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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ L’ancien ministre Jean-Louis Borloo, chargé par Emmanuel Macron d’une mission sur la politique de la ville, a appelé à « changer la donne » dans les quartiers prioritaires.
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Ce qu’il faut retenir du rapport Borloo sur les quartiers prioritaires

L’ancien ministre Jean-Louis Borloo, chargé par Emmanuel Macron d’une mission sur la politique de la ville, a appelé à « changer la donne » dans les quartiers prioritaires.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 15h43
   





                        


L’essentiel
Jean-Louis Borloo a été chargé, en novembre 2017, par Emmanuel Macron de mener une mission sur les quartiers prioritaires ;
Le « père de la rénovation urbaine », ancien ministre de la ville, a remis son rapport au premier ministre, Edouard Philippe, jeudi 26 avril ;
Ce rapport est le fruit d’une réflexion et d’un travail menés depuis plusieurs mois avec les élus et les associations de terrain mobilisés au sein du collectif Territoire gagnants.
Le chiffre
19
Le rapport compte dix-neuf « programmes » thématiques (rénovation urbaine, éducation, mobilité, sécurité et justice, entreprises et emploi, leadership, égalité et mixité…).
Parmi les mesures fortes proposées figurent :
La création, à côté de la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA), d’une « académie des leadeurs », qui mènerait, elle aussi, aux plus hauts postes de la fonction publique ;Le lancement de « cités éducatives », mettant en réseau tous les acteurs et les lieux qui participent à l’éducation des enfants (centres sociaux, de loisirs, de santé…) ;La mise en place d’une fondation pour financer l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) à l’arrêt depuis quatre ans ;Le déploiement de 200 campus numériques, avec un investissement initial d’un milliard d’euros.
S’agissant de l’emploi dans les quartiers relevant de la politique de la ville (QPV), Jean-Louis Borloo propose également de lancer des plans de recrutement, d’encourager le recours à l’apprentissage et de promouvoir « l’accompagnement et le tutorat » au profit des jeunes.
La citation
« La vérité, c’est qu’aucun plan n’a jamais été mis en place. »
Dans un entretien au Monde, Jean-Louis Borloo, appelle les responsables publics et privés à s’engager avec force, estimant que « moins on en a fait en matière de politique de la ville, plus on a annoncé de dispositifs, de chiffres et de politiques prioritaires. On a remplacé les moyens publics par les annonces publiques. Résultat, dans les quartiers, il y a moins de services publics, moins de crèches, moins d’équipements sportifs, moins de capacités financières des communes (30 % de moins), moins d’accès à la culture, moins de policiers, des professeurs et des agents de police plus jeunes, qui coûtent donc moins cher… C’est un scandale absolu. »
Et après ?
Depuis quarante ans, une dizaine de « plans banlieue » ont été lancés par les gouvernements successifs, avec un bilan plus que mitigé. Le secrétaire d’Etat à la cohésion des territoires, Julien Denormandie, a assuré, le 3 avril, que le gouvernement ferait tout pour redonner espoir aux jeunes des banlieues, dans un contexte d’exaspération grandissante des élus locaux.
Il revient désormais à « Emmanuel Macron de voir ce qu’il veut faire : mettre en œuvre le plan tel que je le propose, en faire plus, moins. Faire différemment », a résumé Jean-Louis Borloo.
Et d’ajouter : « Ce que je sais, c’est que je propose dix-neuf programmes, qu’il faut un leadeur pour chacun d’eux et un comité de suivi dont le rôle sera de s’assurer, tous les jours, que les choses se fassent et de les évaluer. » L’ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, qui s’était retiré de la vie politique en 2014, se dit volontaire « pour présider un comité de suivi » et estime qu’il faut un « général Patton », au sein du gouvernement, pour mettre en œuvre ce plan. Mais prévient : « Ce ne sera pas moi. »

Pour aller plus loin
Lire nos articles :
Education, emploi, rénovation... Les propositions-chocs du rapport Borloo
Entretien au Monde de Jean-Louis Borloo, qui dénonce un « scandale absolu » au sujet des banlieues
Le Monde publie l’introduction du rapport de Jean-Louis Borloo
Et sur les propositions :
Une « académie des leadeurs » à côté de l’ENA
Une juridiction pour sanctionner l’inaction des administrations





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Seulement 10,1 % des candidatures ont une capacité à réussir « peu démontrée », selon les avis rendus par les chefs d’établissement sur les « fiches avenir ».
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Parcoursup : professeurs principaux et chefs d’établissement approuvent les vœux des lycéens

Seulement 10,1 % des candidatures ont une capacité à réussir « peu démontrée », selon les avis rendus par les chefs d’établissement sur les « fiches avenir ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 15h21
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 18h00
    |

            Adrien de Tricornot








                        


Qu’ont écrit les professeurs principaux et les chefs d’établissement sur la « fiche avenir » accompagnant les vœux formulés par les élèves de terminale sur Parcoursup ? Les établissements d’enseignement supérieur ont, en effet, reçu ces fiches depuis mercredi 4 avril, selon un état des lieux publié par le ministère.
Il en ressort que les appréciations portées par les professeurs principaux sur les aptitudes scolaires de leurs élèves sont très majoritairement positives, que ce soit pour leurs méthodes de travail (jugées satisfaisantes et très satisfaisantes à 63,2 %), pour leur autonomie (69,2 %), pour leur engagement et leur esprit d’initiative (67,1 %) ou pour leurs capacités à s’investir (69,2 %) :

   


De leur côté, les chefs d’établissement valident en grande partie les souhaits exprimés par les lycéens. La cohérence des vœux émis par les élèves avec le projet de formation est jugée satisfaisante ou très satisfaisante à 82,6 %. Et seulement 10,1 % des candidatures ont, selon eux, une capacité à réussir « peu démontrée ».

   



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                Au lycée, une application à géométrie variable de Parcoursup



« La “fiche avenir”, transmise par le lycée est un élément essentiel du dossier du lycéen. Cette fiche est issue du travail collectif des équipes pédagogiques. Elle est spécifique à chaque vœu et comprend pour chaque discipline enseignée en terminale la moyenne des deux premiers trimestres, la position de l’élève dans sa classe, l’appréciation des professeurs principaux et l’avis du chef d’établissement », rappelle le document. Les candidats commenceront à recevoir les réponses à leurs candidatures sur Parcoursup à partir du 22 mai.

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                Parcoursup : comment les universités vont-elles classer les candidats ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ L’ancien ministre défend la création d’une nouvelle grande école pour ouvrir l’accès à la haute fonction publique, en direction des jeunes de quartiers prioritaires.
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Rapport Borloo sur la banlieue : une « académie des leadeurs » à côté de l’ENA

L’ancien ministre défend la création d’une nouvelle grande école pour ouvrir l’accès à la haute fonction publique, en direction des jeunes de quartiers prioritaires.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 13h53
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 15h15
    |

            Camille Stromboni








                        



   


La proposition est pour le moins « disruptive ». C’est une alternative à la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA) que préconise de créer Jean-Louis Borloo, dans son rapport sur les banlieues remis au gouvernement, jeudi 26 avril : une « académie des leadeurs », qui mènerait elle aussi aux plus hauts postes de la fonction publique.
Cette nouvelle grande école permettrait de s’attaquer à l’un des travers de l’ENA régulièrement dénoncé, celui de l’homogénéité de ses diplômés, avec l’entre-soi qui en découle au sein de l’élite de l’Etat. « De fait, nous passons à côté d’extraordinaires talents ou caractéristiques différentes de notre jeunesse et notamment des quartiers populaires », constate l’ancien maire de Valenciennes.

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                L’avenir de l’ENA, objet de nombreux débats



Avec 500 jeunes « à très haut potentiel » recrutés par an, sur la base d’un concours tout aussi sélectif que chez son aînée (une place pour dix candidats), réunissant des épreuves portant sur le leadership, les capacités de raisonnement, de travail en équipe, ou encore digitales, cette académie aurait plusieurs particularités rares dans l’univers des grandes écoles.
Comme à l’ENA, les élèves bénéficieraient du statut de fonctionnaire stagiaire, avec 1 700 euros brut par mois durant leur scolarité et une obligation de service à la sortie de dix ans dans la fonction publique. La formation s’étalerait sur trois ans, mêlant les « meilleurs modules de formation, en France et en Europe », prévoit le rapport, avec six mois au minimum à l’étranger, et six mois dans l’administration ou en entreprise.
Aucun diplôme préalable demandé
En revanche, la sélection à l’entrée s’opérerait… sans aucun diplôme préalable demandé. Une disposition qui pourrait avoir un certain succès dans les rangs macroniens, où l’école d’informatique « 42 » [créée par Xavier Niel, actionnaire à titre personnel du groupe Le Monde], dans laquelle on peut entrer sans le bac, est régulièrement citée en exemple.
Autre caractéristique originale qui ne devrait pas manquer de faire débat : cette nouvelle voie d’accès aux grands corps de la fonction publique serait réservée, « dans un premier temps, aux jeunes des quartiers prioritaires, s’élargissant par la suite », prévoit Jean-Louis Borloo. L’une des seules procédures d’entrée équivalente dans l’univers des grandes écoles publiques, très attaché au système du « concours républicain » sans aucune discrimination positive d’aucune sorte – les « conventions ZEP » de Sciences Po, réservées aux lycéens d’établissements de quartiers prioritaires partenaires – ont provoqué des débats houleux lors de leur création au début des années 2000.

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                La fin des « castes administratives » n’est pas pour demain



Reste la question du coût d’un projet d’une telle ampleur. En partant de l’idée que les instituts régionaux d’administration (IRA) seront les chevilles ouvrières pour organiser cette nouvelle formation et son recrutement, Jean-Louis Borloo évalue son financement à 60 millions d’euros par an, « en rythme de croisière ». Une enveloppe non négligeable, à l’heure où le monde universitaire ne cesse de dénoncer le manque de moyens, dont il souffre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Dans le modèle androcentrique de la sexualité qui prévaut en Occident, cet organe, le seul uniquement dédié au plaisir, est longtemps resté invisible.
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Pourquoi le clitoris a tant perturbé l’histoire médicale

Dans le modèle androcentrique de la sexualité qui prévaut en Occident, cet organe, le seul uniquement dédié au plaisir, est longtemps resté invisible.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 12h05
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
A la rentrée 2017, il s’est produit une petite révolution dans le domaine des manuels scolaires de sciences de la vie et de la Terre (SVT) : pour la première fois, l’un d’entre eux, conçu par les éditions Magnard, a représenté, dans son schéma de l’appareil génital féminin, le clitoris de manière anatomiquement correcte. C’est-à-dire d’une taille considérable.
Un organe « en trop »
Depuis de nombreuses années, on sait en effet que la partie visible de cet appendice érectile, riche de 7 500 terminaisons nerveuses ­ (contre 6 000 pour le pénis), se prolonge en faisant un coude à l’intérieur du corps, puis se sépare en deux arches qui viennent entourer le vagin et l’urètre – le tout faisant une dizaine de centimètres de long. Or, selon un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes publié en juin 2016, une fille de 15 ans sur quatre ne sait pas qu’elle a un clitoris. C’est dire l’importance de cette reconnaissance officielle. Mais que de temps il aura fallu pour en arriver là !
Comment un simple organe a-t-il pu donner, aux hommes comme aux femmes, tant de fil à retordre ? Car le clitoris, dans l’histoire médicale, culturelle ou politique, a toujours été un élément perturbateur. Dans la vision ancestrale de l’inversion entre le masculin et féminin, c’est un organe « en trop ». Et d’autant plus troublant qu’il est le seul à être uniquement dédié au plaisir, sans aucune fonction reproductrice.
L’excision est encore pratiquée chaque année sur un à trois millions de femmes dans le monde
Dans un article sur l’anatomie politique du clitoris publié en 2012 dans les Cahiers d’histoire, l’historienne Sylvie Chaperon rappelle le faible nombre de descriptions présentes dans le corpus antique connu, la manière dont cet appendice est resté quasiment ignoré de la médecine jusqu’à la Renaissance, ainsi que les récits récurrents des opérations génitales visant à le réduire ou à le supprimer – une excision aujourd’hui encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ De l’invention de la gynécologie à la théorie freudienne, des « pilules du désir » aux modèles neuronaux contemporains, la façon dont le discours savant envisage la sexualité féminine a toujours été soumise au contexte social et politique de l’époque, explique l’historienne et sociologue Delphine Gardey.
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Comment la science modèle le sexe des femmes

De l’invention de la gynécologie à la théorie freudienne, des « pilules du désir » aux modèles neuronaux contemporains, la façon dont le discours savant envisage la sexualité féminine a toujours été soumise au contexte social et politique de l’époque, explique l’historienne et sociologue Delphine Gardey.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 12h04
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Delphine Gardey, historienne et sociologue, est professeure d’histoire contemporaine à l’université de Genève, et actuellement résidente à l’Institut d’études avancées de Paris. Auteure de l’ouvrage Le Linge du Palais-Bourbon. Corps, matérialité et genre du politique à l’ère démocratique (Le Bord de l’eau, 2015), elle a codirigé avec Marilène Vuille Les Sciences du désir. La sexualité féminine, de la psychanalyse aux neurosciences (Le Bord de l’eau, 334 pages, 22 euros). Un ouvrage passionnant qui s’intéresse aux discours savants sur la sexualité féminine, à leurs contradictions, aux contextes social et politique dans lesquels ils s’inscrivent et qu’ils transforment en retour.
Les sciences de la modernité, qui se fondent sur l’observation de la nature, ont longtemps fait du « féminin » un objet de prédilection. De quand date cette invention de la « nature féminine » ?
Vers la fin du XVIIIe siècle s’opère un grand partage entre raison et nature. Dans ce partage, les femmes sont classées du côté de la nature, les hommes du côté de la culture. L’idée que la femme puisse être l’égale de l’homme a certes circulé pendant la Révolution française, mais très vite, la parenthèse se referme : dès 1804, le code Napoléon prive les femmes mariées de droits juridiques, à l’instar des mineurs, des criminels et des aliénés.
e siècle, les hommes sont vus comme les agents de la raison et du progrès, tandis que les femmes, êtres déraisonnables, sont des objets privilégiés de l’observation »
Et ce moment où les femmes sont empêchées d’accéder à la démocratie est rendu possible, notamment, parce que la science les place du côté de la nature. Les hommes sont les agents de la raison et du progrès, tandis que les femmes, êtres déraisonnables, sont des objets privilégiés de l’observation. Elles sont « la » différence, comme l’a thématisé la philosophe Geneviève Fraisse. « La » femme est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Les habitants de la ZAD dont la situation ne sera pas régularisée mi-mai devront partir, affirme le premier ministre.
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Notre-Dame-des-Landes : possible reprise des expulsions après le 14 mai

Les habitants de la ZAD dont la situation ne sera pas régularisée mi-mai devront partir, affirme le premier ministre.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h41
    |

            Rémi Barroux








                        



   


C’est le 14 mai que seront étudiés les vingt-huit dossiers de projets agricoles déposés par des habitants de la « zone à défendre » de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Pour cette date, « la préfète convoquera la première réunion du comité qui a vocation à analyser les dossiers déposés par ceux des occupants illégaux qui veulent rentrer dans le droit chemin, dans le droit commun », a précisé le premier ministre, Edouard Philippe, sur Europe 1, jeudi 26 avril.
« A partir du moment où ces procédures sont en œuvre, ceux qui ont choisi de ne pas s’y insérer devront avoir quitté les lieux », a-t-il ajouté, annonçant ainsi la probable reprise des opérations d’expulsion commencées le 9 avril qui ont permis de « déconstruire vingt-neuf occupations illégales » sur la ZAD, et suscité de violents affrontements pendant plusieurs jours. « Nous interdisons les reconstructions, nous déblayons le terrain, 185 bennes de matériaux divers accumulés ont été dégagées, nous allons poursuivre ces travaux de déblaiement et préparer les interventions nécessaires pour tirer les conséquences d’une occupation illégale qui ne voudrait cesser », a indiqué Edouard Philippe.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : premières normalisations pour quatre agriculteurs



Un important effectif de 1 500 à 2 500 gendarmes mobiles est toujours en place sur la vaste zone à contrôler, au sud de Notre-Dame-des-Landes. Répondant au journaliste qui citait un coût de 5 millions d’euros pour ce dispositif, le premier ministre a répondu : « C’est vrai que c’est cher. On a en face de nous – pour certains d’entre eux parce que je ne crois pas que la population de la ZAD soit totalement homogène – des gens qui sont parfois d’une très grande violence. »
La veille de son intervention à la radio, le premier ministre a présidé une séance de travail réunissant la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, le général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale, les ministres de la transition écologique et solidaire, de l’intérieur et de l’agriculture ainsi que deux secrétaires d’Etat. A cette occasion, il semble que la ligne consistant à temporiser afin d’étudier les dossiers et de laisser se décanter la situation sur la zone, toujours sous haute tension, l’ait emporté.
Elevage, céréales, apiculture...
Si le calendrier d’une future opération d’expulsion se précise, il reste soumis à de possibles variations. Il est en effet difficile de dire dans quel délai les différentes instances chargées d’étudier les dossiers déposés en préfecture – direction départementale des territoires et de la mer, comité professionnel agricole puis comité de pilotage sur l’avenir des terres agricoles de la ZAD – auront validé ou non les demandes. On y trouve en effet aussi bien des projets d’élevage ovin et bovin, des céréales, du maraîchage, de l’apiculture, des vergers… Une quinzaine de ces dossiers, a précisé la préfète, sont d’ores et déjà solides, les autres sont à retravailler.
Par ailleurs, les 28 dossiers agricoles actuellement à l’étude – qui couvriraient une surface totale de 270 hectares sur les quelque 1 400 hectares de terres agricoles de la ZAD – ne sont qu’une partie des 41 dossiers déposés avant la date butoir du 23 avril à minuit fixée par le gouvernement. En effet, les habitants de la ZAD ont aussi avancé huit projets artisanaux, sept culturels et trois de distribution : forge, boulangeries, menuiserie, fromagerie, brasseur, bibliothèque… Pour l’heure, rien n’est dit sur le sort qui sera réservé à ces dossiers même si la préfète dit les avoir trouvés, pour certains, intéressants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ « Le Monde » publie l’introduction du rapport sur les banlieues remis, jeudi 26 avril,  par l’ancien ministre de la ville au premier ministre, Edouard Philippe.
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Rapport Borloo : « Un sursaut de la nation »  pour les banlieues

« Le Monde » publie l’introduction du rapport sur les banlieues remis, jeudi 26 avril,  par l’ancien ministre de la ville au premier ministre, Edouard Philippe.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 12h38
   





                        



                                


                            
Jean-Louis Borloo, « le père de la rénovation urbaine », a remis son rapport, jeudi 26 avril, au premier ministre, dont « Le Monde » publie ci-dessous l’introduction. Il dénonce « la mystification » des politiques de la ville, s’alarme de l’immobilité de l’élite technocratique et en appelle à « un sursaut de la nation ». Ce rapport isole 19 programmes, de l’éducation à l’emploi, la police ou la mixité, pensés avec les maires et les associations de terrain depuis des mois. Jean-Louis Borloo veut sanctionner l’inertie administrative et nommer un « général Patton » pour mettre le plan en œuvre.

Document. L’heure n’est plus aux rapports d’experts, l’heure est à l’action. La situation est facile à résumer : près de 6 millions d’habitants vivent dans une forme de relégation, voire parfois d’amnésie, de la nation réveillée de temps à autre par quelques faits divers ; un effort public en berne ; des maires de banlieues qui se battent en première ligne, qui craquent parfois et jettent l’éponge, des agents publics et des bénévoles épuisés.
Les causes sont connues : des grands ensembles impossibles construits sous l’influence de la charte d’Athènes [charte sur la planification et la construction des villes, établie sous l’égide de Le Corbusier en 1933 et publiée en 1941] , enfermés sur eux-mêmes et enclavés, ne bénéficiant pas toujours des fonctions d’une ville, parfois même hors ville, mais toujours de véritables cicatrices urbaines.
Construits rapidement, tous sur le même modèle, pour résorber la crise du logement, ils ont en outre accueilli une immigration de travail transformée en immigration familiale, sans que les moyens d’accueil et d’intégration n’aient été au rendez-vous. Dans le même temps, les usines en proximité qui avaient justifié leur venue fermaient ; la pauvreté concentrée ; le chômage de masse ; des familles parfois monoparentales ; une jeunesse déracinée qui peine à faire sa...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ L’ancien ministre propose de créer une Cour d’équité territoriale chargée de vérifier la mise en oeuvre des moyens de rééquilibrage des politiques publiques sur les territoires carencés.
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Rapport Borloo : une juridiction pour sanctionner l’inaction des administrations

L’ancien ministre propose de créer une Cour d’équité territoriale chargée de vérifier la mise en oeuvre des moyens de rééquilibrage des politiques publiques sur les territoires carencés.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h33
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            
C’est une révolution juridique que propose Jean-Louis Borloo pour répondre à une question lancinante : comment s’assurer que les plans ambitieux de réduction des inégalités territoriales ne soient pas de grandiloquents effets d’annonces qui se dissolvent avec le temps, l’inertie des administrations et l’inaction de certains responsables ? Il propose de créer une Cour d’équité territoriale qui sera chargée de vérifier la mise en œuvre des moyens de rééquilibrage des politiques publiques sur les territoires carencés.

Créer un tel tribunal risque de bouleverser le fonctionnement de l’Etat, de ses représentants et de ses relais sur le terrain. Cette nouvelle juridiction administrative sera en mesure de condamner les responsables d’administration convaincus de n’avoir pas mis en œuvre avec les moyens adéquats une politique publique décidée au-dessus d’eux mais dont ils ont la charge.

La composition de la Cour d’équité territoriale serait calquée sur celle de la Cour de discipline budgétaire et financière. Elle serait présidée par le premier président de la Cour des comptes et composée de magistrats de la Cour des comptes et du Conseil d’Etat. Elle pourrait être saisie par toute personne morale ou groupe de personnes s’estimant discriminé(e) sur une base territoriale.
« Larges pouvoirs d’investigation »
Un contrôle juridictionnel existe déjà sur les ordonnateurs publics. Mais les cours régionales des comptes, la Cour des comptes et la Cour de discipline budgétaire et financière sont là pour mettre au jour, dénoncer et sanctionner des irrégularités de gestion, pas l’inaction. Leurs rapports publics permettent seulement de souligner les insuffisances et les manquements dans la mise en œuvre des politiques publiques, voire l’inadéquation des moyens qui leur sont alloués.
Le plan Borloo préconise que le contrôle change de nature. Cette nouvelle cour disposera « des pouvoirs d’investigation les plus larges, [et] recueillera...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Le débat soulevé par le manifeste « contre le nouvel antisémitisme » musulman met sous les projecteurs le livre d’un collectif qui déplore « un déni de réalité ».
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« Le Nouvel Antisémitisme en France », un ouvrage qui suscite une vive controverse

Le débat soulevé par le manifeste « contre le nouvel antisémitisme » musulman met sous les projecteurs le livre d’un collectif qui déplore « un déni de réalité ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 12h04
    |

            Marc-Olivier Bherer








                        



                                


                            
Livre. Après la bande-annonce, voilà le film en lui-même. On pourrait le croire, car le controversé manifeste « contre le nouvel antisémitisme » musulman, publié le 22 avril par Le Parisien, débutait en informant de la prochaine parution de cet ouvrage collectif, Le Nouvel Antisémitisme en France. Cette tribune signée par plus de 250 personnes, dont Nicolas Sarkozy, Philippe Val, Jack Lang, Julia Kristeva ou encore Gérard Depardieu, condamne « l’épuration ethnique à bas bruit » en cours dans certains endroits d’Ile-de-France contre les juifs.
Le débat soulevé par la tribune met sous les projecteurs un livre qui est le fruit d’une collaboration entre le comité de soutien Vérité et justice pour Sarah Halimi et l’association internationale interuniversitaire Schibboleth-Actualité de Freud. C’est ce qui explique la composition hétéroclite de ce collectif se partageant entre essayistes ou écrivains comme Pascal Bruckner, Luc Ferry ou Boualem Sansal, des psychanalystes tels que Daniel Sibony et Michel Gad Wolkowicz, et des universitaires. Le ton adopté est celui d’un cinglant réquisitoire contre « un véritable déni de réalité ».
Lina Murr Nehmé, une spécialiste de l’histoire du Liban, revient dans sa contribution sur les circonstances de la mort de Sarah Halimi. Elle retrace le parcours de l’assassin, Kobili Traoré, un « caïd dérangé » qui a fréquenté la tristement célèbre mosquée Omar de la rue Jean-Pierre Timbaud, à Paris, dont l’imam a été expulsé de France, en 2012, pour avoir prêché le djihad.
Pris de délire, et après des semaines de menaces, Traoré parvient à s’introduire chez sa victime dont il connaît la judaïté. Il la roue de coups en criant « Allahou abkar », « le cri du djihad armé », « lancé la première fois par Mahomet quand il a attaqué les juifs de Khaybar en Arabie », signale l’auteure en s’appuyant sur l’un des six grands recueils d’hadiths. Elle demande...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Le texte, remis à Edouard Philippe jeudi, compte dix-neuf « programmes » thématiques. Elus et assocations ont construit ensemble des solutions.
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Education, emploi, rénovation... Les propositions-chocs du rapport Borloo

Le texte, remis à Edouard Philippe jeudi, compte dix-neuf « programmes » thématiques. Elus et assocations ont construit ensemble des solutions.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 14h15
    |

                            Service France








                        



   


Le rapport Borloo sur les banlieues, remis à Edouard Philippe jeudi 26 avril, compte dix-neuf « programmes » thématiques (rénovation urbaine, éducation, mobilité, sécurité et justice, entreprises et emploi, leadership, égalité et mixité…). Il est le fruit d’une réflexion et d’un travail menés depuis plusieurs mois avec les élus et les associations de terrain mobilisés au sein du collectif « Territoire gagnants » (à l’initiative de Bleu, Blanc Zèbre et Ville et Banlieue).
Depuis janvier, ils ont effectué un « tour de France » afin de faire émerger les solutions les plus innovantes et efficaces déjà en place dans certains quartiers. Ce rapport propose, entre autres, de démultiplier les meilleures sur tout le territoire. Jean-Louis Borloo recommande également des changements de méthode inédits.
Une académie des leaders, à côté de l’ENATrois fronts pour l’emploiRénovation urbaine : des propositions décoiffantesCréation de « cités éducatives »Déploiement de 200 campus numériquesAide aux communes pauvresDéveloppement de la mobilitéPromotion de la mixitéInsertion par le sportJumeler les institutions culturelles avec les QPVUne police plus ancrée dans son territoire« Une nouvelle armée de la République solidaire »Faciliter le financement des associationsLutter contre les discriminationsJeunesse : « A la rencontre de l’autre »

        Lire l’entretien avec
         

          Jean-Louis Borloo, qui dénonce un « scandale absolu »



Une académie des leaders, à côté de l’ENA
Mesure pour le moins « disruptive » : le rapport Borloo préconise la création, à côté de la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA), d’une « académie des leaders », qui mènerait elle aussi aux plus hauts postes de la fonction publique. Cette nouvelle grande école permettrait de s’attaquer à l’un des travers de l’ENA régulièrement dénoncé, celui de l’homogénéité de ses diplômés, avec l’entre-soi qui en découle au sein de l’élite de l’Etat. « De fait, nous passons à côté d’extraordinaires talents ou caractéristiques différentes de notre jeunesse et notamment des quartiers populaires », constate l’auteur.

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          une juridiction pour sanctionner l’inaction des administrations



Avec 500 jeunes recrutés par an, sur la base d’un concours très sélectif (une place pour dix candidats), cette académie aurait plusieurs particularités rares dans l’univers des grandes écoles. Comme à l’ENA, les élèves bénéficieraient du statut de fonctionnaire stagiaire, avec 1 700 euros bruts par mois durant leur scolarité, qui s’étalerait sur trois ans. En revanche, la sélection à l’entrée s’opérerait sans aucun diplôme préalable demandé.
Un point devrait faire plus fortement débat : cette voie d’accès aux grands corps de la fonction publique serait réservée, « dans un premier temps, aux jeunes des quartiers prioritaires, s’élargissant par la suite ». Reste la question du coût d’un projet d’une telle ampleur, que Jean-Louis Borloo évalue à 60 millions d’euros par an, « en rythme de croisière ». Une enveloppe conséquente, à l’heure où le monde universitaire ne cesse de dénoncer le manque de moyens dont il souffre.
Trois fronts pour l’emploi
Pour combattre le chômage dans les quartiers relevant de la politique de la ville (QPV), M. Borloo propose d’agir sur trois fronts. D’abord, lancer des plans, très ambitieux, de recrutements dans plusieurs champs, notamment celui des services à la personne. L’objectif est de former et d’orienter vers ce secteur 100 000 personnes issues des QPV, en trois ans. Le ministère des armées est également appelé à la rescousse pour enrôler, chaque année, 5 000 jeunes résidant dans les banlieues populaires.
Autre « acteur » mis à contribution : les entreprises de travail temporaire, invitées à s’impliquer dans une expérimentation qui doit conduire 20 000 habitants des QPV vers l’emploi, en trois ans là encore. M. Borloo préconise de donner plus d’ampleur au dispositif des emplois francs (proposé aux chômeurs dans les zones urbaines sensibles) et d’accroître les obligations d’embauche d’habitants de QPV sur les programmes de grands travaux.
Deuxième axe : encourager le recours à l’apprentissage. « Dans les deux ans », les entreprises privées doivent « parvenir à 1,5 % d’apprentis » domiciliés dans les banlieues populaires. Sinon, « le Parlement sera saisi pour décider de légiférer de manière réellement contraignante ». M. Borloo exhorte aussi le « secteur public » à faire sa part, en recrutant 50 000 apprentis provenant des QPV, en trois ans.
Enfin, il souhaite promouvoir « l’accompagnement et le tutorat » au profit des jeunes, en s’appuyant sur des « réseaux » existants et sur Pôle emploi.
Rénovation urbaine : des propositions décoiffantes
Ce dont souffre l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru) actuelle, à l’arrêt de depuis quatre ans, c’est un problème de financement mais surtout de confiance, analyse Jean-Louis Borloo. Il propose tout simplement de créer une fondation et « d’y affecter d’une manière irréversible les fonds et les actifs d’Action logement, garantissant une ressource pérenne ». Cet organisme, ex-1 % logement, collecte chaque année près de 1,7 milliard d’euros auprès des entreprises et autant sous forme de remboursement de prêts consentis aux salariés.
La fondation proposée par M. Borloo « pourra ainsi mobiliser rapidement et puissamment l’ensemble des financements indispensables » et venir au secours des bailleurs sociaux en difficulté. Une proposition qui fera réagir les dirigeants d’Action logement…
Traiter les copropriétés en difficulté est une urgence pour M. Borloo : ce phénomène dramatique touche 120 000 immeubles, dont 100 000 logements de copropriétés en grande difficulté et 20 000 dans une situation irréversible « hors de contrôle » des élus locaux. « Avec les outils actuels, on mettra plus de trente ans à résoudre les problèmes », estime M. Borloo qui appelle à changer de braquet avec un plan massif en cinq ans. Il faut décréter douze sites en Opération de requalification de copropriétés dégradées, sous l’égide de l’Etat, en plus des deux déjà existants, Grigny et Clichy-sous-Bois. Il s’agit de créer une véritable task force de magistrats et commissaires et d’exproprier et racheter 3 000 à 5 000 logements par an, via la Caisse des dépôts, ce qui nécessite 250 millions d’euros par an.
Création de « cités éducatives »
Le volet scolaire du plan entend remettre l’école et le collège au cœur d’une entreprise globale d’éducation, qui implique des dimensions sociales et culturelles, l’environnement de l’enfant formant un « tout ». Ils formeront une « cité éducative » mettant en réseau tous les acteurs et les lieux qui participent à l’éducation des enfants (centres sociaux, de loisirs, de santé…). Le pilotage de ces cités sera confié au chef d’établissement. L’autonomie de gestion et de budget devra permettre de stabiliser les équipes. Le turnover des enseignants, fléau de l’éducation prioritaire, pourra être régulé par des primes et des avantages décidés à l’échelle de l’établissement. Il s’agit d’une grande nouveauté dans la gestion très centralisée des ressources humaines de l’éducation nationale.
Le plan veut élargir et renforcer les « programmes de réussite éducative », ces réseaux d’acteurs qui prennent en charge de manière « globale » un enfant diagnostiqué à risques en proposant des activités adaptées pendant quelques mois, voire un ou deux ans. Ces programmes sont aujourd’hui sous-dotés et de faible ampleur à l’échelle nationale puisqu’ils concernent tout au plus 150 000 enfants par an, pour un suivi très court.
Déploiement de 200 campus numériques
Au programme, le déploiement de 200 campus numériques, dont chacun est défini comme « un vaste lieu (…) permettant au plus grand nombre un accès total, via les outils digitaux les plus innovants, à une offre de services complète et clairement identifiée : formation, emploi, services publics, culture, aide aux juniors, bénévolat. » Avec un investissement initial d’un milliard d’euros – puis 200 millions de fonctionnement par an – ils entendent notamment s’appuyer sur « un vivier de ressource humaine insoupçonnable », les jeunes des quartiers, agiles sur le numérique.
Un des principaux objectifs de ces campus : « Faire exploser le nombre d’étudiants à distance », dans différents domaines, en espérant notamment former davantage de jeunes aux métiers du numérique, où la demande est forte. L’idée est également de proposer sur ces campus des services publics, comme des cabines de télémédecine ou un accompagnement, pour les personnes moins expérimentées, afin de pouvoir utiliser par exemple les sites Web des administrations.
Aide aux communes pauvres
« Les communes qui ont le plus de besoin ont le moins de moyens en personnel, en accompagnement social et économique, en équipements », constate M. Borloo. Il suggère une péréquation au profit des communes classées en rénovation urbaine qui pourraient ainsi augmenter leur budget de 2 % par an. Serait aussi créé un fonds d’urgence pour les 60 communes les plus pauvres, doté de 500 millions d’euros par an, pour rétablir l’égalité républicaine. M. Borloo invite l’Etat à rembourser aux communes les exonérations de taxe foncière dont bénéficient les bailleurs sociaux, qui pénalisent les municipalités comptant le plus de logements sociaux.
Développement de la mobilité
Soulignant que les habitants des quartiers « vivent souvent l’enclavement sous toutes ses formes », M. Borloo appelle l’Etat et les collectivités locales à renforcer l’offre de transports à tous les niveaux. Chaque intercommunalité devrait ainsi garantir une offre « équitable » de transports dans son contrat de cohésion urbaine et inclure la desserte des quartiers dans tous les appels d’offres. Et chaque agglomération devrait, en plus de l’offre de transports en commun, établir un plan de mobilité individuelle et douce – covoiturage, location de vélos, aide au permis de conduire…
Promotion de la mixité
En faveur des femmes, le plan Borloo recommande le financement de 216 « Maisons Marianne » au bas d’immeubles, confiées à des associations promouvant l’égalité, et l’accompagnement de 100 000 femmes vers l’emploi ou la formation professionnelle. 30 000 places en crèches seraient créées et le dispositif des « adultes-relais », sorte de contrats aidés réservés aux plus de 30 ans, relancé.
Insertion par le sport 
Alors que les quartiers prioritaires sont sous-équipés et « comptent deux fois moins de licenciés », le rapport Borloo propose d’y former et recruter 5 000 coachs d’insertion par le sport. Des objectifs annuels chiffrés, en termes de licenciés et d’emplois créés, seraient fixés aux fédérations. 10 000 jeunes seraient formés en vue des Jeux olympiques de 2024.
Jumeler les institutions culturelles avec les QPV
Dans son chapitre « grandir par la culture », le rapport recommande de « jumeler obligatoirement toutes les institutions culturelles nationales et régionales avec les 300 quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) pour porter sur tous les champs artistiques » mais aussi d’étendre les projets innovants (Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale, initié par la Philharmonie de Paris et les Micro-folies de La Villette) à davantage de quartiers et de décliner les chantiers du ministère de la culture (Pass culture, extension des horaires d’ouverture des bibliothèques) en priorité dans les QPV. Enfin, le rapport appelle de ses vœux la création d’un fonds de soutien aux projets artistiques des associations à hauteur de 50 millions d’euros. Au total, le plan Borloo pour la culture en banlieue nécessiterait un budget annuel de plus de 170 millions d’euros.
Une police plus ancrée dans son territoire
Le rapport Borloo fait le constat de zones devenues des « bases arrière » pour des bandes, des lieux où sévissent des « marchands de sommeil » et où « une petite délinquance par intimidation se développe parfois ». Il plaide à la fois pour une réponse qui favorise la médiation et une police plus ancrée dans son territoire.
Alors que le gouvernement a lancé en février une « police de sécurité du quotidien », censée notamment se déployer dans des quartiers prioritaires, le plan Borloo recommande notamment de fidéliser les policiers « les plus expérimentés » sur place grâce, par exemple, à une rémunération attractive.
Le rapport recommande aussi de financer dans les villes les plus pauvres l’équipement en vidéosurveillance et la création de polices municipales. Il préconise enfin le recrutement de 500 « correspondants de nuit » sous des postes « d’adulte-relais » qui seraient autant de moyens de mailler plus finement le territoire et d’œuvrer à la tranquillité publique.
« Une nouvelle armée de la République solidaire »
Il s’agit des 35 000 professionnels de l’action sociale dans les quartiers de la politique de la ville. Il est notamment proposé de revaloriser leur rôle et leur statut, et de supprimer la mécanique des appels à projets qui les obligent à courir après les financements au lieu de se consacrer à leur métier d’origine.
Faciliter le financement des associations
Les quartiers comptent 100 000 associations et un million de bénévoles qui « pallient souvent la faiblesse des pouvoirs publics », souligne le rapport, qui préconise un « renversement total de perspective » en mettant un terme à la logique des appels à projets. L’objectif : faciliter leur financement afin qu’elles puissent œuvrer dans la durée.
Lutter contre les discriminations
En plus des autres programmes (emploi, justice…) destinés à lutter contre les discriminations, le rapport propose de renforcer un certain nombre de mesures existantes comme la multiplication des testings, l’accompagnement de plans territoriaux de lutte, le financement de campagnes de sensibilisation…
Jeunesse : « A la rencontre de l’autre »
Il s’agirait notamment du nom d’un projet national citoyen dédié à la jeunesse qui mettrait l’accent sur les voyages scolaires et extrascolaires – 50 % des enfants des familles les plus modestes ne partent pas en vacances.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Dans son rapport, l’ex-ministre de la ville appelle les responsables publics et privés à s’engager avec force.
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Banlieues à l’abandon : Jean-Louis Borloo dénonce un « scandale absolu »

Dans son rapport, l’ex-ministre de la ville appelle les responsables publics et privés à s’engager avec force.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h32
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            
Chargé par Emmanuel Macron, en novembre 2017, de proposer un plan de bataille pour les banlieues, Jean-Louis Borloo, le « père » de la rénovation urbaine, a remis son rapport au premier ministre, Edouard Philippe, jeudi 26 avril. Pour les élus et les associatifs des villes urbaines défavorisées – « épuisés » et « en colère » à la suite des coupes budgétaires de l’été 2017, du gel des emplois aidés, de la baisse des APL… –, le plan Borloo est celui « de la dernière chance ». Dans un entretien au Monde, l’ancien ministre de la ville et de la cohésion sociale appelle à une mobilisation nationale d’urgence.
Pourquoi avoir accepté cette mission ?
Ce sont les maires, ces héros de première ligne, et les associations de terrain qui sont venus me voir, ensemble, en septembre 2017, pour me dire qu’ils n’en pouvaient plus. J’ai accepté de donner un coup de main pour les aider à structurer leur action. Lorsque j’ai rencontré Emmanuel Macron [à l’automne], j’ai été très clair sur le constat : la situation est la même qu’il y a quinze ans, où tout se dégradait sournoisement jusqu’à ce que ça explose, avec les émeutes de 2005.
J’ai donc accepté, mais à la condition d’être bénévole et de n’avoir aucune fonction officielle. Pour être efficace dans ce type de mission, il ne faut rien avoir à négocier avec personne. Et c’est mon cas. Je n’ai pas d’agenda.

Préconisez-vous un nouveau plan ?
La situation est grave. Il y a notamment 500 000 jeunes de 16 ans à 24 ans, en bas des tours, les bras croisés. Nous vivons dans un pays où un quart de la jeunesse est à l’arrêt. Constater, raconter, disserter, c’est utile, mais, aujourd’hui, l’objectif est de faire en sorte que chaque responsable public et privé fasse l’effort qu’il faut pour changer cette donne.
Je ne crois pas à un plan gouvernemental. Il faut un plan de mobilisation nationale qui engage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Associations et éducateurs dans l’action interculturelle agissent auprès des jeunes pour combattre les clichés.
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Antisémitisme : les préjugés ont la peau dure

Associations et éducateurs dans l’action interculturelle agissent auprès des jeunes pour combattre les clichés.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h15
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            
Signé par de nombreuses personnalités politiques, intellectuelles et culturelles, un manifeste publié, dimanche 22 avril, dans Le Parisien, dénonçait la propagation d’un « nouvel antisémitisme », celui qui animerait une partie des musulmans vivant en France, sur une base au moins en partie théologique. Sur le terrain, des acteurs, souvent associatifs, sont engagés dans l’action interculturelle, socio-éducative et de formation.
Au jour le jour, à l’échelle locale, auprès de jeunes ou de moins jeunes, ils s’efforcent de déconstruire les préjugés, de mettre en relation des mondes qui s’ignorent, d’ouvrir les horizons culturels et religieux de jeunes parfois agrippés à des identités bricolées comme à des carapaces. Plus tournés vers l’action concrète que vers le combat idéologique, comment perçoivent-ils l’antisémitisme d’aujourd’hui ? Comment préconisent-ils de le combattre ?
D’abord, une constatation presque unanime : à différents degrés, les préjugés antisémites sont très présents. « Il existe un antisémitisme plus ou moins conscient, plus ou moins ordinaire, extrêmement répandu dans la société française. Même chez des personnes qui viennent chez nous dans le but d’apprendre à déconstruire les stéréotypes », affirme d’emblée Samuel Grzybowski, fondateur de l’association interconvictionnelle Coexister, qui réunit des jeunes de toutes confessions et des agnostiques, et qui intervient notamment auprès des lycéens pour combattre les clichés racistes et antisémites.
« Antismétisme moyenâgeux lié à l’argent »
Le premier de ces préjugés, celui qui imprègne tant d’esprits, pas nécessairement malintentionnés, c’est incontestablement l’immémorial : « les juifs sont riches ». « Pour nos volontaires qui interviennent dans les lycées, c’est le plus difficile à déconstruire », constate Samuel Grzybowski. « Pour beaucoup de jeunes, cela va de soi, estime Françoise Dumont, qui supervise les actions auprès d’élèves pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Le président de l’Observatoire contre l’islamophobie dénonce un débat « nauséabond  et funeste ».
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Manifeste contre le « nouvel antisémitisme » : la colère des représentants musulmans

Le président de l’Observatoire contre l’islamophobie dénonce un débat « nauséabond  et funeste ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 11h35
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            
La tribune dénonçant « un nouvel antisémitisme » et appelant à expurger certains passages du Coran, publiée dimanche 22 avril dans Le Parisien, a provoqué l’indignation de responsables musulmans dans les heures qui ont suivi. « Le procès injuste et délirant d’antisémitisme fait aux citoyens français de confession musulmane et à l’islam de France à travers cette tribune présente le risque patent de dresser les communautés religieuses entre elles », a réagi le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, dans un communiqué, lundi.
Les signataires, dont l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy et les anciens premiers ministres Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Jean-Pierre Raffarin, pressent les autorités musulmanes de « frapper d’obsolescence » les versets du Coran qui appelleraient « au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants ».
« Les citoyens français de confession musulmane majoritairement attachés aux valeurs républicaines n’ont pas attendu [cette] tribune (…) pour dénoncer et combattre depuis des décennies l’antisémitisme et le racisme antimusulman sous toutes ses formes », a affirmé Dalil Boubakeur. Le manifeste pointe du doigt la « radicalisation islamiste » et sonne l’alarme contre une « épuration ethnique à bas bruit » dont serait victime la communauté juive dans certaines zones de la région parisienne.
« Cette tribune est un non-sens »
Le président de l’Observatoire national contre l’islamophobie, Abdallah Zekri, a, pour sa part, dénoncé un débat « nauséabond et funeste » et exhorté les signataires de la tribune à cesser « d’accabler l’islam et les musulmans ». « Des hommes politiques sur le déclin et en mal de reconnaissance médiatique ont trouvé dans l’islam et les musulmans de France leur nouveau bouc émissaire », a-t-il affirmé.
« Cette tribune est un non-sens,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Le groupe Tranchant est le premier à profiter de la nouvelle législation, qui autorise ce type d’établissements dans la capitale depuis le 1er janvier. Les casinos restent interdits.
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Un premier « club de jeu » ouvre à Paris

Le groupe Tranchant est le premier à profiter de la nouvelle législation, qui autorise ce type d’établissements dans la capitale depuis le 1er janvier. Les casinos restent interdits.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h08
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Une dernière couche de peinture noire sur la balustrade en fer forgé, une ultime vérification des cartes et des jetons, un coup d’aspirateur sur la moquette, et c’est parti. Ce jeudi 26 avril ouvre rue Marbeuf, à deux pas des Champs-Elysées, le tout premier « club de jeu » installé à Paris. Une expérimentation que le groupe Tranchant, l’exploitant de ce Paris Elysées Club, espère rentabiliser en attirant 300 000 clients dès la première année, et dont l’Etat souhaite lui aussi vivement le succès. Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est important : à Paris, où les casinos restent interdits, ces nouveaux clubs, autorisés depuis le 1er janvier, doivent canaliser la demande de jeux d’argent vers une offre légale, sans blanchiment d’argent sale.
Après toutes les dérives des anciens cercles de jeux, « il était temps de tourner la page », note Philippe Ménard, le patron des courses et jeux au ministère de l’intérieur. Oubliez donc la mafia corse et les mauvais garçons qui gangrenaient les cercles et ont conduit à leur disparition, les uns après les autres, au gré des faits divers. La fin du Cercle Clichy Montmartre, dernier du genre, est programmée pour le 31 décembre.
« On peut miser à partir de 20 euros »
Rue Marbeuf, dans le 8e arrondissement de la capitale, la famille Tranchant joue au contraire la carte de l’opulence, voire du luxe, et entend « travailler en collaboration étroite avec la police », précise Romain Tranchant, directeur général du groupe de casinos et d’hôtels.
A la porte, un premier contrôle, avec fouille. Tenue correcte exigée. Puis les clients doivent présenter leur carte d’identité, pour permettre de vérifier qu’ils ne sont ni mineurs ni interdits de jeu. Ils doivent aussi acquitter un droit d’entrée de 15 euros, une façon d’écarter les simples curieux. Les autres, Parisiens ou touristes des palaces voisins, sont invités à descendre le grand escalier, prendre un verre dans un des deux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Le numéro deux français a déposé plainte pour diffamation et violation du secret de l’enquête
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Casinos : Partouche accuse la police d’orchestrer une campagne contre le groupe

Le numéro deux français a déposé plainte pour diffamation et violation du secret de l’enquête



Le Monde
 |    26.04.2018 à 10h49
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Entre Partouche et la police, la guerre est déclarée. Un mois après une perquisition spectaculaire effectuée dans son casino de Cannes (Alpes-Maritimes), le groupe familial, l’un des deux principaux exploitants français de casinos, avec Barrière, riposte de façon inédite. Très en colère contre cette opération, les dirigeants de Partouche viennent de saisir la justice.
Ils ont déposé une plainte contre X pour violation du secret de l’enquête et de l’instruction auprès du procureur de la République de Nanterre (Hauts-de-Seine), ont-ils annoncé, jeudi 26 avril. Ils ont, en outre, effectué une citation directe en diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris. Les deux actions visent directement le comportement de la police des jeux, accusée d’avoir « orchestré une campagne médiatique de discrédit » contre le groupe. Celui-ci entend ainsi obtenir « réparation intégrale du préjudice subi, en raison, notamment, des informations malveillantes et orientées, divulguées dans les médias ».
Tout démarre dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 mars. Il est minuit pile, lorsqu’un peu plus de 30 policiers débarquent au 3.14, un hôtel ultrachic un peu en arrière de la Croisette, dans lequel Partouche a déménagé depuis peu son casino cannois. Reconnaissables à leurs épais gilets « Police judiciaire » et à leurs brassards rouges, les policiers prennent possession du rez-de-chaussée, aménagé en casino, avec 75 machines à sous, et, surtout, du premier étage. Trois salons privés y sont réservés au poker, notamment au Omaha, une variante du jeu de cartes classique. La police procède à plusieurs interpellations et se fait remettre une série de documents, de vidéos de surveillance, etc.
Chute en Bourse
Bizarrement, une caméra de M6 est présente sur les lieux dès le début de l’opération, et filme le ballet des policiers chargés de dossiers et de sacs. C’est d’ailleurs par M6 que l’information sur cette descente policière est connue, dès le dimanche matin. Puis les dépêches commencent à tomber, évoquant des perquisitions dans deux autres casinos de l’entreprise, et une menace de fermeture administrative des trois établissements. Fausses rumeurs. Mais, en Bourse, le lendemain, tout ce grabuge fait mal. Le titre Partouche perd jusqu’à 17 % en séance, et termine la journée à son plus bas niveau depuis février 2016.

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                Partouche chute en Bourse après une perquisition dans son casino de Cannes



Depuis, il n’a pas remonté la pente. « Cette situation nous cause des problèmes colossaux, assure Fabrice Paire, le président du directoire de Partouche. Il y a eu tant d’articles négatifs dans les journaux que les banques hésitent à financer nos nouveaux projets… »
Or, aux yeux des responsables de Partouche, rien de tout cela n’est justifié. Après l’opération policière, deux dirigeants du casino de Cannes ont certes été mis en examen pour abus de biens sociaux, et deux autres personnes pour complicité et recel. Le président et le directeur général du 3.14 ont été placés sous contrôle judiciaire, assorti d’une interdiction de diriger ou de gérer l’établissement de jeux, a précisé le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux.
« Infraction nullement constituée »
Selon la police, des parties de poker, « au cours desquelles le montant joué était très supérieur à celui déclaré officiellement », auraient été organisées à Cannes depuis au moins dix-huit mois. « Le montant déclaré était parfois 20 fois inférieur à celui réellement joué », a précisé à l’AFP une source proche de l’enquête. Cette sous-déclaration créait « un système de blanchiment de fraude fiscale et de minoration des recettes fiscales pour le casino ».
La direction du groupe voit les choses tout autrement. Malgré cette opération policière à grand spectacle, Partouche estime n’avoir rien à se reprocher, et affirme que l’enquête fait fausse route : « A ce stade, nous considérons que l’infraction d’abus de biens sociaux n’est nullement constituée. » Le casino reste d’ailleurs ouvert. Mieux, l’exploitation du Omaha Poker, qui était au cœur de l’enquête, vient de reprendre. Suspendue sur décision du service central des courses et jeux (SCCJ) du ministère de l’intérieur, elle a repris, après l’accord de la direction des libertés publiques et des affaires juridiques. « S’il y avait eu le moindre doute, on nous aurait interdit de reprendre l’exploitation de cette table », assure Fabrice Paire.
Pour le président du directoire, l’heure de la contre-attaque est donc venue. « Chez Partouche, on ne se laisse pas marcher sur les pieds », dit-il. Même par la police chargée de surveiller les casinos et son puissant patron, Philippe Ménard !
Le commissaire Philippe Ménard critiqué pour sa « partialité »
D’où les deux actions en justice rendues publiques ce jeudi. « Les images qualifiées d’exclusives par M6 n’ont pu être réalisées que sur une information émanant des services de police et avec leur assentiment », affirme le groupe. Une accusation totalement réfutée par le ministère.
Partouche met aussi directement en cause le commissaire Philippe Ménard, critiqué pour sa « partialité ». Quelques jours après l’intervention nocturne, le chef du SCCJ avait donné une interview sur France Bleu Azur au sujet de l’enquête, évoquant le fait que des recettes avaient été « détournées » et n’excluant pas une fermeture administrative de l’établissement. « Cette interview est inacceptable, alors que le code de procédure pénale accorde au seul procureur de la République le droit de s’exprimer sur une procédure en cours », affirme Julia Minkowski, l’avocate de Partouche. C’est l’objet de la citation en diffamation, qui vise nommément le commissaire de police.
Au-delà du cas de Cannes, la direction du groupe est persuadée de payer des relations tendues d’assez longue date avec les policiers des jeux. « Ils nous considèrent comme des agitateurs, peu fréquentables, parce qu’on ne se laisse pas faire », déclare Fabrice Paire. Ce n’est évidemment pas en citant le patron de la police des jeux devant le tribunal correctionnel que ces relations vont s’améliorer…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ « L’idée n’est pas d’homogénéiser les pratiques mais de créer une référence commune », note le ministre, qui annonce le retour de la méthode syllabique.
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L’Education nationale publie quatre circulaires de « recommandations » pour les enseignants

« L’idée n’est pas d’homogénéiser les pratiques mais de créer une référence commune », note le ministre, qui annonce le retour de la méthode syllabique.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 18h19
   





                        


L’éducation nationale publie, jeudi 26 avril, pour les enseignants de l’école primaire, quatre circulaires, qui détaillent des « recommandations » sur la meilleure manière d’inculquer les bases du calcul, de la lecture et de la grammaire, pour aider à « la réussite des élèves », indique Jean-Michel Blanquer dans un entretien au Parisien jeudi.
« L’idée n’est pas d’homogénéiser les pratiques mais de créer une référence commune. Ce n’est pas la même chose », explique le ministre de l’éducation nationale au journal.
« Bien des manières de faire sont possibles pour les professeurs. Mais il y a un cadre et je crois que beaucoup d’enseignants l’attendaient. La liberté pédagogique n’a jamais été l’anarchisme pédagogique. C’est beaucoup plus sécurisant d’avancer à la lumière de ce que l’institution a défini, sur la base de la recherche. La clarté libère. »
Jean-Michel Blanquer assure avoir « une grande confiance dans l’action des professeurs ». Et d’ajouter : « Ne nous trompons pas d’objectif : la liberté pédagogique est un moyen mais la finalité est la réussite de tous les élèves. » Des milliers de livrets sur « l’apprentissage de la lecture au cours préparatoire », de 130 pages chacun, sont ainsi partis du ministère pour toutes les écoles de France.
« Pas de compromis mixte »
Concernant la lecture, le ministre est catégorique :
« Entre quelque chose qui ne marche pas – la méthode globale – et quelque chose qui fonctionne – la syllabique – il ne peut y avoir de “compromis” mixte. Ce sujet ne relève pas de l’opinion, mais de faits démontrés par la recherche. C’est très clair. »
M. Blanquer « recommande vivement l’existence d’un manuel pour tous les élèves, explicite, linéaire, clair ».

        Lire la tribune :
         

          « Opposer méthode syllabique et méthode globale est archaïque »



Le ministre prône aussi une dictée quotidienne, quinze minutes de calcul mental par jour et le retour des leçons de grammaire dans toutes les classes. Et dit qu’il va travailler à une liste de manuels recommandés.
« Visée politique et non pédagogique »
La réaction des syndicats ne s’est pas fait attendre. « Une fois encore, on est sur une communication très millimétrée qui a une visée politique et non pédagogique », a déclaré Xavier Suelvès, chargé du primaire au syndicat SE-UNSA.
« Le ministre s’adresse à l’opinion publique et veut lui faire croire qu’on a enfin en France le bon ministre avec la bonne méthode et le bon manuel. C’est un leurre », abonde Francette Popineau, cosecrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat chez les enseignants du primaire :
« L’école est quelque chose de beaucoup plus complexe et il faut toute l’intelligence du maître et son adaptation aux besoins des élèves pour enseigner. »
Aucun pourtant ne prône le statu quo, d’autant que les résultats des Français aux évaluations internationales sont décevants depuis plusieurs années. Mais les syndicats estiment que le ministre ne donne pas les bons outils. Le guide de 130 pages « n’apporte rien à un enseignant chevronné », car il « correspond grosso modo à ce que le maître fait déjà en mieux », juge Mme Popineau. Quant à l’enseignant débutant, « attend-on de lui qu’il s’approprie seul dans son coin ces 130 pages ? »
Syndicats et instituteurs insistent sur l’importance de la formation continue, parent pauvre du système éducatif français. Elle est un des facteurs-clés de réussite des systèmes éducatifs étrangers les plus performants.
Quant à l’éternel combat entre la méthode syllabique et « le fantôme de la méthode globale », selon Francette Popineau, les enseignants font part de leur lassitude. Et rappellent que le point faible des écoliers relevé dans les études internationales n’est pas le déchiffrage mais la compréhension, qui ne dépend pas du choix entre méthodes syllabique ou globale.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Au collège Georges-Méliès, à Paris, un professeur intègre les téléphones portables, tablettes tactiles et tableaux numériques interactifs à sa pédagogie.
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Au collège, des smartphones en cours pour « ouvrir une porte » avec les élèves en difficulté

Au collège Georges-Méliès, à Paris, un professeur intègre les téléphones portables, tablettes tactiles et tableaux numériques interactifs à sa pédagogie.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 09h42
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 16h31
    |

            Céline Mordant








                        



                                


                            
« Sortez vos téléphones portables ! Ceux qui préfèrent la tablette, dites-le moi, sinon allumez vos ordinateurs ! » La vingtaine d’élèves de troisième de ce cours de français au collège Georges-Méliès, dans le 19e arrondissement de Paris, n’a pas besoin de se faire prier. Même les plus assoupis ou dissipés se rallient à la consigne.
Jérôme Lagaillarde, enseignant de français accro aux nouvelles technologies, intègre le smartphone à son cours depuis 2014 et veut que ses élèves en apprennent toutes les possibilités, comme un couteau suisse. Préparation d’oraux en vidéo, transmissions d’informations en photos aux absents, dictionnaires à portée de main… Pour cet enseignant, qui est aussi médiateur à l’atelier d’accompagnement pédagogique Canopé de Paris, faire cours avec le smartphone — cette sorte d’« objet transitionnel, qui rassure » — permet « d’ouvrir une porte » avec des adolescents en grande difficulté dans l’institution scolaire.
Le collège Georges-Méliès (380 élèves), en réseau d’éducation prioritaire (REP), s’est lancé dans le numérique en 2016 : les élèves de cinquième et de quatrième disposent tous de tablettes individuelles, équipement qui devrait être étendu à toutes les classes au cours de l’année scolaire 2018-2019. La plupart des salles sont aussi équipées en tableaux numériques interactifs ou en vidéoprojecteurs, certaines en ordinateurs. Appel en classe, cahier de texte, suivi des notes… tout est aussi géré en ligne grâce à un environnement numérique de travail (ENT).
Messenger, pour « les petits mots qui circulaient avant »
Dans la salle 518, les élèves doivent se rendre sur le réseau social Pinterest chercher des images pour un dossier d’histoire des arts sur la critique de la société. Sur le tableau numérique, Jérôme Lagaillarde guide la recherche en direct, parle mots-clés, curation, algorithmes, sources, etc. Les élèves, eux, sont plongés dans leurs écrans, il peine à leur faire relever...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Pour financer la construction de logements sociaux et le développement industriel outre-mer, le gouvernement propose un avantage fiscal alléchant. Mais il faut prendre des précautions avant de se lancer.
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Dispositif Girardin : attention aux risques

Pour financer la construction de logements sociaux et le développement industriel outre-mer, le gouvernement propose un avantage fiscal alléchant. Mais il faut prendre des précautions avant de se lancer.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 07h40
    |

                            Nathalie Coulaud








                        



   


Alors que l’avantage fiscal lié à l’investissement locatif « Pinel » a été recentré sur certains territoires, le Girardin (du nom de Brigitte Girardin, ministre de l’outre-mer en 2002-2005), n’a pas été remis en question par la loi de finances pour 2018. Ce dispositif de défiscalisation éthique et solidaire récompensant l’investissement privé en outre-mer est pourtant régulièrement épinglé par la Cour des comptes. Cependant, il contribue à financer les logements sociaux et les matériels industriels dont ces territoires éloignés de la métropole ont grand besoin.

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Le principe est le suivant : vous investissez dans la construction de logement social ou dans un matériel industriel neuf. Pour cela, vous passez par opérateurs spécialisés qui mettent en place une société de portage avec un organisme HLM local ou avec des entreprises locales qui ont besoin de matériel.
Vous bénéficiez alors d’une réduction d’impôt de 50 % du prix de revient du logement et des travaux de réhabilitation (code général des impôts article 199 undecies C). L’avantage fiscal est non négligeable : selon Inter Invest, intermédiaire spécialisé dans le Girardin, si un couple investit 10 500 euros dans ce dispositif, il peut effacer 12 000 euros d’impôts par le biais d’une déduction d’impôt et réaliser ainsi une économie de 1 500 euros sur une année. Le ticket d’entrée est de 2 500 euros et en investissant beaucoup, il est possible d’effacer jusqu’à une somme comprise entre 40 000 et 60 000 euros d’impôts par an.
Un intérêt purement fiscal
Reste que ce dispositif comporte des risques. Tout d’abord, l’intérêt du Girardin est purement fiscal car l’investissement est à fonds perdu pour le contribuable. Au bout de cinq ans, le bâtiment de logements sociaux est revendu à 1 euro symbolique à l’organisme HLM. Même chose pour le matériel que vous louez à l’exploitant pendant cinq ans et que vous revendez dans les mêmes conditions.

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Autre difficulté : afin d’éviter la fraude, l’administration fiscale impose des contrôles très stricts sur les opérations réalisées afin de vérifier qu’elles respectent bien toutes les contraintes notamment sur le nombre d’emplois créés dans le cadre Girardin industriel.
Si les règles ne sont pas respectées, l’investisseur peut faire l’objet d’un redressement fiscal. Même chose si des problèmes surviennent dans la période de location de 5 ans : le matériel dans lequel vous avez investi peut subir des avaries, être volé, ou le bâtiment de logements sociaux dans lequel vous avez investi peut être détruit par un cyclone.
Là encore, comme vous ne serez plus en mesure de respecter les conditions prévues, vous risquez de devoir rembourser l’avantage fiscal à l’Etat sauf si vous avez souscrit des assurances spécifiques proposées par les spécialistes du Girardin.
Passer par un interlocuteur sérieux
« Pour parer à ces difficultés, il faut faire appel à des interlocuteurs sérieux qui connaissent bien le dispositif et vous proposent des assurances pour garantir la bonne fin financière et fiscale de l’opération », explique Jérôme Devaud, directeur général délégué d’Inter Invest qui dispose de neuf agences locales implantées en outre-mer pour assurer le montage et le suivi des opérations.
Autre possibilité : n’investir que dans des opérations ayant obtenu un agrément de l’administration fiscale comme le propose Fipromer, une des filiales de la banque Bred. Le plus simple est de passer par sa banque ou par son conseil de gestion en patrimoine pour se lancer. Enfin, sachez qu’avec le prélèvement à la source, si vous investissez en 2018, le Trésor public vous remboursera l’impôt que vous n’auriez pas dû verser à la fin du mois de septembre 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Le président de la République estime que rencontrer le leadeur spirituel tibétain déclencherait une crise avec la Chine, qui le considère comme un « séparatiste ».
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Macron n’envisage pas de rencontre avec le dalaï-lama

Le président de la République estime que rencontrer le leadeur spirituel tibétain déclencherait une crise avec la Chine, qui le considère comme un « séparatiste ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 00h19
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 07h34
   





                        



   


Une rencontre avec le dalaï-lama sans concertation avec la Chine serait contre-productive, a estimé mercredi 25 avril Emmanuel Macron, qui avait rencontré en 2016 le chef spirituel tibétain en exil. « C’est un leadeur extraordinaire, je le respecte beaucoup », a dit le président français lors d’un échange en anglais avec des étudiants, à l’université George Washington, au troisième jour de sa visite d’Etat aux Etats-Unis.
« Mais maintenant je suis président de la République française ; si je le rencontre, ça déclenchera une crise avec la Chine. Il y a deux questions à se poser face à cette situation : est-ce que ça aide la situation du dalaï-lama et est-ce que c’est bon pour mon pays ? »

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Crainte de représailles
« Si je rencontre demain le dalaï-lama à Paris (…), si je n’ai pas un mandat de la République chinoise, si je n’en ai pas parlé avec eux avant (…), honnêtement ça ne sert à rien, a-t-il estimé. Est-ce que c’est bon pour mon peuple si la Chine prend des mesures en représailles ? Non. »
« Si la France pouvait être utile dans le règlement de la situation entre le dalaï-lama et la Chine, je ferais de mon mieux (…). Mais là, si c’est juste pour envoyer un message, c’est contre-productif de rencontrer le dalaï-lama demain en France », a conclu Emmanuel Macron.
Prix Nobel de la paix 1989 et considéré comme un « dangereux séparatiste » par Pékin, le dalaï-lama vit en exil en Inde depuis 1959. Lors de sa rencontre avec le chef spirituel tibétain en septembre 2016, Emmanuel Macron avait publié une photographie sur son compte Twitter avec pour légende « j’ai vu le visage de la bienveillance ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ L’industriel breton est soupçonné de corruption d’agent public étranger, complicité d’abus de confiance et faux et usage de faux.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/04/2018
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Concessions portuaires en Afrique : Vincent Bolloré mis en examen

L’industriel breton est soupçonné de corruption d’agent public étranger, complicité d’abus de confiance et faux et usage de faux.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 20h36
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h56
    |

            Simon Piel et 
Joan Tilouine








                        



   


A l’issue de deux jours et une nuit en garde à vue dans les locaux de l’office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) à Nanterre, l’industriel Vincent Bolloré a été présenté aux magistrats du pôle financier, qui ont décidé de le mettre en examen, mercredi 25 avril, pour « corruption d’agent public étranger », « complicité d’abus de confiance » et « faux et usage de faux ». Il n’a pas été placé sous contrôle judiciaire.
Dans un communiqué envoyé mercredi soir, le groupe Bolloré a tenu à préciser que M. Bolloré, « qui reste présumé innocent, pourra avoir enfin accès à ce dossier dont il n’a jamais eu connaissance et répondre à ces accusations infondées ».
« Campagnes politiques contre concessions portuaires »
A l’issue de ces deux jours de garde à vue, deux autres personnes ont, elles aussi, été mises en examen. Gilles Alix, directeur général du groupe, est soupçonné lui aussi de corruption d’agent public étranger, complicité d’abus de confiance, faux et usage de faux. L’homme est soupçonné d’avoir joué un rôle central au service de M. Bolloré dans les opérations « campagnes politiques contre concessions portuaires » au Togo et en Guinée.
Enfin, Jean-Philippe Dorent, le responsable du pôle international d’Havas, a été placé sous le statut de témoin assisté pour « corruption d’agent public étranger », et mis en examen pour « abus de confiance », « faux et usage de faux ». L’homme était l’artisan des campagnes politiques menées en lien étroit avec M. Bolloré et Stéphane Fouks, vice-président de l’agence de communication.
M. Dorent est un proche de l’homme d’affaires très actif en Afrique, Francis Perez, qui lui avait même octroyé un prêt de plus de 400 000 euros pour l’acquisition de sa maison en Corse. Président du groupe de casinos et d’hôtellerie Pefaco, M. Perez a quitté les locaux de la police judiciaire en début d’après-midi, sans être ensuite présenté aux magistrats instructeurs.

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Les juges d’instruction, Aude Buresi et Serge Tournaire, connus pour instruire l’affaire du présumé financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, ont donc considéré qu’après plusieurs années d’enquête, il existait des indices graves ou concordants laissant penser que le groupe Bolloré avait eu recours à des méthodes illégales pour décrocher des contrats dans deux pays d’Afrique de l’Ouest.
L’affaire, qui fait trembler le capitaine d’industrie, trouve ses racines à Lomé au Togo et à Conakry en Guinée, deux capitales portuaires baignées par le golfe de Guinée, sur lesquelles M. Bolloré entendait développer les activités logistiques de son groupe. Quitte, selon l’accusation, à s’affranchir de quelques règles en apportant son soutien aux décideurs locaux.
Missions sous-facturées
Faure Gnassingbé, au Togo ou Alpha Condé, en Guinée, ont ainsi bénéficié des conseils en communication de l’agence Havas, filiale du groupe, alors qu’ils se présentaient à la présidence de la République en 2010. Pour les enquêteurs, ces missions auraient été « sous-facturées » à leurs deux clients, et prises en charge par la filiale du groupe SDV Afrique. Et elles auraient été menées dans le but que les présidents, une fois élus, favorisent les intérêts du groupe Bolloré qui dément formellement avoir eu de telles intentions.
L’histoire telle qu’elle s’est écrite depuis ne plaide pas pour la défense du groupe. Celui-ci a ainsi vu ses concurrents se faire évincer et obtenu d’opérer les concessions portuaires à Lomé et Conakry. A peine quelques semaines après son élection, le nouveau président guinéen, Alpha Condé, avait rompu unilatéralement la convention de concession du terminal à conteneurs attribuée en 2008 à une filiale du groupe français Necotrans, rival de Bolloré dont l’offre était arrivée en deuxième position.
Au Togo, le groupe Bolloré a obtenu la concession portuaire en 2001, du temps du dictateur Gnassingbé Eyadema, père de l’actuel chef de l’Etat. Ce dernier, deux mois avant sa réélection contestée en mars 2010, a attribué de nouveaux privilèges au groupe français, comme l’exclusivité en matière de manutentions de conteneurs sur tout le port de Lomé. Le président Faure Gnassingbé était alors en pleine campagne présidentielle, dont une partie était réalisée par l’agence de communication Havas.
« Les apparences sont trompeuses »
« C’est le savoir-faire du groupe qui a permis de l’emporter », répond-on dans l’entourage de M. Bolloré. C’était la contrepartie au soutien apporté par le groupe aux campagnes présidentielles permis par une habile synergie des filiales – en l’espèce Havas – toutes tendues vers l’objectif de poursuivre l’implantation en Afrique, soupçonnent ses concurrents, ses nombreux détracteurs et, aujourd’hui, les enquêteurs. « Les apparences sont trompeuses : ce n’est pas 100 000 balles de prestations d’Havas pour une campagne politique qui vont déterminer l’obtention de concessions portuaires à plusieurs dizaines de millions d’euros », se défend un haut responsable du groupe Bolloré.
Le milliardaire breton n’a par ailleurs jamais lésiné pour présenter avantageusement les chefs d’Etat africains avec lesquels il entendait faire des affaires. Outre l’agence de communication Havas, il mettait aussi à disposition les médias qu’il détient.
Les chefs d’Etat où son groupe opérait avaient ainsi les honneurs de couvertures avantageuses et d’entretiens complaisants faisant l’impasse sur les affaires de corruption et les violations des droits de l’homme. Plus récemment encore, comme l’a révélé le site d’informations Les Jours, la chaîne Canal+ a diffusé, en décembre 2017, un publireportage de plusieurs minutes sur le Togo qui pourtant ne passe pas encore comme un modèle de démocratie. Le pays est plongé, depuis plusieurs mois, dans une profonde crise politique et le régime a recouru à la force et à l’interruption d’Internet.



                            


                        

                        

