux dissuasifs,...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 25/04/2018
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Coups de filet chez les trafiquants de civelles, jeunes anguilles protégées

Depuis son interdiction d’exportation hors UE en 2009, le braconnage de l’alevin de l’anguille explose. Ce trafic est « presque aussi rentable que la coke ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 15h50
    |

                            Nicolas Legendre (Rennes, correspondance)








                        



                                


                            

L’opération a nécessité cinq mois d’enquête, des dizaines d’heures d’écoutes, des balisages de véhicules, des filatures; plus de cent gendarmes et fonctionnaires ont été mobilisés, treize interpellations effectuées.
Entamée mi-avril dans quatre départements de la façade atlantique (Vendée, Loire-Atlantique, Ille-et-Vilaine et Morbihan), dans le cadre d’une investigation toujours en cours, elle présente tous les attributs d’un coup de filet dans les eaux profondes du narcotrafic. Elle vise en réalité à démanteler un trafic international d’une espèce animale protégée : la civelle ou pibale – l’alevin de l’anguille, poisson migrateur menacé d’extinction.
Le braconnage et la revente de ce fretin translucide, principalement à destination des marchés asiatiques, s’intensifient depuis le début des années 2010, car il a été décidé, en 2010, d’en interdire l’exportation hors de l’Union européenne (UE), dans le but de la protéger. Petits délinquants et receleurs chevronnés se partagent un butin estimé à plusieurs centaines de millions d’euros par an. Beaucoup de ces filières transcontinentales prennent racine en France.
Marché noir
Jadis abondante, l’anguille européenne (Anguilla anguilla) subit une hécatombe. Selon l’Agence française pour la biodiversité, la quantité de spécimens présents dans les eaux hexagonales a diminué de 75 % en trente ans. En cause, notamment : la construction de barrages, la canalisation des cours d’eau, la pollution, la pêche, le braconnage et le parasitisme. Les 530 pêcheurs français disposant d’une licence sont soumis à des quotas. Lors de la saison 2017-2018, ils ont été autorisés à sortir de l’eau 65 tonnes de civelles, soit près de 80 % du total des pêches légales réalisées en Europe.
De l’autre côté du globe, Anguilla japonica, la cousine asiatique de l’anguille européenne, a décliné de façon spectaculaire pour des raisons semblables. Au Japon, la saison de pêche qui s’achève s’annonce comme...




                        

                        


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Le covoiturage de courte distance, enjeu national

Malgré la progression fulgurante du nombre d’adeptes, ce mode de transport demeure très minoritaire.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 06h36
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

« Pontoise, un passager. » En cette matinée de la mi-avril, lorsqu’elle a vu, au bord de la route, le panneau lumineux clignoter, Nathalie, qui habite Chars (Val-d’Oise), n’a pas hésité. La conductrice, qui souhaite garder l’anonymat, se rend tous les jours à Pontoise, à une quinzaine de kilomètres, et s’arrête volontiers pour prendre des passagers qui attendent à la borne Covoit’ici, un service de covoiturage en temps réel, située près du lycée professionnel.
Le système Covoit’ici est constitué d’une borne alimentée par un panneau solaire, d’une place de stationnement et d’un panneau lumineux. Lorsqu’un passager se présente à la borne, il confirme son inscription, indique son numéro de téléphone, entre sa destination sur un clavier et paie sa course. La borne délivre alors un ticket sur lequel est inscrit le prix (1,65 euro pour le trajet Chars-Pontoise), qui sera remis au conducteur. L’opération ne prend que quelques minutes et ne nécessite pas de télécharger d’application.
Nathalie est une habituée du covoiturage. A Chars, localité de 2 000 habitants desservie par un seul train par heure, elle dépanne régulièrement des lycéens qui viennent de terminer leurs examens. Elle accepte volontiers les tickets que lui tendent ses passagers. L’automobiliste charge ses filles de récupérer, sur le site de Covoit’ici, les sommes correspondant aux trajets effectués.

Ecov, la société créée en 2014 qui a développé ce service, a déployé ses bornes dans plusieurs localités du Vexin (Val-d’Oise et Yvelines), dans l’ouest lyonnais, les alentours de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) et en Savoie. Comme une bonne dizaine d’autres entreprises, Ecov cherche la martingale du « covoiturage de proximité ».
Le « covoit’», comme on dit, covoiturage de longue distance, est désormais bien connu, grâce au succès phénoménal de Blablacar, qui emmène, chaque année, plusieurs dizaines de millions de personnes dans les voitures des autres. Pour la courte...




                        

                        


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Automobile : Bosch annonce une « révolution » dans la technologie diesel

Le groupe a mis au point un système qui permet de réduire les émissions d’oxydes d’azote à un niveau jusqu’à dix fois inférieur aux normes qui entreront en vigueur en 2020.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 19h07
    |

                            Cécile Boutelet (Stuttgart, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les chiffres semblent trop beaux pour être vrais. Mercredi 25 avril, Bosch, premier sous-traitant automobile du monde, a annoncé une avancée technologique majeure sur le moteur diesel : le système mis au point par ses ingénieurs permet de réduire les émissions d’oxydes d’azote (NOx) à un niveau jusqu’à dix fois inférieur aux normes qui entreront en vigueur en 2020 et ce, en situation de conduite réelle.
Pour convaincre les observateurs méfiants, après des mois de polémiques et de scandales sur le diesel, Bosch les a invités à conduire un véhicule équipé du nouveau système à travers un parcours dans Stuttgart et ses collines à une heure de pointe. Les résultats sont impressionnants : quels que soient l’heure et le type de conduite, les valeurs enregistrées par le dispositif de contrôle des gaz d’échappement tiré par la voiture se situent sous les 40 mg de NOx par kilomètre, soit bien en deçà des 168 mg actuellement exigés par la législation.
Coût minimal

Selon les ingénieurs qui ont participé au développement, le nouveau système n’implique pas de nouvelle pièce coûteuse, il repose essentiellement sur une meilleure organisation du moteur et sur l’intégration plus intelligente de pièces déjà disponibles en série. Le coût supplémentaire de ce système est minimal, assure le groupe, il peut être immédiatement intégré aux véhicules de norme Euro 6. « Nous voulons mettre un terme, une fois pour toutes, au débat sur le diesel », affirme Volkmar Denner, président du directoire du groupe, qui insiste sur l’avantage de cette motorisation en matière d’émissions de CO2, qui seraient inférieures de 15 % à celles d’un véhicule essence.
Selon le groupe, une centaine d’ingénieurs travaillent depuis cinq ans à l’élaboration de cette solution. Et le groupe veut aller encore plus loin : grâce à l’intervention de l’intelligence artificielle, le moteur à explosion pourrait, à terme, n’avoir plus aucune incidence sur la qualité de l’air.
Bosch...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Une plainte est déposée contre l’usine Alteo installée dans les Bouches-du-Rhône, à l’origine de la pollution.
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A Gardanne, après les boues rouges, les poussières de la discorde

Une plainte est déposée contre l’usine Alteo installée dans les Bouches-du-Rhône, à l’origine de la pollution.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 11h11
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant)








                        



                                


                            

Autour de l’usine Alteo, les poussières rouges ont obscurci le ciel de Bouc-Bel-Air, comme les boues rouges déversées en Méditerranée avaient suscité l’indignation des défenseurs de l’environnement auparavant… Des habitants de cette commune, sur laquelle Alteo exploite un site de stockage de ses déchets issus de la transformation, à Gardanne, de bauxite en alumines de spécialité, ne décolèrent pas après le passage d’un nuage rouge, début avril. Piscines colorées, chiens colorés… une couche de poussière a recouvert tout un quartier résidentiel, y compris l’école de La Bergerie.
« Mon premier réflexe a été d’enfermer les enfants à l’intérieur », rapporte une habitante. Une mère d’élève explique qu’une semaine après le nuage de poussières et en dépit d’un nettoyage de l’établissement scolaire, les enfants « avaient toujours les chaussettes et les chaussures rouges en rentrant de classe ». Le préfet des Bouches-du-Rhône, Pierre Dartout, a qualifié cet épisode d’« accident de pollution de l’air de grande ampleur » et a enjoint à l’industriel de réparer les dégâts.
« Cynisme monumental »
« Mais passer la serpillière, ce n’est pas le problème », estime la jeune association Bouc-Bel-Air Environnement, car ce nouvel envol de poussières après d’autres, « c’est clairement la goutte qui a fait déborder le vase ». Deux ans après la reprise d’exploitation à plein régime de cette décharge qui avait fonctionné au ralenti durant un demi-siècle, l’association Zea de défense de l’environnement et sept requérants – des riverains, un pêcheur professionnel – ont adressé, mardi 24 avril, au procureur de la République d’Aix-en-Provence, une plainte contre X pour mise en danger d’autrui. Une nouvelle étape dans la contestation pour accentuer la pression sur « un industriel qui affiche un cynisme monumental », selon Olivier Dubuquoy, président de Zea.

Jusqu’à fin 2015, l’usine déversait ses boues rouges...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Des chercheurs ont trouvé jusqu’à 12 000 particules par litre figées dans la banquise.
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Taux record de microplastique dans l’océan Arctique

Des chercheurs ont trouvé jusqu’à 12 000 particules par litre figées dans la banquise.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 08h10
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



Jusqu’à 12 000 particules de microplastique par litre : le chiffre est si colossal qu’on a peine à y croire, mais c’est bien ce qu’ont retrouvé des chercheurs de l’Institut Alfred-Wegener pour la recherche polaire et marine (AWI, Allemagne) en faisant fondre des échantillons de banquise prélevés dans la zone arctique.
A bord du Polarstern, leur navire brise-glace de recherche, ils ont mené, entre 2014 et 2015, trois expéditions, collectant des carottes de glace le long de la dérive transpolaire (un courant océanique majeur de l’Arctique) et du détroit de Fram (à la jonction entre l’Arctique central et l’Atlantique Nord), afin d’en caractériser la teneur et la composition en microplastiques.
Leurs résultats, publiés le 24 avril dans Nature Communications, sont atterrants : aucune des cinq zones analysées n’était vierge de contaminants. Tels des cocktails figés, les blocs de banquise renfermaient les résidus de dix-sept sortes de plastiques, parmi lesquels du polyéthylène et du polypropylène (utilisés notamment dans les emballages), de la peinture, de l’acétate de cellulose (issu des filtres de cigarette), du nylon et du polyester. Avec, au total, 1 100 à 12 000 microdébris par litre d’eau glacée – des taux bien supérieurs à ceux relevés par ailleurs, même si certaines différences méthodologiques limitent les comparaisons directes.
Septième continent
Ces particules ont été transportées là par les courants marins, expliquent les chercheurs. Et, « avec une production mondiale en plastique avoisinant les 300 millions de tonnes par an, il n’est pas étonnant qu’il n’y ait plus de zone épargnée », souligne Johnny Gaspéri, maître de conférences au Laboratoire eau, environnement et systèmes urbains (LEESU, université Paris-Est-Créteil).
La banquise les accumule alors, que ce soit au début de sa formation ou quand elle s’étoffe à mesure qu’elle dérive au gré des courants arctiques. De fait, selon la zone de prélèvement, la composition en microplastiques variait, et leur provenance aussi. Grâce à des données satellites couplées à des modèles thermodynamiques de formation de la banquise, les biologistes ont pu retracer le trajet de leurs échantillons et ainsi identifier les sources possibles de pollution.
Par exemple, les taux élevés de polyéthylène observés dans certaines aires de l’Arctique pourraient, selon eux, provenir du septième continent, cette masse gigantesque de plastique qui flotte dans l’océan Pacifique. Quant aux résidus de peinture et de Nylon, il semblerait qu’ils résultent d’une pollution locale liée à l’activité humaine – notamment de la décomposition de la coque peinte des bateaux et des filets de pêche –, suggérant que le développement de ces activités dans l’Arctique « laisse des traces », selon les termes d’Ilka Peeken, première auteure de l’étude.

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Si les microplastiques sont définis par une taille inférieure à cinq millimètres, les deux tiers de ceux prélevés lors des expéditions du Polarstern mesuraient tout au plus un vingtième de millimètre. « Cela signifie qu’ils pourraient facilement être ingérés par les micro-organismes de l’Arctique, comme les ciliés ou les copépodes [la composante majeure du zooplancton] », souligne Ilka Peeken.
Quelles sont les répercussions environnementales et sanitaires ? La recherche sur le sujet en est à ses balbutiements. Pour l’heure, « personne ne peut affirmer avec certitude à quel point ces minuscules particules de plastique sont susceptibles d’être dangereuses pour la vie marine, pas plus qu’on ne peut le savoir pour les êtres humains », constate Ilka Peeken.
Cependant, complète Françoise Amélineau, biologiste à l’Institut Littoral environnement et sociétés (LiEnSs, université de La Rochelle), on sait que « les plastiques ont tendance à fixer les polluants » et qu’il existe un phénomène de « bioamplification » par lequel la concentration en polluants augmente à chaque stade de la chaîne alimentaire. D’autant plus que les microplastiques « congelés » ne restent pas piégés dans la banquise : ils finissent par être relâchés au bout de quelques années. Avec, d’une manière ou d’une autre, un retour probable vers nos contrées.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Les quatre agriculteurs historiques, expulsés mais occupant leurs terres, ont signé, mardi, des conventions d’occupation précaire, légalisant leur présence sur les lieux.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/04/2018
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NDDL : début de normalisation dans une ZAD toujours sous tension

Les quatre agriculteurs historiques, expulsés mais occupant leurs terres, ont signé, mardi, des conventions d’occupation précaire, légalisant leur présence sur les lieux.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 04h32
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 11h05
    |

            Rémi Barroux (Notre-Dame-des-Landes, envoyé spécial)








                        



   


Ce fut comme une éclaircie dans un ciel encore chargé de nuages et dans lequel tourne toujours l’hélicoptère de la gendarmerie qui surveille les opérations de nettoiement en cours dans la ZAD, la « zone (toujours) à défendre ».
Dans la grande salle qui jouxte la mairie de Notre-Dame-des-Landes, à une vingtaine de kilomètres au nord de Nantes, mardi 24 avril au matin, la préfète de la Loire-Atlantique, Nicole Klein, a revêtu une veste blanche comme pour mieux souligner le « caractère lumineux » de ce moment, selon ses mots. A ses côtés, les quatre agriculteurs historiques, qui ont refusé leur expropriation et les indemnisations qui leur étaient proposées en échange de leurs terres pour la construction de l’aéroport, viennent de signer des conventions d’occupation précaires (COP).
Des baux précaires pour 310 ha
Occupants illégaux jusque-là, Hervé Bézier, Joë Bizeul, Sylvain Fresneau et Sylvie Thébault disposent dorénavant de baux précaires jusqu’au 31 décembre 2018, pour quelque 310 hectares (ha). Ce qui fait, avec les 600 ha déjà en COP, une surface totale de plus de 900 ha, sur les 1 400 ha de terres agricoles de la zone d’aménagement différé, qui sont désormais exploités dans un cadre légal.
« Ces quatre conventions d’occupation précaire sont une avancée positive pour l’Etat comme pour ces agriculteurs. Il s’agit d’une phase transitoire pendant laquelle la mise en œuvre des rétrocessions va permettre de clarifier la situation foncière. Cette période sera également mise à profit pour élaborer le projet agricole et de territoire, sur la base d’un état des lieux des exploitations en cours et d’un diagnostic agricole et environnemental de la zone », a expliqué Nicole Klein.
Satisfaits et s’étant prêtés à la mise en scène de cette « nouvelle avancée vers le retour à l’Etat de droit », ainsi que l’a caractérisée la préfète — ils ont d’ailleurs exigé que la cérémonie se passe à Notre-Dame-des-Landes et non en préfecture à Nantes —, les quatre agriculteurs n’en ont pas moins exprimé leurs inquiétudes pour la suite des opérations. « Ce n’est pas fini malheureusement, on ne peut relégaliser ce qui a été cassé depuis cinquante ans, il y aura encore des tensions sur la question des terres, il faudra des années pour caler tout ça », estimait ainsi Joël Bizeul.
« Lent retour à la normale »
Regrettant d’être toujours dans une situation « précaire », liée à la nature d’un bail trop court pour gérer une exploitation agricole, qui demande des investissements sur le long terme, Sylvie Thébaut estime néanmoins que « chaque jour qui passe marque un lent retour à la normale ». « Dans la zone, on espère un retour à une certaine sérénité, avec, petit à petit, le départ des forces de l’ordre, dès qu’elles pourront le faire, et j’espère que ce sera le plus rapidement possible », a ajouté Mme Thébaut, qui gère 63 ha pour l’élevage de vaches laitières avec Marcel, son mari, dans une ferme au Liminbout, au nord-ouest de la ZAD.
Mais cette signature, symbole fort, ne signifie pas que l’avenir des terres agricoles est réglé. Vingt-huit projets, pour une surface totale de 270 ha, ont été déposés en préfecture, sur quarante et un au total, le reste étant composé notamment de huit projets artisanaux, sept culturels et trois de distribution…
Ce sont les dossiers de régularisation qui étaient demandés par le gouvernement aux habitants de la ZAD, l’ultimatum ayant été fixé au lundi 23 avril à minuit. Faute de quoi, avait prévenu le premier ministre, Edouard Philippe, serait engagée une nouvelle opération d’expulsions, telle celle débutée le 9 avril au petit matin, qui s’est soldée par la destruction de vingt-neuf sites et par plusieurs jours d’affrontements violents entre des centaines de zadistes et leurs soutiens et quelque deux mille cinq cents gendarmes mobiles engagés dans le bocage.

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De la place pour tout le monde
Accueillant la remise de ces dossiers par les zadistes comme une avancée positive et « une position très courageuse par rapport à ceux qui ne souhaitent pas que l’apaisement revienne », Nicole Klein a considéré que nombre d’entre eux étaient de bons dossiers. « Certains méritent d’être encore retravaillés, alors on les retravaillera », a déclaré la préfète, qui a toujours privilégié une issue sans violence pour l’avenir de la zone.
« Il y aura de la place à peu près pour tout le monde », estime Nicole Klein, tout en prévenant : « Ces déclarations ne créent pas de droit, le processus de régularisation ne fait que commencer. » Les dossiers agricoles vont être étudiés en premier, avec le concours de la direction départementale des territoires et de la mer et, in fine, le 6 juin, se tiendra un comité de pilotage sur l’avenir des terres agricoles.
Nicole Klein doit se rendre à Matignon mercredi pour présenter au premier ministre et aux ministres concernés ces dossiers et discuter des questions de sécurité dans la zone. « Ces avancées ne doivent pas faire oublier l’objectif principal du gouvernement, qui est le retour à l’Etat de droit à Notre-Dame-des-Landes. (…) Le gouvernement ne renoncera pas à l’engagement qu’il a pris de mettre fin aux occupations illégales, a précisé la préfète. Et il sera ferme pour qu’il n’y ait pas de reconstruction là où il y a eu destruction de site. »
Dans la zone, toujours occupée par plusieurs centaines de personnes, jeunes pour la plupart, départs et arrivées de soutiens à la ZAD se succèdent. Signe d’une tension toujours vive, et d’un divorce de plus en plus perceptible entre ceux qui veulent construire des projets de vie et ceux qui refusent le retour d’une légalité étatique sur la zone, un commando a détruit, dans la nuit de dimanche à lundi, quatre dépanneuses dans le garage Louis XVI, à Saint-Herblain.
« Trop, c’est trop ! »
« Nous, l’amicale Verts Chers, avons attaqué des dépanneuses d’une entreprise collaborant aux expulsions de la ZAD de NDDL », ont revendiqué les auteurs du communiqué mis en ligne sur Internet, faisant ainsi référence au nom de Françoise Verchère, l’une des porte-parole du Cedpa, le collectif d’élus doutant de la pertinence de l’aéroport, une figure de proue du mouvement antiaéroport.
L’action, intitulée « résistance et sabotage, saison 2018 », rappelle les nombreuses actions similaires menées à la suite de l’opération avortée d’évacuation de la ZAD à l’automne 2012. Elle a surtout suscité la colère de toutes les associations de lutte contre le projet d’aéroport (Acipa, Adeca, Confédération paysanne 44…). « Face à cette irresponsabilité, on peut s’interroger sur les objectifs réels de ce groupe », dénoncent-elles dans un communiqué intitulé « Trop c’est trop ! » publié mardi. « Il est temps d’arrêter cette escalade de la violence — qu’elle soit verbale ou physique — et de revenir à la raison, de réaliser que la lutte contre le projet d’aéroport est terminée, de comprendre que ce qui se joue maintenant, c’est la mise en place de solutions innovantes, pacifiques et légales pour un avenir durable sur la zone. »
Dans la zone, malgré un retour relatif au calme, des barricades apparaissent sporadiquement çà et là, entraînant une intervention des gendarmes et de possibles affrontements. Les forces de l’ordre « resteront sur place le temps nécessaire », a prévenu la préfète, pour empêcher toute reconstruction et assurer la circulation sur les routes traversant la zone, toujours pas rouvertes. Réunis en assemblée générale mardi soir, les « usagers de la ZAD » vont devoir clarifier leur position : aller vers une sortie de crise ou jouer la stratégie de la tension. Un projet de lettre aux habitants des communes voisines devait y être discuté pour expliquer les démarches en cours et s’excuser des gênes occasionnées.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Une étude récente suggère que les déplacements de bancs de minuscules organismes marins jouent un rôle dans le mélange des eaux des océans. Peut-être au point de participer à la lutte contre le réchauffement climatique.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Patrick Lecante, maire d’une commune de Guyane et militant de la biodiversité, s’élève dans une tribune au « Monde » contre le projet d’exploitation aurifère dit de la « Montagne d’or ».
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En Guyane, un projet minier « à contretemps de l’histoire »

Patrick Lecante, maire d’une commune de Guyane et militant de la biodiversité, s’élève dans une tribune au « Monde » contre le projet d’exploitation aurifère dit de la « Montagne d’or ».



Le Monde
 |    24.04.2018 à 16h38
    |

Patrick Lecante (Maire de Montsinéry-Tonnégrande, président du Comité de l’eau et de la biodiversité de Guyane, administrateur de l’Agence français...







                        



                                


                            

Tribune. Le projet minier dit de la « Montagne d’or », en Guyane française, vise à exploiter d’une manière inédite l’or du sous-sol de ce département d’outre-mer. Il possède sans doute des vertus économiques. Mais il comporte surtout trois risques fondamentaux : il divise fortement la société guyanaise, lui donne de faux espoirs d’embellie économique, et il place ce territoire à contretemps de l’histoire.
Nous ne sommes pas, à ce jour en Guyane, en mesure d’exploiter nous-même nos richesses. Nous manquons de capitaux, de technologie et d’ingénierie. Alors, devons-nous confier à un consortium russo-canadien l’extraction industrielle de 85 tonnes d’or et lui laisser également conserver toute la valeur ajoutée de la transformation ?
Si nous l’acceptons, notre capital aurifère sera irrémédiablement perdu. Non seulement avec notre approbation, mais également avec nos impôts ! En effet, le système fiscal français applicable en Guyane subventionne directement le projet par divers dispositifs de défiscalisation et de subventions indirectes. Alors que la redevance des mines qui sera versée aux collectivités locales représente moins de 0,36 % de la valeur de l’or déclaré.

De plus, les chiffres annoncés de 750 emplois directs ne tiennent pas compte des capacités locales et des formations initiales. Et qu’adviendra-t-il à la fin de l’exploitation au bout de douze années, si ce n’est le chômage ? La jeunesse attend-elle vraiment des emplois subalternes dans une mine industrielle, bruyante et polluante, située en pleine forêt à 120 km de la première ville ?
Risques inouïs
Ne nous leurrons pas sur les enjeux : cette mine ne résoudra aucun problème d’emploi. Les études montrent qu’il faut créer 2 500 emplois par an pendant au moins 10 ans dans l’ouest guyanais, 4 000 par an dans toute la Guyane pour résorber le chômage. Autrement dit, il faudrait plusieurs projets miniers de cette ampleur tous les ans… Impensable !
Par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Avec la signature de ces baux précaires, plus de 900 hectares de terres font désormais l’objet d’une exploitation légale, et 270 hectares doivent encore être attribués.
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Notre-Dame-des-Landes : premières normalisations pour quatre agriculteurs

Avec la signature de ces baux précaires, plus de 900 hectares de terres font désormais l’objet d’une exploitation légale, et 270 hectares doivent encore être attribués.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 16h56
   





                        



   


Elles avaient été annoncées peu après l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes : l’Etat a officialisé grâce à la signature de baux précaires, mardi 24 avril, la normalisation de la situation de quatre agriculteurs « historiques » – des baux qui courent jusqu’au 31 décembre 2018. La préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, a salué une « nouvelle avancée vers le retour à l’Etat de droit » sur la ZAD, deux semaines après le début des opérations sur le site, qui mobilisent 2 500 gendarmes mobiles.
Les agriculteurs se sont également réjouis de cette régularisation. « On a enfin un statut légal », a déclaré Sylvain Fresneau, éleveur laitier, qui s’était opposé à son expropriation. « On était squatteurs chez nous, dans notre maison qu’on a achetée, qu’on a payée, on payait les ramassages d’ordures, l’eau, et on était quand même squatteurs », a-t-il déploré devant la presse.

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« Sur zone, on espère un retour à une certaine sérénité, avec petit à petit le départ des forces de l’ordre dès qu’elles pourront le faire, et j’espère que ce sera le plus rapidement possible », a ajouté Sylvie Thébault, autre agricultrice « historique », installée avec sa famille à l’ouest de la ZAD depuis 1999.
Ces quatre conventions d’occupation précaire (COP) courent jusqu’à fin 2018 et portent sur une surface d’environ 300 hectares. Avec leur signature, plus de 900 hectares de terres font désormais l’objet d’une exploitation dans un cadre légal – 600 autres faisant déjà l’objet d’une COP avec des paysans n’habitant pas la ZAD.
270 hectares constitués de parcelles doivent encore être attribués. C’est dans ce périmètre que les zadistes ont déposé des projets. Le reste de la ZAD est composé d’hectares de bois, de routes, etc.
Réunion mercredi à Matignon
La préfecture des Pays de la Loire avait donné jusqu’à lundi minuit aux occupants de la ZAD pour remplir des formulaires individuels devant comporter leur nom et les grandes lignes de leur projet, un préalable à l’éventuelle signature par l’Etat de baux précaires pour les personnes résidant sur le site de 1 650 hectares.
Le premier ministre, Edouard Philippe, doit présider, mercredi après-midi à Matignon, une réunion avec les « ministres concernés » sur ce dossier et la suite à donner aux opérations d’expulsion des zadistes ne souhaitant pas se régulariser, a annoncé la préfète Nicole Klein. « On me demandera comment je vois les choses, mais c’est le gouvernement qui tranchera », a affirmé la représentante de l’Etat, rappelant « l’engagement » pris de « mettre fin aux occupations illégales » sur la ZAD.
« La ligne, elle est constante, ceux qui ont un projet agricole, qui ont respecté l’Etat républicain, qui se sont intégrés dans le cadre que l’Etat a proposé (…), ceux-là ont leur place, les autres n’ont pas leur place et ils seront évacués », a encore rappelé mardi matin le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.
De la place « pour à peu près tout le monde »
Pour la préfète, le dépôt vendredi de quarante dossiers nominatifs par les zadistes, dont 28 purement agricoles, constitue « un grand pas vers l’apaisement ». Elle souligne :
« J’ai toujours pensé qu’on arriverait à obtenir des projets nominatifs. C’est la première fois depuis des années qu’on sait à peu près qui habite là et qui fait quoi. Je pense que c’est un très grand pas. »

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Aucun des 28 projets agricoles déposés n’a été « rejeté » et une quinzaine d’entre eux sont « relativement aboutis », a-t-elle affirmé. Ils seront expertisés et « consolidés », avec l’aide de la Direction départementale des territoires et de la mer, chargée par l’Etat d’une mission sur la répartition du foncier de l’ex-emprise aéroportuaire.
Cependant, les déclarations de projets « ne créent pas de droits », a rappelé la préfète, précisant toutefois qu’il y avait « de la place pour à peu près tout le monde qui souhaite faire de l’agriculture » dans la zone.
Malgré un retour au calme, les forces de l’ordre « resteront sur place le temps nécessaire », a dit la préfète de région, pour empêcher toute reconstruction d’habitats détruits et assurer la circulation sur les routes traversant la zone, toujours pas rouvertes. « Je reste optimiste, je pense qu’on va pouvoir un jour circuler sur ces routes », a déclaré le maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Cette tempête tropicale, inhabituelle pour la saison, a également causé « de très gros dégâts » sur le réseau routier de l’ensemble de l’île.
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La tempête Fakir fait deux morts à La Réunion

Cette tempête tropicale, inhabituelle pour la saison, a également causé « de très gros dégâts » sur le réseau routier de l’ensemble de l’île.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 15h24
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 16h25
   





                        


Un couple d’une vingtaine d’années a été tué mardi 24 avril à l’Etang-Salé, dans le sud de La Réunion, dans une coulée de boue provoquée par la tempête tropicale Fakir, qui a frappé l’île dans la nuit, ont déclaré des responsables de la gendarmerie.
Originaire de Saint-Louis, dans le sud de l’île, le couple, qui louait un bungalow de vacances, a été surpris dans son sommeil par une coulée de boue.
De gros dégâts sur l’île
Cette tempête tropicale est inhabituelle pour la saison et – fait également rare – elle est passée très rapidement sur l’île, à 43 km/h (contre 10 à 15 km/h normalement). Elle s’était renforcée un peu avant de gagner La Réunion et avait atteint le stade de « forte tempête tropicale ». Provoquant de très fortes pluies, des grands vents et de fortes houles, elle a causé « de très gros dégâts » sur le réseau routier de l’ensemble de l’île.
La ministre des outre-mer, Annick Girardin, a déclaré qu’elle suivait « l’évolution de la situation, heure par heure, en lien étroit avec la préfecture ». « Les services de l’Etat sont pleinement mobilisés aux côtés des collectivités locales dans la gestion de cet événement météorologique exceptionnel par sa vitesse de déplacement, et de ses conséquences sur l’île », a-t-elle souligné dans un communiqué.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Dans sa chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz estime que le débat sur la SNCF s’est focalisé sur les cheminots et leur statut, alors que l’enjeu est légèrement plus important, puisqu’il s’agit de la planète, ou du moins de son climat.
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édition abonné


« Macron doit d’abord redonner toute son importance à la SNCF »

Dans sa chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz estime que le débat sur la SNCF s’est focalisé sur les cheminots et leur statut, alors que l’enjeu est légèrement plus important, puisqu’il s’agit de la planète, ou du moins de son climat.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 11h28
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Jean-Baptiste Fressoz (CNRS)







                        



                                


                            

Transformations. Dans le fameux rapport Spinetta sur l’avenir du transport ferroviaire, le mot « écologie » n’apparaît pas, « climat » est cité deux fois, « statut » 54 fois et « concurrence » 189 fois. De fait, le débat sur la SNCF s’est focalisé sur les cheminots et leur statut alors que l’enjeu est légèrement plus important, puisqu’il s’agit de la planète, ou du moins de son climat.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, la part des émissions françaises de CO2 dues au transport est passée de 15 % en 1970 à plus de 40 % en 2017, essentiellement à cause des voitures et des camions. A l’inverse, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), le train est « l’un des modes de transport terrestre les plus performants d’un point de vue énergétique et environnemental ». Une politique ambitieuse consisterait à envisager la SNCF non comme un poids mort économique, mais comme un atout pour une mobilité bas carbone.
Prenons par exemple le mantra de « l’ouverture à la concurrence ». Le problème n’est pas tant l’absence de concurrence, mais bien au contraire que le rail est soumis à la concurrence déloyale de l’automobile, qui externalise ses coûts sanitaires et climatiques. L’histoire montre que le basculement a posteriori désastreux vers le tout-automobile s’est justement fait sous la figure tutélaire de la sainte concurrence !
L’exemple édifiant des tramways
Au début du XXe siècle, aux Etats-Unis, les tramways assuraient 5 milliards de voyages par an sur 35 000 kilomètres de lignes électrifiées. Il s’agissait d’un mode de transport sûr, confortable et peu polluant. Entre le réseau ferroviaire national, le développement des tramways électriques et l’absence de routes goudronnées, la voiture ne semblait pas une technologie prometteuse.

Mais les compagnies de tramways sont soumises à des attaques constantes présentant leur...




                        

                        

