<FILE-date="2018/04/24/19">

<article-nb="2018/04/24/19-1">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Une étude récente suggère que les déplacements de bancs de minuscules organismes marins jouent un rôle dans le mélange des eaux des océans. Peut-être au point de participer à la lutte contre le réchauffement climatique.
<filname="PROF-env_sciences-1"> ¤ 
<article-nb="2018/04/24/19-2">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Entomologie. Des chercheurs ont observé pour la première fois que la libération du sperme est source de plaisir chez la drosophile de sexe masculin.
<filname="PROF-env_sciences-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’éjaculation fait aussi jouir les mouches

Entomologie. Des chercheurs ont observé pour la première fois que la libération du sperme est source de plaisir chez la drosophile de sexe masculin.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 14h34
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



                                


                            

Il suffit parfois de pas grand-chose pour réveiller le côté ­salace qui sommeille en chacun de nous. C’est pourtant sans arrière-pensée lubrique manifeste – professionnalisme oblige – que des chercheurs de l’université de Bar-Ilan (Israël) et du Janelia Research Campus (Etats-Unis) ­publient leurs travaux ce 19 avril, dans Current Biology. « Nous voulions savoir quelle phase précise de la copulation était responsable de la sensation de plaisir… chez la mouche, expliquent-ils, sans broncher. Est-elle due aux actions qu’accomplit le mâle durant la cour ? Aux phéromones des femelles ? Ou est-ce la dernière étape qui est importante, celle au cours de laquelle le sperme et le liquide ­séminal sont libérés ? »
Déformation anthropomorphique ou pas, les chercheurs sont partis de l’hypothèse que la clé de voûte de cette sensation de plaisir, de récompense, que l’on sait déjà être éprouvée par la mouche mâle lors de l’étreinte, était précisément l’éjaculation. Afin de lever leurs doutes, ils ont tiré parti de la technique d’optogénétique pour stimuler spécifiquement et à la demande les neurones connus pour être responsables de la libération du sperme et du liquide ­séminal chez la drosophile : les neurones à corazonine (en espagnol, corazon signifie « cœur »…).
Changements moléculaires
Les chercheurs se sont alors aperçus que, placés dans une boîte, les drosophiles mâles se tournaient plus volontiers du côté où une ­lumière « allumait » ces neurones à corazonine, c’est-à-dire lorsque était reproduit expérimentalement le plaisir ressenti lors d’une éjaculation. Le tout, sans femelle alentour.
Dans le cerveau de ces diptères exaltés, les changements moléculaires étaient similaires à ceux ­observés après un accouplement non virtuel : les taux de neuropeptide F, une molécule impliquée dans les phénomènes de récompense, grimpaient en flèche. En outre, alors que des mâles privés de sexe ont davantage tendance à se réfugier dans...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-3">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Des nomades marins du Sud-Est asiatique sont des apnéistes hors pair. Une étude suggère que la clé de leur endurance réside dans leur rate plus grande que la normale.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La rate, secret de plongée des Bajau

Des nomades marins du Sud-Est asiatique sont des apnéistes hors pair. Une étude suggère que la clé de leur endurance réside dans leur rate plus grande que la normale.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 13h00
    |

                            Anne Mellier








                        



                                


                            

Parfois appelés « nomades de la mer », les Bajau vivent de l’océan depuis plus de mille ans. Ce peuple d’Asie du Sud-Est tire l’essentiel de ses ressources des dizaines d’immersions quotidiennes qu’effectuent ses plongeurs. Simplement équipés d’un jeu de poids et de lunettes en bois, ils sont capables de descendre ­jusqu’à 70 mètres de profondeur pour récolter des crustacés, et ­peuvent rester plusieurs minutes en apnée. Au total, on estime que certains d’entre eux peuvent passer jusqu’à 60 % de leur journée d’activité sous l’eau, soit l’équivalent de cinq heures sans respirer. Publiée le 19 avril dans la revue Cell, une étude révèle qu’ils possèdent une rate bien plus grosse que la moyenne. Un atout potentiel pour l’apnée.
Retenir sa respiration
Intuitivement, cet organe n’est pas la première partie du corps que l’on croirait concernée par le fait de retenir sa respiration. Pourtant, la contraction de la rate fait partie du réflexe de plongée, qui se ­déclenche en cas d’apnée ou ­d’immersion du visage dans l’eau froide. Le cœur ralentit pour diminuer la consommation de l’organisme en oxygène, et les vaisseaux sanguins des extrémités se resserrent au maximum pour concentrer le sang vers les organes vitaux.
Les muscles lisses qui entourent la rate se contractent aussi, libérant une petite quantité de globules rouges oxygénés, qui augmentent légèrement la teneur en oxygène du sang. C’est un réflexe que l’homme partage avec les mammifères marins, même si leur rate est une réserve bien plus importante d’hématies oxygénées.
Soupçonnant que cette contraction puisse jouer un rôle dans l’étonnante facilité des Bajau à plonger, Melissa Ilardo, première auteure de l’étude, s’est rendue en Indonésie pour mesurer les rates d’une soixantaine de Bajau, et celles des membres d’un peuple voisin qui ne plonge pas, les Saluan.
Caractéristique héréditaire
Ses échographies ont révélé que la rate des Bajau était 50 % plus ­volumineuse en moyenne...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-4">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Un réseau associatif plaide pour la culture en Afrique de plantes qui contiendraient un cocktail moléculaire plus efficace que le traitement de référence. Mais les études restent préliminaires et ce recours à une médecine traditionnelle se heurte à la défiance des grandes institutions.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Artemisia : une tisane contre le paludisme ?

Un réseau associatif plaide pour la culture en Afrique de plantes qui contiendraient un cocktail moléculaire plus efficace que le traitement de référence. Mais les études restent préliminaires et ce recours à une médecine traditionnelle se heurte à la défiance des grandes institutions.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 09h00
    |

                            Sabah Rahmani








                        



                                


                            

Près de la moitié de la population mondiale est exposée au risque de paludisme, estime l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La maladie a entraîné 445 000 décès en 2016 : 90 % des cas sont survenus en Afrique, ainsi que 91 % des décès. » En 2016, 216 millions de personnes ont contracté la maladie dans le monde, soit 5 millions de plus que l’année précédente, et un retour au niveau de 2012.
La mobilisation générale est donc le mot d’ordre en ce 25 avril, journée mondiale de lutte contre la maladie. Pour contrer cette infection parasitaire véhiculée par des moustiques, l’Artemisia annua, plante de la famille des armoises, sert aujourd’hui de base aux traitements pharmacologiques antipaludéens. Utilisée dans la médecine chinoise ­depuis plus de deux mille ans, elle contient un principe actif, l’artémisinine, dont l’identification a valu le prix Nobel de médecine à la Chinoise Tu Youyou en 2015. Désormais les ACT (Artemisinin-based Combination Therapy), combinaisons thérapeutiques à base d’artemisinine, sont considérés comme les médicaments les plus efficaces, mais ils peinent à endiguer la maladie sur le continent africain, faute d’accès au soin.
Infusions ou décoctions de feuilles et tiges
Dans ce paysage thérapeutique complexe, un réseau international de scientifiques et de médecins (africains, américains et européens) liés à l’association française et philanthropique La Maison de l’artemisia, tente depuis quelques années d’ouvrir de nouvelles pistes, en revalorisant les feuilles sèches d’Artemisia annua et d’Artemisia afra pour lutter contre le paludisme. Selon eux, les deux plantes auraient des principes actifs plus riches et encore plus efficaces lorsqu’elles sont utilisées en polythérapie sous forme naturelle – infusions ou décoctions de feuilles et tiges – pour éliminer les parasites du genre Plasmodium, responsables de la maladie.
Cette position atypique suscite un...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-5">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Dix mille pas et plus. L’exploration des effets de l’exercice physique des ­individus sur la génération suivante est devenue un domaine actif de recherche.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pour vos futurs enfants, bougez !

Dix mille pas et plus. L’exploration des effets de l’exercice physique des ­individus sur la génération suivante est devenue un domaine actif de recherche.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 12h56
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Marchez, nagez, courez… pour votre santé, pour montrer l’exemple dans la famille, et même pour donner de meilleures chances dans la vie à vos futurs enfants. Ne finirait-on pas par pousser le bouchon un peu loin dans cette chronique ?
L’exploration des effets de l’exercice physique des ­individus sur la génération suivante est devenue un domaine actif de recherche. Et les résultats sont séduisants, même si nombre de ces travaux sont encore préliminaires et parfois contradictoires.
Dernière en date, une étude allemande publiée le 10 avril dans la revue Cell Reports, montre que des souris mâles placées dans un environnement stimulant améliorent leurs capacités d’apprentissage – ce qui était déjà connu – mais aussi celles de leurs futurs descendants. Cette transmission intergénérationnelle passerait non pas par l’ADN, mais par des substances (en l’occurrence des micro ARN) présentes dans le sperme des rongeurs « sportifs ». Bref, ce serait une affaire d’épigénétique.
Transmission épigénétique
Pour mener à bien leur démonstration, André ­Fischer (université de Göttingen) et ses collègues ont constitué deux groupes de souris mâles adultes. Par groupes de quatre ou cinq, les unes ont bénéficié pendant dix semaines d’un environnement enrichi, soit de grandes cages avec des jouets (tunnels, habitation…) et des roues. Les autres, animaux de contrôle, se sont contentés de cages de même taille sans accessoire. A l’issue de l’expérience, les rongeurs stimulés avaient une plasticité plus élevée dans l’hippocampe – structure cérébrale impliquée dans la mémoire et les apprentissages – que ceux du « groupe contrôle ». Surtout, ces effets positifs ont été retrouvés chez leurs descendants de première génération.
Les scientifiques allemands ne se sont pas arrêtés là. Ils ont ensuite étudié l’ARN présent dans le sperme des rongeurs sportifs, pour savoir si ces molécules pouvaient expliquer la transmission épigénétique de la plasticité cérébrale....




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-6">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Les feuilles sèches peuvent se prendre en comprimés, en tisanes ou en gélules. Mais aucune étude n’a encore pu les comparer.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     
                                                   
      

Artemisia : quel traitement est le mieux adapté ?

Les feuilles sèches peuvent se prendre en comprimés, en tisanes ou en gélules. Mais aucune étude n’a encore pu les comparer.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 09h00
    |

                            Sabah Rahmani








                        



   


Quelle forme de l’Artemisia serait plus adaptée aux traitements : tisane, gélule ou comprimé à base de feuilles sèches (Dried Leaf Artemisia ou « DLA ») ? A ce jour, aucune étude n’a pu les comparer. La Maison de l’artemisia préconise pour les malades une infusion pendant quinze minutes de feuilles et tiges sèches, à boire pendant sept jours, ou des poudres à ingérer sous forme de gélules ou de comprimés. Et quand l’ingestion n’est pas possible, notamment pour les enfants, la professeure Pamela Weathers propose d’utiliser des gélules par voie rectale, avec une posologie précise qui resterait à définir par des tests cliniques spécifiques.
La chercheuse émet l’hypothèse que « les comprimés ou gélules DLA fourniraient un complément complet de tous les produits chimiques présents dans les feuilles. L’infusion de thé est plus difficile à utiliser car elle doit être soigneusement préparée et trempée. Il existe des études montrant que la température de l’eau et la durée du trempage peuvent modifier les produits chimiques ».
Nouveau chantier
Un point de vue que relativise le professeur Lutgen, membre du réseau de la Maison de l’artemisia, qui défend l’intérêt de travailler avec la tisane en décoction (la plante est chauffée en même temps que l’eau) et non en simple infusion. Le chimiste trouve que les études d’extraction de l’Artemisia annua ont toujours utilisé des solvants organiques comme l’hexane, ignorant ainsi les molécules et les minéraux qui ne sont solubles que dans l’eau, comme les tanins. « Il y a dix ans, on disait qu’il ne fallait jamais utiliser de l’eau bouillante car on pensait que cela détruisait l’artémisinine. Ce n’est pas vrai ! Nous avons travaillé depuis avec l’eau bouillante et on s’est rendu compte qu’il vaut mieux faire une décoction, laisser bouillir pendant cinq minutes pour amener dans la solution aqueuse d’autres molécules. Il y a là tout un chantier nouveau. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-7">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ La culture de cet arbuste sur le continent africain permettrait de produire sept tonnes de feuilles sèches par an pour environ 130 000 traitements.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Encourager la production locale d’« Artemisia »

La culture de cet arbuste sur le continent africain permettrait de produire sept tonnes de feuilles sèches par an pour environ 130 000 traitements.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 09h00
    |

                            Sabah Rahmani








                        



                                


                            

Petit arbuste, l’artemisia présenterait de nombreux avantages sur le continent africain, selon le professeur Guy Mergeai, agronome belge (université de Liège), membre de l’association La Maison de l’artemisia : « Elle couvre très bien les sols, n’a pas de problème d’érosion et son utilisation sous forme de tisane ou de gélule ne nécessite pas de superficie énorme pour couvrir les besoins des populations contre le paludisme. » Un hectare permettrait de produi­re 7 tonnes de feuilles sèches par an pour environ 130 000 traitements. Si les Maisons d’artemisia cultivent l’espèce annua, elles souhaiteraient développer les cultures d’Artemisia afra, plus vivace et pérenne, qui nécessite dix fois moins de travail que sa cousine l’armoise annuelle.
Présents dans 15 pays, « nos centres sont des lieux de formation, d’études médicales et agronomiques, de partage de semences et de transmission des savoirs agro­nomiques et médicaux », explique Lucile Cornet-Vernet, médecin orthodontiste formée aux techniques de l’agroécologie, fondatrice de l’association.
Economie sociale et solidaire
En aidant au développement d’un réseau de culture locale et de distribution de l’artemisia selon une charte de bonnes pratiques et un label de qualité, le réseau souhaite élargir les solutions thérapeutiques face au paludisme, notamment pour « les familles démunies et isolées qui sont hors d’accès des programmes médicaux ». Mais aussi contrecarrer le réseau des faux médicaments antipaludéens ACT, qui représenterait plus de 50 % du marché. Les Maisons de l’Artemisia produisent et vendent les tisanes entre 1 500 et 2 500 francs CFA (soit 2,30 euros à 3,80 euros) les 40 g pour un traitement. « Toutes nos Maisons sont des associations, des entreprises de l’économie sociale et solidaire ou des coopératives. L’association française n’a aucun retour financier. En dix-huit mois, les structures sont autonomes », assure Lucile Cornet-Vernet.
Mais...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-8">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Exposition. A la Cité des sciences, une exposition ludique raconte l’histoire de la maîtrise du feu par l’homme.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


De la flamme au foyer

Exposition. A la Cité des sciences, une exposition ludique raconte l’histoire de la maîtrise du feu par l’homme.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h31
    |

                            Anne Mellier








                        



                                


                            

D’abord, des monstres flamboyants, dont les tentacules orangés se dressent vers le ciel avant de dévorer la brousse. Et de lointains ancêtres, spectateurs de ces brasiers, fascinés ou effrayés certainement, comme nous le sommes aujourd’hui parfois devant la puissance du feu. De ces ogres sauvages, les premiers hommes ont tiré des outils, un mode de vie : le moyen de s’extraire de la ­nature. Puis ils ont cherché à le comprendre, à le décortiquer, pour mieux le maîtriser.
Cette maîtrise du feu par l’homme, et ses ­limites, c’est l’histoire que raconte « Feu », la nouvelle exposition, ouverte depuis le 10 avril, de la Cité des sciences. Trois espaces sont dévolus aux différentes facettes de la relation que nous entretenons avec cet élément. Le premier raconte la manière dont l’homme s’est approprié le feu, sans savoir que ses flammes forgeraient l’humanité telle qu’on la connaît aujourd’hui. D’abord en le recueillant, puis en l’entretenant, avant d’être à même de le produire avec différents outils. Les vitrines circulaires de ce premier espace rappellent aussi le rôle social du foyer : il favorise la communication, les ­récits, le développement de l’artisanat, d’une culture. Il engendre des mythes et des rites dont l’exposition donne un riche aperçu.
Mécanismes de la combustion
Autre ambiance, plus industrielle, dans la deuxième partie. « C’est un espace consacré à la maîtrise et à l’étude du feu, expliquent Julia Maciel et Christelle Guiraud, co-commissaires de l’exposition. Ici, le feu est mis en boîte. » Et disséqué. On y apprend les mécanismes de la combustion, et la manière dont l’homme les a découverts. Ce que nos sociétés « thermo-industrielles » lui doivent aussi. Car, si discret soit-il au quotidien, le feu permet par exemple aux voitures de rouler.
Et puis le feu qui s’affranchit de l’homme et le menace. La dernière partie de l’exposition est consacrée aux incendies. Une pièce pleine de fumée et de véritables...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-9">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Géologie. Une météorite contiendrait des indices issus des profondeurs d’un astre n’ayant pas survécu à la naissance du Système solaire.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Des diamants, éternels vestiges d’une planète disparue

Géologie. Une météorite contiendrait des indices issus des profondeurs d’un astre n’ayant pas survécu à la naissance du Système solaire.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 14h58
    |

                            François Mange (« Le Temps »)








                        



                                


                            

Le 7 octobre 2008, une météorite d’un diamètre de plus de deux mètres, nommée « Almahata Sitta », frappait la Terre à la frontière du Soudan et de l’Egypte. C’est la première fois qu’une météorite a pu être identifiée et suivie avant sa collision avec la Terre. « On a eu de la chance, elle est tombée précisément où il fallait ! Dans l’eau ou en dehors d’un désert, il aurait été quasiment impossible d’en récupérer des fragments et de les analyser », indique Cécile Hébert, professeure à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et coauteure d’une nouvelle étude sur Almahata Sitta parue dans Nature Communications. Cela aurait été dommage : « des diamants contenus dans la météorite nous indiquent qu’elle aurait pu appartenir à une planète de la taille de Mercure ou de Mars », se réjouit Cécile Hébert. Inutile de sortir votre attirail de chercheur de pierres précieuses, ces diamants venus du ciel, qui ne sont par ailleurs pas si rares, ont une taille d’environ 0,01 mm. Ces ­micro-joyaux valent cependant leur pesant d’or. Pourquoi ?
Des inclusions informatives
Philippe Gillet, professeur à l’EPFL et coauteur de l’étude, ­explique qu’il avait déjà étudié « le caillou » et constaté la présence des diamants avec un groupe de chercheurs japonais. Mais c’est un doctorant, Farhang Nabiei, premier auteur de la nouvelle étude, qui va trouver un ­détail- clé qui leur avait échappé à l’époque : des inclusions. Ces corps solides, liquides ou ­gazeux, piégés dans le diamant au moment de sa formation, renferment des informations sur la provenance de la météorite. Si, chez un diamantaire, ces impuretés diminuent la valeur de la gemme, pour le géophysicien qu’est Philippe Gillet, il s’agit au contraire d’imperfections très précieuses : « Leur formation au sein d’un corps céleste est très largement débattue et ces inclusions nous permettent de mieux comprendre dans quelles conditions ces diamants ont été créés. »
Un diamant...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-10">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ L’étude des registres contenant des milliers de fossiles est sans appel : à chaque arrivée de « Sapiens » sur un continent, la taille moyenne des animaux s’effondre.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 23/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


L’homme, tueur en série des grands mammifères

L’étude des registres contenant des milliers de fossiles est sans appel : à chaque arrivée de « Sapiens » sur un continent, la taille moyenne des animaux s’effondre.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 18h57
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

C’était il y a quelque 14 000 ans. Le continent américain abritait une faune à nulle autre pareille. En Alaska et dans les terres du Yukon, des mammouths de 10 tonnes et de 5 mètres au garrot avalaient tranquillement herbes et autres carex. Un peu plus au sud s’étendaient les terres de l’impressionnant rhinocéros laineux (2 mètres au garrot pour 3 tonnes) et, jusqu’aux tropiques, celles du terrible tigre à dents de sabre (450 kilogrammes, 3,5 mètres de long). Ce qui n’empêchait pas les gigantesques paresseux terrestres de traîner leurs 4 tonnes (et jusqu’à 6 mètres de la tête à la queue) en relative sécurité.
Et puis, en quelques siècles, 3 000 ans tout au plus, ces géants ont disparu. Eradiqués. La cause ? Longtemps les scientifiques se sont opposés sur le sujet. Une météorite, comme lors de la disparition des dinosaures, il y a 66 millions d’années ? Un changement brutal du climat ? Ou encore l’homme, chasseur habile et sans scrupule ? Dans un article publié dans la revue Science, vendredi 20 avril, une équipe américaine vient appuyer cette dernière hypothèse. Elle n’accuse pas seulement les conquérants du Nouveau Monde, probablement arrivés par le détroit de Behring, d’avoir éradiqué quelques espèces imposantes. Elle nous juge responsables de « la baisse de la taille des mammifères à travers le quaternaire tardif », comme l’indique sobrement le titre de la publication. En d’autres termes, nous serions coupables de la disparition générale des plus grands mammifères sur les cinq continents, et cela depuis au moins 125 000 ans.
Arrivée de l’homme en Alaska
Les indices en ce sens étaient déjà graves et concordants. En 2007, la Britannique Caitlin Buck (université de Sheffield) et le Français Edouard Bard (Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement, Collège de France) avaient profité des dernières techniques de datation au carbone 14 et de méthodes d’analyses statistiques plus rigoureuses...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-11">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Grâce à l’artémie, des chercheurs américains ont montré que le zooplancton pouvait générer des tourbillons et ainsi mélanger les strates océaniques.
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Ces crevettes qui brassent les océans

Grâce à l’artémie, des chercheurs américains ont montré que le zooplancton pouvait générer des tourbillons et ainsi mélanger les strates océaniques.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 18h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Zoologie. Ne cherchez pas d’artémies chez votre poissonnier. Jusqu’à preuve du contraire, cette petite crevette des lagunes et marais salants, dépassant rarement les 12 mm, ne présente aucun intérêt pour nous autres humains. Sur le plan directement gastronomique, du moins. Les scientifiques, en revanche, apprécient quelques-unes de ses étranges propriétés. Ainsi, dès que les conditions extérieures deviennent périlleuses, le crustacé produit des cystes. Dissimulé dans une enveloppe solide, la larve peut ainsi séjourner de longues semaines, résister à des températures polaires comme aux plus fortes chaleurs. Que les conditions s’améliorent et la larve reprend son cycle de vie, prête à grandir… ou à se faire dévorer par les poissons et autres oiseaux des marais. Cette résistance et la facilité de stockage qui l’accompagne font de l’artémie une des ressources favorites des aquariophiles amateurs.
John Dabiri, lui, n’est pas aquariophile, encore moins amateur. Professeur d’ingénierie mécanique à l’université Stanford, il se passionne pour les systèmes de propulsion. Il a ainsi consacré de nombreuses années de recherche aux mouvements des méduses, s’en inspirant pour développer des éoliennes mais aussi des engins sous-marins. En jetant son dévolu sur les artémies, le chercheur entendait modéliser les mouvements des krills, copépodes et autres formes de zooplancton, qui pullulent dans nos mers. « Le consensus dominant voulait que ces animaux, les plus abondants de l’océan, étaient trop petits pour avoir un impact dynamique », se souvient-il. Dans un article publié dans la prestigieuse revue Nature, il vient de prouver le contraire.

Sa démonstration semble presque élémentaire. Au laboratoire, une grande cuve est remplie d’eau salée, avec deux couches bien séparées de concentration en sel différentes. Les crevettes sont alors introduites et attirées vers le fond par une lumière verte. Au bout de dix minutes, une LED bleue...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-12">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Paludisme, la guerre d’usure (7/10). Les scientifiques étudient la possibilité d’administrer à toute une population une molécule qui tue les anophèles.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤         

Décryptage

Contre le paludisme, rendre le sang humain toxique pour les moustiques

Paludisme, la guerre d’usure (7/10). Les scientifiques étudient la possibilité d’administrer à toute une population une molécule qui tue les anophèles.

Par                                            Florence Rosier




LE MONDE
              datetime="2018-04-22T17:30:28+02:00"

        Le 22.04.2018 à 17h30






    
Un anophèle, l’espèce de moustique responsable de la transmission du paludisme.
Crédits : Handout . / REUTERS


Pourrait-on recourir à un « traitement de masse », dans certaines régions, pour enrayer la transmission du paludisme ? La stratégie consiste à administrer à toute une population un médicament contenant une molécule toxique pour l’anophèle, le moustique qui transmet le parasite Plasmodium falciparum, responsable de cette maladie. Lorsqu’il pique une personne dont le sang recèle cette molécule, il meurt avant d’avoir pu transmettre le parasite à quelqu’un d’autre.
« Il s’agit d’un traitement à visée altruiste, relève le docteur Marc Thellier, du Centre national de référence du paludisme en France. Les personnes traitées ne sont pas personnellement protégées. En revanche, ce traitement de masse a un effet globalement protecteur sur la population : il réduit la transmission du moustique à l’homme dans toute une région. » 

        Présentation de notre série
         

          Paludisme, la guerre d’usure



Cette stratégie est explorée avec un médicament, l’ivermectine, utilisé depuis plus de trente ans dans la prise en charge de deux affections parasitaires répandues : la filariose lymphatique et l’onchocercose, ou « cécité des rivières ». L’ivermectine est aussi indiquée dans le traitement des poux ou de la gale.
« En 1989, une équipe russe a découvert que cette molécule, diluée dans du sang, pouvait tuer une espèce d’anophèle », raconte Marc Thellier. Quand un moustique piquait un lapin traité par l’ivermectine, il mourait au bout de quelques jours.
Le bétail aussi
La piste est un peu tombée dans l’oubli jusqu’à ce qu’on redécouvre cet effet sur le terrain. En 2011, une étude a ainsi montré, dans le sud-est du Sénégal, que le taux d’infection par Plasmodium falciparum chutait au sein des populations qui avaient reçu de l’ivermectine contre la cécité des rivières. Cet effet concernait le paludisme transmis par l’espèce Anopheles gambiae. Ce médicament « pourrait être un outil puissant et synergique pour réduire la transmission du paludisme dans les régions épidémiques », concluaient les auteurs, issus de l’université du Colorado et du ministère sénégalais de la santé.
En 2014, cet effet a été confirmé dans des villages du Sénégal, du Liberia et du Burkina Faso. Mais les questions posées restaient nombreuses. L’ivermectine serait-elle efficace contre les principales espèces de moustiques qui transmettent le parasite, différentes selon les régions du monde ? Quelles seraient, par ailleurs, les régions qui en bénéficieraient le plus ? Et selon quelles modalités d’administration : à quelle dose traiter les populations, combien de fois et à quel rythme ?

        Episode 5
         

          Face au paludisme, le Niger généralise la chimioprévention pour les enfants



Selon les dernières études, parues en 2017, « il semblerait qu’il faille traiter régulièrement les gens pour limiter durablement la transmission, car la molécule est très efficace dans la première semaine qui suit la prise puis l’effet s’estompe et disparaît au bout de quelques semaines », précise Marc Thellier.
Pour l’heure, il est trop tôt pour que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande ce traitement de masse. « Certains experts pensent que c’est une stratégie intéressante. Il pourrait être utile de l’appliquer aussi au bétail ciblé par certaines espèces de moustiques », indique Marc Thellier.
Questions éthiques
Un autre traitement de masse contre le paludisme, à base de primaquine, est déjà recommandé par l’OMS. La primaquine est indiquée dans le traitement des « accès de reviviscence » (une résurgence de la maladie à partir de cellules infectées dormantes) de certaines espèces de paludisme : elle détruit les cellules dormantes du parasite, réfugié dans le foie des sujets infectés. « Mais en plus de cette action, on s’est aperçu que la primaquine pouvait bloquer le développement de Plasmodium falciparum chez le moustique en empêchant la fusion de ses gamètes », explique Marc Thellier.
L’OMS recommande son utilisation en administration unique, faiblement dosée, chez tous les gens qui font un accès de paludisme. « C’est en Asie du Sud-Est que ce traitement est le plus utilisé, parce que l’enjeu est crucial : il s’agit de limiter la diffusion du parasite dans une région où Plasmodium falciparum développe des résistances aux traitements actuels. » En Amérique du Sud aussi, cette recommandation est plus ou moins bien suivie. En Afrique, elle est plus compliquée à mettre en œuvre.

        Episode 6
         

          L’Afrique en alerte face à une forme de paludisme qui ne craint pas les médicaments



Ces stratégies soulèvent aussi des questions éthiques. On donne un médicament à des personnes qui n’en ont pas directement besoin pour leur propre santé : il faut donc s’assurer de son innocuité. Concernant la primaquine, ce médicament peut entraîner des anémies parfois sévères chez les personnes génétiquement déficitaires en une enzyme, la G6PD. Mais l’OMS juge ce risque peu élevé au vu des faibles doses de primaquine administrées.
L’ivermectine, de son côté, semble avoir très peu d’effets indésirables. Elle agit en bloquant certaines voies nerveuses et musculaires des invertébrés, entraînant une paralysie neuromusculaire qui tue les moustiques et d’autres parasites. Mais elle épargne ces systèmes chez les mammifères – donc chez l’homme. Plus de trente ans d’utilisation en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud ont confirmé sa bonne tolérance.
Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Roll Back Malaria (RBM).

Sommaire de notre série Paludisme, la guerre d’usure
Dans une série en dix épisodes, Le Monde Afrique détaille les enjeux de la lutte contre cette maladie parasitaire qui a provoqué 445 000 décès dans le monde en 2016.

        Episode 9
         

          Les vaccins contre le paludisme encore loin de la panacée




        Episode 8
         

          Au Mali, « plus aucun enfant ne meurt du paludisme dans les villages où nous intervenons »




        Episode 7
         

          Contre le paludisme, rendre le sang humain toxique pour les moustiques




        Episode 6
         

          L’Afrique en alerte face à une forme de paludisme qui ne craint pas les médicaments




        Episode 5
         

          Face au paludisme, le Niger généralise la chimioprévention pour les enfants




        Episode 4
         

          Au Sénégal, deux villages aux avant-postes de la lutte contre le paludisme




        Episode 3
         

          Les nouvelles armes de la lutte contre le paludisme




        Episode 2
         

          Le paludisme, tueur au quotidien




        Présentation de notre série
         

          Paludisme, la guerre d’usure







<article-nb="2018/04/24/19-13">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Le neurobiologiste Pierre-Marie LLedo explique que le changement est une véritable fontaine de jouvence et la production de neurones cesse seulement lorsque l’on arrête d’apprendre.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le cerveau se nourrit du changement »

Le neurobiologiste Pierre-Marie LLedo explique que le changement est une véritable fontaine de jouvence et la production de neurones cesse seulement lorsque l’on arrête d’apprendre.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 08h53
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Pierre-Marie Lledo est neurobiologiste et dirige le département neurosciences de l’Institut Pasteur. Le monde du travail s’intéresse à ses travaux sur l’épanouissement du cerveau, repris dans Le Cerveau, la machine et l’humain (Odile Jacob, 2017).
Vous restez optimiste pour l’homme, malgré les menaces que font peser les technologies numériques sur son travail. Pourquoi ?
L’homme, on le sait, a commencé à s’épanouir lorsqu’il a été confronté à l’inconnu, à de nouveaux obstacles. Le cerveau se nourrit du changement, c’est une véritable fontaine de jouvence et la production de neurones cesse seulement lorsque l’on arrête d’apprendre ; ce n’est une question ni d’âge, ni de métier, ni de milieu social. Nous permettre de nous adapter à des ruptures est tout simplement sa raison d’être. C’est le cas avec les technologies numériques, comme à l’apparition de tout nouvel outil.
Nos capacités en seront-elles transformées ?
On le voit à travers l’évolution des processus de mémorisation. En évoquant l’invention de l’écriture par les Egyptiens, Socrate mettait en garde ses contemporains contre cette mémoire artificielle qui allait leur faire perdre la mémoire véritable. C’est vrai que cette capacité est devenue moins nécessaire à l’homme.
D’ici dix ans, je pense que la communication passera essentiellement par la voix, pour nous libérer du goulot d’étranglement dans la transmission de nos idées qu’est l’écriture
Les stratégies sont à nouveau en train de changer : si vous demandez à un millenial ce que lui inspire la date 1515, il va tout de suite faire appel à son smartphone et trouver en cinq minutes François 1er et la bataille de Marignan. Si vous lui reposez la question un mois plus tard, il aura oublié les réponses. En revanche, il saura retrouver le cheminement pour parvenir à ces informations. Il aura donc développé une mémoire du « process » plutôt qu’une mémoire sémantique.





                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-14">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Ce physicien qui fait surfer les électrons dans le sillage des faisceaux lasers  se prépare à partir en Israël, à l’Institut Weizmann, où on lui donne carte blanche.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Victor Malka,  maestro des rayons lasers

Ce physicien qui fait surfer les électrons dans le sillage des faisceaux lasers  se prépare à partir en Israël, à l’Institut Weizmann, où on lui donne carte blanche.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 17h50
    |

                            Florence Rosier (Rehovot, Institut Weizmann, Israël)








                        



                                


                            
Mais où est passé le « compresseur à laser » de Victor Malka ? Le 21 mars, sur le campus de l’Institut Weizmann, en Israël, la question tracassait le physicien. Plus d’une tonne et ­demie de matériel, volatilisée durant son vol entre Paris (France) et Tel-Aviv (Israël) !
Pour Victor Malka, le problème est bien plus trivial que l’accélération des particules d’un plasma – son hobby de chercheur. « Il y a dix-huit ans, la communauté scientifique était très sceptique sur notre capacité à accélérer des électrons par des impulsions lasers. Aujourd’hui, nous parvenons à manipuler collectivement ces particules sur de courtes distances, se réjouit-il. C’est une nouvelle façon, plus compacte et moins chère, de produire des faisceaux d’électrons et de rayons X. »
La veille, il venait de réceptionner 25 des 26 conteneurs abritant l’une des pièces du puzzle de son futur super-laser. Religieusement usinées par la société Thales Optronique, à Elancourt (Yvelines), elles avaient été acheminées par avion depuis Roissy, pour être montées et installées ici, au « Weizmann ».
En mai 2019, Victor Malka rejoindra à temps plein cet institut israélien, qui figure parmi les 150 meilleures universités au monde du ­classement de Shanghaï. Pour l’heure, il est ­encore au Laboratoire d’optique appliquée (LOA), une unité mixte entre l’Ecole polytechnique, le CNRS et l’ENSTA, à Palaiseau (Essonne).
Tohu-bohu feutré, dans le petit monde de la physique : comment la France pouvait-elle « perdre » ce virtuose des lasers ? « Je suis tombé amoureux de ce campus. Ici, chaque ­arbre a son numéro et son histoire », confie-t-il. Mais le charme du lieu, on s’en doute, ne pouvait suffire à l’attirer.
Chercheur très en pointe
« Victor Malka est un chercheur d’exception, ­estime Jacques Biot, président de l’Ecole polytechnique. Il incarne le scientifique que nous cherchons à accueillir à l’X : à la fois très libre dans le choix de ses...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-15">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Epreuve douloureuse, la maladie peut devenir l’occasion de se reconvertir dans l’éducation thérapeutique. Des diplômes universitaires existent pour les patients et les soignants qui veulent se tourner vers ces nouveaux métiers.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Faire de l’expérience de la maladie son métier

Epreuve douloureuse, la maladie peut devenir l’occasion de se reconvertir dans l’éducation thérapeutique. Des diplômes universitaires existent pour les patients et les soignants qui veulent se tourner vers ces nouveaux métiers.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 11h15
    |

            Martine Jacot








                        



                                


                            

Des cours peu ordinaires se déroulent au troisième étage d’un bâtiment de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, dans le cadre de la faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie (Sorbonne Université). Au programme de cette matinée de mars : « techniques de préservation de la fertilité après un cancer », « prise en charge de la douleur », « sexualité et cancer ».
Les 26 étudiants – jamais avares de questions, de remarques ou de plaisanteries devant les intervenants spécialisés – ne sont ni des internes ni des soignants, à l’exception d’un médecin : ce sont des patients, toujours en traitement ou en rémission d’un cancer. Leur âge varie entre la trentaine et la soixantaine. Venus d’horizons professionnels divers, ils se forment à l’écoute active, au partage de l’expérience de leur maladie et de leurs traitements, en vue d’agir en tant qu’intermédiaires entre le corps médical et les malades, notamment. Ils suivent le cursus d’un diplôme universitaire (DU) pour exercer, à temps plein ou partiel, de nouveaux métiers : « patient expert », « patient partenaire » ou « patient enseignant ».
Accompagner les salariés malades
Sandrine Doczekalski, 38 ans, était styliste chez Sonia Rykiel lorsqu’on lui a diagnostiqué un lymphome de Hodgkin, une forme de cancer du système lymphatique. « J’ai abandonné mon métier pour me soigner et parce que toutes mes priorités ont été remises en question », dit-elle. Elle s’est formée en sophrologie et entend aller plus loin dans l’aide aux autres. Carole David, 47 ans, guérie d’un cancer du sein, a repris son ancien travail chez Axa, mais voudrait créer, au sein de son entreprise, une unité pour accompagner les salariés souffrant d’un cancer ou d’une autre pathologie lourde. Naïma Françoise, 53 ans, doit suivre un traitement de chimiothérapie à vie. Juriste dans un cabinet de consultants, elle s’est arrêtée de travailler neuf mois. « Je veux faire quelque chose des épreuves que je continue de vivre, dit-elle....




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-16">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Historien du socialisme, le nouveau président de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, qui a conseillé François Hollande, souhaite que la recherche nourrisse le débat public.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Christophe Prochasson : comprendre le monde sans le fuir

Historien du socialisme, le nouveau président de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, qui a conseillé François Hollande, souhaite que la recherche nourrisse le débat public.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 12h16
    |

                            Catherine Portevin








                        



                                


                            

« Vous contemplerez la plus belle vue de Paris ! », avait-il promis, comme s’il voulait d’abord nous faire sentir le génie du lieu. Certes, depuis son bureau présidentiel, au dernier étage de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), la vue est imprenable sur les toits du 6e arrondissement de Paris. Mais plus remarquables encore sont les deux affiches placardées au mur, que l’historien Christophe Prochasson ne se lasse pas de commenter.
La première date de 1948 et donne le programme de la toute nouvelle VIe section « Sciences économiques et sociales » de l’Ecole pratique des hautes études. Avec les cours de Lucien Febvre, président – le fondateur, avec Marc Bloch, de la revue Annales –, Fernand Braudel, André Leroi-Gourhan, Claude Lévi-Strauss, Ernest Labrousse…
La seconde donne celui de l’année universitaire 1975-1976, qui inaugure l’Ecole des hautes études en sciences sociales, créée par l’autonomie de cette VIe section, avec les séminaires de Jacques Le Goff, président, François Furet, Marc Augé, Raymond Aron, Pierre Bourdieu, Françoise Héritier, Nicole ­Loraux, Pierre Vidal-Naquet… Tous les grands noms des sciences humaines françaises du XXe siècle, reconnus dans le monde : la voilà, la plus belle vue de Paris, voilà le génie du lieu. Le nouveau président, élu en novembre 2017 par l’assemblée générale de ses pairs, n’en est que l’hôte. S’il aime recevoir « au 54 » (du boulevard Raspail), c’est en se situant d’emblée dans un arbre généalogique plus grand que lui.
A ce sens de l’histoire, Christophe Prochasson ajoute un lien intime : « Je dois tout à cette maison, jusqu’aux recoins de ma vie personnelle, confie-t-il. L’EHESS, c’est pour moi le lieu par excellence de la liberté intellectuelle. » Normalien, il y est entré en 1991, son doctorat d’histoire contemporaine en poche sur, déjà, le rôle des intellectuels dans le socialisme de...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-17">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ La revue en ligne « BMJ Case Reports » rapporte le cas clinique d’une femme dont l’emplacement du rein droit varie de 6 cm selon qu’elle est debout ou couchée.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤ 
<article-nb="2018/04/24/19-18">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Le morceau d’engin spatial a été retrouvé dans la soirée du 11 avril, sur le rivage de l’île de Quéménès, dans le Finistère.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                

Un morceau de SpaceX retrouvé en Bretagne

Le morceau d’engin spatial a été retrouvé dans la soirée du 11 avril, sur le rivage de l’île de Quéménès, dans le Finistère.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h14
   





                        



   


Un couple de trentenaires, seuls habitants de l’île de Quéménès, au large de la Bretagne, ont retrouvé un morceau d’engin spatial SpaceX, qu’ils ont soigneusement conservé dans leur ferme en attendant l’arrivée d’un expert de l’entreprise américaine.
Le morceau a été retrouvé dans la soirée du 11 avril, entraîné par les courants, sur le rivage de cette petite île de 30 hectares située en mer d’Iroise (Finistère).
« L’objet comporte trois plaques avec le logo SpaceX », a expliqué Amélie Goossens, actuelle locataire de l’île, qui appartient au Conservatoire du littoral.
« On a envoyé un mail et contacté SpaceX via Twitter », a confié la jeune agricultrice qui, avec son compagnon, a été sélectionnée en novembre pour ramener la vie dans cet îlot désert, long de 1,3 km pour une largeur maximale de près de 400 m.
L’objet retrouvé, ressemblant à une baignoire, correspondrait « au-dessus d’une capsule spatiale », selon Didier Olivry, délégué du Conservatoire du littoral de Bretagne.
« La compagnie a été contactée par les locataires de l’île et nous attendons la venue d’un expert de l’entreprise pour confirmer son origine et déterminer sa destination », a-t-il dit.
 
110 tonnes de satellites envoyés dans l’espace en 2017
Si le cœur des ambitions de l’entreprise fondée par Elon Musk réside dans la présence humaine dans l’espace (le milliardaire américain parlant même de coloniser la planète Rouge), l’entreprise s’est jusqu’ici positionnée principalement sur le lancement de satellites commerciaux. Avec un certain succès, eu égard à la jeunesse de SpaceX, fondée en 2002.

        Lire aussi :
         

                Comment SpaceX s’est fait une place dans l’aérospatiale



Débutée en 2009 avec le premier lancement réussi d’un satellite, cette activité est devenue plus régulière à partir de 2013 avec la Falcon 9, que l’entreprise a fait évoluer vers plus de puissance et de capacité d’emport pour répondre aux besoins du marché. L’activité a ensuite régulièrement crû, atteignant 110 tonnes envoyées en orbite en 2017. Soit près de deux fois plus qu’Arianespace (59 tonnes envoyées en 2017), numéro 1 depuis des années.
En matière de coûts, l’entreprise figure parmi les plus compétitives. Alors que le prix d’un lancement est en moyenne de 92 millions de dollars chez ses concurrents, la facture s’élève à 61,2 millions de dollars chez SpaceX pour sa fusée Falcon 9, selon un rapport de la FAA, l’Agence fédérale américaine de l’aviation.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-19">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ James Bridenstine a bénéficié des voix des sénateurs du parti Républicain (50 contre 49 démocrates) pour prendre la tête de l’Agence spatiale américaine. Une nomination très politique, estime Sylvestre Huet.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤ 
<article-nb="2018/04/24/19-20">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Le bio-informaticien Frédéric Cazals s’inquiète dans une tribune au « Monde » de l’absence des acteurs français dans les grands congrès scientifiques et de ses conséquences, notamment sur les performances économiques.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Recherche et développement : les entreprises françaises n’ont pas de vision

Le bio-informaticien Frédéric Cazals s’inquiète dans une tribune au « Monde » de l’absence des acteurs français dans les grands congrès scientifiques et de ses conséquences, notamment sur les performances économiques.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 11h05
    |

Frédéric Cazals (Directeur de recherche, Inria Sophia Antipolis Méditerranée, professeur associé à Centrale-Supélec)







                        



                                


                            

Tribune. En examinant la participation d’entreprises françaises à certains événements académiques de premier plan, dans deux registres très différents, on constate que le niveau de culture R&D (recherche & développement) au sein des entreprises françaises peut être anormalement bas et obère la compétitivité du pays. J’en prendrai deux exemples.
Dans le domaine de l’Intelligence artificielle et de la société digitale, tout d’abord. Chacun sait à quel point les sciences et techniques du numérique ont bouleversé notre quotidien. Divertissement, véhicules autonomes, santé, ingénierie, finance sont en effet autant de domaines pour lesquels ordinateurs et algorithmes jouent un rôle sans cesse croissant. La recherche d’aujourd’hui augurant des innovations de demain, un examen des tendances perceptibles lors de la conférence de référence de l’intelligence artificielle (IA) est instructif.
Avec 8 000 participants en 2017, « Neural Information Processing Systems » (« NIPS ») est à la fois une conférence académique sur les fondements mathématiques et algorithmiques de l’IA, et une exhibition technologique de premier plan. Alors que la diversité des domaines abordés n’a d’égal que celle des pays représentés, voici la statistique qui alerte : 85 sponsors d’origine variée avec un fort biais anglo-saxon et asiatique ; du côté européen, présence allemande et anglaise marquée ; cependant, une seule entreprise française.
Des algorithmes sophistiqués
On notera que l’engouement pour l’IA au sens large est attesté par la fréquentation de cette conférence, multipliée par 8 en dix ans (l’édition 2017 était la 31e). Nombre d’entreprises accordent une importance particulière au salon, critique pour la visibilité et le recrutement, la matière grise faisant l’objet de la convoitise que chacun sait. Les sponsors déboursent entre 5 000 et 80 000 dollars en fonction du statut convoité.
Pour comprendre à quel point...




                        

                        

