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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Des manifestants, mobilisés par milliers depuis le 13 avril, se sont de nouveau rassemblés jeudi pour réclamer la « capitulation » du parti Républicain, au pouvoir.
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Arménie : le Parlement prévoit d’élire un nouveau premier ministre le 1er mai

Des manifestants, mobilisés par milliers depuis le 13 avril, se sont de nouveau rassemblés jeudi pour réclamer la « capitulation » du parti Républicain, au pouvoir.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h41
   





                        



   


Malgré la démission du premier ministre, la contestation antigouvernementale ne faiblit pas en Arménie. Sous la pression des manifestations, le président du Parlement, Ara Babloïan, a décidé jeudi 26 avril de convoquer une réunion extraordinaire pour le 1er mai consacrée à l’élection d’un nouveau chef de gouvernement, le poste étant vacant depuis la démission de Serge Sarkissian, lundi.
« Tout dépend du nombre de candidats proposés par les partis, du nombre de députés qui souhaiteront prendre la parole (…). Mais il est très probable que nous aurons le temps d’élire le nouveau premier ministre le 1er mai », a dit le vice-président du Parlement, Edouard Charmazanov.

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          La démission du premier ministre ne met pas fin à la crise politique en Arménie



Les manifestants, mobilisés par milliers depuis le 13 avril, ont à nouveau défilé dans les rues d’Erevan jeudi. Leur chef de file, le député et opposant Nikol Pachinian, qui se présente comme le « candidat du peuple » au poste de premier ministre, a appelé le parti Républicain au pouvoir à « capituler devant le peuple » 
La candidature de l’opposant au poste de premier ministre doit être proposée dans les prochains jours par le bloc d’opposition Yelk (« sortie » en arménien). « Si le Parti républicain a l’audace de présenter un candidat [au poste de premier ministre], le peuple encerclera immédiatement les bâtiments du Parlement et du gouvernement », avait prévenu M. Pachinian mercredi soir, devant ses partisans.

   


La Russie comme médiatrice
Jusqu’alors, la Russie, qui absorbe environ un quart des exportations arméniennes et dispose d’une base militaire en Arménie, s’est tenue à l’écart de la crise. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répété jeudi qu’il s’agissait d’une « affaire intérieure arménienne ». Mais, mercredi, Vladimir Poutine et son homologue arménien, Armen Sarkissian (sans lien de parenté avec Serge Sarkissian), se sont entretenus par téléphone et ont appelé « toutes les forces politiques [arméniennes] à faire preuve de retenue et de responsabilité ».
Dans la foulée, le vice-premier ministre arménien, Armen Guevorkian, s’est rendu jeudi à Moscou pour des « consultations de travail » et devait rentrer dans la soirée à Erevan, la capitale de cette ex-république soviétique du Caucase du Sud, selon un porte-parole du gouvernement arménien.

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                La chute de Serge Sarkissian, en Arménie, est un mauvais signal pour Vladimir Poutine



Quant au chef de la diplomatie arménienne, Edouard Nalbandian, il a lui aussi fait le voyage dans la capitale russe, où il a eu « une courte rencontre » avec son homologue Sergueï Lavrov, a déclaré la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova.
Nikol Pachinian, chef de file de la contestation contre l’ancien président — et désormais ancien premier ministre — Serge Sarkissian et contre son parti au pouvoir, s’était rendu mercredi à l’ambassade de Russie en Arménie pour « discuter de la situation à Erevan et dans le pays », selon un communiqué de la mission diplomatique russe.
« La partie russe a appelé les organisateurs des manifestations et des défilés à un dialogue constructif avec les autorités en place et avec les autres forces politiques », a fait savoir l’ambassade, soulignant que « la situation ne doit être réglée que dans le cadre du champ constitutionnel ».
Le parti Républicain favori
Signe des tensions au sein du pouvoir, les ministres de l’éducation, de l’écologie et du développement régional ont annoncé jeudi qu’ils quittaient le gouvernement, leur parti ayant abandonné la coalition au pouvoir la veille.
Mais l’issue de l’élection du 1er mai reste peu favorable aux opposants si de nouvelles élections législatives anticipées ne sont pas organisées. Au Parlement, un candidat a besoin de 53 voix pour être élu. Nikol Pachinian ne peut actuellement compter que sur le soutien de 40 députés, selon un responsable du bloc Yelk. Le Parti républicain au pouvoir, dispose, lui, de 58 sièges et a, théoriquement, toutes les chances de faire élire à nouveau son candidat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La condamnation est très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait notamment vingt-deux ans et dix mois de réclusion contre chacun d’eux.
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Colère en Espagne après la condamnation pour « abus sexuels » de « la Meute » de Pampelune

La condamnation est très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait notamment vingt-deux ans et dix mois de réclusion contre chacun d’eux.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h30
   





                        



   


Ils se surnommaient « la Meute ». Cinq hommes ont été condamnés à neuf ans de prison, jeudi 26 avril en Espagne, pour « abus sexuels » et « abus de faiblesse » sur une femme de 18 ans aux fêtes de la San Fermin, en 2016.
Les cinq Andalous âgés de 27 à 29 ans – dont le groupe de messagerie WhatsApp était appelé « La Manada » (« la Meute ») – ont également été interdits d’approcher la victime à moins de 500 mètres et de la contacter pendant quinze ans. Ils devront lui verser une indemnisation de 50 000 euros.
Colère des associations féministes
Mais la décision du tribunal de Pampelune a provoqué la colère des associations de défense des droits des femmes, qui déplorent que l’accusation de viol n’ait pas été retenue par la justice. La condamnation est en effet très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait vingt-deux ans et dix mois de réclusion contre chacun d’eux, ainsi que 100 000 euros d’indemnisation totale.
La procureure avait rejeté les arguments des défenseurs en disant que « l’intimidation, gravissime, avait empêché la résistance ou la fuite ». Elle expliquait que la jeune femme, qui ne s’était jamais adonnée au sexe en groupe, avait rencontré ses agresseurs sept minutes avant le « viol ». La réquisition du parquet avait notamment été alourdie par le fait que l’un des accusés est membre de la garde civile – actuellement suspendu de ses fonctions –, et qu’un autre des accusés a appartenu à l’armée.
De son côté, la défense avait réclamé l’acquittement, en n’admettant que le vol du téléphone de la victime, abandonnée à demi-nue dans une entrée d’immeuble, le 7 juillet 2016. Les cinq hommes avaient auparavant proposé à la jeune femme de la raccompagner à pied jusqu’à sa voiture. Les prévenus, arrêtés dès le lendemain des faits, sont en détention provisoire depuis.

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          Aux fêtes de San Fermin, les agressions sexuelles restent nombreuses



Vidéo et photos polémiques
Une des pièces centrales du procès surmédiatisé, qui s’était tenu en novembre 2017 à Pampelune, avait été une vidéo de quatre-vingt-seize secondes de leurs actes, diffusée avec le message « en train d’en baiser une à cinq ». Leurs défenseurs soutenaient que la jeune Madrilène – qui avait auparavant bu de la sangria – était consentante puisqu'’elle n’avait jamais semblé dire « non » à l’image, gardant seulement les yeux fermés.
La défense avait même engagé un détective privé pour suivre, peu avant le procès, la victime. Des clichés de la jeune femme souriant avec ses amis avaient été diffusés au cours des audiences, preuve, selon la défense, qu’elle ne subissait pas de traumatisme. Surtout, une décision très contestée du juge a mis l’Espagne en émoi : celle d’accepter comme pièce à conviction une photo de la jeune fille extraite des réseaux sociaux et fournie par l’agence de détective. Sur l’image, on y voit la victime présumée dans un magasin, à côté d’un tee-shirt sur lequel figure le slogan d’un programme de télévision à succès : « Quoi que tu fasses, enlève ta culotte. »

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                Le procès des auteurs d’un viol collectif agite l’Espagne



Que le juge accepte qu’un détective ait fouillé dans la vie privée de la jeune fille pour y chercher de quoi justifier un crime a provoqué une vague d’indignation en Espagne. A Madrid, Barcelone, Séville, Valladolid ou Gijon le 17 novembre, des milliers de manifestants ont exprimé leur solidarité avec la victime aux cris de « Moi, je te crois ! ». Sur les pancartes, on pouvait lire leur colère : « Tant qu’on ne me tue pas, on ne me croit pas », « Nous ne voulons pas être courageuses, nous voulons être libres », ou encore « La justice patriarcale est complice des agressions ».
La polémique est d’autant plus grande que le tribunal a refusé d’ajouter au dossier les messages que les suspects se sont échangés deux semaines avant leur voyage à Pampelune, où ils envisagent d’emporter de la burundanga, une drogue qui enlève les capacités de réaction de ceux qui l’ingèrent, et des sédatifs « pour les viols », disent-ils.
« Non, c’est non »
Quelques mois après le scandale Weinstein aux Etats-Unis, le slogan « moi, oui, je te crois » s’est lancé en Espagne. Les manifestations et la grève générale féministes du 8 mars en Espagne – inédites par leur ampleur – avaient fait référence à ce fait divers retentissant, notamment avec la pancarte « la pornographie crée des meutes ». Aussitôt après l’énoncé du jugement, des manifestants ont protesté aux portes du tribunal aux cris de « ce n’est pas un abus sexuel, c’est un viol ».
« Si cinq personnes qui s’en prennent à une fille n’est pas une agression, la question est de savoir ce qui ne va pas dans notre code pénal », a pour sa part commenté dans le quotidien El Pais l’ancienne secrétaire d’Etat à l’Egalité Soledad Murillo. La police nationale a également affiché son soutien envers la victime, écrivant sur Twitter, à 12 reprises, « Non c’est non – nous sommes avec vous ». 

#NoesNo
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— policia (@Policía Nacional)


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Un appel à la manifestation, jeudi soir à 20 heures devant le ministère de la justice, a également été lancé. De son côté, l’avocat de la victime a annoncé qu’il allait faire appel de la décision, tout comme un porte-parole du parquet de Navarre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Plutôt que de jouer la carte de la réglementation, la Commission européenne propose les grandes lignes d’un « code de bonne conduite ».
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« Fake news » : Bruxelles parie sur l’autorégulation

Plutôt que de jouer la carte de la réglementation, la Commission européenne propose les grandes lignes d’un « code de bonne conduite ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 12h36
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 14h33
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Face aux « fake news » (« fausses nouvelles ») et autres « vérités alternatives », « défis majeurs pour l’Europe », la Commission de Bruxelles riposte, mais avec un pistolet d’alarme seulement. A un peu plus d’un an des élections européennes de 2019, après les précédents du référendum britannique et, surtout, de l’élection présidentielle américaine, elle affirme vouloir prémunir les Européens et contribuer à la naissance d’un « écosystème transparent, crédible et responsable ».
Il y a urgence : les cas de désinformation se multiplient, et des tentatives de manipulation des résultats électoraux ont été détectées dans dix-huit pays au cours des dernières années. Une conférence européenne sera d’ailleurs consacrée à ce thème à la fin de l’année.
Agir, mais comment ? En misant, à ce stade, sur l’autorégulation du secteur et de ses plates-formes. Elles sont capables, aux yeux de la Commission, de faire elles-mêmes la chasse aux fausses nouvelles. Que se passera-t-il, toutefois, lorsqu’une fausse information ou de la propagande seront intentionnellement diffusées ? Pas de réponse, à ce stade, ce qui interroge sur la crédibilité du projet.
Le pari de la confiance dans les réseaux sociaux

Jeudi 26 avril, Bruxelles devait donc proposer non pas une réglementation, mais les grandes lignes d’un « code de conduite », inspiré par les recommandations d’un groupe d’experts internationaux. A l’en croire, il sera « ambitieux ». Pas question, cependant, d’évoquer d’éventuels déréférencements de sites, le retrait obligatoire de contenus ou l’obligation de coopérer, comme cela est envisagé en France et dans d’autres pays. En Allemagne, une loi « anti-fake news », entrée en vigueur le 1er janvier suscite la polémique. Elle prévoit des sanctions contre les auteurs et pointe la responsabilité des diffuseurs.
« Le secteur du numérique change trop vite, nous devons nous en tenir à cette base volontaire »
La Commission...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ La France et plusieurs pays de l’Union européenne ne souhaitent pas que leurs contributions financières bénéficient au régime de Bachar Al-Assad.
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Après sept ans de guerre en Syrie, la lassitude des donateurs internationaux

La France et plusieurs pays de l’Union européenne ne souhaitent pas que leurs contributions financières bénéficient au régime de Bachar Al-Assad.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h55
    |

                            Allan Kaval et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

C’est sur un bilan en demi-teinte que s’est achevée, mercredi 25 avril, la deuxième conférence de Bruxelles sur la Syrie. Quelque 4,4 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros) ont été promis, selon Mark Lowcock, sous-secrétaire général des Nations unies pour les affaires humanitaires. Les organisateurs jugeaient, au départ, qu’il fallait rassembler, dans un scénario idéal, quelque 3,5 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros) pour l’aide humanitaire en Syrie et 5,6 milliards (4,5 milliards d’euros) pour soutenir l’aide aux réfugiés dans les pays voisins.
« Il y a toujours une certaine lassitude de la part des donneurs quand un conflit s’éternise, mais cette conférence a le mérite de contribuer à maintenir la question syrienne sur le devant de la scène diplomatique », relève une source française. Les sommes promises doivent notamment servir à financer l’aide humanitaire dans les pays voisins de la Syrie, qui abritent plus de 5,6 millions des 7 millions de Syriens réfugiés à l’étranger. En premier lieu la Turquie, la Jordanie et le Liban.

La lassitude de certains des 85 contributeurs potentiels rassemblés dans la capitale belge se fait-elle aussi sentir au plan politique ? Sans doute. « Nous assistons à l’un des plus grands échecs politiques du début du XXIe siècle », déplore le haut-commissaire pour les réfugiés, Filippo Grandi. Y remédier est-il encore possible ? Un appel a, en tout cas, été lancé à la Russie, à la Turquie et à l’Iran – tous présents – pour qu’ils s’engagent en faveur d’une reprise des négociations de paix à Genève sous l’égide de l’ONU, dont le régime de Bachar Al-Assad, qui s’estime en position de force, s’est retiré.
« Nous n’attendions pas de percée décisive, mais nous n’avons pas assisté à une confrontation », expliquait, en termes très diplomatiques, Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie. « Il faut reconstruire la confiance entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Alors que les autorités s’inquiètent de la montée de l’antisémitisme, des rassemblements ont été organisés dans le pays, notamment dans la capitale sous le mot d’ordre « Berlin porte une kippa ».
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En Allemagne, mobilisation contre l’antisémitisme

Alors que les autorités s’inquiètent de la montée de l’antisémitisme, des rassemblements ont été organisés dans le pays, notamment dans la capitale sous le mot d’ordre « Berlin porte une kippa ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h32
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Markus n’est pas juif et « c’est justement pour cela qu’il est venu ». Mercredi 25 avril, cet infirmier « 100 % athée » n’a « pas hésité une seconde » à participer au rassemblement organisé devant le siège de la communauté juive berlinoise, huit jours après l’agression d’un jeune Israélien – d’origine arabe – qui se promenait avec une kippa sur la tête dans la capitale allemande.
« Il y a en ce moment une montée de l’antisémitisme un peu partout en Europe. Je ne pense pas que ce soit pire ici qu’ailleurs. Mais, en tant qu’Allemand, il m’est particulièrement insupportable de savoir qu’on peut se faire attaquer à Berlin parce qu’on est juif », explique Markus.

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Environ 2 500 personnes ont participé à ce rassemblement, sous le mot d’ordre : « Berlin porte une kippa ». Plusieurs responsables politiques, comme le maire social-démocrate de la ville, Michaël Müller, ou le président du groupe conservateur au Bundestag, Volker Kauder, étaient présents.
« Oui, c’est grave »
« Ici, en Allemagne, nous nous sommes un peu trop habitués à certaines choses. Un peu d’antisémitisme ici, un peu de racisme par-là, un peu d’islamophobie ailleurs, au fond, est-ce que tout cela est si grave ? Oui, c’est grave », a déclaré le président du Conseil central des juifs d’Allemagne, Josef Schuster. La veille, il avait « déconseillé » le port de la kippa dans les grandes villes pour des raisons de sécurité.
D’autres manifestations du même type se sont tenues, mercredi, à Cologne et à Francfort notamment. A Berlin, dans le quartier populaire de Neukölln, un petit rassemblement contre l’antisémitisme a été dissous après que des inconnus ont traité les participants de « terroristes » et ont arraché un drapeau israélien, a indiqué la police.
Le même jour, la Fédération de l’industrie musicale allemande a annoncé la suppression des prix Echo, l’équivalent des Victoires de la musique outre-Rhin. Cette décision a été prise après le scandale suscité par la remise de cette récompense aux rappeurs allemands Kollegah et Farid Bang, le 12 avril, dont l’une des chansons évoque « mon corps plus dessiné que ceux des prisonniers d’Auschwitz », tandis qu’une autre appelle à « commettre à nouveau un Holocauste ».

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                Antisémitisme : le scandale des « Victoires » de la musique allemandes s’amplifie



Plusieurs artistes avaient décidé de rendre leurs propres prix Echo, en signe de protestation. Ce fut notamment le cas du chef d’orchestre et pianiste israélo-argentin Daniel Barenboim, sept fois lauréat du prix, qui s’est indigné que soient récompensés des chanteurs dont les textes sont « ouvertement antisémites, misogynes, homophobes et d’une façon générale méprisants pour la dignité humaine ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Autoproclamé indépendant à la chute de l’Union soviétique, en 1991, cette province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan est au centre d’un conflit régional. Le photographe Emanuele Amighetti a exploré l’ultramilitarisation de la société.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                
                                    

La guerre sans fin du Haut-Karabakh


                      Autoproclamé indépendant à la chute de l’Union soviétique, en 1991, cette province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan est au centre d’un conflit régional. Le photographe Emanuele Amighetti a exploré l’ultramilitarisation de la société.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h15
    |

            Benoît Vitkine








   


La plaisanterie veut que l’armée du Haut-Karabakh compte 150 000 soldats… soit la totalité de la population de cet Etat non reconnu, grand comme un département français. Les effectifs seraient en fait plus proche de 25 000, mais le bon mot cache une réalité : suspendue à ses montagnes, l’enclave sécessionniste de l’Azerbaïdjan fait figure de Sparte du Caucase, un territoire farouchement attaché à son existence et plongé dans un état de guerre permanent.
Pour comprendre cette histoire complexe et tourmentée, il faut remonter dans le temps. Province peuplée en majorité d’Arméniens, rattachée à l’Azerbaïdjan en 1921 par Staline, le Haut-Karabakh est le théâtre d’affrontements ethniques à partir de 1988, voilà trente ans. En 1991, à la chute de l’Union soviétique, il proclame son indépendance, entraînant un conflit armé régional. Un fragile cessez-le-feu est signé en 1994 après une débâcle militaire de l’Azerbaïdjan – plus de 30 000 morts de part et d’autre – et l’expulsion des Azéris. Dans l’affaire, le pays a perdu 13 % de son territoire.
Cette « indépendance » chèrement acquise n’est reconnue que par une poignée d’Etats fantoches : Bakou, la capitale azerbaïdjanaise, a pour elle le droit international et le principe d’intangibilité des frontières. Même l’Arménie, qui soutient militairement son voisin, ne se risque pas à reconnaître son indépendance. Depuis, pour oublié qu’il soit, le conflit du Haut-Karabakh est tout sauf gelé. Les flambées de violences y sont régulières, la dernière en date remontant à avril 2016. Bilan : 100 morts.
Un service militaire de deux ans
La cause du Karabakh revêt un statut quasi mythique pour l’Arménie et sa diaspora. Depuis le traumatisme du génocide de 1915, cette victoire sur une armée plus nombreuse et mieux équipée a fait de cette région montagneuse un symbole de la renaissance de tout un peuple, une cause sacrée. Le Haut-Karabakh se rêve en Etat, avec institutions, drapeau, représentations diplomatiques à l’étranger et même un aéroport – inutilisé à cause de la menace azerbaïdjanaise d’abattre tout avion qui oserait s’y aventurer.
Mais l’aspect le plus saillant de cette situation est l’ultramilitarisation de la société karabakhtsie. Le service militaire y dure deux ans, et les hommes sont mobilisables jusqu’à l’âge de 45 ans. A l’école, l’héritage soviétique ayant été remis au goût du jour, les enfants commencent une formation au combat dès 14 ans. La classe politique est uniquement composée de militaires, en exercice ou retraités, et la fierté des faits d’armes passés irrigue l’ensemble des esprits, quitte à passer sous silence les épisodes moins glorieux, comme l’expulsion des Azéris de la région.

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C’est à cette réalité qu’a choisi de s’intéresser le photographe italien Emanuele Amighetti, qui s’est rendu sur place en avril 2017. « Je voulais donner un visage à ces jeunes hommes et femmes pris dans les limbes d’une guerre sans fin et explorer leurs réactions face à la dureté de leur vie, explique-t-il. Mais j’ai été surpris de sentir surtout de l’insouciance, d’entendre les mêmes rêves et les mêmes désirs que dans nos sociétés. »



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ La Banque centrale européenne se réunit jeudi 26 avril. Le coup de mou de l’activité en Europe confirme sa stratégie prudente.
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La BCE se penche sur le mystérieux ralentissement de la zone euro

La Banque centrale européenne se réunit jeudi 26 avril. Le coup de mou de l’activité en Europe confirme sa stratégie prudente.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h07
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Mi-figue, mi-raisin. Jeudi 26 avril, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) se réunit dans un contexte conjoncturel en demi-teinte. Les velléités protectionnistes américaines et le risque d’une guerre commerciale inquiètent les chefs d’entreprise. Le président de l’institut de Francfort, Mario Draghi, sera à coup sûr interrogé sur le sujet lors de sa conférence de presse. Il devra surtout répondre à la question qui taraude une partie des économistes depuis quelques semaines : pourquoi la croissance de la zone euro donne-t-elle soudain des signes de faiblesse ?
L’année 2017 s’était pourtant achevée sur les chapeaux de roues. Après une décennie sombre, l’union monétaire avait enfin renoué avec une croissance solide (2,5 %), le commerce mondial redémarrait, les créations d’emplois se multipliaient… En somme, l’alignement des planètes économiques était parfait.
Un retour à la normale
Mais cette belle mécanique n’a pas tardé à se gripper. « Les données de l’activité dans la construction, l’industrie et le commerce ont été décevantes sur les premiers mois de l’année », résume Jack Allen, chez Capital Economics. En février, la production industrielle de la zone euro a flanché de 0,8 %. Surtout : dans la plupart des pays membres, entreprises et consommateurs sont un peu moins optimistes. Selon les chiffres publiés mardi 24 avril par l’Insee, le climat français des affaires s’est érodé pour le troisième mois d’affilée en avril. Tout comme le moral des patrons allemands, selon le baromètre dévoilé par l’Ifo le même jour.
Dans les deux cas, les indicateurs restent supérieurs à leur moyenne à long terme. Pas de raison de paniquer, donc. D’autant que certains de ces chiffres, très volatils, doivent être interprétés avec précaution, car ils ne reflètent pas forcément des tendances de fond. Il n’empêche : le PIB du premier trimestre, publié le 2 mai, pourrait tomber autour de 0,3 % ou 0,4 % dans la zone euro, loin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ L’entreprise, qui travaillait depuis plus de dix ans dans le cadre d’un contrat de sous-traitance, ne louera plus d’avions-cargos aux armées européennes à partir de 2019.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/04/2018
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Dix pays de l’OTAN cherchent à pallier la défection d’un fournisseur russe d’avions-cargos

L’entreprise, qui travaillait depuis plus de dix ans dans le cadre d’un contrat de sous-traitance, ne louera plus d’avions-cargos aux armées européennes à partir de 2019.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 07h39
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Les représentants de dix pays de l’OTAN devaient se retrouver jeudi 26 avril à Gdansk, en Pologne, pour une réunion de crise. En cause : la défection annoncée d’un prestataire russe du transport aérien militaire, Ruslan. L’entreprise, qui travaillait depuis plus de dix ans dans le cadre d’un contrat de sous-traitance, ne fournira plus d’avions-cargos aux armées européennes à partir de 2019.
Allemagne, Belgique, France, Hongrie, Luxembourg, Norvège, Pologne, Slovaquie, Slovénie et République tchèque doivent trouver des alternatives. Les opérations militaires de ces dix nations, au premier rang desquelles la France, très engagée à l’extérieur, pourraient connaître des problèmes logistiques.

En France, cette difficulté s’ajoute à un dossier déjà lourd. Plusieurs investigations ont été lancées depuis 2017 sur des irrégularités entourant les marchés publics de l’affrètement aérien dit « stratégique », entre le territoire et les troupes déployées à l’étranger : enquête pénale du parquet national financier, enquête interne du contrôle général des armées, enquête de commandement de l’état-major.
L’agence de soutien et d’approvisionnement de l’OTAN (NSPA) a conclu en 2006 un contrat, « SALIS », de sous-traitance d’Antonov124, auprès de compagnies russes et ukrainiennes. Les armées occidentales, à l’exception des Etats-Unis avec leurs C5-Galaxy, ne possèdent pas de très gros porteurs de ce type. Sur le marché mondial, ces avions sont très peu nombreux, et propriété quasi exclusive de sociétés issues de l’ancien bloc soviétique. En 2010, six compagnies louaient trente Antonov124. En 2018, ne subsistent que trois compagnies, disposant de vingt avions.
« Talon d’Achille des forces françaises »
Après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, l’OTAN a dû scinder en deux son contrat pour des raisons politiques. D’un côté, les prestataires ukrainiens, avec la compagnie Antonov DB, qui ont assuré 900 heures de vol en 2017 dans le cadre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ La justice turque a condamné les membres du journal d’opposition pour leur supposé soutien à des « organisations terroristes ».
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En Turquie, des journalistes de « Cumhuriyet » condamnés à de la prison

La justice turque a condamné les membres du journal d’opposition pour leur supposé soutien à des « organisations terroristes ».



Le Monde
 |    25.04.2018 à 21h11
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 11h11
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



   


Le tribunal de Silivri, près d’Istanbul, a condamné, mercredi 25 avril, quatorze collaborateurs du quotidien d’opposition Cumhuriyet à des peines allant de deux ans et demi à sept ans et demi de prison pour leur soutien à des « organisations terroristes » au terme d’un procès révélateur des menaces qui pèsent sur l’Etat de droit en Turquie.
Les quatorze collaborateurs de Cumhuriyet ont été reconnus coupables d’avoir soutenu, « sans en être membres », trois organisations terroristes pourtant hostiles les unes aux autres, soit le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le Parti-Front de libération du peuple révolutionnaire (DHKP-C), un groupuscule d’extrême gauche, ainsi que le mouvement du prédicateur musulman Fethullah Gülen, considéré par Ankara comme l’instigateur de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.
« Le journalisme n’est pas un crime. Scruter les puissants ne relève pas du terrorisme, mais du service public. Nous sommes déçus par l’incapacité de la justice turque à protéger les journalistes des graves entraves à leurs droits fondamentaux », a déclaré Barbara Trionfi, la directrice de l’International Press Institute, après l’énoncé du verdict. « Vous aurez honte devant l’histoire », titrait Cumhuriyet sur son site, mercredi soir.

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En détention préventive depuis 542 jours, Akin Atalay, le directeur de Cumhuriyet, a été condamné à sept ans et trois mois de prison et a été placé en liberté conditionnelle jusqu’au procès en appel. M. Atalay était le seul prévenu encore incarcéré, tous les autres comparaissaient libres. Le rédacteur en chef, Murat Sabuncu, a été condamné à sept ans et six mois de prison, de même que les journalistes Ahmet Sik et Aydin Engin. L’éditorialiste Kadri Gursel a été condamné à deux ans et six mois, le caricaturiste Musa Kart à trois ans et neuf mois.
Acte d’accusation vide
Orhan Erinç, un vétéran du journalisme, 82 ans, a été condamné à six ans et trois mois. Prison aussi pour Bülent Utku, l’avocat du quotidien (quatre ans et six mois) ainsi que pour le comptable Emre Iper (trois ans et un mois). Tous ont été placés en liberté conditionnelle sous contrôle judiciaire. Trois prévenus ont été acquittés, dont Turhan Günay, le rédacteur en chef du supplément littéraire.
Emblématique de l’acharnement du pouvoir à étouffer la presse indépendante, le procès Cumhuriyet marque par son caractère absurde. Les prévenus ont été jugés coupables d’avoir « aidé des organisations terroristes » mais leur acte d’accusation est vide. « Par aide, on entend généralement une aide matérielle », a dénoncé Duygun Yarsuvat, l’un des avocats de la défense, déplorant l’inconsistance des charges.
Les seules preuves à charge sont les écrits des journalistes et leurs interventions sur les réseaux sociaux. Autre crime : les titres de Cumhuriyet ont pu être similaires à ceux de Zaman, le quotidien financé par le mouvement Gülen, fermé en mars 2016 sur ordre du palais présidentiel.
« C’est le journalisme qui est poursuivi ici », a déclaré Kadri Gursel, qui a passé onze mois derrière les barreaux avant d’être libéré en 2017. « Nous sortirons d’ici la tête haute et nous continuerons à écrire courageusement, même si c’est difficile dans un environnement hostile à l’Etat de droit et à la démocratie », a-t-il plaidé avant l’énoncé du verdict.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La région a décidé d’imposer des crucifix dans les halls d’entrée de ses bâtiments publics, en signe de « reconnaissance de son identité ».
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La Bavière impose le crucifix dans des bâtiments publics

La région a décidé d’imposer des crucifix dans les halls d’entrée de ses bâtiments publics, en signe de « reconnaissance de son identité ».



Le Monde
 |    25.04.2018 à 18h19
   





                        



   


C’est peu dire que le très conservateur Etat régional allemand de Bavière suscite des réactions. Mardi 24 avril, la région a décidé d’imposer des crucifix dans les halls d’entrée de ses bâtiments publics, en signe de « reconnaissance de son identité ».
Installer des crucifix, ce n’est pas promouvoir « un signe religieux », c’est « reconnaître une identité » et « l’expression d’une empreinte historique et culturelle », a justifié le ministre-président de Bavière, Markus Söder, alors que des crucifix trônent déjà dans les salles de classes et les tribunaux bavarois. L’installation prochaine de ces croix ne concerne toutefois que les bâtiments appartenant à l’Etat bavarois et non ceux relevant des municipalités ou de l’Etat fédéral allemand.
« Neutralité religieuse »
Très critiquée, l’annonce a suscité de vives réactions, notamment sur les réseaux sociaux, certains la jugeant contraire au principe de « neutralité religieuse ». « Nous, les musulmans, n’avons aucun problème avec la croix », mais « la neutralité de l’Etat devrait toujours être respectée », a estimé Aiman Mazyek, président du conseil central des musulmans, cité par l’agence de presse allemande DPA. Il a mis en garde contre une « double morale » qui consisterait à accepter les symboles chrétiens mais à bannir de l’espace public les signes juifs ou musulmans.
Dans cette région à dominante catholique du sud de l’Allemagne, le parti au pouvoir, la CSU, devra affronter cet automne une extrême droite en plein essor. Un scrutin qui s’annonce déjà délicat.
Alliée d’Angela Merkel au sein d’une coalition formée de conservateurs et de sociaux-démocrates, la CSU est très critique à l’endroit de la chancelière depuis qu’elle a ouvert, en 2015, les portes à plus d’un million de réfugiés. Et elle a encore durci ses positions dans la perspective des élections de l’automne prochain, où le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) est en embuscade. Récemment, le ministre de l’intérieur de Mme Merkel et patron de la CSU, Horst Seehofer, a ainsi suscité un tollé en déclarant que « l’islam ne faisait pas partie de l’Allemagne ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Si les taux d’emploi des différentes catégories d’âge atteignent leurs plus hauts niveaux dans l’Europe des Vingt-Huit depuis 2001, de fortes diversités continuent d’exister selon les pays.
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Le taux d’emploi des 20-64 ans dans l’Union européenne atteint un nouveau pic de 72,2 % en 2017

Si les taux d’emploi des différentes catégories d’âge atteignent leurs plus hauts niveaux dans l’Europe des Vingt-Huit depuis 2001, de fortes diversités continuent d’exister selon les pays.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 17h51
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 18h05
    |

                            Gaëlle Picut








                        



                                


                            

Selon les dernières données de l’office européen de statistique Eurostat, le taux d’emploi de la population âgée de 20 à 64 ans dans l’Union européenne (UE) s’est établi à 72,2 %, en 2017, en hausse par rapport à 2016 (71,1 %). C’est le taux le plus élevé enregistré depuis le début de la série de données en 2001. La France se situe légèrement en dessous de cette moyenne européenne, avec un taux d’emploi des 20-64 ans de 70,6 % en 2017 (70 % en 2016).
L’objectif de la « stratégie Europe 2020 » – stratégie en faveur de la croissance et de l’emploi adoptée en 2010 par l’Union européenne pour les dix ans à venir – est d’atteindre un taux d’emploi total des 20-64 ans d’au moins 75 % dans l’UE d’ici à 2020. Cet objectif a été traduit en objectifs nationaux pour refléter la situation et les possibilités de chaque Etat membre de contribuer à l’objectif commun. L’évolution à la hausse est observée tant pour les hommes que pour les femmes.
Croissance plus forte chez les femmes
Le taux d’emploi des hommes s’est élevé à 78,0 % en 2017, en hausse par rapport à 2016 (76,9 %) et à un niveau quasi identique à celui de 2008 (77,9 %), année du précédent pic. S’agissant des femmes, leur taux d’emploi a constamment augmenté depuis 2010, pour culminer à 66,5 % en 2017 (comparé à 65,3 % en 2016).

De même, le taux d’emploi des 55-64 ans a atteint son plus haut niveau dans l’UE. Il n’a cessé de croître, passant de 38,4 % en 2002 à 57,1 % en 2017. La croissance a été plus forte chez les femmes (de 29,1 % en 2002 à 50,9 % en 2017) que chez les hommes (de 48,2 % en 2002 à 63,7 % en 2017). Pour rappel, une plus grande participation des travailleurs âgés est aussi l’un des objectifs de la stratégie Europe 2020 en matière d’emploi.
La France est là aussi en dessous de la moyenne européenne, avec 51,4 % des 55-64 ans en emploi en 2017 (49,8 % en 2016).
Concernant le taux d’emploi des 20-64 ans, des diversités fortes continuent d’exister selon les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ C’est l’opposant Nikol Pachinian qui a appelé de ses vœux ces défilés, pour réclamer une passation de pouvoir pacifique et des législatives anticipées.
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Nouvelles manifestations en Arménie pour réclamer des législatives anticipées

C’est l’opposant Nikol Pachinian qui a appelé de ses vœux ces défilés, pour réclamer une passation de pouvoir pacifique et des législatives anticipées.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 16h23
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 16h52
   





                        



   


Erevan n’en finit pas de manifester. De nouveaux rassemblements ont été organisés, mercredi 25 avril dans la capitale arménienne, deux jours après la démission du premier ministre contesté Serge Sarkissian. C’est l’opposant Nikol Pachinian qui a appelé de ses vœux ces défilés, pour réclamer une passation de pouvoir pacifique et des législatives anticipées.
Des dizaines de milliers de personnes ont répondu à l’appel du leader de la contestation, en scandant dans la rue de la capitale de cette ex-république soviétique du Caucase « Nikol, notre premier ministre ! » et « Nous sommes les maîtres de notre pays ». Face à la reprise de la contestation, des centaines des policiers et des forces antiémeutes, ainsi que plusieurs véhicules blindés ont été déployés dans le centre-ville.
Une importante manifestation a également eu lieu à Vanadzor, troisième plus grande ville du pays, selon des images des télévisions.

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« Prêt à diriger le pays »
Député et opposant de longue date, M. Pachinian, 42 ans, qui s’est déclaré, mardi, « prêt à diriger le pays », a fustigé l’annulation de négociations prévues mercredi matin avec le premier ministre par intérim, Karen Karapetian, un fidèle du chef du gouvernement déchu.

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Les députés du Parlement arménien ont sept jours à compter de la démission du chef du gouvernement pour proposer de nouvelles candidatures à ce poste. Le vote pourrait avoir lieu le 2 mai. Mais le Parti républicain de M. Sarkissian dispose de 65 sièges sur 105 au Parlement et il a toutes les chances de faire élire de nouveau son candidat, une option rejetée par Nikol Pachinian. La candidature de l’opposant devrait être proposée au poste de premier ministre par le bloc d’opposition Yelk, a déclaré l’un de ses responsables Edmon Maroukian, tout en soulignant que Nikol Pachinian pouvait compter actuellement sur le soutien de 40 députés, alors qu’il a besoin de 53 voix pour être élu.

   


« Etre aux côtés du peuple »
« Le Parti républicain doit partir… Tous… Les républicains doivent reconnaître la victoire du peuple… », a lancé M. Pachinian, alors qu’il défilait, mercredi, à travers Erevan à la tête des milliers de ses partisans. L’opposant a également jugé « inacceptable » qu’un représentant de ce parti reste premier ministre par intérim jusqu’à l’organisation des élections anticipées. Le parti Arménie prospère, deuxième plus grande formation au Parlement arménien, a appelé lui aussi, mercredi, ses membres à « descendre dans la rue et à être aux côtés du peuple ».
Pour sa part, le premier ministre par intérim, Karen Karapetian, a déclaré mercredi, lors d’une conférence de presse, ne pas être opposé à l’organisation d’élections législatives anticipées, tout en soulignant qu’une telle décision devait être prise par « toutes les forces politiques » du pays.
La Russie « suit attentivement la situation » en Arménie, a commenté à Moscou le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en ajoutant espérer que les Arméniens « pourront régler la situation (…) et trouver prochainement une solution stable ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Un « Echo » avait récemment été attribué aux rappeurs Kollegah et ­Farid Bang, dont le dernier album contient des textes antisémites.
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Antisémitisme : le principal prix musical allemand supprimé après un scandale

Un « Echo » avait récemment été attribué aux rappeurs Kollegah et ­Farid Bang, dont le dernier album contient des textes antisémites.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 15h51
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 16h11
   





                        



   


Le principal prix de musique en Allemagne, les « Echos », n’aura plus lieu. C’est ce qu’a annoncé l’organisateur de cet événement annuel, mercredi 25 avril, conséquence de la polémique suscitée par la remise d’un prix à des rappeurs accusés de chanter des textes antisémites.
« Il n’y aura plus d’Echos (…). On ne veut pas que ce prix de la musique puisse être considéré comme une plateforme pour l’antisémitisme, le mépris des femmes, l’homophobie ou la banalisation de la violence », a déclaré la Fédération de l’industrie musicale, organisatrice des Echos jusqu’ici. La remise des prix Echos est la cérémonie de remise de prix musicaux la plus renommée en Allemagne, dans des domaines allant du classique à la musique pop en passant par le jazz.

        Lire le récit :
         

          Le scandale des « Victoires » de la musique allemandes s’amplifie



Cette prestigieuse récompense avait été attribuée le 12 avril aux rappeurs Kollegah et ­Farid Bang, dont le dernier album, Jung, brutal, gutaussehend 3 (« jeune, brutal, beau gosse 3 »), contenait une chanson évoquant « mon corps plus dessiné que ceux des prisonniers d’Auschwitz », et une autre appelant à « commettre à nouveau un Holocauste ».
« Nouveau départ total »
Les deux rappeurs se défendent de tout antisémitisme mais, depuis deux semaines, de nombreux artistes avaient décidé de rendre leur propre prix Echo en signe de protestation, notamment le célèbre chef d’orchestre israélo-argentin Daniel Barenboim, directeur musical d’un des deux grands opéras de Berlin. Les prix se fondent sur les succès commerciaux des artistes et la victoire des deux rappeurs était dès lors attendue.
« La marque Echo a été endommagée à un tel point qu’un nouveau départ total est nécessaire », a admis la Fédération de l’industrie musicale, qui dit qu’elle prendra son temps avant d’annoncer la formule qui remplacera ces prix l’année prochaine. Elle avait auparavant annoncé un « audit global » et un « renouvellement des mécanismes de nomination et d’attribution du prix », sans plus de précisions.
Ce scandale survient dans un contexte de recrudescence de l’antisémitisme en Allemagne. La chancelière Angela Merkel s’est émue de cette situation à plusieurs reprises ces derniers mois, la dernière fois dimanche dans une interview à une télévision israélienne.

        Lire le compte-rendu :
         

          L’Allemagne s’inquiète d’une recrudescence de l’antisémitisme






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Cristina Cifuentes était sous la menace d’une motion de censure de la gauche après des accusations d’obtention frauduleuse d’un master et de vol de produits cosmétiques.
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Espagne : la présidente de la région de Madrid démissionne

Cristina Cifuentes était sous la menace d’une motion de censure de la gauche après des accusations d’obtention frauduleuse d’un master et de vol de produits cosmétiques.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 14h43
   





                        



   


La présidente conservatrice de la région de Madrid, Cristina Cifuentes, affaiblie par des accusations d’obtention frauduleuse d’un master, mais aussi de vol de produits cosmétiques dans un supermarché en 2011, a annoncé sa démission mercredi 25 avril. « Toute mon action, toute ma vie a été mise en cause », a déclaré Mme Cifuentes, 54 ans, en se déclarant victime d’un « lynchage ».
Figure du Parti populaire du chef du gouvernement Mariano Rajoy, Cristina Cifuentes, qui dirigeait la région depuis trois ans, a expliqué à la presse avoir « pris cette décision, il y a quelques jours, de faire un pas en arrière pour éviter que la gauche ne gouverne à Madrid ».
Elle était en effet sous la menace d’une motion de censure de celle-ci qui avait toutes les chances d’aboutir. Le parti de centre droit Ciudadanos avait annoncé qu’il lui retirait son soutien, indispensable à la droite dans une région qu’elle ne gouvernait qu’avec une minorité de 48 élus sur 151.

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Critiques depuis un mois
La dirigeante madrilène, censée incarner la rénovation du Parti populaire, éclaboussé par des scandales de corruption, était sous le feu des critiques depuis un mois. Plusieurs médias l’avaient accusée d’avoir obtenu un master en droit public de manière frauduleuse, ce qu’elle avait nié avant que l’université publique concernée, Rey Juan Carlos, évoque elle-même de graves irrégularités. Sous la pression, elle l’avait finalement retiré de son CV. Ciudadanos avait alors exigé l’ouverture d’une enquête, tandis que l’opposition de gauche préparait une motion de censure.
Mercredi matin, une nouvelle attaque est venue d’un média conservateur, OK Diario, qui a publié une vidéo dans laquelle un agent de sécurité demande a Cristina Cifuentes d’ouvrir son sac dans un supermarché ; un incident lié, selon elle, à une « erreur involontaire » immédiatement réparée.
Cristina Cifuentes a confirmé l’authenticité de l’enregistrement, assurant qu’elle avait simplement emporté ce jour-là « de manière involontaire (…) 40 euros de produits ». « Toutes les lignes rouges ont été franchies », a-t-elle dénoncé.

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Pas de successeur évident
Elle n’a pas suggéré de nom pour lui succéder, à un an d’élections régionales dans ce bastion de la droite espagnole, gangrené par des affaires d’attribution frauduleuse de marchés et de malversations qui avaient déjà entraîné la démission d’une autre ancienne présidente de la région.
« Cifuentes démissionne après un mois honteux », a réagi Iñigo Errejon, du parti de gauche radicale Podemos, qui ambitionne de prendre la tête de la région représentant 20 % du PIB espagnol. « Nous sommes satisfaits », a déclaré le président de Ciudadanos, Albert Rivera, avant de conclure : « Madrid mérite un changement. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le Danois a été reconnu coupable de meurtre avec préméditation, sévices sexuels aggravés et atteinte à l’intégrité d’un cadavre. Une décision dont il fait appel.
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Peter Madsen condamné à la prison à vie pour le meurtre de la journaliste suédoise Kim Wall

Le Danois a été reconnu coupable de meurtre avec préméditation, sévices sexuels aggravés et atteinte à l’intégrité d’un cadavre. Une décision dont il fait appel.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 13h39
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 06h37
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Copenhague, envoyée spéciale)








                        



   


Pantalon gris clair, pull noir et veste de blazer sombre, Peter Madsen a accueilli, mercredi 25 avril, au tribunal de Copenhague, l’annonce de son verdict, debout, les mains dans les poches. Jugé depuis le 8 mars pour le meurtre de la journaliste suédoise Kim Wall, âgée de 30 ans, l’inventeur de 47 ans écope d’une condamnation à la prison à vie, la peine maximale au Danemark.
Poursuivi pour meurtre avec préméditation, sévices sexuels aggravés et atteinte à l’intégrité d’un cadavre, Peter Madsen n’a admis que le dernier chef d’accusation, continuant d’affirmer, jusqu’à la fin du procès, que la jeune femme est morte des suites d’un accident.

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La juge professionnelle et les deux jurés qui l’ont condamné estiment cette version « peu crédible ». Au regard des preuves, ils sont convaincus au contraire que Kim Wall a été victime d’« une agression sexuelle et d’un meurtre cyniques et prémédités d’une nature particulièrement brutale ».
« Une affaire tellement horrible et répugnante qu’on en perd ses mots » le procureur Jakob Buch-Jepsen
Durant les onze jours d’audience, Madsen n’a exprimé que peu de regret, si ce n’est pour s’affliger de son propre sort. L’inventeur danois a souvent fait preuve d’arrogance, se montrant hargneux à l’égard du procureur, condescendant parfois, n’hésitant pas à railler ses questions et perdant facilement son calme.
Lors de son réquisitoire, lundi 23 avril, le procureur Jakob Buch-Jepsen a constaté qu’il était difficile d’imaginer un crime « plus sérieux » : « Deux personnes partent en mer. L’une revient. L’autre finit torturée, tuée et démembrée, découverte plus tard, coupée en morceaux. Une affaire tellement horrible et répugnante que, comme procureur, on en perd ses mots. »
Pendant des années, le charismatique Danois, jouant le rôle du savant fou, aurait donc réussi à tromper son monde. Les psychiatres le décrivent comme un « pervers polymorphe », présentant « des traits narcissiques et psychopathiques », avec une sexualité extrêmement « déviante ». Jugeant qu’il continuait de représenter un danger pour la société, ils avaient recommandé l’enfermement à vie.
Blessures infligées au moment de la mort
Pour les juges, le crime était prémédité. « Quand s’est présentée l’occasion de commettre le meurtre parfait, il l’a saisie », a expliqué le procureur Jakob Buch-Jepsen, lors de son réquisitoire. Madsen avait invité trois femmes, avant de contacter Kim Wall, le 10 août 2017. Il a ensuite pris soin d’emporter à bord du submersible des outils qui pourraient lui servir : une scie à bois, des sangles de valise, un tournevis affûté…
La veille, il avait effectué une recherche sur Internet, en utilisant les mots « femme » et « décapitation ». Il avait également visionné plusieurs vidéos, montrant des femmes se faire torturer et tuer. « Ce n’est pas sexuel, a expliqué Madsen. Je regarde ces vidéos pour pleurer et éprouver des émotions. »
L’ADN de Madsen a été retrouvé sous les ongles de la journaliste. Son torse a été poignardé à quatorze reprises, dans et autour de ses parties génitales.

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Madsen affirme que les blessures ont été infligées plusieurs heures après la mort de la journaliste. Il aurait poignardé son corps, pour s’assurer qu’il ne remonte pas à la surface. Mais les légistes ont identifié un écoulement de sang, compatible avec une blessure infligée avant la mort, et découvert, sur la combinaison de l’inventeur, plusieurs gouttes de sang, corroborant l’hypothèse de violences ante mortem.
Incohérences
Madsen soutient que Kim Wall a succombé à un empoisonnement au monoxyde de carbone, lors de la dépressurisation de la cabine, alors même qu’il se trouvait à l’extérieur. Les experts, qui ont défilé à la barre, ont souligné les incohérences d’une telle version.
Sans compter, constatent les juges, que Madsen est plusieurs fois revenu sur ses aveux. Après avoir affirmé qu’il avait ramené la jeune femme, saine et sauve, à Copenhague, le 10 août, il a ensuite assuré qu’elle avait été tuée en recevant le panneau de l’écoutille sur la tête – version mise à mal une fois que la tête de la jeune femme a été retrouvée, sans trace de traumatisme.

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Betina Hald Engmark, l’avocate de Madsen, a reconnu que son client « avait commis des erreurs et agi de manière parfaitement irrationnelle », mais affirmé qu’il n’était coupable que de « violation de l’intégrité d’un corps », constatant que « l’histoire » présentée par le procureur « ne repose pas sur des faits, ni sur des preuves, mais seulement sur des hypothèses non documentées ». Mercredi, Peter Madsen a décidé de faire appel. Si le verdict est confirmé, il devrait rester environ seize ans derrière les barreaux, avant de retrouver la liberté.



                            


                        

                        


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édition abonné


La politique de Donald Trump bouscule Aluminium Dunkerque

Les sanctions américaines contre les Russes compliquent l’approvisionnement du site. L’entreprise a dû cesser de se fournir chez Rusal, son plus gros fournisseur d’alumine.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 13h16
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 13h58
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            

Des sueurs froides et des annonces en forme de montagnes russes : voilà ce que viennent de vivre pendant près de quinze jours la direction d’Aluminium Dunkerque (ex-Péchiney) et ses 540 salariés aujourd’hui rassurés. L’usine de Loon-Plage a failli devoir fermer ses portes plusieurs mois à la suite des décisions prises par l’administration Trump à l’encontre de la Russie.
Le 6 avril, les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre 38 personnes et entités accusées notamment de participer aux « attaques » de la Russie contre « les démocraties occidentales ». Parmi les cibles de ces mesures punitives figurait le propriétaire du géant de l’aluminium Rusal, Oleg Deripaska, l’un des sept « oligarques » présentés comme proches du Kremlin de Vladimir Poutine. La mise à l’index de Rusal a directement impacté Aluminium Dunkerque. Du jour au lendemain, la première fonderie d’aluminium d’Europe a dû cesser de se fournir chez Rusal, son plus gros fournisseur d’alumine. Cette matière extraite de la bauxite est nécessaire à la production d’aluminium par électrolyse.

« Nous avions du stock d’alumine jusqu’à la mi-mai, confirme une source proche de la direction. Mais les inquiétudes portaient sur les jours d’après. » Pour produire son aluminium, l’usine dunkerquoise utilise 264 cuves d’électrolyse. « Si on cesse de les alimenter, il y a un problème pour les redémarrer, explique Laurent Geeraert, secrétaire du comité d’entreprise d’Aluminium Dunkerque. Il faut quatre à cinq mois pour les relancer car on produit du métal liquide chaud dont la remontée en température est assez longue. » A raison d’une journée pour relancer une à deux cuves, l’avenir d’Aluminium Dunkerque prenait d’un coup du plomb dans l’aile.
Hausse du cours d’aluminium
Mais plusieurs fournisseurs ont accepté d’envoyer en urgence des bateaux chargés d’alumine pour renflouer les stocks de l’usine dunkerquoise, construite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le jeune premier ministre, qui avait défié les autorités belges dans un discours anticolonialiste devenu célèbre en 1960, fut assassiné six mois plus tard.
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Décryptage

La ville de Bruxelles rend hommage au Congolais Patrice Lumumba en donnant son nom à une place

Le jeune premier ministre, qui avait défié les autorités belges dans un discours anticolonialiste devenu célèbre en 1960, fut assassiné six mois plus tard.

Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 25.04.2018 à 12h41

     •
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        Mis à jour le 25.04.2018 à 12h44






    
Le premier ministre congolais Patrice Lumumba à l'aéroport d'Idlewild, à New York, le 2 août 1960.
Crédits : AFP


Le conseil municipal de Bruxelles-Ville s’est finalement rallié à une proposition débattue depuis des années : il a décidé, lundi 23 avril, de la création d’une place Patrice-Lumumba, du nom de l’éphémère premier ministre du Congo devenu indépendant en 1960, après la fin de la colonisation belge.
La place sera officiellement inaugurée le 30 juin, date du 58e anniversaire de l’actuelle République démocratique du Congo (RDC). « Les symboles sont de la plus haute importance », a indiqué le bourgmestre, Philippe Close. Et le lieu choisi est, lui aussi, hautement symbolique : il jouxte le quartier de Matonge, où vivent de nombreux Congolais, sympathisants ou non, du jeune dirigeant nationaliste des premières heures de l’indépendance.

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Soupçonné de vouloir faire basculer son pays dans l’orbite soviétique et auteur, le 30 juin 1960, d’un fervent discours anticolonialiste vécu comme un affront par les autorités belges de l’époque, Patrice Lumumba a été assassiné le 17 janvier 1961, avec la complicité présumée de responsables belges.
Un mythe pour toute l’Afrique
Il a fallu quarante ans pour que la Belgique tente d’éclaircir officiellement son rôle dans cet assassinat. En 2001, une commission parlementaire avait conclu à la « responsabilité morale » de dirigeants belges dans l’exécution de M. Lumumba et de deux de ses ministres par des gendarmes katangais. Les députés concluaient aussi que la diplomatie belge avait menti à ses alliés en niant avoir eu connaissance des informations relatives à l’assassinat. Enfin, le texte mettait prudemment en cause feu le roi Baudouin, en désaccord avec la politique africaine de son gouvernement.

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Les députés affirmaient cependant ne pas disposer d’indications formelles quant à l’implication de responsables belges ou des services de sécurité, pourtant fortement soupçonnés d’avoir couvert, voire organisé la mort du jeune dirigeant. Des conclusions qui ont semblé timides à beaucoup, en tout cas par rapport aux conclusions d’historiens qui soulignaient que des politiques et des industriels belges avaient tout fait pour éliminer un homme devenu un mythe pour toute l’Afrique.
M. Lumumba était notamment coupable, à leurs yeux, d’avoir évoqué, le jour de l’indépendance de son pays, « l’esclavage » imposé à son peuple. Mais aussi d’avoir menacé les intérêts économiques de Bruxelles, qui soutenait la sécession katangaise de Moïse Tshombe, susceptible de préserver une tête de pont pour l’ancien colonisateur.

    
Une statue de Patrice Lumumba à Kinshasa, en RDC.
Crédits : JUNIOR D. KANNAH / AFP


En 2012, le parquet fédéral a annoncé l’ouverture d’une enquête officielle sur le rôle de la Belgique. La famille de Patrice Lumumba avait déposé une plainte en juin 2011 en s’appuyant sur la loi de compétence universelle, autorisant les poursuites en cas de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité commis hors du territoire. Les constitutions de partie civile visaient douze personnalités, hauts fonctionnaires, hommes politiques, militaires et policiers. La procédure s’est visiblement enlisée.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Daniel Barenboim et Renaud Capuçon ont rendu leur prix Echo en signe de protestation contre la récompense reçue par deux rappeurs dont le dernier album contient des chansons aux textes antisémites.
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Antisémitisme : le scandale des « Victoires » de la musique allemandes s’amplifie

Daniel Barenboim et Renaud Capuçon ont rendu leur prix Echo en signe de protestation contre la récompense reçue par deux rappeurs dont le dernier album contient des chansons aux textes antisémites.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 10h11
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 13h47
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Pas un jour ne passe sans que le « scandale du prix Echo », comme l’a baptisé la presse allemande, prenne un peu plus d’ampleur. Deux ­semaines après la remise de cette prestigieuse récompense musicale aux rappeurs Kollegah et ­Farid Bang, lauréats dans la catégorie Hip-Hop, la liste des artistes ayant décidé de rendre leurs ­propres Echos en signe de protestation ne cesse de s’allonger. En cause, le dernier album des deux rappeurs allemands, Jung, brutal, gutaussehend 3 (« Jeune, brutal, beau gosse 3 »), dont l’une des chansons évoque « mon corps plus dessiné que ceux des prisonniers d’Auschwitz », tandis qu’une autre appelle à « commettre à nouveau un Holocauste ».
Parmi les derniers à avoir rendu leurs Echos — l’équivalent outre-Rhin des Victoires de la musique, créé en 1992 —, Daniel Barenboim et Renaud Capuçon. Lundi 23 avril, le chef d’orchestre et pianiste israélo-argentin, sept fois lauréat du prix, a dénoncé un album aux textes « ouvertement antisémites, misogynes, homophobes et d’une façon générale méprisants pour la dignité humaine ». Quelques heures plus tard, le violoniste français lui emboîtait le pas, à peu près dans les mêmes termes. « J’ai décidé de rendre mes Echo Preis pour protester contre l’attribution de ce prix à un groupe de rap dont les paroles des textes sont racistes, antisémites et indignes de la dignité humaine », a-t-il écrit sur Twitter, lundi soir. La concomitance n’est pas fortuite. Quadruple lauréat du prix Echo, M. Capuçon doit donner deux concerts à ­Berlin, les 5 et 6 mai. Il se produira dans la salle Pierre-Boulez, où se trouve l’académie de musique de M. Barenboim, qui accueille de jeunes musiciens du Proche-Orient, quelles que soient leur religion ou leur nationalité.
Pour l’instant, l’hémorragie a moins touché le monde de la variété que celui de la musique classique
Avant eux, d’autres artistes avaient également décidé de renvoyer leurs récompenses, comme le chanteur allemand Marius Müller-Westernhagen, l’un des plus primés (il en a reçu huit au total), ou le producteur Klaus Voormann, qui a reçu cette année un Echo d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Pour l’instant, toutefois, l’hémorragie a moins touché le monde de la variété que celui de la musique classique où, rapporté à l’ensemble des lauréats, la part de ceux ayant rendu leurs prix est plus importante. C’est notamment le cas du chef d’orchestre Enoch zu Guttenberg, du pianiste Igor Levit ou du vio­loniste Andreas Reiner. Plusieurs ensembles renommés outre-Rhin ont fait de même, comme la Sächsische Staatskapelle de Dresde, dirigé par Christian Thielemann, et dont les membres ont justifié leur décision en ces termes : « Un prix qui met les ventes au-dessus de tout et qui, le jour du souvenir de la Shoah, diffuse en direct une émission qui se moque des victimes du IIIe Reich devient un symbole de cynisme auquel nous ne pouvons souscrire. »
Les lauréats parmi le Top 5 des meilleures ventes
Les responsables du prix Echo n’ont pas tardé à réagir. Trois jours après la remise de la récompense controversée aux rappeurs Kollegah et Farid Bang, qui se défendent de tout antisémitisme, le président de la Fédération allemande de l’industrie musicale (BVMI), Florian Drücke, a promis un « audit global » et un « renouvellement des mécanismes de nomination et d’attribution du prix ». Il n’en a cependant pas dit davantage. Les lauréats sont désignés par un jury, qui n’a cependant qu’une latitude limitée, puisque les nommés sont ceux qui, dans chaque catégorie (pop, rock, schlager, hip-hop, etc.), figurent dans le Top 5 des meilleures ­ventes de l’année écoulée.
Il n’est pas certain que ces promesses suffiront. Déjà, certains s’interrogent sur l’avenir du prix. C’est le cas de Thomas Schreiber, l’influent responsable des divertissements de la chaîne publique ARD, qui retransmettait la remise du prix Echo jusqu’en 2017. « L’industrie musicale met la tête dans le sable. (…) L’Echo n’a plus aucune justification, ni sur le plan du contenu ni sur le plan moral », a-t-il récemment déclaré au quotidien Die Welt.
La condamnation de la remise du prix Echo aux deux rappeurs, à laquelle ont également souscrit le ministre des affaires étrangères allemand, Heiko Maas, ainsi que le Comité international d’Auschwitz, s’inscrit dans un contexte particulier outre-Rhin, où la question de l’antisémitisme occupe une place de plus en plus grande dans l’actualité depuis quelques semaines. Une semaine après l’agression, à Berlin, d’un jeune Israélien qui portait une kippa, les représentants de la communauté juive de la capitale allemande ont appelé tous les habitants de la ville, mercredi 25 avril, à en revêtir une également à leur tour, en signe de solidarité.

        Lire le compte-rendu :
         

          L’Allemagne s’inquiète d’une recrudescence de l’antisémitisme






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’ex-chef politique des Serbes de Bosnie a fait appel de sa condamnation à quarante ans de prison pour « génocide à Srebrenica », « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre ».
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Radovan Karadzic, jugé en appel à La Haye, se présente comme un incompris

L’ex-chef politique des Serbes de Bosnie a fait appel de sa condamnation à quarante ans de prison pour « génocide à Srebrenica », « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre ».



Le Monde
 |    24.04.2018 à 20h03
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 20h22
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            Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)








                        



   


Vingt-six ans après le début de la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-1995), Radovan Karadzic veut encore réécrire l’histoire. Condamné à quarante ans de prison le 24 mars 2016 par une chambre de première instance du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), le psychiatre, capturé en juillet 2008 à Belgrade, demande en appel la reprise de son procès à zéro pour contrer « un jugement qui fourmille de propos travestis ».
Lundi 23 et mardi 24 avril, l’ex-chef politique des Serbes de Bosnie a, devant la chambre d’appel, rejeté les accusations contre lui. M. Karadzic aurait, depuis dix ans, « continué à lutter pour la justice », assure son avocat. Une justice qui l’a reconnu coupable en première instance de « génocide à Srebrenica », de « crimes contre l’humanité » pour l’épuration ethnique menée en Bosnie – dont les quatre ans du siège de Sarajevo – et de « crimes de guerre » pour la prise en otage d’agents de l’ONU.
Maître Peter Robinson l’affirme : son client reste « empli d’espoir », mieux armé que jamais de « son optimisme sans fin, l’amour de sa population (…) et son grand sens de l’humour », que l’on peine néanmoins à percevoir depuis la galerie publique, où sont venues, comme à chaque grande étape des procès de La Haye, des veuves de Srebrenica.

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« Dresser une autoroute vers l’enfer »
Débarrassé de la barbe de gourou sous laquelle il se cachait durant ses années de cavale, chevelure poivre et sel toujours en bataille – signalée « flamboyante » dans les fiches d’Interpol à l’heure ancienne de sa cavale –, Radovan Karadzic se présente comme un incompris. On aurait déformé ses discours ; mésinterprété ses déclarations ; ignoré ses livres. A l’heure de la guerre, promettre à ses ennemis « de dresser une autoroute vers l’enfer » n’était pas une menace mais un avertissement, explique-t-il aux juges de la chambre d’appel.
Il invite – à moins qu’il ne s’agisse aussi d’un avertissement – à réviser son jugement, faute de quoi « le conflit entre nous ne va pas cesser ». Pire, dit-il, bien conscient que le mandat politique du tribunal de l’ONU aura été d’accompagner les accords de paix de 1995, ce jugement « va infliger un grand mal » en ex-Yougoslavie.
Sa condamnation, en 2016, n’a pourtant pas amplifié les tensions déjà persistantes en Bosnie. A 72 ans, Radovan Karadzic est inexorablement un homme du passé, qui assène les mêmes propos tenus aux premières heures de la guerre. « La Bosnie-Herzégovine n’avait pas le droit de faire sécession unilatéralement », répète-t-il, et s’il n’avait rien fait, il « aurait dû répondre de haute trahison ».
Karadzic assure avoir tout ignoré de Srebrenica, et du massacre de 5 115 Musulmans de Bosnie – décompte du TPIY – par les forces bosno-serbes conduites par Ratko Mladic en juillet 1995. « Pensez-vous qu’il y a une conspiration du silence ?, demande le président, Theodor Meron, à l’avocat de Karadzic. Que tout le monde, tous les officiers, ont participé à une conspiration du silence ? », laissant le chef suprême dans l’ignorance.
Les conditions de détention dans les camps
Le procureur, qui a, lui aussi, fait appel du jugement de 2016, cherche à convaincre les juges du bien-fondé de l’accusation de « génocide » en Bosnie, qui n’avait pas été retenue : « L’intention génocidaire ne se réduit pas à un simple calcul mathématique, rappelle la substitut du procureur, Laurel Baig. La question n’est pas l’échelle des massacres, mais savoir si l’objet du crime était de détruire. » Dans les camps, les conditions de détention correspondaient à des actes génocidaires, explique-t-elle : pas d’eau, pas de médicaments, mauvais traitements contre les femmes, les personnes âgées et les enfants, viols fréquents. Un génocide, explique Laurel Baig, c’est « lorsque les membres de ce groupe ne peuvent plus se constituer en tant que communauté ».
L’avocat de Karadzic conteste : « L’intention de déplacer une population n’est pas l’intention de la détruire. » La procureure fait parler les victimes : « Ils ont des cauchemars, disent que leur vie s’est arrêtée en 1992. Ils disent qu’ils vivent encore tout seuls. Ils disent que c’est comme s’ils avaient été tués. » Karadzic, dit-elle, « a abusé de son pouvoir immense de faire couler le sang de milliers de victimes. Pour que justice soit faite, il faut qu’il soit condamné à la peine la plus importante, c’est-à-dire la perpétuité ».
En première instance, les juges avaient accordé à Radovan Karadzic la circonstance atténuante d’avoir quitté la scène politique après-guerre, le condamnant à quarante ans de prison. La procureure proteste, arguant que « Karadzic a conclu cet accord une fois que la possibilité de poursuivre ses campagnes criminelles était annulée ». L’ex-chef des Serbes de Bosnie avait fait valoir l’accord passé avec le négociateur américain Richard Holbrooke : un retrait politique contre la liberté, alors que pesait contre lui un mandat d’arrêt du TPIY. Le verdict définitif devrait être rendu d’ici fin décembre.



                            


                        

                        


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Dublin et Apple signent un accord pour collecter 13 milliards d’euros d’« avantages fiscaux indus »

Bruxelles estime que l’entreprise américaine a payé trop peu d’impôts en Irlande du fait d’un accord fiscal passé avec les autorités du pays.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 18h44
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 19h54
   





                        


Le gouvernement irlandais a annoncé, mardi 24 avril, la signature avec Apple d’un accord permettant le versement, sur un compte bloqué, de 13 milliards d’euros d’avantages fiscaux jugés indus par l’Union européenne. La Commission avait demandé il y a plus d’un an à l’Irlande de commencer à récupérer les fonds.
Cet accord, dont la signature formelle était prévue pour la fin de la journée mardi, permet la mise en place d’un compte sous séquestre vers lequel seront virés les capitaux correspondant aux « avantages fiscaux indus » perçus par Apple, selon l’exécutif européen.

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Bruxelles estime en effet que l’entreprise américaine a payé trop peu d’impôts en Irlande du fait d’un accord fiscal passé avec les autorités du pays, qui lui aurait permis de ne soumettre à l’impôt qu’une infime partie des milliards gagnés en Europe. L’Irlande abrite le siège européen d’Apple qui y enregistre tous les bénéfices réalisés dans cette zone géographique ainsi qu’en Afrique, au Moyen-Orient et en Inde.
Dublin et Apple contestent
Les 13 milliards d’euros devraient être transférés sur le compte bloqué d’ici à la fin du troisième trimestre, a expliqué le ministre des finances irlandais, Paschal Donohoe, dans un communiqué. Le ministre a néanmoins réaffirmé que Dublin « contest[ait] l’arbitrage » de la Commission européenne, jugeant tout à fait légales les conditions fiscales entourant l’activité de la marque à la pomme en Irlande. En tant qu’Etat membre, l’Irlande entend toutefois « bien se conformer à ses obligations légales ».
Le gouvernement irlandais va donc placer les sommes en jeu sur ce compte bloqué en attendant le résultat des appels du pays et du groupe américain sur le fond de la décision européenne d’imposer à Apple le remboursement à Dublin.
En attendant d’être fixé sur le fond, M. Donohoe a justifié le temps pris pour la collecte par la complexité et l’ampleur de la procédure, « la plus importante de ce type » jamais réalisée, a-t-il assuré.

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