<FILE-date="2018/04/26/19">

<article-nb="2018/04/26/19-1">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Avec de la méthode, il est possible d’accroître de manière spectaculaire notre mémoire. Pour « Le Monde », un champion de France de mémoire explique comment y arriver.
<filname="PROF-env_sciences-1"> ¤ 
<article-nb="2018/04/26/19-2">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Gaia, un satellite européen, a cartographié près d’1,7 milliard d’étoiles dans notre galaxie. Un record.
<filname="PROF-env_sciences-2"> ¤ 
<article-nb="2018/04/26/19-3">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Une équipe d’archéologues a retiré des ossements et des objets anciens d’une chambre funéraire dans la cité antique de Méroé.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤         

Compte rendu

Au Soudan, une pyramide rouverte pour découvrir les restes d’un roi nubien

Une équipe d’archéologues a retiré des ossements et des objets anciens d’une chambre funéraire dans la cité antique de Méroé.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-04-26T09:50:30+02:00"

        Le 26.04.2018 à 09h50

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-04-26T09:52:25+02:00"

        Mis à jour le 26.04.2018 à 09h52






    
Le site antique de Méroé, au Soudan, en 2012.
Crédits : Mohamed Nureldin Abdallah / REUTERS


Des archéologues soudanais ont rouvert une pyramide de la cité antique de Méroé et retiré des ossements entreposés il y a près d’un siècle pour procéder à de nouveaux examens, dont des tests d’ADN.
Les ossements et des objets anciens ont été trouvés dans l’une des chambres funéraires de la pyramide numéro 9, à Bajarawiya, un site situé à environ 250 km au nord de Khartoum et inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. C’est dans cette pyramide que le roi nubien Khalmani, qui régna de 207 à 186 avant Jésus-Christ, aurait été enterré.

        Lire aussi :
         

                Un archéologue suisse déterre au Soudan les restes d’un passé mystérieux



« La pyramide 9 appartient au roi Khalmani », a dit, mardi 24 avril, Mahmoud Souleiman, chef de l’équipe d’archéologues, aux journalistes présents sur place. Ossements humains et objets retirés ont été montrés aux journalistes, dont celui de l’AFP. Les ossements appartiendraient à plus d’une personne, a indiqué un membre de l’équipe. Des tests d’ADN doivent être faits pour vérifier un possible lien.
Des fouilles tardives
« Dans les prochains jours, nous allons ouvrir » une autre chambre funéraire, a déclaré Murtada Bushara, un autre membre de l’équipe d’archéologues. Celle-ci « contient un cercueil ». Avec ces recherches, les archéologues espèrent découvrir les restes du roi Khalmani lui-même.

        Lire aussi :
         

                Pyramide de Khéops : détection d’une grande cavité inconnue au cœur de l’édifice



En 1923, l’archéologue américain George Reisner avait déjà ouvert cette pyramide. Les pyramides soudanaises sont relativement inexplorées et moins connues que celles du voisin égyptien. Les premières fouilles au Soudan ont été menées il y a une centaine d’années, bien plus tard qu’en Egypte ou en Grèce.


<article-nb="2018/04/26/19-4">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Dans « Insouciances du cerveau », le philosophe conteste aux neurosciences le pouvoir de tout dire du moi et de la pensée.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Emmanuel Fournier par-delà la matière grise

Dans « Insouciances du cerveau », le philosophe conteste aux neurosciences le pouvoir de tout dire du moi et de la pensée.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h45
    |

                            Jean-Paul Thomas (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Insouciances du cerveau, précédé de Lettre aux écervelés, d’Emmanuel Fournier, L’Eclat, « Philosophie imaginaire », 176 p., 18 €.

Le prestige des neurosciences et des sciences cognitives porte au conformisme. Il est téméraire de se montrer irrévérencieux à leur égard, tant la moindre réserve est tenue pour de l’insolence et fait courir le risque d’une marginalisation. Aussi est-ce sur les doigts d’une main que se comptent les impertinents qui entendent ne pas céder à l’intimidation. Emmanuel ­Fournier est l’un d’eux. Précédé d’une Lettre aux écervelés, Insouciances du cerveau présente un duel : l’auteur affronte les neurosciences et l’imagerie cérébrale en un combat à fleurets mouchetés.
Il est vrai que l’ambition théorique – et pratique – des neurosciences est immense. Leur projet fondateur est de comprendre comment le cerveau fonctionne, d’examiner les processus qui sont à la source de nos connaissances. En somme, penser la pensée, avoir la connaissance de la connaissance, en posant qu’elle s’explique par l’organisation d’un système matériel, notre cerveau. Physiologiste et philosophe, Emmanuel Fournier est informé des recherches en cours, mais juge leur prétention exorbitante, et leur sérieux pesant. Sa préférence va à la pensée capricieuse, légère, attentive aux rencontres. A Roscoff, à Ouessant – le livre fait état de ces séjours –, les pensées lui viennent en marchant. Il les note sur un carnet, tenu de juin à décembre 2015. Comme un peintre qui reprend ses croquis à l’atelier, il élucide ensuite ses intuitions et ses questions.

Comment me comprendre ? Que faire de mon cerveau, cet organe de contrôle que les appareils d’imagerie exhibent ? Un dialogue familier se noue entre lui-même et son double, ce cerveau qui, selon les neurosciences, « décide de tout pour moi » et fait de moi « cet écervelé qui dit “je” sans savoir de quoi il retourne ». A...




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-5">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ La chronique de Bruno Latour, à propos de « Savantes nébuleuses », de Volny Fages.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Qui a la parole ? Poussière de cosmogonies

La chronique de Bruno Latour, à propos de « Savantes nébuleuses », de Volny Fages.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h45
    |

                            Bruno Latour (Philosophe)








                        



                                


                            
Savantes nébuleuses. L’origine du monde entre marginalité et autorité scientifique (1860-1920), de Volny Fages, Editions de l’EHESS, « En temps & lieux », 362 p., 24,80 €.

En ce temps-là, le XIXe siècle, les scientifiques étaient respectés, la circulation de leur autorité obéissait à des règles claires qui faisaient descendre les avis sur telle ou telle controverse depuis l’Académie des sciences, à Paris, jusqu’aux feuilles de province. De même qu’il y avait un Etat français, il y avait une institution hiérarchisée de la science française, qui évitait que le premier foutriquet venu vienne se mêler de compléter, discuter ou réfuter les travaux des académiciens. Les chercheurs d’aujourd’hui, dont l’autorité est constamment remise en question sans que l’on parvienne à régler le sort des controverses que chacun semble avoir le droit de lever sous le moindre prétexte, pourraient considérer l’époque décrite par Volny Fages dans Savantes nébuleuses comme un paradis perdu.
Pourtant, si l’économie du ruissellement est critiquée à juste raison, il devrait en être de même de l’épistémologie du ruissellement. Même à cette époque, la science positive ne coule pas forcément depuis sa source parisienne jusque dans les lointaines provinces dans une seule direction et sans tourbillon. Il y a des sujets qui enflamment l’imagination et la libido sciendi de polytechniciens, d’ingénieurs, d’astronomes amateurs et autres naturalistes.
Les barrières sautent
La question d’histoire des sciences que pose ce livre très bien documenté, en retraçant la multiplication des théories sur l’origine et l’évolution de l’univers, ou cosmogonies, est de savoir comment une institution scientifique maintient la limite entre discussion savante et discussion non savante quand un sujet intéresse trop de gens et trop passionnément. Le parallèle avec la situation présente est inévitable : les scientifiques...




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-6">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Des chercheurs, parmi lesquels, parmi lesquels Henri Atlan, Jacques Testart et Catherine Vidal, s’élèvent dans une tribune au « Monde » contre l’instrumentalisation pseudo-scientifique de données génétiques conduisant à déduire des différences psychologiques entre les êtres humains.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Halte aux « fake news » génétiques

Des chercheurs, parmi lesquels, parmi lesquels Henri Atlan, Jacques Testart et Catherine Vidal, s’élèvent dans une tribune au « Monde » contre l’instrumentalisation pseudo-scientifique de données génétiques conduisant à déduire des différences psychologiques entre les êtres humains.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h03
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. En qualité de chercheurs en ­génétique, en neurobiologie, en études sociales ou philosophiques de ces disciplines, nous ­tenons à manifester notre inquiétude face au retour d’un discours pseudo-scientifique sujet à toutes sortes d’instrumentalisations : il existerait un « socle » génétique, important et quantifié, à l’origine de différences psychologiques entre les êtres humains, en particulier selon la classe sociale, les origines ou le sexe.
Ainsi, on peut lire que l’intelligence est aux deux tiers génétique, et que l’école doit utiliser au mieux ce tiers sur lequel elle peut jouer en focalisant ses efforts sur les « gamins pauvres ». Il est de même affirmé que la réussite scolaire est influencée par des facteurs génétiques à hauteur de 30 % à 50 %, à parts égales avec les facteurs familiaux et sociaux, et que les personnes les plus défavorisées socialement sont aussi les plus désavantagées génétiquement.
Outre qu’il existerait une mesure valide de l’intelligence, et qu’on aurait montré que les enfants de milieux socialement défavorisés naissent en moyenne avec un « désavantage génétique », on laisse croire que l’influence du bagage génétique serait invariable. Les caractéristiques des personnes seraient déterminées par l’addition d’une « part génétique » et d’une « part environnementale ».
Pourcentages fallacieux
Ces invocations de pourcentages ­génétiques sont un usage dévoyé de la notion scientifique d’héritabilité. L’héritabilité d’un trait (exemple : la performance à un test de QI) est le résultat d’un calcul statistique, fait sur une ­population donnée, visant à répondre à la question suivante : quelle est la part de la variabilité du trait dont la variabilité génétique peut rendre compte ? Outre que la méthodologie de l’étude et le choix du modèle statistique peuvent avoir un impact considérable sur le résultat du calcul, il est important de comprendre deux aspects essentiels de cette notion d’héritabilité.
D’une...




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-7">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Le professeur de philosophie Thomas Schauder invite à s’interroger, dans sa chronique hebdomadaire, sur le recours aux sciences cognitives dans l’enseignement.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                

Les neurosciences vont-elles faire de l’homme une machine ?

Le professeur de philosophie Thomas Schauder invite à s’interroger, dans sa chronique hebdomadaire, sur le recours aux sciences cognitives dans l’enseignement.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 16h47
   





                        



   


Chronique. « Il est essentiel, dans un pays moderne, que les décisions éducatives soient éclairées par les sciences. » Cette phrase est extraite d’un entretien accordé au Figaro le 9 janvier par Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, et elle est révélatrice du rapport que l’autorité politique entretient actuellement avec les sciences dites « dures ». Car quand M. Blanquer parle des sciences, il n’entend pas les sciences humaines (psychologie, sociologie, ethnologie…), celles-là même que l’on accuse régulièrement d’entretenir une « culture de l’excuse », mais les sciences cognitives, surreprésentées dans le Conseil scientifique de l’éducation nationale dont il a confié la présidence à Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France.
Le « nouveau monde » qu’on nous présente, dans lequel le politique s’intéresse à l’intelligence artificielle, aux neurosciences et à l’apport des technologies numériques, n’est en fait pas si nouveau que ça, et ne va pas non plus de soi. Au-delà des objectifs économiques évidents (notamment mis en valeur dans le rapport Villani), une idéologie scientiste est à l’œuvre qui assimile la politique à une gestion de « stocks » et de « flux » humains, et l’individu à son seul mécanisme cérébral.
L’inexistence de l’âme
Qu’on ne se méprenne pas : les sciences cognitives, pas plus que la génétique ou que n’importe quelle autre discipline scientifique, ne sont pas mauvaises en soi. Elles sont en réalité héritières d’une très longue tradition philosophique, qui part de l’atomisme antique et qui passe par le monisme matérialiste des Lumières :
« [Le] cerveau est le centre commun où viennent aboutir et se confondre tous les nerfs répandus dans toutes les parties du corps humain : c’est à l’aide de cet organe intérieur que se font toutes les opérations que l’on attribue à l’âme ; ce sont des impressions, des changements, des mouvements communiqués aux nerfs qui modifient le cerveau ; en conséquence il réagit, et met en jeu les organes du corps, ou bien il agit sur lui-même et devient capable de produire au-dedans de sa propre enceinte une grande variété de mouvements, que l’on a désignés sous le nom de facultés intellectuelles. » 
(D’Holbach, « Système de la nature », 1770)
L’idée est simple : « l’âme », principe invisible, intangible et immortel de vie et de pensée, n’existe pas indépendamment du corps, n’est rien d’autre que le nom que l’on donne à certaines fonctions corporelles, que l’on a depuis longtemps su associer aux fonctions cérébrales. Dans une société où la religion jouait un très grand rôle, cette idée était révolutionnaire.
Mais les Lumières, qui voyaient dans le triomphe de la science et de la technique la libération de l’Humanité, ont aussi accouché des monstres de l’eugénisme et du racisme au XIXe siècle. En effet, à partir du moment où l’on affirme que la science peut et doit améliorer l’homme, il n’y a qu’un pas à franchir pour justifier que l’on se débarrasse de tout ce qui nuit à cette amélioration au nom de principes médicaux et hygiénistes. C’est la leçon que les tenants du cognitivisme se devraient de méditer aujourd’hui.
L’illusion de la neutralité
Car quand Stanislas Dehaene déclare qu’il veut « agir pour l’éducation des jeunes, indépendamment de toute idéologie » (Le Monde, 15 janvier), il oublie une leçon fondamentale de l’épistémologie : la neutralité dans les sciences est une illusion. Et ce d’autant plus quand le chercheur se met au service de la puissance politique, comme c’est son cas, ou du système de production (comme le rappelle Gérard Pommier, l’application des neurosciences dans l’éducation a déjà eu pour effet la prescription massive de Ritaline pour calmer l’hyperactivité, au grand bonheur des laboratoires pharmaceutiques).
Un bon exemple nous a été offert récemment par Laurent Alexandre (Le Monde, 12 avril) qui, après avoir affirmé que « [des] études ont mis en évidence le fait que la réussite et les capacités intellectuelles étaient fortement dépendantes du patrimoine génétique » semble se reprendre : « La génétique ne peut pas prendre le risque de cautionner une idéologie inégalitaire. » Trop tard. Le mal est déjà fait, au nom des sacro-saintes « études » et autres « experts ».
Là encore, rien de nouveau sous le soleil : cette manière de s’en remettre à l’expertise pour cautionner tout et n’importe quoi est caractéristique du taylorisme, qui suppose que le travailleur doit s’en remettre à « un homme plus habitué que lui à découvrir les lois, à les développer et chargé de lui apprendre à travailler conformément à ces lois » (Taylor, Principes d’organisation scientifique, 1911 ; cité par Roland Gori). L’organisation « scientifique » du travail théorisée par Taylor impose une division entre ceux qui ordonnent (dans les deux sens : qui donnent les ordres et qui réfléchissent aux procédures) et ceux qui exécutent ; entre la tête et les bras, en somme. Rien d’étonnant, dès lors, à ce qu’il soit remplaçable par une machine. Ou mieux encore : qu’il devienne lui-même une machine…
Vers l’homme-machine
Replacé dans le processus plus large de « taylorisation de l’existence », il n’est pas étonnant que ce soit le modèle explicatif des sciences cognitives qui ait le vent en poupe. Le cognitivisme n’est pas sans arrière-pensée, puisqu’il part du postulat que la pensée peut se réduire au traitement d’informations et que l’imagerie cérébrale permet de constater empiriquement son fonctionnement. Autrement dit, si on lui soumet une information, on le verra exécuter un mouvement. Le cerveau fonctionne comme un ordinateur (d’où le poids actuel de l’intelligence artificielle : si le cerveau fonctionne comme un ordinateur, alors un ordinateur peut fonctionner comme un cerveau), mais aussi comme… un ouvrier !
L’homme se trouve ainsi réduit à une machine complexe, sur laquelle toute manipulation visant à en augmenter les performances serait justifiée. Et pour tout ce qu’on ne pourra améliorer, on utilisera des machines. La voiture intelligente permettra de diminuer les accidents de la route (une fois qu’elle ne les provoquera plus elle-même), parce que l’homme est décidément trop faible et trop imprévisible pour conduire une voiture tout seul. Des robots effectueront tous les actes médicaux, parce que la santé n’est rien d’autre qu’une affaire de mécanique. Des MOOC remplaceront aisément les enseignants, puisqu’« une classe efficace alterne, chaque jour, des périodes d’enseignement explicite et des périodes de contrôle des connaissances (lecture à haute voix, questions/réponses, quiz…) » (Le Monde, 20 décembre 2013). 
Finalement, « le nouveau monde » où politique et entreprise ont recours massivement aux sciences cognitives (ainsi qu’à l’intelligence artificielle et aux algorithmes qu’elles permettent de développer) veut tendre vers un monde sans aspérité, sans problèmes, sans conflits ; où le progrès technique et scientifique nous mène sur le chemin du bonheur. C’est « un monde sans esprit », un monde déshumanisé, issu des « utopies » du XIXe siècle. Ni nouveau, ni désirable.
Thomas Schauder

A propos de l’auteur de la chronique
Thomas Schauder est professeur de philosophie. Il a enseigné en classe de terminale en Alsace et en Haute-Normandie. Il travaille actuellement à l’Institut universitaire européen Rachi, à Troyes (Aube). Il est aussi chroniqueur pour le blog Pythagore et Aristoxène sont sur un bateau. Il a regroupé, sur une page de son site, l’intégralité de ses chroniques Phil d’actu, publiées chaque mercredi sur Le Monde.fr/campus.

        Lire aussi :
         

                Chronique philo : « Star Wars », la fin des mythes




        Lire aussi :
         

                #balancetonporc : derrière la polémique, un fait social




        Lire aussi :
         

                Macron : « Dire la vérité », ou le triomphe de la morale sur le politique








                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-8">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ « Le Monde » publie des extraits de « La tête qui tourne et la parole qui s’en va », dans lequel Béatrice Gurrey, grand reporter au quotidien, raconte le bouleversement qu’a été la découverte d’Alzheimer chez ses parents.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Alzheimer, une épreuve familiale

« Le Monde » publie des extraits de « La tête qui tourne et la parole qui s’en va », dans lequel Béatrice Gurrey, grand reporter au quotidien, raconte le bouleversement qu’a été la découverte d’Alzheimer chez ses parents.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 15h54
    |

            Béatrice Gurrey








                        



                                


                            
Grand reporter au « Monde », Béatrice Gurrey témoigne du bouleversement qu’a constitué la découverte de la maladie Alzheimer chez ses deux parents. Des premiers troubles à la quête d’un établissement adapté, elle livre, dans « La tête qui tourne et la parole qui s’en va », le récit d’un drame qui désarme les proches de centaines de milliers de malades. Parution le 26 avril 2018.
Bonnes feuilles. Septembre 2014. Dans la salle d’attente du docteur L., le généraliste de mes parents à Aix-en-Provence, mon père regarde fixement une photo de gratte-ciel, à New York. Il murmure, pour lui-même, de sa voix cassée : « Il y avait des crocs de boucher. Des carcasses qui pendaient partout. » Dans la chambre froide il y a soixante-dix ans ? Dans la ferme de ses grands-parents ? Je ne pose pas de question.
Pour rien au monde il n’aurait voulu devenir boucher. Mais il aimait acheter la viande. Le client qui ne s’en laisse pas conter, qui veut de la joue de bœuf, de la bavette, de l’araignée et taille le bout de gras avec le commerçant, en connaisseur. Du bon côté du comptoir réfrigéré.
L’heure est venue où il ne peut plus faire semblant. Paraître. Etre cet homme élégant qui a habité un grand appartement dans le 7e arrondissement de Paris, qui chassait en Irlande, en Sologne et roulait en belles caisses. Ce monstre de volonté, déjà père et étudiant le soir aux Arts et Métiers. Cet Alsacien entêté, obsédé par la réussite, que la vague des « trente glorieuses » a déposée à ses pieds. Ce beau gars que les femmes regardaient.
Le Dr L. procède au mini mental state examination, constitué d’une batterie de questions simples. Nous sommes cinq : le médecin, mes parents, mon mari et moi. Pierre commence.
« En quelle année sommes-nous ?
— En 1991.
— En quelle saison ?
— Une saison de chasse.
— Quel mois ?
— Août. »
Aucune...




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-9">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Carte blanche. La mission spatiale européenne Gaia rend publics la position de 1 692 919 135 étoiles de notre galaxie, et le mouvement de la majorité de celles-ci. Un catalogue sans équivalent.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


1  692  919  135 étoiles cataloguées

Carte blanche. La mission spatiale européenne Gaia rend publics la position de 1 692 919 135 étoiles de notre galaxie, et le mouvement de la majorité de celles-ci. Un catalogue sans équivalent.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 17h01
    |

                            Roland Lehoucq (astrophysicien, Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives)








                        



                                


                            
L’équipe scientifique de la mission spatiale Gaia publie, le 25 avril, le ­gigantesque catalogue issu de vingt-deux mois d’observation de ce satellite d’astrométrie développé par l’Agence spatiale européenne. Riche de plus de 1,69 milliard d’étoiles, ce qui représente 1 % de la population stellaire de notre galaxie, ce catalogue est l’ultime descendant de celui que l’astronome grec Claude Ptolémée inséra dans son Almageste au IIe siècle de l’ère chrétienne.
Fondé sur le catalogue établi par l’astronome grec Hipparque quatre siècles plus tôt, le catalogue de Ptolémée fit référence dans les mondes occidental et arabe pendant plus de mille ans. Il comptait 1 022 étoiles dont il indiquait la position céleste et l’éclat apparent. La taille et la qualité des catalogues d’étoiles se sont accrues au fil du temps mais ils restèrent longtemps incapables de ­décrire fidèlement notre environnement stellaire car il y manquait une information cruciale : la distance des étoiles. Cette question est longtemps restée irrésolue et polémique car liée à nos représentations du monde.
En décentrant la Terre pour en faire une planète comme les autres, Nicolas Copernic (1473-1543) provoqua un séisme intellectuel à portée cosmologique. En effet, si la Terre tourne autour du Soleil, alors la position ­apparente d’une étoile pourrait, au fil des mois, changer par rapport à celle d’une étoile d’éclat plus faible, supposée plus lointaine. N’ayant pas constaté cet effet de parallaxe des étoiles, le plus grand observateur du XVIe siècle, l’astronome danois Tycho Brahe (1546-1601), refusa de souscrire à l’hypothèse héliocentrique.
Pour échapper à cette objection et sauver le mouvement de la Terre autour du Soleil, Copernic déclara que les étoiles se trouvaient à une distance si considérable que le changement de position de la Terre sur sa trajectoire ne modifiait en rien le paysage stellaire. Autrement dit, alors que les Anciens tenaient la dernière...




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-10">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Sixième volet de la collection « Génie des mathématiques », Jacob Bernoulli, mathématicien et physicien suisse, à qui l’on doit la première théorie mathématique des probabilités.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Bernoulli, tête de série

Sixième volet de la collection « Génie des mathématiques », Jacob Bernoulli, mathématicien et physicien suisse, à qui l’on doit la première théorie mathématique des probabilités.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 10h04
    |

                            Athanase Papadopoulos (Directeur de recherche à l’Institut de recherche mathématique avancée de l’université de Strasbourg et du CNRS)








                        



                                


                            
Collection « Génies des maths ». Si l’on devait mentionner un seul nom qui fait la gloire des mathématiques suisses, c’est celui de ­Bernoulli qui viendrait à l’esprit. En l’espace de trois générations, cette famille donna huit mathématiciens, dont certains d’un niveau exceptionnel. L’unique chaire de mathématiques de l’université de Bâle fut occupée de 1687 à 1790 par des Bernoulli. Jacob Bernoulli (1654-1705) est le premier de cette dynastie. Fils d’un ­négociant en épices, pigments et herbes médicinales et membre du Parlement cantonal, il était petit-fils d’un émigré néerlandais ayant fui son pays, où les protestants étaient persécutés.
Jacob Bernoulli étudia d’abord la théo­logie. Son père voulait qu’il devienne pasteur, et c’est contre la volonté parentale qu’il étudia les mathématiques, en auto­didacte et à travers les rencontres qu’il fit. Il réfléchissait en permanence à des problèmes qu’il formulait lui-même, souvent à l’occasion de cours privés qu’il donnait.
On lui doit la première théorie mathématique des probabilités, qui remplaça ce qu’on ­appelait « la théorie des jeux de hasard », à laquelle étaient attachés les noms de Fermat, Pascal et Huygens. Le passage à une théorie mathématique n’était pas facile à concevoir : on faisait entrer quelque chose du domaine de la chance, du probable, de l’incertain, dans le cadre des mathématiques, celui de la rigueur et de la certitude.
De nombreux objets mathématiques portent son nom
Il est aussi reconnu pour la loi des grands nombres, qui dit que l’observation d’un nombre d’échantillons de plus en plus grand donne des renseignements de plus en plus précis sur une population, une loi utilisée en démographie, en économie, en cryptographie, en jurisprudence… Elle semble naturelle, mais en faire un théorème mathématique est une autre affaire. C’est sur elle que reposent les sondages.
De nombreux objets mathématiques portent son nom, comme les nombres de Bernoulli (une suite...




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-11">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Une étude récente suggère que les déplacements de bancs de minuscules organismes marins jouent un rôle dans le mélange des eaux des océans. Peut-être au point de participer à la lutte contre le réchauffement climatique.
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤ 
<article-nb="2018/04/26/19-12">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Entomologie. Des chercheurs ont observé pour la première fois que la libération du sperme est source de plaisir chez la drosophile de sexe masculin.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’éjaculation fait aussi jouir les mouches

Entomologie. Des chercheurs ont observé pour la première fois que la libération du sperme est source de plaisir chez la drosophile de sexe masculin.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 14h34
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



                                


                            

Il suffit parfois de pas grand-chose pour réveiller le côté ­salace qui sommeille en chacun de nous. C’est pourtant sans arrière-pensée lubrique manifeste – professionnalisme oblige – que des chercheurs de l’université de Bar-Ilan (Israël) et du Janelia Research Campus (Etats-Unis) ­publient leurs travaux ce 19 avril, dans Current Biology. « Nous voulions savoir quelle phase précise de la copulation était responsable de la sensation de plaisir… chez la mouche, expliquent-ils, sans broncher. Est-elle due aux actions qu’accomplit le mâle durant la cour ? Aux phéromones des femelles ? Ou est-ce la dernière étape qui est importante, celle au cours de laquelle le sperme et le liquide ­séminal sont libérés ? »
Déformation anthropomorphique ou pas, les chercheurs sont partis de l’hypothèse que la clé de voûte de cette sensation de plaisir, de récompense, que l’on sait déjà être éprouvée par la mouche mâle lors de l’étreinte, était précisément l’éjaculation. Afin de lever leurs doutes, ils ont tiré parti de la technique d’optogénétique pour stimuler spécifiquement et à la demande les neurones connus pour être responsables de la libération du sperme et du liquide ­séminal chez la drosophile : les neurones à corazonine (en espagnol, corazon signifie « cœur »…).
Changements moléculaires
Les chercheurs se sont alors aperçus que, placés dans une boîte, les drosophiles mâles se tournaient plus volontiers du côté où une ­lumière « allumait » ces neurones à corazonine, c’est-à-dire lorsque était reproduit expérimentalement le plaisir ressenti lors d’une éjaculation. Le tout, sans femelle alentour.
Dans le cerveau de ces diptères exaltés, les changements moléculaires étaient similaires à ceux ­observés après un accouplement non virtuel : les taux de neuropeptide F, une molécule impliquée dans les phénomènes de récompense, grimpaient en flèche. En outre, alors que des mâles privés de sexe ont davantage tendance à se réfugier dans...




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-13">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Des nomades marins du Sud-Est asiatique sont des apnéistes hors pair. Une étude suggère que la clé de leur endurance réside dans leur rate plus grande que la normale.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La rate, secret de plongée des Bajau

Des nomades marins du Sud-Est asiatique sont des apnéistes hors pair. Une étude suggère que la clé de leur endurance réside dans leur rate plus grande que la normale.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 13h00
    |

                            Anne Mellier








                        



                                


                            

Parfois appelés « nomades de la mer », les Bajau vivent de l’océan depuis plus de mille ans. Ce peuple d’Asie du Sud-Est tire l’essentiel de ses ressources des dizaines d’immersions quotidiennes qu’effectuent ses plongeurs. Simplement équipés d’un jeu de poids et de lunettes en bois, ils sont capables de descendre ­jusqu’à 70 mètres de profondeur pour récolter des crustacés, et ­peuvent rester plusieurs minutes en apnée. Au total, on estime que certains d’entre eux peuvent passer jusqu’à 60 % de leur journée d’activité sous l’eau, soit l’équivalent de cinq heures sans respirer. Publiée le 19 avril dans la revue Cell, une étude révèle qu’ils possèdent une rate bien plus grosse que la moyenne. Un atout potentiel pour l’apnée.
Retenir sa respiration
Intuitivement, cet organe n’est pas la première partie du corps que l’on croirait concernée par le fait de retenir sa respiration. Pourtant, la contraction de la rate fait partie du réflexe de plongée, qui se ­déclenche en cas d’apnée ou ­d’immersion du visage dans l’eau froide. Le cœur ralentit pour diminuer la consommation de l’organisme en oxygène, et les vaisseaux sanguins des extrémités se resserrent au maximum pour concentrer le sang vers les organes vitaux.
Les muscles lisses qui entourent la rate se contractent aussi, libérant une petite quantité de globules rouges oxygénés, qui augmentent légèrement la teneur en oxygène du sang. C’est un réflexe que l’homme partage avec les mammifères marins, même si leur rate est une réserve bien plus importante d’hématies oxygénées.
Soupçonnant que cette contraction puisse jouer un rôle dans l’étonnante facilité des Bajau à plonger, Melissa Ilardo, première auteure de l’étude, s’est rendue en Indonésie pour mesurer les rates d’une soixantaine de Bajau, et celles des membres d’un peuple voisin qui ne plonge pas, les Saluan.
Caractéristique héréditaire
Ses échographies ont révélé que la rate des Bajau était 50 % plus ­volumineuse en moyenne...




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-14">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Un réseau associatif plaide pour la culture de plantes qui seraient plus efficaces que le traitement de référence. Les études sont préliminaires et ce recours à une médecine traditionnelle se heurte à la défiance.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 24/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Artemisia : une tisane contre le paludisme ?

Un réseau associatif plaide pour la culture de plantes qui seraient plus efficaces que le traitement de référence. Les études sont préliminaires et ce recours à une médecine traditionnelle se heurte à la défiance.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 20h43
    |

                            Sabah Rahmani








                        



                                


                            

« Près de la moitié de la population mondiale est exposée au risque de paludisme, estime l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La maladie a entraîné 445 000 décès en 2016 : 90 % des cas sont survenus en Afrique, ainsi que 91 % des décès. » En 2016, 216 millions de personnes ont contracté la maladie dans le monde, soit 5 millions de plus que l’année précédente, et un retour au niveau de 2012.
La mobilisation générale est donc le mot d’ordre en ce 25 avril, journée mondiale de lutte contre la maladie. Pour contrer cette infection parasitaire véhiculée par des moustiques, l’Artemisia annua, plante de la famille des armoises, sert aujourd’hui de base aux traitements pharmacologiques antipaludéens.
Utilisée dans la médecine chinoise ­depuis plus de deux mille ans, elle contient un principe actif, l’artémisinine, dont l’identification a valu le prix Nobel de médecine à la Chinoise Tu Youyou en 2015. Désormais les ACT (Artemisinin-based Combination Therapy), combinaisons thérapeutiques à base d’artemisinine, sont considérées comme les médicaments les plus efficaces, mais ils peinent à endiguer la maladie sur le continent africain, faute d’accès au soin.
Infusions ou décoctions de feuilles et tiges
Dans ce paysage thérapeutique complexe, un réseau international de scientifiques et de médecins (africains, américains et européens) liés à l’association française et philanthropique La Maison de l’artemisia, tente depuis quelques années d’ouvrir de nouvelles pistes, en revalorisant les feuilles sèches d’Artemisia annua et d’Artemisia afra pour lutter contre le paludisme. Selon eux, les deux plantes auraient des principes actifs plus riches et encore plus efficaces lorsqu’elles sont utilisées en polythérapie sous forme naturelle – infusions ou décoctions de feuilles et tiges – pour éliminer les parasites du genre Plasmodium, responsables de la maladie.
Cette position atypique...




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-15">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Dix mille pas et plus. L’exploration des effets de l’exercice physique des ­individus sur la génération suivante est devenue un domaine actif de recherche.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pour vos futurs enfants, bougez !

Dix mille pas et plus. L’exploration des effets de l’exercice physique des ­individus sur la génération suivante est devenue un domaine actif de recherche.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 12h56
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Marchez, nagez, courez… pour votre santé, pour montrer l’exemple dans la famille, et même pour donner de meilleures chances dans la vie à vos futurs enfants. Ne finirait-on pas par pousser le bouchon un peu loin dans cette chronique ?
L’exploration des effets de l’exercice physique des ­individus sur la génération suivante est devenue un domaine actif de recherche. Et les résultats sont séduisants, même si nombre de ces travaux sont encore préliminaires et parfois contradictoires.
Dernière en date, une étude allemande publiée le 10 avril dans la revue Cell Reports, montre que des souris mâles placées dans un environnement stimulant améliorent leurs capacités d’apprentissage – ce qui était déjà connu – mais aussi celles de leurs futurs descendants. Cette transmission intergénérationnelle passerait non pas par l’ADN, mais par des substances (en l’occurrence des micro ARN) présentes dans le sperme des rongeurs « sportifs ». Bref, ce serait une affaire d’épigénétique.
Transmission épigénétique
Pour mener à bien leur démonstration, André ­Fischer (université de Göttingen) et ses collègues ont constitué deux groupes de souris mâles adultes. Par groupes de quatre ou cinq, les unes ont bénéficié pendant dix semaines d’un environnement enrichi, soit de grandes cages avec des jouets (tunnels, habitation…) et des roues. Les autres, animaux de contrôle, se sont contentés de cages de même taille sans accessoire. A l’issue de l’expérience, les rongeurs stimulés avaient une plasticité plus élevée dans l’hippocampe – structure cérébrale impliquée dans la mémoire et les apprentissages – que ceux du « groupe contrôle ». Surtout, ces effets positifs ont été retrouvés chez leurs descendants de première génération.
Les scientifiques allemands ne se sont pas arrêtés là. Ils ont ensuite étudié l’ARN présent dans le sperme des rongeurs sportifs, pour savoir si ces molécules pouvaient expliquer la transmission épigénétique de la plasticité cérébrale....




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-16">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Les feuilles sèches peuvent se prendre en comprimés, en tisanes ou en gélules. Mais aucune étude n’a encore pu les comparer.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
      

Artemisia : quel traitement est le mieux adapté ?

Les feuilles sèches peuvent se prendre en comprimés, en tisanes ou en gélules. Mais aucune étude n’a encore pu les comparer.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 09h00
    |

                            Sabah Rahmani








                        



   


Quelle forme de l’Artemisia serait plus adaptée aux traitements : tisane, gélule ou comprimé à base de feuilles sèches (Dried Leaf Artemisia ou « DLA ») ? A ce jour, aucune étude n’a pu les comparer. La Maison de l’artemisia préconise pour les malades une infusion pendant quinze minutes de feuilles et tiges sèches, à boire pendant sept jours, ou des poudres à ingérer sous forme de gélules ou de comprimés. Et quand l’ingestion n’est pas possible, notamment pour les enfants, la professeure Pamela Weathers propose d’utiliser des gélules par voie rectale, avec une posologie précise qui resterait à définir par des tests cliniques spécifiques.
La chercheuse émet l’hypothèse que « les comprimés ou gélules DLA fourniraient un complément complet de tous les produits chimiques présents dans les feuilles. L’infusion de thé est plus difficile à utiliser car elle doit être soigneusement préparée et trempée. Il existe des études montrant que la température de l’eau et la durée du trempage peuvent modifier les produits chimiques ».
Nouveau chantier
Un point de vue que relativise le professeur Lutgen, membre du réseau de la Maison de l’artemisia, qui défend l’intérêt de travailler avec la tisane en décoction (la plante est chauffée en même temps que l’eau) et non en simple infusion. Le chimiste trouve que les études d’extraction de l’Artemisia annua ont toujours utilisé des solvants organiques comme l’hexane, ignorant ainsi les molécules et les minéraux qui ne sont solubles que dans l’eau, comme les tanins. « Il y a dix ans, on disait qu’il ne fallait jamais utiliser de l’eau bouillante car on pensait que cela détruisait l’artémisinine. Ce n’est pas vrai ! Nous avons travaillé depuis avec l’eau bouillante et on s’est rendu compte qu’il vaut mieux faire une décoction, laisser bouillir pendant cinq minutes pour amener dans la solution aqueuse d’autres molécules. Il y a là tout un chantier nouveau. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-17">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ La culture de cet arbuste sur le continent africain permettrait de produire sept tonnes de feuilles sèches par an pour environ 130 000 traitements.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Encourager la production locale d’« Artemisia »

La culture de cet arbuste sur le continent africain permettrait de produire sept tonnes de feuilles sèches par an pour environ 130 000 traitements.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 09h00
    |

                            Sabah Rahmani








                        



                                


                            

Petit arbuste, l’artemisia présenterait de nombreux avantages sur le continent africain, selon le professeur Guy Mergeai, agronome belge (université de Liège), membre de l’association La Maison de l’artemisia : « Elle couvre très bien les sols, n’a pas de problème d’érosion et son utilisation sous forme de tisane ou de gélule ne nécessite pas de superficie énorme pour couvrir les besoins des populations contre le paludisme. » Un hectare permettrait de produi­re 7 tonnes de feuilles sèches par an pour environ 130 000 traitements. Si les Maisons d’artemisia cultivent l’espèce annua, elles souhaiteraient développer les cultures d’Artemisia afra, plus vivace et pérenne, qui nécessite dix fois moins de travail que sa cousine l’armoise annuelle.
Présents dans 15 pays, « nos centres sont des lieux de formation, d’études médicales et agronomiques, de partage de semences et de transmission des savoirs agro­nomiques et médicaux », explique Lucile Cornet-Vernet, médecin orthodontiste formée aux techniques de l’agroécologie, fondatrice de l’association.
Economie sociale et solidaire
En aidant au développement d’un réseau de culture locale et de distribution de l’artemisia selon une charte de bonnes pratiques et un label de qualité, le réseau souhaite élargir les solutions thérapeutiques face au paludisme, notamment pour « les familles démunies et isolées qui sont hors d’accès des programmes médicaux ». Mais aussi contrecarrer le réseau des faux médicaments antipaludéens ACT, qui représenterait plus de 50 % du marché. Les Maisons de l’Artemisia produisent et vendent les tisanes entre 1 500 et 2 500 francs CFA (soit 2,30 euros à 3,80 euros) les 40 g pour un traitement. « Toutes nos Maisons sont des associations, des entreprises de l’économie sociale et solidaire ou des coopératives. L’association française n’a aucun retour financier. En dix-huit mois, les structures sont autonomes », assure Lucile Cornet-Vernet.
Mais...




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-18">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Exposition. A la Cité des sciences, une exposition ludique raconte l’histoire de la maîtrise du feu par l’homme.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


De la flamme au foyer

Exposition. A la Cité des sciences, une exposition ludique raconte l’histoire de la maîtrise du feu par l’homme.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h31
    |

                            Anne Mellier








                        



                                


                            

D’abord, des monstres flamboyants, dont les tentacules orangés se dressent vers le ciel avant de dévorer la brousse. Et de lointains ancêtres, spectateurs de ces brasiers, fascinés ou effrayés certainement, comme nous le sommes aujourd’hui parfois devant la puissance du feu. De ces ogres sauvages, les premiers hommes ont tiré des outils, un mode de vie : le moyen de s’extraire de la ­nature. Puis ils ont cherché à le comprendre, à le décortiquer, pour mieux le maîtriser.
Cette maîtrise du feu par l’homme, et ses ­limites, c’est l’histoire que raconte « Feu », la nouvelle exposition, ouverte depuis le 10 avril, de la Cité des sciences. Trois espaces sont dévolus aux différentes facettes de la relation que nous entretenons avec cet élément. Le premier raconte la manière dont l’homme s’est approprié le feu, sans savoir que ses flammes forgeraient l’humanité telle qu’on la connaît aujourd’hui. D’abord en le recueillant, puis en l’entretenant, avant d’être à même de le produire avec différents outils. Les vitrines circulaires de ce premier espace rappellent aussi le rôle social du foyer : il favorise la communication, les ­récits, le développement de l’artisanat, d’une culture. Il engendre des mythes et des rites dont l’exposition donne un riche aperçu.
Mécanismes de la combustion
Autre ambiance, plus industrielle, dans la deuxième partie. « C’est un espace consacré à la maîtrise et à l’étude du feu, expliquent Julia Maciel et Christelle Guiraud, co-commissaires de l’exposition. Ici, le feu est mis en boîte. » Et disséqué. On y apprend les mécanismes de la combustion, et la manière dont l’homme les a découverts. Ce que nos sociétés « thermo-industrielles » lui doivent aussi. Car, si discret soit-il au quotidien, le feu permet par exemple aux voitures de rouler.
Et puis le feu qui s’affranchit de l’homme et le menace. La dernière partie de l’exposition est consacrée aux incendies. Une pièce pleine de fumée et de véritables...




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-19">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Géologie. Une météorite contiendrait des indices issus des profondeurs d’un astre n’ayant pas survécu à la naissance du Système solaire.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Des diamants, éternels vestiges d’une planète disparue

Géologie. Une météorite contiendrait des indices issus des profondeurs d’un astre n’ayant pas survécu à la naissance du Système solaire.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 14h58
    |

                            François Mange (« Le Temps »)








                        



                                


                            

Le 7 octobre 2008, une météorite d’un diamètre de plus de deux mètres, nommée « Almahata Sitta », frappait la Terre à la frontière du Soudan et de l’Egypte. C’est la première fois qu’une météorite a pu être identifiée et suivie avant sa collision avec la Terre. « On a eu de la chance, elle est tombée précisément où il fallait ! Dans l’eau ou en dehors d’un désert, il aurait été quasiment impossible d’en récupérer des fragments et de les analyser », indique Cécile Hébert, professeure à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et coauteure d’une nouvelle étude sur Almahata Sitta parue dans Nature Communications. Cela aurait été dommage : « des diamants contenus dans la météorite nous indiquent qu’elle aurait pu appartenir à une planète de la taille de Mercure ou de Mars », se réjouit Cécile Hébert. Inutile de sortir votre attirail de chercheur de pierres précieuses, ces diamants venus du ciel, qui ne sont par ailleurs pas si rares, ont une taille d’environ 0,01 mm. Ces ­micro-joyaux valent cependant leur pesant d’or. Pourquoi ?
Des inclusions informatives
Philippe Gillet, professeur à l’EPFL et coauteur de l’étude, ­explique qu’il avait déjà étudié « le caillou » et constaté la présence des diamants avec un groupe de chercheurs japonais. Mais c’est un doctorant, Farhang Nabiei, premier auteur de la nouvelle étude, qui va trouver un ­détail- clé qui leur avait échappé à l’époque : des inclusions. Ces corps solides, liquides ou ­gazeux, piégés dans le diamant au moment de sa formation, renferment des informations sur la provenance de la météorite. Si, chez un diamantaire, ces impuretés diminuent la valeur de la gemme, pour le géophysicien qu’est Philippe Gillet, il s’agit au contraire d’imperfections très précieuses : « Leur formation au sein d’un corps céleste est très largement débattue et ces inclusions nous permettent de mieux comprendre dans quelles conditions ces diamants ont été créés. »
Un diamant...




                        

                        


<article-nb="2018/04/26/19-20">
<filnamedate="20180426"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180426"><AAMMJJHH="2018042619">
<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ L’étude des registres contenant des milliers de fossiles est sans appel : à chaque arrivée de « Sapiens » sur un continent, la taille moyenne des animaux s’effondre.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 23/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


L’homme, tueur en série des grands mammifères

L’étude des registres contenant des milliers de fossiles est sans appel : à chaque arrivée de « Sapiens » sur un continent, la taille moyenne des animaux s’effondre.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 18h57
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

C’était il y a quelque 14 000 ans. Le continent américain abritait une faune à nulle autre pareille. En Alaska et dans les terres du Yukon, des mammouths de 10 tonnes et de 5 mètres au garrot avalaient tranquillement herbes et autres carex. Un peu plus au sud s’étendaient les terres de l’impressionnant rhinocéros laineux (2 mètres au garrot pour 3 tonnes) et, jusqu’aux tropiques, celles du terrible tigre à dents de sabre (450 kilogrammes, 3,5 mètres de long). Ce qui n’empêchait pas les gigantesques paresseux terrestres de traîner leurs 4 tonnes (et jusqu’à 6 mètres de la tête à la queue) en relative sécurité.
Et puis, en quelques siècles, 3 000 ans tout au plus, ces géants ont disparu. Eradiqués. La cause ? Longtemps les scientifiques se sont opposés sur le sujet. Une météorite, comme lors de la disparition des dinosaures, il y a 66 millions d’années ? Un changement brutal du climat ? Ou encore l’homme, chasseur habile et sans scrupule ? Dans un article publié dans la revue Science, vendredi 20 avril, une équipe américaine vient appuyer cette dernière hypothèse. Elle n’accuse pas seulement les conquérants du Nouveau Monde, probablement arrivés par le détroit de Behring, d’avoir éradiqué quelques espèces imposantes. Elle nous juge responsables de « la baisse de la taille des mammifères à travers le quaternaire tardif », comme l’indique sobrement le titre de la publication. En d’autres termes, nous serions coupables de la disparition générale des plus grands mammifères sur les cinq continents, et cela depuis au moins 125 000 ans.
Arrivée de l’homme en Alaska
Les indices en ce sens étaient déjà graves et concordants. En 2007, la Britannique Caitlin Buck (université de Sheffield) et le Français Edouard Bard (Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement, Collège de France) avaient profité des dernières techniques de datation au carbone 14 et de méthodes d’analyses statistiques plus rigoureuses...




                        

                        

