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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Treize ans après, la petite faune aquatique du « Monde de Nemo » fait son retour dans une nouvelle aventure menée tambour battant (sur Canal+ Family à 20 h 50).
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TV – « Le Monde de Dory » : une mémoire de poisson bleu

Notre choix du soir. Treize ans après, la petite faune aquatique du « Monde de Nemo » fait son retour dans une nouvelle aventure menée tambour battant (sur Canal+ Family à 20 h 50).



Le Monde
 |    22.04.2018 à 18h00
    |

                            Mathieu Macheret








                        


Film d’animation sur Canal+ Family à 20 h 50

Le Monde de Dory se présente comme un dérivé du Monde de Nemo (2003), auquel il reprend son personnage charmant du « chirurgien bleu » à la mémoire de poisson rouge. On retrouve donc Dory en petit alevin à peine sorti du frai, couvée par deux parents qui tentent par tous les moyens d’encadrer ses troubles de mémoire. Mais aucune précaution n’y fait et, un beau jour, le courant marin l’entraîne vers le large, loin des siens. Livrée à elle-même, Dory grandit avec le seul objectif qui tienne dans sa caboche : rejoindre ses parents. Pour cela, elle s’attache à toutes les créatures de passage, pour arriver dans un grand parc aquatique, dont les animaux vont lui prêter main-forte.
On entrevoit immédiatement la perspective potentielle d’un personnage dont la mémoire s’efface instantanément, incapable de rien retenir : celle d’un récit loufoque, où rien ne serait jamais acquis. Malheureusement, Andrew Stanton prend le parti moins risqué d’une veine familialiste, où le délire mnémonique de Dory est contenu par l’obsession du retour au foyer parental. Une fois la chose admise, rien n’empêche de goûter au plaisir du film, car si le génie du studio Pixar s’est temporairement éclipsé, c’est pour mieux laisser place, cette fois, au savoir-faire.
Dédale d’aquariums
Mené tambour battant, Le Monde de Dory doit beaucoup au décor du parc aquatique où se situe le récit, dédale d’aquariums, de bassins, de tuyauterie conçu comme un parcours d’obstacles. De plus, sous la gangue familiale, il n’est pas interdit de considérer l’ensemble comme une variante picaresque du récit d’initiation à la Pixar : si Dory n’a aucune mémoire, elle se découvre une formidable aptitude au présent, en développant sa capacité d’action instantanée, ainsi qu’un goût pour le compagnonnage.
D’ailleurs, l’intérêt du film tient avant tout au bestiaire qu’il met en scène – poulpe, requin-marteau, béluga, baleine, poisson-clown, plongeur huard, coquille Saint-Jacques – à travers une variété de textures numériques et une précision dans le rendu extraordinaire. On ne résiste pas à décerner, parmi eux, une mention spéciale à l’otarie Gerald, trouvaille la plus frappadingue, pourtant trop isolée, d’un film qui manque souvent de fantaisie.
Le Monde de Dory, d’Andrew Stanton et Angus MacLane (EU, 2016, 97 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ En 1978, la comédienne avait été enlevée par le régime nord-coréen pour améliorer la qualité des films de propagande. Choi Eun-hee est décédée le 16 avril à l’âge de 91 ans.
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La mort de l’actrice sud-coréenne Choi Eun-hee, ancienne otage de la Corée du Nord

En 1978, la comédienne avait été enlevée par le régime nord-coréen pour améliorer la qualité des films de propagande. Choi Eun-hee est décédée le 16 avril à l’âge de 91 ans.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 16h54
    |

            Harold Thibault








                        



                                


                            

L’existence de la grande star de cinéma sud-coréenne Choi Eun-hee n’avait déjà rien d’ordinaire, mais elle prit un tour encore plus singulier un jour de janvier 1978 sur la plage de Repulse Bay, à Hongkong, selon le récit que fera plus tard l’actrice, décédée lundi 16 avril.
La comédienne s’était rendue dans la colonie britannique pour rencontrer le prétendu directeur d’un studio local qui disait donner également des cours d’art dramatique et lui proposait un partenariat, peut-être aussi de réaliser une production locale. Cela faisait un moment que Choi, l’une des plus grandes célébrités du cinéma de l’après guerre de Corée, était dans une phase de creux et son école d’art dramatique était au bord de la banqueroute. L’offre était de nature à changer la donne.
La villa du producteur, lui expliqua sa guide, était de l’autre côté de la baie. Quoi qu’interloquée, Choi embarqua sur l’esquif à moteur vers laquelle on la dirigeait. Elle fut ainsi enlevée et transférée sur un cargo. Destination : le régime ennemi de son pays en pleine guerre froide, la Corée du Nord.
Admirée par Kim Jong-il
Là-bas, un fan de cinéma nourrissait un dessein ambitieux. Kim Jong-il avait été chargé du département d’agit-prop du régime de son père. Il avait développé une passion pour le septième art et déplorait la piètre qualité des films de propagande nord-coréens en comparaison aux œuvres du Sud. Ce kidnapping devait contribuer à relever le niveau.
Kim Jong-il était visiblement admiratif d’elle et tente à certaines occasions de lui remonter le moral, quoi qu’étant le commanditaire de son enlèvement. « J’étais au désespoir et il a tenté de me changer les idées, en disant : “Regardez-moi, Mme Choi. N’ai-je pas l’air d’un nain petit et gros ?” Je n’ai pas pu m’empêcher de rire », racontera-t-elle ensuite dans un entretien. Elle sera hébergée dans de luxueuses villas à Pyongyang et parfois maintenue dans des résidences de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Premier Noir champion du monde de boxe en catégorie poids lourds en 1908, Jack Johnson avait été condamné en vertu des lois racistes de l’Amérique ségregationniste.
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Donald Trump envisage la grâce posthume du boxeur Jack Johnson

Premier Noir champion du monde de boxe en catégorie poids lourds en 1908, Jack Johnson avait été condamné en vertu des lois racistes de l’Amérique ségregationniste.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 17h09
   





                        



   


Après une série d’attaques contre le New York Times, puis James Comey, et après les funérailles de Barbara Bush, c’est un tweet de Donald Trump qui n’est pas passé inaperçu, samedi 21 avril, il a écrit : 
« Sylvester Stallone [que le président apprécie] m’a appelé pour me parler de l’histoire du champion de boxe poids lourds Jack Johnson. Les épreuves et les tribulations qu’il a traversées sont incroyables, sa vie complexe et controversée. Au fil des années, d’autres se sont penchés sur cette question, la plupart pensaient que cela se ferait, mais oui, j’envisage un Pardon Complet ! »

Sylvester Stallone called me with the story of heavyweight boxing champion Jack Johnson. His trials and tribulation… https://t.co/kQCWb2UOpH— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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Premier Noir champion du monde en catégorie poids lourds
Jack Johnson (1878-1946) a été le premier Noir champion du monde de boxe en catégorie poids lourds. Le 4 juillet 1910 devant 25 000 spectateurs réunis à Reno, dans le Nevada, il écrase l’ancien champion James Jeffries. Un traumatisme pour l’Amérique blanche et ségrégationniste d’alors.
Pendant le combat, le public, majoritairement blanc, crie : « Tuez le nègre ! » Au bout de quinze reprises, pourtant, Jeffries, que les propagandistes de la suprématie blanche avaient fait sortir de sa retraite, doit s’avouer vaincu. A l’issue du combat, retransmis en direct par les téléscripteurs, dans plusieurs grandes villes telles que New York et Chicago, des groupes racistes s’attaquent à des Noirs, pris au hasard. Il y eut des dizaines de morts.

Jack Johnson était né en 1878 à Galveston, au Texas. Anciens esclaves, ses parents étaient libres mais extrêmement pauvres. Pour échapper à sa condition, Jack Johnson se lance dans la boxe. A cette époque, les Noirs pouvaient affronter des adversaires blancs dans toutes les catégories, sauf celle des poids lourds. Johnson brise ce tabou en 1908 et devient champion du monde.
Contexte de la ségrégation raciale
Mais cette victoire est contestée par les tenants de la suprématie blanche, qui poussent l’ancien champion James Jeffries, qui avait pris sa retraite et quarante kilos, à remonter sur le ring, lors du combat de Reno, en 1910. Les actualités filmées montrant la victoire incontestable de Johnson sont interdites dans certains Etats américains. L’idée que le nouveau champion du monde soit noir était insupportable à beaucoup.
Johnson aggrave son cas en épousant, en décembre 1912, Lucille Cameron, une femme blanche, ce qui était alors interdit par le Mann Act de 1910, loi qui criminalise le fait de transporter des femmes ou des jeunes filles d’un Etat à un autre « dans un quelconque but immoral » (any other immoral purpose) et permet aux autorités de poursuivre des célébrités jugées « dangereuses ».
Condamné à un an de prison, il quitte les Etats-Unis et arrive à Paris. Le 27 juin 1914, il se bat, au Vél’ d’Hiv’, contre Frank Moran un adversaire blanc venu de Pittsburgh, qu’il écrase. Mais la première guerre mondiale éclate quelques jours plus tard, et Johnson doit quitter l’Europe. Il perd son titre en 1915 à La Havane face à Jess Willard et préfère rentrer aux Etats-Unis purger sa peine, en 1920. Il meurt à 68 ans, le 10 juin 1946 dans un accident de la route.

Dans la culture populaire, la pièce de théâtre d’Howard Sackler, The Great White Hope (L’insurgé, en 1967), raconte sa carrière. Jack Johnson a inspiré Miles Davis qui enregistre l’album A Tribute to Jack Johnson en 1971. En 2004, le documentariste de Ken Burns réalise Jack Johnson. Le champion qui divisa l’Amérique (Unforgivable Blackness : The Rise and Fall avril Jack Johnson).
Contexte de l’enquête russe
Cette annonce intervient après que Donald Trump a accordé, vendredi 13 avril, une grâce présidentielle à Lewis « Scooter » Libby, ancien conseiller de la présidence George W. Bush condamné dans l’affaire Valerie Plame, une espionne de la CIA démasquée en pleine controverse sur l’intervention en Irak. Cette décision est dénoncée comme un message à ses proches impliqués dans l’enquête russe.
En vertu de l’article II, section II de la Constitution des Etats-Unis, « le président (…) aura le pouvoir d’accorder des sursis et des grâces pour crimes contre les Etats-Unis, sauf dans les cas d’impeachment ».
Mais le département de la justice n’accorde généralement pas de pardon posthume, parce qu’il préfère consacrer du temps aux cas de personnes en vie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Les dix jours de festivités musicales dans le désert californien se terminent ce dimanche.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ En 1988 paraissait « Le Livre de l’intranquillité », grand succès posthume de l’écrivain portugais. Sous le titre « Livre(s) de l’inquiétude », le revoici enrichi et retraduit.
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Raviver le chef-d’œuvre de Fernando Pessoa

En 1988 paraissait « Le Livre de l’intranquillité », grand succès posthume de l’écrivain portugais. Sous le titre « Livre(s) de l’inquiétude », le revoici enrichi et retraduit.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 09h00
    |

            Amaury da Cunha








                        



                                


                            
Livre(s) de l’inquiétude (Livro(s) do Desassossego), de Fernando Pessoa, édité par Teresa Rita Lopes, traduit du portugais par Marie-Hélène Piwnik, Christian Bourgois, 560 p., 27 €.

Quand Fernando Pessoa meurt, en 1935, à l’âge de 47 ans, il laisse derrière lui une malle noire appelée à devenir fameuse. A l’intérieur : 27 533 documents. L’inventaire ne sera fait qu’en 1968, et c’est en 1982 qu’une partie de ces textes épars, où il exprime son incompétence à vivre, seront publiés pour la première fois, au Portugal, sous le titre de ­Livro do Desassossego ; en 1988, sa traduction (par Françoise Laye) chez Christian Bourgois est intitulée Le Livre de l’intranquillité. Aujourd’hui, voici ce chef-d’œuvre de l’écrivain portugais dans une édition enrichie et une nouvelle traduction, sous un titre différent : ­Livre(s) de l’inquiétude.
Quand il s’y attelle, à Lisbonne, en 1913, le poète a 25 ans. Fils d’aristocrates désargentés, c’est un modeste employé de bureau. Solitaire, il fréquente les cafés de sa ville adorée, sirote jusqu’à l’excès de l’eau-de-vie et consacre le reste de son temps à l’écriture. Dans une lettre imaginaire de 1915 au poète américain Walt Whitman, on peut mesurer l’ampleur de son désir littéraire : « Je veux vivre libéré dans l’air. Je veux bouger hors de mon corps. (…) Je ne veux pas de verrou aux portes. »
« Pessoa « signifie « personne » ou « masque » en portugais
Son projet, grandiose et délirant : inventer des poètes à qui il prête des biographies et surtout des textes écrits dans un style propre à chacun. Ce sont ses hétéronymes, ou « personnalités littéraires ». En poète dramaturge, Pessoa met en scène la prose et la vie de ses créatures de papier. A travers eux, on retrouve un échantillon des tendances littéraires de l’époque : le symbolisme, le décadentisme, le futurisme… « Comment pouvoir vivre toutes les vies et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Pionnier du néoréalisme latino-américain et du « Cinema Novo », il a incarné pendant six décennies les mutations du cinéma face aux défis de la modernité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/04/2018
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Le cinéaste brésilien Nelson Pereira dos Santos est mort

Pionnier du néoréalisme latino-américain et du « Cinema Novo », il a incarné pendant six décennies les mutations du cinéma face aux défis de la modernité.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 07h07
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            
Pionnier du néoréalisme latino-américain et du « Cinema Novo » brésilien, premier réalisateur à entrer à l’Académie brésilienne, Nelson Pereira dos Santos est mort à Rio de Janeiro, le samedi 21 avril, à 89 ans. Pendant six décennies, il a incarné comme nul autre Brésilien les mutations du cinéma face aux défis de la modernité et de la contemporanéité.
Nelson Pereira dos Santos était né à Sao Paulo, le 22 octobre 1928. Il était fier de ses modestes origines. Le père, « Seu Santos », était un tailleur. Du côté maternel, la famille était originaire du Veneto (Italie).
Affinités avec la France
Après des études de droit, il aurait dû se former au Centre expérimental de la cinématographie, à Rome, comme tant de Latino-Américains attirés par les films italiens d’après-guerre. Mais il choisit plutôt Paris, où s’était exilé le romancier communiste Jorge Amado. Faute d’entrer à l’IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques), il fait ses classes à la Cinémathèque française. Les affinités avec la France ne se démentiront plus.
De retour au pays, il constate l’effondrement des grands studios Vera Cruz, à Sao Paulo, et critique le modèle industriel. Dans la presse communiste, il plaide pour une thématique brésilienne et des personnages populaires.
C’est à Rio de Janeiro, alors capitale du Brésil, qu’il met en pratique ses idées : Rio 40° (1955) est la découverte d’une nouvelle géographie humaine, filmée dans les rues et les « favelas » (bidonvilles), comme on ne les avait jamais vues encore sur un grand écran. Le retentissement est considérable, d’autant qu’une tentative de censure en fait l’objet d’une campagne de défense menée par l’Union nationale des étudiants (UNE).
La séduction et l’enthousiasme
Nelson Pereira dos Santos réinvente le cinéma brésilien. Communistes et catholiques communiaient alors dans la même foi dans les vertus du néoréalisme, qui leur semblait l’option pour renouveler à la fois l’expression et le mode...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ La série espagnole diffusée sur Netflix s’empare du thème du braquage pour en faire une utopie sociale, explique le chercheur Pierre Sérisier.
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« La Casa de papel », une incitation à la rébellion ?

La série espagnole diffusée sur Netflix s’empare du thème du braquage pour en faire une utopie sociale, explique le chercheur Pierre Sérisier.



Le Monde
 |    22.04.2018 à 06h30
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            
Pierre Sérisier, enseignant à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, est l’auteur du blog « Le Monde des séries ».
Vous avez qualifié la série télévisée espagnole « La Casa de papel », d’Alex Pina, diffusée sur la plate-forme Netflix depuis décembre 2017, d’allégorie de la rébellion. Comment cela se manifeste-t-il, sur la forme et sur le fond ?
Le thème de la rébellion structure le scénario. Huit braqueurs s’enferment avec soixante-sept otages dans la Maison de la monnaie et du timbre, à Madrid, pour imprimer leur propre monnaie. Le personnage du « Professeur », cerveau du braquage qui, pendant cinq mois, forme ses coéquipiers à ce « casse du siècle », donne ses motivations : remettre en cause le fonctionnement du système économique et financier.
Cette contestation très nette est inscrite au cœur des dialogues comme à travers de nombreux détails : l’utilisation récurrente de la chanson révolutionnaire italienne Bella Ciao, les tenues portées par les braqueurs rappelant celles des prisonniers de Guantanamo, ou leurs masques évoquant ceux des Anonymous ainsi que le visage de Salvador Dali, briseur de codes par excellence. Formellement, la construction du scénario procède elle aussi d’une rupture. Toutes les fictions de braquage obéissent à certaines normes, prenant la forme d’une lutte contre le temps. Ici, l’idée de départ est révolutionnaire : le braquage doit durer le plus longtemps possible, chaque minute gagnée permettant un tour de plus de la planche à billets.

De nombreuses histoires humaines et d’amour se tissent et n’épargnent aucun personnage, rapprochant la série du soap opera. Est-ce une concession au genre ou un choix signifiant sur le plan des idées ?
Ce dispositif narratif soutient la réflexion politique de la série. Une fois enfermés dans la Maison de la monnaie et du timbre, les personnages n’ont rien d’autre à faire que d’attendre que les rotatives tournent....




                        

                        


<article-nb="2018/04/22/18-8">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Notre choix du soir. Co-produite par la BBC, la série documentaire de James Honeyborne et Mark Brownlow est proprement « bluffante » (sur France 2 à 20 h 55).
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TV – « Planète bleue, Voyage au cœur des océans »

Notre choix du soir. Co-produite par la BBC, la série documentaire de James Honeyborne et Mark Brownlow est proprement « bluffante » (sur France 2 à 20 h 55).



Le Monde
 |    21.04.2018 à 18h00
    |

                            Camille Langlade








                        


Documentaire sur France 2 à 20 h 55

Après avoir sondé les ­secrets du monde marin dans Planète bleue (2001), la BBC propose une nouvelle série documentaire. Coproduite avec plusieurs chaînes étrangères, dont France Télévisions, cette suite, composée de sept épisodes, sera diffusée en deux parties.
Près de quatre ans de production à travers trente-neuf pays ont été nécessaires à la réalisation de cette odyssée au cœur des océans et de leurs rivages. Le résultat est bluffant. On plonge volontiers dans les entrailles de cette planète bleue, à la rencontre de ses habitants et de ses curiosités.
Se nourrir, se reproduire et survivre. Appuyée par un socle de données scientifiques, Planète bleue révèle le quotidien des animaux marins, à la surface de l’eau comme dans les abysses. Théâtre de tous les dangers, la vie aquatique illustre parfaitement la notion de chaîne alimentaire, où chaque prédateur se fait proie. Une famille de poissons-clowns à la recherche d’un cocon familial, des hordes de mérous se reproduisant au péril de leur vie ou encore de jeunes sternes prenant leur envol : on assiste à une véritable épopée, faite de combats, de délivrances, d’allégresse et de moments de poésie. Le film varie habilement les registres, de la saynète comique aux épilogues tragiques ou inattendus, comme lorsqu’on découvre que certains poissons – en l’occurrence les labres à tête de mouton femelles – se transforment, après un certain âge, en mâles.
Dans Planète bleue, les animaux constituent des personnages à part entière. Des héros dont les ­caméras se sont approchées au plus près, pour capter leurs mouvements, mais aussi leurs émotions. En témoigne notamment une scène de chasse filmée à dos d’orque. Les dernières innovations en matière de techno­logie et de plongée ont en effet permis aux équipes du film de tourner des scènes inédites, en allant toujours plus profond, plus longtemps et le plus discrètement possible.

Mais les animaux et autres crustacés n’ont pas le monopole du grand bleu. Les forces de la nature, les marées et les vagues, restent de véritables architectes marins, qui sculptent le littoral. Rien d’étonnant quand on sait que lorsqu’elles se brisent sur les ­côtes, au large du Portugal, certaines vagues dégagent une puissance phénoménale
Le documentaire alterne dramatisation et contemplation. Mention spéciale pour le ballet aquatique des raies Mobula, au large de la mer de Cortez, au nord du Mexique, qui, après avoir sauté au-dessus de l’eau, s’élancent à la poursuite de planctons phosphorescents, dans une séquence magique. Toutes ces ­tranches de vie sont commentées avec saveur par le comédien François Morel. Une place importante est aussi donnée aux bruitages, qui viennent s’ajouter à des partitions orchestrales ­omniprésentes.
Performances visuelles
Si les transitions sont parfois laborieuses – conséquence, sans doute, du redécoupage des épisodes –, l’ensemble reste captivant. Destiné aux petits comme aux grands, le film n’en oublie pas la problématique du réchauffement climatique, abordée dans une ultime séquence. Un ennemi tacite aux répercussions tragiques, qui vient s’immiscer dans cette vie sauvage vide d’homme. Riche en performances visuelles plus qu’en démonstrations scientifiques, ce spectacle ravira autant les amateurs de documentaire animalier que les ­néophytes.
Planète bleue, Voyage au cœur des océans, de James Honeyborne et Mark Brownlow, 1/2 (GB, 2018, 90 min). Suivi du « making of ». La seconde partie sera diffusée le samedi 28 avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte les expérimentations du château, racheté par 25 000 personnes à travers une plate-forme de crowdfunding.
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« Au château de la Mothe-Chandeniers, un nouveau modèle économique pour les monuments menacés »

Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », raconte les expérimentations du château, racheté par 25 000 personnes à travers une plate-forme de crowdfunding.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h53
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. Chargé par le président de la République d’une mission d’identification du patrimoine en péril et de recherche de nouvelles solutions économiques pour sa sauvegarde, Stéphane Bern connaît bien le cas du château de la Mothe-Chandeniers, même s’il n’y a jamais mis les pieds. L’animateur de radio et de télévision fait partie des 25 000 personnes ayant acquis cette bâtisse en ruine du nord de la Vienne, mise en vente collectivement, fin 2017, par une plate-forme de crowdfunding spécialisée dans le patrimoine culturel, Dartagnans.

La collecte avait alors enflammé le secteur du financement participatif : 1,617 million d’euros avaient été réunis en 80 jours pour le rachat du château à son propriétaire, un ancien enseignant qui en demandait 500 000. Une dépêche de l’AFP, reprise par de nombreux médias dans le monde, participa largement au succès de l’opération : des contributeurs originaires de 115 pays devinrent ainsi copropriétaires, moyennant 50 euros, de cet édifice aux murs dévorés par une végétation envahissante. Qui sait si Stéphane Bern, qui a lancé le projet d’un Loto du patrimoine (censé rapporter entre 15 et 20 millions d’euros, en septembre), ne trouvera pas dans le sauvetage du château de la Mothe-Chandeniers une idée à copier : celle d’un nouveau modèle économique pour les monuments menacés par le chiendent.
Pour l’heure, on s’active sur place. Fermée au public depuis des décennies, la forteresse devrait accueillir ses premiers visiteurs en juin. Ce week-end, une trentaine de coactionnaires seront sur le pont pour installer un grillage autour du parc, dans le cadre d’un des nombreux chantiers participatifs qui se succéderont pendant les prochaines années. Une phase de travaux de « cristallisation », destinée à empêcher la structure de s’affaisser plus encore, devrait prochainement commencer. Son coût : 5 millions d’euros. Remettre le château dans son état originel reviendrait entre 70 et 100 millions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Polyvalente et irrévérente, joueuse et partageuse, la jeune scène belge est l’attraction de la 42e édition du festival berruyer, d’Angèle à Damso, d’Hamza à JeanJass & Caballero.
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Les Diables rouges défient le Printemps de Bourges

Polyvalente et irrévérente, joueuse et partageuse, la jeune scène belge est l’attraction de la 42e édition du festival berruyer, d’Angèle à Damso, d’Hamza à JeanJass & Caballero.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
22.04.2018 à 16h20
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Dans une autre vie, Henri était chauffeur de bus. A 82 ans, le voilà chauffeur de salle : « Allez gégèèèèle ! » Quand il ne donne pas de la voix, Henri joue des mains : voyez-le filmant, smartphone en pogne, les prouesses vocales d’Angèle Van Laeken, sa petite-fille, sinon de sang, du moins de cœur. A son bras, sa femme épousée en secondes noces, Cornélie – Nelly pour les intimes ; Angèle, elle, l’appelle « mamie Pilou ». En « septante-neuf ans d’existence », comme elle dit avec son accent made in Molenbeek, l’étalagiste retraitée est restée fidèle à ce quartier populaire de la capitale belge. Alors, si Henri et Cornélie ont bravé, en ce 17 avril, la trentaine de kilomètres qui séparent Bruxelles de Louvain-la-Neuve, une ville universitaire de périphérie, c’est que le jeu en vaut la chandelle : ce soir, c’est soir de premières.
Première fois qu’Angèle présente en Belgique le tour de chant qu’elle donnera, le 26 avril, au palais d’Auron, l’une des scènes principales du Printemps de Bourges. Première fois, surtout, qu’Henri et Cornélie se rendent à un « vrai » spectacle de celle qui, de mémoire de mamie, a toujours chanté, « même quand elle était haute comme trois pommes ». Depuis, la gamine a grandi. Jusqu’à rassembler, du haut de ses 22 ans et sur la foi de deux hits (La Loi de Murphy et Je veux tes yeux), plusieurs centaines d’ados dans une grosse grange incongrue, La Ferme du Biéreau, dont les boiseries jurent avec l’architecture impersonnelle de Louvain-la-Neuve.

De fait, papy et mamie ne sont pas les seuls anciens à se trémousser dans la salle ; Marka et Laurence, alias papa et maman, vibrionnent à leurs côtés. Lui aussi est chanteur ; elle, humoriste. Dans la famille Van Laeken, ne manque que le frérot-rappeur, Roméo Elvis, 25 ans au compteur : « Il est sur la route, d’ailleurs sa tournée passera par La Ferme dans moins d’un mois !, plastronne papa Marka....




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 20/04/2018
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Ecologie, politique et gastronomie : des replays pour tous les goûts

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions et de podcasts à savourer en différé.



Le Monde
 |    21.04.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 07h16
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Harrassé par la chaleur ? Fermez les volets et offrez-vous une pause au calme avec trois documentaires, une série et un podcast à voir ou écouter quand vous voulez.
La Méditerranée au bord de l’asphyxie

La Méditerranée était appelée par les anciens « Mare nostrum », c’est-à-dire « notre mer » en latin. Qu’en est-il de ce bien commun ?
A en juger au titre et au propos, très analysé, de l’excellent documentaire d’Alexis Marrant, elle n’en a pas pour très longtemps : paquebots de croisière hauts comme des immeubles (deux fois plus nombreux qu’il y a dix ans) qui font monter, à leur approche du port, les particules nocives dix fois plus haut que le seuil toléré ; pollutions diverses affectant gravement la santé des hommes et des cultures côtières ; constructions et bétonnages qui défigurent les côtes, etc. Tout cela mène cette mer au bord de l’asphyxie.
Traquant les malversations de certains pouvoirs politiques et financiers, montrant en quoi le tourisme de masse au faible pouvoir d’achat ne profite pas à l’économie de certains pays ayant construit des ports d’accueil, ce récit laisse pantois et dégoûté de l’absolu cynisme avec lequel ce bien commun est maltraité par son pire ennemi : l’homme. Renaud Machart
« La Méditerranée va-t-elle passer l’été ? », d’Alexis Marrant (France, 2017, 91 minutes) Arte + 7 jusqu’au 15 juin et sur YouTube. Prochaine diffusion sur Arte : mercredi 16 mai à 9 h 25.
Marine Le Pen, impair et passe



Après la débâcle de François Fillon, Bruce Toussaint a choisi de se pencher sur le parcours de Marine Le Pen pour ce deuxième numéro de « C’était écrit ». Plus précisément, il s’attache à retracer les dix derniers jours de campagne de la présidente du Front national (FN) et à en décrypter « la mécanique cachée », par un utile jeu de retours en arrière.
De sa victoire en demi-teinte, le 23 avril, à sa défaite le 7 mai, de ses multiples coups de barre à gauche puis à droite, les différentes étapes de cette déroute sont scandées et commentées par les principaux protagonistes. A commencer par celui dont l’ombre, n’aura cessé de planer – sinon de hanter – le parcours politique de la candidate : Jean-Marie Le Pen.
A travers ce nœud filial qui double le récit pour mieux l’éclairer, Bruce Toussaint analyse, entre autres, la tentative de dédiabolisation du parti qui a conduit à l’exclusion de son fondateur, mais aussi la relation quasi fusionnelle avec Florian Philippot. Relation qui s’achèvera par une défaite, dont tous ici – ou presque –, entre fiel, rancœur et amertume, reconnaissent leur responsabilité. Christine Rousseau
« C’était écrit : les dix derniers jours de Marine Le Pen », de Bruce Toussaint et Yannick Adam de Villiers (France, 2018, 90 minutes). Sur France.tv jusqu’au 22 avril.
Prostitution en mode « mineure »



Après s’être penché sur le rejet du sexe féminin en Asie dans La Malédiction de naître fille (2006, avec Manon Loizeau) puis aux drogués du sexe dans Sex Addicts (2015, avec Florence Sandis), Alexis Marant s’intéresse à un sujet ­tabou mais bien réel : la prostitution des mineures françaises. Celles-ci seraient toujours plus nombreuses à marchander leur corps, sans avoir conscience de leurs ­actes. Des femmes-enfants qui ­finissent par fuguer ou faire des ­allers-retours entre leur chambre d’enfant et celle d’un hôtel.
Le documentaire retrace l’histoire de plusieurs adolescentes. A travers elles, le réalisateur Marant filme aussi la ­détresse de parents désemparés mais tenaces, essayant de faire face à l’inertie des services de ­police en menant eux-mêmes l’enquête pour retrouver leur enfant.
Si ce film soulève des questions, il n’apporte pas véritablement de réponse. La solution miracle n’existe pas, et les éducateurs semblent être dans une ­impasse. Reste qu’en suivant le parcours de ces adolescentes mais aussi en donnant la parole aux différents acteurs (policiers, éducateurs, parents) Jeunesse à vendre a le mérite d’alerter sur l’ampleur de ce phénomène. Camille Langlade
« Jeunesse à vendre », d’Alexis Marant (France, 2017, 70 minutes). Sur France.tv jusqu’au 25 avril.
Tour du monde en haute gastronomie

La série culinaire très sophistiquée et avant-gardiste de Netflix en est à sa cinquième saison (si l’on compte la quatrième, dévolue aux pâtissiers, et un numéro exclusivement français). Elle continue de faire le portrait de chefs de cuisine parmi les plus singuliers de la planète.
On conseillera, au sein des six documentaires qui constituent la saison 3 de Chef’s Table, celui dévolu à Jeong Kwan, cuisinière révérée par les plus grands, mais qui ne sort que rarement de son pays, la Corée du Sud, et de son monastère bouddhiste, où elle prépare les repas depuis des lustres. La voir organiser ses assemblages végétaliens (ni viande, ni poisson, ni dérivés) est une expérience d’un esthétisme d’autant plus fort qu’il tient surtout à la justesse du geste. R. Ma
« Chef’s Table », saison 3, série documentaire créée par David Gelb (Etats-Unis, 2017, 6 x 54 minutes) Netflix à la demande.
« Que sont-ils devenus ? » : suivi scolaire

   


Entre 2001 et 2006, Delphine Selton, professeur de français dans un collège classé ZEP près de Meaux, a tenu son Journal d’une jeune prof, diffusé sur Arte radio. Malgré les difficultés et les frustrations, elle y témoignait de sa passion pour un métier qu’elle considérait comme une « mission ». Quinze ans après cette expérience, elle s’est mise en quête de retrouver ses élèves pour découvrir ce qu’ils étaient devenus.
Au fil de cette série documentaire, la jeune femme, confronte les contradictions entre les voix de ces enfants et leurs récits d’adulte. Elle découvre le destin gâché d’Abdelkader, un « cancre attendrissant » qui a basculé en petit revendeur de drogue. Mais aussi la surprenante métamorphose d’Ange, un caïd qui s’est révélé être, dix ans plus, tard un salarié modèle.
L’ex-prof devenue documentariste analyse avec finesse et sensibilité les échecs et les réussites de ces parcours. Elle mesure aussi, a posteriori et avec intelligence, les limites de l’école dans la réalisation de chacun de ces destins. Antoine Laurent
« Que sont-ils devenus ? », série documentaire de Delphine Saltel (4 x 25 minutes). Sur Arteradio.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ La mort du musicien, âgé de 28 ans, dont le titre « Wake me up » connut un succès mondial, suscite une vive émotion dans le royaume
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La Suède pleure le DJ Avicii

La mort du musicien, âgé de 28 ans, dont le titre « Wake me up » connut un succès mondial, suscite une vive émotion dans le royaume



Le Monde
 |    21.04.2018 à 02h09
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 18h27
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


La nouvelle est tombée en début de soirée, vendredi 20 avril, faisant l’effet d’une bombe en Suède. Tim « Avicii » Bergling est mort. Son corps a été découvert sans vie à Mascate, capitale du sultanat d’Oman, a annoncé son agent, sans préciser les causes du décès. A 28 ans, il n’était pas seulement, comme le rappellent les médias nationaux, « un des plus grands producteurs de musique et artistes que la Suède ait engendrés ». Il était aussi le symbole d’un succès étonnant : celui de l’industrie musicale d’un pays de seulement 10 millions d’habitants, qui est parvenu, ces dernières décennies, à s’imposer sur la scène internationale, avec des artistes comme la chanteuse Zara Larsson ou le faiseur de tubes Max Martin.
Avicii avait notamment animé, en 2015, la fête de mariage du prince Carl Philip et de sa femme, la princesse Sofia
Il avait aussi travaillé avec Madonna, qui a posté ce commentaire sur Instagram : « Tellement triste… Tellement tragique. » David Guetta, qui avait collaboré avec lui en 2012, a publié sur son compte Twitter une photo de lui avec Avicii accompagnée de ce commentaire : « Merci pour tes belles mélodies et pour le temps que nous avons partagé au studio, à jouer ensemble en tant que DJ, ou simplement en savourant la vie en tant qu’amis. »
C’est autant au talent du jeune homme qu’au rôle qu’il a joué pour le rayonnement du royaume que les Suédois rendaient hommage, vendredi. Sur Instagram, le premier ministre, Stefan Löfven, salue la mémoire d’« un des plus grands artistes contemporains qu’ait connus la Suède ». Le leadeur de l’opposition, Ulf Kristersson, évoque, lui, « un des plus grands succès musicaux » du pays. Tim Bergling, rappelle-t-il, « appartient à ce groupe important qui a placé la Suède sur la carte musicale internationale ».
Même la famille royale a réagi, par le biais du prince Carl Philip et de sa femme, la princesse Sofia. Avicii avait animé la fête de leur mariage en 2015. « Nous sommes reconnaissants d’avoir pu apprendre à le connaître comme artiste et comme la belle personne qu’il était », écrit le couple. Le fondateur d’Abba, Björn Ulvaeus, regrette, lui, la disparition d’un artiste « très talentueux ».
Salles combles
En février 2014, Wake Me Up, le tube du DJ, avait battu tous les records sur le service de streaming musical suédois Spotify, en devenant le titre le plus écouté, avec plus de 200 millions d’écoute en ligne. Le patron de la plate-forme, Daniel Ek, écrit sur Twitter : « Les mots ne peuvent exprimer la tristesse que je ressens en apprenant qu’Avicii nous a quittés bien trop tôt. Je suis reconnaissant pour le peu de temps que nous t’avons eu sur Terre. » Spotify proposait d’ailleurs, vendredi soir, une playlist « This is Avicii », regroupant 49 chansons de l’artiste, qui totalisait plus de 230 000 abonnés vers 23 heures.

        Lire aussi :
         

                Mort du DJ Avicii : cinq titres qui ont marqué sa carrière



En Suède, la nouvelle de sa mort a dominé tous les sites d’information pendant la soirée. « C’est complètement choquant, mais son héritage va se répercuter sur l’histoire de la musique pendant longtemps », constate le quotidien Svenska Dagbladet. La journaliste Annah Björk se souvient d’un soir de mars 2012 : « Quelqu’un du nom d’Avicii avait fait salle comble à Globen [la plus grande scène suédoise]. Pas une fois, ni deux, mais trois soirs de suite. En principe, personne de plus de 30 ans n’avait entendu parler de lui et tout d’un coup, il était le plus grand artiste du pays. »
La journaliste se rappelle avoir évoqué les Beatles dans l’article qu’elle a ensuite rédigé : « Je faisais allusion au chaos qu’il créait, à l’incompréhension totale qu’il semblait susciter chez les adultes, ceux qui n’acceptaient pas le fait qu’une seule personne, qui appuyait sur des boutons sur son ordinateur, pouvait attirer un public énorme dans le monde entier. » Six ans plus tard, la comparaison tient toujours : « Il a créé un style musical qui a changé le monde autour de lui », écrit-elle.
Star sous pression
Le quotidien Dagens Nyheter évoque, pour sa part, les disparitions de Kurt Cobain, en 1994, et d’Amy Winehouse, en 2011. « Un froid glacial, particulièrement brutal et anxiogène, s’abat quand la mort emporte de jeunes gens », note le journal. Avant de rappeler que si Avicii était « un artiste avant-gardiste », il était aussi « un business », ce qui lui a valu des critiques, à lui et à son manager, Arash « Ash » Pournouri, dont le rôle a été essentiel dans la création du phénomène. Le magazine Forbes avait calculé qu’il était devenu l’un des DJ les mieux payés au monde, avec des revenus estimés à 28 millions de dollars pour la seule année 2014.
Les journaux suédois évoquent aussi les démons de l’artiste, révélés dans le documentaire Avicii : True Stories, de Levan Tsikurishvili. Tim Bergling se confiait sur ses angoisses, son état de santé qui se dégradait. Il souffrait d’une pancréatite, avait dû annuler des concerts et subir une opération.
La pression était énorme pour un jeune homme considéré comme « le David Guetta suédois », qui ne semblait jamais complètement à son aise dans son rôle de superstar. Rien qu’en 2011, il avait totalisé 300 concerts. Cinq ans plus tard, au sommet de sa gloire, il annonçait sa décision de renoncer à la scène, pour se consacrer uniquement à la production de musique.
Plusieurs critiques encouragent à réécouter les titres de l’artiste. « De nombreuses personnes plus âgées ont encore un trésor de chansons à découvrir, si elles renoncent à l’image d’un Avicii dont l’œuvre n’était destinée qu’aux ados fêtards, commente le quotidien Sydsvenskan. Malheureusement, ce n’est peut-être que maintenant qu’elles vont enfin donner une chance aux mélodies de ce compagnon de Garbo de 28 ans. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Retour sur la carrière d’Avicii, célèbre DJ et producteur suédois, mort à 28 ans vendredi.
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Mort du DJ Avicii : cinq titres qui ont marqué sa carrière

Retour sur la carrière d’Avicii, célèbre DJ et producteur suédois, mort à 28 ans vendredi.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 22h05
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 18h27
   





                        


DJ depuis ses 16 ans, Avicii était un monstre de travail et un pionnier de la scène Electronic Dance Music (EDM). Ce mouvement, qui désigne la fraction commerciale de la scène électronique, est connu pour avoir fait sortir cette musique des clubs fermés pour se produire dans des festivals en plein air.
Sélection, forcément subjective, des plus grands titres du DJ suédois, mort à 28 ans vendredi 20 avril.
Le titre qui l’a fait connaître dans les clubs : « Levels » (2011)



Le titre qui l’a révélé au grand public : « Wake Me up » (duo avec Aloe Blacc, 2013)



Un titre qui célèbre sa renaissance, après avoir annulé des concerts à cause de sa pancréatite aiguë : « Feeling Good » (duo avec Audra Mae, 2015)



Son dernier tube : « Lonely Together » (avec Rita Ora, 2017)



Et aussi :
L’un des titres qui lui a fait prendre conscience des dangers de la culture de la fête (« Mike Posner, I Took a Pill in Ibiza », 2015)



Dans I Took a Pill in Ibiza, son ami le chanteur Mike Posner déclare : « I took a pill in Ibiza, to show Avicii I was cool and when I finally got sober, felt ten years older. » (« J’ai pris un cachet [de drogue] à Ibiza, pour montrer à Avicii  que j’étais cool, et quand je suis enfin redevenu sobre, je me sentais plus vieux de dix ans. »)
Ces paroles ont participé à la prise de conscience d’Avicii du caractère parfois dangereux de la fête, comme il le racontait à Rolling Stone en septembre 2017 :
« Mike est un bon ami, donc je l’ai pris comme un honneur. Et je suis d’accord avec lui : les fêtes peuvent être géniales, mais c’est très facile de devenir accro à la fête dans des endroits comme Ibiza. Tu deviens esseulé et anxieux. Ça en devient toxique. »
La bande-annonce du documentaire de Levan Tsikurishvil sur le DJ suédois, « Avicii : True Stories » (2017)






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’artiste avait connu un succès mondial avec son titre « Wake Me Up » en 2013. Son corps a été retrouvé à Mascate, la capitale du sultanat d’Oman.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/04/2018
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Avicii, célèbre DJ et producteur suédois, est mort à 28 ans

L’artiste avait connu un succès mondial avec son titre « Wake Me Up » en 2013. Son corps a été retrouvé à Mascate, la capitale du sultanat d’Oman.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 19h59
 • Mis à jour le
21.04.2018 à 18h27
   





                        



   


Le Suédois Avicii, de son vrai nom Tim Bergling, un des DJ les plus célèbres de la scène musicale électronique, est mort vendredi 20 avril. Son corps a été retrouvé à Mascate, la capitale du sultanat d’Oman, a annoncé son agente, Diana Baron, dans un communiqué, qui précise : « Sa famille est dévastée et nous demandons à tous de respecter leur besoin de vie privée en cette période difficile. »
Le corps d’Avicii a été autopsié deux fois et les enquêteurs ont écarté toute piste criminelle, a déclaré, samedi 21 avril, une source au sein de la police omanaise. La police de ce pays du Golfe a « toutes les informations sur la mort » du DJ de 28 ans, mais « refuse de les rendre publiques pour des raisons de confidentialité » à la demande de la famille, a poursuivi cette source.
Avicii avait connu un succès mondial lors de la sortie de son titre Wake Me Up en 2013.

Un pionnier de l’Electronic Dance Music
Avicii était un pionnier de la scène Electronic Dance Music (EDM), un mouvement qui désigne la fraction commerciale de la scène électronique, qui est sortie des clubs fermés pour se produire dans des festivals en plein air. Son nom de scène venait du mot sanskrit désignant un des cercles de l’enfer bouddhiste, auquel il a rajouté un « i » pour des raisons stylistiques.
Il a collaboré avec des artistes d’horizons différents, comme Madonna, Coldplay ou David Guetta, et s’est hissé à deux reprises à la troisième place du classement des meilleurs DJ du monde, en 2012 et 2013, selon DJ Magazine, la référence en la matière.

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          Retour sur cinq titres qui ont marqué la carrière d’Avicii



Signe de son succès commercial, Avicii a d’ailleurs reçu deux MTV Music Awards, un Billboard Music Award et il avait été nominé deux fois aux Grammy. Il était l’une des stars de l’électro les mieux payées pendant des années : jusqu’à 15 millions de dollars (12,2 millions d’euros) en 2016, selon le magazine Forbes.
Sa mort survient quelques jours après sa nomination aux Billboard Music Award pour le meilleur album de musique électronique/dance de l’année, pour son dernier opus Avicii (01).
Il souffrait de problèmes de santé depuis 2014
Avicii avait été atteint dans le passé d’une pancréatite aiguë, notamment due à une consommation excessive d’alcool et de boissons énergisantes. Après s’être fait retirer la vésicule biliaire et l’appendice en 2014, il avait dû annuler une série de concerts pour récupérer.

   


« Ma vie a été un voyage complètement fou. J’ai commencé à composer quand j’avais 16 ans. J’ai commencé à faire des tournées quand j’avais 18 ans. A partir de ce moment-là, j’ai juste sauté dedans à 100 % », affirmait-il dans une interview à Billboard en 2016.
Il y a deux ans, il avait surpris ses fans en annonçant sa retraite : « J’ai décidé que cette tournée 2016 serait la dernière et que ça serait mes derniers spectacles », avait-il écrit en justifiant cette décision par l’envie de faire « plus [de choses] de sa vie ».
De nombreux musiciens lui rendent hommage
Dès l’annonce de sa mort, vendredi soir, les réactions de fans mais aussi de célébrités se sont multipliées sur les réseaux sociaux. « Tellement triste… Tellement tragique », a commenté Madonna sur Instagram.
« Le monde a perdu un musicien incroyablement talentueux », a réagi la star française David Guetta, qui a publié sur son compte Twitter une photo de lui avec Avicii. « Merci pour tes belles mélodies et pour le temps que nous avons partagé au studio, à jouer ensemble en tant que DJ, ou simplement en savourant la vie en tant qu’amis. »

Something really horrible happened. We lost a friend with such a beautiful heart and the world lost an incredibly t… https://t.co/etdJHQY897— davidguetta (@David Guetta)


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Le musicien suédois était « une âme belle, passionnée et extrêmement talentueuse, qui avait encore tant de choses à faire », lui a rendu hommage le Britannique Calvin Harris, le DJ le mieux payé du monde l’an dernier selon Forbes.
Charlie Puth, autre grand nom de la pop, a réagi en rendant hommage à « l’homme qui [lui] a ouvert les yeux sur ce à quoi la production de musique pourrait un jour ressembler ». « Avicii était un génie et un innovateur dans le monde de la musique. Je n’arrive pas à croire qu’il ne soit plus avec nous. RIP au tout meilleur », a-t-il écrit sur Twitter.
Deadmau5, un autre DJ de renom qui s’était moqué de la retraite précoce d’Avicii, a présenté sur le réseau social « ses condoléances les plus sincères ». « Toute moquerie mise de côté, personne ne peut nier ce qu’il a apporté à la dance, et je suis très fier de lui », a-t-il ajouté, en regrettant ne plus pouvoir « s’en prendre à lui bien après leurs 60 ans ».

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Le fondateur de Spotify, le suédois Daniel Ek, a également réagi sur Twitter : « Les mots ne suffisent pas pour exprimer la tristesse que j’ai ressentie lorsque j’ai appris qu’Avicii nous avait quittés bien trop tôt. Je suis reconnaissant pour la petite période pendant laquelle nous t’avons eu sur Terre. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Immersion, en images, au sein de la très sélective Ecole supérieure des arts du cirque (ESAC) de Bruxelles, où les étudiants français sont bien représentés.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ A écouter cette semaine : le pianiste Piotr Anderszweski avec le Quatuor Belcea, des chansons sans paroles, une voix sénégalaise remarquable…
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Sélection albums : Dimitri Chostakovitch, Ellinoa, Cheikh Lô…

A écouter cette semaine : le pianiste Piotr Anderszweski avec le Quatuor Belcea, des chansons sans paroles, une voix sénégalaise remarquable…



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h47
   





                        


Dimitri Chostakovitch Quintette pour piano. Quatuor à cordes n° 3 Piotr Anderszewski (piano), Quatuor Belcea

   


Adepte de la distorsion des repères, Dimitri Chostakovitch (1906-1975) est aujourd’hui souvent cité en modèle par les jeunes compositeurs qui se détournent des voies novatrices. Sa musique a, en effet, de quoi fasciner lorsqu’elle parvient à s’inscrire hors du temps avec la maestria du Quintette pour piano (1940). Chaque registre expressif y est investi jusqu’à la saturation. A l’instar de cette fugue qui répand la désolation de manière inéluctable. Une démonstration du fataliste « c’était écrit », que le Quatuor Belcea (cordes sensibles, archets incisifs) et Piotr Anderszweski (piano doté d’un poids de balancier et d’une mouvance de sonde) réalisent à la perfection, tout comme le parcours de cette partition qui se referme sur un sourire aussi mystérieux que celui de La Joconde. Plus imagé, le Quatuor n° 3 (1946) évoque la fantasmagorie d’un Jérôme Bosch qui aurait connu la seconde guerre mondiale. Pierre Gervasoni
1 CD Alpha Classics/Outhere Music.
Ellinoa Wanderlust

   


Chanteuse et compositrice, Ellinoa a choisi huit mots de différentes langues (japonais, inuit, anglais…), en titres d’autant de pièces instrumentales dans son premier album Wanderlust. Des mots inspirations à ses superbes compositions, comme une alliance du jazz et de la musique de chambre, interprétées par le Wanderlust Orchestra. La nature et l’amour en sont deux des thèmes principaux. Une promenade en forêt avec Waldeinsamkeit, le reflet de la lune sur l’eau dans Mangata, l’impatience en attente de la venue de quelqu’un qu’évoque le tourbillonnant Iktsuarpok… Déliée, précise, envoûtante, la voix d’Ellinoa est, dans ses chansons sans paroles, l’un des instruments de la formation, qui comprend un quartette à cordes, une petite section de vents (flûte, hautbois, saxophones, trombone) et une section rythmique toute de fluidité et légèreté swing. Quatre interludes, variations sur un motif mélodique, complètent ce remarquable premier album, qui révèle une grande qualité d’écriture autant que d’exécution. Sylvain Siclier
1 CD Music Box/Inouïe Distribution. www.wanderlustorchestra.net
Cheikh Lô Né la Thiass

   


Réédité à partir des masters de la cassette originale parue en 1995, cet enregistrement de Cheikh Lô, sorti l’année suivante en CD pour le marché international, révélait une voix sénégalaise remarquable, une vision feutrée et aérée du mbalax, le rythme emblématique du Sénégal que Youssou N’Dour a propulsé à travers le monde. La star sénégalaise avait produit ce premier album de Cheikh Lô dans ses studios Xippi à Dakar. Il y avait prêté sa voix et permis la reprise de l’un de ses plus grands succès, Set, dont Cheikh Lô s’est emparé avec maestria. Les compositions du jeune chanteur, créées avec l’arrangeur et guitariste Omar Sow, dans lesquelles dansent les tambours sabar et tama du Sénégal, résonnent d’influences latines. Une veine dans laquelle il poursuivra dans ses enregistrements suivants, reprenant notamment El Carretero, une guajira du chanteur et guitariste cubain Guillermo Portabales. Patrick Labesse
1 disque vinyle World Circuit/PIAS (parution pour le Disquaire Day, le CD suivra le 11 mai).
Michael Barenboim 6 Capricci, de Sciarrino. Sonate pour violon en sol mineur « Les Trilles du Diable », de Tartini. Sequenza VIII, de Berio. Caprices op. 1 n° 1, 2, 3, 4, 5 et 6, de Paganini Michael Barenboim (violon)

   


Comme son premier album en 2017 (Bach, Bartok, Boulez), le violoniste Michael Barenboim consacre son second disque au répertoire pour violon seul. Un exercice exigeant de la musique digne de son père, Daniel Barenboim, dont il est le rejeton très doué. On ne savait pas le répertoire italien si naturellement sensuel sous les doigts du jeune musicien, qui mêle avec une manière d’élégante évidence partitions contemporaines et répertoire virtuose, entre expressivité et exubérance, rigueur et précision. Il faut entendre avec quelle maîtrise d’archet et inventivité sonore le violoniste rend les diaprures quasi immatérielles de Sciarrino, préparant en quelque sorte la fantastique injonction des fameux Trilles du Diable de Tartini débarrassés ici de la morgue léguée par le violon de Fritz Kreisler. Souplesse, fantaisie et technique superlative rivalisent dans la terrible Sequenza de Berio, hommage à la célèbre Chaconne de Bach. Six Caprices de Paganini poussés aux limites termineront en miroir du début ce programme qui révèle en Michael Barenboim un musicien d’exception. Bon sang ne saurait effectivement mentir. Marie-Aude Roux
1 CD Accentus.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ A voir aussi ce soir. A travers Jeff Stryker, un narrateur fictif, Sylvain Desmille entrecroise l’histoire d’une famille à celle d’un pays, les Etats-Unis, de 1918 à 1945 (sur LCP à 20 h 30).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

TV – « My American Way of War », une histoire familiale de l’Amérique

A voir aussi ce soir. A travers Jeff Stryker, un narrateur fictif, Sylvain Desmille entrecroise l’histoire d’une famille à celle d’un pays, les Etats-Unis, de 1918 à 1945 (sur LCP à 20 h 30).



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h30
    |

                            Antoine Flandrin








                        


Docu-fiction sur LCP à 20 h 30

Jeff Stryker, narrateur fictif, raconte la vie des siens de l’armistice de 1918 au largage de la bombe atomique sur Hiroshima, le 6 août 1945, jour de sa naissance. « Peu après la mort de mon père, Mike Stryker, j’ai découvert les carnets de voyage, bobines de film, brouillons de lettres et les photographies qu’il avait laissés à mon intention », annonce-t-il d’emblée.
Jeff Stryker se rend compte qu’il connaît mal sa famille. Ce qui le pousse à mener l’enquête. Chemin faisant, il s’aperçoit à quel point l’histoire des siens coïncide avec celle du siècle américain.
Le documentariste Sylvain Desmille use ainsi de ce matériau souple qu’est la mémoire familiale pour interroger le destin des Etats-Unis. Le narrateur s’évertue à restituer, de manière certes un peu mécanique, les dynamiques à l’œuvre dans la société américaine pendant l’entre-deux-guerres : attentats anarchistes, essor des mouvements nationalistes et isolationnistes, affirmation des théories racistes et antisémites, crise et dépression économique…
Un pastiche
Au fil de cette trame, Jeff Stryker revient sur les pérégrinations des membres de sa famille emblématique du melting-pot. Son père, Mike, est né dans le Dakota du Sud, dans un milieu rural et conservateur. Sa mère, Gisèle, est une juive new-yorkaise dont les parents ont fui les pogroms en Russie. Le grand-père trempe dans le crime organisé durant les Roaring Twenties (« années 20 rugissantes ») et l’oncle, attiré par le Bund germano-américain, organisation nazie née aux Etats-Unis dans les années 1930, apparaissent pour leur part comme des archétypes dont la fonction est d’ordonner un récit donnant à voir une société gagnée par les excès.

A coup sûr, ce film n’est pas un documentaire critique qui viserait à convaincre par le fruit de la démonstration. Il faut le voir pour ce qu’il est : un pastiche. Comme il l’avait fait dans son My American Way of Life, Sylvain Desmille multiplie les références aux cultures visuelle et musicale qui ont contribué à façonner l’histoire des Etats-Unis. S’il a formaté son film au 16/9, il ne s’est pas privé de jouer avec les rayures, les saturations et le grain des images d’archives. A cette aune, l’accent américain du narrateur apparaît comme un gimmick dans un film qui ne manque pas de coquetterie.
My American Way of War, de Sylvain Desmille (Fr., 2016, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a donné son aval après la prise par SFR de nouveaux engagements en faveur de la diversité.
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Le CSA agrée la prise de contrôle de NextRadioTV par SFR

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a donné son aval après la prise par SFR de nouveaux engagements en faveur de la diversité.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 18h12
   





                        



   


Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a annoncé, vendredi 20 avril, avoir donné son agrément à la prise de contrôle exclusif de NextRadioTV par SFR (groupe Altice), qui a pris de nouveaux engagements en faveur de la diversité pour la chaîne Numéro 23.

Le CSA a pris sa décision à l’issue d’une procédure qui a notamment comporté une étude d’impact sur les effets du rachat de Numéro 23 par NextRadioTV.
« Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a agréé, ce jour, la prise de contrôle exclusif par le groupe SFR de la société Groupe News Participations, actionnaire majoritaire du groupe NextRadioTV », écrit-il dans un communiqué.
« Cet agrément de modification de contrôle se traduira par des avenants aux conventions des services de NextRadioTV. Ceux-ci tiendront compte du changement de répartition du capital et des nouveaux engagements en faveur de la diversité pris par SFR pour la chaîne Numéro 23. »
Une intégration déjà validée par l’autorité de la concurrence
L’Autorité de la concurrence avait donné son feu vert début 2017 à cette intégration de NextRadioTV – qui détient aussi les chaînes de télévision BFM-TV et RMC Découverte et les stations de radio RMC et BFM Business – en estimant qu’elle n’était pas de nature à porter atteinte à la concurrence sur ces marchés de la télévision, notamment vis-à-vis du groupe Canal+, filiale de Vivendi.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Dans plusieurs langues, selon plusieurs écritures, l’artiste écrit sur toutes sortes de supports, de la feuille de papier au drap de lit, du tee-shirt au mur.
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Sélection galerie : Babi Badalov chez Jérôme Poggi

Dans plusieurs langues, selon plusieurs écritures, l’artiste écrit sur toutes sortes de supports, de la feuille de papier au drap de lit, du tee-shirt au mur.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h22
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


Babi Badalov est né en Azerbaïdjan en 1959. Il a vécu en Russie, a été expulsé du Royaume-Uni et a fini par venir vivre en France en 2011, protégé par son statut d’exilé politique. Dans plusieurs langues, selon plusieurs écritures, Badalov écrit sur toutes sortes de supports, de la feuille de papier au drap de lit, du tee-shirt au mur, en noir et blanc et en couleurs. Calligraphe, il a le génie de l’allitération, de l’assonance, du glissement ­progressif d’un mot à un autre, du néologisme aussi. Ce ne sont pas des jeux d’esprit ni des calembours ­scabreux à la façon de Rrose Sélavy – Marcel Duchamp –, mais une forme à la fois ­poétique et conceptuelle, entre poème et aphorisme, haïku et ­litanie. Les réflexions politiques et esthétiques y sont aussi fréquentes qu’irrévérencieuses et ­libres. Il y a autant d’invention, d’ironie et de subtilité dans ses « poupées », masques et coiffes cousus avec des bouts de tissus récupérés. En un mot, voici un grand et profond artiste.
« De More Cry Sea », de Babi Badalov. Galerie Jérôme Poggi, 2, rue Beaubourg, Paris 4e. Tél. : 09-84-38-87-74. Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures. Jusqu’au 27 mai. www.galeriepoggi.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le président syrien Bachar Al-Assad a rendu son titre de grand-croix dont il avait été décoré en 2001.
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Cinq questions sur la Légion d’honneur

Le président syrien Bachar Al-Assad a rendu son titre de grand-croix dont il avait été décoré en 2001.



Le Monde
 |    20.04.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
20.04.2018 à 18h10
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


La présidence syrienne a annoncé, jeudi 19 avril, avoir rendu la Légion d’honneur attribuée par la France en 2001 à Bachar Al-Assad. L’entourage du président français, Emmanuel Macron, avait annoncé lundi que la France avait engagé une procédure de retrait de la Légion d’honneur au président Assad, deux jours après la participation de Paris à des frappes contre des sites du régime syrien.
Cette décoration française, créée par Napoléon Bonaparte au début du XIXe siècle, récompense toutes sortes de personnalités qui se sont distinguées dans leur domaine. Mais elle est parfois critiquée. Emmanuel Macron avait annoncé en novembre qu’il allait réduire de 50 % le nombre de décorés civils et de 25 % les remises à des personnalités étrangères pour « redonner du sens » à cette distinction.
Doit-on demander la Légion d’honneur pour l’obtenir ?
Non. Comme l’expliquait déjà Rue89 en 2009, il est impossible de se porter candidat à un grade de la légion d’honneur. C’est une tierce personne qui doit proposer votre nom :
soit un ministre, qui reçoit généralement des propositions des préfets, des élus ou des associations ;soit 50 citoyens, grâce à la procédure d’initiative citoyenne introduite en 2008.
Par le biais de ces deux procédures, près de 4 000 dossiers sont constitués chaque année puis étudiés par le conseil de l’ordre de la Légion d’honneur, qui sélectionne ensuite 3 000 lauréats, avant l’approbation définitive du président de la République, qui signe de sa main les décrets.
Peut-on refuser la Légion d’honneur ?
Oui. Plusieurs personnalités ont choisi de bouder la décoration : Hector Berlioz, Pierre et Marie Curie, Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, Marcel Aymé, Bourvil, Philippe Séguin…
En général, pour éviter un incident diplomatique, les potentiels décorés sont avertis en amont. Dans tous les cas, on ne peut pas être honoré à son corps défendant. Pour entrer officiellement dans l’ordre de la Légion d’honneur, il faut en effet se faire remettre physiquement la décoration.
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le compositeur Hector Berlioz, ici célébré par des artistes russes en 1953, à Moscou, à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance, a refusé la Légion d'honneur en 1864. Celui auquel l'Etat désargenté entendait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de lui verser les 3 000 francs promis s'était alors emporté : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! »"
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Pierre et Marie Curie ont été plus sobres dans leur manière de repousser la prestigieuse distinction : « En sciences, nous devons nous intéresser aux choses, non aux personnes », justifiait Marie Curie. « Je n'en vois pas la nécessité », avait pour sa part commenté Pierre Curie. Le couple n'a toutefois pas échappé à l'hommage post-mortem, puisqu'il repose dans le sanctuaire du Panthéon."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La romancière George Sand a usé d'humour pour refuser l'insigne au ministre qui le lui proposait : « Ne faites pas cela cher ami, je ne veux pas avoir l'air d'une vieille cantinière ! »"
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les écrivains et philosophes Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, ci-dessus sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, en 1960, ont aussi dit non à la Légion d'honneur. En 1945, Jean-Paul Sartre argue de la liberté : « L'écrivain doit refuser de se laisser transformer en institution, même si cela a lieu sous les formes les plus honorables, comme c'est le cas. » Il refusera également le prix Nobel de littérature en 1964."
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            data-slide-description="L'écrivain et dramaturge Marcel Aymé a adopté une posture plus directe. A ceux qui la lui proposaient, il répondit en 1949, dans un article, qu'ils pouvaient « se la carrer dans le train »."
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            data-slide-description="L'acteur Bourvil, ici avec Annie Cordy en 1966 à Paris, avait refusé par modestie cette distinction que le général de Gaulle se proposait pourtant de lui remettre en personne."
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            data-slide-description="« Ce petit hochet à la boutonnière/Vous le condamne à de bonnes manières/Car ça la fout mal avec la rosette/De tâter, flatter, des filles les appas… ». Le chanteur-compositeur Georges Brassens, ici en 1972, a consacré une satire à la Légion d'honneur, dans laquelle il dénonce « le fatal insigne qui ne pardonne pas »."
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            data-slide-description="Léo Ferré, ici lors de la première de son tour de chant au Théâtre Dejazet, à Paris, le 25 avril 1988, a chanté et décrit la Légion d'honneur dans Il n'y a plus rien : « Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage. »"
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            data-slide-description="Le comédien et humoriste Coluche avait prévenu : « Si on voulait me donner la Légion d'honneur, j'irais la chercher en slip pour qu'ils ne sachent pas où la mettre. »"
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            data-slide-description="Philippe Séguin, ministre puis président de la Cour des comptes, ici devant une photo du général de Gaulle, à Colombey-les-Deux-Eglises, avait refusé la Légion d'honneur, car son père, Robert Séguin, mort au combat en 1944, ne l'avait pas reçue."
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            data-slide-description="C'est pour dénoncer l'« indifférence » qui touche la santé au travail et l'impunité des « crimes industriels » que la spécialiste des cancers professionnels Annie Thébaud-Mony a refusé la Légion d'honneur que lui avait décernée la ministre du logement Cécile Duflot à l'été 2012."
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            data-slide-description="En 2013, l'auteur et dessinateur de bande dessinée Jacques Tardi expliquait ainsi son refus : « Je ne suis pas intéressé, je ne demande rien et je n'ai jamais rien demandé. On n'est pas forcément content d'être reconnu par des gens qu'on n'estime pas. »"
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Le compositeur Hector Berlioz, ici célébré par des artistes russes en 1953, à Moscou, à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance, a refusé la Légion d'honneur en 1864. Celui auquel l'Etat désargenté entendait payer une messe de Requiem avec le ruban rouge au lieu de lui verser les 3 000 francs promis s'était alors emporté : « Je me fous de votre croix. Donnez-moi mon argent ! »


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Sur quel critère peut-on l’obtenir ?
L’ordre de la Légion précise dans son code que la décoration récompense « des mérites éminents acquis au service de la nation soit à titre civil, soit sous les armes », tout en reconnaissant qu’il n’existe pas de définition stricte ou de liste exhaustive desdits mérites. « C’est la mission du conseil de l’ordre de juger, à partir des éléments de carrière qui lui sont donnés et selon la jurisprudence de l’ordre », précise l’institution.
Pour être décoré, il vaut mieux en tout cas posséder la nationalité française (les étrangers peuvent être distingués s’ils ont rendu des services à la France ou occupent des fonctions importantes, mais ne sont pas membres de plein droit de l’institution), cumuler au moins vingt ans d’activité (sauf cas exceptionnel, comme un exploit sportif ou militaire), avoir un casier judiciaire vierge et « une bonne moralité » (une enquête est diligentée sur ce plan avant chaque attribution).
Contrairement aux idées reçues, il y a moins de légionnaires qu’avant. Créé par Napoléon en 1802, l’ordre a vu le nombre de ses membres exploser avec les grands conflits militaires du XXe siècle. Il a ainsi connu jusqu’à 300 000 membres en 1962. Comme le racontait en 2012 la revue Charles, le général De Gaulle a alors décidé d’agir pour éviter que la décoration ne se galvaude. Un quota de 125 000 légionnaires vivants est alors fixé, et une nouvelle décoration (l’ordre national du mérite) est créée comme lot de consolation.
Quels avantages confère-t-elle ?
Tout d’abord, on peut bien sûr porter la décoration au ruban rouge à la boutonnière, comme les 93 000 autres décorés, et faire apparaître son grade après sa signature dans les papiers officiels.
Ensuite, on peut adhérer à la société des membres de la Légion d’honneur, un réseau de 55 000 sociétaires qui se donne pour mission de « concourir au prestige de l’ordre national de la Légion d’honneur et contribuer au rayonnement des valeurs et de la culture de la France sur le territoire national comme à l’étranger ».
Contrairement à certaines rumeurs, la Légion d’honneur ne rapporte pas d’argent, au contraire. Comme le rappelle Francetvinfo, les décorés doivent s’acquitter depuis 2003 de droits de chancellerie (de 20,28 euros pour un simple chevalier à 101,38 euros pour les grand-croix) pour l’expédition de leur diplôme. Ils doivent en outre acheter leur décoration auprès d’un joaillier spécialisé ou de la monnaie de Paris (75 euros pour le modèle réduit, 180 euros pour la décoration standard et jusqu’à 990 euros pour la plaque de grand-croix).

   


De quoi engouffrer rapidement le maigre traitement que propose l’institution à ses membres. La « somme symbolique héritage de l’histoire » – entre 6,10 euros par an pour les chevaliers et 36,59 euros pour les grand-croix – n’est souvent même pas réclamée par les décorés.
Entrer dans la famille de la Légion d’honneur ouvre également le droit à votre descendance féminine, jusqu’aux arrière-petites-filles, de candidater dans les prestigieuses maisons d’éducation de l’institution : Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) pour le collège, puis Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour le lycée et le post-bac. Mais l’acceptation n’est pas systématique. En 2011, seules 55 places étaient disponibles au lycée de Saint-Denis, pour près de 400 demandes, comme le rapportait L’Etudiant.fr.
En revanche, il est formellement interdit aux membres de votre entourage d’arborer votre étoile à cinq branches : le port illégal de décoration est passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
Peut-on la perdre ?
Oui. Un titulaire de la légion d’honneur peut être déchu de sa décoration en cas de condamnation pénale, de déchéance de la nationalité française ou s’il « a commis des actes contraires à l’honneur ou de nature à nuire aux intérêts de la France ».
C’est ce qui est arrivé à Maurice Papon, déchu en 1999 de l’ordre de commandant de la Légion d’honneur après sa condamnation définitive pour crime contre l’humanité, en raison de son implication dans la déportation de Juifs sous le régime de Vichy. Malgré les protestations, l’ancien ministre a toutefois continué d’arborer la décoration à sa boutonnière jusque dans sa dernière demeure, puisqu’il a été enterré avec sa Légion d’honneur.
Ce type de mesure reste extrêmement rare. L’une des dernières en date est l’exclusion, en janvier 2013, de l’ordre Jean-François Collin, un ancien membre de l’Organisation de l’armée secrète (OAS), décoré deux ans plus tôt comme mutilé de guerre en Algérie.



                            


                        

                        

