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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Pour Luciano Floridi, professeur de philosophie à l’université d’Oxford, fausses informations et comportements toxiques imposent une gouvernance ferme du Web.
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« Le Web a développé des résistances antibiotiques à la démocratie »

Pour Luciano Floridi, professeur de philosophie à l’université d’Oxford, fausses informations et comportements toxiques imposent une gouvernance ferme du Web.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 17h49
    |

            William Audureau








                        



   


« Il y a quelque chose qui ne va pas avec le Web actuellement. Ce n’est pas inévitable, ce n’est pas irréparable, mais il est actuellement pollué, nous le savons tous. Y a-t-il des solutions ? A-t-on un projet humain pour le Web ? » Mercredi 25 avril, il fallait bien de la mauvaise volonté pour ne pas saisir l’intimité du lien entre technologie et politique.
Dans un discours engagé à la prestigieuse Web Conference, la plus ancienne conférence des chercheurs et professionnels du secteur qui se déroule cette année à Lyon (Rhône), Luciano Floridi, professeur de philosophie et d’éthique de l’information à l’université d’Oxford (Royaume-Uni), s’est interrogé sur ce que pourrait être un « Web bon ». Une problématique récurrente depuis l’explosion ces deux dernières années des campagnes de désinformation, de harcèlement, et les attaques en ligne contre le vivre ensemble et la démocratie.
Mangrove numérique
La question du « Web bon » est loin d’être une simple marotte de geek ou d’informaticien, insiste le philosophe, car la vie en ligne imprègne notre vie quotidienne. Il compare notre vie moderne aux mangroves, ces zones de marais marins. Prenant en exemple nos smartphones dans nos poches, Luciano Floridi dresse un parallèle :
« Quelqu’un demanderait : l’eau est-elle douce ou salée ? Nous lui répondrions : “Mon cher, vous ne savez pas où vous êtes, nous sommes dans une mangrove, elle est douce et salée à la fois.” C’est pareil pour Internet. Etes-vous online ou offline ? “Mon cher, vous ne savez pas où vous êtes, nous sommes à la fois online et offline.” »
Cet entre-deux est désormais largement répandu, et ne concerne pas que les pays riches. « Tout le monde vit de plus en plus dans des eaux saumâtres. Il y a deux milliards de personnes qui regardent YouTube. Vous me direz que plusieurs milliards n’ont même pas le téléphone. Mais même ceux qui ne téléphonent pas, leurs vies sont modelées par ceux qui téléphonent. »
Dès lors, l’écosystème de cette mangrove concerne tout le monde. Or celui-ci est de plus en plus constitué de mensonges, de propagande, de doutes, d’imprécisions, de demi-vérités, de vérités alternatives, ou encore de manipulations, énumère-t-il, en citant, « inévitablement, les tweets du président actuel des Etats-Unis ».
Les fausses informations, un problème pour l’écosystème
La dégradation de la mangrove est le fait d’individus et d’organisations qui, selon lui, s’épanouissent dans un écosystème toxique. « Les agents polluants sont comme des extrêmophiles », les organismes capables de vivre dans des environnements mortels pour la plupart des autres espèces, élabore l’universitaire italien.
« Ils vivent aux marges des environnements sociaux, mais plus l’environnement devient extrême, plus ils s’avèrent les mieux adaptés pour survivre. Surtout, les agents polluants sont capables de rendre l’environnement encore plus toxique, les rendant encore plus adaptés pour survivre. »
A cet égard, insiste-t-il, les difficultés actuelles du Web relèvent d’un problème général d’écosystème. « Le problème, ce n’est pas que les fausses informations convainquent les gens, c’est qu’elles abîment l’environnement dans lequel les autres informations circulent et les affaiblissent », note-t-il, relevant un cercle vicieux favorable aux agents polluants.

   


La démocratie, antibiotique inefficace
Dès lors, comment restaurer un Web sain et préservé ? Dans un virage inattendu, Luciano Floradi présente la démocratie non comme une solution, mais comme un problème dans ce contexte.
« La démocratie est un peu comme un antibiotique : plus on en met, plus les microbes s’adaptent et plus l’efficacité décroît. Votre solution devient une part du problème. Exactement comme les antibiotiques, le populisme est un excès de démocratie qui devient problème. »
Et de donner l’exemple du référendum sur le Brexit, qui a été le théâtre d’un déchaînement de désinformation et de manipulation du débat sur les réseaux sociaux, se transformant en guerre d’information. « Le Web a développé des résistances antibiotiques à la démocratie. Ce qu’il faut, ce n’est pas plus de démocratie, c’est une meilleure démocratie », exhorte le philosophe.
A ses yeux, le nœud du problème réside dans la nécessité de penser le problème de manière collective et coordonnée. Dans une autre image, il compare l’impasse actuelle du Web à une voiture en panne : pour la faire démarrer, il faut que plusieurs personnes la poussent, mais la démarche ne peut fonctionner que si elles le font en même temps.
« Le problème est que plus nous vivons dans une société d’abondance, moins les gens ressentent le besoin de coordonner leurs efforts. »
Un problème de gouvernance
Qui prendra donc le taureau par les cornes ? Pour Luciano Floridi, « la pollution du Web est en partie l’échec de la gouvernance de la coordination complexe de nos sociétés de l’information. Ce n’est pas un problème éthique mais avant tout un problème d’infrastructure. »
Les gouvernements, les organismes de régulation, les concepteurs eux-mêmes sont en position d’intégrer directement aux règles de fonctionnement du Web les conditions de sa préservation. Sans rentrer dans des détails concrets, le philosophe énumère la neutralité du Net, le respect de la loi, la sécurité, la transparence ou encore la vie privée comme autant de priorités qui ne peuvent être protégées que par la structure même du Web.
Alors qu’Emmanuel Macron s’est vanté de vouloir faire de la France une « start-up nation », Luciano Floridi dresse un portrait acide du culte de l’innovation, qu’il voit comme une approche adolescente d’Internet. « Le vrai défi n’est plus une bonne innovation numérique, n’importe quel gamin peut le faire, trouvez juste le bon projet à “kickstarter”. Le vrai défi, c’est surtout la bonne gouvernance du numérique. »
Il remarque que les gouvernements se positionnent peu sur le sujet, adoptant une posture essentiellement libérale, comme s’il s’agissait de ne pas contrarier l’innovation :
« C’est la question que les politiques veulent éviter, car personne ne sait où l’on va, et que l’on a l’impression que tout va trop vite. C’est comme rouler de nuit sans phare : cela donne cette impression. Mais si on savait où on allait, ce ne serait pas le cas. »
Eloge d’un paternalisme d’urgence
Les recommandations de ce penseur farouchement attaché aux libertés individuelles dénotent par leur volontarisme, voire leur autoritarisme. Tout en se désolant que, de Platon à Rousseau, de nombreux philosophes valorisent l’idée d’imposer aux individus les conditions de leur liberté, il avance la nécessité d’accepter une approche plus coercitive. « Combien de gens n’ont pas voté aux Etats-Unis ? Etait-ce une bonne idée ? Forcez-les à choisir », lance-t-il à l’intention des dizaines de professionnels du Web présents dans l’auditorium.
« Il faudrait user de tous les types de paternalisme existants pour éviter l’irréparable », alerte-t-il, en rappelant que la désinformation a des conséquences aussi bien sur le bien-être individuel que sur les ressources naturelles – conséquence de la guerre d’information sur le réchauffement climatique : « C’est un appel à ce que les règles du jeu – le Web – soient faites de manière à protéger les personnes fragiles et protéger notre planète. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Les ingénieurs Paul-Adrien Hyppolite et Antoine Michon expliquent dans une tribune au « Monde » que les 640 milliards d’euros de trésorerie des Big Tech, placés principalement dans des obligations d’Etat, d’entreprises traditionnelles ou de banques, ne soutiennent pas l’innovation.
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« Les géants de la Silicon Valley maintiennent des positions financières extrêmement prudentes »

Les ingénieurs Paul-Adrien Hyppolite et Antoine Michon expliquent dans une tribune au « Monde » que les 640 milliards d’euros de trésorerie des Big Tech, placés principalement dans des obligations d’Etat, d’entreprises traditionnelles ou de banques, ne soutiennent pas l’innovation.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 16h44
    |

Paul-Adrien Hyppolite et Antoine Michon (Ingénieurs du corps des Mines)







                        



                                


                            

Tribune. Si les géants américains de la Silicon Valley sont tantôt adulés à l’occasion du lancement de leurs produits, tantôt vilipendés pour leur emprise sur notre vie quotidienne, leur usage massif des données personnelles ou le peu d’impôts dont ils s’acquittent, un sujet reste largement occulté : leur influence grandissante dans la finance internationale.
Fortes d’un succès commercial sans précédent, les entreprises phares des technologies ont accumulé des montagnes de liquidités. Les dix plus riches d’entre elles sont, par ordre décroissant de montant de leur trésorerie à la fin 2017, Apple, Microsoft, Google, Cisco, Oracle, Facebook, Qualcomm, Amazon, Intel et IBM.
Ces Big Tech cumulent aujourd’hui 780 milliards de dollars de trésorerie (640 milliards d’euros), avec une croissance annuelle moyenne de 16 % depuis 2000. A titre de comparaison, cela représente trois fois et demie la trésorerie des dix plus riches entreprises pétrolières du monde (Total, BP, Petrobras, Sinopec, Shell, Rosneft, Gazprom, Eni, Statoil et PetroChina) et deux fois et demie celle du CAC 37 – le CAC 40 moins les banques.
Pour trouver des ordres de grandeur comparables, il faut en fait se tourner vers la sphère financière. Le trésor des Big Tech approche le niveau des réserves de change des banques centrales des régions émergentes du globe : 90 % des réserves des pays d’Amérique latine ou d’Asie du Sud-Est, 70 % de celles du Moyen-Orient ou encore 90 % de l’encours des dix plus gros fonds obligataires mondiaux.
Hégémonie financière
En moins de vingt ans, les géants américains du numérique – au premier rang desquels Apple, qui concentre 34 % du total de la trésorerie du Top 10 – ont accumulé des portefeuilles financiers qui rivalisent en volume avec les plus gros véhicules d’investissement des géants de la gestion d’actifs tels BlackRock, Vanguard ou Pimco.
Tout porte à croire que cette hégémonie financière va perdurer. Un éventuel...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Un collectif de chercheurs préconise la création d’une entité publique chargée de calculer les inégalités de salaires entre hommes et femmes, plutôt que de contraindre les entreprises à se livrer à cet exercice délicat et polémique.
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La statistique « publique consacrée à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes »

Un collectif de chercheurs préconise la création d’une entité publique chargée de calculer les inégalités de salaires entre hommes et femmes, plutôt que de contraindre les entreprises à se livrer à cet exercice délicat et polémique.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 16h01
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Pour tenter de résorber ce qui représente l’une des inégalités les plus criantes sur le marché du travail aujourd’hui – les écarts de salaires entre les sexes –, le gouvernement a annoncé une mesure intéressante, en partie inspirée par d’autres pays européens comme la Suisse. Il s’agit de développer un logiciel informatique gratuit permettant aux entreprises de calculer à partir de techniques statistiques éprouvées un écart de salaires entre les sexes, non explicable par des différences de caractéristiques personnelles comme le diplôme, l’âge, etc.
Cet écart serait calculé par toutes les entreprises de plus de 50 salariés et rendu public. Selon la proposition du gouvernement, qui devrait présenter son projet définitif le 3 mai, un écart trop élevé qui ne serait pas résorbé au bout de trois ans pourrait donner lieu à des sanctions financières.

Dans les discussions en cours, les organisations d’employeurs déplorent la mise en place d’une nouvelle obligation qui sera très lourde à gérer. Les syndicats s’inquiètent de leur côté du caractère technique et peu lisible de la méthode, et du fait qu’elle pourrait amener à ne pas prendre en compte des écarts de salaires entre les sexes totalement injustifiables, comme ceux résultant de taux de promotion différenciés à compétences égales.
Nous proposons une solution susceptible de lever l’ensemble de ces difficultés. Il s’agit de créer une entité publique consacrée à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes qui documentera l’écart de salaire pouvant donner lieu à des sanctions et produira un bilan des écarts de salaires et de leurs causes pour chaque entreprise.
Qualité et fiabilité des chiffres
Le premier avantage de cette solution est d’ordre économique. Les entreprises font déjà remonter à l’administration des données sur l’ensemble de leurs salariés. Appariées au recensement, ces données contiennent toutes les informations vraiment utiles pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Pour l’universitaire Farid Laroussi, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », que des citoyens soient assassinés pour leur identité ethnique ou religieuse est révoltant. Mais en rejeter le crime sur toute une communauté, et par extension sur une religion, relève de l’idéologie.
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L’appel des 300 « contre le nouvel antisémitisme » « ridiculise la cause qu’il prétend défendre »

Pour l’universitaire Farid Laroussi, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », que des citoyens soient assassinés pour leur identité ethnique ou religieuse est révoltant. Mais en rejeter le crime sur toute une communauté, et par extension sur une religion, relève de l’idéologie.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 15h27
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 16h13
    |

Farid Laroussi (Professeur de lettres à l’université de la Colombie-Britannique à Vancouver, Canada)







                        



                                


                            

Tribune. Ils partirent trois cents, et par un prompt renfort des médias, ils n’arrivèrent à pas grand-chose. A la lecture de ce document diffusé par Le Parisien, puis relayé par les médias, on éprouve un immense sentiment de gâchis. Non seulement les arguments sont boiteux, telle une réflexion de l’ignorance profonde de l’islam dans ses principes mêmes, mais la mauvaise foi qui surnage révèle à quel point ce manifeste, plutôt que d’être une invitation au dialogue, a été composé à charge.
Si vous désirez parler de « cause nationale » et y ajouter que « la démocratie est en faillite », alors peut-être qu’il faudra s’armer d’idées plus solides, moins paternalistes aussi, que celles qui tendent à faire croire que les musulmans seraient en train de faire de la France un autre pays. Une telle abjection intellectuelle est non seulement inexacte, elle dissimule en vérité l’idéologie de l’islamophobie ambiante qui n’a eu de cesse depuis ces trente dernières années de provoquer et de déchirer la matière même de la nation, en jouant, par exemple, une communauté contre une autre, comme c’est le cas ici.

Le plus inquiétant dans ce document est cette espèce de canonisation de l’antisémitisme que l’on jette là sur la place publique et qui exclut toute discussion. Que nous sert-on par procuration ? De grandes déclarations (« lente épuration ») pour effrayer le bourgeois, la vision réductrice de la condition postcoloniale, une laïcité dévoyée qui stigmatise le même groupe de Français, ou bien un discours sur la violence qui fait fi de la violence socio-économique.
Alors qu’on aurait pu saisir l’occasion d’entamer un débat sur le mécanisme cumulatif de la violence sociale et politique dans la France d’aujourd’hui, ce manifeste sombre dans les platitudes rassurantes de l’entre-soi où des politiques se mêlent à des artistes, et pour faire bonne mesure les imams de service en défaut de crédibilité et de respect au sein de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans sa chronique, la journaliste Marie de Vergès explique que pour Daniel Haber et Jean-Louis Guibert, l’émergence de l’Asie trouve ses racines dans l’issue de la seconde guerre mondiale et la pax americana qui entraîna le décollage économique de toute la région.
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Remettre « l’océan Pacifique au cœur de l’économie planétaire »

Dans sa chronique, la journaliste Marie de Vergès explique que pour Daniel Haber et Jean-Louis Guibert, l’émergence de l’Asie trouve ses racines dans l’issue de la seconde guerre mondiale et la pax americana qui entraîna le décollage économique de toute la région.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 14h41
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Vu d’ailleurs. Une Asie confirmée dans son rôle de région moteur de la croissance mondiale. Un vaste traité de libre-échange tout juste signé par onze pays du pourtour pacifique. Un face-à-face commercial tendu entre les Etats-Unis et la Chine, deux hyperpuissances en quête de leadership mondial. Tous ces faits disparates ont au moins un point commun : ils se jouent autour de l’océan Pacifique. Une zone du globe dont les Européens ont une vision tronquée, coupée en deux et reléguée aux marges, comme dans nos planisphères d’enfants.
L’actualité immédiate justifie pourtant bien de situer cet espace au cœur de l’économie planétaire. C’est la thèse que défend un récent ouvrage, Le Bassin Pacifique, centre du nouvel ordre mondial (L’Harmattan, 226 pages, 24 euros). Ses auteurs, l’universitaire et spécialiste de l’Asie Daniel Haber et le fondateur de l’Institut du Pacifique, Jean-Louis Guibert, en proposent une analyse stimulante, rappelant que le phénomène ne s’est pas fait en un jour : il trouve ses racines dans l’issue de la seconde guerre mondiale et la pax americana qui entraîna le décollage économique de toute la région.
« Un vol d’oies sauvages »
L’émergence de l’Asie, que le récit décrit comme un « vol d’oies sauvages » guidé par le Japon, en marque la première étape. L’essor formidable de la Chine parachève le processus et réorganise la zone. En Asie de l’Est d’abord, dont toutes les économies s’agrègent dans l’ombre de cette grande puissance renaissante. Mais aussi avec l’autre rive du Pacifique, par lequel transitent capitaux, marchandises et investissements, à un rythme toujours plus soutenu.
Le géant asiatique attire ainsi peu à peu dans son orbite l’Amérique latine, longtemps contenue dans une relation de verticalité avec son puissant voisin du Nord. Le tout selon une logique éprouvée : Pékin en importe les matières premières et exporte vers elle ses produits manufacturés.
Jamais les Américains...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ En mobilisant différentes disciplines, l’ouvrage d’Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee se présente comme un guide du monde que sont en train de créer les nouvelles machines, les plates-formes et les foules.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« La malédiction du savoir »

En mobilisant différentes disciplines, l’ouvrage d’Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee se présente comme un guide du monde que sont en train de créer les nouvelles machines, les plates-formes et les foules.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 13h42
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 13h50
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Le livre. Il y a un siècle, dans l’industrie, l’électricité a pris la place de la vapeur. Un grand nombre d’entreprises prospères n’ont pas survécu à la transition entre ces deux sources d’énergie : en continuant à utiliser la vapeur ou la transmission électrique par groupe, elles ont succombé au phénomène de la « malédiction du savoir ». « Les mentalités, les compétences, les processus, les clients et les fournisseurs existants peuvent empêcher les acteurs établis de voir ce qui devrait être évident, et par exemple les possibilités d’une nouvelle technologie qui se démarque grandement du statu quo », détaillent Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee dans l’ouvrage Des machines, des plateformes et des foules.
Si l’économiste et directeur du Center for Digital Business du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et le directeur de la recherche scientifique du Center du MIT évoquent ce moment, « c’est parce qu’il porte un avertissement qui peut nous être utile ». Nous sommes aujourd’hui au début d’un autre bouleversement industriel, encore plus considérable : difficile de trouver une entreprise digne de ce nom qui ne sera pas affectée par la poussée technologique en cours.

Existe-t-il dans les entreprises des configurations équivalentes du moteur à vapeur et de la transmission par groupe du siècle dernier ? Quelle est la meilleure manière de les remplacer par des configurations qui sauront tirer parti des extraordinaires technologies d’aujourd’hui et de demain ?
Dans Le Deuxième Age de la machine (Odile Jacob, 2015), les deux professeurs du MIT affirmaient qu’une révolution était en train de s’accomplir, les machines faisant concurrence à l’intelligence humaine. Cet ouvrage va encore plus loin : les technologies de la science-fiction « ont fait irruption dans le monde réel ».
L’ordinateur pourra-t-il un jour être créatif ?
En 2010, Google annonce, sans que cela ne...




                        

                        


<article-nb="2018/04/25/19-7">
<filnamedate="20180425"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180425"><AAMMJJHH="2018042519">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Plus prompt à parler vin et convivialité qu’à s’épancher sur les événements dont on célèbre cette année le cinquantenaire, l’ex-trublion de Mai 68 se confie au « Monde », en humble amateur.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                
                                       
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Daniel Cohn-Bendit : « Moi, je suis plutôt rouge »


                      Plus prompt à parler vin et convivialité qu’à s’épancher sur les événements dont on célèbre cette année le cinquantenaire, l’ex-trublion de Mai 68 se confie au « Monde », en humble amateur.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 13h19
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 14h49
    |

            Rémi Barroux








                              

                        

Autant l’avouer, Daniel ­Cohn-Bendit n’était pas chaud pour parler viticulture tout en évoquant Mai 68. « Ah non ! » fut sa première réponse. Une fois faite la promesse de ne pas aborder la question du cinquantenaire et de sa « célébration » sauce pinard, parler du vin et de ses camarades du pic-saint-loup, une appellation languedocienne située entre Gard et Hérault, au pied des Cévennes, là même où il partage une maison, l’a séduit. Et c’est à l’heure du ­café-crème, dans un bistrot du 14e arrondissement parisien, que « Dany », 73 ans, l’ex-trublion du mois de Mai, devenu ensuite entre autres député européen écologiste (1994-2014), s’est confié au Monde.
Le vin, cela évoque quoi pour vous ?
Avec ma femme, Ingrid, nous avons acheté, en 1996, une vieille demeure à Lauret, au pied du pic Saint-Loup. Dans ce coin, il y a beaucoup de vignes et trois ou quatre vignerons m’ont donné une vraie éducation au vin. Ce sont des viticulteurs de qualité, ils vivent leur passion qu’ils aiment aussi partager : Mas Thélème, château de Cazeneuve, Clos Marie… En fait, nous avons acquis la maison avec un couple d’amis allemands, dont Klaus, qui était négociant et grand amateur de vins. Il connaissait déjà tous les viticulteurs de la région, c’est même lui qui avait commencé l’importation de ces vins du Languedoc, bio notamment, en Allemagne. C’est grâce à lui que j’ai fait nombre de découvertes. Et il avait une cave superbe.
Plus jeune, dans votre famille, et plus tard avec vos camarades étudiants, vous ne buviez pas de vin ?
Mes parents sont décédés avant mes 18 ans. Mon éducation vinicole a commencé avec les beaux-parents de mon frère Gaby [son aîné de neuf ans]. Ils étaient bretons et j’ai bu mes premiers vins blancs pour accompagner des huîtres et des fruits de mer. J’ai compris là que, pour chaque plat, il fallait un vin ­différent. J’ai passé mon adolescence en Allemagne...




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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ « Le Monde » publie des extraits de « La tête qui tourne et la parole qui s’en va », dans lequel Béatrice Gurrey, grand reporter au quotidien, raconte le bouleversement qu’a été la découverte d’Alzheimer chez ses parents.
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Alzheimer, une épreuve familiale

« Le Monde » publie des extraits de « La tête qui tourne et la parole qui s’en va », dans lequel Béatrice Gurrey, grand reporter au quotidien, raconte le bouleversement qu’a été la découverte d’Alzheimer chez ses parents.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 18h14
    |

            Béatrice Gurrey








                        



                                


                            
Grand reporter au « Monde », Béatrice Gurrey témoigne du bouleversement qu’a constitué la découverte de la maladie Alzheimer chez ses deux parents. Des premiers troubles à la quête d’un établissement adapté, elle livre, dans « La tête qui tourne et la parole qui s’en va », le récit d’un drame qui désarme les proches de centaines de milliers de malades. Parution le 26 avril 2018.
Bonnes feuilles. Septembre 2014. Dans la salle d’attente du docteur L., le généraliste de mes parents à Aix-en-Provence, mon père regarde fixement une photo de gratte-ciel, à New York. Il murmure, pour lui-même, de sa voix cassée : « Il y avait des crocs de boucher. Des carcasses qui pendaient partout. » Dans la chambre froide il y a soixante-dix ans ? Dans la ferme de ses grands-parents ? Je ne pose pas de question.
Pour rien au monde il n’aurait voulu devenir boucher. Mais il aimait acheter la viande. Le client qui ne s’en laisse pas conter, qui veut de la joue de bœuf, de la bavette, de l’araignée et taille le bout de gras avec le commerçant, en connaisseur. Du bon côté du comptoir réfrigéré.
L’heure est venue où il ne peut plus faire semblant. Paraître. Etre cet homme élégant qui a habité un grand appartement dans le 7e arrondissement de Paris, qui chassait en Irlande, en Sologne et roulait en belles caisses. Ce monstre de volonté, déjà père et étudiant le soir aux Arts et Métiers. Cet Alsacien entêté, obsédé par la réussite, que la vague des « trente glorieuses » a déposée à ses pieds. Ce beau gars que les femmes regardaient.
Le Dr L. procède au mini mental state examination, constitué d’une batterie de questions simples. Nous sommes cinq : le médecin, mes parents, mon mari et moi. Pierre commence.
« En quelle année sommes-nous ?
— En 1991.
— En quelle saison ?
— Une saison de chasse.
— Quel mois ?
— Août. »
Aucune...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Le 24 avril 2013, 1 135 employés du textile sont morts dans l’effondrement d’un immeuble à Dacca (Bangladesh). Il reste encore beaucoup à faire pour respecter les droits humains des travailleurs.
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Cinq ans après le drame du Rana Plaza, le devoir de vigilance des patrons du prêt-à-porter

Editorial. Le 24 avril 2013, 1 135 employés du textile sont morts dans l’effondrement d’un immeuble à Dacca (Bangladesh). Il reste encore beaucoup à faire pour respecter les droits humains des travailleurs.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 15h02
   





                        



   


Editorial du « Monde » Il y a cinq ans, le 24 avril 2013, un immeuble de Dacca, capitale du Bangladesh, s’effondrait sur les 5 000 employés du textile qui y travaillaient dans des conditions indignes et sans aucune sécurité. Lorsque les sauveteurs finirent enfin de trier les décombres du Rana Plaza, le bilan s’élevait à 1 135 morts. Passé à la postérité comme l’un des plus grands désastres industriels de l’histoire moderne, le Rana Plaza est aussi devenu le symbole de l’exploitation d’une main-d’œuvre bon marché, dans cette partie du monde, employée par des sous-traitants eux-mêmes contractés par de grandes firmes multinationales de prêt-à-porter qui prétendaient ne rien savoir de ce qui se passait au bout de la chaîne.
La catastrophe du Rana Plaza a au moins eu un effet salutaire : celui de réveiller l’opinion publique des pays développés et de stimuler les organisations internationales, gouvernementales et non gouvernementales, veillant aux droits de cette catégorie de travailleurs. Un fonds d’indemnisation des victimes a été mis en place. Des syndicats ont émergé. Deuxième pays exportateur de vêtements de prêt-à-porter après la Chine, le Bangladesh a bénéficié de cette mobilisation, qui a abouti à la signature d’un accord sur la sécurité des ateliers sous les auspices de l’Organisation internationale du travail.

        Lire aussi :
         

                Il faut « redonner du sens à la mode et défendre les valeurs d’une mode responsable, durable et désirable »



A ce jour, 222 grandes entreprises du marché international ont souscrit à l’accord, parmi lesquelles Adidas, H&M et Uniqlo. Il concerne 1 600 usines du Bangladesh, dont 767 ont achevé leur mise en conformité, et 2 millions de travailleurs, dont 70 % de femmes. L’accord a aussi permis à des syndicats de travailleurs du textile d’attaquer en justice des employeurs qui refusaient ou tardaient à prendre des mesures de sécurité dans les usines ; une grande entreprise internationale, qui a obtenu que son nom soit gardé secret, a ainsi été condamnée en janvier par un tribunal d’arbitrage à La Haye à verser 2,3 millions de dollars (1,9 million d’euros) de dommages et intérêts aux syndicats représentant les travailleurs bangladais du textile.
Vendre moins cher pour vendre plus
En France, une loi sur « le devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordres » est entrée en vigueur en 2017, après un long parcours législatif. Elle impose aux entreprises employant au moins 5 000 salariés en France et 10 000 dans le monde de veiller à la sécurité et au respect des droits humains des travailleurs contribuant, y compris dans le cadre de sous-traitance, à leur activité.

        Lire aussi :
         

                La loi obligeant les multinationales à contrôler leurs sous-traitants partiellement censurée



Voilà pour les bonnes nouvelles. Il reste, cependant, beaucoup à faire. Des milliers d’ateliers au Bangladesh ne sont toujours pas couverts par l’accord. Cet accord venant à échéance le 1er mai 2018, un texte de transition a dû être durement négocié, qui prolonge sa validité jusqu’à 2021 mais n’a pas encore recueilli la totalité des signataires. Le patronat et le gouvernement bangladais renâclent. Le travail des enfants reste un énorme problème, de même que les conditions salariales des travailleurs du textile, qui ne sont pas couvertes par l’accord de 2013 : des grèves lancées au Bangladesh pour appuyer ces revendications ont été durement réprimées.
Il reste aussi aux géants européens du prêt-à-porter à réfléchir sur leur modèle économique, qui est de vendre toujours moins cher pour vendre plus. Cela implique que les consommateurs, eux aussi, se posent la question du prix humain de ces tee-shirts si bon marché.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Sixième volet de la collection « Génie des mathématiques », Jacob Bernoulli, mathématicien et physicien suisse, à qui l’on doit la première théorie mathématique des probabilités.
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Bernoulli, tête de série

Sixième volet de la collection « Génie des mathématiques », Jacob Bernoulli, mathématicien et physicien suisse, à qui l’on doit la première théorie mathématique des probabilités.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 10h04
    |

                            Athanase Papadopoulos (Directeur de recherche à l’Institut de recherche mathématique avancée de l’université de Strasbourg et du CNRS)








                        



                                


                            
Collection « Génies des maths ». Si l’on devait mentionner un seul nom qui fait la gloire des mathématiques suisses, c’est celui de ­Bernoulli qui viendrait à l’esprit. En l’espace de trois générations, cette famille donna huit mathématiciens, dont certains d’un niveau exceptionnel. L’unique chaire de mathématiques de l’université de Bâle fut occupée de 1687 à 1790 par des Bernoulli. Jacob Bernoulli (1654-1705) est le premier de cette dynastie. Fils d’un ­négociant en épices, pigments et herbes médicinales et membre du Parlement cantonal, il était petit-fils d’un émigré néerlandais ayant fui son pays, où les protestants étaient persécutés.
Jacob Bernoulli étudia d’abord la théo­logie. Son père voulait qu’il devienne pasteur, et c’est contre la volonté parentale qu’il étudia les mathématiques, en auto­didacte et à travers les rencontres qu’il fit. Il réfléchissait en permanence à des problèmes qu’il formulait lui-même, souvent à l’occasion de cours privés qu’il donnait.
On lui doit la première théorie mathématique des probabilités, qui remplaça ce qu’on ­appelait « la théorie des jeux de hasard », à laquelle étaient attachés les noms de Fermat, Pascal et Huygens. Le passage à une théorie mathématique n’était pas facile à concevoir : on faisait entrer quelque chose du domaine de la chance, du probable, de l’incertain, dans le cadre des mathématiques, celui de la rigueur et de la certitude.
De nombreux objets mathématiques portent son nom
Il est aussi reconnu pour la loi des grands nombres, qui dit que l’observation d’un nombre d’échantillons de plus en plus grand donne des renseignements de plus en plus précis sur une population, une loi utilisée en démographie, en économie, en cryptographie, en jurisprudence… Elle semble naturelle, mais en faire un théorème mathématique est une autre affaire. C’est sur elle que reposent les sondages.
De nombreux objets mathématiques portent son nom, comme les nombres de Bernoulli (une suite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », observe que semer le doute pour exploiter les divisions des sociétés démocratiques est devenu une arme redoutable. Et efficace, comme le montre la Syrie
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/04/2018
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« La vérité est d’autant plus difficile à établir que la nier fait à présent partie des armes de guerre »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », observe que semer le doute pour exploiter les divisions des sociétés démocratiques est devenu une arme redoutable. Et efficace, comme le montre la Syrie



Le Monde
 |    25.04.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 09h13
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au "Monde")








                        



                                


                            
Chronique. C’était le 14 avril, Paris, Washington et Londres avaient mené dans la nuit des frappes contre trois sites associés à la production d’armes chimiques en Syrie et l’anthropologue Emmanuel Todd était l’invité de France Culture.
« Je vous jure que ce matin, lança-t-il, les exposés du Guardian, du Daily Telegraph et du Monde étaient tellement mauvais que j’ai dû aller sur le site de RT France, le truc russe, pour comprendre à peu près ce qu’il se passait en Syrie. C’était beaucoup plus détaillé, il y avait toutes les informations qu’il y avait dans les autres, plus d’autres. »
Lundi 23 avril, le député (La France insoumise) de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière, invité de France Inter, est à son tour interrogé sur la Syrie, alors qu’à droite et à gauche, en France, le doute sur la réalité de l’attaque du 7 avril à l’arme chimique contre des civils, qui a motivé les frappes, s’exprime librement. Il dit avoir « l’intime conviction » qu’il y a eu recours aux armes chimiques, mais « aimerait qu’il y ait un organisme pour l’établir » – légitimant ainsi le doute sur la réalité de cette attaque, puisqu’elle n’a pas été établie par un « organisme ».
Ce que M. Corbière ignore vraisemblablement, bien que ce soit du domaine public, et que M. Todd ne trouvera pas sur « le truc russe » pourtant « beaucoup plus détaillé », c’est que cet organisme a existé, mais que la Russie y a mis fin. Les experts des Nations unies (ONU) l’avaient baptisé « JIM », acronyme de Joint Investigative Mechanism (« mécanisme conjoint d’investigation ») : il avait été créé le 7 août 2015 auprès de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), par une résolution du Conseil de sécurité, précisément pour enquêter sur les cas d’utilisation d’armes chimiques. A l’époque, la Russie n’était pas encore intervenue en Syrie pour sauver le régime ; elle ne s’était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ La ministre de la culture et le metteur en scène reviennent sur la censure de sa pièce par la préfecture de la Sarthe.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/04/2018
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Françoise Nyssen : « Le travail de Romeo Castellucci éclaire ma politique »

La ministre de la culture et le metteur en scène reviennent sur la censure de sa pièce par la préfecture de la Sarthe.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 17h16
    |

            Sandrine Blanchard et 
Brigitte Salino








                        



                                


                            
Lundi 23 avril, Romeo Castellucci s’est déplacé spécialement à Paris, à l’invitation de Françoise Nyssen. La ministre de la culture et l’homme de théâtre italien sont revenus sur l’interdiction, par arrêté préfectoral, de la présence d’enfants dans la pièce Sur le concept du visage du fils de Dieu, programmée les 10 et 11 avril à la scène nationale Les Quinconces-L’Espal au Mans. Cette décision administrative – qui a conduit l’homme de théâtre à supprimer la scène finale de son spectacle – a suscité de nombreuses réactions, dénonçant une atteinte à la liberté de création.


Vous avez reconnu avoir découvert dans la presse l’arrêté préfectoral interdisant la présence d’enfants dans le spectacle. Comment se fait-il que ni le théâtre, qui est une scène nationale, ni le préfet ne vous aient informée ?
Françoise Nyssen : Effectivement, je n’ai pas été prévenue. La préfecture [de la Sarthe] aurait dû le faire. Par ailleurs, la DRAC [direction régionale des affaires culturelles] n’a pas participé, comme elle aurait dû, à la commission départementale des enfants du spectacle. Cette commission, conformément à la législation sur le travail, statue sur la présence de mineurs.
Une enquête est en cours pour comprendre ce qui s’est passé. Ce sont de graves dysfonctionnements. Dès que j’ai appris la décision de la préfecture, je me suis exprimée, sur Twitter, pour dénoncer l’atteinte au droit à la liberté de création et de diffusion, qui est inscrite dans la loi. Mais, auparavant, j’ai appelé Romeo Castellucci pour lui dire combien j’étais consternée, désolée.
De votre côté, Romeo Castellucci, pourquoi n’avez-vous pas appelé le ministère ou demandé un recours quand vous avez appris la décision ?
Romeo Castellucci : J’ai été très surpris, car j’ai une grande confiance envers la France. Mais comme il s’agissait de la lettre d’un préfet,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ A l’occasion de la visite officielle d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, deux spécialistes de l’Asie, Valérie Niquet et Walter Lohman, appellent dans une tribune au « Monde » les deux puissances occidentales à faire converger leur position à l’égard de la Chine et à renforcer le concept d’Indo-Pacifique.
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« Paris et Washington doivent mettre en place une véritable coordination stratégique en Asie »

A l’occasion de la visite officielle d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis, deux spécialistes de l’Asie, Valérie Niquet et Walter Lohman, appellent dans une tribune au « Monde » les deux puissances occidentales à faire converger leur position à l’égard de la Chine et à renforcer le concept d’Indo-Pacifique.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 10h10
    |

Walter Lohman (Directeur du programme Asie de la Heritage Foundation à Washington) et Valérie Niquet (Responsable du pôle Asie de la Fondation pour...







                        



                                


                            

Tribune. Au-delà des enjeux transatlantiques, de la Russie et du Moyen-Orient, la visite d’Etat d’Emmanuel Macron à Washington pourrait permettre d’étendre les bénéfices d’un partenariat fondé sur les valeurs de paix, de liberté et de prospérité, à une zone Indo-Pacifique soumise à de fortes tensions.
Sans parler de la Corée du Nord, qui constitue un enjeu de sécurité majeure à la veille de la rencontre prévue entre Donald Trump et Kim Jong-un, l’émergence de la Chine, associée à une volonté affirmée de remettre en cause les valeurs du système international, pèse sur la stabilité de l’ensemble de la région.
Défense de la liberté de navigation
En mer de Chine du Sud, Pékin n’a pas abandonné ses revendications territoriales hors de tout cadre légal. Avec l’Inde, les incidents militaires récents montrent que la République populaire de Chine (RPC) n’hésite pas à réveiller les tensions en dépit d’une interdépendance économique croissante, et Pékin semble à nouveau mettre l’accent sur la question de Taïwan. Tous ces éléments sont le signe de défis bien plus importants, qui ne peuvent être pris en compte que par l’action collective des puissances démocratiques.

Du côté américain, les positions se veulent claires et l’administration Trump a officiellement réaffirmé à plusieurs reprises son engagement dans la région, soutenu par le déploiement dans la zone Asie-Pacifique de très importants moyens militaires, au prix parfois d’un désengagement, mal compris en Europe, d’autres théâtres.
L’Europe doit reconnaître le caractère fondamentalement démocratique des institutions américaines, quelle que soit la personnalité du président élu
La France est également l’une des rares puissances européennes à avoir réaffirmé son implication dans la zone. Paris dispose de bases et de moyens militaires pour la défense des intérêts très directs qu’elle conserve dans la région mais aussi de principes essentiels comme la défense de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Jean-Marie Guéhenno, ancien secrétaire général adjoint des Nations unies, juge que les frappes occidentales en Syrie envoient un signal utile à Moscou avant la rencontre Macron-Poutine.
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« La fermeté est aujourd’hui la condition du dialogue avec la Russie »

Dans une tribune au « Monde », Jean-Marie Guéhenno, ancien secrétaire général adjoint des Nations unies, juge que les frappes occidentales en Syrie envoient un signal utile à Moscou avant la rencontre Macron-Poutine.



Le Monde
 |    25.04.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 09h16
    |

Jean-Marie Guéhenno (Ancien secrétaire général adjoint des Nations unies)







                        



                                


                            

Tribune. Emmanuel Macron rencontrera bientôt Vladimir Poutine, et certains le lui reprochent, alors même que le dialogue avec la Russie est plus nécessaire que jamais. Il faut sortir de l’opposition simpliste entre nouvelle guerre froide et nouvelle entente franco-russe, cette dernière option ayant la faveur d’une partie des élites françaises, de gauche comme de droite, qui voient dans la Russie de M. Poutine un contrepoids à une Amérique devenue imprévisible.
Voilà pourtant une situation où il ne faut être ni de gauche ni de droite ! Une Union européenne (UE) privée de son socle de valeurs humanistes et démocratiques serait très vulnérable aux attaques des antimondialistes, pour qui elle n’est qu’un arrangement économique inspiré par une idéologie qu’ils rejettent. L’UE se suiciderait si elle tentait de faire de la Russie un partenaire privilégié.

Les récentes frappes en Syrie ont une signification importante pour la relation avec la Russie. Elles ne vont pas changer l’issue de la guerre en Syrie, et même si elles rétablissaient le tabou sur les armes chimiques, elles n’arrêteraient pas la tragédie humanitaire : les victimes d’attaques chimiques représentent une proportion infime des victimes du conflit. Mais elles envoient aux autorités russes un signal qui dépasse la Syrie.
Barack Obama s’était convaincu que la Russie est une puissance en déclin, économiquement et démographiquement, et qu’il était donc inutile et dangereux de la contrer sur le plan militaire, d’autant qu’en Syrie les intérêts russes sont plus directement concernés que les intérêts occidentaux. En cas d’escalade, les Russes auraient toujours le dernier mot. Cette analyse, dans sa rationalité trop transparente, a détruit la crédibilité occidentale, tant le fossé entre les paroles et les actes était profond.
Incertitude tactique
Les dernières frappes ne vont pas le combler, mais, intégrées dans une stratégie plus large, elles peuvent contribuer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ En Asie du Sud-Est, les chasseurs-cueilleurs marins plongent en grande profondeurs pour collecter leurs nourritures avec pour seul équipement des poids et un masque en bois.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Si l’on peut partager l’inquiétude des personnalités qui viennent de lancer un appel contre « le nouvel antisémitisme » en France, leur texte soulève de nombreuses questions, estime l’historienne Marie-Anne Matard-Bonucci dans une tribune au « Monde ».
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« Il convient de repenser les formes actuelles de la lutte contre l’antisémitisme »

Si l’on peut partager l’inquiétude des personnalités qui viennent de lancer un appel contre « le nouvel antisémitisme » en France, leur texte soulève de nombreuses questions, estime l’historienne Marie-Anne Matard-Bonucci dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    24.04.2018 à 17h39
    |

Marie-Anne Matard-Bonucci (Professeure d'histoire contemporaine à l'université Paris-VIII,)







                        



                                


                            

Tribune. Dans un texte publié le 22 avril par Le Parisien, 300 personnalités dénoncent avec force le « nouvel antisémitisme ». Comment ne pas partager l’inquiétude des auteurs et l’idée selon laquelle « l’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, c’est l’affaire de tous » ? Comment ne pas constater avec eux la résurgence de l’antisémitisme dans la société française et ses effets mortifères depuis quelques années.
Comment ne pas observer les manifestations de haine antijuive avec l’essor d’un islamisme radical et/ou au nom d’un combat antisioniste ? Comment ne pas admettre la difficulté, dans certains milieux de gauche et d’extrême gauche, à s’emparer de cette question : comme si la pleine intégration des juifs de France (et l’indéniable réussite sociale d’une partie d’entre eux) empêchait de percevoir qu’ils peuvent aussi être des victimes ?
Effet escompté compromis
Toutefois, si le manifeste des 300 pose de vraies questions, formulations et arguments proposés risquent de compromettre l’effet escompté.
En premier lieu, l’expression même de « nouvel antisémitisme » est problématique.
L’antisémitisme diffusé dans le monde arabe et dans certains milieux musulmans de France puise aux sources classiques des « antisémythes » véhiculés, depuis plus de deux siècles par une propagande dont on sait qu’elle a connu, effectivement après 1945, une nouvelle fortune en terre d’Islam, portée par le vent de l’antisionisme et du nationalisme arabe : des Protocoles des Sages de Sion à Mein Kampf en passant par des caricatures de La Libre parole illustrée.
Mettre l’accent sur la nouveauté risque d’une part de minimiser les manifestations passées de cet antisémitisme au Maghreb et au Moyen-Orient, un antisémitisme dont les ingrédients ne sont pas seulement réductibles à une matrice théologique musulmane même si celle-ci, indéniablement est présente.

Faut-il rappeler...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde » signée par plus de 370 personnalités, le maire de Nice condamne l’organisation dans sa ville du meeting du parti d’extrême droite le 1er mai.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/04/2018
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Christian Estrosi : « Le FN et ses alliés européens ne sont pas chez eux à Nice »

Dans une tribune au « Monde » signée par plus de 370 personnalités, le maire de Nice condamne l’organisation dans sa ville du meeting du parti d’extrême droite le 1er mai.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
25.04.2018 à 09h53
   





                        



                                


                            

Tribune. Le Front national (FN) a choisi d’organiser à Nice cette année son meeting national le 1er mai. Il s’agit d’une première, puisque le parti d’extrême droite y a invité ses amis européens : les Flamands du Vlaams Belang, mouvement héritier d’une formation condamnée pour racisme en 2004 et dont les cadres honoraient régulièrement les soldats ayant servi aux côtés des SS ; les Italiens de la Ligue du Nord dont l’actuel leader s’est déclaré favorable à des wagons séparés pour les Milanais dits « de souche » dans le métro ; les Polonais du Congrès de la nouvelle droite (KNP), dont le chef de file a déclaré que les femmes étaient plus faibles et moins intelligentes que les hommes. D’autres groupes tout aussi peu recommandables ont également été conviés.
Ainsi, dans notre pays, à Nice, autour des vociférations des populistes français, résonnera la voix de ceux dont les propos fleurent aujourd’hui l’entre-deux-guerres.
Fête défigurée
Nous qui aimons la France et son message, nous qui aimons Nice et son histoire, nous ne voulons pas voir le sens vrai du 1er-Mai dénaturé par le FN et ses sulfureux amis. Nous disons non à une fête défigurée ! Car le FN saccage à double titre l’héritage et la tradition du 1er-Mai.
D’abord, parce que le 1er-Mai honore tous ceux qui vivent de leur travail. Cette fête rend hommage à tous les travailleurs, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, indépendamment de leurs origines, religion ou convictions. C’est une fête de la solidarité et de la fraternité des hommes. Ensuite, la formation frontiste salit la mémoire de Nice, car le 1er mai est ici le premier jour d’une très ancienne fête traditionnelle, Les Mai, fête de la joie du printemps revenu, fête familiale et paisible, qui occupera nos parcs et nos jardins chaque dimanche du mois. De tout cela, le FN se moque.
er-Mai, à la vraie...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Patrick Lecante, maire d’une commune de Guyane et militant de la biodiversité, s’élève dans une tribune au « Monde » contre le projet d’exploitation aurifère dit de la « Montagne d’or ».
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En Guyane, un projet minier « à contretemps de l’histoire »

Patrick Lecante, maire d’une commune de Guyane et militant de la biodiversité, s’élève dans une tribune au « Monde » contre le projet d’exploitation aurifère dit de la « Montagne d’or ».



Le Monde
 |    24.04.2018 à 16h38
    |

Patrick Lecante (Maire de Montsinéry-Tonnégrande, président du Comité de l’eau et de la biodiversité de Guyane, administrateur de l’Agence français...







                        



                                


                            

Tribune. Le projet minier dit de la « Montagne d’or », en Guyane française, vise à exploiter d’une manière inédite l’or du sous-sol de ce département d’outre-mer. Il possède sans doute des vertus économiques. Mais il comporte surtout trois risques fondamentaux : il divise fortement la société guyanaise, lui donne de faux espoirs d’embellie économique, et il place ce territoire à contretemps de l’histoire.
Nous ne sommes pas, à ce jour en Guyane, en mesure d’exploiter nous-même nos richesses. Nous manquons de capitaux, de technologie et d’ingénierie. Alors, devons-nous confier à un consortium russo-canadien l’extraction industrielle de 85 tonnes d’or et lui laisser également conserver toute la valeur ajoutée de la transformation ?
Si nous l’acceptons, notre capital aurifère sera irrémédiablement perdu. Non seulement avec notre approbation, mais également avec nos impôts ! En effet, le système fiscal français applicable en Guyane subventionne directement le projet par divers dispositifs de défiscalisation et de subventions indirectes. Alors que la redevance des mines qui sera versée aux collectivités locales représente moins de 0,36 % de la valeur de l’or déclaré.

De plus, les chiffres annoncés de 750 emplois directs ne tiennent pas compte des capacités locales et des formations initiales. Et qu’adviendra-t-il à la fin de l’exploitation au bout de douze années, si ce n’est le chômage ? La jeunesse attend-elle vraiment des emplois subalternes dans une mine industrielle, bruyante et polluante, située en pleine forêt à 120 km de la première ville ?
Risques inouïs
Ne nous leurrons pas sur les enjeux : cette mine ne résoudra aucun problème d’emploi. Les études montrent qu’il faut créer 2 500 emplois par an pendant au moins 10 ans dans l’ouest guyanais, 4 000 par an dans toute la Guyane pour résorber le chômage. Autrement dit, il faudrait plusieurs projets miniers de cette ampleur tous les ans… Impensable !
Par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ L’économiste Alain Fauqueur estime, dans une tribune au « Monde », que la monnaie virtuelle, au-delà des errements de la spéculation, n’a pas dit son dernier mot.
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Le bitcoin « aura fait progresser la désintermédiation et nourri craintes bancaires et espoirs libertaires »

L’économiste Alain Fauqueur estime, dans une tribune au « Monde », que la monnaie virtuelle, au-delà des errements de la spéculation, n’a pas dit son dernier mot.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 15h00
    |

Alain Fauqueur (Economiste et ancien expert de l'ONU)







                        



                                


                            

Tribune. L’envolée du prix d’un produit financier, immobilier ou autre, signale la formation d’une bulle spéculative. Elle s’installe et attire à elle une cohorte de joueurs. Et elle éclatera avec des prises de bénéfices pour les uns et des pertes pour les autres. Les possesseurs, aujourd’hui, de 40 % du stock mondial de bitcoins sont assurés de la raréfaction progressive de l’émission de cette monnaie parallèle. Le tarissement est en effet constitutif de cette unité monétaire : il est programmé avec un plafond de 21 millions de bitcoins, fixé par l’algorithme fondateur. Cela correspond à un horizon proche des années 2040.
Les possesseurs de bitcoins seraient aujourd’hui quelques centaines. Attendent-ils leur moment ? Le cours de la monnaie virtuelle, qui a flirté avec les 10 000 euros, est maintenant redescendu à un niveau proche de 7 000 euros. Il connaît des fluctuations caractéristiques des produits de pure spéculation, c’est-à-dire avec peu de cordes de rappel vers l’économie réelle. Aucune dans le cas présent. D’un certain point de vue, les subprimes, avec leur pyramide de titrisations, étaient plus rassurants par leur référence au marché de l’immobilier, pourtant devenue bien lointaine.
Un processus explosif
Si l’on s’intéresse à la création de cette monnaie pour la vingtaine d’années à venir, il apparaît que la consommation d’énergie requise correspond à un processus explosif. En effet, la surenchère financière s’accompagne d’une surenchère internationale en kilowatts, voire en gigawatts.
Plus précisément, la création de bitcoins, incorruptible comme sa gestion, répond à des protocoles dits « de minage », qui récompensent les vainqueurs d’une course à des capacités de calcul toujours plus grandes. Pour certains, l’image est celle de la résolution d’un sudoku, non plus en deux dimensions, mais en n dimensions. Un paramètre rigoureusement indépassable pour un intrus dans cette surenchère de moyens de traitement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de spécialistes de la gériatrie estime qu’il existe des solutions pour épargner aux familles le drame financier de la dépendance.
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Pour « une assurance-autonomie publique obligatoire »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de spécialistes de la gériatrie estime qu’il existe des solutions pour épargner aux familles le drame financier de la dépendance.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 14h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La perte d’autonomie, liée chez un certain nombre de personnes âgées, à une maladie chronique invalidante, est un drame humain et financier pour les personnes atteintes et leurs proches. La prise en charge et la qualité des soins sont souvent insuffisantes, les soignants épuisés et le « reste à charge » trop lourd pour certaines familles. Par exemple, en institution, le coût d’hébergement varie de 1 600 euros à plus de 4 000 euros mensuels alors que la moyenne des retraites, en France, n’est que de 1 365 euros par mois !
Tous les gouvernements ont tenté des améliorations mais se sont heurtés au défaut de financement. Il faut trouver de l’argent neuf. Or les caisses de l’Etat sont vides et les familles, en particulier les classes moyennes, sont écrasées par les coûts induits par la perte d’autonomie.
Le paradoxe est que le coût de la prise en charge de la dépendance, insurmontable pour la personne, n’est que très modestement valorisé dans les comptes sociaux de la nation. En effet, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), seule aide aux familles pour prendre en charge la dépendance, n’est abondée que de 5,5 milliards d’euros. Par comparaison, pour l’ensemble des régimes obligatoires de base, l’assurance-maladie représente 207 milliards d’euros par an, les retraites 230 milliards (chiffres 2017 provisoires).
Seuls 8 % de la population des plus de 60 ans sont atteints de dépendance, ce qui ne représente que 2,6 % de la population susceptible de cotiser
Toutes les solutions proposées impactent lourdement les familles (viager, liquidation du patrimoine, etc.). Une seule, pratiquée dans certains pays, par exemple au Japon, n’a pas encore été retenue par les politiques : l’assurance-autonomie publique obligatoire, différente des contrats actuellement proposés par les compagnies d’assurances.
Pourquoi cette solution déjà étudiée en 2011 n’est-elle pas proposée par les politiques et gouvernants en place ? Parce...




                        

                        

