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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Exposition. A la Cité des sciences, une exposition ludique raconte l’histoire de la maîtrise du feu par l’homme.
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De la flamme au foyer

Exposition. A la Cité des sciences, une exposition ludique raconte l’histoire de la maîtrise du feu par l’homme.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h31
    |

                            Anne Mellier








                        



                                


                            

D’abord, des monstres flamboyants, dont les tentacules orangés se dressent vers le ciel avant de dévorer la brousse. Et de lointains ancêtres, spectateurs de ces brasiers, fascinés ou effrayés certainement, comme nous le sommes aujourd’hui parfois devant la puissance du feu. De ces ogres sauvages, les premiers hommes ont tiré des outils, un mode de vie : le moyen de s’extraire de la ­nature. Puis ils ont cherché à le comprendre, à le décortiquer, pour mieux le maîtriser.
Cette maîtrise du feu par l’homme, et ses ­limites, c’est l’histoire que raconte « Feu », la nouvelle exposition, ouverte depuis le 10 avril, de la Cité des sciences. Trois espaces sont dévolus aux différentes facettes de la relation que nous entretenons avec cet élément. Le premier raconte la manière dont l’homme s’est approprié le feu, sans savoir que ses flammes forgeraient l’humanité telle qu’on la connaît aujourd’hui. D’abord en le recueillant, puis en l’entretenant, avant d’être à même de le produire avec différents outils. Les vitrines circulaires de ce premier espace rappellent aussi le rôle social du foyer : il favorise la communication, les ­récits, le développement de l’artisanat, d’une culture. Il engendre des mythes et des rites dont l’exposition donne un riche aperçu.
Mécanismes de la combustion
Autre ambiance, plus industrielle, dans la deuxième partie. « C’est un espace consacré à la maîtrise et à l’étude du feu, expliquent Julia Maciel et Christelle Guiraud, co-commissaires de l’exposition. Ici, le feu est mis en boîte. » Et disséqué. On y apprend les mécanismes de la combustion, et la manière dont l’homme les a découverts. Ce que nos sociétés « thermo-industrielles » lui doivent aussi. Car, si discret soit-il au quotidien, le feu permet par exemple aux voitures de rouler.
Et puis le feu qui s’affranchit de l’homme et le menace. La dernière partie de l’exposition est consacrée aux incendies. Une pièce pleine de fumée et de véritables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Romancier, nouvelliste, essayiste, critique d’art, mais aussi diplomate, Sergio Pitol avait obtenu le prix Cervantès en 2005. Il est mort jeudi 12 avril, à l’âge de 85 ans.
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Mort de l’écrivain mexicain Sergio Pitol

Romancier, nouvelliste, essayiste, critique d’art, mais aussi diplomate, Sergio Pitol avait obtenu le prix Cervantès en 2005. Il est mort jeudi 12 avril, à l’âge de 85 ans.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h24
    |

                            Xavier Houssin (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Le grand écrivain mexicain Sergio Pitol est mort jeudi 12 avril à l’âge de 85 ans dans sa maison de Xalapa, la capitale de l’Etat de Veracruz. Il a succombé au noir chaos d’une longue aphasie progressive. Il a été incinéré le lendemain dans la plus stricte intimité, un conflit concernant sa dépendance opposant depuis plusieurs années sa famille et ses autres proches. « Un romancier, écrivait-il, est quelqu’un qui entend des voix à travers les voix. (…) Sans elles, il se sentirait perdu. Il trace la carte de sa vie en leur compagnie. Il sait que quand il ne pourra plus le faire, l’heure de sa mort sera venue, pas la mort définitive mais la mort en vie, le silence, l’hibernation, la paralysie, ce qui est infiniment pire. »
Frappé par une attaque cérébrale à l’automne 2006, quelques mois après avoir reçu le prix Cervantès, il s’était progressivement mis en retrait et avait cessé d’écrire. Il ne maîtrisait plus que sa langue maternelle. Cette blessure de la mémoire apparaissait d’autant plus injuste que, grand voyageur, diplomate, Sergio Pitol parlait, avant, couramment l’anglais, le français, l’italien, le russe, le polonais. Et que parallèlement à l’écriture de ses propres livres, il avait été un traducteur prolifique. Faisant découvrir en espagnol les textes de James Conrad, de Malcolm Lowry, d’Henry James, de Giorgio Bassani, de Tibor Déry, de Jerzy Andrzejewski, de Witold Gombrowicz, de Boris Pilniak et de bien d’autres encore.
Sauvé par Tolstoï
Lire, faire lire, tenait pour lui d’une nécessité absolue remontant à une enfance douloureuse. Né dans une famille aisée, le 18 mars 1933 à Puebla, au sud de Mexico, il avait perdu très jeune son père, sa mère, sa sœur. Le petit orphelin, élevé par sa grand-mère, était de santé fragile. Atteint par la malaria, il ne pouvait pas aller à l’école et restait solitaire et reclus. Mais la maison était pleine de livres. Les lectures seront son apprentissage. « A 12 ans,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’émission culte de la chaîne est de retour mercredi, pilotée par Cyril Féraud, dans une version qui entend se recentrer sur les fondamentaux du programme.
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« La Carte aux Trésors » revient sur France 3

L’émission culte de la chaîne est de retour mercredi, pilotée par Cyril Féraud, dans une version qui entend se recentrer sur les fondamentaux du programme.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 12h07
    |

                            Camille Langlade








                        



Les hélicoptères sont à nouveau de sortie. Date du décollage : mercredi 25 avril à 20 h 55. Après neuf ans d’absence, France 3 a décidé de relancer « La Carte aux Trésors », l’un de ses programme-phare entre 1996 et 2009. Grâce à ce « revival », la chaîne publique veut renforcer son offre « découverte et patrimoine » du mercredi, où figure notamment « Des Racines et des ailes ». L’émission sera animée par Cyril Féraud, déjà aux commandes de « Slam » et de « Personne n’y avait pensé », tous les après-midis sur France 3.
La nouvelle mouture devrait revenir aux fondamentaux, dont le programme s’était quelque peu éloigné lors des dernières éditions, présentées par Nathalie Simon. Afin de moderniser le concept, la production avait alors mis l’accent sur l’aventure et les épreuves physiques, ainsi que sur les nouvelles technologies. Mais le public n’avait pas suivi et, faute d’audience, le programme fut arrêté en 2009.
Avec cette « Carte aux Trésors » version 2018, Adventure Line Productions a repris la mécanique originale du jeu : soit deux candidats et trois énigmes à résoudre pour atteindre la fameuse rose des vents, grâce à laquelle les concurrents peuvent accéder au trésor final et remporter la somme de 5 000 euros.

   


Pourtant, presque dix ans plus tard, un monde sépare la première émission de la nouvelle version, à commencer par celui des technologies, toujours plus en pointe. Ainsi, l’hélicoptère de Cyril Féraud est équipé d’un système gyrostabilisé de type Cineflex, permettant de faire des plans aériens en haute définition. Une douzaine de caméras sont également réparties sur les appareils volants. Des drones viennent compléter cet arsenal visuel. Mais à l’heure du tout connecté, « il fallait que les candidats ne puissent compter que sur leurs connaissances et celles des gens qu’ils croisent », a déclaré Pierre-Antoine Boucly, patron de 99 % Média et producteur exécutif de l’émission, lors de la présentation du jeu à la presse. Pas question donc pour les candidats d’utiliser leur smartphone et autres applications de géolocalisation.
Du côté de la forme, la production a aussi tenu à montrer les villes aussi bien que les campagnes, malgré une législation aéronautique de plus en plus stricte. Désormais, des hélicoptères biturbines permettent de survoler les agglomérations. L’équipe de réalisation a également dû prendre en compte des normes importantes de sécurité, pour éviter tout accident. Le générique de la Carte reste lui inchangé, bien que remixé.

   


Après Sylvain Augier, Marc Bessou et Nathalie Simon, c’est donc Cyril Féraud qui sera chargé de guider les équipes dans leur aventure. Un moyen pour France 3 de mettre en avant l’animateur de 33 ans qui fait déjà les beaux jours de la chaîne grâce aux audiences de ses émissions. « Animer un jeu d’aventure, c’est un rêve de gosse qui se réalise ! », a confié Cyril Féraud qui a également participé à l’élaboration des énigmes du jeu.
Le présentateur de « Slam » s’est livré à un gros travail de recherche pour apprendre l’histoire des régions afin de la transmettre à tous les téléspectateurs. « Il s’agit de parler aussi bien à ma grand-mère qu’à mon petit cousin de 8 ans, », explicite-t-il. Autrement dit, s’adresser au plus grand nombre sans en perdre en chemin.
Survoler les villes, comme les campagnes
« La Carte aux Trésors » reste « le seul format qui mêle patrimoine et aventure, sans que l’un prenne le dessus sur l’autre », déclare Emmanuel Garcia, responsable de l’unité jeux de France 3. Un équilibre mis à mal selon lui lors des dernières éditions. Néanmoins, pas question pour la chaîne de faire du jeu une marque d’été ; mais plutôt un rendez-vous régulier, hors vacances scolaires. À ce jour, quatre épisodes sont prévus. Les premières émissions emmèneront les candidats du côté de Montpellier et de Foix, en Ariège.
Le jeu se met également au diapason des réseaux sociaux. Les téléspectateurs pourront ainsi suivre un Live Tweet via le compte Twitter de France 3 et découvrir les « stories » tournées par Cyril Féraud durant le tournage sur Instagram et Facebook. La page Facebook de l’émission hébergera également des vidéos inédites du programme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Sa compagnie, le L.A. Dance Project, interprète un programme de trois pièces au Théâtre des Champs-Elysées.
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Benjamin Millepied ou l’art du « compagnonnage » chorégraphique

Sa compagnie, le L.A. Dance Project, interprète un programme de trois pièces au Théâtre des Champs-Elysées.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 12h23
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Coïncidence de calendrier. Alors que le ballet de l’Opéra national de Paris traverse une crise grave depuis une semaine, le chorégraphe Benjamin Millepied, directeur de la danse à l’Opéra de Paris qui démissionna brutalement de son poste en février 2016, quatorze mois après avoir pris ses fonctions, est de passage dans la capitale. Il présente un nouveau programme de trois pièces interprétées par sa compagnie le L.A. Dance Project, créée en 2012, installée à Los Angeles, et associée depuis 2016 à la Fondation Luma à Arles.

Le menu, à l’affiche du Théâtre des Champs-Elysées, dans le cadre du festival Transcendanses, entrechoque trois univers chorégraphiques et musicaux hétérogènes. En entrée, le jeune chorégraphe français Noé Soulier, sur une partition signée par lui et Tom De Cock, jette quatre danseurs dans un puzzle vivant intitulé Second Quartet. En plat de résistance, Benjamin Millepied offre un morceau de Bach Studies (Part 1) pour neuf interprètes. En dessert, la vedette israélienne Ohad Naharin, patron depuis 1990 de la Batsheva Dance Company, de Tel-Aviv, a confié à la troupe une pièce pour six danseurs datant de 1996 et ­intitulée Yag.
Entre les trois, la soirée suspendue brièvement par l’explosion d’un projecteur, se révèle consistante mais déséquilibrée. L’exercice de style aux accents athlé­tiques de Noé Soulier dégage bien l’espace pour la bulle d’atmosphèrede Millepied qui a choisi la Partita pour violon seul n 02 interprétée live par Eric Crambes pour relier les tableaux. Les deux pièces se trouvent soudain emportées par le poids lourd Naharin qui fait pencher l’assiette tutti frutti du côté sombre de la vie. Très théâtrale, Yag, créée en 1996, met en avant un style expressif, loin des déflagrations gestuelles aujourd’hui balancées par le maître israélien.
Toujours imprévisible
Une famille apparemment ordinaire « qui aimait, aimait, beaucoup danser »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le pianiste russe entame une tournée française avec, à son répertoire, Schumann, Brahms ou encore Schubert.
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A Amiens, Arcadi Volodos, entre groove et classicisme

Le pianiste russe entame une tournée française avec, à son répertoire, Schumann, Brahms ou encore Schubert.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 09h59
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 10h00
    |

                            Anna Sigalevitch (Amiens)








                        



                                


                            

La Maison de la culture d’Amiens reste fidèle à son ambition première : des saisons équilibrées entre théâtre, danse, cinéma et musique. Côté musique classique, les Amiénois jouissent d’une programmation de choix, et d’artistes fidèles. C’est la troisième fois que le pianiste russe Arcadi Volodos est présent ici, inaugurant le 19 avril une tournée qui le mènera jusqu’en juin à Lyon, la Grange de Meslay, Biot, puis Paris. En toute décontraction, face à un public attentif et apparemment heureux de le retrouver.
Schumann pour commencer, Papillons, op. 2, œuvre de jeunesse inspirée par le roman Flegeljahre, de Jean Paul. Le cycle évoque le frémissement coloré des ailes de papillons à un bal masqué. Douze miniatures dans lesquelles Volodos déploie des trésors de délicatesse et d’imagination. A la valse romantique initiale – chantante à souhait – succèdent des esquisses de mascarade, fantasques et lumineuses. Volodos s’amuse, explore chaque numéro avec une fraîcheur enfantine, jusqu’à la fin du bal, et la réminiscence du thème initial, où les résonances du dernier accord s’évanouissent comme par magie après les six coups de l’horloge. Les Klavierstücke, op.76 de Brahms transportent ensuite l’auditoire dans un climat plus ombrageux, où les sonorités puissantes de Volodos saisissent dès les premières phrases du Capriccio en fa dièse mineur. Brahms est cher au cœur de Volodos : « Cette musique accompagne ma vie (…) », écrit-il dans le livret de son dernier album (Sony Classical) consacré au compositeur allemand.
Volodos savoure la mélodie de l’« Allegro », laisse en suspens les fins de phrases, offrant au public un jeu d’une poésie spontanée
A partir de l’Op.76, Brahms s’affranchit d’un certain classicisme pour des formes plus libres et lyriques, dont se délecte Volodos. Rigueur et fantaisie régneront dans les huit pièces, auxquelles Volodos insuffle vitalité et éclat. Il y a du groove...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le journaliste musical propose une belle invitation au feuilletage, érudite et éclectique.
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Sélection livre : Patrice Blanc-Francard, amoureux du jazz

Le journaliste musical propose une belle invitation au feuilletage, érudite et éclectique.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 09h42
    |

                            Francis Marmande








                        



   


Le principe de la collection ? Un dictionnaire amoureux : de Venise par Philippe ­Sollers, de l’Egypte par Robert Solé… La méthode ? L’imbattable ordre alphabétique, la flânerie, l’invitation au feuilletage, à la nonchalance, au bonheur de raconter. Le libre parcours d’un auteur ou acteur, connu pour d’autres travaux. Pur plaisir. La garantie ? Un auteur – Patrice Blanc-Francard – élu pour ses compétences attestées, une délicatesse d’écriture et le goût de déambuler dans son paradis privé, en l’occurrence le jazz. L’insaisissable nom de « jazz » ne figure d’ailleurs pas parmi les entrées. Premier signe d’intelligence.
Patrice Blanc-Francard, né à Marseille, en 1942, voix de radio (« Pop-Club » de José Artur, « Bananas », etc.), physique de télévision (« Pop 2 », « Les Enfants du rock »), érudition amoureuse, membre de la rédaction du Jazz Hot politico-free de Michel Le Bris, Daniel Caux et ­Philippe Constantin (fin des ­sixties), ou de celle de Rock & Folk, ­condense les figures du découvreur, de l’engagé et de l’amateur.
Une assurance ? Ses états de service, sa mémoire et son parcours. Ouverture d’esprit et d’oreille sans effets de modes (il les suscite), sans sectarisme (il en est le démenti vivant), exactitude de pensée vérifiable, signature d’un dictionnaire aussi précieux qu’agréable. Tous publics : les grands amateurs, les débutants, ceux qui ont peur du « jazz » et les contemporains de Blanc-Francard : en jazz comme en rock, on n’est jamais contemporain que de soi-même. Tous les curieux des liens entre musiques et histoire s’y retrouveront.
« Emmerdé, dis la vérité… »
Bonus : en fin d’articles, des liens avec discographies, filmographies, listes de lecture YouTube… Page 563, à l’entrée « Van Gelder », ce grand sorcier du son de Blue Note (voir à la lettre B, « Blue Note »), on peut lire : « Mon père, pionnier parmi les pionniers, fut l’un des premiers ingénieurs du son à exercer en France ce drôle de métier auquel on ne donnait pas encore de nom. Mon frère Dominique a suivi ce chemin avec succès. Mon fils aîné Henry prolonge la saga familiale. J’ai donc quelques raisons de penser… »
Mystères agaçants : de même, quand José Artur appelle Patrice Blanc-Francard, il lui prodigue un seul conseil : « Quand tu es emmerdé, dis la vérité… » – « et d’autres plus explicitement sexuels que je ne me hasarderai pas à livrer ici… ». C’est l’unique mais regrettable défaut de ce dictionnaire au vagabondage charmant, à l’érudition imprenable, vitesse et élégance de plume en bandoulière…
Dictionnaire amoureux du jazz, de Patrice Blanc-Francard. Editions Plon, 656 p., 24 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le Centre régional de la photographie Hauts-de-France consacre une exposition aux photos et vidéos de l’artiste.
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Arts : Clarisse Hahn questionne l’image de soi

Le Centre régional de la photographie Hauts-de-France consacre une exposition aux photos et vidéos de l’artiste.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 08h50
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 12h59
    |

                            Philippe Dagen (Douchy-les-Mines (Nord)








                        



                                


                            

Sans chercher une notoriété tapageuse, mais ­régulièrement, Clarisse Hahn donne de ses nouvelles. Quelques photographies et vidéos récentes sont montrées au Centre régional de la photographie de Douchy-les-Mines (Nord), exposition à laquelle les lieux ne permettent pas d’être aussi dense que l’œuvre le vaudrait. Le 29 avril, France 2 diffusera son dernier film, Mescaline, qui est une fiction alors que ses œuvres précédentes étaient classées dans la catégorie documentaire, Ovidie en 2000, Karima en 2003, Kurdish Lover en 2010. A Douchy, on peut voir Los Desnudos (2013), consacré aux paysannes et paysans mexicains qui ont décidé de manifester nus dans les rues de Mexico deux fois par jour et ont fini par obtenir, très partiellement, la restitution de leurs terres.
Clarisse Hahn est née en 1973, fille du critique d’art Otto Hahn (1928-1996), défenseur ardent du pop art, du Nouveau Réalisme et de la Figuration libre. Elle-même a commencé par l’histoire de l’art et la critique. « Puis, je me suis aperçue, dit-elle, que le critique d’art parle de lui à travers les œuvres qu’il regarde. Quand on lit les écrits de l’un d’entre eux, on peut en faire un diagramme qui lui ressemble. Mais un artiste a le droit d’être beaucoup plus léger et personnel. » Personnelle, son œuvre l’est indiscutablement, à bonne distance des modes faciles. Légère ? Ce n’est pas l’adjectif qui vient à l’esprit à son propos. Et c’est aussi parce que son travail est soutenu par une réflexion et une volonté continues qu’il est remarquable.
Ainsi de Mescaline, dont il ne faut pas trop dire avant sa diffusion. Un jeune couple, Agathe et Mehdi, séjourne dans un village mexicain. Ils expérimentent les ­effets de la mescaline, substance psychotrope contenue dans un petit cactus de ces régions, le peyotl. « Agathe et Mehdi envoient des signaux qui sont mal perçus », dit Clarisse Hahn. Euphémisme...




                        

                        


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<filnamedate="20180423"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180423"><AAMMJJHH="2018042318">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le rappeur joue son nouvel album, vendu à plus de 400 000 exemplaires, en concert, mardi, au Zénith de Paris.
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Niska en opération « Commando »

Le rappeur joue son nouvel album, vendu à plus de 400 000 exemplaires, en concert, mardi, au Zénith de Paris.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 08h36
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 09h11
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

Tout l’été 2017, il a été impossible de s’enlever de la tête une petite phrase rythmique qui imitait la sonnerie d’un téléphone. Le « pouloulou » du rappeur Niska, extrait de son tube Réseaux (un single téléchargé et streamé plus d’une centaine de millions de fois), a envahi les radios puis les cours de récréation. Son tube raconte comment ses nouvelles groupies tentaient tant bien que mal de le snober.

Le mardi 24 avril, son concert au Zénith de Paris affiche complet, comme la majorité des dates de sa tournée, qui s’achèvera avec les festivals d’été. Impossible, ­dorénavant, de passer à côté de « Charo », son surnom, diminutif de « charognard ». Après avoir chanté en duo avec Maître Gims (Sapés comme jamais), s’être vu copier par le footballeur Blaise Matuidi, qui exécute sa chorégraphie (un oiseau volant comme un vautour) à chaque fois qu’il marque un but, Niska vient de vendre plus de 400 000 exemplaires de son deuxième album, Commando. Son talent : réussir à allier un courant du rap américain, la trap d’Atlanta, aux rythmes de ses racines congolaises. Sa voix, toujours à la limite de la rupture, brosse le quotidien des jeunes de sa cité, Champtier du Coq, à Evry, entre ­« repérage de femmes sur les ­réseaux » et ces tours « que le maire de la ville veut casser ».
Trap à la française
De son vrai nom Stanislas Dinga Pinto, Niska a mis au point une trap à la française, reprenant les slogans des morceaux des Young Thug et autres Gucci Mane et leur jargon – notamment le terme « bando », qui désigne une maison abandonnée servant de point de vente de la drogue –, sans pour autant traduire littéralement les textes des modèles américains.

A 24 ans, ce titulaire d’un bac STG reste lucide : « Je n’ai pas la même histoire qu’un jeune d’Atlanta. Lui va raconter que sa mère prend de la cocaïne et que son oncle a été tué deux heures plus tôt… Nous, nous n’en sommes pas encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Conçue par le « starchitecte » néerlandais, la Bibliothèque nationale est au cœur d’un vaste projet culturel.
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Rem Koolhaas dessine le rêve du Qatar nouveau

Conçue par le « starchitecte » néerlandais, la Bibliothèque nationale est au cœur d’un vaste projet culturel.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 08h07
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 09h25
    |

            Isabelle Regnier (Doha (Qatar), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les projets pharaoniques dans le golfe Persique jaillissent de terre comme des champignons par temps de pluie. Cinq mois à peine après l’ouverture du Louvre Abu Dhabi, c’est à Doha de capter la lumière avec sa nouvelle bibliothèque nationale. Dans la poussière de cette ville en chantier permanent où, depuis le début de l’embargo imposé au Qatar par ses voisins arabes, des portraits du souverain s’affichent partout dans l’espace public en signe d’union nationale, l’inauguration, le 16 avril, de ce bâtiment conçu par l’architecte néerlandais Rem Koolhaas et son associée ­Ellen van Loon a été un événement d’ampleur internationale. Le tout-Doha s’est mêlé à de nombreux invités, dont Nicolas Sarkozy, Jack Lang, Thomas Krens, le patron du Guggenheim, Roly Keating, le directeur de la National Public Library de Londres, ou encore Nicholas Negroponte, fondateur du Media Lab du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et cofondateur du magazine Wired.
Voulue par Cheikha Moza Al-Misned, deuxième épouse de Cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani qui dirigea le pays de 1995 à 2013 et mère de Cheikh Tamin Ben Hamad Al-Thani, qui lui a succédé, cette bibliothèque répond à trois grandes missions. Bibliothèque de prêt ouverte gratuitement à la population, la Qatar National Library (QNL) est également une bibliothèque de recherche et une bibliothèque nationale abritant une précieuse collection de livres et de documents anciens. Constituée de deux grands fonds, le premier consacré aux origines de la civilisation arabe, le second aux relations du Qatar avec le reste du monde lorsqu’il était sous mandat britannique, cette collection est en passe d’être numérisée et accessible à un réseau de 70 bibliothèques à travers le monde.
« Renaissance du monde arabe »
Grande orchestratrice depuis le milieu des années 1990 d’un ­colossal projet de transformation du pays par la culture et l’éducation, Cheika Moza a déclaré que ce grand temple du livre avait vocation à accompagner...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Selon les témoignages collectés dans le rapport sur le management de la troupe visant Aurélie Dupont, les problèmes remontent au-delà de l’arrivée de la directrice du ballet de l’Opéra et le harcèlement moral y semble « systémique ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/04/2018
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A l’Opéra national de Paris, le malaise persiste

Selon les témoignages collectés dans le rapport sur le management de la troupe visant Aurélie Dupont, les problèmes remontent au-delà de l’arrivée de la directrice du ballet de l’Opéra et le harcèlement moral y semble « systémique ».



Le Monde
 |    23.04.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h50
    |

                            Rosita Boisseau








                        


Deux ans après le départ fracassant de Benjamin Millepied de son poste de directeur de la danse de l’Opéra national de Paris, la compagnie parisienne traverse une nouvelle crise grave. La tempête soulevée, dimanche 15 avril, par la divulgation dans la presse d’un rapport confidentiel sur le management de la troupe visant Aurélie Dupont, à la tête de la danse depuis février 2016, n’en finit pas de faire des vagues.

        Lire le récit :
         

          L’Opéra national de Paris sous tension



Sous le choc de la « fuite » de ce sondage de 179 pages et 130 questions auquel ont répondu 108 interprètes sur les 154 que compte l’équipe, une réunion extraordinaire du ballet s’est déroulée mercredi 18 avril. Une confrontation apparemment orageuse qui s’est conclue par un vote des 130 danseurs présents. A une très large majorité – à l’exception de deux votes contre et deux abstentions –, les interprètes ont chargé Erwan Le Roux, délégué syndical central CGT du ballet, de prendre les choses en main et de régler l’affaire au plus près des intérêts de tous les danseurs.
« Ces accusations sont très graves »
Interrogé par Le Monde, Erwan Le Roux, par ailleurs danseur dans le corps de ballet, tient d’abord à reprendre quelques points ultrasensibles de ce dossier explosif. Pour rappel, c’est la commission d’expression artistique (CEA), composée de quatre interprètes élus chaque année et, selon la convention collective, par la troupe pour servir de courroie de transmission entre la compagnie et la direction, qui a conçu et récolté ce questionnaire. Un questionnaire devenu une bombe tant les résultats sont explosifs. Dans Le Figaro, il est dit que 88,9 % des danseurs estiment que « le management d’Aurélie Dupont n’est pas de bonne qualité ».
Il est aussi question de harcèlement moral et sexuel. « A ce jour, aucun danseur n’est venu me voir pour accuser Aurélie Dupont de harcèlement sexuel, affirme Erwan Le Roux. Ces accusations sont très graves. Et quand elles sont fausses, c’est pire. Elles sont en train de faire le tour de la planète et nuisent gravement à la réputation d’Aurélie Dupont ainsi qu’à celle de l’institution. S’il y a des problèmes dans la troupe, c’est à moi et mes deux délégués d’en faire part directement à la direction. C’est une question de démocratie sociale. »
Par ailleurs, la question de la fuite de ce rapport confidentiel dont les résultats « bruts et non synthétisés », ainsi que les commentaires anonymes des danseurs souvent rapides et sans précautions, ont été adressés à certains journalistes, reste aiguë. Pour quelles raisons cet envoi ? Et par qui ? Les 154 danseurs ont reçu le document par mail. « Un des points sensibles, suite à cette réunion, c’est que je n’ai toujours pas récupéré les codes informatiques du sondage originel qu’on devait me faire parvenir, explique M. Le Roux. J’ai reçu le rapport, comme tous les autres interprètes, mercredi 11 avril, et je ne pense pas qu’il ait été manipulé. Mais il est important d’avoir le document source par devoir de transparence de toute la troupe. »
Ambiance désastreuse
L’ambiance dans la compagnie semble, selon plusieurs sources, désastreuse. Et ce alors que les représentations de Roméo et Juliette, chorégraphié par Sasha Waltz, sont à l’affiche jusqu’au 4 mai de l’Opéra Bastille. Certains interprètes évoquent « des règlements de comptes avec la direction », « des haines personnelles extrêmement violentes », une « machination scandaleuse ». « Toute cette histoire est humainement dramatique, ajoute Erwan Le Roux. Certains danseurs ont même honte d’être à l’Opéra national de Paris. Ceux qui ont répondu à ce sondage qui garantissait l’anonymat l’ont fait en toute bonne foi et en confiance. Tout le monde regarde son collègue de travers en se demandant qui a pu agir de cette façon. »
Selon les témoignages collectés, tous anonymes, par Le Monde, il est clair que des problèmes de fond existent. Qu’ils remontent bien au-delà d’Aurélie Dupont paraît aussi évident. Le harcèlement moral semble « systémique » à l’Opéra de Paris.
« Il est clair qu’on doit faire évoluer l’organisation du travail dans la compagnie depuis le rythme des répétitions jusqu’à la durée de la pause déjeuner, commente Erwan Le Roux. Je travaillais sur ce gros dossier depuis presque trois ans. Il y a plus de quarante ans que ce fonctionnement n’a pas été discuté. Les négociations étaient bien avancées. Je ne sais plus aujourd’hui comment on va progresser. Le renouvellement générationnel d’une troupe, où la moyenne d’âge est actuellement de 25 ans, entraîne de nouveaux modes de pensée, de relations entre les gens et de travail. Se lâcher sur les réseaux sociaux est une chose mais attention à ne pas se déverser partout. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
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Classique à Deauville ou jazz à Paris, nos choix musicaux

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



Le Monde
 |    23.04.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 07h25
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Vite, la fin du mois d’avril est encore riche en concerts à réserver. Vous préférez les grands raouts estivaux ? Les pass Rock en Seine sont en vente.
TROIS CONCERTS :
Enrico Pieranunzi, au Sunside, à Paris, les 24 et 25 avril

Salué par notre collègue Paul Benkimoun, Monsieur Claude le nouvel album du pianiste italien Enrico Pieranunzi, publié par Bonsaï, rend hommage au compositeur Claude Debussy. Avec le batteur André Ceccarelli et le contrebassiste Diego Imbert, le trio « forme l’ossature sur laquelle se greffent selon les morceaux la chanteuse italienne Simona Severini (…) ou le saxophoniste ténor David El Malek ». Tous les cinq seront au Sunside, à Paris, mardi 24 et 25 avril pour deux concerts de sortie de l’album. L’occasion de retrouver les principaux thèmes de l’album, alliance entre le jazz et la musique classique, et au-delà de les entendre vivre par la spontanéité du concert, l’échange et l’improvisation, talents partagés par le pianiste et ses compagnons. Sylvain Siclier
Sunside, 60 rue des Lombards, Paris 1er. Mo Châtelet, Les Halles. Tél. : 01-40-26-46-60. Mardi 24 et mercredi 25 avril, à 21 heures. 30 €.
Insecure Men, au Point éphémère, à Paris, le 25 avril 

En congé de sa fratrie de rockers déglingués Fat White Family, le guitariste londonien Saul Adamczewski trouve le temps de s’acoquiner avec son ami d’enfance Ben Romans-Hopcraft de Childhood pour former Insecure Men. A notre grande surprise, le duo fait montre d’une sensibilité pop très prononcée, assez loin du garage rock dépravé qui caractérise Fat White Family. Mais en grattant le vernis pop, il subsiste tout de même cette tentation de salir des mélodies trop clinquantes.
Sur leur revigorant premier album (sorti en mars sur Fat Possum Records), les harmonies chatoyantes du Pet Sounds des Beach Boys se télescopent avec une boite à rythme rudimentaire et des nappes synthétiques pour le moins éxotiques. Autre détail non désuet, le disque a été enregistré à New York avec la complicité de Sean Lennon, fils du grand John, mais aussi fan notoire de la fratrie de… Brian Wilson. On y revient donc. En ouverture de leur premier concert parisien mercredi 25 avril, au Point éphémère, le Britannique Raf Rundell, initialement moitié du duo The 2 Bears, dont la pop déviante sur fond de dance music donne follement envie de se trémousser. Franck Colombani
Point éphémère, 200 quai de Valmy, Paris 10e. Mo Jaurès. Mercredi 25 avril, à 20 heures. 16,80 €.
Laish, du 25 avril au 2 mai 

   


Révélé en France par l’entremise du label bordelais Talitres, le songwriter britannique Danny Green alias Laish, avait eu bonne presse voilà deux ans avec son troisième album Pendulum Swing. Il s’y distinguait une écriture pop raffinée oscillant entre folk arrangée façon Elliott Smith et brit pop artisanale. Si Time Elastic, quatrième album de ce malicieux quadragénaire originaire de Brighton conserve un certain pour la mélodie aguicheuse ornée de violons et cuivres (Blink Of An Eye, Dance To The Rhythm), les paroles tendent vers l’introspection en explorant « la relation entre le temps et la mémoire », mais avec ce sens de l’ironie typiquement british qui allège instantanément le propos.
Avec l’arrivée des beaux jours, Danny Green et sa bande s’offrent cette semaine une petite tournée à travers le sud ouest de l’Hexagone, qui débute mercredi 25 avril à Bordeaux (Le Rocher de Palmer avec Soul Sanko, 20 €). Puis ce sera le 26 avril à Saint-Macaire (La Belle-Lurette), le 27 à Arthez-de-Bearn (Le Pingouin alternatif), avant de rejoindre la capitale le 2 mai (Petit-Bain, avec Manolo Redondo et Bed, 15 €). F. C.
UN FESTIVAL : le Festival de Pâques de Deauville, jusqu’au 30 avril

   


Comme chaque année depuis 1996, le Festival de Pâques de Deauville réunit la fine fleur chambriste toutes générations confondues durant trois semaines. Du répertoire baroque à la musique contemporaine (création de David Chalmin), en passant par Brahms, Fauré, Schubert ou Dvorak, mais aussi Schnittke, Copland, Korngold, les musiciens appelés sont aussi des élus. Du jeudi 26 au lundi 30 avril, répondront présents, entre autres, la soprano Adèle Charvet, les pianistes Guillaume Bellom, Adam Laloum, Ismaël Margain et Theo Fouchenneret, les violonistes Pierre Fouchenneret et Augustin Dumay, les altistes Lise Berthaud, Adrien Boisseau et Adrien La Marca, les violoncellistes François Salque et Edgar Moreau, la percussionniste Adelaïde Ferrière, le chef d’orchestre Pierre Dumousseau, ainsi que le talentueux Quatuor Arod. Marie-Aude Roux
Festival de Pâques de Deauville (Calvados), Salle Elie-de-Brignac. Jusqu’au 30 avril. Tél. : 02-31-14-14-74. De 25 € à 30 €. Abonnement pour sept concerts, de 130 € à 170 €.
À RÉSERVER : le festival Rock en Seine, au Domaine national de Saint-Cloud, du 24 au 26 août

   


Dernier grand festival d’été, Rock en Seine, organisé sur la partie basse du Domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) a annoncé, il y a quelques jours, une partie de sa programmation et le détail des passages des premiers groupes jour par jour, du vendredi 24 au dimanche 26 août. En têtes d’affiches du vendredi 24, PNL et les Sud-Africains de Die Antwoord donneront une tonalité rap à la fin de la journée, tandis que le rock sera représenté par les Australiens de Parcels, MNNQNS ou les Argentins d’Attaque 77 (groupe fondé en 1987). Samedi 25, le groupe mené par l’acteur et chanteur Jared Leto, Thirty Seconds To Mars, devrait être l’une des sensations du festival, qui présente ce même jour la chanteuse Anna Calvi, d’autres Australiens, les fantasques King Gizzard & The Lizard Wizard, le retour de Fat White Family, déjà là en 2014, le quartette expérimental The Psychotic Monks, récent vainqueur du prix Chorus. Enfin dimanche 26, en vedettes le groupe électro Justice et le rappeur Macklemore, et côté rock The Black Angels, Idles, Wolf Alice, Jessica93. S. Si.
Rock en Seine, au Domaine national de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Du 24 au 26 août. Forfait journée 59 €, forfait 3 jours 139 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le plan « Culture près de chez vous » porté par Françoise Nyssen constitue un incroyable retour en arrière, expliquent les principales organisations du spectacle vivant, dans une tribune au « Monde ». Il est temps de mettre véritablement en place l’acte II de la décentralisation.
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édition abonné


« M. Macron, votre politique culturelle est celle de la IVe République »

Le plan « Culture près de chez vous » porté par Françoise Nyssen constitue un incroyable retour en arrière, expliquent les principales organisations du spectacle vivant, dans une tribune au « Monde ». Il est temps de mettre véritablement en place l’acte II de la décentralisation.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 09h33
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Monsieur le président de la République, en juillet 2017, une lettre signée par la plupart des artistes de la scène contemporaine vous avait été adressée. C’était un mouvement inédit qui prenait au mot la modernisation que vous prétendiez incarner. Elle aurait dû vous intéresser.
Cette lettre dressait un panorama de la situation de notre pays : la jeunesse qui peine à trouver sa place, la République menacée par une rupture d’égalité entre les territoires, la fraternité attaquée par les identitarismes, la crainte du déclassement qui frappe nombre de nos concitoyens, le développement du nihilisme sous la forme de radicalités violentes.
Aggiornamento de l’action publique des arts
Forts de ces constats, nous vous avons proposé un acte II de la décentralisation culturelle, convaincus que le besoin de culture aujourd’hui est comparable à ce qu’il était au moment de l’invention de notre politique culturelle. Nous avons appelé à la mise en place de nouvelles alliances et configurations avec les autres champs ministériels ; nous avons proposé une grande séquence expérimentale telle que l’Etat a le pouvoir d’en décréter. Nous avons surtout dit qu’il fallait renforcer l’implantation des équipes artistiques et des lieux d’art, partout sur le territoire.
Ces lieux d’art, petits ou grands, ruraux et urbains, sont les seuls lieux publics qui nous restent. Ils doivent redevenir des lieux de socialisation, d’émancipation, de constructions collectives, de fête, de fraternisation, de délibérations populaires, de nouveaux usages partagés, pour la plus haute créativité de tous et de tous les secteurs. C’est une tâche difficile, tant l’appauvrissement, les sophismes, la défiance, les intérêts identitaires se sont installés dans les têtes et les discours.

Nous étions prêts à imaginer, à recréer l’élan d’un aggiornamento de l’action publique des arts. Et nous avions cru trouver une écoute attentive et un intérêt pour ces propositions.
Pourtant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Notre choix du soir. Treize ans après, la petite faune aquatique du « Monde de Nemo » fait son retour dans une nouvelle aventure menée tambour battant (sur Canal+ Family à 20 h 50).
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TV – « Le Monde de Dory » : une mémoire de poisson bleu

Notre choix du soir. Treize ans après, la petite faune aquatique du « Monde de Nemo » fait son retour dans une nouvelle aventure menée tambour battant (sur Canal+ Family à 20 h 50).



Le Monde
 |    22.04.2018 à 18h00
    |

                            Mathieu Macheret








                        


Film d’animation sur Canal+ Family à 20 h 50

Le Monde de Dory se présente comme un dérivé du Monde de Nemo (2003), auquel il reprend son personnage charmant du « chirurgien bleu » à la mémoire de poisson rouge. On retrouve donc Dory en petit alevin à peine sorti du frai, couvée par deux parents qui tentent par tous les moyens d’encadrer ses troubles de mémoire. Mais aucune précaution n’y fait et, un beau jour, le courant marin l’entraîne vers le large, loin des siens. Livrée à elle-même, Dory grandit avec le seul objectif qui tienne dans sa caboche : rejoindre ses parents. Pour cela, elle s’attache à toutes les créatures de passage, pour arriver dans un grand parc aquatique, dont les animaux vont lui prêter main-forte.
On entrevoit immédiatement la perspective potentielle d’un personnage dont la mémoire s’efface instantanément, incapable de rien retenir : celle d’un récit loufoque, où rien ne serait jamais acquis. Malheureusement, Andrew Stanton prend le parti moins risqué d’une veine familialiste, où le délire mnémonique de Dory est contenu par l’obsession du retour au foyer parental. Une fois la chose admise, rien n’empêche de goûter au plaisir du film, car si le génie du studio Pixar s’est temporairement éclipsé, c’est pour mieux laisser place, cette fois, au savoir-faire.
Dédale d’aquariums
Mené tambour battant, Le Monde de Dory doit beaucoup au décor du parc aquatique où se situe le récit, dédale d’aquariums, de bassins, de tuyauterie conçu comme un parcours d’obstacles. De plus, sous la gangue familiale, il n’est pas interdit de considérer l’ensemble comme une variante picaresque du récit d’initiation à la Pixar : si Dory n’a aucune mémoire, elle se découvre une formidable aptitude au présent, en développant sa capacité d’action instantanée, ainsi qu’un goût pour le compagnonnage.
D’ailleurs, l’intérêt du film tient avant tout au bestiaire qu’il met en scène – poulpe, requin-marteau, béluga, baleine, poisson-clown, plongeur huard, coquille Saint-Jacques – à travers une variété de textures numériques et une précision dans le rendu extraordinaire. On ne résiste pas à décerner, parmi eux, une mention spéciale à l’otarie Gerald, trouvaille la plus frappadingue, pourtant trop isolée, d’un film qui manque souvent de fantaisie.
Le Monde de Dory, d’Andrew Stanton et Angus MacLane (EU, 2016, 97 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/23/18-14">
<filnamedate="20180423"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180423"><AAMMJJHH="2018042318">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ En 1978, la comédienne avait été enlevée par le régime nord-coréen pour améliorer la qualité des films de propagande. Elle est décédée le 16 avril, à l’âge de 91 ans
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’actrice sud-coréenne Choi Eun-hee, ancienne otage de la Corée du Nord, est morte

En 1978, la comédienne avait été enlevée par le régime nord-coréen pour améliorer la qualité des films de propagande. Elle est décédée le 16 avril, à l’âge de 91 ans



Le Monde
 |    22.04.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 08h12
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            Harold Thibault








                        



                                


                            

L’existence de la grande star de cinéma sud-coréenne Choi Eun-hee n’avait déjà rien d’ordinaire, mais elle prit un tour encore plus singulier un jour de janvier 1978 sur la plage de Repulse Bay, à Hongkong, selon le récit que fera plus tard l’actrice, décédée lundi 16 avril.
La comédienne s’était rendue dans la colonie britannique pour rencontrer le prétendu directeur d’un studio local qui disait donner également des cours d’art dramatique et lui proposait un partenariat, peut-être aussi de réaliser une production locale. Cela faisait un moment que Choi, l’une des plus grandes célébrités du cinéma de l’après-guerre de Corée, était dans une phase de creux et son école d’art dramatique était au bord de la banqueroute. L’offre était de nature à changer la donne.
La villa du producteur, lui expliqua sa guide, était de l’autre côté de la baie. Quoique interloquée, Choi embarqua sur l’esquif à moteur vers laquelle on la dirigeait. Elle fut ainsi enlevée et transférée sur un cargo. Destination : le régime ennemi de son pays en pleine guerre froide, la Corée du Nord.
Admirée par Kim Jong-il
Là-bas, un fan de cinéma nourrissait un dessein ambitieux. Kim Jong-il avait été chargé du département d’agit-prop du régime de son père. Il avait développé une passion pour le septième art et déplorait la piètre qualité des films de propagande nord-coréens en comparaison avec les œuvres du Sud. Ce kidnapping devait contribuer à relever le niveau.
Kim Jong-il admirait beaucoup, semble-t-il, l’actrice et tenta à certaines occasions de lui remonter le moral, quoi que étant le commanditaire de son enlèvement. « J’étais au désespoir et il a tenté de me changer les idées, en disant : “Regardez-moi, Mme Choi. N’ai-je pas l’air d’un nain petit et gros ?” Je n’ai pas pu m’empêcher de rire », racontera-t-elle ensuite dans un entretien. Elle sera hébergée dans de luxueuses villas à Pyongyang et parfois maintenue dans des résidences...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Premier Noir champion du monde chez les lourds en 1908, il avait été condamné en vertu des lois racistes de l’Amérique ségrégationniste.
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Donald Trump envisage la grâce posthume du boxeur Jack Johnson

Premier Noir champion du monde chez les lourds en 1908, il avait été condamné en vertu des lois racistes de l’Amérique ségrégationniste.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 01h52
   





                        



   


Après une série d’attaques contre le New York Times, puis James Comey, après les funérailles de Barbara Bush, un autre tweet de Donald Trump n’est pas passé inaperçu, samedi 21 avril.

Sylvester Stallone called me with the story of heavyweight boxing champion Jack Johnson. His trials and tribulation… https://t.co/kQCWb2UOpH— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Le président des Etats-Unis a ainsi écrit : 
« Sylvester Stallone m’a appelé pour me parler de l’histoire du champion de boxe poids lourds Jack Johnson. Les épreuves et les tribulations qu’il a traversées sont incroyables, sa vie complexe et controversée. Au fil des années, d’autres se sont penchés sur cette question, la plupart pensaient que cela se ferait, mais oui, j’envisage un Pardon Complet ! »
Tabou brisé
Jack Johnson (1878-1946) a été le premier Noir champion du monde de boxe en catégorie poids lourds. Le 4 juillet 1910 devant 25 000 spectateurs réunis à Reno, dans le Nevada, il écrase l’ancien champion James Jeffries. Un traumatisme alors pour l’Amérique blanche et ségrégationniste.
Pendant le combat, le public, majoritairement blanc, crie : « Tuez le nègre ! » Au bout de quinze reprises, pourtant, Jeffries doit s’avouer vaincu. A l’issue du combat, retransmis en direct par les téléscripteurs, dans plusieurs grandes villes telles que New York et Chicago, des groupes racistes s’attaquent à des Noirs, pris au hasard. Il y eut des dizaines de morts. Les actualités filmées montrant la victoire incontestable de Johnson sont mêmes interdites dans certains Etats.

Jack Johnson est né en 1878 à Galveston, au Texas. Anciens esclaves, ses parents étaient libres mais extrêmement pauvres. Pour échapper à sa condition, il se lance dans la boxe. A cette époque, les Noirs pouvaient affronter des adversaires blancs dans toutes les catégories, sauf celle des poids lourds. Johnson brise ce tabou en 1908 et devient champion du monde.
Cette victoire est contestée par les tenants de la suprématie blanche, qui poussent l’ancien champion James Jeffries, qui avait pris sa retraite et quarante kilos, à remonter sur le ring, lors du combat de Reno.
Culture populaire
Johnson aggrave son cas en épousant, en décembre 1912, une Blanche, Lucille Cameron, ce qui était alors interdit par le Mann Act de 1910 – loi qui criminalise le fait de transporter des femmes ou des jeunes filles d’un Etat à un autre « dans un quelconque but immoral » (any other immoral purpose) et permet aux autorités de poursuivre des célébrités jugées « dangereuses ».
Condamné à un an de prison, il quitte les Etats-Unis et arrive à Paris. Le 27 juin 1914, il se bat, au Vél’d’Hiv’, contre Frank Moran un adversaire blanc venu de Pittsburgh, qu’il écrase. Mais la première guerre mondiale éclate quelques jours plus tard, et Johnson doit quitter l’Europe. Il perd son titre en 1915 à La Havane face à Jess Willard et préfère rentrer aux Etats-Unis purger sa peine, en 1920. Il meurt à 68 ans, le 10 juin 1946 dans un accident de la route.

Dans la culture populaire, la pièce de théâtre d’Howard Sackler, The Great White Hope (L’insurgé, en 1967), raconte sa carrière. Jack Johnson a inspiré Miles Davis qui enregistre l’album A Tribute to Jack Johnson en 1971. En 2004, le documentariste de Ken Burns réalise Jack Johnson. Le champion qui divisa l’Amérique (Unforgivable Blackness : The Rise and Fall of Jack Johnson).
En vertu de l’article II, section II de la Constitution des Etats-Unis, « le président (…) a le pouvoir d’accorder des sursis et des grâces pour crimes contre les Etats-Unis, sauf dans les cas d’impeachment. » Mais le département de la justice n’accorde généralement pas de pardon posthume, parce qu’il préfère consacrer du temps aux cas de personnes en vie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Les dix jours de festivités musicales dans le désert californien se terminent ce dimanche.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ En 1988 paraissait « Le Livre de l’intranquillité », grand succès posthume de l’écrivain portugais. Sous le titre « Livre(s) de l’inquiétude », le revoici enrichi et retraduit.
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Raviver le chef-d’œuvre de Fernando Pessoa

En 1988 paraissait « Le Livre de l’intranquillité », grand succès posthume de l’écrivain portugais. Sous le titre « Livre(s) de l’inquiétude », le revoici enrichi et retraduit.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 08h58
    |

            Amaury da Cunha








                        



                                


                            
Livre(s) de l’inquiétude (Livro(s) do Desassossego), de Fernando Pessoa, édité par Teresa Rita Lopes, traduit du portugais par Marie-Hélène Piwnik, Christian Bourgois, 560 p., 27 €.

Quand Fernando Pessoa meurt, en 1935, à l’âge de 47 ans, il laisse derrière lui une malle noire appelée à devenir fameuse. A l’intérieur : 27 533 documents. L’inventaire ne sera fait qu’en 1968, et c’est en 1982 qu’une partie de ces textes épars, où il exprime son incompétence à vivre, seront publiés pour la première fois, au Portugal, sous le titre de ­Livro do Desassossego ; en 1988, sa traduction (par Françoise Laye) chez Christian Bourgois est intitulée Le Livre de l’intranquillité. Aujourd’hui, voici ce chef-d’œuvre de l’écrivain portugais dans une édition enrichie et une nouvelle traduction, sous un titre différent : ­Livre(s) de l’inquiétude.
Quand il s’y attelle, à Lisbonne, en 1913, le poète a 25 ans. Fils d’aristocrates désargentés, c’est un modeste employé de bureau. Solitaire, il fréquente les cafés de sa ville adorée, sirote jusqu’à l’excès de l’eau-de-vie et consacre le reste de son temps à l’écriture. Dans une lettre imaginaire de 1915 au poète américain Walt Whitman, on peut mesurer l’ampleur de son désir littéraire : « Je veux vivre libéré dans l’air. Je veux bouger hors de mon corps. (…) Je ne veux pas de verrou aux portes. »
« Pessoa « signifie « personne » ou « masque » en portugais
Son projet, grandiose et délirant : inventer des poètes à qui il prête des biographies et surtout des textes écrits dans un style propre à chacun. Ce sont ses hétéronymes, ou « personnalités littéraires ». En poète dramaturge, Pessoa met en scène la prose et la vie de ses créatures de papier. A travers eux, on retrouve un échantillon des tendances littéraires de l’époque : le symbolisme, le décadentisme, le futurisme… « Comment pouvoir vivre toutes les vies et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Pionnier du néoréalisme latino-américain et du « Cinema Novo », il a incarné pendant six décennies les mutations du cinéma face aux défis de la modernité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/04/2018
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Le cinéaste brésilien Nelson Pereira dos Santos est mort

Pionnier du néoréalisme latino-américain et du « Cinema Novo », il a incarné pendant six décennies les mutations du cinéma face aux défis de la modernité.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 23h14
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            
Pionnier du néoréalisme latino-américain et du « Cinema Novo » brésilien, premier réalisateur à entrer à l’Académie brésilienne, Nelson Pereira dos Santos est mort à Rio de Janeiro, le samedi 21 avril, à 89 ans. Pendant six décennies, il a incarné comme nul autre Brésilien les mutations du cinéma face aux défis de la modernité et de la contemporanéité.
Nelson Pereira dos Santos était né à Sao Paulo, le 22 octobre 1928. Il était fier de ses modestes origines. Le père, « Seu Santos », était un tailleur. Du côté maternel, la famille était originaire du Veneto (Italie).
Affinités avec la France
Après des études de droit, il aurait dû se former au Centre expérimental de la cinématographie, à Rome, comme tant de Latino-Américains attirés par les films italiens d’après-guerre. Mais il choisit plutôt Paris, où s’était exilé le romancier communiste Jorge Amado. Faute d’entrer à l’IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques), il fait ses classes à la Cinémathèque française. Les affinités avec la France ne se démentiront plus.
De retour au pays, il constate l’effondrement des grands studios Vera Cruz, à Sao Paulo, et critique le modèle industriel. Dans la presse communiste, il plaide pour une thématique brésilienne et des personnages populaires.
C’est à Rio de Janeiro, alors capitale du Brésil, qu’il met en pratique ses idées : Rio 40° (1955) est la découverte d’une nouvelle géographie humaine, filmée dans les rues et les « favelas » (bidonvilles), comme on ne les avait jamais vues encore sur un grand écran. Le retentissement est considérable, d’autant qu’une tentative de censure en fait l’objet d’une campagne de défense menée par l’Union nationale des étudiants (UNE).
La séduction et l’enthousiasme
Nelson Pereira dos Santos réinvente le cinéma brésilien. Communistes et catholiques communiaient alors dans la même foi dans les vertus du néoréalisme, qui leur semblait l’option pour renouveler à la fois l’expression et le mode...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ La série espagnole diffusée sur Netflix s’empare du thème du braquage pour en faire une utopie sociale, explique le chercheur Pierre Sérisier.
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« La Casa de papel », une incitation à la rébellion ?

La série espagnole diffusée sur Netflix s’empare du thème du braquage pour en faire une utopie sociale, explique le chercheur Pierre Sérisier.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 06h30
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            
Pierre Sérisier, enseignant à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, est l’auteur du blog « Le Monde des séries ».
Vous avez qualifié la série télévisée espagnole « La Casa de papel », d’Alex Pina, diffusée sur la plate-forme Netflix depuis décembre 2017, d’allégorie de la rébellion. Comment cela se manifeste-t-il, sur la forme et sur le fond ?
Le thème de la rébellion structure le scénario. Huit braqueurs s’enferment avec soixante-sept otages dans la Maison de la monnaie et du timbre, à Madrid, pour imprimer leur propre monnaie. Le personnage du « Professeur », cerveau du braquage qui, pendant cinq mois, forme ses coéquipiers à ce « casse du siècle », donne ses motivations : remettre en cause le fonctionnement du système économique et financier.
Cette contestation très nette est inscrite au cœur des dialogues comme à travers de nombreux détails : l’utilisation récurrente de la chanson révolutionnaire italienne Bella Ciao, les tenues portées par les braqueurs rappelant celles des prisonniers de Guantanamo, ou leurs masques évoquant ceux des Anonymous ainsi que le visage de Salvador Dali, briseur de codes par excellence. Formellement, la construction du scénario procède elle aussi d’une rupture. Toutes les fictions de braquage obéissent à certaines normes, prenant la forme d’une lutte contre le temps. Ici, l’idée de départ est révolutionnaire : le braquage doit durer le plus longtemps possible, chaque minute gagnée permettant un tour de plus de la planche à billets.

De nombreuses histoires humaines et d’amour se tissent et n’épargnent aucun personnage, rapprochant la série du soap opera. Est-ce une concession au genre ou un choix signifiant sur le plan des idées ?
Ce dispositif narratif soutient la réflexion politique de la série. Une fois enfermés dans la Maison de la monnaie et du timbre, les personnages n’ont rien d’autre à faire que d’attendre que les rotatives tournent....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Notre choix du soir. Co-produite par la BBC, la série documentaire de James Honeyborne et Mark Brownlow est proprement « bluffante » (sur France 2 à 20 h 55).
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TV – « Planète bleue, Voyage au cœur des océans »

Notre choix du soir. Co-produite par la BBC, la série documentaire de James Honeyborne et Mark Brownlow est proprement « bluffante » (sur France 2 à 20 h 55).



Le Monde
 |    21.04.2018 à 18h00
    |

                            Camille Langlade








                        


Documentaire sur France 2 à 20 h 55

Après avoir sondé les ­secrets du monde marin dans Planète bleue (2001), la BBC propose une nouvelle série documentaire. Coproduite avec plusieurs chaînes étrangères, dont France Télévisions, cette suite, composée de sept épisodes, sera diffusée en deux parties.
Près de quatre ans de production à travers trente-neuf pays ont été nécessaires à la réalisation de cette odyssée au cœur des océans et de leurs rivages. Le résultat est bluffant. On plonge volontiers dans les entrailles de cette planète bleue, à la rencontre de ses habitants et de ses curiosités.
Se nourrir, se reproduire et survivre. Appuyée par un socle de données scientifiques, Planète bleue révèle le quotidien des animaux marins, à la surface de l’eau comme dans les abysses. Théâtre de tous les dangers, la vie aquatique illustre parfaitement la notion de chaîne alimentaire, où chaque prédateur se fait proie. Une famille de poissons-clowns à la recherche d’un cocon familial, des hordes de mérous se reproduisant au péril de leur vie ou encore de jeunes sternes prenant leur envol : on assiste à une véritable épopée, faite de combats, de délivrances, d’allégresse et de moments de poésie. Le film varie habilement les registres, de la saynète comique aux épilogues tragiques ou inattendus, comme lorsqu’on découvre que certains poissons – en l’occurrence les labres à tête de mouton femelles – se transforment, après un certain âge, en mâles.
Dans Planète bleue, les animaux constituent des personnages à part entière. Des héros dont les ­caméras se sont approchées au plus près, pour capter leurs mouvements, mais aussi leurs émotions. En témoigne notamment une scène de chasse filmée à dos d’orque. Les dernières innovations en matière de techno­logie et de plongée ont en effet permis aux équipes du film de tourner des scènes inédites, en allant toujours plus profond, plus longtemps et le plus discrètement possible.

Mais les animaux et autres crustacés n’ont pas le monopole du grand bleu. Les forces de la nature, les marées et les vagues, restent de véritables architectes marins, qui sculptent le littoral. Rien d’étonnant quand on sait que lorsqu’elles se brisent sur les ­côtes, au large du Portugal, certaines vagues dégagent une puissance phénoménale
Le documentaire alterne dramatisation et contemplation. Mention spéciale pour le ballet aquatique des raies Mobula, au large de la mer de Cortez, au nord du Mexique, qui, après avoir sauté au-dessus de l’eau, s’élancent à la poursuite de planctons phosphorescents, dans une séquence magique. Toutes ces ­tranches de vie sont commentées avec saveur par le comédien François Morel. Une place importante est aussi donnée aux bruitages, qui viennent s’ajouter à des partitions orchestrales ­omniprésentes.
Performances visuelles
Si les transitions sont parfois laborieuses – conséquence, sans doute, du redécoupage des épisodes –, l’ensemble reste captivant. Destiné aux petits comme aux grands, le film n’en oublie pas la problématique du réchauffement climatique, abordée dans une ultime séquence. Un ennemi tacite aux répercussions tragiques, qui vient s’immiscer dans cette vie sauvage vide d’homme. Riche en performances visuelles plus qu’en démonstrations scientifiques, ce spectacle ravira autant les amateurs de documentaire animalier que les ­néophytes.
Planète bleue, Voyage au cœur des océans, de James Honeyborne et Mark Brownlow, 1/2 (GB, 2018, 90 min). Suivi du « making of ». La seconde partie sera diffusée le samedi 28 avril.



                            


                        

                        

