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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Maryline Baumard, journaliste chargée du suivi de l’immigration au « Monde », a répondu aux questions d’internautes à la suite du vote du projet de loi en première lecture à l’Assemblée.
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« La loi asile et immigration veut dissuader de venir en France mais elle n’empêchera pas plus d’y entrer »

Maryline Baumard, journaliste chargée du suivi de l’immigration au « Monde », a répondu aux questions d’internautes à la suite du vote du projet de loi en première lecture à l’Assemblée.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 16h41
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 17h38
   





                        


Maryline Baumard, journaliste chargée du suivi de l’immigration au Monde, a répondu aux questions d’internautes sur le projet de loi asile et immigration, qui a été adopté en première lecture, dimanche 22 avril, à l’Assemblée nationale.

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Effrayant : Sait-on ce qui a poussé Gérard Collomb à envoyer des gendarmes contrôler la frontière avec l’Italie, au lendemain de l’opération de Génération identitaire ?
Maryline Baumard : Le ministre de l’intérieur, interrogé samedi 21 avril sur cette opération déjà en cours, avait répondu de façon assez molle. Entre samedi et dimanche, le débat a monté, les critiques ont été nombreuses, et M. Collomb ne pouvait laisser ce groupe d’extrême droite gérer un des cols en lieu et place de la police aux frontières qui surveille cette zone.
Francette : Qu’est-ce qui, dans cette loi, permettra à la France d’empêcher l’arrivée de clandestins notamment dans les Hautes-Alpes ? Les passeurs Italiens, tels que ceux qui ont forcé le barrage de police dimanche, pourront-ils être sanctionnés ?
J’ai envie de vous dire : rien. La loi veut « dissuader » de venir et permettre de renvoyer plus facilement, mais elle n’empêche pas plus d’entrer en France. Beaucoup d’opposants à ce texte pensent qu’il ne changera pas grand-chose dans les zones frontières. C’était d’ailleurs le sens des interventions multiples du député Pierre-Henri Dumont, du Calaisis. Ce jeune député Les Républicains a beaucoup interrogé le ministre de l’intérieur sur ce point, sans obtenir vraiment de réponse. Eric Ciotti a fait la même chose avec les Alpes-Maritimes.

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Citoyen européen : D’après Emmanuel Macron, sa politique migratoire devait à la fois être plus ferme avec l’immigration illégale mais apporter des choses positives pour les demandeurs d’asile. Pouvez-vous nous dire ce qu’il en est ?
Le chef de l’Etat et le gouvernement ont communiqué sur ce double vocabulaire, qui globalement reprend les termes de « fermeté » et d’« humanité ». En dépit de cette communication, répétée par un grand nombre de ministres, le projet de loi n’est pas équilibré. Je le résumerais volontiers en quatre points. Il a d’abord pour mission première de réduire la durée d’instruction de la demande d’asile. C’est un objectif humanitaire car il est important de protéger rapidement les gens qui en ont besoin, mais c’est aussi pour pouvoir renvoyer plus facilement les déboutés (aujourd’hui seuls 4 % sont directement renvoyés).
Le deuxième but de ce projet de loi est d’expulser plus facilement. C’est pour cela que la rétention passe de 45 à 90 jours. Je dirais que son troisième but, inavoué, est de dissuader de venir en France. Il y a un effet « anti-appel d’air » qui veut signifier aux migrants que la France, ce n’est pas facile. Et le quatrième point, lui, est composé d’une petite série de mesures qui adoucissent la vie des réfugiés en France et favorisent leur intégration. Ainsi, un détenteur de la protection subsidiaire aura-t-il d’emblée un titre de séjour de quatre ans au lieu de un an actuellement, les frères et sœurs des enfants réfugiés pourront venir…
Théophile Deleau : Cette loi est trop à gauche pour la droite, trop à droite pour la gauche. Est-ce à dire qu’elle est équilibrée ?
Le gouvernement s’est servi de cette double critique pour faire croire à l’équilibre de son texte. Mais je ne pense pas que cela signifie quoi que ce soit. En fait, elle a été unanimement critiquée. Inopérante pour les uns, inhumaine pour les autres, bien trop « molle » pour la droite et l’extrême droite…

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Mathilde : Les députés ont voté en faveur de l’exemption du délit de solidarité pour toute une série d’actions. Le citoyen français qui héberge un migrant n’aura plus à s’inquiéter de risquer d’aller en prison ?
Je crains fort que cet amendement, gagné de haute lutte sur le ministère de l’intérieur — qui n’en voulait pas — ne soit que de la poudre aux yeux. Je vous invite à relire l’article que nous avons publié samedi [29 avril] sur LeMonde.fr à propos des multiples poursuites que connaît aujourd’hui une association comme L’Auberge des migrants à Calais. Vous y verrez que les personnes ne sont pas poursuivies au nom de cet article du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, mais pour d’autres chefs d’inculpation.

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Nous verrons une fois que la loi sera appliquée, mais je ne pense pas que le changement sera important. On est dans de l’affichage politique. Un petit groupe de députés voulaient ce changement, Gérard Collomb peut se prévaloir de les avoir entendus sur ce point.
Une agitatrice professionnelle : La distinction (artificielle) entre personnes demandeuses d’asile et migrant·e·s dit·e·s « économiques » a-t-elle été évoquée durant les débats parlementaires ou n’est-elle plus remise en question ?
Pour la troisième fois seulement dans l’histoire récente du pays, nous avons un texte de loi qui mêle l’asile et la politique migratoire. Ce n’est pas anodin. Je vous rappelle que la dernière loi sur l’asile datait de 2015 et la dernière loi migration de 2016… Traiter ces deux sujets ensemble crée un amalgame dans les esprits alors que l’opinion publique française fait déjà peu le distinguo entre un réfugié et un migrant économique.
Un apprenti juriste : Le texte de loi prévoit un allongement du séjour en centre de rétention. N’y a-t-il pas un risque de condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme ?
Je ne pense pas, parce que la France avait des durées d’enfermement inférieures à bien d’autres pays européens et qu’on reste à l’intérieur du cadre fixé par les directives. En revanche, notre problème porte sur l’enfermement des enfants. La France a déjà été condamnée au moins six fois par la Cour européenne des droits de l’homme.
A. Blrd : De quelle influence concrète disposent des autorités indépendantes telles que le Défenseur des droits ou la CNCDH sur les textes présentés ?
L’influence du Défenseur des droits et celle de la Commission nationale consultative des droits de l’homme se font à travers les médias et l’opinion publique. Si nous parlons de leurs avis, ils existent. Si nous n’en parlons pas, alors ils n’existent pas vraiment, puisque, finalement, l’administration ne se sent pas liée aux conclusions de ces deux instances.
Mélanie : Comment réduire la durée d’instruction de la demande d’asile ?
Aujourd’hui, l’Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides] répond en un peu plus de trois mois, et la CNDA [Cour nationale du droit d’asile] en un peu plus de cinq mois. Les opposants à cette loi lui reprochent justement de compresser les délais de ces instances, alors que les vrais temps morts sont ailleurs. Ainsi, le ministère de l’intérieur a-t-il expliqué dans l’étude d’impact qui accompagne sa loi qu’il faut en général attendre vingt et un jours avant de passer devant une association, qui elle-même fixe un rendez-vous en préfecture.
Pour agir sur cette première période, il suffit de donner plus de moyens aux préfectures, afin qu’elles enregistrent plus rapidement les demandes. Or, cent cinquante postes ont bien été créés au budget 2018, mais comme les préfectures doivent renvoyer plus, elles ont pour beaucoup affecté ces moyens nouveaux ailleurs qu’aux enregistrements…
Ge-meunier : Comment interprétez-vous la non-participation au vote d’une centaine de députés La République en marche ?
Une partie des députés ne voulaient pas voter cette loi, mais ils ne voulaient pas non plus afficher cette réticence. Tous savaient que leur vote serait regardé à la loupe. A partir de là, s’abstenir, comme ils ont été dix-sept à le faire était un acte de résistance, alors qu’être absent était beaucoup plus discret. L’absence d’un tiers des députés de la majorité est un signe qui a été sous-analysé. Il ne faut pas oublier que Richard Ferrand, le président du groupe La République en marche, leur avait signifié qu’il ne voulait voir qu’une seule tête, et qu’eux-mêmes sont pour beaucoup des débutants, à leur premier mandat.

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Pouvez-vous nous en dire plus sur l’équipe du « Monde » chargée de l’immigration et son fonctionnement ? Comment faites-vous en tant que journaliste pour prendre du recul sur ces questions clivantes d’immigration ?
Nous avons la chance au Monde d’être un certain nombre à travailler sur ce sujet. Notre réseau de correspondants suit de près le thème sur leurs terrains respectifs. Au Monde.fr, Anne Guillard fait des séjours réguliers à Calais depuis plus d’un an. Au service Politique, mais aussi au service Planète, le sujet est aussi suivi.
Pour ce qui concerne mon traitement, je me fixe la ligne du reportage, considérant que rien de mieux que le terrain ne permet de raconter le quotidien des migrants en France. J’interroge le ministère de l’intérieur sur les sujets plus théoriques, ou les préfets sur les sujets en région. Mais je considère que je ne ferais pas mon travail si je ne déconstruisais pas les éléments de langage, savamment montés pour expliquer que tout va bien.
Les associations font partie de mes informateurs, et sont plus présentes que le ministère de l’intérieur, d’abord parce qu’elles répondent aux questions, ensuite parce qu’elles sont plus présentes sur le terrain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Cette académie sera inaugurée à la fin du mois de juin, pour une ouverture prévue à la rentrée 2018-2019.
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L’«académie des sciences politiques » de Marion Maréchal-Le Pen ouvrira à Lyon

Cette académie sera inaugurée à la fin du mois de juin, pour une ouverture prévue à la rentrée 2018-2019.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 17h29
   





                        



   


L’académie de sciences politiques voulue par l’ex-députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen ouvrira ses portes à Lyon à la rentrée prochaine, ont annoncé des élus FN de la région Auvergne-Rhône-Alpes lundi 23 avril.
L’inauguration de l’académie, dont la nièce de Marine Le Pen avait annoncé la création il y a deux mois, « sera installée dans le quartier de la Confluence » dans le sud de la ville, ont précisé ces élus, confirmant des informations de l’hebdomadaire satirique lyonnais Les Potins d’Angèle. L’adresse avancée par ce dernier a cependant été démentie.
Cette académie « politique », que l’ancienne députée FN de 28 ans présente comme le « terreau de tous les courants de droite », sera inaugurée à la fin du mois de juin, après une conférence de presse au début du même mois, pour une ouverture prévue à la rentrée 2018-2019, ont précisé ces élus. Selon eux, le futur établissement a reçu les autorisations nécessaires pour délivrer des diplômes et recrutera ses candidats sur dossier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Le président sortant de la Polynésie française part largement favori de la triangulaire qui l’opposera au parti autonomiste de Gaston Flosse et aux indépendantistes d’Oscar Temaru, le 6 mai.
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Elections territoriales en Polynésie : Edouard Fritch domine le premier tour

Le président sortant de la Polynésie française part largement favori de la triangulaire qui l’opposera au parti autonomiste de Gaston Flosse et aux indépendantistes d’Oscar Temaru, le 6 mai.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h38
    |

                            Mike Leyral (Papeete, Polynésie française, correspondance)








                        



   


La liste autonomiste conduite par Edouard Fritch a largement dominé ses concurrents en réunissant dimanche (lundi 23 avril à Paris) 43,04 % des voix au premier tour des élections territoriales. Il part largement favori de la triangulaire qui devrait l’opposer le 6 mai au parti autonomiste de Gaston Flosse (29,4 %) et aux indépendantistes d’Oscar Temaru (20,72 %). La participation (61,51 %) est plus faible que lors des scrutins précédents, malgré une campagne intense ces dernières semaines.
Le Tahoeraa de Gaston Flosse, en particulier, a montré qu’il savait toujours rassembler avec le plus important meeting (9 000 militants), et des milliers de tee-shirts et de drapeaux à sa couleur, l’orange. Mais il a souffert de ne pouvoir présenter son leadeur : Gaston Flosse est inéligible jusqu’en juillet 2019, et le discret Geffry Salmon, qui le remplace en tête de liste, n’a pas la même aura.

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Edouard Fritch, 66 ans, resté dans l’ombre de Gaston Flosse pendant trente ans, a montré qu’il n’avait pas besoin de son ancien mentor pour l’emporter. Il doit sa victoire à un bon bilan à la tête de la Polynésie française, qui retrouve des couleurs après plus de dix années de crise. Il a réuni la moitié des maires polynésiens, très influents sur leur électorat. Il s’est aussi engagé sur une mesure impopulaire : la réforme de la sécurité sociale locale et le report de l’âge de départ à la retraite, de 60 à 62 ans. Il est enfin parvenu à normaliser les relations entre la Polynésie et l’Etat, tandis que ses deux opposants n’ont pas de mots assez durs contre la France.
Mesures spectaculaires
Les adversaires des quatre dernières décennies, Gaston Flosse et Oscar Temaru, ne sont pas parvenus à endiguer cette montée en puissance. Rattrapé par les affaires, lâché par les principaux cadres de son parti, Gaston Flosse a misé sur un programme populaire : il propose douze mesures spectaculaires, comme des baisses drastiques des tarifs d’accès à Internet ou des transports en commun. Il a aussi intégré sur sa liste des personnalités de la société civile, comme le journaliste et présentateur du journal de la chaîne Première James Heaux, ou le syndicaliste Angélo Frébault. Sans succès. Ce scrutin met un coup d’arrêt aux ambitions de Gaston Flosse, 86 ans. Le « vieux lion », comme on l’appelle en Polynésie, a cependant maintes fois démontré qu’il pouvait toujours revenir après ses défaites.

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Oscar Temaru a mené campagne sur ses thèmes de prédilection : la décolonisation, les demandes de réparation pour les essais nucléaires ou la probité des élus. Il souhaite, à terme, un référendum d’autodétermination en Polynésie. Au cours de la campagne, il a suggéré qu’il ne briguerait pas la présidence en cas de victoire de sa liste, mais qu’il la laisserait à son gendre, le député Moetai Brotherson. Lui non plus n’a pas convaincu.
Quant aux trois autres listes en course au premier tour, aucune n’atteint 4 %. Le seul parti national représenté, l’UPR, finit dernier avec 1,15 % des voix.
Les élections ont perdu de leur faste en Polynésie depuis que les électeurs n’ont plus le droit d’afficher leurs préférences au sein des bureaux de vote. Les drapeaux, les militants et les musiciens doivent rester aux abords des écoles et des mairies. Mais ils continuent à haranguer les passants pour les convaincre de voter rouge, orange ou bleu ciel, les couleurs respectives d’Edouard Fritch, de Gaston Flosse et d’Oscar Temaru.
Large autonomie
Les partis ont jusqu’à mardi soir pour déposer les listes en vue du second tour. Les indépendantistes ont déjà annoncé qu’ils ne s’allieraient pas avec les autonomistes. Une telle alliance s’était déjà produite en 2008, à l’assemblée : elle avait conduit à l’élection de Gaston Flosse à la présidence, mais elle n’avait pas duré.
Si le Tapura d’Edouard Fritch conserve la même avance au second tour, il bénéficiera d’une majorité solide à l’assemblée grâce à la prime majoritaire accordée au vainqueur. Sans alliance, ses deux adversaires ne semblent pas en mesure de le rattraper, puisque même un report de toutes les voix des petites listes n’y suffirait pas.
Après le second tour, les cinquante-sept représentants élus à l’assemblée éliront leur président et celui de la Polynésie française pour un mandat de cinq ans.
Cette collectivité d’outre-mer jouit d’une large autonomie au sein de la République française, et dispose de ses propres ministères de l’économie, de l’emploi, de la santé ou encore de l’éducation. La défense, la sécurité ou la monnaie relèvent en revanche de la compétence de l’Etat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le recteur de la grande mosquée de Paris a réagi, lundi, au texte publié dimanche dans « Le Parisien ».
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Tribune contre « l’antisémitisme musulman » : Dalil Boubakeur dénonce un « procès injuste et délirant »

Le recteur de la grande mosquée de Paris a réagi, lundi, au texte publié dimanche dans « Le Parisien ».



Le Monde
 |    23.04.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 15h43
   





                        



   


Un « procès injuste et délirant ». Dans un communiqué, diffusé lundi 23 avril, le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a rejeté les affirmations d’un manifeste contre « le nouvel antisémitisme », signé par près de trois cents personnalités. Le texte, publié dimanche dans Le Parisien, dénonce « l’antisémitisme musulman » qui provoquerait « une épuration ethnique à bas bruit ».
Signé notamment par Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, Laurent Wauquiez, Charles Aznavour ou encore Gérard Depardieu, le texte appelle à ce que « soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques » musulmanes « les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants », « afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime ».

        Sur le manifeste :
         

          Des centaines de personnes dénoncent « un nouvel antisémitisme » dans un manifeste



Mais pour M. Boubakeur, « cette tribune présente le risque patent de dresser les communautés religieuses entre elles ». 
« Les citoyens français de confession musulmane majoritairement attachés aux valeurs républicaines n’ont pas attendu [cette] tribune (…) pour dénoncer et combattre depuis des décennies l’antisémitisme et le racisme antimusulman sous toutes ses formes. »
Le président de l’Observatoire national contre l’islamophobie, Abdallah Zekira, a condamné un débat « nauséabond et funeste » sur l’islam et a appelé les signataires à cesser « d’accabler l’islam et les musulmans ». Le président du Conseil du culte musulman, Ahmet Ogras, estime que « cette tribune est un non-sens, un hors-sujet. La seule chose à laquelle on adhère, c’est qu’on doit tous être ensemble contre l’antisémitisme ».
« Dire que le Coran appelle au meurtre, c’est très violent et c’est une ineptie ! », dit Tareq Oubrou, imam de la grande mosquée de Bordeaux.
« Le Coran est, à l’origine, en arabe. Je pense que ceux qui ont signé la tribune ont lu une traduction, une interprétation. Ça montre un manque de culture religieuse. N’importe quel texte sacré est violent, même l’Evangile ! »

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                L’antisémitisme, une réalité difficile à mesurer précisément



« Cette tribune est révélatrice d’une inquiétude »
Invité de France Inter lundi matin, l’essayiste Pascal Bruckner, qui a signé cette tribune, s’est défendu de toute stigmatisation des musulmans. « Nous n’appelons pas à la stigmatisation, mais à l’insurrection des bonnes volontés et, dans ces bonnes volontés, les musulmans réformateurs, les musulmans libéraux, les musulmans éclairés sont évidemment d’accord, a-t-il expliqué. Non seulement nous ne stigmatisons pas, mais nous avons un certain nombre d’imams qui ont signé avec nous et qui sont eux-mêmes horrifiés par ce qui se passe. »
M. Bruckner fait notamment référence à l’imam de Nantes Mohamed Guerroumi et à l’ancien imam de Drancy (Seine-Saint-Denis), Hassen Chalghoumi. Dimanche, sur Franceinfo, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a déclaré qu’il fallait « tout faire pour éviter une guerre des communautés ». « Cette tribune est révélatrice d’une inquiétude. (…) Il faut y répondre par une volonté de cohésion », a-t-elle poursuivi.
Cette tribune est publiée un mois après l’assassinat de Mireille Knoll, une octogénaire retrouvée morte à la fin du mois de mars dans son appartement à Paris, après avoir été frappée de coups de couteau. Plusieurs milliers de personnes avaient participé à une marche blanche contre l’antisémitisme en réaction à ce meurtre, pour lequel le parquet de Paris a retenu le caractère antisémite.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Après le vote du projet de loi dimanche, Maryline Baumard, journaliste au « Monde » chargée du suivi de l’immigration, a répondu à vos questions.
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<filnamedate="20180423"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180423"><AAMMJJHH="2018042318">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ La comparaison entre la reprise actuelle et celle du début des années 2000 permet de constater que la configuration présente favorise une préférence pour le redressement de l’emploi et la réduction du chômage, au lieu d’une préférence pour la hausse du pouvoir d’achat des salariés en place, estime l’économiste Patrick Artus.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
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« Qui profite de la reprise économique ? »

La comparaison entre la reprise actuelle et celle du début des années 2000 permet de constater que la configuration présente favorise une préférence pour le redressement de l’emploi et la réduction du chômage, au lieu d’une préférence pour la hausse du pouvoir d’achat des salariés en place, estime l’économiste Patrick Artus.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 12h15
    |

                            Patrick Artus (Chef économiste de la banque Natixis)








                        



                                


                            

Marchés. La croissance française est passée, en rythme annuel, de 0 % début 2013 à 2,5 % fin 2017. Qui a profité de cette reprise économique ?
Le revenu supplémentaire généré par une reprise peut aller à différents acteurs : l’Etat, s’il réduit ses déficits publics ; les entreprises, si leurs profits s’accroissent ; les salariés qui ont conservé un emploi pendant la récession, si les salaires augmentent ; les chômeurs, si le taux de chômage baisse rapidement ; les personnes demeurées jusque-là hors du marché du travail, si le taux de participation à ce marché augmente (c’est-à-dire la proportion de personnes en âge de travailler, les 20-64 ans, présentes sur le marché du travail).
Débattre de l’évolution du pouvoir d’achat « par tête » ne suffit pas, car il faut en réalité distinguer celui des salariés qui ont conservé leur emploi (c’est celui qu’on mesure d’habitude), celui des chômeurs et celui des inactifs qui reviennent à l’emploi.
Pas d’accélération du pouvoir d’achat
La comparaison entre la reprise actuelle et celle du début des années 2000 est riche d’enseignements. La reprise qui a eu lieu de 2003 à 2006 a été utilisée pour près de la moitié à la réduction du déficit public (passé de 4 % à 2,3 % du PIB), pour près de l’autre moitié à faire passer le rythme annuel d’augmentation du pouvoir d’achat de quasi 0 % à près de 2 % par an. Le solde, très faible, est allé à l’accroissement des profits. En revanche, le taux de chômage n’a pas baissé – il était de 8,5 % en 2006 comme en 2003 –, et le taux de participation n’a pas augmenté.
Le partage est nettement différent depuis 2014. Le supplément de revenu a, à nouveau, permis de réduire le déficit public (de 4,3 % du PIB en 2013 à 2,6 % en 2017), de redresser les profits des entreprises (de 10,7 % à 12,3 % du PIB), de réduire le taux de chômage (de 10,1 % à 8,6 % en France métropolitaine) et d’augmenter le taux de participation au marché du travail (de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ En Gironde, un maire LR, une responsable du FN et une proche de Dupont-Aignan ont signé un manifeste pour faire converger les droites.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                   
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« La gauche s’allie, je ne vois pas pourquoi à droite on ne ferait pas pareil »

En Gironde, un maire LR, une responsable du FN et une proche de Dupont-Aignan ont signé un manifeste pour faire converger les droites.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 12h00
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
A Cavignac (Gironde), plante urbaine de 2 000 habitants grimpant le long de la D18, la concurrence n’est pas un concept de commissaire européen. Les commerces se succèdent dans une enfilade spectaculaire pour cette petite commune située à 40 kilomètres au nord de Bordeaux : Super U, Lidl, Leader Price, McDonald’s, une mercerie, un pressing, plusieurs salons de coiffure ou de beauté…
Le maire, Jean-Jacques Edard, reconnaît que la ville tourne bien. Elle attire pas loin de 600 travailleurs chaque jour. Mais il ne veut pas s’appesantir sur cette dynamique, ou en tirer une gloire personnelle, malgré ses dix années passées dans le fauteuil de patron de la municipalité. Non, en ce moment, l’élu de 66 ans est affairé à un grand œuvre d’une autre envergure : incarner un exemple inédit d’union des droites, entre Les Républicains (LR), le Front national (FN) et Debout la France (DLF). Un peu comme si Super U, Lidl et Leader Price décidaient de se ranger derrière la même enseigne.

Le 27 mars, Jean-Jacques Edard a signé avec une soixantaine de militants et quelques élus de la 11e circonscription de Gironde un manifeste « Pour la France - La France unie », en compagnie d’Edwige Diaz, secrétaire départementale du FN, et de Martine Hostier, adjointe à la mairie de Cézac, une commune voisine, et représentante de DLF, le parti de Nicolas Dupont-Aignan. Le maire de Cavignac émarge, lui, depuis 2006 à l’UMP, devenue LR. Il tend sa carte d’adhérent et montre les tampons mis à jour chaque année, sauf en 2018. « Le maire de Bordeaux est, paraît-il, dans la même situation que moi », sourit-il. A la différence d’Alain Juppé, l’élu se revendique pour sa part d’une droite tripale et affirmée. « Depuis trop longtemps, être de droite, c’est une dissidence. J’en souffre. Il faut décomplexer cette droite. »
« Une démarche de la base »
Le dissident Edard a donc rédigé cette charte avec ses nouveaux camarades, un vade-mecum de « la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ L’endettement public de la zone euro est tombé à 86,7 % du produit intérieur brut l’an passé, selon Eurostat, contre 89 % en 2016.
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La dette publique de la zone euro a baissé en 2017

L’endettement public de la zone euro est tombé à 86,7 % du produit intérieur brut l’an passé, selon Eurostat, contre 89 % en 2016.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h55
    |

            Marie Charrel








                        



   


C’est un peu mieux. En 2017, la dette publique s’est établie à 86,7 % du produit intérieur brut (PIB) dans la zone euro et à 81,6 % dans l’Union européenne, selon les chiffres publiés, lundi 23 avril, par Eurostat. C’est moins qu’en 2016, où elles étaient respectivement à 89 % et 83,3 % du PIB.
L’endettement de l’union monétaire poursuit sa lente décrue. Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte où la dette publique et privée dans le monde – hors secteur financier – atteint des niveaux sans précédent, à 225 % du PIB mondial, selon les derniers chiffres du Fonds monétaire international (FMI).
Le ratio de déficit public a également baissé. Il est ainsi tombé de 1,5 % à 0,9 % du PIB en zone euro entre 2016 et 2017, et de 1,6 % à 1 % dans l’Union européenne.

        Lire aussi :
         

                Réformes de la zone euro : pourquoi la réunion entre Macron et Merkel à Berlin est cruciale



La Grèce détient toujours la palme de la dette publique la plus élevée
Sans surprise, la Grèce enregistrait toujours la dette publique la plus élevée en 2017, à 178,6 % du PIB, suivie par l’Italie (131,8 %), le Portugal (125,7 %), la Belgique (103,1 %) et l’Espagne (98,3 %). A l’inverse, les plus faibles ratios de dette publique ont été relevés en Estonie (9,0 %), au Luxembourg (23,0 %), en Bulgarie (25,4 %), en République tchèque (34,6 %), en Roumanie (35,0 %) et au Danemark (36,4 %), note Eurostat.
12 pays enregistrent un excédent budgétaire
Fait marquant : seuls deux Etats membres affichaient encore un déficit supérieur ou égal à 3 % du PIB en 2017 : l’Espagne (– 3,1 %) et le Portugal (– 3,0 %). Avec un déficit public de l’ordre 2,6 % du PIB, la France fait plutôt partie des élèves médiocres, au regard, par exemple, de la Finlande, dont le déficit est ressorti à 0,6 % du PIB seulement.
Et surtout, des douze pays qui affichent un excédent budgétaire : Malte (+ 3,9 %), Chypre (+ 1,8 %), la République tchèque (+ 1,6 %), le Luxembourg (+ 1,5 %), la Suède et l’Allemagne (+ 1,3 % chacune), les Pays-Bas (+ 1,1 %), le Danemark (+ 1,0 %), la Bulgarie (+ 0,9 %), la Grèce et la Croatie (+ 0,8 % chacune) ainsi que la Lituanie (+0,5 %).

        Lire aussi :
         

                Déficit public : la France sous les 3 % pour la première fois depuis 2007



L’inquiétante hausse de la dette privée en France
La baisse des dettes publiques ne doit néanmoins pas masquer un autre phénomène, tout aussi inquiétant : la hausse de la dette privée. Notamment en France, le seul des grands pays européens où elle continue d’augmenter à un rythme soutenu. En septembre 2017, la dette privée hexagonale était ainsi de 129,6 % du PIB (contre 120,3 % en zone euro), en hausse de 30 points sur dix ans, selon la Banque de France. Elle frôle désormais le niveau espagnol (131,5 %), qui dépassait les 190 % du PIB au plus fort de la crise.
Dans le détail, la dette des ménages français s’élevait à 58 % du PIB l’an passé, et celles des entreprises non financières, à 71,6 % du PIB. « La croissance française est très intensive en dette privée », explique Ludovic Subran, directeur de la recherche macroéconomique du groupe Allianz. Selon ses calculs, la dette privée a progressé de 4,80 euros pour 1 euro de hausse du PIB entre fin 2016 et fin 2017. C’est plus qu’aux Etats-Unis (1,60 euro) ou en Chine (3,10 euros). Et cela signifie que les emprunts des entreprises tricolores, parfois mal utilisés, échouent à financer suffisamment la croissance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ L’Etat va consacrer quelque 200 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2019 afin de compenser les suppressions.
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L’exécutif va s’attaquer aux « petites taxes »

L’Etat va consacrer quelque 200 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2019 afin de compenser les suppressions.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h49
    |

            Benoît Floc'h








                        



                                


                            
Haro sur les « petites taxes ». Le gouvernement envisage de supprimer une partie de ces impôts dont la particularité est de rapporter peu, voire très peu. La mesure devrait faire partie des préconisations du Comité action publique 2022, qui planche sur des idées de réformes pour rendre l’Etat plus efficace. Un moratoire pourrait également être édicté afin d’empêcher que le stock ne se reconstitue peu à peu.
Pour compenser ces suppressions, l’exécutif devrait inclure 200 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2019. Car chaque disparition créera des mécontents. Certaines de ces taxes permettent en effet à divers organismes de se financer. Par exemple, la taxe pour « le développement de l’industrie de la transformation des corps gras végétaux et animaux » a rapporté 709 000 euros à l’Institut des corps gras en 2018. Celle sur « les passagers maritimes embarqués à destination d’espaces naturels protégés » a permis au Conservatoire du littoral de recevoir 3 millions d’euros.
La « petite taxe » est une spécialité française. Il en existe presque autant que de fromages. En 2014, l’Inspection générale des finances (IGF) en avait recensé 192 dont le rendement était inférieur à 150 millions d’euros. C’est, au bas mot, « deux à quatre fois supérieur au nombre qui peut être observé chez nos principaux partenaires européens », selon l’IGF.
Taxe « abri de jardin »
Dans leur catégorie, la taxe à l’essieu et la taxe sur les farines, semoules et gruaux de blé tendre sont des vedettes. Très fréquemment citées, « elles constituent des exemples parmi les plus patents d’impôts de création ancienne, à faible rendement et aujourd’hui inadaptés », écrivait la Cour des comptes dans son rapport annuel, en janvier. Mais il en existe bien d’autres aussi pittoresques : taxe de balayage, taxe funéraire, taxe sur les éoliennes maritimes (qui ne rapporte pas un centime, faute de redevable), taxe sur l’or de Guyane, taxe sur le sucre, etc. Sans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Lors du débat sur le projet de loi asile-immigration, adopté dimanche, la droite et le Front national ont eu des discours proches.
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Loi asile-immigration : une semaine de convergence des idées entre LR et FN

Lors du débat sur le projet de loi asile-immigration, adopté dimanche, la droite et le Front national ont eu des discours proches.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h14
    |

            Olivier Faye, 
Manon Rescan et 
Lucie Soullier








                        



                                


                            
Il est des moments parlementaires qui disent davantage que n’importe quelle analyse politique. La semaine d’examen du projet de loi asile-immigration, adopté dimanche 22 avril à l’Assemblée nationale, n’a pas manqué de ces instantanés à attraper au vol. Par exemple, ces hochements de tête frontistes aperçus lors d’interventions du groupe Les Républicains (LR). Ou ces applaudissements nourris sur les bancs du Front national (FN) lorsque Valérie Boyer, députée LR des Bouches-du-Rhône, évoque l’attentat de Marseille. Enfin, ce « bravo » lancé par Marine Le Pen elle-même, alors qu’Eric Ciotti rappelle celui de Nice.
Les longs débats menés jusqu’au cœur de la nuit ont fourmillé d’illustrations de cette convergence des discours entre la droite et l’extrême droite, tant commentée depuis l’élection de Laurent Wauquiez à la tête du parti Les Républicains en décembre 2017. Un rapprochement intellectuel souligné sans cesse par les promoteurs de l’union des droites.

« Choc de désintégration produit par l’immigration massive », « chaos migratoire », « plafonds d’immigration », « enjeu majeur de souveraineté »… Guillaume Larrivé a ouvert la voie, lundi 16 avril, dans l’Hémicycle. Les mots du coresponsable du projet de LR sur la question n’avaient rien à envier à ceux de Marine Le Pen, qui avait présenté les propositions du FN quelques heures plus tôt. Au point de voir son intervention saluée par Sébastien Chenu, député frontiste du Nord, qui s’amuse de la réponse de son collègue LR : « Guillaume m’a dit “ne le dis pas trop fort”. »
Mardi après-midi, les débats reprennent, les confusions aussi. La députée du Bas-Rhin (La République en marche, LRM) Martine Wonner prend la parole : « Qui sait, peut-être y a-t-il, parmi ces migrants, de futurs artistes, scientifiques, philosophes, parlementaires… » Une voix s’élève : « Terroristes ? »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Créé en 1949, ce parti accueille des anciens du Front national, mais soutient aussi des candidats Les Républicains, en espérant un jour voir les droites se rejoindre.
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Le CNIP, éternelle passerelle entre droite et extrême droite

Créé en 1949, ce parti accueille des anciens du Front national, mais soutient aussi des candidats Les Républicains, en espérant un jour voir les droites se rejoindre.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 13h57
    |

            Lucie Soullier








                        



                                


                            
Thierry Gourlot a démissionné du parti d’extrême droite pour lequel il militait depuis quarante ans. Et il se pose une question : « Quel choix reste-t-il à quelqu’un qui veut quitter le Front national ? » Rejoindre le Parti de la France de Carl Lang ? Trop « vieille extrême droite », estime le conseiller régional Grand-Est. Les Républicains de Laurent Wauquiez ? « J’écoute avec intérêt ce qu’il dit, mais… » Mais l’ancien frontiste doute de la sincérité du patron de la droite. 
Alors Thierry Gourlot a préféré opter pour un « pèlerinage aux sources » : le voilà de retour au Centre national des indépendants et des paysans (CNIP), comme à ses débuts militants. Avec cinq autres démissionnaires du FN, il a même lancé en mars un groupe dissident « CNIP-divers droite », à la région Grand-Est. Un coup de projecteur pour le petit parti à droite de la droite, qui revendique 3 000 adhérents et quelques-uns de plus venus du FN ces dernières semaines.
Ces anciens frontistes passés au CNIP ne renient rien de leur engagement passé. S’ils quittent le parti d’extrême droite, c’est « le cœur gros » et en conservant « les bons souvenirs », selon certaines lettres de départ que Le Monde a pu consulter. « Déçu mais pas fâché », résume l’un d’eux. Déçus par les pratiques internes du FN, comme Dominique Thomas, ancien secrétaire départemental adjoint des Vosges, qui dénonce un « mode de fonctionnement » méprisant les militants ; déçus par le débat d’entre-deux-tours de la présidentielle – « C’est ce soir-là que la flamme en moi s’est éteinte », écrit Thierry Gourlot.
« Repêchage de sa garde rapprochée »
Même cheminement pour Jean-Michel Rossion, conseiller municipal de Metz, qui a lui aussi quitté le FN pour le CNIP. « Marine Le Pen a été en-dessous de tout », acquiesce l’élu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Marine Le Pen et Laurent Wauquiez continuent à s’opposer au niveau national. Mais, à l’approche des scrutins locaux, des tribunes et des initiatives d’élus prônent un raprochement.
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Union des droites : la digue entre LR et FN s’érode par la base

Marine Le Pen et Laurent Wauquiez continuent à s’opposer au niveau national. Mais, à l’approche des scrutins locaux, des tribunes et des initiatives d’élus prônent un raprochement.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h23
    |

            Lucie Soullier et 
Olivier Faye








                        



                                


                            
Ils veulent parler aux électeurs du camp d’en face, mais refusent de se compromettre avec leurs représentants. Laurent Wauquiez et Marine Le Pen ont chacun branché une pompe aspirante sur le parti de l’autre côté de la digue. En tenant le discours radical d’une droite « vraiment de droite », le président du parti Les Républicains (LR) espère récupérer les suffrages de l’extrême droite lepéniste. En déclarant travailler au « Rassemblement national » – le probable futur nom du Front national – et en appelant à voter pour LR lors de certains scrutins locaux, la chef de file frontiste souhaite, elle, casser son image clivante et élargir son assise.

L’union des droites n’est pas pour demain : l’heure est au duel. « Jamais » il n’y aura d’alliance, jure le premier. C’est « une ambition minuscule et obsolète », balaye la seconde. Pourtant, à force de chassés-croisés dans les discours et les postures, la confusion s’installe. Et dans ce clair-obscur, certains en profitent pour pousser leurs pions et tenter de franchir la barrière construite depuis des années.
Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France, ancien allié de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle en 2017, et Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire de la droite en 2016, ancien député et toujours président du Parti chrétien-démocrate, ont ainsi lancé à l’automne 2017 les « Amoureux de la France ». Cette initiative politique vise à unir « les patriotes de droite ». Le couple Ménard – Emmanuelle, députée de l’Hérault, et Robert, maire de Béziers – a participé à différentes réunions de ce collectif.
Haussements d’épaules
Ces derniers ont également signé l’appel d’Angers « pour l’unité de la droite » lancé dans Valeurs actuelles, le 12 avril. L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy Thierry Mariani, qui émarge chez LR, côtoie parmi les signataires de ce texte l’ex-chef de cabinet de Jean-Marie Le Pen et conseiller...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Nommée en 2016 par François Hollande, la première femme à diriger le Trésor, l’une des instances les plus puissantes du ministère des finances, est une européenne convaincue et une personnalité consensuelle.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤                     
                                                   
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Odile Renaud-Basso, la discrète féministe du Trésor

Nommée en 2016 par François Hollande, la première femme à diriger le Trésor, l’une des instances les plus puissantes du ministère des finances, est une européenne convaincue et une personnalité consensuelle.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h06
    |

            Audrey Tonnelier et 
                                Véronique Chocron








                        



                                


                            

Elle reçoit dans son grand bureau du bâtiment Colbert, vaisseau de verre sans vue sur la Seine, sis en plein cœur de la « forteresse » de Bercy, à Paris. Sur les murs, des peintures abstraites. Près des fenêtres, des statuettes asiatiques. Mais rien qu’elle n’ait apporté ou choisi elle-même. « Tout était déjà là du temps de mon prédécesseur », s’excuse-t-elle dans un sourire. La pièce est à l’image d’Odile Renaud-Basso, la directrice générale du Trésor : dénuée de toute mise en scène.
Coupe courte, lunettes sombres, la quinquagénaire cultive la discrétion. A un détail près : ses éternels gros colliers – ce matin-là, des volutes en ressort cuivré. C’est sans chercher à se faire valoir que cette forte en thème a mené sa carrière, pour devenir la première femme à la tête de la plus puissante administration de Bercy. Férue de Proust, Balzac et Stendhal, elle songe d’abord à un parcours littéraire, puis bifurque, « par envie d’être dans la réalité ». Ce sera Sciences Po, puis l’Ecole nationale d’administration (ENA).
« Ce n’était pas le rêve de ma vie ! Durant ma scolarité, j’aimais faire du théâtre, de la musique… J’étais une élève moyenne. J’ai d’ailleurs eu le bac ric-rac. C’est en prépa que je me suis mise à travailler. » Née d’une mère professeure de fran­çais et d’un père ingénieur, elle a habité pendant sept ans en Algérie, à Annaba, ville frontalière de la Tunisie, durant son enfance. Elle en conserve une relation étroite avec les pays en développement.
Elle n’échappe pas à l’image de « techno » qui colle à la prestigieuse institution qu’est le Trésor
Inconnue du grand public, elle occupe l’un des postes-clés de la haute fonction publique, aux côtés du ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire. C’est au Trésor que s’élaborent la politique fiscale et les prévisions économiques du gouvernement, que les ministres viennent puiser les éléments techniques leur permettant de défendre leur budget, que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Le projet de loi asile-immigration, adopté dimanche en première lecture, soulève la question du rapport entre la loi et la gestion des étrangers.
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Immigration : la loi, l’Etat et le juge administratif

Le projet de loi asile-immigration, adopté dimanche en première lecture, soulève la question du rapport entre la loi et la gestion des étrangers.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 11h19
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Analyse. Au-delà des interrogations sur son utilité, la loi asile-immigration, en discussion depuis le 16 avril à l’Assemblée nationale, soulève une autre question : celle du rapport entre la loi et la gestion des étrangers. Il est, en effet, manifeste que les préfets, au nom du maintien de l’ordre, interprètent et appliquent assez librement les textes en vigueur.

Ces derniers temps, les décisions de justice à l’encontre des pratiques des préfectures se multiplient. Dans les Alpes-Maritimes, le préfet a été condamné en 2017 (le 31 mars et le 4 septembre) pour avoir interdit l’entrée en France à des demandeurs d’asile adultes, puis le 23 février pour avoir refoulé 19 mineurs.
La préfecture de Seine-Saint-Denis, de son côté, a perdu au tribunal administratif le 20 février, parce que la dématérialisation de ses procédures empêche de nombreux étrangers d’accéder à leurs droits. L’année précédente, le préfet de Paris avait cumulé 135 condamnations en deux semaines pour non-respect de l’enregistrement des demandes d’asile dans le délai imposé par la loi de 2015.
Non-respect de la loi érigé en système
Même lorsque la France est pointée du doigt par la Cour européenne des droits de l’homme, il ne se passe rien. Ainsi, en 2016, Paris a été condamné six fois par la CEDH pour le placement d’enfants en rétention (et pourtant le ministère de l’intérieur a refusé d’inscrire cette interdiction dans le projet de loi en discussion). Il est vrai, comme le regrette Gérard Sadik, responsable asile à la Cimade (Comité inter-mouvements auprès des évacués), que « ces condamnations ne changent pas grand-chose aux pratiques ».
Sur « les 100 000 requêtes annuelles devant le tribunal administratif, quelque 10 % à 15 % sont justement déposées pour contester les illégalités commises par l’administration », observe Serge Slama, professeur de droit public à l’université de Grenoble. Preuve à ses yeux que le non-respect...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », quinze présidents de région de droite comme de gauche appellent le président de la République à tourner la page du jacobinisme et à s’appuyer sur les territoires pour transformer la France au lieu de laisser l’Etat décider seul.
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« Nous voulons un pacte girondin entre l’Etat et nos territoires »

Dans une tribune au « Monde », quinze présidents de région de droite comme de gauche appellent le président de la République à tourner la page du jacobinisme et à s’appuyer sur les territoires pour transformer la France au lieu de laisser l’Etat décider seul.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 13h56
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Il y a une contradiction totale entre le discours girondin ouvert aux libertés locales et à la différenciation des territoires du président de la République et de son gouvernement, et leur comportement centralisateur.
Le président de la République doit comprendre les territoires. En effet, après son élection, les élus locaux, dans leur immense majorité, ont adopté une attitude bienveillante et constructive. Ils veulent que la France réussisse ; ils veulent que leur territoire se développe. Mais après plusieurs mois de discussions sans fin, tout laisse à penser que l’Etat veut décider seul. Or, cette politique recentralisatrice, sans précédent depuis 1982 et le vote des premières lois de décentralisation, ne peut réussir.

L’Etat, dont personne ne conteste le rôle sur ses missions régaliennes classiques (police, justice, diplomatie) ou sur le régalien économique (droit du travail, fiscalité…) n’a plus l’agilité ni la capacité d’innovation des collectivités locales pour agir au quotidien au service de nos concitoyens. La lourdeur du processus de décision interministérielle et la disparition – inévitable – de son expertise territoriale l’ont rendu de fait bien souvent impuissant.
Vieilles recettes
L’Etat central continue pour autant de donner des leçons de bonne gestion aux collectivités locales et ne cesse de leur imposer des carcans financiers et réglementaires. Pourtant, les chiffres sont sans appel : sur les 67 milliards d’euros d’augmentation de la dépense publique depuis 2013, 3 milliards seulement sont imputables aux collectivités territoriales alors que leurs budgets doivent supporter les conséquences des décisions unilatérales des exécutifs nationaux.
Les comptes des collectivités sont excédentaires en 2017 alors que le déficit de l’Etat approche des 70 milliards d’euros
Les comptes des collectivités sont excédentaires en 2017 alors que le déficit de l’Etat approche des 70 milliards...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Entre étonnement, comparaison, ironie ou admiration de Macron, les médias européens se font l’écho des conflits sociaux qui traversent l’Hexagone.
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La « gréviculture » française vue de l’étranger

Entre étonnement, comparaison, ironie ou admiration de Macron, les médias européens se font l’écho des conflits sociaux qui traversent l’Hexagone.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 09h43
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance), 
Eric Albert (Londres, correspondance), 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen), 
                                Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale) et 
Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Les conflits sociaux en France ont été abondamment traités par la presse européenne. Alors que la grève en pointillé reprend à la SNCF, lundi 23 et mardi 24 avril, et que le président du groupe ferroviaire Guillaume Pepy a fait état dimanche au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro d’une mobilisation qui « s’érode lentement », la presse britannique résume l’interrogation générale en se demandant si Emmanuel Macron sera le président qui fera capituler les syndicats.
1. L’Allemagne attentive
La presse allemande, très attentive à ce qui se passe en France, a largement couvert les grèves en France. Les commentateurs saluent en général le processus de réformes engagé par Emmanuel Macron qui, selon le quotidien conservateur Die Welt, « veut rattraper en quelques mois des décennies de stagnation sociale et donne le vertige à certains » ; 
D’autres commentateurs s’inquiètent de l’effet de ces grèves sur les autres réformes nécessaires. « L’échec de l’école française à compenser les inégalités sociales, le manque de personnel qualifié, les impôts élevés pour les entreprises sont des problèmes plus urgents [que la SNCF] », écrit le correspondant de la Süddeutsche Zeitung. Le Handelsblatt s’alarme du rythme des réformes et du manque d’explications les accompagnant. « Souvent le gouvernement se borne à dire qu’il a un mandat pour moderniser le pays. C’est vrai, mais cela ne dispense pas d’expliquer précisément chacune des réformes », souligne le correspondant à Paris du quotidien économique. L’hebdomadaire de gauche Der Freitag rappelle, lui, que le droit de grève en France est bien moins encadré qu’en Allemagne. Et souligne le risque de ce long conflit pour les syndicats et pour leurs adhérents.
2. La Belgique tentée par des comparaisons
En Belgique, où le gouvernement du libéral Charles Michel tente de nombreuses réformes qui entraînent, depuis quatre ans, une mobilisation des syndicats (de la fonction publique surtout), on établit de nombreux parallèles avec la situation française. « Le président français attaque sur tous les fronts sociaux, avec des ambitions aussi larges que celles qu’a affichées chez nous Charles Michel », écrit, par exemple, le quotidien économique L’Echo. 
Ira-t-il jusqu’au bout dans son souhait de bousculer la France ? Il est, en tout cas, seul aux commandes, analysait récemment Le Soir, sur plusieurs pages. Avec le risque d’être, à l’instar du premier ministre belge, le dirigeant le plus contesté depuis une vingtaine d’années. M. Michel entend réformer la politique salariale, la fiscalité, le système des retraites… et la SNCB.
3. Les Pays-Bas entre étonnement et incertitude
Aux Pays-Bas, où un autre libéral, Mark Rutte, a imposé une forte cure d’austérité qui a entraîné un retour de la croissance et un surplus budgétaire, le monde politique et les commentateurs sont partagés entre l’étonnement face à l’ampleur des réformes engagées en France (« enfin », soulignent beaucoup d’entre eux) et l’incertitude quant aux résultats finaux.
C’est la situation de la compagnie nationale KLM – fusionnée avec Air France – qui inquiète particulièrement. « Air France-KLM reste loin derrière ses concurrents depuis douze mois », relève le Het Financieel Dagblad. « Malgré cela, les syndicats exigent 6 % d’augmentation », insiste le quotidien populaire De Telegraaf. Il relaye l’opinion du syndicat des pilotes NVL, qui juge les revendications de ses homologues excessives. Le site Nieuwsuur de la chaîne publique NOS se demande, lui, si Emmanuel Macron ira jusqu’au bout de ses projets. « Oui », répond l’économiste Mathijs Bouman. « S’il n’y arrive pas, d’ailleurs, qui le fera ? », s’interroge-t-il.
4. Le Royaume-Uni se demande si la France a trouvé son « Thatcher »
La caricature présente M. Macron portant à la place des cheveux la permanente bouclée de Margaret Thatcher, et donnant un violent coup de sac à main à un groupe de manifestants de la CGT. Au-dessus, le titre est sans ambiguïté : « Est-ce que la France a trouvé son Thatcher ? ». Le dessin, en « une » de l’hebdomadaire The Week, résume l’interrogation dominante de la presse britannique : le président français réussira-t-il à mater les manifestants ? Depuis des années, la presse d’outre-Manche cherche la personne qui réformera la France comme l’a fait la Dame de fer au Royaume-Uni dans les années 1980. Elle pensait l’avoir trouvée il y a une décennie avec Nicolas Sarkozy. Et, à quelques rares exceptions près, elle espère que ce sera finalement le cas avec M. Macron.
« Ça passe ou ça casse », estimait le Guardian dans un éditorial au début des manifestations. Le Times pense que « cette fois-ci, c’est différent » des grèves contre Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Le président français « pourrait peut-être arriver » à gagner face aux syndicats, veut croire le quotidien de centre droit. Christian May, le rédacteur en chef du très libéral City A.M., un quotidien économique gratuit, pense qu’un succès contre les syndicats est nécessaire : « S’il ne réussit pas à libéraliser et à ouvrir l’économie française, son ambition de faire de son pays l’endroit naturel pour accueillir les nouvelles technologies restera un simple rêve. »
5. L’Espagne pro-Macron
En Espagne, où les grands médias commentent avec un mélange d’envie, d’admiration et de bienveillance toutes les décisions politiques de l’européiste Emmanuel Macron, les grèves françaises ne font que peu parler d’elles, si ce n’est pour prodiguer un soutien éditorial aux réformes de la France.
Le 9 avril, le quotidien El Pais a ainsi publié un éditorial intitulé « Le train réformiste français » estimant que « le fait que l’économie française accélère sa croissance et réduit le chômage » est une « grande opportunité pour que Macron puisse mener à bien les réformes tant de fois repoussées et dont la France a tant besoin pour gagner le futur ».
Les grèves en soi n’ont pas provoqué de commentaires des opérateurs touristiques et des chefs d’entreprise, pour qui la France est de toute façon un pays de grévistes et de manifestations musclées. Chose qui suscite souvent l’admiration d’une part de la gauche et des syndicats en Espagne, qui ont du mal à mobiliser dans la durée et sont soumis à des services minimums très importants. Seule note différente : dans un texte du 20 avril, le correspondant du journal El Mundo, Enric Gonzalez, observe que personne ne semble satisfait dans l’Hexagone. « Le printemps est arrivé en France », écrit-il.
6. La Scandinavie ironique
Quand on leur parle des grèves en France, les Scandinaves ricanent : n’y a-t-il pas, dans ce pays, toujours un mouvement social en cours ? Et chacun de relater son expérience personnelle. Un train raté, un avion annulé… Début avril, le quotidien danois Politiken publiait un article intitulé « Comment la grève peut-elle vous affecter ». En marge d’un reportage auprès des usagers, la télé suédoise SVT indiquait que « la France est le pays le plus gréviste du monde », se référant au rapport de la fondation allemande Hans Böckler, selon lequel l’Hexagone aurait connu 132 jours de grève pour 1 000 salariés en 2017 contre… 5 pour la Suède !
La presse scandinave a profité de l’occasion pour revenir sur les réformes entreprises par le président Emmanuel Macron. L’enthousiasme suscité dans la région par son élection, il y a près d’un an, semble cependant s’être légèrement terni ces derniers mois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le patron de FO depuis 2004 laisse sa place à son numéro deux, sur une ligne plus contestataire que la sienne. Le 24e congrès du syndicat s’ouvre lundi à Lille.
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Jean-Claude Mailly quitte la direction de  Force ouvrière dans un climat tendu

Le patron de FO depuis 2004 laisse sa place à son numéro deux, sur une ligne plus contestataire que la sienne. Le 24e congrès du syndicat s’ouvre lundi à Lille.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 11h28
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Si Jean-Claude Mailly espérait emprunter un chemin de roses pour son départ de la direction de Force ouvrière, il risque d’être déçu. A la tête de la centrale depuis 2004, où il a côtoyé quatre présidents de la République (Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron), M. Mailly, 65 ans, va lâcher les rênes à l’issue du 24e congrès qui se tient du 23 au 27 avril, pour la seconde fois à Lille. L’actuel numéro deux, Pascal Pavageau, prendra sa succession. Ingénieur des travaux publics de l’Etat, cet homme de 49 ans n’était pas son dauphin naturel mais s’est imposé comme unique candidat à sa succession.
Il devrait se démarquer assez vite de son prédécesseur en revenant à une ligne plus contestataire. En adoptant un ton conciliant lors de la concertation sur les ordonnances réformant le code du travail, M. Mailly a opéré un recentrage stratégique qui a mécontenté une bonne partie de l’appareil. Il assume ce choix et ne regrette rien, tout en s’attendant à un « congrès très rock and roll ».

En février 2004, lorsqu’il succède à Marc Blondel, qui comme secrétaire général a pratiqué pendant quinze ans (1989-2004), un « syndicalisme de contestation », M. Mailly, qui se réclame du « réformisme militant », inscrit ses pas dans ceux de celui dont il fût le principal collaborateur et le dauphin. En perte d’influence dans les élections professionnelles, FO joue alors sa survie. « Il va falloir vous battre pour votre existence », lance Marc Blondel dans un discours-testament de trois heures et demie. M. Mailly se bat. Il ouvre le dialogue avec les autres confédérations mais refuse le concept de « syndicalisme rassemblé », cher à la CGT. En 2006, FO participe au front syndical unitaire contre le contrat première embauche (CPE), qualifié de « flexi-précarité ». Un combat victorieux.
M. Mailly part en guerre contre la réforme de la représentativité syndicale,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ La sociologue Irène Théry, spécialiste du droit et de la famille, revient sur les mobilisations de 2013 et considère que la loi est aujourd’hui « intégrée par tous ».
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« La loi sur le mariage pour tous a été un facteur extrêmement puissant d’intégration »

La sociologue Irène Théry, spécialiste du droit et de la famille, revient sur les mobilisations de 2013 et considère que la loi est aujourd’hui « intégrée par tous ».



Le Monde
 |    23.04.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 09h48
    |

                            Eléa Pommiers








                        


C’était il y a cinq ans, le 23 avril 2013. L’Hémicycle du Palais-Bourbon résonnait au son du mot « égalité » scandé par les députés de la gauche. L’Assemblée nationale venait d’adopter le projet de loi ouvrant le droit au mariage et à l’adoption aux couples de même sexe, après d’âpres et longs débats et une importante mobilisation de la droite, notamment catholique, opposée à l’adoption du texte.
Selon Irène Théry, sociologue du droit et de la famille, malgré cette violente opposition, il est désormais « admis que les couples homosexuels ont exactement les mêmes droits que les autres ».

        Chronologie :
         

          Le "mariage pour tous", de la promesse à la loi



Cinq ans après son adoption, le droit au mariage pour tous est-il pleinement entré dans les mœurs françaises ?
Irène Théry : Oui, incontestablement. Le droit au mariage pour tous incarne l’aboutissement d’une évolution majeure du rapport de la société à l’homosexualité. Autrefois, elle était considérée comme une transgression et une pathologie, et nous sommes peu à peu passés à l’idée qu’elle était une orientation sexuelle parfaitement normale, à laquelle il fallait faire sa place. La loi sur le pacs de 1998 avait déjà été une grande avancée : elle avait permis de redéfinir le couple en droit civil, instituant pour la première fois dans notre histoire le couple de même sexe.
La loi sur le mariage pour tous est allée encore plus loin en reconnaissant que la relation homosexuelle pouvait, en tant que relation de couple, s’intégrer à notre système familial et à notre conception de la parentalité. Elle a été un facteur extrêmement puissant d’intégration.
La légitimité des couples de même sexe, mariés ou non, est aujourd’hui beaucoup plus importante qu’avant cette loi. On voit des hommes politiques s’afficher, des célébrités… Il y a une plus grande visibilité de ces couples, qui existaient déjà, mais que la loi a rendus officiels. Aujourd’hui, qu’on choisisse l’union libre, le pacs, le mariage, il est admis que les couples homosexuels ont exactement les mêmes droits que les autres.

        Lire aussi :
         

                En cinq ans, 40 000 couples homosexuels se sont mariés



Le droit au mariage pour les couples homosexuels a pourtant été très combattu en 2013…
En effet, et c’est un paradoxe terrible pour les homosexuels : ils ont le sentiment que l’année de leur triomphe matrimonial et de leur intégration au cœur du pacte républicain a aussi été la pire de leur vie. Ce qu’on a vu se réveiller en 2013, c’est un secteur familialiste, traditionaliste, très religieux, qui s’était opposé de la même manière à toutes les grandes réformes des années 1970 : l’autorité parentale conjointe en 1970, l’égalité entre les enfants légitimes et naturels [hors mariage] en 1972, le divorce par consentement mutuel en 1975… A l’époque, ils hurlaient déjà à la fin de la civilisation.

        Lire aussi :
         

                Des conférences catholiques sur « l’accompagnement » des homosexuels indignent des associations LGBT



Au moment du mariage pour tous, on s’est rendu compte que cette partie de l’opinion, qui ne s’était plus manifestée depuis le vote du pacs, n’avait jamais accepté toutes ces évolutions et était capable de se mobiliser de manière très organisée et puissante. En 2013, cette contestation à la loi a suscité une très nette flambée de l’homophobie, et il est difficile de savoir ce qu’il en est aujourd’hui.

   


Qu’est-ce qui explique la force qu’a eue cette mobilisation ?
La loi de 2013 allait bien au-delà du pacs, puisqu’elle touchait à une institution, le mariage, qui a un écho dans toutes les religions du Livre. Toutes allaient être amenées à se poser la question du lien entre le nouveau mariage civil et le mariage religieux, considéré comme étant par définition l’union d’un homme et d’une femme.
Cela a suscité beaucoup d’inquiétude dans ces milieux, où l’on s’est demandé si les fondements de l’union religieuse n’allaient pas être fragilisés par un mariage civil de même sexe. Sans compter que le mouvement a réussi à mobiliser au-delà de la sphère d’influence religieuse traditionnelle, car beaucoup de personnes, même chez les progressistes, ont eu peur d’un effacement de la distinction entre les sexes. Avec le temps, ils se sont aperçus que la loi n’avait fait qu’ajouter et n’avait rien supprimé.
Mais même si on a eu l’impression que la France était divisée en deux, je n’ai jamais cru à cette version. A l’époque, les enquêtes donnaient une grande majorité de Français favorables au mariage pour tous, et l’opposition a été, je crois, largement surévaluée.

        Lire aussi :
         

                Mariage, union civile : quels sont les droits des personnes homosexuelles en Europe ?



Le problème, c’est que la mobilisation des soutiens n’a pas été aussi conséquente. Et il y a eu un vrai déficit de pédagogie chez les responsables politiques sur le projet de loi : ni François Hollande ni Jean-Marc Ayrault [alors premier ministre] n’ont pris la parole entre l’été 2012 et l’ouverture des débats en 2013 ! François Hollande avait même dit aux maires qui ne voulaient pas célébrer les mariages qu’ils pourraient exercer leur « liberté de conscience », avant de se rétracter très vite. Il a, finalement, fallu attendre le grand discours de Christiane Taubira devant l’Assemblée [à l’ouverture des débats en janvier 2013] pour que soient réellement expliqués le sens et la portée de cette loi.

        Lire le compte-rendu de tchat :
         

          « Taubira est sortie de ces débats avec une certaine aura »



Malgré cette opposition virulente, la loi est désormais largement acceptée, comment l’expliquez-vous ?
Le mariage n’est pas simplement un droit, c’est aussi une noce, une célébration. Beaucoup de personnes, y compris des opposants, ont connu des mariages de personnes de même sexe autour d’eux. Ce rite qui rassemble des familles et des amis autour d’un couple a puissamment renforcé la portée symbolique de la loi.
Et surtout, le changement a paru brutal en 2013, mais il avait, en réalité, des racines très profondes et s’inscrivait dans l’évolution longue de la conception du mariage et du couple en France. Tel qu’il existait jusque dans les années 1970, le mariage rendait impossible l’idée même d’une union entre deux personnes de même sexe puisque son sens premier était la « présomption de paternité » : sa raison d’être était de donner un père aux enfants mis au monde par les femmes.
« Le mariage est devenu l’institution d’un lien de couple »
Mais en 1972, la loi a établi que les enfants nés hors mariage auraient les mêmes droits que les enfants dits légitimes. La question de la filiation a cessé d’être le cœur du mariage, qui est devenu l’institution d’un lien de couple. Avec la reconnaissance, en 1998, du fait que deux personnes de même sexe pouvaient légalement former un couple, en 2013, le droit et la société étaient tout à fait prêts à accepter que les couples homosexuels aient le même droit au mariage que les couples hétérosexuels. C’est aussi ce qui fait que cette loi est si solide aujourd’hui.
L’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes n’a pourtant pas été adoptée en 2013 et continue de faire débat. La contestation s’est-elle déplacée sur ce sujet ?
La question de la filiation était et reste « le » sujet de discorde, sur lequel l’opposition la plus traditionaliste n’a pas désarmé. Pourtant, la loi sur le mariage pour tous a franchi un pas symbolique majeur en ouvrant l’adoption aux couples homosexuels et donc en considérant qu’un enfant pouvait avoir deux pères ou deux mères. Ça a été fondamental dans la légitimation de l’homoparentalité.
Mais il existe un secteur de l’opinion, très déterminé, qui fait tout pour reproduire le climat de violence que l’on a vécu en 2013. Par exemple, les militants de la Manif pour tous rejouent en ce moment dans les états généraux de la bioéthique les mêmes batailles qu’en 2013, qui montrent que leur rejet de l’homoparentalité n’a pas diminué, et qui laissent présager que les débats à venir sur la PMA vont être difficiles.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Selon les témoignages collectés dans le rapport sur le management de la troupe visant Aurélie Dupont, les problèmes remontent au-delà de l’arrivée de la directrice du ballet de l’Opéra et le harcèlement moral y semble « systémique ».
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A l’Opéra national de Paris, le malaise persiste

Selon les témoignages collectés dans le rapport sur le management de la troupe visant Aurélie Dupont, les problèmes remontent au-delà de l’arrivée de la directrice du ballet de l’Opéra et le harcèlement moral y semble « systémique ».



Le Monde
 |    23.04.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h50
    |

                            Rosita Boisseau








                        


Deux ans après le départ fracassant de Benjamin Millepied de son poste de directeur de la danse de l’Opéra national de Paris, la compagnie parisienne traverse une nouvelle crise grave. La tempête soulevée, dimanche 15 avril, par la divulgation dans la presse d’un rapport confidentiel sur le management de la troupe visant Aurélie Dupont, à la tête de la danse depuis février 2016, n’en finit pas de faire des vagues.

        Lire le récit :
         

          L’Opéra national de Paris sous tension



Sous le choc de la « fuite » de ce sondage de 179 pages et 130 questions auquel ont répondu 108 interprètes sur les 154 que compte l’équipe, une réunion extraordinaire du ballet s’est déroulée mercredi 18 avril. Une confrontation apparemment orageuse qui s’est conclue par un vote des 130 danseurs présents. A une très large majorité – à l’exception de deux votes contre et deux abstentions –, les interprètes ont chargé Erwan Le Roux, délégué syndical central CGT du ballet, de prendre les choses en main et de régler l’affaire au plus près des intérêts de tous les danseurs.
« Ces accusations sont très graves »
Interrogé par Le Monde, Erwan Le Roux, par ailleurs danseur dans le corps de ballet, tient d’abord à reprendre quelques points ultrasensibles de ce dossier explosif. Pour rappel, c’est la commission d’expression artistique (CEA), composée de quatre interprètes élus chaque année et, selon la convention collective, par la troupe pour servir de courroie de transmission entre la compagnie et la direction, qui a conçu et récolté ce questionnaire. Un questionnaire devenu une bombe tant les résultats sont explosifs. Dans Le Figaro, il est dit que 88,9 % des danseurs estiment que « le management d’Aurélie Dupont n’est pas de bonne qualité ».
Il est aussi question de harcèlement moral et sexuel. « A ce jour, aucun danseur n’est venu me voir pour accuser Aurélie Dupont de harcèlement sexuel, affirme Erwan Le Roux. Ces accusations sont très graves. Et quand elles sont fausses, c’est pire. Elles sont en train de faire le tour de la planète et nuisent gravement à la réputation d’Aurélie Dupont ainsi qu’à celle de l’institution. S’il y a des problèmes dans la troupe, c’est à moi et mes deux délégués d’en faire part directement à la direction. C’est une question de démocratie sociale. »
Par ailleurs, la question de la fuite de ce rapport confidentiel dont les résultats « bruts et non synthétisés », ainsi que les commentaires anonymes des danseurs souvent rapides et sans précautions, ont été adressés à certains journalistes, reste aiguë. Pour quelles raisons cet envoi ? Et par qui ? Les 154 danseurs ont reçu le document par mail. « Un des points sensibles, suite à cette réunion, c’est que je n’ai toujours pas récupéré les codes informatiques du sondage originel qu’on devait me faire parvenir, explique M. Le Roux. J’ai reçu le rapport, comme tous les autres interprètes, mercredi 11 avril, et je ne pense pas qu’il ait été manipulé. Mais il est important d’avoir le document source par devoir de transparence de toute la troupe. »
Ambiance désastreuse
L’ambiance dans la compagnie semble, selon plusieurs sources, désastreuse. Et ce alors que les représentations de Roméo et Juliette, chorégraphié par Sasha Waltz, sont à l’affiche jusqu’au 4 mai de l’Opéra Bastille. Certains interprètes évoquent « des règlements de comptes avec la direction », « des haines personnelles extrêmement violentes », une « machination scandaleuse ». « Toute cette histoire est humainement dramatique, ajoute Erwan Le Roux. Certains danseurs ont même honte d’être à l’Opéra national de Paris. Ceux qui ont répondu à ce sondage qui garantissait l’anonymat l’ont fait en toute bonne foi et en confiance. Tout le monde regarde son collègue de travers en se demandant qui a pu agir de cette façon. »
Selon les témoignages collectés, tous anonymes, par Le Monde, il est clair que des problèmes de fond existent. Qu’ils remontent bien au-delà d’Aurélie Dupont paraît aussi évident. Le harcèlement moral semble « systémique » à l’Opéra de Paris.
« Il est clair qu’on doit faire évoluer l’organisation du travail dans la compagnie depuis le rythme des répétitions jusqu’à la durée de la pause déjeuner, commente Erwan Le Roux. Je travaillais sur ce gros dossier depuis presque trois ans. Il y a plus de quarante ans que ce fonctionnement n’a pas été discuté. Les négociations étaient bien avancées. Je ne sais plus aujourd’hui comment on va progresser. Le renouvellement générationnel d’une troupe, où la moyenne d’âge est actuellement de 25 ans, entraîne de nouveaux modes de pensée, de relations entre les gens et de travail. Se lâcher sur les réseaux sociaux est une chose mais attention à ne pas se déverser partout. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Sous les pavés, la droite 1/3. Cinquante ans après, « Le Monde » revient dans une série d’articles sur la manière dont le camp conservateur a vécu les « événements ».
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Mai 68, lorsque le groupuscule d’extrême droite Occident voulait en découdre avec les « bolchos »

Sous les pavés, la droite 1/3. Cinquante ans après, « Le Monde » revient dans une série d’articles sur la manière dont le camp conservateur a vécu les « événements ».



Le Monde
 |    23.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 15h44
    |

            Yves Bordenave








                        



                                


                            

Les voici qui approchent de la Sorbonne. Combien sont-ils ? Deux cents, deux cent cinquante ? Venant de la faculté d’Assas, où ils s’étaient donné rendez-vous en début d’après-midi, ils ont traversé le jardin du Luxembourg, et dévalent maintenant le boulevard Saint-Michel aux cris de « Communistes, assassins ! », « Occident vaincra ! ». La plupart d’entre eux sont armés : barres de fer, manches de pioche, poings américains. Nombreux sont ceux qui ont revêtu la tenue de combat à la mode « para » ou des blousons de cuir noir, la fermeture Eclair remontée jusqu’au cou. Quelques-uns portent un casque de moto.
A leur tête Alain Madelin et Alain Robert. Agés de 22 ans, ils étudient le droit à Assas et comptent parmi les fondateurs, en 1964, du groupuscule d’extrême droite Occident. En ce vendredi 3 mai 1968, ils veulent en découdre avec ceux qu’ils appellent les « bolchos » en référence aux ancêtres des communistes soviétiques. « Nous y sommes allés comme on y allait à l’époque », se souvient Alain Robert, 72 ans. « Petit Robert », ainsi que les autres le surnomment, a le charisme d’un chef de bande. Il aime la bagarre, les coups ne l’effraient pas.
Réunis dans la cour de la Sorbonne, les maoïstes de l’Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes (UJCML), les trotskistes de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR) et du Centre de liaison des étudiants révolutionnaires (CLER) – le service d’ordre –, auxquels s’ajoutent quelques militants d’un groupe baptisé « les enragés » venus de Nanterre, se préparent à l’arrivée des « fachos ». Eux aussi ont constitué un véritable arsenal, avec la ferme l’intention de défendre leur fief. Eux non plus ne craignent pas la castagne.
Dans le quartier, la tension est palpable. Curieusement, à première vue, pas un seul CRS à l’horizon. Parvenues à proximité de la vieille faculté, les troupes d’Occident se trouvent nez à nez avec les forces de l’ordre, qui surgissent...




                        

                        

