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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Des milliers de personnes protestaient depuis des jours contre le maintien au pouvoir de M. Sarkissian, qui fut président du pays de 2008 à 2018.
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Arménie : démission du premier ministre, Serge Sarkissian

Des milliers de personnes protestaient depuis des jours contre le maintien au pouvoir de M. Sarkissian, qui fut président du pays de 2008 à 2018.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 14h47
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 17h28
   





                        



   


Après plus de dix jours de contestation, le premier ministre arménien, Serge Sarkissian, a démissionné, lundi 23 avril. « Je quitte le poste de dirigeant du pays », a-t-il déclaré selon son service de presse, cité par l’agence de presse officielle arménienne Armenpress.
Cette annonce surprise a eu lieu quelques heures après la libération du chef de la contestation et député Nikol Pachinian, interpellé la veille lors d’une manifestation de l’opposition. Le parlementaire a aussitôt rejoint les protestataires dans les rues d’Erevan, en lançant : « Tout le monde a déjà compris que nous avons gagné ! » « Nikol Pachinian avait raison. Et moi, je me suis trompé », a ajouté le premier ministre démissionnaire.
Peu après l’annonce, des milliers de manifestants se sont réunis sur la place de la République, en plein centre de la capitale arménienne, où est situé le siège du gouvernement. La foule a accueilli par des cris de joie et des applaudissements la nouvelle de la démission du premier ministre. Dans la matinée, des militaires en tenue avaient, pour la première fois, rejoint les rangs des manifestants, témoignant d’une situation de plus en plus critique pour les autorités.

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                En Arménie, la contestation contre le pouvoir s’amplifie



« Deux réalités aux antipodes »
Les manifestations étaient devenues quasi quotidiennes depuis le 13 avril contre le maintien au pouvoir de M. Sarkissian, qui fut président du pays de 2008 à 2018. Elu premier ministre le 17 avril, alors qu’il venait d’achever son second et dernier mandat présidentiel, M. Sarkissian a cristallisé la colère populaire, qui l’accuse de se maintenir au pouvoir sans avoir réussi à améliorer la vie quotidienne de ses compatriotes.
Le taux de pauvreté en Arménie a augmenté ces dernières années : il était de 29,8 % en 2016 et de 27,6 % en 2008, selon les données de la Banque mondiale, tandis que le revenu national brut (RNB) par habitant stagne à 3 770 dollars, une somme quasi identique à celle d’il y a dix ans. La corruption est également un problème majeur dans la société arménienne.
« La majorité de la population n’a plus confiance envers les autorités, ni envers le système politique du pays en général », constate l’analyste Iouri Navoïan, qui préside l’ONG russo-arménienne Dialogue, sise à Moscou. Il affirme notamment que « les autorités et le peuple constituent deux réalités aux antipodes » en Arménie, soulignant que « les protestations en Arménie ont révélé des problèmes socio-économiques et politiques qui se sont accumulés depuis des années ».
C’est aussi une certaine forme de trahison de Serge Sarkissian qu’ont dénoncé les manifestants. Alors que la Constitution d’Arménie interdit au président d’effectuer plus de deux mandats, le président, à la tête du pays depuis 2008, avait fait voter en 2015 une réforme controversée donnant l’essentiel des pouvoirs au premier ministre, les fonctions du président devenant largement protocolaires. Il avait alors assuré qu’il n’entendait pas présenter sa candidature au poste de chef du gouvernement. Avant de changer d’avis.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Il s’agit du troisième enfant du couple princier, après George, en 2013, et Charlotte, en 2015.
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Royaume-Uni : Kate Middleton, épouse du prince William, a donné naissance à un garçon

Il s’agit du troisième enfant du couple princier, après George, en 2013, et Charlotte, en 2015.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 14h39
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 14h55
   





                        



   


Après George et Charlotte, Kate Middleton, épouse du prince William, a donné naissance à leur troisième enfant, lundi 23 avril. Il s’agit d’un garçon a annoncé dans un communiqué le palais de Kensington, précisant que la maman et le bébé vont bien. L’enfant, dont le nom sera annoncé « en temps voulu », pèse 3,8 kilos.
« La reine, le duc d’Edimbourg, le prince de Galles, la duchesse de Cornouailles, le prince Harry et les membres des deux familles ont été informés et sont enchantés de la nouvelle », rapporte le palais de Kensington. La duchesse de Cambridge avait été admise lundi matin à la maternité de l’hôpital St Mary, dans l’ouest de Londres, où ses deux autres enfants, George, en 2013, et Charlotte, en 2015, sont aussi nés.
Conformément à la tradition, la naissance sera annoncée par une proclamation signée des médecins royaux, installée sur un chevalet doré placé pour le public dans la cour du palais de Buckingham.
Cinquième dans l’ordre de succession
Cet enfant dispose du titre d’altesse royale, et comme son grand frère, de celui de prince de Cambridge. Il est cinquième dans l’ordre de succession au trône britannique, après son grand-père Charles, le prince de Galles, son père, le prince William, son grand frère, le prince George, et sa grande sœur, la princesse Charlotte.
Pour la première fois de l’histoire de la monarchie britannique, ce prince né lundi ne supplante pas sa sœur aînée dans l’ordre de succession, à la suite d’une réforme souhaitée par la reine Elizabeth II, qui met fin au droit de primogéniture masculine : c’est désormais l’enfant le plus âgé du souverain en titre qui hérite du trône, quel que soit son sexe, et non le garçon le plus âgé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Les deux hommes faisaient partie de la centaine de militants français et italiens qui ont franchi, dimanche, la frontière au col de Montgenèvre avec une trentaine de migrants.
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Hautes-Alpes : deux militants interpellés après l’entrée de migrants venant d’Italie dimanche

Les deux hommes faisaient partie de la centaine de militants français et italiens qui ont franchi, dimanche, la frontière au col de Montgenèvre avec une trentaine de migrants.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 13h39
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 13h49
   





                        


Deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans les Hautes-Alpes après avoir pris part, dimanche après-midi, à l’entrée en France d’une trentaine de migrants venant d’Italie, a-t-on appris, lundi 23 avril, de sources concordantes.
Cette action a elle-même été organisée après que des militants d’extrême droite de Génération identitaire eurent bloqué, de samedi à dimanche matin, le col de l’Echelle, situé à six kilomètres de la frontière et qu’ils considèrent comme un « point stratégique de passage des clandestins ». Ils y avaient matérialisé une « frontière symbolique » avec du grillage de chantier et déployé une banderole à flanc de montagne, relayant le message en anglais : « no way » (accès fermé).

        Lire :
         

          Opération « Defend Europe » par des militants d’extrême droite



Selon une source proche de l’enquête, les deux hommes arrêtés, dont un ressortissant étranger, « ont participé activement aux débordements survenus au col de Montgenèvre », quand une centaine de militants français et italiens ont franchi, dimanche, la frontière avec quelque trente migrants. Empruntant les pistes de la station de ski de Montgenèvre, militants et migrants se sont brièvement heurtés aux forces de l’ordre, avant de rejoindre Briançon par la route, encadrés par la gendarmerie.
Le parquet de Gap a confirmé « plusieurs interpellations », en précisant que les mis en cause étaient en garde à vue pour « aide à l’entrée d’étrangers en situation irrégulière sur le territoire national et en bande organisée ».
« Actions inacceptables »
Dimanche, le ministre de l’intérieur a renvoyé dos à dos « ultra-droite » et « ultra-gauche » pour leurs « actions inacceptables », quelques heures avant l’adoption du projet de loi asile-immigration à l’Assemblée au terme de sept jours de débats passionnés. Gérard Collomb a également annoncé l’envoi de renforts pour faire respecter le contrôle des frontières dans les Hautes-Alpes.
Lundi, le calme était revenu dans les rues de Briançon où circulaient quelques gendarmes mobiles, selon un correspondant de l’AFP. « Pour nous, l’enjeu doit rester le respect des droits fondamentaux des migrants, dont les demandeurs d’asile. Et les pratiques des associations comme de la population doivent rester la fraternité, non la violence », a déclaré Michel Rousseau, trésorier de l’association Tous migrants. « Les manifestations, ça nous inquiète. Ça nous fait peur », a confié, pour sa part, Mamoud, accueilli au Refuge solidaire à Briançon, entré en France par le col de l’Echelle, le 7 avril avec « une dizaine de garçons ».
Depuis un an, les Hautes-Alpes connaissent un afflux exponentiel de migrants, essentiellement d’Afrique de l’Ouest. Selon la préfecture, 315 personnes en situation irrégulière ont été refoulées vers l’Italie en 2016 et 1 900 en 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’objectif du texte que la Commission européenne présentera cette semaine est d’introduire des obligations de transparence pour les Google, App Store, Facebook.
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Bruxelles s’attaque à la régulation des plates-formes du Web

L’objectif du texte que la Commission européenne présentera cette semaine est d’introduire des obligations de transparence pour les Google, App Store, Facebook.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 13h32
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h56
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Après avoir longtemps tergiversé, Bruxelles s’en prend frontalement aux géants du Web. Cette semaine, la Commission européenne devrait proposer une régulation des plates-formes numériques – les Google, App Store, Facebook et autres Booking –, devenues de véritables portes d’entrées du Web (ou de l’univers des smartphones). Sans leur intermédiaire, pas d’existence possible en ligne pour les start-up, les PME, mais aussi une grande partie des multinationales.
L’objectif de ce texte, qu’a pu consulter Le Monde, consiste à introduire des obligations de transparence pour les plates-formes et à mettre en place des voies de recours efficaces pour leurs clients, s’ils s’estiment lésés. Une première mouture, moins ambitieuse, avait été retoquée en interne, en décembre 2017. D’après le site Politico, Margrethe Vestager a insisté pour que le champ de la réglementation soit élargi aux moteurs de recherche.
Il faut dire que la commissaire à la concurrence connaît bien ces sujets. En juin 2017, elle avait condamné Google à payer une amende record de 2,42 milliards d’euros pour abus de position dominante. Le géant californien était accusé d’avoir promu sur son moteur son offre Google Shopping aux dépens de celles de ses concurrents, grâce à son algorithme de référencement, largement opaque. Les services de la commissaire danoise ont encore deux enquêtes ouvertes en cours contre Google : l’une concerne son offre publicitaire, l’autre son système d’exploitation, Android.

Le projet de réglementation impose aux plates-formes de présenter leurs conditions d’utilisation de la manière la plus claire possible et leur interdit d’en changer sans prévenir leurs utilisateurs. Ces derniers doivent disposer d’au moins 15 jours pour s’adapter en cas de modification. En outre, une plate-forme qui déciderait de priver un utilisateur de ses services est tenue de justifier cette décision. Une disposition importante dans le cas des applications...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La révision du traité commercial de 1997 devrait permettre d’éliminer des droits de douane résiduels.
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Union européenne-Mexique : accord sur un traité de libre-échange

La révision du traité commercial de 1997 devrait permettre d’éliminer des droits de douane résiduels.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h44
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            

Confrontée à une politique commerciale américaine brouillonne et imprévisible, l’Union européenne (UE) continue à pousser son avantage. Après avoir annoncé mercredi 18 avril la conclusion définitive de deux accords considérables de libre-échange, avec Singapour et surtout avec le Japon, Bruxelles s’est félicitée, samedi 21 avril, d’être parvenue à un accord de principe avec Mexico, portant sur la révision d’un traité commercial datant de 1997.

« Avec cet accord, le Mexique et l’Union européenne envoient un message fort sur l’importance du maintien des marchés ouverts », ont déclaré dans un communiqué commun, publié samedi, les ministères mexicains de l’économie et des affaires étrangères. L’enjeu est de taille pour le Mexique, qui cherche à diversifier ses échanges et à défendre le libre-échange face aux politiques protectionnistes du président américain, Donald Trump.
S’il est ratifié par le Conseil européen (les Etats membres), puis par le Parlement de Strasbourg et par les députés mexicains (la totalité de ce processus peut prendre jusqu’à deux ans), ce nouveau traité éliminera nombre de droits de douanes résiduels, notamment dans les produits agroalimentaires (le chocolat, les pâtes), et prévoit des quotas d’exportation de lait en poudre substantiels (50 000 tonnes, cinq ans après l’entrée en vigueur de l’accord).
Objectif économique et politique
Les Européens ont aussi obtenu la reconnaissance de 340 indications géographiques (le Comté, le Szegedi szalámi, un saucisson hongrois, etc). C’est plus de deux fois le nombre d’indications reconnues par Toronto dans le cadre de l’accord CETA avec le Canada. Les Européens se ménagent aussi un accès privilégié au marché des télécommunications ou des transports mexicains. Les entreprises européennes et mexicaines devraient avoir un accès équivalent aux marchés publics des deux parties.

Plus symbolique : Bruxelles a réussi à imposer son nouveau système de règlement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Visé par les sanctions américaines, le magnat de l’aluminium cherche de nouveaux débouchés pour écouler sa production.
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En Russie, l’oligarque Oleg Deripaska met un genou à terre

Visé par les sanctions américaines, le magnat de l’aluminium cherche de nouveaux débouchés pour écouler sa production.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 10h44
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Oleg Deripaska a un genou à terre. Désormais interdit d’accès au marché américain, après les sanctions prises par Washington le 6 avril, qui ont visé en particulier son entreprise, Rusal, un géant de l’aluminium, l’oligarque russe cherche désespérément de nouveaux débouchés pour écouler sa production.
Des négociations ont été ouvertes avec la Chine, mais dans l’immédiat, chaque jour qui passe contraint le milliardaire à trouver où stocker des tonnes de métal, les deux grands opérateurs du marché, le London Metal Exchange (LME) et le Comex, à New York, ayant décidé de lui fermer les portes de leurs entrepôts.

La valeur du groupe, deuxième producteur mondial d’aluminium coté à Hongkong, s’est effondrée. Quatre membres du conseil d’administration de Rusal, tous étrangers, ont claqué la porte, dont le patron de Glencore, l’un de ses actionnaires et principaux clients, qui a invoqué la clause de « force majeure ».
Scénarios catastrophe esquissés
La déroute d’Oleg Deripaska n’est pas seulement un séisme qui a provoqué une flambée des prix de l’aluminium. Elle a aussi, en partie, entraîné une baisse du rouble, déconnectée des cours du pétrole, et soulève, par ricochet, de vives inquiétudes en Russie du fait de ses effets sur l’économie et l’emploi.
A elle seule, l’entreprise Rusal emploie 61 000 salariés – russes à une très large majorité –, sans compter les sous-traitants. Plusieurs villes mono-industrielles dépendent entièrement de son activité et, déjà, des scénarios catastrophe sont esquissés.

« Des sources proches de Rusal indiquent une possible réduction des effectifs de 10 % à 15 % dans les usines de Bratsk et d’Irkoutsk si l’entreprise ne parvient pas à vendre en Chine la part perdue dans les autres marchés », rapportait, vendredi 20 avril, l’agence Interfax. La ville de Bratsk, sise à 470 kilomètres au nord d’Irkoutsk, en Sibérie, possède sur son territoire l’une des usines les plus anciennes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ A la tête d’un mouvement qui réclame le départ du dirigeant Serge Sarkissian, au pouvoir depuis plus de dix ans, le député Nikol Pachinian a été interpellé.
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En Arménie, la contestation contre le pouvoir s’amplifie

A la tête d’un mouvement qui réclame le départ du dirigeant Serge Sarkissian, au pouvoir depuis plus de dix ans, le député Nikol Pachinian a été interpellé.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 11h46
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


La police a interpellé trois figures de l’opposition et plus de 200 manifestants, dimanche 22 avril, à Erevan, la capitale arménienne, après une série de rassemblements qui ébranlent depuis une dizaine de jours cette petite république du Caucase de 2,9 millions d’habitants. Le lendemain, lundi matin, des militaires en tenue ont, pour la première fois, rejoint les rangs des manifestants, témoignant, au milieu des cris et des applaudissements, d’une situation de plus en plus critique pour les autorités.
Des milliers de personnes protestent toujours contre le maintien au pouvoir de Serge Sarkissian, président pendant dix ans, de 2008 à 2018. La Constitution arménienne limitant à deux le nombre de mandats présidentiels, M. Sarkissian, 63 ans, est devenu, le 17 avril, premier ministre au terme d’une loi controversée qui lui a transféré l’essentiel des pouvoirs.
La manœuvre du dirigeant arménien réputé prorusse, qui n’est pas sans rappeler celle de Vladimir Poutine échangeant les rôles, de 2008 à 2012, avec son premier ministre Dmitri Medvedev, provoque la colère d’une partie de la population. Les protestataires réclament son départ et dénoncent la corruption endémique, le chômage et la pauvreté. Dimanche, la tension est montée d’un cran après la brève entrevue organisée, le matin, dans un grand hôtel d’Erevan, sous l’œil des caméras, entre M. Sarkissian et le chef de file de l’opposition, Nikol Pachinian, 42 ans, un ancien journaliste aujourd’hui député. Les deux adversaires se connaissent de longue date.
« Langage de menaces »
La discussion a tourné court. Casquette sur la tête, en tee-shirt militaire, M. Pachinian, la main droite bandée, a pris le temps de s’installer sur son siège avant d’exposer les raisons de sa présence. « Je suis venu ici pour discuter des termes de votre démission et des conditions d’une transition pacifique et sans heurt du pouvoir », a-t-il expliqué. « Les enseignements du 1er mars n’ont pas été tirés », a répliqué le premier ministre, dans une référence aux événements de 2008 qui en a fait sursauter plus d’un en Arménie. Cette année-là, en effet, au moment où M. Sarkissian parvenait au pouvoir dès le premier tour de la présidentielle, dix personnes avaient été tuées lors de violents affrontements avec la police. M. Pachinian avait alors séjourné quelques jours en prison.
« Personne n’a osé et n’osera nous tenir un langage de menaces. Je vous le dis : vous ne comprenez pas la situation qui règne dans le pays. Elle est différente de celle que vous connaissiez il y a 15-20 jours (…). Le pouvoir est passé entre les mains du peuple », a riposté l’opposant, qui prône « une révolution de velours » en Arménie. « Ce n’est pas un dialogue, c’est un chantage », s’est exclamé M. Sarkissian en quittant la salle. Quelques instants plus tard, M. Pachinian était « sorti de force » par la police du cortège qu’il avait rejoint. Dans la soirée, les manifestants faisaient toujours face à d’importants effectifs policiers déployés au cœur d’Erevan. Le ministère de l’intérieur a fait savoir, dans un communiqué, que les forces anti-émeutes étaient autorisées « à recourir à la force ».

        Lire aussi :
         

                Arménie : une rencontre entre le premier ministre et le chef de la contestation tourne court



« Immédiatement après les menaces (…), le régime de Serge Sarkissian a violemment, impudemment et illégalement arrêté trois députés qui bénéficient de l’immunité [parlementaire] », a réagi Serj Tankian. Le très populaire chanteur du groupe de rock américain System of a Down, d’origine arménienne et résidant à l’étranger, a très vite apporté son soutien aux protestataires. Le 18 avril, M. Pachinian avait lancé un appel aux célébrités de la diaspora arménienne. L’ambassade des Etats-Unis à Erevan et la délégation de l’Union européenne en Arménie ont chacune exprimé leur « préoccupation » face à l’aggravation de la crise.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 22/04/2018
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La « gréviculture » française vue de l’étranger

Entre étonnement, comparaison, ironie ou admiration de Macron, les médias européens se font l’écho des conflits sociaux qui traversent l’Hexagone.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 09h43
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                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance), 
Eric Albert (Londres, correspondance), 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen), 
                                Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale) et 
Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Les conflits sociaux en France ont été abondamment traités par la presse européenne. Alors que la grève en pointillé reprend à la SNCF, lundi 23 et mardi 24 avril, et que le président du groupe ferroviaire Guillaume Pepy a fait état dimanche au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro d’une mobilisation qui « s’érode lentement », la presse britannique résume l’interrogation générale en se demandant si Emmanuel Macron sera le président qui fera capituler les syndicats.
1. L’Allemagne attentive
La presse allemande, très attentive à ce qui se passe en France, a largement couvert les grèves en France. Les commentateurs saluent en général le processus de réformes engagé par Emmanuel Macron qui, selon le quotidien conservateur Die Welt, « veut rattraper en quelques mois des décennies de stagnation sociale et donne le vertige à certains » ; 
D’autres commentateurs s’inquiètent de l’effet de ces grèves sur les autres réformes nécessaires. « L’échec de l’école française à compenser les inégalités sociales, le manque de personnel qualifié, les impôts élevés pour les entreprises sont des problèmes plus urgents [que la SNCF] », écrit le correspondant de la Süddeutsche Zeitung. Le Handelsblatt s’alarme du rythme des réformes et du manque d’explications les accompagnant. « Souvent le gouvernement se borne à dire qu’il a un mandat pour moderniser le pays. C’est vrai, mais cela ne dispense pas d’expliquer précisément chacune des réformes », souligne le correspondant à Paris du quotidien économique. L’hebdomadaire de gauche Der Freitag rappelle, lui, que le droit de grève en France est bien moins encadré qu’en Allemagne. Et souligne le risque de ce long conflit pour les syndicats et pour leurs adhérents.
2. La Belgique tentée par des comparaisons
En Belgique, où le gouvernement du libéral Charles Michel tente de nombreuses réformes qui entraînent, depuis quatre ans, une mobilisation des syndicats (de la fonction publique surtout), on établit de nombreux parallèles avec la situation française. « Le président français attaque sur tous les fronts sociaux, avec des ambitions aussi larges que celles qu’a affichées chez nous Charles Michel », écrit, par exemple, le quotidien économique L’Echo. 
Ira-t-il jusqu’au bout dans son souhait de bousculer la France ? Il est, en tout cas, seul aux commandes, analysait récemment Le Soir, sur plusieurs pages. Avec le risque d’être, à l’instar du premier ministre belge, le dirigeant le plus contesté depuis une vingtaine d’années. M. Michel entend réformer la politique salariale, la fiscalité, le système des retraites… et la SNCB.
3. Les Pays-Bas entre étonnement et incertitude
Aux Pays-Bas, où un autre libéral, Mark Rutte, a imposé une forte cure d’austérité qui a entraîné un retour de la croissance et un surplus budgétaire, le monde politique et les commentateurs sont partagés entre l’étonnement face à l’ampleur des réformes engagées en France (« enfin », soulignent beaucoup d’entre eux) et l’incertitude quant aux résultats finaux.
C’est la situation de la compagnie nationale KLM – fusionnée avec Air France – qui inquiète particulièrement. « Air France-KLM reste loin derrière ses concurrents depuis douze mois », relève le Het Financieel Dagblad. « Malgré cela, les syndicats exigent 6 % d’augmentation », insiste le quotidien populaire De Telegraaf. Il relaye l’opinion du syndicat des pilotes NVL, qui juge les revendications de ses homologues excessives. Le site Nieuwsuur de la chaîne publique NOS se demande, lui, si Emmanuel Macron ira jusqu’au bout de ses projets. « Oui », répond l’économiste Mathijs Bouman. « S’il n’y arrive pas, d’ailleurs, qui le fera ? », s’interroge-t-il.
4. Le Royaume-Uni se demande si la France a trouvé son « Thatcher »
La caricature présente M. Macron portant à la place des cheveux la permanente bouclée de Margaret Thatcher, et donnant un violent coup de sac à main à un groupe de manifestants de la CGT. Au-dessus, le titre est sans ambiguïté : « Est-ce que la France a trouvé son Thatcher ? ». Le dessin, en « une » de l’hebdomadaire The Week, résume l’interrogation dominante de la presse britannique : le président français réussira-t-il à mater les manifestants ? Depuis des années, la presse d’outre-Manche cherche la personne qui réformera la France comme l’a fait la Dame de fer au Royaume-Uni dans les années 1980. Elle pensait l’avoir trouvée il y a une décennie avec Nicolas Sarkozy. Et, à quelques rares exceptions près, elle espère que ce sera finalement le cas avec M. Macron.
« Ça passe ou ça casse », estimait le Guardian dans un éditorial au début des manifestations. Le Times pense que « cette fois-ci, c’est différent » des grèves contre Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Le président français « pourrait peut-être arriver » à gagner face aux syndicats, veut croire le quotidien de centre droit. Christian May, le rédacteur en chef du très libéral City A.M., un quotidien économique gratuit, pense qu’un succès contre les syndicats est nécessaire : « S’il ne réussit pas à libéraliser et à ouvrir l’économie française, son ambition de faire de son pays l’endroit naturel pour accueillir les nouvelles technologies restera un simple rêve. »
5. L’Espagne pro-Macron
En Espagne, où les grands médias commentent avec un mélange d’envie, d’admiration et de bienveillance toutes les décisions politiques de l’européiste Emmanuel Macron, les grèves françaises ne font que peu parler d’elles, si ce n’est pour prodiguer un soutien éditorial aux réformes de la France.
Le 9 avril, le quotidien El Pais a ainsi publié un éditorial intitulé « Le train réformiste français » estimant que « le fait que l’économie française accélère sa croissance et réduit le chômage » est une « grande opportunité pour que Macron puisse mener à bien les réformes tant de fois repoussées et dont la France a tant besoin pour gagner le futur ».
Les grèves en soi n’ont pas provoqué de commentaires des opérateurs touristiques et des chefs d’entreprise, pour qui la France est de toute façon un pays de grévistes et de manifestations musclées. Chose qui suscite souvent l’admiration d’une part de la gauche et des syndicats en Espagne, qui ont du mal à mobiliser dans la durée et sont soumis à des services minimums très importants. Seule note différente : dans un texte du 20 avril, le correspondant du journal El Mundo, Enric Gonzalez, observe que personne ne semble satisfait dans l’Hexagone. « Le printemps est arrivé en France », écrit-il.
6. La Scandinavie ironique
Quand on leur parle des grèves en France, les Scandinaves ricanent : n’y a-t-il pas, dans ce pays, toujours un mouvement social en cours ? Et chacun de relater son expérience personnelle. Un train raté, un avion annulé… Début avril, le quotidien danois Politiken publiait un article intitulé « Comment la grève peut-elle vous affecter ». En marge d’un reportage auprès des usagers, la télé suédoise SVT indiquait que « la France est le pays le plus gréviste du monde », se référant au rapport de la fondation allemande Hans Böckler, selon lequel l’Hexagone aurait connu 132 jours de grève pour 1 000 salariés en 2017 contre… 5 pour la Suède !
La presse scandinave a profité de l’occasion pour revenir sur les réformes entreprises par le président Emmanuel Macron. L’enthousiasme suscité dans la région par son élection, il y a près d’un an, semble cependant s’être légèrement terni ces derniers mois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ En première instance, en mars 2016, il avait été reconnu coupable d’atrocités commises à Srebrenica et Sarajevo pendant la guerre de Bosnie, et condamné à quarante ans de prison.
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Ouverture du procès en appel de l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic

En première instance, en mars 2016, il avait été reconnu coupable d’atrocités commises à Srebrenica et Sarajevo pendant la guerre de Bosnie, et condamné à quarante ans de prison.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 05h23
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 07h57
   





                        



   


L’ex-chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, comparaît de nouveau lundi 23 avril à La Haye devant les juges internationaux, saisis en appel de sa condamnation à quarante ans de prison pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. L’audience devant le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), qui a pris le relais du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) après sa fermeture, en 2017, doit débuter à 11 h 20. Une courte intervention liminaire du juge principal Theodor Meron sera suivie de trois heures d’échanges entre défense et accusation. L’accusé aura l’occasion de prendre librement la parole mardi.
En première instance en mars 2016, le TPIY l’avait reconnu coupable d’atrocités commises à Srebrenica et Sarajevo pendant la guerre sanglante de Bosnie. Le conflit dans ce petit pays des Balkans a fait plus de 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995.

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          l’ex-chef de file des Serbes de Bosnie Karadzic fait appel de sa condamnation à quarante ans de prison



Aujourd’hui âgé de 72 ans, l’ex-psychiatre est le plus haut responsable à devoir rendre des comptes devant la justice, depuis la mort pendant son procès de l’ancien président serbe Slobodan Milosevic. Son avocat, Peter Robinson, a fait appel du verdict du TPIY, estimant que les juges « l’ont présumé coupable et ont construit un jugement pour justifier cette présomption ».
Toujours érigé en « héros » par beaucoup des siens, l’ex-président de l’entité des Serbes de Bosnie, la Republika Srpska, a lui-même fustigé un « procès politique » et s’est dit victime d’une condamnation « monstrueuse ».
L’accusation avait fait appel
Dans son verdict, le TPIY considérait que l’accusé, « fer de lance des structures militaires, politiques et gouvernementales » des Serbes de Bosnie, avait cherché à diviser le pays. En s’emparant de plusieurs municipalités, ses troupes avaient « sélectionné leurs victimes sur la base de leur identité de Musulman ou de Croate », affirmaient les juges.
Karadzic a été reconnu coupable de génocide pour le meurtre de près de 8 000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica en juillet 1995, la pire tuerie commise en Europe depuis la seconde guerre mondiale. Selon les juges, le massacre s’inscrivait dans le cadre d’un « nettoyage ethnique » planifié par un trio regroupant Karadzic, le général Ratko Mladic et Slobodan Milosevic.
L’accusé a aussi été condamné pour des persécutions, meurtres, viols, traitements inhumains ou transferts forcés, notamment lors du siège de Sarajevo, qui coûta la vie à 10 000 civils en quarante-quatre mois, ainsi que pour des camps de détention aux « conditions de vie inhumaines ». Il avait cependant été acquitté d’un des deux chefs d’accusation pour génocide, faute de preuves suffisantes pour affirmer, au-delà de tout doute raisonnable, qu’un tel crime avait été commis dans sept autres municipalités de Bosnie.

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L’accusation, qui demandait la prison à vie, avait elle aussi fait appel du verdict, jugé trop clément. Le procureur Serge Brammertz regrettait notamment que les juges aient retenu « une définition excessivement étroite de l’intention génocidaire ».
Résident du quartier pénitentiaire des Nations unies
Un temps fugitif le plus recherché du continent européen, Radovan Karadzic a été arrêté en 2008 après près de treize ans de fuite. Ayant renoncé à sa mèche indomptable, il se cachait à Belgrade sous les traits d’un spécialiste de médecine alternative, arborant une barbe blanche nourrie.
Depuis 2009, il est derrière les barreaux du quartier pénitentiaire des Nations unies dans les dunes de La Haye, où il cohabite notamment avec son alter ego militaire, Ratko Mladic, alias « le Boucher des Balkans », condamné à la perpétuité en novembre.

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Avant le jugement en première instance, en 2016, Karadzic avait fait sa valise tant il était persuadé de pouvoir retrouver sa terre natale en homme libre avant la tombée de la nuit. A Banja Luka, la population serbe attend le retour de son « héros ». Le tribunal de La Haye est « injuste » dans la « perception de beaucoup de gens ici » et « n’a pas réussi à s’imposer comme un lieu de justice, susceptible de conduire à la réconciliation », a déclaré à l’AFP Milorad Dodik, le président de la Republika Srpska.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Elue avec un score décevant à la tête d’un parti électoralement anémié, idéologiquement désorienté et stratégiquement déboussolé, elle n’aura pas la tâche facile.
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Allemagne : Andrea Nahles, un « caméléon » à la tête des sociaux-démocrates

Elue avec un score décevant à la tête d’un parti électoralement anémié, idéologiquement désorienté et stratégiquement déboussolé, elle n’aura pas la tâche facile.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 16h26
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 03h05
    |

            Thomas Wieder (Wiesbaden, envoyé spécial)








                        



   


Pour la première fois depuis sa fondation, en 1875, le parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) va être dirigé par une femme. Andrea Nahles, la présidente du groupe SPD au Bundestag, a été élue à la tête du parti, dimanche 22 avril, lors d’un congrès extraordinaire, à Wiesbaden (Hesse).
Sans surprise, elle l’a emporté face à la seule autre candidate, Simone Lange, maire de la petite ville de Flensburg (Schleswig-Holstein), une inconnue du grand public qui entendait porter la voix de la base contre l’appareil, dans un parti en pleine crise existentielle après quatre défaites successives aux élections législatives.
La surprise, en réalité, vient du résultat obtenu par Mme Nahles : 66 % des voix seulement. Dans l’histoire du SPD, seul Oskar Lafontaine a fait moins bien : 62,6 % en 1995. Avant le congrès de dimanche, les spécialistes des arcanes du parti estimaient qu’un score inférieur à 75 % serait, pour Mme Nahles, un signal décevant.
Un avertissement plus qu’un adoubement
Lors de la proclamation des résultats, dimanche après-midi, les applaudissements ont d’ailleurs été assez mesurés, et la nouvelle présidente, qui est connue pour son caractère « éruptif », comme elle l’a confié dans une récente interview à la Süddeutsche Zeitung, s’est, pour l’occasion, montrée d’une discrétion inhabituelle, comme sonnée par un résultat qui, pour elle, sonne plus comme un avertissement que comme un adoubement.
Agée de 47 ans, Andrea Nahles en a deux de plus que n’en avait Angela Merkel quand elle fut élue présidente de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), en avril 2000. Connaîtra-t-elle un jour le même destin, elle qui, tout juste bachelière, avait confié vouloir être « femme au foyer ou chancelière » ? La question est largement prématurée. Le 24 septembre 2017, le SPD n’a recueilli que 20,5 % des voix aux législatives, le score le plus faible de son histoire.
En cas de nouvelles élections, il pourrait encore reculer. Selon les derniers sondages, il n’obtiendrait qu’environ 17-18 %, soit seulement deux ou trois points de plus que le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Pour le SPD, l’enjeu n’est pas de conquérir la chancellerie, mais tout simplement d’assurer sa survie.

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De l’opposition à l’accord de coalition
Pour relever un tel défi, Mme Nahles a au moins une qualité : la combativité. Trois jours après la débâcle de son parti aux législatives et alors qu’elle venait d’être élu présidente du groupe SPD au Bundestag, un journaliste lui avait demandé comment elle se sentait. « Un peu mélancolique », avait-elle répondu, avant d’ajouter : « Mais à partir de demain, ils vont s’en prendre plein la gueule ! »
Le « ils » désignait les conservateurs de la CDU-CSU. Ceux-ci étaient prévenus : après avoir siégé pendant quatre ans au gouvernement à leurs côtés en tant que ministre du travail et des affaires sociales, Mme Nahles promettait désormais de les combattre avec la plus extrême vigueur.
Depuis, le contexte a changé du tout au tout. Après avoir échoué à former un gouvernement avec les libéraux et les écologistes, le 19 novembre 2017, Mme Merkel s’est retournée vers les sociaux-démocrates pour tenter de former une « grande coalition », ce qu’elle est parvenue à faire après de laborieuses négociations en se faisant réélire chancelière pour un quatrième mandat, mi-mars.
« Le SPD a été renvoyé dans l’opposition, point final », claironnait Mme Nahles en septembre. Depuis, elle a mis la même passion à convaincre ses « camarades » de la nécessité de participer à nouveau au gouvernement qu’elle avait mis de fougue à défendre la position contraire. Dans cette campagne interne, qui s’est achevée par un vote des deux tiers des adhérents du SPD en faveur d’une nouvelle « grande coalition », elle aura eu comme principal adversaire, Kevin Kühnert, le chef des « Jusos », les jeunes socialistes.

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Positionnement à la gauche du parti
Andrea Nahles face aux « Jusos ». Le face-à-face de ces dernières semaines ne manque pas de piquant quand on se souvient que c’est précisément comme présidente des jeunes socialistes que la nouvelle patronne du SPD a fait ses premières armes. C’était entre 1995 et 1999. A l’époque, cette fille de maçon née près de Coblence (Rhénanie-Palatinat) et élevée dans une famille très catholique avait été qualifiée de « cadeau des dieux » par Oskar Lafontaine, alors président du SPD.
Elue député en 1998, l’année de l’accession de Gerhard Schröder à la chancellerie, Andrea Nahles sera dans les années suivantes l’une des figures de l’aile gauche du parti. Elle n’ira toutefois pas jusqu’à la rupture, à la différence d’un Lafontaine qui claquera la porte en 2005 pour fonder, deux ans plus tard, le parti de gauche Die Linke.
Dès cette époque, toutefois, son positionnement à la gauche du parti semblait davantage obéir à des considérations tactiques qu’à des convictions inébranlables, comme en témoigne ce qu’elle déclara de l’« agenda 2010 », la réforme controversée du marché du travail mise en œuvre par M. Schröder. « S’agissant de l’“agenda”, nous aurons peut-être un jour un prix d’honneur pour réformes sincères, mais ce n’est pas avec ça que nous gagnerons les élections », affirma-t-elle ainsi, en juin 2005, six mois avant le départ de M. Schröder de la chancellerie et l’élection de Mme Merkel.
« Les “un point, c’est tout” et la testostérone, on en a eu assez ces dernières années ! »
Elue secrétaire générale du SPD en 2009, au lendemain – déjà – d’une sévère défaite aux législatives (23 % des voix), poste qu’elle inaugura avec un discours qui marqua les esprits (« Les “un point c’est tout” et la testostérone, on en a eu assez ces dernières années ! »), Mme Nahles n’est pas seulement une « boxeuse », comme l’a récemment qualifiée le quotidien de gauche Tageszeitung. En tant que ministre de Mme Merkel, elle sut aussi travailler en bonne intelligence avec les conservateurs pour faire adopter la retraite à 63 ans ou la loi sur le salaire minimum, deux réformes emblématiques de la « grande coalition » sortante, portées par le SPD.
Un élu du SPD berlinois l’analyse ainsi :
« Andrea est un vrai caméléon. La même qui, dans l’opposition, attaqua un jour Merkel et ses amis en parodiant le générique de Fifi Brindacier à la tribune du Bundestag, est celle qui, une fois au gouvernement, a peut-être été la meilleure alliée des conservateurs. Cela en fait une femme politique accomplie, extrêmement talentueuse, mais c’est peut-être aussi sa limite. Parfois, cela se voit un peu trop qu’elle fait de la politique. »
Une mission compliquée
A la tête d’un parti électoralement anémié, idéologiquement désorienté et stratégiquement déboussolé, Mme Nahles n’aura pas la tâche facile. Sa mission sera d’autant plus compliquée qu’il s’agit, pour elle, de préparer les conditions d’une victoire sur les conservateurs tout en présidant un parti qui continue de gouverner avec eux.
Dimanche, à Wiesbaden, elle s’en est tenue à des propos très généraux, insistant sur la nécessité de mettre la « solidarité » au cœur du projet social-démocrate. « La solidarité, est-ce qui manque le plus dans ce monde globalisé, néo-libéral et ultra-numérisé », a-t-elle ainsi affirmé, avant d’afficher sa détermination à enrayer la montée de l’AfD, estimant qu’il s’agissait d’une bataille « pour rien de moins que de préserver la démocratie ».
Pour le reste, Mme Nahles s’est surtout attiré les applaudissements de la salle avec des effets de tribune et des formules à l’emporte-pièce, dont elle a le secret.
« Mme Merkel a dit : “Wir schaffen das” [nous allons y arriver]. Eh bien, moi, je dis : “Wir packen das” [nous allons prendre les choses à bras-le-corps]. C’est ma promesse. » 
Sa victoire, sans appel mais sans éclat, lui a rappelé quelques minutes plus tard qu’il lui reste beaucoup à faire pour espérer exaucer un jour son vœu de bachelière.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Cette opération a fait réagir, samedi, sur les bancs de la gauche, dans l’hémicycle de l’Assemblée, en plein débat prolongé sur le projet de loi asile et immigration.
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Départ des militants d’extrême droite qui bloquaient le col de l’Echelle

Cette opération a fait réagir, samedi, sur les bancs de la gauche, dans l’hémicycle de l’Assemblée, en plein débat prolongé sur le projet de loi asile et immigration.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 15h31
   





                        



   


Les derniers militants de Génération Identitaire (GI) qui bloquaient, depuis samedi, le col de l’Echelle, dans les Hautes-Alpes, ont annoncé, dimanche 22 avril, qu’ils quittaient les lieux en début d’après-midi.
Romain Espino, un porte-parole de ce groupuscule d’extrême droite a précisé que « depuis son installation », le groupe n’a « pas été en contact avec des migrants ». Toutefois, se félicite-t-il, « la mission est une réussite, nous avons réussi à attirer l’attention médiatique et politique sur le col de l’Echelle ».

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Actions à venir
Les militants, approvisionnés « en eau et en nourriture » par « une quinzaine d’habitants de la vallée » n’entendent pas en rester là : « Nous avons prévu cet après-midi un survol avec un avion pour repérer là où il y a une activité de clandestins ou de passeurs », a déclaré M. Espino.
Ils prévoient également de « continuer à patrouiller » dans la semaine « autour du Briançonnais, sur les différentes routes connues pour être des passages de clandestins ».
Cette opération a fait réagir, samedi, sur les bancs de la gauche, dans l’hémicycle de l’Assemblée, en plein débat prolongé sur le projet de loi asile et immigration.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Nikol Pachinian a été arrêté, dimanche, par la police, peu après une rencontre télévisée avec le premier ministre Serge Sarkissian qui a tourné court.
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Arménie : le chef de la contestation et des centaines de manifestants interpellés

Nikol Pachinian a été arrêté, dimanche, par la police, peu après une rencontre télévisée avec le premier ministre Serge Sarkissian qui a tourné court.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 20h29
   





                        


Au dixième jour de la contestation, le bras de fer se durçit en Arménie. Le meneur de l’opposition Nikol Pachinian a été arrêté, dimanche 22 avril, par la police peu après une rencontre télévisée avec le premier ministre Serge Sarkissian qui a tourné court. « Le peuple doit libérer Nikol [Pachinian] », a déclaré à la presse le député Sassoun Mikaelian, avant d’être lui-même arrêté.
Des centaines de protestataires ont également été interpellés en marge des manifestations émaillées de heurts avec la police. Deux députés d’opposition « ont été interpellés au moment où ils commettaient des actes dangereux pour la société », a annoncé le parquet général arménien, sans préciser où le chef de la contestation se trouvait actuellement.
Le parquet a accusé les trois opposants d’« avoir violé de manière répétitive et grossière la loi sur les manifestations, en organisant des défilés et des meetings illégaux et en appelant à bloquer les routes et paralyser le fonctionnement des établissements publics ». A la suite de ces interpellations, des dizaines de milliers de personnes ont à nouveau manifesté dans la capitale Erevan.
« Vous ne comprenez pas la situation en Arménie »
Une rencontre télévisée entre le premier ministre arménien, Serge Sarkissian, et le chef de la contestation Nikol Pachinian a tourné court dimanche, le chef du gouvernement se retirant rapidement en dénonçant un « chantage ». « Je suis venu pour parler de votre démission », a déclaré le député Nikol Pachinian à son interlocuteur, devant les caméras.
« Ce n’est pas un dialogue, c’est du chantage », a répondu ce dernier avant de quitter la salle du grand hôtel d’Erevan où la rencontre avait lieu. « Je ne peux que vous conseiller de revenir dans un cadre légal, sinon vous porterez la responsabilité » de ce qui peut arriver, a-t-il ajouté.

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                Arménie : une rencontre entre le premier ministre et le chef de la contestation tourne court



L’échange acrimonieux s’est poursuivi. « Vous ne comprenez pas la situation en Arménie, le pouvoir est maintenant entre les mains du peuple », a déclaré M. Pachinian. Ce à quoi le premier ministre a répliqué qu’« un parti qui a enregistré un score de 8 % aux élections (législatives) ne peut pas parler au nom du peuple ». Il a ensuite quitté la pièce.
Immunité
La police arménienne a déclaré, plus tôt dans la journée, avoir « évacué de force » Nikol Pachinian, lors d’une nouvelle manifestation de l’opposition, organisée dans la capitale Erevan, dimanche, et dispersée par les forces de l’ordre. Bénéficiant d’une immunité parlementaire en tant que député, M. Pachinian ne peut, cependant, être arrêté qu’avec l’accord du Parlement.
Après l’interpellation de M. Pachinian, des milliers de protestataires se sont réunis sur la place de la République, près du siège du gouvernement arménien en plein centre d’Erevan, où d’importants effectifs de la police ont été déployés.
La police a annoncé avoir interpellé des centaines de manifestants, alors que sept protestataires ont demandé une assistance médicale, selon le ministère arménien de la santé. Pour sa part, le ministère de l’intérieur arménien a déclaré dans un communiqué avoir pris la décision de « disperser les manifestants, y compris ceux réunis sur la place de la République à Erevan ».
Pauvreté et corruption
Le député Nikol Pachinian, 42 ans, qui mène la contestation, est un ancien journaliste et un opposant de longue date qui a brièvement été en prison après avoir déjà pris part à des mouvements de protestation contre Serge Sarkissian en 2008 qui avaient fait dix morts.
Les protestataires accusent Serge Sarkissian, qui vient d’achever son deuxième mandat présidentiel, de s’accrocher au pouvoir en se faisant élire premier ministre par les députés. Alors que la Constitution interdit au président d’effectuer plus de deux mandats, M. Sarkissian avait fait voter en 2015 une réforme controversée donnant l’essentiel des pouvoirs au Premier ministre.
Au-delà des manœuvres de Serge Sarkissian pour rester au pouvoir après plus d’une décennie au poste de président, les manifestants reprochent à cet ancien militaire de 63 ans de n’avoir pas su faire reculer la pauvreté et la corruption, alors que les oligarques ont toujours la haute main sur l’économie du pays.
Le taux de pauvreté de l’Arménie était de 29,8 % en 2016 contre 27,6 % en 2008 selon les données de la Banque mondiale, tandis que le Revenu national brut (RNB) par habitant stagnait à 3 770 dollars, une somme quasi identique à celle d’il y a dix ans.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Alors que tout les éloigne dans leurs convictions et leurs parcours, les deux présidents affichent une entente personnelle qu’ils mettront en scène pendant trois jours à partir de lundi.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/04/2018
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Macron-Trump, des amis sans affinités

Alors que tout les éloigne dans leurs convictions et leurs parcours, les deux présidents affichent une entente personnelle qu’ils mettront en scène pendant trois jours à partir de lundi.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 08h38
    |

            Marc Semo, 
Solenn de Royer et 
Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La nuit est tombée depuis longtemps sur l’Elysée. Mais le premier étage du palais est resté éclairé. Dimanche 8 avril, Emmanuel Macron a convoqué sa garde rapprochée, dont son conseiller diplomatique, Philippe Etienne, et son chef d’état-major particulier, l’amiral Bernard Rogel, pour une réunion d’urgence dans son bureau. Les services de renseignement français ont fait état la veille de deux possibles attaques chimiques à Douma, en Syrie. Dans l’après-midi, Emmanuel Macron a demandé à la cellule diplomatique de l’Elysée d’organiser un appel téléphonique avec le président américain, Donald Trump.
La communication est établie peu avant minuit depuis la ligne sécurisée utilisée pour les appels classifiés. « Hello Donald, how have you been ? [“Bonsoir Donald, comment vas-tu ?”], commence M. Macron. – Emmaaanoueeel, what’s up ? [“Emmanuel, quoi de neuf ?”] », lance M. Trump, comme à l’accoutumée.

Pendant la semaine qui suit, MM. Macron et Trump se parleront tous les soirs, jusqu’aux frappes conjointes sur des sites liés au programme chimique de Damas, dans la nuit du 13 au 14 avril. « Dans la première partie de la semaine, Donald Trump était un peu dans l’exaltation, il a fait des tweets, il voulait réfléchir à plusieurs options, raconte un diplomate français. Puis, à partir du moment où l’opération a été décidée, il a compris qu’il fallait être beaucoup plus discret. Au téléphone, il est donc soudain devenu plus prudent, parlant par ellipses, presque de manière codée. Il y a toujours chez lui une part de théâtre. » Le président américain a été, ajoute cette source, pendant toute la durée de la crise, un partenaire d’une grande « fiabilité ».
Moment de vérité
Aussi bien pour le locataire de l’Elysée que pour celui de la Maison Blanche, cette opération militaire a été un moment de vérité pour la relation, à la fois personnelle et politique, qui s’est nouée entre eux depuis un an. Une relation...




                        

                        


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Les sociaux-démocrates allemands élisent pour la première fois une femme présidente

Elue lors du congrès du SPD, dimanche, Andrea Nahles devra présider une formation qui gouverne avec ses adversaires, les conservateurs.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 05h13
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 18h26
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


Un de plus… Pour la cinquième fois en un an, le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) se réunit en congrès, dimanche 22 avril. Cette fois, le rendez-vous a lieu à Wiesbaden (Hesse), près de Francfort. L’ordre du jour comporte un seul point : l’élection du nouveau président de la formation, ou plutôt de sa nouvelle présidente, puisque seules deux femmes se disputent le poste : Andrea Nahles, 47 ans, chef de file du groupe SPD au Bundestag, et Simone Lange, 41 ans, maire de Flensburg (Schleswig-Holstein), petite ville du nord de l’Allemagne située à la frontière avec le Danemark.
Comme attendue, Andrea Nahles, favorite, a été élue à la tête du parti, devenant ainsi la première femme à présider la plus vieille formation politique du pays. Mais avec 66,3 % des voix, elle établit un score qui pourrait s’apparenter à un revers ; en 2015, après sept années à la tête du SPD, Sigmar Gabriel, alors ministre de l’économie, avait été réélu avec 74,3 % des voix. Ce résultat décevant l’avait affaibli au point qu’il dut se résigner, un an plus tard, à passer la main à Martin Schulz.
Pour autant, Andrea Nahles savait aussi qu’un score à l’albanaise n’aurait pas forcément été de très bon augure. Tout le monde se souvient, en effet, qu’il y a un an, le 19 mars 2017, M. Schulz avait été élu président du SPD avec 100 % des voix, du jamais-vu. Or, cela ne l’a pas empêché, le 24 septembre, d’essuyer la pire débâcle jamais subie par le SPD à des élections législatives (20,5 %). Puis de démissionner, en février, après onze mois seulement à la tête du parti.

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Le SPD continue de plonger dans les sondages
Première femme à présider le SPD, Andrea Nahles sera-t-elle la première chancelière sociale-démocrate de l’histoire de l’Allemagne ? Ses ambitions sont connues depuis longtemps. Etudiante, cette fille de maçon née en 1970 près de Coblence (Rhénanie-Palatinat), disait déjà qu’elle se voyait « femme au foyer ou chancelière ».
Depuis, son parcours ressemble à une longue marche vers les sommets du pouvoir : présidente des Jusos (Jeunes Socialistes) de 1995 à 1999, députée presque sans interruption depuis 1998, secrétaire générale du SPD de 2009 à 2013, ministre du travail de 2013 à 2017, présidente du groupe SPD au Bundestag depuis six mois, elle pourrait donc être, dimanche soir, à la tête de son parti. Un CV qui en fait une candidate solide pour la chancellerie.

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Mais elle n’en est pas encore là. Pour espérer succéder un jour à Angela Merkel, avec qui elle s’est plutôt bien entendue quand elle fut sa ministre, Andrea Nahles doit, en effet, d’abord reconstruire un SPD électoralement affaibli et idéologiquement anémié.
Dans les derniers sondages, celui-ci continue de plonger. En cas de nouvelles élections législatives, le SPD n’obtiendrait ainsi que 17 % à 18 % des voix, soit à peine trois points de plus que le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Loin, très loin derrière les conservateurs de la CDU-CSU qui, de leur côté, recueilleraient 32 % des voix, ce qui leur permettrait de conserver la chancellerie.
Volte-face
Pour redonner des couleurs au SPD, Andrea Nahles ne manque pas d’atouts : en plus de son expérience, elle peut miser sur son éloquence. De l’avis général, elle est aussi l’une des meilleures oratrices du parti. Si la subtilité n’est pas la première de ses qualités, chacun lui reconnaît ainsi la capacité de réveiller les auditoires les plus alanguis.
Elle en avait fait la démonstration au congrès de Bonn, le 21 janvier. De l’avis général, le discours qu’elle prononça ce jour-là a joué un rôle important – sinon décisif – dans le choix des délégués qui, à une courte majorité, se sont finalement décidés à voter pour la reconduction d’une « grande coalition » entre le SPD et la CDU-CSU.
Mais ces qualités suffiront-elles ? Rien n’est moins sûr, car la crise du SPD est plus structurelle que personnelle. Or, de ce point de vue, Andrea Nahles en incarne toutes les contradictions. Après la débâcle du parti aux législatives, et alors que M. Schulz avait assuré que le SPD retournerait dans l’opposition, elle avait prévenu Angela Merkel et ses amis qu’elle leur « en mettrait plein la gueule ».

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Après avoir été ministre pendant quatre ans dans un cabinet dominé par les conservateurs, elle semblait alors avoir retrouvé la fougue de sa jeunesse, quand elle incarnait l’aile gauche du SPD, prête à fulminer à la moindre occasion contre Gerhard Schröder, chancelier de 1998 à 2005, coupable à ses yeux de conduire une politique trop libérale.
Cette radicalité retrouvée ne dura que quelques semaines. Deux mois après les élections, la CDU-CSU échoua à former une coalition avec les libéraux et les écologistes. Contrairement à ce qu’il avait promis, M. Schulz se résolut à négocier le retour du SPD au gouvernement. Et Andrea Nahles fut la première à le suivre dans cette volte-face.
Schizophrénie
Or, à la tête du SPD, elle restera empêtrée dans de telles contradictions. En effet, personne n’imagine qu’elle se positionne en opposante d’un gouvernement auquel participe la formation qu’elle préside. D’un autre côté, les résultats des dernières élections ont montré que les sociaux-démocrates n’avaient rien à gagner en se montrant trop proches de la CDU-CSU et en siégeant au gouvernement à leur côté.
A la différence de M. Gabriel, Andrea Nahles ne cumulera pas les fonctions de ministre et de présidente du parti. Sa schizophrénie sera donc moindre. Il n’empêche. Sa mission n’en reste pas moins compliquée puisqu’il s’agit, pour elle, de préparer les conditions d’une victoire sur les conservateurs tout en présidant un parti qui continue de gouverner avec eux.
De ce point de vue, sa relation avec Olaf Scholz, vice-chancelier et ministre des finances, sera décisive. Jusque-là, ils se sont assez bien entendus, l’ancien maire de Hambourg, taiseux et distant par rapport à la base du parti, formant un alliage assez complémentaire avec l’ex-chef des « Jusos », femme d’appareil au caractère éruptif.
Mais le nouveau numéro deux du gouvernement d’Angela Merkel acceptera-t-il facilement de voir Andrea Nahles lui passer devant et, le jour venu, briguer elle-même la succession de la chancelière ? La question n’est pas à l’ordre du jour du congrès de dimanche à Wiesbaden. Mais, compte tenu de ce que furent les guerres de chefs au SPD depuis une dizaine d’années, ne pas se la poser serait un signe de naïveté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le gouvernement de ce dirigeant de 54 ans est accusé de museler les médias en soumettant le service public à un contrôle éditorial étroit.
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Des dizaines de milliers de Hongrois défilent à nouveau contre Orban

Le gouvernement de ce dirigeant de 54 ans est accusé de museler les médias en soumettant le service public à un contrôle éditorial étroit.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 21h18
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 22h55
   





                        



   


Des dizaines de milliers de Hongrois ont défilé pour le deuxième samedi de suite à Budapest afin de protester contre la réélection du premier ministre Viktor Orban. Alors qu’ils étaient près de 100 000 au précédent rassemblement, cette fois, au moins 30 000 personnes ont défilé, samedi 21 avril, à travers la capitale pour rejoindre un meeting où les orateurs ont exigé des médias publics non partisans.
Le premier ministre conservateur, au pouvoir depuis 2010, a décroché le 8 avril un troisième mandat consécutif, son parti Fidesz ayant remporté près de la moitié des suffrages, ce qui devrait lui assurer une majorité des deux tiers au Parlement. Le gouvernement de ce dirigeant de 54 ans est régulièrement accusé de museler les médias en soumettant le service public à un contrôle éditorial étroit et en favorisant l’achat de médias indépendants par des hommes d’affaires alliés du pouvoir.
Les organisateurs du rassemblement de samedi ont indiqué que la prochaine manifestation se tiendrait le 8 mai devant le siège du parlement.

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« Démocratie ! »
Les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont estimé dans un rapport que si les opérations de vote s’étaient déroulées dans des conditions satisfaisantes, la capacité des électeurs à voter en connaissance de cause avait en revanche été entravée par la « rhétorique xénophobe » ambiante et la « partialité des médias ».
De nombreux manifestants, jeunes pour la plupart, scandaient « démocratie » en brandissant des drapeaux hongrois et européens.
L’un des organisateurs, Viktor Gyetvai, 20 ans, a déclaré que la manifestation « n’allait pas changer le système du jour au lendemain », mais visait à créer « un mouvement civique » pour défier M. Orban. Le jeune homme y voit « un signe que beaucoup de Hongrois veulent vivre dans une démocratie, avec des institutions indépendantes et des médias libres ».

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                Hongrie : un hebdomadaire publie une liste de 200 « spéculateurs » supposés au service de Soros



M. Orban a apporté son soutien vendredi à la publication de « listes » recensant les « réseaux Soros » en Hongrie par un hebdomadaire progouvernemental. Y figuraient quelque 200 noms d’employés d’ONG, d’enseignants et de journalistes présentés comme affiliés au milliardaire George Soros, dont M. Orban a fait son bouc émissaire.
M. Orban accuse le financier américain d’origine hongroise de 87 ans de vouloir favoriser une immigration de masse vers l’Europe. Le haut-commissariat des droits de l’homme de l’ONU avait critiqué dans un tweet la publication d’une liste « d’ennemis gouvernementaux » qui « s’attaque à l’espace de plus en plus restreint de la société civile ».
M. Orban avait annoncé avant le scrutin vouloir faire prochainement adopter une batterie de lois intitulée « Stop Soros » et ciblant notamment certaines ONG.



                            


                        

                        


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Arménie : une rencontre entre le premier ministre et le chef de la contestation tourne court

Le premier ministre et ex-président, Serge Sarkissian, a quitté le grand hôtel d’Erevan où la rencontre avait lieu avec le chef de la contestation Nikol Machinian, dénonçant « un chantage ».



Le Monde
 |    21.04.2018 à 18h55
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 09h24
   





                        



   


Alors que l’Arménie traverse son dixième jour de contestation antigouvernementale, une rencontre télévisée entre le premier ministre arménien, Serge Sarkissian, et le chef de la contestation Nikol Machinian a tourné court dimanche, le chef du gouvernement se retirant rapidement en dénonçant un « chantage ». « Je suis venu pour parler de votre démission », a déclaré le député Nikol Pachinian à son interlocuteur, devant les caméras. « Ce n’est pas un dialogue, c’est du chantage », a répondu ce dernier avant de quitter la salle du grand hôtel d’Erevan où la rencontre avait lieu. « Je ne peux que vous conseiller de revenir dans un cadre légal, sinon vous porterez la responsabilité » de ce qui peut arriver, a-t-il ajouté.
L’échange acrimonieux s’est poursuivi. « Vous ne comprenez pas la situation en Arménie, le pouvoir est maintenant entre les mains du peuple », a déclaré M. Pachinian. Ce à quoi le premier ministre a répliqué qu’« un parti qui a enregistré un score de 8 % aux élections (législatives) ne peut pas parler au nom du peuple ». Il a ensuite quitté la pièce.
Nikol Pachinian, le chef de l’opposition, avait annoncé dans un message vidéo sur sa page Facebook, qu’il allait rencontrer le premier ministre dimanche. « Je vais rencontrer Serge Sarkissian [ex-président d’Arménie] pour discuter des conditions de sa démission et de la passation pacifique du pouvoir », avait-il affirmé, en précisant que la rencontre aurait lieu à 10 heures, heure locale (8 heures, heure de Paris à Paris) dans le luxueux hôtel Marriott, en plein centre de la capitale Erevan.
Apaisement
Plus tôt samedi, M. Pachinian s’était entretenu avec le nouveau président arménien, Armen Sarkissian, sans lien de parenté avec son prédécesseur et qui avait prêté serment la semaine dernière. Dans un objectif d’apaisement, le président de cette ex-république soviétique du Caucase s’est rendu samedi dans la soirée, sur la place de la République à Erevan, pour rencontrer M. Pachinian.
Accompagné de ses gardes du corps, le président arménien a serré la main au député et leader de l’opposition avant que les deux hommes n’entament une discussion qui a duré une dizaine de minutes. Il n’était pas possible d’entendre cette discussion, lors de laquelle Nikol Pachinian a visiblement présenté à Armen Sarkissian une liste des demandes formulées envers les autorités par les manifestants.
Cette nouvelle manifestation de l’opposition contre Serge Sarkissian, récemment nommé chef du gouvernement, a été organisée par M. Pachinian après qu’il a rejeté plus tôt dans la journée un appel de ce dernier au « dialogue ». « Afin d’éviter des conséquences irréversibles, j’appelle le député Nikol Pachinian à s’asseoir à la table du dialogue politique et de la négociation », avait notamment proposé Serge Sarkissian. M. Pachinian avait alors répondu qu’il était prêt à discuter, mais « seulement pour parler des conditions du départ » de son adversaire, selon des agences de presse.
Interpellations
Dans la journée, des manifestants brandissant des drapeaux arméniens bloquaient des rues à Erevan, en perturbant fortement le trafic dans la ville. La police a annoncé avoir procédé à 84 interpellations samedi à la suite de ces protestations. Quelque 30 000 personnes, selon des journalistes sur place, avaient manifesté vendredi à Erevan où la police a procédé à plus de 230 interpellations.

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                Des milliers de manifestants en Arménie contre le nouveau premier ministre



Le député Nikol Pachinian, 42 ans, qui mène la contestation, est un ancien journaliste et un opposant de longue date qui a brièvement été en prison après avoir déjà pris part à des mouvements de protestation contre Serge Sarkissian en 2008 qui avaient fait dix morts.
Les protestataires accusent Serge Sarkissian, qui vient d’achever son deuxième mandat présidentiel, de s’accrocher au pouvoir en se faisant élire premier ministre par les députés. Alors que la Constitution interdit au président d’effectuer plus de deux mandats, M. Sarkissian avait fait voter en 2015 une réforme controversée donnant l’essentiel des pouvoirs au Premier ministre.
Pauvreté et corruption
Au-delà des manœuvres de Serge Sarkissian pour rester au pouvoir après plus d’une décennie au poste de président, les manifestants reprochent à cet ancien militaire de 63 ans de n’avoir pas su faire reculer la pauvreté et la corruption, alors que les oligarques ont toujours la haute main sur l’économie du pays.
Le taux de pauvreté de l’Arménie était de 29,8 % en 2016 contre 27,6 % en 2008 selon les données de la Banque mondiale, tandis que le Revenu national brut (RNB) par habitant stagnait à 3 770 dollars, une somme quasi identique à celle d’il y a dix ans.
Jusqu’à présent, la manifestation la plus importante a eu lieu mardi dernier, avec quelque 40 000 personnes à Erevan. Il s’agissait du plus grand rassemblement de l’opposition de ces dernières années dans ce petit pays du Caucase.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les autorités veulent commencer par interdire les pailles et les Coton-Tige faits avec cette matière dérivée du pétrole.
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Le gouvernement britannique déclare la guerre au plastique

Les autorités veulent commencer par interdire les pailles et les Coton-Tige faits avec cette matière dérivée du pétrole.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 15h00
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            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Dans l’océan de plastique utilisé chaque année, cela ne représente qu’une goutte d’eau. Mais en annonçant, jeudi 19 avril, sa volonté d’interdire les pailles, les Cotons-Tiges et les touillettes en plastique, le ­gouvernement britannique a su attirer l’attention avec une mesure symbolique. « Les plastiques à usage unique sont un fléau pour nos océans et sont mortels pour notre environnement et sa faune. Il est donc vital d’agir ­maintenant », explique Michael Gove, le ministre britannique de l’environnement.
Cette mesure fait partie d’un plan plus large de lutte contre le plastique annoncé en janvier. L’objectif est de supprimer tous les « plastiques évitables » d’ici vingt-cinq ans. Depuis janvier, la fabrication de produits contenant des microbilles de plastique, comme des crèmes de beauté ou des dentifrices, est interdite. Une taxe de 5 pence (6 centimes) sur les sacs en plastique, qui était déjà en vigueur dans les grands magasins, a été étendue à tous les commerces. Un programme de consignes de bouteille est à l’étude et devrait être lancé avant la fin de l’année. Il fonctionnerait comme dans les pays scandinaves ou en Allemagne, où des distributeurs de boisson sont aussi utilisés comme réceptacles pour les bouteilles usagées.
Enfin, jeudi, à l’occasion du sommet du Commonwealth – qui comprend de nombreuses petites îles directement concernées par la pollution des océans –, les autorités du Royaume-Uni ont fait part de leur intention d’interdire les pailles. Cette mesure ne devrait entrer en vigueur qu’en 2020. Ses modalités seront précisées dans le courant de l’année. Des exceptions pourraient être autorisées, notamment pour les usages médicaux.

Personne ne semble savoir combien de pailles sont utilisées au Royaume-Uni chaque année : 8,5 milliards, selon le gouvernement ; 42 milliards, d’après une étude menée pour l’association WWF. Mais cela fait beaucoup de plastique et l’annonce a été saluée par la plupart...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Plusieurs politiques, notamment sur les bancs de l’Assemblée lors du débat sur le texte asile-immigration, ont fait part de leur indignation après l’action de Génération identitaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/04/2018
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Alpes : des militants d’extrême droite bloquent le col de l’Echelle, lieu de passage de migrants

Plusieurs politiques, notamment sur les bancs de l’Assemblée lors du débat sur le texte asile-immigration, ont fait part de leur indignation après l’action de Génération identitaire.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h47
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 07h11
   





                        



   


L’action d’une centaine de militants de Génération identitaire (GI), samedi 21 avril, au col de l’Echelle (Hautes-Alpes), s’est invitée dans les débats sur la loi asile et immigration à l’Assemblée nationale. Alors que des membres du mouvement d’extrême droite bloquaient ce point de passage de migrants, pour « veiller à ce qu’aucun clandestin ne puisse rentrer en France », Jean-Luc Mélenchon a interpellé le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb.
Le chef de file de La France insoumise a demandé au gouvernement « ce qu’il compte faire pour empêcher que dorénavant les frontières soient protégées par les amis de Marine Le Pen ». L’intervention des militants de GI a suscité une vague de réactions indignées de la part de plusieurs politiques.

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Ce col, qui culmine à 1 762 mètres et est situé à six kilomètres de la frontière, est un « point stratégique de passage des clandestins » depuis l’Italie, a fait valoir un porte-parole de GI, Romain Espino, en dénonçant « un manque de courage des pouvoirs publics ». « Avec un petit peu de volonté, on peut contrôler l’immigration et les frontières. »
Le groupe de militants, composé majoritairement de Français, compte aussi des Italiens, Hongrois, Danois, Autrichiens, Anglais et Allemands.
« Frontière symbolique »
Après une ascension commencée après 9 heures, en raquettes sur la neige, ses membres ont matérialisé une « frontière symbolique » à l’aide de grillage en plastique de chantier et prévoient de passer la nuit au col. Il s’agit d’« expliquer aux migrants éventuels que ce qui n’est pas humain, c’est de faire croire à ces gens qui traversent la Méditerranée ou les Alpes enneigées que ces parcours ne présentent aucun risque. C’est faux », a déclaré Romain Espino. « Ils ne vont pas trouver l’Eldorado, c’est immoral. Ceux qui en paient les frais, ce sont les Français », a-t-il ajouté.
Selon la préfecture des Hautes-Alpes, l’opération s’est « jusqu’à présent déroulée dans le calme » et une « partie » des militants avaient « déjà quitté le site » en début de soirée. « La préfecture et les forces de l’ordre continuent de suivre avec attention et vigilance la poursuite de cette opération, afin de prévenir tout trouble à l’ordre public et de garantir le respect du droit », souligne-t-elle dans un communiqué. Sur place, aucune force de l’ordre n’était visible samedi après-midi.

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« Sale climat »
Au délà des bancs de l’Assemblée nationale, de nombreux politiques, principalement de gauche, ont dénoncé l’intervention des militants d’extrême droite. La sénatrice socialiste de l’Oise et ancienne ministre des familles Laurence Rossignol a évoqué un « sale climat » dans un tweet. La sénatrice (Europe Ecologie-Les Verts) de Paris Esther Benbassa a elle aussi fait un parralèle entre les étudiants occupants leur université et qui sont délogés et « la milice partant à la chasse aux migrants », pour qui « c’est ok ? », dénoncant un Etat de droit à deux vitesses. La secrétaire nationale du Parti de Gauche, Laurence Pache interpelle Gérard Collomb, qu’elle accuse de « laisser faire la chasse au migrants ».

Cette semaine, l’UNI a organisé tranquillement la mobilisation des étudiants anti-bloquage et aujourd’hui des jeune… https://t.co/go9c54bU8N— laurossignol (@Laurence Rossignol)


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Ian Brossat, adjoint communiste à la mairie de Paris dénonce « un déni de saloperie », qui ne serait pas autant condamné que « le délit de solidarité ». Nathalie Goulet, sénatrice (Union des démocrates et indépendants (UDI) de l’Orne déplore « des pratiques ignobles et indignes ». Le député (LRM) des Bouches du Rhône, François-Michel Lambert parle, lui, « d’une bande de connards ». La ministre auprès du ministre de l’intérieur, Jacqueline Gourault, a assuré que « les services de l’Etat [étaient] pleinement mobilisés pour assurer l’ordre public au col de l’Echelle ».

Alerte 🚨 
— fm_lambert (@FM LAMBERT)


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La pression migratoire reste « forte »
Depuis un an, les Hautes-Alpes connaissent une augmentation exponentielle d’arrivées de jeunes, majoritairement de Guinée (Conakry) et de Côte d’Ivoire (pourtant première puissance économique d’Afrique de l’Ouest). Ces nationalités arrivent loin devant celles des autres migrants, très majoritairement ouest-africains. Selon la préfecture, 315 personnes en situation irrégulière ont été refoulées vers l’Italie en 2016 et 1 900 en 2017.
La pression migratoire reste « forte » à la frontière franco-italienne dans son ensemble, a indiqué vendredi soir le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, rappelant que 50 000 non-admissions avaient été prononcées en 2017.
« Nous avons décidé de renouveler les contrôles aux frontières pour six mois », a-t-il ajouté devant les députés lors des débats du projet de loi asile immigration, texte très controversé qualifié à la fois de « petite loi » par Les Républicains et d’« inhumaine » par la gauche.

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                Les débats s’enlisent à l’Assemblée sur le projet de loi asile-immigration



Fondé en 2012, GI avait affrété en juillet 2017 le navire C-Star dans le cadre de sa campagne « Defend Europe » en Méditerranée, pour dissuader les ONG de secourir les migrants en mer. Arrivée le 5 août au large de la Libye, l’opération avait pris fin le 17 août. Le mouvement privilégie des actions au fort retentissement médiatique, comme la fabrication d’un mur devant un futur centre d’accueil pour demandeurs d’asile à Montpellier en septembre 2016 ou encore, à l’hiver 2013, des maraudes pour venir en aide aux sans-abri, destinées uniquement aux « Français de souche ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’alliance avec les populistes est une stratégie officielle pour le parti social-démocrate danois, s’indigne l’écrivain et journaliste Carsten Jensen dans une tribune au « Monde ».
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L’honneur perdu des sociaux-démocrates danois

L’alliance avec les populistes est une stratégie officielle pour le parti social-démocrate danois, s’indigne l’écrivain et journaliste Carsten Jensen dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    21.04.2018 à 12h30
   





                        



                                


                            
Tribune. Pour l’instant, tout ne va pas si mal pour le Parti social-démocrate danois, mieux en tout cas que pour un grand nombre d’autres formations sociales-démocrates en Europe. Le parti des travailleurs existe toujours. Certes, il ne représente plus un tiers des électeurs comme au temps de sa splendeur. Désormais, il doit se contenter d’un quart mais, au sein d’un corps électoral toujours plus fragmenté, il demeure le plus important parti du Danemark. Et si l’on demande aux sociaux-démocrates la recette de ce succès, ils répondent sans hésiter : ils ont choisi d’assumer la politique la plus à droite possible concernant les réfugiés et l’intégration. Par ailleurs, pour eux, l’alliance avec le populisme n’a rien d’un vilain petit secret. Il s’agit d’une stratégie officielle, qu’ils revendiquent haut et fort.
Déconnectés des réalités
Pendant quatre ans, le Parti social-démocrate a gouverné le pays avec un petit parti centriste social-libéral, et sa défaite aux élections législatives de 2015, contre une coalition entre des partis bourgeois et le populiste Parti du peuple danois, fut comme le crash d’un ovni. Pendant quatre ans, ses dirigeants, en manageurs froids et déconnectés des réalités, avaient mené une prétendue « politique de la nécessité », imposant dans la foulée de la crise financière de 2008 des coupes claires dans le budget de l’Etat. Ils avaient entrepris de démanteler ce modèle danois si fameux à l’étranger, garant pendant de longues années de la stabilité et du bien-être social du pays. Ils ont compris trop tard que le parti était en train de se couper de ses racines populaires et, quand la défaite est venue, les deux figures-clés du parti, la première ministre et le ministre des finances, ont abandonné la politique danoise au profit de postes lucratifs à l’étranger.
Les hommes et les femmes de la défaite ont pris acte. L’éminence grise du parti, Henrik Sass Larsen, est un ­populiste-né, antimondialisation,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les entreprises de l’espace unique de paiements en euros (SEPA) ne doivent plus exiger de leurs clients que leur compte bancaire soit domicilié dans le même Etat membre qu’elles, rappelle dans sa chronique la journaliste Rafaële Rivais.
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« Payer ses achats ou ses factures dans toute la zone euro comme dans son propre son pays »

Les entreprises de l’espace unique de paiements en euros (SEPA) ne doivent plus exiger de leurs clients que leur compte bancaire soit domicilié dans le même Etat membre qu’elles, rappelle dans sa chronique la journaliste Rafaële Rivais.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 11h19
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            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

SOS Conso. Depuis le 1er août 2014, le consommateur européen est censé bénéficier du SEPA, l’espace unique de paiements en euros (Single Euro Payments Area), qui comprend 34 pays : il doit notamment pouvoir payer ses achats ou ses factures dans l’ensemble de la zone euro aussi facilement que dans son propre pays.
A cette fin, les identifiants des comptes bancaires et des banques ont été harmonisés. Les numéros des comptes sont désormais représentés sous la forme d’un IBAN (International Bank Account Number) et les banques sont identifiées par un code BIC (Business Identifier Code).
Les entreprises de la zone SEPA qui se font régler par prélèvement ou par virement ne doivent donc plus exiger de leurs clients que leur compte soit domicilié dans le même Etat membre qu’elles, faute de quoi elles se trouveraient en infraction avec le texte communautaire qui régit ces dispositions (règlement 260/2012).
Or, c’est encore souvent le cas, déplore le Centre européen des consommateurs France, basé à Kehl, en Allemagne, sur la rive droite du Rhin. « Nous recevons énormément de réclamations contre des professionnels qui refusent d’enregistrer les coordonnées bancaires d’autres pays de la zone SEPA », souligne ainsi Bianca Schulz, sa responsable.
Tel Français, possédant une résidence secondaire au Portugal, se plaint ainsi de ne pouvoir payer son fournisseur d’eau portugais par prélèvement automatique sur son compte en France. Tel citoyen belge, propriétaire d’une maison en France, regrette de ne pouvoir s’acquitter, par prélèvement sur son compte belge, des mensualités de son assurance multirisque habitation.
« Peur des frais exorbitants »
Le centre de Kehl a aussi été contacté par de modestes clients, établis en France, de la banque mobile allemande N26, comme Mehdi, ancien cariste dans l’agroalimentaire, ou Enrique, ancien installateur de canapés. Le premier, dont nous avons évoqué l’histoire...




                        

                        

