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Les mirages de Pierre Gattaz sur l’opération « Un million d’emplois »

Le président du Medef s’attribue un peu vite les bons chiffres de créations d’emplois des dernières années.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 18h00
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Le slogan « Un million d’emplois » du Medef n’est pas tombé aux oubliettes. Le président du syndicat patronal, Pierre Gattaz, a même affirmé, mercredi 25 avril sur France Inter, que l’opération a été un franc succès. Selon le responsable patronal, le million d’emplois devrait être atteint, ou presque, d’ici à la fin de l’année. Mais si l’embellie du marché du travail est bien réelle, le lien entre celles-ci et les revendications du « patron des patrons » est à nuancer.
Ce qu’il a dit
Interrogé par Nicolas Demorand sur son slogan « Un million d’emplois », qu’il avait largement utilisé en 2014, Pierre Gattaz a affirmé qu’il s’était bien traduit dans les faits :
« J’ai expliqué, en 2013, que nous pouvions créer un million d’emplois. Et c’est un minimum pour la France. Le vrai chiffre c’est de créer 2,5 millions d’emplois pour arriver à 5 %, 6 % de chômage. 1 million c’était un objectif (…). Et bien figurez-vous qu’aujourd’hui nous sommes à 680 000 emplois au bout de 3 ans, sans avoir fait toutes les réformes. (…) Nous sommes autour de 700 000 [emplois], sur un rythme de 300 000 emplois par an, à la fin de l’année nous serons proches du 1 million d’emplois. »
POURQUOI C’EST PLUS COMPLIQUÉ
1. Un « objectif » ambigu, lié à des revendications
L’histoire du « million d’emplois » de Pierre Gattaz est en fait celle d’un slogan qui n’a jamais vraiment été une promesse, ni un réel objectif. Depuis 2013, le patron du Medef a multiplié les coups de communication autour de son mot d’ordre : il en a fait un pin’s, une tournée en France et l’a martelé à de multiples reprises dans des discours ou dans des interventions médiatiques.
Sa formulation la plus claire sur la question est sans doute celle qu’il faisait dans un courrier aux adhérents du Medef fin 2013, intitulé « 1 million d’emplois créés en 5 ans ! » L’intéressé y écrit : « L’ambition que nous vous proposons est de créer 1 million d’emplois en 5 ans », tout en prenant soin de préciser qu’« il ne s’agit pas non plus d’un engagement inconditionnel ». 
Derrière les créations de postes fixées comme horizon, ce slogan visait en réalité surtout à défendre des exigences face au gouvernement. Baisse des charges, baisse des dépenses publiques, plaidoyer pour un discours politique plus favorable aux entreprises… Pour Pierre Gattaz, cette campagne a d’abord été l’occasion de promouvoir les revendications patronales.

   


François Hollande a répondu à cet appel par son « pacte de responsabilité » début 2014. Ce dernier s’est matérialisé notamment par 30 milliards d’euros de baisses de cotisations pour les entreprises, en plus de la montée en puissance du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), qui représentait une enveloppe de 20 milliards d’euros en 2015. Mais le Medef a toujours refusé de s’engager sur des contreparties précises à ces dispositifs, notamment en termes d’emplois.
2. Oui, les créations d’emplois sont bien en hausse
Près de cinq ans après sa lettre aux adhérents du Medef, Pierre Gattaz revendique donc le fait que l’objectif d’un million d’emplois serait en passe d’être atteint. Les « 680 000 » créations d’emplois qu’il évoque pour les trois dernières années correspondent, dans les grandes lignes, à une réalité. Selon l’Insee, 643 000 emplois salariés ont été créés « nets » (c’est-à-dire en déduisant en parallèle les suppressions d’emploi) entre le dernier trimestre 2014 et la fin de l’année, dont 617 000 dans le privé.
Sur trois ans, cela représente une hausse d’environ 3 % du nombre total de salariés employés par le secteur privé.


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L'emploi salarié est reparti en légère hausse ces dernières années
Chiffres trimestriels de l'emploi salarié selon l'Insee en France hors Mayotte

Source : Insee



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Si l’on extrapole la tendance observée en 2017 sur l’année 2018 (+ 268 000 emplois salariés sur un an selon l’Insee), on se rapprocherait effectivement du « million » d’emplois évoqués par Pierre Gattaz. Ses chiffres sont donc plutôt justes, même s’il se garde bien d’évoquer certaines ombres au tableau – par exemple, le fait que l’emploi a continué de chuter sur l’ensemble de l’année 2014 (- 22 000 emplois privés environ selon l’Insee), moment du lancement du « pacte de responsabilité ».
3. Le « pacte de responsabilité » n’est pas la seule explication à l’embellie
Le raisonnement du « patron des patrons » en lui-même est en revanche discutable pour au moins deux grandes raisons. La première, c’est de savoir qui a créé ces emplois. Les chiffres de l’Insee cités par Pierre Gattaz sur France Inter englobent en effet l’ensemble de l’emploi salarié, quel que ce soit le type ou la taille de l’entreprise.
Or, certains indicateurs montrent que ne sont pas forcément les plus grandes entreprises, surreprésentées au sein du Medef, qui créent le plus d’emploi. Une étude de l’Insee publiée fin 2017 estime ainsi que ce sont d’abord les entreprises de taille intermédiaire (ETI) puis les moyennes entreprises (PME) qui ont créé des emplois sur la période 2009-2015, quand les micro-entreprises et les grands groupes en ont perdu. Les entreprises affiliées au Medef, le mouvement que représente Pierre Gattaz, ne sont pas les seules créatrices d’emploi.
Le CICE n’a pas favorisé de créations d’emploi massives
L’autre question cruciale est de savoir dans quelle mesure les revendications du Medef, pour parties reprises par le gouvernement sous François Hollande, sont réellement responsables de l’embellie du marché de l’emploi. Et il y a matière à tempérer le discours patronal sur ce point.
Sur le CICE, par exemple, un rapport de France Stratégie (un organisme de réflexion sous l’égide de Matignon) diffusé en octobre 2017 évoque une « fourchette large de 10 000 à 200 000 emplois » sauvegardés ou créés sur la période 2013-2015, retenant une estimation probable de 100 000 emplois. Selon cette analyse, le CICE aurait surtout contribué à restaurer les marges des entreprises et dans une moindre mesure à augmenter les salaires, sans favoriser des créations d’emploi massives. Aucun effet notable sur l’investissement n’a par ailleurs été observé.
Les premiers bilans sont également mitigés concernant le « pacte de responsabilité » dans son ensemble. Alors que le gouvernement communiquait à son lancement sur « la création de près de 500 000 emplois dans les années à venir » grâce à ce dispositif, il a rapidement revu l’objectif à la baisse (« 200 000 emplois à horizon 2017 »).
Contrairement à ce que Pierre Gattaz laisse entendre, l’embellie du marché de l’emploi observée ces trois dernières années n’est donc pas forcément la preuve de l’efficacité des mesures favorables aux entreprises adoptées par le gouvernement depuis 2013. Surtout, il est réducteur de présenter les créations d’emplois observées ces dernières années comme le fruit de son opération « Un million d’emplois ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Xiaomi va inaugurer une première boutique à Paris, le 22 mai, et promet d’en ouvrir d’autres à l’avenir.
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Le fabricant chinois de smartphones Xiaomi prépare son arrivée en France

Xiaomi va inaugurer une première boutique à Paris, le 22 mai, et promet d’en ouvrir d’autres à l’avenir.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 18h00
    |

            Vincent Fagot








                        



   


« Une expansion trop hâtive ne causera que des problèmes », avait prédit Lei Jun, le patron et fondateur de Xiaomi. Moins de six mois après son arrivée en Espagne, en novembre 2017, le fabricant chinois de smartphones prend pourtant d’assaut un nouveau pays européen : la France. Le 22 mai, il va inaugurer son premier magasin à Paris, et promet d’en ouvrir d’autres dans plusieurs grandes villes françaises.
Qui a déjà visité un magasin de la marque sait que l’univers de Xiaomi est assez original. Outre des smartphones, on y trouve tout « l’écosystème » de la marque, à savoir des équipements électriques allant du « rice-cooker » à la caméra de surveillance, mais aussi des produits moins technologiques comme des serviettes ou des sacs à dos. Ces produits ne sont pas fabriqués par Xiaomi, mais par des entreprises dans lesquelles la société a investi, à l’image de Huami, devenue, en quelques années, numéro un mondial des bracelets connectés.
Au lancement, à Paris, les rayons ne devraient pas nécessairement être aussi fournis que ceux des boutiques espagnoles, mais on sait déjà que l’on y trouvera quelques-uns des derniers modèles de smartphone de la marque et une trottinette électrique. A terme, l’offre devrait s’étoffer.
Un contexte favorable
L’un des principaux arguments de Xiaomi est les prix particulièrement serrés qu’elle pratique sur ses smartphones, avec des tarifs qui commencent à 120 euros. En Espagne, la marque a ainsi réussi à se hisser en 2017 dans le top 5 des meilleurs vendeurs. Signe de cette volonté de se battre sur le terrain des tarifs, la marque s’est – de manière assez surprenante – engagée à limiter à 5 % les marges dégagées sur ses produits.

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En France, le constructeur espère profiter d’un contexte favorable : « Alors que le marché était historiquement dominé par les opérateurs, il est en train de s’ouvrir davantage », explique Lilian Liu, une des responsables de l’entreprise à l’international. Outre sa boutique, la marque compte s’appuyer sur un site de vente en ligne et, pour se faire connaître plus largement, une forte activité sur les réseaux sociaux. Enfin, elle va s’associer à des partenaires locaux, probablement dans la grande distribution.
Créée en 2010 par le fondateur de Joyo.com, une plate-forme d’e-commerce à succès – rachetée à l’époque par Amazon –, Xiaomi a profité pleinement de l’essor du marché du smartphone en Chine, où les ventes ont plus que quadruplé entre 2010 et 2015. Au faîte de sa gloire, Xiaomi était considérée, en 2014, comme la start-up la mieux valorisée du monde (46 milliards de dollars, soit quelque 34 milliards d’euros à l’époque). Il faut dire que le fabricant était parvenu à occuper la première place en Chine, s’accaparant 17 % du marché en 2015. Mais depuis, il subit de plein fouet la concurrence de ses rivaux locaux, Huawei, Oppo et Vivo, qui l’ont relégué à la quatrième place sur le marché chinois.

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Concurrence accrue sur le marché chinois
Face à cette concurrence accrue sur son marché domestique, Xiaomi tente, depuis quatre ans, de percer à l’international. Un pari réussi en Inde, où, en peu de temps, la marque a réussi à se hisser au rang de deuxième marque du pays, selon les chiffres du cabinet IDC. Elle réalise également de belles performances en Asie du Sud-Est, particulièrement en Indonésie. Au total, la marque est aujourd’hui présente dans 70 pays à travers le monde, la plupart du temps par l’intermédiaire de distributeurs locaux. En 2017, IDC classait le chinois 5e producteur mondial de smartphones.
L’an passé, la compagnie a fait savoir que son chiffre d’affaires avait dépassé les 100 milliards de yuans de chiffres d’affaires (13 milliards d’euros), mais ne communique pas sur ses bénéfices ni sur sa croissance. Une chose qui pourrait bientôt changer, puisque la société est, selon Bloomberg, en train de préparer son entrée en Bourse.

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Les gains tirés de la cession de cryptomonnaies peuvent aujourd’hui être imposés jusqu’à 45 %, et seront désormais soumis à un taux forfaitaire de 19 %.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 17h57
   





                        


Le Conseil d’Etat a estimé jeudi 26 avril que les gains générés par les cryptomonnaies devaient être considérés comme des plus-values de « biens meubles », autrement dit bénéficier, sauf exception, d’un taux d’imposition moins élevé que celui appliqué actuellement par l’administration.
La plus haute juridiction administrative française avait été saisie en début d’année par plusieurs contribuables qui contestaient le régime fiscal appliqué depuis juillet 2014 à la cession de bitcoins et autres cryptoactifs.

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En vertu de ce régime, les gains tirés de la cession de cryptomonnaies sont considérés comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) en cas d’activité habituelle, et comme des bénéfices non commerciaux (BNC) en cas d’activité occasionnelle. Cette classification a des conséquences précises en matière de fiscalité et entraîne un taux d’imposition pouvant aller jusqu’à 45 % au titre de l’impôt sur le revenu, pour les contribuables les plus aisés, qui viennent s’ajouter aux 17,2 % de contribution sociale généralisée (CSG) également prélevés.
Taux forfaitaire de 19 %
Dans sa décision, que l’Agence France-Presse a pu consulter, le Conseil d’Etat a partiellement donné raison aux contribuables opposés à cette lecture, en considérant que « la cession de “bitcoins” » relevait « en principe de la catégorie des plus-values de bien meubles ».
Les « biens meubles », en langage fiscal, désignent, à la différence des bien immobiliers, les biens pouvant être déplacés : voitures, avions et bijoux (dans le cas de biens corporels), mais aussi les brevets ou droits d’auteur (biens incorporels). En cas de cession, ils sont soumis à un taux forfaitaire de 19 % — ce qui, même en y ajoutant la CSG, induit un taux d’imposition sensiblement inférieur à celui réservé aux « BIC » et aux « BNC ».
Exceptions possibles
Dans son communiqué, le Conseil d’Etat souligne néanmoins que « certaines circonstances propres à l’opération de cession » de cryptoactifs « peuvent impliquer qu’ils relèvent de dispositions relatives à d’autres catégories de revenus ».
Ainsi, si ces gains ne peuvent pas être considérés comme le fruit d’une opération de placement mais sont enregistrés en contrepartie du « minage de bitcoin » (l’activité de certains particuliers dont le matériel informatique réalise des opérations mathématiques pour le compte du réseau bitcoin), ils relèveront toujours de la catégorie des BNC, même s’il s’agit d’une opération unique.
De même, si les cessions relèvent d’une activité commerciale et que les revenus correspondants relèvent de l’exercice d’une activité professionnelle, ils devront également être déclarés dans la catégorie des BIC, et conserveront les mêmes modalités d’imposition.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Les organisateurs de la Web Conf, prestigieux congrès itinérant, réfléchissent à un rendez-vous tous les trois ou quatre ans dans la préfecture du Rhône.
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La conférence mondiale du Web pourrait revenir régulièrement à Lyon

Les organisateurs de la Web Conf, prestigieux congrès itinérant, réfléchissent à un rendez-vous tous les trois ou quatre ans dans la préfecture du Rhône.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 17h47
    |

            William Audureau








                        



   


Après les biennales de la danse et de l’art contemporain, une triennale des nouvelles technologies à Lyon ? Alors que s’y achève vendredi 27 avril la 28e édition de The Web Conference (anciennement l’International World Wild Web Conference), le plus grand congrès scientifique annuel consacré aux innovations d’Internet, l’événement pourrait s’implanter de manière régulière dans le Rhône, a appris Le Monde de sources concordantes.
« Nous ne reviendrons pas l’an prochain ni l’année prochaine, car la conférence se tiendra à San Francisco puis Taïwan, mais nous serons à nouveau en Europe en 2021, confirme Wendy Hall, présidente de l’IW3C, qui chapeaute l’événement. Nous sommes en pourparlers pour revenir à Lyon de manière régulière. Ce ne sera pas sur un rythme annuel, mais peut-être tous les trois ou quatre ans. »
« Montrer tout ce qu’on sait faire »
Plus de 2 200 personnes se sont inscrites en 2018 à cet événement réunissant chercheurs, ingénieurs et entrepreneurs, et où sont présents Google, Facebook ou encore Amazon. « Cette édition est un très grand succès, il y a les représentants de toutes les plus grandes entreprises mondiales et des scientifiques du plus haut niveau. La question se pose : faut-il se positionner pour que la conférence revienne à Lyon ? Cela va dans ce sens », corrobore Khaled Bouabdallah, président de l’université de Lyon, qui organisait cette édition.

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Pour la première région industrielle de France et la seconde en matière de numérique, l’enjeu en termes de prestige est important, explique M. Bouabdallah :
« L’intérêt, c’est de consacrer tout ce qui se fait ici en termes de numérique et d’intelligence artificielle, mais aussi le potentiel de recherche, de formation, d’innovation, de création de start-up qui est exceptionnel. Accueillir un événement mondial comme celui-là, c’est montrer tout ce qu’on sait faire. »
Plus grande conférence depuis Séoul
Née en 1994, la Web Conference a déjà posé ses valises dans 16 pays différents, dont l’Inde, la Corée du Sud et le Brésil. Elle suit actuellement un cycle de trois ans, chaque année étant dévolue à l’Amérique du Nord, à l’Europe puis à l’Asie.
La capitale rhonalpine tient déjà une place à part dans l’histoire de cette conférence itinérante : elle est la seule ville à l’avoir hébergée deux fois (2012 et 2018). « L’édition qui s’est déroulée à Lyon en 2012 s’était très bien passée, d’un point de vue logistique d’abord, mais surtout sur le contenu, avec un niveau très élevé des chercheurs, un lien fort avec les entrepreneurs, et cela a laissé un souvenir fort aux organisateurs, qui nous ont resollicités », explique Khaled Bouabdallah.

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« Les Lyonnais savent faire des événements réussis, confirme Dame Wendy Hall. Il y a un soutien important de la région et de la ville. Lyon a été la plus grande conférence que nous ayons faite depuis Seoul [en 2014] ». 
La ville hôte de la Web Conference de 2021 doit être annoncée samedi. Lyon, qui ne s’est pas portée candidate pour cette date, ne pourrait accueillir le congrès au plus tôt qu’à sa prochaine édition en Europe, soit en 2024, à moins que le format de l’événement n’évolue d’ici là.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ « Le projet “Une personne, une voix, une action” va donner le pouvoir à nos équipes d’aller chercher l’avenir », estime le PDG du groupe agroalimentaire.
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Emmanuel Faber, PDG de Danone : « Nous mettons fin au mode de décision pyramidal »

« Le projet “Une personne, une voix, une action” va donner le pouvoir à nos équipes d’aller chercher l’avenir », estime le PDG du groupe agroalimentaire.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 16h28
    |

            Laurence Girard et 
Dominique Gallois








                        



   


A l’occasion de l’assemblée générale (AG) des actionnaires de Danone, réunie jeudi 26 avril, le PDG, Emmanuel Faber, a présenté son projet « Une personne, une voix, une action », destiné à faire participer les 100 000 salariés du groupe agroalimentaire aux choix stratégiques à l’horizon 2030.
Quelles sont les raisons qui vous poussent à faire évoluer votre gouvernance ?
Il faut repartir de la vision que nous avons du métier de l’alimentaire. Nous sommes au bout d’un modèle. Toute une génération, pendant des décennies, a fait confiance aux grandes marques pour apporter plaisir, sécurité et santé. Ce postulat est remis en cause. A la confiance s’est substituée la défiance face aux grands groupes, largement partagée par la génération des millennials, ces jeunes entre 18 et 35 ans. Ils ont une puissance de création de normes sociales étonnante.
Face à cette révolution, on peut résister ou prendre la vague. [En 2017], en lançant « One Planet. One Health », nous nous sommes engagés à favoriser des habitudes de consommation plus saines et plus durables. Nous allons plus loin avec une vision de long terme à l’horizon 2030 autour d’objectifs stratégiques reliés à ceux du développement durable de l’Organisation des Nations unies, auxquels nous voulons associer tous les salariés de Danone dans le monde.

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Quelles seront les modalités ?
Nous avons fixé neuf objectifs interdépendants les uns des autres. Trois liés à notre modèle d’entreprise, trois à notre modèle de marque et trois à notre manière de travailler. Etre certifié B Corp [à savoir, être une société associant but lucratif et intérêt général] fait partie de ces objectifs à l’horizon 2030. Nos filiales aux Etats-Unis et au Canada viennent d’obtenir cette certification. La nouvelle gouvernance sera un acte fondateur de cette démarche. Le programme « Une personne, une voix, une action » va donner le pouvoir à nos équipes d’aller chercher l’avenir, d’en détenir les clés avec nous. 
« L’objectif final d’une entreprise est social et sociétal »
Dans les douze mois qui viennent, les salariés exprimeront leur point de vue. L’innovation est d’accepter de construire l’agenda 2020-2030, de poser les curseurs, à partir de la voix de chacun. Nous organisons nos propres états généraux de l’alimentation, dont les conclusions seront présentées lors de l’assemblée générale 2019. Avant l’AG, chaque salarié recevra une action de Danone, qui lui donnera droit à toucher un dividende que nous multiplierons.
Quel sera le multiplicateur sachant que le dividende s’élève à 1,90 euro ?
Il n’est pas encore fixé, mais le coefficient ne sera pas symbolique. Mais, au-delà, en rendant tous les salariés coactionnaires de l’entreprise, nous mettons fin au mode de décision pyramidal, où les choix venus d’en haut ne correspondaient pas forcément à la situation ou aux besoins locaux. Grace à leurs propositions, nous pourrons adapter nos objectifs à la réalité.
« Nous sommes face à deux choix : soit rester en l’état, soit aller dans le sens de l’histoire en conciliant croissance économique et progrès social »
Renforcer la présence des salariés au capital n’est-il pas aussi un moyen de se protéger d’une offre publique d’achat ? En outre, avez-vous eu des contacts avec le fonds activiste américain Corvex ?
Non, ce n’est pas l’objet, car leur participation sera limitée par rapport au nombre de titres en circulation. Concernant Corvex, nous n’avons jamais confirmé sa présence au capital de Danone, et je n’ai pas rencontré ses représentants.

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Ne craignez-vous pas une réaction négative de la Bourse, où les investisseurs préfèrent le court terme et la rentabilité au progrès social ?
Ils ne vont pas être surpris. Voilà cinq ans que nous leur parlons de la révolution de l’alimentation. Ils savent que nous sommes face à deux choix : soit rester en l’état, soit aller dans le sens de l’histoire en conciliant croissance économique et progrès social. Dans le premier cas, nous pouvons augmenter nos ventes à court terme en coupant les coûts et doubler notre cash-flow [trésorerie], mais cela ne durera qu’un temps. C’est la solution la plus risquée. L’autre voie que nous avons choisie privilégie le long terme. La fixation d’objectifs, s’ils sont clairs, n’est plus un élément différenciant. La question est celle de l’engagement des salariés. Or, quand vous expliquez aux salariés qu’ils vont bénéficier d’un dividende multiplié, cela ne peut que renforcer leur engagement.
« Quand vous expliquez aux salariés qu’ils vont bénéficier d’un dividende multiplié, cela ne peut que renforcer leur engagement »
Avez-vous déjà eu des signes concrets de leur soutien à votre politique ?
Depuis un an, avec nos acquisitions américaines, Walmart, le plus grand groupe de distribution au monde, est devenu le premier client de Danone aux Etats-Unis. Or son patron a souligné devant nos investisseurs l’importance dans ses choix d’avoir des produits B Corp. Voici deux mois, nous avons emprunté 2 milliards d’euros auprès d’un syndicat de douze grandes banques internationales. Le taux d’intérêt est dégressif, il se réduira au fur et à mesure que nos filiales obtiendront cette certification. C’est une première.
Enfin, en mars, nous avons lancé notre première social bond. Cette émission obligataire de 300 millions d’euros destinée à des projets à impact social positif, malgré un taux faible de 1 %, a été souscrite rapidement. Il faut donc arrêter de dire que la finance est menée par les mathématiques. Quand les projets ont du sens, les gens sont prêts à s’engager.

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Estimez-vous que le projet de loi « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » (Pacte) va permettre d’intégrer cette évolution ?
En novembre 2016, avec plusieurs autres chefs d’entreprise, nous avions appelé, dans une tribune publiée dans Le Monde, à ce que la France se réconcilie avec les entreprises. C’est l’esprit du projet de loi Pacte. En préambule, il est indispensable d’inscrire dans le code civil, qui est le code source de la société française, son ADN, le rôle que nous voulons donner à l’économie. C’est-à-dire, comment, ensemble, nous voulons prendre soin de notre domaine commun. D’où l’importance de souligner que l’objectif final d’une entreprise est social et sociétal. C’est politiquement important, aujourd’hui, pour continuer à transformer la société française et l’emmener.
« Il faut arrêter de dire que la finance est menée par les mathématiques. Quand les projets ont du sens, les gens sont prêts à s’engager »
Mais, pour que la future loi soit efficace, il faudrait réduire les contraintes. Au fil des ans, les dispositifs juridiques se sont empilés, auxquels se sont ajoutées les transpositions de directives européennes. Il faut simplifier les procédures pour les grandes entreprises. J’attends avec impatience de voir si les articles de la loi iront en ce sens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Le gouvernement avait déjà présenté en novembre une première version du plan, destiné à « clarifier, fluidifier et simplifier tous les dispositifs ».
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Le gouvernement présente son plan pour la rénovation énergétique des bâtiments

Le gouvernement avait déjà présenté en novembre une première version du plan, destiné à « clarifier, fluidifier et simplifier tous les dispositifs ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 16h43
   





                        


Le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a présenté jeudi 26 avril à Angers son plan visant à rénover les bâtiments publics et privés afin de réduire leur consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre.
« Il faut créer un choc de confiance » des Français, a déclaré le ministre. Pour les « associer à tous les niveaux », il faut aussi « clarifier, fluidifier et simplifier tous les dispositifs », que souvent « soit les Français ignorent, soit sont dissuadés » par leur complexité. Le gouvernement avait déjà présenté en novembre une première version du plan, soumise à consultation jusqu’à janvier.

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          L’exécutif accélère la rénovation énergétique des bâtiments



L’objectif est de rénover 500 000 logements par an – une ambition déjà affichée, sans succès, durant le quinquennat précédent –, en mobilisant 14 milliards d’euros sur cinq ans, planifiés dans le cadre du Grand plan d’investissement annoncé en septembre par le premier ministre Edouard Philippe. Les bâtiments résidentiels et tertiaires représentent 45 % de la consommation du pays en énergie. Le secteur est à l’origine d’environ 25 % des émissions de gaz à effet de serre.
Plusieurs dispositifs simplifiés
Le gouvernement affiche notamment le double objectif de 100 000 logements HLM rénovés par les bailleurs sociaux et de 250 000 logements particuliers rénovés chaque année grâce à des mécanismes existants tels le crédit d’impôt, l’éco-prêt à taux zéro (ECO-PTZ), les certificats d’économie d’énergie, etc.
Mais certains de ces mécanismes ont rencontré des difficultés. Lancé en 2009 et accordé sans conditions de ressources, l’ECO-PTZ a, par exemple, longtemps pâti de la complexité de l’instruction des dossiers par les banques. Ses modalités devraient ainsi être revues afin que les ménages les plus modestes aient accès à ce crédit.
Il faut « essayer de provoquer la confiance au niveau des banques. Si elles ne jouent pas leur rôle, l’Etat le jouera », a averti M. Hulot. La mise en œuvre opérationnelle du Fonds de garantie pour la rénovation énergétique doit ainsi faciliter la distribution de ce prêt aux plus modestes. Prévu par la loi de transition énergétique, ce fonds sera doté de « plus de 50 millions d’euros » afin d’aider « 35 000 ménages aux revenus modestes par an ».
Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) doit aussi être transformé en prime dès 2019, afin de permettre aux ménages de toucher l’aide financière plus rapidement. Et son mode de calcul doit être revu pour prendre en compte l’efficacité énergétique des travaux souhaités.

        Lire aussi l’entretien  :
         

          « Le véritable enjeu, c’est la rénovation des “passoires énergétiques” »



Le plan gouvernemental vise également la rénovation de 150 000 « passoires thermiques » par an, des logements particulièrement énergivores (étiquetés F ou G). La France en compte entre 7 et 8 millions, principalement occupés par des ménages modestes.
L’Etat va aussi agir sur son propre parc immobilier pour « faire des bâtiments publics des bâtiments exemplaires », en rénovant le quart d’entre eux en cinq ans. Les collectivités territoriales pourront aussi bénéficier de 3 milliards d’euros de prêts de la Caisse des dépôts (CDC) sur le quinquennat. Le gouvernement a prévu la création d’un observatoire destiné à évaluer l’impact de ces mesures et effectuer un suivi statistique du parc immobilier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ L’ancien ministre Jean-Louis Borloo, chargé par Emmanuel Macron d’une mission sur la politique de la ville, a appelé à « changer la donne » dans les quartiers prioritaires.
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Ce qu’il faut retenir du rapport Borloo sur les quartiers prioritaires

L’ancien ministre Jean-Louis Borloo, chargé par Emmanuel Macron d’une mission sur la politique de la ville, a appelé à « changer la donne » dans les quartiers prioritaires.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 15h43
   





                        


L’essentiel
Jean-Louis Borloo a été chargé, en novembre 2017, par Emmanuel Macron de mener une mission sur les quartiers prioritaires ;
Le « père de la rénovation urbaine », ancien ministre de la ville, a remis son rapport au premier ministre, Edouard Philippe, jeudi 26 avril ;
Ce rapport est le fruit d’une réflexion et d’un travail menés depuis plusieurs mois avec les élus et les associations de terrain mobilisés au sein du collectif Territoire gagnants.
Le chiffre
19
Le rapport compte dix-neuf « programmes » thématiques (rénovation urbaine, éducation, mobilité, sécurité et justice, entreprises et emploi, leadership, égalité et mixité…).
Parmi les mesures fortes proposées figurent :
La création, à côté de la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA), d’une « académie des leadeurs », qui mènerait, elle aussi, aux plus hauts postes de la fonction publique ;Le lancement de « cités éducatives », mettant en réseau tous les acteurs et les lieux qui participent à l’éducation des enfants (centres sociaux, de loisirs, de santé…) ;La mise en place d’une fondation pour financer l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) à l’arrêt depuis quatre ans ;Le déploiement de 200 campus numériques, avec un investissement initial d’un milliard d’euros.
S’agissant de l’emploi dans les quartiers relevant de la politique de la ville (QPV), Jean-Louis Borloo propose également de lancer des plans de recrutement, d’encourager le recours à l’apprentissage et de promouvoir « l’accompagnement et le tutorat » au profit des jeunes.
La citation
« La vérité, c’est qu’aucun plan n’a jamais été mis en place. »
Dans un entretien au Monde, Jean-Louis Borloo, appelle les responsables publics et privés à s’engager avec force, estimant que « moins on en a fait en matière de politique de la ville, plus on a annoncé de dispositifs, de chiffres et de politiques prioritaires. On a remplacé les moyens publics par les annonces publiques. Résultat, dans les quartiers, il y a moins de services publics, moins de crèches, moins d’équipements sportifs, moins de capacités financières des communes (30 % de moins), moins d’accès à la culture, moins de policiers, des professeurs et des agents de police plus jeunes, qui coûtent donc moins cher… C’est un scandale absolu. »
Et après ?
Depuis quarante ans, une dizaine de « plans banlieue » ont été lancés par les gouvernements successifs, avec un bilan plus que mitigé. Le secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, Julien Denormandie, a assuré, le 3 avril, que le gouvernement ferait tout pour redonner espoir aux jeunes des banlieues, dans un contexte d’exaspération grandissante des élus locaux.
Il revient désormais à « Emmanuel Macron de voir ce qu’il veut faire : mettre en œuvre le plan tel que je le propose, en faire plus, moins. Faire différemment », a résumé Jean-Louis Borloo.
Et d’ajouter : « Ce que je sais, c’est que je propose dix-neuf programmes, qu’il faut un leadeur pour chacun d’eux et un comité de suivi dont le rôle sera de s’assurer, tous les jours, que les choses se fassent et de les évaluer. » L’ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, qui s’était retiré de la vie politique en 2014, se dit volontaire « pour présider un comité de suivi » et estime qu’il faut un « général Patton », au sein du gouvernement, pour mettre en œuvre ce plan. Mais prévient : « Ce ne sera pas moi. »

Pour aller plus loin
Lire nos articles :
Education, emploi, rénovation... Les propositions-chocs du rapport Borloo
Entretien au Monde de Jean-Louis Borloo, qui dénonce un « scandale absolu » au sujet des banlieues
Le Monde publie l’introduction du rapport de Jean-Louis Borloo
Et sur les propositions :
Une « académie des leadeurs » à côté de l’ENA
Une juridiction pour sanctionner l’inaction des administrations





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Les cheminots de la SNCF et les salariés d’Air France ont décidé de poursuivre leur mouvement de grève dans les prochaines semaines.
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Grèves : la SNCF et Air France maintiennent la pression sur le gouvernement

Les cheminots de la SNCF et les salariés d’Air France ont décidé de poursuivre leur mouvement de grève dans les prochaines semaines.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 15h02
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h29
   





                        


Que ce soit dans les airs ou sur les rails, les perturbations vont se poursuivre dans les prochains jours. Si les revendications sont différentes, les cheminots de la SNCF et les salariés d’Air France ont, en effet, décidé de ne pas relâcher la pression et de poursuivre leur mouvement de grève. Le point sur la situation dans les deux entreprises.
Quatre nouvelles journées de grèves chez Air France
Le bras de fer se poursuit entre les syndicats et la direction d’Air France. Trois syndicats de pilotes ont annoncé, mercredi 25 avril, avoir déposé un préavis de grève pour les 3, 4, 7 et 8 mai. Ils ont été rejoints jeudi par les syndicats des hôtesses, stewards et des personnels au sol. L’objectif : peser dans les négociations sur les salaires.
L’annonce de ces nouvelles journées de grève intervient alors que la direction d’Air France a lancé, jeudi matin, une consultation ouverte à l’ensemble des salariés sur un projet d’accord salarial pluriannuel. Ce projet avait pourtant été rejeté par l’intersyndicale. Il prévoit :
une hausse générale des salaires de 2 % en 2018, puis 5 % supplémentaires sur la période 2019-2021, en fonction des résultats de l’entreprise ;des augmentations individuelles pour le personnel au sol.
L’intersyndicale souhaite une augmentation de 5,1 % dès cette année pour compenser la perte de pouvoir d’achat subie depuis la dernière augmentation générale, en 2011. « Les dirigeants leurrent les salariés sur les conséquences de la consultation » qui sera close le 4 mai à 18 heures, car « pour sortir d’un conflit, il faut se mettre d’accord, donc il faut négocier », ont fait savoir les organisations de pilotes (SNPL, SPAF, Alter), d’hôtesses et stewards (SNPNC, UNSA-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD).
Pour la direction de la compagnie aérienne, ces quatre nouvelles journées de grève sont « incompréhensibles » :
« Par cette décision de relancer des jours de grève supplémentaires, portant leur total à 15, ils font le choix de mettre encore plus en péril la situation économique de la compagnie et augmentent encore le risque d’abîmer profondément la confiance et la fidélité de nos clients. »
Par ailleurs, le PDG du groupe Jean-Marc Janaillac a annoncé qu’il quitterait son poste en cas de rejet de l’accord par les salariés.

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          Le dialogue de sourds entre syndicats et direction à Air France



A la SNCF, les cheminots n’envisagent pas de mettre un terme au mouvement
Du côté des cheminots, les syndicats maintiennent également la pression sur le gouvernement. Une nouvelle période de grève est prévue pour les 28 et 29 avril et l’intersyndicale a appelé mercredi à « un rassemblement le 3 mai à Paris et en territoires », soit quatre jours avant une rencontre prévue entre les quatre syndicats représentatifs – CGT, UNSA, SUD et CFDT –, et le premier ministre Edouard Philippe à Matignon.
L’intersyndicale prévoit également une « journée sans cheminot » le 14 mai, si leurs revendications n’étaient pas entendues par le locataire de Matignon. « Nous n’imaginons pas que le premier ministre nous convoque pour nous dire que rien ne changera et que les négociations sont closes », a indiqué Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots.

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                SNCF : le coût de la grève pour les cheminots



Alors que le mouvement de grève alternatif – deux jours sur cinq –, est prévu jusqu’au 28 juin, certains syndicats envisagent par ailleurs de le prolonger cet été. « Il ne sera pas question de suspension du mouvement tant qu’on n’aura pas débouché sur la méthode, c’est-à-dire de vraies négociations, et sur le contenu », a notamment déclaré M. Brun dans La Marseillaise.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Plutôt que de jouer la carte de la réglementation, la Commission européenne propose les grandes lignes d’un « code de bonne conduite ».
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« Fake news » : Bruxelles parie sur l’autorégulation

Plutôt que de jouer la carte de la réglementation, la Commission européenne propose les grandes lignes d’un « code de bonne conduite ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 12h36
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 14h33
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Face aux « fake news » (« fausses nouvelles ») et autres « vérités alternatives », « défis majeurs pour l’Europe », la Commission de Bruxelles riposte, mais avec un pistolet d’alarme seulement. A un peu plus d’un an des élections européennes de 2019, après les précédents du référendum britannique et, surtout, de l’élection présidentielle américaine, elle affirme vouloir prémunir les Européens et contribuer à la naissance d’un « écosystème transparent, crédible et responsable ».
Il y a urgence : les cas de désinformation se multiplient, et des tentatives de manipulation des résultats électoraux ont été détectées dans dix-huit pays au cours des dernières années. Une conférence européenne sera d’ailleurs consacrée à ce thème à la fin de l’année.
Agir, mais comment ? En misant, à ce stade, sur l’autorégulation du secteur et de ses plates-formes. Elles sont capables, aux yeux de la Commission, de faire elles-mêmes la chasse aux fausses nouvelles. Que se passera-t-il, toutefois, lorsqu’une fausse information ou de la propagande seront intentionnellement diffusées ? Pas de réponse, à ce stade, ce qui interroge sur la crédibilité du projet.
Le pari de la confiance dans les réseaux sociaux

Jeudi 26 avril, Bruxelles devait donc proposer non pas une réglementation, mais les grandes lignes d’un « code de conduite », inspiré par les recommandations d’un groupe d’experts internationaux. A l’en croire, il sera « ambitieux ». Pas question, cependant, d’évoquer d’éventuels déréférencements de sites, le retrait obligatoire de contenus ou l’obligation de coopérer, comme cela est envisagé en France et dans d’autres pays. En Allemagne, une loi « anti-fake news », entrée en vigueur le 1er janvier suscite la polémique. Elle prévoit des sanctions contre les auteurs et pointe la responsabilité des diffuseurs.
« Le secteur du numérique change trop vite, nous devons nous en tenir à cette base volontaire »
La Commission...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ TF1, en pleine stratégie de reconquête, a remporté son homérique bagarre avec les opérateurs télécoms, qui paieront pour diffuser ses chaînes gratuites, observe l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande.
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« La télévision de papa résiste encore »

TF1, en pleine stratégie de reconquête, a remporté son homérique bagarre avec les opérateurs télécoms, qui paieront pour diffuser ses chaînes gratuites, observe l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 12h29
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            
Chronique. Il flotte comme un parfum d’apaisement en cette fin d’avril printanière. Syndicats et direction de Carrefour ont tourné le dos à la convergence des luttes en signant un accord social, et la bagarre homérique entre chaînes de télévision et opérateurs de télécommunications touche à sa fin. Les Enfoirés peuvent chanter tranquille, la menace qu’on leur coupe le micro ou la caméra, qui avait plané en mars dernier, s’éloigne. Même si Canal+ n’a pas encore signé, l’entente entre Free et TF1, qui avait déjà conclu un accord avec Orange, SFR et Bouygues, siffle la fin des hostilités.
Point de lutte des classes ici, mais un bras de fer inédit entre deux acteurs de poids. Du haut de leurs milliards de chiffre d’affaires, les rois de la box ont d’abord traité par le mépris la demande soudaine de la Une de percevoir désormais des commissions pour la diffusion de ses chaînes gratuites. Quoi ? Payer des dizaines de millions d’euros pour retransmettre sur leur offre ADSL un canal disponible sans frais sur la TNT, vous n’y pensez pas ! Et pourtant, c’est bien TF1 qui a gagné.
Puissance d’audience
Bien sûr, le groupe ne touchera pas les 100 millions d’euros dont il rêvait mais probablement une cinquantaine, ce qui n’est déjà pas si mal. Et surtout, il a enfoncé un coin qu’il sera désormais bien difficile d’enlever. Dans le nouveau monde des médias, il n’y a plus de contenu gratuit. Et si TF1 et M6 n’envisagent pas (encore) de proposer des abonnements à leurs téléspectateurs, ils ont réussi à faire cotiser leurs principaux distributeurs.

TF1 a bénéficié de trois facteurs favorables pour faire avancer sa cause. Le premier est sa puissance d’audience, encore forte malgré les coups de boutoirs d’Internet. Le dernier épisode de « The Voice » ou le dernier match de foot se voient en priorité en direct, voire en replay. La télévision de papa est regardée chaque soir par plus d’un téléspectateur sur quatre.
Stratégies brouillées
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Entretien croisé entre les économistes Patrick Artus et Pierre Cahuc, lors du Club de l’économie du « Monde », mercredi.
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Inégalités économiques : « Un danger de capture des leviers de pouvoir par les plus riches »

Entretien croisé entre les économistes Patrick Artus et Pierre Cahuc, lors du Club de l’économie du « Monde », mercredi.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 15h47
    |

            Philippe Escande et 
Stéphane Lauer








                        


Patrick Artus, chef économiste de la banque Natixis, et Pierre Cahuc, professeur à Polytechnique et à l’ENSAE, ont débattu des mutations du travail et de la nécessité des réformes en France, lors du Club de l’économie du Monde, mercredi 25 avril. Morceaux choisis.
La mutation du marché du travail
Patrick Artus. « Le monde des salariés est agressé. Prenons les normes de rémunération du capital. Aux Etats-Unis, le rendement du capital est de 15 %, quand l’Etat se finance à 3 %. Cette prime de risque de 12 % ne se justifie pas. La rémunération des actionnaires est trop élevée, peu cyclique et peu risquée. Pour la garantir, on assiste à une déformation du partage des revenus au détriment des salaires. Parallèlement apparaît une “bipolarisation” du marché du travail, avec une disparition des emplois intermédiaires.

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En France, cette distorsion pousse les jeunes diplômés à prendre des postes qui ne correspondent pas à leurs qualifications, ce qui conduit les non-diplômés à être évincés du marché l’emploi. »
La réforme en France
Pierre Cahuc. « Le paritarisme fonctionne assez mal. L’assurance-chômage et la formation professionnelle sont des systèmes très inefficaces. Les tentatives de réforme ont jusqu’à présent toutes échoué. C’est la première fois qu’on a une équipe gouvernementale qui a un plan clair et cohérent. Que cela suscite des résistances, c’est un fait. Mais il y a un consensus en France sur cet échec du paritarisme, d’où l’absence de mobilisation massive contre sa remise en cause. »
La formation
Patrick Artus.« L’énorme problème, ce sont les compétences de la population active. Nous sommes tous très positifs sur la réforme de la formation professionnelle, mais en faisons-nous assez ? Est-ce à la hauteur du problème, alors que la France est en queue de peloton dans ce domaine ? A ce stade, on n’en sait pas grand-chose. »
Pierre Cahuc. « S’appuyer sur la formation professionnelle est une bonne chose, mais les résultats prendront du temps. Le meilleur moyen de faire entrer les moins qualifiés sur le marché du travail, c’est de baisser le coût de ce dernier. C’est ce qu’a fait l’Allemagne en 2005, en facilitant la flexibilité des salaires et en taillant dans les aides sociales. Cela a été ­violent, mais cela a créé des incitations à travailler avec des mini-jobs qui ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu. Rapidement, on a vu l’emploi augmenter, essentiellement pour des personnes peu qualifiées.
En France, il faut se poser la question de savoir comment stimuler cette entrée dans le marché du travail de personnes peu qualifiées, en ayant plus de flexibilité sur les salaires et en complétant les revenus par un revenu universel, un RSA qui serait plus généreux, alors que, sur les vingt dernières années, celui-ci a moins augmenté que le smic. L’enjeu, aujourd’hui, c’est la réduction du chômage des jeunes. »
Le salaire minimum
Pierre Cahuc. « Le salaire minimum n’est pas un bon instrument de redistribution comparé à la fiscalité et aux transferts sociaux. Quand on relève le smic, on augmente le revenu de ménages dont 40 % appartiennent aux cinq déciles les plus hauts de la distribution des revenus, parce qu’il s’agit de couples où il y a deux personnes qui travaillent. Les pauvres en France, ce sont les femmes seules avec enfants qui ont de faibles revenus. Pour les cibler, augmenter le smic est très inefficace.

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                Après la crise de 2007, les économistes (re)découvrirent les inégalités



En France, le salaire minimal est élevé, à 60 % du salaire médian contre 40 % en Allemagne. Ce n’est pas favorable à l’emploi et à l’insertion des jeunes. On peut redistribuer plus, plus efficacement, avec d’autres outils, comme la prime d’activité. Dire que le smic est un problème ne signifie pas qu’on veut plus d’inégalités. Au contraire, cela veut dire qu’on veut les réduire de manière plus efficace. »
Inégalités et capitalisme
Pierre Cahuc. « Le développement des inégalités représente un danger de capture des leviers de pouvoir par les très riches. C’est ce qui se passe aux Etats-Unis, ce qui conduit à l’appauvrissement des salariés. Du fait de la mondialisation, on a observé cette déformation de la distribution des revenus, qui pose un problème structurel de gouvernance au niveau des Etats. La problématique est mondiale : on voit que ceux-ci ont du mal à se coordonner sur la taxation des multinationales qui génèrent beaucoup de profits. »
Patrick Artus. « Aux Etats-Unis, des entreprises ont réussi à générer des positions dominantes. Elles paient extraordinairement bien leurs dirigeants et leurs cadres stratégiques. Les inégalités ne seraient pas le reflet de l’innovation (ce qui était la thèse optimiste), mais résultent du fait que les innovations permettent d’obtenir des rentes de monopole.

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                En matière d’inégalités, les Etats-Unis perdent le match face à l’Europe



Il est nécessaire de faire émerger un modèle différent du modèle anglo-saxon, un capitalisme européen qui n’a pas la même gouvernance, qui regarde le long terme, qui ne demande pas 15 % de rendement, qui s’intéresse à l’environnement, aux inégalités. Certains gérants d’actifs commencent à avoir des positions radicales sur ces sujets. Evidemment, tant que nos entreprises seront la propriété des fonds anglo-saxons, il ne se passera rien.
Il faut qu’à gauche on comprenne qu’il est nécessaire que les Européens achètent des actions et qu’on doit se doter de fonds de pension. Les actions ne représentent que 5 % des actifs gérés par les assureurs européens contre 50 % aux Etats-Unis. La première étape, c’est de reprendre la propriété capitalistique de nos entreprises. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Comme à Val-de-Reuil, dans l’Eure, ces 6 924 lieux d’accueil aident les décrocheurs à acquérir les codes pour bien chercher un emploi.
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Les missions locales au chevet des jeunes chômeurs

Comme à Val-de-Reuil, dans l’Eure, ces 6 924 lieux d’accueil aident les décrocheurs à acquérir les codes pour bien chercher un emploi.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 14h06
    |

            Sarah Belouezzane (Val-de-Reuil (Eure), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Le pas est hésitant, la tête rentrée dans les épaules et les mots à peine susurrés, lorsque Sandro Robin, frêle silhouette de 21 ans à peine, pousse la porte de la mission locale de Val-de-Reuil (Eure) en ce mercredi après-midi nuageux de mars. De son propre aveu, mal à l’aise en public, le jeune homme est ici en « confiance ». Il connaît les conseillers et sait qu’il peut venir librement discuter avec l’un d’entre eux des évolutions de sa situation professionnelle. Voilà quelque temps déjà que Sandro fréquente ce service de la ville, comme près de 2 000 autres jeunes de Val-de-Reuil et 1,39 million à travers la France.

Décrocheurs ou jeunes diplômés, jeunes issus des banlieues difficiles ou de milieux plus ruraux, qu’importe : tous sont pris en charge administrativement et psychologiquement afin de les aider dans la recherche, parfois difficile, d’un emploi ou même d’un stage. Créés en 1982, les 6 924 lieux d’accueil des missions locales, sortes de Pôle emploi des jeunes, ont pour but d’offrir un suivi et une aide à l’insertion professionnelle des moins de 25 ans. « Nous faisons un diagnostic pour chaque personne et nous adaptons ensuite notre aide et nos conseils, nous faisons certaines démarches administratives avec eux, et ça nous arrive même de les accompagner à des rendez-vous », explique, dans un sourire volontaire, Joëlle Lefrançois, directrice adjointe de la structure.
Premiers signes du recul du chômage des jeunes
Souvent confrontés à un public aux parcours de vie difficiles, les salariés de la mission locale se font tour à tour guides professionnels, conseillers d’orientation ou encore assistants sociaux, soutiens dans la recherche de logement ou encore pour le suivi médical en ce qui concerne les plus fragiles. Ceux qui en ont besoin sont d’ailleurs nombreux à Val-de-Reuil, ville qui « comptait, jusqu’à il y a quelques années, 70 % de personnes vivant principalement d’aides sociales, avec beaucoup de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Dans sa chronique, la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier explique que le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu qui entrera en vigueur à partir du 1er janvier a tout du big-bang fiscal pour les 37 millions de foyers fiscaux tricolores.
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Prélèvement à la source : « Le gouvernement est condamné à la réussite »

Dans sa chronique, la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier explique que le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu qui entrera en vigueur à partir du 1er janvier a tout du big-bang fiscal pour les 37 millions de foyers fiscaux tricolores.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h43
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

Tendances France. Perdue dans le tourbillon des réformes lancées par Emmanuel Macron, celle-ci passerait presque inaperçue. Et pourtant. Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu (IR), décidé par la précédente majorité et entériné par l’actuelle, entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2019. Et il a tout du big-bang fiscal pour les 37 millions de foyers fiscaux tricolores (dont seuls un peu plus de 16 millions sont redevables de l’IR). Mais aussi pour l’administration, et pour les entreprises, désormais chargées de collecter l’impôt sur le salaire de leurs employés.
Pour les Français d’abord, difficile d’adhérer au mot d’ordre que Bercy reprend sur tous les tons depuis deux semaines : simplicité. Certes, le nouveau dispositif permettra d’intégrer quasiment en temps réel un changement de situation (naissance, divorce, retraite, perte de loyers pour un propriétaire…). Un argument à destination, notamment, des quelque 30 % de contribuables qui voient leurs revenus baisser d’une année sur l’autre. Ils étaient perdants dans l’actuel système, contraints de s’acquitter de montants élevés fondés sur leurs revenus de l’année précédente.

Mais en termes de simplification, on repassera. Entre l’obligation de continuer à remplir chaque année une déclaration de revenus, le fait que le prélèvement à la source ne s’appliquera pas aux plus-values mobilières ou immobilières, que les réductions et crédits d’impôts continueront à être versés avec un an de décalage, et la nécessité de choisir entre trois taux d’imposition différents, pas sûr que les Français aient le sentiment de gagner au change…
Quant à l’effet psychologique du dispositif, qui fera baisser facialement les revenus mensuels, il risque d’alimenter encore le procès en baisse du pouvoir d’achat intenté à la majorité par l’opposition depuis le début de l’année.
Surcharge administrative
Dans les entreprises, l’heure n’est pas non plus au satisfecit....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ « Le Monde » publie l’introduction du rapport sur les banlieues remis, jeudi 26 avril,  par l’ancien ministre de la ville au premier ministre, Edouard Philippe.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Rapport Borloo : « Un sursaut de la nation »  pour les banlieues

« Le Monde » publie l’introduction du rapport sur les banlieues remis, jeudi 26 avril,  par l’ancien ministre de la ville au premier ministre, Edouard Philippe.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 12h38
   





                        



                                


                            
Jean-Louis Borloo, « le père de la rénovation urbaine », a remis son rapport, jeudi 26 avril, au premier ministre, dont « Le Monde » publie ci-dessous l’introduction. Il dénonce « la mystification » des politiques de la ville, s’alarme de l’immobilité de l’élite technocratique et en appelle à « un sursaut de la nation ». Ce rapport isole 19 programmes, de l’éducation à l’emploi, la police ou la mixité, pensés avec les maires et les associations de terrain depuis des mois. Jean-Louis Borloo veut sanctionner l’inertie administrative et nommer un « général Patton » pour mettre le plan en œuvre.

Document. L’heure n’est plus aux rapports d’experts, l’heure est à l’action. La situation est facile à résumer : près de 6 millions d’habitants vivent dans une forme de relégation, voire parfois d’amnésie, de la nation réveillée de temps à autre par quelques faits divers ; un effort public en berne ; des maires de banlieues qui se battent en première ligne, qui craquent parfois et jettent l’éponge, des agents publics et des bénévoles épuisés.
Les causes sont connues : des grands ensembles impossibles construits sous l’influence de la charte d’Athènes [charte sur la planification et la construction des villes, établie sous l’égide de Le Corbusier en 1933 et publiée en 1941] , enfermés sur eux-mêmes et enclavés, ne bénéficiant pas toujours des fonctions d’une ville, parfois même hors ville, mais toujours de véritables cicatrices urbaines.
Construits rapidement, tous sur le même modèle, pour résorber la crise du logement, ils ont en outre accueilli une immigration de travail transformée en immigration familiale, sans que les moyens d’accueil et d’intégration n’aient été au rendez-vous. Dans le même temps, les usines en proximité qui avaient justifié leur venue fermaient ; la pauvreté concentrée ; le chômage de masse ; des familles parfois monoparentales ; une jeunesse déracinée qui peine à faire sa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Le directeur général d’Axa était l’invité du Club de l’économie du « Monde », mercredi 25 avril.
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Thomas Buberl : « Un nouvel âge d’or pour les assureurs »

Le directeur général d’Axa était l’invité du Club de l’économie du « Monde », mercredi 25 avril.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 11h41
    |

            Philippe Escande et 
Stéphane Lauer








                        



   


Agé de 43 ans, le directeur général d’Axa Thomas Buberl a succédé en 2016 à Henri de Castries à la tête du groupe Axa. Allemand, il a fait l’essentiel de sa ­carrière en Suisse, puis outre-Rhin. Invité du Club de l’économie du Monde, mercredi 25 avril, il est revenu sur les enjeux du couple franco-allemand et les évolutions de son métier.
Le gouvernement mène ses réformes à marche forcée. A-t-il raison de privilégier la vitesse plutôt que la concertation, alors qu’en Allemagne la ­codécision avec les syndicats semble au centre de toute évolution ?
Il est clair que nous sommes aujour­d’hui en France à un point d’inflexion. L’Etat redéfinit son rôle et cherche à accroître la compétitivité du pays. Mais on ne peut pas comparer avec la situation de l’Allemagne, où la cogestion se pratique depuis maintenant soixante-dix ans. ­Celle-ci est marquée par un dialogue proactif où les entreprises, les politiciens et les syndicats se préoccupent plus de demain que d’aujourd’hui ou d’hier.

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Je rêve que ce modèle s’implante en France. Mais cela nécessite un apprentissage. Ce n’est pas une question de maturité, mais de confiance. Je suis très heureux que quelqu’un [le président Emmanuel Macron] ait compris cet enjeu et mette toute son énergie dedans. C’est important pour la France et pour l’Europe.
Justement, le couple franco-allemand semble manquer d’une dynamique. Pourquoi ?
Les deux pays se trouvent dans des situations très différentes. En France, la situation est claire avec un leadeur déterminé, qui a développé une vision très claire de l’Europe. En Allemagne, la situation est compliquée par une coalition difficile à mener et une nouvelle opposition avec l’AfD [parti d’extrême droite]. La chancelière [Angela Merkel] est en train de construire pour elle-même et sa coalition une vision de son pays. Il ne sera pas facile de trouver un accord européen, d’autant qu’il faudra compter avec les petits pays qui font entendre une autre voix.
Si nous voulons une nouvelle dynamique en Europe, nous devons nous interroger sur les défis auxquels elle fait face. Sur ceux de la sécurité extérieure et des migrations, mais aussi, au plan économique, sur la position de l’Europe face aux Etats-Unis et à la Chine, et sur la création de champions économiques pour faire face à ces grandes forces. Emmanuel Macron a inventé un nouveau narratif pour la France, il faut faire de même pour l’Europe.
Quel rôle les grandes entreprises ­peuvent-elles y jouer ?
Définir le rôle des entreprises, c’est redéfinir celui de l’Etat. Une entreprise ne peut pas se focaliser uniquement sur la génération de profits, mais aussi sur sa fonction dans la société, même si le gardien de l’intérêt commun reste l’Etat. Nous pouvons favoriser les échanges de salariés entre la France et l’Allemagne, par exemple. Chacun doit se demander combien il peut créer d’emplois en France et dans les territoires difficiles.
Le gouvernement prépare un projet de loi qui va concerner l’épargne ­retraite et favoriser la sortie en capital plutôt qu’en rente. Vous y êtes opposé. Pourquoi ?
Parce que le besoin a fortement augmenté. Si je veux avoir 1 000 euros par mois de retraite aujourd’hui, j’aurai besoin de deux fois plus d’argent épargné qu’il y a dix ans à cause des taux bas. Il faut donc inciter fortement à l’épargne. Le problème, c’est qu’au moment de la retraite si on dispose d’une somme importante, on va la répartir, donner à ses enfants, voyager et en garder un peu. Ce sera autant d’argent qui n’ira pas dans l’économie réelle, car les gens sont individuellement très conservateurs dans leur appétit d’investissement. Les Suisses se sont posé la question et ont conclu qu’il fallait fermer cette voie de la sortie en capital.
Quel rôle l’assurance doit-elle jouer dans le domaine de la santé et de la dépendance ?
Nous avons des offres dans plusieurs pays, notamment en France, mais la seule réponse assurantielle n’est pas suffisante. Il faut développer des services. Par exemple, en améliorant le parcours médical du client. Nous avons monté un service de télémédecine, il y a deux ans, dont 10 000 clients peuvent profiter. Vous appelez et, dans 70 % des cas, votre problème est résolu immédiatement.

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Plus besoin d’aller chez le médecin, de prendre rendez-vous et d’attendre ou d’aller aux urgences. Dans le cas des maladies chroniques, les 20 % des risques qui créent 80 % des dépenses, on peut mieux accompagner le parcours de soins, avec de nouvelles technologies. Au-delà du simple paiement des factures, il faut que l’on apporte de vrais services.
Dans le cadre de votre recentrage sur la santé et l’assurance-dommage, vous aviez décidé de vous séparer de votre activité de gestion d’actifs Axa IM, avant de vous raviser. Pourquoi ?
Nous avons eu beaucoup de sollicitations de mariage. Nous les avons examinées avec le conseil d’administration et avons conclu que rester seul était la meilleure solution. Cette activité est extrêmement stratégique. Pour notre bilan d’assurance-vie, une usine de gestion d’actifs très efficace nous assure l’accès à des actifs illiquides de long terme. C’est stratégique, et nous refusons le mariage avec quelqu’un d’autre. Point final.
En mars, vous avez annoncé le rachat pour 12 milliards d’euros de l’assureur américain XL. La Bourse vous a ­sanctionné. Le comprenez-vous ?
C’est assez normal, car il y a des risques dans ce changement d’une Axa focalisée sur les marchés financiers, vie et épargne, à une Axa recentrée sur l’assurance dommage et les risques de base de l’assurance. Nous devrons réussir la mise en Bourse de nos activités américaines, intégrer le métier d’XL et enfin réduire notre endettement au niveau d’avant la transaction. Si cela marche, et je suis extrêmement confiant, nous aurons repositionné Axa pour le futur.

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Les GAFA hésitent à se lancer sur le marché de l’assurance. Le danger est-il écarté ?
Google a lancé un comparateur, et Amazon veut se lancer. Ils sont pour l’instant dans la distribution et l’intermédiation, et restent loin du cœur de notre métier, qui est très réglementé. C’est pour nous un signal d’alarme. Ils apportent une relation et une proximité avec les clients et les besoins. Cela nous pousse de nouveau à nous renforcer dans les ser­vices, comme la télémédecine, et à faire en sorte que le paiement des sinistres devienne l’exception dans cette relation. Je vois dans tout cela un nouvel âge d’or pour les assureurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ La néobanque britannique Revolut a levé 205 millions d’euros auprès d’investisseurs, dont le fonds américain DST Global.
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La fintech européenne accueille une nouvelle licorne

La néobanque britannique Revolut a levé 205 millions d’euros auprès d’investisseurs, dont le fonds américain DST Global.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h20
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

La fintech européenne est heureuse d’annoncer la naissance d’une nouvelle licorne. La néobanque britannique Revolut a, en effet, déclaré, jeudi 26 avril, avoir levé 250 millions de dollars (205 millions d’euros) auprès d’investisseurs, dont le fonds américain DST Global, sur la base d’une valorisation de 1,7 milliard de dollars.
La barre du milliard de dollars ainsi franchie lui permet de rejoindre les rangs clairsemés des bêtes à corne de la finance : sur la cinquantaine de licornes européennes, cinq sont des fintech (Markit, TransferWise, Funding Circle, Adyen, Klarna).

Revolut, lancée en juillet 2015 par Nikolay Storonsky et Vlad Yatsenko, a rejoint la harde à bride abattue. La start-up, qui promet l’ouverture d’un compte courant en 60 secondes, revendique près de deux millions d’utilisateurs et aspire à porter cette communauté à 100 millions d’ici cinq ans. Les capitaux récoltés vont ainsi financer son expansion, Amérique du Nord, Singapour, Hongkong et Australie étant au menu de 2018.
« Notre croissance est inégalée dans le secteur en Europe. Cela est lié au fait que notre développement est tourné uniquement vers les besoins des utilisateurs. Nous ne dépensons rien en marketing. Les nouveaux clients arrivent par le bouche-à-oreille. », explique Benjamin Belais, directeur général France et Suisse de Revolut.
« Avantage réel d’être à Londres »
Malgré la gratuité de la carte bancaire et du compte, les virements et transactions en devises sans commissions, la néobanque assure qu’elle était rentable fin 2017, même si elle ne le sera plus en 2018 compte tenu de son programme d’investissements. « Comme toutes les banques, nous gagnons notre vie à chaque fois qu’un de nos clients utilise sa carte de paiement Revolut. Nous offrons en outre des produits optionnels comme un compte premium, une assurance de voyage géolocalisée ou des cryptomonnaies, qui reçoivent une forte adhésion », précise M. Belais.
La...




                        

                        


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Education, emploi, rénovation... Les propositions-chocs du rapport Borloo

Le texte, remis à Edouard Philippe jeudi, compte dix-neuf « programmes » thématiques. Elus et assocations ont construit ensemble des solutions.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 14h15
    |

                            Service France








                        



   


Le rapport Borloo sur les banlieues, remis à Edouard Philippe jeudi 26 avril, compte dix-neuf « programmes » thématiques (rénovation urbaine, éducation, mobilité, sécurité et justice, entreprises et emploi, leadership, égalité et mixité…). Il est le fruit d’une réflexion et d’un travail menés depuis plusieurs mois avec les élus et les associations de terrain mobilisés au sein du collectif « Territoire gagnants » (à l’initiative de Bleu, Blanc Zèbre et Ville et Banlieue).
Depuis janvier, ils ont effectué un « tour de France » afin de faire émerger les solutions les plus innovantes et efficaces déjà en place dans certains quartiers. Ce rapport propose, entre autres, de démultiplier les meilleures sur tout le territoire. Jean-Louis Borloo recommande également des changements de méthode inédits.
Une académie des leaders, à côté de l’ENATrois fronts pour l’emploiRénovation urbaine : des propositions décoiffantesCréation de « cités éducatives »Déploiement de 200 campus numériquesAide aux communes pauvresDéveloppement de la mobilitéPromotion de la mixitéInsertion par le sportJumeler les institutions culturelles avec les QPVUne police plus ancrée dans son territoire« Une nouvelle armée de la République solidaire »Faciliter le financement des associationsLutter contre les discriminationsJeunesse : « A la rencontre de l’autre »

        Lire l’entretien avec
         

          Jean-Louis Borloo, qui dénonce un « scandale absolu »



Une académie des leaders, à côté de l’ENA
Mesure pour le moins « disruptive » : le rapport Borloo préconise la création, à côté de la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA), d’une « académie des leaders », qui mènerait elle aussi aux plus hauts postes de la fonction publique. Cette nouvelle grande école permettrait de s’attaquer à l’un des travers de l’ENA régulièrement dénoncé, celui de l’homogénéité de ses diplômés, avec l’entre-soi qui en découle au sein de l’élite de l’Etat. « De fait, nous passons à côté d’extraordinaires talents ou caractéristiques différentes de notre jeunesse et notamment des quartiers populaires », constate l’auteur.

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Avec 500 jeunes recrutés par an, sur la base d’un concours très sélectif (une place pour dix candidats), cette académie aurait plusieurs particularités rares dans l’univers des grandes écoles. Comme à l’ENA, les élèves bénéficieraient du statut de fonctionnaire stagiaire, avec 1 700 euros bruts par mois durant leur scolarité, qui s’étalerait sur trois ans. En revanche, la sélection à l’entrée s’opérerait sans aucun diplôme préalable demandé.
Un point devrait faire plus fortement débat : cette voie d’accès aux grands corps de la fonction publique serait réservée, « dans un premier temps, aux jeunes des quartiers prioritaires, s’élargissant par la suite ». Reste la question du coût d’un projet d’une telle ampleur, que Jean-Louis Borloo évalue à 60 millions d’euros par an, « en rythme de croisière ». Une enveloppe conséquente, à l’heure où le monde universitaire ne cesse de dénoncer le manque de moyens dont il souffre.
Trois fronts pour l’emploi
Pour combattre le chômage dans les quartiers relevant de la politique de la ville (QPV), M. Borloo propose d’agir sur trois fronts. D’abord, lancer des plans, très ambitieux, de recrutements dans plusieurs champs, notamment celui des services à la personne. L’objectif est de former et d’orienter vers ce secteur 100 000 personnes issues des QPV, en trois ans. Le ministère des armées est également appelé à la rescousse pour enrôler, chaque année, 5 000 jeunes résidant dans les banlieues populaires.
Autre « acteur » mis à contribution : les entreprises de travail temporaire, invitées à s’impliquer dans une expérimentation qui doit conduire 20 000 habitants des QPV vers l’emploi, en trois ans là encore. M. Borloo préconise de donner plus d’ampleur au dispositif des emplois francs (proposé aux chômeurs dans les zones urbaines sensibles) et d’accroître les obligations d’embauche d’habitants de QPV sur les programmes de grands travaux.
Deuxième axe : encourager le recours à l’apprentissage. « Dans les deux ans », les entreprises privées doivent « parvenir à 1,5 % d’apprentis » domiciliés dans les banlieues populaires. Sinon, « le Parlement sera saisi pour décider de légiférer de manière réellement contraignante ». M. Borloo exhorte aussi le « secteur public » à faire sa part, en recrutant 50 000 apprentis provenant des QPV, en trois ans.
Enfin, il souhaite promouvoir « l’accompagnement et le tutorat » au profit des jeunes, en s’appuyant sur des « réseaux » existants et sur Pôle emploi.
Rénovation urbaine : des propositions décoiffantes
Ce dont souffre l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) actuelle, à l’arrêt de depuis quatre ans, c’est un problème de financement mais surtout de confiance, analyse Jean-Louis Borloo. Il propose tout simplement de créer une fondation et « d’y affecter d’une manière irréversible les fonds et les actifs d’Action logement, garantissant une ressource pérenne ». Cet organisme, ex-1 % logement, collecte chaque année près de 1,7 milliard d’euros auprès des entreprises et autant sous forme de remboursement de prêts consentis aux salariés.
La fondation proposée par M. Borloo « pourra ainsi mobiliser rapidement et puissamment l’ensemble des financements indispensables » et venir au secours des bailleurs sociaux en difficulté. Une proposition qui fera réagir les dirigeants d’Action logement…
Traiter les copropriétés en difficulté est une urgence pour M. Borloo : ce phénomène dramatique touche 120 000 immeubles, dont 100 000 logements de copropriétés en grande difficulté et 20 000 dans une situation irréversible « hors de contrôle » des élus locaux. « Avec les outils actuels, on mettra plus de trente ans à résoudre les problèmes », estime M. Borloo qui appelle à changer de braquet avec un plan massif en cinq ans. Il faut décréter douze sites en Opération de requalification de copropriétés dégradées, sous l’égide de l’Etat, en plus des deux déjà existants, Grigny et Clichy-sous-Bois. Il s’agit de créer une véritable task force de magistrats et commissaires et d’exproprier et racheter 3 000 à 5 000 logements par an, via la Caisse des dépôts, ce qui nécessite 250 millions d’euros par an.
Création de « cités éducatives »
Le volet scolaire du plan entend remettre l’école et le collège au cœur d’une entreprise globale d’éducation, qui implique des dimensions sociales et culturelles, l’environnement de l’enfant formant un « tout ». Ils formeront une « cité éducative » mettant en réseau tous les acteurs et les lieux qui participent à l’éducation des enfants (centres sociaux, de loisirs, de santé…). Le pilotage de ces cités sera confié au chef d’établissement. L’autonomie de gestion et de budget devra permettre de stabiliser les équipes. Le turnover des enseignants, fléau de l’éducation prioritaire, pourra être régulé par des primes et des avantages décidés à l’échelle de l’établissement. Il s’agit d’une grande nouveauté dans la gestion très centralisée des ressources humaines de l’éducation nationale.
Le plan veut élargir et renforcer les « programmes de réussite éducative », ces réseaux d’acteurs qui prennent en charge de manière « globale » un enfant diagnostiqué à risques en proposant des activités adaptées pendant quelques mois, voire un ou deux ans. Ces programmes sont aujourd’hui sous-dotés et de faible ampleur à l’échelle nationale puisqu’ils concernent tout au plus 150 000 enfants par an, pour un suivi très court.
Déploiement de 200 campus numériques
Au programme, le déploiement de 200 campus numériques, dont chacun est défini comme « un vaste lieu (…) permettant au plus grand nombre un accès total, via les outils digitaux les plus innovants, à une offre de services complète et clairement identifiée : formation, emploi, services publics, culture, aide aux juniors, bénévolat. » Avec un investissement initial d’un milliard d’euros – puis 200 millions de fonctionnement par an – ils entendent notamment s’appuyer sur « un vivier de ressource humaine insoupçonnable », les jeunes des quartiers, agiles sur le numérique.
Un des principaux objectifs de ces campus : « Faire exploser le nombre d’étudiants à distance », dans différents domaines, en espérant notamment former davantage de jeunes aux métiers du numérique, où la demande est forte. L’idée est également de proposer sur ces campus des services publics, comme des cabines de télémédecine ou un accompagnement, pour les personnes moins expérimentées, afin de pouvoir utiliser par exemple les sites Web des administrations.
Aide aux communes pauvres
« Les communes qui ont le plus de besoin ont le moins de moyens en personnel, en accompagnement social et économique, en équipements », constate M. Borloo. Il suggère une péréquation au profit des communes classées en rénovation urbaine qui pourraient ainsi augmenter leur budget de 2 % par an. Serait aussi créé un fonds d’urgence pour les 60 communes les plus pauvres, doté de 500 millions d’euros par an, pour rétablir l’égalité républicaine. M. Borloo invite l’Etat à rembourser aux communes les exonérations de taxe foncière dont bénéficient les bailleurs sociaux, qui pénalisent les municipalités comptant le plus de logements sociaux.
Développement de la mobilité
Soulignant que les habitants des quartiers « vivent souvent l’enclavement sous toutes ses formes », M. Borloo appelle l’Etat et les collectivités locales à renforcer l’offre de transports à tous les niveaux. Chaque intercommunalité devrait ainsi garantir une offre « équitable » de transports dans son contrat de cohésion urbaine et inclure la desserte des quartiers dans tous les appels d’offres. Et chaque agglomération devrait, en plus de l’offre de transports en commun, établir un plan de mobilité individuelle et douce – covoiturage, location de vélos, aide au permis de conduire…
Promotion de la mixité
En faveur des femmes, le plan Borloo recommande le financement de 216 « Maisons Marianne » au bas d’immeubles, confiées à des associations promouvant l’égalité, et l’accompagnement de 100 000 femmes vers l’emploi ou la formation professionnelle. 30 000 places en crèches seraient créées et le dispositif des « adultes-relais », sorte de contrats aidés réservés aux plus de 30 ans, relancé.
Insertion par le sport 
Alors que les quartiers prioritaires sont sous-équipés et « comptent deux fois moins de licenciés », le rapport Borloo propose d’y former et recruter 5 000 coachs d’insertion par le sport. Des objectifs annuels chiffrés, en termes de licenciés et d’emplois créés, seraient fixés aux fédérations. 10 000 jeunes seraient formés en vue des Jeux olympiques de 2024.
Jumeler les institutions culturelles avec les QPV
Dans son chapitre « grandir par la culture », le rapport recommande de « jumeler obligatoirement toutes les institutions culturelles nationales et régionales avec les 300 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour porter sur tous les champs artistiques » mais aussi d’étendre les projets innovants (Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale, initié par la Philharmonie de Paris et les Micro-folies de La Villette) à davantage de quartiers et de décliner les chantiers du ministère de la culture (Pass culture, extension des horaires d’ouverture des bibliothèques) en priorité dans les QPV. Enfin, le rapport appelle de ses vœux la création d’un fonds de soutien aux projets artistiques des associations à hauteur de 50 millions d’euros. Au total, le plan Borloo pour la culture en banlieue nécessiterait un budget annuel de plus de 170 millions d’euros.
Une police plus ancrée dans son territoire
Le rapport Borloo fait le constat de zones devenues des « bases arrière » pour des bandes, des lieux où sévissent des « marchands de sommeil » et où « une petite délinquance par intimidation se développe parfois ». Il plaide à la fois pour une réponse qui favorise la médiation et une police plus ancrée dans son territoire.
Alors que le gouvernement a lancé en février une « police de sécurité du quotidien », censée notamment se déployer dans des quartiers prioritaires, le plan Borloo recommande notamment de fidéliser les policiers « les plus expérimentés » sur place grâce, par exemple, à une rémunération attractive.
Le rapport recommande aussi de financer dans les villes les plus pauvres l’équipement en vidéosurveillance et la création de polices municipales. Il préconise enfin le recrutement de 500 « correspondants de nuit » sous des postes « d’adulte-relais » qui seraient autant de moyens de mailler plus finement le territoire et d’œuvrer à la tranquillité publique.
« Une nouvelle armée de la République solidaire »
Il s’agit des 35 000 professionnels de l’action sociale dans les quartiers de la politique de la ville. Il est notamment proposé de revaloriser leur rôle et leur statut, et de supprimer la mécanique des appels à projets qui les obligent à courir après les financements au lieu de se consacrer à leur métier d’origine.
Faciliter le financement des associations
Les quartiers comptent 100 000 associations et un million de bénévoles qui « pallient souvent la faiblesse des pouvoirs publics », souligne le rapport, qui préconise un « renversement total de perspective » en mettant un terme à la logique des appels à projets. L’objectif : faciliter leur financement afin qu’elles puissent œuvrer dans la durée.
Lutter contre les discriminations
En plus des autres programmes (emploi, justice…) destinés à lutter contre les discriminations, le rapport propose de renforcer un certain nombre de mesures existantes comme la multiplication des testings, l’accompagnement de plans territoriaux de lutte, le financement de campagnes de sensibilisation…
Jeunesse : « A la rencontre de l’autre »
Il s’agirait notamment du nom d’un projet national citoyen dédié à la jeunesse qui mettrait l’accent sur les voyages scolaires et extrascolaires – 50 % des enfants des familles les plus modestes ne partent pas en vacances.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Dans son rapport, l’ex-ministre de la ville appelle les responsables publics et privés à s’engager avec force.
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Banlieues à l’abandon : Jean-Louis Borloo dénonce un « scandale absolu »

Dans son rapport, l’ex-ministre de la ville appelle les responsables publics et privés à s’engager avec force.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h32
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            
Chargé par Emmanuel Macron, en novembre 2017, de proposer un plan de bataille pour les banlieues, Jean-Louis Borloo, le « père » de la rénovation urbaine, a remis son rapport au premier ministre, Edouard Philippe, jeudi 26 avril. Pour les élus et les associatifs des villes urbaines défavorisées – « épuisés » et « en colère » à la suite des coupes budgétaires de l’été 2017, du gel des emplois aidés, de la baisse des APL… –, le plan Borloo est celui « de la dernière chance ». Dans un entretien au Monde, l’ancien ministre de la ville et de la cohésion sociale appelle à une mobilisation nationale d’urgence.
Pourquoi avoir accepté cette mission ?
Ce sont les maires, ces héros de première ligne, et les associations de terrain qui sont venus me voir, ensemble, en septembre 2017, pour me dire qu’ils n’en pouvaient plus. J’ai accepté de donner un coup de main pour les aider à structurer leur action. Lorsque j’ai rencontré Emmanuel Macron [à l’automne], j’ai été très clair sur le constat : la situation est la même qu’il y a quinze ans, où tout se dégradait sournoisement jusqu’à ce que ça explose, avec les émeutes de 2005.
J’ai donc accepté, mais à la condition d’être bénévole et de n’avoir aucune fonction officielle. Pour être efficace dans ce type de mission, il ne faut rien avoir à négocier avec personne. Et c’est mon cas. Je n’ai pas d’agenda.

Préconisez-vous un nouveau plan ?
La situation est grave. Il y a notamment 500 000 jeunes de 16 ans à 24 ans, en bas des tours, les bras croisés. Nous vivons dans un pays où un quart de la jeunesse est à l’arrêt. Constater, raconter, disserter, c’est utile, mais, aujourd’hui, l’objectif est de faire en sorte que chaque responsable public et privé fasse l’effort qu’il faut pour changer cette donne.
Je ne crois pas à un plan gouvernemental. Il faut un plan de mobilisation nationale qui engage...




                        

                        


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Aux-Etats-Unis, des voies d’autoroute réservées aux covoitureurs

Alors qu’en Amérique du Nord ce type d’aménagement est fréquent, en France, les exemples en dehors des villes demeurent limités et n’accueillent souvent que les bus et taxis.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h15
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

« On n’incitera pas au covoiturage sans créer, sur les autoroutes, des voies qui lui sont réservées. » Stéphane Beaudet, vice-président (divers droite) de la région Ile-de-France, est catégorique. En Amérique du Nord, sur les axes qui convergent vers Houston, Los Angeles, Pittsburgh ou Toronto, ce type d’aménagement est fréquent. L’une des voies de l’autoroute, qui en compte souvent six ou huit, est dévolue à un usage spécifique, afin de limiter la congestion.

Cette voie est réservée, selon les cas, aux véhicules transportant au moins deux ou trois personnes, aux bus et taxis, aux voitures hybrides ou aux automobilistes qui acceptent de payer un supplément de péage. L’aménagement fonctionne en permanence ou à certaines heures seulement.
Amendes dissuasives
Cette organisation de la voirie porte un nom générique, « managed lanes », ou « gestion des voies ». En France, les exemples en dehors des villes demeurent limités et n’accueillent souvent que les bus et taxis. Sur l’autoroute A7, à Marseille, le car qui arrive d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) dispose d’un couloir d’autoroute pour lui seul. Dans l’Isère, sur l’A48, entre Voreppe et Grenoble, la bande d’arrêt d’urgence a été transformée en « voie spécialisée partagée », réservée aux lignes de car. Un système équivalent existe dans l’Essonne, sur l’A10, et à l’entrée sud de Paris, sur l’A6.

Mais aucun de ces aménagements n’est pour l’instant ouvert au covoiturage. Comment s’assurer, en effet, que seuls les véhicules « pleins » emprunteront effectivement le couloir ? Chacun a son idée. Des radars spéciaux sont inventés pour détecter le nombre de personnes à bord. Karos brandit la « preuve de covoiturage » : les automobilistes devront prouver qu’ils ont eu recours à une plate-forme en ligne. André Broto, directeur de la stratégie et de la prospective chez Vinci Autoroutes, rappelle qu’aux Etats-Unis, « les amendes sont fixées à des niveaux dissuasifs,...




                        

                        


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Un premier « club de jeu » ouvre à Paris

Le groupe Tranchant est le premier à profiter de la nouvelle législation, qui autorise ce type d’établissements dans la capitale depuis le 1er janvier. Les casinos restent interdits.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h08
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Une dernière couche de peinture noire sur la balustrade en fer forgé, une ultime vérification des cartes et des jetons, un coup d’aspirateur sur la moquette, et c’est parti. Ce jeudi 26 avril ouvre rue Marbeuf, à deux pas des Champs-Elysées, le tout premier « club de jeu » installé à Paris. Une expérimentation que le groupe Tranchant, l’exploitant de ce Paris Elysées Club, espère rentabiliser en attirant 300 000 clients dès la première année, et dont l’Etat souhaite lui aussi vivement le succès. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est important : à Paris, où les casinos restent interdits, ces nouveaux clubs, autorisés depuis le 1er janvier, doivent canaliser la demande de jeux d’argent vers une offre légale, sans blanchiment d’argent sale.
Après toutes les dérives des anciens cercles de jeux, « il était temps de tourner la page », note Philippe Ménard, le patron des courses et jeux au ministère de l’intérieur. Oubliez donc la mafia corse et les mauvais garçons qui gangrenaient les cercles et ont conduit à leur disparition, les uns après les autres, au gré des faits divers. La fin du Cercle Clichy Montmartre, dernier du genre, est programmée pour le 31 décembre.
« On peut miser à partir de 20 euros »
Rue Marbeuf, dans le 8e arrondissement de la capitale, la famille Tranchant joue au contraire la carte de l’opulence, voire du luxe, et entend « travailler en collaboration étroite avec la police », précise Romain Tranchant, directeur général du groupe de casinos et d’hôtels.
A la porte, un premier contrôle, avec fouille. Tenue correcte exigée. Puis les clients doivent présenter leur carte d’identité, pour permettre de vérifier qu’ils ne sont ni mineurs ni interdits de jeu. Ils doivent aussi acquitter un droit d’entrée de 15 euros, une façon d’écarter les simples curieux. Les autres, Parisiens ou touristes des palaces voisins, sont invités à descendre le grand escalier, prendre un verre dans un des deux...




                        

                        

