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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Avant son voyage aux Etats-Unis, le président de la République a défendu sa politique et exposé son point de vue sur la Russie et le nucléaire iranien.
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Sur Fox News, Emmanuel Macron exclut tout recul dans le train des réformes

Avant son voyage aux Etats-Unis, le président de la République a défendu sa politique et exposé son point de vue sur la Russie et le nucléaire iranien.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 18h10
   





                        



   


Dans une interview diffusée dimanche 22 avril sur la chaîne Fox News, Emmanuel Macron exclut tout recul dans le train des réformes qu’il mène depuis près d’un an en France, malgré la contestation sociale de ces dernières semaines. Dans cet entretien, en anglais, accordé vendredi à l’Elysée, le chef de l’Etat déclare notamment :
« Mon programme de réformes vise à moderniser le pays (…) et nous poursuivrons ce programme de modernisation jusqu’à la fin. Je veux que ce pays soit à la fois plus fort et complètement adapté aux nouveaux défis, comme l’économie digitale et verte. »
« Aucune chance » de recul de sa part
A la question de savoir s’il y avait une possibilité qu’il recule sur ces réformes face aux récentes manifestations, Emmanuel Macron répond :
« Aucune chance. J’ai dit aux Français avant l’élection que je voulais traiter les racines profondes de nos problèmes. Cela prendra parfois du temps. Nous allons devoir prendre des décisions audacieuses, mais nous devons régler la situation en profondeur. »
« Nous allons donc le faire. Et je n’ai pas d’autres choix parce que si j’arrête ici à cause de certaines protestations – et elles sont légitimes, mais elles sont une partie minoritaire du pays –, si j’arrête, comment pensez-vous que je serai en mesure de moderniser le pays ? »
« Je vais donc le faire parce que c’est mon devoir et parce que je m’y suis engagé. Si vous suivez les sondages, vous ne réformez jamais. Vous ne transformez jamais. (…) J’ai été élu sur une base très claire et un mandat très clair. Je vais l’appliquer et je regarderai les sondages en temps voulu, pas maintenant. »
« Je suis ici pour servir mon peuple et mon pays et “make it great again” [lui rendre sa grandeur] comme quelqu’un que je connais très bien pourrait le dire », poursuit-il en souriant, en référence au slogan de campagne de Donald Trump, qui l’accueillera lundi à Washington pour une visite d’Etat de trois jours.

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Ne pas se montrer faible face à Poutine
Emmanuel Macron qualifie aussi le président russe Vladimir Poutine d’« homme très fort », devant lequel « nous ne devrions jamais nous montrer faibles », au moment où les tensions entre les Occidentaux et Moscou sont à un niveau inédit.
« Il est fort et intelligent, mais il n’est pas naïf », poursuit Emmanuel Macron, jugeant son homologue russe « obsédé par les ingérences dans nos démocraties ».
« Il intervient partout, je veux dire en Europe et aux Etats-Unis, pour fragiliser nos démocraties. Parce qu’il pense que c’est bon pour son pays. Il veut une grande Russie. Les gens sont fiers de sa politique. Il est extrêmement dur avec les minorités et avec ses adversaires, avec une idée de la démocratie, qui n’est pas la mienne », a-t-il poursuivi, assurant, cependant, « entretenir des échanges permanents avec lui ». « Je le respecte. Je le connais. Je suis lucide », a conclu M. Macron.

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Pas de plan B sur l’Iran
Emmanuel Macron a affirmé qu’il n’avait « pas de plan B » si les Etats-Unis mettaient à exécution leur menace de sortir de l’accord nucléaire signé en 2015 avec l’Iran.
L’accord signé en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) est jugé trop laxiste par Donald Trump qui menace de rétablir les sanctions contre l’Iran et de se retirer du texte si les signataires européens ne le durcissent pas avant le 12 mai.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Des parlementaires de différentes sensibilités, dont les députés de la majorité Matthieu Orphelin et Barbara Pompili estiment que « nous avons vingt ans de retard ».
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Plus de 200 parlementaires de différents bords politiques pour « un plan vélo ambitieux »

Des parlementaires de différentes sensibilités, dont les députés de la majorité Matthieu Orphelin et Barbara Pompili estiment que « nous avons vingt ans de retard ».



Le Monde
 |    22.04.2018 à 17h48
   





                        



   


Ils dénoncent « vingt ans de retard ». Plus de 200 parlementaires de différentes sensibilités politiques, dont les députés de la majorité Matthieu Orphelin et Barbara Pompili, signent dans Le Journal du dimanche une tribune appelant le gouvernement « à mener un grand plan vélo ».
« Nous avons vingt ans de retard par rapport à d’autres pays européens », déplorent les signataires qui appellent « le gouvernement à mener un grand plan vélo dans le cadre de la future loi d’orientation des mobilités ».
« Les collectivités locales prennent aujourd’hui une large part, mais ne peuvent pas porter à elles seules cet enjeu national », estiment-ils, soulignant qu’en France « plus des deux tiers des déplacements domicile-travail de moins de cinq kilomètres sont encore faits en voiture ».

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« Impasse » du tout-voiture
« Le tout-voiture est aujourd’hui dans une impasse », affirment-ils, jugeant qu’« une volonté des pouvoirs publics d’investir dans des infrastructures est essentielle afin de développer l’usage du vélo ». Les signataires réclament, en particulier, « le développement de liaisons dites “autoroutes vélo” entre différents pôles de vie sur un même territoire ».
Rappelant que le conseil d’orientation des infrastructures a préconisé la mise en place d’un plan vélo de 350 millions sur quatre ans, ils estiment que cette enveloppe financière serait « un engagement fort à retranscrire dans la future loi d’orientation des mobilités ».

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Les signataires plaident en faveur de l’encouragement du vélo à assistance électrique, ainsi que de la généralisation de l’indemnité kilométrique vélo « pour tous les employeurs privés et publics ».
« Ce plan vélo doit être complet et s’accompagner de mesures de sécurité routière », soulignent-ils encore, rappelant que l’Assemblée nationale vient d’être endeuillée par l’accident mortel d’une collaboratrice, renversée à vélo.
Les députés constituent le gros du bataillon des signataires, parmi lesquels Amélie de Montchalin (LREM), Gilles Le Gendre (LREM) Sébastien Leclerc (LR), Marc Fesneau (MoDem), Delphine Batho (PS), Jean-Christophe Lagarde (UDI), Adrien Quattenens (LFI). On compte aussi quelques sénateurs, dont Françoise Cartron (PS) et Ronan Dantec (RDSE).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ L’ONG met en cause les « avancées insuffisantes » du gouvernement sur l’éthique et la transparence de la vie publique.
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Transparency International dresse un bilan d’un an de présidence d’Emmanuel Macron

L’ONG met en cause les « avancées insuffisantes » du gouvernement sur l’éthique et la transparence de la vie publique.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 14h43
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 14h56
   





                        



   


Un an après le premier tour d’une élection présidentielle de 2017, Marc-André Feffer, président de Transparency International appelle, dans le rapport publié dimanche 22 avril, à ne pas se contenter de la loi de confiance dans la vie politique et à « replacer ces questions en haut de l’agenda politique ». L’ONG évoque notamment « un chantier au point mort » sur le financement de la vie politique, « parent pauvre » des réformes sur la transparence.
Si elle salue la suppression de la réserve parlementaire et l’encadrement des frais de mandats, Transparency appelle à « renforcer les dispositifs de contrôle et d’audit interne à l’Assemblée nationale et au Sénat » et à « inclure des membres indépendants dans les commissions chargées d’apurer les comptes ».
Des bons points et des retours en arrière
Concernant l’indépendance de la justice, l’ONG loue des projets de réforme qui « vont dans le bon sens », notamment la suppression de la cour de justice de la République ou l’alignement des règles de nomination des magistrats du parquet sur celles des magistrats du siège. Mais « seule une réforme complète de l’indépendance du parquet (…) est de nature à lever de matière pérenne les soupçons d’interférence politique dans les dossiers judiciaires », prévient-elle.
L’ONG voit, en revanche, « un retour en arrière » sur les questions de lobbying, critiquant la décision du gouvernement « d’exclure les associations cultuelles du registre des représentants d’intérêts », à travers l’article 38 de son projet de loi sur le droit à l’erreur. « Tous les acteurs publics comme privés – qu’il s’agisse d’associations, d’entreprises, d’ONG, ou de syndicats – doivent y être inclus », plaide-t-elle.
Autre grief de Transparency International : l’incertitude autour des contours de la limitation à trois mandats identiques dans le temps que le gouvernement souhaite introduire via la réforme des institutions. L’ONG préconise que la mesure prenne en compte les « mandats déjà effectués », lors de son application, et regrette que les maires des communes de moins de « 9 000 habitants » puissent ne pas être concernés, ce qui « limiterait considérablement la portée du dispositif ».
Enfin concernant l’« intégrité » des responsables publics, le rapport salue certaines avancées : « la loi a effectivement renforcé l’encadrement des activités annexes des parlementaires », note-t-il. L’ONG déplore, en revanche, que la nécessité d’avoir un casier judiciaire vierge pour se présenter à une élection ne soit pas entérinée.
La France se classe 23e sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption, publié par Transparency International, derrière certains de ses voisins européens comme la Belgique (16e), l’Allemagne (12e) ou le Royaume-Uni (8e).

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Nicole Belloubet, ministre de la justice, est l’invitée de 12 h à 13 h de France Inter, « Le Monde » et France Télévisions.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Inéligible jusqu’en 2019, l’ancien patron du territoire a placé son lieutenant, qui lui cédera la place en cas de victoire aux territoriales, dont le premier tour est dimanche.
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Election en Polynésie : Gaston Flosse en embuscade

Inéligible jusqu’en 2019, l’ancien patron du territoire a placé son lieutenant, qui lui cédera la place en cas de victoire aux territoriales, dont le premier tour est dimanche.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 10h18
    |

                            Mike Leyral (Papeete, Polynésie française, correspondance)








                        



   


Les électeurs de la Polynésie française doivent se rendre aux urnes, dimanche 22 avril, pour le premier tour des élections territoriales. Les Polynésiens vont élire leurs 57 représentants à l’Assemblée du territoire. La liste arrivée en tête bénéficiera d’une forte prime majoritaire pour éviter l’instabilité qui a perturbé la collectivité entre 2004 et 2012. C’est en son sein que sera élu le futur président du gouvernement.
Sept listes sont en présence, dont se détachent trois favorites. Celles du président sortant, Edouard Fritch, et des deux immuables adversaires des quatre dernières décennies : l’indépendantiste Oscar Temaru et l’impérissable Gaston Flosse qui, à défaut de pouvoir se présenter, a placé en tête de liste son premier lieutenant, Geffry Salmon.

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L’ancien président de la Polynésie française, qui a dirigé le territoire pendant quinze ans – toutes périodes cumulées, entre 1984 et 2014 – est inéligible jusqu’en juillet 2019. Il aura alors 88 ans et compte bien retrouver le pouvoir. Si M. Salmon regagnait la présidence, il quitterait son siège quatorze mois plus tard pour laisser la place au « Vieux Lion ». Malgré ses multiples condamnations, M. Flosse reste populaire. Lors de la campagne, il a proposé douze mesures, essentiellement à destination des plus modestes, comme la cantine scolaire gratuite, de fortes baisses des abonnements Internet ou des transports en commun. Il promet aussi de maintenir l’âge de la retraite à 60 ans, alors que l’actuel gouvernement compte le porter à 62 ans pour résorber le déficit de la caisse de retraites.
« Plan d’urgence social »
M. Fritch, ex-gendre et longtemps ministre puis vice-président de M. Flosse, part néanmoins favori. Réélu en 2013, M. Flosse a perdu l’ensemble de ses mandats locaux en septembre 2014 après avoir été condamné dans une affaire d’emplois fictifs. Adoubé par son mentor en politique, M. Fritch lui a succédé mais les deux hommes n’ont pas tardé à se brouiller. Le président en exercice a créé son propre parti, le Tapura Huiraatira, et entraîné avec lui de nombreux cadres du Tahoeraa Huiraatira, la formation fondée en 1977 par M. Flosse. Aujourd’hui, le Tapura contrôle le gouvernement local, la majorité à l’Assemblée de la Polynésie française et la plupart des mairies.
Pour M. Fritch, la Polynésie est « sur la voie du redressement » après plus d’une décennie de crise économique. Il propose des mesures moins spectaculaires, centrées sur les forces économiques polynésiennes que sont le tourisme et l’économie bleue, mais prévoit aussi un « plan d’urgence social » pour les plus fragiles.
Sur le plan idéologique, les formations de MM. Fritch et Flosse sont proches : toutes deux sont autonomistes et souhaitent le maintien de la Polynésie au sein de la République française, au contraire de leur adversaire indépendantiste Oscar Temaru, dont le parti, le Tavini Huiraatira, pourrait profiter de leurs dissensions. Comme cela s’est passé aux législatives de juin 2017, qui ont permis au Tavini de gagner un des trois sièges du territoire. Moetai Brotherson, gendre de M. Temaru, est ainsi devenu le premier député indépendantiste de Polynésie française.
Chance infime
Si le Tavini remportait les élections territoriales, M. Temaru évoque la possibilité de laisser la présidence à son cadet. « C’est pour laisser la place aux jeunes et, être de nouveau président dans le statut actuel, il en a vu les limites. Ce qui l’intéresse, c’est le processus de décolonisation », confie M. Brotherson au Monde.

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Ce processus a été engagé en 2013 avec la réinscription de la Polynésie française sur la liste onusienne des territoires non autonomes à décoloniser. A terme, M. Temaru souhaite un référendum pour que les Polynésiens puissent s’exprimer sur leur avenir statutaire, comme en Nouvelle-Calédonie. Son parti demande aussi à l’Etat de payer les conséquences sanitaires des essais nucléaires et d’indemniser les familles des vétérans du Centre d’expérimentation du Pacifique décédés de maladies radio-induites.
Trois autres candidats vont tenter de perturber cette lutte entre les principales listes. Le président de l’Assemblée locale, Marcel Tuihani, ancien proche de M. Flosse, s’essaie à une carrière en solo. Tout comme Tauhiti Nena, longtemps allié de M. Temaru. Jérôme Gasior, enfin, est le candidat de l’UPR. Tous trois ont une chance infime d’atteindre les 12,5 % qui leur permettraient de se qualifier pour le second tour, le 6 mai.
Le troisième tour se jouera à l’Assemblée. En 2008, M. Flosse avait été largement battu dans les urnes par M. Temaru et une coalition autonomiste qui avait manqué de peu la majorité absolue. « Metua » (le « père » en tahitien), un autre de ses surnoms, s’était alors allié à son adversaire de toujours, et l’Assemblée l’avait élu président. Un scénario qui n’est jamais à exclure.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Alors que tout les éloigne dans leurs convictions et leurs parcours, les deux présidents affichent une entente personnelle qu’ils mettront en scène pendant trois jours à partir de lundi.
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Macron-Trump, des amis sans affinités

Alors que tout les éloigne dans leurs convictions et leurs parcours, les deux présidents affichent une entente personnelle qu’ils mettront en scène pendant trois jours à partir de lundi.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 07h12
    |

            Marc Semo, 
Solenn de Royer et 
Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La nuit est tombée depuis longtemps sur l’Elysée. Mais le premier étage du palais est resté éclairé. Dimanche 8 avril, Emmanuel Macron a convoqué sa garde rapprochée, dont son conseiller diplomatique, Philippe Etienne, et son chef d’état-major particulier, l’amiral Bernard Rogel, pour une réunion d’urgence dans son bureau. Les services de renseignement français ont fait état la veille de deux possibles attaques chimiques à Douma, en Syrie. Dans l’après-midi, Emmanuel Macron a demandé à la cellule diplomatique de l’Elysée d’organiser un appel téléphonique avec le président américain, Donald Trump.
La communication est établie peu avant minuit depuis la ligne sécurisée utilisée pour les appels classifiés. « Hello Donald, how have you been ? [“Bonsoir Donald, comment vas-tu ?”], commence M. Macron. – Emmaaanoueeel, what’s up ? [“Emmanuel, quoi de neuf ?”] », lance M. Trump, comme à l’accoutumée.
Pendant la semaine qui suit, MM. Macron et Trump se parleront tous les soirs, jusqu’aux frappes conjointes sur des sites liés au programme chimique de Damas, dans la nuit du 13 au 14 avril. « Dans la première partie de la semaine, Donald Trump était un peu dans l’exaltation, il a fait des tweets, il voulait réfléchir à plusieurs options, raconte un diplomate français. Puis, à partir du moment où l’opération a été décidée, il a compris qu’il fallait être beaucoup plus discret. Au téléphone, il est donc soudain devenu plus prudent, parlant par ellipses, presque de manière codée. Il y a toujours chez lui une part de théâtre. » Le président américain a été, ajoute cette source, pendant toute la durée de la crise, un partenaire d’une grande « fiabilité ».
Moment de vérité
Aussi bien pour le locataire de l’Elysée que pour celui de la Maison Blanche, cette opération militaire a été un moment de vérité pour la relation, à la fois personnelle et politique, qui s’est nouée entre eux depuis un an. Une relation forte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ La veille, les députés ont voté le doublement de la durée de rétention à quatre-vingt-dix jours, vivement critiqué par la gauche.
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Aide aux migrants : l’Assemblée assouplit les règles du « délit de solidarité »

La veille, les députés ont voté le doublement de la durée de rétention à quatre-vingt-dix jours, vivement critiqué par la gauche.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 20h07
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 17h24
   





                        



   


L’Assemblée a assoupli, dimanche 22 avril, à une très large majorité le « délit de solidarité » pour certaines personnes venant en aide aux migrants, un des points sensibles du projet de loi Collomb, y compris pour certains élus de la majorité.
Les exemptions au « délit de solidarité »
Au septième jour des débats sur le texte asile et immigration, les députés ont adopté par 133 voix contre 21 (et deux abstentions) un amendement du gouvernement, similaire à des amendement MoDem et La République en marche (LREM), qui prévoit des « exemptions » à ce délit. La grande majorité des groupes ont affiché leur soutien, à l’exception des Républicains (LR) et du Front national (FN).
Ce sera notamment « lorsque l’acte reproché a consisté à fournir des conseils et de l’accompagnement, notamment juridiques, linguistiques ou sociaux, ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux, destinées à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger. »
L’exemption vise aussi « toute autre aide visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci, ou bien tout transport directement lié à l’une de ces exceptions, sauf si l’acte a donné lieu à une contrepartie directe ou indirecte ou a été accompli dans un but lucratif ».
Le ministre de l’intérieur Gérard Collomb a expliqué qu’il s’agissait de définir « plus strictement » ce délit, tout en sanctionnant toujours « toutes celles et tous ceux qui voudraient détourner la volonté de l’Etat de contrôler ses frontières ».
Le doublement de la durée de rétention à 90 jours
La veille, les députés ont donné leur feu vert à une augmentation de la durée maximale de séjour en centre de rétention des étrangers en attente de leur expulsion, l’une des mesures les plus contestées du projet de loi asile et immigration qui vient d’être voté à l’Assemblée. Cet article phare du texte porté par Gérard Collomb, qui prévoit notamment que la durée maximale de rétention va passer de 45 à 90 jours, a été adopté par 77 voix contre 31, avec 46 abstentions. Outre la plupart des LREM, il a obtenu des suffrages UDI-Agir mais « sans gaieté de cœur ».
Vivement critiqué par la gauche, qui a unanimement voté contre, l’article s’est heurté à l’opposition de certains élus de la majorité. Neuf LREM ont voté contre : Delphine Bagarry, Jean-Michel Clément, Stella Dupont, Florence Granjus, Sonia Krimi, François Michel-Lambert, Sandrine Mörch, Nathalie Sarles, Martine Wonner. Cinq se sont abstenus. Les MoDem se sont partagés en deux pour, un contre (Nadia Essayan), 11 abstentions. Les LR se sont majoritairement abstenus (24 abstentions et 3 contre), comme les FN.

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Le ministre a défendu un article « totalement fondamental », dépeignant la rétention comme « un ultime moyen » mais qui « reste nécessaire ». Il a notamment promis que les centres de rétention (CRA) seront aménagés pour que les conditions « puissent être effectivement acceptables », notamment pour les familles.
« Vous vous adressez à un électorat qui inscrit la peur de l’autre comme curseur. »
Défendant « un point d’équilibre », la rapporteure Elise Fajgeles (LREM) a affirmé que la rétention « est un moyen pour faire respecter les mesures d’éloignement », soulignant notamment que le taux d’exécution des obligations de quitter le territoire est de 15 %.

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                Allonger la durée maximale de la rétention administrative, « une idée inutile et inefficace »



La gauche est montée au créneau contre cet article qui « concentre les critiques, l’opposition, la réprobation d’un grand nombre d’associations » (Danièle Obono, LFI) et « vient considérablement durcir les conditions de rétention » (Elsa Faucillon, PCF).
« Vous vous adressez à un électorat qui inscrit la peur de l’autre comme curseur », a dénoncé l’élue communiste, exprimant son « émotion » dans « ce moment grave ». Disant sa « tristesse », Marietta Karamanli (PS) a rappelé que la durée de rétention n’avait cessé d’augmenter (7 jours en 1981), ne voyant qu’une raison à cet « acharnement » : « faire sentir aux étrangers qu’ils sont à la merci de l’Etat ».
Tous les groupes de gauche et les radicaux non inscrits ont défendu vainement des amendements pour interdire le placement de mineurs en rétention, rejoints par le MoDem Erwan Balanant. « Des enfants derrière les grillages des CRA, moi, j’ai du mal à le supporter », a-t-il lancé. Ces amendements, auxquels des LREM et MoDem ont joint leurs suffrages, ont été rejetés par quelque 100 voix contre 20. D’autres amendements de gauche, notamment pour revenir à 45 jours, ont subi le même sort.

Asile : interminable guerre de tranchées à l’Assemblée
Pilonnage Les Républicains (LR) et Front national (FN), offensive à gauche sur la rétention : les débats sur le projet de loi asile et immigration ont tourné, samedi 21 avril, à la guerre de tranchées à l’Assemblée, avant un vote, au mieux dimanche soir, sur lequel la majorité espère limiter les suffrages de sa frange contestataire.
A la suspension à 1 h 30, les députés – toujours autour de 150 – avaient encore 375 amendements à étudier et finissaient une sixième soirée consécutive dans l’hémicycle et plus de 50 heures de débats. En cause, la très forte mobilisation des différentes oppositions, notamment des LR, mais aussi du FN, et de la gauche (« insoumis », communistes, socialistes), qui défendent, pied à pied, chacun de leurs amendements, sans rien lâcher. « Ce n’est pas de l’obstruction, nous faisons notre job », se défend le président du groupe LR, Christian Jacob.
Après avoir hésité à se lancer dans une nuit blanche samedi soir, qui risquait de mal se passer, vu la fatigue générale, les députés pourraient y avoir, cependant, droit dimanche soir. « On ira jusqu’au bout et on votera tôt ou tard », selon le chef de file La République en marche (LREM), Richard Ferrand, alors que les différentes oppositions ont demandé le report du vote au 9 mai après les vacances de Pâques. Certains dans la majorité ne cachaient pas leur exaspération, comme le député de Haute-Saône Christophe Lejeune, pour lequel « les LR n’ont comme seule stratégie que de faire durer les débats en posant la même question à plus de 200 reprises » sur un « plan caché » de régularisations du gouvernement.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ En cent cinquante ans, la France a construit l’un des systèmes ferroviaires les plus denses et les plus performants au monde.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Lors des débats sur le texte asile-immigration, les macronistes critiques se sont exprimés. Sans infléchir la ligne.
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Loi asile et immigration : le chemin escarpé des députés contestataires

Lors des débats sur le texte asile-immigration, les macronistes critiques se sont exprimés. Sans infléchir la ligne.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 09h47
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 15h11
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            

Ne surtout pas manquer le scrutin. Il est presque 22 heures jeudi 19 avril et la députée La République en marche (LRM) du Bas-Rhin, Martine Wonner, rejoint à petites foulées son siège en haut de l’Hémicycle. L’Assemblée nationale vote alors l’un des amendements au projet de loi asile et immigration déposé par le groupe socialiste. La députée « marcheuse » pressera le bouton « pour », contrairement à ses collègues de la majorité.
Soutenir l’opposition sur certains votes est devenu l’une des dernières voies d’expression des députés LRM réfractaires au texte. Les débats sur ce projet de loi, qui a pour vocation principale de réduire les délais de traitement des demandes d’asile, se sont largement prolongés cette semaine. Dans ce contexte, une frange de macronistes qui s’opposent au texte a mené un combat discret, noyé dans les excès d’un débat principalement animé par la droite et l’extrême droite.
Loin d’une fronde systématique, ils ont avancé sur une ligne de crête, entre opposition franche et volonté de ne pas attaquer frontalement la majorité à laquelle ils appartiennent. Pas question pour eux de multiplier les prises de parole, comme l’ont fait leurs collègues du groupe Les Républicains (LR). « Allonger le débat pour quoi faire ?, balaye le député de la Vienne, Jean-Michel Clément. Mes idées on les connaît, je n’ai pas besoin d’en rajouter une couche. » Pour ne pas trop entraver l’examen de ce texte, les opposants se sont organisés. Ils ont réduit de moitié le nombre d’amendements déposés. Parfois, ils ont même renoncé à prendre la parole.

« On a joué le jeu »
Jeudi soir, quatre d’entre eux ont accepté de ne pas s’exprimer lors de la discussion sur l’un des points les plus contestés du texte : la réduction des délais de recours après un refus de demande d’asile. Les débats s’éternisaient et il avait été demandé aux groupes de limiter le nombre de leurs orateurs. Les « marcheurs » se sont exécutés, avant de tout...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Les étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT) ont rassemblé plusieurs vérifications de paroles politiques de ces derniers jours.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤                     
                                                

Asile, Tolbiac, Syrie, SNCF, Daphne : les infos à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 06h31
   





                        


Réforme de l’université : Tolbiac évacué

Une centaine de personnes qui occupaient depuis le 26 mars la faculté parisienne de Paris-I pour protester contre la réforme de l’université a été délogée par la police vendredi 20 avril au petit matin. Le mouvement destiné à empêcher la sélection à l’entrée dans l’enseignement supérieur a suscité des perturbations dans une quinzaine d’universités, et le blocage de quatre d’entre eux.
Entre mardi et vendredi, des élèves de Sciences Po Paris ont rejoint le mouvement, dénonçant la « fabrique des élites », suivi par plusieurs autres instituts d’études politiques.
Si les protestataires ont donné de la voix, de nombreux étudiants commencent aussi à se faire entendre, car ils craignent que les blocages perturbent l’organisation des examens à Nanterre, Rennes, Montpellier ou Toulouse.

        Visualiser  :
         

          La carte de France des universités bloquées ou occupées par les étudiants



SNCF : malgré la grève, la réforme se précise
Les cheminots ont poursuivi leur mouvement de grève intermittente : ils étaient près d’un sur cinq à cesser le travail les mercredi 18 et jeudi 19 avril, pour protester contre la réforme de la SNCF. Ils ont aussi largement participé à une journée interprofessionnelle d’action, jeudi, à l’appel de la CGT, qui a réuni entre 119 000 et 300 000 manifestants appelant à la « convergence des luttes ».

        L’analyse :
         

          Eparpillé, le mouvement social cherche sa voie



Pourtant, le gouvernement reste inflexible. Lundi, les députés ont voté à une large majorité la première lecture du projet de loi qui prévoit de transformer l’entreprise ferroviaire en société anonyme à capitaux publics et à cesser d’embaucher les nouveaux salariés avec le statut de cheminot. La ministre chargée des transports, Elisabeth Borne, a d’ailleurs annoncé que ces deux réformes devraient être effectives au 1er janvier 2020.
Face à un mouvement qui s’inscrit dans la durée, les usagers montrent des signes de lassitude et réclament un remboursement de leurs abonnements de transport.
Asile et immigration : débat houleux au palais Bourbon

L’examen du projet de loi sur l’asile et l’immigration – il a commencé lundi soir à l’Assemblée nationale – se déroule dans une ambiance électrique. Le texte porté par Gérard Collomb, ministre de l’intérieur, a pour ambition de réduire le délai de traitement des demandes d’asile, de faciliter les reconduites à la frontière de ceux qui en sont déboutés, mais aussi d’améliorer les protections et l’accueil des personnes qui obtiennent l’asile. Il contient des dispositions controversées.

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                Les débats s’enlisent à l’Assemblée sur le projet de loi asile-immigration



Questions et critiques après les frappes en Syrie
Pas de consensus entre les parlementaires français sur la question des frappes conjointes en Syrie de la France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis, samedi 14 avril. Lors de deux débats simultanés – et sans vote –, à l’Assemblée nationale et au Sénat, lundi, les deux hémicycles se sont fait l’écho des nombreuses critiques entendues durant le week-end, face à des représentants de la majorité et du gouvernement, qui ont assumé l’intervention militaire. Pour la majorité, la « France agit pour une Syrie libre », alors que l’opposition dénonce des frappes menées en dehors de tout cadre légal international.

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                Intervention militaire en Syrie : pourquoi un débat sans vote au Parlement ?



Daphne : poursuivre l’enquête de la journaliste assassinée
Dix-huit médias internationaux, dont Le Monde, se sont regroupés pour poursuivre l’enquête de la journaliste d’investigation Daphne Caruana Galizia, qui a été assassinée à Malte en octobre 2017, alors qu’elle traquait la corruption dans l’île.
Pendant cinq mois, quarante-cinq journalistes ont travaillé ensemble, dans le secret, et ont enquêté sur place. D’abord sur la mort de Daphne, dont les exécutants ont été arrêtés, mais pas encore le commanditaire. Puis sur les pratiques d’optimisation fiscale que dénonçait la journaliste − déjà évoqués dans le cadre des Panama Papers et des Paradise Papers −, et sur le lucratif business de la vente de passeports maltais.

        L’éditorial :
         

          Projet Daphne : s’unir pour traquer la vérité




        L’enquête :
         

          « Projet Daphne » : qui a ordonné l’assassinat de Daphne Caruana Galizia ?



Et aussi
NDDL. Les personnes expulsées de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ont jusqu’au 23 avril pour déclarer leur projet d’activité individuel sur la zone. Un « ultimatum » dénoncé par les zadistes.Cuba. Depuis la désignation du nouveau président, Miguel Diaz-Canel, l’île n’est plus dirigée par un membre de la famille Castro, pour la première fois en cinquante-neuf ans, mais le changement s’opère dans la continuité idéologique.

Corée. Donald Trump a confirmé qu’il avait envoyé le patron de la CIA pour discuter avec le dictateur nord-coréen Kim Jong-un. Ce dernier devrait rencontrer son homologue sud-coréen le 27 avril, alors qu’un « téléphone rouge » a été ouvert entre les deux pays.Etats-Unis. Les fusillades dans les écoles américaines, en « augmentation constante », ont fait davantage de morts depuis l’an 2000 que tout au long du XXe siècle, selon une étude.NASA. Le Transiting Exoplanet Survey Satellite, un télescope spatial, a été lancé dans l’espace, à la recherche d’exoplanètes.ETA. Après quarante ans de terrorisme et plus de 800 morts, le groupe séparatiste basque a demandé pardon aux victimes de ses violences.Déshonneur. Le président syrien Bachar Al-Assad a rendu sa Légion d’honneur à la France, après des démarches menées par l’Elysée.Livret A. Le taux du produit d’épargne préféré des Français n’aura plus pour obligation de couvrir l’inflation à partir de 2020.Justice (1). Les premières audiences se sont tenues lundi dans le nouveau tribunal de Paris, qui a quitté l’île de la Cité pour le nord-est de la capitale.Justice (2). Le vaste projet de loi sur la réforme de la justice, contesté par les magistrats, a été présenté vendredi en conseil des ministres.Electricité. Le pétrolier Total a signé un accord pour acquérir Direct Energie, le premier concurrent français d’EDF, qui compte 2,7 millions de clients.Allergies. Avec le printemps, une grande partie de la France est classée en alerte rouge pour les pollens.Pollution. Les coraux sont menacés d’extinction d’ici à 2050, selon une étude publiée dans Nature.Football. L’entraîneur français Arsène Wenger, âgé de 68 ans, a annoncé vendredi son départ du club anglais d’Arsenal, après vingt-deux saisons.Dopage. L’ancien champion cycliste Lance Armstrong a accepté de payer 5 millions de dollars (4 millions d’euros) pour mettre fin à des poursuites pour fraude.
Disparitions
Ronald Lee Ermey. L’acteur, qui joue le sergent instructeur dans Full Metal Jacket, est mort à 74 ans.Barbara Bush. L’épouse de l’ancien président américain George H. W. Bush et mère du président George W. Bush est morte mardi à Houston (Texas) à 92 ans.Joël Santoni. Le réalisateur d’« Une famille formidable » est mort à 74 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le président syrien Bachar Al-Assad a rendu son titre de grand-croix dont il avait été décoré en 2001.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                

Cinq questions sur la Légion d’honneur

Le président syrien Bachar Al-Assad a rendu son titre de grand-croix dont il avait été décoré en 2001.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 18h10
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


La présidence syrienne a annoncé, jeudi 19 avril, avoir rendu la Légion d’honneur attribuée par la France en 2001 à Bachar Al-Assad. L’entourage du président français, Emmanuel Macron, avait annoncé lundi que la France avait engagé une procédure de retrait de la Légion d’honneur au président Assad, deux jours après la participation de Paris à des frappes contre des sites du régime syrien.
Cette décoration française, créée par Napoléon Bonaparte au début du XIXe siècle, récompense toutes sortes de personnalités qui se sont distinguées dans leur domaine. Mais elle est parfois critiquée. Emmanuel Macron avait annoncé en novembre qu’il allait réduire de 50 % le nombre de décorés civils et de 25 % les remises à des personnalités étrangères pour « redonner du sens » à cette distinction.
Doit-on demander la Légion d’honneur pour l’obtenir ?
Non. Comme l’expliquait déjà Rue89 en 2009, il est impossible de se porter candidat à un grade de la légion d’honneur. C’est une tierce personne qui doit proposer votre nom :
soit un ministre, qui reçoit généralement des propositions des préfets, des élus ou des associations ;soit 50 citoyens, grâce à la procédure d’initiative citoyenne introduite en 2008.
Par le biais de ces deux procédures, près de 4 000 dossiers sont constitués chaque année puis étudiés par le conseil de l’ordre de la Légion d’honneur, qui sélectionne ensuite 3 000 lauréats, avant l’approbation définitive du président de la République, qui signe de sa main les décrets.
Peut-on refuser la Légion d’honneur ?
Oui. Plusieurs personnalités ont choisi de bouder la décoration : Hector Berlioz, Pierre et Marie Curie, Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, Marcel Aymé, Bourvil, Philippe Séguin…
En général, pour éviter un incident diplomatique, les potentiels décorés sont avertis en amont. Dans tous les cas, on ne peut pas être honoré à son corps défendant. Pour entrer officiellement dans l’ordre de la Légion d’honneur, il faut en effet se faire remettre physiquement la décoration.
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le compositeur Hector Berlioz, ici célébré par des artistes russes en 1953, à Moscou, à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance, a refusé la Légion d'honneur en 1864. Celui auquel l'Etat désargenté entendait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de lui verser les 3 000 francs promis s'était alors emporté : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! »"
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Pierre et Marie Curie ont été plus sobres dans leur manière de repousser la prestigieuse distinction : « En sciences, nous devons nous intéresser aux choses, non aux personnes », justifiait Marie Curie. « Je n'en vois pas la nécessité », avait pour sa part commenté Pierre Curie. Le couple n'a toutefois pas échappé à l'hommage post-mortem, puisqu'il repose dans le sanctuaire du Panthéon."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La romancière George Sand a usé d'humour pour refuser l'insigne au ministre qui le lui proposait : « Ne faites pas cela cher ami, je ne veux pas avoir l'air d'une vieille cantinière ! »"
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            data-slide-description="Les écrivains et philosophes Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, ci-dessus sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, en 1960, ont aussi dit non à la Légion d'honneur. En 1945, Jean-Paul Sartre argue de la liberté : « L'écrivain doit refuser de se laisser transformer en institution, même si cela a lieu sous les formes les plus honorables, comme c'est le cas. » Il refusera également le prix Nobel de littérature en 1964."
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            data-slide-description="L'écrivain et dramaturge Marcel Aymé a adopté une posture plus directe. A ceux qui la lui proposaient, il répondit en 1949, dans un article, qu'ils pouvaient « se la carrer dans le train »."
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            data-slide-description="L'acteur Bourvil, ici avec Annie Cordy en 1966 à Paris, avait refusé par modestie cette distinction que le général de Gaulle se proposait pourtant de lui remettre en personne."
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            data-slide-description="« Ce petit hochet à la boutonnière/Vous le condamne à de bonnes manières/Car ça la fout mal avec la rosette/De tâter, flatter, des filles les appas… ». Le chanteur-compositeur Georges Brassens, ici en 1972, a consacré une satire à la Légion d'honneur, dans laquelle il dénonce « le fatal insigne qui ne pardonne pas »."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Léo Ferré, ici lors de la première de son tour de chant au Théâtre Dejazet, à Paris, le 25 avril 1988, a chanté et décrit la Légion d'honneur dans Il n'y a plus rien : « Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage. »"
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le comédien et humoriste Coluche avait prévenu : « Si on voulait me donner la Légion d'honneur, j'irais la chercher en slip pour qu'ils ne sachent pas où la mettre. »"
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            data-slide-description="Philippe Séguin, ministre puis président de la Cour des comptes, ici devant une photo du général de Gaulle, à Colombey-les-Deux-Eglises, avait refusé la Légion d'honneur, car son père, Robert Séguin, mort au combat en 1944, ne l'avait pas reçue."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="C'est pour dénoncer l'« indifférence » qui touche la santé au travail et l'impunité des « crimes industriels » que la spécialiste des cancers professionnels Annie Thébaud-Mony a refusé la Légion d'honneur que lui avait décernée la ministre du logement Cécile Duflot à l'été 2012."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="En 2013, l'auteur et dessinateur de bande dessinée Jacques Tardi expliquait ainsi son refus : « Je ne suis pas intéressé, je ne demande rien et je n'ai jamais rien demandé. On n'est pas forcément content d'être reconnu par des gens qu'on n'estime pas. »"
            data-slide-item-lie=""

        


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Le compositeur Hector Berlioz, ici célébré par des artistes russes en 1953, à Moscou, à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance, a refusé la Légion d'honneur en 1864. Celui auquel l'Etat désargenté entendait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de lui verser les 3 000 francs promis s'était alors emporté : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! »


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Sur quel critère peut-on l’obtenir ?
L’ordre de la Légion précise dans son code que la décoration récompense « des mérites éminents acquis au service de la nation soit à titre civil, soit sous les armes », tout en reconnaissant qu’il n’existe pas de définition stricte ou de liste exhaustive desdits mérites. « C’est la mission du conseil de l’ordre de juger, à partir des éléments de carrière qui lui sont donnés et selon la jurisprudence de l’ordre », précise l’institution.
Pour être décoré, il vaut mieux en tout cas posséder la nationalité française (les étrangers peuvent être distingués s’ils ont rendu des services à la France ou occupent des fonctions importantes, mais ne sont pas membres de plein droit de l’institution), cumuler au moins vingt ans d’activité (sauf cas exceptionnel, comme un exploit sportif ou militaire), avoir un casier judiciaire vierge et « une bonne moralité » (une enquête est diligentée sur ce plan avant chaque attribution).
Contrairement aux idées reçues, il y a moins de légionnaires qu’avant. Créé par Napoléon en 1802, l’ordre a vu le nombre de ses membres exploser avec les grands conflits militaires du XXe siècle. Il a ainsi connu jusqu’à 300 000 membres en 1962. Comme le racontait en 2012 la revue Charles, le général De Gaulle a alors décidé d’agir pour éviter que la décoration ne se galvaude. Un quota de 125 000 légionnaires vivants est alors fixé, et une nouvelle décoration (l’ordre national du mérite) est créée comme lot de consolation.
Quels avantages confère-t-elle ?
Tout d’abord, on peut bien sûr porter la décoration au ruban rouge à la boutonnière, comme les 93 000 autres décorés, et faire apparaître son grade après sa signature dans les papiers officiels.
Ensuite, on peut adhérer à la société des membres de la Légion d’honneur, un réseau de 55 000 sociétaires qui se donne pour mission de « concourir au prestige de l’ordre national de la Légion d’honneur et contribuer au rayonnement des valeurs et de la culture de la France sur le territoire national comme à l’étranger ».
Contrairement à certaines rumeurs, la Légion d’honneur ne rapporte pas d’argent, au contraire. Comme le rappelle Francetvinfo, les décorés doivent s’acquitter depuis 2003 de droits de chancellerie (de 20,28 euros pour un simple chevalier à 101,38 euros pour les grand-croix) pour l’expédition de leur diplôme. Ils doivent en outre acheter leur décoration auprès d’un joaillier spécialisé ou de la monnaie de Paris (75 euros pour le modèle réduit, 180 euros pour la décoration standard et jusqu’à 990 euros pour la plaque de grand-croix).

   


De quoi engouffrer rapidement le maigre traitement que propose l’institution à ses membres. La « somme symbolique héritage de l’histoire » – entre 6,10 euros par an pour les chevaliers et 36,59 euros pour les grand-croix – n’est souvent même pas réclamée par les décorés.
Entrer dans la famille de la Légion d’honneur ouvre également le droit à votre descendance féminine, jusqu’aux arrière-petites-filles, de candidater dans les prestigieuses maisons d’éducation de l’institution : Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) pour le collège, puis Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour le lycée et le post-bac. Mais l’acceptation n’est pas systématique. En 2011, seules 55 places étaient disponibles au lycée de Saint-Denis, pour près de 400 demandes, comme le rapportait L’Etudiant.fr.
En revanche, il est formellement interdit aux membres de votre entourage d’arborer votre étoile à cinq branches : le port illégal de décoration est passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
Peut-on la perdre ?
Oui. Un titulaire de la légion d’honneur peut être déchu de sa décoration en cas de condamnation pénale, de déchéance de la nationalité française ou s’il « a commis des actes contraires à l’honneur ou de nature à nuire aux intérêts de la France ».
C’est ce qui est arrivé à Maurice Papon, déchu en 1999 de l’ordre de commandant de la Légion d’honneur après sa condamnation définitive pour crime contre l’humanité, en raison de son implication dans la déportation de Juifs sous le régime de Vichy. Malgré les protestations, l’ancien ministre a toutefois continué d’arborer la décoration à sa boutonnière jusque dans sa dernière demeure, puisqu’il a été enterré avec sa Légion d’honneur.
Ce type de mesure reste extrêmement rare. L’une des dernières en date est l’exclusion, en janvier 2013, de l’ordre Jean-François Collin, un ancien membre de l’Organisation de l’armée secrète (OAS), décoré deux ans plus tôt comme mutilé de guerre en Algérie.



                            


                        

                        


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Les bouquinistes de Paris se verraient bien au patrimoine culturel de l’Unesco

La décision de présenter un dossier de candidature relève du ministère de la culture qui ne peut en présenter qu’un seul tous les deux ans. Et beaucoup sont en lice.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 16h58
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 06h41
    |

            Béatrice Jérôme








                        


Sur les quais de la Seine, chaque jour, flâneurs et visiteurs de la capitale peuvent s’attarder devant les quelque 300 000 livres d’occasion, gravures, revues vendus chez les 210 bouquinistes de Paris. Les bords du fleuve sont les seuls au monde à offrir cette librairie à ciel ouvert. Mais depuis longtemps, les porte-clés, tours Eiffel et autres souvenirs touristiques disputent la place aux ouvrages anciens dans les coffres en bois vert wagon.
La Ville de Paris dresse des procès-verbaux aux marchands qui déballent trop de babioles sur leurs étals. Les contrôles ne suffisent pas à enrayer un commerce attrape-touristes.
« Ces objets sont un mal nécessaire pour nous permettre de vivre, même si chacun d’entre nous ne devrait consacrer qu’une boîte sur quatre à la petite brocante, en vertu du règlement municipal », rappelle Jérôme Callais, président de l’association culturelle des bouquinistes de Paris. 
Pour freiner cette dérive, ce passionné de littérature pense avoir la parade. M. Callais milite pour l’inscription des bouquinistes à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel (PCI) de l’humanité établi par l’Unesco. « Le dernier petit métier de Paris » mériterait de figurer au registre des arts et traditions populaires de l’Organisation des nations unies pour l’éducation et la culture, plaide-t-il. Au même titre que la dentelle d’Alençon, le repas gastronomique français ou le fest-noz breton déjà répertoriés. Selon lui, une consécration par l’Unesco dissuaderait les bouquinistes de vendre trop de cadenas d’amour.
« La liste des dossiers éligibles est longue »
Pour Florence Berthout, maire (Les Républicains) du 5e arrondissement, l’idée de M. Callais n’a rien d’une lubie. L’élue dont l’arrondissement compte le plus fort contingent de bouquinistes du Quartier latin défend le projet avec force. « Une inscription au patrimoine de l’Unesco donnerait un coup de projecteur sur une activité qui fait l’identité intellectuelle de Paris et participe de l’exception culturelle française », s’enthousiasme-t-elle.
Présidente du groupe LR de la capitale, Mme Berthout compte interpeller Anne Hidalgo lors du Conseil de Paris qui s’ouvre le 2 mai. La maire de Paris se verra soumettre par la droite parisienne un « vœu » lui demandant de relayer auprès de l’Unesco la demande d’inscription des bouquinistes au PCI. L’idée fédère les maires LR du 1er, 6e et 7e et celui (PS) du 4e qui comptent tous des bouquinistes sur leurs quais.
Mais la bataille est loin d’être gagnée. La décision de présenter un dossier de candidature au PCI de l’Unesco relève du ministère de la culture rappelle, Olivia Polski, adjointe chargée du commerce. Mme Polski a écrit, le 30 mars, à Françoise Nyssen pour demander « avis et soutien » à ce projet.
« La richesse du patrimoine culturel immatériel français met paradoxalement la France dans une situation délicate, explique au Monde le ministère de la culture. La liste des dossiers éligibles est longue. Ce qui suppose une instruction minutieuse des candidatures pour que les chances de succès de la procédure d’inscription soient maximales. »
La France ne peut déposer qu’une seule candidature au PCI de l’Unesco tous les deux ans. Sous réserve que la ministre de la culture sélectionne ce dossier parmi beaucoup d’autres, il n’est pas certain qu’il soit retenu par l’organisation internationale. « Le projet est intéressant mais la porte sera très étroite », prévient Laurent Stefanini, ambassadeur de France auprès de l’Unesco.
« Trésor extraordinaire »
L’activité des bouquinistes devra être, au préalable, inscrite à l’inventaire français du patrimoine culturel immatériel. L’instruction prend entre huit mois et deux ans. Ce qui renverrait la possibilité d’un éventuel dépôt de leur dossier à l’Unesco au plus tôt en 2021, voire 2023. « Nous soutiendrons la démarche des bouquinistes, promet Véronique Levieux, adjointe chargée du patrimoine au sein de l’exécutif parisien. Mais les obstacles sont très nombreux. »
« L’important, c’est qu’on nous fasse un peu de communication », se rassure M. Callais. Le marchand de livres compte sur les auteurs qu’il connaît pour participer à un comité de soutien. La romancière Anna Gavalda est la première à lui avoir donné son accord.
« L’idée est géniale. Je suis étonnée que si peu de Parisiens connaissent le trésor extraordinaire que sont les bouquinistes. A chaque fois que j’attends le bus, je ne peux m’empêcher de leur acheter un livre. Paris sans les bouquinistes ne serait plus une fête ! », sourit-elle, en pensant à Hemingway.
M. Callais a prévu de solliciter l’écrivaine franco-canadienne Nancy Huston et l’historien Jean Tulard. Il a également contacté deux dessinateurs et amis, Wiaz et Sempé. Il s’apprête à envoyer un petit mot à Xavier Darcos, chancelier de l’Institut de France. La vénérable institution est à deux pas de ses coffres, quai Conti. Un quai truffé de bouquinistes.



                            


                        

                        


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Réforme constitutionnelle : pourquoi le Parlement craint-il une réduction de ses pouvoirs ?

L’avant-projet de réforme constitutionnelle rédigé par l’exécutif constitue, pour les présidents des deux assemblées, un recul pour les pouvoirs du Parlement.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 14h36
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 14h47
    |

                            Eléa Pommiers








                        



   


C’est un front commun inattendu. Après la baisse du nombre de parlementaires et le non-cumul des mandats, c’est désormais la place du Parlement dans l’avant-projet de réforme constitutionnelle qui hérisse le président du Sénat, Gérard Larcher, rejoint sur ce point par son homologue de l’Assemblée nationale, François de Rugy.

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Le premier a fustigé, mardi 17 avril, « une vraie réduction des pouvoirs du Parlement », quand François de Rugy, moins vindicatif en tant que membre de la majorité, a concédé mercredi 18 avril que « la majorité » ne pouvait pas « s’y retrouver » en l’état.

Qu’en est-il dans l’actuelle Constitution ?
La Constitution de la Ve République comporte déjà plusieurs dispositions qui contournent, voire limitent, le pouvoir législatif. Par exemple :
Le texte de 1958 a défini pour la première fois un « domaine de la loi », qui, bien que très étendu, sous-entend que tout n’entre pas dans les prérogatives du Parlement.L’article 40 rend irrecevable tout amendement ou proposition de loi du Parlement qui aurait pour conséquence la diminution des ressources publiques, la création ou l’aggravation d’une charge publique, que seul le gouvernement peut décider.L’article 38 autorise le gouvernement à prendre par ordonnance, « pendant un délai limité », des mesures qui sont normalement du ressort du Parlement… sans passer par le Parlement au préalable.L’article 49, alinéa 3 (49.3), permet au gouvernement de faire adopter une loi sans vote de l’Assemblée nationale, à moins que celle-ci ne vote une « motion de censure » qui renverse le gouvernement (ce qui n’est arrivé qu’une seule fois sous la Ve République, en 1962).

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Même si le Parlement peut, théoriquement, toujours avoir le dernier mot, dans la pratique, la prépondérance de l’exécutif est manifeste.


L’encadrement du pouvoir du Parlement est une critique récurrente depuis l’adoption de la Constitution, en 1958. En 2008, la dernière révision constitutionnelle avait permis de rééquilibrer le rapport de force entre exécutif et législatif. Que changerait celle d’Emmanuel Macron ?
Le gouvernement réduit-il le droit d’amendement ?
Oui, et pour une raison explicite : éviter le dépôt de milliers d’amendements qui « alourdissent » et « ralentissent » le vote des lois, selon l’exécutif.
Si ce point est dénoncé par Gérard Larcher et plusieurs parlementaires, c’est parce que, dans les faits, l’amendement est l’un des principaux moyens, pour les parlementaires, de peser sur la rédaction de la loi. Car s’ils partagent l’initiative de la loi avec le gouvernement et peuvent rédiger des propositions de loi, l’écrasante majorité des textes adoptés émanent du gouvernement (projets de loi).


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Entre 2012 et 2017, les projets de loi représentents les trois quarts des textes adoptés mais seulement 13 % des textes déposés
Nombre de projets et de propositions de loi déposés et adoptés pendant la XIVe législature

Source : Assemblée nationale



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Sans compter que le droit d’amendement est déjà encadré dans l’actuelle Constitution. Aucun amendement créant une charge publique n’est accepté, et le gouvernement peut s’opposer à l’examen en séance de tout amendement qui n’a pas été soumis à la commission parlementaire qui a préalablement examiné le texte. Aucune restriction de ce type n’existe pour le gouvernement.
Avec la réforme seront désormais irrecevables les « propositions ou amendements qui ne sont pas du domaine de la loi », qui sont « sans lien direct avec le texte » ou sont « dépourvus de portée normative ». En réalité, le gouvernement peut déjà opposer l’irrecevabilité d’un amendement ou d’une proposition de loi qui ne relève pas du domaine de la loi (ce qui est très peu fait en pratique). Mais tout amendement « dès lors qu’il présente un lien, même indirect, avec le texte déposé » est recevable.

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Quant à la notion de « normativité », dont la définition est débattue (elle caractérise schématiquement l’énoncé de règles précises et contraignantes), elle est absente de la Constitution. Elle ne fonde pas l’irrecevabilité, et encore moins exclusivement pour le Parlement.
Le Conseil constitutionnel censure déjà des dispositions législatives trop générales et incantatoires, comme « l’objectif de l’école est la réussite de tous les élèves ». Mais en donnant la possibilité au gouvernement de refuser des textes en amont sur ce motif précairement défini, « la voie serait ouverte à l’arbitraire pur et simple », assure Bruno Daugeron, professeur de droit constitutionnel.
En cas de désaccord entre gouvernement et assemblées, le Conseil constitutionnel aura trois jours (et plus huit) pour trancher.
Pourquoi les sénateurs dénoncent-ils une « confiscation de l’ordre du jour par l’exécutif » ?
L’ordre du jour des assemblées est un vecteur de pouvoir essentiel puisqu’il établit la liste des textes qui doivent être examinés et votés par les parlementaires, et l’ordre dans lequel ils doivent l’être. Dans l’avant-projet, il est prévu que le gouvernement puisse « inscrire plus facilement à l’ordre du jour des assemblées certains projets de loi jugés prioritaires », dans les domaines économique, social ou environnemental, si les conférences des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat ne s’y opposent pas.
Initialement, le gouvernement contrôlait quasi intégralement cet ordre du jour. La réforme constitutionnelle de 2008 a partagé cette prérogative. Deux semaines sur quatre maximum ont été préservées au bénéfice exclusif du gouvernement, mais l’ordre du jour des deux semaines restantes est désormais fixé par les assemblées.
Seule exception à ce principe jusqu’alors : les projets de loi de finances (PLF) et les projets de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui peuvent être inscrits en priorité à l’ordre du jour par le gouvernement, y compris sur les semaines réservées aux textes choisis par le Parlement. Si la réforme constitutionnelle était adoptée en l’état, le champ des textes potentiellement prioritaires serait assez large pour porter préjudice à cette égalité de répartition.

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Pourquoi les sénateurs parlent-ils de « fin du bicamérisme » ?
Véritable ligne rouge pour Gérard Larcher, l’exécutif souhaite qu’en cas d’échec de la commission mixte paritaire (qui examine les textes quand les deux assemblées ne parviennent pas à un accord), « le gouvernement [puisse] demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement », en examinant « la dernière version du texte votée par elle ».
Le gouvernement peut déjà demander à l’Assemblée nationale de statuer définitivement en cas d’échec de la commission mixte paritaire, composée de députés et de sénateurs, et réunie après deux passages du texte devant chaque assemblée sans qu’elles ne tombent d’accord (une seule fois si le gouvernement décide d’une procédure accélérée).
Si le gouvernement émet cette demande, après une nouvelle lecture devant chaque chambre, l’Assemblée effectue la relecture définitive soit sur le texte de la commission mixte paritaire, soit sur le dernier texte qu’elle a voté.
Avec la réforme constitutionnelle, cette dernière lecture se ferait forcément sur le dernier texte voté par l’Assemblée – généralement acquise à la majorité. Le bénéfice de la conciliation avec les sénateurs serait mis de côté. Or, leur contribution, en tant qu’élus peu liés au gouvernement, voire, souvent, de l’opposition, est indispensable à la « qualité des lois », estime Bruno Daugeron.

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Le Parlement aura-t-il moins de pouvoir sur les projets de loi de finance ?
Il aura, en tout cas, moins de temps pour les travailler. Dans le projet de révision, le délai d’examen du PLF est réduit à cinquante jours au lieu de soixante-dix actuellement. Quant au renforcement du contrôle des parlementaires sur le PLF, envisagé par le gouvernement, il ne figure tout simplement pas dans le texte.
Le PLF est déjà une exception constitutionnelle : les parlementaires ont un pouvoir très circonscrit sur ce texte. Il est l’un des seuls sur lequel l’usage de l’article 49.3 de la Constitution par le gouvernement est, par exemple, illimité.
Il est aussi, avec le PLFSS, le texte pour lequel la Constitution impose un délai maximum d’examen au Parlement (au-delà duquel le gouvernement peut recourir aux ordonnances sans passer par le vote des parlementaires), alors qu’elle fixe des délais minimums pour tous les autres, afin de laisser aux commissions le temps de les étudier et de les amender.

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Réduire encore de délai répond à l’ambition du gouvernement de gagner en « efficacité » et en « rapidité » sur un texte crucial pour la mise en œuvre de sa politique. Mais, selon M. Daugeron, cette rationalisation sera préjudiciable à la qualité du travail des parlementaires, qui ont « besoin de temps pour bien légiférer ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ En refusant de voter la loi asile-immigration de Gérard Collomb, le député LRM du Maine-et-Loire participe au premier vrai vent de contestation parlementaire de l’ère Macron.
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Matthieu Orphelin, député macroniste dans la bourrasque anti-Macron


                      En refusant de voter la loi asile-immigration de Gérard Collomb, le député LRM du Maine-et-Loire participe au premier vrai vent de contestation parlementaire de l’ère Macron.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 14h28
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 15h10
    |

                            Laurent Telo








   


Après avoir tenté d’adoucir le projet de loi asile-immigration, Matthieu Orphelin ne votera « pas pour » le texte en cours de discussion à l’Assemblée nationale.

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Frondeur passif-agressif
Le député marcheur de Maine-et-Loire a décidé de ne pas voter la loi asile-immigration portée par le ministre de l’intérieur Gérard Collomb, qu’il estime trop répressive. Et ce, malgré les menaces de Richard Ferrand, le chef des élus LRM à l’Assemblée, qui appelle à une stricte discipline de groupe. « C’est tout sauf un début de fronde, relativise Matthieu Orphelin. (…) Je m’exprimerai peu pendant les débats en Hémicycle. »

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Vert marcheur
Cet ancien d’Europe écologie-Les Verts avait prévu d’abandonner la politique quand, fin 2016, il décide de rejoindre En Marche ! afin d’« éviter le scénario catastrophe d’un second tour Fillon-Le Pen ». Il envoie un SMS à Emmanuel Macron pour se mettre à sa disposition et travaille sur les aspects écologistes de son programme. Il est élu à l’Assemblée nationale dans la foulée.

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Ami d’Hulot et du vélo
Ancien porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot, l’Angevin a participé à la campagne de Nicolas Hulot lors de la primaire écologiste de 2011. Ce proche a avoué qu’il avait poussé l’ex-homme de télé à devenir ministre. Matthieu Orphelin promeut les mobilités douces et a remis, en décembre 2017, un rapport sur la généralisation de l’indemnité kilométrique vélo à la ministre chargée des transports, Elisabeth Borne.
Docteur énergie
Ingénieur, titulaire d’un doctorat de l’Ecole des mines, il a fait carrière au sein de l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), où il est devenu directeur de cabinet de Chantal Jouanno, qui en était alors présidente. Politiquement, il a fait ses armes chez les Verts, est plutôt de gauche, mais a connu quelques tentations centristes.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Vendredi 20 avril, à 5 heures du matin, entre 100 et 200 CRS ont pénétré dans ce le lieu emblématique de la mobilisation contre la réforme de l’accès à l’université.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Des ONG ont fleuri en France pour soutenir les chrétiens d’Orient victimes de l’État islamique et de la guerre civile syrienne. Mais la défense de ces « frères arabes » n’est pas dénuée d’arrière-pensées politiques.
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Querelles de chapelle autour des chrétiens d’Orient 
                  
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Le Monde
 |
                  20.04.2018 à 14h23
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 01h31


Des ONG ont fleuri en France pour soutenir les chrétiens d’Orient victimes de l’État islamique et de la guerre civile syrienne. Mais la défense de ces « frères arabes » n’est pas dénuée d’arrière-pensées politiques.

Par                             Dominique Perrin





                     
Tout le monde l’attend. Dans le petit centre-ville, il y a des affiches de l’événement partout et presque autant de policiers en civil. La nuit tombe, il fait environ zéro degré. Avec les minutes qui défilent et la bise, le ressenti est de moins quinze. Quatre motos, un gyrophare, le voilà. La tête d’Edouard Philippe dépasse d’une foule de 150 personnes, massées au Musée des beaux-arts. Ce 22 février, à Tourcoing (Nord), le premier ministre inaugure en grande pompe l’exposition « Chrétiens d’Orient, deux mille ans d’histoire ». Icônes syriennes, manuscrits arméniens, première fresque représentant Jésus…
Après son succès à l’Institut du monde arabe (IMA), avec 155 000 visiteurs, l’exposition migre dans la ville du Nord jusqu’au 11 juin. Autour du chef de gouvernement, c’est la cohue des grands jours. Jack Lang, président de l’IMA, l’a perdu du regard. Un homme barbu en longue robe noire, ceinturée de fuchsia, serre des mains : voilà monseigneur Pascal Gollnisch, directeur général de L’œuvre d’Orient et partenaire de l’exposition.
Une « tradition » française
Un peu plus tard, dans l’hôtel de ville bondé (même Miss Tourcoing est là), Edouard Philippe commence son discours. « Qui sait aujourd’hui, interroge-t-il, que c’est en vertu d’un accord signé dans la première moitié du XVIe siècle entre François Ier et Soliman le Magnifique que la France est de droit, de tradition en tout cas, protectrice des chrétiens d’Orient ? » 
Le 25 septembre, Emmanuel Macron avait déjà inauguré cette même exposition à Paris avec son homologue libanais Michel Aoun, chrétien maronite. Le président avait lui aussi insisté sur le poids d’une histoire commune : « Défendre les chrétiens d’Orient, c’est être à la hauteur de l’exigence historique qui est la nôtre. » L’événement a donc été salué deux fois au plus haut niveau de l’État. Un geste politique rare. Et forcément signifiant.

Coptes, chaldéens,...





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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ A une époque où les services bancaires étaient réservés aux élites, cette société anonyme privée avait pour vocation d’encourager l’épargne populaire. Le développement des Caisses d’épargne conduisit l’Etat à inventer pour elles le statut original d’entreprise privée d’utilité publique, explique dans sa chronique l’économiste Pierre-Yves Gomez.
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Les Caisses d’épargne, des « entreprises à mission »

A une époque où les services bancaires étaient réservés aux élites, cette société anonyme privée avait pour vocation d’encourager l’épargne populaire. Le développement des Caisses d’épargne conduisit l’Etat à inventer pour elles le statut original d’entreprise privée d’utilité publique, explique dans sa chronique l’économiste Pierre-Yves Gomez.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 11h29
    |

                            Pierre-Yves Gomez (Economiste et professeur de stratégie à l’EM Lyon)








                        



                                


                            

Entreprises. Il y a deux siècles, en mai 1818, des hommes d’affaires philanthropes fondaient la première Caisse d’épargne. A une époque où les services bancaires étaient réservés aux élites, cette société anonyme privée se donnait une mission sociale : encourager l’épargne populaire. Il s’agissait de proposer des livrets d’épargne, mais aussi d’éduquer le peuple à l’économie et de lui donner le goût et les moyens de constituer un patrimoine, pour éviter la misère en cas de coup dur. Sur le modèle parisien, des initiatives privées, soutenues par les pouvoirs publics locaux, créèrent des caisses identiques dans toute la France.
Leur développement conduisit l’Etat à inventer pour elles le statut original d’entreprise privée d’utilité publique. Ce statut inscrivait dans le droit que la logique économique était soumise à une mission sociale, déterminant l’orientation stratégique de l’entreprise. C’était en 1835.
D’abord simples collectrices d’épargne, les caisses furent autorisées en 1895 à financer les logements sociaux, les infrastructures d’aides aux personnes en difficulté et à soutenir pécuniairement des œuvres d’intérêt général. En 1950, leur activité fut étendue au crédit aux collectivités. L’objet social restait en résonance avec l’activité économique de proximité et de développement local, dont les Caisses d’épargne ont été les leadeuses pendant plus d’un siècle, tout en demeurant des sociétés privées.
En 1999, elles changent de statut pour devenir des banques coopératives. Les parts sociales sont détenues par les clients sociétaires. Gouvernée par un conseil d’administration et un directeur, chaque caisse reste autonome quant à la collecte des dépôts et à l’investissement des résultats. Les administrateurs des sociétés d’épargne locales composent l’assemblée générale des caisses régionales, elles aussi autonomes et gérées par un directoire, nommé par un comité d’orientation élu par l’assemblée générale. La même logique...




                        

                        


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SNCF : le flou du gouvernement sur la dette agace les députés

Le montant qui sera repris par l’Etat n’est pas précisé dans le programme de stabilité 2018-2022 qui doit être envoyé à Bruxelles, critiquent les députés de l’opposition.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 11h18
    |

            Philippe Jacqué et 
Benoît Floc'h








                        



   


La reprise de la dette de la SNCF par l’Etat à partir de 2020, comme l’a confirmé le président de la République dimanche 15 avril à la télévision, menace-t-elle la réduction du déficit de la France ? Cet engagement a provoqué une passe d’armes entre le gouvernement et l’opposition au Parlement, mercredi.

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Car il est venu percuter l’examen par les députés, puis par les sénateurs, du programme de stabilité 2018-2022 du pays. Ce document, qui actualise les données du budget 2018, doit être envoyé à Bruxelles en fin de mois.
Mercredi matin à l’Assemblée nationale, les hauts fonctionnaires venus répondre aux députés en commission des finances ont reçu un accueil plutôt musclé. « C’est du gloubi-boulga ! », s’est agacée Valérie Rabault, nouvelle présidente du groupe Nouvelle Gauche, après les explications données par les représentants de Bercy. « Nous ne sommes pas là pour discuter avec vous des méthodes comptables, a-t-elle grondé. On est là pour que vous nous disiez quel montant de la dette [de la SNCF] sera inclus dans la dette [de la France]. »
« Un Parlement humilié »
A droite, le ton n’était pas plus conciliant. Très énervé, Charles de Courson (Les Républicains) a évoqué « un Parlement humilié ». « Mesdames et Messieurs les hauts fonctionnaires de l’Etat, pouvez-vous répondre aux représentants du peuple français ? », a-t-il lancé dans une colère froide à peine contenue.
La discussion a pris la tournure d’un dialogue de sourds. « Il n’y a aucune volonté de masquer quoi que ce soit, a plaidé Martin Vial, commissaire aux participations de l’Etat. La question, c’est : “Combien vous allez reprendre ?’’ La réponse à cette question n’est pas possible aujourd’hui. » Car, a-t-il argumenté, tout dépendra de la situation de la SNCF en 2020, après la réforme.

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Les hostilités ont repris l’après-midi dans l’hémicycle, en présence des ministres Bruno Le Maire (économie) et Gérald Darmanin (comptes publics). « Le programme de stabilité ne fait pas mention de la reprise de la dette de la SNCF, a pointé Christine Pires Beaune (Nouvelle Gauche). Si la reprise est décidée, elle doit apparaître dans votre programme. Cet oubli signifie, soit que l’Etat n’envisage pas de reprendre la dette, contrairement aux annonces, soit que les données que vous envoyez à Bruxelles pour le pacte de stabilité sont insincères. »
« Deux points de PIB »
Rapporteur général, Joël Giraud, député La République en marche, s’est voulu conciliant : « Dans le scénario le plus défavorable, le déficit pourrait être accru de deux points de PIB l’année de reprise. Mais la question ne se posera qu’à partir de 2020. Et il semble que cette reprise de dette ne devrait être que partielle dans un premier temps. Ce qui permet d’être rassuré. » 
Bruno Le Maire a tenté de clore le débat. La dette que l’Etat devra reprendre, a-t-il dit, « c’est 50 à 55 milliards d’euros fin 2020 », dont 11 sont déjà intégrés dans la dette publique depuis 2014. Le ministre a justifié que cette question ne figure pas dans le programme de stabilité. « On ne va pas intégrer immédiatement la reprise de la dette tant qu’on ne sait pas si la SNCF a retrouvé sa compétitivité, a-t-il expliqué. Reprendre la dette progressivement à partir de 2020, oui, mais à condition et à condition seulement que la transformation de la SNCF soit achevée et qu’elle puisse retrouver les bénéfices. »
Ce que ne dit pas Bruno le Maire, c’est qu’une rude négociation est en cours entre SNCF Réseau et Bercy sur le montant de la dette qui sera reprise et les modalités. Selon nos informations, la direction du gestionnaire d’infrastructures souhaiterait que l’Etat récupère une quarantaine de milliards d’euros, pour que son endettement représente au maximum 5 à 6 fois son excédent brut d’exploitation.
Bercy, lui, estime que le groupe peut soutenir une dette représentant jusqu’à 10 fois son résultat d’exploitation. Ce qui implique une reprise moindre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Pour sortir de la longue crise, le gouvernement a dévoilé, jeudi, des mesures qui seront présentées aux Mahorais aux alentours du 15 mai.
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Un plan de « rattrapage » pour l’île de Mayotte

Pour sortir de la longue crise, le gouvernement a dévoilé, jeudi, des mesures qui seront présentées aux Mahorais aux alentours du 15 mai.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 10h31
    |

            Patrick Roger








                        



   


Ce n’était qu’un point d’étape mais il pourrait contribuer à faire évoluer la situation à Mayotte de façon décisive. Jeudi 19 avril, la rencontre qui s’est tenue à Matignon entre Edouard Philippe et une délégation d’élus mahorais a marqué, enfin, la volonté du gouvernement d’apporter des réponses durables à la crise que connaît ce département.
Le premier ministre était accompagné de quatre de ses ministres, Annick Girardin (outre-mer), Jean-Michel Blanquer (éducation), Agnès Buzyn (santé), Elisabeth Borne (transports), les ministres de l’intérieur et des affaires étrangères étant représentés par leurs directeurs du cabinet. Preuve de la volonté de l’Etat d’aborder les problèmes dans leur globalité.
Preuve, aussi, que le gouvernement a pris la mesure de la « profonde détresse » et de la « réelle désespérance », comme l’a exprimé M. Philippe, de la population mahoraise. Le mouvement qui a paralysé le territoire pendant plus de six semaines en a été l’expression la plus visible. Après de multiples rendez-vous manqués et des incompréhensions réciproques, la nomination, fin mars, d’un nouveau préfet, Dominique Sorain, accompagné d’une délégation interministérielle, ayant pour mission de renouer le dialogue avec l’ensemble des acteurs locaux, a été décisive.

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                Mayotte : chronique d’une île en « sous-France »



C’est sur la base du travail effectué par cette mission que le premier ministre a pu, jeudi, dévoiler les grands axes du « plan de rattrapage et de développement de Mayotte ». Le plan définitif sera finalisé autour de la mi-mai. Avant cela, il a rappelé les mesures d’urgence déjà prises et mises en œuvre, tant en matière de sécurité et de lutte contre l’immigration clandestine qu’en ce qui concerne le soutien aux entreprises – essentiellement constituées d’un tissu de petites et très petites entreprises –, fragilisées par ces six semaines de mouvement.
Développement des infrastructures
L’Etat et ses opérateurs, tout d’abord, vont se réorganiser et se redéployer à Mayotte, pour permettre une réelle déconcentration des décisions et répondre aux besoins spécifiques du département. Vont ainsi être posées les bases d’une Agence régionale de santé de Mayotte (la mission est actuellement exercée par l’Agence de santé océan Indien pour La Réunion et Mayotte). Un rectorat de plein exercice va être créé. La direction de Pôle emploi à Mayotte va également bénéficier d’une autonomie renforcée.
D’autres mesures étaient attendues. Parmi celles-ci, l’annonce de l’exonération du ticket modérateur pour les assurés sociaux, qui préfigure l’instauration de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), toujours pas applicable à Mayotte. Le premier ministre a aussi annoncé l’allocation de moyens supplémentaires pour le centre hospitalier de Mayotte, sans entrer dans le détail. Pas plus de précisions non plus en ce qui concerne le plan d’accélération du rythme de constructions de classes et d’équipements scolaires qui va être mis en œuvre. « En ayant bien conscience que nous partons de très loin », a admis le premier ministre.
Le gouvernement a promis de s’engager dans un programme de développement des infrastructures à Mayotte. Parmi les chantiers qui vont être ouverts, M. Philippe a cité « un transport en commun en site propre sur la Grande Terre » et la réalisation du contournement de Mamoudzou, la préfecture, point d’engorgement routier quotidien puisque la ville est traversée par la nationale reliant le sud au nord de l’île. L’Etat va aussi engager à Mayotte « une opération d’intérêt national », non définie, qui permettra, sur une zone d’aménagement de grande ampleur, de mettre en commun les moyens de l’Etat et ceux des collectivités.
« Des adaptations lorsque la situation l’exige »
La question des relations avec les Comores voisines ne pouvait pas être éludée, tant en ce qui concerne l’immigration mais aussi le développement et la coopération. M. Philippe a souligné « l’importance de l’insertion de Mayotte, département français de l’océan Indien, dans son environnement régional ». En mettant l’accent sur le fait qu’il n’était pas question de toucher au statut du département mais en insistant aussi sur « la responsabilité de chacun dans l’exercice plein et entier de ses compétences ». Il n’a toutefois pas exclu « des adaptations lorsque la situation l’exige », mais « à la demande des élus ».
L’ensemble de ces axes de travail doit à présent être mis en forme et finalisé. Le préfet et la mission interministérielle repartent à Mayotte. La prochaine étape devrait déboucher sur un document, « qui nous engagera collectivement », a indiqué M. Philippe, que Mme Girardin, la ministre des outre-mer, ira présenter aux Mahorais aux alentours du 15 mai.
« Dans la bonne direction »
Ces premières annonces ont été plutôt bien accueillies. Le député (LR) Mansour Kamardine y voit « de réelles avancées, des éléments qui vont dans la bonne direction ». « J’espère que, le 15 mai, les Mahorais verront qu’ils ont été bien entendus », ajoute-t-il. Du côté des acteurs du mouvement, toutefois, la prudence reste de mise, tant ils ont eu l’habitude des promesses déçues. « En 2014, déjà, le président Hollande nous avait annoncé la CMU-C et nous attendons toujours sa mise en place, le contournement de Mamoudzou nous a déjà été promis mais jamais concrétisé », rappelle Salim Nahouda, le secrétaire général de la CGT, interrogé par Le Journal de Mayotte.
A leur retour à Mayotte, les élus devraient rencontrer les représentants de l’intersyndicale et des collectifs de citoyens pour leur faire un compte-rendu. A ce stade, certains regrettent que les sujets importants – comme celui du port de Longoni, par exemple – n’aient pas été abordés et déplorent le flou du calendrier. Ils attendent également plus de précisions sur les moyens réels qui vont être débloqués.

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Le chef du gouvernement a assuré vouloir « restaurer la confiance en la parole de l’Etat ». Les attentes de la part des Mahorais sont grandes mais il reste fort à faire pour parvenir à rétablir cette confiance, mise à mal pas des années d’engagements non tenus.



                            


                        

                        

