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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La relance du dialogue avec Pyongyang fait grimper la cote de popularité de Moon Jae-in, qui a fait retomber la tension dans la péninsule.
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Les Sud-Coréens plébiscitent le pacifisme de leur président

La relance du dialogue avec Pyongyang fait grimper la cote de popularité de Moon Jae-in, qui a fait retomber la tension dans la péninsule.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 18h05
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 18h13
    |

            Philippe Mesmer (Séoul, envoyé spécial)








                        



   


« Les miracles n’arrivent jamais miraculeusement. Le sommet intercoréen est le fruit d’une grande patience, de larmes et de prières. » C’est avec une certaine emphase que Choo Mi-ae, présidente du Parti Minjoo (démocrate), au pouvoir en Corée du Sud, s’exprimait mercredi 25 avril à Séoul où une campagne d’affichage et de vidéos salue l’organisation du sommet entre le président sud-coréen Moon Jae-in et le dirigeant du nord Kim Jong-un. « Laissons ce miracle se poursuivre et finissons la guerre de Corée [1950-1953] pour bénéficier d’une véritable paix » lançait-elle.
L’administration de M. Moon entend profiter du sommet pour tenter de « remplacer le régime de l’armistice sur la péninsule coréenne par un régime de paix ». Non signée par la Corée du Sud, l’armistice de 1953 n’a instauré qu’un simple cessez-le-feu.

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S’il y parvient, Moon Jae-in aura concrétisé une ambition ancienne : la relance d’un dialogue avec Pyongyang, dix ans après l’abandon par le président conservateur Lee Myung-bak (2008-2013) de la politique de rapprochement dite du « rayon de soleil », et avec elle l’affirmation de l’autorité des Coréens sur leur propre destin.
« Les problèmes de la Corée doivent être traités par la Corée », déclarait-il avant son élection en mai 2017. « Personne n’a le droit de décider d’une action militaire dans la péninsule sans l’accord de la Corée du Sud », ajoutait-il en août, au plus fort des tensions qui agitaient la péninsule, alors que Pyongyang enchaînait les essais de missiles et que Donald Trump s’emportait sur Twitter.
En discutant directement avec Kim Jong-un, il inscrit son action dans la lignée de celle de Kim Dae-jung (1998-2003), initiateur du premier sommet intercoréen de 2000 et de Roh Moo-hyun (2003-2008), qui avait organisé celui de 2007. Ces deux présidents avaient rencontré Kim Jong-il (1941-2011), le père de Kim Jong-un.
« Comédie de la paix intercoréenne »
M. Moon va même plus loin puisque la rencontre du 27 avril se tiendra en territoire sud-coréen – une première pour un dirigeant du Nord depuis la guerre de Corée – les deux premiers ayant eu lieu à Pyongyang.
Afin de souligner la continuité, Séoul a multiplié les symboles pour « rendre hommage à ceux qui ont œuvré à la paix et à l’unification de la péninsule ». Les mets servis lors du repas prévu avec Kim Jong-un seront préparés avec des ingrédients des régions natales de MM. Kim et Roh. Il y aura des nouilles froides naengmyeon du célèbre restaurant Okryugwan de Pyongyang et du rösti, une spécialité suisse rappelant que Kim Jong-un a été à l’école à Berne.
Egalement dans la lignée de Kim Dae-jung et de Roh Moo-hyun, les choix du président Moon confirment une reconnaissance de la Corée du Nord comme pays doté d’un régime légitime, et de Kim Jong-un comme partenaire incontournable des discussions. Ce choix, qui pourrait être indispensable pour négocier un accord de paix, va à l’encontre du principe en vigueur au Sud comme au Nord, selon lequel l’autre Corée est illégitime. La Constitution sud-coréenne stipule ainsi que son territoire « comprend la péninsule de Corée et les îles adjacentes » et que Séoul « recherche l’unification ».
Les positionnements de M. Moon sont critiqués par le camp conservateur, qui redoute un allégement des sanctions contre le Nord. Hong Joon-pyo, dirigeant du Parti de la liberté en Corée (LKP), principale formation de l’opposition, considère les sommets comme des « shows politiques ». « Si la Corée du Nord n’abandonne pas ses armes nucléaires, tout accord entre les deux Corées ne fera que bénéficier à l’ennemi », écrivait-il le 23 avril sur Facebook. Pour lui, la « comédie de la paix intercoréenne de l’administration Moon affaiblit l’alliance avec les Etats-Unis ». Et d’ajouter : « Cela me rappelle l’accord de Munich de Chamberlain en 1938. »
Mais ces attaques portent peu, du fait de l’incapacité des conservateurs à apporter une réponse autre que la condamnation face au développement par Pyongyang de ses programmes nucléaire et balistique au cours de leur décennie au pouvoir. La cote de popularité de M. Moon a progressé d’un point en une semaine, pour atteindre 67,8 % le 24 avril, selon un sondage de Realmeter, principalement en raison des attentes placées dans le sommet.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Des manifestants, mobilisés par milliers depuis le 13 avril, se sont de nouveau rassemblés jeudi pour réclamer la « capitulation » du parti Républicain, au pouvoir.
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Arménie : le Parlement prévoit d’élire un nouveau premier ministre le 1er mai

Des manifestants, mobilisés par milliers depuis le 13 avril, se sont de nouveau rassemblés jeudi pour réclamer la « capitulation » du parti Républicain, au pouvoir.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h41
   





                        



   


Malgré la démission du premier ministre, la contestation antigouvernementale ne faiblit pas en Arménie. Sous la pression des manifestations, le président du Parlement, Ara Babloïan, a décidé jeudi 26 avril de convoquer une réunion extraordinaire pour le 1er mai consacrée à l’élection d’un nouveau chef de gouvernement, le poste étant vacant depuis la démission de Serge Sarkissian, lundi.
« Tout dépend du nombre de candidats proposés par les partis, du nombre de députés qui souhaiteront prendre la parole (…). Mais il est très probable que nous aurons le temps d’élire le nouveau premier ministre le 1er mai », a dit le vice-président du Parlement, Edouard Charmazanov.

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Les manifestants, mobilisés par milliers depuis le 13 avril, ont à nouveau défilé dans les rues d’Erevan jeudi. Leur chef de file, le député et opposant Nikol Pachinian, qui se présente comme le « candidat du peuple » au poste de premier ministre, a appelé le parti Républicain au pouvoir à « capituler devant le peuple » 
La candidature de l’opposant au poste de premier ministre doit être proposée dans les prochains jours par le bloc d’opposition Yelk (« sortie » en arménien). « Si le Parti républicain a l’audace de présenter un candidat [au poste de premier ministre], le peuple encerclera immédiatement les bâtiments du Parlement et du gouvernement », avait prévenu M. Pachinian mercredi soir, devant ses partisans.

   


La Russie comme médiatrice
Jusqu’alors, la Russie, qui absorbe environ un quart des exportations arméniennes et dispose d’une base militaire en Arménie, s’est tenue à l’écart de la crise. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répété jeudi qu’il s’agissait d’une « affaire intérieure arménienne ». Mais, mercredi, Vladimir Poutine et son homologue arménien, Armen Sarkissian (sans lien de parenté avec Serge Sarkissian), se sont entretenus par téléphone et ont appelé « toutes les forces politiques [arméniennes] à faire preuve de retenue et de responsabilité ».
Dans la foulée, le vice-premier ministre arménien, Armen Guevorkian, s’est rendu jeudi à Moscou pour des « consultations de travail » et devait rentrer dans la soirée à Erevan, la capitale de cette ex-république soviétique du Caucase du Sud, selon un porte-parole du gouvernement arménien.

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Quant au chef de la diplomatie arménienne, Edouard Nalbandian, il a lui aussi fait le voyage dans la capitale russe, où il a eu « une courte rencontre » avec son homologue Sergueï Lavrov, a déclaré la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova.
Nikol Pachinian, chef de file de la contestation contre l’ancien président — et désormais ancien premier ministre — Serge Sarkissian et contre son parti au pouvoir, s’était rendu mercredi à l’ambassade de Russie en Arménie pour « discuter de la situation à Erevan et dans le pays », selon un communiqué de la mission diplomatique russe.
« La partie russe a appelé les organisateurs des manifestations et des défilés à un dialogue constructif avec les autorités en place et avec les autres forces politiques », a fait savoir l’ambassade, soulignant que « la situation ne doit être réglée que dans le cadre du champ constitutionnel ».
Le parti Républicain favori
Signe des tensions au sein du pouvoir, les ministres de l’éducation, de l’écologie et du développement régional ont annoncé jeudi qu’ils quittaient le gouvernement, leur parti ayant abandonné la coalition au pouvoir la veille.
Mais l’issue de l’élection du 1er mai reste peu favorable aux opposants si de nouvelles élections législatives anticipées ne sont pas organisées. Au Parlement, un candidat a besoin de 53 voix pour être élu. Nikol Pachinian ne peut actuellement compter que sur le soutien de 40 députés, selon un responsable du bloc Yelk. Le Parti républicain au pouvoir, dispose, lui, de 58 sièges et a, théoriquement, toutes les chances de faire élire à nouveau son candidat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ La condamnation est très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait notamment vingt-deux ans et dix mois de réclusion contre chacun d’eux.
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Colère en Espagne après la condamnation pour « abus sexuels » de « la Meute » de Pampelune

La condamnation est très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait notamment vingt-deux ans et dix mois de réclusion contre chacun d’eux.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h30
   





                        



   


Ils se surnommaient « la Meute ». Cinq hommes ont été condamnés à neuf ans de prison, jeudi 26 avril en Espagne, pour « abus sexuels » et « abus de faiblesse » sur une femme de 18 ans aux fêtes de la San Fermin, en 2016.
Les cinq Andalous âgés de 27 à 29 ans – dont le groupe de messagerie WhatsApp était appelé « La Manada » (« la Meute ») – ont également été interdits d’approcher la victime à moins de 500 mètres et de la contacter pendant quinze ans. Ils devront lui verser une indemnisation de 50 000 euros.
Colère des associations féministes
Mais la décision du tribunal de Pampelune a provoqué la colère des associations de défense des droits des femmes, qui déplorent que l’accusation de viol n’ait pas été retenue par la justice. La condamnation est en effet très inférieure aux réquisitions du parquet, qui demandait vingt-deux ans et dix mois de réclusion contre chacun d’eux, ainsi que 100 000 euros d’indemnisation totale.
La procureure avait rejeté les arguments des défenseurs en disant que « l’intimidation, gravissime, avait empêché la résistance ou la fuite ». Elle expliquait que la jeune femme, qui ne s’était jamais adonnée au sexe en groupe, avait rencontré ses agresseurs sept minutes avant le « viol ». La réquisition du parquet avait notamment été alourdie par le fait que l’un des accusés est membre de la garde civile – actuellement suspendu de ses fonctions –, et qu’un autre des accusés a appartenu à l’armée.
De son côté, la défense avait réclamé l’acquittement, en n’admettant que le vol du téléphone de la victime, abandonnée à demi-nue dans une entrée d’immeuble, le 7 juillet 2016. Les cinq hommes avaient auparavant proposé à la jeune femme de la raccompagner à pied jusqu’à sa voiture. Les prévenus, arrêtés dès le lendemain des faits, sont en détention provisoire depuis.

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Vidéo et photos polémiques
Une des pièces centrales du procès surmédiatisé, qui s’était tenu en novembre 2017 à Pampelune, avait été une vidéo de quatre-vingt-seize secondes de leurs actes, diffusée avec le message « en train d’en baiser une à cinq ». Leurs défenseurs soutenaient que la jeune Madrilène – qui avait auparavant bu de la sangria – était consentante puisqu'’elle n’avait jamais semblé dire « non » à l’image, gardant seulement les yeux fermés.
La défense avait même engagé un détective privé pour suivre, peu avant le procès, la victime. Des clichés de la jeune femme souriant avec ses amis avaient été diffusés au cours des audiences, preuve, selon la défense, qu’elle ne subissait pas de traumatisme. Surtout, une décision très contestée du juge a mis l’Espagne en émoi : celle d’accepter comme pièce à conviction une photo de la jeune fille extraite des réseaux sociaux et fournie par l’agence de détective. Sur l’image, on y voit la victime présumée dans un magasin, à côté d’un tee-shirt sur lequel figure le slogan d’un programme de télévision à succès : « Quoi que tu fasses, enlève ta culotte. »

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Que le juge accepte qu’un détective ait fouillé dans la vie privée de la jeune fille pour y chercher de quoi justifier un crime a provoqué une vague d’indignation en Espagne. A Madrid, Barcelone, Séville, Valladolid ou Gijon le 17 novembre, des milliers de manifestants ont exprimé leur solidarité avec la victime aux cris de « Moi, je te crois ! ». Sur les pancartes, on pouvait lire leur colère : « Tant qu’on ne me tue pas, on ne me croit pas », « Nous ne voulons pas être courageuses, nous voulons être libres », ou encore « La justice patriarcale est complice des agressions ».
La polémique est d’autant plus grande que le tribunal a refusé d’ajouter au dossier les messages que les suspects se sont échangés deux semaines avant leur voyage à Pampelune, où ils envisagent d’emporter de la burundanga, une drogue qui enlève les capacités de réaction de ceux qui l’ingèrent, et des sédatifs « pour les viols », disent-ils.
« Non, c’est non »
Quelques mois après le scandale Weinstein aux Etats-Unis, le slogan « moi, oui, je te crois » s’est lancé en Espagne. Les manifestations et la grève générale féministes du 8 mars en Espagne – inédites par leur ampleur – avaient fait référence à ce fait divers retentissant, notamment avec la pancarte « la pornographie crée des meutes ». Aussitôt après l’énoncé du jugement, des manifestants ont protesté aux portes du tribunal aux cris de « ce n’est pas un abus sexuel, c’est un viol ».
« Si cinq personnes qui s’en prennent à une fille n’est pas une agression, la question est de savoir ce qui ne va pas dans notre code pénal », a pour sa part commenté dans le quotidien El Pais l’ancienne secrétaire d’Etat à l’Egalité Soledad Murillo. La police nationale a également affiché son soutien envers la victime, écrivant sur Twitter, à 12 reprises, « Non c’est non – nous sommes avec vous ». 

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— policia (@Policía Nacional)


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Un appel à la manifestation, jeudi soir à 20 heures devant le ministère de la justice, a également été lancé. De son côté, l’avocat de la victime a annoncé qu’il allait faire appel de la décision, tout comme un porte-parole du parquet de Navarre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Khawaja Asif, cadre du parti au pouvoir, a été déclaré coupable de violation de la loi électorale pakistanaise, quelques mois après la destitution du premier ministre.
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Pakistan : la justice destitue le ministre des affaires étrangères à quelques mois des élections

Khawaja Asif, cadre du parti au pouvoir, a été déclaré coupable de violation de la loi électorale pakistanaise, quelques mois après la destitution du premier ministre.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 17h01
   





                        



   


C’est un nouveau coup dur porté au parti au pouvoir à quelques mois des élections législatives. La justice pakistanaise a destitué le ministre des affaires étrangères Khawaja Asif pour violation des règles électorales. « La personne poursuivie n’était pas qualifiée pour disputer les élections législatives de 2013 », a affirmé la Haute-Cour d’Islamabad dans une décision rendue jeudi 26 avril, dont l’Agence France-Presse a eu copie.
Au Pakistan, seuls les membres de l’Assemblée nationale peuvent être nommés ministres. Khawaja Asif ayant été déchu de ses fonctions de député, il est également contraint d’abandonner son portefeuille ministériel. Auparavant ministre de la défense, M. Asif a été jugé coupable de ne pas avoir déclaré plusieurs permis de travail dont il disposait aux Emirats arabes unis, en violation de la loi électorale pakistanaise.

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« Conspiration »
Pour le camp du ministre, l’affaire n’est pas sans rappeler celle de la destitution, en juillet dernier, de l’ancien premier ministre Nawaz Sharif, accusé de corruption. La justice l’a, depuis lors, interdit de diriger le parti qu’il a créé (PMLN, Ligue musulmane pakistanaise), puis de participer à tout scrutin à vie.
« Pendez-les, envoyez-les en exil, mettez-les derrière les barreaux (…) ceci n’est fait qu’à des personnalités politiques [au pouvoir] et à des représentants élus et tout le monde sait qui fait cela », a d’ailleurs réagi l’ancien chef du gouvernement jeudi devant des employés du PMLN à Islamabad.
Aucun des quinze premiers ministres ayant dirigé le Pakistan au cours de ses soixante-dix ans d’histoire mouvementée n’a réussi à aller au terme de son mandat de cinq ans. Mais le clan Sharif nie toute malversation et suggère que Nawaz Sharif est victime d’une conspiration ourdie par la puissante armée pakistanaise, dont il est un ennemi juré.

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M. Asif, proche de Nawaz Sharif et cadre du PMLN, est également considéré comme un pourfendeur des interventions de l’armée dans la vie politique pakistanaise. Il avait remporté quatre scrutins successifs jusqu’à celui de 2013.
Des élections législatives, pour lesquelles le PMLN faisait jusqu’alors figure de favori, doivent se dérouler dans quelques mois au Pakistan. La date du scrutin n’a toutefois pas encore été communiquée par les autorités, mais l’opposition s’est réjouie de cette nouvelle destitution. « Cette décision est une grande victoire pour le PTI », la formation d’Imran Khan, principal challenger du futur scrutin législatif, a déclaré son porte-parole Fawad Chaudhry.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Il s’agit d’un nouveau camouflet pour Donal Trump alors que de nombreuses personnalités choisies par lui ont déjà renoncé à des postes de premier plan à la suite de la découverte d’antécédents accablants.
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Le médecin de la Maison Blanche retire finalement sa candidature au poste de ministre des anciens combattants

Il s’agit d’un nouveau camouflet pour Donal Trump alors que de nombreuses personnalités choisies par lui ont déjà renoncé à des postes de premier plan à la suite de la découverte d’antécédents accablants.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 15h24
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 15h46
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



   


Donald Trump avait surpris en nommant le 28 mars le médecin de la Maison Blanche, Ronny Jackson, au poste de secrétaire aux anciens combattants. Ce choix semblait davantage répondre aux propos élogieux sur la santé du président, multipliés en janvier par le praticien venu de la Navy à l’occasion d’un bilan de santé de routine, qu’à une expertise reconnue en matière de gestion publique.
Le processus de confirmation au Sénat, accompagné d’un examen impitoyable des antécédents de l’impétrant, s’est révélé fatal à celui qui fut, avant Donald Trump, le médecin de Barack Obama et de George W. Bush. Autoritarisme avec ses subalternes, laxisme sur la délivrance de médicaments, soirées arrosées y compris dans le cadre de voyages officiels : l’enquête conduite par des sénateurs des deux partis a placé le médecin dans une situation impossible. Dénonçant jeudi 26 avril, dans un communiqué, « des allégations fausses » devenues une source d’embarras pour la présidence, Ronny Jackson a annoncé qu’il renonçait au poste.
La polémique, il est vrai, ne cessait de grossir. Lors de la conférence commune avec le président de la République française, Emmanuel Macron, mardi 24 avril, à la Maison Blanche, Donald Trump avait été interrogé sur son choix. Le président avait réitéré son soutien sans se montrer extrêmement combatif. « A quoi bon [se présenter], avait-il dit, pour se voir agresser par une bande de politiques qui ne pensent rien de bien de notre pays. » Après un instant de flottement, la Maison Blanche avait maintenu sa confiance, mais en vain.
Deuxième département le plus important
Avant Ronny Jackson, de nombreuses personnalités choisies par le président pour occuper des postes de premier plan, dans l’administration ou dans l’appareil judiciaire, ont déjà dû renoncer à la suite de la découverte d’antécédents accablants témoignant de nominations hâtives et de vérifications inadéquates. Cela avait été notamment le cas avec le premier candidat pour occuper le poste de secrétaire au travail, Andrew Puzder.

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          Une nouvelle démission dans l’équipe Trump après des entorses à l’éthique



Loin d’être un portefeuille secondaire aux Etats-Unis, le département chargé des vétérans des guerres américaines, du Vietnam à l’Afghanistan et à l’Irak, est en effet le deuxième le plus important, après le Pentagone, avec plus de 70 milliards de budget et 280 000 fonctionnaires. Il gère un réseau de 1 200 dispensaires et 170 hôpitaux. La mauvaise prise en charge des anciens combattants, un sujet particulièrement sensible dans la société américaine, avait été à l’origine d’une des crises les plus délicates affrontées par le prédécesseur de M. Trump, Barack Obama.
L’importance des sommes en jeu alimente régulièrement des tentatives de privatisation d’une partie des activités de ce département fédéral. Le titulaire précédent du poste, David Shulkin, écarté pour des entorses à l’éthique pourtant vénielles comparées à celles qui sont reprochées à d’autres figures de l’administration, a d’ailleurs estimé que son limogeage s’expliquait en partie par son opposition à toute forme d’intrusion du secteur privé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le procureur de Paris François Molins s’est alarmé jeudi d’un « microfinancement » du terrorisme alimenté par des sommes « modiques mais en nombre important ».
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Financement du terrorisme : 416 donateurs de l’Etat islamique identifiés

Le procureur de Paris François Molins s’est alarmé jeudi d’un « microfinancement » du terrorisme alimenté par des sommes « modiques mais en nombre important ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 15h15
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 15h33
   





                        


Quatre cent seize donateurs ayant participé au financement de l’organisation Etat islamique (EI) ont été identifiés en France, a déclaré jeudi 26 avril le procureur de Paris, François Molins. « C’est beaucoup », a commenté le magistrat, qui s’exprimait sur Franceinfo alors que se tient à Paris une conférence sur le financement du terrorisme international.
Ses services ont également identifié « 320 collecteurs essentiellement basés en Turquie et au Liban grâce à qui les djihadistes qui se trouvaient en Syrie ou en Irak pouvaient recevoir des fonds », a ajouté M. Molins. Le procureur de Paris s’est notamment alarmé d’un « microfinancement » du terrorisme alimenté par des sommes « modiques mais en nombre important ». Interrogé sur le coût des attaques djihadistes de 2015 en France, il a estimé que « les terroristes [avaient] eu besoin de 25 000 euros pour organiser les attentats de janvier 2015 [contre Charlie Hebdo, et l’Hyper Cacher] et 80 000 pour ceux du 13 novembre » à Paris et Saint-Denis.
Organisée au siège de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la conférence de Paris réunit près de 500 experts et 80 ministres de 72 pays qui planchent sur le financement du terrorisme international, en particulier celui de l’EI et d’Al-Qaida. Le président Emmanuel Macron doit prendre la parole jeudi à 17 h 30 pour clôturer les travaux.

        Sur la conférence :
         

          Le financement, nouvelle priorité de la lutte contre le terrorisme



Deux principaux vecteurs de financement
Dans les colonnes du quotidien régional Le Parisien, il a apporté d’autres précisions quant au financement de l’Etat islamique.
« Daech [acronyme arabe de l’EI] s’est principalement financé en utilisant deux vecteurs. D’abord la “zakat”, la charité : on envoie de l’argent à des associations à but humanitaire ou directement à des membres de sa famille qui sont sur place. (…) Ensuite, il y a la “ghanima”, le butin de guerre, c’est-à-dire le financement par des actes délictueux. »
Plusieurs dossiers dans lesquels des parents sont soupçonnés d’avoir envoyé de l’argent à leur enfant parti combattre aux côtés de groupes djihadistes sont entre les mains de la justice, et des condamnations pour de tels faits ont déjà été prononcées.
Les failles du système de mandat cash, qui permet de transférer très rapidement de l’argent à un tiers, ont aussi été utilisées pour financer les djihadistes partis combattre en zone irako-syrienne. Soupçonnée d’avoir manqué de vigilance en la matière, La Banque postale est visée depuis septembre par une enquête préliminaire du parquet de Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Si les médias américains ont commenté « la relation spéciale » affichée par les présidents, ils retiennent aussi leurs réelles divergences sur plusieurs sujets.
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Malgré leur « bromance », la presse américaine souligne les nombreux désaccords entre Trump et Macron

Si les médias américains ont commenté « la relation spéciale » affichée par les présidents, ils retiennent aussi leurs réelles divergences sur plusieurs sujets.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 16h55
    |

                            Le Monde.fr








                        



   


C’est une visite d’Etat qui a été très scrutée et très commentée. Au cours des trois jours de la visite d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis – la première pour un chef d’Etat depuis l’élection de Donald Trump –, les médias américains sont longuement revenus sur la « relation particulière » affichée avec le président américain.
« La “bromance” : Trump et Macron, de nouveau ensemble », a notamment titré le New York Times après la venue de M. Macron à la Maison Blanche, mardi 24 avril. Le président américain et son homologue français ont multiplié les embrassades et les poignées de main pour afficher ostensiblement « leur amitié ». M. Trump n’a ainsi pas été avare en louanges envers M. Macron : « Il est impeccable », ou encore « ce sera un grand président pour la France ».

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                Entre Macron et Trump, la diplomatie des « hugs »



« Quand le président Trump a reçu le président français à la Maison Blanche, mardi, pour la première visite d’Etat officielle de l’ère Trump, leur langage corporel est allé au-delà des respectueuses poignées de main d’usage entre deux dirigeants du monde (…) et a confiné à l’intime », fait remarquer le New York Times qui y voit « une stratégie diplomatique » de la part du président français.
« Histoire d’amour »
De son côté, le Washington Post parle même « d’histoire d’amour », en français dans le texte. Mais pour le quotidien américain :
« Les démonstrations d’affection publiques abondantes ont également soulevé la question de savoir si Trump et Macron s’étaient finalement embarqués dans une vraie bromance transcontinentale ou si les deux hommes participaient simplement à un jeu de surenchère. »
Et « comme dans toutes les bromances stéréotypées » poursuit le Washington Post, « les femmes – en l’occurrence, la femme de Trump, Melania, et l’épouse de Macron, Brigitte – étaient reléguées à des rôles de soutien quasi silencieux ». 
Les médias américains sont également longuement revenus sur « l’affaire des pellicules ». A la Maison Blanche, mardi, M. Trump a, en effet, balayé les pellicules du costume de M. Macron. « Nous avons une relation très privilégiée, d’ailleurs, je vais retirer ces quelques pellicules », avait lancé M. Trump en faisant mine d’épousseter l’épaule d’Emmanuel Macron.
Pour l’éditorialiste du Washington Post, Dana Milbank, tout en nuance, « il y a un siècle, l’affaire Dreyfus a ébranlé la France. Maintenant, cette nation doit affronter l’affaire pelliculaire. »
Plus sérieusement, le journaliste américain se demande :
« Quel est le jeu de Macron ? Typiquement, flatter l’ego de Trump afin qu’il soit d’accord avec lui sur des questions de fond. Mais cela ne semble pas fonctionner pour Macron. »

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Réelles divergences
Car cette « relation spéciale » et les nombreux gestes d’affection entre MM. Trump et Macron n’ont pas caché les réelles divergences entre les deux présidents : l’accord sur le nucléaire iranien, la guerre commerciale entre l’Europe et les Etats-Unis ou encore le changement climatique.
Cela s’est notamment vu lors du discours au Congrès prononcé mercredi par Emmanuel Macron. Ainsi, pour Vox, les désaccords entre les deux hommes sont nombreux.
« Macron, considéré comme le leadeur européen préféré de Trump, a présenté des positions radicalement en désaccord avec les positions de Trump sur l’accord nucléaire iranien (Macron a déclaré que les Etats-Unis devraient y rester), le changement climatique (Macron dit qu’il était réel et devait être combattu), le libre-échange (Macron a mis en garde contre le protectionnisme) et la coopération internationale plus largement. »
« Dans la partie potentiellement la plus importante de son discours, Macron a mis en garde les Etats-Unis contre le retrait de l’accord nucléaire iranien et a promis que la France ne s’en retirerait pas », poursuit le site d’information américain.
« Démantèlement du trumpisme »
Une analyse partagée par Stephen Collinson de CNN qui estime que, devant le Congrès, « le leadeur français charismatique (…) a répudié la philosophie politique et la vision du président américain ». Pour le journaliste américain, le discours de M. Macron ressemblait « à un discours sur l’état de l’Union d’un président démocrate américain ».
Une analyse partagée par l’édito très élogieux du Washington Post. Selon le quotidien, M. Macron « s’est servi de son discours pour se livrer à un démantèlement à grande échelle du trumpisme, le tout enveloppé dans une lettre d’amour aux Etats-Unis et un appel aux Américains à respecter les valeurs ancrées dans notre propre histoire ». 

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Mais pour M. Collinson de CNN, la volonté du chef de l’Etat « à maintenir une relation amicale avec Trump sera sévèrement mise à l’épreuve si le président décidait, malgré ses prières, de sortir les Etats-Unis de l’actuel accord nucléaire iranien et de poursuivre une guerre commerciale avec l’Europe ». Sur le premier point, M. Macron sera vite fixé. Donald Trump doit annoncer, le 12 mai, si les Etats-Unis se retirent ou non de l’accord iranien et s’il rétablit des sanctions contre l’Iran.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La France et plusieurs pays de l’Union européenne ne souhaitent pas que leurs contributions financières bénéficient au régime de Bachar Al-Assad.
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édition abonné


Après sept ans de guerre en Syrie, la lassitude des donateurs internationaux

La France et plusieurs pays de l’Union européenne ne souhaitent pas que leurs contributions financières bénéficient au régime de Bachar Al-Assad.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h55
    |

                            Allan Kaval et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

C’est sur un bilan en demi-teinte que s’est achevée, mercredi 25 avril, la deuxième conférence de Bruxelles sur la Syrie. Quelque 4,4 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros) ont été promis, selon Mark Lowcock, sous-secrétaire général des Nations unies pour les affaires humanitaires. Les organisateurs jugeaient, au départ, qu’il fallait rassembler, dans un scénario idéal, quelque 3,5 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros) pour l’aide humanitaire en Syrie et 5,6 milliards (4,5 milliards d’euros) pour soutenir l’aide aux réfugiés dans les pays voisins.
« Il y a toujours une certaine lassitude de la part des donneurs quand un conflit s’éternise, mais cette conférence a le mérite de contribuer à maintenir la question syrienne sur le devant de la scène diplomatique », relève une source française. Les sommes promises doivent notamment servir à financer l’aide humanitaire dans les pays voisins de la Syrie, qui abritent plus de 5,6 millions des 7 millions de Syriens réfugiés à l’étranger. En premier lieu la Turquie, la Jordanie et le Liban.

La lassitude de certains des 85 contributeurs potentiels rassemblés dans la capitale belge se fait-elle aussi sentir au plan politique ? Sans doute. « Nous assistons à l’un des plus grands échecs politiques du début du XXIe siècle », déplore le haut-commissaire pour les réfugiés, Filippo Grandi. Y remédier est-il encore possible ? Un appel a, en tout cas, été lancé à la Russie, à la Turquie et à l’Iran – tous présents – pour qu’ils s’engagent en faveur d’une reprise des négociations de paix à Genève sous l’égide de l’ONU, dont le régime de Bachar Al-Assad, qui s’estime en position de force, s’est retiré.
« Nous n’attendions pas de percée décisive, mais nous n’avons pas assisté à une confrontation », expliquait, en termes très diplomatiques, Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie. « Il faut reconstruire la confiance entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Lors de sa visite d’Etat, Macron s’est montré tour à tour complice avec Trump puis mordant contre la politique du président américain face au Congrès.
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Macron aux Etats-Unis : une visite à double tranchant

Editorial. Lors de sa visite d’Etat, Macron s’est montré tour à tour complice avec Trump puis mordant contre la politique du président américain face au Congrès.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 16h16
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il y a la gestuelle, et puis il y a le fond. En diplomatie, les deux ont un sens, mais la première ne peut l’emporter sur le second. C’est ce que l’on a pu craindre, pendant les deux premiers jours de cette très médiatique visite d’Etat du ­président Emmanuel Macron aux Etats-Unis, du 23 au 25 avril. Au troisième jour, le chef de l’Etat français a rétabli l’équilibre devant le Congrès américain avec un discours franc et massif, à la limite de la bru­talité, en forme de plaidoyer pour toutes les valeurs foulées au pied par son hôte, le ­président Donald Trump.
M. Macron aurait eu tort de se priver de rappeler que, le même jour, le 25 avril 1960, son plus illustre prédécesseur, le général de Gaulle, s’était exprimé à la même tribune : c’était une façon de reprendre de la hauteur. Le général de Gaulle avait alors pour interlocuteur, à Washington, un autre général, Dwight Eisenhower. Les deux présidents ne se prenaient pas par la main, ne se faisaient pas la bise, ne faisaient pas mine d’épousseter le revers de la veste de l’autre en ironisant : « Il faut qu’il soit parfait. » Ils ne tweetaient pas. C’était, d’une certaine manière, plus simple. A trop vouloir jouer sur le paradoxe de sa proximité avec Donald Trump, Emmanuel Macron s’est pris à son propre piège : certaines des images qui resteront de cette visite ne sont pas particulièrement à son honneur – l’honneur de Donald Trump étant, lui, tombé au champ lexical de l’oxymore.
Valeurs européennes
Devant le Congrès, M. Macron a cherché à élever le débat. Dans le droit-fil du discours prononcé une semaine plus tôt devant le Parlement européen de Strasbourg, le président français s’est posé en héraut des valeurs européennes, qui apparaissent de plus en plus comme une vision alternative à celle que tente d’imposer le président Trump dans un monde fracturé. Face au nouvel unilatéralisme américain, M. Macron a défendu le multilatéralisme et ses institutions, créés par les Etats-Unis eux-mêmes. Face au protectionnisme, il a plaidé pour un commerce ouvert. Face au nationalisme et à « la fascination pour le pouvoir fort », il a évoqué la démocratie et les valeurs progressistes. Enfin, il a déployé son énergie pour exposer aux élus américains des deux Chambres, réunies pour l’écouter, les raisons pour lesquelles les Etats-Unis devaient rejoindre l’accord de Paris sur le climat et ne pas jeter aux orties l’accord sur le nucléaire iranien.

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                Devant le Congrès des Etats-Unis, Emmanuel Macron plaide pour l’environnement et la diplomatie



Que retirera-t-il de ces trois jours ? Traditionnellement, une visite d’Etat est avant tout une occasion politique et protocolaire de souligner les liens entre deux pays, pas un temps de négociation ardue et de signature d’accords. Il était donc excessif d’attendre que M. Macron revienne de Washington avec, en poche, la solution au casse-tête de l’accord iranien. Cette visite offrait la possibilité au président français de s’affirmer un peu plus sur la scène mondiale comme le principal défenseur, au nom de l’Europe, d’un ordre international menacé, et il l’a saisie.
Sur l’Iran, il a eu la lucidité de reconnaître que M. Trump ne renoncerait sans doute pas à sa promesse de campagne de quitter l’accord conclu en 2015 par Barack Obama. Mais les deux présidents semblent avoir avancé sur la base du travail accompli par les diplomates européens depuis janvier, avec leurs collègues américains, pour trouver une issue à cette impasse. La chancelière Angela Merkel, attendue vendredi à Washington, poursuivra cet effort.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Alors que les autorités s’inquiètent de la montée de l’antisémitisme, des rassemblements ont été organisés dans le pays, notamment dans la capitale sous le mot d’ordre « Berlin porte une kippa ».
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En Allemagne, mobilisation contre l’antisémitisme

Alors que les autorités s’inquiètent de la montée de l’antisémitisme, des rassemblements ont été organisés dans le pays, notamment dans la capitale sous le mot d’ordre « Berlin porte une kippa ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h32
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Markus n’est pas juif et « c’est justement pour cela qu’il est venu ». Mercredi 25 avril, cet infirmier « 100 % athée » n’a « pas hésité une seconde » à participer au rassemblement organisé devant le siège de la communauté juive berlinoise, huit jours après l’agression d’un jeune Israélien – d’origine arabe – qui se promenait avec une kippa sur la tête dans la capitale allemande.
« Il y a en ce moment une montée de l’antisémitisme un peu partout en Europe. Je ne pense pas que ce soit pire ici qu’ailleurs. Mais, en tant qu’Allemand, il m’est particulièrement insupportable de savoir qu’on peut se faire attaquer à Berlin parce qu’on est juif », explique Markus.

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                L’Allemagne s’inquiète d’une recrudescence de l’antisémitisme



Environ 2 500 personnes ont participé à ce rassemblement, sous le mot d’ordre : « Berlin porte une kippa ». Plusieurs responsables politiques, comme le maire social-démocrate de la ville, Michaël Müller, ou le président du groupe conservateur au Bundestag, Volker Kauder, étaient présents.
« Oui, c’est grave »
« Ici, en Allemagne, nous nous sommes un peu trop habitués à certaines choses. Un peu d’antisémitisme ici, un peu de racisme par-là, un peu d’islamophobie ailleurs, au fond, est-ce que tout cela est si grave ? Oui, c’est grave », a déclaré le président du Conseil central des juifs d’Allemagne, Josef Schuster. La veille, il avait « déconseillé » le port de la kippa dans les grandes villes pour des raisons de sécurité.
D’autres manifestations du même type se sont tenues, mercredi, à Cologne et à Francfort notamment. A Berlin, dans le quartier populaire de Neukölln, un petit rassemblement contre l’antisémitisme a été dissous après que des inconnus ont traité les participants de « terroristes » et ont arraché un drapeau israélien, a indiqué la police.
Le même jour, la Fédération de l’industrie musicale allemande a annoncé la suppression des prix Echo, l’équivalent des Victoires de la musique outre-Rhin. Cette décision a été prise après le scandale suscité par la remise de cette récompense aux rappeurs allemands Kollegah et Farid Bang, le 12 avril, dont l’une des chansons évoque « mon corps plus dessiné que ceux des prisonniers d’Auschwitz », tandis qu’une autre appelle à « commettre à nouveau un Holocauste ».

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                Antisémitisme : le scandale des « Victoires » de la musique allemandes s’amplifie



Plusieurs artistes avaient décidé de rendre leurs propres prix Echo, en signe de protestation. Ce fut notamment le cas du chef d’orchestre et pianiste israélo-argentin Daniel Barenboim, sept fois lauréat du prix, qui s’est indigné que soient récompensés des chanteurs dont les textes sont « ouvertement antisémites, misogynes, homophobes et d’une façon générale méprisants pour la dignité humaine ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La « loi numéro 10 » vise à fermer la porte au retour des exilés tout en récompensant les fidèles du régime.
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édition abonné


Damas s’apprête à exproprier en masse les réfugiés

La « loi numéro 10 » vise à fermer la porte au retour des exilés tout en récompensant les fidèles du régime.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 16h52
    |

                            Allan Kaval et 
Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

La Syrie d’après-guerre ne se dessine pas seulement dans les combats entre insurgés et loyalistes et dans les conciliabules entre grandes puissances. Au début du mois, alors que l’armée régulière et l’aviation russe parachevaient la reconquête de la Ghouta orientale, l’ultime fief de la rébellion dans la banlieue de Damas, la présidence syrienne promulguait, sans faire de bruit, une loi susceptible de remodeler le pays en profondeur.
Ce texte, daté du 2 avril et portant le numéro 10, facilite l’expropriation de pans entiers du territoire syrien, en particulier dans les zones périurbaines, aujourd’hui en ruines, où le soulèvement anti-Assad a pris racine. Adoptée par le Parlement au nom de la reconstruction du pays, cette législation pourrait aboutir à priver des centaines de milliers de réfugiés de toute perspective de retour.
« Ce développement pose un réel problème pour l’avenir, s’inquiète une source diplomatique française. Cela va dans le sens d’un accroissement de l’instabilité dans la région puisque les Etats voisins de la Syrie devront continuer à accueillir ses réfugiés, ce qui induit des coûts, voire des tensions avec les populations locales. Cela compromet par ailleurs tout processus futur de stabilisation et de réconciliation en Syrie. »
La loi 10 autorise les collectivités locales syriennes à établir par décret des zones de rénovation urbaine et à s’emparer de terrains privés dans les périmètres de développement ainsi créés. Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de résoudre le problème des zones d’habitat informel, des quartiers insalubres, en lisière des grosses agglomérations, où se concentrent une grande partie des destructions de la guerre.
Délai de trente jours
Les personnes expropriées – ou des membres de leur famille si elles résident hors de Syrie – disposeront de trente jours à partir de la publication du décret pour faire valoir leurs droits. Le cas échéant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ L’exécution de trois étudiants en cinéma, dont les corps ont été dissous à l’acide, suscite des manifestations et l’indignation de stars.
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Le cinéma mexicain sous le choc après le meurtre de trois étudiants par un cartel

L’exécution de trois étudiants en cinéma, dont les corps ont été dissous à l’acide, suscite des manifestations et l’indignation de stars.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 12h19
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



   


« Ciné oui, mort non ! », ont scandé, mardi 24 avril, plusieurs milliers de Mexicains dans les rues de Mexico (centre) et de Guadalajara (ouest), après le meurtre barbare de trois étudiants en cinéma. A l’instar du réalisateur oscarisé, Guillermo del Toro, et du célèbre acteur, Gael Garcia Bernal, le milieu du cinéma se mobilise au Mexique contre la violence record des cartels de la drogue.
Marco Avalos, 20 ans, Jesus Daniel Diaz, 20 ans, et Salomon Aceves, 25 ans, avaient disparu, le 19 mars, au retour d’un tournage près de Guadalajara, capitale de l’Etat de Jalisco, dans le cadre de leurs études à l’Université de médias audiovisuels (CAAV). Lundi, le parquet local a révélé que huit membres du Cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG) ont pris, à tort, les trois étudiants pour des narcotrafiquants rivaux.
Les tueurs les ont enlevés sur une route près de leur lieu de tournage, puis les ont torturés et tués, avant de dissoudre leurs corps dans des citernes d’acide. L’un des deux suspects arrêtés est un rappeur de 20 ans, surnommé QBA, qui a reconnu avoir touché 3 000 pesos (130 euros) pour cette macabre besogne.
Selon l’enquête, les victimes étaient au mauvais endroit au mauvais moment. Les trois étudiants avaient filmé durant deux jours un court-métrage dans une demeure appartenant à la tante de l’un d’eux. Leur seule erreur : avoir ignoré que la bâtisse avait servi de planque au Cartel Nueva Plaza, concurrent du CJNG. La tante, elle, est soupçonnée d’être liée à cette organisation criminelle, née d’une scission au sein du CJNG.
« Le pourquoi est impensable, le comment est terrifiant », s’est ému Guillermo del Toro, réalisateur mexicain
« Que ce cauchemar cesse ! », a réagi, lundi, Gaël Garcia Bernal sur son compte Twitter, faisant écho à l’indignation du réalisateur Alfonso Cuaron (Gravity, Oscar 2014). Le lendemain, Guillermo del Toro (La Forme de l’eau, Oscar 2018), qui vit aux Etats-Unis depuis l’enlèvement de son père, en 1997, tweetait : « Les mots manquent pour comprendre cette folie. (…) Le pourquoi est impensable, le comment est terrifiant. » Quant à l’acteur et producteur, Diego Luna, il a exprimé sa « rage » sur la Toile en signant son Tweet « #NoSonTresSomosTodos » (Ils ne sont pas que trois, c’est nous tous).
Un hashtag repris, mardi, sur les banderoles brandies par les manifestants, à Mexico et à Guadalajara, qui ont réclamé la fin des violences. Selon les autorités, 7 667 homicides ont été perpétrés au premier trimestre, soit une hausse de près de 20 % par rapport à la même période en 2017 dans un pays qui compte plus de 34 000 disparus, dont un tiers a moins de 24 ans.
Dans la foulée, des professionnels du cinéma, des professeurs et des organisateurs de festivals ont exigé des « conditions de sécurité pour filmer en extérieur ». Le milieu est déjà en deuil depuis le meurtre, en septembre, d’un assistant de production de la série Narcos, diffusée sur Netflix, lors d’un repérage dans l’Etat de Mexico.

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En face, le procureur, Alfonso Navarrete, a promis l’arrestation de six autres suspects en cavale. Deux mois avant le scrutin présidentiel du 1er juillet, les cinq candidats lui ont emboîté le pas pour condamner le crime et exiger justice, alors que l’insécurité est la première préoccupation des électeurs. Les étudiants de la CAAV et les proches de disparus appellent à une nouvelle manifestation, jeudi, à Guadalajara.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Prévu vendredi dans la zone démilitarisée à la frontière entre les deux pays, le sommet entre les dirigeants nord et sud-coréens pourrait déboucher sur une déclaration de paix, sans traiter pour autant de la question nucléaire.
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Le sommet des deux Corées, étape cruciale vers le dialogue Kim-Trump

Prévu vendredi dans la zone démilitarisée à la frontière entre les deux pays, le sommet entre les dirigeants nord et sud-coréens pourrait déboucher sur une déclaration de paix, sans traiter pour autant de la question nucléaire.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 18h30
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant) et 
Harold Thibault








                        



                                


                            

Le sommet entre le président sud-coréen, Moon Jae-in, et le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, qui se tient vendredi 27 avril à Panmunjom, seul point de contact entre les deux Corées, situé dans la zone démilitarisée qui les sépare, devrait permettre de saisir un peu mieux les objectifs de Pyongyang. Car les formules employées par Kim Jong-un demeurent ambiguës depuis l’ouverture, à la nouvelle année, d’une phase de rapide réchauffement de ses relations avec Séoul et Washington.
Ce troisième sommet intercoréen s’inscrit dans un contexte différent des deux précédents, qui eurent lieu à Pyongyang en 2000 et en 2007. Le rapprochement intercoréen — la politique « du rayon de soleil » — lancé en 1998 par le président sud-coréen Kim Dae-jung s’était vite trouvé en porte-à-faux par rapport aux Etats-Unis, engagés par George W. Bush dans une croisade anti-nord-coréenne. Cette fois, une première rencontre entre un président américain et un dirigeant nord-coréen est prévue quelques semaines plus tard, en mai ou en juin.

Autre différence, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) n’avait pas, à l’époque, les capacités nucléaires et balistiques dont elle dispose aujourd’hui. L’accélération de ses programmes sous Kim Jong-un, qui a succédé à son père au pouvoir en 2011, et l’imprévisibilité de Donald Trump ont accru les risques de frappes préventives américaines. « Tant le Nord que le Sud ont pris ce risque au sérieux », estime Andreï Lankov, de l’université Kookmin, à Séoul.
Les deux Corées ont donc un premier objectif commun : éloigner une telle éventualité en mettant en place de concert un processus de paix avant la rencontre entre MM. Kim et Trump. La Corée du Sud n’est pas signataire de l’armistice qui mit fin aux hostilités de la guerre de Corée (1950-1953) : le président de l’époque, Syngman Rhee, refusant le principe d’un cessez-le-feu qui entérinerait la division, l’accord fut uniquement signé par le commandement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Deux anciens parlementaires, l’un américain, Patrick Kennedy et l’autre français, Gilbert Mitterrand, dans une tribune au « Monde », appellent les Occidentaux à tenir compte d’une nouvelle réalité en Iran, celle d’un possible changement de régime de l’intérieur.
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« La solution au problème iranien ne saurait être une autre guerre désastreuse dans la région »

Deux anciens parlementaires, l’un américain, Patrick Kennedy et l’autre français, Gilbert Mitterrand, dans une tribune au « Monde », appellent les Occidentaux à tenir compte d’une nouvelle réalité en Iran, celle d’un possible changement de régime de l’intérieur.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 11h10
    |

Patrick Kennedy (Fondateur de Kennedy Forum et ancien membre de la Chambre des Représentants américain) et Gilbert Mitterrand (Président de la Fond...







                        



                                


                            

Tribune. La question iranienne a été au centre des pourparlers avec Donald Trump lors du voyage d’Emmanuel Macron à Washington, où le président français est le premier chef d’Etat étranger à recevoir les honneurs d’une visite d’Etat depuis l’installation du locataire de la Maison Blanche.
La France évoque un plan à quatre volets à l’issue des entretiens à propos de l’Iran : bloquer l’activité nucléaire iranienne jusqu’en 2025, empêcher ces activités à plus long terme, mettre un arrêt à la prolifération balistique de l’Iran et créer des conditions de stabilité politique dans la région.
La conférence de presse des deux présidents semble relater un rapprochement des vues des deux côtés de l’atlantique. « Nous n’avons pas les mêmes positions de départ sur ce point » et « nous avons eu une discussion très approfondie sur le sujet », a déclaré M. Macron, avant d’ajouter espérer « pouvoir travailler à un nouvel accord avec l’Iran ». De son côté M. Trump a réclamé un nouvel accord avec des fondations solides. Il a qualifié l’accord de juillet 2015 sur le nucléaire iranien d’un « accord aux fondations pourries, c’est un mauvais accord, une mauvaise structure ».
« La discussion que nous avons eue ensemble permet, en tout cas, d’ouvrir la voie de ce nouvel accord, qui me paraît indispensable », a souligné Emmanuel Macron. Cette discussion se fait sur fond de la menace de l’administration Trump de se retirer le 12 mai de l’accord sur le nucléaire iranien, si aucune garantie n’est donnée pour contenir « le régime iranien qui soutient le terrorisme et exporte la violence et le chaos à travers le Proche-Orient » selon Donald Trump.
Un nouveau contexte dans le pays
L’Europe et la France en première ligne, s’étaient données pour mission de convaincre Téhéran à faire baisser les tensions. « L’Iran a des programmes balistiques de plusieurs milliers de kilomètres de portée qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les présidents français et américain ont multiplié les gestes d’amitié lors de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, chacun des deux dirigeants tentant de prendre l’ascendant sur l’autre.
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Entre Macron et Trump, la diplomatie des « hugs »

Les présidents français et américain ont multiplié les gestes d’amitié lors de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, chacun des deux dirigeants tentant de prendre l’ascendant sur l’autre.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 18h03
    |

            Solenn de Royer (Washington, envoyée spéciale)








                        



Captée à l’Elysée par la caméra de Patrick Rotman (Le Pouvoir, 2013), la scène date de 2012. François Hollande est entouré de ses proches conseillers, dont Emmanuel Macron, pour préparer une réunion avec Angela Merkel, avec laquelle le président socialiste espère encore imposer un rapport de force. « Elle veut danser le tango avec toi, et elle pense que c’est elle qui doit mettre la jambe droite », lance le conseiller, dont c’est la première apparition « publique ».
Désormais président, Emmanuel Macron s’inspire encore de cette image : car c’est bel et bien à un tango endiablé qu’il s’est livré avec Donald Trump tout au long de sa visite d’Etat aux Etats-Unis. Une danse calculée, avec un vaste éventail de tempos et de rythmes, chacun des protagonistes tentant de prendre l’ascendant sur l’autre et de le guider.

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Une chorégraphie que Macron lui-même a semblé assumer au dernier jour de sa visite, s’exprimant devant le Congrès américain : « Ça ne vous rappelle rien ? », a-t-il interrogé, en évoquant les « kisses » (« baisers ») et les « hugs » (« embrassades ») de Voltaire et Benjamin Franklin, à Paris, en 1778.
C’est d’abord M. Trump qui a pris M. Macron par la main, comme on prendrait celle d’un enfant, pour le conduire vers son bureau où les deux hommes devaient s’entretenir de sujets délicats (nucléaire iranien, Syrie, commerce, etc.). Plus tard, dans le bureau Ovale, l’Américain a commencé par flatter le Français, en assurant qu’ils avaient tous les deux une relation « très privilégiée », avant d’épousseter ostensiblement le col de sa veste. « Je vais retirer ces quelques pellicules », a-t-il lancé. Ce qui a laissé M. Macron pantois.
Ne pas perdre la face

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Le soir même, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, M. Macron essaie de reprendre l’avantage, saisissant avec fermeté la main de M. Trump. Mais ce dernier refuse de relâcher l’étreinte. Mutante, la poignée de main n’en finit pas. Piégé, le Français se rapproche de l’Américain pour lui donner l’accolade, mais c’est M. Trump qui a le dernier mot, en faisant mine de présenter sa joue à Macron tout en lui donnant un baiser factice. Il ajoute ces mots : « Je l’aime beaucoup. » A la fin de l’envoi, je touche.
Ce tango s’est poursuivi sur les réseaux sociaux. « Impatient de regarder le président de France s’adresser au Congrès aujourd’hui. (…) Il sera GÉNIAL ! », a tweeté Donald Trump avant le discours d’Emmanuel Macron, mercredi, tandis que ce dernier publiait la photo d’une vigoureuse poignée de main avec l’Américain sur son propre compte.
M. Trump, qui avait subi la poignée d’acier très calculée de M. Macron, lors de leur première rencontre, il y a un an, de même que l’exégèse vantarde de son propre geste à laquelle le Français s’était ensuite livré, n’avait pas l’intention – cette fois – de s’en laisser compter. Vu par nombre de dirigeants étrangers comme un possible « coach » censé raisonner un président américain imprévisible, M. Macron a dû, en réalité, se plier au tempo imposé par son aîné.
Ce que François Hollande a d’ailleurs osé commenter ainsi, mercredi, dans l’émission « Quotidien » : « Emmanuel Macron est plutôt passif dans le couple. » Pour le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, il ne faut pas « surinterpréter les images de manière excessive, ce sont des démonstrations d’affection américaine ». 

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Pour les intéressés, ce jeu de « kisses and hugs » présente de nombreux avantages. Une façon pour M. Macron de se placer comme l’égal de M. Trump, tout en masquant les différends apparents, sans perdre la face. Une manière, pour Donald Trump, redoutable animal politique, d’endormir son jeune allié afin de rester maître du jeu.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan, le Haut-Karabakh est au centre d’un conflit régional depuis 1991. Le photographe Emanuele Amighetti a suivi, en 2017, le quotidien des élèves de l’académie militaire de Stepanakert.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Autoproclamé indépendant à la chute de l’Union soviétique, en 1991, cette province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan est au centre d’un conflit régional. Le photographe Emanuele Amighetti a exploré l’ultramilitarisation de la société.
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La guerre sans fin du Haut-Karabakh


                      Autoproclamé indépendant à la chute de l’Union soviétique, en 1991, cette province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan est au centre d’un conflit régional. Le photographe Emanuele Amighetti a exploré l’ultramilitarisation de la société.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h15
    |

            Benoît Vitkine








   


La plaisanterie veut que l’armée du Haut-Karabakh compte 150 000 soldats… soit la totalité de la population de cet Etat non reconnu, grand comme un département français. Les effectifs seraient en fait plus proche de 25 000, mais le bon mot cache une réalité : suspendue à ses montagnes, l’enclave sécessionniste de l’Azerbaïdjan fait figure de Sparte du Caucase, un territoire farouchement attaché à son existence et plongé dans un état de guerre permanent.
Pour comprendre cette histoire complexe et tourmentée, il faut remonter dans le temps. Province peuplée en majorité d’Arméniens, rattachée à l’Azerbaïdjan en 1921 par Staline, le Haut-Karabakh est le théâtre d’affrontements ethniques à partir de 1988, voilà trente ans. En 1991, à la chute de l’Union soviétique, il proclame son indépendance, entraînant un conflit armé régional. Un fragile cessez-le-feu est signé en 1994 après une débâcle militaire de l’Azerbaïdjan – plus de 30 000 morts de part et d’autre – et l’expulsion des Azéris. Dans l’affaire, le pays a perdu 13 % de son territoire.
Cette « indépendance » chèrement acquise n’est reconnue que par une poignée d’Etats fantoches : Bakou, la capitale azerbaïdjanaise, a pour elle le droit international et le principe d’intangibilité des frontières. Même l’Arménie, qui soutient militairement son voisin, ne se risque pas à reconnaître son indépendance. Depuis, pour oublié qu’il soit, le conflit du Haut-Karabakh est tout sauf gelé. Les flambées de violences y sont régulières, la dernière en date remontant à avril 2016. Bilan : 100 morts.
Un service militaire de deux ans
La cause du Karabakh revêt un statut quasi mythique pour l’Arménie et sa diaspora. Depuis le traumatisme du génocide de 1915, cette victoire sur une armée plus nombreuse et mieux équipée a fait de cette région montagneuse un symbole de la renaissance de tout un peuple, une cause sacrée. Le Haut-Karabakh se rêve en Etat, avec institutions, drapeau, représentations diplomatiques à l’étranger et même un aéroport – inutilisé à cause de la menace azerbaïdjanaise d’abattre tout avion qui oserait s’y aventurer.
Mais l’aspect le plus saillant de cette situation est l’ultramilitarisation de la société karabakhtsie. Le service militaire y dure deux ans, et les hommes sont mobilisables jusqu’à l’âge de 45 ans. A l’école, l’héritage soviétique ayant été remis au goût du jour, les enfants commencent une formation au combat dès 14 ans. La classe politique est uniquement composée de militaires, en exercice ou retraités, et la fierté des faits d’armes passés irrigue l’ensemble des esprits, quitte à passer sous silence les épisodes moins glorieux, comme l’expulsion des Azéris de la région.

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                Dans la guerre sans fin du Haut-Karabakh



C’est à cette réalité qu’a choisi de s’intéresser le photographe italien Emanuele Amighetti, qui s’est rendu sur place en avril 2017. « Je voulais donner un visage à ces jeunes hommes et femmes pris dans les limbes d’une guerre sans fin et explorer leurs réactions face à la dureté de leur vie, explique-t-il. Mais j’ai été surpris de sentir surtout de l’insouciance, d’entendre les mêmes rêves et les mêmes désirs que dans nos sociétés. »



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Si Téhéran rejette toute alternative à l’accord sur le programme nucléaire, il n’exclut pas une négociation sur sa politique régionale, estime Mohammad-Reza Djalili, spécialiste de l’Iran, dans un entretien au « Monde ».
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édition abonné


Mohammad-Reza Djalili : « L’Iran sera contraint de se rapprocher davantage de la Chine et de la Russie »

Si Téhéran rejette toute alternative à l’accord sur le programme nucléaire, il n’exclut pas une négociation sur sa politique régionale, estime Mohammad-Reza Djalili, spécialiste de l’Iran, dans un entretien au « Monde ».



Le Monde
 |    26.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 09h46
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            
Entretien. Mohammad-Reza Djalili est professeur émérite à l’Institut de hautes études internationales et du développement à Genève. Il vient de publier avec Thierry Kellner, la nouvelle édition mise à jour de L’Iran en 100 questions (Tallandier, 416 pages, 10 euros).
Les présidents Macron et Trump ont fait état de leurs différences d’approche sur la question de l’accord du 14 juillet 2015 avec l’Iran. Ils ont évoqué un « nouvel accord avec l’Iran » mais pensez-vous qu’ils puissent parvenir à une position commune ?
D’après ce que nous savons jusqu’à présent des discussions entre les deux présidents, en nous référant à leur déclaration commune, il semble que ce soit le président français, en optant pour un « nouvel accord », qui a rapproché sa position de celle de Donald Trump contrairement à ce qu’il avait déclaré dans son interview avec Fox news, le 22 avril où il disait qu’il n’y avait pas de plan B.

Le président Rohani a contesté la légitimité d’un éventuel nouvel accord sur le nucléaire. L’Iran ferme-t-il la porte à toute nouvelle négociation ?
Oui, le président Rohani a contesté par avance la légitimité d’un nouvel accord sur le nucléaire. De fait, il rejette toute « renégociation » d’un accord signé, après plusieurs années de négociations, entre l’Iran, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne, mais cela ne veut pas dire que la République islamique ferme la porte définitivement à toute discussion possible à propos de sa politique régionale.
Justement, l’idée d’élargir à la paix en Syrie les négociations avec l’Iran vous semble-t-elle réalisable ?
Cela ne me semble pas possible dans le contexte actuel, car les principaux responsables pour la politique syrienne du régime iranien sont les Gardiens de la révolution qui estiment qu’ils sont en position de force au Levant et qu’il est contraire à leurs intérêts...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ L’entreprise, qui travaillait depuis plus de dix ans dans le cadre d’un contrat de sous-traitance, ne louera plus d’avions-cargos aux armées européennes à partir de 2019.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/04/2018
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Dix pays de l’OTAN cherchent à pallier la défection d’un fournisseur russe d’avions-cargos

L’entreprise, qui travaillait depuis plus de dix ans dans le cadre d’un contrat de sous-traitance, ne louera plus d’avions-cargos aux armées européennes à partir de 2019.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 07h39
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Les représentants de dix pays de l’OTAN devaient se retrouver jeudi 26 avril à Gdansk, en Pologne, pour une réunion de crise. En cause : la défection annoncée d’un prestataire russe du transport aérien militaire, Ruslan. L’entreprise, qui travaillait depuis plus de dix ans dans le cadre d’un contrat de sous-traitance, ne fournira plus d’avions-cargos aux armées européennes à partir de 2019.
Allemagne, Belgique, France, Hongrie, Luxembourg, Norvège, Pologne, Slovaquie, Slovénie et République tchèque doivent trouver des alternatives. Les opérations militaires de ces dix nations, au premier rang desquelles la France, très engagée à l’extérieur, pourraient connaître des problèmes logistiques.

En France, cette difficulté s’ajoute à un dossier déjà lourd. Plusieurs investigations ont été lancées depuis 2017 sur des irrégularités entourant les marchés publics de l’affrètement aérien dit « stratégique », entre le territoire et les troupes déployées à l’étranger : enquête pénale du parquet national financier, enquête interne du contrôle général des armées, enquête de commandement de l’état-major.
L’agence de soutien et d’approvisionnement de l’OTAN (NSPA) a conclu en 2006 un contrat, « SALIS », de sous-traitance d’Antonov124, auprès de compagnies russes et ukrainiennes. Les armées occidentales, à l’exception des Etats-Unis avec leurs C5-Galaxy, ne possèdent pas de très gros porteurs de ce type. Sur le marché mondial, ces avions sont très peu nombreux, et propriété quasi exclusive de sociétés issues de l’ancien bloc soviétique. En 2010, six compagnies louaient trente Antonov124. En 2018, ne subsistent que trois compagnies, disposant de vingt avions.
« Talon d’Achille des forces françaises »
Après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, l’OTAN a dû scinder en deux son contrat pour des raisons politiques. D’un côté, les prestataires ukrainiens, avec la compagnie Antonov DB, qui ont assuré 900 heures de vol en 2017 dans le cadre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Dans sa chronique, Christophe Ayad, chef du service International du « Monde », observe que la stratégie de Pyongyang pourrait s’avérer plus payante que celle de Téhéran, alors que Trump pourrait rapidement sortir de l’accord sur le nucléaire iranien.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/04/2018
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« Pour pouvoir négocier avec Washington, comme va le faire Kim, mieux vaut avoir la bombe »

Dans sa chronique, Christophe Ayad, chef du service International du « Monde », observe que la stratégie de Pyongyang pourrait s’avérer plus payante que celle de Téhéran, alors que Trump pourrait rapidement sortir de l’accord sur le nucléaire iranien.



Le Monde
 |    26.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
26.04.2018 à 07h15
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            Christophe Ayad (chef du service International)








                        



                                


                            

Chronique. Elle était, il y a encore peu, un objet poussiéreux rangé sur les étagères de la guerre froide, la relique d’un autre temps, une photo couleur sépia d’un monde disparu. Avec l’avènement d’Internet et de la mondialisation triomphante, à la fin des années 1990, on avait presque fini par oublier l’arme atomique, n’étaient les efforts des frères ennemis de l’Asie du Sud, l’Inde et le Pakistan, pour s’en doter dans les années 1990.
Les attentats du 11-Septembre en ont fait un instrument encore un peu plus inutile à l’heure de la « guerre contre le terrorisme » menée par des drones effectuant des frappes de précision sur des pick-up en mouvement. Barack Obama rêvait même tout haut, dans son discours de Prague, le 5 avril 2009, de s’en débarrasser une fois pour toutes. Cela lui a valu le prix Nobel de la paix, à défaut de réaliser son rêve.
La bombe est redevenue d’actualité
Mais Internet s’est révélé diabolique et la mondialisation malheureuse. A la faveur de la crise financière de 2008, les Etats sont revenus en force. La même année, Vladimir Poutine a commencé à tester les frontières en Europe, d’abord en Géorgie puis, en 2014, en Ukraine. Les voisins de l’ours russe en ont conçu une peur légitime, l’OTAN et ses puissances nucléaires se sont lancés dans une course à la modernisation de leur arsenal. La bombe est redevenue d’actualité.
Au même moment, la question nucléaire iranienne est devenue le principal sujet de la diplomatie mondiale, mobilisant des efforts sans précédent afin d’éviter une course à l’atome dans la région la plus conflictuelle du monde.
De 2006 à 2011, des sanctions inédites ont été appliquées à la République islamique d’Iran, plongeant son économie dans le marasme. Après l’élection du président modéré Hassan Rohani, en 2013, de véritables négociations se sont enfin enclenchées. Elles ont débouché sur la signature, deux ans plus tard, d’un accord qui gèle pour dix à quinze ans le programme...




                        

                        

