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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Depuis quarante ans, des associations effectuent un travail de sensibilisation pour faire redécouvrir le passé colonial allemand, peu connu.
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Reportage

Le long combat des militants africains pour décoloniser les rues de Berlin

Depuis quarante ans, des associations effectuent un travail de sensibilisation pour faire redécouvrir le passé colonial allemand, peu connu.

Par                Aimie Eliot (contributrice Le Monde Afrique, Berlin)



LE MONDE
              datetime="2018-04-27T17:43:39+02:00"

        Le 27.04.2018 à 17h43






    
La place Nachtigal et l’avenue Peters, à Berlin, portent le nom de figures controversées de l’histoire coloniale allemande.
Crédits : MICHELE TANTUSSI/AFP


Rue du Togo, du Cameroun ou encore du Ghana : au détour d’une dizaine d’artères, l’Afrique surgit dans le quartier résidentiel sans charme de Wedding, dans le nord-ouest de Berlin. Cet Africanisches Viertel (« le quartier africain »), comme le surnomment les riverains, fait bondir Mnyaka Sururu Mboro, fondateur de l’association Berlin Postkolonial : « Il ne mérite qu’un seul nom, le quartier colonial ! », tonitrue l’enseignant à la retraite d’origine tanzanienne dans un café des alentours où le même Formica semble sommeiller depuis 1978, année où il a posé ses valises dans la capitale allemande.
Alors qu’on lui vantait un Berlin-Ouest ouvert sur le monde, idéal pour y poursuivre ses études, il découvre qu’on y glorifie le passé colonial allemand. « Cela n’avait rien d’un hommage à l’Afrique, comme je l’ai d’abord naïvement cru, se souvient-il. La rue Transvaal évoque la colonie sud-africaine où vivaient les Boers, colons d’origine allemande, entre autres, et la rue Tanga un poste militaire d’Afrique orientale allemande. Ce sont tous des endroits qui évoquent implicitement la domination allemande sur le continent. » 

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Trois toponymes sont sans équivoque : la rue Lüderitz, la place Nachtigal et l’avenue Peters, qui portent les noms de figures de l’histoire coloniale allemande ayant pris part, de près ou de loin, aux exactions perpétrées en Afrique. « Carl Peters était une véritable brute, il pratiquait des expéditions punitives où il torturait les populations locales qui ne voulaient pas lui céder ses terres », raconte Mnyaka Sururu Mboro. Il aura fallu près de quarante ans pour que l’enseignant voie la commission de la culture de l’arrondissement recommander, le 11 avril, que ces trois rues soient rebaptisées.
« Beaucoup pensent que le pays n’a pas eu de colonie »
Un soulagement pour celui qui a initié la première vague de contestations dans les années 1980. « Avec un groupe d’amis africains, nous avions fabriqué de faux noms qu’on avait collés sur les panneaux de rue et personne ne s’en était rendu compte ! », sourit-il. Le mouvement prend de l’ampleur dans les années 2000, soutenu par la deuxième génération de la diaspora africaine. Mnyanka Sururu Mboro crée alors l’association Berlin Postkolonial, qui plaide pour « une lecture critique de l’histoire coloniale allemande » et la disparition de cet « ingrat hommage » présent dans différents coins de la ville.
Mais l’association se heurte à la méconnaissance générale de la période et peine à imposer la question dans le débat public. « En Allemagne, on a consacré beaucoup de temps et d’énergie à parler de la seconde guerre mondiale, du nazisme et de la Shoah, et le colonialisme allemand est passé à la trappe, on n’en parle pas et on l’enseigne peu, regrette Christian Kopp, historien et militant au sein de l’association. D’ailleurs, dans les livres d’histoire à l’école, le sujet se résume à quelques pages. Beaucoup pensent que le pays n’a pas eu de colonie, à la différence de la France ou du Royaume-Uni. »

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Persuadés que leur lutte ne sera relayée qu’à coups d’actions de sensibilisation, les militants commencent à descendre dans la rue en 2007. Armés de frises, de cartes et de photos d’archives, ils organisent des visites guidées et racontent, au pied des panneaux de rue, les dessous de leur sombre nomenclature. « Cela permet d’éveiller les consciences, affirme Joshua Kwesi Aikins, l’un des guides de l’association. J’ai vu plusieurs habitants du quartier se mettre à pleurer pendant mes explications. »
Les visites ébranlent. Dérangent, aussi. Les militants sont pris à partie par des riverains qui les accusent de venir semer le trouble dans un quartier sans histoires. « Des gens sont venus me voir en me disant que je racontais n’importe quoi, que Lüderitz était une bonne personne, qu’il s’était rendu en Afrique et qu’il avait donné sa fortune aux populations », souligne, atterré, Abdel Amine Mohammed, un jeune Togolais membre de l’association.
Pour une reconnaissance du génocide en Namibie
A l’annonce, mi-avril, des nouveaux noms de rue retenus dans la liste soumise par les militants, ceux-ci ont pu célébrer le premier pas vers la victoire. La commission culturelle de l’arrondissement a choisi trois symboles de la résistance anticoloniale : Anna Mungunda, de la communauté herero, et Cornelius Frederiks, du peuple nama, pour la Namibie ; Rudolf Manga Bell pour le Cameroun. Elle a aussi proposé de faire figurer l’insurrection des Maji-Maji, soulèvement contre l’oppression coloniale en Tanzanie entre 1905 et 1907.
Un changement de perspective sur la période qui reflète une lente progression des mentalités, souligne Joshua Kwesi Aikins : « Le sujet est entré dans le débat public et les politiques réalisent enfin que l’ancrage du racisme dans ce pays et les discriminations raciales que subissent les communautés noires ont à voir avec ce type de commémorations, qui doivent cesser. » Quand le maire annoncera-t-il officiellement le changement des plaques ? « Cela pourrait prendre quelques mois et les riverains ont le droit de s’y opposer, mais il y a très peu de risques que cela arrive », affirme, confiant, Christian Kopp.

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Berlin Postkolonial n’en a pas pour autant fini de militer pour que l’Allemagne repense son passé colonial. Sur un autre front, l’association réclame depuis des années que l’Etat reconnaisse officiellement le génocide des Herero et des Nama entre 1904 et 1908 en Namibie. « Je suis fière qu’Anna Mungunda ait été choisie pour remplacer le nom d’un criminel », souligne Israel Kaunatjike, représentant de l’ethnie herero à Berlin, qui exige aujourd’hui excuses et réparations de la part de l’Etat allemand : « J’espère que la décolonisation des rues poussera le gouvernement à réaliser qu’il ne peut plus échapper à ses responsabilités. » Une plainte contre Berlin a été déposée devant un tribunal de New York, qui doit rendre son jugement en mai.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ La rencontre vendredi entre les dirigeants sud et nord-coréen a donné lieu à de nombreux moments symboliques.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Depuis le 30 mars, un mouvement de protestation appelé la « grande marche du retour » mobilise chaque vendredi des milliers de Palestiniens. Quarante-quatre d’entre eux ont déjà été tués.
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Gaza : trois Palestiniens tués par des tirs israéliens lors de manifestations

Depuis le 30 mars, un mouvement de protestation appelé la « grande marche du retour » mobilise chaque vendredi des milliers de Palestiniens. Quarante-quatre d’entre eux ont déjà été tués.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 18h55
   





                        


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            data-slide-description="Près de la frontière orientale de la bande de Gaza, à l’est de la ville de Jabalia."
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            data-slide-description="Des manifestants palestiniens tentent d’abattre une partie de la clôture de la frontière entre Israël et Gaza, à l’est de la ville de Gaza."
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            data-slide-description="L’armée israélienne a ordre de tirer sur quiconque tente de s’approcher ou d’endommager la clôture."
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            data-slide-description="Un manifestant palestinien utilise une fronde contre les forces de sécurité israéliennes près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza."
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            data-slide-description="Des manifestants fuient les multiples gaz lacrymogènes tirés par les forces de sécurité israéliennes près de Khan Younès."
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            data-slide-description="Selon le ministère de la santé de Gaza, plus de 150 personnes ont été blessées par balles ou par gaz lacrymogènes vendredi, dont un journaliste palestinien."
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            data-slide-description="Des manifestants souffrants de l’effet des gaz, à l’est de Khan Younès."
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            data-slide-description="Dans le sud de la bande de Gaza."
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            data-slide-description="Un manifestant blessé est évacué, dans le sud de la bande de Gaza."
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            data-slide-description="Des manifestants palestiniens ont lancé un cerf-volant enflammé pour incendier le territoire israélien près de Khan Younès, au sud de la bande de Gaza."
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            data-slide-description="Des manifestants palestiniens remplissent des sacs de sable pour s’en faire des abris, en vue des affrontements à venir, à l’est de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza."
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Près de la frontière orientale de la bande de Gaza, à l’est de la ville de Jabalia.

MOHAMMED ABED / AFP
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Pour le cinquième vendredi de suite, des milliers de Palestiniens ont manifesté, vendredi 27 avril, le long de la frontière israélienne dans la bande de Gaza. Trois des manifestants ont été tués par des tirs israéliens, et une cinquantaine de personnes ont été blessées, a annoncé le ministère de la santé gazaoui.
Ce nouveau mort porte à quarante-quatre le nombre de Palestiniens tués depuis le 30 mars, date du début du mouvement de protestation appelé la « grande marche du retour ». Chaque vendredi, des milliers de manifestants revendiquent le droit des Palestiniens de retourner sur les terres dont ils furent chassés ou qu’ils durent fuir à la création de l’Etat d’Israël, en 1948. Le mouvement dénonce également le blocus israélien imposé à Gaza.

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Critique d’ONG et de l’Union européenne
La plupart des manifestants se tiennent à distance de la barrière lourdement gardée par des soldats israéliens. Mais des groupes s’approchent de la frontière pour lancer des pierres ou des engins incendiaires sur les soldats ou tenter de forcer la ligne de barbelés déroulée par Israël en avant de la barrière. Les soldats israéliens ripostent par des moyens antiémeutes ou tirent à balles réelles sur les manifestants.
Cette riposte des militaires israéliens fait l’objet de critiques d’organisations de défense des droits humains et a suscité des demandes d’enquêtes indépendantes de la part de l’ONU et de l’Union européenne. Demandes qu’Israël rejette systématiquement.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Chef adjoint du service International du « Monde », spécialiste de l’Asie, Harold Thibault a répondu aux questions d’internautes sur les retrouvailles, vendredi, entre le dirigeant nord-coréen et son homologue du Sud.
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Sommet historique intercoréen : « Moon Jae-in se pose en messager entre Trump et Kim Jong-un »

Chef adjoint du service International du « Monde », spécialiste de l’Asie, Harold Thibault a répondu aux questions d’internautes sur les retrouvailles, vendredi, entre le dirigeant nord-coréen et son homologue du Sud.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h01
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 18h28
    |

            Harold Thibault








                        



A l’issue de retrouvailles historiques, vendredi 27 avril, le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, et son homologue du Sud, Moon Jae-in, ont publié une déclaration commune dans laquelle ils s’engagent à une « dénucléarisation complète de la péninsule » et conviennent de cesser toute activité hostile. Chef adjoint du service International du Monde, spécialiste de l’Asie, Harold Thibault a répondu aux questions d’internautes sur le sommet entre les deux Corées.

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XL : Quelles raisons peuvent expliquer un revirement à 90° de la Corée du Nord ? Un abandon du nucléaire militaire qui serait trop onéreux ou trop technique ? Des compensations financières étrangères ?
Harold Thibault : D’abord, pour parler d’un revirement à 90 degrés, il faudrait être certain qu’il y a bien abandon du nucléaire. Pour l’instant, et y compris lors du sommet du vendredi 27 avril, Kim Jong-un a dit qu’il était pour la dénucléarisation de la péninsule, mais il n’a pas donné de calendrier ni de détails. Il est possible qu’il envisage de renoncer à son arsenal, mais il est tout aussi envisageable, diront les sceptiques, qu’il cherche à gagner quelques années, et un allégement des sanctions, sans renoncer à l’ensemble de sa force nucléaire. Pour l’instant, on ne sait pas.
Cela dit, plusieurs raisons pourraient l’avoir convaincu de changer de trajectoire. D’abord, avec les menaces du président américain, Donald Trump, et son entourage de faucons, l’hypothèse de frappes préventives n’était plus totalement exclue — or, la priorité de M. Kim est la survie de son régime. Ensuite, les sanctions commencent à peser sur la vie des Nord-Coréens, ou du moins freinent le développement du pays. Or, Kim Jong-un poursuit une politique dite « ligne byungjin », le développement de la dissuasion nucléaire et de l’économie. Ce deuxième objectif s’est trouvé lourdement affecté par le premier.
wawa : Quelle est la réaction de chaque côté de l’opinion publique ? Défiance, euphorie, attentisme ?
Harold Thibault : On ne sait pas à quel point la population nord-coréenne a été informée de la rencontre pour l’heure. Elle n’a pas été mentionnée dans la journée à la télévision d’Etat — qui diffuse souvent ces nouvelles à retardement, pour être certaine de contrôler le message, en opposition à l’instantanéité du direct. Mais la population du Nord a l’espoir de l’ouverture. Les Nord-Coréens, quand ils en ont l’occasion, posent beaucoup de questions sur le monde extérieur. Ils voudraient voir ce « mur » de la fermeture tomber comme celui de Berlin. Pour ça, l’apaisement est vu en Corée du Nord d’un œil positif par la population.
Mais la grande question est celle de la bombe. C’est un réel élément de fierté : le Sud, qui est riche, ne l’a pas ; le Nord est parvenu à ce symbole d’autonomie. Alors, comment expliquer le démantèlement du programme nucléaire s’il devait avoir lieu ? Même si la population serait ravie de la levée des sanctions. S’agissant du Sud, on décrit une certaine euphorie à Séoul : il y a encore quelques mois, les Sud-Coréens s’inquiétaient réellement des tensions entre MM. Trump et Kim, qui semblaient tous deux jouer dangereusement avec la sécurité des Sud-Coréens. Aujourd’hui, on parle de paix, d’une paix potentiellement durable, signée peut-être bientôt par Kim Jong-un et par Donald Trump. Il y a de quoi se réjouir.

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Benjamin : Les deux dirigeants des Corées ont-ils les moyens de parvenir seuls, sans leurs alliés étrangers, à la réunification ?
Harold Thibault : Je ne crois pas que la réunification soit un de leurs objectifs, même si elle est évoquée, désormais plus comme une aspiration à terme. D’abord, s’il y avait réunification, ce serait sur le modèle du Sud — on ne voit pas la onzième économie mondiale se convertir au stalinisme. Ça se ferait par une intégration du Nord au système politique et économique du Sud — donc la disparition du régime du Nord, du pouvoir de Kim Jong-un. La fermeture et la bombe sont les garanties pour M. Kim que ça n’advienne pas.
Quant au Sud, la nouvelle génération ne veut pas pour le moment de réunification : ce serait coûteux — l’écart de richesse est bien plus fort qu’il ne l’était entre Allemagnes de l’Ouest et de l’Est — et ça ne lui semble pas à l’ordre du jour. Au contraire, on peut imaginer que ce que M. Kim demande aux Etats-Unis et au Sud, c’est la fin de l’hostilité à l’existence de son régime. Pour ce qui est de leurs alliés, la Chine verrait d’un mauvais œil une réunification sur le modèle du Sud, très proche allié des Etats-Unis : elle signifierait d’abord la présence de troupes américaines à sa frontière avec la péninsule coréenne.

   


Biniou13 : Ce réchauffement des relations entre les deux pays n’est-il pas, outre un succès pour les deux dirigeants, une belle victoire sur le plan international pour Donald Trump ?
Harold Thibault : C’est l’ironie de cette baisse des tensions dans la péninsule : à l’automne 2017, Donald Trump tweetait que le président sud-coréen perdait son temps à tendre la main à Kim Jong-un. Mais si le sommet qui doit être organisé fin mai-début juin entre M. Trump et Kim Jong-un est un succès, nul doute que M. Trump se targuera d’une belle victoire diplomatique. C’est intelligent de la part du président sud-coréen, Moon Jae-in : il peut apporter un succès à M. Trump, et se pose comme un messager entre les deux — il sait qu’il n’y aura pas d’avancée si le président américain n’y trouve pas son compte en termes de communication politique.
La question, c’est aussi celle des sanctions qui ont été renforcées sous M. Trump. Elles font souffrir la population, et le président russe, Vladimir Poutine, a dit que les Nord-Coréens seraient prêts à « manger du gazon » plutôt que de renoncer. Mais si M. Kim veut être celui qui aura apporté le bien-être à sa population, qui ne veut plus connaître la famine subie au début des années 2000 sous son père, il faut aussi adapter sa politique.
Joy : De quels moyens dispose la Corée du Sud, ou ses alliés, pour s’assurer de la dénucléarisation du Nord ?
Harold Thibault : C’est une vraie problématique. En mai ou juin, lors du sommet Trump-Kim, les Etats-Unis voudront un engagement bien plus précis et un calendrier de démantèlement. Pour les Etats-Unis, ce doit être « complet, vérifiable, irréversible ». Tout dépend du bon vouloir de la Corée du Nord : ouverture de l’accès aux sites, etc.
Cette fois, l’approche des Etats-Unis, où la discussion sera pilotée par des durs — John Bolton, conseiller à la sécurité, Mike Pompeo, secrétaire d’Etat —, sera de demander des preuves rapides. Ils feront une offre à prendre ou à laisser, avec à la clé la réintégration au monde extérieur. Donc, si les Américains ne sont pas satisfaits rapidement, une nouvelle crise se présentera aussi assez vite. Il y a une grande difficulté à établir la confiance entre deux pays hostiles, les Etats-Unis et la Corée du Nord.
La tentation est vive de conserver des armes au cas où la partie américaine se montrerait plus agressive. D’autant que M. Trump menace régulièrement de déchirer l’accord avec l’Iran — mais demande à M. Kim d’abandonner ce qu’il considère comme la garantie de sa survie.
jfd : Comment comprenez-vous l’attitude de la Chine ?
Harold Thibault : Pour Pékin, la Corée du Nord est un levier dans sa relation complexe — commerciale, militaire, diplomatique — avec les Etats-Unis : c’est la Chine qui a la main sur l’application des sanctions puisque c’est avec elle que Pyongyang fait l’essentiel de son commerce extérieur. Voir les Etats-Unis et la Corée du Nord se rapprocher rapidement — si vraiment ce processus aboutit —, c’est le risque pour Pékin d’être court-circuité, et pour Xi Jinping d’être laissé à la marge.
En même temps, la Chine demande constamment la retombée des tensions, la fin de la course nucléaire du Nord, cet apaisement est donc positif de ce point de vue. Elle s’agace de devoir protéger la Corée du Nord et ses provocations à l’heure de sa propre ascension sur la scène internationale. Ça ne donne pas l’image de puissance responsable qu’elle revendique — donc, il y a un progrès de ce point de vue.
D’autant qu’il y a une question de politique intérieure chinoise : le gouvernement doit protéger Pyongyang, allié historique, face aux Etats-Unis. Mais l’opinion chinoise trouve que le régime nord-coréen est absurde et totalitaire. Elle préférerait voir ce voisin se « normaliser ». Kim Jong-un s’est rendu à Pékin avant le sommet intercoréen et la rencontre à venir avec M. Trump, ce qui montre que Pyongyang est conscient qu’il faut ménager ce voisin dans le processus — même si la Corée du Nord et la Chine, loin d’être « amies », se méfient fortement l’une de l’autre.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le rapport d’un groupe d’experts dénonce la détention de migrants dans des camps à la frontière de la Serbie. Ce n’est pas la première fois que Budapest est critiqué pour son traitement des migrants.
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Le traitement des migrants par la Hongrie critiqué dans un rapport du Conseil de l’Europe

Le rapport d’un groupe d’experts dénonce la détention de migrants dans des camps à la frontière de la Serbie. Ce n’est pas la première fois que Budapest est critiqué pour son traitement des migrants.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 17h01
   





                        


Connue pour son hostilité à l’accueil de migrants, la Hongrie vient d’être épinglée par un rapport du Conseil de l’Europe pour les conditions de détention de ces derniers. Le pays doit mieux identifier les victimes du trafic d’êtres humains parmi les migrants et les demandeurs d’asile qui sont « privés de liberté » dans des camps à la frontière avec la Serbie, dit un rapport de l’organisme, vendredi 27 avril.
« La capacité de détection des victimes potentielles de la traite des migrants et des demandeurs d’asile en Hongrie s’est détériorée, » estime le Groupe d’experts du Conseil (Greta) sur la traite des êtres humains. Le rapport fait suite à une visite dans les deux camps mis en place par les autorités hongroises à la frontière serbe, à Röszke et à Tompa (Sud). Les experts ont constaté que les demandeurs d’asile y attendaient une décision concernant leur demande d’asile, avec interdiction de pénétrer dans le reste du territoire hongrois.
La Commission européenne, le haut-commissaire de l’ONU et de nombreuses associations ont critiqué cette mesure entrée en vigueur en 2017, qu’ils assimilent à la détention. Budapest conteste ce terme, soulignant qu’il est possible aux migrants de quitter les lieux s’ils retournent en Serbie, pays par lequel ils sont entrés. Une dizaine de demandeurs sont admis chaque jour dans ces camps en provenance de Serbie.

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                Hongrie : le cas d’Ahmed H., emprisonné pour dix ans, symbole de la politique sécuritaire d’Orban



Des employés incapables de renseigner les migrants sur leurs démarches administratives
« Sous la surveillance des gardes armés, les demandeurs d’asile dans les zones de transit sont privés de liberté, détenus dans des locaux exigus, entourés de barbelés », qui ne peuvent être considérés comme un hébergement « approprié et sûr pour les victimes de la traite », selon le Greta. La délégation dit avoir constaté que la plupart des employés travaillant dans les zones de transit « ne pouvaient ni expliquer les procédures à suivre ni renseigner sur les autorités compétentes » pour prendre en charge ce public vulnérable, notamment les mineurs.
En outre, le rapport a listé 79 cas « d’expulsions collectives de migrants irréguliers » vers la Serbie, en moins de deux semaines, en décembre 2017. Ces expulsions affectent la capacité de la Hongrie à identifier et à prendre en charge les victimes de trafic, selon le rapport. Budapest, dans sa réponse au Greta, a jugé « sans fondement » cette référence à la pratique d’expulsions collectives.
La Hongrie, où le premier ministre souverainiste Viktor Orban vient d’être réélu pour un troisième mandat d’affilée, s’est illustrée depuis 2015 par son discours vindicatif contre l’accueil de migrants extraeuropéens et par une série de mesures durcissant la politique migratoire du pays. Le pays a reçu en 2017 3 397 demandes d’asile et a accordé le statut de protection subsidiaire, ou celui de réfugié, à 1 216 personnes.
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            data-slide-description="Un panneau sur la clôture annonce la frontière qui sépare la Hongrie de la Serbie."
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            data-slide-description="Un Pakistanais soigne une blessure au genou. Il dit avoir été battu par la police hongroise alors qu’il tentait de franchir illégalement la frontière."
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            data-slide-description="Des enfants venant de Syrie et d’Afghanistan apprennent l’anglais avec leur professeur serbe, Tamara."
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            data-slide-description="Des migrants se rasent à tour de rôle."
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            data-slide-description="Des femmes du Kurdistan irakien étendent du linge."
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            data-slide-description="Des migrants chargent la batterie de leur téléphone."
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            data-slide-description="Une femme vient de recevoir le déjeuner de la Croix-Rouge."
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            data-slide-description="Les hommes font la queue en attendant le service du déjeuner."
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            data-slide-description="Un Pakistanais fait une sieste."
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            data-slide-description="Un homme cuisine les légumes achetés au village."
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            data-slide-description="Des hommes attendent de savoir qui pourra passer le lendemain en Hongrie."
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            data-slide-description="Le garde champêtre hongrois Szalma Tamàs a récemment découvert trente et un migrants illégaux dans la forêt."
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            data-slide-description="Mohammed, l’autodesigné leader du camp de transit, apprend de la police hongroise les noms des quinze personnes qui seront autorisées à passer en Hongrie le lendemain."
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            data-slide-description="La liste complète."
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            data-slide-description="Des femmes et des enfants du camp de Tompa-Subotica, près de la clôture marquant la frontière."
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            data-slide-description="Une Syrienne dormant dans son lit. Le camp de transit de Subotica a été conçu pour 70 migrants, il en accueille actuellement 250, seuls quelques-uns ont une chambre."
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            data-slide-description="Les migrants qui se trouvent sur la liste des partants attendent le bus qui doit les conduire, après des entretiens et des examens, dans la zone de transit de Röszke (Hongrie)."
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            data-slide-description="László Toroczkai, le maire d’Ásotthalom, la commune hongroise située de l’autre côté de la frontière, dans son bureau. Il est le vice président du parti d’extrême droite Jobbik."
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Un panneau sur la clôture annonce la frontière qui sépare la Hongrie de la Serbie.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les dirigeants des deux Corées se sont engagés, vendredi 27 avril, à œuvrer en faveur de la dénucléarisation de la péninsule et d’une paix permanente.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’agresseur a été arrêté et des collégiens blessés ont reçu des soins, a fait savoir le département de la propagande du comté de Mizhi, dans le nord du pays.
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Chine : sept collégiens tués dans une attaque au couteau

L’agresseur a été arrêté et des collégiens blessés ont reçu des soins, a fait savoir le département de la propagande du comté de Mizhi, dans le nord du pays.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 18h05
   





                        


Un homme armé d’un couteau a tué sept collégiens et en a blessé douze autres dans la province de Shaanxi, dans le nord de la Chine, vendredi 27 avril, ont fait savoir les autorités locales.
Le supect, âgé de 28 ans, a été arrêté. Il est originaire du village de Zhaojiashan, dans le comté de Mizhi (province de Shaanxi), selon le département local de la sécurité publique.
Les faits se sont déroulés vers 6 h 10, heure locale. Le suspect a dit qu’il avait été « victime de harcèlement » lorsqu’il fréquentait le collège qu’il a attaqué, qu’il « détestait » ses camarades de classe et qu’il avait décidé d’utiliser un « poignard » pour tuer des gens.
Attaques au couteau fréquentes
Les attaques au couteau ne sont pas rares dans le pays. En février, un homme armé d’un couteau a tué une femme et a blessé douze personnes dans un centre commercial de Pékin. L’an passé, un homme armé d’un couteau de cuisine a tué deux personnes et en a blessé neuf autres dans un supermarché de Shenzen, dans le sud du pays.
Et en janvier 2017, c’est également avec un couteau de cuisine qu’un homme a blessé onze enfants dans une école maternelle de la région autonome de Guangxi Zhuang (Sud).

Plus d’informations à venir sur Le Monde.fr






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le milieu de terrain quitte son seul et unique club après seize saisons au sommet. Il fut un des artisans de la domination footballistique catalane (en club) et espagnole (en sélection) du début du XXIe siècle.
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Andrés Iniesta, légende du Barça, annonce son départ du club de football

Le milieu de terrain quitte son seul et unique club après seize saisons au sommet. Il fut un des artisans de la domination footballistique catalane (en club) et espagnole (en sélection) du début du XXIe siècle.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 14h43
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 16h22
    |

            Luc Vinogradoff








                        



   


Andrés Iniesta, le légendaire milieu de terrain du FC Barcelone, a confirmé, vendredi 27 avril, qu’il quitterait le club catalan à la fin de la saison. Il s’agira de sa 16e saison professionnelle avec le club, le seul qu’il ait jamais connu, ayant intégré son académie à l’âge de 12 ans. En tout et pour tout, Andrés Iniesta aura passé vingt-deux ans sous les couleurs barcelonaises. Presque aucun joueur ne peut en dire autant.
« En étant honnête avec moi-même et avec le club, mon parcours doit s’arrêter cette année. C’est une décision très réfléchie », a-t-il dit lors d’une longue conférence de presse en présence de sa famille et de ses coéquipiers.
« C’est un jour très difficile pour moi parce que j’ai passé ma vie ici. Je comprends que la loi de la vie veut que chaque nouvelle chose soit plus difficile que la précédente. Je ne me pardonnerai jamais de connaître une situation inconfortable au club. Ni moi ni le club ne méritons cela. »

The recognition is infinite 👏👏👏
— FCBarcelona (@FC Barcelona)


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Il ne s’agit pas d’une retraite pour l’Espagnol de bientôt 34 ans. Des rumeurs le donnent partant vers la Chine. Lui est resté évasif sur son futur footballistique, jurant seulement ne pas continuer en Europe pour ne pas jouer « contre [son] club ».
A la fois métronome et pivot du milieu du terrain du Barça depuis près de deux décennies, Iniesta restera dans l’histoire du foot non seulement comme un des joueurs les plus créatifs et les plus beaux à voir évoluer, mais comme un des artisans de la domination catalane (en club) et espagnole (en sélection) du début du XXIe siècle.
« Si Iniesta s’appelait Andrezinho, il aurait eu deux Ballons d’or »

   


Son palmarès compte 31 titres avec le FC Barcelone, dont quatre Ligue des champions (2006, 2009, 2011, 2015) remportés aux côtés de Lionel Messi, Ronaldinho ou de son binôme, Xavi. Avec l’Espagne, il gagnera les Euros 2008 et 2012 et, en 2010, la seule Coupe du monde de l’histoire de son pays. C’est lui qui marquera le but victorieux en prolongations contre les Pays-Bas.

Luis Enrique, un de ses entraîneurs sur le banc du Barça, dira de lui en 2016 qu’il « est unique au monde ». 
« Personne dans l’effectif ni même dans le football mondial ne ressemble à Andrés Iniesta. J’ai de bons profils à cette position, mais je n’ai vu aucun joueur ressemblant à Andrés Iniesta. »
Une illustre carrière qui n’a pas été couronnée de la récompense individuelle suprême, le Ballon d’or. Le petit Espagnol a été régulièrement oublié, sûrement parce que son jeu précis et vital avait le tort d’être moins spectaculaire que d’autres. Son grand rival du Real Madrid, Sergio Ramos, a eu une belle formule pour résumer ce scandale : « Si Iniesta s’appelait Andrezinho, il aurait eu deux Ballons d’or. » Ne pas avoir eu de Ballon d’Or « n’est pas un regret (...) ma perception du foot ou mon bonheur ne change pas en fonction d’un Ballon d’Or », a dit l’intéressé lorsqu’on lui posa, encore une fois, la question.
Au Camp Nou, la saison n’est pas officiellement terminée. Le FC Barcelone, qui possède onze points d’avance en tête de la Liga, a encore huit matchs à jouer. Une nouvelle victoire serait un trophée de plus pour Andrés Iniesta, qui partira ensuite vers la Russie pour disputer sa dernière Coupe du monde. Il quittera alors l’équipe espagnole, comme il a quitté aujourd’hui le Barça, en « se sentant important, en se sentant titulaire, avec la possibilité de gagner des titres ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Les deux Corées ont multiplié les gestes d’apaisement depuis plusieurs mois, instaurant un climat de détente que la déclaration entérine.
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Ce que contient la déclaration de Panmunjom, signée par les dirigeants nord et sud-coréens

Les deux Corées ont multiplié les gestes d’apaisement depuis plusieurs mois, instaurant un climat de détente que la déclaration entérine.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 14h09
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 15h35
   





                        



   


Les dirigeants des deux Corées ont signé, vendredi 27 avril, la déclaration de Panmunjom dans la zone démilitarisée entre les deux Corées, à l’issue du premier sommet intercoréen organisé depuis onze ans entre les deux voisins toujours techniquement en guerre. La déclaration a ouvert les portes à un processus de paix, de dénucléarisation et à une réflexion sur la situation des familles séparées. En voici les principaux points :

        Sur ce premier sommet :
         

          Les dirigeants des deux Corées s’engagent à une « dénucléarisation complète de la péninsule »



Dénucléarisation « totale »
« La Corée du Sud et la Corée du Nord confirment l’objectif commun d’obtenir, au moyen d’une dénucléarisation totale, une péninsule coréenne non nucléaire. » Elles « partagent le point de vue selon lequel les mesures initiées par la Corée du Nord sont très significatives et cruciales pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne et conviennent de jouer leur rôle respectif et d’assumer leurs responsabilités à cet égard ». Elles « conviennent de rechercher activement le soutien et la coopération de la communauté internationale en vue de la dénucléarisation de la péninsule coréenne ».
« Régime de paix permanent »
« Durant cette année qui marque le 65e anniversaire de l’armistice, la Corée du Sud et la Corée du Nord conviennent de rechercher activement des rencontres trilatérales impliquant les deux Corées et les Etats-Unis, ou quadripartites impliquant les deux Corées, les Etats-Unis et la Chine, en vue de déclarer la fin de la guerre et d’établir un régime de paix permanent et solide. »
« Il n’y aura plus de guerre »
« Les deux dirigeants déclarent solennellement devant les 80 millions de Coréens et le monde entier qu’il n’y aura plus de guerre sur la péninsule coréenne et qu’en conséquence une nouvelle ère de paix a commencé. »
Désarmement « par étapes »
« La Corée du Sud et la Corée du Nord sont convenues de mener à bien le désarmement par étapes, à mesure que les tensions militaires s’apaisent et que des progrès substantiels sont réalisés pour établir la confiance militaire. »
Visite de M. Moon à Pyongyang
« Les deux dirigeants sont convenus d’avoir des discussions régulières et franches, via des rencontres et par liaison téléphonique directe, sur des questions vitales pour la nation, pour renforcer la confiance mutuelle, et de chercher ensemble à renforcer l’élan positif afin de continuer à faire avancer les relations intercoréennes de même que la paix, la prospérité et l’unification de la péninsule coréenne. Dans ce contexte, le président Moon Jae-in a accepté de se rendre à Pyongyang cet automne. »
Poursuivre le programme de réunion des familles séparées
« La Corée du Sud et la Corée du Nord sont convenues de chercher à résoudre les questions humanitaires résultant de la division de la nation et d’organiser une réunion intercoréenne de la Croix-Rouge pour discuter et résoudre diverses questions, y compris la réunion des familles séparées. Dans cet esprit, la Corée du Sud et la Corée du Nord ont décidé de poursuivre le programme de réunion des familles séparées à l’occasion du Jour de la libération nationale, le 15 août, cette année. »

        Sur le sujet :
         

          Comment les familles nord et sud-coréennes se rencontrent-elles ?



Participation conjointe à des compétitions sportives
« Sur le front international, les deux parties sont convenues de faire la démonstration de leur sagesse, de leurs talents et de leur solidarité collectifs en participant conjointement à des événements sportifs internationaux comme les Jeux asiatiques 2018. »

        Lire aussi :
         

                JO 2018 : les deux Corées défileront ensemble, une équipe commune en hockey sur glace







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Chef adjoint du service international du « Monde » spécialiste de l’Asie, Harold Thibault a répondu à vos quesions.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Cafés littéraires, salles de concerts, maisons d’édition, école de cinéma… La capitale irakienne voit éclore une poignée de lieux très actifs. Une liberté nouvelle qu’artistes et intellectuels entendent bien préserver, en pesant sur les élections législatives du 12 mai.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤             
La vie culturelle renaît à Bagdad 
                  
édition abonné



Le Monde
 |
                  27.04.2018 à 13h43


Cafés littéraires, salles de concerts, maisons d’édition, école de cinéma… La capitale irakienne voit éclore une poignée de lieux très actifs. Une liberté nouvelle qu’artistes et intellectuels entendent bien préserver, en pesant sur les élections législatives du 12 mai.

Par             Hélène Sallon





                     

Face aux eaux paisibles du Tigre, la villa Sassoon est un lieu hors du temps. Les bruits de Klaxon qui émanent de la rue Al-Rachid voisine, constamment embouteillée par un barrage militaire, parviennent en sons étouffés. La villa ottomane est un cocon feutré au lustre décati, à l’image de ce quartier de Bagdad qui fut le cœur de la vie politique et culturelle des années 1920 jusqu’à la dictature imposée, en 1979, par Saddam Hussein.
Ses immeubles délabrés et noircis racontent les guerres successives, l’embargo et les quinze années tourmentées qui ont suivi l’invasion américaine de l’Irak, en 2003. Les bric-à-brac et les surplus militaires ont remplacé les théâtres et cafés qui faisaient la renommée de la plus ancienne rue de Bagdad.
Lorsqu’ils l’ont récupérée aux soldats qui l’occupaient jusqu’en 2004 et en avaient fait un checkpoint, la villa de Sassoon Eskell, fils d’une illustre famille juive de Bagdad devenu ministre des finances du premier gouvernement de l’Irak (1921-1925), les jeunes réalisateurs Mohamed Al-Daradji et Oday Rasheed ont voulu sauver un bout de la mémoire de cet Irak d’antan, multiconfessionnel et bouillonnant. Entre ces murs chargés d’histoire, ils ont défié l’occupation, les violences confessionnelles et le délitement de l’État pour donner forme au rêve un peu fou de faire renaître le cinéma irakien.
Pépinière de talents
Quatorze ans plus tard, le rêve s’est concrétisé. Créé en 2009, au sortir de la guerre civile, l’Iraqi Independent Film Center (IIFC – Centre indépendant pour le cinéma irakien) est une pépinière de jeunes talents. Inspirés par le néoréalisme italien et le cinéma de l’Allemagne d’après-guerre, ils défendent un cinéma ancré dans la réalité, qui puise dans l’histoire tourmentée de l’Irak, dans les vies des 37 millions d’habitants où le romanesque le dispute au dramatique. Un cinéma adapté aux contingences : des budgets dérisoires, le manque d’acteurs professionnels, la menace des groupes armés et des...





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La vie culturelle renaît à Bagdad
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Sommet intercoréen : Pékin « applaudit » ; Moscou salue « des nouvelles très positives »

Les réactions internationales au sommet saluent le geste des deux dirigeants coréens.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 15h58
   





                        



Les réactions internationales au sommet qui a réuni les présidents de la Corée du Sud, Moon Jae-in, et de la Corée du Nord, Kim Jong-un, vendredi 27 avril au matin, saluent le geste des deux dirigeants.
La Chine a salué « leur courage », qualifiant d’« historique » leur poignée de main sur la ligne de démarcation divisant la péninsule. « La Chine applaudit l’étape historique franchie par les deux dirigeants, nous admirons le courage et la résolution politique dont ils ont fait montre », a déclaré Mme Hua Chunying, porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, lors d’une conférence de presse.
« Nouvelle voie vers une paix durable »
Kim Jong-un est devenu le premier dirigeant nord-coréen à fouler le sol sud-coréen depuis la guerre de Corée (1950-1953), conflit auquel la Chine avait pris part aux côtés du Nord.
Pékin « espère sincèrement que cette rencontre historique portera des fruits positifs (…) et sera l’occasion d’ouvrir une nouvelle voie [vers] une paix et une stabilité durables dans la péninsule coréenne », a souligné Hua Chunying. Avant de citer un poème du grand écrivain chinois du XXe siècle Lu Xun : « Après toutes les vicissitudes traversées, nous restons des frères. / Lorsqu’on se revoit, un sourire chasse la rancune. »
La Chine est, de loin, le principal soutien diplomatique et économique de la Corée du Nord. Mais exaspérée par l’imprévisibilité de son turbulent voisin, elle se dit fermement opposée aux ambitions nucléaires de Pyongyang et applique les sanctions économiques de l’ONU. Pour autant, Pékin a appelé à résoudre la crise autour du nucléaire nord-coréen de façon pacifique « par le dialogue et la négociation ».

        Lire aussi :
         

                Les dirigeants des deux Corées s’engagent à une « dénucléarisation complète de la péninsule »



« Nouvelles très positives »
Le Kremlin a salué comme des « nouvelles très positives » le sommet et les entretiens entre Kim Jong-un et Moon Jae-in.
« Ce sont des nouvelles très positives ! », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Le président russe, Vladimir Poutine, « a souligné à plusieurs reprises qu’un règlement viable et stable de la situation dans la péninsule coréenne ne peut se baser que sur un dialogue direct. Et, aujourd’hui, nous voyons que le dialogue direct a eu lieu », a-t-il souligné.
Saluant également la rencontre des deux dirigeants, le premier ministre japonais a dit espérer « des actions concrètes ».
Le président américain, Donald Trump, a lui aussi salué le résultat de ce sommet, tweetant, avec enthouiasme, que la guerre allait être bientôt « TERMINÉE ! »

KOREAN WAR TO END! The United States, and all of its GREAT people, should be very proud of what is now taking place in Korea!— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, a déclaré que la France accueillait « évidemment très favorablement ces signes, ces signaux très tangibles d’un rapprochement, en espérant qu’on puisse les inscrire dans le temps, dans la durée ».




                            


                        

                        


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Afrique, amis, affaires : révélations sur le système Bolloré

« Le Monde » dévoile comment le milliardaire, mis en examen mercredi, a obtenu, grâce aux présidents togolais et guinéen et à des collaborateurs de son groupe, la gestion de deux terminaux à conteneurs.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 12h17
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 16h54
    |

            Simon Piel et 
Joan Tilouine








                        



                                


                            

« Si le groupe Bolloré se développe en Afrique, c’est parce qu’il prend des risques. » Le milliardaire breton aime à magnifier son audace entrepreneuriale sur le continent où son groupe a enregistré 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017. Dans les rues d’Abidjan, de Conakry, de Lomé ou d’autres villes où son groupe gère en tout dix-huit terminaux à conteneurs, il incarne pourtant, pour la jeunesse populaire comme pour la nouvelle élite, une « Françafrique » désuète et anachronique. Vincent Bolloré n’en a cure et confiait volontiers au Monde que les méthodes de son groupe relèvent plus du « commando que de l’armée régulière ».
Le capitaine d’industrie, ami personnel de Nicolas Sarkozy et de chefs d’Etat africains, a peut-être pris trop de « risques ». Mardi 24 avril, il s’est rendu à la convocation de la police judiciaire qui l’a placé en garde à vue ainsi que deux autres cadres du groupe et un homme d’affaires.
Deux jours et une nuit plus tard, Vincent Bolloré a été mis en examen, mercredi, pour « corruption d’agents publics étrangers », « complicité d’abus de confiance, de faux et d’usage de faux ». Une déflagration pour celui qui n’a de cesse de poursuivre les journalistes qui enquêtent d’un peu trop près sur l’activité de son groupe au sud du Sahara. La justice française s’intéresse aux conditions d’obtention de deux terminaux à conteneurs du groupe Bolloré au Togo et en Guinée où il a pu prospérer ces dernières décennies.
Dans ces deux pays, Vincent Bolloré entretient des relations de proximité voire d’amitié avec les chefs d’Etat qu’il tutoie. Au point de se retrouver aujourd’hui accusé de les avoir aidés à prendre le pouvoir, en mettant à disposition le savoir-faire de ses stratèges en matière de politique africaine et de campagne présidentielle. Car au sein de son groupe se côtoient de vieux acteurs des intrigues franco-africaines et des communicants peu scrupuleux liés à des hommes d’affaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Depuis la fin de la guerre civile et le conflit avec Israël, le Liban survit dans le statu quo, observe ce spécialiste du Moyen-Orient. Il doute que les législatives du 6 mai permettent un renouvellement de la classe politique.
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Karim Emile Bitar : « Les Libanais ont toujours l’impression d’être dans un “entre-deux-guerres” »

Depuis la fin de la guerre civile et le conflit avec Israël, le Liban survit dans le statu quo, observe ce spécialiste du Moyen-Orient. Il doute que les législatives du 6 mai permettent un renouvellement de la classe politique.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 12h51
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            
A l’occasion des élections législatives du 6 mai, Karim Emile Bitar, directeur de recherche à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) et professeur de relations internationales à l’université Saint-Joseph de Beyrouth, décrypte le fonctionnement du système politique libanais.
Un premier scrutin après neuf années sans élections, une nouvelle loi électorale qui fait la part belle à la proportionnelle, des nouveaux candidats issus de la société civile… L’élection du 6 mai peut-elle conduire à un renouvellement de la classe politique libanaise ?
Ce sera la première élection adoptant le mode de scrutin proportionnel, qui était l’une des plus anciennes revendications des forces de changement et de la société civile libanaise. Il existe une vraie colère à l’égard des partis traditionnels, qui ont lamentablement failli dans leur gestion des affaires publiques. La crise des déchets, à l’été 2015 [manifestations contre le gouvernement à la suite de l’envahissement des rues de Beyrouth par des piles d’ordures], avait mis en lumière cette incurie. Il y a enfin un désir de renouveau, qui s’était déjà exprimé en 2016 aux municipales de Beyrouth et qui est aujourd’hui porté par des listes indépendantes. On aurait donc pu penser que les conditions étaient réunies pour que se lève une vague de « dégagisme », qui aurait conduit à l’entrée au Parlement d’une vingtaine de figures réformatrices. Mais je crains que nous ne rations cette occasion de renouvellement. Les sondages donnent les listes de la société civile en deçà du seuil d’éligibilité dans la quasi-totalité des circonscriptions. Le plus probable est que nous n’aurons que quelques petites surprises, qui ne changeront rien à l’équilibre des forces et que [le premier ministre] Saad Hariri sera reconduit à la tête d’un gouvernement d’union.
Le passage à la proportionnelle ne suffira donc pas à produire de changement ?
La manière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Au moins 21 000 Palestiniens vivent dans ce bidonville miné par la pauvreté et la violence et où les luttes intestines provoquent des combats réguliers. Le plus grand camp palestinien du Liban est désormais en partie encerclé par un mur que l’armée construit.
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Aïn El-Heloué, la « capitale » meurtrie des réfugiés palestiniens au Liban

Au moins 21 000 Palestiniens vivent dans ce bidonville miné par la pauvreté et la violence et où les luttes intestines provoquent des combats réguliers. Le plus grand camp palestinien du Liban est désormais en partie encerclé par un mur que l’armée construit.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 14h43
    |

            Laure Stephan (Aïn El-Heloué, Sud-Liban, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Le contraste est saisissant. Autant la grande rue qui traverse Aïn El-Héloué, le plus grand camp de réfugiés palestiniens au Liban, est bruyante et animée, autant le quartier de Tiri a des allures fantomatiques. Pas un bruit, hormis le grésillement d’une radio provenant de l’unique commerce ouvert en ces lieux. Dans les ruelles trop étroites pour bénéficier d’un rayon de soleil, les murs sont criblés d’impacts de balles, traces des âpres combats (seize morts et une centaine de blessés) qui s’y sont déroulés en avril et août 2017, opposant plusieurs factions palestiniennes à un groupuscule islamiste armé.
Sur le sol jonché de douilles, les gravats s’amoncellent. Kalachnikov à la main, un jeune milicien de la Force conjointe palestinienne, chargée de la sécurité dans le camp, nous escorte, comme si des masures en parpaing désormais vides pouvait encore jaillir une menace. Un homme plus âgé, revolver coincé à l’arrière de son pantalon, accourt, nerveux et colérique, réclamant un contrôle d’identité. Deux jours plus tôt, explique-t-il, un combattant extrémiste a tenté de faire le coup de feu au milieu de ces rues désolées. Le quartier de Tiri avait pourtant été déclaré « sous contrôle » par les responsables de la Force conjointe.
La plupart des habitants de Tiri ont été forcés de trouver refuge ailleurs. « Mes jumeaux étaient tout petits. On était terrorisés. On s’est enfuis, en pensant revenir vite, se rappelle Amal Jomaa, une déplacée. Mais notre maison a été détruite. Il n’y a jamais eu de sécurité dans le camp. Mais c’est la première fois qu’il y a eu de telles destructions à cause d’un conflit interne. » Pas un mot sur l’ex-caïd des lieux : Bilal Badr, au cœur des deux rounds des combats de 2017. Par peur de représailles de ses lieutenants encore présents dans le camp ?

Emblème de l’EI
Plusieurs zones d’ombre entourent le parcours de Bilal Badr. Les uns le présentent comme un délinquant, une petite frappe ; les autres,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le groupuscule Génération identitaire mène dans les Alpes une opération minutieuse, qui embarrasse la police. Le procureur de Gap a toutefois décidé vendredi d’ouvrir une enquête préliminaire.
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Les identitaires font la guerre de la com aux migrants

Le groupuscule Génération identitaire mène dans les Alpes une opération minutieuse, qui embarrasse la police. Le procureur de Gap a toutefois décidé vendredi d’ouvrir une enquête préliminaire.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 14h50
    |

            Julia Pascual et 
Lucie Soullier (envoyée spéciale dans les Hautes-Alpes)








                        



                                


                            

Cinq parkas bleu criard sautent d’un pick-up blanc affublé de trois énormes autocollants « Defend Europe Mission Alpes ». Depuis lundi 23 avril, une petite milice « patrouille » à la frontière franco-italienne des Hautes-Alpes, « collecte » des informations sur les points de passage et de refuge, « relève » les lieux d’aide aux migrants.
« Vous n’avez pas de caméra ? » Les cinq blousons bleus ont pris l’habitude de poser pour les médias. Ici, « on s’assume », lâche Aymeric Courtet, étudiant toulousain de 21 ans. « Pourquoi on devrait avoir honte de ce qu’on pense ? », enchérit un autre Toulousain de 28 ans, Romain Lechant. Ce qu’ils pensent, c’est être les « défenseurs » de « l’identité européenne » contre « l’islamisation » et « l’africanisation ». Pour cela, ils paradent fièrement, comme un écho à l’appel de Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, invité vedette du congrès du Front national en mars : « Laissez-les vous appeler racistes, xénophobes, islamophobes… Portez-le comme un badge d’honneur. »

Les cinq patrouilleurs croisés sur la route de Montgenèvre sont membres de Génération identitaire (GI), branche jeunesse de la mouvance identitaire fondée à Lyon en 2012. Avec le conglomérat d’Européens radicaux Defend Europe, GI a mené, samedi 21 et dimanche 22 avril, l’« opération » du col de l’Echelle. Là où, depuis l’été 2017, des migrants sont de plus en plus nombreux à tenter de gagner la France, entre 80 et 100 militants d’extrême droite ont déroulé un filet de chantier censé « symboliser une frontière physique » et des banderoles géantes sur lesquelles est écrit en anglais « pas de passage, rentrez dans votre pays ». Le tout survolé par deux hélicoptères afin d’ajouter quelques vidéos théâtrales à une opération très orchestrée.
Inimitiés avec la justice
Parmi les militants présents sur le col alpin, nombreux...




                        

                        


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Mis à l’écart à Rome, Salvini retrouve ses fiefs du nord de l’Italie

En campagne dans le Frioul pour les régionales, le président de la Ligue concentre ses efforts sur ses fiefs électoraux, loin des tractations pour former un gouvernement.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
27.04.2018 à 15h11
    |

            Jérôme Gautheret (Codroipo, Trieste (Frioul -Vénétie julienne), envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Eh bien, ils ne sont pas ponctuels… » Sans desserrer les dents, une femme un peu âgée et plutôt apprêtée peste en regardant sa montre, attablée à une terrasse de la place centrale de Codroipo. L’esplanade de la mairie se remplit. Des jeunes et des moins jeunes, des enfants… Ici, l’attachement à la Ligue est une affaire de famille, et c’est toutes ensemble que plusieurs centaines de personnes attendaient, lundi 23 avril, dans la douceur d’un début de soirée, le chef de file de la droite, candidat à l’élection du 29 avril dans cette région du Frioul-Vénétie julienne, Massimiliano Fedriga (Ligue), et, surtout, le dirigeant national du mouvement, Matteo Salvini.
Ils arrivent avec une bonne demi-heure de retard, mais comment aurait-il pu en être autrement ? Depuis 9 heures, c’est la sixième réunion publique de la journée pour les deux hommes, du centre de Trieste aux confins montagneux du Frioul et à la frontière slovène. Plus de cinquante jours après les élections législatives du 4 mars qui ont vu la coalition de droite arriver en tête avec 37 % des voix, le chef de la Ligue joue la carte du contraste.

Alors que le président de la République, Sergio Mattarella, vient de charger le président de la Chambre des députés, Roberto Fico, d’un « mandat exploratoire » pour évaluer les chances de constituer un gouvernement autour du Mouvement 5 étoiles (32 %) et du Parti démocrate (PD), grand perdant du scrutin, M. Salvini arpente le pays, de place de village en théâtre municipal, dans une campagne qui semble ne jamais devoir finir, loin des tractations d’arrière-salles qui se multiplient dans le secret des palais romains.
« Pas de miracles »
« La région, c’est le quotidien, commence Salvini. L’hôpital, les routes… », égrène-t-il, en bras de chemise, debout sur la table de plastique qui lui tient lieu d’estrade. Il poursuit : « Je ne vous promets pas de miracles. » Et la foule lui répond : « On n’en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Alors que l’armée maintient des règles d’engagement strictes et coûteuses en vies humaines à Gaza, les autorités civiles, elles, déploient leur communication de crise.
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Comment Israël justifie le traitement militaire des manifestants à Gaza

Alors que l’armée maintient des règles d’engagement strictes et coûteuses en vies humaines à Gaza, les autorités civiles, elles, déploient leur communication de crise.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h19
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Mohammed Ayoub était âgé de 14 ans. Cet adolescent palestinien a été tué le 20 avril d’une balle dans la tête par un soldat israélien alors qu’il participait à une nouvelle journée de la « marche du grand retour », à proximité de la clôture séparant la bande de Gaza d’Israël. Au total, cinq personnes ont perdu la vie ce même jour, s’ajoutant à une trentaine d’autres depuis le 30 mars, date du premier rassemblement de cette nature. L’Union européenne a appelé à faire la lumière sur les circonstances de ces morts et à cesser le recours à la force létale contre des manifestants non armés.
Alors que l’armée israélienne maintient des règles d’engagement strictes et coûteuses en vies humaines à Gaza, les autorités civiles, elles, déploient leur communication de crise. D’autant que le bilan pourrait encore s’accroître, d’ici le 15 mai. Cette date qui marque la commémoration de la « Naqba », l’exode de centaines de milliers de Palestiniens en 1948 au moment de la création d’Israël, est un rendez-vous très redouté par l’appareil sécuritaire. Le Hamas pourrait encourager massivement les Gazaouis à franchir la clôture frontalière, poussant les forces israéliennes à répondre avec une violence redoublée.

Lors d’une session du Conseil de sécurité de l’ONU, jeudi 26 avril, le coordinateur spécial pour le processus de paix au Moyen Orient, Nikolaï Mladenov, a placé tous les acteurs devant leurs responsabilités. « Israël doit calibrer son usage de la force et minimiser l’usage de balles réelles, dit-il. La force létale doit être employée en dernier ressort. Le Hamas et les leaders des manifestations doivent contenir les protestataires loin de la clôture de Gaza et empêcher les actions violentes et les provocations. »
Pour l’heure, le gouvernement israélien évite de répondre directement aux critiques venues de l’extérieur sur sa gestion militaire de la crise pour éviter d’alimenter une polémique internationale. Leur densité...




                        

                        


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Au Pays basque espagnol, la tentation de l’autodétermination

Le Parti nationaliste basque, qui gouverne le Pays basque en coalition avec les socialistes, joue les funambules pour contenter son électorat sans risquer de mettre en danger la stabilité politique et économique.



Le Monde
 |    27.04.2018 à 11h15
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            Sandrine Morel (Bilbao et Saint-Sébastien, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le Parti nationaliste basque (PNV, modéré) est finalement venu à la rescousse du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. Jeudi 26 avril, il a soutenu, après des mois de délai, le projet de loi budgétaire (pour 2018) au Parlement espagnol en échange d’une augmentation des retraites. Une décision qui donne à M. Rajoy une bouffée d’oxygène et la perspective de pouvoir terminer la législature.
Le PNV a renoncé à la condition qu’il avait initialement posée : la levée de l’article 155 en Catalogne. Cet article de la Constitution espagnole a permis la mise sous tutelle de la région rebelle par Madrid à la suite de la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre. Au siège du parti, à Bilbao, le président du PNV, Andoni Ortuzar, indiquait au Monde quelques jours plus tôt qu’il ne souhaitait pas risquer « des élections anticipées qui pourraient bénéficier à Ciudadanos ». Le parti libéral, en tête dans les sondages, est en effet le seul à s’attaquer à l’autonomie fiscale avantageuse du Pays basque.
Pragmatique, le PNV, parti qui gouverne le Pays basque en coalition avec les socialistes, a l’habitude de jouer les funambules, entre son électorat nationaliste et ses intérêts politiques. Ainsi, tout en négociant avec le gouvernement à Madrid, il défend au Parlement basque un nouveau statut d’autonomie qui reconnaîtrait la « nation basque » et le « droit à décider », euphémisme signifiant l’autodétermination, aux côtés de la gauche indépendantiste EH Bildu, une coalition héritière de mouvements proches de l’ETA – l’organisation armée qui doit annoncer sa dissolution le 4 mai. « Nous défendons une relation bilatérale avec l’Espagne, de type confédéral, pour qu’il n’y ait plus d’ingérence de l’Etat dans nos compétences », explique M. Ortuzar, en écartant une possible indépendance du Pays basque.
Référendums symboliques
« Le week-end, le PNV tient un discours très nationaliste, avec le béret et...




                        

                        


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Compte rendu

Au Nigeria, l’assaut de Boko Haram contre Maiduguri repoussé par les forces de sécurité

Les secours font état de quatre morts lors d’une attaque d’une centaine de combattants dans un quartier périphérique de la ville.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 27.04.2018 à 10h48

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        Mis à jour le 27.04.2018 à 16h53






    
A Maiduguri, au Nigeria, après une attaque de Boko Haram, le 27 avril 2018.
Crédits : Jossy Ola / AP


Au moins quatre personnes ont été tuées lors d’un assaut lancé par des combattants du groupe islamiste Boko Haram contre la grande ville du nord-est du Nigeria, Maiduguri, ont annoncé à l’AFP, vendredi 27 avril, les services de secours. Par ailleurs, 22 soldats de la Force multinationale mixte (FMM), la force régionale déployée contre le groupe djihadiste nigérian dans la région du lac Tchad, ont été tués en opération depuis le 5 avril, a annoncé jeudi le commandement de la force à N’Djamena.
A Maiduguri, les islamistes ont tenté une incursion dans un quartier périphérique, jeudi à la tombée de la nuit, affrontant l’armée et les milices d’autodéfense pendant plusieurs heures. « Il y avait des citoyens innocents, dont quatre sont morts », a déclaré à l’AFP Bashir Garga, de l’Agence nationale de gestion des urgences, précisant qu’il y avait « très peu de blessés et aucun cas grave ». Cinq kamikazes ont également été tués en déclenchant leurs explosifs, a-t-il ajouté.

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La police de l’Etat du Borno a donné un bilan moins lourd, faisant état de deux morts, dont un milicien anti-djihadiste. « La normalité a été rétablie dans la zone », a déclaré dans un communiqué le patron de la police, Damian Chukwu, affirmant que sept policiers avaient également été blessés.
L’attaque a finalement pu être repoussée avec l’arrivée de renforts militaires aériens et au sol, alors que les habitants fuyaient le quartier de Jiddari Polo au milieu d’explosions et de fusillades. Selon une note des services de sécurité nigérians consultée par l’AFP vendredi, plus de 100 assaillants auraient pris part à l’attaque. Un milicien avait déclaré jeudi que les insurgés semblaient vouloir atteindre une caserne où plusieurs centaines de membres présumés de Boko Haram sont emprisonnés.
Engins explosifs improvisés
Cette opération, tout comme les lourdes pertes subies par la FMM au cours du mois d’avril, contredisent une nouvelle fois les déclarations des autorités nigérianes selon lesquelles Boko Haram a été vaincu. Le groupe djihadiste frappe non seulement le Nigeria, mais aussi les pays voisins (Tchad, Cameroun et Niger), dont les armées ont lancé une vaste contre-offensive en 2015, chassant les insurgés de la plupart des localités dont ils s’étaient emparés à l’apogée de leur puissance. La FMM a récemment mené plusieurs opérations pour les déloger des îles du lac Tchad, très difficiles d’accès, dont les djihadistes ont fait leur sanctuaire.

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La force « a recensé 22 [soldats] tués en opération et 75 blessés » depuis le lancement de l’opération « Anmi Fakat » le 5 avril, a déclaré lors d’une conférence de presse à N’Djamena le général Lucky Irabor, sans préciser leur nationalité. Ce lourd bilan est notamment du à des engins explosifs improvisés et non à des combats directs avec les djihadistes, a précisé le commandant de la FMM. Il a réaffirmé « la détermination de la FMM, en collaboration avec les forces nationales, à s’attaquer de manière décisive au terrorisme de Boko Haram ».
L’insurrection dans le nord-est du Nigeria a fait plus de 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009.

