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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Maryline Baumard, journaliste chargée du suivi de l’immigration au « Monde », a répondu aux questions d’internautes à la suite du vote du projet de loi en première lecture à l’Assemblée.
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« La loi asile et immigration veut dissuader de venir en France mais elle n’empêchera pas plus d’y entrer »

Maryline Baumard, journaliste chargée du suivi de l’immigration au « Monde », a répondu aux questions d’internautes à la suite du vote du projet de loi en première lecture à l’Assemblée.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 16h41
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 17h38
   





                        


Maryline Baumard, journaliste chargée du suivi de l’immigration au Monde, a répondu aux questions d’internautes sur le projet de loi asile et immigration, qui a été adopté en première lecture, dimanche 22 avril, à l’Assemblée nationale.

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Effrayant : Sait-on ce qui a poussé Gérard Collomb à envoyer des gendarmes contrôler la frontière avec l’Italie, au lendemain de l’opération de Génération identitaire ?
Maryline Baumard : Le ministre de l’intérieur, interrogé samedi 21 avril sur cette opération déjà en cours, avait répondu de façon assez molle. Entre samedi et dimanche, le débat a monté, les critiques ont été nombreuses, et M. Collomb ne pouvait laisser ce groupe d’extrême droite gérer un des cols en lieu et place de la police aux frontières qui surveille cette zone.
Francette : Qu’est-ce qui, dans cette loi, permettra à la France d’empêcher l’arrivée de clandestins notamment dans les Hautes-Alpes ? Les passeurs Italiens, tels que ceux qui ont forcé le barrage de police dimanche, pourront-ils être sanctionnés ?
J’ai envie de vous dire : rien. La loi veut « dissuader » de venir et permettre de renvoyer plus facilement, mais elle n’empêche pas plus d’entrer en France. Beaucoup d’opposants à ce texte pensent qu’il ne changera pas grand-chose dans les zones frontières. C’était d’ailleurs le sens des interventions multiples du député Pierre-Henri Dumont, du Calaisis. Ce jeune député Les Républicains a beaucoup interrogé le ministre de l’intérieur sur ce point, sans obtenir vraiment de réponse. Eric Ciotti a fait la même chose avec les Alpes-Maritimes.

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Citoyen européen : D’après Emmanuel Macron, sa politique migratoire devait à la fois être plus ferme avec l’immigration illégale mais apporter des choses positives pour les demandeurs d’asile. Pouvez-vous nous dire ce qu’il en est ?
Le chef de l’Etat et le gouvernement ont communiqué sur ce double vocabulaire, qui globalement reprend les termes de « fermeté » et d’« humanité ». En dépit de cette communication, répétée par un grand nombre de ministres, le projet de loi n’est pas équilibré. Je le résumerais volontiers en quatre points. Il a d’abord pour mission première de réduire la durée d’instruction de la demande d’asile. C’est un objectif humanitaire car il est important de protéger rapidement les gens qui en ont besoin, mais c’est aussi pour pouvoir renvoyer plus facilement les déboutés (aujourd’hui seuls 4 % sont directement renvoyés).
Le deuxième but de ce projet de loi est d’expulser plus facilement. C’est pour cela que la rétention passe de 45 à 90 jours. Je dirais que son troisième but, inavoué, est de dissuader de venir en France. Il y a un effet « anti-appel d’air » qui veut signifier aux migrants que la France, ce n’est pas facile. Et le quatrième point, lui, est composé d’une petite série de mesures qui adoucissent la vie des réfugiés en France et favorisent leur intégration. Ainsi, un détenteur de la protection subsidiaire aura-t-il d’emblée un titre de séjour de quatre ans au lieu de un an actuellement, les frères et sœurs des enfants réfugiés pourront venir…
Théophile Deleau : Cette loi est trop à gauche pour la droite, trop à droite pour la gauche. Est-ce à dire qu’elle est équilibrée ?
Le gouvernement s’est servi de cette double critique pour faire croire à l’équilibre de son texte. Mais je ne pense pas que cela signifie quoi que ce soit. En fait, elle a été unanimement critiquée. Inopérante pour les uns, inhumaine pour les autres, bien trop « molle » pour la droite et l’extrême droite…

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Mathilde : Les députés ont voté en faveur de l’exemption du délit de solidarité pour toute une série d’actions. Le citoyen français qui héberge un migrant n’aura plus à s’inquiéter de risquer d’aller en prison ?
Je crains fort que cet amendement, gagné de haute lutte sur le ministère de l’intérieur — qui n’en voulait pas — ne soit que de la poudre aux yeux. Je vous invite à relire l’article que nous avons publié samedi [29 avril] sur LeMonde.fr à propos des multiples poursuites que connaît aujourd’hui une association comme L’Auberge des migrants à Calais. Vous y verrez que les personnes ne sont pas poursuivies au nom de cet article du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, mais pour d’autres chefs d’inculpation.

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Nous verrons une fois que la loi sera appliquée, mais je ne pense pas que le changement sera important. On est dans de l’affichage politique. Un petit groupe de députés voulaient ce changement, Gérard Collomb peut se prévaloir de les avoir entendus sur ce point.
Une agitatrice professionnelle : La distinction (artificielle) entre personnes demandeuses d’asile et migrant·e·s dit·e·s « économiques » a-t-elle été évoquée durant les débats parlementaires ou n’est-elle plus remise en question ?
Pour la troisième fois seulement dans l’histoire récente du pays, nous avons un texte de loi qui mêle l’asile et la politique migratoire. Ce n’est pas anodin. Je vous rappelle que la dernière loi sur l’asile datait de 2015 et la dernière loi migration de 2016… Traiter ces deux sujets ensemble crée un amalgame dans les esprits alors que l’opinion publique française fait déjà peu le distinguo entre un réfugié et un migrant économique.
Un apprenti juriste : Le texte de loi prévoit un allongement du séjour en centre de rétention. N’y a-t-il pas un risque de condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme ?
Je ne pense pas, parce que la France avait des durées d’enfermement inférieures à bien d’autres pays européens et qu’on reste à l’intérieur du cadre fixé par les directives. En revanche, notre problème porte sur l’enfermement des enfants. La France a déjà été condamnée au moins six fois par la Cour européenne des droits de l’homme.
A. Blrd : De quelle influence concrète disposent des autorités indépendantes telles que le Défenseur des droits ou la CNCDH sur les textes présentés ?
L’influence du Défenseur des droits et celle de la Commission nationale consultative des droits de l’homme se font à travers les médias et l’opinion publique. Si nous parlons de leurs avis, ils existent. Si nous n’en parlons pas, alors ils n’existent pas vraiment, puisque, finalement, l’administration ne se sent pas liée aux conclusions de ces deux instances.
Mélanie : Comment réduire la durée d’instruction de la demande d’asile ?
Aujourd’hui, l’Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides] répond en un peu plus de trois mois, et la CNDA [Cour nationale du droit d’asile] en un peu plus de cinq mois. Les opposants à cette loi lui reprochent justement de compresser les délais de ces instances, alors que les vrais temps morts sont ailleurs. Ainsi, le ministère de l’intérieur a-t-il expliqué dans l’étude d’impact qui accompagne sa loi qu’il faut en général attendre vingt et un jours avant de passer devant une association, qui elle-même fixe un rendez-vous en préfecture.
Pour agir sur cette première période, il suffit de donner plus de moyens aux préfectures, afin qu’elles enregistrent plus rapidement les demandes. Or, cent cinquante postes ont bien été créés au budget 2018, mais comme les préfectures doivent renvoyer plus, elles ont pour beaucoup affecté ces moyens nouveaux ailleurs qu’aux enregistrements…
Ge-meunier : Comment interprétez-vous la non-participation au vote d’une centaine de députés La République en marche ?
Une partie des députés ne voulaient pas voter cette loi, mais ils ne voulaient pas non plus afficher cette réticence. Tous savaient que leur vote serait regardé à la loupe. A partir de là, s’abstenir, comme ils ont été dix-sept à le faire était un acte de résistance, alors qu’être absent était beaucoup plus discret. L’absence d’un tiers des députés de la majorité est un signe qui a été sous-analysé. Il ne faut pas oublier que Richard Ferrand, le président du groupe La République en marche, leur avait signifié qu’il ne voulait voir qu’une seule tête, et qu’eux-mêmes sont pour beaucoup des débutants, à leur premier mandat.

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Pouvez-vous nous en dire plus sur l’équipe du « Monde » chargée de l’immigration et son fonctionnement ? Comment faites-vous en tant que journaliste pour prendre du recul sur ces questions clivantes d’immigration ?
Nous avons la chance au Monde d’être un certain nombre à travailler sur ce sujet. Notre réseau de correspondants suit de près le thème sur leurs terrains respectifs. Au Monde.fr, Anne Guillard fait des séjours réguliers à Calais depuis plus d’un an. Au service Politique, mais aussi au service Planète, le sujet est aussi suivi.
Pour ce qui concerne mon traitement, je me fixe la ligne du reportage, considérant que rien de mieux que le terrain ne permet de raconter le quotidien des migrants en France. J’interroge le ministère de l’intérieur sur les sujets plus théoriques, ou les préfets sur les sujets en région. Mais je considère que je ne ferais pas mon travail si je ne déconstruisais pas les éléments de langage, savamment montés pour expliquer que tout va bien.
Les associations font partie de mes informateurs, et sont plus présentes que le ministère de l’intérieur, d’abord parce qu’elles répondent aux questions, ensuite parce qu’elles sont plus présentes sur le terrain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Des milliers de personnes protestaient depuis des jours contre le maintien au pouvoir de M. Sarkissian, qui fut président du pays de 2008 à 2018.
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Arménie : démission du premier ministre, Serge Sarkissian

Des milliers de personnes protestaient depuis des jours contre le maintien au pouvoir de M. Sarkissian, qui fut président du pays de 2008 à 2018.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 14h47
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 17h28
   





                        



   


Après plus de dix jours de contestation, le premier ministre arménien, Serge Sarkissian, a démissionné, lundi 23 avril. « Je quitte le poste de dirigeant du pays », a-t-il déclaré selon son service de presse, cité par l’agence de presse officielle arménienne Armenpress.
Cette annonce surprise a eu lieu quelques heures après la libération du chef de la contestation et député Nikol Pachinian, interpellé la veille lors d’une manifestation de l’opposition. Le parlementaire a aussitôt rejoint les protestataires dans les rues d’Erevan, en lançant : « Tout le monde a déjà compris que nous avons gagné ! » « Nikol Pachinian avait raison. Et moi, je me suis trompé », a ajouté le premier ministre démissionnaire.
Peu après l’annonce, des milliers de manifestants se sont réunis sur la place de la République, en plein centre de la capitale arménienne, où est situé le siège du gouvernement. La foule a accueilli par des cris de joie et des applaudissements la nouvelle de la démission du premier ministre. Dans la matinée, des militaires en tenue avaient, pour la première fois, rejoint les rangs des manifestants, témoignant d’une situation de plus en plus critique pour les autorités.

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« Deux réalités aux antipodes »
Les manifestations étaient devenues quasi quotidiennes depuis le 13 avril contre le maintien au pouvoir de M. Sarkissian, qui fut président du pays de 2008 à 2018. Elu premier ministre le 17 avril, alors qu’il venait d’achever son second et dernier mandat présidentiel, M. Sarkissian a cristallisé la colère populaire, qui l’accuse de se maintenir au pouvoir sans avoir réussi à améliorer la vie quotidienne de ses compatriotes.
Le taux de pauvreté en Arménie a augmenté ces dernières années : il était de 29,8 % en 2016 et de 27,6 % en 2008, selon les données de la Banque mondiale, tandis que le revenu national brut (RNB) par habitant stagne à 3 770 dollars, une somme quasi identique à celle d’il y a dix ans. La corruption est également un problème majeur dans la société arménienne.
« La majorité de la population n’a plus confiance envers les autorités, ni envers le système politique du pays en général », constate l’analyste Iouri Navoïan, qui préside l’ONG russo-arménienne Dialogue, sise à Moscou. Il affirme notamment que « les autorités et le peuple constituent deux réalités aux antipodes » en Arménie, soulignant que « les protestations en Arménie ont révélé des problèmes socio-économiques et politiques qui se sont accumulés depuis des années ».
C’est aussi une certaine forme de trahison de Serge Sarkissian qu’ont dénoncé les manifestants. Alors que la Constitution d’Arménie interdit au président d’effectuer plus de deux mandats, le président, à la tête du pays depuis 2008, avait fait voter en 2015 une réforme controversée donnant l’essentiel des pouvoirs au premier ministre, les fonctions du président devenant largement protocolaires. Il avait alors assuré qu’il n’entendait pas présenter sa candidature au poste de chef du gouvernement. Avant de changer d’avis.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ La journée s’annonce perturbée. Les secteurs ferroviaire et aéronautique sont agités par une mobilisation sociale d’ampleur, qui tombe pour la première fois de manière concomitante.
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Grève à la SNCF et à Air France : les prévisions de trafic mardi 24 avril

La journée s’annonce perturbée. Les secteurs ferroviaire et aéronautique sont agités par une mobilisation sociale d’ampleur, qui tombe pour la première fois de manière concomitante.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 17h01
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 17h57
   





                        



   


Onzième jour de grève dans le ciel, dixième sur les rails. La journée de mardi 24 avril s’annonce perturbée dans les transports français, dont les secteurs ferroviaire et aéronautique sont agités par une mobilisation sociale d’ampleur, qui tombe pour la première fois de manière concomitante.
SNCF : un TGV sur trois, deux TER sur cinq
La nouvelle journée de mobilisation à la SNCF, dont le calendrier d’action syndicale court jusqu’à la fin du mois de juin, devrait à nouveau perturber le trafic. Selon la direction, les prévisions sont les suivantes :
Un TGV sur troisDeux TER sur cinqUn Intercités sur troisDeux Transilien sur cinqUn train international sur deuxUn Ouigo sur quatre
La situation reste très contrastée d’une ligne à l’autre. En région parisienne, la moitié des RER A et B circuleront tandis que seul un RER C et E sur trois est annoncé, comme lundi. Il y aura deux trains sur cinq sur la ligne D.
Sur le réseau TGV, les perturbations seront ainsi plus fortes sur l’axe Atlantique. En revanche, les Ouigo circuleront moins dans l’Est (3 sur 5), le Nord et le Sud-Est (2 sur 5). Légèrement plus perturbé que lundi sur les TGV, la trafic sera ainsi quasiment similaire à celui de la veille sur les trains du quotidien et les Intercités. A l’international, en moyenne un train sur deux devrait circuler, comme lundi, selon les prévisions de la SNCF.
Les perturbations restent donc « toujours compliquées », selon la SNCF, qui affichait lundi un taux de 17,45 %, mais avec une mobilisation toujours forte des conducteurs, grévistes à 62,6 %.
Le patron du groupe,  Guillaume Pepy, avait pourtant assuré dimanche au cours du « Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro » que « le trafic sera[it] en amélioration » et que « la grève s’érod[ait] lentement ». De son côté, l’intersyndicale envisage pourtant de prolonger la grève à l’été. Un scénario inenvisageable pour le patron de la SNCF, convaincu qu’« il n’y aura pas de grève cet été parce que les cheminots sont des gens responsables ».
Air France, trois avions sur quatre
Durant cette nouvelle journée de grève, « près de 75 % » des vols seront assurés, selon la direction d’Air France. 70 % des vols long-courriers, 65 % des moyen-courriers au départ et vers Roissy, et 80 % des court-courriers à Orly et en régions seront maintenus.
Le taux de grévistes, estimé à partir des déclarations préalables en vertu de la loi Diard, est de 27,2 % pour les pilotes, de 19,9 % pour le personnel navigant commercial (PNC, hôtesses et stewards) et de 15,6 % pour les agents au sol. En revanche, seuls 4,4 % des agents au sol étaient en grève lundi, a précisé un porte-parole du groupe aéronautique. Un chiffre faible que les syndicats imputent au mode de calcul de la direction.

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Depuis sept semaines, l’intersyndicale réclame toujours un « rattrapage » de 6 % sur les salaires, une demande revue à la baisse à 5,1 % la semaine dernière, tous métiers confondus (pilotes, PNC, agents au sol), afin de couvrir le gel de la grille salariale, et donc l’inflation, depuis 2011. Un projet d’accord de la direction qui prévoyait une augmentation immédiate de 2 % et une hausse de 5 % sur la période 2019-2021 a été refusé, jeudi, par les syndicats.
Le PDG d’Air France, Jean-Marc Janaillac, a ouvert une consultation auprès des salariés, alors que l’intersyndicale doit se réunir, jeudi 26 avril, pour planifier de nouvelles dates de grève au mois de mai. Du 26 avril au début de mai, les salariés devront ainsi donner leur avis sur la proposition salariale de la direction. En cas de refus, le président a annoncé qu’il quitterait ses fonctions.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Selon les témoignages collectés dans le rapport sur le management de la troupe visant Aurélie Dupont, les problèmes remontent au-delà de l’arrivée de la directrice du ballet de l’Opéra et le harcèlement moral y semble « systémique ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/04/2018
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A l’Opéra national de Paris, le malaise persiste

Selon les témoignages collectés dans le rapport sur le management de la troupe visant Aurélie Dupont, les problèmes remontent au-delà de l’arrivée de la directrice du ballet de l’Opéra et le harcèlement moral y semble « systémique ».



Le Monde
 |    23.04.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h50
    |

                            Rosita Boisseau








                        


Deux ans après le départ fracassant de Benjamin Millepied de son poste de directeur de la danse de l’Opéra national de Paris, la compagnie parisienne traverse une nouvelle crise grave. La tempête soulevée, dimanche 15 avril, par la divulgation dans la presse d’un rapport confidentiel sur le management de la troupe visant Aurélie Dupont, à la tête de la danse depuis février 2016, n’en finit pas de faire des vagues.

        Lire le récit :
         

          L’Opéra national de Paris sous tension



Sous le choc de la « fuite » de ce sondage de 179 pages et 130 questions auquel ont répondu 108 interprètes sur les 154 que compte l’équipe, une réunion extraordinaire du ballet s’est déroulée mercredi 18 avril. Une confrontation apparemment orageuse qui s’est conclue par un vote des 130 danseurs présents. A une très large majorité – à l’exception de deux votes contre et deux abstentions –, les interprètes ont chargé Erwan Le Roux, délégué syndical central CGT du ballet, de prendre les choses en main et de régler l’affaire au plus près des intérêts de tous les danseurs.
« Ces accusations sont très graves »
Interrogé par Le Monde, Erwan Le Roux, par ailleurs danseur dans le corps de ballet, tient d’abord à reprendre quelques points ultrasensibles de ce dossier explosif. Pour rappel, c’est la commission d’expression artistique (CEA), composée de quatre interprètes élus chaque année et, selon la convention collective, par la troupe pour servir de courroie de transmission entre la compagnie et la direction, qui a conçu et récolté ce questionnaire. Un questionnaire devenu une bombe tant les résultats sont explosifs. Dans Le Figaro, il est dit que 88,9 % des danseurs estiment que « le management d’Aurélie Dupont n’est pas de bonne qualité ».
Il est aussi question de harcèlement moral et sexuel. « A ce jour, aucun danseur n’est venu me voir pour accuser Aurélie Dupont de harcèlement sexuel, affirme Erwan Le Roux. Ces accusations sont très graves. Et quand elles sont fausses, c’est pire. Elles sont en train de faire le tour de la planète et nuisent gravement à la réputation d’Aurélie Dupont ainsi qu’à celle de l’institution. S’il y a des problèmes dans la troupe, c’est à moi et mes deux délégués d’en faire part directement à la direction. C’est une question de démocratie sociale. »
Par ailleurs, la question de la fuite de ce rapport confidentiel dont les résultats « bruts et non synthétisés », ainsi que les commentaires anonymes des danseurs souvent rapides et sans précautions, ont été adressés à certains journalistes, reste aiguë. Pour quelles raisons cet envoi ? Et par qui ? Les 154 danseurs ont reçu le document par mail. « Un des points sensibles, suite à cette réunion, c’est que je n’ai toujours pas récupéré les codes informatiques du sondage originel qu’on devait me faire parvenir, explique M. Le Roux. J’ai reçu le rapport, comme tous les autres interprètes, mercredi 11 avril, et je ne pense pas qu’il ait été manipulé. Mais il est important d’avoir le document source par devoir de transparence de toute la troupe. »
Ambiance désastreuse
L’ambiance dans la compagnie semble, selon plusieurs sources, désastreuse. Et ce alors que les représentations de Roméo et Juliette, chorégraphié par Sasha Waltz, sont à l’affiche jusqu’au 4 mai de l’Opéra Bastille. Certains interprètes évoquent « des règlements de comptes avec la direction », « des haines personnelles extrêmement violentes », une « machination scandaleuse ». « Toute cette histoire est humainement dramatique, ajoute Erwan Le Roux. Certains danseurs ont même honte d’être à l’Opéra national de Paris. Ceux qui ont répondu à ce sondage qui garantissait l’anonymat l’ont fait en toute bonne foi et en confiance. Tout le monde regarde son collègue de travers en se demandant qui a pu agir de cette façon. »
Selon les témoignages collectés, tous anonymes, par Le Monde, il est clair que des problèmes de fond existent. Qu’ils remontent bien au-delà d’Aurélie Dupont paraît aussi évident. Le harcèlement moral semble « systémique » à l’Opéra de Paris.
« Il est clair qu’on doit faire évoluer l’organisation du travail dans la compagnie depuis le rythme des répétitions jusqu’à la durée de la pause déjeuner, commente Erwan Le Roux. Je travaillais sur ce gros dossier depuis presque trois ans. Il y a plus de quarante ans que ce fonctionnement n’a pas été discuté. Les négociations étaient bien avancées. Je ne sais plus aujourd’hui comment on va progresser. Le renouvellement générationnel d’une troupe, où la moyenne d’âge est actuellement de 25 ans, entraîne de nouveaux modes de pensée, de relations entre les gens et de travail. Se lâcher sur les réseaux sociaux est une chose mais attention à ne pas se déverser partout. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ La Russie installe peu à peu sa présence depuis qu’un accord militaire a été conclu entre Moscou et Bangui en décembre 2017.
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Reportage

Soldats, mercenaires et conseillers russes se multiplient dans la capitale centrafricaine

La Russie installe peu à peu sa présence depuis qu’un accord militaire a été conclu entre Moscou et Bangui en décembre 2017.

Rémy Ourdan (Bangui, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 23.04.2018 à 16h10

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        Mis à jour le 23.04.2018 à 17h49






                        

Crédits : FLORENT VERGNES/AFP


                    

A Bangui, on parle presque autant d’eux que des rebelles qui se regroupent dans l’arrière-pays et menacent d’avancer vers la capitale centrafricaine. Ils alimentent la machine à spéculations et à fantasmes, tant on s’interroge sur l’étendue de leur influence. Eux, ce sont les Russes : militaires, mercenaires, hommes d’affaires ou conseillers de l’ombre.
Les faits sont connus. Après une rencontre à Sotchi, en octobre 2017, entre le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, et le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, Moscou a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU une dérogation à l’embargo sur les armes à destination de la Centrafrique afin de faire un don de matériel militaire au gouvernement et de lancer un programme d’entraînement des Forces armées centrafricaines (FACA). L’autorisation fut obtenue en décembre et un Iliouchine II-76 de l’armée russe a effectué le 26 janvier une première livraison à l’aéroport de Bangui.

L’accord entre Bangui et Moscou prévoit la fourniture de lance-roquettes, mitrailleuses, fusils automatiques et pistolets, ainsi que l’entraînement au maniement de ces armes de deux bataillons des FACA, soit 1 300 hommes. Une cérémonie pour la fin de la formation d’un premier contingent de 200 hommes s’est tenue le 31 mars en présence du président Touadéra. Voilà pour l’histoire officielle. Mais les surprises se sont enchaînées.
Bokassa « ne repose plus en paix »
Il y a tout d’abord eu la mise à disposition du palais de Bérengo aux envoyés de Moscou. Cette bâtisse à l’abandon, à 60 km à l’ouest de Bangui, était la demeure de Jean-Bedel Bokassa, au pouvoir de 1966 à 1979, enterré dans le domaine. Cette révélation a lancé une vive polémique entre le gouvernement et la famille Bokassa, qui n’avait pas été prévenue de la transformation du palais et des 40 hectares de terrain en camp militaire.
Les héritiers Bokassa ont indiqué, dans un communiqué, « avoir appris avec émoi et...



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Le président français, qui se rend aux Etats-Unis lundi, évoquera le terrorisme, l’Iran et le commerce international avec son homologue Donald Trump.
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/04/2018
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Terrorisme, Iran, commerce... Les enjeux de la visite de Macron à Washington

Le président français, qui se rend aux Etats-Unis lundi, évoquera le terrorisme, l’Iran et le commerce international avec son homologue Donald Trump.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h54
    |

            Marc Semo








                        



   


La visite d’Etat d’Emmanuel Macron, lundi 23 avril à Washington, est la première d’un dirigeant étranger depuis l’installation de Donald Trump à la Maison Blanche. Le président américain a ainsi voulu souligner l’importance qu’il accorde à sa relation avec son « ami » Emmanuel Macron. Ce dernier l’avait reçu avec faste pour le défilé du 14-Juillet et il ne veut pas être en reste.
Les trois jours de la visite d’Emmanuel Macron et de sa femme se dérouleront en grande pompe. Entretien dans le bureau Ovale à la Maison Blanche, dîner à Mount Vernon, la maison de George Washington, adresse au Congrès comme pour tous ses prédécesseurs de la Ve République, à l’exception de François Hollande. Comme Valéry Giscard d’Estaing en 1976, il s’exprimera en anglais pendant une trentaine de minutes. Un discours pour « rappeler les valeurs communes et la volonté de continuer à écrire l’histoire ensemble », souligne l’Elysée. Il a accordé également un grand entretien, diffusé dimanche, à Fox News, la chaîne réactionnaire qu’affectionne Donald Trump. Le président français, accompagné lors de cette visite par Jean-Yves Le Drian (affaires étrangères), Florence Parly (armées) et Bruno Le Maire (économie) abordera dans ses entretiens avec son homologue tous les grands sujets internationaux.

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Terrorisme
Il y a une évidente convergence dans le caractère prioritaire de la lutte contre le terrorisme, y compris contre ses financements, alors que se tiendra à Paris une conférence internationale sur le sujet les 25 et 26 avril. La France comme les Etats-Unis veulent finir d’éradiquer l’organisation Etat islamique (EI) de son ancrage territorial syro-irakien, mais Emmanuel Macron espère aussi convaincre son interlocuteur de maintenir les quelque 2 000 hommes, notamment des forces spéciales, déployés au nord-est de la Syrie dans le territoire contrôlé par les FDS (Forces démocratiques syriennes) à dominante kurde. Soumis à la pression de son électorat et fidèle à ses promesses de campagne, Donald Trump voudrait au contraire pouvoir rapatrier les « boys » dès que possible.
Ils parleront aussi du Sahel. L’intervention au Mali, en 2013, a convaincu le Pentagone de la détermination française, et la présence, aux côtés d’Emmanuel Macron, de Jean-Yves Le Drian, passé de la défense aux affaires étrangères, est un atout. D’où le soutien américain, désormais affirmé, à la force militaire du G5 Sahel, initiée par la France et réunissant le Tchad, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie.
L’Iran
La lutte contre la prolifération nucléaire et chimique sera aussi au cœur des discussions et notamment le dossier du nucléaire iranien sur lequel Paris et Washington ont de sérieuses divergences d’approche, malgré des préoccupations communes, notamment sur le programme balistique développé par Téhéran. Donald Trump n’a jamais caché son hostilité « à l’horrible accord » de juillet 2015 entre les « 5 + 1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, plus l’Allemagne, et Téhéran), gelant pour dix ans le programme nucléaire iranien.
Le 13 octobre, le président américain avait refusé de certifier, comme la loi américaine le lui demande, que l’accord avec l’Iran est conforme aux intérêts américains, et de proroger la levée des sanctions contre Téhéran. Donald Trump a posé la date du 12 mai comme ultimatum à ses alliés européens pour qu’ils s’entendent avec l’Iran, afin de « remédier aux terribles lacunes » du texte. Il réclame davantage d’inspections et, surtout, des gages pour l’après alors que l’accord limitant l’activité nucléaire de Téhéran est censé expirer entre 2025 et 2030.
La France s’emploie, avec les autres signataires européens, l’Allemagne et le Royaume-Uni, à le compléter avec des « recommandations fortes », y compris la menace de nouvelles sanctions à propos des missiles balistiques, afin d’augmenter la pression sur Téhéran et de donner des gages au président américain. Le retrait des Etats-Unis donnerait en effet le coup de grâce à l’accord de 2015, même si les autres signataires, à commencer par les Européens, continueraient à en respecter les termes.
Le limogeage du secrétaire d’Etat Rex Tillerson et son remplacement par « le faucon » Mike Pompeo, combinés à la nomination de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale, sont perçus comme un durcissement de la politique américaine de mauvais augure pour l’accord iranien. « Même si le président américain n’a pas encore arrêté sa décision, les signaux reçus ne sont guère encourageants », reconnaît l’Elysée.
Les négociations commerciales
C’est, avec le climat, l’autre grande pomme de discorde, depuis que, le 8 mars, l’administration Trump a relevé de 25 % les taxes douanières sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium, tout en épargnant – seulement provisoirement – les intérêts des Européens. Ceux-ci ont jusqu’au 1er mai pour négocier des exemptions permanentes. « On espère que cette visite va être utile pour mieux expliquer nos positions, mais on n’espère pas de “deal”, on ne prévoit pas d’engranger d’accord lors de ces trois jours », explique l’Elysée, soulignant que « ce n’est pas vraiment l’objet de cette visite, c’est une visite très politique ».
Ces sujets seront aussi abordés deux jours plus tard par la chancelière allemande qui arrive à Washington le 27 avril. Mais ses relations avec Donald Trump sont très mauvaises depuis le début. Le président américain s’en est pris, avant et après son élection, à l’Allemagne en général et à la chancelière en particulier pour dénoncer les excédents commerciaux du pays, menacer le secteur de l’automobile de droits de douanes accrus et critiquer l’accueil des réfugiés depuis 2015.
« Pour les Etats-Unis, le numéro de téléphone de l’Europe, sa figure de référence, était Angela Merkel. Désormais, c’est Emmanuel Macron », relève Yves Bertoncini, président du Mouvement européen France. Un constat partagé par Célia Belin, chercheuse à la Brookings Institution qui, dans Foreign Affairs, relève que « la France, désormais, est le meilleur interprète des intérêts européens aux Etats-Unis ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Lors du débat sur le projet de loi asile-immigration, adopté dimanche, la droite et le Front national ont eu des discours proches.
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Loi asile-immigration : une semaine de convergence des idées entre LR et FN

Lors du débat sur le projet de loi asile-immigration, adopté dimanche, la droite et le Front national ont eu des discours proches.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h14
    |

            Olivier Faye, 
Manon Rescan et 
Lucie Soullier








                        



                                


                            
Il est des moments parlementaires qui disent davantage que n’importe quelle analyse politique. La semaine d’examen du projet de loi asile-immigration, adopté dimanche 22 avril à l’Assemblée nationale, n’a pas manqué de ces instantanés à attraper au vol. Par exemple, ces hochements de tête frontistes aperçus lors d’interventions du groupe Les Républicains (LR). Ou ces applaudissements nourris sur les bancs du Front national (FN) lorsque Valérie Boyer, députée LR des Bouches-du-Rhône, évoque l’attentat de Marseille. Enfin, ce « bravo » lancé par Marine Le Pen elle-même, alors qu’Eric Ciotti rappelle celui de Nice.
Les longs débats menés jusqu’au cœur de la nuit ont fourmillé d’illustrations de cette convergence des discours entre la droite et l’extrême droite, tant commentée depuis l’élection de Laurent Wauquiez à la tête du parti Les Républicains en décembre 2017. Un rapprochement intellectuel souligné sans cesse par les promoteurs de l’union des droites.

« Choc de désintégration produit par l’immigration massive », « chaos migratoire », « plafonds d’immigration », « enjeu majeur de souveraineté »… Guillaume Larrivé a ouvert la voie, lundi 16 avril, dans l’Hémicycle. Les mots du coresponsable du projet de LR sur la question n’avaient rien à envier à ceux de Marine Le Pen, qui avait présenté les propositions du FN quelques heures plus tôt. Au point de voir son intervention saluée par Sébastien Chenu, député frontiste du Nord, qui s’amuse de la réponse de son collègue LR : « Guillaume m’a dit “ne le dis pas trop fort”. »
Mardi après-midi, les débats reprennent, les confusions aussi. La députée du Bas-Rhin (La République en marche, LRM) Martine Wonner prend la parole : « Qui sait, peut-être y a-t-il, parmi ces migrants, de futurs artistes, scientifiques, philosophes, parlementaires… » Une voix s’élève : « Terroristes ? »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le président sortant de la Polynésie française part largement favori de la triangulaire qui l’opposera au parti autonomiste de Gaston Flosse et aux indépendantistes d’Oscar Temaru, le 6 mai.
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Elections territoriales en Polynésie : Edouard Fritch domine le premier tour

Le président sortant de la Polynésie française part largement favori de la triangulaire qui l’opposera au parti autonomiste de Gaston Flosse et aux indépendantistes d’Oscar Temaru, le 6 mai.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h38
    |

                            Mike Leyral (Papeete, Polynésie française, correspondance)








                        



   


La liste autonomiste conduite par Edouard Fritch a largement dominé ses concurrents en réunissant dimanche (lundi 23 avril à Paris) 43,04 % des voix au premier tour des élections territoriales. Il part largement favori de la triangulaire qui devrait l’opposer le 6 mai au parti autonomiste de Gaston Flosse (29,4 %) et aux indépendantistes d’Oscar Temaru (20,72 %). La participation (61,51 %) est plus faible que lors des scrutins précédents, malgré une campagne intense ces dernières semaines.
Le Tahoeraa de Gaston Flosse, en particulier, a montré qu’il savait toujours rassembler avec le plus important meeting (9 000 militants), et des milliers de tee-shirts et de drapeaux à sa couleur, l’orange. Mais il a souffert de ne pouvoir présenter son leadeur : Gaston Flosse est inéligible jusqu’en juillet 2019, et le discret Geffry Salmon, qui le remplace en tête de liste, n’a pas la même aura.

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Edouard Fritch, 66 ans, resté dans l’ombre de Gaston Flosse pendant trente ans, a montré qu’il n’avait pas besoin de son ancien mentor pour l’emporter. Il doit sa victoire à un bon bilan à la tête de la Polynésie française, qui retrouve des couleurs après plus de dix années de crise. Il a réuni la moitié des maires polynésiens, très influents sur leur électorat. Il s’est aussi engagé sur une mesure impopulaire : la réforme de la sécurité sociale locale et le report de l’âge de départ à la retraite, de 60 à 62 ans. Il est enfin parvenu à normaliser les relations entre la Polynésie et l’Etat, tandis que ses deux opposants n’ont pas de mots assez durs contre la France.
Mesures spectaculaires
Les adversaires des quatre dernières décennies, Gaston Flosse et Oscar Temaru, ne sont pas parvenus à endiguer cette montée en puissance. Rattrapé par les affaires, lâché par les principaux cadres de son parti, Gaston Flosse a misé sur un programme populaire : il propose douze mesures spectaculaires, comme des baisses drastiques des tarifs d’accès à Internet ou des transports en commun. Il a aussi intégré sur sa liste des personnalités de la société civile, comme le journaliste et présentateur du journal de la chaîne Première James Heaux, ou le syndicaliste Angélo Frébault. Sans succès. Ce scrutin met un coup d’arrêt aux ambitions de Gaston Flosse, 86 ans. Le « vieux lion », comme on l’appelle en Polynésie, a cependant maintes fois démontré qu’il pouvait toujours revenir après ses défaites.

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Oscar Temaru a mené campagne sur ses thèmes de prédilection : la décolonisation, les demandes de réparation pour les essais nucléaires ou la probité des élus. Il souhaite, à terme, un référendum d’autodétermination en Polynésie. Au cours de la campagne, il a suggéré qu’il ne briguerait pas la présidence en cas de victoire de sa liste, mais qu’il la laisserait à son gendre, le député Moetai Brotherson. Lui non plus n’a pas convaincu.
Quant aux trois autres listes en course au premier tour, aucune n’atteint 4 %. Le seul parti national représenté, l’UPR, finit dernier avec 1,15 % des voix.
Les élections ont perdu de leur faste en Polynésie depuis que les électeurs n’ont plus le droit d’afficher leurs préférences au sein des bureaux de vote. Les drapeaux, les militants et les musiciens doivent rester aux abords des écoles et des mairies. Mais ils continuent à haranguer les passants pour les convaincre de voter rouge, orange ou bleu ciel, les couleurs respectives d’Edouard Fritch, de Gaston Flosse et d’Oscar Temaru.
Large autonomie
Les partis ont jusqu’à mardi soir pour déposer les listes en vue du second tour. Les indépendantistes ont déjà annoncé qu’ils ne s’allieraient pas avec les autonomistes. Une telle alliance s’était déjà produite en 2008, à l’assemblée : elle avait conduit à l’élection de Gaston Flosse à la présidence, mais elle n’avait pas duré.
Si le Tapura d’Edouard Fritch conserve la même avance au second tour, il bénéficiera d’une majorité solide à l’assemblée grâce à la prime majoritaire accordée au vainqueur. Sans alliance, ses deux adversaires ne semblent pas en mesure de le rattraper, puisque même un report de toutes les voix des petites listes n’y suffirait pas.
Après le second tour, les cinquante-sept représentants élus à l’assemblée éliront leur président et celui de la Polynésie française pour un mandat de cinq ans.
Cette collectivité d’outre-mer jouit d’une large autonomie au sein de la République française, et dispose de ses propres ministères de l’économie, de l’emploi, de la santé ou encore de l’éducation. La défense, la sécurité ou la monnaie relèvent en revanche de la compétence de l’Etat.



                            


                        

                        


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Compte rendu

Un photographe égyptien emprisonné reçoit le prix de l’Unesco pour la liberté de la presse

Mahmoud Abou Zeid, alias Shawkan, a été arrêté en 2013 alors qu’il couvrait la dispersion d’un sit-in antigouvernemental par les forces de l’ordre.


Le Monde.fr avec Reuters
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        Le 23.04.2018 à 17h20

     •
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        Mis à jour le 23.04.2018 à 17h35






    
Le photographe égyptien Mahmoud Abou Zeid, alias Shawkan, durant son procès au Caire, le 9 août 2016.
Crédits : KHALED DESOUKI / AFP


Le photojournaliste égyptien Mahmoud Abou Zeid, connu également sous le nom de Shawkan, a obtenu, lundi 23 avril, le Prix mondial de la liberté de la presse 2018 décerné par l’Unesco, un choix critiqué par les autorités du Caire. Shawkan est emprisonné depuis son arrestation, le 14 août 2013, alors qu’il couvrait la dispersion d’un sit-in antigouvernemental par les forces de l’ordre. Des centaines de manifestants et plusieurs membres des forces de sécurité avaient trouvé la mort.
Le photographe de 31 ans est poursuivi pour de multiples chefs d’accusation, dont ceux d’appartenance aux Frères musulmans, mouvement aujourd’hui illégal en Egypte, de possession d’armes à feu et de meurtre. Il risque la peine de mort. Shawkan, qui nie toutes les charges à son encontre, comparaîtra mardi pour une audience devant un tribunal, mais aucun verdict n’est attendu.

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Son emprisonnement est régulièrement dénoncé par des organisations comme Amnesty International ou le Comité pour la protection des journalistes, qui estiment qu’il a été arrêté alors qu’il faisait simplement son travail. Les organisations de défense des droits humains dénoncent plus généralement la répression menée par le gouvernement du président Abdel Fatah Al-Sissi depuis le renversement, en juillet 2013, de l’islamiste Mohamed Morsi, premier président démocratiquement élu de l’histoire égyptienne.
« Engagement en faveur de la liberté d’expression »
En lui décernant son prix, l’Unesco a déclaré que l’arrestation et la détention et Shawkan étaient « contraires aux droits et libertés garantis par la Déclaration universelle des droits de l’homme et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ». « Le choix de Mahmoud Abou Zeid rend hommage à son courage, à sa résistance et à son engagement en faveur de la liberté d’expression », a déclaré Maria Ressa, présidente du jury de l’Unesco, dans un communiqué.

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Le ministère égyptien des affaires étrangères a estimé dimanche que la nomination du photographe avait été « pilotée par un certain nombre d’organisations non gouvernementales, parmi lesquelles des organisations dominées par l’Etat du Qatar, qui est connu pour son soutien et de sa défense permanente du groupe terroriste des Frères musulmans ».
Le Prix mondial de la liberté de la presse Unesco/Guillermo Cano, qui distingue une personne, une organisation ou une institution ayant « contribué d’une manière remarquable à la défense ou à la promotion de la liberté de la presse », sera attribué officiellement le 2 mai.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Cet encas au beurre de cacahouètes est devenu un rituel avant les matchs en NBA. Une tradition lancée par la légende Kevin Garnett au grand désespoir des nutritionnistes des franchises.
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Le « peanut butter and jelly » : le sandwich qui a rendu la NBA accro

Cet encas au beurre de cacahouètes est devenu un rituel avant les matchs en NBA. Une tradition lancée par la légende Kevin Garnett au grand désespoir des nutritionnistes des franchises.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 17h20
   





                        



   


L’anecdote s’est perdue au fil du temps ; seuls les vétérans des vestiaires de la NBA ont peut-être encore entendu parler de cette légende au moment de l’arrivée de Kevin Garnett aux Celtics de Boston. En décembre 2007, six mois après son transfert des Minnesota Timberwolves, le meilleur ailier-fort de la Ligue s’apprête à révolutionner bien plus que la défense des Celtics.
Pris d’une petite faim d’avant-match, un coéquipier lui propose un « PB & J », ou un peanut butter and jelly sandwich, populaire encas américain fait de beurre de cacahouètes et de confiture, serré dans deux tranches de paie de mie. Ce soir-là, Garnett joue plutôt bien, puis très bien. A peine sortie du terrain, le joueur tranche : « il va nous falloir des PB & J avant chaque match », déclare-t-il solennellement au préparateur physique de l’équipe. Quatre mois plus tard, les Celtics remportent le titre NBA pour la première fois depuis vingt-deux ans.
« Les Celtics se sont mis à faire des sandwichs en masse, bien avant les autres équipes, ils sont les précurseurs du PB & J », assure Tim DiFrancesco, préparateur physique des Lakers à l’occasion d’un article d’ESPN. Vite, la rumeur d’une nouvelle potion magique se répand au sein de la NBA. « Chaque match à Boston entraînait des “les Celtics ont des PB & J, on peut en avoir aussi ?” », se souvient DiFrancesco, lui-même rapidement contraint d’en confectionner pour ses Lakers. Puis la diaspora des Celtics accélère le phénomène : Garnett et Paul Pierce migrent vers les Nets de Brooklyn, Tony Allen chez les Grizzlies de Memphis, leur coach Doc Rivers rejoint les Clippers en Californie. Tous avec leurs PB & J préférés.
Un chef sandwich à Milwaukee
Et le choix a son importance. Si le précurseur Garnett a consommé uniquement des PB & J à la confiture de fraise pendant les dix saisons suivant sa révélation, le jeune Brandon Ingram des Lakers, très tatillon sur l’esthétique de son sandwich, préfère la gelée de raisin. Evan Fournier, le Français des Orlando Magics, se souvient : « la première fois que j’ai vu un PB & J, c’était à l’aéroport, quelqu’un mangeait ça et je me suis dit que ça avait l’air franchement pas bon. Eh bien, j’avais bien tort ! » Si Fournier n’est encore qu’un amateur occasionnel, son ami et coéquipier Nikola Vucevic « en mange systématiquement tous les jours de match ! »
Quant à Kevin Durant, il prouvera son allégeance en dédiant une paire de Nike au PB & J : jaune cacahouète et rouge confiture. Mais aujourd’hui ce sont peut-être les Bucks de Milwaukee qui en sont les plus gros consommateurs avec 20 à 30 par match, des ingrédients clés disséminés dans les vestiaires, les avions, les hôtels et un chef cuisinier dédié qui confectionne à la chaîne des « gaufres au PB & J », des « pancakes au PB & J », et même des « milk-shakes de récupération au PB & J ».

The PB&J sandwich is the @NBA's pre-game recipe for success. 
— NSFoodsMemo (@Victor Martino)


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Du côté de Cleveland, mieux vaut se méfier des PB & J des Cavaliers : si l’équipe locale se fait servir une pile de sandwichs à la confiture maison ou agrémentés de bananes, ils ne proposent à leurs adversaires que de vulgaires PB & J décongelés – que la plupart des coaches interdisent à leurs joueurs de manger.
Mais pourquoi les joueurs de basket aiment-ils tant ce goûter d’enfant américain ? « C’est réconfortant, pose le docteur Meg Mangano, diététicienne du sport et nutritionniste des LA Clippers pendant sept ans. C’est un snack facile, familier et, pour beaucoup d’entre eux, c’était un encas classique de quand ils étaient petits. On en a servi aux Clippers pendant toute la période où j’ai travaillé avec eux. »
Avec du sucre, des graisses, des protéines et du sel, le PB & J est, en fait, un nid à récepteurs pour le centre de gratification du cerveau humain, qui libère alors des endorphines. « Le glucide du pain et de petites doses de gras et de protéine constituent un mélange optimal pour provoquer un regain d’énergie », précise le Dr Mangano. « Comme tout, il ne faut pas en abuser, mais ça n’a jamais posé un problème aux Clippers. On leur proposait aussi du beurre d’amande et des fruits frais dedans… »
Le PB & J de la discorde chez les Warriors
Mais pour les Golden State Warriors, tout a bien failli s’effondrer en octobre 2015. A cette date, le club d’Oakland recrute Lachlan Penfold, préparateur physique et médecin du sport australien, plus habitué aux joueurs de rugby d’Océanie qu’aux basketteurs d’Amérique. Quand Penfold débarque, il n’a qu’un but : réduire la consommation de sucre des joueurs. Moins de bonbons, moins de soda, moins de cookies. Et surtout : plus de PB & J.
Quatre mois avant, les Warriors ont remporté le championnat et comptent bien recommencer : comment affronter cette nouvelle saison sans PB & J ? La rébellion gronde dans les rangs, mais malgré les plaintes de plusieurs joueurs, des coaches et même du general manager Bob Myers – qui raconte à qui veut qu’il apporterait un PB & J sur une île déserte –, l’interdiction durera des mois. Jusqu’à la mystérieuse réapparition : sans qu’aucune explication ne fût donnée. « Quelqu’un de haut placé a dû décrocher son téléphone », murmure Shaun Livingston au Wall Street Journal.

Son principal suspect : Stephen Curry. La star des Warriors est un amateur revendiqué de confiture de fraise de la marque Smucker, couplé avec du beurre de cacahouètes Skippy – et rien d’autre. Trop tard ? En avril 2016, les Warriors perdent 109-106 face aux Celtics, mettant alors fin à une série de 54 matchs gagnés à domicile. En finale en juin, les Golden State Warriors perdent face aux Cleveland Cavaliers. Lachlan Penfold, lui, est remercié.
Par Hélène Coutard



                            


                        

                        


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Le gouvernement présente son plan pour sortir de l’ère du « tout-jetable »

Baisse de taxe sur la valorisation des déchets, meilleure information sur la réparabilité des équipements… Cinquante mesures doivent encourager l’économie circulaire.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 15h25
    |

            Rémi Barroux








                        



   


Il faut sans doute y voir une attention particulière du gouvernement à l’égard de l’économie circulaire : c’est le premier ministre en personne, Edouard Philippe, accompagné de Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, qui a présenté, lundi 23 avril dans les locaux de l’usine SEB à Mayenne, la feuille de route de ce modèle économique qui veut rompre avec l’ère du « fabriquer, consommer, jeter ».
En annonçant cinquante mesures destinées à promouvoir une meilleure gestion des déchets, une politique de recyclage systématique tout autant que la lutte contre le gaspillage et l’obsolescence programmée de certains produits, le premier ministre répond à plusieurs objectifs déjà évoqués par le chef de l’Etat et le ministre Nicolas Hulot.
« La première manière de moins jeter, c’est d’acheter robuste, c’est-à-dire souvent français, voire européen (...) Une autre façon, c’est de consommer un peu moins (...), c’est la sobriété heureuse chère à Pierre Rabhi », a lancé M. Philippe lundi, en référence au célèbre essayiste écologiste et agriculteur bio.
Cette ambition se situe dans la droite ligne des engagements des gouvernements précédents, qui se targuaient de promouvoir ce nouveau système économique. Ainsi, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015 installait légalement l’économie circulaire. Elle proposait la définition suivante : « La transition vers une économie circulaire vise à dépasser le modèle économique linéaire consistant à extraire, fabriquer, consommer et jeter en appelant à une consommation sobre et responsable des ressources naturelles et des matières premières primaires ainsi que, par ordre de priorité, à la prévention de la production de déchets, notamment par le réemploi des produits, et, suivant la hiérarchie des modes de traitement des déchets, à une réutilisation, à un recyclage ou, à défaut, à une valorisation des déchets. »
Les objectifs fixés par le gouvernement reprennent pour certains les anciens, telle la réduction de 50 % des quantités de déchets non dangereux mis en décharge en 2025 par rapport à 2010. Le pays doit aussi « tendre vers 100 % de plastiques recyclés en 2025 », réduire de 30 % la consommation de ressources – calculée par rapport au PIB – d’ici à 2030, ou encore créer jusqu’à « 300 000 emplois supplémentaires » dans l’économie circulaire – leur nombre actuel est évalué à 800 000.

        Lire aussi l’entretien avec Brune Poirson :
         

          « Notre économie reste trop linéaire »



Si des progrès ont été réalisés, notamment du fait de l’augmentation du prix des matières premières et de l’urgence climatique et environnementale, « la France a de larges marges de progrès en matière d’économie circulaire », lit-on dans le dossier de présentation de la « Feuille de route pour une économie circulaire » que Le Monde a pu consulter.
Ainsi, le taux de valorisation des déchets ménagers et assimilés n’était en 2014 que de 39 %, quand il atteignait 65 % chez les Allemands ou 50 % chez les Belges. Sur le plastique, les taux de collecte plafonnent à 20 % alors que la moyenne européenne est de 30 %. Et les bouteilles en plastique sont collectées à hauteur de 55 %, contre 90 % dans les pays nordiques.
Pour accélérer la mutation, cinquante propositions ont été élaborées, au cours de six mois de consultations et d’ateliers.
Production
Le premier enjeu consiste à garantir une meilleure performance environnementale des produits, à user de moins de ressources non renouvelables et donc à utiliser plus de matières premières recyclées. Le gouvernement veut susciter, d’ici à cet été, des « engagements volontaires » visant à accroître les « volumes d’intégration de matière plastique issue de déchets » dans les filières de l’automobile, de l’emballage, du bâtiment ou des équipements électriques et électroniques. Le dispositif de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), intitulé « TPE & PME gagnantes sur tous les coûts ! », devrait être proposé à 2 000 entreprises volontaires afin qu’elles rationalisent leur consommation de ressources et réduisent leur production de déchets.
Consommation
Une meilleure information, un allongement de la durée de vie des produits, la lutte contre le gaspillage alimentaire sont les objectifs. Sont ainsi proposés un renforcement des « obligations des fabricants et des distributeurs en matière d’information sur la disponibilité des pièces détachées pour les équipements électriques et électroniques et les éléments d’ameublement ». A partir du 1er janvier 2020, une information sur la réparabilité des équipements électriques et électroniques et du matériel de bricolage sera obligatoire.
Le dépôt de plainte par les consommateurs sera facilité d’ici à 2019, « en matière de garantie légale de conformité pour les produits de consommation courante ». L’Ademe devra effectuer, d’ici à la fin 2018, une revue des labels environnementaux. Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, la feuille de route propose d’étendre aux opérateurs de la restauration collective et aux acteurs du secteur agroalimentaire l’obligation faite aux grandes surfaces de « proposer des conventions de dons à des associations caritatives ».
Gestion des déchets
Le gouvernement veut simplifier et unifier les règles de tri sur tout le territoire, notamment en prévoyant l’harmonisation des poubelles d’ici à 2022. « La France affiche un taux de valorisation des déchets municipaux de l’ordre de 40%, plus bas que beaucoup de nos voisins européens », aregretté lundi à Mayenne le premier ministre.
Des dispositifs de « consigne solidaire » devraient ainsi susciter une incitation au retour, où chaque bouteille ou cannette collectée « contribuerait au financement d’une grande cause environnementale, de santé ou de solidarité ».
Un des leviers consisterait à rendre la valorisation des déchets moins chère que leur élimination. La TVA sera réduite à 5,5 % « pour la prévention, la collecte séparée, le tri et la valorisation des déchets ». L’augmentation des tarifs de la composante « déchets » de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) reste l’objectif, même si le gouvernement dit vouloir prendre le temps de la concertation. En revanche, pour les résidus que la réglementation impose d’éliminer – résultant d’activités de soins à risques infectieux ou contenant des substances polluantes organiques persistantes –, il y aura exonération de cette taxe.
Basées sur le principe du pollueur payeur, les filières à responsabilité élargie des producteurs (REP) impliquent que les acteurs mettant sur le marché des produits prennent en charge tout ou partie de la gestion de leurs déchets. De nouvelles filières vont être constituées notamment dans les secteurs des loisirs, des articles de bricolage et de jardin. La construction, responsable de 70 % des déchets en France, est dans le collimateur : une lutte accrue contre la mise en décharge et la promotion du tri des matériaux est annoncée. Les contraintes pour les autorités chargées de la police des déchets seront simplifiées avec une adaptation du code pénal pour les infractions les plus courantes, tels les dépôts sauvages.

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                Une mer de déchets sauvages dans les Yvelines



Le gouvernement veut intensifier les contrôles des éco-organismes, ces sociétés agréées par l’Etat et financées par des taxes payées par les fabricants et importateurs de produits ou d’emballages afin d’en organiser la collecte, le tri et le recyclage. S’ils n’atteignent pas les objectifs réglementaires, ils seront sanctionnés financièrement et pourraient même perdre leur agrément.
Mobilisation
La commande publique, de même que le dispositif « Administration exemplaire », doivent être des leviers pour développer l’économie circulaire. Entre autres mesures, l’Etat, ses opérateurs ainsi que les collectivités devront consommer au moins 50 % de papier recyclé à compter du 1er janvier 2022. De même, d’ici à la fin 2018, ils devront utiliser des téléphones issus du réemploi, et des pneumatiques rechapés pour les flottes des administrations d’ici à 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Alors que la chancelière allemande ne semble pas en mesure d’imposer à son camp conservateur certaines réformes, la balle est désormais dans le camp des sociaux-démocrates pour redonner un « nouvel élan » à l ’Europe.
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Europe : le SPD allemand « merkélisé »

Editorial. Alors que la chancelière allemande ne semble pas en mesure d’imposer à son camp conservateur certaines réformes, la balle est désormais dans le camp des sociaux-démocrates pour redonner un « nouvel élan » à l ’Europe.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 10h15
   





                        



   


Pendant six mois, l’Allemagne a été silencieuse. Tout occupée à former un gouvernement, Angela Merkel n’a retrouvé de la voix qu’à la mi-mars, quand le Bundestag l’a réélue chancelière à la tête d’une grande coalition rassemblant ses amis conservateurs (CDU-CSU) et ses alliés sociaux-démocrates (SPD). Depuis, l’Allemagne n’est plus inaudible, mais sa politique est difficilement lisible.
C’est tout particulièrement le cas sur le front européen. Jamais un gouvernement allemand n’avait autant mis l’Europe au cœur de ses priorités. Intitulé « Un nouveau sursaut pour l’Europe », le contrat de coalition signé entre la CDU-CSU et le SPD est un vibrant plaidoyer pour une Europe de la « solidarité » et de la « justice ». En le ­lisant, les contempteurs de l’austérité pouvaient être rassurés, à commencer par Emmanuel Macron. Après des mois d’attente, le président français paraissait enfin trouver, en Allemagne, une réponse positive à son projet de « refondation européenne » exposé à la Sorbonne.
« Noyer le poisson »
Depuis, les portes se sont refermées. En recevant M. Macron à Berlin, jeudi 19 avril, Mme Merkel s’est contentée de propos très généraux sur la nécessité de « faire des compromis ». Et rien de concret sur la réforme de la zone euro chère au président français, qui souhaite doter celle-ci d’un budget et d’un ministre des finances. Comme l’a déploré une partie de la presse allemande, la chancelière a une fois de plus « merkélisé », un verbe entré dans le langage courant, outre-Rhin, et que l’on peut traduire par « noyer le poisson ».

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Un mois après son entrée en fonctions, le nouveau gouvernement allemand a-t-il déjà renoncé à tout volontarisme sur la scène européenne ? Un homme, en tout cas, semble le redouter très fort. Il s’agit de Martin Schulz. Dimanche 22 avril, l’ancien candidat malheureux du SPD à la chancellerie est brièvement monté à la tribune à la fin du congrès de son parti, à Wiesbaden (Hesse).
Donner des gages à la droite
Saluant la victoire d’Andrea Nahles, première femme élue présidente du SPD, il en a profité pour lancer une vibrante mise en garde. « Nous n’avons pas fait ces propositions pour l’Europe dans le contrat de coalition pour que les conservateurs s’assoient dessus quelques semaines après. (…) Or, sans une Europe forte, les populistes gagneront. Et, s’ils gagnent, alors nous aurons la guerre, la torture et la mort », a-t-il martelé, salué par une ovation debout.

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M. Schulz s’est contenté de cibler les conservateurs. Mais chacun a compris qu’il s’adressait aussi à ses camarades, en particulier à Olaf Scholz, le nouveau ministre des finances. Depuis sa prise de fonctions, l’ancien maire SPD de Hambourg ne cesse de donner des gages à la droite allemande, en maintenant notamment à leurs postes les principaux collaborateurs de son prédécesseur, Wolfgang Schäuble, pourtant la bête noire des sociaux-démocrates.
Comment l’Allemagne entend-elle redonner un « nouvel élan » à l’Europe ? Politiquement fragilisée, Mme Merkel ne semble pas en mesure d’imposer à son camp des réformes contre lesquelles les conservateurs ont toujours regimbé. La balle est désormais dans le camp des sociaux-démocrates. Si eux-mêmes s’alignent sur les dogmes de la droite allemande, ce n’est pas seulement leur parti qui risque de sombrer un peu plus, mais c’est le projet d’une Europe forte et solidaire qui pourrait être définitivement enterré. Par leur faute.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le recteur de la grande mosquée de Paris a réagi, lundi, au texte publié dimanche dans « Le Parisien ».
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Tribune contre « l’antisémitisme musulman » : Dalil Boubakeur dénonce un « procès injuste et délirant »

Le recteur de la grande mosquée de Paris a réagi, lundi, au texte publié dimanche dans « Le Parisien ».



Le Monde
 |    23.04.2018 à 13h55
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 15h43
   





                        



   


Un « procès injuste et délirant ». Dans un communiqué, diffusé lundi 23 avril, le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a rejeté les affirmations d’un manifeste contre « le nouvel antisémitisme », signé par près de trois cents personnalités. Le texte, publié dimanche dans Le Parisien, dénonce « l’antisémitisme musulman » qui provoquerait « une épuration ethnique à bas bruit ».
Signé notamment par Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, Laurent Wauquiez, Charles Aznavour ou encore Gérard Depardieu, le texte appelle à ce que « soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques » musulmanes « les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants », « afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime ».

        Sur le manifeste :
         

          Des centaines de personnes dénoncent « un nouvel antisémitisme » dans un manifeste



Mais pour M. Boubakeur, « cette tribune présente le risque patent de dresser les communautés religieuses entre elles ». 
« Les citoyens français de confession musulmane majoritairement attachés aux valeurs républicaines n’ont pas attendu [cette] tribune (…) pour dénoncer et combattre depuis des décennies l’antisémitisme et le racisme antimusulman sous toutes ses formes. »
Le président de l’Observatoire national contre l’islamophobie, Abdallah Zekira, a condamné un débat « nauséabond et funeste » sur l’islam et a appelé les signataires à cesser « d’accabler l’islam et les musulmans ». Le président du Conseil du culte musulman, Ahmet Ogras, estime que « cette tribune est un non-sens, un hors-sujet. La seule chose à laquelle on adhère, c’est qu’on doit tous être ensemble contre l’antisémitisme ».
« Dire que le Coran appelle au meurtre, c’est très violent et c’est une ineptie ! », dit Tareq Oubrou, imam de la grande mosquée de Bordeaux.
« Le Coran est, à l’origine, en arabe. Je pense que ceux qui ont signé la tribune ont lu une traduction, une interprétation. Ça montre un manque de culture religieuse. N’importe quel texte sacré est violent, même l’Evangile ! »

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« Cette tribune est révélatrice d’une inquiétude »
Invité de France Inter lundi matin, l’essayiste Pascal Bruckner, qui a signé cette tribune, s’est défendu de toute stigmatisation des musulmans. « Nous n’appelons pas à la stigmatisation, mais à l’insurrection des bonnes volontés et, dans ces bonnes volontés, les musulmans réformateurs, les musulmans libéraux, les musulmans éclairés sont évidemment d’accord, a-t-il expliqué. Non seulement nous ne stigmatisons pas, mais nous avons un certain nombre d’imams qui ont signé avec nous et qui sont eux-mêmes horrifiés par ce qui se passe. »
M. Bruckner fait notamment référence à l’imam de Nantes Mohamed Guerroumi et à l’ancien imam de Drancy (Seine-Saint-Denis), Hassen Chalghoumi. Dimanche, sur Franceinfo, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a déclaré qu’il fallait « tout faire pour éviter une guerre des communautés ». « Cette tribune est révélatrice d’une inquiétude. (…) Il faut y répondre par une volonté de cohésion », a-t-elle poursuivi.
Cette tribune est publiée un mois après l’assassinat de Mireille Knoll, une octogénaire retrouvée morte à la fin du mois de mars dans son appartement à Paris, après avoir été frappée de coups de couteau. Plusieurs milliers de personnes avaient participé à une marche blanche contre l’antisémitisme en réaction à ce meurtre, pour lequel le parquet de Paris a retenu le caractère antisémite.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ L’endettement public de la zone euro est tombé à 86,7 % du produit intérieur brut l’an passé, selon Eurostat, contre 89 % en 2016.
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La dette publique de la zone euro a baissé en 2017

L’endettement public de la zone euro est tombé à 86,7 % du produit intérieur brut l’an passé, selon Eurostat, contre 89 % en 2016.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h55
    |

            Marie Charrel








                        



   


C’est un peu mieux. En 2017, la dette publique s’est établie à 86,7 % du produit intérieur brut (PIB) dans la zone euro et à 81,6 % dans l’Union européenne, selon les chiffres publiés, lundi 23 avril, par Eurostat. C’est moins qu’en 2016, où elles étaient respectivement à 89 % et 83,3 % du PIB.
L’endettement de l’union monétaire poursuit sa lente décrue. Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte où la dette publique et privée dans le monde – hors secteur financier – atteint des niveaux sans précédent, à 225 % du PIB mondial, selon les derniers chiffres du Fonds monétaire international (FMI).
Le ratio de déficit public a également baissé. Il est ainsi tombé de 1,5 % à 0,9 % du PIB en zone euro entre 2016 et 2017, et de 1,6 % à 1 % dans l’Union européenne.

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La Grèce détient toujours la palme de la dette publique la plus élevée
Sans surprise, la Grèce enregistrait toujours la dette publique la plus élevée en 2017, à 178,6 % du PIB, suivie par l’Italie (131,8 %), le Portugal (125,7 %), la Belgique (103,1 %) et l’Espagne (98,3 %). A l’inverse, les plus faibles ratios de dette publique ont été relevés en Estonie (9,0 %), au Luxembourg (23,0 %), en Bulgarie (25,4 %), en République tchèque (34,6 %), en Roumanie (35,0 %) et au Danemark (36,4 %), note Eurostat.
12 pays enregistrent un excédent budgétaire
Fait marquant : seuls deux Etats membres affichaient encore un déficit supérieur ou égal à 3 % du PIB en 2017 : l’Espagne (– 3,1 %) et le Portugal (– 3,0 %). Avec un déficit public de l’ordre 2,6 % du PIB, la France fait plutôt partie des élèves médiocres, au regard, par exemple, de la Finlande, dont le déficit est ressorti à 0,6 % du PIB seulement.
Et surtout, des douze pays qui affichent un excédent budgétaire : Malte (+ 3,9 %), Chypre (+ 1,8 %), la République tchèque (+ 1,6 %), le Luxembourg (+ 1,5 %), la Suède et l’Allemagne (+ 1,3 % chacune), les Pays-Bas (+ 1,1 %), le Danemark (+ 1,0 %), la Bulgarie (+ 0,9 %), la Grèce et la Croatie (+ 0,8 % chacune) ainsi que la Lituanie (+0,5 %).

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L’inquiétante hausse de la dette privée en France
La baisse des dettes publiques ne doit néanmoins pas masquer un autre phénomène, tout aussi inquiétant : la hausse de la dette privée. Notamment en France, le seul des grands pays européens où elle continue d’augmenter à un rythme soutenu. En septembre 2017, la dette privée hexagonale était ainsi de 129,6 % du PIB (contre 120,3 % en zone euro), en hausse de 30 points sur dix ans, selon la Banque de France. Elle frôle désormais le niveau espagnol (131,5 %), qui dépassait les 190 % du PIB au plus fort de la crise.
Dans le détail, la dette des ménages français s’élevait à 58 % du PIB l’an passé, et celles des entreprises non financières, à 71,6 % du PIB. « La croissance française est très intensive en dette privée », explique Ludovic Subran, directeur de la recherche macroéconomique du groupe Allianz. Selon ses calculs, la dette privée a progressé de 4,80 euros pour 1 euro de hausse du PIB entre fin 2016 et fin 2017. C’est plus qu’aux Etats-Unis (1,60 euro) ou en Chine (3,10 euros). Et cela signifie que les emprunts des entreprises tricolores, parfois mal utilisés, échouent à financer suffisamment la croissance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Dans son jugement, le tribunal correctionnel de Bruxelles l’a reconnu, ainsi que son complice Sofiane Ayari, coupable de « tentative d’assassinat à caractère terroriste ».
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Salah Abdeslam condamné à vingt ans de prison pour sa participation à une fusillade à Bruxelles

Dans son jugement, le tribunal correctionnel de Bruxelles l’a reconnu, ainsi que son complice Sofiane Ayari, coupable de « tentative d’assassinat à caractère terroriste ».



Le Monde
 |    23.04.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h16
   





                        



   


Le Français Salah Abdeslam, seul membre encore en vie du commando responsable des attentats du 13 novembre 2015 en France, a été condamné, lundi 23 avril, à vingt ans de prison pour sa participation à une fusillade en Belgique, trois jours avant son arrestation, en mars 2016. Son complice, le Tunisien Sofiane Ayari, a été condamné à la même peine.
Dans son jugement, le tribunal correctionnel de Bruxelles les a reconnus coupables de « tentative d’assassinat à caractère terroriste ». « Leur ancrage dans le radicalisme ne fait aucun doute », a notamment relevé le jugement. Salah Abdeslam, incarcéré en région parisienne depuis deux ans, était absent pour la lecture du jugement, tout comme Sofiane Ayari.
Dans la foulée de l’annonce de la condamnation, l’avocat de M. Abdeslam, Sven Mary, a fait savoir qu’il attendait de voir son client avant de décider s’ils allaient faire appel ou pas. Il a également estimé que la France restait « prioritaire » pour la détention de Salah Abdeslam, malgré sa condamnation en Belgique.
Islamiste convaincu
Lors du procès qui s’est tenu au début de février, où les deux prévenus répondaient notamment de « tentative d’assassinat sur plusieurs policiers dans un contexte terroriste », aucun d’eux n’avait voulu s’expliquer sur les faits. Et Salah Abdeslam avait assumé, pour sa première apparition publique depuis son arrestation, un profil d’islamiste convaincu en défiant la justice dès l’ouverture des débats.

        Lire :
         

          Salah Abdeslam s’exprime pour la première fois



Ce Français d’origine marocaine de 28 ans, ancien petit délinquant de la commune bruxelloise de Molenbeek, avait refusé de répondre aux questions, affirmant « placer [sa] confiance en Allah et c’est tout ». Il n’était pas revenu le second jour, laissant Sofiane Ayari seul face aux juges.

        Lire aussi :
         

                A Bruxelles, l’avocat de Salah Abdeslam minimise le rôle de son client



Homme le plus recherché d’Europe
Le 15 mars 2016, c’est lors d’une perquisition de routine dans un logement supposé vide, dans le cadre de l’enquête sur le 13 novembre, que des policiers belges et français avaient été visés par des tirs d’armes automatiques au 60 rue du Dries, à Forest.
Quatre d’entre eux avaient été blessés, et un djihadiste algérien de 35 ans, tué fusil en mains alors qu’il couvrait la fuite d’Ayari et d’Abdeslam – dont les enquêteurs retrouveront rapidement une empreinte ADN sur les lieux. Ce raid policier avait précipité la fin de la cavale de celui qui était alors l’homme le plus recherché d’Europe. Salah Abdeslam avait été arrêté le 18 mars à Molenbeek avec Sofiane Ayari.
Au procès, accusation et parties civiles ont rappelé le contexte de la fusillade, survenue dans une des multiples planques belges de la cellule djihadiste à l’origine des attaques du 13 novembre. Un groupe dont d’autres membres allaient commettre une semaine plus tard, le 22 mars 2016, les attentats-suicides de Bruxelles qui ont fait 32 morts et ont également été revendiqués par l’organisation Etat islamique.



                            


                        

                        


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Bruxelles s’attaque à la régulation des plates-formes du Web

L’objectif du texte que la Commission européenne présentera cette semaine est d’introduire des obligations de transparence pour les Google, App Store, Facebook.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 13h32
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 16h56
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Après avoir longtemps tergiversé, Bruxelles s’en prend frontalement aux géants du Web. Cette semaine, la Commission européenne devrait proposer une régulation des plates-formes numériques – les Google, App Store, Facebook et autres Booking –, devenues de véritables portes d’entrées du Web (ou de l’univers des smartphones). Sans leur intermédiaire, pas d’existence possible en ligne pour les start-up, les PME, mais aussi une grande partie des multinationales.
L’objectif de ce texte, qu’a pu consulter Le Monde, consiste à introduire des obligations de transparence pour les plates-formes et à mettre en place des voies de recours efficaces pour leurs clients, s’ils s’estiment lésés. Une première mouture, moins ambitieuse, avait été retoquée en interne, en décembre 2017. D’après le site Politico, Margrethe Vestager a insisté pour que le champ de la réglementation soit élargi aux moteurs de recherche.
Il faut dire que la commissaire à la concurrence connaît bien ces sujets. En juin 2017, elle avait condamné Google à payer une amende record de 2,42 milliards d’euros pour abus de position dominante. Le géant californien était accusé d’avoir promu sur son moteur son offre Google Shopping aux dépens de celles de ses concurrents, grâce à son algorithme de référencement, largement opaque. Les services de la commissaire danoise ont encore deux enquêtes ouvertes en cours contre Google : l’une concerne son offre publicitaire, l’autre son système d’exploitation, Android.

Le projet de réglementation impose aux plates-formes de présenter leurs conditions d’utilisation de la manière la plus claire possible et leur interdit d’en changer sans prévenir leurs utilisateurs. Ces derniers doivent disposer d’au moins 15 jours pour s’adapter en cas de modification. En outre, une plate-forme qui déciderait de priver un utilisateur de ses services est tenue de justifier cette décision. Une disposition importante dans le cas des applications...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ De nombreuses adolescentes font part des remarques qu’elles subissent dans leurs lycées pour des tenues considérées comme « inadaptées ».
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Au lycée, couvrez ces jambes, ces épaules ou ces seins que l’on ne saurait voir

De nombreuses adolescentes font part des remarques qu’elles subissent dans leurs lycées pour des tenues considérées comme « inadaptées ».



Le Monde
 |    23.04.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 17h16
    |

                            Claire Courbet








                        


Les beaux jours reviennent, annonçant une vague de shorts et de gambettes à l’air. Enfin, pas pour tout le monde. Dans un lycée du Var, à Brignoles, un groupe de lycéens apprenait la semaien dernière que la direction empêchait les filles de se présenter en short ou les épaules nues, rapporte le quotidien Var matin et la chaîne de télévision France 3 régions. Selon des lycéennes, qui ont manifesté devant les grilles de leur établissement jeudi 19 avril au matin, « on vérifie ce que nous portons sous nos vestes, ou si nos sous-vêtements ne sont pas visibles sous nos jupes ». 
La direction du lycée a démenti avoir procédé à ces vérifications : « Aucune personne du lycée n’a demandé à une élève de se baisser pour vérifier que sa culotte n’était pas apparente. » Mais a confirmé qu’une élève avait dû porter une blouse pour masquer un short « inadapté ».
C’est loin d’être la première fois que des lycéennes disent être soumises à des injonctions vestimentaires de la part de la direction de leur établissement, auxquelles les garçons échappent. Les réseaux sociaux fourmillent de messages de jeunes filles à qui on a reproché une tenue indécente ou une jupe trop courte.

bjr twitter voici la tenue pr laquelle j'ai été qualifié de fille indécente cmatin devant mon lycée par la proviseu… https://t.co/PrGgwm8wWJ— jumcileta (@babayaga)


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@Bouzamax L’infirmière du lycée a quand même dit à une nana en short que le lycée n’était pas « un endroit pour exh… https://t.co/gTaIU1TiVs— charline_bnz (@Columbine)


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Maintenant dans mon lycée les garçons ont le droit aux shorts mais pas les filles, ok 😤👏— TiffanyBarrois (@Jet Lag)


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En janvier, la page Facebook Paye ton bahut a même été lancée par une élève de terminale pour compiler les remarques sexistes entendues au lycée, au-delà des consignes de l’administration.
Un phénomène mondial
Ces faits ne sont pas propres à la France. Au début de la semaine du 16 au 22 avril, des lycéennes américaines ont ainsi participé à un « bracott », un terme issu de la contraction de « bra » (« soutien-gorge »), et de « boycott ». Elles sont allées au lycée sans soutien-gorge et avec des tee-shirts à slogan.

support the #bracott 💛 https://t.co/HI0i9vDF60— lizzymartineez (@liz)


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L’initiative a été lancée par Lizzy Martinez, une élève du lycée Braden River, à Bradenton (Floride). Après un week-end passé à nager et à bronzer, l’adolescente de 17 ans se rend compte le lendemain qu’elle a des coups de soleil qui lui font mal, raconte le New York Times. Elle enfile donc un tee-shirt ample noir et se passe de soutien-gorge, serrant et donc douloureux sur sa peau brûlée. Quinze minutes après le début de son premier cours, la voilà appelée à sortir de la salle. Deux membres de la direction de son lycée lui demandent alors pourquoi elle ne porte pas de soutien-gorge et lui disent que cela est contraire au règlement du lycée.
Une affirmation fausse : le règlement, consulté en ligne, ne fait nullement mention d’obligation du port du soutien-gorge. Il lui est ensuite demandé de mettre un marcel sous son tee-shirt parce que les garçons la regardent et se moquent d’elle. L’adolescente dira plus tard que personne ne lui avait fait de remarque, mais elle obéit. La doyenne de l’école lui dit ensuite que ses tétons sont toujours visibles — sous le marcel et l’ample tee-shirt noir — et lui demande de les cacher avec des pansements. Lizzy Martineez s’exécute, puis les retire aux toilettes, en pleurs, quarante-cinq minutes plus tard.
Dans la soirée, elle raconte l’événement sur Twitter. Son message est relayé plus de 14 000 fois et « aimé » plus de 50 000 fois.

I decided not to wear a bra today and got pulled out of class bc one of my teachers complained that it was a “distr… https://t.co/nGlkGc2kzc— lizzymartineez (@liz)


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« J’ai décidé de ne pas porter de soutien-gorge aujourd’hui et j’ai quitté la classe parce qu’un de mes professeurs se plaignait que c’était une “distraction” pour les garçons de ma classe. Mon école m’a dit en gros que l’éducation des garçons était plus importante que la mienne. et que je devrais avoir honte de mon corps. »
De l’hypersexualisation au « slut-shaming »
Dans les discussions qui entourent ces sujets, le terme d’« hypersexualisation », qui consiste à donner un caractère sexuel à un comportement qui n’en a pas, est régulièrement employé. Interrogée sur Twitter, une élève du lycée de Brignoles rapporte ainsi que « les représentants des lycéens nous ont dit que la proviseure souhaite interdire les shorts, jupes et débardeurs, sous prétexte que cela pouvait perturber les garçons. On parle d’hypersexualisation à ce stade. »
Meredith Harbach, professeur à l’université de Richmond, dans le Tennessee, a travaillé sur « la sexualisation, discrimination basée sur le sexe, et le code vestimentaire des lycées ». Elle explique au New York Times que les problèmes se posent quand les écoles imposent des exigences fondées sur les stéréotypes sexuels. « Dans le cas de Lizzy Martineez, par exemple, l’école fonde cette notion que “les seins libres sont sexuels et susceptibles de causer des perturbations, de distraire les autres élèves” », explique-t-elle. Un hashtag est d’ailleurs utilisé depuis des mois sur les réseaux sociaux par des filles qui ne veulent plus être vues comme des distractions — #ImNotADistraction (« je ne suis pas une distraction »).
« Non au slut-shaming » brandissait encore une lycéenne de Brignoles, jeudi matin, reprenant un terme qui apparaît, lui aussi, régulièrement lors d’événements semblables. Contraction de « slut » (« salope ») et « shame » (« honte »), ce terme désigne le fait de rabaisser ou de culpabiliser une femme à cause de son comportement sexuel. L’un des leviers du slut-shaming est de considérer que parce qu’une femme porte tel ou tel vêtement, c’est une « salope ».
Selon Mme Harbach : « Ce genre de messages qui cible les jeunes femmes — votre jupe est trop courte, vous semblez trop sexy, vous distrayez les garçons — détourne toute conversation » sur le comportement mutuellement respectueux que doivent avoir les filles et les garçons à l’école.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Il s’agit du troisième enfant du couple princier, après George, en 2013, et Charlotte, en 2015.
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Royaume-Uni : Kate Middleton, épouse du prince William, a donné naissance à un garçon

Il s’agit du troisième enfant du couple princier, après George, en 2013, et Charlotte, en 2015.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 14h39
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 14h55
   





                        



   


Après George et Charlotte, Kate Middleton, épouse du prince William, a donné naissance à leur troisième enfant, lundi 23 avril. Il s’agit d’un garçon a annoncé dans un communiqué le palais de Kensington, précisant que la maman et le bébé vont bien. L’enfant, dont le nom sera annoncé « en temps voulu », pèse 3,8 kilos.
« La reine, le duc d’Edimbourg, le prince de Galles, la duchesse de Cornouailles, le prince Harry et les membres des deux familles ont été informés et sont enchantés de la nouvelle », rapporte le palais de Kensington. La duchesse de Cambridge avait été admise lundi matin à la maternité de l’hôpital St Mary, dans l’ouest de Londres, où ses deux autres enfants, George, en 2013, et Charlotte, en 2015, sont aussi nés.
Conformément à la tradition, la naissance sera annoncée par une proclamation signée des médecins royaux, installée sur un chevalet doré placé pour le public dans la cour du palais de Buckingham.
Cinquième dans l’ordre de succession
Cet enfant dispose du titre d’altesse royale, et comme son grand frère, de celui de prince de Cambridge. Il est cinquième dans l’ordre de succession au trône britannique, après son grand-père Charles, le prince de Galles, son père, le prince William, son grand frère, le prince George, et sa grande sœur, la princesse Charlotte.
Pour la première fois de l’histoire de la monarchie britannique, ce prince né lundi ne supplante pas sa sœur aînée dans l’ordre de succession, à la suite d’une réforme souhaitée par la reine Elizabeth II, qui met fin au droit de primogéniture masculine : c’est désormais l’enfant le plus âgé du souverain en titre qui hérite du trône, quel que soit son sexe, et non le garçon le plus âgé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Sous les pavés, la droite 1/3. Cinquante ans après, « Le Monde » revient dans une série d’articles sur la manière dont le camp conservateur a vécu les « événements ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 22/04/2018
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Mai 68, lorsque le groupuscule d’extrême droite Occident voulait en découdre avec les « bolchos »

Sous les pavés, la droite 1/3. Cinquante ans après, « Le Monde » revient dans une série d’articles sur la manière dont le camp conservateur a vécu les « événements ».



Le Monde
 |    23.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 15h44
    |

            Yves Bordenave








                        



                                


                            

Les voici qui approchent de la Sorbonne. Combien sont-ils ? Deux cents, deux cent cinquante ? Venant de la faculté d’Assas, où ils s’étaient donné rendez-vous en début d’après-midi, ils ont traversé le jardin du Luxembourg, et dévalent maintenant le boulevard Saint-Michel aux cris de « Communistes, assassins ! », « Occident vaincra ! ». La plupart d’entre eux sont armés : barres de fer, manches de pioche, poings américains. Nombreux sont ceux qui ont revêtu la tenue de combat à la mode « para » ou des blousons de cuir noir, la fermeture Eclair remontée jusqu’au cou. Quelques-uns portent un casque de moto.
A leur tête Alain Madelin et Alain Robert. Agés de 22 ans, ils étudient le droit à Assas et comptent parmi les fondateurs, en 1964, du groupuscule d’extrême droite Occident. En ce vendredi 3 mai 1968, ils veulent en découdre avec ceux qu’ils appellent les « bolchos » en référence aux ancêtres des communistes soviétiques. « Nous y sommes allés comme on y allait à l’époque », se souvient Alain Robert, 72 ans. « Petit Robert », ainsi que les autres le surnomment, a le charisme d’un chef de bande. Il aime la bagarre, les coups ne l’effraient pas.
Réunis dans la cour de la Sorbonne, les maoïstes de l’Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes (UJCML), les trotskistes de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR) et du Centre de liaison des étudiants révolutionnaires (CLER) – le service d’ordre –, auxquels s’ajoutent quelques militants d’un groupe baptisé « les enragés » venus de Nanterre, se préparent à l’arrivée des « fachos ». Eux aussi ont constitué un véritable arsenal, avec la ferme l’intention de défendre leur fief. Eux non plus ne craignent pas la castagne.
Dans le quartier, la tension est palpable. Curieusement, à première vue, pas un seul CRS à l’horizon. Parvenues à proximité de la vieille faculté, les troupes d’Occident se trouvent nez à nez avec les forces de l’ordre, qui surgissent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Cette réforme, dénoncée par une vague de manifestations, prévoyait de diminuer de 5 % le montant des retraites afin de réduire le déficit de la sécurité sociale.
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Nicaragua : le président annule la réforme des retraites à l’origine de manifestations meurtrières

Cette réforme, dénoncée par une vague de manifestations, prévoyait de diminuer de 5 % le montant des retraites afin de réduire le déficit de la sécurité sociale.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 00h50
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 14h51
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



Le Nicaragua s’enfonce dans le chaos, au cinquième jour d’une vague de protestations sans précédent contre le gouvernement. Dimanche 22 avril, le président Daniel Ortega a annulé une réforme contestée des retraites, qui a provoqué des affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre, faisant au moins 28 morts. Mais la répression policière a transformé la contestation en rébellion inédite contre le régime de l’ancien guérillero sandiniste.
Imposée par un décret présidentiel, la réforme visait à augmenter les contributions des employeurs et des salariés pour réduire le déficit de la Sécurité sociale (76 millions de dollars). La baisse de 5 % du montant des retraites a déclenché, depuis mercredi 18 avril, une série de manifestations, durement réprimées par la police et les groupes de choc du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, au pouvoir). Dimanche, M. Ortega a reconnu que ces mesures, prises sans concertation, n’étaient pas « viables » et avaient créé une « situation dramatique ».

        Lire aussi :
         

                Nicaragua : des manifestations contre une réforme des retraites font plus de vingt morts



Depuis cinq jours, les rues de la capitale, Managua, sont jonchées de débris et bloquées par des barricades alors que des bâtiments publics ont été mis à sac et des magasins pillés. Les manifestations se sont poursuivies, dimanche, dans plusieurs villes, dont Managua et Granada (ouest), où l’armée a été déployée par le gouvernement, qui accuse les manifestants d’être responsables des saccages.
« Usage excessif de la force »
« L’annulation de la réforme n’arrêtera pas le mouvement car Ortega est allé trop loin dans la répression », assure un étudiant de l’Université polytechnique du Nicaragua (Upoli) qui veut garder l’anonymat par peur des représailles. Dimanche soir, une nouvelle agression armée de la police devant l’Upoli, un des foyers de la contestation à Managua, aurait fait quatre morts, selon les manifestants. Parmi les 24 décès, comptabilisés samedi par le Centre nicaraguayen des droits de l’homme, figurent des étudiants mais aussi un policier et des sympathisants du FSLN, accusés d’attaquer les manifestants.
« Le gouvernement tente de censurer la presse par la force », fustige un journaliste indépendant qui se sent menacé depuis qu’un caméraman nicaraguayen a été tué par balles, samedi, dans la ville de Bluefields (est) alors qu’il couvrait une manifestation. Une douzaine de journalistes auraient été agressés par les forces de l’ordre. Trois jours plus tôt, l’Etat bloquait la diffusion des deux uniques chaînes de télévision indépendantes.
« Nous exigeons la destitution de ce président autoritaire et corrompu », clame une productrice de programmes télévisés, engagée dans la contestation. Un des piliers du régime de M. Ortega, qui compte quatre mandats présidentiels (1985-1990 et 2007-2022), reposait sur son alliance avec le Conseil supérieur du secteur privé (Cosep), au nom de la stabilité économique. Mais la levée de boucliers des patrons, qui conditionnent le dialogue proposé par le président à la fin des violences policières, a déstabilisé le gouvernement. Ce dernier a aussi été surpris par la mobilisation des étudiants d’universités publiques, autrefois acquises au FSLN.
La répression a généré l’indignation d’autres secteurs, dont l’Eglise catholique, qui soutiennent les manifestants en organisant des collectes de vivres dans plusieurs villes. Dimanche, les Etats-Unis ont aussi condamné « l’usage excessif de la force » par les autorités.
Acculé, M. Ortega fait face à des Nicaraguayens déjà excédés par la hausse des tarifs des carburants et la baisse des aides sociales, liées à la réduction des subsides du Venezuela. Dimanche soir, le Nicaragua était plongé dans l’incertitude alors qu’une nouvelle manifestation pacifique est prévue, lundi à Managua, à l’appel du Cosep, après les troubles les plus violents depuis le retour au pouvoir de M. Ortega onze ans plus tôt. Jusqu’où ira la mobilisation contre la dérive répressive de l’ancien guérillero, accusé par ses opposants d’être tombé dans les travers autoritaires du dictateur, Anastasio Somoza (1967-1972 et 1974-1979), que M. Ortega avait combattu dans sa jeunesse ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ A Montpellier, les forces de l’ordre sont intervenues dans un campus quasi désert du fait des vacances ; à Grenoble, elles ont levé un blocage débuté le matin même, tandis qu’à Lyon une AG a voté la poursuite du blocage.
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Interventions policières dans les universités de Montpellier-III et de Grenoble

A Montpellier, les forces de l’ordre sont intervenues dans un campus occupé depuis mi-février et quasi désert du fait des vacances ; à Grenoble, elles ont levé un blocage débuté le matin même, au retour des congés.



Le Monde
 |    23.04.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
23.04.2018 à 17h05
    |

                            Caroline Pain








                        



   


Après Tolbiac vendredi à Paris, des interventions policières ont débuté lundi 23 avril dans des sites universitaires de Montpellier et Grenoble, occupés par des opposants à la loi qui réforme l’accès aux études supérieures, accusée d’instaurer la sélection à l’entrée de l’université.
Montpellier
A Montpellier-III Paul-Valéry, l’annonce de l’évacuation a été faite par la préfecture. Le campus était occupé depuis la mi-février et le tribunal administratif de Montpellier avait ordonné mercredi aux occupants de l’université de « libérer les lieux sans délai ».
L’intervention est survenue dans un campus quasi désert, les vacances universitaires ayant commencé vendredi soir. Elle a été critiquée sur Facebook par le syndicat Solidaires étudiants Montpellier.
« 50 flics pour débloquer Université Paul Valéry-Montpellier pour 0 étudiant-e-s. Le comité de mobilisation avait pourtant prévenu qu’il n’y aurait personne. Cette action est ridicule, nous voyons l’incompétence de la direction. »
Le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (SCUM) a eu la même réaction :

Ce matin, une cinquantaine de CRS a pris d'assaut l'université Paul Valéry - Montpellier 3. Aucune violence policiè… https://t.co/jzUPUwF5rb— scum34 (@SCUM - Montpellier)


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Le blocage de l’université de lettres et sciences humaines de Montpellier-III était devenu illimité à l’issue d’un vote en assemblée générale, le 27 mars. Celle-ci faisait suite à l’évacuation violente d’étudiants occupant un amphithéâtre de l’université de droit de Montpellier, par des hommes cagoulés et armés. Une enquête est, depuis, ouverte pour « faits de violences en réunion et avec arme ». Le doyen, Philippe Pétel, et un professeur, Jean-Luc Coronel de Boissezon, ont été mis en examen le 29 mars – le premier pour complicité d’intrusion, le second pour complicité d’intrusion et violences en récidive, en raison d’une condamnation datant de 2013. Tous les deux ont été placés sous contrôle judiciaire.
Grenoble
A Grenoble, la police est intervenue lundi matin pour déloger une quarantaine d’étudiants qui bloquaient l’entrée du bâtiment de l’université Grenoble-Alpes (UGA) où devaient se tenir des cours et des examens, relate l’Agence France-Presse (AFP) d’après des sources concordantes.
De retour d’une semaine de vacances, des étudiants bloquaient tôt lundi matin l’entrée du département de licence en sciences et technologies, censé accueillir un millier d’étudiants. La présidence a rapidement fait appel aux forces de l’ordre, qui ont procédé au déblocage, sans faire de blessés. Il y a eu une interpellation, selon la police. Le bâtiment Stendhal, où travaillent des personnels, a également été bloqué lundi matin, et a été rouvert sous surveillance policière à 14 heures, précise l’université.
Par ailleurs, la direction prévoit de lancer mardi matin une consultation électronique jusqu’à mercredi 17 heures, auprès des 50 000 étudiants et personnels du campus, pour ou contre le blocage. « Il s’agit là d’une entrave réelle à la liberté de travailler. Il y a dix jours, une assemblée générale avait effectivement réuni plusieurs centaines d’étudiants, néanmoins je souhaite consulter l’ensemble des étudiants », explique Patrick Lévy, président de l’université. Il craint qu’en attendant les résultats du vote électronique, mercredi soir, les tentatives de blocage se renouvellent.
Les bâtiments de l’UGA, qui avaient été occupés à plusieurs reprises dans le cadre de l’opposition à la loi pour l’orientation et la réussite des étudiants, avaient été nettoyés et les barricades levées durant la semaine de vacances. Un seul bâtiment restait bloqué lundi après-midi, mais les cours qui devaient s’y tenir ont été délocalisés.

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