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Les mirages de Pierre Gattaz sur l’opération « Un million d’emplois »

Le président du Medef s’attribue un peu vite les bons chiffres de créations d’emplois des dernières années.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 18h00
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Le slogan « Un million d’emplois » du Medef n’est pas tombé aux oubliettes. Le président du syndicat patronal, Pierre Gattaz, a même affirmé, mercredi 25 avril sur France Inter, que l’opération a été un franc succès. Selon le responsable patronal, le million d’emplois devrait être atteint, ou presque, d’ici à la fin de l’année. Mais si l’embellie du marché du travail est bien réelle, le lien entre celles-ci et les revendications du « patron des patrons » est à nuancer.
Ce qu’il a dit
Interrogé par Nicolas Demorand sur son slogan « Un million d’emplois », qu’il avait largement utilisé en 2014, Pierre Gattaz a affirmé qu’il s’était bien traduit dans les faits :
« J’ai expliqué, en 2013, que nous pouvions créer un million d’emplois. Et c’est un minimum pour la France. Le vrai chiffre c’est de créer 2,5 millions d’emplois pour arriver à 5 %, 6 % de chômage. 1 million c’était un objectif (…). Et bien figurez-vous qu’aujourd’hui nous sommes à 680 000 emplois au bout de 3 ans, sans avoir fait toutes les réformes. (…) Nous sommes autour de 700 000 [emplois], sur un rythme de 300 000 emplois par an, à la fin de l’année nous serons proches du 1 million d’emplois. »
POURQUOI C’EST PLUS COMPLIQUÉ
1. Un « objectif » ambigu, lié à des revendications
L’histoire du « million d’emplois » de Pierre Gattaz est en fait celle d’un slogan qui n’a jamais vraiment été une promesse, ni un réel objectif. Depuis 2013, le patron du Medef a multiplié les coups de communication autour de son mot d’ordre : il en a fait un pin’s, une tournée en France et l’a martelé à de multiples reprises dans des discours ou dans des interventions médiatiques.
Sa formulation la plus claire sur la question est sans doute celle qu’il faisait dans un courrier aux adhérents du Medef fin 2013, intitulé « 1 million d’emplois créés en 5 ans ! » L’intéressé y écrit : « L’ambition que nous vous proposons est de créer 1 million d’emplois en 5 ans », tout en prenant soin de préciser qu’« il ne s’agit pas non plus d’un engagement inconditionnel ». 
Derrière les créations de postes fixées comme horizon, ce slogan visait en réalité surtout à défendre des exigences face au gouvernement. Baisse des charges, baisse des dépenses publiques, plaidoyer pour un discours politique plus favorable aux entreprises… Pour Pierre Gattaz, cette campagne a d’abord été l’occasion de promouvoir les revendications patronales.

   


François Hollande a répondu à cet appel par son « pacte de responsabilité » début 2014. Ce dernier s’est matérialisé notamment par 30 milliards d’euros de baisses de cotisations pour les entreprises, en plus de la montée en puissance du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), qui représentait une enveloppe de 20 milliards d’euros en 2015. Mais le Medef a toujours refusé de s’engager sur des contreparties précises à ces dispositifs, notamment en termes d’emplois.
2. Oui, les créations d’emplois sont bien en hausse
Près de cinq ans après sa lettre aux adhérents du Medef, Pierre Gattaz revendique donc le fait que l’objectif d’un million d’emplois serait en passe d’être atteint. Les « 680 000 » créations d’emplois qu’il évoque pour les trois dernières années correspondent, dans les grandes lignes, à une réalité. Selon l’Insee, 643 000 emplois salariés ont été créés « nets » (c’est-à-dire en déduisant en parallèle les suppressions d’emploi) entre le dernier trimestre 2014 et la fin de l’année, dont 617 000 dans le privé.
Sur trois ans, cela représente une hausse d’environ 3 % du nombre total de salariés employés par le secteur privé.


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L'emploi salarié est reparti en légère hausse ces dernières années
Chiffres trimestriels de l'emploi salarié selon l'Insee en France hors Mayotte

Source : Insee



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Si l’on extrapole la tendance observée en 2017 sur l’année 2018 (+ 268 000 emplois salariés sur un an selon l’Insee), on se rapprocherait effectivement du « million » d’emplois évoqués par Pierre Gattaz. Ses chiffres sont donc plutôt justes, même s’il se garde bien d’évoquer certaines ombres au tableau – par exemple, le fait que l’emploi a continué de chuter sur l’ensemble de l’année 2014 (- 22 000 emplois privés environ selon l’Insee), moment du lancement du « pacte de responsabilité ».
3. Le « pacte de responsabilité » n’est pas la seule explication à l’embellie
Le raisonnement du « patron des patrons » en lui-même est en revanche discutable pour au moins deux grandes raisons. La première, c’est de savoir qui a créé ces emplois. Les chiffres de l’Insee cités par Pierre Gattaz sur France Inter englobent en effet l’ensemble de l’emploi salarié, quel que ce soit le type ou la taille de l’entreprise.
Or, certains indicateurs montrent que ne sont pas forcément les plus grandes entreprises, surreprésentées au sein du Medef, qui créent le plus d’emploi. Une étude de l’Insee publiée fin 2017 estime ainsi que ce sont d’abord les entreprises de taille intermédiaire (ETI) puis les moyennes entreprises (PME) qui ont créé des emplois sur la période 2009-2015, quand les micro-entreprises et les grands groupes en ont perdu. Les entreprises affiliées au Medef, le mouvement que représente Pierre Gattaz, ne sont pas les seules créatrices d’emploi.
Le CICE n’a pas favorisé de créations d’emploi massives
L’autre question cruciale est de savoir dans quelle mesure les revendications du Medef, pour parties reprises par le gouvernement sous François Hollande, sont réellement responsables de l’embellie du marché de l’emploi. Et il y a matière à tempérer le discours patronal sur ce point.
Sur le CICE, par exemple, un rapport de France Stratégie (un organisme de réflexion sous l’égide de Matignon) diffusé en octobre 2017 évoque une « fourchette large de 10 000 à 200 000 emplois » sauvegardés ou créés sur la période 2013-2015, retenant une estimation probable de 100 000 emplois. Selon cette analyse, le CICE aurait surtout contribué à restaurer les marges des entreprises et dans une moindre mesure à augmenter les salaires, sans favoriser des créations d’emploi massives. Aucun effet notable sur l’investissement n’a par ailleurs été observé.
Les premiers bilans sont également mitigés concernant le « pacte de responsabilité » dans son ensemble. Alors que le gouvernement communiquait à son lancement sur « la création de près de 500 000 emplois dans les années à venir » grâce à ce dispositif, il a rapidement revu l’objectif à la baisse (« 200 000 emplois à horizon 2017 »).
Contrairement à ce que Pierre Gattaz laisse entendre, l’embellie du marché de l’emploi observée ces trois dernières années n’est donc pas forcément la preuve de l’efficacité des mesures favorables aux entreprises adoptées par le gouvernement depuis 2013. Surtout, il est réducteur de présenter les créations d’emplois observées ces dernières années comme le fruit de son opération « Un million d’emplois ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Le gouvernement avait déjà présenté en novembre une première version du plan, destiné à « clarifier, fluidifier et simplifier tous les dispositifs ».
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Le gouvernement présente son plan pour la rénovation énergétique des bâtiments

Le gouvernement avait déjà présenté en novembre une première version du plan, destiné à « clarifier, fluidifier et simplifier tous les dispositifs ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 16h43
   





                        


Le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a présenté jeudi 26 avril à Angers son plan visant à rénover les bâtiments publics et privés afin de réduire leur consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre.
« Il faut créer un choc de confiance » des Français, a déclaré le ministre. Pour les « associer à tous les niveaux », il faut aussi « clarifier, fluidifier et simplifier tous les dispositifs », que souvent « soit les Français ignorent, soit sont dissuadés » par leur complexité. Le gouvernement avait déjà présenté en novembre une première version du plan, soumise à consultation jusqu’à janvier.

        Lire :
         

          L’exécutif accélère la rénovation énergétique des bâtiments



L’objectif est de rénover 500 000 logements par an – une ambition déjà affichée, sans succès, durant le quinquennat précédent –, en mobilisant 14 milliards d’euros sur cinq ans, planifiés dans le cadre du Grand plan d’investissement annoncé en septembre par le premier ministre Edouard Philippe. Les bâtiments résidentiels et tertiaires représentent 45 % de la consommation du pays en énergie. Le secteur est à l’origine d’environ 25 % des émissions de gaz à effet de serre.
Plusieurs dispositifs simplifiés
Le gouvernement affiche notamment le double objectif de 100 000 logements HLM rénovés par les bailleurs sociaux et de 250 000 logements particuliers rénovés chaque année grâce à des mécanismes existants tels le crédit d’impôt, l’éco-prêt à taux zéro (ECO-PTZ), les certificats d’économie d’énergie, etc.
Mais certains de ces mécanismes ont rencontré des difficultés. Lancé en 2009 et accordé sans conditions de ressources, l’ECO-PTZ a, par exemple, longtemps pâti de la complexité de l’instruction des dossiers par les banques. Ses modalités devraient ainsi être revues afin que les ménages les plus modestes aient accès à ce crédit.
Il faut « essayer de provoquer la confiance au niveau des banques. Si elles ne jouent pas leur rôle, l’Etat le jouera », a averti M. Hulot. La mise en œuvre opérationnelle du Fonds de garantie pour la rénovation énergétique doit ainsi faciliter la distribution de ce prêt aux plus modestes. Prévu par la loi de transition énergétique, ce fonds sera doté de « plus de 50 millions d’euros » afin d’aider « 35 000 ménages aux revenus modestes par an ».
Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) doit aussi être transformé en prime dès 2019, afin de permettre aux ménages de toucher l’aide financière plus rapidement. Et son mode de calcul doit être revu pour prendre en compte l’efficacité énergétique des travaux souhaités.

        Lire aussi l’entretien  :
         

          « Le véritable enjeu, c’est la rénovation des “passoires énergétiques” »



Le plan gouvernemental vise également la rénovation de 150 000 « passoires thermiques » par an, des logements particulièrement énergivores (étiquetés F ou G). La France en compte entre 7 et 8 millions, principalement occupés par des ménages modestes.
L’Etat va aussi agir sur son propre parc immobilier pour « faire des bâtiments publics des bâtiments exemplaires », en rénovant le quart d’entre eux en cinq ans. Les collectivités territoriales pourront aussi bénéficier de 3 milliards d’euros de prêts de la Caisse des dépôts (CDC) sur le quinquennat. Le gouvernement a prévu la création d’un observatoire destiné à évaluer l’impact de ces mesures et effectuer un suivi statistique du parc immobilier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ L’ancien ministre Jean-Louis Borloo, chargé par Emmanuel Macron d’une mission sur la politique de la ville, a appelé à « changer la donne » dans les quartiers prioritaires.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                

Ce qu’il faut retenir du rapport Borloo sur les quartiers prioritaires

L’ancien ministre Jean-Louis Borloo, chargé par Emmanuel Macron d’une mission sur la politique de la ville, a appelé à « changer la donne » dans les quartiers prioritaires.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 15h43
   





                        


L’essentiel
Jean-Louis Borloo a été chargé, en novembre 2017, par Emmanuel Macron de mener une mission sur les quartiers prioritaires ;
Le « père de la rénovation urbaine », ancien ministre de la ville, a remis son rapport au premier ministre, Edouard Philippe, jeudi 26 avril ;
Ce rapport est le fruit d’une réflexion et d’un travail menés depuis plusieurs mois avec les élus et les associations de terrain mobilisés au sein du collectif Territoire gagnants.
Le chiffre
19
Le rapport compte dix-neuf « programmes » thématiques (rénovation urbaine, éducation, mobilité, sécurité et justice, entreprises et emploi, leadership, égalité et mixité…).
Parmi les mesures fortes proposées figurent :
La création, à côté de la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA), d’une « académie des leadeurs », qui mènerait, elle aussi, aux plus hauts postes de la fonction publique ;Le lancement de « cités éducatives », mettant en réseau tous les acteurs et les lieux qui participent à l’éducation des enfants (centres sociaux, de loisirs, de santé…) ;La mise en place d’une fondation pour financer l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) à l’arrêt depuis quatre ans ;Le déploiement de 200 campus numériques, avec un investissement initial d’un milliard d’euros.
S’agissant de l’emploi dans les quartiers relevant de la politique de la ville (QPV), Jean-Louis Borloo propose également de lancer des plans de recrutement, d’encourager le recours à l’apprentissage et de promouvoir « l’accompagnement et le tutorat » au profit des jeunes.
La citation
« La vérité, c’est qu’aucun plan n’a jamais été mis en place. »
Dans un entretien au Monde, Jean-Louis Borloo, appelle les responsables publics et privés à s’engager avec force, estimant que « moins on en a fait en matière de politique de la ville, plus on a annoncé de dispositifs, de chiffres et de politiques prioritaires. On a remplacé les moyens publics par les annonces publiques. Résultat, dans les quartiers, il y a moins de services publics, moins de crèches, moins d’équipements sportifs, moins de capacités financières des communes (30 % de moins), moins d’accès à la culture, moins de policiers, des professeurs et des agents de police plus jeunes, qui coûtent donc moins cher… C’est un scandale absolu. »
Et après ?
Depuis quarante ans, une dizaine de « plans banlieue » ont été lancés par les gouvernements successifs, avec un bilan plus que mitigé. Le secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, Julien Denormandie, a assuré, le 3 avril, que le gouvernement ferait tout pour redonner espoir aux jeunes des banlieues, dans un contexte d’exaspération grandissante des élus locaux.
Il revient désormais à « Emmanuel Macron de voir ce qu’il veut faire : mettre en œuvre le plan tel que je le propose, en faire plus, moins. Faire différemment », a résumé Jean-Louis Borloo.
Et d’ajouter : « Ce que je sais, c’est que je propose dix-neuf programmes, qu’il faut un leadeur pour chacun d’eux et un comité de suivi dont le rôle sera de s’assurer, tous les jours, que les choses se fassent et de les évaluer. » L’ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, qui s’était retiré de la vie politique en 2014, se dit volontaire « pour présider un comité de suivi » et estime qu’il faut un « général Patton », au sein du gouvernement, pour mettre en œuvre ce plan. Mais prévient : « Ce ne sera pas moi. »

Pour aller plus loin
Lire nos articles :
Education, emploi, rénovation... Les propositions-chocs du rapport Borloo
Entretien au Monde de Jean-Louis Borloo, qui dénonce un « scandale absolu » au sujet des banlieues
Le Monde publie l’introduction du rapport de Jean-Louis Borloo
Et sur les propositions :
Une « académie des leadeurs » à côté de l’ENA
Une juridiction pour sanctionner l’inaction des administrations





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Très critiqué chez les militants, le secrétaire général de Force ouvrière va passer la main à Pascal Pavageau, vendredi, à l’occasion du congrès du syndicat.
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Dernier discours de Mailly : « Certains chez FO ont mordu le trait de la camaraderie »

Très critiqué chez les militants, le secrétaire général de Force ouvrière va passer la main à Pascal Pavageau, vendredi, à l’occasion du congrès du syndicat.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 16h29
   





                        



   


Clap de fin pour Jean-Claude Mailly à Force ouvrière (FO). A l’occasion du 24e congrès du syndicat à Lille, il a tenu son dernier discours en tant que secrétaire général de FO, jeudi 26 avril, avant de passer la main, vendredi, à Pascal Pavageau. Mais à l’occasion de ce dernier congrès, M. Mailly n’a pas été épargné par les critiques des militants qui lui reprochent notamment sa « passivité » et sa « timidité » à l’occasion des débats sur la réforme du droit du travail, adoptée l’année dernière.
M. Mailly s’en est donc pris à ses détracteurs jeudi matin : 
« J’ai le dos large et je vous avoue que ces derniers mois, au-delà des nuances ou divergences démocratiques qu’on peut avoir entre nous, je considère que certains ont mordu le trait de la fraternité et de la camaraderie. »
Une partie seulement de la salle s’est alors levée pour saluer celui qui a été, pendant quatorze ans, secrétaire général de FO. S’il a pris « quelques bosses », il « s’en fout », a-t-il assuré, car il « peut se regarder dans la glace le matin ». Il n’a pas voulu revenir dans le détail sur l’épisode interne des ordonnances (en adoptant un ton conciliant à ce sujet pendant les débats sur la réforme du droit du travail, M. Mailly a mécontenté une bonne partie de l’appareil) y décelant « une part d’irrationnel » ou un « prétexte ». « Qui a dit que les ordonnances étaient bien ? », a-t-il lancé.

        Sur le sujet :
         

          Guerre ouverte à FO entre Jean-Claude Mailly et Pascal Pavageau



Débats sur le bilan de Mailly
« Ça fait beaucoup d’énergie dépensée en interne », a-t-il déploré. Philippe Martinez, numéro un de la CGT, « doit se friser les moustaches » et Laurent Berger, patron de la CFDT, penser qu’il a « un boulevard si FO se déchire comme ça ! », a-t-il poursuivi. « J’ai eu du mal à avaler qu’on puisse penser que je sois un menteur », a ajouté le responsable syndical, rappelant, comme il l’avait dit, lundi, en ouverture du congrès, que c’est « à l’unanimité du bureau confédéral que nous avons pris les décisions », bureau dont est membre M. Pavageau.
Enfin, M. Mailly a tenu à avertir son successeur, tenant d’une ligne plus radicale :
« Etre secrétaire général de la confédération, c’est une lourde responsabilité et on ne peut le mesurer que quand on l’a obtenue. »
Depuis le début du congrès, lundi, les délégués syndicaux invités à parler devant les 3 500 militants présents à Lille se sont opposés, parfois vigoureusement, sur le bilan d’activité de M. Mailly à la tête de FO.

        Lire aussi :
         

                Jean-Claude Mailly quitte la direction de  Force ouvrière dans un climat tendu






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Etudiant en échange universitaire à Washington, le Français Léo Amsellem est allé à la rencontre d’étudiants américains invités à débattre avec le président français, mercredi.
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Séduits par Macron, des étudiants américains évoquent le « French dream »

Etudiant en échange universitaire à Washington, le Français Léo Amsellem est allé à la rencontre d’étudiants américains invités à débattre avec le président français, mercredi.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 14h46
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 14h57
    |

Léo Amsellem







                        


Chronique. Pour sa troisième année à Sciences Po et à la Sorbonne Paris-IV, Léo Amsellem est parti en échange universitaire à la George Washington University. En stage, le temps d’un semestre, auprès d’un sénateur, à Washington, il raconte la rencontre des étudiants avec le président français, mercredi 25 avril.

   


Le discours aux étudiants devient un classique dans le parcours d’Emmanuel Macron. Le président français a clôturé sa visite d’Etat aux Etats-Unis, la première de l’ère Trump, par un échange avec les étudiants de l’université George-Washington.
Loin du ton officiel de la veille, à la Maison Blanche et au Congrès, il a opté pour un format townhall, si apprécié des Américains : pas de discours, seulement des questions du public. Le lien est direct, les questions ne sont pas connues de l’orateur, il existe donc une connexion entre l’audience et le tribun et, « en même temps » un risque pour ce dernier. Risque tout relatif : cette université est très largement acquise aux démocrates, et même les républicains y sont souvent très modérés et éloignés des positions du gouvernement Trump. Nul doute que le président français ferait face à un public déjà conquis.
Emmanuel Macron s’est donc offert une nouvelle standing-ovation, après celle des élus du Congrès, mardi, saluant son discours acéré abordant les thèmes clivants du climat, du nationalisme et de l’accord sur le nucléaire iranien.
Pour s’adresser à la jeunesse américaine, le chef de l’Etat a joué la carte du jeune président progressiste. Le choix des lieux et du format de l’intervention avait été soigneusement calibré. Washington, capitale des Etats-Unis, est aussi celle du District de Columbia (DC), qui a voté à plus de 90 % pour Hillary Clinton en 2016. Un terrain conquis d’avance pour un politicien modéré.

        Lire :
         

          Devant le Congrès des Etats-Unis, Emmanuel Macron plaide pour l’environnement et la diplomatie



Eléments de langage savamment préparés
Après avoir interviewé de nombreux étudiants, je dois me rendre à l’évidence : Emmanuel Macron a décroché la mention très bien. Les mêmes formules reviennent avec une telle régularité qu’on croirait à des éléments de langage politiques savamment préparés et martelés par des militants fidèles. « Jeune », « dynamique », « brillant », « nouveau », « différent », « honnête », « peu politicien »… la plupart des étudiants présents disent se reconnaître dans ce jeune président qui leur parle de multilatéralisme, des droits des femmes et des minorités, de lutte contre le réchauffement climatique. Et qui a étonné par sa maîtrise des dossiers et son énergie.
Après les bises et les accolades de la veille à la Maison Blanche, M. Macron avait endossé un costume anti-Trump. Il est volontiers comparé à Barack Obama, Justin Trudeau, voire John Kennedy. J’entends même parler de French dream, qui viendrait remplacer un rêve américain en voie d’extinction.
Le « en même temps » – sur lequel le président a lui-même ironisé – était de mise. Ainsi de Saumya Khanna, étudiante en affaires internationales de 21 ans, démocrate fervente et encartée, et d’Alex Fried, 22 ans, étudiant en économie et républicain tout aussi fervent et encarté. Leur position est similaire : soutien inconditionnel à ce dirigeant ni de droite ni de gauche.
Des protestataires pour une « convergence des luttes »
Pour trouver un avis dissonant, je rejoins un groupe d’étudiants venus d’autres universités pour protester sous des bannières critiquant les récents bombardements en Syrie et l’« impérialisme franco-américain ». Ces militants d’extrême gauche assumés n’ont pas souhaité que je mentionne leurs noms. Ils me montrent une vidéo tournée quelques minutes auparavant. On y voit un agent de sécurité tenter d’arracher leurs affiches. On entend distinctement son accent français.
Pour ces manifestants, la jeunesse d’Emmanuel Macron n’est que « jeunisme ». Son amitié avec son homologue américain ? Normale, puisqu’ils défendent le même public, « les ultrariches et l’ordre néolibéral ». Son seul salut se trouve dans sa position d’opposant au changement climatique – aux Etats-Unis, aujourd’hui, accepter la légitimité des sciences est une position politique forte…
Ces protestataires sont très au courant des grèves en France, ils appellent à une « convergence des luttes ». Sur le dossier iranien, ils prônent le droit des pays à décider de posséder l’arme nucléaire, consacrant au passage la souveraineté des nations avec vigueur. Intrigué, je demande naïvement à ceux d’entre eux se revendiquant communistes comment la défense de la souveraineté nationale est compatible avec l’internationalisme. Silence. Je n’obtiendrai pas ma réponse.
Derrière ces convictions, ces positions diverses et variées énoncées par les uns et les autres, s’esquisse une forme sinon de consensus, du moins d’espoir partagé : Emmanuel Macron, plus qu’un dirigeant français de plus, est fantasmé en leadeur d’une Europe unie, auréolé d’une gloire perdue par Angela Merkel peinant à former son gouvernement à Berlin. Certains lui prêtent des ambitions plus grandes. « Sa voix porte et sa contribution à l’ordre international est bienvenue », dit l’un. Il est décrit comme « bien plus audible que ses prédécesseurs » – à vrai dire méconnus outre-Atlantique.
« Bol d’air frais », « rempart aux extrémismes », l’homme d’En marche ! semble avoir trouvé cette fontaine de jouvence qui prévient des populismes et du nationalisme. Sa victoire face à Marine Le Pen a rassuré ceux qui suivirent, abasourdis, l’ascension de la french Trump dont la victoire semblait la suite logique du Brexit et de la présidentielle américaine.

        Lire l’éditorial :
         

          Macron aux Etats-Unis : une visite à double tranchant



Une amitié avec M. Trump, une « astuce géniale »
Même son amitié avec Donald Trump est vue comme une « astuce géniale » lui permettant de capitaliser d’un côté grâce aux « décisions émotionnellement dirigées » de son homologue, et en même temps de « se poser publiquement à l’opposé de Trump », analyse Max Bone, étudiant en affaires internationales.
Informés que les Etats-Unis sont redevenus les premiers investisseurs en France en 2017, les jeunes Américains rencontrés à Washington pensent la France en plein rebond économique et technologique. Certains se disent même prêts à venir y travailler. Les grèves ? « Elles n’affaiblissent pas Emmanuel Macron », pense Max Bone. Après tout, « il y a toujours des grèves en France ». Elles deviennent le thermomètre de la cadence réformatrice, selon cet étudiant francophile revendiqué. Durant son discours, le président français l’a d’ailleurs dit et répété : il tiendra. « Un renoncement signifierait pour lui le coup d’arrêt de la transformation du pays », tranche Max Bone.
Last but not least, dans un entretien téléphonique, Tom Crean, un étudiant de l’université qui fut l’un des jeunes soutiens célèbres de Donald Trump durant la campagne de 2016, ayant écumé les plateaux, se dit lui-même presque sous le charme d’Emmanuel Macron. Avant, il le voyait plutôt comme « un politicien inexpérimenté qui brasse du vent ». Mais, à l’occasion de cette visite d’Etat, Tom Crean reconnaît qu’il incarne « un type nouveau de leadership, fort, de rang international ». Il loue son amitié avec Donald Trump, qui favorisera les « relations de travail ».
Il apprécie également son « ouverture » et son « courage », comme en témoigne l’interview – elle aussi calibrée – à la chaîne Fox News, très appréciée des partisans de M. Trump. Même son revirement au discours du Congrès, au cours duquel Macron a « poignardé dans le dos » Trump, selon la presse américaine, n’est pas vu par Tom Crean comme une trahison. Après tout, « ce n’est que de la politique »…

        Lire la chronique précédente :
         

          « Mon stage au Congrès à Washington offre un point de vue imprenable et touchant sur l’Amérique »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Entretien croisé entre les économistes Patrick Artus et Pierre Cahuc, lors du Club de l’économie du « Monde », mercredi.
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Inégalités économiques : « Un danger de capture des leviers de pouvoir par les plus riches »

Entretien croisé entre les économistes Patrick Artus et Pierre Cahuc, lors du Club de l’économie du « Monde », mercredi.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 15h47
    |

            Philippe Escande et 
Stéphane Lauer








                        


Patrick Artus, chef économiste de la banque Natixis, et Pierre Cahuc, professeur à Polytechnique et à l’ENSAE, ont débattu des mutations du travail et de la nécessité des réformes en France, lors du Club de l’économie du Monde, mercredi 25 avril. Morceaux choisis.
La mutation du marché du travail
Patrick Artus. « Le monde des salariés est agressé. Prenons les normes de rémunération du capital. Aux Etats-Unis, le rendement du capital est de 15 %, quand l’Etat se finance à 3 %. Cette prime de risque de 12 % ne se justifie pas. La rémunération des actionnaires est trop élevée, peu cyclique et peu risquée. Pour la garantir, on assiste à une déformation du partage des revenus au détriment des salaires. Parallèlement apparaît une “bipolarisation” du marché du travail, avec une disparition des emplois intermédiaires.

        Lire aussi :
         

                « Qui profite de la reprise économique ? »



En France, cette distorsion pousse les jeunes diplômés à prendre des postes qui ne correspondent pas à leurs qualifications, ce qui conduit les non-diplômés à être évincés du marché l’emploi. »
La réforme en France
Pierre Cahuc. « Le paritarisme fonctionne assez mal. L’assurance-chômage et la formation professionnelle sont des systèmes très inefficaces. Les tentatives de réforme ont jusqu’à présent toutes échoué. C’est la première fois qu’on a une équipe gouvernementale qui a un plan clair et cohérent. Que cela suscite des résistances, c’est un fait. Mais il y a un consensus en France sur cet échec du paritarisme, d’où l’absence de mobilisation massive contre sa remise en cause. »
La formation
Patrick Artus.« L’énorme problème, ce sont les compétences de la population active. Nous sommes tous très positifs sur la réforme de la formation professionnelle, mais en faisons-nous assez ? Est-ce à la hauteur du problème, alors que la France est en queue de peloton dans ce domaine ? A ce stade, on n’en sait pas grand-chose. »
Pierre Cahuc. « S’appuyer sur la formation professionnelle est une bonne chose, mais les résultats prendront du temps. Le meilleur moyen de faire entrer les moins qualifiés sur le marché du travail, c’est de baisser le coût de ce dernier. C’est ce qu’a fait l’Allemagne en 2005, en facilitant la flexibilité des salaires et en taillant dans les aides sociales. Cela a été ­violent, mais cela a créé des incitations à travailler avec des mini-jobs qui ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. Rapidement, on a vu l’emploi augmenter, essentiellement pour des personnes peu qualifiées.
En France, il faut se poser la question de savoir comment stimuler cette entrée dans le marché du travail de personnes peu qualifiées, en ayant plus de flexibilité sur les salaires et en complétant les revenus par un revenu universel, un RSA qui serait plus généreux, alors que, sur les vingt dernières années, celui-ci a moins augmenté que le smic. L’enjeu, aujourd’hui, c’est la réduction du chômage des jeunes. »
Le salaire minimum
Pierre Cahuc. « Le salaire minimum n’est pas un bon instrument de redistribution comparé à la fiscalité et aux transferts sociaux. Quand on relève le smic, on augmente le revenu de ménages dont 40 % appartiennent aux cinq déciles les plus hauts de la distribution des revenus, parce qu’il s’agit de couples où il y a deux personnes qui travaillent. Les pauvres en France, ce sont les femmes seules avec enfants qui ont de faibles revenus. Pour les cibler, augmenter le smic est très inefficace.

        Lire aussi :
         

                Après la crise de 2007, les économistes (re)découvrirent les inégalités



En France, le salaire minimal est élevé, à 60 % du salaire médian contre 40 % en Allemagne. Ce n’est pas favorable à l’emploi et à l’insertion des jeunes. On peut redistribuer plus, plus efficacement, avec d’autres outils, comme la prime d’activité. Dire que le smic est un problème ne signifie pas qu’on veut plus d’inégalités. Au contraire, cela veut dire qu’on veut les réduire de manière plus efficace. »
Inégalités et capitalisme
Pierre Cahuc. « Le développement des inégalités représente un danger de capture des leviers de pouvoir par les très riches. C’est ce qui se passe aux Etats-Unis, ce qui conduit à l’appauvrissement des salariés. Du fait de la mondialisation, on a observé cette déformation de la distribution des revenus, qui pose un problème structurel de gouvernance au niveau des Etats. La problématique est mondiale : on voit que ceux-ci ont du mal à se coordonner sur la taxation des multinationales qui génèrent beaucoup de profits. »
Patrick Artus. « Aux Etats-Unis, des entreprises ont réussi à générer des positions dominantes. Elles paient extraordinairement bien leurs dirigeants et leurs cadres stratégiques. Les inégalités ne seraient pas le reflet de l’innovation (ce qui était la thèse optimiste), mais résultent du fait que les innovations permettent d’obtenir des rentes de monopole.

        Lire aussi :
         

                En matière d’inégalités, les Etats-Unis perdent le match face à l’Europe



Il est nécessaire de faire émerger un modèle différent du modèle anglo-saxon, un capitalisme européen qui n’a pas la même gouvernance, qui regarde le long terme, qui ne demande pas 15 % de rendement, qui s’intéresse à l’environnement, aux inégalités. Certains gérants d’actifs commencent à avoir des positions radicales sur ces sujets. Evidemment, tant que nos entreprises seront la propriété des fonds anglo-saxons, il ne se passera rien.
Il faut qu’à gauche on comprenne qu’il est nécessaire que les Européens achètent des actions et qu’on doit se doter de fonds de pension. Les actions ne représentent que 5 % des actifs gérés par les assureurs européens contre 50 % aux Etats-Unis. La première étape, c’est de reprendre la propriété capitalistique de nos entreprises. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Comme à Val-de-Reuil, dans l’Eure, ces 6 924 lieux d’accueil aident les décrocheurs à acquérir les codes pour bien chercher un emploi.
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Les missions locales au chevet des jeunes chômeurs

Comme à Val-de-Reuil, dans l’Eure, ces 6 924 lieux d’accueil aident les décrocheurs à acquérir les codes pour bien chercher un emploi.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 14h06
    |

            Sarah Belouezzane (Val-de-Reuil (Eure), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le pas est hésitant, la tête rentrée dans les épaules et les mots à peine susurrés, lorsque Sandro Robin, frêle silhouette de 21 ans à peine, pousse la porte de la mission locale de Val-de-Reuil (Eure) en ce mercredi après-midi nuageux de mars. De son propre aveu, mal à l’aise en public, le jeune homme est ici en « confiance ». Il connaît les conseillers et sait qu’il peut venir librement discuter avec l’un d’entre eux des évolutions de sa situation professionnelle. Voilà quelque temps déjà que Sandro fréquente ce service de la ville, comme près de 2 000 autres jeunes de Val-de-Reuil et 1,39 million à travers la France.

Décrocheurs ou jeunes diplômés, jeunes issus des banlieues difficiles ou de milieux plus ruraux, qu’importe : tous sont pris en charge administrativement et psychologiquement afin de les aider dans la recherche, parfois difficile, d’un emploi ou même d’un stage. Créés en 1982, les 6 924 lieux d’accueil des missions locales, sortes de Pôle emploi des jeunes, ont pour but d’offrir un suivi et une aide à l’insertion professionnelle des moins de 25 ans. « Nous faisons un diagnostic pour chaque personne et nous adaptons ensuite notre aide et nos conseils, nous faisons certaines démarches administratives avec eux, et ça nous arrive même de les accompagner à des rendez-vous », explique, dans un sourire volontaire, Joëlle Lefrançois, directrice adjointe de la structure.
Premiers signes du recul du chômage des jeunes
Souvent confrontés à un public aux parcours de vie difficiles, les salariés de la mission locale se font tour à tour guides professionnels, conseillers d’orientation ou encore assistants sociaux, soutiens dans la recherche de logement ou encore pour le suivi médical en ce qui concerne les plus fragiles. Ceux qui en ont besoin sont d’ailleurs nombreux à Val-de-Reuil, ville qui « comptait, jusqu’à il y a quelques années, 70 % de personnes vivant principalement d’aides sociales, avec beaucoup de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Depuis le 7 avril, La République en marche a lancé sa campagne pour les élections européennes de 2019 avec pour objectif de récolter les avis des citoyens.
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Porte après porte, les macronistes sondent les Français sur l’Europe

Depuis le 7 avril, La République en marche a lancé sa campagne pour les élections européennes de 2019 avec pour objectif de récolter les avis des citoyens.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 14h48
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                            Pablo Guimbretière








                        



                                


                            
Réunie autour d’un café dans le 8e arrondissement de Paris, une petite équipe de « marcheurs » prépare sa séance quotidienne de porte-à-porte. Leur mission : récolter l’opinion que se font les citoyens de l’Europe. Ils vont tenir ce rythme d’une à deux heures de prospection tous les soirs, et deux fois plus le week-end, pendant cinq semaines.
Ce mercredi soir, Ami, Catherine, France et Sophie sont mobilisées. Exceptionnellement, un responsable du mouvement, Aziz-François Ndiaye, s’est joint à elles. Salarié de La République en marche (LRM), il est chargé des « actions terrain » et de la « cohésion des territoires ». Pendant toute la durée de cette vaste campagne, il va parcourir la France à la rencontre des militants. « Ce soir je suis dans le 8e, et demain, par exemple, je serai à Nevers », annonce-t-il. Ce marcheur de la première heure peut ainsi contrôler le travail des militants, et si besoin, leur prodiguer quelques conseils.
Lancée en grande pompe le samedi 7 avril, avec ministres et députés LRM, la « Grande Marche pour l’Europe » doit se poursuivre jusqu’au 12 mai. Comme avant l’élection présidentielle, Emmanuel Macron et ses troupes ont une nouvelle fois choisi le porte-à-porte pour débuter leur campagne des élections européennes qui se tiendront en mai 2019.
Plusieurs milliers de militants (35 000 selon le mouvement) vont sillonner la France pendant cinq semaines, avec pour objectif de venir sonner au domicile d’au moins 100 000 citoyens pour récolter leur avis sur l’Europe.
« Si je vous dis “Europe”, ça vous fait penser à quoi ? »
Une fois les binômes constitués, direction l’avenue Hoche. Pour la séance du jour, Sophie fait équipe avec Aziz-François Ndiaye. Cette avocate d’affaires de 57 ans a adhéré à En marche ! en décembre 2016, quelques mois après la première « Grande Marche ». Très sensible à tout ce qui touche à l’Europe, elle est particulièrement impliquée au sein de cette seconde campagne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Dans sa chronique, la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier explique que le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu qui entrera en vigueur à partir du 1er janvier a tout du big-bang fiscal pour les 37 millions de foyers fiscaux tricolores.
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Prélèvement à la source : « Le gouvernement est condamné à la réussite »

Dans sa chronique, la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier explique que le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu qui entrera en vigueur à partir du 1er janvier a tout du big-bang fiscal pour les 37 millions de foyers fiscaux tricolores.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h43
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

Tendances France. Perdue dans le tourbillon des réformes lancées par Emmanuel Macron, celle-ci passerait presque inaperçue. Et pourtant. Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu (IR), décidé par la précédente majorité et entériné par l’actuelle, entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2019. Et il a tout du big-bang fiscal pour les 37 millions de foyers fiscaux tricolores (dont seuls un peu plus de 16 millions sont redevables de l’IR). Mais aussi pour l’administration, et pour les entreprises, désormais chargées de collecter l’impôt sur le salaire de leurs employés.
Pour les Français d’abord, difficile d’adhérer au mot d’ordre que Bercy reprend sur tous les tons depuis deux semaines : simplicité. Certes, le nouveau dispositif permettra d’intégrer quasiment en temps réel un changement de situation (naissance, divorce, retraite, perte de loyers pour un propriétaire…). Un argument à destination, notamment, des quelque 30 % de contribuables qui voient leurs revenus baisser d’une année sur l’autre. Ils étaient perdants dans l’actuel système, contraints de s’acquitter de montants élevés fondés sur leurs revenus de l’année précédente.

Mais en termes de simplification, on repassera. Entre l’obligation de continuer à remplir chaque année une déclaration de revenus, le fait que le prélèvement à la source ne s’appliquera pas aux plus-values mobilières ou immobilières, que les réductions et crédits d’impôts continueront à être versés avec un an de décalage, et la nécessité de choisir entre trois taux d’imposition différents, pas sûr que les Français aient le sentiment de gagner au change…
Quant à l’effet psychologique du dispositif, qui fera baisser facialement les revenus mensuels, il risque d’alimenter encore le procès en baisse du pouvoir d’achat intenté à la majorité par l’opposition depuis le début de l’année.
Surcharge administrative
Dans les entreprises, l’heure n’est pas non plus au satisfecit....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ « Le Monde » publie l’introduction du rapport sur les banlieues remis, jeudi 26 avril,  par l’ancien ministre de la ville au premier ministre, Edouard Philippe.
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Rapport Borloo : « Un sursaut de la nation »  pour les banlieues

« Le Monde » publie l’introduction du rapport sur les banlieues remis, jeudi 26 avril,  par l’ancien ministre de la ville au premier ministre, Edouard Philippe.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 12h38
   





                        



                                


                            
Jean-Louis Borloo, « le père de la rénovation urbaine », a remis son rapport, jeudi 26 avril, au premier ministre, dont « Le Monde » publie ci-dessous l’introduction. Il dénonce « la mystification » des politiques de la ville, s’alarme de l’immobilité de l’élite technocratique et en appelle à « un sursaut de la nation ». Ce rapport isole 19 programmes, de l’éducation à l’emploi, la police ou la mixité, pensés avec les maires et les associations de terrain depuis des mois. Jean-Louis Borloo veut sanctionner l’inertie administrative et nommer un « général Patton » pour mettre le plan en œuvre.

Document. L’heure n’est plus aux rapports d’experts, l’heure est à l’action. La situation est facile à résumer : près de 6 millions d’habitants vivent dans une forme de relégation, voire parfois d’amnésie, de la nation réveillée de temps à autre par quelques faits divers ; un effort public en berne ; des maires de banlieues qui se battent en première ligne, qui craquent parfois et jettent l’éponge, des agents publics et des bénévoles épuisés.
Les causes sont connues : des grands ensembles impossibles construits sous l’influence de la charte d’Athènes [charte sur la planification et la construction des villes, établie sous l’égide de Le Corbusier en 1933 et publiée en 1941] , enfermés sur eux-mêmes et enclavés, ne bénéficiant pas toujours des fonctions d’une ville, parfois même hors ville, mais toujours de véritables cicatrices urbaines.
Construits rapidement, tous sur le même modèle, pour résorber la crise du logement, ils ont en outre accueilli une immigration de travail transformée en immigration familiale, sans que les moyens d’accueil et d’intégration n’aient été au rendez-vous. Dans le même temps, les usines en proximité qui avaient justifié leur venue fermaient ; la pauvreté concentrée ; le chômage de masse ; des familles parfois monoparentales ; une jeunesse déracinée qui peine à faire sa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Editorial. Lors de sa visite d’Etat, Macron s’est montré tour à tour complice avec Trump puis mordant contre la politique du président américain face au Congrès.
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Macron aux Etats-Unis : une visite à double tranchant

Editorial. Lors de sa visite d’Etat, Macron s’est montré tour à tour complice avec Trump puis mordant contre la politique du président américain face au Congrès.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 16h16
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il y a la gestuelle, et puis il y a le fond. En diplomatie, les deux ont un sens, mais la première ne peut l’emporter sur le second. C’est ce que l’on a pu craindre, pendant les deux premiers jours de cette très médiatique visite d’Etat du ­président Emmanuel Macron aux Etats-Unis, du 23 au 25 avril. Au troisième jour, le chef de l’Etat français a rétabli l’équilibre devant le Congrès américain avec un discours franc et massif, à la limite de la bru­talité, en forme de plaidoyer pour toutes les valeurs foulées au pied par son hôte, le ­président Donald Trump.
M. Macron aurait eu tort de se priver de rappeler que, le même jour, le 25 avril 1960, son plus illustre prédécesseur, le général de Gaulle, s’était exprimé à la même tribune : c’était une façon de reprendre de la hauteur. Le général de Gaulle avait alors pour interlocuteur, à Washington, un autre général, Dwight Eisenhower. Les deux présidents ne se prenaient pas par la main, ne se faisaient pas la bise, ne faisaient pas mine d’épousseter le revers de la veste de l’autre en ironisant : « Il faut qu’il soit parfait. » Ils ne tweetaient pas. C’était, d’une certaine manière, plus simple. A trop vouloir jouer sur le paradoxe de sa proximité avec Donald Trump, Emmanuel Macron s’est pris à son propre piège : certaines des images qui resteront de cette visite ne sont pas particulièrement à son honneur – l’honneur de Donald Trump étant, lui, tombé au champ lexical de l’oxymore.
Valeurs européennes
Devant le Congrès, M. Macron a cherché à élever le débat. Dans le droit-fil du discours prononcé une semaine plus tôt devant le Parlement européen de Strasbourg, le président français s’est posé en héraut des valeurs européennes, qui apparaissent de plus en plus comme une vision alternative à celle que tente d’imposer le président Trump dans un monde fracturé. Face au nouvel unilatéralisme américain, M. Macron a défendu le multilatéralisme et ses institutions, créés par les Etats-Unis eux-mêmes. Face au protectionnisme, il a plaidé pour un commerce ouvert. Face au nationalisme et à « la fascination pour le pouvoir fort », il a évoqué la démocratie et les valeurs progressistes. Enfin, il a déployé son énergie pour exposer aux élus américains des deux Chambres, réunies pour l’écouter, les raisons pour lesquelles les Etats-Unis devaient rejoindre l’accord de Paris sur le climat et ne pas jeter aux orties l’accord sur le nucléaire iranien.

        Lire aussi :
         

                Devant le Congrès des Etats-Unis, Emmanuel Macron plaide pour l’environnement et la diplomatie



Que retirera-t-il de ces trois jours ? Traditionnellement, une visite d’Etat est avant tout une occasion politique et protocolaire de souligner les liens entre deux pays, pas un temps de négociation ardue et de signature d’accords. Il était donc excessif d’attendre que M. Macron revienne de Washington avec, en poche, la solution au casse-tête de l’accord iranien. Cette visite offrait la possibilité au président français de s’affirmer un peu plus sur la scène mondiale comme le principal défenseur, au nom de l’Europe, d’un ordre international menacé, et il l’a saisie.
Sur l’Iran, il a eu la lucidité de reconnaître que M. Trump ne renoncerait sans doute pas à sa promesse de campagne de quitter l’accord conclu en 2015 par Barack Obama. Mais les deux présidents semblent avoir avancé sur la base du travail accompli par les diplomates européens depuis janvier, avec leurs collègues américains, pour trouver une issue à cette impasse. La chancelière Angela Merkel, attendue vendredi à Washington, poursuivra cet effort.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ L’ancien ministre propose de créer une Cour d’équité territoriale chargée de vérifier la mise en oeuvre des moyens de rééquilibrage des politiques publiques sur les territoires carencés.
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Rapport Borloo : une juridiction pour sanctionner l’inaction des administrations

L’ancien ministre propose de créer une Cour d’équité territoriale chargée de vérifier la mise en oeuvre des moyens de rééquilibrage des politiques publiques sur les territoires carencés.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h33
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
C’est une révolution juridique que propose Jean-Louis Borloo pour répondre à une question lancinante : comment s’assurer que les plans ambitieux de réduction des inégalités territoriales ne soient pas de grandiloquents effets d’annonces qui se dissolvent avec le temps, l’inertie des administrations et l’inaction de certains responsables ? Il propose de créer une Cour d’équité territoriale qui sera chargée de vérifier la mise en œuvre des moyens de rééquilibrage des politiques publiques sur les territoires carencés.

Créer un tel tribunal risque de bouleverser le fonctionnement de l’Etat, de ses représentants et de ses relais sur le terrain. Cette nouvelle juridiction administrative sera en mesure de condamner les responsables d’administration convaincus de n’avoir pas mis en œuvre avec les moyens adéquats une politique publique décidée au-dessus d’eux mais dont ils ont la charge.

La composition de la Cour d’équité territoriale serait calquée sur celle de la Cour de discipline budgétaire et financière. Elle serait présidée par le premier président de la Cour des comptes et composée de magistrats de la Cour des comptes et du Conseil d’Etat. Elle pourrait être saisie par toute personne morale ou groupe de personnes s’estimant discriminé(e) sur une base territoriale.
« Larges pouvoirs d’investigation »
Un contrôle juridictionnel existe déjà sur les ordonnateurs publics. Mais les cours régionales des comptes, la Cour des comptes et la Cour de discipline budgétaire et financière sont là pour mettre au jour, dénoncer et sanctionner des irrégularités de gestion, pas l’inaction. Leurs rapports publics permettent seulement de souligner les insuffisances et les manquements dans la mise en œuvre des politiques publiques, voire l’inadéquation des moyens qui leur sont alloués.
Le plan Borloo préconise que le contrôle change de nature. Cette nouvelle cour disposera « des pouvoirs d’investigation les plus larges, [et] recueillera...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Le texte, remis à Edouard Philippe jeudi, compte dix-neuf « programmes » thématiques. Elus et assocations ont construit ensemble des solutions.
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Education, emploi, rénovation... Les propositions-chocs du rapport Borloo

Le texte, remis à Edouard Philippe jeudi, compte dix-neuf « programmes » thématiques. Elus et assocations ont construit ensemble des solutions.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 14h15
    |

                            Service France








                        



   


Le rapport Borloo sur les banlieues, remis à Edouard Philippe jeudi 26 avril, compte dix-neuf « programmes » thématiques (rénovation urbaine, éducation, mobilité, sécurité et justice, entreprises et emploi, leadership, égalité et mixité…). Il est le fruit d’une réflexion et d’un travail menés depuis plusieurs mois avec les élus et les associations de terrain mobilisés au sein du collectif « Territoire gagnants » (à l’initiative de Bleu, Blanc Zèbre et Ville et Banlieue).
Depuis janvier, ils ont effectué un « tour de France » afin de faire émerger les solutions les plus innovantes et efficaces déjà en place dans certains quartiers. Ce rapport propose, entre autres, de démultiplier les meilleures sur tout le territoire. Jean-Louis Borloo recommande également des changements de méthode inédits.
Une académie des leaders, à côté de l’ENATrois fronts pour l’emploiRénovation urbaine : des propositions décoiffantesCréation de « cités éducatives »Déploiement de 200 campus numériquesAide aux communes pauvresDéveloppement de la mobilitéPromotion de la mixitéInsertion par le sportJumeler les institutions culturelles avec les QPVUne police plus ancrée dans son territoire« Une nouvelle armée de la République solidaire »Faciliter le financement des associationsLutter contre les discriminationsJeunesse : « A la rencontre de l’autre »

        Lire l’entretien avec
         

          Jean-Louis Borloo, qui dénonce un « scandale absolu »



Une académie des leaders, à côté de l’ENA
Mesure pour le moins « disruptive » : le rapport Borloo préconise la création, à côté de la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA), d’une « académie des leaders », qui mènerait elle aussi aux plus hauts postes de la fonction publique. Cette nouvelle grande école permettrait de s’attaquer à l’un des travers de l’ENA régulièrement dénoncé, celui de l’homogénéité de ses diplômés, avec l’entre-soi qui en découle au sein de l’élite de l’Etat. « De fait, nous passons à côté d’extraordinaires talents ou caractéristiques différentes de notre jeunesse et notamment des quartiers populaires », constate l’auteur.

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          une juridiction pour sanctionner l’inaction des administrations



Avec 500 jeunes recrutés par an, sur la base d’un concours très sélectif (une place pour dix candidats), cette académie aurait plusieurs particularités rares dans l’univers des grandes écoles. Comme à l’ENA, les élèves bénéficieraient du statut de fonctionnaire stagiaire, avec 1 700 euros bruts par mois durant leur scolarité, qui s’étalerait sur trois ans. En revanche, la sélection à l’entrée s’opérerait sans aucun diplôme préalable demandé.
Un point devrait faire plus fortement débat : cette voie d’accès aux grands corps de la fonction publique serait réservée, « dans un premier temps, aux jeunes des quartiers prioritaires, s’élargissant par la suite ». Reste la question du coût d’un projet d’une telle ampleur, que Jean-Louis Borloo évalue à 60 millions d’euros par an, « en rythme de croisière ». Une enveloppe conséquente, à l’heure où le monde universitaire ne cesse de dénoncer le manque de moyens dont il souffre.
Trois fronts pour l’emploi
Pour combattre le chômage dans les quartiers relevant de la politique de la ville (QPV), M. Borloo propose d’agir sur trois fronts. D’abord, lancer des plans, très ambitieux, de recrutements dans plusieurs champs, notamment celui des services à la personne. L’objectif est de former et d’orienter vers ce secteur 100 000 personnes issues des QPV, en trois ans. Le ministère des armées est également appelé à la rescousse pour enrôler, chaque année, 5 000 jeunes résidant dans les banlieues populaires.
Autre « acteur » mis à contribution : les entreprises de travail temporaire, invitées à s’impliquer dans une expérimentation qui doit conduire 20 000 habitants des QPV vers l’emploi, en trois ans là encore. M. Borloo préconise de donner plus d’ampleur au dispositif des emplois francs (proposé aux chômeurs dans les zones urbaines sensibles) et d’accroître les obligations d’embauche d’habitants de QPV sur les programmes de grands travaux.
Deuxième axe : encourager le recours à l’apprentissage. « Dans les deux ans », les entreprises privées doivent « parvenir à 1,5 % d’apprentis » domiciliés dans les banlieues populaires. Sinon, « le Parlement sera saisi pour décider de légiférer de manière réellement contraignante ». M. Borloo exhorte aussi le « secteur public » à faire sa part, en recrutant 50 000 apprentis provenant des QPV, en trois ans.
Enfin, il souhaite promouvoir « l’accompagnement et le tutorat » au profit des jeunes, en s’appuyant sur des « réseaux » existants et sur Pôle emploi.
Rénovation urbaine : des propositions décoiffantes
Ce dont souffre l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) actuelle, à l’arrêt de depuis quatre ans, c’est un problème de financement mais surtout de confiance, analyse Jean-Louis Borloo. Il propose tout simplement de créer une fondation et « d’y affecter d’une manière irréversible les fonds et les actifs d’Action logement, garantissant une ressource pérenne ». Cet organisme, ex-1 % logement, collecte chaque année près de 1,7 milliard d’euros auprès des entreprises et autant sous forme de remboursement de prêts consentis aux salariés.
La fondation proposée par M. Borloo « pourra ainsi mobiliser rapidement et puissamment l’ensemble des financements indispensables » et venir au secours des bailleurs sociaux en difficulté. Une proposition qui fera réagir les dirigeants d’Action logement…
Traiter les copropriétés en difficulté est une urgence pour M. Borloo : ce phénomène dramatique touche 120 000 immeubles, dont 100 000 logements de copropriétés en grande difficulté et 20 000 dans une situation irréversible « hors de contrôle » des élus locaux. « Avec les outils actuels, on mettra plus de trente ans à résoudre les problèmes », estime M. Borloo qui appelle à changer de braquet avec un plan massif en cinq ans. Il faut décréter douze sites en Opération de requalification de copropriétés dégradées, sous l’égide de l’Etat, en plus des deux déjà existants, Grigny et Clichy-sous-Bois. Il s’agit de créer une véritable task force de magistrats et commissaires et d’exproprier et racheter 3 000 à 5 000 logements par an, via la Caisse des dépôts, ce qui nécessite 250 millions d’euros par an.
Création de « cités éducatives »
Le volet scolaire du plan entend remettre l’école et le collège au cœur d’une entreprise globale d’éducation, qui implique des dimensions sociales et culturelles, l’environnement de l’enfant formant un « tout ». Ils formeront une « cité éducative » mettant en réseau tous les acteurs et les lieux qui participent à l’éducation des enfants (centres sociaux, de loisirs, de santé…). Le pilotage de ces cités sera confié au chef d’établissement. L’autonomie de gestion et de budget devra permettre de stabiliser les équipes. Le turnover des enseignants, fléau de l’éducation prioritaire, pourra être régulé par des primes et des avantages décidés à l’échelle de l’établissement. Il s’agit d’une grande nouveauté dans la gestion très centralisée des ressources humaines de l’éducation nationale.
Le plan veut élargir et renforcer les « programmes de réussite éducative », ces réseaux d’acteurs qui prennent en charge de manière « globale » un enfant diagnostiqué à risques en proposant des activités adaptées pendant quelques mois, voire un ou deux ans. Ces programmes sont aujourd’hui sous-dotés et de faible ampleur à l’échelle nationale puisqu’ils concernent tout au plus 150 000 enfants par an, pour un suivi très court.
Déploiement de 200 campus numériques
Au programme, le déploiement de 200 campus numériques, dont chacun est défini comme « un vaste lieu (…) permettant au plus grand nombre un accès total, via les outils digitaux les plus innovants, à une offre de services complète et clairement identifiée : formation, emploi, services publics, culture, aide aux juniors, bénévolat. » Avec un investissement initial d’un milliard d’euros – puis 200 millions de fonctionnement par an – ils entendent notamment s’appuyer sur « un vivier de ressource humaine insoupçonnable », les jeunes des quartiers, agiles sur le numérique.
Un des principaux objectifs de ces campus : « Faire exploser le nombre d’étudiants à distance », dans différents domaines, en espérant notamment former davantage de jeunes aux métiers du numérique, où la demande est forte. L’idée est également de proposer sur ces campus des services publics, comme des cabines de télémédecine ou un accompagnement, pour les personnes moins expérimentées, afin de pouvoir utiliser par exemple les sites Web des administrations.
Aide aux communes pauvres
« Les communes qui ont le plus de besoin ont le moins de moyens en personnel, en accompagnement social et économique, en équipements », constate M. Borloo. Il suggère une péréquation au profit des communes classées en rénovation urbaine qui pourraient ainsi augmenter leur budget de 2 % par an. Serait aussi créé un fonds d’urgence pour les 60 communes les plus pauvres, doté de 500 millions d’euros par an, pour rétablir l’égalité républicaine. M. Borloo invite l’Etat à rembourser aux communes les exonérations de taxe foncière dont bénéficient les bailleurs sociaux, qui pénalisent les municipalités comptant le plus de logements sociaux.
Développement de la mobilité
Soulignant que les habitants des quartiers « vivent souvent l’enclavement sous toutes ses formes », M. Borloo appelle l’Etat et les collectivités locales à renforcer l’offre de transports à tous les niveaux. Chaque intercommunalité devrait ainsi garantir une offre « équitable » de transports dans son contrat de cohésion urbaine et inclure la desserte des quartiers dans tous les appels d’offres. Et chaque agglomération devrait, en plus de l’offre de transports en commun, établir un plan de mobilité individuelle et douce – covoiturage, location de vélos, aide au permis de conduire…
Promotion de la mixité
En faveur des femmes, le plan Borloo recommande le financement de 216 « Maisons Marianne » au bas d’immeubles, confiées à des associations promouvant l’égalité, et l’accompagnement de 100 000 femmes vers l’emploi ou la formation professionnelle. 30 000 places en crèches seraient créées et le dispositif des « adultes-relais », sorte de contrats aidés réservés aux plus de 30 ans, relancé.
Insertion par le sport 
Alors que les quartiers prioritaires sont sous-équipés et « comptent deux fois moins de licenciés », le rapport Borloo propose d’y former et recruter 5 000 coachs d’insertion par le sport. Des objectifs annuels chiffrés, en termes de licenciés et d’emplois créés, seraient fixés aux fédérations. 10 000 jeunes seraient formés en vue des Jeux olympiques de 2024.
Jumeler les institutions culturelles avec les QPV
Dans son chapitre « grandir par la culture », le rapport recommande de « jumeler obligatoirement toutes les institutions culturelles nationales et régionales avec les 300 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour porter sur tous les champs artistiques » mais aussi d’étendre les projets innovants (Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale, initié par la Philharmonie de Paris et les Micro-folies de La Villette) à davantage de quartiers et de décliner les chantiers du ministère de la culture (Pass culture, extension des horaires d’ouverture des bibliothèques) en priorité dans les QPV. Enfin, le rapport appelle de ses vœux la création d’un fonds de soutien aux projets artistiques des associations à hauteur de 50 millions d’euros. Au total, le plan Borloo pour la culture en banlieue nécessiterait un budget annuel de plus de 170 millions d’euros.
Une police plus ancrée dans son territoire
Le rapport Borloo fait le constat de zones devenues des « bases arrière » pour des bandes, des lieux où sévissent des « marchands de sommeil » et où « une petite délinquance par intimidation se développe parfois ». Il plaide à la fois pour une réponse qui favorise la médiation et une police plus ancrée dans son territoire.
Alors que le gouvernement a lancé en février une « police de sécurité du quotidien », censée notamment se déployer dans des quartiers prioritaires, le plan Borloo recommande notamment de fidéliser les policiers « les plus expérimentés » sur place grâce, par exemple, à une rémunération attractive.
Le rapport recommande aussi de financer dans les villes les plus pauvres l’équipement en vidéosurveillance et la création de polices municipales. Il préconise enfin le recrutement de 500 « correspondants de nuit » sous des postes « d’adulte-relais » qui seraient autant de moyens de mailler plus finement le territoire et d’œuvrer à la tranquillité publique.
« Une nouvelle armée de la République solidaire »
Il s’agit des 35 000 professionnels de l’action sociale dans les quartiers de la politique de la ville. Il est notamment proposé de revaloriser leur rôle et leur statut, et de supprimer la mécanique des appels à projets qui les obligent à courir après les financements au lieu de se consacrer à leur métier d’origine.
Faciliter le financement des associations
Les quartiers comptent 100 000 associations et un million de bénévoles qui « pallient souvent la faiblesse des pouvoirs publics », souligne le rapport, qui préconise un « renversement total de perspective » en mettant un terme à la logique des appels à projets. L’objectif : faciliter leur financement afin qu’elles puissent œuvrer dans la durée.
Lutter contre les discriminations
En plus des autres programmes (emploi, justice…) destinés à lutter contre les discriminations, le rapport propose de renforcer un certain nombre de mesures existantes comme la multiplication des testings, l’accompagnement de plans territoriaux de lutte, le financement de campagnes de sensibilisation…
Jeunesse : « A la rencontre de l’autre »
Il s’agirait notamment du nom d’un projet national citoyen dédié à la jeunesse qui mettrait l’accent sur les voyages scolaires et extrascolaires – 50 % des enfants des familles les plus modestes ne partent pas en vacances.



                            


                        

                        


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Banlieues à l’abandon : Jean-Louis Borloo dénonce un « scandale absolu »

Dans son rapport, l’ex-ministre de la ville appelle les responsables publics et privés à s’engager avec force.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h32
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            
Chargé par Emmanuel Macron, en novembre 2017, de proposer un plan de bataille pour les banlieues, Jean-Louis Borloo, le « père » de la rénovation urbaine, a remis son rapport au premier ministre, Edouard Philippe, jeudi 26 avril. Pour les élus et les associatifs des villes urbaines défavorisées – « épuisés » et « en colère » à la suite des coupes budgétaires de l’été 2017, du gel des emplois aidés, de la baisse des APL… –, le plan Borloo est celui « de la dernière chance ». Dans un entretien au Monde, l’ancien ministre de la ville et de la cohésion sociale appelle à une mobilisation nationale d’urgence.
Pourquoi avoir accepté cette mission ?
Ce sont les maires, ces héros de première ligne, et les associations de terrain qui sont venus me voir, ensemble, en septembre 2017, pour me dire qu’ils n’en pouvaient plus. J’ai accepté de donner un coup de main pour les aider à structurer leur action. Lorsque j’ai rencontré Emmanuel Macron [à l’automne], j’ai été très clair sur le constat : la situation est la même qu’il y a quinze ans, où tout se dégradait sournoisement jusqu’à ce que ça explose, avec les émeutes de 2005.
J’ai donc accepté, mais à la condition d’être bénévole et de n’avoir aucune fonction officielle. Pour être efficace dans ce type de mission, il ne faut rien avoir à négocier avec personne. Et c’est mon cas. Je n’ai pas d’agenda.

Préconisez-vous un nouveau plan ?
La situation est grave. Il y a notamment 500 000 jeunes de 16 ans à 24 ans, en bas des tours, les bras croisés. Nous vivons dans un pays où un quart de la jeunesse est à l’arrêt. Constater, raconter, disserter, c’est utile, mais, aujourd’hui, l’objectif est de faire en sorte que chaque responsable public et privé fasse l’effort qu’il faut pour changer cette donne.
Je ne crois pas à un plan gouvernemental. Il faut un plan de mobilisation nationale qui engage...




                        

                        


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Entre Macron et Trump, la diplomatie des « hugs »

Les présidents français et américain ont multiplié les gestes d’amitié lors de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, chacun des deux dirigeants tentant de prendre l’ascendant sur l’autre.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 18h03
    |

            Solenn de Royer (Washington, envoyée spéciale)








                        



Captée à l’Elysée par la caméra de Patrick Rotman (Le Pouvoir, 2013), la scène date de 2012. François Hollande est entouré de ses proches conseillers, dont Emmanuel Macron, pour préparer une réunion avec Angela Merkel, avec laquelle le président socialiste espère encore imposer un rapport de force. « Elle veut danser le tango avec toi, et elle pense que c’est elle qui doit mettre la jambe droite », lance le conseiller, dont c’est la première apparition « publique ».
Désormais président, Emmanuel Macron s’inspire encore de cette image : car c’est bel et bien à un tango endiablé qu’il s’est livré avec Donald Trump tout au long de sa visite d’Etat aux Etats-Unis. Une danse calculée, avec un vaste éventail de tempos et de rythmes, chacun des protagonistes tentant de prendre l’ascendant sur l’autre et de le guider.

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Une chorégraphie que Macron lui-même a semblé assumer au dernier jour de sa visite, s’exprimant devant le Congrès américain : « Ça ne vous rappelle rien ? », a-t-il interrogé, en évoquant les « kisses » (« baisers ») et les « hugs » (« embrassades ») de Voltaire et Benjamin Franklin, à Paris, en 1778.
C’est d’abord M. Trump qui a pris M. Macron par la main, comme on prendrait celle d’un enfant, pour le conduire vers son bureau où les deux hommes devaient s’entretenir de sujets délicats (nucléaire iranien, Syrie, commerce, etc.). Plus tard, dans le bureau Ovale, l’Américain a commencé par flatter le Français, en assurant qu’ils avaient tous les deux une relation « très privilégiée », avant d’épousseter ostensiblement le col de sa veste. « Je vais retirer ces quelques pellicules », a-t-il lancé. Ce qui a laissé M. Macron pantois.
Ne pas perdre la face

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Le soir même, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, M. Macron essaie de reprendre l’avantage, saisissant avec fermeté la main de M. Trump. Mais ce dernier refuse de relâcher l’étreinte. Mutante, la poignée de main n’en finit pas. Piégé, le Français se rapproche de l’Américain pour lui donner l’accolade, mais c’est M. Trump qui a le dernier mot, en faisant mine de présenter sa joue à Macron tout en lui donnant un baiser factice. Il ajoute ces mots : « Je l’aime beaucoup. » A la fin de l’envoi, je touche.
Ce tango s’est poursuivi sur les réseaux sociaux. « Impatient de regarder le président de France s’adresser au Congrès aujourd’hui. (…) Il sera GÉNIAL ! », a tweeté Donald Trump avant le discours d’Emmanuel Macron, mercredi, tandis que ce dernier publiait la photo d’une vigoureuse poignée de main avec l’Américain sur son propre compte.
M. Trump, qui avait subi la poignée d’acier très calculée de M. Macron, lors de leur première rencontre, il y a un an, de même que l’exégèse vantarde de son propre geste à laquelle le Français s’était ensuite livré, n’avait pas l’intention – cette fois – de s’en laisser compter. Vu par nombre de dirigeants étrangers comme un possible « coach » censé raisonner un président américain imprévisible, M. Macron a dû, en réalité, se plier au tempo imposé par son aîné.
Ce que François Hollande a d’ailleurs osé commenter ainsi, mercredi, dans l’émission « Quotidien » : « Emmanuel Macron est plutôt passif dans le couple. » Pour le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, il ne faut pas « surinterpréter les images de manière excessive, ce sont des démonstrations d’affection américaine ». 

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Pour les intéressés, ce jeu de « kisses and hugs » présente de nombreux avantages. Une façon pour M. Macron de se placer comme l’égal de M. Trump, tout en masquant les différends apparents, sans perdre la face. Une manière, pour Donald Trump, redoutable animal politique, d’endormir son jeune allié afin de rester maître du jeu.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Une nouvelle étude confirme que la France affiche un niveau de cotisations sociales record.
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Les salariés français toujours parmi les plus imposés de l’OCDE

Une nouvelle étude confirme que la France affiche un niveau de cotisations sociales record.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h00
    |

            Marie Charrel








                        



   


Les Français paient-ils trop d’impôts ? Depuis janvier, leurs salaires sont en tout cas un peu moins taxés : la suppression progressive des cotisations salariales maladie et chômage, partiellement remplacées par une hausse de la CSG, est entrée en œuvre. Elle sera achevée en octobre. En attendant, la France est toujours l’un des pays où la fiscalité sur les ménages est élevée, comme le confirment les derniers chiffres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Publiée mercredi 25 avril et intitulée « Les Impôts sur les salaires 2018 », l’étude passe en revue une batterie d’indicateurs permettant de « comparer la situation des salariés au regard de l’impôt et des transferts sociaux » dans les 35 pays membres de l’Organisation, expliquent les auteurs. Le tableau est très hétérogène, selon les Etats, la composition des foyers et les systèmes fiscaux.
Spécificités du modèle social français

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L’OCDE prend ainsi le cas type d’un célibataire payé au salaire moyen dans son pays. Le taux moyen net d’imposition (impôt sur le revenu et cotisations sociales payées par le salarié, après déduction des prestations sociales perçues) dont il s’est acquitté en 2017 était ainsi de 40,5 % du salaire brut en Belgique, 39,9 % en Allemagne et 29,2 % en France, contre 25,5 % pour la moyenne des pays membres. Les taux les plus faibles ont été enregistrés au Mexique (11,2 %) et au Chili (7 %).
Le tableau est un peu différent si l’on prend aussi en compte les cotisations sociales versées par les employeurs, particulièrement élevées dans l’Hexagone. Le taux effectif d’imposition pour un célibataire au salaire moyen était alors de 47,6 % du coût du travail en France, toujours derrière la Belgique (53,7 %) et l’Allemagne (49,7 %). Paris passe en revanche en tête si l’on prend le cas d’un couple avec un seul salaire et deux enfants : le taux d’imposition était de 39,4 % en 2017, contre 38,3 % en Belgique et 34,5 % en Allemagne. Dans les deux cas, la pression fiscale a très légèrement baissé en France l’an passé, note l’étude.
« Frein à l’embauche »

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Celle-ci a surtout pour mérite de mettre en lumière les spécificités de notre modèle social. « Le financement de notre protection sociale repose essentiellement sur des cotisations sociales élevées, notamment celles versées par l’employeur, alors que dans d’autres pays, comme le Danemark, il dépend de l’impôt », rappelle François Ecalle, ancien conseiller maître de la Cour des comptes, fondateur du site d’analyse des finances publiques Fipeco. Dans le cas du célibataire moyen, les cotisations sociales payées par l’employeur sont ainsi quasi nulles au Danemark, mais l’impôt sur le revenu s’élève à 35,8 % du coût de la main-d’œuvre. En France, les premières sont de 26 %, et le second, de 11 %.
« Le point faible du modèle tricolore est néanmoins que les cotisations employeurs élevées peuvent constituer un frein à l’embauche », remarque M. Ecalle. Tout en soulignant qu’il convient également de comparer ces prélèvements à la couverture sociale offerte par les différents Etats. Selon les chiffres publiés par Eurostat, lundi 23 avril, le total net des cotisations sociales tricolores s’élevait ainsi à 18,9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2017, soit le taux plus élevé de l’Union européenne, contre 16,8 % en Allemagne et 0,9 % Danemark. Mais le niveau de prestations sociales offert par la France est également le plus généreux, à 25,9 % du PIB, contre 24 % en Allemagne et 17,9 % au Danemark.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le premier ministre est revenu au micro d’Europe 1 sur les mobilisations en cours, en renvoyant la balle dans le camp des protestataires.
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Philippe appelle les syndicats à prendre « leurs responsabilités » et donne une date butoir aux zadistes

Le premier ministre est revenu au micro d’Europe 1 sur les mobilisations en cours, en renvoyant la balle dans le camp des protestataires.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 09h57
   





                        


SNCF, Notre-Dame-des-Landes, Air France… Invité sur Europe 1 jeudi matin, le premier ministre a appelé les syndicats grévistes de la SNCF à prendre « leurs responsabilités » et affirmé que les occupants illégaux de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes n’ayant pas choisi de s’inscrire dans un processus de régularisation devraient avoir « quitté les lieux » à compter du 14 mai.
SNCF
La SNCF connaîtra ce week-end ses onzième et douzième jours de grève, à l’appel d’une intersyndicale CGT, UNSA, CFDT et SUD, qui proteste contre la réforme ferroviaire du gouvernement. Depuis début avril, cette grève à épisodes perturbe fortement le trafic des trains.
« Je pense que ce n’est jamais une solution la grève, et je préférerais que [les syndicats grévistes] prennent leurs responsabilités rapidement », a déclaré Edouard Philippe sur Europe 1, répétant à nouveau qu’il déplorait les effets « extrêmement pénalisants » du mouvement « pour un très grand nombre de Français » et « pour la SNCF ».
Interrogé sur l’invitation de l’ensemble des syndicats de la SNCF à des réunions bilatérales le 7 mai à Matignon, il a assuré qu’il ne s’agissait « pas du tout » d’un recul. Le gouvernement reste « déterminé » à mener ce qu’il considère comme une réforme « indispensable », et ses trois axes principaux – ouverture à la concurrence, transformation en société anonyme et fin du recrutement au statut – ne font « pas l’objet de discussions ». Les syndicats de la SNCF ont affiché mercredi leur volonté de « mettre la pression » sur le premier ministre, en annonçant des rassemblements le 3 mai à Paris et en régions, quatre jours avant les rendez-vous de Matignon.
Il y a, malgré tout, « encore beaucoup de choses à discuter » concernant les « questions relatives à la reprise de la dette » de la SNCF par l’Etat, notamment « le montant, le rythme, les modalités », a dit Edouard Philippe. Le premier ministre a réaffirmé que si l’Etat reprend la dette, « c’est l’ensemble des Français qui vont porter une dette accrue ». Ils sont donc « en droit d’être exigeants avec la SNCF (…) pour que l’entreprise ne creuse pas à nouveau une dette ».
Les syndicats de la SNCF ont exigé mercredi une véritable négociation sur l’avenir de l’entreprise avec le premier ministre. Les représentants des cheminots en grève ont obtenu cette rencontre avec Edouard Philippe le 7 mai, après avoir refusé de se rendre aux concertations avec la ministre des transports, Elisabeth Borne.

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NDDL : départ des derniers « illégaux » d’ici au 14 mai
Edouard Philippe a affirmé que les occupants illégaux de la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes n’ayant pas choisi de s’inscrire dans un processus de régularisation devraient avoir « quitté les lieux » à compter du 14 mai.
« La préfète va convoquer pour le 14 mai la première réunion du comité qui a vocation à analyser les dossiers déposés par ceux des occupants illégaux qui veulent rentrer dans (…) le droit commun. A partir du moment où ces procédures sont en œuvre, ceux qui ont choisi de ne pas s’y insérer devront avoir quitté les lieux. »
Interrogé sur la date à laquelle pourront reprendre les expulsions, M. Philippe a réitéré son propos. « Je vous ai dit que la première réunion du comité de pilotage aurait lieu le 14 mai, vous pensez bien que quand on sera dans l’accomplissement effectif de ces procédures administratives ceux qui ont choisi de ne pas s’y insérer devront avoir quitté les lieux, et à ce moment-là nous pourrons intervenir », a-t-il insisté. « Il y a 28 occupants qui en quelque sorte ont accepté la main tendue par l’Etat », a précisé l’ancien maire du Havre.

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Air France : Philippe salue la position « courageuse » de Janaillac
Edouard Philippe a salué la position « courageuse » du patron d’Air France, Jean-Marc Janaillac, qui a mis sa démission dans la balance dans le conflit sur les salaires. La direction d’Air France lance jeudi auprès des salariés de la compagnie une consultation sur sa proposition d’augmentation salariale, rejetée par l’intersyndicale. M. Janaillac a prévenu qu’en cas de résultat « négatif », il ne voyait « pas comment [il] pourrait rester » à son poste. Les résultats seront connus le 4 mai au soir.

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« Je me dis que si la consultation qu’il a organisée ne donnait pas les résultats qu’il espérait, et s’il en tirait les conséquences, j’inciterais volontiers tout le monde à boucler sa ceinture de sécurité parce que les turbulences à mon avis ne seraient pas minimes. »
« Une entreprise qui verrait son patron partir dans ces conditions, je ne suis pas sûr qu’elle serait dans de bonnes conditions pour affronter la suite », a-t-il poursuivi. « Et c’est la responsabilité des salariés d’Air France », « chacun prend ses responsabilités », a ajouté le premier ministre.
La question posée aux salariés est : « Pour permettre une issue positive au conflit en cours, êtes-vous favorable à l’accord salarial proposé le 16 avril 2018 ? » La direction propose une augmentation immédiate de 2 %, puis 5 % supplémentaires étalés sur trois ans, mais les représentants des salariés réclament 5,1 % dès cette année. Trois syndicats de pilotes d’Air France ont annoncé mercredi avoir déposé un nouveau préavis de grève pour les 3, 4, 7 et 8 mai.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Pour financer la construction de logements sociaux et le développement industriel outre-mer, le gouvernement propose un avantage fiscal alléchant. Mais il faut prendre des précautions avant de se lancer.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤                     
                                                

Dispositif Girardin : attention aux risques

Pour financer la construction de logements sociaux et le développement industriel outre-mer, le gouvernement propose un avantage fiscal alléchant. Mais il faut prendre des précautions avant de se lancer.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 07h40
    |

                            Nathalie Coulaud








                        



   


Alors que l’avantage fiscal lié à l’investissement locatif « Pinel » a été recentré sur certains territoires, le Girardin (du nom de Brigitte Girardin, ministre de l’outre-mer en 2002-2005), n’a pas été remis en question par la loi de finances pour 2018. Ce dispositif de défiscalisation éthique et solidaire récompensant l’investissement privé en outre-mer est pourtant régulièrement épinglé par la Cour des comptes. Cependant, il contribue à financer les logements sociaux et les matériels industriels dont ces territoires éloignés de la métropole ont grand besoin.

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Le principe est le suivant : vous investissez dans la construction de logement social ou dans un matériel industriel neuf. Pour cela, vous passez par opérateurs spécialisés qui mettent en place une société de portage avec un organisme HLM local ou avec des entreprises locales qui ont besoin de matériel.
Vous bénéficiez alors d’une réduction d’impôt de 50 % du prix de revient du logement et des travaux de réhabilitation (code général des impôts article 199 undecies C). L’avantage fiscal est non négligeable : selon Inter Invest, intermédiaire spécialisé dans le Girardin, si un couple investit 10 500 euros dans ce dispositif, il peut effacer 12 000 euros d’impôts par le biais d’une déduction d’impôt et réaliser ainsi une économie de 1 500 euros sur une année. Le ticket d’entrée est de 2 500 euros et en investissant beaucoup, il est possible d’effacer jusqu’à une somme comprise entre 40 000 et 60 000 euros d’impôts par an.
Un intérêt purement fiscal
Reste que ce dispositif comporte des risques. Tout d’abord, l’intérêt du Girardin est purement fiscal car l’investissement est à fonds perdu pour le contribuable. Au bout de cinq ans, le bâtiment de logements sociaux est revendu à 1 euro symbolique à l’organisme HLM. Même chose pour le matériel que vous louez à l’exploitant pendant cinq ans et que vous revendez dans les mêmes conditions.

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Autre difficulté : afin d’éviter la fraude, l’administration fiscale impose des contrôles très stricts sur les opérations réalisées afin de vérifier qu’elles respectent bien toutes les contraintes notamment sur le nombre d’emplois créés dans le cadre Girardin industriel.
Si les règles ne sont pas respectées, l’investisseur peut faire l’objet d’un redressement fiscal. Même chose si des problèmes surviennent dans la période de location de 5 ans : le matériel dans lequel vous avez investi peut subir des avaries, être volé, ou le bâtiment de logements sociaux dans lequel vous avez investi peut être détruit par un cyclone.
Là encore, comme vous ne serez plus en mesure de respecter les conditions prévues, vous risquez de devoir rembourser l’avantage fiscal à l’Etat sauf si vous avez souscrit des assurances spécifiques proposées par les spécialistes du Girardin.
Passer par un interlocuteur sérieux
« Pour parer à ces difficultés, il faut faire appel à des interlocuteurs sérieux qui connaissent bien le dispositif et vous proposent des assurances pour garantir la bonne fin financière et fiscale de l’opération », explique Jérôme Devaud, directeur général délégué d’Inter Invest qui dispose de neuf agences locales implantées en outre-mer pour assurer le montage et le suivi des opérations.
Autre possibilité : n’investir que dans des opérations ayant obtenu un agrément de l’administration fiscale comme le propose Fipromer, une des filiales de la banque Bred. Le plus simple est de passer par sa banque ou par son conseil de gestion en patrimoine pour se lancer. Enfin, sachez qu’avec le prélèvement à la source, si vous investissez en 2018, le Trésor public vous remboursera l’impôt que vous n’auriez pas dû verser à la fin du mois de septembre 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Le 24e congrès du syndicat, qui s’est tenu à Lille, a été le théâtre de déchirements entre réformistes et contestataires. Il n’y a pourtant qu’un seul candidat pour briguer la succession de M. Mailly.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/04/2018
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Guerre ouverte à FO entre Jean-Claude Mailly et Pascal Pavageau

Le 24e congrès du syndicat, qui s’est tenu à Lille, a été le théâtre de déchirements entre réformistes et contestataires. Il n’y a pourtant qu’un seul candidat pour briguer la succession de M. Mailly.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 16h55
    |

            Michel Noblecourt (Lille, envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Cela me rappelle 1989 », confiait, en se disant « effondré », mercredi 25 avril, un ancien membre du bureau confédéral de Force ouvrière (FO). La violence des affrontements qui ont marqué les trois jours de débat, au 24e congrès du syndicat à Lille, sur le rapport d’activité du secrétaire général Jean-Claude Mailly, évoque le congrès de Vincennes en février 1989.
Cette année-là, après vingt-cinq ans de règne, André Bergeron passait la main. Deux candidats, Marc Blondel et Claude Pitous, s’opposaient. Le premier l’avait emporté au terme d’une bataille où tous les coups avaient été permis. FO avait été au bord de la scission et avait mis dix ans à s’en remettre.
Près de trente ans plus tard, FO a fêté ses soixante-dix ans en s’offrant un remake de 1989. Une situation d’autant plus paradoxale qu’à Lille, il n’y a qu’un seul candidat, Pascal Pavageau, pour briguer la succession de M. Mailly.
Les déchirements internes entre réformistes et contestataires (notamment trotskistes et anarchistes) ont atteint un tel degré que le congrès a été le théâtre d’une guerre ouverte entre M. Pavageau et M. Mailly, comme si l’unique prétendant se présentait contre le secrétaire général sortant. Au cœur du conflit, l’attitude conciliante de M. Mailly lors de la concertation sur les ordonnances sur le code du travail, dont M. Pavageau, pourtant membre du bureau confédéral, a tenu à se démarquer. « On a travaillé ensemble depuis 2009, a-t-il déclaré le 23 avril sur France 3. Sur la dernière année, nous avons eu une divergence forte de positionnement et de stratégie. »
Mailly « a vendu la classe ouvrière à Macron »
« Nous sommes des champions pour nous étriper fraternellement », a lancé Laurent Pointurier (spectacle vivant), avant d’envoyer une flèche aux délégués de la fédération de la métallurgie : « Les métaux lourds c’est du poison. »
Dans un ballet bien réglé, les 240 intervenants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Analyse. Le gouvernement réforme au pas de charge, mais en repoussant la mise en œuvre de mesures sociales, il risque de se faire rattraper par la réalité, estime Isabelle Rey-Lefebvre, journaliste au « Monde ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                   
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Dans l’attente d’une politique sociale digne de ce nom

Analyse. Le gouvernement réforme au pas de charge, mais en repoussant la mise en œuvre de mesures sociales, il risque de se faire rattraper par la réalité, estime Isabelle Rey-Lefebvre, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h39
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

Analyse. « Au secours, Monsieur Macron, la pauvreté ne peut plus attendre ! » C’est l’appel lancé, dans Le Monde du 10 avril, par Etienne Pinte, président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Car si le gouvernement sait aller vite sur des dossiers comme la loi travail ou la réforme de la SNCF, il prend son temps sur certains sujets sociaux.
Ainsi sont en suspens le nouveau programme de rénovation urbaine et la politique dite du « logement d’abord » pour les sans-abri, qui n’avance guère hormis l’octroi de 8 millions d’euros à répartir entre 24 collectivités. On attend aussi avec impatience le plan grand âge et, surtout, le plan de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes : le président de la République avait lancé ce dernier chantier le 17 octobre 2017. Depuis, rien, sinon la désignation d’un délégué interministériel, Olivier Noblecourt.
Des groupes de travail et des visites sur le terrain ont mobilisé les associatifs pendant trois mois pour aboutir aux mêmes diagnostics et propositions que pour le plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, lancé en janvier 2013 par François Hollande.
Cette méthode macronienne, déjà utilisée, par exemple, avec les « conférences de consensus sur le logement », consiste à multiplier les rencontres, écouter sans jamais prendre position ni annoncer de mesures, et a le don de mettre à vif les nerfs des acteurs de terrain. Outre la tribune d’Etienne Pinte, l’exaspération s’exprime aussi avec « l’appel de Grigny » de 150 maires inquiets de l’enlisement du plan de rénovation urbaine (16 octobre 2017), ou la soudaine démission, le 28 mars, du maire (EELV) de Sevran (Seine-Saint-Denis), Stéphane Gatignon.
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Que veut donc Emmanuel Macron ? C’est loin d’être clair, mais à travers quelques prises de position se dessine une vision libérale et déculpabilisée du traitement de l’exclusion....




                        

                        

