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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Les « recommandations » ministérielles sur les méthodes pédagogiques à privilégier en primaire s’inscrivent en fait dans la continuité de pratiques déjà largement répandues.
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Lire, écrire, compter à l’école : un « retour aux fondamentaux » tout relatif

Les « recommandations » ministérielles sur les méthodes pédagogiques à privilégier en primaire s’inscrivent en fait dans la continuité de pratiques déjà largement répandues.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 17h41
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Le ministère de l’éducation nationale a publié, jeudi 26 avril, des « recommandations » aux enseignants du primaire. Il s’agit de quatre circulaires qui détaillent des recommandations pédagogiques pour « faciliter l’apprentissage des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter, respecter autrui », selon leur présentation officielle. « L’idée n’est pas d’homogénéiser les pratiques mais de créer une référence commune », plaide le ministre Jean-Michel Blanquer dans une interview au Parisien.
A en croire de nombreux titres de presse et réactions, cette initiative serait un « retour aux fondamentaux », salutaire pour certains, passéiste pour d’autres. « Dorénavant, grâce à un retour aux fondamentaux, nos enfants seront éduqués “à l’ancienne” : une dictée et quinze minutes de calcul mental par jour, cinq à dix livres à étudier dans l’année et l’utilisation d’un manuel de lecture imposée », lit-on par exemple dans le quotidien bourguignon Le Bien public.

   


Une version que Jean-Michel Blanquer n’a pas reprise à son compte : « Je ne prétends pas que tout va mal ou que rien n’existait jusqu’ici, a-t-il expliqué au Parisien. Fort heureusement, dans la majorité des écoles, les pratiques des enseignants correspondent à nos recommandations. Mais ils y sont parvenus par tâtonnements. Désormais, il existe une référence. »
Si le ministre insiste fortement sur le « lire, écrire, compter », il serait erroné de prétendre que ces apprentissages fondamentaux étaient en voie de disparition à l’école. La plupart des recommandations publiées jeudi sont en réalité loin de réclamer une rupture dans les pratiques pédagogiques. Plus que de « retour des fondamentaux », il s’agit plutôt de piqûres de rappel. Illustration en trois exemples :

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                Lecture, grammaire, calcul… Les « recommandations » de M. Blanquer heurtent les enseignants



1. La dictée quotidienne, une recommandation de longue date
La « dictée du jour » figure parmi les « consignes » du ministre aux enseignants. Elle figurait aussi au programme de sa prédécesseure Najat Vallaud-Belkacem, qui avait, elle aussi, réclamé le retour de la dictée quotidienne en 2015. Les programmes du CP à la troisième mis en place à l’époque mentionnent d’ailleurs bien des activités d’écriture « quotidiennes », qui peuvent être des dictées, sous différentes formes, mais pas seulement.
Preuve que ce débat revient sur la table périodiquement, le retour de la dictée à l’école avait été promis par Luc Chatel en avril 2012, déjà. Ou encore par François Fillon, en 2004.
2. L’apprentissage de la grammaire n’avait pas disparu
Contrairement à ce que certaines présentations des circulaires ont pu laisser entendre, il n’est pas plus question de « retour » des leçons de grammaire. Si M. Blanquer a déploré qu’elles soient absentes, selon lui, « dans certains cahiers d’élèves », elles restent à l’évidence attendues dans les programmes. Ce que la circulaire ministérielle du 26 avril dit elle-même :
« A tous les niveaux de la scolarité obligatoire, l’enseignement de la langue est donc mené systématiquement, et la leçon de grammaire et de vocabulaire […] doit être pratiquée conformément aux programmes, qui affirment la place importante des séances qui leur sont consacrées. »
3. Le calcul mental régulier était déjà au programme
Autre souhait du ministre, faire quinze minutes de calcul mental par jour en classe. La consigne n’était certes pas formulée aussi précisément auparavant, mais force est de constater que les programmes actuellement en vigueur mettaient déjà, là aussi, fortement l’accent sur cette pratique fondamentale.
La pratique du calcul mental était ainsi fortement prescrite aux cycles 2, 3 et 4, c’est-à-dire sur l’ensemble de l’élémentaire et du collège. « La pratique quotidienne du calcul mental conforte la maîtrise des nombres et des opérations », lit-on ainsi dans l’introduction du programme de mathématiques du CP au CE2. Et la « pratique régulière » du calcul mental reste conseillée jusqu’à la classe de troisième.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Après moult renvois et plus de douze ans de procédure pour certains, la quasi-totalité des plaignants avaient obtenu gain de cause devant les prud’hommes en septembre 2015.
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Les chibanis discriminés l’emportent définitivement face à la SNCF

Après moult renvois et plus de douze ans de procédure pour certains, la quasi-totalité des plaignants avaient obtenu gain de cause devant les prud’hommes en septembre 2015.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h24
   





                        



   


La SNCF jette l’éponge. La direction de l’entreprise ferroviaire a annoncé, vendredi 27 avril, qu’elle renonçait à se pourvoir en cassation face aux 848 chibanis qui l’accusent de discrimination en raison de leurs origines.
Après moult renvois et plus de douze ans de procédure pour certains, la quasi-totalité des plaignants avaient obtenu gain de cause devant les prud’hommes en septembre 2015. Mais l’entreprise avait fait appel de cette décision.
La cour d’appel de Paris avait donné raison le 31 janvier 2018 à ces (ex-)cheminots, principalement marocains, en leur accordant des dommages et intérêts pour préjudice moral, de carrière, de formation et de retraite pour un montant total estimé à près de 160 millions d’euros. La SNCF a fait savoir qu’elle ne « [reconnaissait] pas la discrimination, mais [souhaitait] de l’apaisement vis-à-vis de ces travailleurs marocains ».

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                Les déclassés de la SNCF demandent réparation après « quarante ans de discrimination »



« Grand soulagement »
Les chibanis (« cheveux blancs » en arabe) avaient été embauchés entre 1970 et 1983 par la SNCF, majoritairement comme contractuels, et n’ont pas bénéficié à ce titre du statut, plus avantageux, des cheminots, réservé aux ressortissants européens, sous condition d’âge.
Sollicitée par l’Agence France-Presse, leur avocate, Clélie de Lesquen-Jonas, a fait part de son « grand soulagement », trouvant cependant « dommage » que la SNCF « soit toujours dans le déni ». « Je comprends ce renoncement comme une reconnaissance des discriminations qui ne dit pas son nom », a ajouté l’avocate.

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                Les chibanis ou comment « faire entendre la voix de nos vieux invisibles »



L’avocate a déjà commencé à distribuer des chèques à des clients, dont certains avaient « les larmes aux yeux » en le recevant. De leur côté, certaines veuves « n’osaient pas le toucher », affirmant : « C’est mon mari qui aurait dû l’avoir », rapporte-t-elle.
Discrimination « organisée, statutaire »
Tout au long de la procédure judiciaire, la SNCF a nié une « quelconque politique discriminatoire », estimant avoir constamment « veillé à l’égalité de traitement de tous ses agents dans l’environnement réglementaire décidé par les pouvoirs publics ». A l’inverse, le Défenseur des droits a pointé devant la cour d’appel, par la voix de son représentant, une discrimination « organisée, statutaire », qui n’est pas sans lien avec « notre histoire coloniale ». La cour d’appel n’a pas retenu les arguments du groupe public ferroviaire.
Concernant les dommages et intérêts, ils peuvent « atteindre, en fonction de la durée d’ancienneté, 290 000 euros pour le préjudice de carrière », selon le parquet. S’y ajoutent des préjudices liés aux droits à la retraite et à la formation. La cour d’appel, contrairement aux prud’hommes, a aussi reconnu un préjudice moral.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Le milliardaire breton, mis en examen le 25 avril, est accusé d’avoir favorisé l’élection des présidents togolais et guinéen afin de faire croître ses affaires en Afrique.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ L’économiste Charles Dennery dénonce, dans une tribune au « Monde », un risque de taxation des entreprises et prône la suppression des incitations au recours aux CDD, du côté des employeurs comme des salariés.
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« A trop vouloir aider les précaires, “victimes” des contrats courts, c’est in fine la précarité que l’on a encouragée ! »

L’économiste Charles Dennery dénonce, dans une tribune au « Monde », un risque de taxation des entreprises et prône la suppression des incitations au recours aux CDD, du côté des employeurs comme des salariés.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 14h42
    |

Charles Dennery (Doctorant à la London School of Economics)







                        



                                


                            

Tribune. De nombreux économistes proposent d’instaurer en France un mécanisme de bonus-malus sur les cotisations chômage : comme pour les accidents du travail, une entreprise qui a un mauvais historique de licenciements serait pénalisée par des cotisations chômage plus élevées. Cela l’inciterait à devenir vertueuse, en ayant moins recours aux contrats courts. Politiquement, des entreprises plus responsables seraient le juste pendant d’un emploi plus flexible…
Ce système existe aux Etats-Unis depuis le New Deal. Les cotisations chômage d’une entreprise dépendent du montant des allocations-chômage touchées par les salariés qu’elle a licenciés par le passé. Ainsi, si le salarié retrouve très vite un emploi – par exemple grâce aux efforts de reclassement de l’entreprise –, il ne sera pas un poids pour l’assurance-chômage, et l’entreprise ne sera pas pénalisée.
Mais il serait en réalité compliqué de transposer cela en France. L’emploi est flexible aux Etats-Unis, il est donc plus facile de retrouver vite du travail. La durée normale d’indemnisation est de six mois ; il est donc aisé de faire le lien entre le chômeur et l’entreprise qui l’a licencié récemment. En France, quid de quelqu’un qui perd son emploi, retrouve un emploi temporaire, puis retourne au chômage ? A quelle entreprise faut-il présenter la note ?
Les contrats courts en réalité encouragés
Surtout, ce système fonctionne aux Etats-Unis comme un grain de sable dans un marché très flexible, où il n’y a pas d’indemnité de licenciement, et peu ou pas de recours juridique du salarié. Alors qu’il y a déjà en France des incitations à ne pas licencier : indemnité de licenciement, prime de précarité, lourdeur juridique. Pour l’entreprise, c’est déjà une forme de taxe, même si elle bénéficie au salarié et non à l’Etat.
Par ailleurs, certains secteurs en France ne paient pas la prime de précarité de fin de CDD, pour les emplois saisonniers (hôtellerie-restauration,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Des membres de Génération identitaire s’enorgueillissaient, cette nuit auprès du « Monde », d’avoir orienté trois migrants vers un poste de police.
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Action de militants identitaires dans les Alpes : ouverture d’une enquête préliminaire

Des membres de Génération identitaire s’enorgueillissaient, cette nuit auprès du « Monde », d’avoir orienté trois migrants vers un poste de police.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 13h41
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 16h47
    |

            Lucie Soullier (envoyée spéciale dans les Hautes-Alpes) et 
Julia Pascual








                        



   


Selon les informations du Monde, le procureur de la République de Gap (Hautes-Alpes), Raphaël Balland, a ouvert une enquête préliminaire contre X, vendredi 27 avril, afin de vérifier si des infractions ont été commises à l’encontre de migrants par des militants identitaires à la frontière franco-italienne des Hautes-Alpes.
« Nous n’avons aucune certitude de ce qu’il s’est passé, précise Raphaël Balland. Il s’agit de vérifier si une infraction a été commise. Des identitaires étaient présents, et il y aurait eu des contacts avec des migrants. » L’enquête a été confiée à la gendarmerie de Briançon et à la police aux frontières.

        Lire l’enquête
         

          sur l’action des identitaires dans les Alpes



Dans la nuit de jeudi à vendredi 27 avril, des militants identitaires qui patrouillent aux abords de la frontière s’enorgueillissaient auprès du Monde d’avoir orienté vers un poste de police trois migrants repérés durant leur « surveillance » nocturne : « On en a rencontré, on les a amenés à la frontière calmement, gentiment et la police ensuite les a interpellés », expliquait l’un d’eux au Monde.
Côté policier, on fait état d’un autre déroulement des faits. Des militaires de l’opération « Sentinelle » en patrouille dans la nuit de jeudi à vendredi auraient repéré à la jumelle un groupe de personnes près du col de Montgenèvre. « Ils ont fait appel aux gendarmes, qui ont vu le groupe se séparer en deux, rapporte une source policière. Ils ont pu contrôler quatre personnes et les ont accompagnées à la police aux frontières. Les gendarmes se sont alors rendu compte qu’ils étaient suivis par un groupe d’identitaires. » Une version qui contredit le récit des militants d’extrême droite. Quant aux personnes contrôlées, deux d’entre elles, majeures, ont été reconduites en Italie. Les deux autres, mineures, ont été placées.
Contactée vendredi matin, la préfecture des Hautes-Alpes a rappelé que seuls les services de police étaient habilités à procéder à des interpellations, qui sont quotidiennes au niveau de la frontière. Dans la nuit du 25 au 26 avril, quinze migrants ont ainsi été interpellés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ L’économiste Anne Fretel dénonce dans une tribune au « Monde » la suppression du congé individuel de formation prévu par la réforme de la formation professionnelle, au risque de supprimer les possibilités de reconversion à l’initiative du salarié.
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Avec la réforme Pénicaud, « on est bien loin de la liberté de choisir son projet professionnel »

L’économiste Anne Fretel dénonce dans une tribune au « Monde » la suppression du congé individuel de formation prévu par la réforme de la formation professionnelle, au risque de supprimer les possibilités de reconversion à l’initiative du salarié.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 14h43
    |

Anne Fretel (Maître de conférences en économie au Centre d’études lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques de l’université de...







                        



                                


                            

Tribune. La formation professionnelle connaît depuis des années un paradoxe : alors que les objectifs qui lui sont assignés sont très ambitieux (insertion professionnelle, maintien en emploi, promotion sociale, développement économique et culturel du pays), la mise en œuvre et le fonctionnement des dispositifs peinent à remplir ces objectifs renforçant, en pratique, les compétences des plus diplômés, favorisant les formations d’adaptation mobilisables à court terme par les entreprises au détriment des formations qualifiantes plus longues, et proposant aux personnes un accès à la formation dépendant de leur statut au regard de l’emploi (CDD, intérim, demandeurs d’emploi, CDI, etc.).
Le projet de loi portant réforme de la formation professionnelle, rendu public le 6 avril et présenté en conseil des ministres le 27 avril, s’intitule « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » et entend mettre l’individu au cœur du système.

L’exposé des motifs indique que la réforme vise à « donner de nouveaux droits aux personnes pour leur permettre de choisir leur vie professionnelle tout au long de leur carrière. Il s’agit de développer et de faciliter l’accès à la formation, autour des initiatives et des besoins des personnes, dans un souci d’équité, de liberté professionnelle ». L’article 1 de la loi cherche à poser « les jalons d’une nouvelle société de compétences, qui s’appuie d’abord sur un accès à la formation tout au long de la vie garanti comme un droit individuel, dont l’exercice est facilité et garanti par des financements collectifs ».
Des possibilités de reconversion limitées
On pourrait y lire un progrès, l’affirmation d’un système qui doit s’organiser en fonction des besoins et des choix de la personne – et non l’inverse – mais ce serait conclure trop vite car la réforme supprime par exemple un droit au congé de formation – le congé individuel de formation (CIF) – qui permettait à des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ « Le Monde » dévoile comment le milliardaire, mis en examen mercredi, a obtenu, grâce aux présidents togolais et guinéen et à des collaborateurs de son groupe, la gestion de deux terminaux à conteneurs.
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Afrique, amis, affaires : révélations sur le système Bolloré

« Le Monde » dévoile comment le milliardaire, mis en examen mercredi, a obtenu, grâce aux présidents togolais et guinéen et à des collaborateurs de son groupe, la gestion de deux terminaux à conteneurs.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 12h17
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 16h54
    |

            Simon Piel et 
Joan Tilouine








                        



                                


                            

« Si le groupe Bolloré se développe en Afrique, c’est parce qu’il prend des risques. » Le milliardaire breton aime à magnifier son audace entrepreneuriale sur le continent où son groupe a enregistré 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017. Dans les rues d’Abidjan, de Conakry, de Lomé ou d’autres villes où son groupe gère en tout dix-huit terminaux à conteneurs, il incarne pourtant, pour la jeunesse populaire comme pour la nouvelle élite, une « Françafrique » désuète et anachronique. Vincent Bolloré n’en a cure et confiait volontiers au Monde que les méthodes de son groupe relèvent plus du « commando que de l’armée régulière ».
Le capitaine d’industrie, ami personnel de Nicolas Sarkozy et de chefs d’Etat africains, a peut-être pris trop de « risques ». Mardi 24 avril, il s’est rendu à la convocation de la police judiciaire qui l’a placé en garde à vue ainsi que deux autres cadres du groupe et un homme d’affaires.
Deux jours et une nuit plus tard, Vincent Bolloré a été mis en examen, mercredi, pour « corruption d’agents publics étrangers », « complicité d’abus de confiance, de faux et d’usage de faux ». Une déflagration pour celui qui n’a de cesse de poursuivre les journalistes qui enquêtent d’un peu trop près sur l’activité de son groupe au sud du Sahara. La justice française s’intéresse aux conditions d’obtention de deux terminaux à conteneurs du groupe Bolloré au Togo et en Guinée où il a pu prospérer ces dernières décennies.
Dans ces deux pays, Vincent Bolloré entretient des relations de proximité voire d’amitié avec les chefs d’Etat qu’il tutoie. Au point de se retrouver aujourd’hui accusé de les avoir aidés à prendre le pouvoir, en mettant à disposition le savoir-faire de ses stratèges en matière de politique africaine et de campagne présidentielle. Car au sein de son groupe se côtoient de vieux acteurs des intrigues franco-africaines et des communicants peu scrupuleux liés à des hommes d’affaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Accusé d’avoir favorisé l’élection des présidents togolais et guinéen, l’industriel breton a notamment assuré, pendant sa garde à vue, « n’avoir jamais autorisé le financement de campagnes ».
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Vincent Bolloré mis en examen : « Je n’ai pas participé à ces négociations »

Accusé d’avoir favorisé l’élection des présidents togolais et guinéen, l’industriel breton a notamment assuré, pendant sa garde à vue, « n’avoir jamais autorisé le financement de campagnes ».



Le Monde
 |    27.04.2018 à 12h16
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 16h53
    |

            Simon Piel et 
Joan Tilouine








                        



                                


                            
C’est un « afroptimiste » qui s’est présenté selon ses propres termes, mardi 24 avril, aux policiers qui venaient de le placer en garde à vue. Un capitaine d’industrie assurant avec aplomb qu’« [il] connaît toute l’Afrique pour l’avoir étudiée dans les livres et avoir commencé à y investir dans les années 1980 » et qui tient à s’expliquer sur les accusations qui pèsent sur lui et les activités de son groupe au Togo et en Guinée.
Durant les longues heures d’interrogatoire, Vincent Bolloré a assumé sans ciller les prestations de services fournies par l’agence Euro RSCG, filiale du groupe Havas – contrôlé par Bolloré – à Faure Gnassingbé, le président togolais qu’il connaît « depuis moins d’une dizaine d’années », et à son vieil ami de trente ans, le président guinéen Alpha Condé. Mais il s’est refusé à parler de financement de campagne politique. « C’est très différent de financer un candidat politique ou son parti », a-t-il dit, tout en précisant combien ces deux candidats étaient importants en termes de « stabilité nécessaire pour les investissements déjà réalisés ».

M. Bolloré s’est refusé à convenir que les concessions portuaires obtenues par son groupe à Lomé et Conakry étaient les contreparties de services rendus. « Il n’y a pas de relation », a-t-il déclaré, citant le rapport d’enquête interne qu’il a diligenté en 2016 après les perquisitions au siège de son groupe et qui souligne, selon lui, « la difficulté de ces métiers et accessoirement l’irréalisme de liens tels que [ceux] reprochés ».
« Dans l’intérêt social »
Une ligne de défense parfois amphigourique qui paraît avoir laissé les enquêteurs perplexes. Stratégie de campagne, fourniture d’affiches, édition de livre à la gloire du candidat choisi, media training, offensives numériques… Le tout « sous-facturé » à des fins politiques et commerciales sur le long terme. Vincent Bolloré ne se permet-il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Jean-Louis Borloo a remis au premier ministre un rapport qui livre un constat alarmiste. Reste à savoir ce qu’en retiendra Macron, le 22 mai, lors de l’annonce de son plan de mobilisation.
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Un nouveau plan banlieue et après ?

Editorial. Jean-Louis Borloo a remis au premier ministre un rapport qui livre un constat alarmiste. Reste à savoir ce qu’en retiendra Macron, le 22 mai, lors de l’annonce de son plan de mobilisation.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 14h35
   





                        


Editorial du « Monde ». « Le plan de la dernière chance ». Combien de fois cette formule a-t-elle été brandie comme pour se persuader que les leçons du passé avaient été tirées et que, acculés, nous nous déciderions enfin à prendre la mesure du délabrement des banlieues, qui abîme la société française tout entière ? Pourtant, depuis quarante ans, après une dizaine de « plans banlieue », « plan de rénovation urbaine » et autres « plan Marshall pour la ville », cette ultime chance n’a jamais été vraiment saisie, laissant le sentiment d’une incurie des pouvoirs publics et d’une impuissance collective.
Tel Sisyphe, Jean-Louis Borloo s’attelle une nouvelle fois à la tâche, en espérant que ce soit enfin la bonne. L’ex-ministre à l’origine du programme national de rénovation urbaine de 2003 a au moins le mérite de savoir de quoi il parle, à la fois sur le fond et sur les limites de l’exercice. A la demande d’Emmanuel Macron, qui veut « changer le visage de nos quartiers d’ici à la fin du quinquennat », il a remis, jeudi 26 avril, au premier ministre, Edouard Philippe, un rapport qui livre un constat alarmiste, justifiant des préconisations détonantes.

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Le constat d’abord. C’est celui de ces « 500 000 jeunes de 16 à 24 ans, en bas des tours, les bras croisés ». Celui de ces  1 500 quartiers labellisés « politique de la ville », qui regroupent 5,5 millions de personnes, où les taux de chômage et de pauvreté représentent plus du double de la moyenne nationale et où l’échec scolaire est devenu la norme. C’est aussi celui d’un décalage grandissant entre la parole publique et la situation sur le terrain.
« Une mystification »
« Moins on en a fait en matière de politique de la ville, plus on a annoncé de dispositifs, de chiffres, de politiques prioritaires », affirme M. Borloo. A la clé, une double peine pour ces quartiers. Alors que la distribution confuse des crédits au gré des contraintes budgétaires n’était pas à la hauteur des besoins, on a fait passer les banlieues pour un tonneau des Danaïdes. « Une mystification », dénonce l’ex-ministre de la ville. La réalité, c’est moins de services publics, moins d’équipements, moins de capacités financières des communes.

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Pour y remédier, les préconisations s’inscrivent dans une logique globale et transversale. Là où les plans précédents se sont souvent contentés d’une rénovation urbaine plus ou moins aboutie, M.Borloo propose de s’attaquer simultanément au chômage, à l’éducation, au logement, à la mobilité et à la diversification des élites. Il s’agit d’encourager le recrutement d’apprentis issus de ces quartiers, d’organiser un suivi de tous les instants des enfants en difficulté, grâce à des « cités éducatives », de créer une « académie des leadeurs », capable de casser la « consanguinité » de nos grandes écoles. Le tout accompagné d’une véritable révolution, avec la création d’une juridiction chargée de sanctionner l’inaction des administrations en faveur des banlieues.

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La sincérité de M.Borloo ne peut être mise en doute. Ce qu’en retiendra M.Macron, le 22 mai, lors de l’annonce de son plan de mobilisation pour les quartiers défavorisés, est une autre histoire. Nombre d’élus constatent, depuis un an, que la politique de la ville se résume à une baisse des moyens et à un manque de perspective criants. Faute de volonté politique, justifiée par des moyens budgétaires limités, le gouvernement peut être tenté, de nouveau, de faire du saupoudrage. Ce serait une erreur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Les militants qui viennent en aide aux migrants s’interrogent sur la contre-attaque à mener après l’opération de Génération identitaire au col de l’Echelle.
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Migrants dans les Hautes-Alpes : « On peut prêcher la haine, mais pas la solidarité »

Les militants qui viennent en aide aux migrants s’interrogent sur la contre-attaque à mener après l’opération de Génération identitaire au col de l’Echelle.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 12h22
    |

            Julia Pascual et 
Lucie Soullier (Hautes-Alpes, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Ils sont venus organiser la riposte. Rendez-vous avait été donné dans un parc de Briançon, jeudi 26 avril, où une trentaine de militants étaient présents pour « discuter de la suite ». Tous dénoncent le placement en détention provisoire, mardi, de deux Suisses et d’une Italienne, poursuivis pour avoir, « par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée irrégulière en France de plus d’une vingtaine d’étrangers, avec cette circonstance que les faits ont été commis en bande organisée ». 
Les trois prévenus avaient traversé la frontière franco-italienne, dimanche, avec 120 personnes et une vingtaine de migrants, en réaction à l’opération hostile aux migrants « Defend Europe » lancée samedi par des militants d’extrême droite sur le col voisin. Un passage en force de la frontière, aux yeux des autorités.

Pousser les habitants à se positionner contre la présence des « fachos » dans la vallée ? S’autodénoncer en nombre pour « faire masse » ? Les militants du parc s’interrogent sur la contre-attaque à mener. « Si tu fais partie d’une asso et que tu files un sandwich à un migrant, tu entres dans leur qualification. Alors pourquoi trois et pas 500 ? », lance l’un des militants du parc.
« La loi fait la différence entre ceux qui font du maraudage et portent secours aux migrants et ceux qui forcent des barrages de gendarmerie », rétorque au Monde le procureur de la République de Gap, Raphaël Balland, répétant sa volonté de mettre « un coup d’arrêt à la montée en puissance des délits commis au nom de la lutte en faveur des migrants ». Des investigations sont toujours en cours pour identifier les auteurs de dégradations et de violences commises contre un agent pénitentiaire dans le cadre d’une manifestation à Gap, le 21 avril. Ainsi que les auteurs de violences contre des policiers, à Briançon le 22 avril, là encore en marge d’une manifestation.
Laisser-faire...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Le groupuscule Génération identitaire mène dans les Alpes une opération minutieuse, qui embarrasse la police. Le procureur de Gap a toutefois décidé vendredi d’ouvrir une enquête préliminaire.
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Les identitaires font la guerre de la com aux migrants

Le groupuscule Génération identitaire mène dans les Alpes une opération minutieuse, qui embarrasse la police. Le procureur de Gap a toutefois décidé vendredi d’ouvrir une enquête préliminaire.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 14h50
    |

            Julia Pascual et 
Lucie Soullier (envoyée spéciale dans les Hautes-Alpes)








                        



                                


                            

Cinq parkas bleu criard sautent d’un pick-up blanc affublé de trois énormes autocollants « Defend Europe Mission Alpes ». Depuis lundi 23 avril, une petite milice « patrouille » à la frontière franco-italienne des Hautes-Alpes, « collecte » des informations sur les points de passage et de refuge, « relève » les lieux d’aide aux migrants.
« Vous n’avez pas de caméra ? » Les cinq blousons bleus ont pris l’habitude de poser pour les médias. Ici, « on s’assume », lâche Aymeric Courtet, étudiant toulousain de 21 ans. « Pourquoi on devrait avoir honte de ce qu’on pense ? », enchérit un autre Toulousain de 28 ans, Romain Lechant. Ce qu’ils pensent, c’est être les « défenseurs » de « l’identité européenne » contre « l’islamisation » et « l’africanisation ». Pour cela, ils paradent fièrement, comme un écho à l’appel de Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, invité vedette du congrès du Front national en mars : « Laissez-les vous appeler racistes, xénophobes, islamophobes… Portez-le comme un badge d’honneur. »

Les cinq patrouilleurs croisés sur la route de Montgenèvre sont membres de Génération identitaire (GI), branche jeunesse de la mouvance identitaire fondée à Lyon en 2012. Avec le conglomérat d’Européens radicaux Defend Europe, GI a mené, samedi 21 et dimanche 22 avril, l’« opération » du col de l’Echelle. Là où, depuis l’été 2017, des migrants sont de plus en plus nombreux à tenter de gagner la France, entre 80 et 100 militants d’extrême droite ont déroulé un filet de chantier censé « symboliser une frontière physique » et des banderoles géantes sur lesquelles est écrit en anglais « pas de passage, rentrez dans votre pays ». Le tout survolé par deux hélicoptères afin d’ajouter quelques vidéos théâtrales à une opération très orchestrée.
Inimitiés avec la justice
Parmi les militants présents sur le col alpin, nombreux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Lors des Assises du maintien dans l’emploi, le 24 avril, des pistes ont été évoquées pour éviter la désinsertion professionnelle des salariés porteurs d’une affection ou d’un handicap.
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Comment maintenir dans l’emploi les personnes malades ou handicapées ?

Lors des Assises du maintien dans l’emploi, le 24 avril, des pistes ont été évoquées pour éviter la désinsertion professionnelle des salariés porteurs d’une affection ou d’un handicap.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 11h30
    |

                            Catherine Quignon








                        



   


En France, 5 à 10 millions de salariés sont menacés de désinsertion professionnelle du fait de leur maladie ou de leur handicap. Un sujet au cœur des Assises du maintien dans l’emploi, qui se sont tenues le 24 avril à l’initiative de la Fédération régionale des services de santé au travail d’Ile-de-France.

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S’étant vu confier une mission par le gouvernement pour sécuriser l’emploi des personnes handicapées et de leurs aidants, la présidente du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH), Dominique Gillot, a présenté ses axes de travail lors de la conférence d’ouverture de cet événement. « Il faut identifier les points de rupture dans le parcours professionnel », a martelé l’ex-secrétaire d’Etat aux personnes âgées, rappelant que « dans 90 % des cas », un salarié déclaré inapte à reprendre son poste par le médecin du travail se verra licencié.
Raccourcir les délais administratifs
Parmi ses préconisations, le raccourcissement des délais administratifs. « Pour obtenir la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), ce délai peut atteindre plusieurs mois », a pointé Dominique Gillot. L’obtention de ce statut permet, entre autres, au salarié et à son employeur de déclencher le processus d’aides pour l’aménagement du poste de travail. Sachant qu’il existe déjà une procédure accélérée de demande d’une RQTH, enclenchée si besoin par le médecin du travail.

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« Il faut aussi mieux informer les employeurs, notamment des petites entreprises, des possibilités de compensation qui existent », a ajouté Dominique Gillot. Rappelons que des structures comme l’Agefiph ont dû toutefois revoir certaines aides à la baisse (prime à l’insertion…), faute de financement.
Autre recommandation de la présidente du CNCPH, favoriser la coordination entre les différents organismes intervenants : Pôle emploi, Cap emploi, les acteurs de la protection sociale… L’IGAS et la Cour des comptes ont aussi préconisé le rapprochement, voire la fusion, de plusieurs de ces structures. Ou encore le pilotage des fonds dédiés à l’emploi des personnes handicapées (Agefiph et Fiphfp) par Pôle emploi.
Communication entre les praticiens
Mais Dominique Gillot prône également une meilleure communication entre les praticiens qui interviennent dans la prise en charge du patient. « Le médecin de ville n’interagit pas avec le médecin du travail, le médecin-conseil [de l’Assurance-maladie] et encore moins avec l’employeur », a regretté l’ex-secrétaire d’Etat aux personnes âgées.
Enfin, la présidente du CNCPH a rappelé qu’il était possible pour le salarié de suivre des actions de formation pendant son arrêt de travail « pour une remise en emploi rapide », tout en insistant sur l’importance de la visite de préreprise. Depuis 2012, un arrêt de travail de plus de trois mois peut, en effet, donner lieu à une visite de préreprise. Mais cette pratique est encore peu répandue.
De fait, le cercle vicieux de la désinsertion professionnelle s’enclenche souvent après un arrêt maladie prolongé. « Selon la Caisse nationale de l’Assurance-maladie des travailleurs salariés, 40 % des salariés en arrêt de travail depuis plus de trois mois en raison de troubles musculo-squelettiques ne reprendront pas leur travail », a alerté Pascale Breton, directrice du pôle Conseil au sein du groupe Previa, lors d’un atelier consacré à cette problématique.
« Les 15 premiers jours se passent plutôt bien… »
Face à des managers qui ne savent pas comment réagir et des collègues mécontents de devoir le décharger d’une partie de son travail, le salarié peine à retrouver sa place. Sans oublier des aménagements de poste parfois insuffisants. « Les quinze premiers jours se passent plutôt bien, c’est après que ça se gâte », a souligné Pascale Breton.

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La spécialiste insiste sur la nécessité de sensibiliser les différentes parties au fait que le salarié n’est pas à 100 % de ses capacités et que la reprise va prendre du temps. « Le manager doit aussi faire des points réguliers avec le salarié, tout en se mettant d’accord sur bonne manière de faire pour que ce que ce ne soit pas vécu comme une forme de pression », a recommandé la directrice du pôle Conseil de Previa.

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Rappelant qu’il n’est pas illégal pour un employeur de prendre des nouvelles de son salarié, Pascale Breton insiste sur la nécessité de maintenir le lien pendant l’arrêt-maladie : « sans lui parler du travail, il s’agit de lui demander comment ça va, lui dire qu’on pense à lui… C’est simplement de la bientraitance », a souligné la spécialiste. Des recommandations simples, mais pas toujours évidentes pour les parties prenantes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Le mensuel a passé au crible les trois grandes familles de médicaments antidouleur en vente libre dans les pharmacies : aspirine, paracétamol et ibuprofène.
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Antalgiques : « 60 millions de consommateurs » déconseille l’aspirine et privilégie le paracétamol

Le mensuel a passé au crible les trois grandes familles de médicaments antidouleur en vente libre dans les pharmacies : aspirine, paracétamol et ibuprofène.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 15h15
   





                        


Les médicaments contre la douleur, également appelés antalgiques ou analgésiques, comptent parmi les médicaments les plus consommés en France, notamment le paracétamol. Le mensuel 60 millions de consommateurs a testé, dans son numéro de mai, une trentaine d’antalgiques vendus en pharmacie sans ordonnance.
Paracétamol, ibuprofène et aspirine, les trois grandes familles d’antalgiques sont passées au crible. « En automédication, certains [médicaments antidouleur] ont tout à fait leur place. D’autres doivent être écartés, car ils exposent à des effets indésirables sérieux ou à trop de contre-indications », résume le mensuel. D’après la conclusion du mensuel, ces médicaments doivent être pris à dose modérée et pas pendant plus de trois à cinq jours.
Parmi eux, il faut privilégier le paracétamol. Il présente le meilleur rapport bénéfice/risque à condition de le prendre à des doses raisonnables, pas plus de trois grammes par jour, et de ne pas boire d’alcool en même temps. « Le paracétamol n’est pas un bonbon, prévient le Pr François Chast, de l’Académie nationale de pharmacie appelé par le magazine à décrypter cette enquête. A 3 g par jour, il est anodin. A 10 g par jour, il devient potentiellement mortel. » Toutes les marques ne se valent pas : Dafalgan et Doliprane 500 mg en comprimés sont à privilégier, selon le mensuel.
L’aspirine à éviter
Si le paracétamol s’avère inefficace, 60 millions de consommateurs indique, en second choix, les médicaments à base d’ibuprofène. Mais la liste des risques potentiels s’allonge, avec la possibilité de troubles digestifs allant du simple inconfort jusqu’à l’ulcère. La molécule peut aussi s’avérer toxique pour le foie. Il vaut mieux prendre de l’ibuprofène au cours d’un repas, et privilégier le dosage 200 mg. Le magazine recommande quatre marques : Antarène, Advil, Nurofen et Spedifen.
« L’ibuprofène est intéressant dans les douleurs rhumatismales, parce qu’il a une activité anti-inflammatoire et que cette composante n’existe pas avec le paracétamol. Et donc, dès qu’il y a une inflammation, l’ibuprofène est sans danger, mais il ne faut pas dépasser les 800 milligrammes par jour et à condition de ne pas dépasser cinq jours de traitement », précise la Pr François Chast interrogé sur Franceinfo.

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Quant à l’aspirine, déconseillée par le magazine, pour lequel toutes les marques testées sont au mieux à éviter, au pire à proscrire, le Pr Chast rappelle qu’« aujourd’hui, sa seule indication raisonnable est la prévention de l’agrégation plaquettaire chez les personnes qui ont des troubles cardio-vasculaires, et donc, c’est le cardiologue qui prescrit l’aspirine » et ajoute que « l’aspirine pourrait être un médicament de prévention du cancer colorectal ». « Des études sont en cours et c’est peut-être un avenir pour l’aspirine », conclut-il.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Le président de la République doit rendre son arbitrage le 22 mai après la remise du rapport jeudi.
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Banlieues : Borloo suscite l’enthousiasme des maires et l’embarras du gouvernement

Le président de la République doit rendre son arbitrage le 22 mai après la remise du rapport jeudi.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 10h33
    |

            Louise Couvelaire








                        


La première étape est à peine franchie qu’ils attendent déjà la suivante : le verdict d’Emmanuel Macron. Jeudi 26 avril, quelques heures après la remise du rapport de Jean-Louis Borloo au premier ministre, plusieurs centaines d’élus et d’associations de banlieue étaient rassemblés dans un gymnase du 19e arrondissement de Paris, à l’occasion de la cinquième édition des Etats généraux de la politique de la ville. « C’est un plan d’attaque exceptionnel, s’est félicité Jean-Philippe Acensi, président du mouvement Bleu Blanc Zèbre, qui a contribué à l’élaboration du projet. Nous sommes à la mi-temps, on attend l’avis du président de la République. »

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La présentation de ce rapport, intitulé « Vivre ensemble – vivre en grand la République », était attendue depuis plusieurs semaines. Sa remise en catastrophe, jeudi, a pris tout le monde de court et étonné certains, qui se demandent pourquoi « le rapport n’a pas été remis à celui qui l’avait commandé [le chef de l’Etat] ». « Cela fait des mois que nous travaillons à ces propositions, il était important de les présenter sans attendre pour montrer que ça avance, c’était urgent », estime Stéphane Gatignon, maire démissionnaire de Sevran (Seine-Saint-Denis), qui a fustigé « le mépris de l’Etat » envers les quartiers populaires à l’annonce de son départ, fin mars.
Entre l’exécutif et les maires des territoires urbains défavorisés, le torchon brûle depuis le mois de juillet 2017. Accablés par les annonces des coupes budgétaires, du gel des emplois aidés et de la baisse de l’aide personnalisée au logement, ces derniers s’étaient réunis, avec les associations de terrain, pour faire entendre leur colère lors de la première édition des Etats généraux de la politique de la ville, mi-octobre. Un mouvement inédit et transpartisan baptisé l’« appel de Grigny ».

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« Pas à Borloo de décider »
Un mois plus tard, lors de son discours de Tourcoing (Nord), Emmanuel Macron avait invité tous les acteurs de terrain à s’engager dans une démarche de coconstruction et mandaté l’ancien ministre de la ville et « père » de la rénovation urbaine, Jean-Louis Borloo, pour lui proposer un plan de bataille en faveur des quartiers populaires. Une approche destinée à donner un nouvel élan à la politique de la ville, qui venait de souffler ses quarante bougies dans un contexte particulièrement tendu.
« En nous poussant à réagir face à une série de mesures brutales, ils ont créé une bande, commente Philippe Rio, maire (PCF) de Grigny (Essonne), qui attend de Macron qu’« il prenne tout, la totalité des recommandations de Borloo ». Le noyau dur – composé de Bleu Blanc Zèbre et d’une dizaine d’élus de toute la France et de toutes les couleurs politiques (Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines, Allonnes, dans la Sarthe, Roubaix, dans le Nord, Arras, dans le Pas-de-Calais, Vaulx-en-Velin, dans la banlieue de Lyon, La Seyne-sur Mer, dans le Var…) – est devenu un acteur qui prend du poids et donne de la voix. « On se connaissait à peine, aujourd’hui, on se voit toutes les semaines et on s’appelle presque tous les jours, poursuit M. Rio. En fait, nous avons créé une start-up. Nous avons coconstruit ce rapport et nous n’allons pas nous arrêter là. »

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Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a qualifié les préconisations de Borloo de « base de travail ». « Ce n’est pas à Borloo de décider », a-t-il insisté sur la chaîne LCP. Un rapport destiné à « nourrir le futur plan présidentiel », a, de son côté, précisé le premier ministre, Edouard Philippe.
Hier, aux Etats généraux, face à une assemblée qui attend beaucoup de l’exécutif, le ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, et le secrétaire d’Etat, Julien Denormandie, se sont, quant à eux, appliqués à donner des gages de bonne volonté. « On ne lâchera rien », a assuré ce dernier. « C’est un enjeu national », a martelé le premier au micro. « On va continuer à se voir et à construire ensemble », a-t-il ajouté, tout en précisant que ce sera à l’exécutif de « trancher ». Le chef de l’Etat devrait s’exprimer sur le sujet le 22 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Cour d’appel, tribunal d’instance, pourvoi en cassation... pas toujours facile de s’y retrouver dans ces termes qui émaillent régulièrement l’actualité.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Jean-Claude décède en avril 1996. Sa succession est partagée entre son épouse et leurs deux enfants, en octobre 1996 - soit bien avant l’entrée en vigueur de la loi du 3 décembre 2001, qui consacrera l’égalité des filiations. En 2005, un tribunal juge que Jean-Claude avait un autre enfant, Gilles.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ La publication de circulaires sur les méthodes pédagogiques à privilégier dans le premier degré a donné l’impression qu’il fallait recadrer le travail des maîtres.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/04/2018
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Lecture, grammaire, calcul… Les « recommandations » de M. Blanquer heurtent les enseignants

La publication de circulaires sur les méthodes pédagogiques à privilégier dans le premier degré a donné l’impression qu’il fallait recadrer le travail des maîtres.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 10h01
    |

            Violaine Morin et 
Camille Stromboni








                        


Dictée quotidienne, un quart d’heure de calcul mental, une application systématique de la méthode syllabique et l’usage de cahiers à réglure Séyès… Ces quelques conseils devaient être un simple « cadrage » pédagogique, promis en décembre 2017 par le ministre de l’éducation nationale.
Mais, pour beaucoup, ils ont été surtout perçus comme un véritable camouflet envoyé aux enseignants par Jean-Michel Blanquer, le 26 avril, sous la forme de quatre circulaires publiées au Bulletin officiel et d’un livret de synthèse, Pour enseigner la lecture et l’écriture au CP, adressé aux écoles.
Des textes présentés comme des « recommandations au service de la maîtrise des savoirs fondamentaux à l’école primaire », sur la lecture, l’enseignement de la grammaire et du vocabulaire, le calcul et la résolution des problèmes, qui correspondent pourtant dans les faits à la pratique de la plupart des professionnels, d’après les principaux intéressés : faire des dictées chaque jour, apprendre la table des additions par cœur, écrire et faire de la grammaire quotidiennement, lire plusieurs livres (en entier) dans l’année…
Flatter une partie de l’opinion
Mais la méthode et le discours qui ont accompagné ces publications n’ont pas manqué de choquer dans la communauté enseignante. Au matin du 26 avril, M. Blanquer a en effet partagé une vision pour le moins prononcée, en affirmant dans Le Parisien que « la liberté pédagogique n’est pas l’anarchisme pédagogique ». Placée en titre de l’article, la formule a fait bondir.
Pour Stéphane Crochet, secrétaire général du syndicat SE-UNSA, il s’agit clairement d’une « opération de communication » destinée à flatter une partie de l’opinion, en surfant sur la « nostalgie d’une école d’antan ». « En rejouant par exemple la question de la méthode syllabique en lecture, Jean-Michel Blanquer est sûr que tout le monde sera d’accord, puisque c’est déjà la méthode majoritairement mise en œuvre, et il laisse penser qu’aujourd’hui ce serait la pagaille généralisée. » 

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Dans les textes distribués, il est en effet demandé de privilégier la méthode syllabique contre toute méthode « mixte » qui permet par exemple aux enseignants de faire mémoriser aux élèves des « mots outils » pour les aider à lire (la mémorisation des mots relevant de la méthode globale, qui n’est plus en usage aujourd’hui). « Cette pratique ne correspond pas à une bonne méthode », tranche le ministre dans Le Parisien, ajoutant que « ce sujet ne relève pas de l’opinion, mais de faits démontrés par la recherche ». 
Une liberté pédagogique déjà « très cadrée »
Pour Francette Popineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU (syndicat majoritaire du premier degré), cette parution vise à « donner l’impression que l’on met enfin les enseignants au boulot alors qu’ils se tournaient les pouces, c’est particulièrement malvenu, voire totalement méprisant », ajoute-t-elle.
« Jeter les enseignants en pâture à l’opinion, c’est une façon de s’imposer comme ministre, mais pas de sauver l’école et d’aider les élèves à mieux réussir. » 
Quant à la liberté pédagogique des enseignants visée par le ministre, la porte-parole ne manque pas de souligner qu’elle est déjà « très cadrée », dans le respect des programmes et du projet d’établissement, sous le contrôle du corps des inspecteurs. « Notre seule liberté, c’est d’adapter l’enseignement en fonction de nos élèves », pointe-t-elle.
Et c’est précisément cela que les syndicats enseignants souhaitent revendiquer : adapter l’enseignement à chaque élève, à rebours de toute « formule magique » qui permettrait de faire réussir tous les élèves, uniformément. « C’est peut-être ce que tout le monde a envie d’entendre mais ce n’est pas la vraie vie », martèle Francette Popineau. La réalité de la classe, avec une diversité de profils des enfants, le rythme et les difficultés de chacun, ne serait pas suffisamment prise en compte. Sans oublier « les autres leviers dans la réussite des élèves », absents du débat, selon Francette Popineau, qui cite « l’abaissement des effectifs des classes » ou encore « la présence d’enseignants spécialisés pour les élèves en difficulté ».
« Communication verticale »
Face à ces accusations, le ministère se défend néanmoins d’avoir voulu « donner des ordres », en rappelant qu’il s’agit « d’offrir un cadrage » aux professeurs « dans un état d’esprit de confiance ». Il estime que ces outils mis à leur disposition répondent à une forte demande, dans les classes, d’obtenir des précisions sur les méthodes. « Il n’y a pas d’annonce mais la définition d’un cadre commun, dans lequel la liberté pédagogique a toujours son rôle pour s’adapter au profil des élèves », plaide-t-on dans l’entourage de M. Blanquer.
Pour Alain Boissinot, ancien directeur du Conseil supérieur des programmes, le souci de proposer ce genre d’outils aux enseignants est une bonne chose. « Mais le présenter sous forme de textes officiels, de manière un peu impérative et injonctive, relève d’une communication verticale, qui n’était pas la meilleure option. » Laisser penser qu’il y a « les bonnes méthodes et les mauvaises » offre forcément un espace à la caricature. Or, « aucun professeur ne revendique le droit de faire n’importe quoi », fait remarquer l’ancien recteur.

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Cette manière de procéder ne manque pas d’interroger aussi sur le rôle des autres instances de l’éducation nationale. « Est-ce que c’est bien au ministre de donner directement ces conseils ?, souligne Alain Boissinot. A quoi sert, alors, le Conseil supérieur des programmes ? » Ce dernier a été chargé de clarifier les programmes dans l’enseignement primaire, mais ses propositions ne seront rendues que dans plusieurs mois.
Quoi qu’il en soit, « transformer les pratiques par des circulaires, je n’y crois pas beaucoup », confie l’universitaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Voilà quinze ans que l’humoriste aiguise ses punchlines, défouraillant à tout-va sur les Noirs, les Blancs, les juifs ou les Arabes. Hier consensuel, il suscite aujourd’hui des polémiques en série.
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édition abonné


Yassine Belattar, rires et tensions


                      Voilà quinze ans que l’humoriste aiguise ses punchlines, défouraillant à tout-va sur les Noirs, les Blancs, les juifs ou les Arabes. Hier consensuel, il suscite aujourd’hui des polémiques en série.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 06h39
    |

            Pierre Jaxel-Truer








                              

                        

Ce portrait, comme beaucoup d’autres, commence par l’envoi d’un SMS pour prendre rendez-vous. En général, la réponse est aussi drôle qu’un lundi pluvieux de retour de vacances : oui ou non, merci monsieur, où, quand, comment.
Là, quelques secondes, et la réponse de Yassine Belattar fuse, manière de se moquer de ses contempteurs : « Je suis actuellement en Syrie dans un camp pour préparer le “grand remplacement”, mais je suis disponible la semaine prochaine. » L’humour, c’est un métier. A ses collaborateurs, il nous a ensuite désignés ainsi : « Le journaliste du Monde qui vient enquêter pour savoir si je suis un djihadiste. Il part à Damas demain, pour vérifier. »
Voilà quinze ans que Yassine Belattar fait profession de ciseler blagues et punchlines, à la radio, à la télévision, ou sur scène. C’est parfois un peu lourd, mais souvent très drôle. « C’est ce qu’il fait le mieux », constatent même certains de ses amis, pour regretter en creux qu’il s’aventure ces temps-ci sur d’autres chemins plus escarpés, au risque de s’abîmer.
Onction présidentielle
L’humoriste, qui s’est fait une spécialité de tailler en pièces les djihadistes par ses bons mots, a longtemps fait consensus. François Hollande, en venant le voir au Bataclan trois jours avant la fin de son mandat, lui a même accordé une sorte d’onction présidentielle d’utilité publique. Mais les temps changent.

Le comique saute désormais de polémique en polémique. Brinquebalé dans la grande lessiveuse de l’époque, les débats sur la laïcité et la place de l’islam en France, où le linge ressort souvent moins propre qu’à son entrée dans le tambour.
Résumons à gros traits, pour ceux qui n’ont pas le cerveau connecté 24 h/24 aux médias ou ne vivent pas sur la trépidante planète Twitter. En novembre dernier, Yassine Belattar s’est distingué sur plusieurs plateaux de télévision.
Sur LCI, il a volé dans les plumes de David Pujadas, s’agaçant...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Ces troubles neuro-développementaux ne cessent d’augmenter. Ils concernent un enfant sur 59, contre un enfant sur 68 selon les précédentes estimations en 2014 et 1 sur 5 000 en 1975.
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Le taux d’autisme monte aux Etats-Unis, devenant un problème de santé publique « urgent »

Ces troubles neuro-développementaux ne cessent d’augmenter. Ils concernent un enfant sur 59, contre un enfant sur 68 selon les précédentes estimations en 2014 et 1 sur 5 000 en 1975.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 02h48
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 08h49
   





                        


Le taux d’autisme aux Etats-Unis devient un problème « urgent » de santé publique, alerte un rapport gouvernemental publié jeudi 26 avril. Il a grimpé, pour atteindre un enfant sur 59, contre un enfant sur 68 selon de précédentes estimations. Récoltées dans plusieurs Etats, les données proviennent des dossiers médicaux et d’éducation spéciale de 325 483 enfants qui avaient huit ans en 2014. Bien que ces chiffres ne soient pas représentatifs du pays entier, les experts de la santé les considèrent comme une référence du taux d’autisme aux Etats-Unis.
Ces troubles neuro-développementaux touchent 1,7 % des enfants américains, contre 1,5 % estimé précédemment, selon les centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Les derniers chiffres sont « surprenants », a dit Walter Zahorodny, professeur associé de pédiatrie à l’école de médecine de Rutgers, dans le New Jersey, qui a mené l’étude dans cette région.

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La prévalence de l’autisme aux Etats-Unis était seulement de 1 sur 5 000 en 1975 et n’a cessé de monter ces dernières années, augmentant de 150 % depuis l’an 2000, ont ajouté les CDC. En 2014, les CDC avaient indiqué qu’un enfant américain sur 68 était autiste. Les chercheurs ne savent pas encore ce qui cause l’autisme ou pourquoi il semble augmenter.
Développement in utero
Ces changements dans la prévalence « pourraient être dus à une meilleure identification de l’autisme chez les populations minoritaires », selon les CDC qui notent malgré tout que « l’autisme reste plus susceptible d’être repéré chez les enfants blancs que chez les enfants noirs ou hispaniques ». L’autisme est environ quatre fois plus courant chez les garçons que chez les filles.
Certains facteurs semblent augmenter les risques, comme être né de parents âgés de plus de 30 ans, une maladie de la mère pendant la grossesse, des mutations génétiques ou une naissance avant trente-sept semaines de gestation. Il s’agit là de « vraies influences » mais « elles ne suffisent pas à expliquer le taux élevé de prévalence de l’autisme », selon M. Zahorodny.
« Il y a encore des risques non définis liés à l’environnement qui participent à cette augmentation significative, des facteurs qui pourraient affecter un enfant pendant son développement in utero ou liés à des complications à la naissance, ou à la période pendant laquelle il est nouveau-né. Nous avons besoin de davantage de recherche sur les déclencheurs non génétiques de l’autisme. »
L’Etat du New Jersey a le taux le plus élevé d’enfants autistes – 2,9 %, le double du taux national – soit 1 enfant sur 34. L’Arkansas a le taux le plus bas avec un enfant sur 76.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ La SNCF considère les différents préavis d’arrêt de travail comme un seul mouvement, ce qui lui permet de ne pas payer plusieurs jours de repos aux grévistes.
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SNCF : deux syndicats assignent l’entreprise en justice pour le décompte des jours de grève

La SNCF considère les différents préavis d’arrêt de travail comme un seul mouvement, ce qui lui permet de ne pas payer plusieurs jours de repos aux grévistes.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 20h54
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 21h29
   





                        


Les syndicats CFDT-Cheminots et UNSA ferroviaire ont assigné la SNCF en justice pour contester sa décision de décompter des jours de congé aux cheminots grévistes, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de ces deux syndicats, jeudi 26 avril.
Les syndicats CFDT, UNSA et CGT ont lancé au début d’avril une grève intermittente, au rythme de deux jours sur cinq jusqu’à la fin du mois de juin. Mais la SNCF considère leurs différents préavis d’arrêt de travail comme un seul et unique mouvement, ce qui lui permet de ne pas payer un certain nombre de jours de repos aux grévistes.

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                SNCF : le coût de la grève pour les cheminots



« On demande de suspendre toutes les dispositions » visant « à intimider les cheminots », a déclaré à l’AFP Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT-Cheminots. Cette assignation en justice commune a été « finalisée hier en intersyndicale », a précisé Roger Dillenseger, de l’UNSA. La CGT-Cheminots se joindra également au référé, a confirmé à l’AFP son porte-parole, Cédric Robert.
« Atteinte au droit de grève »
Une requête en « référé d’heure à heure » a été défendue en commun par la CFDT et par l’UNSA jeudi, a fait savoir à l’AFP Dahbia Mesbahi, avocate de l’UNSA ferroviaire. Le magistrat rendra vendredi sa décision sur la caractérisation ou non de l’urgence de la requête, auquel cas une date d’audience pourra être fixée. Pour les syndicats, cette procédure d’urgence est justifiée par l’« atteinte au droit de grève » que constitue, selon eux, le choix de la direction de la SNCF.
« Les agents vont avoir des retenues qui sont disproportionnées », c’est une pression financière « pour les inciter à renoncer au mouvement de grève », a fait valoir Me Mesbahi. « L’employeur ne peut pas, de sa propre initiative, décider qu’il s’agit d’un mouvement unique », a soutenu l’avocate. La CFDT a, par ailleurs, déposé une assignation à jour fixe, portant « sur le fond », a précisé Céline Russie, juriste pour la CFDT.
« Les jours de repos à la SNCF sont payés lorsque les jours travaillés ont existé. Lorsqu’il n’y a pas de jours travaillés, les jours de repos n’ont pas à être payés, ce n’est que du bon sens », avait déclaré dimanche le patron de la SNCF, Guillaume Pepy.



                            


                        

                        

