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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ En Asie du Sud-Est, les chasseurs-cueilleurs marins plongent en grande profondeurs pour collecter leurs nourritures avec pour seul équipement des poids et un masque en bois.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Si l’on peut partager l’inquiétude des personnalités qui viennent de lancer un appel contre « le nouvel antisémitisme » en France, leur texte soulève de nombreuses questions, estime l’historienne Marie-Anne Matard-Bonucci dans une tribune au « Monde ».
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« Il convient de repenser les formes actuelles de la lutte contre l’antisémitisme »

Si l’on peut partager l’inquiétude des personnalités qui viennent de lancer un appel contre « le nouvel antisémitisme » en France, leur texte soulève de nombreuses questions, estime l’historienne Marie-Anne Matard-Bonucci dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    24.04.2018 à 17h39
    |

Marie-Anne Matard-Bonucci (Professeure d'histoire contemporaine à l'université Paris-VIII,)







                        



                                


                            

Tribune. Dans un texte publié le 22 avril par Le Parisien, 300 personnalités dénoncent avec force le « nouvel antisémitisme ». Comment ne pas partager l’inquiétude des auteurs et l’idée selon laquelle « l’antisémitisme n’est pas l’affaire des Juifs, c’est l’affaire de tous » ? Comment ne pas constater avec eux la résurgence de l’antisémitisme dans la société française et ses effets mortifères depuis quelques années.
Comment ne pas observer les manifestations de haine antijuive avec l’essor d’un islamisme radical et/ou au nom d’un combat antisioniste ? Comment ne pas admettre la difficulté, dans certains milieux de gauche et d’extrême gauche, à s’emparer de cette question : comme si la pleine intégration des juifs de France (et l’indéniable réussite sociale d’une partie d’entre eux) empêchait de percevoir qu’ils peuvent aussi être des victimes ?
Effet escompté compromis
Toutefois, si le manifeste des 300 pose de vraies questions, formulations et arguments proposés risquent de compromettre l’effet escompté.
En premier lieu, l’expression même de « nouvel antisémitisme » est problématique.
L’antisémitisme diffusé dans le monde arabe et dans certains milieux musulmans de France puise aux sources classiques des « antisémythes » véhiculés, depuis plus de deux siècles par une propagande dont on sait qu’elle a connu, effectivement après 1945, une nouvelle fortune en terre d’Islam, portée par le vent de l’antisionisme et du nationalisme arabe : des Protocoles des Sages de Sion à Mein Kampf en passant par des caricatures de La Libre parole illustrée.
Mettre l’accent sur la nouveauté risque d’une part de minimiser les manifestations passées de cet antisémitisme au Maghreb et au Moyen-Orient, un antisémitisme dont les ingrédients ne sont pas seulement réductibles à une matrice théologique musulmane même si celle-ci, indéniablement est présente.

Faut-il rappeler...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le maire de Nice condamne l’organisation du meeting du FN le 1er mai à Nice, dans une tribune au « Monde » signée par plus de 370 personnalités dont Jean-Jacques Aillagon, Charles Berling et Joann Sfar.
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Christian Estrosi : « Le FN et ses alliés européens ne sont pas chez eux à Nice »

Le maire de Nice condamne l’organisation du meeting du FN le 1er mai à Nice, dans une tribune au « Monde » signée par plus de 370 personnalités dont Jean-Jacques Aillagon, Charles Berling et Joann Sfar.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 17h56
   





                        



                                


                            
Tribune. Le Front national a choisi d’organiser à Nice cette année son meeting national le 1er mai prochain. Il s’agit d’une première, puisque le Front national a invité à Nice ses amis européens : les Flamands du Vlaams Belang, un parti héritier d’une formation condamnée pour racisme en 2004 et dont les cadres honoraient régulièrement les soldats ayant servi aux côtés des SS ; les Italiens de la Ligue du Nord dont l’actuel leadeur s’est déclaré favorable à des wagons séparés pour les Milanais dits « de souche » dans le métro ; les Polonais du Congrès de la nouvelle droite (KNP), dont le leadeur a déclaré que les femmes sont plus faibles et moins intelligentes que les hommes. D’autres groupes tout aussi peu recommandables ont également été conviés.
Ainsi, dans notre pays, à Nice, autour des vociférations des populistes français, résonnera la voix de ceux dont les propos fleurent aujourd’hui l’entre-deux-guerres.
Fête défigurée
Nous qui aimons la France et son message, nous qui aimons Nice et son histoire, nous ne voulons pas voir le sens vrai du 1er-Mai dénaturé par le Front national et ses sulfureux amis. Nous disons non à une fête défigurée ! Car le Front national saccage à double titre l’héritage et la tradition du 1er-Mai.
D’abord, parce que le 1er-Mai honore tous ceux qui vivent de leur travail. Cette fête rend hommage à tous les travailleurs, quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent, indépendamment de leurs origines, religion ou convictions. C’est une fête de la solidarité et de la fraternité des hommes. Ensuite, il salit la mémoire de Nice, car le 1er mai est le premier jour d’une très ancienne fête traditionnelle, Les Mai, fête de la joie du printemps revenu, fête familiale et paisible, qui occupera nos parcs et jardins chaque dimanche du mois. De tout cela, le Front national se moque.
er-Mai, à la vraie âme de...



                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Patrick Lecante, maire d’une commune de Guyane et militant de la biodiversité, s’élève dans une tribune au « Monde » contre le projet d’exploitation aurifère dit de la « Montagne d’or ».
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En Guyane, un projet minier « à contretemps de l’histoire »

Patrick Lecante, maire d’une commune de Guyane et militant de la biodiversité, s’élève dans une tribune au « Monde » contre le projet d’exploitation aurifère dit de la « Montagne d’or ».



Le Monde
 |    24.04.2018 à 16h38
    |

Patrick Lecante (Maire de Montsinéry-Tonnégrande, président du Comité de l’eau et de la biodiversité de Guyane, administrateur de l’Agence français...







                        



                                


                            

Tribune. Le projet minier dit de la « Montagne d’or », en Guyane française, vise à exploiter d’une manière inédite l’or du sous-sol de ce département d’outre-mer. Il possède sans doute des vertus économiques. Mais il comporte surtout trois risques fondamentaux : il divise fortement la société guyanaise, lui donne de faux espoirs d’embellie économique, et il place ce territoire à contretemps de l’histoire.
Nous ne sommes pas, à ce jour en Guyane, en mesure d’exploiter nous-même nos richesses. Nous manquons de capitaux, de technologie et d’ingénierie. Alors, devons-nous confier à un consortium russo-canadien l’extraction industrielle de 85 tonnes d’or et lui laisser également conserver toute la valeur ajoutée de la transformation ?
Si nous l’acceptons, notre capital aurifère sera irrémédiablement perdu. Non seulement avec notre approbation, mais également avec nos impôts ! En effet, le système fiscal français applicable en Guyane subventionne directement le projet par divers dispositifs de défiscalisation et de subventions indirectes. Alors que la redevance des mines qui sera versée aux collectivités locales représente moins de 0,36 % de la valeur de l’or déclaré.

De plus, les chiffres annoncés de 750 emplois directs ne tiennent pas compte des capacités locales et des formations initiales. Et qu’adviendra-t-il à la fin de l’exploitation au bout de douze années, si ce n’est le chômage ? La jeunesse attend-elle vraiment des emplois subalternes dans une mine industrielle, bruyante et polluante, située en pleine forêt à 120 km de la première ville ?
Risques inouïs
Ne nous leurrons pas sur les enjeux : cette mine ne résoudra aucun problème d’emploi. Les études montrent qu’il faut créer 2 500 emplois par an pendant au moins 10 ans dans l’ouest guyanais, 4 000 par an dans toute la Guyane pour résorber le chômage. Autrement dit, il faudrait plusieurs projets miniers de cette ampleur tous les ans… Impensable !
Par...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’économiste Alain Fauqueur estime, dans une tribune au « Monde », que la monnaie virtuelle, au-delà des errements de la spéculation, n’a pas dit son dernier mot.
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Le bitcoin « aura fait progresser la désintermédiation et nourri craintes bancaires et espoirs libertaires »

L’économiste Alain Fauqueur estime, dans une tribune au « Monde », que la monnaie virtuelle, au-delà des errements de la spéculation, n’a pas dit son dernier mot.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 15h00
    |

Alain Fauqueur (Economiste et ancien expert de l'ONU)







                        



                                


                            

Tribune. L’envolée du prix d’un produit financier, immobilier ou autre, signale la formation d’une bulle spéculative. Elle s’installe et attire à elle une cohorte de joueurs. Et elle éclatera avec des prises de bénéfices pour les uns et des pertes pour les autres. Les possesseurs, aujourd’hui, de 40 % du stock mondial de bitcoins sont assurés de la raréfaction progressive de l’émission de cette monnaie parallèle. Le tarissement est en effet constitutif de cette unité monétaire : il est programmé avec un plafond de 21 millions de bitcoins, fixé par l’algorithme fondateur. Cela correspond à un horizon proche des années 2040.
Les possesseurs de bitcoins seraient aujourd’hui quelques centaines. Attendent-ils leur moment ? Le cours de la monnaie virtuelle, qui a flirté avec les 10 000 euros, est maintenant redescendu à un niveau proche de 7 000 euros. Il connaît des fluctuations caractéristiques des produits de pure spéculation, c’est-à-dire avec peu de cordes de rappel vers l’économie réelle. Aucune dans le cas présent. D’un certain point de vue, les subprimes, avec leur pyramide de titrisations, étaient plus rassurants par leur référence au marché de l’immobilier, pourtant devenue bien lointaine.
Un processus explosif
Si l’on s’intéresse à la création de cette monnaie pour la vingtaine d’années à venir, il apparaît que la consommation d’énergie requise correspond à un processus explosif. En effet, la surenchère financière s’accompagne d’une surenchère internationale en kilowatts, voire en gigawatts.
Plus précisément, la création de bitcoins, incorruptible comme sa gestion, répond à des protocoles dits « de minage », qui récompensent les vainqueurs d’une course à des capacités de calcul toujours plus grandes. Pour certains, l’image est celle de la résolution d’un sudoku, non plus en deux dimensions, mais en n dimensions. Un paramètre rigoureusement indépassable pour un intrus dans cette surenchère de moyens de traitement...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de spécialistes de la gériatrie estime qu’il existe des solutions pour épargner aux familles le drame financier de la dépendance.
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Pour « une assurance-autonomie publique obligatoire »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de spécialistes de la gériatrie estime qu’il existe des solutions pour épargner aux familles le drame financier de la dépendance.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 14h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La perte d’autonomie, liée chez un certain nombre de personnes âgées, à une maladie chronique invalidante, est un drame humain et financier pour les personnes atteintes et leurs proches. La prise en charge et la qualité des soins sont souvent insuffisantes, les soignants épuisés et le « reste à charge » trop lourd pour certaines familles. Par exemple, en institution, le coût d’hébergement varie de 1 600 euros à plus de 4 000 euros mensuels alors que la moyenne des retraites, en France, n’est que de 1 365 euros par mois !
Tous les gouvernements ont tenté des améliorations mais se sont heurtés au défaut de financement. Il faut trouver de l’argent neuf. Or les caisses de l’Etat sont vides et les familles, en particulier les classes moyennes, sont écrasées par les coûts induits par la perte d’autonomie.
Le paradoxe est que le coût de la prise en charge de la dépendance, insurmontable pour la personne, n’est que très modestement valorisé dans les comptes sociaux de la nation. En effet, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), seule aide aux familles pour prendre en charge la dépendance, n’est abondée que de 5,5 milliards d’euros. Par comparaison, pour l’ensemble des régimes obligatoires de base, l’assurance-maladie représente 207 milliards d’euros par an, les retraites 230 milliards (chiffres 2017 provisoires).
Seuls 8 % de la population des plus de 60 ans sont atteints de dépendance, ce qui ne représente que 2,6 % de la population susceptible de cotiser
Toutes les solutions proposées impactent lourdement les familles (viager, liquidation du patrimoine, etc.). Une seule, pratiquée dans certains pays, par exemple au Japon, n’a pas encore été retenue par les politiques : l’assurance-autonomie publique obligatoire, différente des contrats actuellement proposés par les compagnies d’assurances.
Pourquoi cette solution déjà étudiée en 2011 n’est-elle pas proposée par les politiques et gouvernants en place ? Parce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. Face aux Google, Apple, Facebook ou Amazon, l’Europe se dote d’outils afin de juguler une puissance américaine qu’on croyait incoercible.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

La Commission européenne attaque sur tous les fronts les GAFA

Editorial. Face aux Google, Apple, Facebook ou Amazon, l’Europe se dote d’outils afin de juguler une puissance américaine qu’on croyait incoercible.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 15h48
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le danger vient parfois d’où on ne l’attend pas. C’est sans doute la conclusion à laquelle sont en train d’arriver les géants américains du numérique. Alors que l’Europe reste un nain du high-tech, incapable de faire émerger de nouveaux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), la Commission européenne, à force de persévérance, se dote peu à peu d’outils juridiques et normatifs susceptibles de juguler une puissance américaine qu’on croyait jusqu’ici incoercible.
Bruxelles met ainsi la dernière main à un nouveau projet de régulation des plates-formes en ligne. Il s’agit par exemple d’obliger Facebook ou l’App Store d’Apple à garantir des protections juridiques aux PME utilisatrices de leurs services. En outre, Google devra se justifier sur la façon dont le moteur de recherche hiérarchise les sites Web, une exigence de transparence censée rétablir l’équité dans la visibilité et donc l’accessibilité de ces derniers. Enfin, les GAFA devront mettre en place des instances de règlement des litiges, tandis que les ONG et les administrations publiques pourront saisir la justice au nom des utilisateurs.
Avantages indus
Cette nouvelle initiative de Margrethe Vestager, la commissaire à la concurrence, s’ajoute à une liste qui ne cesse de s’allonger. Fiscalité, concurrence, données personnelles : l’Union européenne attaque sur tous les fronts. Apple et Amazon doivent rembourser des avantages fiscaux indus. Google a été condamné pour abus de position dominante.
Fin 2017, la Cour de justice de l’Union européenne décidait qu’Uber n’était pas une simple plate-forme numérique, mais un opérateur de transport à part entière, devant, de ce fait, se plier aux mêmes règles que les taxis. L’idée d’une taxe numérique sur le chiffre d’affaires des géants du Web fait son chemin.

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                Bruxelles va proposer une taxe sur les GAFA



Enfin, le 25 mai, entrera en vigueur le Règlement général pour la protection des données (RGPD), constituant la première réponse juridique au scandale Cambridge Analytica, qui a déstabilisé Facebook ces dernières semaines.

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                Audition du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg : une discrète revanche de l’Europe



Lorsqu’elle a été lancée, cette offensive a fait sourire, tant il était peu probable que la bureaucratie européenne soit capable de faire plier ces nouveaux maîtres de l’innovation. Puis, voyant que Bruxelles était résolue à poursuivre sa croisade, on a reproché à l’Europe de se recroqueviller sur une position défensive, faut de pouvoir développer ses propres champions dans ce domaine. Mais entre-temps, chacun a pris conscience, y compris aux Etats-Unis, du fait que les géants du Net ont joué aux apprentis sorciers en mettant au point des innovations certes fort utiles, mais sans aucune prise en compte de leurs conséquences sociétales.

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                Les banques, les GAFA et le génie de la finance



Le mouvement est d’autant plus inquiétant que ces nouveaux empires engrangent des profits colossaux et captent une part toujours plus grande d’écosystèmes vitaux pour l’économie. Les bénéfices de 9,4 milliards de dollars (environ 7,7 milliards d’euros) réalisés par Alphabet, la maison mère de Google, au premier trimestre ne sont qu’une illustration de ce constat.
On sait désormais que l’autorégulation n’est qu’une illusion et que seule une intervention des Etats pourra remettre de l’ordre. Si l’Europe peine à émerger comme un troisième pôle d’innovation face aux Etats-Unis et à la Chine, elle reste encore le premier marché du monde pour ces technologies. Cette position doit nous servir à imposer nos principes juridiques et nos valeurs pour répondre aux défis lancés par ces nouveaux géants en attendant de pouvoir les concurrencer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ En 1968, le monde était en ébullition. Mais il n’y a qu’en France que l’effervescence dépassa la seule jeunesse révoltée pour atteindre profondément toutes les strates de la société. Mai 68 demeure un des événements politiques qui ont le plus marqué les Français.
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Mai 68, un hors-série du « Monde »

En 1968, le monde était en ébullition. Mais il n’y a qu’en France que l’effervescence dépassa la seule jeunesse révoltée pour atteindre profondément toutes les strates de la société. Mai 68 demeure un des événements politiques qui ont le plus marqué les Français.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 11h29
    |

            Yann Plougastel








                        



   


Cinquante ans ont passé. Pourtant, Mai 68 demeure un des événements politiques qui ont le plus marqué les Français. Un récent sondage du Nouveau Magazine littéraire révèle même que 79 % des personnes interrogées, toutes obédiences politiques confondues, trouvent son héritage positif.
Que s’est-il exactement passé en ce joli mois pour avoir autant marqué l’inconscient collectif ? Une insurrection d’une jeunesse en mal d’utopie et d’espérance ? Un soulèvement de salariés contre un travail abrutissant et une société figée par un pouvoir vieillissant ? Une aspiration hédoniste à mettre un zeste de plaisir dans la grisaille du quotidien ? Une revendication démocratique pour que chacun puisse prendre la parole et être écouté ? Un besoin de romantisme et de partage ? Une « illusion lyrique », comme l’a dit Raymond Aron ? Une révolution qui ne voulait pas prendre le pouvoir ? Sans doute, tout cela à la fois. Et encore plus.
Un monde en ébullition
Il ne faut pas oublier qu’en 1968 le monde était en ébullition. Du Vietnam au Japon, en passant par l’Allemagne, l’Italie, la Tchécoslovaquie, le Brésil, les Etats-Unis, le Mexique, une effervescence généralisée régnait. Mais il n’y a qu’en France qu’elle dépassa la seule jeunesse révoltée pour atteindre profondément toutes les strates de la société. Comme si d’un seul coup tout devenait possible dans un univers qui semblait jusque-là si clos.
Le 20 mai 1968, Jean-Paul Sartre rencontre Daniel Cohn-Bendit pour Le Nouvel Observateur. Il lui tient ces propos qui éclairent d’une singulière lueur l’« énigme de 68 » : « Ce qu’il y a d’intéressant dans votre action, c’est qu’elle met l’imagination au pouvoir. Vous avez une imagination limitée comme tout le monde, mais vous avez beaucoup plus d’idées que vos aînés (…). Quelque chose est sorti de vous, qui étonne, qui bouscule, qui renie tout ce qui a fait de notre société ce qu’elle est aujourd’hui. C’est ce que j’appellerai l’extension du champ des possibles. N’y renoncez pas. » 
L’histoire n’est jamais finie
En quelques phrases, le philosophe mettait le doigt sur ce qui est sans doute le principal défi jeté par Mai 68. L’extension du champ des possibles. C’est-à-dire que l’histoire n’est jamais finie, que sans cesse des brèches s’ouvrent. Ironie de l’Histoire, en mai 1968, on pouvait lire à l’entrée de la faculté de Censier : « Nous sommes en marche… » Déjà.
Dans un de ses hors-séries, cinquante après, Le Monde revient sur ces deux mois qui ébranlèrent la France, avec des analyses d’historiens comme Ludivine Bantigny et Benjamin Stora, des témoignages d’acteurs tels que Vaclav Havel, Henri Weber, Maurice Grimaud, Hervé Hamon, Jean-Marcel Bouguereau, mais aussi des réflexions de Raymond Aron, Edgar Morin, Herbert Marcuse, Paul Auster, Georges Marchais, Raoul Vaneigem, Jean-Pierre Le Goff, etc.
« 68. Les jours qui ébranlèrent la France », hors-série du « Monde », 100 pages, 8,50 euros, en vente en kiosque et sur Boutique.lemonde.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz estime que le débat sur la SNCF s’est focalisé sur les cheminots et leur statut, alors que l’enjeu est légèrement plus important, puisqu’il s’agit de la planète, ou du moins de son climat.
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« Macron doit d’abord redonner toute son importance à la SNCF »

Dans sa chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz estime que le débat sur la SNCF s’est focalisé sur les cheminots et leur statut, alors que l’enjeu est légèrement plus important, puisqu’il s’agit de la planète, ou du moins de son climat.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 11h28
    |

Jean-Baptiste Fressoz (CNRS)







                        



                                


                            

Transformations. Dans le fameux rapport Spinetta sur l’avenir du transport ferroviaire, le mot « écologie » n’apparaît pas, « climat » est cité deux fois, « statut » 54 fois et « concurrence » 189 fois. De fait, le débat sur la SNCF s’est focalisé sur les cheminots et leur statut alors que l’enjeu est légèrement plus important, puisqu’il s’agit de la planète, ou du moins de son climat.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, la part des émissions françaises de CO2 dues au transport est passée de 15 % en 1970 à plus de 40 % en 2017, essentiellement à cause des voitures et des camions. A l’inverse, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), le train est « l’un des modes de transport terrestre les plus performants d’un point de vue énergétique et environnemental ». Une politique ambitieuse consisterait à envisager la SNCF non comme un poids mort économique, mais comme un atout pour une mobilité bas carbone.
Prenons par exemple le mantra de « l’ouverture à la concurrence ». Le problème n’est pas tant l’absence de concurrence, mais bien au contraire que le rail est soumis à la concurrence déloyale de l’automobile, qui externalise ses coûts sanitaires et climatiques. L’histoire montre que le basculement a posteriori désastreux vers le tout-automobile s’est justement fait sous la figure tutélaire de la sainte concurrence !
L’exemple édifiant des tramways
Au début du XXe siècle, aux Etats-Unis, les tramways assuraient 5 milliards de voyages par an sur 35 000 kilomètres de lignes électrifiées. Il s’agissait d’un mode de transport sûr, confortable et peu polluant. Entre le réseau ferroviaire national, le développement des tramways électriques et l’absence de routes goudronnées, la voiture ne semblait pas une technologie prometteuse.

Mais les compagnies de tramways sont soumises à des attaques constantes présentant leur...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ La haine des juifs n’est pas propre aux musulmans, mais elle est particulièrement répandue chez les Français de cette confession, explique l’universitaire Gunther Jikeli en s’appuyant sur plusieurs études, dans une tribune au « Monde ».
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Gunther Jikeli : « L’antisémitisme parmi les musulmans se manifeste au-delà des islamistes radicaux »

La haine des juifs n’est pas propre aux musulmans, mais elle est particulièrement répandue chez les Français de cette confession, explique l’universitaire Gunther Jikeli en s’appuyant sur plusieurs études, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    24.04.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 11h17
    |

Gunther Jikeli (Professeur associé à l’université de l’Indiana (Indiana))







                        



                                


                            
[Fin mars, Mireille Knoll, 85 ans, qui avait échappé à la rafle du Vél’d’Hiv, a été retrouvée assassinée dans son appartement à Paris. Deux hommes ont été mis en examen pour « homicide volontaire » à caractère antisémite et « vol aggravé ». Cette affaire a relancé le débat sur le rôle de l’islam dans la propagation d’une nouvelle haine des juifs. Le 22 avril, Le Parisien publiait une tribune signée par plusieurs centaines de personnalités inquiètes de la montée d’un « antisémitisme musulman », qui provoquerait « une épuration ethnique à bas bruit » dans certains endroits d’Ile-de-France. Les auteurs demandent que « soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques » musulmanes « les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants ». Le manifeste, rédigé par Philippe Val, compte notamment parmi les signataires Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Boualem Sansal, Antoine Compagnon, Charles Aznavour et Gérard Depardieu.]
Tribune. Le malaise grandit face à la montée de l’antisémitisme et notamment de l’antisémitisme musulman. Le terme même d’antisémitisme musulman est contesté en dépit du fait que depuis plusieurs années il existe des indications claires que la haine antijuive est particulièrement répandue en France – et ailleurs – parmi les musulmans. Cela ne signifie pas que tous les musulmans sont antisémites ou que les incidents antisémites soient le fait des seuls musulmans, ce qui serait loin de la vérité. L’antisémitisme reste répandu parmi l’important électorat du Front national et dans l’extrême gauche « anti-impérialiste ». Il existe en outre quelques complotistes tordus tels que Dieudonné qui ont construit leur popularité en tant qu’antisémites professionnels.

Mais le fait que l’antisémitisme soit particulièrement répandu parmi les musulmans n’en reste pas moins une évidence écrasante. Ce fait est étayé par de nombreuses études, enquêtes et...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dix mille pas et plus. L’exploration des effets de l’exercice physique des ­individus sur la génération suivante est devenue un domaine actif de recherche.
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Pour vos futurs enfants, bougez !

Dix mille pas et plus. L’exploration des effets de l’exercice physique des ­individus sur la génération suivante est devenue un domaine actif de recherche.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 12h56
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Marchez, nagez, courez… pour votre santé, pour montrer l’exemple dans la famille, et même pour donner de meilleures chances dans la vie à vos futurs enfants. Ne finirait-on pas par pousser le bouchon un peu loin dans cette chronique ?
L’exploration des effets de l’exercice physique des ­individus sur la génération suivante est devenue un domaine actif de recherche. Et les résultats sont séduisants, même si nombre de ces travaux sont encore préliminaires et parfois contradictoires.
Dernière en date, une étude allemande publiée le 10 avril dans la revue Cell Reports, montre que des souris mâles placées dans un environnement stimulant améliorent leurs capacités d’apprentissage – ce qui était déjà connu – mais aussi celles de leurs futurs descendants. Cette transmission intergénérationnelle passerait non pas par l’ADN, mais par des substances (en l’occurrence des micro ARN) présentes dans le sperme des rongeurs « sportifs ». Bref, ce serait une affaire d’épigénétique.
Transmission épigénétique
Pour mener à bien leur démonstration, André ­Fischer (université de Göttingen) et ses collègues ont constitué deux groupes de souris mâles adultes. Par groupes de quatre ou cinq, les unes ont bénéficié pendant dix semaines d’un environnement enrichi, soit de grandes cages avec des jouets (tunnels, habitation…) et des roues. Les autres, animaux de contrôle, se sont contentés de cages de même taille sans accessoire. A l’issue de l’expérience, les rongeurs stimulés avaient une plasticité plus élevée dans l’hippocampe – structure cérébrale impliquée dans la mémoire et les apprentissages – que ceux du « groupe contrôle ». Surtout, ces effets positifs ont été retrouvés chez leurs descendants de première génération.
Les scientifiques allemands ne se sont pas arrêtés là. Ils ont ensuite étudié l’ARN présent dans le sperme des rongeurs sportifs, pour savoir si ces molécules pouvaient expliquer la transmission épigénétique de la plasticité cérébrale....




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde« , la psychiatre et psychanalyste Muriel Flis-Trèves critique l’accès à des données uniquement « non identifiantes » pour les enfants nés de dons et prône la fin de l’anonymat des donneurs.
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Dons de gamètes : « En rester là, c’est ne rien entendre des souffrances des individus concernés »

Dans une tribune au « Monde« , la psychiatre et psychanalyste Muriel Flis-Trèves critique l’accès à des données uniquement « non identifiantes » pour les enfants nés de dons et prône la fin de l’anonymat des donneurs.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 08h48
    |

Muriel Flis-Trèves (Psychiatre et psychanalyste)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis 1994, date de la première loi de bioéthique, le don de gamètes en France est régi par le principe de l’anonymat. D’autres pays, tout autant attachés à l’éthique et aux valeurs humaines, ont adopté des positions contraires : la Belgique, le Royaume-Uni, la Suède, le Canada. Aux Etats-Unis, certains Etats permettent aux couples concernés de choisir leurs donneurs sur catalogue ou sur Internet.
La France a choisi, elle, de privilégier l’anonymat du donneur ou de la donneuse. L’enfant issu de ce don n’aura donc aucune possibilité d’accès à la vérité de ses origines. Au nom de la tranquillité des familles, ou par crainte qu’un jour l’enfant ne réclame des comptes à sa donneuse biologique ou à son géniteur.
Infléchissement trop léger
Léger infléchissement ces derniers jours. Le Centre de conservation des œufs et du sperme (Cecos), institution gardienne de l’anonymat des donneurs de gamètes, « se prononce aujourd’hui, comme l’écrit Gaëlle Dupont dans Le Monde du mercredi 18 avril, en faveur d’une levée partielle de l’anonymat des donneurs et propose que les futurs enfants nés par dons puissent avoir accès à des données non identifiantes les concernant. (…) Ces propositions vaudraient pour les donneurs de sperme, mais aussi pour les donneuses d’ovocytes et les couples donneurs d’embryons “surnuméraires”, conçus dans le cadre de fécondations in vitro. »

Un pas. Un petit pas. La fédération des Cecos chemine, mais, au regard de la réalité de la parentalité aujourd’hui, beaucoup trop lentement. En rester là, n’avoir accès qu’à des données non identifiantes – couleurs de la peau, des yeux, des cheveux, éventuellement groupe sanguin – et non à l’identité du donneur, c’est ne rien entendre des souffrances et des cris des individus concernés.
Lever l’anonymat ne veut en aucun cas dire imposer à tous de rechercher ses origines. Il s’agit seulement d’une possibilité offerte à ceux,...



                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Une trentaine d’imams dénoncent, dans une tribune au « Monde », l’antisémitisme et le terrorisme présents en France.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/04/2018
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« Nous, imams indignés, sommes prêts à nous mettre au service de notre pays »

Une trentaine d’imams dénoncent, dans une tribune au « Monde », l’antisémitisme et le terrorisme présents en France.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 12h34
   





                        



                                


                            

Tribune. Nous, signataires de cet appel, voudrions tout d’abord exprimer notre compassion pour tous nos concitoyens qui ont été touchés directement ou indirectement par le terrorisme et par les crimes antisémites qui ont frappé aveuglément notre pays.
Si nous avons décidé de prendre la parole, c’est parce que la situation, pour nous, devient de plus en plus intenable ; et parce que tout silence de notre part serait désormais complice et donc coupable, même s’il ne s’agissait jusqu’à présent que d’un mutisme de sidération.
Indignés, nous le sommes en tant que Français touchés par ce terrorisme ignoble qui nous menace tous. Nous le sommes aussi en tant que musulmans, comme le reste de nos coreligionnaires, musulmans paisibles, qui souffrent de la confiscation de leur religion par des criminels.
Notre indignation est aussi religieuse en tant qu’imams et théologiens qui voyons l’islam tomber dans les mains d’une jeunesse ignorante, perturbée et désœuvrée. Une jeunesse naïve, proie facile pour des idéologues qui exploitent son désarroi. Désespérés, n’ayant pas trouvé de sens à la vie, ces théoriciens d’une géopolitique du chaos lui proposent un sens dévoyé du martyr : un suicide déguisé, comme délivrance de la souffrance existentielle. Un acte qui ne serait qu’une mort appliquée à des enjeux purement politico-économiques. Or théologiquement parlant, le martyr est celui qui subit injustement ou subitement la mort, et non celui qui la recherche et la provoque.
Tentation mortifère
Nous l’avertissons ici contre cette tentation mortifère et l’appelons à bien écouter et entendre la mise en garde du Prophète qui dit que : « Le musulman qui porte atteinte à la vie d’une personne innocente vivant en paix avec les musulmans ne sentira jamais le parfum du Paradis. » Cette sentence sans appel dissuade et prévient sans équivoque celui qui penserait à ôter la vie d’autrui, que ce n’est pas un Paradis et des Houris qui l’attendraient...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le chef de l’Etat a beau assurer qu’il « écoute les colères » et qu’il tient une partie d’entre elles pour légitimes, ses actes témoignent qu’il n’entend pas y céder, explique, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 23/04/2018
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« Macron clive délibérément pour mieux imposer ses vues »

Le chef de l’Etat a beau assurer qu’il « écoute les colères » et qu’il tient une partie d’entre elles pour légitimes, ses actes témoignent qu’il n’entend pas y céder, explique, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    24.04.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 07h07
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Chronique. La météorologie exceptée, le printemps ne sera pas chaud. Contrairement aux espoirs des uns ou aux frissons rétrospectifs des autres, la ritournelle du slogan si souvent répété depuis un fameux mois de mai n’a guère de chances de déboucher sur un vaste mouvement social capable d’ébranler le pouvoir exécutif. C’est même le contraire : président et gouvernement semblent puiser dans l’adversité du moment des motifs supplémentaires de poursuivre leur route sans désemparer. Et pour l’heure, leurs opposants, syndicaux ou politiques, cherchent en vain la parade.
Le printemps, donc, ne sera pas chaud. En revanche, il sera tendu. Il suffit, pour le mesurer, de regarder la vidéo de l’entretien qu’Emmanuel Macron a accordé à la chaîne américaine Fox News avant sa visite d’Etat, du 23 au 25 avril, aux Etats-Unis. On dit bien regarder, car les mots seuls ne suffisent pas à exprimer la détermination présidentielle. A la question de savoir s’il pourrait amender ou tempérer les réformes engagées, notamment celle de la SNCF, la réponse tombe comme un couperet, visage fermé, ton cinglant : « No chance. » C’est encore plus lapidaire et brutal en anglais qu’en français.
Pas question de céder un pouce de terrain
Le bref commentaire qui accompagne ce verdict est tout aussi catégorique : « Nous allons donc le faire. Et je n’ai pas d’autre choix, parce que si j’arrête ici à cause de certaines protestations – et elles sont légitimes, mais elles sont une partie minoritaire du pays –, comment pensez-vous que je serai en mesure de moderniser le pays ? » Aux yeux du chef de l’Etat, il n’est donc pas question de céder un pouce de terrain face aux protestations d’une minorité, qu’il juge arc-boutée sur la défense de son statut. C’est une victoire, symbolique autant que politique, qu’il entend remporter – comme un gage éclatant de sa capacité réformatrice.

Comment n’y serait-il pas enclin, dès lors que son bras de...




                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Analyse. Au-delà de la chasse aux politiciens corrompus, les juges ont la tâche immense de réconcilier ses citoyens avec leurs institutions, détaille Claire Gatinois, correspondante du « Monde » à Sao Paulo.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Les doutes des Brésiliens sur la justice

Analyse. Au-delà de la chasse aux politiciens corrompus, les juges ont la tâche immense de réconcilier ses citoyens avec leurs institutions, détaille Claire Gatinois, correspondante du « Monde » à Sao Paulo.



Le Monde
 |    24.04.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 08h54
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

Analyse. La veille de l’examen de son dossier à la Cour suprême, Aecio Neves s’est fendu d’une tribune pompeusement titrée « Votre excellence, les faits », publiée par le quotidien Folha de Sao Paulo, le 16 avril. Contrit, honteux, l’ex-coqueluche de la droite brésilienne y confesse des « erreurs », se repent de sa « naïveté », mais nie toute illégalité.
L’ancien candidat à la présidentielle de 2014 pour le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB, centre droit), principale formation d’opposition au Parti des travailleurs (PT, gauche), assure que demander 2 millions de reais (480 000 euros) à un entrepreneur (somme livrée en petites coupures) était, certes, inapproprié, mais nullement répréhensible. Fustigeant « la rhétorique qui s’impose comme un tsunami dans le pays, tendant à faire de tous les politiciens des coupables », il appelle à la clémence des juges. En vain.
Piégé par une écoute téléphonique tel un enfant pris les doigts dans le pot de confiture, le sénateur n’échappera pas à un procès pour corruption passive et obstruction à la justice. Ainsi en ont décidé, à une majorité écrasante, les juges de la Cour suprême de Brasilia.
L’intransigeance des magistrats, unanimement saluée, tend à réhabiliter l’image de la justice brésilienne. Longtemps accusée de complaisance coupable envers les puissants, remplissant les pénitenciers de jeunes, de Noirs, de défavorisés, la voici, depuis le 7 avril et l’emprisonnement ultra-médiatisé de l’ancien chef d’Etat Luiz Inacio Lula da Silva, accusée de partialité.
Un sondage Ipsos, rendu public le 14 avril, a révélé que 44 % des personnes interrogées estimaient « injuste » la condamnation de l’icône de la gauche, tandis que 73 % pensaient que « les puissants » ont voulu empêcher l’ancien syndicaliste de se présenter à la présidentielle d’octobre, dont il reste le favori.
Le pouvoir politique de l’opération « Lava...



                        

                        


<article-nb="2018/04/24/19-16">
<filnamedate="20180424"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180424"><AAMMJJHH="2018042419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Cinq ans après le drame du Rana Plaza, au Bangladesh, qui a fait plus de mille victimes, la styliste Sakina M’Sa appelle, dans une tribune au « Monde », à remettre du sens dans l’univers de la mode pour dépasser le simple rapport de consommation.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Il faut « redonner du sens à la mode et défendre les valeurs d’une mode responsable, durable et désirable »

Cinq ans après le drame du Rana Plaza, au Bangladesh, qui a fait plus de mille victimes, la styliste Sakina M’Sa appelle, dans une tribune au « Monde », à remettre du sens dans l’univers de la mode pour dépasser le simple rapport de consommation.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
24.04.2018 à 10h47
    |

Sakina M’Sa (Styliste)







                        



                                


                            

Tribune. C’était il y a cinq ans, jour pour jour. Le 24 avril 2013, à Savar au Bangladesh, plusieurs milliers d’ouvriers de l’industrie textile étaient ensevelis sous les décombres d’ateliers de grandes marques internationales. La tristement célèbre tragédie du Rana Plaza faisait plus de 1 100 morts et 2 500 blessés, dont une majorité de femmes, dans un accident d’une ampleur inédite et aux réactions multiples. D’Angela Merkel au sommet du G7 aux grands magasins, le monde prenait conscience des conséquences dramatiques de la « Fast Fashion », cette industrie qui produit et vend dans des temps record des collections sans cesse renouvelées.
Animés par une même exigence de transparence et de respect sur les conditions de fabrication de leurs tee-shirts préférés, des consom’acteurs, emmenés par les célèbres créatrices de mode Carry Somers et Orsola de Castro, ont fait naître un mouvement fort et humaniste dès 2014 en Grande-Bretagne : la « Fashion Revolution », ou l’affirmation d’un combat pour montrer qu’une autre mode est possible.
Dans plus de 95 pays à travers le monde, la Fashion Revolution entend, pour la quatrième année consécutive, sensibiliser le grand public quant à l’impact humain et environnemental de la production de masse de prêt-à-porter, avec des questions comme « Who made my clothes ? » (« Qui a fabriqué mes vêtements ? ») et le hashtag #fashionrev sur Twitter. Ensemble, nous menons ce combat indispensable pour la transparence et l’éthique, dont je souhaite aujourd’hui rappeler la raison d’être.
Depuis 2013, de nombreux créateurs et entrepreneurs de la mode se sont mis en ordre de marche, déterminés à suivre un certain nombre de bonnes pratiques : matières respectant l’environnement, cycles de conception et de production durables, respect du travail humain. Des conditions essentielles qui guident mon travail depuis vingt ans en tant que styliste et comme responsable de la première entreprise d’insertion dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ La comparaison entre la reprise actuelle et celle du début des années 2000 permet de constater que la configuration présente favorise une préférence pour le redressement de l’emploi et la réduction du chômage, au lieu d’une préférence pour la hausse du pouvoir d’achat des salariés en place, estime l’économiste Patrick Artus.
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« Qui profite de la reprise économique ? »

La comparaison entre la reprise actuelle et celle du début des années 2000 permet de constater que la configuration présente favorise une préférence pour le redressement de l’emploi et la réduction du chômage, au lieu d’une préférence pour la hausse du pouvoir d’achat des salariés en place, estime l’économiste Patrick Artus.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 12h15
    |

                            Patrick Artus (Chef économiste de la banque Natixis)








                        



                                


                            

Marchés. La croissance française est passée, en rythme annuel, de 0 % début 2013 à 2,5 % fin 2017. Qui a profité de cette reprise économique ?
Le revenu supplémentaire généré par une reprise peut aller à différents acteurs : l’Etat, s’il réduit ses déficits publics ; les entreprises, si leurs profits s’accroissent ; les salariés qui ont conservé un emploi pendant la récession, si les salaires augmentent ; les chômeurs, si le taux de chômage baisse rapidement ; les personnes demeurées jusque-là hors du marché du travail, si le taux de participation à ce marché augmente (c’est-à-dire la proportion de personnes en âge de travailler, les 20-64 ans, présentes sur le marché du travail).
Débattre de l’évolution du pouvoir d’achat « par tête » ne suffit pas, car il faut en réalité distinguer celui des salariés qui ont conservé leur emploi (c’est celui qu’on mesure d’habitude), celui des chômeurs et celui des inactifs qui reviennent à l’emploi.
Pas d’accélération du pouvoir d’achat
La comparaison entre la reprise actuelle et celle du début des années 2000 est riche d’enseignements. La reprise qui a eu lieu de 2003 à 2006 a été utilisée pour près de la moitié à la réduction du déficit public (passé de 4 % à 2,3 % du PIB), pour près de l’autre moitié à faire passer le rythme annuel d’augmentation du pouvoir d’achat de quasi 0 % à près de 2 % par an. Le solde, très faible, est allé à l’accroissement des profits. En revanche, le taux de chômage n’a pas baissé – il était de 8,5 % en 2006 comme en 2003 –, et le taux de participation n’a pas augmenté.
Le partage est nettement différent depuis 2014. Le supplément de revenu a, à nouveau, permis de réduire le déficit public (de 4,3 % du PIB en 2013 à 2,6 % en 2017), de redresser les profits des entreprises (de 10,7 % à 12,3 % du PIB), de réduire le taux de chômage (de 10,1 % à 8,6 % en France métropolitaine) et d’augmenter le taux de participation au marché du travail (de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique, justifie le plan du gouvernement en faveur de l’économie circulaire.
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« Il faudrait cinq planètes pour subvenir à nos besoins »

Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique, justifie le plan du gouvernement en faveur de l’économie circulaire.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 12h19
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            

Brune Poirson est secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire. Elle est chargée du dossier de l’économie circulaire.
Quelle est l’ambition de la feuille de route sur l’économie circulaire ?
Les ressources de la planète s’amenuisent de plus en plus vite. Si le monde entier venait à consommer comme les Occidentaux, il faudrait cinq planètes pour subvenir à nos besoins. Nos modes de consommation doivent évoluer.
Il faut aussi bien sûr modifier en parallèle notre production. Notre économie reste trop linéaire. On est dominé par le tout-jetable. Et la France n’est pas bonne élève, même si la prise de conscience est réelle. Le président de la République et le premier ministre ont fixé des objectifs ambitieux, comme une trajectoire vers 100 % de plastiques recyclables ou la réduction de moitié de la mise en décharge des déchets d’ici à 2025.
Mais l’économie circulaire dépasse la seule question des déchets…
En effet, il faut changer l’ensemble du système économique et la politique industrielle doit aussi évoluer. Trois cent mille emplois sont en jeu en France. La question de la valorisation énergétique est importante mais le recyclage est plus positif, plus économe pour la planète.
Grâce à cette feuille de route, les Français pourront connaître le niveau de réparabilité des produits électroménagers qu’ils achètent. C’est une mesure sociale, car les Français les plus modestes achètent les appareils de meilleur marché et les moins solides. L’obsolescence programmée est une double arnaque pour la planète et le pouvoir d’achat.

Quelles mesures sont susceptibles de changer les comportements ?
Il s’agit d’un paquet de mesures qui constituent un tout et qui concernent aussi bien l’Etat, les collectivités territoriales, les entreprises que les consommateurs. Pour ces derniers, il faut faciliter les gestes de tri en les uniformisant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Editorial. Alors que la chancelière allemande ne semble pas en mesure d’imposer à son camp conservateur certaines réformes, la balle est désormais dans le camp des sociaux-démocrates pour redonner un « nouvel élan » à l ’Europe.
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Europe : le SPD allemand « merkélisé »

Editorial. Alors que la chancelière allemande ne semble pas en mesure d’imposer à son camp conservateur certaines réformes, la balle est désormais dans le camp des sociaux-démocrates pour redonner un « nouvel élan » à l ’Europe.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 10h15
   





                        



   


Pendant six mois, l’Allemagne a été silencieuse. Tout occupée à former un gouvernement, Angela Merkel n’a retrouvé de la voix qu’à la mi-mars, quand le Bundestag l’a réélue chancelière à la tête d’une grande coalition rassemblant ses amis conservateurs (CDU-CSU) et ses alliés sociaux-démocrates (SPD). Depuis, l’Allemagne n’est plus inaudible, mais sa politique est difficilement lisible.
C’est tout particulièrement le cas sur le front européen. Jamais un gouvernement allemand n’avait autant mis l’Europe au cœur de ses priorités. Intitulé « Un nouveau sursaut pour l’Europe », le contrat de coalition signé entre la CDU-CSU et le SPD est un vibrant plaidoyer pour une Europe de la « solidarité » et de la « justice ». En le ­lisant, les contempteurs de l’austérité pouvaient être rassurés, à commencer par Emmanuel Macron. Après des mois d’attente, le président français paraissait enfin trouver, en Allemagne, une réponse positive à son projet de « refondation européenne » exposé à la Sorbonne.
« Noyer le poisson »
Depuis, les portes se sont refermées. En recevant M. Macron à Berlin, jeudi 19 avril, Mme Merkel s’est contentée de propos très généraux sur la nécessité de « faire des compromis ». Et rien de concret sur la réforme de la zone euro chère au président français, qui souhaite doter celle-ci d’un budget et d’un ministre des finances. Comme l’a déploré une partie de la presse allemande, la chancelière a une fois de plus « merkélisé », un verbe entré dans le langage courant, outre-Rhin, et que l’on peut traduire par « noyer le poisson ».

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                A Berlin, Angela Merkel prépare Emmanuel Macron aux compromis



Un mois après son entrée en fonctions, le nouveau gouvernement allemand a-t-il déjà renoncé à tout volontarisme sur la scène européenne ? Un homme, en tout cas, semble le redouter très fort. Il s’agit de Martin Schulz. Dimanche 22 avril, l’ancien candidat malheureux du SPD à la chancellerie est brièvement monté à la tribune à la fin du congrès de son parti, à Wiesbaden (Hesse).
Donner des gages à la droite
Saluant la victoire d’Andrea Nahles, première femme élue présidente du SPD, il en a profité pour lancer une vibrante mise en garde. « Nous n’avons pas fait ces propositions pour l’Europe dans le contrat de coalition pour que les conservateurs s’assoient dessus quelques semaines après. (…) Or, sans une Europe forte, les populistes gagneront. Et, s’ils gagnent, alors nous aurons la guerre, la torture et la mort », a-t-il martelé, salué par une ovation debout.

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                Allemagne : Andrea Nahles, un « caméléon » à la tête des sociaux-démocrates



M. Schulz s’est contenté de cibler les conservateurs. Mais chacun a compris qu’il s’adressait aussi à ses camarades, en particulier à Olaf Scholz, le nouveau ministre des finances. Depuis sa prise de fonctions, l’ancien maire SPD de Hambourg ne cesse de donner des gages à la droite allemande, en maintenant notamment à leurs postes les principaux collaborateurs de son prédécesseur, Wolfgang Schäuble, pourtant la bête noire des sociaux-démocrates.
Comment l’Allemagne entend-elle redonner un « nouvel élan » à l’Europe ? Politiquement fragilisée, Mme Merkel ne semble pas en mesure d’imposer à son camp des réformes contre lesquelles les conservateurs ont toujours regimbé. La balle est désormais dans le camp des sociaux-démocrates. Si eux-mêmes s’alignent sur les dogmes de la droite allemande, ce n’est pas seulement leur parti qui risque de sombrer un peu plus, mais c’est le projet d’une Europe forte et solidaire qui pourrait être définitivement enterré. Par leur faute.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Le projet de loi asile-immigration, adopté dimanche en première lecture, soulève la question du rapport entre la loi et la gestion des étrangers.
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Immigration : la loi, l’Etat et le juge administratif

Le projet de loi asile-immigration, adopté dimanche en première lecture, soulève la question du rapport entre la loi et la gestion des étrangers.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 11h19
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Analyse. Au-delà des interrogations sur son utilité, la loi asile-immigration, en discussion depuis le 16 avril à l’Assemblée nationale, soulève une autre question : celle du rapport entre la loi et la gestion des étrangers. Il est, en effet, manifeste que les préfets, au nom du maintien de l’ordre, interprètent et appliquent assez librement les textes en vigueur.

Ces derniers temps, les décisions de justice à l’encontre des pratiques des préfectures se multiplient. Dans les Alpes-Maritimes, le préfet a été condamné en 2017 (le 31 mars et le 4 septembre) pour avoir interdit l’entrée en France à des demandeurs d’asile adultes, puis le 23 février pour avoir refoulé 19 mineurs.
La préfecture de Seine-Saint-Denis, de son côté, a perdu au tribunal administratif le 20 février, parce que la dématérialisation de ses procédures empêche de nombreux étrangers d’accéder à leurs droits. L’année précédente, le préfet de Paris avait cumulé 135 condamnations en deux semaines pour non-respect de l’enregistrement des demandes d’asile dans le délai imposé par la loi de 2015.
Non-respect de la loi érigé en système
Même lorsque la France est pointée du doigt par la Cour européenne des droits de l’homme, il ne se passe rien. Ainsi, en 2016, Paris a été condamné six fois par la CEDH pour le placement d’enfants en rétention (et pourtant le ministère de l’intérieur a refusé d’inscrire cette interdiction dans le projet de loi en discussion). Il est vrai, comme le regrette Gérard Sadik, responsable asile à la Cimade (Comité inter-mouvements auprès des évacués), que « ces condamnations ne changent pas grand-chose aux pratiques ».
Sur « les 100 000 requêtes annuelles devant le tribunal administratif, quelque 10 % à 15 % sont justement déposées pour contester les illégalités commises par l’administration », observe Serge Slama, professeur de droit public à l’université de Grenoble. Preuve à ses yeux que le non-respect...




                        

                        

