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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le maire de Nice condamne l’organisation du meeting du FN le 1er mai à Nice, dans une tribune au « Monde » signée par plus de 370 personnalités dont Jean-Jacques Aillagon, Charles Berling et Joann Sfar.
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Christian Estrosi : « Le FN et ses alliés européens ne sont pas chez eux à Nice »

Le maire de Nice condamne l’organisation du meeting du FN le 1er mai à Nice, dans une tribune au « Monde » signée par plus de 370 personnalités dont Jean-Jacques Aillagon, Charles Berling et Joann Sfar.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 17h56
   





                        



                                


                            
Tribune. Le Front national a choisi d’organiser à Nice cette année son meeting national le 1er mai prochain. Il s’agit d’une première, puisque le Front national a invité à Nice ses amis européens : les Flamands du Vlaams Belang, un parti héritier d’une formation condamnée pour racisme en 2004 et dont les cadres honoraient régulièrement les soldats ayant servi aux côtés des SS ; les Italiens de la Ligue du Nord dont l’actuel leadeur s’est déclaré favorable à des wagons séparés pour les Milanais dits « de souche » dans le métro ; les Polonais du Congrès de la nouvelle droite (KNP), dont le leadeur a déclaré que les femmes sont plus faibles et moins intelligentes que les hommes. D’autres groupes tout aussi peu recommandables ont également été conviés.
Ainsi, dans notre pays, à Nice, autour des vociférations des populistes français, résonnera la voix de ceux dont les propos fleurent aujourd’hui l’entre-deux-guerres.
Fête défigurée
Nous qui aimons la France et son message, nous qui aimons Nice et son histoire, nous ne voulons pas voir le sens vrai du 1er-Mai dénaturé par le Front national et ses sulfureux amis. Nous disons non à une fête défigurée ! Car le Front national saccage à double titre l’héritage et la tradition du 1er-Mai.
D’abord, parce que le 1er-Mai honore tous ceux qui vivent de leur travail. Cette fête rend hommage à tous les travailleurs, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, indépendamment de leurs origines, religion ou convictions. C’est une fête de la solidarité et de la fraternité des hommes. Ensuite, il salit la mémoire de Nice, car le 1er mai est le premier jour d’une très ancienne fête traditionnelle, Les Mai, fête de la joie du printemps revenu, fête familiale et paisible, qui occupera nos parcs et jardins chaque dimanche du mois. De tout cela, le Front national se moque.
er-Mai, à la vraie âme de...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Les présidents français et américain répondent aux questions de journalistes à l’occasion de la visite d’Etat de M. Macron aux Etats-Unis.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Avec la signature de ces baux précaires, plus de 900 hectares de terres font désormais l’objet d’une exploitation légale, et 270 hectares doivent encore être attribués.
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Notre-Dame-des-Landes : premières normalisations pour quatre agriculteurs

Avec la signature de ces baux précaires, plus de 900 hectares de terres font désormais l’objet d’une exploitation légale, et 270 hectares doivent encore être attribués.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 16h32
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 16h56
   





                        



   


Elles avaient été annoncées peu après l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes : l’Etat a officialisé grâce à la signature de baux précaires, mardi 24 avril, la normalisation de la situation de quatre agriculteurs « historiques » – des baux qui courent jusqu’au 31 décembre 2018. La préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, a salué une « nouvelle avancée vers le retour à l’Etat de droit » sur la ZAD, deux semaines après le début des opérations sur le site, qui mobilisent 2 500 gendarmes mobiles.
Les agriculteurs se sont également réjouis de cette régularisation. « On a enfin un statut légal », a déclaré Sylvain Fresneau, éleveur laitier, qui s’était opposé à son expropriation. « On était squatteurs chez nous, dans notre maison qu’on a achetée, qu’on a payée, on payait les ramassages d’ordures, l’eau, et on était quand même squatteurs », a-t-il déploré devant la presse.

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                Notre-Dame-des-Landes : pas d’expulsion avant l’examen des dossiers déposés par les zadistes



« Sur zone, on espère un retour à une certaine sérénité, avec petit à petit le départ des forces de l’ordre dès qu’elles pourront le faire, et j’espère que ce sera le plus rapidement possible », a ajouté Sylvie Thébault, autre agricultrice « historique », installée avec sa famille à l’ouest de la ZAD depuis 1999.
Ces quatre conventions d’occupation précaire (COP) courent jusqu’à fin 2018 et portent sur une surface d’environ 300 hectares. Avec leur signature, plus de 900 hectares de terres font désormais l’objet d’une exploitation dans un cadre légal – 600 autres faisant déjà l’objet d’une COP avec des paysans n’habitant pas la ZAD.
270 hectares constitués de parcelles doivent encore être attribués. C’est dans ce périmètre que les zadistes ont déposé des projets. Le reste de la ZAD est composé d’hectares de bois, de routes, etc.
Réunion mercredi à Matignon
La préfecture des Pays de la Loire avait donné jusqu’à lundi minuit aux occupants de la ZAD pour remplir des formulaires individuels devant comporter leur nom et les grandes lignes de leur projet, un préalable à l’éventuelle signature par l’Etat de baux précaires pour les personnes résidant sur le site de 1 650 hectares.
Le premier ministre, Edouard Philippe, doit présider, mercredi après-midi à Matignon, une réunion avec les « ministres concernés » sur ce dossier et la suite à donner aux opérations d’expulsion des zadistes ne souhaitant pas se régulariser, a annoncé la préfète Nicole Klein. « On me demandera comment je vois les choses, mais c’est le gouvernement qui tranchera », a affirmé la représentante de l’Etat, rappelant « l’engagement » pris de « mettre fin aux occupations illégales » sur la ZAD.
« La ligne, elle est constante, ceux qui ont un projet agricole, qui ont respecté l’Etat républicain, qui se sont intégrés dans le cadre que l’Etat a proposé (…), ceux-là ont leur place, les autres n’ont pas leur place et ils seront évacués », a encore rappelé mardi matin le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.
De la place « pour à peu près tout le monde »
Pour la préfète, le dépôt vendredi de quarante dossiers nominatifs par les zadistes, dont 28 purement agricoles, constitue « un grand pas vers l’apaisement ». Elle souligne :
« J’ai toujours pensé qu’on arriverait à obtenir des projets nominatifs. C’est la première fois depuis des années qu’on sait à peu près qui habite là et qui fait quoi. Je pense que c’est un très grand pas. »

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                A Notre-Dame-des-Landes, les zadistes font un grand pas vers une possible régularisation



Aucun des 28 projets agricoles déposés n’a été « rejeté » et une quinzaine d’entre eux sont « relativement aboutis », a-t-elle affirmé. Ils seront expertisés et « consolidés », avec l’aide de la Direction départementale des territoires et de la mer, chargée par l’Etat d’une mission sur la répartition du foncier de l’ex-emprise aéroportuaire.
Cependant, les déclarations de projets « ne créent pas de droits », a rappelé la préfète, précisant toutefois qu’il y avait « de la place pour à peu près tout le monde qui souhaite faire de l’agriculture » dans la zone.
Malgré un retour au calme, les forces de l’ordre « resteront sur place le temps nécessaire », a dit la préfète de région, pour empêcher toute reconstruction d’habitats détruits et assurer la circulation sur les routes traversant la zone, toujours pas rouvertes. « Je reste optimiste, je pense qu’on va pouvoir un jour circuler sur ces routes », a déclaré le maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ L’IDFM a adopté un amendement visant à déplafonner les pénalités payées par la SNCF en cas de « non-réalisation de l’offre », notamment pendant la grève.
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L’Ile-de-France veut faire payer la SNCF pour la grève

L’IDFM a adopté un amendement visant à déplafonner les pénalités payées par la SNCF en cas de « non-réalisation de l’offre », notamment pendant la grève.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 11h48
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 16h45
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


La grève de la SNCF ne passe pas auprès de certains élus d’Ile-de-France. Au lieu de jouer l’apaisement en pleine épreuve de force entre le gouvernement, la direction de l’entreprise publique et les syndicats, François Durovray, le président LR du conseil départemental de l’Essonne, veut accentuer la pression. Mardi 24 avril, cet administrateur d’Ile-de-France Mobilités (IDFM) – l’autorité organisatrice des transports en Ile-de-France, ex-STIF – a fait adopter, lors du conseil d’administration, un amendement au contrat liant IDFM à la SNCF, afin d’augmenter les pénalités contre l’opérateur public en cas de « non-réalisation de l’offre de SNCF Mobilités ». Bref, en cas de grève.
Aujourd’hui, le contrat 2016-2020 pour l’offre de transport dans la région capitale prévoit une « réfaction » (une pénalité), plafonnée à 15 millions d’euros au maximum, en cas de non-respect de l’offre de transport. En clair, si la SNCF n’applique pas le plan de transport prévu, elle est pénalisée, selon un savant calcul lié au nombre de kilomètres non produits.

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Le problème est qu’à chaque mouvement important de grève, la région capitale y perd au change, assure M. Durovray. « En 2016, au moment de la grève contre la loi travail, le plafond contractuel de 15 millions d’euros a été appliqué, alors que la réalité des trains supprimés aurait dû se traduire par un impact financier de 25 millions d’euros, explique M. Durovray. Du fait du plafonnement des indemnités à 15 millions d’euros, les usagers contribuables ont dû assumer quelque 10 millions d’euros pour l’absence de transport. »
« Plusieurs dizaines de millions d’euros en jeu ! »
Selon l’élu LR, « la SNCF n’assume pas l’entière responsabilité des conséquences financières liées aux grèves, alors même que la qualité du service et la production en période de grève sont bien inférieures aux exigences et aux attentes des voyageurs franciliens. Et cela, nos électeurs ne le comprennent pas ! Je propose de déplafonner les pénalités en cas spécifique de mouvement social. »

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Précision, cependant : IDF Mobilités ne débourse pas d’argent pour la SNCF, si aucun train ne circule. En revanche, si l’opérateur assure un plan de transport minimum, comme c’est souvent le cas avant et après les jours de grève totale, l’autorité organisatrice des transports est obligée de payer l’opérateur public. « Il y a plusieurs dizaines de millions d’euros en jeu ! », pense M. Durovray.
La SNCF refuse de faire tout commentaire à ce stade. En temps de grève, l’entreprise publique rembourse déjà chaque jour environ 1 million d’euros de chiffre d’affaires non réalisé à IDFM, tandis que ce dernier n’a pas à acquitter environ 1 million d’euros de péages à SNCF Réseau. De même, l’opérateur public s’est engagé à payer des dédommagements pour les clients ne disposant pas d’un train sur trois au minimum. Sans compter le malus de 15 millions que la SNCF devra, à coup sûr, assumer. « Et ce alors qu’IDFM récolte toujours le versement transport payé par les entreprises, souligne un bon connaisseur du secteur. Et puis, pour amender un contrat, il faut être deux. IDFM ne peut imposer ce déplafonnement », remarque cet expert. La future négociation entre IDFM et la SNCF s’annonce âpre.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ En 1968, le monde était en ébullition. Mais il n’y a qu’en France que l’effervescence dépassa la seule jeunesse révoltée pour atteindre profondément toutes les strates de la société. Mai 68 demeure un des événements politiques qui ont le plus marqué les Français.
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Mai 68, un hors-série du « Monde »

En 1968, le monde était en ébullition. Mais il n’y a qu’en France que l’effervescence dépassa la seule jeunesse révoltée pour atteindre profondément toutes les strates de la société. Mai 68 demeure un des événements politiques qui ont le plus marqué les Français.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 11h29
    |

            Yann Plougastel








                        



   


Cinquante ans ont passé. Pourtant, Mai 68 demeure un des événements politiques qui ont le plus marqué les Français. Un récent sondage du Nouveau Magazine littéraire révèle même que 79 % des personnes interrogées, toutes obédiences politiques confondues, trouvent son héritage positif.
Que s’est-il exactement passé en ce joli mois pour avoir autant marqué l’inconscient collectif ? Une insurrection d’une jeunesse en mal d’utopie et d’espérance ? Un soulèvement de salariés contre un travail abrutissant et une société figée par un pouvoir vieillissant ? Une aspiration hédoniste à mettre un zeste de plaisir dans la grisaille du quotidien ? Une revendication démocratique pour que chacun puisse prendre la parole et être écouté ? Un besoin de romantisme et de partage ? Une « illusion lyrique », comme l’a dit Raymond Aron ? Une révolution qui ne voulait pas prendre le pouvoir ? Sans doute, tout cela à la fois. Et encore plus.
Un monde en ébullition
Il ne faut pas oublier qu’en 1968 le monde était en ébullition. Du Vietnam au Japon, en passant par l’Allemagne, l’Italie, la Tchécoslovaquie, le Brésil, les Etats-Unis, le Mexique, une effervescence généralisée régnait. Mais il n’y a qu’en France qu’elle dépassa la seule jeunesse révoltée pour atteindre profondément toutes les strates de la société. Comme si d’un seul coup tout devenait possible dans un univers qui semblait jusque-là si clos.
Le 20 mai 1968, Jean-Paul Sartre rencontre Daniel Cohn-Bendit pour Le Nouvel Observateur. Il lui tient ces propos qui éclairent d’une singulière lueur l’« énigme de 68 » : « Ce qu’il y a d’intéressant dans votre action, c’est qu’elle met l’imagination au pouvoir. Vous avez une imagination limitée comme tout le monde, mais vous avez beaucoup plus d’idées que vos aînés (…). Quelque chose est sorti de vous, qui étonne, qui bouscule, qui renie tout ce qui a fait de notre société ce qu’elle est aujourd’hui. C’est ce que j’appellerai l’extension du champ des possibles. N’y renoncez pas. » 
L’histoire n’est jamais finie
En quelques phrases, le philosophe mettait le doigt sur ce qui est sans doute le principal défi jeté par Mai 68. L’extension du champ des possibles. C’est-à-dire que l’histoire n’est jamais finie, que sans cesse des brèches s’ouvrent. Ironie de l’Histoire, en mai 1968, on pouvait lire à l’entrée de la faculté de Censier : « Nous sommes en marche… » Déjà.
Dans un de ses hors-séries, cinquante après, Le Monde revient sur ces deux mois qui ébranlèrent la France, avec des analyses d’historiens comme Ludivine Bantigny et Benjamin Stora, des témoignages d’acteurs tels que Vaclav Havel, Henri Weber, Maurice Grimaud, Hervé Hamon, Jean-Marcel Bouguereau, mais aussi des réflexions de Raymond Aron, Edgar Morin, Herbert Marcuse, Paul Auster, Georges Marchais, Raoul Vaneigem, Jean-Pierre Le Goff, etc.
« 68. Les jours qui ébranlèrent la France », hors-série du « Monde », 100 pages, 8,50 euros, en vente en kiosque et sur Boutique.lemonde.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Dans sa chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz estime que le débat sur la SNCF s’est focalisé sur les cheminots et leur statut, alors que l’enjeu est légèrement plus important, puisqu’il s’agit de la planète, ou du moins de son climat.
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« Macron doit d’abord redonner toute son importance à la SNCF »

Dans sa chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz estime que le débat sur la SNCF s’est focalisé sur les cheminots et leur statut, alors que l’enjeu est légèrement plus important, puisqu’il s’agit de la planète, ou du moins de son climat.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 11h28
    |

Jean-Baptiste Fressoz (CNRS)







                        



                                


                            

Transformations. Dans le fameux rapport Spinetta sur l’avenir du transport ferroviaire, le mot « écologie » n’apparaît pas, « climat » est cité deux fois, « statut » 54 fois et « concurrence » 189 fois. De fait, le débat sur la SNCF s’est focalisé sur les cheminots et leur statut alors que l’enjeu est légèrement plus important, puisqu’il s’agit de la planète, ou du moins de son climat.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, la part des émissions françaises de CO2 dues au transport est passée de 15 % en 1970 à plus de 40 % en 2017, essentiellement à cause des voitures et des camions. A l’inverse, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), le train est « l’un des modes de transport terrestre les plus performants d’un point de vue énergétique et environnemental ». Une politique ambitieuse consisterait à envisager la SNCF non comme un poids mort économique, mais comme un atout pour une mobilité bas carbone.
Prenons par exemple le mantra de « l’ouverture à la concurrence ». Le problème n’est pas tant l’absence de concurrence, mais bien au contraire que le rail est soumis à la concurrence déloyale de l’automobile, qui externalise ses coûts sanitaires et climatiques. L’histoire montre que le basculement a posteriori désastreux vers le tout-automobile s’est justement fait sous la figure tutélaire de la sainte concurrence !
L’exemple édifiant des tramways
Au début du XXe siècle, aux Etats-Unis, les tramways assuraient 5 milliards de voyages par an sur 35 000 kilomètres de lignes électrifiées. Il s’agissait d’un mode de transport sûr, confortable et peu polluant. Entre le réseau ferroviaire national, le développement des tramways électriques et l’absence de routes goudronnées, la voiture ne semblait pas une technologie prometteuse.

Mais les compagnies de tramways sont soumises à des attaques constantes présentant leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Sur le terrain, la différence d’appréciation de l’action du président entre les catégories populaires et les cadres supérieurs est très sensible.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                   
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Le fossé se creuse au sein  de l’électorat au sujet d’Emmanuel Macron

Sur le terrain, la différence d’appréciation de l’action du président entre les catégories populaires et les cadres supérieurs est très sensible.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 11h20
    |

            Sylvia Zappi (Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) et Orsay (Essonne), envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Un an est passé et l’image d’Emmanuel Macron semble subir une polarisation inédite entre les différentes catégories sociales. Alors que sa cote de confiance plonge chez les classes moyennes et populaires, elle bondit auprès des cadres supérieurs. Ces penchants divergents sont flagrants sur le terrain. La petite musique entendue à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), auprès d’électeurs ouvriers, retraités et fonctionnaires modestes, a peu en commun avec celle recueillie à Orsay (Essonne) auprès de directeurs commerciaux, artistes ou scientifiques.
La première impression des électeurs normands rencontrés, au lendemain des interventions télévisées du chef de l’Etat sur TF1 puis BFM-TV, est celle du mépris ressenti. Sur cette rive gauche de la Seine, les usines ont ancré un condensé de traditions ouvrières (cheminots, papetiers, métallos, chimistes) doublé d’une forte implantation de fonctionnaires avec plusieurs hôpitaux. Saint-Etienne-du-Rouvray est une terre ouvrière de gauche et un fief du PCF ; elle avait placé Jean-Luc Mélenchon à 36 % au premier tour. C’est peu de dire que la personnalité du président de la République comme sa politique passent mal.
« Mépris des travailleurs »
« Il est comme le roi entouré de ses courtisans, complètement déconnecté, assure Armand Torremocha, ancien outilleur à la retraite. Quand on l’entend avec son air de se foutre de la gueule du monde, c’est “je décide” ! Il ne s’occupe pas si les gens sont malheureux ou pas. » Stéphanie Giard dit elle aussi d’emblée qu’elle « a beaucoup de mal avec son attitude arrogante ». Cette cadre B dans la fonction territoriale se souvient encore de sa déclaration sur « les gens qui réussissent et ceux qui n’ont rien » : « Il va bien au-delà de ce que la droite pouvait exprimer comme mépris des travailleurs. »

La critique que le président et sa majorité mènent une politique de droite est ici récurrente. « Il ne prend pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Les allocations octroyées à tort aux demandeurs d’emploi ont progressé de 36 % entre janvier 2015 et décembre 2017.
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Chômage : l’Unédic a versé un milliard d’euros à tort en 2017

Les allocations octroyées à tort aux demandeurs d’emploi ont progressé de 36 % entre janvier 2015 et décembre 2017.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 16h22
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

Le phénomène ne date pas d’hier mais son ampleur semble s’être accrue depuis quelques années. En 2017, les allocations octroyées à tort aux demandeurs d’emploi ont franchi – de peu – la barre du milliard d’euros. Les montants en jeu apparaissent, de prime abord, spectaculaires, tout comme leur progression : + 36 % entre janvier 2015 et décembre 2017. Des mesures de prévention sont à l’étude. Elles doivent être examinées, mercredi 25 avril, par le bureau de l’Unédic, l’association copilotée par les partenaires sociaux qui gère l’assurance-chômage.
Les prestations allouées en trop aux chômeurs ont déjà fait l’objet d’un rapport spécifique du médiateur national de Pôle emploi, en 2013. Un « exercice périlleux », écrivait, à l’époque, Jean-Louis Walter, car il conduit à se pencher sur une problématique complexe, politiquement sensible, qui recouvre plusieurs dimensions : « La fraude », mais aussi des situations de détresse sociale où « la nécessité contraint à (…) dissimuler une activité pour conserver [l’]indemnisation ». « Et puis il y a aussi les erreurs et les omissions par manque d’information », complétait M. Walter.
Origines diverses
Face à l’augmentation des trop-perçus observée sur la période récente, une « mission d’audit et de diagnostic » a été réalisée, en 2017, au siège de Pôle emploi et dans deux régions. Plusieurs enseignements s’en dégagent. D’abord, « plus de 80 % des indus » sont concentrés sur des allocataires occupant un poste – et qui cumulent, du même coup, une rémunération et l’assurance-chômage. Au sein de cette catégorie, ils sont une minorité (38 %) à prétendre ne pas avoir travaillé alors que c’était le cas, en réalité. La majorité (62 %, donc) indique avoir exercé un métier mais les intéressés ne déclarent pas ou ne justifient pas « tous les salaires perçus ».
De tels accrocs ont des origines diverses. Un exemple, parmi d’autres :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Le gouvernement avait fixé à minuit, lundi 23 avril, le dernier délai pour déposer un dossier de régularisation à la préfecture.
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Notre-Dame-des-Landes : pas d’expulsion avant l’examen des dossiers déposés par les zadistes

Le gouvernement avait fixé à minuit, lundi 23 avril, le dernier délai pour déposer un dossier de régularisation à la préfecture.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 12h10
    |

            Rémi Barroux








                        



   


L’exécutif compte se laisser le temps d’examiner les dossiers de projets agricoles déposés avant toute nouvelle expulsion de la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), a annoncé mardi 24 avril le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. « Ces projets-là vont être examinés cette semaine pour voir la viabilité », a-t-il déclaré sur CNews.
Selon la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’environnement, Brune Poirson, la préfète de la Loire-Atlantique, Nicole Klein, en a déjà analysé environ une dizaine. « Ils sont tout à fait recevables, ce sont des projets sérieux d’élevage. Ce sont des personnes qui ont décidé de rester de façon légale sur ce territoire, de rentrer dans la légalité », a-t-elle déclaré sur BFM-TV.
A minuit, lundi 23 avril, les éventuels futurs habitants de la ZAD devaient s’être fait connaître auprès de la préfecture de Loire-Atlantique avec nom, localisation – c’est-à-dire identification de la parcelle de bocage qu’ils revendiquent – et nature de l’activité. Faute de quoi, a promis le gouvernement, ils devront quitter les lieux, et leurs habitats, cabanes ou caravanes, seront détruits.
Une quarantaine de projets
A quelques heures de la fin de l’ultimatum, une bonne quarantaine de projets auraient été déposés en préfecture, dont vingt-huit agricoles (élevage, maraîchage, céréales, apiculture…), les autres relevant surtout d’activités artisanales. Ce sont d’abord les dossiers agricoles, déposés nominalement mais pouvant concerner plusieurs personnes, qui seront étudiés. « La chambre départementale d’agriculture n’ayant pas souhaité s’en saisir, nous allons nous inscrire dans le cadre d’un calendrier normal, avec leur étude par la direction départementale des territoires et de la mer, le comité professionnel agricole puis le comité de pilotage sur l’avenir des terres agricoles de la ZAD que j’ai mis en place, dont la prochaine réunion est fixée au 6 juin », a précisé au Monde la préfète Nicole Klein.
Si l’échéance semble lointaine, il devrait être possible à la préfecture de dire assez vite quels sont les projets qui peuvent être retenus et ceux qui ne rempliront pas des conditions pour l’heure assez souples. Cela ne signifie pas non plus que les dossiers autres qu’agricoles n’auront pas vocation à trouver des voies de régularisation permettant le maintien sur la zone de leurs auteurs, estime aussi la préfète. Cette dernière se félicite de voir qu’il était finalement possible pour les zadistes de remplir des dossiers « avec des vrais noms, sans prête-noms, sans Camille [le prénom générique employé de longue date par les habitants de la ZAD] ».

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Depuis le lancement du mouvement d’expulsion des occupants illégaux, le 9 avril, vingt-neuf sites ont été détruits par les gendarmes mobiles, après plusieurs jours d’affrontements violents. Il en resterait plus d’une soixantaine. A l’issue de la phase d’examen des dossiers déposés, il est possible qu’une trentaine environ des squats toujours debout et sans projet déclaré soient évacués, puis détruits. Cela signifierait le retour d’affrontements dans le bocage, d’autant plus violents que les zadistes ont l’impression d’avoir répondu aux injonctions gouvernementales.
Lundi soir, à la préfecture, personne ne savait dire quelle serait l’attitude du gouvernement : soit reconnaissance de l’évolution positive des habitants de la ZAD avec une amorce de régularisation individuelle, soit fermeté pour ceux qui n’auront pas joué le jeu. Le dispositif de 2 500 gendarmes mobiles est toujours en place, sur et aux alentours du site.
Mardi matin, Nicole Klein devait se rendre à Notre-Dame-des-Landes pour signer avec les quatre agriculteurs historiques de la zone, qui avaient refusé les expropriations et les indemnisations, une convention d’occupation précaire, concernant 310 hectares sur les 1 400 de terres agricoles de la ZAD. « Le signe lumineux que l’avenir se dessine », pour la préfète.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ L’ancien chef de l’Etat a commencé le 14 avril, à Tulle, une tournée des librairies en France qui doit s’achever en juin. Un retour loin d’être anodin.
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François Hollande renoue avec le terrain à travers la dédicace de son livre

L’ancien chef de l’Etat a commencé le 14 avril, à Tulle, une tournée des librairies en France qui doit s’achever en juin. Un retour loin d’être anodin.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 10h07
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Dans les rayons de la libraire Galignani, rue de Rivoli, à Paris, un bureau quasi présidentiel a été installé. Plusieurs stylos à plume et un bouquet de roses rouges fraîches y ont été déposés. François Hollande vient dédicacer Les Leçons du pouvoir, son livre qui, selon l’éditeur, Stock, se vend très bien. A quelques mètres de ses bureaux parisiens, il poursuit sa tournée des librairies, commencée le 14 avril à Tulle (Corrèze) et qui doit s’achever en juin.

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Un an jour pour jour après le premier tour de l’élection présidentielle, l’ancien chef de l’Etat semble en campagne. « Oui, c’est vrai que cela y ressemble, confirme-t-il auprès des journalistes venus assister à la dédicace. Je vois des gens sortir de leur maison et qui me disent tout le plaisir qu’ils ont de me voir. Ce contact me manquait, c’est très bien qu’on se retrouve. »
« Un président travaille toujours pour ses successeurs »
Dans la longue file qui traverse la librairie, les nostalgiques du quinquennat sont venus « le remercier ». Comme ce couple de femmes d’origine italienne, Francy Pettricione et Marie Chiapperiro : « On voudrait qu’il revienne ! Macron, c’est comme Renzi, il n’est pas socialiste », estiment-elles en cœur. « Je reviens avec ce livre », répond M. Hollande qui se refuse à tout bilan du quinquennat : « Méfions-nous de ces anniversaires qui sont partiels. On ne juge pas une politique sur un an. Un président travaille toujours pour ses successeurs », ajoute-t-il, dans une référence aux bons résultats économiques qu’il estime avoir laissés à Emmanuel Macron.
Au fil des dédicaces, qu’il tente de personnaliser pour chacun, l’ex-premier secrétaire du PS glisse des messages politiques. A Jean, venu avec un précédent ouvrage de 2012, Changer le destin (Robert Laffont), M. Hollande ajoute, sous le titre : « C’est le lot des présidents, ce qui compte, c’est celui des Français. » « Je suis comptable à la Sécurité sociale », se présente un quadragénaire parisien. «… Sécurité sociale qui est à l’équilibre maintenant, ou presque ! », se félicite François Hollande en lançant des regards appuyés vers les journalistes qui tendent leurs micros.

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Affable, souriant, il se prête au jeu des photos et manie l’humour, comme à son habitude. A un électeur qui se présente comme « écologiste », il raconte une anecdote de la COP 21. « Le Nicaragua n’était pas sûr de signer, on me demande d’appeler le pape. Le temps qu’il rappelle, Fabius avait frappé avec son marteau et l’accord était adopté. Un miracle, sans doute ! »
L’ex-député socialiste Razzy Hammadi passé, comme Julien Dray, pour faire « un clin d œil » pense lui aussi à un éventuel retour : « Il a ça dans les tripes, mais ce n’est pas forcément ce qu’il a dans la tête. » Pour le moment.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le chef de l’Etat a beau assurer qu’il « écoute les colères » et qu’il tient une partie d’entre elles pour légitimes, ses actes témoignent qu’il n’entend pas y céder, explique, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
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« Macron clive délibérément pour mieux imposer ses vues »

Le chef de l’Etat a beau assurer qu’il « écoute les colères » et qu’il tient une partie d’entre elles pour légitimes, ses actes témoignent qu’il n’entend pas y céder, explique, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    24.04.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 07h07
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Chronique. La météorologie exceptée, le printemps ne sera pas chaud. Contrairement aux espoirs des uns ou aux frissons rétrospectifs des autres, la ritournelle du slogan si souvent répété depuis un fameux mois de mai n’a guère de chances de déboucher sur un vaste mouvement social capable d’ébranler le pouvoir exécutif. C’est même le contraire : président et gouvernement semblent puiser dans l’adversité du moment des motifs supplémentaires de poursuivre leur route sans désemparer. Et pour l’heure, leurs opposants, syndicaux ou politiques, cherchent en vain la parade.
Le printemps, donc, ne sera pas chaud. En revanche, il sera tendu. Il suffit, pour le mesurer, de regarder la vidéo de l’entretien qu’Emmanuel Macron a accordé à la chaîne américaine Fox News avant sa visite d’Etat, du 23 au 25 avril, aux Etats-Unis. On dit bien regarder, car les mots seuls ne suffisent pas à exprimer la détermination présidentielle. A la question de savoir s’il pourrait amender ou tempérer les réformes engagées, notamment celle de la SNCF, la réponse tombe comme un couperet, visage fermé, ton cinglant : « No chance. » C’est encore plus lapidaire et brutal en anglais qu’en français.
Pas question de céder un pouce de terrain
Le bref commentaire qui accompagne ce verdict est tout aussi catégorique : « Nous allons donc le faire. Et je n’ai pas d’autre choix, parce que si j’arrête ici à cause de certaines protestations – et elles sont légitimes, mais elles sont une partie minoritaire du pays –, comment pensez-vous que je serai en mesure de moderniser le pays ? » Aux yeux du chef de l’Etat, il n’est donc pas question de céder un pouce de terrain face aux protestations d’une minorité, qu’il juge arc-boutée sur la défense de son statut. C’est une victoire, symbolique autant que politique, qu’il entend remporter – comme un gage éclatant de sa capacité réformatrice.

Comment n’y serait-il pas enclin, dès lors que son bras de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le président français a entamé lundi une visite de trois jours outre-Atlantique. Un déplacement que les médias scrutent avec attention.
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Pour la presse américaine, Macron « prend le risque de courtiser Trump »

Le président français a entamé lundi une visite de trois jours outre-Atlantique. Un déplacement que les médias scrutent avec attention.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 06h10
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 08h21
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



   


Emmanuel Macron, l’« Obama français », est arrivé lundi 23 avril après-midi à Washington pour la première visite d’Etat organisée par le président des Etats-Unis, Donald Trump, depuis son accession à la Maison Blanche. La presse américaine scrute avec intérêt la « relation particulière » qui unirait les deux hommes aux profils si différents. Elle s’interroge surtout sur les bénéfices, pour le président français, d’afficher sa proximité avec M. Trump.
Ainsi la radio publique NPR estime que l’enjeu de cette visite « pourrait être plus grand pour M. Macron que pour le président américain », car « le dirigeant français devra montrer que sa relation avec Trump produit des résultats », notamment sur l’accord nucléaire iranien, le climat ou la guerre commerciale. Or pour l’heure, comme l’affirme le New York Times, le locataire de l’Elysée « prend le risque de courtiser Trump mais il n’a rien obtenu », si ce n’est « le voyage à Washington ».

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Il fait le pari, « malgré l’impopularité » du républicain, que son image n’en pâtira pas et espère même apparaître comme un leadeur « si fin psychologiquement qu’il parviendra à avoir l’oreille de Trump ». Et que finalement cette stratégie permettra à la France d’occuper une position d’influence auprès des Etats-Unis. Avoir choisi de s’exprimer dimanche sur Fox News, la chaîne favorite du président américain, démontrerait même que le dirigeant français a compris quel était « le meilleur moyen de s’adresser à Trump », souligne encore le quotidien.
Des visions opposées
Des dissensions sont pourtant déjà apparues dans la relation entre les deux hommes, notamment sur les suites à donner aux frappes américaines, françaises et britanniques en Syrie, rappelle NPR. De même, rien n’indique que M. Macron sera en mesure de faire changer d’avis M. Trump sur l’intérêt de conserver l’accord sur le nucléaire iranien, que le président américain doit prolonger ou dénoncer le 12 mai. « Il n’y a pas de plan B », a prévenu le chef de l’Etat français sur Fox News. Mais l’Iran n’est pas le seul sujet de possible discorde entre le Français et l’Américain. Le Washington Post a établi la liste des dossiers (commerce, climat, multilatéralisme…) sur lesquels les visions sont très différentes, pour ne pas dire opposées.

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Tout en reconnaissant la place particulière qu’occupe pour l’heure le Français dans l’estime de Trump – « il ne l’a jamais publiquement critiqué » –, Vox dresse la liste des autres « amis » du président américain. Le magazine décrit certes M. Macron comme « celui qui murmure » à l’oreille du locataire de la Maison Blanche, mais il présente aussi le premier ministre japonais Shinzo Abe ou le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, comme les autres prétendants au titre de « meilleur ami ».
Le faste et l’attention portés à la visite de M. Macron à Washington contrastent en tout cas avec la discrétion autour de l’arrivée de la chancelière allemande, Angela Merkel, prévue vendredi, quelques heures après le départ du président français. Une différence de traitement que la Süddeutsche Zeitung explique par l’absence d’alchimie personnelle entre M. Trump et Mme Merkel et par les relations commerciales entre les Etats-Unis et l’Allemagne, que le président américain juge à son désavantage.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Sous les pavés, la droite (2/3). « Le Monde » revient, dans une série d’articles, sur la manière dont le camp conservateur a vécu les « événements ». Aujourd’hui, le Service d’action civique (SAC), considéré comme la « police parallèle » du pouvoir.
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Mai 68. Le SAC, noyau dur du gaullisme

Sous les pavés, la droite (2/3). « Le Monde » revient, dans une série d’articles, sur la manière dont le camp conservateur a vécu les « événements ». Aujourd’hui, le Service d’action civique (SAC), considéré comme la « police parallèle » du pouvoir.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 06h43
    |

            Yves Bordenave








                        



                                


                            


Il y a le feu. Un cocktail Molotov a traversé le carreau d’une fenêtre du rez-de-chaussée ; les rideaux flambent. Par chance, des barreaux empêchent les assaillants d’envahir la pièce, mais ils ne protègent pas des projectiles. Devant la façade, ornée d’une banderole « Comité de défense de la République », la foule lance des « CDR SS ! », « Les barbouzes assassins ! », « De Gaulle démission ! » A l’intérieur, c’est un peu la panique : il faut éteindre les flammes, bloquer les accès. Tables, chaises, dossiers, classeurs… tout fait barricade le long des portes et des fenêtres. Ce mercredi 22 mai 1968, le siège parisien du Service d’action civique (SAC) – organisation gaulliste réputée « musclée » – est assailli de toutes parts, et Jacques Godfrain, militant gaulliste et responsable des jeunes du SAC, qui depuis le début des « événements » passe ses journées et l’essentiel de ses nuits ici, cherche un extincteur. Par miracle, il en trouve un près de la loge du concierge, un certain M. Colinot. Mais il n’en maîtrise pas le fonctionnement. A peine l’a-t-il dégoupillé que la neige carbonique barbouille le pauvre concierge.
Il est près de 22 heures. Plusieurs centaines d’étudiants, un millier tout au plus, font le siège du bâtiment, un hôtel particulier de trois étages, situé au 5, rue de Solférino, dans le 7e arrondissement de Paris. L’endroit a une riche histoire : le Général en personne y avait pris ses quartiers durant sa traversée du désert, entre 1947 et 1958. Il fut aussi le siège du Rassemblement du peuple français (RPF, parti fondé en 1947), avant de devenir celui de l’association de soutien à ce même de Gaulle. Au premier étage, il accueille d’ailleurs son bureau – un véritable musée –, à l’étage supérieur celui d’André Malraux, et au dernier, donc, les hommes du SAC.
Dans la rue, les manifestants se déchaînent, bombardant sans relâche le bâtiment. Boulons et bouteilles atteignent parfois les étages. Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Le président de la République est arrivé lundi à la Maison Blanche. Accompagné de son épouse Brigitte il a planté un chêne avec Donald et Melania Trump.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤                     
                                                

Emmanuel Macron en visite d’Etat à Washington

Le président de la République est arrivé lundi à la Maison Blanche. Accompagné de son épouse Brigitte il a planté un chêne avec Donald et Melania Trump.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 00h29
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 07h51
   





                        



   


Le président américain Donald Trump et son homologue français Emmanuel Macron ont affiché leur bonne entente, lundi 23 avril à la Maison Blanche, au premier jour d’une visite chargée en symboles mais aussi en dossiers épineux, nucléaire iranien en tête.
Chaleureusement accueilli par une embrassade de M. Trump à son arrivée, M. Macron a rejoint ce dernier dans le bureau Ovale pour une brève visite de ce lieu chargé d’histoire. Dans une ambiance résolument décontractée, le président de la première puissance mondiale lui a notamment montré le célèbre « Resolute Desk », le meuble servant de bureau que « beaucoup de présidents ont utilisé », a-t-il tenu à souligner.
Un chêne au jardin
Accompagnés de leurs épouses, Brigitte Macron et Melania Trump, les deux dirigeants, que trente ans séparent, se sont rendus dans les jardins de la résidence. Là, chacun une pelle dorée en main, ils ont jeté une poignée de terre sur les racines d’un jeune chêne venu d’une forêt du nord de la France où périrent plus de 2 000 marines américains pendant la Grande Guerre.
Ils se sont ensuite envolés, à bord de l’hélicoptère présidentiel Marine-One, vers Mount Vernon, demeure du premier président américain, George Washington, pour un dîner privé face au Potomac, neuf mois après leur premier repas à quatre avec vue imprenable sur Paris, au deuxième étage de la tour Eiffel. « Nous, les Etats-Unis comme la France, avons une responsabilité toute particulière (…), nous sommes les garants du multilatéralisme contemporain. Nous avons beaucoup de décisions à prendre », avait lancé le président français à son arrivée sur la base aérienne d’Andrews, dans une brève allocution en anglais puis en français.

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Peu avant, le couple Macron a visité le célèbre monument Lincoln, à l’effigie du seizième président des Etats-Unis, profitant de cette balade pour s’octroyer un petit bain de foule.
Amitié inattendue
« Après des mois de préparation, POTUS et moi avons hâte de recevoir la France pour notre premier dîner d’Etat ! », avait de son côté tweeté Melania Trump, en publiant une vidéo la montrant en train de veiller aux préparatifs du dîner d’Etat mardi soir à la Maison Blanche. Au menu : tourte au fromage de chèvre, agneau et oignons Soubise, tarte aux nectarines et crème fraîche glacée.
L’amitié inattendue entre ces deux présidents aux positions souvent aux antipodes devrait être mise à l’épreuve à compter de mardi quand démarreront les discussions de fond. Le président français espère en effet infléchir son hôte, qu’il a en janvier qualifié d’« imprévisible », sur plusieurs sujets de discorde.
En premier lieu il veut le convaincre de maintenir l’accord sur le nucléaire iranien, que Donald Trump a promis de « déchirer » en campagne. Il cherchera aussi à le persuader de laisser ses troupes en Syrie et d’exempter l’UE de taxes douanières sur l’acier et l’aluminium. Pour préparer le terrain, M. Macron a énuméré ses arguments dimanche sur Fox News, chaîne que regarde assidûment son hôte.
Hors de l’accord de 2015, « il n’y a pas de plan B » pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique, a-t-il plaidé. Et sur la Syrie, si les Occidentaux se retiraient brutalement, l’Iran occuperait le terrain et le retrait attirerait de nouveaux terroristes, a-t-il plaidé.

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Londres et Paris à l’unisson
Le dirigeant français a reçu lundi deux renforts de poids sur la question iranienne. La Chine et la Russie ont annoncé qu’elles bloqueraient toute tentative de « saboter » l’accord nucléaire signé en 2015 avec l’Iran et s’est dite opposée à toute modification de ce texte, fruit d’années d’efforts diplomatiques.
L’accord conclu par les grandes puissances avec Téhéran pour l’empêcher de se doter de l’arme atomique est « l’une des plus grandes réalisations de la diplomatie internationale ces dernières années » et « toute révision de ce document est inacceptable », a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Et juste avant son arrivée aux Etats-Unis, le chef de l’Etat français s’est entretenu lundi matin avec Vladimir Poutine, qu’il rencontrera le 24 mai, pour évoquer notamment la nécessité de préserver l’accord.

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Londres aussi a apporté lundi de l’eau à son moulin. Boris Johnson, le chef de la diplomatie britannique, a souligné que l’accord devait être préservé.
De son côté, Téhéran a averti samedi que l’Iran reprendrait « vigoureusement » l’enrichissement d’uranium en cas de rupture de l’accord, première étape pour fabriquer l’arme atomique. Mais, dans l’éventualité où Washington se retirerait, les autres signataires occidentaux réfléchissent déjà à la façon de maintenir l’accord dans une « version non-US », a expliqué Boris Johnson. Paris se refuse pour l’instant à évoquer publiquement un tel scénario.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Le secrétaire général de Force ouvrière a tenté de défendre son bilan devant une salle divisée, symbole d’une centrale désunie.
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Le discours d’adieu de Mailly met au jour les fractures au sein de FO

Le secrétaire général de Force ouvrière a tenté de défendre son bilan devant une salle divisée, symbole d’une centrale désunie.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 21h43
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 11h09
    |

            Michel Noblecourt (Lille, envoyé spécial)








                        



   


Martine Aubry a rendu service à Jean-Claude Mailly. Lundi 23 avril, à l’ouverture du 24e congrès de FO à Lille, l’ancienne ministre du travail a vanté sa « grande amitié avec Jean-Claude depuis 1981 », avant de le réprimander : « Je n’ai pas compris pourquoi tu ne t’étais pas opposé plus fortement » aux ordonnances sur le code du travail. Le propos de la maire de Lille a déclenché un véritable charivari, les huées se mêlant aux applaudissements. Les opposants à la stratégie conciliante de M. Mailly se sont déchaînés avant d’écouter Xavier Bertrand, le président du conseil régional des Hauts-de-France, salué par quelques sifflets. S’exprimant en « homme de droite », M. Bertrand a qualifié son hôte de « symbole de l’indépendance syndicale ». Peu après, Pascal Pavageau, le prochain patron de la centrale, confiait son désaccord sur les prises de parole de politiques à un congrès de FO. Ambiance.

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Pendant une heure, M. Mailly, visiblement tendu, a défendu son dernier mandat (2015-2018), en étant moins chahuté que ce qu’il craignait, ses détracteurs s’étant déjà défoulés. D’emblée, il a souligné qu’il ne présentait pas « un rapport personnel », mais « le rapport de tout le bureau confédéral », comme pour mieux impliquer M. Pavageau, qui se comporte comme s’il n’avait pas été membre de la direction sortante. En abordant l’épisode des ordonnances, M. Mailly a de nouveau insisté : « Tout le travail qui a été fait pendant la période l’a été avec l’unanimité du bureau confédéral. »
Avant d’entrer dans le vif du sujet, le secrétaire général de FO s’est livré à une longue digression sur la situation internationale et sur la conjoncture, dénonçant au passage le « capitalisme libéral » qui « va de pair avec l’autoritarisme social ». Critiquant les différents « big bang » d’Emmanuel Macron sur la formation professionnelle, la fonction publique, les retraites, il a lancé : « Attention à l’effet boomerang du big bang. » « Il n’y a pas plus d’axe FO-CFDT que d’axe FO-CGT, a-t-il affirmé, il n’y a qu’un seul axe possible, l’axe FO-FO. » Défendant son « réformisme militant », M. Mailly a présenté FO comme un « syndicat revendicatif mais aussi réalisateur », qui a « toujours avancé sur ses deux jambes : la négociation et l’action ». Il ne faut pas « confondre plaire et séduire, a-t-il ajouté, celui qui veut plaire à tout le monde va dire ce que l’autre attend de lui et, à force de dire oui à tout le monde, se retrouve coincé ». Une petite pique à M. Pavageau.

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Ne rien renier
Affichant son pragmatisme, M. Mailly s’en est pris à la « conception autoritaire et verticale des relations sociales » d’un président de la République « libéral économiquement et étatiste ou autoritaire socialement ». Sur les ordonnances, il a justifié sa position, sans rien renier : « Nous avons été le plus efficace possible dans un contexte donné et, sans cela, ça aurait été bien pire. Et arrêtons les fantasmes, les sous-entendus, les procès de cours de récréation. » Il a accusé le gouvernement de ne pas respecter « l’esprit » des accords sur la formation et l’assurance-chômage. Evoquant les « périodes difficiles » traversées par FO depuis sa création, il y a soixante-dix ans, en avril 1948, M. Mailly, se définissant comme « jauressien », a souligné que « l’unité de notre organisation a toujours été préservée (…), parce que désunis on est affaiblis, désunis on ne se développe pas ». Parmi les 3 500 délégués, une partie ne s’est pas associée à la standing ovation qui a ponctué le discours, ne l’a pas applaudi ou l’a sifflé. Vite levé, M. Pavageau s’est vite rassis.
FO a donné l’image d’une centrale désunie, centrée sur elle-même au point d’ignorer les autres syndicats et le patronat. Les premiers débats ont mis en lumière les lignes de fracture. Le spectacle a été celui d’un concours de huées, les soutiens de M. Mailly – parmi lesquels de nombreux délégués de la fédération des métaux, arborant des gilets rouges et proclamant leur réformisme – étant conspués par ses opposants, au sein desquels les trotskistes et les anarchistes ont été en pointe. Ces derniers ont reçu en retour le même accueil des partisans du secrétaire général quand ils annonçaient leur refus de voter le rapport d’activité ou appelaient à la grève générale. Ancien secrétaire général de l’union départementale du Finistère, Marc Hébert (anarchiste) a évoqué « l’état de délabrement » de FO. « Partout, dans toute la France, a-t-il ajouté, quand on parle de Jean-Claude Mailly, [les militants] baissent la tête et disent “parlons d’autre chose !”. » Des délégués trotskistes ont fait part de leur « honte ». La première tâche de M. Pavageau sera de tenter de recoller les morceaux.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ La ministre de l’enseignement supérieur a notamment évoqué 300 000 euros concernant Paul-Valéry-Montpellier, et entre 200 000 et 300 000 euros pour le campus de Tolbiac.
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Universités : les dégâts des occupations estimés à plus d’un million d’euros

La ministre de l’enseignement supérieur a notamment évoqué 300 000 euros concernant Paul-Valéry-Montpellier, et entre 200 000 et 300 000 euros pour le campus de Tolbiac.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 21h23
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 06h41
   





                        



   


Le gouvernement fait les comptes. Après plusieurs évacuations d’universités occupées ou bloquées, les dégâts commis par des opposants à la loi sur les nouvelles modalités d’entrée à la fac devraient dépasser le million d’euros. C’est en tout cas les estimations données par la ministre de l’enseignement supérieur lundi 23 avril. « Il est important de savoir qui a commis ces dégâts car c’est le contribuable qui va payer », a, en outre, fait valoir Frédérique Vidal dans l’émission « L’Epreuve de vérité » sur Public Sénat, en partenariat avec l’AFP, Radio Classique et Les Echos.
La présidence de l’université Paul-Valéry à Montpellier évalue à 300 000 euros le coût des dégradations au sein de cet établissement occupé depuis plus de deux mois. La police est intervenue lundi matin dans des locaux quasiment déserts en raison des vacances. Mi-avril, la présidence avait notamment dénoncé « le sabotage » de la salle des serveurs, « détruits ».

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Pour le site universitaire de Tolbiac, qui dépend de Paris-I, évacué vendredi matin à l’aube, « les devis sont en cours », mais on évoque un montant de 200 000 à 300 000 euros, a souligné Mme Vidal. Quant à l’université de Jean-Jaurès à Toulouse, refaite à neuf il y a quelques années pour un budget de plus de 300 millions d’euros et toujours occupée, la ministre n’a « pas d’estimation précise ».
Rumeur « abjecte »
Au total, « je pense qu’on dépassera le million d’euros » sur l’ensemble des sites dégradés, a donc déclaré la ministre, rappelant que certains présidents d’université avaient décidé de porter plainte. Une enquête pour dégradations en réunion a été ouverte vendredi en relation avec l’occupation de Tolbiac après une plainte de la présidence de Paris-I.

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Mme Vidal a par ailleurs qualifié d’« abjecte » la rumeur selon laquelle l’évacuation par les forces de police de ce campus parisien avait fait un blessé grave chez les occupants. « J’ai trouvé [cette rumeur] inadmissible et inqualifiable », a-t-elle déclaré, s’en prenant au Média, la web-TV créée par des proches de La France Insoumise, qui « avait [eu] l’air de se réjouir de cette nouvelle, qui lui a permis de faire du buzz ». La ministre a notamment repris les mots de l’éditorialiste Raphaël Enthoven, « qui a dit que “l’étudiant blessé qu’on invente, c’est peut-être le mort que l’on souhaite” ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Plusieurs députés de la majorité se félicitent d’avoir voté une « véritable avancée », mais leur présentation des faits est quelque peu exagérée. Explications.
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Immigration : non, le « délit de solidarité » n’a pas été supprimé par les députés

Plusieurs députés de la majorité se félicitent d’avoir voté une « véritable avancée », mais leur présentation des faits est quelque peu exagérée. Explications.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 18h54
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 10h49
    |

            Samuel Laurent et 
Adrien Sénécat








                        


Ce serait le symbole de l’équilibre de la loi pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif. Après que le texte — critiqué jusqu’au sein de la majorité pour son volet répressif — a été voté par les députés, dimanche 22 avril, plusieurs parlementaires La République en marche (LRM) disent avoir adopté un amendement qui supprimerait le « délit de solidarité ». La réalité est pourtant plus nuancée.
Ce qu’ils disent
Plusieurs députés de la majorité, tels Erwan Balanant (8e circonscription du Finistère) et Laetitia Avia (8e circonscription de Paris), ont écrit sur Twitter que le « délit de solidarité » allait bientôt disparaître grâce au vote des députés dimanche. « Nous supprimons le délit de solidarité ! », s’est félicité le premier ; « L’Assemblée nationale vient d’abroger le délit de solidarité », a écrit la seconde.

Dimanche 22 avril à 10h45 : l’@AssembleeNat vient d’abroger le délit de solidarité. Bravo à tous les parlementaires… https://t.co/m9652tWVdt— LaetitiaAvia (@Laetitia Avia)


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D’autres responsables politiques ont fait le même constat, tout en disant être hostiles à la mesure. « Macron est un tigre de papier ! En supprimant le délit de solidarité, il fait de l’Etat le complice des passeurs », s’est ainsi indigné le député Les Républicains (LR) Eric Ciotti.
POURQUOI C’EST FAUX
1. La loi actuelle prévoit déjà quelques exceptions (limitées) au délit de solidarité
Qu’on s’en félicite ou qu’on le déplore, il est en réalité erroné de dire que le « délit de solidarité » aurait disparu grâce au vote des députés.
D’abord, ce « délit de solidarité » n’existe pas en tant que tel. Il fait en réalité référence à l’article L 622-1 du code de l’entrée, du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda), qui dispose que commet un délit « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France » et qui, en conséquence, « sera punie d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 euros ».
L’article L 622-4 du même code prévoit bien des exceptions à ce délit — et ce avant même la présente loi dite asile et immigration. Par exemple, les poursuites ne sont pas fondées lorsque l’aide « n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte » mais consiste en des conseils juridiques, hébergement, soins médicaux ou « toute autre aide visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique » de la personne.
Mais plusieurs personnes ont tout de même été condamnées ces dernières années pour avoir aidé des migrants, au motif que leur « action militante » dépassait de simples préoccupations humanitaires. L’agriculteur Cédric Herrou a ainsi été condamné en appel à Aix-en-Provence le 8 août 2017 à quatre mois de prison avec sursis. L’avocat général avait estimé qu’il ne pouvait bénéficier des exemptions prévues par l’article L622-4 du Ceseda, car « lorsque l’aide s’inscrit dans une contestation globale de la loi, elle n’entre pas dans les exemptions prévues mais sert une cause militante qui ne répond pas à une situation de détresse. Cette contestation constitue une contrepartie » à l’aide.
Le jugement de la cour d’appel précise que la « démarche d’action militante en vue de soustraire des étrangers aux contrôles mis en oeuvre par les autorités » de Cédric Herrou ne rentrait pas dans le cadre des exceptions prévues par la loi.
Un enseignant-chercheur, Pierre-Alain Mannoni, a, lui aussi, été condamné à deux mois de prison avec sursis sur les mêmes fondements par la même juridiction, qui estimait que ce dernier s’inscrivait dans « une démarche d’action militante en vue de soustraire des étrangers aux contrôles ».
En résumé, la loi actuelle prévoit déjà que ceux qui aident des migrants pour des motifs humanitaires soient exonérés de poursuites. Sauf si la justice juge que ce n’est pas le cas, notamment lorsqu’elle juge que leur « action militante » dépasse les strictes considérations humanitaires.
2. L’amendement voté ne modifie les textes qu’à la marge
Dimanche 22 avril, les députés n’ont pas supprimé l’article qui réprime le fait d’aider directement ou indirectement des étrangers en situation irrégulière. Ils ont modifié l’article qui prévoit les exceptions à ce délit. La nouvelle version du texte est un peu plus précise, mais n’en change pas les grandes lignes :

   


La députée LRM Naïma Moutchou (Val-d’Oise), à l’origine de l’amendement, l’a d’ailleurs reconnu en creux, dimanche matin, en écrivant sur Twitter qu’une circulaire à venir « incitera à ne plus engager de poursuites ». S’il y a besoin d’une circulaire sur cette question, c’est bien parce qu’il reste possible de poursuivre les futurs Cédric Herrou :

Mon amendement « délit de solidarité », repris par @LaREM_AN est adopté! Pour ne plus sanctionner ceux qui apporten… https://t.co/nqKS6klDH3— NaimaMoutchou (@Naïma Moutchou)


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En définitive, la loi a été quelque peu clarifiée avec l’adoption d’un amendement à l’Assemblée nationale dimanche 22 avril. Il est en revanche erroné de dire que le délit de solidarité aurait été abrogé ou supprimé, et il faudra attendre d’autres cas similaires pour observer si la jurisprudence évolue réellement.
Par ailleurs, la justice utilise parfois d’autres motifs indirects pour poursuivre des personnes qui viennent en aide aux migrants, comme le « délit d’installation en réunion sur le terrain d’autrui » dans un cas constaté, notamment, à Calais.

        Lire l’article :
         

          Aide aux migrants : le délit de solidarité pourrait être « adapté »



Correction, le 24 avril à 10 heures : la citation relative au procès en appel de Cédric Herrou émane de l’avocat général et non pas du jugement, comme l’indiquait une version précédente de cet article. L’erreur a été corrigée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Maryline Baumard, journaliste chargée du suivi de l’immigration au « Monde », a répondu aux questions d’internautes à la suite du vote du projet de loi en première lecture à l’Assemblée.
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« La loi asile et immigration veut dissuader de venir en France mais elle n’empêchera pas plus d’y entrer »

Maryline Baumard, journaliste chargée du suivi de l’immigration au « Monde », a répondu aux questions d’internautes à la suite du vote du projet de loi en première lecture à l’Assemblée.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 16h41
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 17h38
   





                        


Maryline Baumard, journaliste chargée du suivi de l’immigration au Monde, a répondu aux questions d’internautes sur le projet de loi asile et immigration, qui a été adopté en première lecture, dimanche 22 avril, à l’Assemblée nationale.

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Effrayant : Sait-on ce qui a poussé Gérard Collomb à envoyer des gendarmes contrôler la frontière avec l’Italie, au lendemain de l’opération de Génération identitaire ?
Maryline Baumard : Le ministre de l’intérieur, interrogé samedi 21 avril sur cette opération déjà en cours, avait répondu de façon assez molle. Entre samedi et dimanche, le débat a monté, les critiques ont été nombreuses, et M. Collomb ne pouvait laisser ce groupe d’extrême droite gérer un des cols en lieu et place de la police aux frontières qui surveille cette zone.
Francette : Qu’est-ce qui, dans cette loi, permettra à la France d’empêcher l’arrivée de clandestins notamment dans les Hautes-Alpes ? Les passeurs Italiens, tels que ceux qui ont forcé le barrage de police dimanche, pourront-ils être sanctionnés ?
J’ai envie de vous dire : rien. La loi veut « dissuader » de venir et permettre de renvoyer plus facilement, mais elle n’empêche pas plus d’entrer en France. Beaucoup d’opposants à ce texte pensent qu’il ne changera pas grand-chose dans les zones frontières. C’était d’ailleurs le sens des interventions multiples du député Pierre-Henri Dumont, du Calaisis. Ce jeune député Les Républicains a beaucoup interrogé le ministre de l’intérieur sur ce point, sans obtenir vraiment de réponse. Eric Ciotti a fait la même chose avec les Alpes-Maritimes.

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Citoyen européen : D’après Emmanuel Macron, sa politique migratoire devait à la fois être plus ferme avec l’immigration illégale mais apporter des choses positives pour les demandeurs d’asile. Pouvez-vous nous dire ce qu’il en est ?
Le chef de l’Etat et le gouvernement ont communiqué sur ce double vocabulaire, qui globalement reprend les termes de « fermeté » et d’« humanité ». En dépit de cette communication, répétée par un grand nombre de ministres, le projet de loi n’est pas équilibré. Je le résumerais volontiers en quatre points. Il a d’abord pour mission première de réduire la durée d’instruction de la demande d’asile. C’est un objectif humanitaire car il est important de protéger rapidement les gens qui en ont besoin, mais c’est aussi pour pouvoir renvoyer plus facilement les déboutés (aujourd’hui seuls 4 % sont directement renvoyés).
Le deuxième but de ce projet de loi est d’expulser plus facilement. C’est pour cela que la rétention passe de 45 à 90 jours. Je dirais que son troisième but, inavoué, est de dissuader de venir en France. Il y a un effet « anti-appel d’air » qui veut signifier aux migrants que la France, ce n’est pas facile. Et le quatrième point, lui, est composé d’une petite série de mesures qui adoucissent la vie des réfugiés en France et favorisent leur intégration. Ainsi, un détenteur de la protection subsidiaire aura-t-il d’emblée un titre de séjour de quatre ans au lieu de un an actuellement, les frères et sœurs des enfants réfugiés pourront venir…
Théophile Deleau : Cette loi est trop à gauche pour la droite, trop à droite pour la gauche. Est-ce à dire qu’elle est équilibrée ?
Le gouvernement s’est servi de cette double critique pour faire croire à l’équilibre de son texte. Mais je ne pense pas que cela signifie quoi que ce soit. En fait, elle a été unanimement critiquée. Inopérante pour les uns, inhumaine pour les autres, bien trop « molle » pour la droite et l’extrême droite…

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Mathilde : Les députés ont voté en faveur de l’exemption du délit de solidarité pour toute une série d’actions. Le citoyen français qui héberge un migrant n’aura plus à s’inquiéter de risquer d’aller en prison ?
Je crains fort que cet amendement, gagné de haute lutte sur le ministère de l’intérieur — qui n’en voulait pas — ne soit que de la poudre aux yeux. Je vous invite à relire l’article que nous avons publié samedi [29 avril] sur LeMonde.fr à propos des multiples poursuites que connaît aujourd’hui une association comme L’Auberge des migrants à Calais. Vous y verrez que les personnes ne sont pas poursuivies au nom de cet article du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, mais pour d’autres chefs d’inculpation.

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Nous verrons une fois que la loi sera appliquée, mais je ne pense pas que le changement sera important. On est dans de l’affichage politique. Un petit groupe de députés voulaient ce changement, Gérard Collomb peut se prévaloir de les avoir entendus sur ce point.
Une agitatrice professionnelle : La distinction (artificielle) entre personnes demandeuses d’asile et migrant·e·s dit·e·s « économiques » a-t-elle été évoquée durant les débats parlementaires ou n’est-elle plus remise en question ?
Pour la troisième fois seulement dans l’histoire récente du pays, nous avons un texte de loi qui mêle l’asile et la politique migratoire. Ce n’est pas anodin. Je vous rappelle que la dernière loi sur l’asile datait de 2015 et la dernière loi migration de 2016… Traiter ces deux sujets ensemble crée un amalgame dans les esprits alors que l’opinion publique française fait déjà peu le distinguo entre un réfugié et un migrant économique.
Un apprenti juriste : Le texte de loi prévoit un allongement du séjour en centre de rétention. N’y a-t-il pas un risque de condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme ?
Je ne pense pas, parce que la France avait des durées d’enfermement inférieures à bien d’autres pays européens et qu’on reste à l’intérieur du cadre fixé par les directives. En revanche, notre problème porte sur l’enfermement des enfants. La France a déjà été condamnée au moins six fois par la Cour européenne des droits de l’homme.
A. Blrd : De quelle influence concrète disposent des autorités indépendantes telles que le Défenseur des droits ou la CNCDH sur les textes présentés ?
L’influence du Défenseur des droits et celle de la Commission nationale consultative des droits de l’homme se font à travers les médias et l’opinion publique. Si nous parlons de leurs avis, ils existent. Si nous n’en parlons pas, alors ils n’existent pas vraiment, puisque, finalement, l’administration ne se sent pas liée aux conclusions de ces deux instances.
Mélanie : Comment réduire la durée d’instruction de la demande d’asile ?
Aujourd’hui, l’Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides] répond en un peu plus de trois mois, et la CNDA [Cour nationale du droit d’asile] en un peu plus de cinq mois. Les opposants à cette loi lui reprochent justement de compresser les délais de ces instances, alors que les vrais temps morts sont ailleurs. Ainsi, le ministère de l’intérieur a-t-il expliqué dans l’étude d’impact qui accompagne sa loi qu’il faut en général attendre vingt et un jours avant de passer devant une association, qui elle-même fixe un rendez-vous en préfecture.
Pour agir sur cette première période, il suffit de donner plus de moyens aux préfectures, afin qu’elles enregistrent plus rapidement les demandes. Or, cent cinquante postes ont bien été créés au budget 2018, mais comme les préfectures doivent renvoyer plus, elles ont pour beaucoup affecté ces moyens nouveaux ailleurs qu’aux enregistrements…
Ge-meunier : Comment interprétez-vous la non-participation au vote d’une centaine de députés La République en marche ?
Une partie des députés ne voulaient pas voter cette loi, mais ils ne voulaient pas non plus afficher cette réticence. Tous savaient que leur vote serait regardé à la loupe. A partir de là, s’abstenir, comme ils ont été dix-sept à le faire était un acte de résistance, alors qu’être absent était beaucoup plus discret. L’absence d’un tiers des députés de la majorité est un signe qui a été sous-analysé. Il ne faut pas oublier que Richard Ferrand, le président du groupe La République en marche, leur avait signifié qu’il ne voulait voir qu’une seule tête, et qu’eux-mêmes sont pour beaucoup des débutants, à leur premier mandat.

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Pouvez-vous nous en dire plus sur l’équipe du « Monde » chargée de l’immigration et son fonctionnement ? Comment faites-vous en tant que journaliste pour prendre du recul sur ces questions clivantes d’immigration ?
Nous avons la chance au Monde d’être un certain nombre à travailler sur ce sujet. Notre réseau de correspondants suit de près le thème sur leurs terrains respectifs. Au Monde.fr, Anne Guillard fait des séjours réguliers à Calais depuis plus d’un an. Au service Politique, mais aussi au service Planète, le sujet est aussi suivi.
Pour ce qui concerne mon traitement, je me fixe la ligne du reportage, considérant que rien de mieux que le terrain ne permet de raconter le quotidien des migrants en France. J’interroge le ministère de l’intérieur sur les sujets plus théoriques, ou les préfets sur les sujets en région. Mais je considère que je ne ferais pas mon travail si je ne déconstruisais pas les éléments de langage, savamment montés pour expliquer que tout va bien.
Les associations font partie de mes informateurs, et sont plus présentes que le ministère de l’intérieur, d’abord parce qu’elles répondent aux questions, ensuite parce qu’elles sont plus présentes sur le terrain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Cette académie sera inaugurée à la fin du mois de juin, pour une ouverture prévue à la rentrée 2018-2019.
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L’«académie des sciences politiques » de Marion Maréchal-Le Pen ouvrira à Lyon

Cette académie sera inaugurée à la fin du mois de juin, pour une ouverture prévue à la rentrée 2018-2019.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 17h29
   





                        



   


L’académie de sciences politiques voulue par l’ex-députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen ouvrira ses portes à Lyon à la rentrée prochaine, ont annoncé des élus FN de la région Auvergne-Rhône-Alpes lundi 23 avril.
L’inauguration de l’académie, dont la nièce de Marine Le Pen avait annoncé la création il y a deux mois, « sera installée dans le quartier de la Confluence » dans le sud de la ville, ont précisé ces élus, confirmant des informations de l’hebdomadaire satirique lyonnais Les Potins d’Angèle. L’adresse avancée par ce dernier a cependant été démentie.
Cette académie « politique », que l’ancienne députée FN de 28 ans présente comme le « terreau de tous les courants de droite », sera inaugurée à la fin du mois de juin, après une conférence de presse au début du même mois, pour une ouverture prévue à la rentrée 2018-2019, ont précisé ces élus. Selon eux, le futur établissement a reçu les autorisations nécessaires pour délivrer des diplômes et recrutera ses candidats sur dossier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le président sortant de la Polynésie française part largement favori de la triangulaire qui l’opposera au parti autonomiste de Gaston Flosse et aux indépendantistes d’Oscar Temaru, le 6 mai.
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Elections territoriales en Polynésie : Edouard Fritch domine le premier tour

Le président sortant de la Polynésie française part largement favori de la triangulaire qui l’opposera au parti autonomiste de Gaston Flosse et aux indépendantistes d’Oscar Temaru, le 6 mai.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 11h11
    |

                            Mike Leyral (Papeete, Polynésie française, correspondance)








                        



   


La liste autonomiste conduite par Edouard Fritch a largement dominé ses concurrents en réunissant dimanche (lundi 23 avril à Paris) 43,04 % des voix au premier tour des élections territoriales. Il part largement favori de la triangulaire qui devrait l’opposer le 6 mai au parti autonomiste de Gaston Flosse (29,4 %) et aux indépendantistes d’Oscar Temaru (20,72 %). La participation (61,51 %) est plus faible que lors des scrutins précédents, malgré une campagne intense ces dernières semaines.
Le Tahoeraa de Gaston Flosse, en particulier, a montré qu’il savait toujours rassembler avec le plus important meeting (9 000 militants), et des milliers de tee-shirts et de drapeaux à sa couleur, l’orange. Mais il a souffert de ne pouvoir présenter son leadeur : Gaston Flosse est inéligible jusqu’en juillet 2019, et le discret Geffry Salmon, qui le remplace en tête de liste, n’a pas la même aura.

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Edouard Fritch, 66 ans, resté dans l’ombre de Gaston Flosse pendant trente ans, a montré qu’il n’avait pas besoin de son ancien mentor pour l’emporter. Il doit sa victoire à un bon bilan à la tête de la Polynésie française, qui retrouve des couleurs après plus de dix années de crise. Il a réuni la moitié des maires polynésiens, très influents sur leur électorat. Il s’est aussi engagé sur une mesure impopulaire : la réforme de la sécurité sociale locale et le report de l’âge de départ à la retraite, de 60 à 62 ans. Il est enfin parvenu à normaliser les relations entre la Polynésie et l’Etat, tandis que ses deux opposants n’ont pas de mots assez durs contre la France.
Mesures spectaculaires
Les adversaires des quatre dernières décennies, Gaston Flosse et Oscar Temaru, ne sont pas parvenus à endiguer cette montée en puissance. Rattrapé par les affaires, lâché par les principaux cadres de son parti, Gaston Flosse a misé sur un programme populaire : il propose douze mesures spectaculaires, comme des baisses drastiques des tarifs d’accès à Internet ou des transports en commun. Il a aussi intégré sur sa liste des personnalités de la société civile, comme le journaliste et présentateur du journal de la chaîne Première James Heaux, ou le syndicaliste Angélo Frébault. Sans succès. Ce scrutin met un coup d’arrêt aux ambitions de Gaston Flosse, 86 ans. Le « vieux lion », comme on l’appelle en Polynésie, a cependant maintes fois démontré qu’il pouvait toujours revenir après ses défaites.

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Oscar Temaru a mené campagne sur ses thèmes de prédilection : la décolonisation, les demandes de réparation pour les essais nucléaires ou la probité des élus. Il souhaite, à terme, un référendum d’autodétermination en Polynésie. Au cours de la campagne, il a suggéré qu’il ne briguerait pas la présidence en cas de victoire de sa liste, mais qu’il la laisserait à son gendre, le député Moetai Brotherson. Lui non plus n’a pas convaincu.
Quant aux trois autres listes en course au premier tour, aucune n’atteint 4 %. Le seul parti national représenté, l’UPR, finit dernier avec 1,15 % des voix.
Les élections ont perdu de leur faste en Polynésie depuis que les électeurs n’ont plus le droit d’afficher leurs préférences au sein des bureaux de vote. Les drapeaux, les militants et les musiciens doivent rester aux abords des écoles et des mairies. Mais ils continuent à haranguer les passants pour les convaincre de voter rouge, orange ou bleu ciel, les couleurs respectives d’Edouard Fritch, de Gaston Flosse et d’Oscar Temaru.
Large autonomie
Les partis ont jusqu’à mardi soir pour déposer les listes en vue du second tour. Les indépendantistes ont déjà annoncé qu’ils ne s’allieraient pas avec les autonomistes. Une telle alliance s’était déjà produite en 2008, à l’assemblée : elle avait conduit à l’élection de Gaston Flosse à la présidence, mais elle n’avait pas duré.
Si le Tapura d’Edouard Fritch conserve la même avance au second tour, il bénéficiera d’une majorité solide à l’assemblée grâce à la prime majoritaire accordée au vainqueur. Sans alliance, ses deux adversaires ne semblent pas en mesure de le rattraper, puisque même un report de toutes les voix des petites listes n’y suffirait pas.
Après le second tour, les cinquante-sept représentants élus à l’assemblée éliront leur président et celui de la Polynésie française pour un mandat de cinq ans.
Cette collectivité d’outre-mer jouit d’une large autonomie au sein de la République française, et dispose de ses propres ministères de l’économie, de l’emploi, de la santé ou encore de l’éducation. La défense, la sécurité ou la monnaie relèvent en revanche de la compétence de l’Etat.



                            


                        

                        

