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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Depuis quarante ans, des associations effectuent un travail de sensibilisation pour faire redécouvrir le passé colonial allemand, peu connu.
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Reportage

Le long combat des militants africains pour décoloniser les rues de Berlin

Depuis quarante ans, des associations effectuent un travail de sensibilisation pour faire redécouvrir le passé colonial allemand, peu connu.

Par                Aimie Eliot (contributrice Le Monde Afrique, Berlin)



LE MONDE
              datetime="2018-04-27T17:43:39+02:00"

        Le 27.04.2018 à 17h43






    
La place Nachtigal et l’avenue Peters, à Berlin, portent le nom de figures controversées de l’histoire coloniale allemande.
Crédits : MICHELE TANTUSSI/AFP


Rue du Togo, du Cameroun ou encore du Ghana : au détour d’une dizaine d’artères, l’Afrique surgit dans le quartier résidentiel sans charme de Wedding, dans le nord-ouest de Berlin. Cet Africanisches Viertel (« le quartier africain »), comme le surnomment les riverains, fait bondir Mnyaka Sururu Mboro, fondateur de l’association Berlin Postkolonial : « Il ne mérite qu’un seul nom, le quartier colonial ! », tonitrue l’enseignant à la retraite d’origine tanzanienne dans un café des alentours où le même Formica semble sommeiller depuis 1978, année où il a posé ses valises dans la capitale allemande.
Alors qu’on lui vantait un Berlin-Ouest ouvert sur le monde, idéal pour y poursuivre ses études, il découvre qu’on y glorifie le passé colonial allemand. « Cela n’avait rien d’un hommage à l’Afrique, comme je l’ai d’abord naïvement cru, se souvient-il. La rue Transvaal évoque la colonie sud-africaine où vivaient les Boers, colons d’origine allemande, entre autres, et la rue Tanga un poste militaire d’Afrique orientale allemande. Ce sont tous des endroits qui évoquent implicitement la domination allemande sur le continent. » 

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Trois toponymes sont sans équivoque : la rue Lüderitz, la place Nachtigal et l’avenue Peters, qui portent les noms de figures de l’histoire coloniale allemande ayant pris part, de près ou de loin, aux exactions perpétrées en Afrique. « Carl Peters était une véritable brute, il pratiquait des expéditions punitives où il torturait les populations locales qui ne voulaient pas lui céder ses terres », raconte Mnyaka Sururu Mboro. Il aura fallu près de quarante ans pour que l’enseignant voie la commission de la culture de l’arrondissement recommander, le 11 avril, que ces trois rues soient rebaptisées.
« Beaucoup pensent que le pays n’a pas eu de colonie »
Un soulagement pour celui qui a initié la première vague de contestations dans les années 1980. « Avec un groupe d’amis africains, nous avions fabriqué de faux noms qu’on avait collés sur les panneaux de rue et personne ne s’en était rendu compte ! », sourit-il. Le mouvement prend de l’ampleur dans les années 2000, soutenu par la deuxième génération de la diaspora africaine. Mnyanka Sururu Mboro crée alors l’association Berlin Postkolonial, qui plaide pour « une lecture critique de l’histoire coloniale allemande » et la disparition de cet « ingrat hommage » présent dans différents coins de la ville.
Mais l’association se heurte à la méconnaissance générale de la période et peine à imposer la question dans le débat public. « En Allemagne, on a consacré beaucoup de temps et d’énergie à parler de la seconde guerre mondiale, du nazisme et de la Shoah, et le colonialisme allemand est passé à la trappe, on n’en parle pas et on l’enseigne peu, regrette Christian Kopp, historien et militant au sein de l’association. D’ailleurs, dans les livres d’histoire à l’école, le sujet se résume à quelques pages. Beaucoup pensent que le pays n’a pas eu de colonie, à la différence de la France ou du Royaume-Uni. »

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Persuadés que leur lutte ne sera relayée qu’à coups d’actions de sensibilisation, les militants commencent à descendre dans la rue en 2007. Armés de frises, de cartes et de photos d’archives, ils organisent des visites guidées et racontent, au pied des panneaux de rue, les dessous de leur sombre nomenclature. « Cela permet d’éveiller les consciences, affirme Joshua Kwesi Aikins, l’un des guides de l’association. J’ai vu plusieurs habitants du quartier se mettre à pleurer pendant mes explications. »
Les visites ébranlent. Dérangent, aussi. Les militants sont pris à partie par des riverains qui les accusent de venir semer le trouble dans un quartier sans histoires. « Des gens sont venus me voir en me disant que je racontais n’importe quoi, que Lüderitz était une bonne personne, qu’il s’était rendu en Afrique et qu’il avait donné sa fortune aux populations », souligne, atterré, Abdel Amine Mohammed, un jeune Togolais membre de l’association.
Pour une reconnaissance du génocide en Namibie
A l’annonce, mi-avril, des nouveaux noms de rue retenus dans la liste soumise par les militants, ceux-ci ont pu célébrer le premier pas vers la victoire. La commission culturelle de l’arrondissement a choisi trois symboles de la résistance anticoloniale : Anna Mungunda, de la communauté herero, et Cornelius Frederiks, du peuple nama, pour la Namibie ; Rudolf Manga Bell pour le Cameroun. Elle a aussi proposé de faire figurer l’insurrection des Maji-Maji, soulèvement contre l’oppression coloniale en Tanzanie entre 1905 et 1907.
Un changement de perspective sur la période qui reflète une lente progression des mentalités, souligne Joshua Kwesi Aikins : « Le sujet est entré dans le débat public et les politiques réalisent enfin que l’ancrage du racisme dans ce pays et les discriminations raciales que subissent les communautés noires ont à voir avec ce type de commémorations, qui doivent cesser. » Quand le maire annoncera-t-il officiellement le changement des plaques ? « Cela pourrait prendre quelques mois et les riverains ont le droit de s’y opposer, mais il y a très peu de risques que cela arrive », affirme, confiant, Christian Kopp.

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                Namibie : un recours des Herero et des Nama contre l’Allemagne pour génocide



Berlin Postkolonial n’en a pas pour autant fini de militer pour que l’Allemagne repense son passé colonial. Sur un autre front, l’association réclame depuis des années que l’Etat reconnaisse officiellement le génocide des Herero et des Nama entre 1904 et 1908 en Namibie. « Je suis fière qu’Anna Mungunda ait été choisie pour remplacer le nom d’un criminel », souligne Israel Kaunatjike, représentant de l’ethnie herero à Berlin, qui exige aujourd’hui excuses et réparations de la part de l’Etat allemand : « J’espère que la décolonisation des rues poussera le gouvernement à réaliser qu’il ne peut plus échapper à ses responsabilités. » Une plainte contre Berlin a été déposée devant un tribunal de New York, qui doit rendre son jugement en mai.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le rapport d’un groupe d’experts dénonce la détention de migrants dans des camps à la frontière de la Serbie. Ce n’est pas la première fois que Budapest est critiqué pour son traitement des migrants.
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Le traitement des migrants par la Hongrie critiqué dans un rapport du Conseil de l’Europe

Le rapport d’un groupe d’experts dénonce la détention de migrants dans des camps à la frontière de la Serbie. Ce n’est pas la première fois que Budapest est critiqué pour son traitement des migrants.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h01
   





                        


Connue pour son hostilité à l’accueil de migrants, la Hongrie vient d’être épinglée par un rapport du Conseil de l’Europe pour les conditions de détention de ces derniers. Le pays doit mieux identifier les victimes du trafic d’êtres humains parmi les migrants et les demandeurs d’asile qui sont « privés de liberté » dans des camps à la frontière avec la Serbie, dit un rapport de l’organisme, vendredi 27 avril.
« La capacité de détection des victimes potentielles de la traite des migrants et des demandeurs d’asile en Hongrie s’est détériorée, » estime le Groupe d’experts du Conseil (Greta) sur la traite des êtres humains. Le rapport fait suite à une visite dans les deux camps mis en place par les autorités hongroises à la frontière serbe, à Röszke et à Tompa (Sud). Les experts ont constaté que les demandeurs d’asile y attendaient une décision concernant leur demande d’asile, avec interdiction de pénétrer dans le reste du territoire hongrois.
La Commission européenne, le haut-commissaire de l’ONU et de nombreuses associations ont critiqué cette mesure entrée en vigueur en 2017, qu’ils assimilent à la détention. Budapest conteste ce terme, soulignant qu’il est possible aux migrants de quitter les lieux s’ils retournent en Serbie, pays par lequel ils sont entrés. Une dizaine de demandeurs sont admis chaque jour dans ces camps en provenance de Serbie.

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Des employés incapables de renseigner les migrants sur leurs démarches administratives
« Sous la surveillance des gardes armés, les demandeurs d’asile dans les zones de transit sont privés de liberté, détenus dans des locaux exigus, entourés de barbelés », qui ne peuvent être considérés comme un hébergement « approprié et sûr pour les victimes de la traite », selon le Greta. La délégation dit avoir constaté que la plupart des employés travaillant dans les zones de transit « ne pouvaient ni expliquer les procédures à suivre ni renseigner sur les autorités compétentes » pour prendre en charge ce public vulnérable, notamment les mineurs.
En outre, le rapport a listé 79 cas « d’expulsions collectives de migrants irréguliers » vers la Serbie, en moins de deux semaines, en décembre 2017. Ces expulsions affectent la capacité de la Hongrie à identifier et à prendre en charge les victimes de trafic, selon le rapport. Budapest, dans sa réponse au Greta, a jugé « sans fondement » cette référence à la pratique d’expulsions collectives.
La Hongrie, où le premier ministre souverainiste Viktor Orban vient d’être réélu pour un troisième mandat d’affilée, s’est illustrée depuis 2015 par son discours vindicatif contre l’accueil de migrants extraeuropéens et par une série de mesures durcissant la politique migratoire du pays. Le pays a reçu en 2017 3 397 demandes d’asile et a accordé le statut de protection subsidiaire, ou celui de réfugié, à 1 216 personnes.
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            data-slide-description="Un panneau sur la clôture annonce la frontière qui sépare la Hongrie de la Serbie."
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            data-slide-description="Un Pakistanais soigne une blessure au genou. Il dit avoir été battu par la police hongroise alors qu’il tentait de franchir illégalement la frontière."
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            data-slide-description="Des enfants venant de Syrie et d’Afghanistan apprennent l’anglais avec leur professeur serbe, Tamara."
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            data-slide-description="Des migrants se rasent à tour de rôle."
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            data-slide-description="Des femmes du Kurdistan irakien étendent du linge."
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            data-slide-description="Des migrants chargent la batterie de leur téléphone."
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            data-slide-description="Une femme vient de recevoir le déjeuner de la Croix-Rouge."
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            data-slide-description="Les hommes font la queue en attendant le service du déjeuner."
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            data-slide-description="Un Pakistanais fait une sieste."
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            data-slide-description="Un homme cuisine les légumes achetés au village."
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            data-slide-description="Des hommes attendent de savoir qui pourra passer le lendemain en Hongrie."
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            data-slide-description="Le garde champêtre hongrois Szalma Tamàs a récemment découvert trente et un migrants illégaux dans la forêt."
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            data-slide-description="Mohammed, l’autodesigné leader du camp de transit, apprend de la police hongroise les noms des quinze personnes qui seront autorisées à passer en Hongrie le lendemain."
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            data-slide-description="La liste complète."
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            data-slide-description="Des femmes et des enfants du camp de Tompa-Subotica, près de la clôture marquant la frontière."
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            data-slide-description="Une Syrienne dormant dans son lit. Le camp de transit de Subotica a été conçu pour 70 migrants, il en accueille actuellement 250, seuls quelques-uns ont une chambre."
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            data-slide-description="Les migrants qui se trouvent sur la liste des partants attendent le bus qui doit les conduire, après des entretiens et des examens, dans la zone de transit de Röszke (Hongrie)."
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            data-slide-description="László Toroczkai, le maire d’Ásotthalom, la commune hongroise située de l’autre côté de la frontière, dans son bureau. Il est le vice président du parti d’extrême droite Jobbik."
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Un panneau sur la clôture annonce la frontière qui sépare la Hongrie de la Serbie.

LOULOU D’AKI POUR « LE MONDE »
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ En campagne dans le Frioul pour les régionales, le président de la Ligue concentre ses efforts sur ses fiefs électoraux, loin des tractations pour former un gouvernement.
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Mis à l’écart à Rome, Salvini retrouve ses fiefs du nord de l’Italie

En campagne dans le Frioul pour les régionales, le président de la Ligue concentre ses efforts sur ses fiefs électoraux, loin des tractations pour former un gouvernement.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 15h11
    |

            Jérôme Gautheret (Codroipo, Trieste (Frioul -Vénétie julienne), envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Eh bien, ils ne sont pas ponctuels… » Sans desserrer les dents, une femme un peu âgée et plutôt apprêtée peste en regardant sa montre, attablée à une terrasse de la place centrale de Codroipo. L’esplanade de la mairie se remplit. Des jeunes et des moins jeunes, des enfants… Ici, l’attachement à la Ligue est une affaire de famille, et c’est toutes ensemble que plusieurs centaines de personnes attendaient, lundi 23 avril, dans la douceur d’un début de soirée, le chef de file de la droite, candidat à l’élection du 29 avril dans cette région du Frioul-Vénétie julienne, Massimiliano Fedriga (Ligue), et, surtout, le dirigeant national du mouvement, Matteo Salvini.
Ils arrivent avec une bonne demi-heure de retard, mais comment aurait-il pu en être autrement ? Depuis 9 heures, c’est la sixième réunion publique de la journée pour les deux hommes, du centre de Trieste aux confins montagneux du Frioul et à la frontière slovène. Plus de cinquante jours après les élections législatives du 4 mars qui ont vu la coalition de droite arriver en tête avec 37 % des voix, le chef de la Ligue joue la carte du contraste.

Alors que le président de la République, Sergio Mattarella, vient de charger le président de la Chambre des députés, Roberto Fico, d’un « mandat exploratoire » pour évaluer les chances de constituer un gouvernement autour du Mouvement 5 étoiles (32 %) et du Parti démocrate (PD), grand perdant du scrutin, M. Salvini arpente le pays, de place de village en théâtre municipal, dans une campagne qui semble ne jamais devoir finir, loin des tractations d’arrière-salles qui se multiplient dans le secret des palais romains.
« Pas de miracles »
« La région, c’est le quotidien, commence Salvini. L’hôpital, les routes… », égrène-t-il, en bras de chemise, debout sur la table de plastique qui lui tient lieu d’estrade. Il poursuit : « Je ne vous promets pas de miracles. » Et la foule lui répond : « On n’en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le Parti nationaliste basque, qui gouverne le Pays basque en coalition avec les socialistes, joue les funambules pour contenter son électorat sans risquer de mettre en danger la stabilité politique et économique.
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Au Pays basque espagnol, la tentation de l’autodétermination

Le Parti nationaliste basque, qui gouverne le Pays basque en coalition avec les socialistes, joue les funambules pour contenter son électorat sans risquer de mettre en danger la stabilité politique et économique.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h15
    |

            Sandrine Morel (Bilbao et Saint-Sébastien, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le Parti nationaliste basque (PNV, modéré) est finalement venu à la rescousse du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. Jeudi 26 avril, il a soutenu, après des mois de délai, le projet de loi budgétaire (pour 2018) au Parlement espagnol en échange d’une augmentation des retraites. Une décision qui donne à M. Rajoy une bouffée d’oxygène et la perspective de pouvoir terminer la législature.
Le PNV a renoncé à la condition qu’il avait initialement posée : la levée de l’article 155 en Catalogne. Cet article de la Constitution espagnole a permis la mise sous tutelle de la région rebelle par Madrid à la suite de la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre. Au siège du parti, à Bilbao, le président du PNV, Andoni Ortuzar, indiquait au Monde quelques jours plus tôt qu’il ne souhaitait pas risquer « des élections anticipées qui pourraient bénéficier à Ciudadanos ». Le parti libéral, en tête dans les sondages, est en effet le seul à s’attaquer à l’autonomie fiscale avantageuse du Pays basque.
Pragmatique, le PNV, parti qui gouverne le Pays basque en coalition avec les socialistes, a l’habitude de jouer les funambules, entre son électorat nationaliste et ses intérêts politiques. Ainsi, tout en négociant avec le gouvernement à Madrid, il défend au Parlement basque un nouveau statut d’autonomie qui reconnaîtrait la « nation basque » et le « droit à décider », euphémisme signifiant l’autodétermination, aux côtés de la gauche indépendantiste EH Bildu, une coalition héritière de mouvements proches de l’ETA – l’organisation armée qui doit annoncer sa dissolution le 4 mai. « Nous défendons une relation bilatérale avec l’Espagne, de type confédéral, pour qu’il n’y ait plus d’ingérence de l’Etat dans nos compétences », explique M. Ortuzar, en écartant une possible indépendance du Pays basque.
Référendums symboliques
« Le week-end, le PNV tient un discours très nationaliste, avec le béret et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Préoccupée par le ralentissement de la croissance dans la zone euro, l’institution de Francfort demeure néanmoins confiante.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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La Banque centrale européenne s’inquiète de la menace d’un protectionnisme accru

Préoccupée par le ralentissement de la croissance dans la zone euro, l’institution de Francfort demeure néanmoins confiante.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 18h36
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

L’ombre d’un doute. Si la croissance est toujours au rendez-vous dans la zone euro, quelques nuages obscurcissent désormais l’horizon. A commencer par les tensions commerciales soulevées par la politique de Donald Trump qui préoc­cupent la Banque centrale européenne (BCE), a reconnu Mario Draghi, son président, jeudi 26 avril. « Les risques liés aux facteurs internationaux, y compris la menace d’un protectionnisme accru, sont devenus plus importants », a-t-il déclaré à l’issue de la réunion de l’institution, tout en insistant sur le fait que celle-ci restait confiante.
Si, pour l’instant, les menaces de guerre commerciale relèvent pour l’essentiel de la rhétorique, « l’étendue des représailles » possibles et leurs conséquences sont encore ­inconnues. « Ce qui est certain, c’est que les récents événements ont un effet rapide et profond sur la confiance des exportateurs », a-t-il souligné.
Ont-ils déjà une incidence palpable sur la croissance ? Peut-être. Le « dottore » Draghi n’a pas caché la perplexité de la BCE face au ralentissement économique observé dans la zone euro ces dernières semaines. Assiste-t-on à un inquiétant retournement de la conjoncture ou s’agit-il d’un trou d’air passager ? L’institution de Francfort semble privilégier la seconde option. Pendant de longues minutes, Mario Draghi a détaillé les réflexions développées par les gouverneurs lors de leur réunion : « Ils ont évoqué la situation dans leur propre pays. Tous observent une forme de ralentissement ou de perte d’élan. » Et ce, dans la plupart des secteurs.

Ce coup de mou correspond probablement à un retour à la normale après la forte croissance des trimestres précédents (0,7 % en moyenne). S’ajoutent à cela des facteurs inattendus et temporaires, tels que « la mauvaise météo, les grèves, le calendrier des vacances de Pâques », a égrené l’Italien.
« Prudence, patience, persévérance »
Les rachats de dettes publiques...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le transporteur aérien Ruslan Salis, prestataire de dix pays européens de l’Alliance atlantique, fait défection.
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L’OTAN en manque d’avions-cargos russes

Le transporteur aérien Ruslan Salis, prestataire de dix pays européens de l’Alliance atlantique, fait défection.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 10h40
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Les représentants de dix pays de l’OTAN se sont retrouvés jeudi 26 avril à Gdansk, en Pologne, pour une réunion de crise. En cause : la défection annoncée d’un prestataire russe du transport aérien militaire, Ruslan Salis GmbH. L’entreprise, basée en Allemagne, qui travaille depuis plus de dix ans dans le cadre d’un contrat de sous-traitance, a décidé de ne plus louer d’avions-cargos aux armées européennes à partir de 2019.
Allemagne, Belgique, France, Hongrie, Luxembourg, Norvège, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie doivent trouver des alternatives. Les exercices et les opérations militaires de ces dix nations pourraient connaître des problèmes logistiques. L’Allemagne est le principal utilisateur du contrat, suivie par la France, très engagée à l’extérieur.
En France, cette difficulté s’ajoute à un dossier déjà lourd. Plusieurs investigations ont été lancées depuis 2017 sur des irrégularités entourant les marchés publics de l’affrètement aérien dit « stratégique » entre le territoire national et les troupes déployées à l’étranger : enquête pénale du Parquet national financier, enquête interne du Contrôle général des armées, enquête de commandement de l’état-major.
L’agence de soutien et d’approvisionnement de l’OTAN (NSPA) a conclu en 2006 un contrat, baptisé « Salis », de sous-traitance d’avions-cargos, notamment d’Antonov 124, auprès de deux compagnies, l’une russe, l’autre ukrainienne. Les armées occidentales, à l’exception des Etats-Unis avec leurs Galaxy C5, ne possèdent pas de très gros porteurs de ce type.
Sur le marché mondial de la location, pour des raisons historiques, les avions disponibles et autorisés à transporter du fret d’armement sont très peu nombreux. Ils sont en outre propriété quasi exclusive de sociétés issues de l’ancien bloc soviétique. En 2010, six compagnies louaient trente Antonov 124 dans le monde. En 2018 ne subsistent que trois compagnies, disposant de vingt avions, une russe, une...




                        

                        


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En Arménie, « Nikol » mobilise la rue et se voit déjà au pouvoir

L’opposant Nikol Pachinian espère être nommé premier ministre après la démission de Serge Sarkissian face à la colère populaire



Le Monde
 |    27.04.2018 à 10h22
    |

            Annick Cojean (Erevan, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Il sera premier ministre. Il l’affirme, le proclame, le hurle même aux milliers de personnes réunies place de la République, au centre d’Erevan, ce jeudi 26 avril au soir, cassant sa voix à force de s’adresser aux foules, des heures durant, porte-voix ou micro en main. Il le sera, dit-il, « ou alors la République d’Arménie n’aura pas de premier ministre ! » Et la place ovale, éclairée par d’immenses spots braqués sur la scène et la lune presque pleine, retentit d’applaudissements.
Car il n’y a pas, selon lui, d’alternative. Il se présente comme « le premier ministre du peuple », choisi par lui. Et c’est donc lui, le député Nikol Pachinian, qui se voit déjà élu, le 1er mai, par le Parlement arménien, lors d’une réunion extraordinaire convoquée jeudi après la démission de Serge Sarkissian, sous la pression d’énormes manifestations populaires. Mais le Parti républicain de M. Sarkissian dispose toujours d’une majorité parlementaire, compliquant l’affaire de l’opposant. « Le peuple a déjà gagné », estime-t-il, annonçant avoir invité le premier ministre par intérim, Karen Karapetian, pour des négociations vendredi matin à l’hôtel Marriott, et avoir exigé que la réunion ait lieu en présence de journalistes.

Pas question de marchandages secrets en coulisses, insiste-t-il. Tout sera transparent et ouvert : « Le peuple sera tenu au courant de tout. » Et d’annoncer une grande virée à travers le pays, pendant le week-end, de village en village, avec des meetings à Gumri et Sevan, adjurant les habitants d’Erevan de se reposer et de reprendre des forces pour le début de la semaine qui devrait être « très intense ». « Pas de violence, seulement de l’amour… Nos mains sont ouvertes et propres. La victoire, on ne la laissera pas s’échapper ! »
Ainsi parle Nikol Pachinian, casquette sur la tête, treillis militaire, et visage mangé par une barbe poivre et sel. Et ainsi vibrent les milliers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Deux jours après le départ d’Emmanuel Macron, la chancelière allemande sera accueillie à son tour vendredi à la Maison Blanche. L’entretien doit durer deux heures.
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Angela Merkel reçue par Donald Trump pour une visite express

Deux jours après le départ d’Emmanuel Macron, la chancelière allemande sera accueillie à son tour vendredi à la Maison Blanche. L’entretien doit durer deux heures.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 09h28
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 09h40
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        


Et maintenant, Angela Merkel. Deux jours après le départ d’Emmanuel Macron de Washington, la chancelière allemande sera reçue à son tour par Donald Trump à la Maison Blanche, vendredi 27 avril. Après un déjeuner, les deux dirigeants doivent donner une conférence de presse commune à 13 h 30, heure locale (19 h 30, heure de Paris).
Observant l’accueil réservé au président français par son homologue américain, la presse allemande a abondamment commenté, en amont, celui auquel Mme Merkel devait s’attendre. Une visite d’Etat de deux jours, d’un côté, une simple visite de travail d’à peine une journée, de l’autre, la rencontre entre Mme Merkel et M. Trump ne devant durer qu’à peine plus de deux heures au total. Deux déplacements, deux ambiances, en somme.
De ce point de vue, le dessin publié vendredi matin à la « une » de la Frankfurter Allgemeine Zeitung résume bien le sentiment qui domine en Allemagne. Titré « Merkel en visite chez Trump », il montre une table dressée avec de jolis couverts, sur laquelle est posé un menu à en-tête de la Maison Blanche, où l’on peut lire : « Restes réchauffés du dîner de gala avec le formidable Emmanuel Macron. »
Deux dossiers, le commerce et l’Iran
Si le déjeuner prévu vendredi à Washington entre la chancelière allemande et le président américain n’aura ni le faste ni le glamour des dîners auxquels M. Macron a participé à Mount Vernon et à la Maison Blanche, sera-t-il pour autant un échec diplomatique ? Deux dossiers, en particulier, seront au cœur des discussions : le commerce et l’Iran.

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Sur le premier point, Mme Merkel semble se faire assez peu d’illusions sur sa capacité à convaincre M. Trump de ne pas appliquer à l’Union européenne des taxes de 25 % sur les importations d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium.
Ces nouveaux tarifs douaniers doivent concerner l’Union européenne à compter du 1er-Mai. Jeudi, plusieurs responsables gouvernementaux allemands ont fait savoir, sous couvert d’anonymat, qu’il fallait s’attendre à ce que ce calendrier soit respecté.
Malgré cela, la chancelière ne désespère pas de négocier un ensemble de mesures élargi à d’autres industries. Sa visite a été notamment précédée par celle de son nouveau ministre de l’économie, Peter Altmaier. Quelques jours après la nomination du gouvernement allemand, mi-mars, l’ancien bras droit de Mme Merkel à la chancellerie avait traversé l’Atlantique pour rencontrer Wilbur Ross, le secrétaire au commerce de M. Trump.
Mode de communication différent
A Washington, la chancelière allemande va aussi tenter de convaincre le président américain de ne pas abandonner l’accord sur le nucléaire iranien. Là aussi, une date butoir approche : celle du 12 mai, date à laquelle M. Trump doit dire s’il sort ou non de cet accord signé en 2015 par son prédécesseur Barack Obama.
Mercredi, avant de quitter les Etats-Unis, M. Macron avait déclaré à la presse qu’il pensait que M. Trump se retirerait de cet accord « pour des raisons de politique intérieure ».
Mme Merkel – à laquelle son hôte devrait réclamer une fois de plus une hausse de la contribution de l’Allemagne au budget de l’OTAN – parviendra-t-elle à infléchir quelque peu la ligne de M. Trump ? L’entourage de la chancelière allemande a, en tout cas, choisi un mode de communication assez différent de celui du président français en amont de cette visite, s’efforçant de placer la barre assez bas, quant aux concessions susceptibles d’être faites par le président américain.

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                Merkel arrive à Washington, sans illusions



« Ce serait déjà un succès, si le président américain écoutait et qu’il lui apparaissait clairement que les Européens font bloc », a déclaré Peter Beyer, le délégué du gouvernement allemand pour les relations germano-américaines.
En préparant ainsi les esprits, Berlin espère sans doute faire du moindre petit « bougé » de M. Trump un grand pas en direction de l’Allemagne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Loin des fastes réservés au président français durant les trois jours qu’a duré la visite d’Etat de ce dernier, la chancelière allemande n’aura le droit qu’à « un déjeuner de travail ».
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Merkel arrive à Washington, sans illusions

Loin des fastes réservés au président français durant les trois jours qu’a duré la visite d’Etat de ce dernier, la chancelière allemande n’aura le droit qu’à « un déjeuner de travail ».



Le Monde
 |    27.04.2018 à 07h35
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 08h09
   





                        



   


La chancelière allemande, Angela Merkel, n’aura le droit qu’à « un déjeuner de travail » avec le président américain, Donald Trump, vendredi. Loin des fastes réservés au président français durant les trois jours qu’a duré la visite d’Etat de ce dernier. L’absence d’alchimie personnelle entre les deux dirigeants n’explique pas à elle seule ce traitement a minima. Selon le New York Times, en quelques mois marqués par une victoire électorale à l’arraché, Angela Merkel a perdu sa stature de leader de l’Europe, « garante de l’ordre mondial libéral, contrepoids à M. Trump ». Une place désormais dévolue dans l’esprit du président américain à Emmanuel Macron.
Les enjeux de la visite de Mme Merkel recouvrent en partie ceux du président français : préserver l’accord sur le nucléaire iranien et éviter une guerre commerciale. Mais pour l’Allemagne, qui affiche un excédent commercial avec les Etats-Unis – point central de crispation pour M. Trump –, le deuxième sujet est encore plus crucial. Pourtant à la veille de la rencontre, les autorités allemandes ne se faisaient guère d’illusions sur la volonté du locataire de la Maison Blanche de revenir sur les taxes commerciales sur les importations d’acier et d’aluminium aux Etats-Unis ; elles devraient entrer en vigueur le 1er mai. Elles s’attendaient même à « une escalade », explique Die Zeit. Si les taxes sont appliquées, l’Union européenne lancera ses mesures de représailles.
Dans ce contexte particulièrement tendu, le Pew Research Center et la fondation allemande Körber ont interrogé Américains et Allemands sur la vision qu’ils ont les uns des autres. Parmi les enseignements de cette enquête, à noter la distorsion des opinions publiques sur les deux leaders : alors que seuls 11 % des Allemands font confiance à Donald Trump pour mener les affaires du monde – ils étaient 86 % à penser cela de Barack Obama –, 56 % des Américains expriment leur confiance en la chancelière. Plus optimistes, deux tiers des Américains estiment que les relations entre les deux pays sont bonnes, contre seulement 42 % des Allemands.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Ouissem Medouni chargeait toute la responsabilité du meurtre de Sophie Lionnet sur sa femme, Sabrina Kouider. Jeudi, le procureur l’a accusé d’y avoir participé.
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Londres : au procès du meurtre de la jeune fille au pair, les revirements de Ouissem Medouni

Ouissem Medouni chargeait toute la responsabilité du meurtre de Sophie Lionnet sur sa femme, Sabrina Kouider. Jeudi, le procureur l’a accusé d’y avoir participé.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 22h50
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 06h51
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Jour après jour, le procès du meurtre de Sophie Lionnet devant la cour criminelle de Londres détaille un peu plus la folie dans laquelle semblaient s’être enfoncés Ouissem Medouni et Sabrina Kouider. Le couple français, qui habitait à Wimbledon, au sud de Londres, est accusé d’avoir assassiné la jeune fille au pair, puis d’avoir brûlé son corps pour tenter de le faire disparaître. Seule l’intervention des pompiers face à l’étrange brasier avait permis de découvrir le cadavre, le 20 septembre 2017.
Sophie Lionnet a vécu une longue descente aux enfers, dans une atmosphère de plus en plus paranoïaque et hystérique. L’obsession du couple tournait autour de Mark Walton, ancien compagnon de Sabrina Kouider. Selon eux, l’homme était un pédophile, et tous deux l’accusaient de violer ses deux enfants.

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Récit fantasque
Le couple prétendait ainsi que Mark Walton se serait même introduit chez lui, après avoir drogué la famille, et qu’il aurait abusé des enfants, tout en prélevant du sperme à Ouissem Medouni. Le couple accusait leur jeune fille au pair, Sophie Lionnet, d’être la complice de M. Walton, lui ouvrant la porte de la maison familiale et emmenant les enfants chez lui. Mais M. Walton habitait à l’époque aux Etats-Unis, et son passeport prouve qu’il ne s’est pas rendu au Royaume-Uni pendant l’année 2017. De même, la maison où les enfants étaient prétendument emmenés pour y être violés n’a jamais été retrouvée. L’histoire avait été entièrement inventée.
Le couple semble pourtant s’être persuadé de sa véracité. Sabrina Kouider a été la première à en parler, elle qui était obsédée par son ancien amant et qui en parlait presque quotidiennement depuis des années. Progressivement, elle a réussi à convaincre Ouissem Medouni. Ensemble, ils ont extirpé des « aveux » à Sophie Lionnet, qu’ils ont filmés. Jeudi 26 avril, interrogé par le procureur, Ouissem Medouni semblait toujours y croire. « Mark Walton travaillait dans l’industrie de la musique. Il a pu changer de nom et venir secrètement [au Royaume-Uni] », a-t-il argumenté. Selon lui, les « révélations » de Sophie Lionnet lors de ses aveux filmés étaient « gravissimes ».

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Changements de versions
La défense de Ouissem Medouni tente de le présenter comme quelqu’un de faible, manipulé par sa compagne. L’homme a affirmé n’avoir jamais frappé Sophie Lionnet, et n’avoir pas participé au meurtre, dont sa compagne serait la seule responsable. Selon son récit du drame, sa compagne l’aurait réveillé alors que le corps sans vie de la jeune fille au pair gisait dans la salle de bain. Ouissem Medouni reconnaît qu’après avoir tenté pendant une heure de la ranimer, il a caché le cadavre et a tenté de le brûler.
Jeudi, le procureur a mis à mal cette ligne de défense. Le magistrat a notamment mis en avant les différentes versions présentées par Ouissem Medouni aux enquêteurs. En janvier, l’homme avait ainsi d’abord déposé un premier témoignage dans lequel il décrivait la mort de la jeune fille au pair comme un accident. Selon lui, lors d’un « interrogatoire » de Sophie Lionnet mené dans la baignoire, celle-ci se serait cogné la tête contre le carrelage.

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Mais Ouissem Medouni a ensuite changé de version, parlant d’une perte complète de contrôle de sa part, ce qui permettrait de requalifier le meurtre d’homicide involontaire.
Désormais, dans une troisième version, il affirme n’avoir jamais levé la main contre la jeune Française, et charge sa compagne. « Je suggère qu’au moins une fois, vous avez torturé Sophie avec Mme Kouider », l’accuse le procureur. Selon lui, le meurtre était prémédité, pour éviter que la jeune fille au pair ne révèle ses mauvais traitements à la police :
« Qu’est-ce qui aurait pu l’empêcher de dire que vous êtes des maniaques, des fous, qui la battent, ne la paient pas, lui mettent la tête sous l’eau et lui font raconter des choses folles sur des prélèvements de sperme ? »
A l’audience, Ouissem Médouni a continué à démentir fermement. Il continuera de témoigner vendredi.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ A Bruxelles, Peter Szijjarto, ministre des affaires étrangères et du commerce hongrois, s’est vigoureusement défendu jeudi contre les reproches formulés par les eurodéputés.
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Empoignade autour d’un rapport du Parlement européen sur la Hongrie de Viktor Orban

A Bruxelles, Peter Szijjarto, ministre des affaires étrangères et du commerce hongrois, s’est vigoureusement défendu jeudi contre les reproches formulés par les eurodéputés.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 20h27
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 07h57
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Jeudi 26 avril, un débat d’une rare intensité a opposé au Parlement européen un des principaux ministres du gouvernement hongrois à des députés membres de la commission des libertés civiles et de la justice (LIBE). Peter Szijjarto, ministre des affaires étrangères et du commerce, s’en est très vivement pris à Judith Sargentini, une députée écologiste néerlandaise, auteure, à la demande du Parlement, d’un projet de rapport sur la situation des libertés en Hongrie.
« Vous voulez protéger mon pays de je-ne-sais-quoi, mais vous ne pouvez pas remettre en question les décisions du peuple ! », s’est enflammé le ministre, rappelant la récente victoire électorale du Fidesz, le parti de Viktor Orban. Estimant que le rapport présenté — qui doit encore être débattu, amendé et voté par trois autres commissions avant d’être transmis au Conseil européen — ne comportait « que des mensonges et tout sauf des faits », M. Szijjarto a contesté en bloc toutes ses affirmations.

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Invité par le président de la commission, Claude Moraes (travailliste britannique), à « maintenir la dignité » de cette session de travail, le ministre a renchéri, dénonçant les attaques portées, selon lui, contre son pays. « Combien de citoyens européens ont voté en votre faveur pour que vous vous arrogiez le droit de me juger ? », a-t-il demandé au président, avant que celui-ci ne close ce débat plus que houleux.
La question des réfugiés
Dans son rapport, le premier du genre pour le Parlement, Mme Sargentini égrène tous les griefs portés depuis plusieurs années contre le régime de M. Orban, promoteur de l’idée de « démocratie illibérale » : menaces sur la liberté des médias ; remise en cause de l’indépendance de la justice ; attaques régulières contre les organisations non gouvernementales ; regain d’antisémitisme ; remise en question de certains droits sociaux, etc.

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Ce sont toutefois les allusions à la politique migratoire du régime Orban, et à son refus d’accepter le principe de solidarité pour l’accueil de réfugiés, qui ont enflammé la discussion. « Nous continuerons à protéger nos frontières, à dire non aux quotas obligatoires [pour l’accueil de réfugiés] et à ceux qui affirment qu’une société multiculturelle à plus de valeur qu’une société homogène », a expliqué le ministre. Il a ensuite ajouté : « J’ai une mauvaise nouvelle pour vous : nous ne permettrons pas la mise en œuvre de la politique prônée par Soros. Nous voulons protéger l’histoire et la culture européennes. »
S’il vise donc George Soros, le milliardaire d’origine hongroise, créateur d’une université en Hongrie et bête noire de M. Orban — qui le qualifie d’« ennemi caché, rusé, malhonnête » —, M. Szijjarto rejette toutefois toute accusation d’antisémitisme, affirmant que son gouvernement a, au contraire, encouragé « la renaissance de la communauté juive hongroise ». Ce n’est pas en Hongrie, a-t-il souligné, qu’on agresse un jeune homme qui porte la kippa ou qu’on assassine une vieille dame juive, allusion aux récents événements survenus en Allemagne et en France.
Malaise au Parti populaire européen
« J’entends le discours le plus affligeant, le plus alarmant, le plus scandaleux depuis que je suis membre de ce Parlement », a répliqué l’élu Vert allemand Jan Philip Albrecht. On notait, même au sein du groupe du Parti populaire européen, un malaise, une élue déplorant que la Hongrie « identifie les Européens comme des ennemis ».
Le Parlement devra désormais décider du sort de ce rapport et de sa suite. Plusieurs groupes politiques devraient réclamer le déclenchement de l’article 7 du traité européen. Il vise à garantir le respect, par tous les Etats membres, de l’Etat de droit et des valeurs fondamentales de l’Union. Il comporte un mécanisme dit « de prévention » autorisant le Conseil européen à alerter le pays concerné, et un autre de sanction, avec la suspension de certains droits pour ce pays, dont son droit de vote au Conseil.
Le Parlement a déjà adopté, en mai 2017, une résolution en vue du lancement de la procédure contre la Hongrie. En juillet de la même année, la Commission menaçait, elle, la Pologne. Elle a enclenché l’article 7 en décembre. Ces initiatives n’ont pas eu de réelles conséquences pour les pays concernés jusqu’ici.
Des eurodéputés évoquaient toutefois, jeudi, la menace d’un gel, ou d’une réduction, des fonds structurels pour Budapest. Une idée qui agite aussi la Commission, où l’on parle de conditionner l’attribution de ces fonds au respect de l’Etat de droit, à l’accueil de réfugiés, etc. Les mécanismes qui permettraient d’y parvenir restent toutefois incertains.
La situation ne paraît pas inquiéter outre mesure les élus européens du Fidesz : « Après les résultats des prochaines européennes en Hongrie et en Pologne, nous pourrons faire en sorte que le PPE reflète vraiment les valeurs européennes », assénait l’un d’eux. De quoi aggraver le malaise dans le camp des conservateurs, dont font partie les présidents du Conseil, de la Commission et du Parlement.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Des manifestants, mobilisés par milliers depuis le 13 avril, se sont de nouveau rassemblés jeudi pour réclamer la « capitulation » du parti Républicain, au pouvoir.
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Arménie : le Parlement prévoit d’élire un nouveau premier ministre le 1er mai

Des manifestants, mobilisés par milliers depuis le 13 avril, se sont de nouveau rassemblés jeudi pour réclamer la « capitulation » du parti Républicain, au pouvoir.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 19h57
   





                        



   


Malgré la démission du premier ministre, la contestation antigouvernementale ne faiblit pas en Arménie. Sous la pression des manifestations, le président du Parlement, Ara Babloïan, a décidé jeudi 26 avril de convoquer une réunion extraordinaire pour le 1er mai consacrée à l’élection d’un nouveau chef de gouvernement, le poste étant vacant depuis la démission de Serge Sarkissian, lundi.
« Tout dépend du nombre de candidats proposés par les partis, du nombre de députés qui souhaiteront prendre la parole (…). Mais il est très probable que nous aurons le temps d’élire le nouveau premier ministre le 1er mai », a dit le vice-président du Parlement, Edouard Charmazanov.

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Les manifestants, mobilisés par milliers depuis le 13 avril, ont à nouveau défilé dans les rues d’Erevan jeudi. Leur chef de file, le député et opposant Nikol Pachinian, qui se présente comme le « candidat du peuple » au poste de premier ministre, a appelé le parti Républicain au pouvoir à « capituler devant le peuple » 
La candidature de l’opposant au poste de premier ministre doit être proposée dans les prochains jours par le bloc d’opposition Yelk (« sortie » en arménien). « Si le Parti républicain a l’audace de présenter un candidat [au poste de premier ministre], le peuple encerclera immédiatement les bâtiments du Parlement et du gouvernement », avait prévenu M. Pachinian mercredi soir, devant ses partisans.
L’opposant a encore durci le ton jeudi soir en déclarant : « Si je ne suis pas élu premier ministre, il n’y aura pas du tout de premier ministre en Arménie. » 

   


La Russie comme médiatrice
Jusqu’alors, la Russie, qui absorbe environ un quart des exportations arméniennes et dispose d’une base militaire en Arménie, s’est tenue à l’écart de la crise. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répété jeudi qu’il s’agissait d’une « affaire intérieure arménienne ».
Mais quelques heures après la convocation de la réunion extraordinaire le 1er mai, le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu au téléphone avec le premier ministre arménien par intérim, Karen Karapetian, selon un communiqué du Kremlin.
Lors de cette conversation téléphonique, « il a été souligné que le règlement de la crise en Arménie devait se dérouler uniquement selon les normes du droit, dans le cadre de la Constitution en vigueur et sur la base des résultats des élections législatives légitimes qui ont eu lieu en avril 2017 ».
Déjà, mercredi, M. Poutine et son homologue arménien, Armen Sarkissian (sans lien de parenté avec Serge Sarkissian), s’étaient entretenus par téléphone et avaient appelé « toutes les forces politiques [arméniennes] à faire preuve de retenue et de responsabilité ».
Dans la foulée, le vice-premier ministre arménien, Armen Guevorkian, s’était rendu jeudi à Moscou pour des « consultations de travail » et devait rentrer dans la soirée à Erevan, la capitale de cette ex-république soviétique du Caucase du Sud, selon un porte-parole du gouvernement arménien.

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Quant au chef de la diplomatie arménienne, Edouard Nalbandian, il avait lui aussi fait le voyage dans la capitale russe, où il a eu « une courte rencontre » avec son homologue Sergueï Lavrov, a déclaré la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova.
Nikol Pachinian, chef de file de la contestation contre l’ancien président — et désormais ancien premier ministre — Serge Sarkissian et contre son parti au pouvoir, s’était également rendu mercredi à l’ambassade de Russie en Arménie pour « discuter de la situation à Erevan et dans le pays », selon un communiqué de la mission diplomatique russe.
« La partie russe a appelé les organisateurs des manifestations et des défilés à un dialogue constructif avec les autorités en place et avec les autres forces politiques », a fait savoir l’ambassade, soulignant que « la situation ne doit être réglée que dans le cadre du champ constitutionnel ».
Le parti Républicain favori
Signe des tensions au sein du pouvoir, les ministres de l’éducation, de l’écologie et du développement régional ont annoncé jeudi qu’ils quittaient le gouvernement, leur parti ayant abandonné la coalition au pouvoir la veille.
Mais l’issue de l’élection du 1er mai reste peu favorable aux opposants si de nouvelles élections législatives anticipées ne sont pas organisées. Au Parlement, un candidat a besoin de 53 voix pour être élu. Nikol Pachinian ne peut actuellement compter que sur le soutien de 40 députés, selon un responsable du bloc Yelk. Le Parti républicain au pouvoir, dispose, lui, de 58 sièges et a, théoriquement, toutes les chances de faire élire à nouveau son candidat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ La condamnation est très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait notamment vingt-deux ans et dix mois de réclusion contre chacun des coupables.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/04/2018
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Colère en Espagne à la suite de la condamnation pour « abus sexuels » de « la Meute » de Pampelune

La condamnation est très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait notamment vingt-deux ans et dix mois de réclusion contre chacun des coupables.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 07h05
   





                        



   


Ils se surnommaient « la Meute ». Cinq hommes ont été condamnés à neuf ans de prison, jeudi 26 avril en Espagne, pour « abus sexuels » et « abus de faiblesse » sur une femme de 18 ans aux fêtes de la San Fermin, à Pampelune – la capitale de la Navarre –, en juillet 2016.
Les cinq Andalous âgés de 27 à 29 ans – dont le groupe de messagerie WhatsApp était appelé « La Manada » (« la Meute ») – ont également été interdits d’approcher la victime à moins de 500 mètres et de la contacter pendant quinze ans. Ils devront par ailleurs lui verser une indemnisation de 50 000 euros.
Colère des associations féministes
Mais la décision du tribunal de Pampelune a provoqué la colère des associations de défense des droits des femmes, qui déplorent que l’accusation de viol n’ait pas été retenue par la justice. La condamnation est en effet très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait vingt-deux ans et dix mois de réclusion contre chacun d’eux, ainsi que 100 000 euros d’indemnisation totale.
La procureure avait rejeté les arguments de la défense en disant que « l’intimidation, gravissime, avait empêché la résistance ou la fuite ». Elle expliquait que la jeune femme, qui ne s’était jamais adonnée au sexe en groupe, avait rencontré ses agresseurs sept minutes avant le « viol ». La réquisition du parquet avait notamment été alourdie par le fait que l’un des accusés est membre de la garde civile – il est actuellement suspendu de ses fonctions –, et qu’un autre des accusés avait appartenu à l’armée.

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          Aux fêtes de San Fermin, les agressions sexuelles restent nombreuses



De son côté, la défense avait réclamé l’acquittement, en n’admettant que le vol du téléphone de la victime, abandonnée à demi-nue dans une entrée d’immeuble, le 7 juillet 2016. Les cinq hommes avaient auparavant proposé à la jeune femme de la raccompagner à pied jusqu’à sa voiture. Les prévenus, arrêtés dès le lendemain des faits, sont en détention provisoire depuis.
Vidéo et photos polémiques
Une des pièces centrales du procès surmédiatisé, qui s’était tenu en novembre 2017 à Pampelune, avait été une vidéo de quatre-vingt-seize secondes de leurs actes, diffusée avec le message « en train d’en baiser une à cinq ».
La défense soutenait que la jeune Madrilène – qui avait auparavant bu de la sangria – était consentante puisqu’elle n’avait jamais semblé dire « non » à l’image, gardant seulement les yeux fermés. La défense avait même engagé un détective privé pour suivre, peu avant le procès, la victime. Des clichés de la jeune femme souriant avec ses amis avaient été diffusés au cours des audiences, preuve, selon la défense, qu’elle ne subissait pas de traumatisme.
Surtout, une décision très contestée du juge a mis l’Espagne en émoi : celle d’accepter comme pièce à conviction une photo de la jeune femme extraite des réseaux sociaux et fournie par l’agence de détective. Sur l’image, on y voit la victime présumée dans un magasin, à côté d’un tee-shirt sur lequel figure le slogan d’un programme de télévision à succès : « Quoi que tu fasses, enlève ta culotte. »

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Que le juge accepte qu’un détective ait fouillé dans la vie privée de la jeune fille pour y chercher de quoi justifier un crime a provoqué une vague d’indignation en Espagne.
A Madrid, Barcelone, Séville, Valladolid ou Gijon le 17 novembre 2017, des milliers de manifestants avaient exprimé leur solidarité avec la victime aux cris de « Moi, je te crois ! » Sur les pancartes, on pouvait lire leur colère : « Tant qu’on ne me tue pas, on ne me croit pas », « Nous ne voulons pas être courageuses, nous voulons être libres », ou encore « La justice patriarcale est complice des agressions ».
La polémique est d’autant plus grande que le tribunal a refusé d’ajouter au dossier les messages que les suspects se sont échangés deux semaines avant leur voyage à Pampelune, où ils envisagent d’emporter de la burundanga, une drogue qui enlève les capacités de réaction de ceux qui l’ingèrent, et des sédatifs « pour les viols », disent-ils.
« Non, c’est non »
Quelques mois après le scandale Weinstein aux Etats-Unis, le slogan « moi, oui, je te crois » s’est lancé en Espagne. Les manifestations et la grève générale féministes du 8 mars en Espagne – inédites par leur ampleur – avaient fait référence à ce fait divers retentissant, notamment avec la pancarte « la pornographie crée des meutes ». Aussitôt après l’énoncé du jugement, des manifestants ont protesté aux portes du tribunal aux cris de « ce n’est pas un abus sexuel, c’est un viol ».
« Si cinq personnes qui s’en prennent à une fille n’est pas une agression, la question est de savoir ce qui ne va pas dans notre code pénal », a pour sa part commenté dans le quotidien El Pais l’ancienne secrétaire d’Etat à l’égalité, Soledad Murillo. La police nationale a également affiché son soutien envers la victime, écrivant sur Twitter, à douze reprises, « Non c’est non – nous sommes avec vous. » 

#NoesNo
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— policia (@Policía Nacional)


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Une manifestation a été organisée, jeudi soir à 20 heures, devant le ministère de la justice. Le ministre, Rafael Catala, a admis qu’il était temps de « réfléchir à une réforme » de la législation espagnole sur les agressions sexuelles, qui date de 1995. De son côté, l’avocat de la victime a annoncé qu’il allait faire appel de la décision, tout comme un porte-parole du parquet de Navarre. Les avocats de quatre accusés ont également annoncé leur intention de faire appel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Plutôt que de jouer la carte de la réglementation, la Commission européenne propose les grandes lignes d’un « code de bonne conduite ».
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« Fake news » : Bruxelles mise sur l’autorégulation

Plutôt que de jouer la carte de la réglementation, la Commission européenne propose les grandes lignes d’un « code de bonne conduite ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 12h36
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 06h40
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Face aux « fake news » (« fausses nouvelles ») et autres « vérités alternatives », « défis majeurs pour l’Europe », la Commission de Bruxelles riposte, mais avec un pistolet d’alarme seulement. A un peu plus d’un an des élections européennes de 2019, après les précédents du référendum britannique et, surtout, de l’élection présidentielle américaine, elle affirme vouloir prémunir les Européens et contribuer à la naissance d’un « écosystème transparent, crédible et responsable ».
Il y a urgence : les cas de désinformation se multiplient, et des tentatives de manipulation des résultats électoraux ont été détectées dans dix-huit pays ces dernières années. Une conférence européenne sera d’ailleurs consacrée à ce thème, fin 2018.
Agir, mais comment ? En misant sur l’autorégulation du secteur et de ses plates-formes. Elles sont capables, aux yeux de la Commission, de faire elles-mêmes la chasse aux fausses nouvelles. Que se passera-t-il toutefois lorsqu’une fausse information ou de la propagande seront intentionnellement diffusées ? Pas de réponse, ce qui soulève des interrogations sur la crédibilité du projet.
Le pari de la confiance dans les réseaux sociaux
Jeudi 26 avril, Bruxelles devait proposer non pas une réglementation, mais les grandes lignes d’un « code de conduite », inspiré par les recommandations d’un groupe d’experts internationaux. A l’en croire, il sera « ambitieux ». Pas question, cependant, d’évoquer d’éventuels déréférencements de sites, le retrait obligatoire de contenus ou l’impératif de coopérer, comme cela est envisagé en France et dans d’autres pays. En Allemagne, une loi « anti-fake news », entrée en vigueur le 1er janvier, crée la polémique. Elle prévoit des sanctions contre les auteurs et pointe la responsabilité des diffuseurs.
« Le secteur du numérique change trop vite, nous devons nous en tenir à cette base volontaire »
La Commission fait le pari que l’on peut encore avoir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La France et plusieurs pays de l’Union européenne ne souhaitent pas que leurs contributions financières bénéficient au régime de Bachar Al-Assad.
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Après sept ans de guerre en Syrie, la lassitude des donateurs internationaux

La France et plusieurs pays de l’Union européenne ne souhaitent pas que leurs contributions financières bénéficient au régime de Bachar Al-Assad.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h55
    |

                            Allan Kaval et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

C’est sur un bilan en demi-teinte que s’est achevée, mercredi 25 avril, la deuxième conférence de Bruxelles sur la Syrie. Quelque 4,4 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros) ont été promis, selon Mark Lowcock, sous-secrétaire général des Nations unies pour les affaires humanitaires. Les organisateurs jugeaient, au départ, qu’il fallait rassembler, dans un scénario idéal, quelque 3,5 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros) pour l’aide humanitaire en Syrie et 5,6 milliards (4,5 milliards d’euros) pour soutenir l’aide aux réfugiés dans les pays voisins.
« Il y a toujours une certaine lassitude de la part des donneurs quand un conflit s’éternise, mais cette conférence a le mérite de contribuer à maintenir la question syrienne sur le devant de la scène diplomatique », relève une source française. Les sommes promises doivent notamment servir à financer l’aide humanitaire dans les pays voisins de la Syrie, qui abritent plus de 5,6 millions des 7 millions de Syriens réfugiés à l’étranger. En premier lieu la Turquie, la Jordanie et le Liban.

La lassitude de certains des 85 contributeurs potentiels rassemblés dans la capitale belge se fait-elle aussi sentir au plan politique ? Sans doute. « Nous assistons à l’un des plus grands échecs politiques du début du XXIe siècle », déplore le haut-commissaire pour les réfugiés, Filippo Grandi. Y remédier est-il encore possible ? Un appel a, en tout cas, été lancé à la Russie, à la Turquie et à l’Iran – tous présents – pour qu’ils s’engagent en faveur d’une reprise des négociations de paix à Genève sous l’égide de l’ONU, dont le régime de Bachar Al-Assad, qui s’estime en position de force, s’est retiré.
« Nous n’attendions pas de percée décisive, mais nous n’avons pas assisté à une confrontation », expliquait, en termes très diplomatiques, Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie. « Il faut reconstruire la confiance entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Alors que les autorités s’inquiètent de la montée de l’antisémitisme, des rassemblements ont été organisés dans le pays, notamment dans la capitale sous le mot d’ordre « Berlin porte une kippa ».
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En Allemagne, mobilisation contre l’antisémitisme

Alors que les autorités s’inquiètent de la montée de l’antisémitisme, des rassemblements ont été organisés dans le pays, notamment dans la capitale sous le mot d’ordre « Berlin porte une kippa ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h32
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Markus n’est pas juif et « c’est justement pour cela qu’il est venu ». Mercredi 25 avril, cet infirmier « 100 % athée » n’a « pas hésité une seconde » à participer au rassemblement organisé devant le siège de la communauté juive berlinoise, huit jours après l’agression d’un jeune Israélien – d’origine arabe – qui se promenait avec une kippa sur la tête dans la capitale allemande.
« Il y a en ce moment une montée de l’antisémitisme un peu partout en Europe. Je ne pense pas que ce soit pire ici qu’ailleurs. Mais, en tant qu’Allemand, il m’est particulièrement insupportable de savoir qu’on peut se faire attaquer à Berlin parce qu’on est juif », explique Markus.

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Environ 2 500 personnes ont participé à ce rassemblement, sous le mot d’ordre : « Berlin porte une kippa ». Plusieurs responsables politiques, comme le maire social-démocrate de la ville, Michaël Müller, ou le président du groupe conservateur au Bundestag, Volker Kauder, étaient présents.
« Oui, c’est grave »
« Ici, en Allemagne, nous nous sommes un peu trop habitués à certaines choses. Un peu d’antisémitisme ici, un peu de racisme par-là, un peu d’islamophobie ailleurs, au fond, est-ce que tout cela est si grave ? Oui, c’est grave », a déclaré le président du Conseil central des juifs d’Allemagne, Josef Schuster. La veille, il avait « déconseillé » le port de la kippa dans les grandes villes pour des raisons de sécurité.
D’autres manifestations du même type se sont tenues, mercredi, à Cologne et à Francfort notamment. A Berlin, dans le quartier populaire de Neukölln, un petit rassemblement contre l’antisémitisme a été dissous après que des inconnus ont traité les participants de « terroristes » et ont arraché un drapeau israélien, a indiqué la police.
Le même jour, la Fédération de l’industrie musicale allemande a annoncé la suppression des prix Echo, l’équivalent des Victoires de la musique outre-Rhin. Cette décision a été prise après le scandale suscité par la remise de cette récompense aux rappeurs allemands Kollegah et Farid Bang, le 12 avril, dont l’une des chansons évoque « mon corps plus dessiné que ceux des prisonniers d’Auschwitz », tandis qu’une autre appelle à « commettre à nouveau un Holocauste ».

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                Antisémitisme : le scandale des « Victoires » de la musique allemandes s’amplifie



Plusieurs artistes avaient décidé de rendre leurs propres prix Echo, en signe de protestation. Ce fut notamment le cas du chef d’orchestre et pianiste israélo-argentin Daniel Barenboim, sept fois lauréat du prix, qui s’est indigné que soient récompensés des chanteurs dont les textes sont « ouvertement antisémites, misogynes, homophobes et d’une façon générale méprisants pour la dignité humaine ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Autoproclamé indépendant à la chute de l’Union soviétique, en 1991, cette province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan est au centre d’un conflit régional. Le photographe Emanuele Amighetti a exploré l’ultramilitarisation de la société.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                
                                    

La guerre sans fin du Haut-Karabakh


                      Autoproclamé indépendant à la chute de l’Union soviétique, en 1991, cette province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan est au centre d’un conflit régional. Le photographe Emanuele Amighetti a exploré l’ultramilitarisation de la société.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h15
    |

            Benoît Vitkine








   


La plaisanterie veut que l’armée du Haut-Karabakh compte 150 000 soldats… soit la totalité de la population de cet Etat non reconnu, grand comme un département français. Les effectifs seraient en fait plus proche de 25 000, mais le bon mot cache une réalité : suspendue à ses montagnes, l’enclave sécessionniste de l’Azerbaïdjan fait figure de Sparte du Caucase, un territoire farouchement attaché à son existence et plongé dans un état de guerre permanent.
Pour comprendre cette histoire complexe et tourmentée, il faut remonter dans le temps. Province peuplée en majorité d’Arméniens, rattachée à l’Azerbaïdjan en 1921 par Staline, le Haut-Karabakh est le théâtre d’affrontements ethniques à partir de 1988, voilà trente ans. En 1991, à la chute de l’Union soviétique, il proclame son indépendance, entraînant un conflit armé régional. Un fragile cessez-le-feu est signé en 1994 après une débâcle militaire de l’Azerbaïdjan – plus de 30 000 morts de part et d’autre – et l’expulsion des Azéris. Dans l’affaire, le pays a perdu 13 % de son territoire.
Cette « indépendance » chèrement acquise n’est reconnue que par une poignée d’Etats fantoches : Bakou, la capitale azerbaïdjanaise, a pour elle le droit international et le principe d’intangibilité des frontières. Même l’Arménie, qui soutient militairement son voisin, ne se risque pas à reconnaître son indépendance. Depuis, pour oublié qu’il soit, le conflit du Haut-Karabakh est tout sauf gelé. Les flambées de violences y sont régulières, la dernière en date remontant à avril 2016. Bilan : 100 morts.
Un service militaire de deux ans
La cause du Karabakh revêt un statut quasi mythique pour l’Arménie et sa diaspora. Depuis le traumatisme du génocide de 1915, cette victoire sur une armée plus nombreuse et mieux équipée a fait de cette région montagneuse un symbole de la renaissance de tout un peuple, une cause sacrée. Le Haut-Karabakh se rêve en Etat, avec institutions, drapeau, représentations diplomatiques à l’étranger et même un aéroport – inutilisé à cause de la menace azerbaïdjanaise d’abattre tout avion qui oserait s’y aventurer.
Mais l’aspect le plus saillant de cette situation est l’ultramilitarisation de la société karabakhtsie. Le service militaire y dure deux ans, et les hommes sont mobilisables jusqu’à l’âge de 45 ans. A l’école, l’héritage soviétique ayant été remis au goût du jour, les enfants commencent une formation au combat dès 14 ans. La classe politique est uniquement composée de militaires, en exercice ou retraités, et la fierté des faits d’armes passés irrigue l’ensemble des esprits, quitte à passer sous silence les épisodes moins glorieux, comme l’expulsion des Azéris de la région.

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C’est à cette réalité qu’a choisi de s’intéresser le photographe italien Emanuele Amighetti, qui s’est rendu sur place en avril 2017. « Je voulais donner un visage à ces jeunes hommes et femmes pris dans les limbes d’une guerre sans fin et explorer leurs réactions face à la dureté de leur vie, explique-t-il. Mais j’ai été surpris de sentir surtout de l’insouciance, d’entendre les mêmes rêves et les mêmes désirs que dans nos sociétés. »



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La BCE se penche sur le mystérieux ralentissement de la zone euro

La Banque centrale européenne se réunit jeudi 26 avril. Le coup de mou de l’activité en Europe confirme sa stratégie prudente.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h07
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Mi-figue, mi-raisin. Jeudi 26 avril, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) se réunit dans un contexte conjoncturel en demi-teinte. Les velléités protectionnistes américaines et le risque d’une guerre commerciale inquiètent les chefs d’entreprise. Le président de l’institut de Francfort, Mario Draghi, sera à coup sûr interrogé sur le sujet lors de sa conférence de presse. Il devra surtout répondre à la question qui taraude une partie des économistes depuis quelques semaines : pourquoi la croissance de la zone euro donne-t-elle soudain des signes de faiblesse ?
L’année 2017 s’était pourtant achevée sur les chapeaux de roues. Après une décennie sombre, l’union monétaire avait enfin renoué avec une croissance solide (2,5 %), le commerce mondial redémarrait, les créations d’emplois se multipliaient… En somme, l’alignement des planètes économiques était parfait.
Un retour à la normale
Mais cette belle mécanique n’a pas tardé à se gripper. « Les données de l’activité dans la construction, l’industrie et le commerce ont été décevantes sur les premiers mois de l’année », résume Jack Allen, chez Capital Economics. En février, la production industrielle de la zone euro a flanché de 0,8 %. Surtout : dans la plupart des pays membres, entreprises et consommateurs sont un peu moins optimistes. Selon les chiffres publiés mardi 24 avril par l’Insee, le climat français des affaires s’est érodé pour le troisième mois d’affilée en avril. Tout comme le moral des patrons allemands, selon le baromètre dévoilé par l’Ifo le même jour.
Dans les deux cas, les indicateurs restent supérieurs à leur moyenne à long terme. Pas de raison de paniquer, donc. D’autant que certains de ces chiffres, très volatils, doivent être interprétés avec précaution, car ils ne reflètent pas forcément des tendances de fond. Il n’empêche : le PIB du premier trimestre, publié le 2 mai, pourrait tomber autour de 0,3 % ou 0,4 % dans la zone euro, loin...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 25/04/2018
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Dix pays de l’OTAN cherchent à pallier la défection d’un fournisseur russe d’avions-cargos

L’entreprise, qui travaillait depuis plus de dix ans dans le cadre d’un contrat de sous-traitance, ne louera plus d’avions-cargos aux armées européennes à partir de 2019.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 07h39
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Les représentants de dix pays de l’OTAN devaient se retrouver jeudi 26 avril à Gdansk, en Pologne, pour une réunion de crise. En cause : la défection annoncée d’un prestataire russe du transport aérien militaire, Ruslan. L’entreprise, qui travaillait depuis plus de dix ans dans le cadre d’un contrat de sous-traitance, ne fournira plus d’avions-cargos aux armées européennes à partir de 2019.
Allemagne, Belgique, France, Hongrie, Luxembourg, Norvège, Pologne, Slovaquie, Slovénie et République tchèque doivent trouver des alternatives. Les opérations militaires de ces dix nations, au premier rang desquelles la France, très engagée à l’extérieur, pourraient connaître des problèmes logistiques.

En France, cette difficulté s’ajoute à un dossier déjà lourd. Plusieurs investigations ont été lancées depuis 2017 sur des irrégularités entourant les marchés publics de l’affrètement aérien dit « stratégique », entre le territoire et les troupes déployées à l’étranger : enquête pénale du parquet national financier, enquête interne du contrôle général des armées, enquête de commandement de l’état-major.
L’agence de soutien et d’approvisionnement de l’OTAN (NSPA) a conclu en 2006 un contrat, « SALIS », de sous-traitance d’Antonov124, auprès de compagnies russes et ukrainiennes. Les armées occidentales, à l’exception des Etats-Unis avec leurs C5-Galaxy, ne possèdent pas de très gros porteurs de ce type. Sur le marché mondial, ces avions sont très peu nombreux, et propriété quasi exclusive de sociétés issues de l’ancien bloc soviétique. En 2010, six compagnies louaient trente Antonov124. En 2018, ne subsistent que trois compagnies, disposant de vingt avions.
« Talon d’Achille des forces françaises »
Après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, l’OTAN a dû scinder en deux son contrat pour des raisons politiques. D’un côté, les prestataires ukrainiens, avec la compagnie Antonov DB, qui ont assuré 900 heures de vol en 2017 dans le cadre...




                        

                        


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En Turquie, des journalistes de « Cumhuriyet » condamnés à de la prison

La justice turque a condamné les membres du journal d’opposition pour leur supposé soutien à des « organisations terroristes ».



Le Monde
 |    25.04.2018 à 21h11
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 11h11
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Le tribunal de Silivri, près d’Istanbul, a condamné, mercredi 25 avril, quatorze collaborateurs du quotidien d’opposition Cumhuriyet à des peines allant de deux ans et demi à sept ans et demi de prison pour leur soutien à des « organisations terroristes » au terme d’un procès révélateur des menaces qui pèsent sur l’Etat de droit en Turquie.
Les quatorze collaborateurs de Cumhuriyet ont été reconnus coupables d’avoir soutenu, « sans en être membres », trois organisations terroristes pourtant hostiles les unes aux autres, soit le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le Parti-Front de libération du peuple révolutionnaire (DHKP-C), un groupuscule d’extrême gauche, ainsi que le mouvement du prédicateur musulman Fethullah Gülen, considéré par Ankara comme l’instigateur de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.
« Le journalisme n’est pas un crime. Scruter les puissants ne relève pas du terrorisme, mais du service public. Nous sommes déçus par l’incapacité de la justice turque à protéger les journalistes des graves entraves à leurs droits fondamentaux », a déclaré Barbara Trionfi, la directrice de l’International Press Institute, après l’énoncé du verdict. « Vous aurez honte devant l’histoire », titrait Cumhuriyet sur son site, mercredi soir.

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En détention préventive depuis 542 jours, Akin Atalay, le directeur de Cumhuriyet, a été condamné à sept ans et trois mois de prison et a été placé en liberté conditionnelle jusqu’au procès en appel. M. Atalay était le seul prévenu encore incarcéré, tous les autres comparaissaient libres. Le rédacteur en chef, Murat Sabuncu, a été condamné à sept ans et six mois de prison, de même que les journalistes Ahmet Sik et Aydin Engin. L’éditorialiste Kadri Gursel a été condamné à deux ans et six mois, le caricaturiste Musa Kart à trois ans et neuf mois.
Acte d’accusation vide
Orhan Erinç, un vétéran du journalisme, 82 ans, a été condamné à six ans et trois mois. Prison aussi pour Bülent Utku, l’avocat du quotidien (quatre ans et six mois) ainsi que pour le comptable Emre Iper (trois ans et un mois). Tous ont été placés en liberté conditionnelle sous contrôle judiciaire. Trois prévenus ont été acquittés, dont Turhan Günay, le rédacteur en chef du supplément littéraire.
Emblématique de l’acharnement du pouvoir à étouffer la presse indépendante, le procès Cumhuriyet marque par son caractère absurde. Les prévenus ont été jugés coupables d’avoir « aidé des organisations terroristes » mais leur acte d’accusation est vide. « Par aide, on entend généralement une aide matérielle », a dénoncé Duygun Yarsuvat, l’un des avocats de la défense, déplorant l’inconsistance des charges.
Les seules preuves à charge sont les écrits des journalistes et leurs interventions sur les réseaux sociaux. Autre crime : les titres de Cumhuriyet ont pu être similaires à ceux de Zaman, le quotidien financé par le mouvement Gülen, fermé en mars 2016 sur ordre du palais présidentiel.
« C’est le journalisme qui est poursuivi ici », a déclaré Kadri Gursel, qui a passé onze mois derrière les barreaux avant d’être libéré en 2017. « Nous sortirons d’ici la tête haute et nous continuerons à écrire courageusement, même si c’est difficile dans un environnement hostile à l’Etat de droit et à la démocratie », a-t-il plaidé avant l’énoncé du verdict.

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